La langue française

Centre

Sommaire

  • Définitions du mot centre
  • Étymologie de « centre »
  • Phonétique de « centre »
  • Évolution historique de l’usage du mot « centre »
  • Citations contenant le mot « centre »
  • Images d'illustration du mot « centre »
  • Traductions du mot « centre »
  • Synonymes de « centre »
  • Antonymes de « centre »

Définitions du mot centre

Trésor de la Langue Française informatisé

CENTRE, subst. masc.

I.− [L'idée dominante est celle d'une situation en un point]
A.− GÉOM., cour. Point intérieur situé à égale distance de tous les points d'une circonférence ou de la surface d'une sphère. Centre de la terre. Cet élysée a (...) ses abîmes intérieurs et profonds, qui se trouvent ainsi correspondre au centre de notre planète (P. Leroux, De l'Humanité,t. 2, 1840, p. 346).Il ne saurait pas plus y avoir deux centres à une circonférence (Teilhard de Chardin, Le Milieu divin,1955, p. 201).
SYNT. Centre d'une cible, d'un disque, d'une roue; centre de courbure (centre du cercle qui détermine une courbure); angle au centre (angle intérieur à un cercle, ayant le centre pour sommet).
P. ext.
1. [Dans certains polygones ou certaines courbes fermées] Centre (de figure). Point par rapport auquel tout point de la figure a un point symétrique. Centre d'un carré, d'un losange (cf. foyer). Le centre de l'ellipse de contact du pneu sur le sol (Ch. Chapelain, Cours mod. de techn. automob.,1956, p. 237).
2. Point par rapport auquel existe une propriété ou s'effectue une transformation géométrique. Centre d'homologie, d'homothétie, de perspective, de rotation, de similitude. Une figure est dite admettre un plan ou un centre de symétrie, lorsqu'elle coïncide avec sa symétrique par rapport à ce plan ou à ce centre (J. Hadamard, Géom. dans l'espace,t. 2, 1921, p. 108).
B.− P. ext. Milieu d'une surface, d'une étendue, d'un ensemble quelconque. Centre d'une province, d'un tableau, d'une ville; centre ville*. La rue du Doyenné, peu éloignée du Ministère de la Guerre et du centre parisien (Balzac, La Cousine Bette,1847, p. 52).Le centre ouest et la Californie (Morand, New York,1930, p. 265):
1. ... le centre de l'armée anglo-hollandaise était en bonne posture. (...) Wellington ajouta à ce centre une brigade de Chassé, ôtée à l'aile droite, et une brigade de Wincke, ôtée à l'aile gauche, ... Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 384.
2. Elle [MmeRezeau] gesticule, fait voler ses voiles; on dirait une araignée au centre de sa toile. H. Bazin, La Mort du petit cheval,1949, p. 240.
Rem. On rencontre ds la docum. qq. ex. où le mot est antéposé à un nom de pays ou de région (ds l'usage cour. le nom de pays ou de région est suivi de central). La construction du chemin de fer du Centre-Annam (Malraux, La Condition humaine, 1933, p. 242). En appos. Il y avait, dans l'ampleur aimable de Mellede Jarny, une grâce viennoise, une (...) maturité centre-Europe (J. de La Varende, Monsieur le Duc de Saint-Simon, 1955, p. 299).
SP. (football)
1. Synon. rare d'avant-centre (cf. centre-avant s.v. avant-centre, étymol. et hist.).
2. Tir vers le grand axe du terrain (cf. avant-centre, ex. 1).
C.− Spéc., POL., cour. Centre de l'hémicycle d'une assemblée parlementaire; p. méton., l'ensemble des parlementaires qui y siègent, entre la droite et la gauche; les idées, le parti qu'ils représentent (cf. centrisme). Ministère centre droit, centre gauche; député, sénateur du centre :
3. Sous l'intolérable défi, une moitié de l'assemblée se leva. Les pupitres claquaient, les bouches vomissaient l'invective, les poings tendus menaçaient l'insulteur. Des gradins du centre, les plus véhéments se précipitèrent dans l'hémicycle, à l'assaut de la tribune. De Vogüé, Les Morts qui parlent,1899, p. 373.
[En parlant d'une pers. isolée] Centre gauche* :
4. Politicien peu scrupuleux au demeurant [Talleyrand], qui, avec des dédains de grand seigneur racé, ne se gênait pas de travailler à ses heures pour le roi de Prusse, c'est le cas de le dire, et mourut dans la peau d'un centre gauche. Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 883.
Loc. adj. :
5. En politique, il [Rigault] était centre gauche, partisan de ces doctrines libérales honnêtes, qui sont le résultat assez naturel des études classiques. Sainte-Beuve, Nouv. lundis,t. 1, 1863-69, p. 275.
D.− Rare, littér. Milieu d'un espace temporel. Oiseaux migrateurs au centre des saisons (Giraudoux, Suzanne et le Pacifique,1921, p. 79):
6. Nodier, revenu en France, avait trente ans passés; il doit être mûr; le voilà au centre; une nouvelle vie mieux assise et plus en vue de l'avenir pourrait-elle commencer? Sainte-Beuve, Portraits littér.,t. 1, 1844-64, p. 473.
− Domaine abstr. de la vie psychique.Au centre des ténèbres (Balzac, La Maison Nucingen,1838, p. 616).Des affections apprises au centre de la famille (M. Blondel, L'Action,1893, p. 263):
7. Elle ne voit rien, elle ne regarde pas : l'enfant a bougé!... Ployée sur lui, elle écoute résonner, au centre d'elle-même, l'écho de ce tressaillement douloureux qui l'emplit d'une joie anxieuse... R. Martin du Gard, Devenir,1909, p. 188.
Vx. Milieu social où l'on se sent à l'aise :
8. Un salon de huit ou dix personnes dont toutes les femmes ont eu des amants, où la conversation est gaie, anecdotique, et où l'on prend du punch léger à minuit et demi, est l'endroit du monde où je me trouve le mieux, là dans mon centre j'aime infiniment mieux entendre parler un autre que de parler moi-même. Stendhal, Vie de Henry Brulard,t. 2, 1836, p. 317.
[En parlant d'une pers.] (Ne pas) être dans son centre. (Ne pas) se trouver dans un milieu approprié, dans un entourage où l'on se sent à l'aise.
Rem. La séparation entre I et II n'est pas absol. rigoureuse, plusieurs des acceptions faisant penser à une action subie ou exercée.
II.− [L'idée dominante est celle d'un point vers lequel convergent certaines forces et/ou d'où émanent certaines impulsions]
A.− SC. PHYS., cour. Point où s'applique la résultante de certaines forces, autour duquel s'effectuent certains mouvements. Centre d'attraction, de pression. Le centre de masse d'une bague ou d'un système planétaire (Valéry, Variété 1,1924, p. 215).
SYNT. Centre de gravitation, d'oscillation, de percussion, de poussée.
Centre de gravité. Fam. ou p. plaisant. Perdre son centre de gravité. Tomber. L'aire humaine (...), l'espace ambiant dans lequel nous pouvons nous mouvoir sans perdre le centre de gravité (Balzac, Théorie de la démarche,1833, p. 623).
P. métaph. :
9. Ma paroisse est une paroisse comme les autres. (...) : le bien et le mal doivent s'y faire équilibre, seulement le centre de gravité est placé bas, très bas. Ou, si vous aimez mieux, l'un et l'autre s'y superposent sans se mêler, comme deux liquides de densité différente. Bernanos, Journal d'un curé de campagne,1936, p. 1031.
P. plaisant. Derrière :
10. ... après avoir poussé une plainte plus aiguë que les précédentes, le vieux monsieur baisse la glace qui est auprès de lui, puis se lève et pose son centre de gravité en dehors de la portière. P. de Kock, Les Compagnons de la Truffe,1861, p. 83.
MAR. Centre de voilure. Point où s'applique la résultante des forces agissant sur les voiles d'un navire.
P. ext., MÉTÉOR. Centre de haute(s), basse(s) pression(s). Zone de haute(s), basse(s) pression(s).
B.− ANAT., PHYSIOL.
1. Centre nerveux. Portion de substance grise du système nerveux central et des ganglions sympathiques où s'effectuent la sélection et la transmission des influx nerveux propres à une fonction et, p. méton., ces organes :
11. ... les excitations d'origine périphérique sont conduites par les nerfs sensitifs jusqu'aux centres, où elles deviennent sensations; ... J. Rostand, La Vie et ses problèmes,1939, p. 53.
SYNT. Centres cérébraux, corticaux, encéphaliques, ganglionnaires, médullaires, sympathiques; centres moteurs, respiratoires, sensitifs, sensoriels; centre gastrique, phrénique, visuel.
P. métaph. Centre nerveux [la Méditerranée], ses réflexes ont ébranlé les peuples les plus éloignés (Morand, La Route des Indes,1936, p. 349).
2. Centre vital. Organe vital :
12. − Dans le cours de ses différentes vies, expliqua Pujolhac, l'homme concentre sa force vitale et prend appui sur sept centres vitaux successifs, étagés dans son corps depuis le sexe jusqu'au cerveau. Abellio, Heureux les pacifiques,1946, p. 213.
P. métaph. :
