Foyer : définition de foyer


Foyer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

FOYER, subst. masc.

I.− Lieu où l'on fait du feu.
A.−
1. Espace spécialement aménagé pour y faire du feu; en partic., partie de la cheminée où brûle le feu. Foyer de la cheminée, de la cuisine; foyer sans feu; foyer de pierre. Synon. âtre.J'entrai dans une de ces huttes : c'était un taudis sans fenêtre, avec un foyer de pierres brutes placé au centre (Gautier, Tra los montes,1843, p. 58).Les lourds landiers, qui allèrent remplacer dans le foyer les pierres glissées sous les bûches (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 160).Une bûche s'effondra, des braises roulèrent hors du foyer. L'Allemand se pencha, ramassa les braises avec des pincettes (Vercors, Silence mer,1942, p. 37):
1. ... M. de Coëtquidan s'était approché de sa cheminée, où le feu se mourait. Délicatement, avec ses ciseaux, il s'était coupé deux poils de la barbe, et il les avait posés sur la pelle du foyer, qu'il tenait maintenant au-dessus de la braise. Bientôt les poils commencèrent de grésiller. Alors une expression d'amusement, de jubilation enfantine apparut sur le masque barbu du vieillard... Montherl., Célibataires,1934, p. 749.
SYNT. Foyer étroit, grand, large; braises, bûches, cendres du foyer;, feu, flamme du foyer; tirage du foyer; pierre du foyer; coin du foyer; s'asseoir devant le/près du foyer.
Marbre du foyer ou, p. ell., foyer. Dalle (de marbre, de pierre, etc.) scellée devant le foyer afin de l'isoler du parquet. La Toutouque [une chienne] cuisait (...) sur le marbre brûlant du foyer (Colette, Mais. Cl.,1922, p. 152).D'un pincement de lèvres, il repoussa la cigarette, la laissa tomber à ses pieds, sur le marbre du foyer (Bernanos, Mauv. rêve,1948, p. 967).
Rem. La plupart des dict. gén. mentionnent a) Le sens de « cadre de bois entourant le marbre du foyer ». b) Tapis de foyer ou, p. ell., foyer. Petit tapis placé devant le foyer.
2. Spéc. Foyer d'incendie. Endroit où le feu se déclare, où il est le plus ardent et d'où il se propage. Une caisse d'acide, ou d'autres liqueurs chimiques (...) avait pris feu d'elle-même, et répandu une fumée si épaisse sous les ponts, qu'il avait été très-difficile de découvrir le foyer de l'incendie (Voy. La Pérouse,t. 3, 1797, p. 261).Dans le fond du foyer de l'incendie, des charpentes semblables à des ifs de feu, tournant, se tordant avec des vibrations ignées (Goncourt, Journal,1864, p. 109).
Au fig., gén. dans le domaine des relations internat.Lieu où se concentrent des tensions, des troubles qui peuvent s'étendre et dégénérer en conflits plus graves. Dans le cas d'une expédition en Turquie ou d'une irruption dans les principautés, il était d'une mauvaise politique de laisser un foyer d'incendie aux portes de la Pologne (Balzac, Œuvres div.,t. 3, 1836, p. 63).
3. TECHNOL. Partie d'un appareil de cuisson ou de chauffage, domestique ou industriel, où brûle le combustible. Foyer d'un poêle, d'un fourneau; foyer à grille, à chargement automatique; grille du foyer. On a cherché (...) [à] faire le chargement d'une manière continue, de façon à maintenir le foyer toujours dans le même état. Les foyers dits à alimentation continue sont basés sur ce principe (Ser, Phys. industr.,1888, p. 431).Dans la chaufferie à six foyers, des ouvriers (...) piquaient le mâchefer des grilles avec de longs ringards qu'ils retiraient rouges (Hamp, Champagne,1909, p. 97).La mère tisonna le foyer de la cuisinière (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 150):
2. ... il ne s'arrêta dehors que devant le bâtiment des générateurs. La porte, grande ouverte, laissait voir sept chaudières à deux foyers. Au milieu de la buée blanche, dans le sifflement des fuites, un chauffeur était occupé à charger un des foyers, dont l'ardente fournaise se faisait sentir jusque sur le seuil... Zola, Germinal,1885, p. 1154.
Rem. La docum. atteste a) Un emploi de foyer (en parlant d'une pipe) au sens de « fourneau ». Tous les visiteurs [d'Omer-Pacha, dans un dessin de Guys] sont rangés sur des divans, ajustant à leurs lèvres des pipes, longues comme des sarbacanes, dont le foyer repose à leurs pieds (Baudel., Curios. esthét., 1867, p. 342). b) Qq. très rares emplois au fig. ou p. métaph. Il n'y eut plus dans Gwynplaine que le cœur, foyer, et l'amour, flamme (Hugo, Homme qui rit, t. 2, 1869, p. 149).
B.− P. méton.
1. Feu (qui brûle dans le foyer). Foyer allumé, ardent, éteint. L'horizon était en feu; mais, par endroits, on distinguait des foyers plus intenses, des gerbes d'un pourpre vif (Zola, Débâcle,1892, p. 605).De distance en distance, des foyers s'allument (Maran, Batouala,1921, p. 50):
3. Explosions et incendies de tous côtés aux pourtours de la ville. J'ai compté plus de vingt foyers. Ils ne sont pas le fait de l'aviation anglo-américaine : les Allemands, traqués, devant que d'évacuer la ville, font sauter leurs dépôts. Gide, Journal,1943, p. 235.
SYNT. Foyer brûlant, flamboyant, incandescent; foyer qui éclaire, qui s'éteint; ardeur, clarté, lueur, pétillement du foyer.
