Apologie : définition de apologie


Apologie : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

APOLOGIE, subst. fém.

A.− Défense publique de quelqu'un ou de quelque chose :
1. À l'époque du mois d'août dernier, tous les partisans de la royauté se cachoient; quiconque eût osé entreprendre l'apologie de Louis XVI eût été puni comme un traître. Aujourd'hui ils relèvent impunément un front audacieux; aujourd'hui les écrivains les plus décriés de l'aristocratie reprennent avec confiance leurs plumes empoisonnées. Robespierre, Discours,Sur le Jugement de Louis XVI, t. 1, 1792, p. 124.
2. ... ces documents recueillis de la bouche de Bonaparte, ou dictés par lui à différentes personnes, ont quelques beaux passages sur des actions de guerre, quelques appréciations remarquables de certains hommes; mais en définitive Napoléon n'est occupé qu'à faire son apologie, qu'à justifier son passé, qu'à bâtir sur des idées nées, des événements accomplis, des choses auxquelles il n'avait jamais songé pendant le cours de ces événements. Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 2, 1848, p. 644.
3. Toute apologie de faits qualifiés crimes ou délits par la loi pénale est punie ... d'un emprisonnement et d'une amende. Bach.-Dez.1882.
4. Je vais tout vous dire ... S'il y a de la honte, ajouta-t-elle d'une voix un peu altérée, tant pis pour moi! Alors sans autre préambule, sans aucun lyrisme élégiaque et sans nul détour, sans atténuation ni apologie, elle raconta sa vie déflorée qui ressemblait à dix mille vies. Bloy, La Femme pauvre,1897, p. 63.
5. Tout homme faisait servir le monde entier à sa propre apologie. Il était nécessaire avant tout de ne pas se mépriser, de se découvrir une valeur ensuite et enfin de se préférer à tout le reste. Jouhandeau, Monsieur Godeau intime,1926, p. 177.
SYNT. Belle, vive, superbe, brillante, fameuse, odieuse apologie; apologie adroite, remarquable, féroce, frénétique, moralisante; − de Robespierre, des jésuites, de soi-même; − de la vie militaire, de la guerre, du gouvernement, du christianisme, de la raison, de l'ordre, de la science, de la philosophie, d'une œuvre littéraire; − des passions, du vice, du mensonge, de l'hypocrisie, de la violence, du crime, de la paresse, de l'ivresse; faire, écrire, publier une -; servir d'apologie.
Vieilli. Excuses ou compliments hyperboliques :
6. Acheté un souvenir en bois noir. Les escaliers infinis. Les grands fous et les petits fous. Salles énormes. Le beau cloître. L'in pace des moines. Beau petit jardin. Le guide nous reconduit avec mille apologies. Michelet, Journal,1858, p. 418.
Région. (Canada). Faire apologie. Présenter des excuses, témoigner du regret (d'apr. Canada 1930).
B.− P. méton. Discours ou écrit ayant pour objet de défendre, de justifier, et le cas échéant faire l'éloge d'une personnalité ou d'une cause contre des attaques publiques :
7. Cet article n'est qu'une apologie. Cet article n'est qu'une justification. Péguy, L'Argent,1913, p. 1167.
Rem. Le compl. prép. de exprime gén. l'aut. : Apologie de Socrate, de Raimond Sebond :
8. Saint-Justin, le philosophe, dans sa première apologie, fait une admirable description de la vie des fidèles de ces temps. L'apologie de Justin étoit bien faite pour surprendre la terre. Il venoit de révéler un âge d'or au milieu de la corruption, de découvrir un peuple nouveau, dans les souterrains d'un antique empire. Chateaubriand, Génie du Christianisme,t. 1, 1803, p. 56.
PRONONC. ET ORTH. : [apɔlɔ ʒi]. Fér. 1768 note la pénultième longue (cf. aussi Fér. Crit. t. 1 1787, Land. 1834 et Gattel 1841). Fér. Crit. t. 1 1787 écrit le mot avec un accent circonflexe sur i : apologîe.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1488 (La mer des histoires, I, 171b, [éd. 1491] ds Rom. Forsch., t. 32, p. 11 : Sainct Ambroise dit en son apologie : Que diray-je de David? Que diray-je du sainct Salomon?). Empr. au lat. chrét. apologia (gr. α ̓ π ο λ ο γ ι ́ α) « défense parlée ou écrite », S. Jérôme, Epist. c. Ioan., 1 ds TLL s.v.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 367. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 727, b) 293; xxes. : a) 488, b) 473.
BBG. − Archéol. chrét. 1924. − Bach.-Dez. 1882. − Bél. 1957. − Bonnaire 1835. − Canada 1930. − Cap. 1936. − Foi t. 1 1968. − Foulq.-St-Jean 1962. − Laf. 1878. − Noter-Léc. 1912. − Pamart (P.). Attention! route glissante ou les Promenades étymol. Vie Lang. 1968, p. 290. − Réau-Rond. 1951.