13. Une guerre, depuis qu'elle se traite avec l'avion et l'ypérite, n'est plus qu'une chirurgie sanglante. Chacun s'installe à l'abri d'un mur de ciment, chacun, faute de mieux, lance, nuit après nuit, des escadrilles qui torpillent l'autre dans ses entrailles, font sauter ses centres vitaux, paralysent sa production et ses échanges. Saint-Exupéry, Terre des hommes,1939, p. 255.
C.− P. anal. Lieu où des actions, des activités sont concentrées, sont les plus développées. Le centre des affaires. Cordoue, autrefois le centre de la civilisation arabe (T. Gautier, Tra los montes,Voyage en Espagne, 1843, p. 307).Gand fut de bonne heure le centre de l'industrie flamande (Michelet, Sur les chemins de l'Europe,1874, p. 252).Des femmes titrées dont (...) le salon était le centre des élégances aristocratiques (Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 882).Exchange Place, (...) le centre mondial de l'agio (Morand, New-York,1930, p. 53).
Rare. [En parlant d'une pers.] :
14. Elle [la princesse Mathilde] va de l'un à l'autre (...) ayant pour chacun le mot particulier, personnel, qui tout à l'heure, quand il sera rentré chez lui, lui fera croire qu'il était le centre de la soirée. Proust, Chroniques,1922, p. 19.
P. ext. Lieu où des actions, des activités convergent, sont dominantes. Un centre de population, de production, de réunion. Nos grands centres manufacturiers ont repris leur activité (Flaubert, Madame Bovary,t. 1, 1857, p. 163).Denver, grand centre minier des Montagnes-Rocheuses (Sorel, Réflexions sur la violence,1908, p. 271):
15. ... l'exode massif des centres urbains et industriels pourrait transformer le pays en un immense champ de camping dispersé. Goldschmidt, L'Aventure atomique,1962, p. 185.
SYNT. Centre religieux; centre de culture, d'opérations, de ralliement, de rassemblement; un riche centre commercial.
Rare. [En parlant d'une pers. ou d'un ensemble de pers.] Je devins assez vite un centre de réunion (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 1, 1848, p. 67):
16. Peut-être aurez-vous un succès de curiosité, mais tout le monde n'aime pas à se faire centre d'observations et cible à commentaires. Cela vous fatiguera peut-être. A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 817.
Absol. Agglomération urbaine. Une très-petite commune perdue loin de tout grand centre (Fromentin, Dominique,1863, p. 21).
Néol. Centre commercial. Ensemble de magasins généralement groupés autour d'un magasin à grande surface :
17. Plusieurs centres commerciaux sont prévus. (...). Chaque centre commercial desservira 3 000 logements, tandis que de petits centres de quartiers seront établis dans les unités de voisinage pour les achats quotidiens. Les Gds ensembles d'habitation,1963, p. 33.
P. méton. Organisme public à vocation particulière, généralement socio-culturelle, d'enseignement, de recherche. Centre social, d'études, de recherche; Centre National de la Recherche scientifique. Le chantier du premier grand centre de recherche atomique national (Goldschmidt, L'Aventure atomique,1962, p. 79):
18. Il avait rallié à son programme quelques camarades qui l'aidèrent à organiser à Reuilly un premier centre culturel. Ils obtinrent des appuis, des subsides et le mouvement s'amplifia : ... S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée,1958, p. 180.
SYNT. Centre dramatique, mobilisateur; centre d'accueil, d'apprentissage, de documentation, des examens, de formation, d'hébergement, d'instruction, d'orientation, de soins.
D.− Domaine abstr. de la vie psychique ou soc.Point, élément où convergent, d'où rayonnent des forces, des éléments dispersés. Centre d'attraction, d'influence, de rayonnement. Rattacher à un centre commun les opinions flottantes dans le chaos des contradictions et le vague des incertitudes (Bonald, Essai analytique sur les lois naturelles de l'ordre soc.,1800, p. 216):
19. Le milieu divin, si immense soit-il est en réalité un centre. Il a donc les propriétés d'un centre, c'est-à-dire, avant tout, le pouvoir absolu et dernier de réunir (et par suite d'achever) les êtres au sein de lui-même. Teilhard de Chardin, Le Milieu divin,1955, p. 137.
P. ext. Élément, objet fondamental, essentiel. Centre d'intérêt, de préoccupations. L'idée du devoir est le centre de la morale de Kant, et sa morale est le centre de sa philosophie (Cousin, Cours d'hist. de la philos. mod., t. 5, 1847, p. 24).Cette Europe occidentale, centre de nos inquiétudes, objet de notre méditation (J.-R. Bloch, Destin du Siècle,1931, p. 284):
20. ... le maréchal Staline s'échauffa. À l'entendre, grondant, mordant, éloquent, on sentait que l'affaire polonaise était l'objet principal de sa passion et le centre de sa politique. De Gaulle, Mémoires de guerre,1959, p. 66.
Rem. On rencontre ds la docum. le subst. fém. centréité. Fait d'être centré, de posséder un haut degré de centration. Une conscience est d'autant plus achevée qu'elle double un édifice matériel plus riche et mieux organisé. Perfection spirituelle (ou « centréité » consciente) et synthèse matérielle (ou complexité) ne sont que les deux faces ou parties liées d'un même phénomène (Teilhard de Chardin, Le Phénomène humain, 1955, p. 57).
Prononc. et Orth. : [sɑ ̃:tʀ ̥]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1275 fig. « point intérieur situé à égale distance de tous les points d'une circonférence ou de la surface d'une sphère » (J. de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 19101); 2emoitié xives. centre du monde (J. Lefevre, Trad. La Vieille, éd. H. Cocheris, p. 200); spéc. b) 1529 géom. « point du milieu d'un cercle » (G. Tory, Champ fleury, L. III, 33 vods Hug., s.v. centrique); 2. p. ext. a) xives. « milieu d'un espace quelconque, partie centrale d'un ensemble donné » (J. D'Arkel, Li Ars d'amour, 2ep., I, X ds Gdf. Compl.) spéc. b) 1690 milit. centre du bataillon (Fur.); c) 1821 pol. centre droit (Maine de Biran, Journal, p. 343); 1822 centre gauche (Stendhal, De l'Amour, p. 274); 1829 centre [de la Chambre] (Boiste); 3. spéc. 1924 sp. demi-centre (Montherlant, Les Olympiques, p. 252). B. P. anal. 1. a) 1638 fig. « point, lieu où se trouvent, se font habituellement certaines choses, d'où émanent certaines idées » (Rotrou, Les Sosies, V, 1 ds Œuvres, Paris, t. 3, 1820, p. 440); 1659 spéc. en parlant de Paris le centre du bon goût (Molière, Précieuses ridicules, sc. 9 ds Œuvres, Paris, 1962, p. 105); d'où b) 1839-42 absol. « ville capitale, agglomération » (Comte, Cours de philos. positive, t. 4, p. 97); c) 1899 électr. centre de dépôt (Nouv. Lar. ill.); 1939 centre anti-tuberculeux (Montherlant, Les Lépreuses, p. 1440); 2. a) av. 1662 « (le plus souvent en parlant de la relig. ou de Dieu) chose principale, raison première, fondamentale » (Pascal, Pensées, section VIII); b) 1691 être le centre de qqc. « (en parlant des personnes) en être l'animateur » (Mmede Sévigné, 1329, 26 juill. ds Rob.); 1856 par exagération, péj. se regarder comme le centre du monde (Flaubert, La Tentation de st Antoine, p. 648); spéc. c) 1821 arg. « nom propre » (Ansiaume, Arg. en usage au bagne de Brest, f. 7 ro, § 89); 3. a) 1680 mécan. et phys. (Rich. : Le centre de la gravité); 1702 centre de percussion (Ac. des Sc. ds Trév. 1752); 1751 centre de gravitation ou d'attraction, centre d'oscillation (Encyclop. t. 2); b) p. anal. 1845 anat. centre nerveux (Besch.). Empr. au lat. class. centrum « pointe sèche du compas » d'où sens gén. « centre d'un cercle (ou d'un sphère) », en partic. « centre de la terre » 1ers. (Pline, Nat., 2, 81 ds TLL s.v., 823, 23) et p. ext. « milieu d'un ensemble donné, circulaire ou non; le lat. est lui-même empr. au gr. κ ε ́ ν τ ρ ο ν proprement « aiguillon », puis sens passif géom. « point central d'une circonférence », « rayon » et « centre de gravité » du gr. κ ε ν τ ε ι ̃ ν « percer comme d'un aiguillon, piquer » à cause de la pointe du compas piquée au point autour duquel le centre est décrit; centre, terme de sp., est un calque de l'angl. center-half, comme le montre son attest. dans un texte fr. en 1916 (Mack t. 1, p. 135); cf. Becker, Sportanglizismen im modernen Französisch, Meisenheim, 1970, p. 316 et 328; v. aussi avant-centre. Fréq. abs. littér. : 5 184. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 6 498, b) 4 826; xxes. : a) 5 824, b) 10 414. Bbg. Becker 1970, p. 67, 240, 316, 328. − Cotta 1968. − Darm. 1877, p. 107 (s.v. centrier).Georgin (R.). Contestations. Déf. Lang. fr. 1969, no47, pp. 4-6. − Gilb. 1971. − Gohin 1903, p. 350. − Math. 1967-69. − Méd. Biol. t. 1 1970. − Piéron 1963. − Rheims 1969 (s.v. centréité).Sain. Arg. 1972 [1907], p. 102, 315. − Sain. Lang. par. 1920, p. 218. − Termes techn. fr. Paris, 1972, p. 103. − Uv.-Chapman 1956.

