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Panégyrique

Sommaire

  • Définitions du mot panégyrique
  • Étymologie de « panégyrique »
  • Phonétique de « panégyrique »
  • Citations contenant le mot « panégyrique »
  • Traductions du mot « panégyrique »
  • Synonymes de « panégyrique »
  • Antonymes de « panégyrique »

Définitions du mot panégyrique

Trésor de la Langue Française informatisé

PANÉGYRIQUE, subst. masc. et adj.

I. − Subst. masc.
A. −
1. ANTIQ. GR. Discours d'apparat prononcé devant le peuple lors des grandes fêtes religieuses, exaltant la gloire nationale et vantant les avantages de telle ou telle entreprise ou voie politique. Quand Isocrate avait demandé aux Grecs de s'unir, il leur avait bien suggéré de placer à leur tête Sparte et Athènes; mais, dans une apparente digression qui était le fond même de son Panégyrique, il soutenait que, des deux villes, c'était Athènes qui avait le plus de droits à prendre les rênes en main (G. Glotz, Hist. anc., Hist. gr., Paris, P.U.F., t.3, 1936, p.121).
2. P.ext.
a) Discours d'apparat louant de son vivant un personnage illustre. Le Panégyrique de Trajan par Pline le Jeune. Les Polynésiens ont des récits fort compliqués sur l'origine de l'univers et les migrations tribales où la poésie lyrique et les panégyriques des chefs jouent aussi un grand rôle (Lowie,Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p.219).
b) Sermon à la louange d'un saint, prononcé le jour de sa fête pour inciter les fidèles à suivre son exemple. Jamais je ne me suis senti plus soulevé par cet excès des passions dont Bossuet fait l'apanage de la jeunesse, dans cet admirable panégyrique de saint Bernard que je relisais ce matin (Gide,Journal,1917, p.635).
3. Discours solennel, officiel qui met en évidence les mérites d'une personne. Il eût voulu ravaler le panégyrique préparé de son prédécesseur. Mais, consciencieux, il avait appris son texte par coeur et sa mémoire se refusait à en rien retrancher (Druon,Gdes fam., t.1, 1948, p.163).
B. − Éloge oral ou écrit, enthousiaste et sans restriction d'une personne ou p.anal. d'une chose. La théorie d'une égalité pacifique, fondée sur la fraternité et le dévouement, n'est qu'une contrefaçon de la doctrine catholique du renoncement aux biens et aux plaisirs de ce monde, le principe de la gueuserie, le panégyrique de la misère (Proudhon,Syst. contrad. écon., t.1, 1846, p.188):
1. Ils parlèrent longtemps de la jeune fille; Nicolas ne put s'empêcher de la louer avec enthousiasme. Toute l'imagination de l'écrivain se déploya dans ce panégyrique; le coeur y joignait aussi tout le feu dont il brûlait encore. Nerval,Illuminés,1852, p.232.
Loc. Faire le panégyrique de qqn ou de qqc. Aujourd'hui, voici Guiches qui fait un panégyrique enthousiaste, dans le Figaro, de Larroumet (Goncourt,Journal,1891, p.32).Il serait vraiment banal de vous faire ici le panégyrique de notre climat, de la richesse de notre sol et de la beauté de nos sites (Pineau,S.N.C.F. et transp.,1950, p.121).V. individu A 3 b ex. de Anouilh.
Péj. Éloge exagéré, emphatique. Je veux le déifier, le porter au-dessus du dix-huitième firmament. Ô mon ministre, je te tiens enfin! Je puis te parfumer des pastilles du sérail de l'éloge, t'embaumer avec un panégyrique de ma préparation! (Reybaud,J. Paturot,1842, p.123).
P.iron. Discours, propos malveillant(s). Tu ne sais donc pas que je suis (...) un poltron, un lâche? (...) je croyais être mieux connu, depuis que Florence crie mon panégyrique à toute l'Italie (A. Dumas père, Lorenzino,1842, i, 13, p.218):
2. Écoutez le panégyrique que le voisin fait du voisin. Blanc sur blanc est féroce; si le lys parlait, comme il arrangerait la colombe! Une bigote qui jase d'une dévote est plus venimeuse que l'aspic et le bongare bleu. Hugo,Misér., t.1, 1862, p.793.
II. − Adjectif
A. − ANTIQ. GR. [Corresp. à supra I A 1] Relatif au panégyrique. Depuis le jour où il [Isocrate] écrivit son Discours panégyrique, jusqu'à celui où il donna ses suprêmes conseils à Philippe, il se consacra tout entier à propager l'idée d'une union panhellénique contre la Perse (G. Glotz, Hist. anc., Hist. gr., Paris, P.U.F., t.3, 1936, p.450).Plusieurs indices donnent à penser que beaucoup d'Égypto-Grecs étaient démangés de la tentation d'écrire. Tant de morceaux épiques, panégyriques, lyriques, didactiques, dramatiques, religieux, magiques, dont les simples titres couvrent des pages et des pages du catalogue de R. A. Pack (L'Hist. et ses méth.,1961, p.516).
B. − [Corresp. à panégyrie]
1. ANTIQ. GR. Assemblées, fêtes, jeux panégyriques. Assemblées générales, fêtes populaires, grands jeux organisés à l'occasion des grandes fêtes religieuses. (Dict. xixeet xxes. jusqu'à Lar. 20e).
2. P.anal., rare. Centre panégyrique. Lieu où toutes les grandes fêtes religieuses rassemblaient le peuple. En devenant ainsi le centre panégyrique de la nation, le temple devenait le centre du mouvement national (Renan,Hist. peuple Isr., t.3, 1891, p.201).
Prononc. et Orth.: [paneʒiʀik]. Ac. 1694, 1718: panegyrique; dep. 1740: -né-. Étymol. et Hist.A. Subst.1. 1512 «dans l'Antiquité, discours public à l'éloge d'une personne» (J. Le Maire, Les Illustrations de Gaule et singularitez de Troye, éd. J. Stecher, II, 307); 2. «louange qu'on fait de quelqu'un» un panégiric à la louange du duc d'Anjou (Aubigné, Hist. univ., VI, 15); 3. a) 1690 «discours médisant» vous luy faites un beau panegyrique (Fur.); b) 1842 «louanges outrées» (Reybaud, loc. cit.). B. Adj. 1557 chant panegyrique (Bugnyon, titre: le chant Panegyrique de l'Île Pontine, Lyon d'apr. Cioranescu 16e). Empr. au lat. panegyricus adj. «laudatif» subst. «éloge, panégyrique», lui-même empr. au gr. π α ν η γ υ ρ ι κ ο ́ ς adj. «qui concerne une fête nationale», d'où «de fête, solennel» et empl. avec ou sans λ ο ́ γ ο ς, comme subst. ο ̔ π α ν η γ υ ρ ι κ ο ́ ς «éloge public prononcé dans une fête nationale». Fréq. abs. littér.: 86.