HIST. ANC. Foyer sacré ou, p. ell., foyer (Ε σ τ ι ́ α ou Vesta). Foyer domestique devant toujours être alimenté, centre religieux de la demeure; foyer commun auprès duquel sont placés les dieux tutélaires de la ville (cf. feu sacré, feu I B 1 b). Les Romaines Restaient près du foyer sacré Et chantaient en filant la laine Des hymnes aux dieux ignorés (Maurois, Silences Bramble,1918, p. 168).Les plus anciens sanctuaires et les plus essentiels, notamment celui de Vesta, foyer commun auprès duquel étaient conservés les Pénates du peuple romain, mystérieux fétiches liés au salut de la Ville (P. Grimal, La Civilisation romaine,Paris, Arthaud, 1960, p. 29):
4. Au milieu de chaque demeure s'élève la pierre sacrée du foyer, l'autel domestique. Elle est le centre de la famille, image de ce centre immobile du monde que nos pères ont appelé Histiè. Ménard, Rêv. païen mystique,1876, p. 65.
2. P. métaph. Foyer de l'amour, de la passion. Cet homme, en apparence froid et compassé, semblait contenir en lui-même un foyer secret dont la flamme agissait sur nous (Balzac, Deux rêves,1830, p. 351).Ce qu'une morale de restriction hypocrite a nommé les plus bas instincts de l'homme devenait ainsi l'ardent foyer où la vie puisait son inextinguible flamme (Zola, Travail,t. 2, 1901, p. 216):
5. « O Hoffnung! Hoffnung!... » Le cri éternel de notre Beethoven... De toutes les formes du Divin, qu'il chercha et qu'il épousa, celle qui fut la plus persistante... Car elle était le foyer même de son énergie, le noyau brûlant de sa création, et l'imbrisable élan de sa vaillance... Rolland, Beeth.,t. 1, 1937, p. 64.
Rem. La docum. atteste qq. emplois p. ext. et métaph. Quelques-uns [au marché des Innocents] se chauffaient autour de feux comme ceux que font les soldats qui campent, − d'autres s'allumaient des foyers intérieurs dans les cabarets voisins (Nerval, Bohême gal., 1855, p. 149). Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre (Baudel., Poèmes prose, 1867, p. 185). Toujours ces quarante de fièvre, ce petit corps qui brûle, ce foyer intérieur qui dévore une petite âme (Renard, Journal, 1901, p. 632).
II.− P. ext. Lieu servant d'abri à des personnes.
A.−
1. Lieu où habite, où vit une famille. Foyer des ancêtres, de la famille; quitter, regagner son foyer. Heureux celui qui retrouve le soir le foyer domestique, et s'y assied au milieu des siens (Lamennais, Paroles croyant,1834, p. 270).Nous habitions autrefois les uns, notre petite cité, les autres, la campagne, à deux kilomètres et demi de foyer à foyer (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 78).Elle sourit et s'esquiva, le laissant seul. Seul, avec cette sensation d'un foyer retrouvé, ce rêve d'une douceur féminine à son chevet (Martin du G., Thib.,Épil., 1940, p. 782):
6. ... l'image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintillaient seules, comme des étoiles, les rares lumières éparses dans la plaine. Chacune signalait, dans cet océan de ténèbres, le miracle d'une conscience. Dans ce foyer, on lisait, on réfléchissait, on poursuivait des confidences. Dans cet autre, peut-être, on cherchait à sonder l'espace, on s'usait en calculs sur la nébuleuse d'Andromède. Là, on aimait. Saint-Exup., Terre hommes,1939, p. 139.
SYNT. Foyer domestique, maternel, paternel; humble, pauvre foyer; la douceur, les joies du foyer; le gardien du foyer; femme, mère au foyer (cf. femme 2esection II B 2); le retour au foyer; retourner au foyer; retrouver son foyer.
2. En partic.
a) Foyer conjugal, familial. Domicile conjugal, familial. Et c'est pour des femmes comme ça que les maris délaissent le foyer conjugal! (Feydeau, Dame Maxim's,1914, III, 17, p. 71).Le jeune Bernard a brusquement quitté le foyer familial, où il n'aurait jamais dû entrer (Gide, Faux-monn.,1925, p. 1118).
b) Gén. au plur. Pays natal, domicile habituel. Réintégrer ses foyers; rentrer dans ses foyers. Des familles entières se déplaçant d'une contrée à une autre. Une famine, une épidémie, ou simplement la difficulté de vivre les a forcées à abandonner leurs foyers (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum.,1921, p. 44).
Renvoyer un soldat dans ses foyers. Le démobiliser. Ils [des prisonniers de guerre] se trouvaient sur le point d'être renvoyés dans leurs foyers (Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 359).
3. P. méton. Ensemble des personnes qui composent la famille (vivant sous le même toit); la vie familiale. Toute l'instruction que peut et doit acquérir une femme, la fillette et la jeune personne [la] reçoivent, et la mêlent, revenues dans leur famille, à l'éducation du foyer (Mallarmé, Dern. mode,1874, p. 759).Sabine, gâtée par la promiscuité de cette fille, poussée à tout, devenait l'effondrement final, la moisissure même du foyer (Zola, Nana,1880, p. 1465).La vie française est dominée par la femme; c'est elle qui règne, est maîtresse du foyer (Barrès, Cahiers, t. 11, 1917-18, p. 370):
7. Non seulement l'individu n'existe pas, mais son existence serait contraire à la conception même du foyer qui est peut-être le noyau, peut-être la contraction de la cité, en tout cas fait avec elle un organisme indissoluble dont rien, sans ruiner l'une ou l'autre, ne saurait être retranché. La liberté de l'être humain n'est ni conçue, ni concevable hors le groupement familial qui ne conçoit pas non plus la sienne hors de son enclos et de ses dieux, le groupement familial voisin la limitant de toute part. Faure, Espr., formes,1927, p. 20.