Wiktionnaire

Nom commun

centre \sɑ̃tʁ\ masculin

  1. Point qui, dans un cercle ou une sphère, est à égale distance de tous les points de la circonférence de ce cercle ou de la surface de cette sphère.
    • Le Soleil est au centre de notre système planétaire.
  2. (Par extension) Milieu d’un espace.
    • Le centre d’une ellipse, le centre d’un carré : Point intérieur d’une ellipse ou d’un carré tel que toute droite menée par ce point rencontre la périphérie ou le périmètre à des distances égales des deux côtés du point.
    • Le palais est au centre de la ville.
    • Ces personnages doivent occuper le centre du tableau.
  3. (Par extension) Point le plus important d’une entité géographique.
    • Les Abbassides encouragèrent plus encore une civilisation cosmopolite, dont Bagdad fut le centre et l’arabe la linga franca. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992)
    • Enserrée dans son ring urbain, Charleroi est aujourd’hui un véritable centre régional, environné d’une vaste nébuleuse de communes aux développements tentaculaires. — (Le patrimoine monumental de la Belgique, volume 20, page 79, Pierre Mardaga - Liège, 1994)
    • Il me fait d’abord un cours de géographie, et j’apprends que la terre est un disque dont l’Arabie occupe le centre. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 123)
  4. (En particulier) (Militaire) Partie d’une armée, d’une troupe rangée en bataille, qui occupe le milieu, qui est entre les deux ailes.
    • Le centre fut forcé, fut enfoncé.
    • Il plaça l’infanterie au centre.
  5. (Politique) Termes regroupant les mouvements politiques qui défendent des compromis entre les valeurs prônées par la droite et celles prônées par la gauche quand ces valeurs paraissent contradictoires (selon le genre de compromis généralement défendus, on parle de contre droit ou de centre gauche).
    • Le centre et une partie de la droite ont voté la proposition.
  6. (Physique) Point autour duquel ou vers lequel, dans lequel s’opèrent ou se rassemblent certains effets.
    • Je cherchai donc à me représenter la dualité onde-corpuscule par une image spatiale où le corpuscule serait le centre d’un phénomène ondulatoire étendu. — (Louis de Broglie; La Physique quantique restera-t-elle indéterministe ? Séance de l’Académie des Sciences, du 25 avril 1953)
  7. (Figuré) Lieu où se trouvent, où se font, où se pratiquent habituellement ou plus ordinairement certaines choses. → voir centrale.
    • Vous m’avez affirmé, sévères dénonciateurs, que les usines clermontoises étaient le centre d’un système d’aspiration qui attirait à lui toutes les forces humaines, […]. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  8. (Figuré) Choses auxquelles plusieurs autres se rapportent ou sont subordonnées. On le dit quelquefois des personnes dans un sens analogue.
    • Il fit de cette ville le centre de sa domination.
    • C’est un égoïste qui se fait le centre de tout.
  9. (Football) Envoi du ballon vers le centre du terrain.
  10. (Rugby) Joueur se trouvant au centre de la ligne d’attaque.
  11. (Jeu d’échecs) Ensemble des quatre cases du milieu de l’échiquier (d4, d5, e4, e5).