Trésor de la Langue Française informatisé

PANÉGYRIQUE, subst. masc. et adj.

I. − Subst. masc.
A. −
1. ANTIQ. GR. Discours d'apparat prononcé devant le peuple lors des grandes fêtes religieuses, exaltant la gloire nationale et vantant les avantages de telle ou telle entreprise ou voie politique. Quand Isocrate avait demandé aux Grecs de s'unir, il leur avait bien suggéré de placer à leur tête Sparte et Athènes; mais, dans une apparente digression qui était le fond même de son Panégyrique, il soutenait que, des deux villes, c'était Athènes qui avait le plus de droits à prendre les rênes en main (G. Glotz, Hist. anc., Hist. gr., Paris, P.U.F., t.3, 1936, p.121).
2. P.ext.
a) Discours d'apparat louant de son vivant un personnage illustre. Le Panégyrique de Trajan par Pline le Jeune. Les Polynésiens ont des récits fort compliqués sur l'origine de l'univers et les migrations tribales où la poésie lyrique et les panégyriques des chefs jouent aussi un grand rôle (Lowie,Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p.219).
b) Sermon à la louange d'un saint, prononcé le jour de sa fête pour inciter les fidèles à suivre son exemple. Jamais je ne me suis senti plus soulevé par cet excès des passions dont Bossuet fait l'apanage de la jeunesse, dans cet admirable panégyrique de saint Bernard que je relisais ce matin (Gide,Journal,1917, p.635).
3. Discours solennel, officiel qui met en évidence les mérites d'une personne. Il eût voulu ravaler le panégyrique préparé de son prédécesseur. Mais, consciencieux, il avait appris son texte par coeur et sa mémoire se refusait à en rien retrancher (Druon,Gdes fam., t.1, 1948, p.163).
B. − Éloge oral ou écrit, enthousiaste et sans restriction d'une personne ou p.anal. d'une chose. La théorie d'une égalité pacifique, fondée sur la fraternité et le dévouement, n'est qu'une contrefaçon de la doctrine catholique du renoncement aux biens et aux plaisirs de ce monde, le principe de la gueuserie, le panégyrique de la misère (Proudhon,Syst. contrad. écon., t.1, 1846, p.188):
1. Ils parlèrent longtemps de la jeune fille; Nicolas ne put s'empêcher de la louer avec enthousiasme. Toute l'imagination de l'écrivain se déploya dans ce panégyrique; le coeur y joignait aussi tout le feu dont il brûlait encore. Nerval,Illuminés,1852, p.232.
Loc. Faire le panégyrique de qqn ou de qqc. Aujourd'hui, voici Guiches qui fait un panégyrique enthousiaste, dans le Figaro, de Larroumet (Goncourt,Journal,1891, p.32).Il serait vraiment banal de vous faire ici le panégyrique de notre climat, de la richesse de notre sol et de la beauté de nos sites (Pineau,S.N.C.F. et transp.,1950, p.121).V. individu A 3 b ex. de Anouilh.
Péj. Éloge exagéré, emphatique. Je veux le déifier, le porter au-dessus du dix-huitième firmament. Ô mon ministre, je te tiens enfin! Je puis te parfumer des pastilles du sérail de l'éloge, t'embaumer avec un panégyrique de ma préparation! (Reybaud,J. Paturot,1842, p.123).
P.iron. Discours, propos malveillant(s). Tu ne sais donc pas que je suis (...) un poltron, un lâche? (...) je croyais être mieux connu, depuis que Florence crie mon panégyrique à toute l'Italie (A. Dumas père, Lorenzino,1842, i, 13, p.218):
2. Écoutez le panégyrique que le voisin fait du voisin. Blanc sur blanc est féroce; si le lys parlait, comme il arrangerait la colombe! Une bigote qui jase d'une dévote est plus venimeuse que l'aspic et le bongare bleu. Hugo,Misér., t.1, 1862, p.793.
II. − Adjectif
A. − ANTIQ. GR. [Corresp. à supra I A 1] Relatif au panégyrique. Depuis le jour où il [Isocrate] écrivit son Discours panégyrique, jusqu'à celui où il donna ses suprêmes conseils à Philippe, il se consacra tout entier à propager l'idée d'une union panhellénique contre la Perse (G. Glotz, Hist. anc., Hist. gr., Paris, P.U.F., t.3, 1936, p.450).Plusieurs indices donnent à penser que beaucoup d'Égypto-Grecs étaient démangés de la tentation d'écrire. Tant de morceaux épiques, panégyriques, lyriques, didactiques, dramatiques, religieux, magiques, dont les simples titres couvrent des pages et des pages du catalogue de R. A. Pack (L'Hist. et ses méth.,1961, p.516).
B. − [Corresp. à panégyrie]
1. ANTIQ. GR. Assemblées, fêtes, jeux panégyriques. Assemblées générales, fêtes populaires, grands jeux organisés à l'occasion des grandes fêtes religieuses. (Dict. xixeet xxes. jusqu'à Lar. 20e).
2. P.anal., rare. Centre panégyrique. Lieu où toutes les grandes fêtes religieuses rassemblaient le peuple. En devenant ainsi le centre panégyrique de la nation, le temple devenait le centre du mouvement national (Renan,Hist. peuple Isr., t.3, 1891, p.201).
Prononc. et Orth.: [paneʒiʀik]. Ac. 1694, 1718: panegyrique; dep. 1740: -né-. Étymol. et Hist.A. Subst.1. 1512 «dans l'Antiquité, discours public à l'éloge d'une personne» (J. Le Maire, Les Illustrations de Gaule et singularitez de Troye, éd. J. Stecher, II, 307); 2. «louange qu'on fait de quelqu'un» un panégiric à la louange du duc d'Anjou (Aubigné, Hist. univ., VI, 15); 3. a) 1690 «discours médisant» vous luy faites un beau panegyrique (Fur.); b) 1842 «louanges outrées» (Reybaud, loc. cit.). B. Adj. 1557 chant panegyrique (Bugnyon, titre: le chant Panegyrique de l'Île Pontine, Lyon d'apr. Cioranescu 16e). Empr. au lat. panegyricus adj. «laudatif» subst. «éloge, panégyrique», lui-même empr. au gr. π α ν η γ υ ρ ι κ ο ́ ς adj. «qui concerne une fête nationale», d'où «de fête, solennel» et empl. avec ou sans λ ο ́ γ ο ς, comme subst. ο ̔ π α ν η γ υ ρ ι κ ο ́ ς «éloge public prononcé dans une fête nationale». Fréq. abs. littér.: 86.

