Volupté : définition de volupté


Volupté : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

VOLUPTÉ, subst. fém.

A. −
1. Impression extrêmement agréable, donnée aux sens par des objets concrets, des biens matériels, des phénomènes physiques, et que l'on se plaît à goûter dans toute sa plénitude. Anton. déplaisir, désagrément, douleur, souffrance.On m'avait donné des étoupes de soie (...) de toutes les couleurs, quel incroyable attrait, je les caressais. Il est difficile de rendre intelligible le battement de cœur, le bien-être de l'œil, la joie de possession qu'un enfant éprouve de ces petits trésors. C'est l'origine de la volupté (Barrès, Cahiers, t. 1, 1896, p. 9).Que l'air est pur! Que la lumière est belle! Quelle tiédeur exquise enveloppe tout l'être et le pénètre de volupté! Que l'on respire bien! Qu'il fait bon vivre (Gide, Voy. Congo, 1927, p. 799).V. luxe A 4 a ex. de Baudelaire.
[Avec une connotation philos., morale] Se défendre des attraits de la volupté, de cette philosophie foible et sensuelle, de cette morale d'Opéra qui (...) présente le plaisir sous toutes les formes (Bonald, Essai analyt., 1800, p. 195).
Avec volupté. Henriette se coucha, s'enveloppa avec volupté dans ses couvertures. « Ah! que c'est bon! » dit-elle en frissonnant (Duranty, Malh. H. Gérard, 1860, p. 330).
Volupté + adj./subst. ou inf. (introd. par de) désignant le siège ou la valeur de cette impression, son agent.Volupté physique; volupté du corps, des sens; volupté d'être, de vivre, de voir. La vague apaisée, autour de ma nacelle, En la berçant viendrait mourir. Moi, le front appuyé sur la rame immobile, J'aimerais savourer la volupté tranquille D'un éternel balancement (Sainte-Beuve, Poés., 1829, p. 33).À chaque matière travaillée s'attache une volupté spéciale, qui correspond aux mouvements intimes de l'espèce et de l'individu (...). Tel qui resterait insensible au travail du pouce dans la glaise, jouit de précipiter dans le moule l'étain et le cuivre en fusion (Faure, Espr. formes, 1927, p. 165).
P. méton.
Manifestation de cette impression. À regarder (...) une rose (...), ses yeux avaient une volupté. L'éclat, la gaieté, l'illumination de la fleur, sa vie légère et tendre (...), madame Gervaisais ne les avait jamais perçus jusque-là comme elle les percevait; et la jouissance de cette sensation était pour elle toute nouvelle (Goncourt, MmeGervaisais, 1869, p. 33).
Ce qui procure cette impression. Il pouvait jouir de toutes les vraies voluptés de la vie: se promener sans rien faire, voir le soleil, aimer sa maîtresse (Lamart., Confid., Graziella, 1849, p. 196).
2.
a) Impression sensuelle (et affective) très flatteuse, ressentie dans le domaine amoureux, et dont les raffinements subtils se savourent longuement jusqu'à apporter l'épanouissement total. Besoin, idée de volupté; goût de la volupté; torrent de volupté; chercher, ignorer la volupté; être ivre/plein de volupté; mourir de volupté. À quoi bon servirait-il de rapporter ici nos tendres caresses, les baisers pris et rendus? Nos bouches, ces organes de la tendresse et de la volupté, disaient (...), par de charmantes unions, les sentiments qui nous animaient (Restif de La Bret., M. Nicolas, 1796, p. 61).J'ai trouvé plus d'instruction dans la volupté que dans les livres; (...) je plongeai dans cet océan de délices, tout surpris d'y nager (...). C'est dans la volupté que prend conscience de soi tout notre être. (...) c'est tout naturellement que je m'abandonnai. (...) le désir charnel travaillait sourdement vers une confusion charmante, et me précipitait hors de moi (Gide, Nouv. Nourr., 1935, p. 280).V. amour ex. 116, jouissance ex. 3.
En partic. Orgasme. Nos plaisirs furent suivis d'affreuses lassitudes sombres (...) où (...) mon âme (...) sanglotait humiliée, meurtrie de toujours retomber au spasme bref de la chair. Elle aussi, après la volupté, n'avait plus que l'immense stupeur triste de la bête (Lemonnier, Homme amour, 1897, p. 179).