Apologie : définition du Wiktionnaire

Nom commun

apologie \a.pɔ.lɔ.ʒi\ féminin

  1. Paroles ou écrits destinés à justifier ou à défendre quelqu’un ou quelque chose.
    • Mme Surville n’a laissé sur son frère que quelques pages insignifiantes, une apologie froide, banale, où nous n'avons pas une seule note à prendre, pas un seul document à retenir. — (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
    • Quelques jours plus tard, en réponse à une longue apologie du célibat et de la chasteté due à la plume de notre « Sphinx ariégeois » de plus en plus dégoûté de la vie, je répliquais :
      Toute femme est faite pour rivancher comme dit l'argot des barrières, et ensuite pour reproduire.
      — (Françoise d'Eaubonne, Mémoires irréductibles: de l'entre-deux-guerres à l'an 2000, éditions Dagorno, 2001, p. 233)

Nom commun

apologie

  1. Apologie.
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Apologie : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

APOLOGIE. n. f.
Discours ou écrit qui a pour but la justification, la défense de quelqu'un, de quelque action, de quelque ouvrage. Faire l'apologie de quelqu'un. Il a écrit lui-même son apologie. On disait alors du mal de vous, mais depuis on a bien fait votre apologie. Faire l'apologie de la conduite de quelqu'un. Faire l'apologie d'un livre. Fig., Sa conduite depuis quelque temps fait bien son apologie.

Apologie : définition du Littré (1872-1877)

APOLOGIE (a-po-lo-jie) s. f.
  • 1Discours, paroles pour défendre ou justifier. Faire l'apologie de quelqu'un. L'apologie du plaisir et de la mollesse. Il venait recevoir les éloges comme on vient faire des apologies, Fléchier, Tur. M. Arnaud fait ses apologies où il donne sa proposition, Pascal, Prov. 3. Vous faisiez autrefois l'apologie de vos passions, Massillon, Épiph.
  • 2 Par extension, tout ce qui justifie. Sa conduite depuis quelque temps fait son apologie.

HISTORIQUE

XVIe s. Le titre me semblera, advis, bon tel : Excuse composée par Jacques de Bourgoigne pour le purger vers la majesté impériale ; car le mot d'apologie n'est pas usité en françois, Calvin, Lettres à J. de Bourgoigne, p. 143. Ceux qui voudront voir les apologies en cet affaire, les trouveront en l'histoire du païs bas, D'Aubigné, Hist. III, 97.

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Apologie : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

APOLOGIE, s. f. (Littérat.) apologia, mot originairement grec, ἀπολογία, discours ou écrit pour la défense ou la justification d’un accusé : toute apologie suppose une accusation bien ou mal fondée ; & le but de l’apologie est de montrer que l’accusation est fausse ou mal-à-propos intentée

Les persécutions que l’Eglise eut à essuyer depuis sa naissance, & pendant les trois premiers siecles, obligerent souvent les Chrétiens de présenter aux Empereurs, au Sénat & aux Magistrats payens, des apologies pour la religion chrétienne, pour répondre aux fausses imputations par lesquelles on s’efforçoit de les noircir, comme ennemis des dieux, des puissances, & perturbateurs du repos public.

Les principales de ces apologies sont celles de Quadrat & d’Aristide ; les deux apologies de S. Justin martyr ; celle d’Athenagore ; l’apologétique de Tertullien ; & le dialogue de Minutius Felix, intitulé Octavius.

Quadrat, qui étoit évêque d’Athenes, composa son apologie pour les Chrétiens vers l’an de Jesus-Christ 124, & la présenta dans le même tems à l’empereur Adrien, qui parcouroit alors les provinces de l’Empire, & entr’autres la Grece. Eusebe nous en a conservé quelques fragmens : mais il ne nous reste rien de celle qu’Aristide Athénien & philosophe chrétien, écrivit peu après celle de Quadrat.