Wiktionnaire

Nom commun

panégyrique \pa.ne.ʒi.ʁik\ masculin

  1. Discours public fait à la louange de quelqu’un ou de quelque chose, éloge.
    • Ô crime ! ô honte ! La tribune du peuple français a retenti du panégyrique de Louis XVI ; nous avons entendu vanter les vertus et les bienfaits du tyran ! — (Maximilien Robespierre, Sur le parti de prendre à l’égard de Louis XVI, novembre 1792)
    • L’un célébrait les louanges d’Athelsthane dans un panégyrique lugubre ; un autre redisait, dans un poème généalogique en langue saxonne, les noms étrangement durs et sauvages de ses nobles ancêtres. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Pendant que des regrets unanimes se formulaient à la Bourse, sur le port, dans toutes les maisons ; quand le panégyrique d’un homme irréprochable, honorable et bienfaisant, remplissait toutes les bouches, Latournelle et Dumay, […], vendaient, réalisaient, payaient et liquidaient. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Un colonel ventripotent lit, trémolos dans la voix, un panégyrique de l’État ouvrier et paysan. — (Olivier Guez et Jean-Marc Gonin, La Chute du Mur, Le Livre de Poche, 2011, ISBN 978-2-253-13467-1)

Forme de verbe

panégyrique \pa.ne.ʒi.ʁik\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de panégyriquer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de panégyriquer.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de panégyriquer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de panégyriquer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de panégyriquer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PANÉGYRIQUE. n. m.
Discours public fait à la louange de quelqu'un. Faire, composer, prononcer un panégyrique. Le panégyrique d'un saint. Pline a fait le panégyrique de Trajan. Il signifie, par extension et familièrement, Tout ce qu'on dit avec excès à la louange de quelqu'un. Il a fait son propre panégyrique.

Littré (1872-1877)

PANÉGYRIQUE (pa-né-ji-ri-k') s. m.
  • 1Discours public à la louange de quelqu'un. Le Panégyrique de Trajan par Pline le jeune. Et vous pauvres… vous qu'elle assistait avec tant de joie, quel admirable panégyrique prononceriez-vous par vos gémissements, à la gloire de cette princesse, s'il m'était permis de vous introduire dans cette auguste assemblée ! Bossuet, Marie-Thér. La folle éloquence du siècle, quand elle veut élever quelque valeureux capitaine, dit qu'il a parcouru les provinces moins par ses pas que par ses victoires ; les panégyriques sont pleins de semblables discours, Bossuet, Sermons, Bonté, 1. Au lieu des discours chrétiens que l'on faisait autrefois dans les funérailles pour l'édification des vivants, on fait aujourd'hui des panégyriques, où de son autorité particulière on entreprend de canoniser les morts, Bourdaloue, 4e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 161. Saint Paulin, s'étant retiré à Nole, fit en l'honneur de ce prince [Théodose] une éloquente et docte apologie, que saint Jérôme appelle un excellent panégyrique, dont on ne saurait assez regretter la perte, Fléchier, Hist. de Théodose, IV, 70. Un éloge ennuyeux, un froid panégyrique Peut pourrir à son aise au fond d'une boutique, Boileau, Sat. VII. Pourquoi n'est-il pas établi de faire publiquement le panégyrique d'un homme qui a excellé pendant sa vie dans la bonté, dans l'équité, dans la douceur, dans la fidélité, dans la piété ? La Bruyère, XV. Quelle tâche que le panégyrique d'un prince vicieux ! Diderot, Claude et Nér. I, 35. Vous avez raison, monsieur, de vous défier des panégyriques ; ils sont presque tous composés par des sujets qui flattent un maître, Voltaire, Mél. litt. Sur les panégyr.

    Adjectivement. Discours panégyrique. Laissons aux orateurs du monde la pompe et la majesté du style panégyrique, Bossuet, Panég. de St Franç. d'Assise, I.

  • 2 Par extension, toute parole d'éloge. Il me siérait mal de faire votre panégyrique à vous-même, Sévigné, 74. Le roi a paru touché [de la mort de la princesse de Conti], et a fait son panégyrique en disant qu'elle était plus considérable par sa vertu que par la grandeur de sa fortune, Sévigné, 117.
  • 3 Ironiquement, discours médisant, malin. Il vous aura bien de l'obligation, vous lui faites là un beau panégyrique.
  • 4Livre ecclésiastique à l'usage des Grecs ; il contient des éloges des saints.
  • 5 Adj. Terme d'antiquité. Où il y a un grand concours de monde. Assemblées, fêtes, jeux panégyriques.