[Avec une valeur allégorique] L'amour est un art comme la poésie: Le Caprice aux yeux verts, la rose Fantaisie Poussent la blanche nef que guident sur son lac Anacréon, Ovide (...) Et mènent sur ces flots (...) La Volupté plus belle encore que la Grâce! (Banville, Odes funamb., 1859, p. 112).
Volupté + adj./subst. (introd. par de) désignant le siège ou la valeur de cette impression, son agent;adj. poss. + volupté.Volupté charnelle, molle; douce, morne volupté; volupté de la chair. Une existence nerveuse, poignante (...) lui fut brusquement révélée, aux premiers baisers de sa maîtresse. Cette existence décupla ses voluptés, donna un caractère si aigu à ses joies, qu'il en fut d'abord comme affolé; il s'abandonna éperdument à ces crises d'ivresse (Zola, Th. Raquin, 1867, p. 146).L'humanité (...) s'est dépouillée de ses ailes les plus puissantes en condamnant (...), au nom des disciplines religieuses (...), la seule ivresse forte et saine, la seule sainteté naturelle à l'homme, la volupté amoureuse (Delattre, Carnets méd. de vill., 1910, p. 200).
b) Caractère de ce qui exprime, inspire cette impression.
[À propos d'une pers. considérée dans son apparence extérieure] Pâle de volupté; volupté de l'étreinte, du regard; frisson, rire de volupté. Je devins alors très incrédule sur sa vertu. (...) elle avait dû jadis être fort passionnée; car une volupté savante se peignait jusque dans la manière dont elle se posait (Balzac, Peau chagr., 1831, p. 119).C'était une belle fille (...), une de ces brunes (...) dont tout le corps pétri de volupté éveille chez les hommes un désir, une obsession (...) tenace. (...) sa taille pliante et ronde, sa poitrine d'une maturité savoureuse (...), tout était en elle séduction, éveil de sensualité (Moselly, Terres lorr., 1907, p. 214).
P. méton. Marque, source de volupté. Ineffables voluptés; voluptés de l'amour; souvenir des voluptés. Chaque jour on découvre dans sa maîtresse un charme nouveau, une volupté inconnue. L'existence n'est plus que l'accomplissement réitéré d'un désir continu (Dumas fils, Dame Cam., 1848, p. 193).Il alla s'asseoir dans le canapé, à côté de madame Martin, et la regarda tendrement. Une volupté mousseuse pétillait dans ses yeux verts (A. France, Lys rouge, 1894, p. 201).V. amour ex. 159.
[À propos d'une forme d'expr. artist.] La sainte Thérèse (...) palpitant, à l'attente du dard dont l'amour divin va la percer, est une des plus heureuses trouvailles de la peinture moderne (...).Ce tableau respire une volupté excessive (Baudel., Salon, 1845, p. 35).Un duo dont la passion et la volupté s'accordent aux enchantements de la nature (...), musique dont les inflexions ont la douceur de la brise chargée de parfums et du mystère de la nuit (Dumesnil, Hist. théâtre lyr., 1953, p. 134).
c) P. anal.
[À propos d'un animal] Sous le mol abri de la feuille ombreuse Monte un soupir de volupté: Plus d'un ramier chante au bois écarté, Ô mon cœur, sa plainte amoureuse (Leconte de Lisle, Poèmes ant., 1852, p. 315).Le couple [de renards] se flaire, se contemple (...), ils donnent de la voix (...), par jappements assourdis (...), jusqu'à ce qu'ils se taisent perdus dans la douceur et la volupté de caresses félines (Pesquidoux, Chez nous, 1923, p. 143).
[À propos (d'un aspect) de la nature] Volupté de l'ombre. La nature flambait d'allégresse (...). La terre râlait et fumait de volupté. Les plantes, les arbres, les insectes, les êtres innombrables étaient les langues étincelantes du grand feu de la vie (...). Tout criait de plaisir (Rolland, J.-Chr., Adolesc., 1905, p. 265).V. baiser1ex. 16.