Forme de verbe

centre \sɑ̃tʁ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de centrer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de centrer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de centrer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de centrer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de centrer.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CENTRE. n. m.
Point qui, dans un cercle ou une sphère, est à égale distance de tous les points de la circonférence de ce cercle ou de la surface de cette sphère. Le centre d'un cercle. Tirer une ligne du centre à la circonférence, des lignes qui passent par le centre, qui aboutissent au centre. Par extension, Le centre de la terre. Le centre d'une planète. Le centre d'une ellipse, Le centre d'un carré, Point intérieur d'une ellipse ou d'un carré tel que toute droite menée par ce point rencontre la périphérie ou le périmètre à des distances égales des deux côtés du point. Il désigne encore, par extension, le Milieu d'un espace quelconque. Le soleil est au centre de notre système planétaire. Le centre du royaume. Le centre d'une province. Le palais est au centre de la ville. Ces personnages doivent occuper le centre du tableau. En termes d'Art militaire, Le centre d'une armée, d'une troupe, La partie d'une armée, d'une troupe rangée en bataille, qui occupe le milieu, qui est entre les deux ailes. Le centre fut forcé, fut enfoncé. Il plaça l'infanterie au centre. Le centre d'une assemblée, Le milieu d'une assemblée délibérante, par opposition aux extrémités, au côté droit et au côté gauche. Sièger au centre, au centre droit, au centre gauche. Le centre et une partie de la droite ont voté la proposition. En termes scientifiques, il désigne encore Plusieurs choses de nature assez diverse mais que l'on peut considérer en général comme étant le point autour duquel, vers lequel, dans lequel s'opèrent ou se rassemblent certains effets. Centre de gravité. Centre d'oscillation. Centre d'attraction ou de gravitation. Centre d'équilibre. Centre d'action. Centre de percussion, etc. En termes d'Anatomie, Centres nerveux, Parties du système nerveux d'où partent des rameaux. Il se dit figurément des Lieux où se trouvent, où se font, où se pratiquent habituellement ou plus ordinairement certaines choses. Cette ville est le centre de toutes les affaires du Levant. Un quartier situé au centre des affaires. Il se dit encore, figurément, des Choses auxquelles plusieurs autres se rapportent ou sont subordonnées. Il fit de cette ville le centre de sa domination. On le dit quelquefois des Personnes dans un sens analogue. C'est un égoïste qui se fait le centre de tout. En termes de Théologie, Le siège de Rome est le centre de l'unité de l'Église.

Littré (1872-1877)

CENTRE (san-tr') s. m.
  • 1Le point situé à égale distance de tous les points de la circonférence d'un cercle ou de la surface d'une sphère. Séduit par les illusions des sens et de l'amour-propre, l'homme s'est regardé longtemps comme le centre du mouvement des astres, Laplace, Expos. V, 6.

    Par extension, le point, dans toute autre figure que le cercle ou la sphère, par lequel est coupée en deux parties égales toute droite menée à deux côtés opposés de la figure. Centre d'un carré, d'une ellipse. Dieu a voulu que le centre de notre petit monde fût le soleil, Voltaire, Dial. 25.

    Fig. et par exagération, le centre de la terre, les abîmes, les profondeurs. Ô cieux ! cachez ma honte au centre de la terre, Ducis, Abufar, IV, 8.

  • 2 Par extension, le milieu d'un espace quelconque. Le centre d'un tableau. Cette place est au centre de la ville. Le centre du royaume. Les provinces du centre.

    Par une autre extension, point d'où toutes les lignes menées semblablement sont égales. Centre d'un polygone, d'une étoile.

  • 3 Fig. Le point où les choses, comme sollicitées par quelque force, se réunissent et atteignent leur plus grande action, d'où elles émanent, se répandent et exercent leur influence, etc. Le voilà dans son centre, dans le milieu qui lui convient. Être hors de son centre. La Bourse est le centre de ces sortes d'affaires. Il fit de cette ville le centre de sa domination. L'égoïste se fait le centre de tout, rapporte tout à soi. Au centre de la corruption, des plaisirs. La théologie est le centre de toutes les vérités, Pascal, 2e Conv. Pour trouver sur la terre le centre et le point de la félicité humaine, Bourdaloue, Avent, Nat. de J. C. 242. Vous êtes le centre de toutes les conduites et la cause de toutes les santés, Sévigné, 589. S'il arrivait que cette nation devînt le centre des négociations de l'Europe, Montesquieu, Esp. XIX, 27. Christine se retira à Rome, où elle passa le reste de ses jours dans le centre des arts, Voltaire, Charles XII, 1. Les mêmes défauts qui dans les autres sont lourds et insupportables, sont chez nous comme dans leur centre : ils ne pèsent plus, on ne les sent pas, La Bruyère, XII. Vous, madame, qui vivez dans le centre des plaisirs et des grandes affaires, Voltaire, Lett. Mme du Deffand, 26 nov. 1775. Si l'amiral Vernon, qui avait assiégé Carthagène sur la mer opposée, eût réussi, il pouvait donner la main au commodore Anson ; l'isthme de Panama était pris à droite et à gauche par les Anglais, et le centre de la domination espagnole perdu, Voltaire, Louis XV, 27. Je vois que, dans toutes les affaires, il y a un centre, un point principal contre lequel toutes les chicanes doivent échouer, Voltaire, Lett. Delisle, 25 mars 1775.

    En théologie catholique, le siége de Rome est le centre de l'unité de l'Église.

  • 4Dans le langage de nos assemblées délibérantes, le centre, les députés ministériels qui occupaient sur les gradins de l'hémicycle les places en face du président, entre les partis extrêmes qui s'asseyaient vers la gauche ou vers la droite. Centre droit, centre gauche, la partie du centre qui inclinait vers les opinions de la droite ou de la gauche, et qui s'en rapprochait par la place qu'elle occupait.
  • 5 Terme militaire. Le centre d'une armée, par opposition aux ailes. Les officiers se placèrent au centre du carré. Le drapeau est au centre du bataillon.

    Le centre, les compagnies d'un bataillon qui ne sont pas compagnies d'élite et qui sont placées entre les grenadiers et les voltigeurs.

  • 6Point d'où émane une force, où s'exerce une action. Centre d'activité. Centre d'attraction, de chaleur.

    Lieu où s'opère une concentration, un développement considérable d'actions sociales. Centre politique. Centre intellectuel. Centre industriel. Centre de production, de consommation. Les grands centres, les grandes villes.

  • 7En physique, centre de gravité, le point d'un corps par lequel passe constamment la résultante des forces parallèles de la gravitation, dans les diverses positions qu'on lui fait prendre successivement par rapport à la direction de ces forces.

    Centre d'inertie ou de masse, point central d'un corps ou d'un assemblage de corps à mettre en mouvement par une force artificielle.

    Centre dynamique ou de mouvement, point central et symétrique d'un mobile, qui coïncide avec le centre d'inertie ; l'un et l'autre se confondent avec le centre de gravité.

    Centre d'oscillation, point particulier dans un pendule composé qui se meut précisément avec la même vitesse que s'il était lui-même l'extrémité d'un pendule simple ; la partie du pendule composé qui donne des oscillations moyennes entre celles des parties les plus rapprochées et celles des plus éloignées de l'axe oscillatoire. Il est situé au-dessous du centre de gravité.

    Centre optique, point situé dans l'intérieur d'une lentille et sur l'axe principal, qui jouit de la propriété de laisser suivre, lors de leur sortie de la lentille, aux rayons lumineux qui la traversent, leur direction primitive ou une direction parallèle.

  • 8En mécanique, centre de poussée, centre de gravité de la masse fluide déplacée par un corps solide plongé dans son intérieur.

    Centre de pression, point de la paroi latérale des vases qui supporte la pression moyenne du liquide qui les remplit.

  • 9En anatomie, centre nerveux, endroit d'où plusieurs nerfs tirent leur origine. Le cerveau, la moelle épinière, les ganglions sont des centres nerveux.

    Centre épigastrique, ganglions et plexus nerveux situés à l'épigastre.

    Centre phrénique ou centre aponévrotique du diaphragme, ou centre ovale, l'aponévrose forte qui occupe la partie postérieure et moyenne du diaphragme.

  • 10 Terme de marine. Centre de voilure, point de la voile où se réunit l'action du vent.
  • 11 Terme de fortification. Centre d'un bastion, point où se rencontrent les deux demi-gorges.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

CENTRE, s. m. (Géométrie.) dans un sens général marque un point également éloigné des extrémités d’une ligne, d’une figure, d’un corps, ou le milieu d’une ligne, ou un plan par lequel un corps est divisé en deux parties égales.