REMARQUE

Vaugelas dit que panégyrique est un mot nouveau, puisqu'il ne se trouve pas dans les dictionnaires de Nicot et de Monet, mais il n'en est pas moins ancien ; d'Aubigné s'en est servi.

SYNONYME

PANÉGYRIQUE, ÉLOGE. Panégyrique dit plus qu'éloge. L'éloge contient sans doute la louange du personnage, mais n'exclut pas une certaine critique, un certain blâme. Le panégyrique ne comporte ni blâme ni critique.

HISTORIQUE

XVIe s. Nos faiseurs de panegerics, D'Aubigné, Hist. II, 487. Panegyrique, D'Aubigné, ib. III, 80.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PANÉGYRIQUE. s. m. (Belles-Lettres.) discours public à la louange d’une personne illustre, d’une vertu signalée, ou d’une grande action. Voyez Discours.

Ce mot est grec, πανηγυρις, formé de παν, tout & d’αγυρις, assemblée, parce qu’autrefois chez les Grecs on prononçoit les panégyriques dans les cérémonies publiques & solemnelles, à l’occasion de quelques jeux ou de quelques fêtes qui attiroient toujours un grand concours de peuples.

Le panégyrique appartient au genre d’éloquence, qu’on nomme en Rhétorique démonstratif. Voyez Démonstratif.

Pour rendre les anciens panégyriques plus solemnels, on avoit coutume de les commencer par l’éloge de la divinité, en l’honneur de laquelle on célébroit les fêtes ou les jeux. On passoit ensuite aux louanges du peuple ou du pays qui les célébroit, puis à celles des princes ou des magistrats qui y présidoient ; & enfin l’orateur prononçoit les athletes, & les vainqueurs qui avoient remporté le prix dans les exercices du corps.

Le P. de Colonia fait mention de deux méthodes qu’on a suivies dans les panégyriques ; l’une artificielle, suivant laquelle, sans avoir égard à l’ordre des tems ou des faits, on ramenoit toutes les parties de l’éloge à certains chefs généraux. C’est ainsi que dans son oraison pro lege maniliâ, Ciceron rapporte tout l’éloge de Pompée à son habileté dans l’art militaire, à sa vertu, à son pouvoir, & au bonheur qui l’accompagnoit dans toutes ses entreprises.

L’autre méthode qu’il nomme naturelle, est celle où l’on observe l’ordre des tems, ou l’ordre historique. En suivant cette derniere marche, le panégyrique se divise en trois périodes. Le tems qui a précédé la naissance de la personne dont on fait l’éloge, celui dans lequel elle a vécu, & si elle est morte, celui qui s’est écoulé après sa mort. On pourroit ajouter que cette sorte de division paroît plus propre à l’oraison funebre, qui est une espece de panégyrique, qu’au panégyrique proprement dit. Quoi qu’il en soit, elle demande moins de génie, & est beaucoup moins susceptible de variété que la premiere. Aussi voyons-nous que les grands orateurs modernes fondent leurs panégyriques des saints, des rois, des héros sur une ou deux vertus principales, auxquelles ils rapportent, comme à leur centre, toutes leurs autres vertus, & les circonstances glorieuses de leur vie ou de leurs actions. D’ailleurs il faut se garder d’entasser trop de faits dans un panégyrique. Ils doivent être comme fondus dans les réflexions & dans les tours oratoires, ce qui est comme impossible en suivant historiquement l’ordre des tems.

Les lieux communs d’où l’on peut tirer des éloges ou des matériaux pour le panégyrique, sont la famille, le pays, la naissance de la personne qu’on loue, les présages qui ont précédé cette naissance, ses vertus, ses avantages corporels, les qualités de son esprit & de son cœur, ses dignités, son autorité, son opulence, c’est-à-dire, l’usage noble & vertueux qu’elle en a fait, ses grandes actions, la maniere dont elle est morte, & les conséquences qu’on en peut tirer.

Le panégyrique est, dit-on, l’écueil des orateurs ; ceux qui ne roulent que sur des matieres profanes, ou des sujets imaginés, tels que ces déclamations qu’on prononce dans les colleges, ou les discours académiques, comportent toutes sortes d’ornemens : cependant ils ne doivent encore être embellis que jusqu’à une certaine mesure, & la grande difficulté est de s’arrêter à ce point fixe. On surcharge ordinairement son sujet de fleurs qui ne couvrent souvent que du vuide. Dans l’éloquence de la chaire, les sujets sont grands, respectables, féconds par eux-mêmes : cependant la trop grande abondance d’ornemens peut les défigurer, & leur faire perdre de leur majesté naturelle. D’un autre côté le défaut d’ornemens les desseche pour ainsi dire, & cesse de les rendre aussi intéressans qu’ils le seroient, s’ils en étoient revêtus avec mesure & avec discrétion.

Nous avons un recueil d’harangues latines, intitulé, panegyrici veteres, qui renferment les panégyriques de plusieurs empereurs romains. On trouve à la tête celui de Trajan, par Pline, qui le composa par ordre du sénat, & au nom de tout l’empire. L’orateur y adresse toujours la parole au prince, comme s’il étoit présent ; & s’il le fut en effet, (car on en doute), il en couta beaucoup à la modestie de cet empereur, de s’entendre ainsi louer en face & pendant long-tems… Le style de ce discours est élégant, fleuri, lumineux, tel que doit être celui d’un panégyrique, où il est permis d’étaler avec pompe tout ce que l’éloquence a de plus brillant. Les pensées y sont belles, solides, en grand nombre, & souvent paroissent toutes neuves. Les expressions, quoiqu’assez simples, n’ont rien de bas, rien qui ne convienne au sujet, & qui n’en soutienne la dignité. Les descriptions sont vives, naturelles, circonstanciées, pleines d’images naïves, qui mettent l’objet sous les yeux & le rendent sensible. Tout le discours est rempli de maximes & de sentimens dignes du prince qu’on y loue. M. de Sacy nous en a donné une fort belle traduction.