B. −
1. Sentiment de très vive satisfaction intellectuelle ou morale, dont on se délecte intensément. La réflexion nous sert à calculer les plaisirs (...); elle affine et aiguise la volupté (...). « Ainsi (...), on observe que nous pouvons trouver du plaisir dans l'exercice pur et simple de notre force de caractère pour surmonter les obstacles (...), dans la culture des talents de l'esprit, etc... Kant » (J. Vuillemin, Essai signif. mort, 1949, p. 167).
Volupté + adj./subst. ou inf. (introd. par de) désignant le siège ou la valeur de cette impression, son agent.Volupté intellectuelle, intime, profonde, spirituelle; volupté chaste, divine, inexprimable, pure, singulière, suprême, surhumaine; extrême, grande, mystérieuse volupté; volupté de l'âme, de l'esprit; avoir, éprouver, goûter une/de la volupté à qqc. Personne n'aime plus l'Art, l'Art en soi. Où sont-ils ceux qui trouvent du plaisir à déguster une belle phrase? Cette volupté d'aristocrate est de l'archéologie (Flaub., Corresp., 1878, p. 118).
[En assoc. avec des termes à valeur gén. nég.] Volupté âcre, amère, cruelle, douloureuse, triste; volupté de la mort, du renoncement, du sacrifice, de la solitude; chercher, trouver une volupté dans la souffrance. Tu souffres de ce vide et pourtant le contraire t'épouvante. On peut donc se faire une nourriture de ce qui empoisonne, et une volupté de sa peine. Volupté malsaine, séduction terrible (...), le bonheur de se sentir ou de se croire sans maître (Amiel, Journal, 1866, p. 459).
2. P. méton. Ce qui inspire ce sentiment. Voluptés célestes, surnaturelles; dernières voluptés. Comprendre est un plaisir, conjecturer est une volupté, et vérifier la justesse de la conjecture, en étendant ainsi la compréhension, est un délice (L. Daudet, Monde images, 1919, p. 89).À l'éloignement de Jean Péloueyre, elle avait dû d'abord un peu de cette lassitude heureuse des convalescentes. La solitude lui était une volupté continue; alanguie, elle se complaisait en soi-même (Mauriac, Baiser Lépreux, 1922, p. 188).
C. − Vieilli. Disposition personnelle à apprécier, rechercher, pratiquer certaines choses d'ordre sensible ou moral, notamment dans le domaine amoureux. On ne peut pas disputer des goûts. Chacun est entraîné par sa volupté particulière, comme dit un auteur latin fort célèbre (Gautier, Fracasse, 1863, p. 470).
Prononc. et Orth.: [vɔlypte]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1404 « plaisir que procure la satisfaction des sens » au plur. (Christine de Pisan, Charles V, I, 13, éd. S. Solente, t. 1, p. 33: les superflues voluptez qui empeschent la liberté des sens); 1549 vivre en voluptez et delices (Est.); 1549 « id. » au sing. (ibid.); 2. 1554 « plaisir sexuel » (Pasquier, Monophile, I ds Œuvres, Amsterdam, t. 2, col. 751: Je le soutiens [...] Que si l'Amour ne tend qu'à volupté); 1580 (Montaigne, Essais, II, 11, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 430: en l'accointance des femmes [...] le plaisir nous transporte si fort hors de nous que nostre discours ne sçauroit lors faire son office, tout perclus et ravi en la volupté); 3. id. « propension à rechercher les plaisirs des sens » (Id., ibid., II, 33, p. 733: de grands personnages ausquels la volonté a faict oublier la conduicte de leurs affaires); 4. 1588 « délectation morale » (Id., ibid., I, 14, p. 63: Je sens naturellement quelque volupté à payer [ma despence] comme si je deschargeois mes espaules [...] de cette image de servitude); 5. 1831 « caractère sensuel de quelque chose » (Balzac, loc. cit.). Empr. au lat.voluptas, -atis « plaisir, volupté » (voluptas corporis; potandi). Fréq. abs. littér.: 2 575. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 4 255, b) 4 016; xxes.: a) 4 594, b) 2 403. Bbg. Quem. DDL t. 40.

Volupté : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

VOLUPTÉ, subst. fém.