Ce mot est Grec, κέντρον, qui signifie originairement un point, qui est formé du verbe κεντεῖν, pungere, piquer.

Centre d’un cercle, c’est le point du milieu du cercle, situé de façon que toutes les lignes tirées delà à la circonférence, sont égales. Voyez Cercle. Euclide démontre que l’angle au centre est double de celui de la circonférence, c’est-à-dire, que l’angle qui est fait de deux lignes qui sont tirées des deux extrémités d’un arc de cercle au centre, est double de l’angle que font deux lignes tirées des extrémités d’un même arc, & qui aboutissent à la circonférence. Voyez Circonférence & Angle. (E)

Centre d’une section conique, c’est le point où concourent tous les diametres. Voyez Diametre, voyez aussi Sections coniques. Ce point est dans l’ellipse en-dedans de la figure, & dans l’hyperbole au-dehors. Voyez Ellipse & Hyperbole.

Centre d’une courbe d’un genre plus élevé, c’est le point où deux diametres concourent. V. Diametre.

Lorsque tous les diametres concourent en un même point, M. Newton appelle ce point centre général. Voyez Courbe. M. l’Abbé de Gua, dans ses Usages de l’analyse de Descartes, a donné une méthode pour trouver les centres généraux des courbes, & des remarques importantes sur la définition des centres généraux donnée par M. Newton.

M. l’Abbé de Gua appelle centre général d’une courbe un point de son plan, tel que toutes les droites qui y passent ayent de part & d’autre de ce point des portions égales terminées à la courbe ; & il observe, 1°. que cette définition convient assez à l’acception ordinaire du mot centre. 2°. Que la définition de M. Newton est comprise dans la sienne. 3°. Que ce n’est qu’en se servant de sa définition, qu’on peut parvenir aux conditions que M. Newton a assignées pour les courbes, qui ont, selon ce grand Géometre, un centre général ; d’où il paroît s’ensuivre que M. Newton a eu en vûe plûtôt la définition de M. l’abbé de Gua, que la sienne propre, lorsqu’il a déterminé ces centres. Voyez l’ouvrage cité de M. l’abbé de Gua, pag. 17. & suivantes.

M. Cramer, dans son Introduction à l’analyse des lignes courbes, donne une méthode très-exacte pour déterminer les centres généraux. Dans l’extrait que le Journal des Savans de 1740. a donné de l’ouvrage de M. l’abbé de Gua, on trouve à la fin une remarque assez importante sur la méthode de cet habile Géometre pour trouver les centres généraux.

Centre d’un cadran, c’est le point dans lequel le gnomon ou style qui est placé parallelement à l’axe de la terre, coupe le plan du cadran, & d’où toutes les lignes horaires sont tirées : si le plan du cadran étoit parallele à l’axe de la terre, il n’auroit point du tout de centre, mais toutes les lignes des heures deviendroient paralleles au style, & les unes aux autres. Voyez Cadran.

Centre de gravitation ou d’attraction, (en Physiq.) c’est le point vers lequel une planete ou une comete est continuellement poussée ou attirée dans sa révolution par la force de la gravité. Voyez Gravitation & Attraction.

Centre de gravité, (en Méchanique.) c’est un point situé dans l’intérieur du corps, de maniere que tout plan qui y passe, partage le corps en deux segmens qui se font équilibre, c’est-à-dire, dont l’un ne peut pas faire mouvoir l’autre.

D’où il s’ensuit que si on empêche la descente du centre de gravité, c’est-à-dire, si on suspend un corps par son centre de gravité, il restera en repos. Voyez Mouvement & Repos.

La gravité totale d’un corps peut être conçûe réunie à son centre de gravité ; c’est pourquoi on substitue ordinairement dans les démonstrations le centre de gravité au corps.

Les droites qui passent par le centre de gravité s’appellent diametres de gravité ; ainsi l’intersection de deux diametres de gravité détermine le centre. Voyez Diametre.

Tout plan qui passe par le centre de gravité, ou ce qui est la même chose, dans lequel ce centre se trouve, s’appelle plan de gravité ; & ainsi l’intersection commune de deux plans de gravité, est un diametre de gravité.

Dans les corps homogenes qui peuvent se diviser en parties égales & semblables, le centre de gravité est la même chose que le centre de figure, ou le point de milieu du corps ; c’est pourquoi si on coupe une droite en deux parties égales, le point de section sera le centre de gravité.

Centre commun de gravité de deux corps, c’est un point situé dans la ligne droite qui joint les centres de gravité de ces deux corps, de maniere que s’il étoit soûtenu, le système des deux corps resteroit en repos, & la gravité de l’un de ces deux corps ne pourroit prévaloir sur celle de l’autre ; ainsi le point de suspension dans la balance ordinaire ou dans la romaine, c’est-à-dire, le point sur lequel les deux poids font équilibre, est le centre commun de gravité des deux poids. Voyez Romaine.

Lois du centre de gravité : 1°. Si on joint (Pl. méchaniq. fig. 13. n°. 3.) les centres de gravité de deux corps A & C, par une droite AB, les distances BC & CA du centre commun de gravité C aux centres particuliers de gravité B & A, seront entr’elles en raison réciproque des poids. Voyez Balance & Levier.

Et par conséquent si les poids A & B sont égaux, le centre commun de gravité C sera dans le milieu de la droite AB. De plus puisque A est à B comme BC est à AC, il s’ensuit que A × AC = B × BC, ce qui fait voir que les forces des corps en équilibre, doivent être estimées par le produit de la masse & de la distance du centre de gravité, ce qu’on appelle ordinairement moment des corps. Voyez Moment.

De plus, puisque A : B :: B C : A C, on en peut conclurre que A + B : A :: B C + A C : B C ; ce qui fait voir que pour trouver le centre commun de gravité C de deux corps, il n’y aura qu’à prendre le produit de l’un de ces poids par la distance AB des centres particuliers de gravité AB, & le diviser par la somme des poids A & B. Supposons, par exemple, A = 12, B = 4, AB = 24, on aura donc  : si le poids A est donné, ainsi que la distance AB des centres particuliers de gravité, & le centre commun de gravité C, on aura le poids de , c’est-à-dire, qu’on le trouvera, en divisant le moment du poids donné par la distance du poids qu’on cherche, au centre commun de gravité : supposant A = 12, BC = 18, AB = 6, & on aura

2°. Pour déterminer le centre commun de gravité de plusieurs corps donnés a, b, c, d, (fig. 13. n°. 3.) trouvez dans la ligne AB le centre commun de gravité des deux premiers corps a & b que je supposerai en P ; concevez ensuite un poids a + b appliqué en P, & trouvez dans la ligne PE, le centre commun de gravité des deux poids a + b, & c que je supposerai en G ; enfin supposez un poids a + b + c appliqué en G, égal aux deux poids a + b & c, & trouvez le centre commun de gravité de ce poids a + b + c & de d, lequel je supposerai en H, & ce point H sera le centre commun de gravité de tout le système des corps a + b + c + d ; & on peut trouver de la même maniere le centre de gravité d’un plus grand nombre de corps tel qu’on voudra.

3°. Deux poids D & E (fig. 14.) étant suspendus par une ligne CO qui ne passe point par leur centre commun de gravité, trouver lequel des deux corps doit emporter l’autre.

Il faudra pour cela multiplier chaque poids par sa distance du centre de suspension, celui du côté duquel se trouvera le plus grand produit, sera le prépondérant ; & la différence entre les deux sera la quantité dont il l’emportera sur l’autre.

Les momens des poids D & E, suspendus par une ligne qui ne passe point par le centre de gravité, étant en raison composée des poids D & E, & des distances du point de suspension, il s’ensuit encore que le moment d’un poids suspendu précisément au point C, n’aura aucun effet par rapport aux autres poids D & E.