Fonder* un foyer.
Rem. Foyer désigne souvent simultanément le lieu où vit la famille et la famille elle-même (cf. les ex. supra).
B.− P. ext. Lieu de réunion, d'asile pour certaines personnes. Foyer populaire, rural; foyer de jeunes travailleurs, du soldat; foyer d'accueil et d'hébergement. Une serviette de livres à offrir, si pesante qu'elle rappelait les légendaires serviettes des temps héroïques du Foyer et de la Bibliothèque Américaine (Du Bos, Journal,1927, p. 188).Cinq familles ensevelies sous les décombres du « Foyer du Combattant », grand immeuble de ciment armé, qui s'est écroulé tout entier (Gide, Journal,1943, p. 164).À Paris, l'Assistance Publique a organisé des foyers du vieillard où les vieux du quartier peuvent venir passer la journée dans un endroit confortable avec diverses possibilités de distraction (Travail social,1953, 3etrimestre, p. 29).
En partic., domaine du spectacle
Foyer des acteurs, des artistes ou, p. ell., foyer. Salle commune où se réunissent les comédiens. Une pièce d'Augier : événement au foyer des acteurs non moins qu'au foyer du public, attentifs l'un et l'autre à la reprise de Philiberte (Mallarmé, Dern. mode,1874, p. 767).Comme il passait devant le foyer des artistes, il avait aperçu, par les portes ouvertes, le délabrement de la vaste pièce, honteuse de taches et d'usure au grand jour (Zola, Nana,1880, p. 1332).Répétition. Antoine est là et fait travailler, d'abord en scène, puis au foyer (Renard, Journal,1900, p. 571).
Foyer de la danse (cf. danse I B 3 b).
Foyer du public ou, p. ell., foyer. Salle où les spectateurs peuvent circuler, prendre des consommations pendant les entractes. Il [Du Tillet] se maintint dans la sphère élevée des gens qui mêlent les plaisirs aux affaires, en faisant du foyer de l'Opéra la succursale de la Bourse (Balzac, C. Birotteau,1837, p. 63).Au foyer, ils retrouvent la salle bruyante, émue et défaite, qui se remet, renoue ses histoires de la vie à cette minute de l'art dramatique (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 216).
III.− P. anal.
A.− Source d'un rayonnement.
1. Point, centre d'où rayonne de la lumière, de la chaleur. Une table d'architecte, sur laquelle une lampe à réflecteur était le seul foyer lumineux du hall (Cocteau, Enf. terr.,1929, p. 132):
8. ... nous concevons, par exemple, que les planètes continueraient de graviter vers le soleil et de tourner régulièrement autour de cet astre, quand il cesserait d'être pour elles un foyer de lumière et de chaleur, absolument comme elles le font dans l'ordre actuel des choses, où la régularité de leurs mouvements paraît si bien adaptée au mode d'influence des rayons solaires. Cournot, Fond. connaiss.,1851, p. 205.
2. Au fig. Centre d'où provient quelque chose, lieu à partir duquel se développe, se répand quelque chose. Foyer de corruption, d'intrigues; foyer de rébellion; foyer de civilisation, de culture. Si un coup de minorité abolissait un moment la propriété capitaliste, partout s'allumeraient des foyers de résistance imprévus (Jaurès, Ét. soc.,1901, p. 90).Ne reste-t-elle pas [l'Italie] le foyer d'émission d'où les métiers de la pierre et du marbre se répandirent dans toute l'Europe? (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum.,1921, p. 157).La volonté est là, déjà, qui dirige notre attention et la concentre sur tel ou tel foyer émetteur de sensations (Larbaud, Journal,1934, p. 320):
9. Le pays [la Grèce] est si pauvre et si désert, qu'à peine avons-nous pu nous procurer pour notre ordinaire quelques figues et de l'eau potable. C'est pourtant ici, me dis-je souvent, qu'est le berceau d'une civilisation, mère de la nôtre, le premier foyer d'où les arts et les sciences rayonnèrent sur le monde. Reybaud, J. Paturot,1842, p. 289.
Spéc., MÉD.
a) Lieu où apparaissent des cas d'une maladie quarantenaire résultant de cas importés ou non (d'apr. Méd. Biol. t. 2 1971). Foyer d'épidémie. Des foyers multiples d'une peste qui avait toutes les caractéristiques de la peste orientale, [ont] pu éclater soudainement dans l'Europe du Moyen Âge en des endroits sans aucun contact avec l'Orient (Artaud, Théâtre et double,1938, p. 28).Les foyers d'infection sont en extension croissante. À l'allure où la maladie se répand, si elle n'est pas stoppée, elle risque de tuer la moitié de la ville avant deux mois (Camus, Peste,1947, p. 1255).
b) Partie du corps où se trouve le siège principal d'une maladie, d'une lésion. Foyer tuberculeux. Dans le foyer de fracture et autour de lui, tous les processus structuraux et fonctionnels s'ordonnent en vue de la réparation (Carrel, L'Homme,1935, p. 240).Un praticien averti, qui sait où est le foyer d'infection, et qui vide l'abcès avant de commencer son pansement (Martin du G., Thib.,Épil., 1940, p. 1001).
Foyer pulmonaire. ,,Zone du poumon atteinte d'un processus pathologique`` (Méd. Biol. t. 2 1971). Un [sujet] dont les ganglions trachéo-bronchiques étaient caséifiés, bien qu'on ne pût découvrir aucun foyer pulmonaire (Calmette, Infection bacill. et tubercul.,1920, p. 160).
Rem. Certains dict. gén. mentionnent foyer purulent. Endroit où se forme le pus d'un abcès.