Dans ce même recueil, dont nous avons parlé, suivent onze autres pieces du même genre ; cette collection, outre qu’elle contient beaucoup de faits qui ne se trouvent point ailleurs, peut-être fort utile pour ceux qui sont chargés de faire des panégyriques. La bonne antiquité latine ne fournit point de ces sortes de discours, excepté la harangue de Ciceron pour la loi manilia, & quelques endroits de ses autres harangues, qui sont des chefs-d’œuvres dans le genre démonstratif, comme dans celles pour Marcellus & pour le poëte Archias. Il ne faut pas s’attendre à trouver la même beauté, ni la même délicatesse dans ces autres panégyriques. L’éloignement du siecle d’Auguste avoit fait déchoir beaucoup l’éloquence, qui n’avoit plus cette ancienne pureté de langage, cette finesse d’expression, cette sobriété d’ornemens, cet air simple & naïf, mais relevé, quand il le falloit, par une grandeur & une noblesse de style admirable. Mais on trouve dans ce discours beaucoup d’esprit, de fort belles pensées, des tours heureux, des descriptions vives, & des louanges très-solides. Rollin, hist. anc. tome 12. pag. 502 & 504.

Parmi nos Panégyristes modernes, M. Flechier est brillant, ingénieux ; Bourdaloue moins orné, mais plus grave & plus majestueux ; le caractere des panégyriques de Massillon sont un mêlange de ce qui domine dans les deux autres.

Panégyrique est aussi le nom d’un livre ecclésiastique à l’usage des Grecs. On l’appelle ainsi, parce qu’il contient plusieurs panégyriques composés à la louange de Jesus-Christ & de ses saints. On le trouve en manuscrit dans la plupart des églises greques, mais il n’est pas le même dans toutes ; chaque église ayant des saints qu’elle revere particuliérement, ou les compilateurs de ces sortes d’ouvrages, ayant fait ces recueils selon leur dévotion. Ils sont disposés selon l’ordre des mois, ensorte qu’ils contiennent souvent douze volumes qui répondent chacun à un des mois de l’année.

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Étymologie de « panégyrique »

Πανηγυριϰὸς, sous-entendu λόγος, discours qui se tient un jour de fête, de πανήγυρις, fête, assemblée, de πᾶν, tout, et ἀγορὰ, place publique.

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(Date à préciser) Du latin panegyricus, emprunté au grec ancien πανηγυρικός, panêgurikos (« éloge public »).
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Phonétique du mot « panégyrique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
panégyrique paneʒirik

Citations contenant le mot « panégyrique »