4°. Soient plusieurs corps a, b, c, d, (fig. 15.) suspendus en C par une droite C O qui ne passe point par leur centre de gravité, on propose de déterminer de quel côté sera la prépondérance, & quelle en sera la quantité.

On multipliera pour cela les poids c & d par leur distance CE & CB du point de suspension, & la somme sera le moment de leur poids ou leur moment vers la droite : on multipliera ensuite leur poids a & b par leurs distances AC & CD, & la somme sera le moment vers la gauche ; on soustraira l’un de ces momens de l’autre, & le reste donnera la prépondérance cherchée.

5°. Un nombre quelconque de poids a, b, c, d, étant suspendus en C par une ligne CO qui ne passe point par leur centre commun de gravité, & la prépondérance étant vers la droite, déterminer un point F, où la somme de tous les poids étant suspendue, la prépondérance continueroit à être la même que dans la premiere situation.

Trouvez le moment des poids c & d, c’est-à-dire &  ; & puisque le moment des poids suspendus en F doit être précisément le même, le moment trouvé des poids c & d sera donc le produit de CF par la somme des poids ; & ainsi ce moment étant divisé par la somme des poids, le quotient donnera la distance CF, à laquelle la somme des poids doit être suspendue, pour que la prépondérance continue à être la même qu’auparavant.

6°. Trouver le centre de gravité d’un parallélogramme & d’un parallelépipede.

Tirez la diagonale AD & EG (fig. 16.), ainsi que CB & HF ; & puisque chacune des diagonales AD & CB divisent le parallélogramme ACDB en deux parties égales & semblables, chacune d’elles passe donc par le centre de gravité : donc le point d’intersection I est le centre de gravité du parallélogramme.

De même puisque les plans CBFH & ADGE divisent le parallelépipede en deux parties égales & semblables, ils passent l’un & l’autre par son centre de gravité ; & ainsi leur intersection IK est le diametre de gravité, & le milieu en est le centre.

On pourra trouver de la même maniere le centre de gravité dans les prismes & les cylindres, en prenant le milieu de la droite qui joint leurs bases opposées.

Dans les polygones réguliers, le centre de gravité est le même que celui du cercle circonscrit ou inscrit à ces polygones.

7°. Trouver le centre de gravité d’un cone & d’une pyramide. Le centre de gravité d’un cone est dans son axe AC (fig. 17.) ; si l’on fait donc A C = a, C D = r, p la circonférence dont le rayon est r, A P = x, P p = d x, le poids de l’élément du cone sera & son moment sera  ; & par conséquent l’intégrale des momens , laquelle divisée par l’intégrale des poids , donne la distance du centre de gravité de la portion AMN au sommet A, =  ; d’où il s’ensuit que le centre de gravité du cone entier est éloigné du sommet des de AC ; & on trouve de la même maniere la distance du centre de gravité de la pyramide au sommet de cette pyramide = .

8°. Déterminer le centre de gravité d’un triangle B A C (figure 18.). Tirez la droite AD au point milieu D de BC ; & puisque le triangle BAD est égal au triangle BAC, on pourra donc diviser chacun de ces triangles en un même nombre de petits poids, appliqués de la même maniere à l’axe commun AD, de façon que le centre de gravité du triangle BAC sera situé dans AD. Pour déterminer le point précis, soit A D = a, B C = b ; A P = x, M N = y, & on aura Ap : MN :: AB : BC, ce qui donnera  ; d’où il s’ensuit que le moment & , intégrale qui étant divisée par l’aire AMN du triangle, c’est-à-dire, par donne la distance du centre de gravité au sommet  ; & ainsi substituant a pour x, la distance du centre total de gravité au sommet sera .

9°. Trouver le centre de gravité de la portion de parabole S A H (fig. 19.) : sa distance du sommet A se trouve être AE par les méthodes précédentes.

10°. Le centre de gravité d’un arc de cercle, est éloigné du centre de cet arc, d’une droite qui est troisieme proportionelle à cet arc, à sa corde, & au rayon. La distance du centre de gravité d’un secteur de cercle au centre de ce cercle, est à la distance du centre de gravité de l’arc au même centre, comme 2 est à 3.

Pour trouver les centres de gravité des segmens des conoïdes, des paraboloïdes, des sphéroïdes, des cones tronqués, &c. comme ce sont des cas plus difficiles, & qui en même-tems ne se présentent que plus rarement, nous renvoyons là-dessus au traité de Wolf, d’où Chambers a tiré une partie de cet article.

11°. Déterminer méchaniquement le centre de gravité d’un corps ; placez le corps donné HI (fig. 20.) sur une corde tendue ou sur le bord d’un prisme triangulaire FG, & avancez-le plus ou moins, jusqu’à ce que les parties des deux côtés soient en équilibre : le plan vertical passant par KL, passera par le centre de gravité : changez la situation du corps & avancez-le encore plus ou moins sur la corde ou sur le bord du prisme, jusqu’à ce qu’il reste en équilibre sur quelque ligne MN ; & l’intersection des deux lignes MN & KL déterminera sur la base du corps le point O correspondant au centre de gravité.

On peut faire la même chose en plaçant le corps sur une table horisontale, & le faisant déborder hors de la table le plus qu’il sera possible sans qu’il tombe, & cela dans deux positions différentes en longueur & en largeur : la commune intersection des lignes, qui dans les deux situations correspondront au bord de la table, déterminera le centre de gravité : on peut aussi en venir à bout, en plaçant le corps sur la pointe d’un style, jusqu’à ce qu’il reste en équilibre. On a trouvé dans le corps humain que le centre de gravité est situé entre les fesses & le pubis, de façon que la gravité du corps est ramassée en entier dans l’endroit où la nature a placé les parties de la génération ; d’où M. Wolf prend occasion d’admirer la sagesse du Créateur, qui a placé le membre viril dans l’endroit qui est le plus propre de tous à la copulation ; réflexion aussi fausse qu’indécente, puisque cette loi n’a point lieu dans la plûpart des animaux.

12°. Toute figure superficielle ou solide, produite par le mouvement d’une ligne ou d’une surface, est égale au produit de la quantité qui l’engendre, par la ligne que décrit son centre de gravité. Voyez l’art. Centrobarique.

Ce théorème est regardé comme une des plus belles découvertes qu’on ait faites dans les derniers tems, & il est le fondement de la méthode centrobarique ; Pappus en a eu, à la vérité, la premiere idée : mais c’est le P. Guldin, Jésuite, qui l’a portée à sa perfection. Leibnitz a prouvé que cette proposition a encore lieu, si l’axe ou le centre changeoient continuellement durant le mouvement. On en tire trop de corollaires, pour qu’il soit possible de les rapporter tous ici en détail. Voyez dans les Mémoires de l’Académie de 1714, un écrit de M. Varignon sur ce sujet.

Lorsque plusieurs corps se meuvent uniformément en ligne droite, soit dans un même plan, soit dans des plans différens, leur centre de gravité commun se meut toûjours uniformément en ligne droite, ou demeure en repos ; & cet état de mouvement ou de repos du centre de gravité, n’est point changé par l’action mutuelle que ces corps exercent les uns sur les autres. On peut voir la démonstration de cette proposition dans le traité de Dynamique, à Paris 1743, part. II. ch. ij. L’auteur de cet ouvrage paroît être le premier qui ait donné cette démonstration d’une maniere générale & rigoureuse. Jusqu’alors on ne connoissoit cette vérité que par une espece d’induction ; c’est principalement dans le cas où les corps agissent les uns sur les autres, & décrivent des courbes, que la proposition est difficile à démontrer : car quand ils se meuvent uniformément en ligne droite dans un même plan, ce cas a été démontré par M. Newton, dans le premier livre de ses principes ; & quand ils se meuvent uniformément en ligne droite dans des plans différens, ce cas a été démontré par les peres le Seur & Jacquier dans leur Commentaire sur les principes de Newton. Au reste la démonstration donnée dans le traité de Dynamique déjà cité, est générale pour tous ces cas, ou peut très-facilement y être appliquée.