B.− Point de convergence, de concentration.
1. Emplois techn.
a) OPT. Point constitué par le sommet du faisceau conique formé par la réflexion ou la réfraction de rayons lumineux initialement parallèles. Foyer d'une lunette, d'un objectif, d'un télescope; foyer réel; foyer par réflexion, par réfraction. Des miroirs ou des lentilles à foyer (Cournot, Fond. connaiss.,1851, p. 138).
Foyer virtuel (p. oppos. à -foyer réel, point où a réellement lieu la concentration des rayons lumineux). Point où convergeraient les rayons lumineux s'ils étaient prolongés. Dans la diffusion lumineuse il se forme en certains cas des foyers virtuels (Blondel, Action,1893, p. 245).
Rem. Pir. 1964 mentionne un emploi de foyer dans le domaine de l'acoustique au sens de « point de convergence des ondes acoustiques frappant un réflecteur parabolique ou sphérique ».
b) P. anal., GÉOM. Point remarquable associé à certaines courbes (coniques, ellipses, hyperboles, paraboles). Kepler [a] trouvé qu'on pouvait représenter le mouvement des planètes, en admettant qu'elles décrivent des ellipses dont le soleil occupe un des foyers (Cournot, Fond. connaiss.,1851p. 59).On nomme ellipse, la courbe lieu des points M d'un plan tels que la somme de leurs distances à deux points fixes F, F' de ce plan, appelés foyers, soit égale à une longueur donnée (Hadamard, Géom. ds espace,1921, p. 190).L'ellipse tend à rejoindre en un ses deux foyers pour réintégrer le cercle primitif (Béguin, Âme romant.,1939, p. 69).
2. Au fig. Lieu, point où se concentre quelque chose.
a) [En parlant d'une chose concrète] Je me mis alors à fréquenter les foyers du haut enseignement et des lumières supérieures, le Collège de France, la Sorbonne, l'Institut (Reybaud, J. Paturot,1842, p. 277).La famille, solide encore, est devenue le foyer d'une autre lutte, plus sourde (Faure, Espr. formes,1927, p. 24):
10. ... il y a une nécessité de rapprochement entre tous les membres du high life, qu'ils appartiennent au foyer même de toutes les élégances, Paris, ou qu'ils soient répandus dans les différents centres de la vie fashionable. Mallarmé, Dern. mode,1874, p. 765.
b) [En parlant d'une chose abstr., d'un affect] Les yeux du paralytique, foyer de sa vie nerveuse, étincelaient de fureur (A. Daudet, Pte paroisse,1895, p. 297).Il est impossible que l'une et l'autre de ces œuvres ne sortent pas d'un foyer commun d'idées et de sentiments (Faure, Espr. formes,1927p. 138).Le centre neuro-médical du professeur Bestombes devenait le véritable lieu de l'intense ferveur patriotique, le foyer pour ainsi dire (Céline, Voyage,1932, p. 123):
11. Tout mon être, en somme, est le lieu où se rencontrent le passé et l'avenir. Mes forces s'emploient à situer au centre même du moi le point de rencontre, à faire de ce point de rencontre le foyer de ma conscience morale. J. Bousquet, Trad. du silence,1935-36, p. 106.
c) En partic., domaine de l'écon.Groupement géographique d'industries, centre de commerce, etc. Les principaux bassins houillers où l'emploi de la force mécanique de la vapeur a localisé les principaux foyers industriels du monde (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum.,1921, p. 142).La grande firme qui est le foyer d'une agglomération d'affaires (Perroux, Écon. XXes.,1964, p. 186).
Rem. Dans les emplois fig., foyer a) Désigne souvent à la fois un point de convergence et de rayonnement (cf. les ex. cités). L'espace économique est constitué par des centres (ou pôles ou foyers) d'où émanent des forces centrifuges et où vont des forces centripètes. Chaque centre qui est centre d'attraction et de répulsion... (Id., ibid., p. 131). b) Connote souvent, parfois explicitement, le feu, l'ardeur. Amour! Ô principe du monde! Flamme précieuse que la nature entière, comme une vestale inquiète, surveille incessamment dans le temple de Dieu! Foyer de tout, par qui tout existe! (Musset, Confess. enf. s., 1836, p. 215). Orléans est un foyer ardent de nouvelles vraies, fausses, absurdes, de bruits de toute sorte (Dupanloup, Journal, 1869, p. 313).
REM.
Foyère, subst. fém.Dalle ou plaque scellée devant le foyer. Synon. marbre du foyer.Les bûches sifflaient. Un tison tomba des chenets, roula jusque sur la foyère (Pourrat, Gaspard,1931, p. 79).Emploi adj. ou en appos. Plaque foyère (Clé Mots).
Prononc. et Orth. : [fwaje]. Pour la prononc. de Littré : [fɔje] cf. aboyer. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1135 foier « âtre de la cheminée » (Couronnement Louis, 542 ds T.-L.); 2. 1572 « lieu où vit une famille » (Ronsard, Franciade, III, 86, éd. Laumonier, t. 16, p. 176); 3. a) 1575 méd. « centre de quelque chose » (A. Paré, Œuvres, livre 20, chapitre 18, éd. J. F. Malgaigne, t. 3, p. 118); b) 1680 (Rich. : Foïer. C'est le point où se concentrent les raions du soleil). Du lat. vulg. *focarium substantivation de l'adj. b. lat. des gloses focarius « qui concerne le foyer » (TLL s.v., 986, 34), dér. du class. focus (v. feu). Fréq. abs. littér. : 3 569. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 5 960, b) 7 359; xxes. : a) 3 767, b) 3 884. Bbg. Archit. 1972, p. 120, 211. − Boudon (P.). Rech. sémiotiques sur le lieu. Semiotica. 1973, t. 7, pp. 190-225. − Gohin 1903, p. 358. − Quem. DDL t. 1, 8.