  • L'avantage de faire son propre panégyrique est que l'on peut en rajouter exactement là où on veut. De Samuel Butler
  • Le panégyrique de « Vogue » est publié en ce printemps 2011 où la protestation pacifique contre le régime Assad est sauvagement réprimée. Le magazine américain est contraint d’admettre sa collaboration à une opération de relations publiques du régime syrien, via un coûteux cabinet américain de « communication », et il retire le reportage litigieux de son site. Loin des clichés de la presse people, Asma al-Assad s’avère la digne épouse du despote de Damas. Peu importe que sa famille, de confession sunnite, soit originaire de Homs, elle assiste sans ciller à l’écrasement de cette ville devenue la « capitale de la révolution ». Ceux qui avaient espéré que son union avec Bachar al-Assad tempérerait la férocité d’un régime issu de la communauté alaouite découvrent qu’elle n’est plus qu’un membre, aussi impitoyable que les autres, du clan Assad. L’appartenance confessionnelle, sunnite ou alaouite, importe en effet moins que l’engagement au sein de ce que le regretté Michel Seurat avait qualifié d’ « Etat de barbarie ». Un si Proche Orient, Madame Assad au coeur de la corruption d’Etat en Syrie – Un si Proche Orient
  • Sans oublier un « documentaire panégyrique » sur Martine Aubry diffusé par France 3 en novembre alors qu’elle n’avait pas encore annoncé sa candidature. « L’ambiguïté entre la maire et la candidate a été savamment entretenue, ce qui constitue déjà une infraction à la législation électorale », estime Louis-Dominique Laugier, colistier et porteur de la plainte auprès du TA. , Elections municipales à Lille : Les deux candidats battus par Aubry contestent l’honnêteté du scrutin au tribunal administratif
  • Accueillis par le maire de Chagny, Michel Picard, qui a dressé un tableau panégyrique de la commune aux destinées desquelles il préside, les responsables de la Région et de VNF ont détaillé, avant de la signer devant l’assistance, le contenu d’une convention partenariale pour moderniser et développer touristiquement les voies navigables de Bourgogne-Franche-Comté. Info Chalon, Chalon-sur-Saône | La Région Bourgogne-Franche Comté et VNF ont signé une convention pour moderniser et développer touristiquement les voies navigables de Bourgogne-Franche-Comté Info Chalon l'actualité de Info Chalon
  • Au contraire, la littérature arabe, bien que je fusse toujours parmi les premiers à l’école en notation, me semble aujourd’hui, telle qu’elle était et qu’elle est aujourd’hui enseignée, de la rhétorique verbeuse. La finalité de la rhétorique, balâgha, est la transmission d’un message. Sans message, elle est discours attrayant et vide. Depuis, je souhaite la relecture du patrimoine littéraire arabe, non sous l’angle du madh (panégyrique) et du hijâ’ (anathème), mais pour en dégager les valeurs humaines. L'Orient-Le Jour, Pourquoi la littérature aujourd’hui ? - L'Orient-Le Jour
  • Difficile alors d’écrire sur ce qui n’a jamais été (un adoubement scolaire et universitaire) ou trop dit (l’amour infini que ceux qui ont eu la chance de croiser sa route lui porte), sans osciller du panégyrique béat au réchauffé. , Maurice Pons – “Les saisons” | Culturopoing
  • Les fiévreuses envolées des uns et des autres concernant l’échéance du mandat de l’actuel président haïtien se situent aux antipodes de l’approche essentielle et la plus appropriée pour la conjoncture politique actuelle. Je récuse ces catégories. L’opinion du Magister ne remplace pas l’attribution institutionnelle, soit du Parlement, soit de l’Appareil judiciaire. À cause de cela, d’une part, et, bien sûr, en raison d’une stratégie défavorable aux cohortes des âmes irresponsables se prélassant au pouvoir, j’ai opté pour le silence, d’autre part. Ce silence me parle de légitimité électorale, de légitimité administrative, des deux types principaux d’éloquence et de la suprématie incontestable et irremplaçable de la compétence. J’ai dû faire taire mon silence pour regarder la portée du piège électoral, le profil du démagogue, la valeur pratique des expressions « de facto » et « de jure » ainsi que l’exigence permanente de toute société humaine vis-à-vis des prétentions politiques diverses. Ici, le plaidoyer devient le panégyrique de la compétence trônant en unique éloquence valable élucidant, dans ses méandres, la différence fondamentale entre la légitimité électorale et la légitimité administrative. I. Quid de la légitimité intrinsèque ? La légitimité se rapporte au caractère de ce qui est juste et moral. Ce qui diffère de la légalité qui traduit la conformité à la loi. La légalité s’apprécie par rapport à l’ordre juridique établi. L’épistémologie nous enjoint à soupçonner la valeur de cet ordre juridique en nous obligeant à justifier la régularité formelle exprimée par la légalité d’un acte. Ce principe de justification ramène la légitimité qui hante l’équipe au pouvoir en procédant à une comparaison entre « ce qu’est le pouvoir » et « ce qu’il doit faire ». La légitimité donc, par définition, n’est ni immanente ni inhérente au pouvoir, mais relève du principe normatif indiqué dans le binôme de « ce qu’est le pouvoir » et « ce qu’il doit faire ». En d’autres termes, le pouvoir cesse de s’exercer avec autorité dans l’absence d’une action impérative reconnue à la dimension exacte des attributions y relatives. Par voie de conséquence, toute légitimité est reléguée à la relativité et est forcément tributaire de nombreux facteurs contingents. La légitimité du pouvoir est donc inextricablement liée au prestige administratif qui, à son tour, est reconnu à partir d’actes concrets. Nous en déduisons que la légitimité politique ne découle pas uniquement de la victoire électorale. En outre, toute légitimité basée sur une tradition quelconque est faussée et ne parviendra jamais à se supplanter à la légitimité démocratique qui est caractérisée par l’obtention d’une majorité absolue des voix aux Urnes ce qui, à son tour, suppose l’acceptation unanime de cette majorité que représente l’intérêt général. L’avis ou le vœu de la majorité absolue peut-être remise en question, à n’importe quel moment, par l’opinion publique nationale. Celle-ci est la caractéristique indéniable du fondement démocratique du pouvoir. II. De la légitimité électorale. Nous mettons en défi les institutions haïtiennes et le ressortissant haïtien de nous fournir les données statistiques vérifiables et crédibles supportant une tenue électorale ayant favorisé l’accession de quelqu’un au pouvoir, au suffrage universel, avec une majorité absolue réelle. Les Haïtiens, en majorité absolue, n’ont jamais porté quelqu’un ou un groupe au pouvoir. Qu’il s’agisse de la population haïtienne dans son ensemble ou de l’Électorat haïtien en particulier, nous n’avons pas encore assisté à la participation même de la moitié de la nation aux élections. Manigat, Aristide, Préval, Martelly ou Moïse n’ont bénéficié, aux Urnes, d’aucune unanimité ou majorité absolue et ne peuvent se targuer d’avoir