Centre de mouvement, c’est un point autour duquel tournent un ou plusieurs corps pesans, qui ont un même centre de gravité. Par exemple, si les poids p & q (Table de Méchan. fig. 21.), tournent autour du point N, de façon que quand p descend, q monte, N sera dit alors le centre du mouvement. Voyez Mouvement.

Centre d’oscillation ; c’est un point dans la ligne de suspension d’un pendule composé, tel que si toute la gravité du pendule s’y trouvoit ramassée, les oscillations s’y feroient dans le même tems qu’auparavant. Voyez Oscillation.

Sa distance du point de suspension est donc égale à la longueur d’un pendule simple, dont les oscillations seroient isochrones à celles du pendule composé. Voyez Pendule & Isochrone.

Lois du centre d’oscillation. Si plusieurs poids B, F, H, D (Planche de Méchan. fig. 22.), dont la gravité est supposée ramassée aux points D, F, H, B, conservent constamment la même distance entr’eux & la même distance du point de suspension A, & que le pendule ainsi composé fasse ses oscillations autour du point A, la distance OA du centre d’oscillation O au point de suspension, se trouvera en multipliant les différens poids par les quarrés des distances, & divisant la somme par la somme des momens des poids.

Pour déterminer le centre d’oscillation dans une droite AB (fig. 23.), soit , la particule infiniment petite DP sera égale , & le moment de son poids , par conséquent la distance du centre d’oscillation dans la partie AD au point de suspension A, sera  : qu’on substitue maintenant a au lieu de x, & la distance du centre d’oscillation dans la droite totale AB sera ; c’est ainsi qu’on trouve le centre d’oscillation d’un fil de métal qui oscille sur l’une de ses extrémités.

Pour le centre d’oscillation dans un triangle équilatéral CAB (fig. 18.) qui oscille autour d’un axe parallele à sa base CB, sa distance du sommet A se trouve égale au , hauteur du triangle.

Pour celui d’un triangle équilatéral CAB, oscillant autour de sa base CB, sa distance du sommet A se trouve , hauteur du triangle.

Dans les Mém. de l’Acad. 1735. M. de Mairan remarque que plusieurs auteurs se sont mépris dans les formules des centres d’oscillation, entr’autres M. Carré, dans son livre sur le calcul intégral. Voyez Oscillation.

Centre de percussion dans un mobile, est le point dans lequel la percussion est la plus grande, ou bien dans lequel toute la force de percussion du corps est supposée ramassée. Voyez Percussion. En voici les principales lois.

Lois du centre de percussion. 1°. Lorsque le corps frappant tourne autour d’un point fixe, le centre de percussion est alors le même que celui d’oscillation, & il se détermine de la même maniere, en considérant les efforts des parties comme autant de poids appliqués à une droite inflexible, destituée de gravité, c’est-à-dire, en prenant la somme des produits des momens des parties, par leur distance du point de suspension, & divisant cette somme par celle des momens, de sorte que tout ce que nous avons démontré sur les centres d’oscillation, a lieu aussi pour les centres de percussion, lorsque le corps frappant tourne autour d’un point fixe. 2°. Lorsque toutes les parties du corps frappant se meuvent parallelement, & avec une égale vîtesse, le centre de percussion est alors le même que celui de gravité.

Centre de conversion, en Méchanique, est le centre ou point autour duquel un corps tourne ou tend à tourner lorsqu’il est poussé inégalement dans ses différens points, ou par une puissance dont la direction ne passe pas par le centre de gravité de ce corps. Si par exemple on frappe un bâton par ses deux extrémités avec des forces égales, & en sens contraire, ce bâton tournera sur son centre ou point de milieu, qui sera alors le centre de conversion. Voyez Centre spontanée de rotation, qui suit.

Centre spontanée de rotation, est le nom que M. Jean Bernoulli donne au point autour duquel tourne un corps qui a été en liberté, & qui a été frappé suivant une direction qui ne passe pas par son centre de gravité. Ce terme est employé par M. Bernoulli dans le tome IV. du recueil de ses œuvres, imprimé en 1743 à Lausanne.

Pour faire entendre bien clairement ce que c’est que le centre spontanée de rotation, imaginons un corps GADF, (fig. 43. Méchan.) dont le centre de gravité soit C, & qui soit poussé par une force quelconque suivant une direction AB qui ne passe pas par son centre de gravité. On démontre dans la Dynamique que le centre de gravité C doit en vertu de cette impulsion se mouvoir suivant CO, parallele à AB, avec la même vîtesse que si la direction AB de la force impulsive eût passé par le centre de gravité C ; & on démontre de plus, qu’en même tems que le centre de gravité C avance en ligne droite suivant CO, tous les autres points du corps GADF doivent tourner autour du centre C, avec la même vîtesse & dans le même sens qu’ils tourneroient autour de ce centre, si ce centre étoit fixement attaché, & que la puissance ou force impulsive conservât la même valeur & la même direction AB. La démonstration de ces propositions seroit trop longue & trop difficile, pour être insérée dans un ouvrage tel que celui-ci : ceux qui en seront curieux pourront la trouver dans le Traité de Dynamique, imprimé à Paris en 1743, art. 138. & dans les Recherches sur la précession des équinoxes du même auteur, Paris 1749. Cela posé, il est certain que tandis que le centre C avancera suivant CO, les différens points H, I, &c. du corps GADF, décriront autour du centre C des arcs de cercle Hh, Ii, d’autant plus grands, que ces points H, I, &c. seront plus loin du centre ; ensorte que le mouvement de chaque point du corps sera composé de son mouvement circulaire autour de C, & d’un mouvement égal & parallele à celui du centre C suivant CO ; car le centre C en se mouvant suivant CO, emporte dans cette direction tous les autres points, & les force, pour ainsi dire, de le suivre : donc le point I, par exemple, tend à se mouvoir suivant IM avec une vîtesse égale & parallele à celle du centre C suivant CO ; & ce même point I tend en même tems à décrire l’arc circulaire Ii avec une certaine vîtesse plus ou moins grande, selon que ce point I est plus ou moins près du centre C : d’où il s’ensuit qu’il y a un point I dont la vîtesse pour tourner dans le sens Ii, est égale & contraire à celle de ce même point pour aller suivant IM. Ce point restera donc en repos, & par conséquent il sera le centre de rotation du corps GADF. M. Bernoulli l’appelle spontanée, comme qui diroit centre volontaire de rotation, pour le distinguer du centre de rotation forcé. Le point de suspension d’un pendule, par exemple, est un centre de rotation forcé, parce que toutes les parties du pendule sont forcées de tourner autour de ce point, autour duquel elles ne tourneroient pas, si ce point n’étoit pas fixe & immobile. Au contraire le centre de rotation I est un centre spontanée, parce que le corps tourne autour de ce point quoiqu’il n’y soit point attaché. Au reste il est bon de remarquer que le centre spontanée de rotation change à chaque instant : car ce point est toûjours celui qui se trouve, 1°. sur la ligne GD perpendiculaire à AB ; 2°. à la distance CI du centre C ; c’est pourquoi le centre spontanée de rotation se trouve successivement sur tous les points de la circonférence d’un cercle décrit du centre C, & du rayon CI.