Foyer : définition du Wiktionnaire

Nom commun

foyer \fwa.je\ masculin

  1. Âtre, lieu où se fait le feu.
    • Ôter la cendre du foyer.
    • Le foyer d’un fourneau : La partie d’un fourneau où se place le feu et dont le fond est garni d’une petite grille à travers laquelle la cendre tombe.
    • Pierre de foyer, marbre de foyer, et par abréviation foyer : Dalle de pierre ou de marbre que l’on met au-devant d’une cheminée pour éloigner du feu le plancher et les parquets.
    1. (Propulsion spatiale) À l’intérieur de la chambre de combustion, zone où les ergols entrent en réaction.
  2. (Par métonymie) Feu qui brûle dans le foyer.
    • Il se réchauffa au foyer qu’on venait d’allumer.
  3. (Construction) Salle commune d’un théâtre, d’une salle de spectacle où se rassemblent les acteurs et celle où les spectateurs peuvent se rendre pour passer le temps des entractes, pour converser et où ils se rendaient autrefois pour se chauffer.
    • Le foyer des artistes, de la danse, du public.
    • Sur le conseil des ouvreuses, ils passèrent dans les coulisses, et, à travers les décors qui s’élevaient et s’abaissaient, dans la foule des jeunes Allemandes en jupe rouge, des sorcières, des démons, des courtisanes de l’antiquité, ils gagnèrent le foyer de la danse. La vaste salle, ornée de peintures allégoriques, presque déserte, avait cet air de gravité que donnent à leurs institutions l’État et la fortune. — (Anatole France, Le Lys rouge, 1894, réédition Le Livre de Poche, page 349)
  4. (Figuré) Maison, demeure familiale, pays natal.
    • Cheikh Gaafar avait déjà deux épouses, et cinq filles. […] L’idée de convoler une troisième fois en noces lui plut : certes l’entente serait malaisée à son foyer. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • Entre le travail en usine, le ramendage des filets, l’entretien des vêtements de pêche, la tenue du foyer et les maternités, les femmes de Douarnenez sont des battantes avant la lettre ! — (Anne-Denes Martin, Les Ouvrières de la mer : Histoire des sardinières du littoral breton, 1994, page 50)
    • Homme de foyer : Homme qui aime son foyer, sa famille, la vie domestique.
    • Fonder un foyer : Se dit de celui qui, en se mariant, crée une famille nouvelle.
  5. (Physique) Centre, source.
    • Foyer de lumière ou de chaleur : Se dit d’un corps émettant de la lumière ou de la chaleur.
  6. (Géométrie) Point possédant des propriétés particulières pour l’étude de certaines courbes.
    • La somme des distances d’un point d’une parabole au foyer de celle-ci et à une droite quelconque perpendiculaire à l’axe de la parabole est constante.
    • Une ellipse a deux foyers, et la somme des distances de tout point de cette courbe à ses deux foyers est constante.
    • Une hyperbole a deux foyers, et la différence des distances entre les points de l’hyperbole et les foyers est constante.
    • Les planètes décrivent des ellipses dont le soleil occupe un des foyers.
  7. (Optique) Point commun à tous les rayons sortant d’un système optique lorsque tous les rayons entrants sont parallèles à l’axe optique du système.
    • Les lentilles simples anastigmatiques qui forment les éléments des anastigmats symétriques offrent le grand avantage de pouvoir s'associer pour constituer des objectifs à foyers multiples : […]. — (Agenda Lumière 1930, Paris : Société Lumière & librairie Gauthier-Villars, page 90)
    • Dans un miroir sphérique de petite dimension, un foyer est un point par lequel passent après réflexion les rayons lumineux ou calorifiques entrés parallèlement à l’axe de ce miroir.
  8. (Médecine) Siège principal d’une maladie.
    • Foyer d’une maladie.
    • Un foyer purulent est un foyer où se forme du pus.
    • Cet abcès est un foyer purulent.
    • L’Inde est un des foyers de la peste.
    • Les autorités dénombrent vingt-trois foyers sur treize communes et cinquante bêtes mortes, (bovins, ovins et équins). — (Le Monde, Anthrax dans les Hautes-Alpes : un syndicat agricole porte plainte contre X, Le Monde. Mis en ligne le 24 août 2018)
    1. (Par extension) (Figuré) Se dit d’un lieu d’où rayonne, un problème ou un danger.
      • Le foyer de la rébellion, de la sédition.
      • foyer d’un incendie : point central ou point le plus actif du feu.
  9. (Figuré) Centre ; lieu principal.
    • La création d’une chaire des dialectes et patois comparés rendrait les plus grands services aux romanistes en leur fournissant le foyer central qui leur manque encore dans notre pays. — (E. de Chambure, Glossaire du Morvan, Paris, H. Champion & Autun, Dejussieu père & fils, 1878, p.XIX)
    • Il y a encore une autre région frontière orificielle qui est un foyer sexuel tactile de haute importance : le bout des seins. — (Havelock Ellis, La Sélection Sexuelle chez l'Homme : Toucher, odorat, ouïe, vision, traduit par A. Van Gennep, Paris : Mercure de France, 1922, page 45)
    • Tandis que le Midi, qui a, de tout temps, été un foyer de vie intellectuelle très intense et où les juifs cultivaient toutes les sciences, a été le point de départ d’une agitation antiphilosophique et antiscientifique […] — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
  10. Salle, dans un lycée, où les élèves peuvent se détendre ; un même type de salle pour les enseignants.
    • Tu viens, on va faire un baby-foot au foyer !
  11. (Grammaire) Focus.
  12. (Québec) Résidence pour personnes âgées.
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Foyer : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FOYER. n. m.
Âtre, lieu où se fait le feu. Ôter la cendre du foyer. Le foyer d'un fourneau, La partie d'un fourneau où se place le feu et dont le fond est garni d'une petite grille à travers laquelle la cendre tombe. Pierre de foyer, Marbre de foyer, et par abréviation Foyer, se dit aussi de la Dalle de pierre ou de marbre que l'on met au-devant d'une cheminée pour éloigner du feu le plancher et les parquets. Il se dit quelquefois, par extension, du Feu qui brûle dans le foyer. Il se réchauffa au foyer qu'on venait d'allumer. Il signifie, en termes de Théâtre, la Salle commune où se rassemblent les acteurs et Celle où les spectateurs peuvent se rendre pour passer le temps des entractes, pour converser et où ils se rendaient autrefois pour se chauffer. Le foyer des artistes. Le foyer de la danse. Le foyer du public. Il se dit aussi figurément, surtout au pluriel, pour Maison, demeure familiale, pays natal. Le foyer domestique. Combattre pour ses foyers. Rentrer dans ses foyers. Fig. et fam., Homme de foyer, Homme qui aime son foyer, sa famille, la vie domestique. Fonder un foyer se dit de Celui qui, en se mariant, crée une famille nouvelle. En termes de Physique, Foyer de lumière ou de chaleur se dit d'un Corps émettant de la lumière ou de la chaleur. Dans un miroir sphérique de petite dimension, un foyer est un point par lequel passent après réflexion les rayons lumineux ou calorifiques parallèles à l'axe de ce miroir. Une définition analogue est applicable aux instruments réfractant la lumière, comme les lentilles employées en Optique. L'image de l'étoile est bonne au foyer de cette lentille. On a brûlé ce corps en le plaçant au foyer d'un miroir exposé au soleil. En termes de Géométrie, Foyer d'une section conique se dit d'un Point auquel on peut associer une droite telle que le rapport des distances d'un point quelconque de la courbe à ce point et à la droite soit constant. Une ellipse a deux foyers, et la somme des distances de tout point de cette courbe à ses deux foyers est constante. Les planètes décrivent des ellipses dont le soleil occupe un des foyers. En termes de Médecine, Foyer d'une maladie, Siège principal du mal. Un foyer purulent est un foyer où se forme du pus. Cet abcès est un foyer purulent. Par extension, il se dit d'un Lieu d'où rayonne une maladie. L'Inde est un des foyers de la peste. Fig., Le foyer de la rébellion, de la sédition, etc. Fig., Cette ville est le foyer des lumières, un foyer de lumières, Les arts et les sciences y brillent plus que partout ailleurs.

Foyer : définition du Littré (1872-1877)

FOYER (fo-ié ; d'autres disent foi-ié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des fo-ié-z ardents) s. m.
  • 1Lieu dans les pièces d'une maison où l'on fait le feu. La cendre du foyer. On écoutait tous ces faits admirables Dans son château près d'un large foyer, Voltaire, Ce qui plaît aux dames. Que d'idées antiques et touchantes s'attachent à notre seul mot de foyer ! Chateaubriand, Génie, I, II, 2. [À Moscou] aucun Moscovite ne se présente ; aucune fumée du moindre foyer ne s'élève ; on n'entend pas le plus léger bruit sortir de cette immense et populeuse cité, Ségur, Hist. de Nap. VIII, 4.

    Fig et familièrement. Aimer à garder son foyer, aimer à mener une vie retirée et tranquille.