représenté ou de représenter l’intérêt général. Voilà pourquoi nous tenons à expliquer les conséquences préjudiciables de la légitimité électorale telle que conçue chez nous, en Haïti. Nous entendons par légitimité électorale l’obtention d’un mandat dérivé de la majorité absolue des voix des participants à une élection. Ce mandat est légal, mais non représentatif de la volonté de la nation haïtienne, à proprement parler. Un petit groupe décida de rédiger une loi électorale. Celle-ci établit un faux critère consacrant la victoire aux Urnes : « la majorité absolue des participants aux Élections et non la majorité absolue des Électeurs ». Il s’ensuit que les élus doivent continuer de se mettre à l'écoute de la nation après avoir pris investiture. En ce qui concerne le président actuel d’Haïti, Monsieur Jovenel Moise, vérifions les données statistiques relatives à son élection. Il a obtenu environ 591 000 voix aux élections. *Peyi Dayiti genyen anviwon 12 milyon moun ladan l. Sa vle di ke Jovenel Moïse pa gen menm 5% nan Pèp ayisyen an kite mete l prezidan. Gen yen 6 milyon 200 mil moun ki gen laj pou vote an Ayiti. Sa vle di pa gen yen menm 10% nan Elektora Ayisyen an ki te mete Jovenel Moïse prezidan*. De ce qui précède, nous déduisons que nos joutes électorales, à l’instar de Monsieur Jouthe, dérivent d’un arrangement en vue d’accéder au pouvoir. La légitimité électorale devient alors hautement questionnable et d’une précarité telle que nous assistons à la constante remise en question de cette majorité électorale par l’expression de la majorité réelle. Dans un pareil cas, on ne peut pas continuer à afficher un visage plus dur qu’un caillou face à l’expression populaire contraire, battant la grosse caisse creuse d’un mandat résultant d’un mauvais arrangement électoral fragilisé par l’absence de la population aux Urnes. Quel en est l’antidote efficace ? III. De la légitimité administrative En général, l’administration s’évalue à l’aune de la compétence. C’est le terrain unique de la régularisation pratique du pouvoir. « Si pèp la pat sòti an mas al vote w, omwen atire l nan sa ki bon ak gran ke w reyalize » Les élections déterminent « ce qu’est le pouvoir », l’administration constate « ce que fait le pouvoir ». Les étapes logiques d’une administration étatique postélectorale s’énumèrent comme suit : • Le processus du transfert des dossiers, suivi de la prise en charge ou l’entrée en fonction ; • Le dépouillement des priorités et classement des initiatives ; • Maximiser l’emploi judicieux des ressources disponibles ; • Gérer l’effrayante réalité en abandonnant ses vues utopiques antérieures ; • S’acquitter loyalement de ses tâches. IV. Le démos et le Démagogue La légitimité administrative célèbre l’aboutissement logique des élucubrations idéologiques et doctrinales du démagogue en inaugurant, simultanément, l’ère de la nécessité de la satisfaction palpable des besoins de la population. Car le démos est balloté entre la ligne de conduite tracée par le démagogue et ses besoins urgents propres. Nous n’avons aucune indication sur la nature de la politique prônée par l’équipe actuelle. L’évasion caractérise, fondamentalement, la présidence de Jovenel Moïse. Que résulte-t-il de la caravane ? Qui peut identifier une seule initiative émanant de l’équipe actuelle dont la portée et les avantages seront concrétisés même dans un lointain avenir en faveur de la nation haïtienne ? Tout s’aggrave et s’empire. Le succès s’esquive partout. Les gaucheries et les maladresses se multiplient. L’apparence même de la fonction publique s’absente. Le démagogue, au sens péjoratif du terme, triomphe par l’effroyable gaspillage de tout ce qui se rapporte à la fonction publique. V. La Fonction publique La fonction publique, en Haïti, chancelle et clopine. C’est même un éloge de le formuler ainsi. Aucune activité d’intérêt général ne corrobore sa mission. Aucun mode d’organisation ne témoigne d’une prise en charge de la nation par les responsables. La stabilité est un rêve lointain. La continuité de l’État relève de l’imaginaire. Les institutions évoluent glorieusement dans la sclérose et l’ankylose. Le territoire est occupé par des missions étrangères. La sécurité n’est assurée à aucun égard. Le bien commun n’est même plus un vœu de poète ou un souhait de nouvel an. La capacité des responsables actuels de transcender appartenance et intérêts personnels pour cimenter les couches du pays et former ensemble une société plus juste et plus prospère est nulle. On ne reconnait plus l’image républicaine dans les activités de l’État. Les mêmes rengaines, les mêmes répétitions, un ramassis malsain de paroles décousues et dépourvues de sens répugnent l’éloquence. Exiger de l’équipe actuelle au pouvoir un brin de compétence revient à vouloir photographier le Dieu Très-Haut assis sur son Trône éternel : c’est une impossibilité. VI. Les deux Éloquences en politique L’éloquence ou verve concerne d’abord la capacité de persuader, de convaincre. Elle épouse deux formes principales : la parole et la signification ou substance. Hermès est congédié de la scène politique en Haïti. Les actions des responsables actuels sont empreintes d’une saleté telle qu’on aurait dit un renversement de tout ce qui est raisonnable et un éloge constant des contradictions les plus irréconciliables. Aucune expression de la beauté, de la bonté et du bien ne laisse un pâle reflet du passage de l’administration actuelle dans la vie nationale. Aucune idéologie ou système n’est en vigueur, aucune approche connue ou identifiable n’est préconisée dans le présent contexte politique en Haïti. Littéralement, nos politiciens ont suivi de Verlaine le conseil que voici : « Prends l’éloquence et tords-lui son cou ». Il y a belle lurette que nous avions assisté aux funérailles de l’éloquence politique en Haïti. VII. La compétence par les actes Nous venons de passer en revue les concepts et les notions qui déterminent le fonctionnement de l’Administration publique et du pluralisme démocratique. Notre première remarque concerne les carences et un problème de compétence. Quid de la compétence ? Le latin nous fournit deux mots. Cum qui signifie avec et potentia qui veut dire puissance. L’aptitude ou capacité à accomplir certaines tâches, la compétence témoigne d’un juste rapport. Sans ce juste rapport, la légitimité n’existe pas. La fonction publique plonge dans une pleine déliquescence. Il est évident que les autorités politiques haïtiennes actuelles ignorent tout de l’éloquence. Rien ne s’accorde, rien ne s’obtient de la nullité. Ex nihilo nihil. Néanmoins, l’État vit d’une exigence permanente : la recherche de l’excellence. VIII. L’interchangeabilité des expressions « de facto » et « de jure » À proprement parler, le pays haïtien n’a pas élevé l’actuel président d’Haïti à la Magistrature suprême de l’État. L’état actuel des choses en témoigne grandement. À la précarité d’un mandat issu d’un mauvais arrangement électoral s’ajoute la nullité administrative. Avec moins de 5% de la population