Des deux apologies qu’écrivit S. Justin martys, la premiere est de l’an de Jesus-Christ 150, & porte ce titre : « A l’empereur Titus-Elius-Adrien-Antonin, pieux, auguste, César ; & à son fils vérissime philosophe ; & à Lucius philosophe, fils de César, selon la nature, & de l’Empereur par adoption, amateur de la science ; & au sacré Sénat, & à tout le peuple Romain. Pour les personnes de toutes conditions, qui sont haïes & maltraitées injustement, Justin fils de Priscus Bacchius, natif de Flavia, ou de Naples en Palestine, l’un de ces persécutés, présente cette requête ». Après un préambule convenable, ce saint docteur montre l’injustice qu’il y a de condamner les Chrétiens sur le seul nom, & détruit le reproche d’athéisme qu’on leur faisoit, par l’exposition de quelques points de leur doctrine, de leur morale, & de leur culte extérieur. Il répond ensuite aux accusations contre leurs mœurs, & les retorque avec force contre celles des payens. Enfin il la termine par la copie d’une lettre d’Adrien, où cet empereur défendoit qu’on persécutât les Chrétiens.

Ce Pere composa sa seconde apologie 16 ans après, & elle n’a pour but que de détruire les calomnies infamantes dont on chargeoit les Chrétiens. Elle est adressée au Sénat de Rome, & n’eut pas plus d’effet que la premiere.

On croit que l’apologie d’Athenagore est aussi de l’an 166, & qu’il l’adressa aux deux empereurs Marc Aurele & Lucius Verus. Il y suit à peu près la même méthode que S. Justin, & repousse fortement trois accusations, l’athéisme, les repas de chair humaine, & les incestes.

Quant à l’apologie de Tertullien, nous en avons parlé au mot Apologétique.

L’Octavius de Minutius Felix, orateur Romain, qui vivoit dans le troisieme siecle, est un dialogue sur la vérité de la religion chrétienne, par occasion l’auteur répond aux calomnies des Juifs & des payens. Le caractere de tous ces ouvrages est une noble & solide simplicité, jointe à beaucoup de véhémence, surtout dans Athenagore & dans Tertullien. (G)

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Étymologie de « apologie »

Étymologie de apologie - Littré

Ἀπολογία, d'ἀπὸ, indiquant écartement, et λόγος, discours (voy. LOGIQUE) ; discours qui écarte une inculpation, etc.

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Étymologie de apologie - Wiktionnaire

Du latin apologia.
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Étymologie de apologie - Wiktionnaire

Du latin apologia (« justification, défense »).
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Phonétique du mot « apologie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
apologie apɔlɔʒi play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « apologie »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « apologie »

  • Interpellé pour avoir fait l’apologie d’Al-Qaïda, l’individu s’est rebellé contre les forces de l’ordre.  Valeurs actuelles, Nantes : arrêté pour apologie du terrorisme, un homme mord un policier | Valeurs actuelles
  • "Ce tweet viole les règles de Twitter sur l’apologie de la violence. Toutefois, Twitter estime qu’il est dans l’intérêt du public que ce tweet reste accessible", a indiqué le réseau social. , Science et Technologie | Twitter signale un tweet de Trump pour "apologie de la violence"
  • Le conseil constitutionnel a supprimé ce vendredi le délit de recel d'apologie de terrorisme, en estimant que cela portait atteinte à la liberté d'expression. Les Sages se sont basés sur une affaire jugée à Metz. France Bleu, Suppression du délit de recel d'apologie de terrorisme sur la base d'une affaire jugée à Metz
  • Pour le Conseil constitutionnel, le délit de recel d’apologie d’actes de terrorisme porte à la liberté d’expression et de communication une atteinte qui n’est pas nécessaire, adaptée et proportionnée. , Recel d’apologie du terrorisme : un outil non nécessaire pour prévenir le terrorisme ou un outil de moins ? - Pénal | Dalloz Actualité
  • L'apologie de l'orgasme masculin se confond avec celle du phallus : petit organe deviendra grand et fort, mais à grand triomphe, brève victoire et tristesse post-coïtale. De Henri Barte / Pourquoi les hommes et les femmes ne s'entendent plus

Images d'illustration du mot « apologie »

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Traductions du mot « apologie »

Langue Traduction
Corse scusa
Basque apologia
Japonais 謝罪
Russe апология
Portugais desculpa
Arabe اعتذار
Chinois 道歉
Allemand entschuldigung
Italien scusa
Espagnol disculpa
Anglais apology
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Synonymes de « apologie »

Source : synonymes de apologie sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « apologie »



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