  • 2 Par extension, le feu même qui brûle dans le foyer. Un foyer bienfaisant par ses soins allumé Pénétrait dans mon cœur lentement ranimé, Chénier M. J. Fénelon, II, 3.

    Fig. Aimer, sentir, c'est là cette ivresse vantée Qu'aux célestes foyers déroba Prométhée, Chénier, Ép. I.

    Par extension, un feu allumé par la nature, un volcan. Nous ne pouvons douter que la nature n'opère les mêmes effets avec bien plus de puissance dans ces foyers immenses, allumés depuis nombre de siècles, Buffon, Min. t. III, p. 83, dans POUGENS.

  • 3La partie où se met le feu dans certains appareils. Le foyer d'un fourneau. Bas foyer, foyer où, dans l'affinage, la fonte est refondue avec du charbon.

    Grand foyer, partie du fourneau depuis le ventre jusqu'au foyer.

    Le vide qui est fait dans un poêle pour y déposer le combustible.

    Se dit du fourneau d'une pipe.

    Terme de maréchalerie. Feu allumé sur une forge.

    Terme de marine. Feu qu'on allume la nuit sur quelque hauteur pour servir de guide aux vaisseaux.

  • 4Par assimilation au feu qui brûle au foyer. Lieu, point d'où la lumière ou la chaleur rayonne. Foyer de lumière. L'on doit reconnaître deux sortes de chaleur, l'une lumineuse dont le soleil est le foyer immense, et l'autre obscure dont le grand réservoir est le globe terrestre, Buffon, Hist. min. Introd. 1re part. Œuv. t. VI, p. 44.

    Fig. La foi a son foyer hors de nous, Chateaubriand, Génie, I, II, 3.

  • 5 Fig. Le siége, le centre. Cette ville est le foyer des lumières. Tellier prit la voie la plus sûre, en représentant au roi cette maison comme le foyer du jansénisme et de l'esprit républicain, Duclos, Règne de Louis XIV, Œuv. t. v, p. 120, dans POUGENS.
  • 6 Terme de physiologie. Foyer perceptif, endroit du cerveau où se font les perceptions apportées par certains nerfs.

    Terme de pathologie. Foyer d'une maladie, le siége principal de cette maladie.

    Foyer de suppuration, partie dans laquelle une collection purulente se forme.

    Le foyer d'une maladie contagieuse, le lieu où elle sévit avec le plus d'intensité, et où elle rayonne et se communique.

  • 7 Fig. Maison (la partie étant prise pour le tout). Il a apporté le trouble, le déshonneur à mon foyer. Tout malheureux trouvait asile à leur foyer, Car où l'on vit sans luxe on est hospitalier, Chénier M. J. Gracques, II, 3. Apprécier la multitude des points de contact par lesquels les finances publiques atteignent chaque famille ; ce qui leur fait trouver des juges dans chaque foyer, Mollien, Mém. d'un ministre, t. I, p. 15.

    Au pluriel, demeure, pays. Qu'ils tremblent à leur tour pour leurs propres foyers, Racine, Mithr. III, 1. Rentrer dans ses foyers [retourner dans sa patrie], Lamotte, dans DESFONT. On dit qu'en ses foyers Il recueillit nos frères, Vaincus et prisonniers, Béranger, Exilé.

  • 8 Terme de théâtre. La salle commune où se rassemblent les acteurs ; on disait autrefois chauffoir. Le foyer des acteurs. M. Séguier a dit en plein foyer qu'ils avaient lu la pièce, et qu'ils n'y avaient rien trouvé de répréhensible, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 6 mai 1760.

    La salle commune où se promènent les spectateurs pendant les entr'actes.

  • 9 Terme de physique. Le point de l'axe d'un miroir concave ou d'une lentille biconvexe où se réunissent et s'entre-croisent les rayons lumineux ou caloriques après la réflexion et la réfraction. Verres lenticulaires, qui rassemblent tous les rayons à leur foyer, Voltaire, Newt. II, 8.

    D'un court foyer, se dit quand le foyer est placé près de la loupe. Tandis que je tenais la branche d'une main, je tenais de l'autre une loupe d'un assez court foyer, Bonnet, Observ. 37, Insect.

    De tant de pouces, de pieds de foyer, se dit pour exprimer la distance qui sépare du miroir, de la lentille, le foyer. Son maître avait des bassins de fer, dans lesquels il polissait assez bien des verres de six pieds de foyer, Fontenelle, Hartsoëker.

    Foyer photogénique ou chimique, lieu distinct du foyer optique et le plus propre à la production des épreuves photogéniques.

    Terme de géométrie. Le foyer d'une ellipse, d'une hyperbole, d'une parabole, le point ou les points où se réunissent et d'où partent les rayons vecteurs. L'ellipse a deux foyers dont la propriété est telle que la somme des rayons vecteurs réunis à un même point de la courbe forme une longueur constamment égale au grand axe. Le soleil étant au foyer des orbes planétaires, il est naturel de la supposer pareillement au foyer des orbes des comètes, Laplace, Exp. II, 5.

  • 10Dalle qu'on met au devant d'une cheminée pour séparer le plancher de l'âtre.

    Terme de menuiserie. Bâti qui entoure l'âtre, et dans lequel les feuilles de parquet viennent s'assembler.

  • 11Tapis dont on recouvre la dalle dite foyer. Foyers moquette.
  • 12Chef de l'atelier d'une forge catalane.

HISTORIQUE

XIIe s. Nes estuet [il ne faut pas les] par pechié de la terre esluignier ; Tute lur penitence ferunt lez lur fuier, Th. le mart. 68.

XIIIe s. Où fu prise la char que [je] voi sor cel fouier ? Ch. d'Ant. VII, 902.

XVIe s. Posons le cas, comme il peut advenir, que le mesentere soit le foyer de la fievre, Paré, XX, 18. Un homme sans fouyer vit tousjours en soucy, Ronsard, 676.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

FOYER.
9 Terme de physique. Ajoutez :

Le foyer est dit foyer principal, lorsqu'il s'agit de rayons primitivement parallèles. Lorsque le foyer est déterminé par l'intersection des rayons qui viennent effectivement s'entre-croiser, il est dit foyer réel ; si les rayons sont devenus divergents et que le foyer soit déterminé par leurs prolongements géométriques, il est dit foyer virtuel.