A. −
1. Impression extrêmement agréable, donnée aux sens par des objets concrets, des biens matériels, des phénomènes physiques, et que l'on se plaît à goûter dans toute sa plénitude. Anton. déplaisir, désagrément, douleur, souffrance.On m'avait donné des étoupes de soie (...) de toutes les couleurs, quel incroyable attrait, je les caressais. Il est difficile de rendre intelligible le battement de cœur, le bien-être de l'œil, la joie de possession qu'un enfant éprouve de ces petits trésors. C'est l'origine de la volupté (Barrès, Cahiers, t. 1, 1896, p. 9).Que l'air est pur! Que la lumière est belle! Quelle tiédeur exquise enveloppe tout l'être et le pénètre de volupté! Que l'on respire bien! Qu'il fait bon vivre (Gide, Voy. Congo, 1927, p. 799).V. luxe A 4 a ex. de Baudelaire.
[Avec une connotation philos., morale] Se défendre des attraits de la volupté, de cette philosophie foible et sensuelle, de cette morale d'Opéra qui (...) présente le plaisir sous toutes les formes (Bonald, Essai analyt., 1800, p. 195).
Avec volupté. Henriette se coucha, s'enveloppa avec volupté dans ses couvertures. « Ah! que c'est bon! » dit-elle en frissonnant (Duranty, Malh. H. Gérard, 1860, p. 330).
Volupté + adj./subst. ou inf. (introd. par de) désignant le siège ou la valeur de cette impression, son agent.Volupté physique; volupté du corps, des sens; volupté d'être, de vivre, de voir. La vague apaisée, autour de ma nacelle, En la berçant viendrait mourir. Moi, le front appuyé sur la rame immobile, J'aimerais savourer la volupté tranquille D'un éternel balancement (Sainte-Beuve, Poés., 1829, p. 33).À chaque matière travaillée s'attache une volupté spéciale, qui correspond aux mouvements intimes de l'espèce et de l'individu (...). Tel qui resterait insensible au travail du pouce dans la glaise, jouit de précipiter dans le moule l'étain et le cuivre en fusion (Faure, Espr. formes, 1927, p. 165).
P. méton.
Manifestation de cette impression. À regarder (...) une rose (...), ses yeux avaient une volupté. L'éclat, la gaieté, l'illumination de la fleur, sa vie légère et tendre (...), madame Gervaisais ne les avait jamais perçus jusque-là comme elle les percevait; et la jouissance de cette sensation était pour elle toute nouvelle (Goncourt, MmeGervaisais, 1869, p. 33).
Ce qui procure cette impression. Il pouvait jouir de toutes les vraies voluptés de la vie: se promener sans rien faire, voir le soleil, aimer sa maîtresse (Lamart., Confid., Graziella, 1849, p. 196).
2.
a) Impression sensuelle (et affective) très flatteuse, ressentie dans le domaine amoureux, et dont les raffinements subtils se savourent longuement jusqu'à apporter l'épanouissement total. Besoin, idée de volupté; goût de la volupté; torrent de volupté; chercher, ignorer la volupté; être ivre/plein de volupté; mourir de volupté. À quoi bon servirait-il de rapporter ici nos tendres caresses, les baisers pris et rendus? Nos bouches, ces organes de la tendresse et de la volupté, disaient (...), par de charmantes unions, les sentiments qui nous animaient (Restif de La Bret., M. Nicolas, 1796, p. 61).J'ai trouvé plus d'instruction dans la volupté que dans les livres; (...) je plongeai dans cet océan de délices, tout surpris d'y nager (...). C'est dans la volupté que prend conscience de soi tout notre être. (...) c'est tout naturellement que je m'abandonnai. (...) le désir charnel travaillait sourdement vers une confusion charmante, et me précipitait hors de moi (Gide, Nouv. Nourr., 1935, p. 280).V. amour ex. 116, jouissance ex. 3.
En partic. Orgasme. Nos plaisirs furent suivis d'affreuses lassitudes sombres (...) où (...) mon âme (...) sanglotait humiliée, meurtrie de toujours retomber au spasme bref de la chair. Elle aussi, après la volupté, n'avait plus que l'immense stupeur triste de la bête (Lemonnier, Homme amour, 1897, p. 179).