entière du pays, qui oserait parler de légitimité électorale ? Avec moins de 10% de l’Électorat haïtien, comment octroierait-on un mandat digne du nom ? Il nous faut, en toute urgence, repenser les élections en Haïti. Il faut, à plus forte raison, redéfinir le cadre administratif de l’État haïtien. Car les dernières manifestations populaires organisées contre le président actuel à travers le pays comportaient un effectif largement supérieur aux 591 000 voix qu’il a obtenues aux Urnes. Nous n’avons pas entendu le cas d’un compétiteur, dans aucun domaine connu des hommes, célébrant triomphalement sa victoire avec une note de 5 sur 100 ou de 10 sur 100. Il n’est donc point insultant d’employer, alternativement, les clichés juridiques « de facto », « de jure », en référence au pouvoir actuel. Admettons que sur le plan administratif, les gouvernements, pour réussir, doivent être inclusifs. IX. Le piège électoral La compassion marque profondément notre identité. Un instinct de solidarité a commandé notre unité lors des prouesses ayant abouti à 1804. Ainsi, le noir est offensé quand ses traits physiques et sa teinte épidermique servent de base aux attaques politiques dirigées contre sa personne dans les compétitions électorales. En Haïti, le noir siège en digne fondateur de Nation. Voilà pourquoi nous avions tancé, très sévèrement, ceux qui parlaient avec une humeur triviale et grivoise du président actuel et de sa femme. Car le citoyen haïtien, de quelque provenance qu’il soit, doit pleinement jouir de ses droits civils et politiques. Un certain degré de respect s’attache aussi à l’institution qu’il incarne aussitôt investi dans ses fonctions. Nous devons apprendre à établir le distinguo entre la personne individuelle et la personne institutionnelle. Ironie du sort, l’actuel président d’Haïti répond, dans tous les sens, à l’image de l’écrasante majorité des citoyens du pays. Son épouse nous rappelle également nos cousines, nos sœurs, nos voisines, nos condisciples, bref, une haïtienne. Nul n’est donc autorisé à s’en servir pour minimiser leur présence à la tête du pays comme s’ils devraient avoir les cheveux couleur carotte et la peau comme l’intérieur du giraumont. Conservons notre froideur d’esprit. Car en présentant nos cahiers de charges contre le vacarme administratif qui prévaut en Haïti, certains s’amusent dans une folie conservatrice des stupidités relatives à une stratification sociale plus dangereuse encore que la corruption, le vol et les crimes puisqu’elles alimentent ces derniers en en faisant les frais de manière ponctuelle et régulière. Réitérons l’incontestable admission de l’échec spectaculaire du président actuel ainsi que celui de ses prédécesseurs. En effet, le piège électoral octroie un titre, une écharpe de Chef de l’État. Ces derniers pèsent aussi lourdement que tous les maux, tous les problèmes de la nation. L’entourage du président n’assume pas une responsabilité pratique dans les défaillances qui lui sont attribuées. La catastrophe nationale actuelle arrive malgré les valises lourdes de diplômes de ces docteurs sans nombre peuplant tous les couloirs du palais et des ministères. Une note aiguë de méchanceté sans rivage nous découvre ces éléments jouissant abondamment de la bonne grâce du président et plus abondamment encore des ressources de la nation sans parvenir à mouvoir d’un cran la brouette nationale. Une plus grande responsabilité repose sur les épaules de ces âmes damnées, visiteurs haineux de ce pays qui les a vus naitre et les a nourris. Les accusations touchant l’incompétence s’adressent d’abord et principalement à ces savants avortant sans cesse de la moindre réussite et des plus insignifiantes réalisations. X. Les procédures de destitution. Revenons à la question essentielle. Est-il possible de destituer le président actuel ? La procédure de destitution d’un Chef d’État n’est quasiment plus applicable dans la conjoncture actuelle. Car on ne déclare pas le renvoi ou la révocation d'un président de la République. La présidence étant une institution, seule une institution compétente est habilitée à constater la caducité, le renvoi, la destitution de son titulaire. Or, Monsieur Jovenel Moïse ne démissionnera pas. Les groupes de pression lui sont jusqu’ici favorables. La communauté internationale opte pour les élections. Les deux autres options restantes sont un gaspillage non souhaitable. La première consiste dans les exégèses des hommes de droit du texte constitutionnel s'y rapportant. Les opinions d’un distingué membre du Tribunal ou d’un professeur de droit n’exercent aucune autorité véritable dans le concret des décisions de l’État. Il ne s’agit que d’opinions individuelles. L’interprétation du texte de la Constitution, tant la lettre que l’esprit, relève de la compétence de la branche législative de l’État. Heureusement pour le président actuel, celle-ci n’existe pratiquement pas pour l’instant présent. Le débat sur l’échéance du mandat de Monsieur Jovenel Moïse – 7 février 2021 ou 7 février 2022 ? – devient un exercice intellectuel peu productif, proche de la stérilité. L’autre option renvoie à des mobilisations massives. La dernière diversion orchestrée avec un nombre impair de « mauvais G » représente le paroxysme de l’intimidation et une forme brutale d’avertissement en ce sens. N’oublions pas que le but des manifestations populaires est de pressurer les différents acteurs à se désolidariser avec le pouvoir, provoquant ainsi l’isolement et la démission éventuelle du Chef de l’État. Une telle aurore ne se lèvera point à l’horizon politique actuel. Seule la réédition de l’Unité réalisée au sein de la Crête-à-Pierrot repoussera les jeux macabres des foules vampirisées des ennemis de la nation. Cette Unité n’est pas politique, elle est citoyenne. Pour saper le piège électoral étranglant la nation, pour le triomphe historique du peuple haïtien contre les fallacieuses légitimités électorales, pour l’instauration de la légitimité administrative où trône l’éloquence de la compétence, l’heure sonne déjà pour forcer les partisans, alliés et mercenaires du pouvoir actuel à battre en retraite afin que les bras courageux des filles et des fils du pays participent pleinement, une fois pour toutes, à la construction de notre nation. Rabbi Yaakov Betzalel HaShalom Porte-des-Étoiles, Kilomètre 47, Thozin, Grand-Goâve, Haïti [email protected] lenational.org/, Par-delà la légitimité électorale trône l'éloquence de la compétence
  • AMLO a terminé son panégyrique à Trump en criant «Viva Mexico! Viva Mexico! Viva Mexico!», et Trump ajouta: «Bravo, merci.» , Le président mexicain se prosterne devant son «ami» Donald Trump - World Socialist Web Site

Traductions du mot « panégyrique »

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Espagnol panegírico
Italien panegirico
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Synonymes de « panégyrique »

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Antonymes de « panégyrique »

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