13En langage d'archéologie préhistorique, nom donné à des traînées noirâtres qui tranchent nettement sur la couleur du terrain, et qui sont formées d'un mélange de charbon, de terre calcinée et de limon.
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Foyer : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

FOYER, s. m. ce mot a deux acceptions, l’une en Géométrie, l’autre en Optique, & ces deux acceptions ont quelque chose d’analogue.

En Géométrie il s’employe principalement en parlant des sections coniques : on dit le foyer de la parabole, les foyers de l’ellipse, les foyers de l’hyperbole ; & on a expliqué au mot Conique ce que c’est que ces foyers. On a appellé ces points foyers, par la propriété qu’ils ont de réunir les rayons qui viennent frapper la courbe suivant certaines directions. Cette propriété est détaillée au mot Conique. Voyez aussi Ellipse, Hyperbole, & Parabole.

Les points qu’on appelle aujourd’hui foyers, s’appelloient autrefois umbilics ou nombrils, umbilici ; parce qu’on peut les regarder comme les points les plus remarquables qui se rapportent à la courbe, & qu’on peut même déterminer l’équation de la courbe par des rayons tirés à ces points, ainsi qu’on l’a vû au mot Ellipse.

Il est quelquefois plus commode de représenter une courbe par l’équation entre les rayons tirés d’un point fixe à cette courbe, & les angles que forment ces rayons, que de la représenter par l’équation entre les co-ordonnées rectangles (Voyez Courbe & Equation) ; en ce cas on donne quelquefois par extension le nom de foyer à ce point fixe, duquel on suppose que les rayons soient tirés, quoique ce point n’ait pas la propriété de rassembler les rayon, qui tomberoient sur la courbe. Tel seroit par exemple le point F (figure 18. Coniq.), par rapport à la courbe AMm, si on déterminoit l’équation de cette courbe, non par le rapport entre les variables AP & PM, mais par le rapport entre la variable FM, & l’angle variable AFM, que la ligne FM fait avec la ligne fixe FA. Voyez la seconde section des infiniment petits de M. de l’Hopital, vers la fin.

En Optique on appelle foyer d’un miroir, foyer d’un verre, foyer d’une lunette, le point où les rayons refléchis par le miroir, ou rompus par le verre ou la lunette, se réunissent, soit exactement, soit physiquement : sur quoi voyez l’article Ardent. On trouve dans les mémoires de l’acad. des Sciences de 1710, une formule générale pour connoître le foyer des miroirs ; & dans ceux de 1704, une formule pour déterminer celui des verres. Nous donnerons ces formules aux mots Lentille & Miroir, où est leur véritable place. Voyez aussi Convergent, Divergent, Concave, Convexe, &c.

M. Bouguer a remarqué dans son ouvrage sur la figure de la terre, p. 203. & suiv. que le foyer des grandes lunettes est différent, 1°. selon la constitution des yeux de l’observateur ; 2°. selon qu’on enfonce ou retire l’oculaire ; 3°. selon la constitution actuelle de l’atmosphere ; & il donne des moyens de se précautionner contre ces variations. Voyez l’article Lunette.

Lorsque les rayons refléchis ou rompus sont divergens, mais de maniere que ces rayons prolongés iroient se réunir, soit exactement, soit physiquement, en un même point, ce point est appellé foyer virtuel ou imaginaire, & par d’autres points de dispersion. Ainsi (fig. 11. Optiq.) si les rayons fa paralleles à l’axe de, sont rompus par le verre ab suivant aK, ensorte qu’ils concourent en e étant prolongés, ce point e est le foyer virtuel de ces rayons.

Comme les rayons qui partent du foyer d’une hyperbole sont refléchis par cette hyperbole, de maniere qu’étant prolongés ils passeroient par le foyer de l’hyperbole opposée, on peut regarder ce second foyer comme un foyer virtuel.

Sur les propriétés des différentes especes de foyers, voyez la dioptrique de Descartes, celle de Huyghens, & beaucoup d’autres ouvrages. (O)

Foyer, (Econ. anim.) Les anciens philosophes & medecins désignoient par ce terme le siége principal de ce qu’ils apppelloient calidum innatum, chaud inné. Ils fixoient ce siége dans le cœur ; d’où ils pensoient qu’il se distribue dans toutes les parties du corps. Selon eux, ce chaud inné qu’ils regardoient comme une substance, & qu’ils distinguoient de la chaleur naturelle, qui n’étoit dans leur système qu’une qualité, résidoit principalement dans cet organe où ils trouvoient tout ce qui est nécessaire pour l’y entretenir ; parce que d’après les idées qu’ils s’en étoient faites, il a besoin non-seulement de l’humide radical pour lui servir d’aliment (Voyez Humide radical), mais encore de l’air qui lui sert, comme au feu domestique, pour le fomenter & l’exciter continuellement. Or cet air se renouvelle sans cesse dans les poumons, qui font, par rapport au cœur, fonction de soufflet pour l’usage qui vient d’être dit.

Les modernes ont abandonné cette théorie sur les causes de la chaleur animale, pour en substituer d’autres, analogues aux différentes manieres dominantes de philosopher ; causes sur lesquelles on a par conséquent beaucoup varié depuis un siecle, mais sans avoir fourni jusqu’à-présent rien de bien satisfaisant. On n’est pas même encore parvenu à déterminer si c’est à des causes méchaniques ou physiques, qu’il faut attribuer cet effet si important dans l’économie animale ; & dans les différens systèmes qui l’ont attribué à des causes purement méchaniques, on n’a pas pû non plus s’accorder sur le lieu du corps où la chaleur est principalement produite ; sur la partie que l’on peut regarder comme en étant le foyer : les uns l’ont fixé dans le cœur ; d’autres dans les poumons ; d’autres enfin dans les vaisseaux capillaires sanguins, sans qu’aucune de ces opinions soit incontestablement reçûe : ainsi on n’a encore rien de bien décidé sur ce sujet en général, d’autant moins qu’on commence à appercevoir que les causes méchaniques ne sont pas suffisantes pour rendre raison de tous les phénomenes, relatifs aux différentes altérations qu’éprouvent les humeurs animales dans les corps vivans. On revient à chercher dans les causes physiques l’explication que celles-là n’ont pû donner jusqu’à-présent d’une maniere bien complete ; on parviendra peut-être à découvrir, à trouver dans les influences de l’électricité, dans l’action universelle de cette puissance physique, & dans la nouvelle théorie que se fait la Chimie, d’après les seules expériences, les lumieres que n’ont pû fournir sur ce sujet les autres parties de la science des corps, qui ne sont fondées pour la plûpart que sur les productions de l’imagination. Voyez Chaleur animale, Coction. (d)