[Avec une valeur allégorique] L'amour est un art comme la poésie: Le Caprice aux yeux verts, la rose Fantaisie Poussent la blanche nef que guident sur son lac Anacréon, Ovide (...) Et mènent sur ces flots (...) La Volupté plus belle encore que la Grâce! (Banville, Odes funamb., 1859, p. 112).
Volupté + adj./subst. (introd. par de) désignant le siège ou la valeur de cette impression, son agent;adj. poss. + volupté.Volupté charnelle, molle; douce, morne volupté; volupté de la chair. Une existence nerveuse, poignante (...) lui fut brusquement révélée, aux premiers baisers de sa maîtresse. Cette existence décupla ses voluptés, donna un caractère si aigu à ses joies, qu'il en fut d'abord comme affolé; il s'abandonna éperdument à ces crises d'ivresse (Zola, Th. Raquin, 1867, p. 146).L'humanité (...) s'est dépouillée de ses ailes les plus puissantes en condamnant (...), au nom des disciplines religieuses (...), la seule ivresse forte et saine, la seule sainteté naturelle à l'homme, la volupté amoureuse (Delattre, Carnets méd. de vill., 1910, p. 200).
b) Caractère de ce qui exprime, inspire cette impression.
[À propos d'une pers. considérée dans son apparence extérieure] Pâle de volupté; volupté de l'étreinte, du regard; frisson, rire de volupté. Je devins alors très incrédule sur sa vertu. (...) elle avait dû jadis être fort passionnée; car une volupté savante se peignait jusque dans la manière dont elle se posait (Balzac, Peau chagr., 1831, p. 119).C'était une belle fille (...), une de ces brunes (...) dont tout le corps pétri de volupté éveille chez les hommes un désir, une obsession (...) tenace. (...) sa taille pliante et ronde, sa poitrine d'une maturité savoureuse (...), tout était en elle séduction, éveil de sensualité (Moselly, Terres lorr., 1907, p. 214).
P. méton. Marque, source de volupté. Ineffables voluptés; voluptés de l'amour; souvenir des voluptés. Chaque jour on découvre dans sa maîtresse un charme nouveau, une volupté inconnue. L'existence n'est plus que l'accomplissement réitéré d'un désir continu (Dumas fils, Dame Cam., 1848, p. 193).Il alla s'asseoir dans le canapé, à côté de madame Martin, et la regarda tendrement. Une volupté mousseuse pétillait dans ses yeux verts (A. France, Lys rouge, 1894, p. 201).V. amour ex. 159.
[À propos d'une forme d'expr. artist.] La sainte Thérèse (...) palpitant, à l'attente du dard dont l'amour divin va la percer, est une des plus heureuses trouvailles de la peinture moderne (...).Ce tableau respire une volupté excessive (Baudel., Salon, 1845, p. 35).Un duo dont la passion et la volupté s'accordent aux enchantements de la nature (...), musique dont les inflexions ont la douceur de la brise chargée de parfums et du mystère de la nuit (Dumesnil, Hist. théâtre lyr., 1953, p. 134).
c) P. anal.
[À propos d'un animal] Sous le mol abri de la feuille ombreuse Monte un soupir de volupté: Plus d'un ramier chante au bois écarté, Ô mon cœur, sa plainte amoureuse (Leconte de Lisle, Poèmes ant., 1852, p. 315).Le couple [de renards] se flaire, se contemple (...), ils donnent de la voix (...), par jappements assourdis (...), jusqu'à ce qu'ils se taisent perdus dans la douceur et la volupté de caresses félines (Pesquidoux, Chez nous, 1923, p. 143).
[À propos (d'un aspect) de la nature] Volupté de l'ombre. La nature flambait d'allégresse (...). La terre râlait et fumait de volupté. Les plantes, les arbres, les insectes, les êtres innombrables étaient les langues étincelantes du grand feu de la vie (...). Tout criait de plaisir (Rolland, J.-Chr., Adolesc., 1905, p. 265).V. baiser1ex. 16.