Il n’y a qu’un cas où le centre spontanée de rotation ne change point : c’est celui où ce centre est le même que le centre de gravité du corps : par exemple, une ligne inflexible chargée de deux poids inégaux, à qui on imprime en sens contraire des vîtesses en raison inverse de leurs masses, doit tourner autour de son centre de gravité, qui demeurera toûjours sans mouvement.

On peut remarquer aussi qu’il y a des cas où le centre I de rotation doit se trouver hors du corps GADF ; cela arrivera lorsque le point I, dont la vîtesse suivant Ii doit être égale à la vîtesse suivant IM, se trouvera à une distance du point C plus grande que CG ; en ce cas le corps GADF tournera autour d’un point placé hors de lui.

Centre des corps pesans, est dans notre globe le même que le centre de la terre, vers lequel tous les corps graves ont une espece de tendance. Il est cependant bon de remarquer que les corps graves ne tendroient véritablement vers un centre, que dans le cas où la terre seroit parfaitement sphérique : mais comme elle est un sphéroïde applati vers les poles, ainsi que la théorie & les observations le démontrent, les corps pesans ne sauroient tendre vers un même point à la rigueur ; il n’y a donc point à la rigueur de centre des corps pesans : cependant comme la terre differe peu de la figure sphérique, il s’en faut peu que les corps pesans ne tendent tous vers un même point ; & on prend dans le discours ordinaire le centre de la terre, pour le centre commun de tendance des graves. Voyez Antipodes & Terre.

Centre d’équilibre, dans un système de corps, est le point autour duquel ces corps seroient en équilibre ; ou, ce qui est la même chose, un point tel que si le système étoit suspendu ou soûtenu par ce seul point, il resteroit en équilibre. Le point d’appui d’un levier est son centre d’équilibre. Voyez Appui & Levier.

A cette occasion nous croyons devoir annoncer ici un principe d’équilibre trouvé par M. le marquis de Courtivron, de l’Académie des Sciences, & dont la démonstration a été lûe à l’Académie le 13 Juin 1750. Voici ce principe. De toutes les situations que prend successivement un système de corps animés par des forces quelconques, & liés les uns aux autres par des fils, des leviers, ou par tel autre moyen qu’on voudra supposer ; la situation où le système a la plus grande somme de produits des masses par le quarré des vîtesses, est la même que celle où il auroit fallu d’abord le placer pour qu’il restât en équilibre. En effet, une quantité variable devient la plus grande, lorsque son accroissement, & par conséquent la cause de son accroissement = 0 : or un système de corps dont la force augmente continuellement, parce que le résultat des pressions agissantes fait accélération, aura atteint son maximum de forces lorsque la somme des pressions sera nulle ; & c’est ce qui arrive lorsqu’il a pris la situation que demande l’équilibre.

L’auteur ne s’est pas borné à cette démonstration, qui quoique vraie & exacte, est un peu métaphysique, & pourroit être chicanée par les adversaires des forces vives. V. Force. Il en donne une autre plus géométrique, & absolument rigoureuse : mais il faut renvoyer ce détail important à son mémoire même, qui nous paroît digne de l’attention des Géometres.

Centre de l’équant, dans l’Astronomie ancienne, est un point dans la ligne de l’aphélie, qui est aussi loin du centre de l’excentrique vers l’aphélie, que le soleil l’est du centre de l’excentrique vers le périhélie. Ce terme est presque oublié depuis que les excentriques, les équans, & tous ces fatras de cercles différens, sont bannis de l’Astronomie.

Centre phonique, dans l’Acoustique, c’est le lieu où celui qui parle doit se placer dans les échos articulés qui répetent plusieurs syllabes. Voyez Echo.

Centre phonocamptique, c’est le lieu ou l’objet qui renvoye la voix dans un écho. Voyez Echo. (O)

Centre d’un Bastion est le point où les courtines se rencontreroient si elles étoient prolongées dans le bastion ; ou, ce qui est la même chose, le sommet de l’angle du centre du bastion. Voyez Angle du centre du bastion. (Q)

Centre d’un Bataillon, c’est le milieu du bataillon quarré. C’est aussi quelquefois un grand espace vuide qu’on laisse dans le bataillon. Voyez Bataillon à centre vuide. (Q)

Centre ovale, (en Anatomie.) nom d’une convexité médullaire beaucoup plus petite que la convexité générale ou commune de tout le cerveau, mais conforme à cette grande convexité. On la trouve en emportant adroitement par plusieurs coupes selon la convexité du cerveau, toute la substance corticale avec les lames médullaires dont elle est entremêlée. (L)

Centre tendineux, (Anat.) est la partie dans laquelle les queues des muscles du diaphragme se rencontrent : ce centre est troüé vers sa droite pour donner passage à la veine cave ; & vers sa gauche en arriere, sa partie charnue donne passage à l’œsophage, au tronc descendant de l’aorte, au canal thorachique, & à la veine azygos entre ces deux piliers. Voyez Diaphragme. (L)

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Étymologie de « centre »

(XIIIe siècle)[1] Du latin centrum (« centre ») emprunté au grec ancien κέντρον, kéntron (« aiguillon, pointe du compas ») : la pointe du compas est piquée au centre, point autour duquel le cercle est décrit[2].
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Provenç. centre ; espagn. et ital. centro ; du latin centrum, du grec ϰέντρον, de ϰεντεῖν, piquer à cause de la pointe du compas piquée au point autour duquel le centre est décrit.

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Phonétique du mot « centre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
centre sɑ̃tr

Évolution historique de l’usage du mot « centre »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « centre »

  • Le centre, variété molle de la droite. De François Mitterrand / L'abeille et l'architecte
  • Le centre est immobile : la roue avance, son centre ne bouge pas. De Jacques Chaban-Delmas
  • Tout objet aimé est le centre d'un paradis. De Novalis / Petits écrits
  • Ailleurs est une sphère infinie dont le centre est ici. De François Cavanna / Le saviez-vous ?
  • Si le centre est stable, alors la famille est soudée. De Ngugi wa Thiong`o / Enfant, ne pleure pas
  • Les enfants sont au centre des sensations, donc du monde. De Pascal Thomas / Le Figaro - 28 mars 2001
  • Le cercle n’est pas au service d’une centre. De André Velter / Zingaro suite équestre
  • La gauche est au centre, le centre est à droite et la droite à l'extrême. Faut suivre… De Guy Bedos / Revue de presse - 1987
  • Le néant n'a point de centre, et ses limites sont le néant. De Léonard de Vinci / Carnets
  • Chacun de nous transporte en soi le centre de l'univers. De Nancy Huston / Instruments des ténèbres
  • Qui excelle au tir ne touche pas le centre de la cible. De Koan zen
  • La centralisation, c'est l'apoplexie au centre, la paralysie aux extrémités. De Félicité de Lamennais
  • Tout homme est le centre d’un cercle dont il ne peut franchir la circonférence. De Proverbe anglais
  • Quand tu manges un gâteau rond, commences-tu par le centre ? De Proverbe haoussa
  • La capitale des Pays-Bas, Amsterdam, a décidé de bannir à partir du 1er juillet les locations touristiques, type Airbnb de son centre-ville, dont le quartier rouge. , Tourisme | Amsterdam bannit Airbnb de son centre historique dès le 1er juillet
  • Quartier bazacle à 10 minutes à pied du centre ville et des métros St Cypr[...] ladepeche.fr, Second tour des municipales : une soirée presque comme les autres au centre de Toulouse - ladepeche.fr

Images d'illustration du mot « centre »

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Traductions du mot « centre »

Langue Traduction
Anglais centre
Espagnol centro
Italien centro
Allemand zentrum
Portugais centro
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Synonymes de « centre »

Source : synonymes de centre sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « centre »

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