Foyer se dit aussi, dans la Pratique médicinale, de la partie du corps où l’on conçoit que sont déposées des humeurs, des matieres morbifiques, qui étant susceptibles d’être portées de-là dans la masse des humeurs, leur communiquent, leur procurent & produisent de mauvaises qualités ; d’où s’ensuivent différens desordres dans l’économie animale. On trouve souvent dans les écrits des praticiens modernes, le mot foyer appliqué sous cette acception, principalement aux premieres voies ; en tant qu’ils supposent que c’est le résultat des mauvaises digestions ; que ce sont les mauvais levains qu’elles fournissent aux secondes voies ; que c’est la corruption des sucs digestifs qui y sont portés : d’où se forment les causes efficientes de la plûpart des maladies. Voyez Maladie. (d)

Foyer, (Marine.) ce sont des feux qu’on allume la nuit au-haut de quelque tour élevée, pour servir de guide aux vaisseaux par leur lumiere. Voy. Phare. (Z)

Foyer, en Architecture, c’est la partie de l’atre qui est au-devant des jambages d’une cheminée, & qu’on pave ordinairement de grand carreau quarré de terre cuite, ou de marbre ; alors c’est le plus souvent un compartiment de divers marbres de couleur, mastiqués sous une dale de pierre dure, ou incrustés sur un fond de marbre d’une couleur, comme blanc ou noir pur, qu’on met au-devant des jambages d’une cheminée. Il s’en fait aussi de marbres feints, & de carreaux de fayence. (P)

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Étymologie de « foyer »

Étymologie de foyer - Littré

Berry, fouier, foujer ; provenç. foguier, fuguier ; anc. espag. foguero ; du bas-lat. focarium, dérivé du latin focus, foyer (voy. FEU).

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Étymologie de foyer - Wiktionnaire

De l’adjectif latin focarius (« de feu ») dérivé de focus et substantivé en latin vulgaire sous la forme focarium.
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Phonétique du mot « foyer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
foyer fwaje play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « foyer »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « foyer »

  • Les pompiers sont intervenus jeudi 9 juillet au foyer Adapei de Courtes Vernoux. lavoixdelain.fr, Courtes Vernoux - Le foyer d'hébergement de l'Adapei touché par les flammes
  • Un foyer de contamination de coronavirus de travailleurs détachés a été maîtrisé dans les champs de Provence. 292 malades avaient été identifiés. SudOuest.fr, Un foyer de Covid-19 maîtrisé chez des saisonniers agricoles en Provence
  • Un nouveau foyer de Covid-19 a été découvert en Vaucluse, dans une salle de sport à Carpentras. Neuf cas positifs ont été détectés parmi les adhérents du complexe de fitness. Des mesures d'isolement ont été immédiatement décidées par l'Agence Régionale de Santé. Les cas contacts sont recherchés et toutes les personnes seront testées a annoncé la préfecture de Vaucluse ce jeudi soir. France Bleu, Coronavirus : un foyer détecté dans une salle de sport à Carpentras
  • "Appy, le village 100% véhicules électriques." C'est le slogan choisi par Renault après avoir désigné cette petite commune de l'Ariège pour être au cœur de sa nouvelle campagne marketing. Là-bas, chaque foyer va recevoir gratuitement une voiture Zoé de deuxième génération. Ils seront également équipés en wallbox et prises pour recharger leur véhicule à domicile, tandis qu'une borne publique sera installée dans la commune, rapporte Automobile Propre. BFMTV, Renault va prêter une Zoé à chaque foyer de ce village pendant trois ans
  • Un foyer de Covid-19 a été détecté à Marseille, à bord d'un ferry de la Corsica Linéa : 19 marins ont été testés positifs. France Bleu, Marseille : un foyer de Covid-19 détecté à bord d'un ferry de la Corsica Linéa
  • L'argent ne fait pas le bonheur, et c’est absolument vrai, mais, c'est une chose bougrement agréable à posséder dans un foyer. De Groucho Marx / Mémoires d’un amant lamentable
  • La femme n'est pas faite pour travailler. Elle doit s'occuper du foyer, être l'ancre de l'homme. De Jacques Médecin / L'Evénement du jeudi - 20 Septembre 1990
  • Le théâtre est un foyer spirituel de la communauté humaine, le point de cristallisation de sa vie spirituelle, un espace de sa liberté et de son contentement. De Vaclav Havel
  • Un homme se marie pour avoir un foyer mais aussi pour ne plus être embêté par ses problèmes de sexe ou autres affaires de ce genre. De Somerset Maugham
  • Quand on a pris l'habitude de brûler au feu de la politique, si le foyer s'éteint, on reste infirme. De Roger Vailland / Ecrits intimes
  • Dans un large fauteuil, près du foyer béni, Comme on peut voyager, l’hiver, à l’infini ! De Hippolyte Laroche
  • Le foyer c'est le royaume des illusions, la source des rêves de bonheur. De Philippe Aubert de Gaspé, Fils / Le Chercheur de trésors ou l'influence d'un livre
  • L'amour est la première condition du bonheur d'un foyer. De Rolland Legault / La Rançon de la cognée
  • Le bonheur est à votre foyer, ne le cherchez pas dans le jardin des étrangers. De Douglas Jerrold / Jerrold’s wit
  • Un vieux beau est un monsieur qui a encore du foyer mais qui manque de combustible. De Anonyme / Dictionnaire de l'amour
  • L'amour devenu sans objet n'entretient aucun foyer de lumière. De Françoise Giroud / Ce que je crois
  • Adolescent, j’étais pyromane. On m’a placé dans un foyer. De Robin Williams
  • Les jeunes illuminent toujours un foyer. Ils n’éteignent jamais les lumières. De Anonyme
  • C'est la femme qui fait un foyer. De Jean Simard / Mon fils pourtant heureux
  • La télévision a chassé l’âme du foyer. De Jonathan Ives

Images d'illustration du mot « foyer »

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Traductions du mot « foyer »

Langue Traduction
Corse focolare
Basque sutondo
Japonais 囲炉裏
Russe топка
Portugais lareira
Arabe الموقد
Chinois
Allemand feuerstelle
Italien focolare
Espagnol casa
Anglais hearth
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Synonymes de « foyer »

Source : synonymes de foyer sur lebonsynonyme.fr

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