B. −
1. Sentiment de très vive satisfaction intellectuelle ou morale, dont on se délecte intensément. La réflexion nous sert à calculer les plaisirs (...); elle affine et aiguise la volupté (...). « Ainsi (...), on observe que nous pouvons trouver du plaisir dans l'exercice pur et simple de notre force de caractère pour surmonter les obstacles (...), dans la culture des talents de l'esprit, etc... Kant » (J. Vuillemin, Essai signif. mort, 1949, p. 167).
Volupté + adj./subst. ou inf. (introd. par de) désignant le siège ou la valeur de cette impression, son agent.Volupté intellectuelle, intime, profonde, spirituelle; volupté chaste, divine, inexprimable, pure, singulière, suprême, surhumaine; extrême, grande, mystérieuse volupté; volupté de l'âme, de l'esprit; avoir, éprouver, goûter une/de la volupté à qqc. Personne n'aime plus l'Art, l'Art en soi. Où sont-ils ceux qui trouvent du plaisir à déguster une belle phrase? Cette volupté d'aristocrate est de l'archéologie (Flaub., Corresp., 1878, p. 118).
[En assoc. avec des termes à valeur gén. nég.] Volupté âcre, amère, cruelle, douloureuse, triste; volupté de la mort, du renoncement, du sacrifice, de la solitude; chercher, trouver une volupté dans la souffrance. Tu souffres de ce vide et pourtant le contraire t'épouvante. On peut donc se faire une nourriture de ce qui empoisonne, et une volupté de sa peine. Volupté malsaine, séduction terrible (...), le bonheur de se sentir ou de se croire sans maître (Amiel, Journal, 1866, p. 459).
2. P. méton. Ce qui inspire ce sentiment. Voluptés célestes, surnaturelles; dernières voluptés. Comprendre est un plaisir, conjecturer est une volupté, et vérifier la justesse de la conjecture, en étendant ainsi la compréhension, est un délice (L. Daudet, Monde images, 1919, p. 89).À l'éloignement de Jean Péloueyre, elle avait dû d'abord un peu de cette lassitude heureuse des convalescentes. La solitude lui était une volupté continue; alanguie, elle se complaisait en soi-même (Mauriac, Baiser Lépreux, 1922, p. 188).
C. − Vieilli. Disposition personnelle à apprécier, rechercher, pratiquer certaines choses d'ordre sensible ou moral, notamment dans le domaine amoureux. On ne peut pas disputer des goûts. Chacun est entraîné par sa volupté particulière, comme dit un auteur latin fort célèbre (Gautier, Fracasse, 1863, p. 470).
Prononc. et Orth.: [vɔlypte]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1404 « plaisir que procure la satisfaction des sens » au plur. (Christine de Pisan, Charles V, I, 13, éd. S. Solente, t. 1, p. 33: les superflues voluptez qui empeschent la liberté des sens); 1549 vivre en voluptez et delices (Est.); 1549 « id. » au sing. (ibid.); 2. 1554 « plaisir sexuel » (Pasquier, Monophile, I ds Œuvres, Amsterdam, t. 2, col. 751: Je le soutiens [...] Que si l'Amour ne tend qu'à volupté); 1580 (Montaigne, Essais, II, 11, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 430: en l'accointance des femmes [...] le plaisir nous transporte si fort hors de nous que nostre discours ne sçauroit lors faire son office, tout perclus et ravi en la volupté); 3. id. « propension à rechercher les plaisirs des sens » (Id., ibid., II, 33, p. 733: de grands personnages ausquels la volonté a faict oublier la conduicte de leurs affaires); 4. 1588 « délectation morale » (Id., ibid., I, 14, p. 63: Je sens naturellement quelque volupté à payer [ma despence] comme si je deschargeois mes espaules [...] de cette image de servitude); 5. 1831 « caractère sensuel de quelque chose » (Balzac, loc. cit.). Empr. au lat.voluptas, -atis « plaisir, volupté » (voluptas corporis; potandi). Fréq. abs. littér.: 2 575. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 4 255, b) 4 016; xxes.: a) 4 594, b) 2 403. Bbg. Quem. DDL t. 40.

Volupté : définition du Wiktionnaire

Nom commun

volupté \vɔ.lyp.te\ féminin

  1. Plaisir des sens.
    • Comme vous êtes loin, paradis parfumé,
      Où sous un clair azur tout n’est qu’amour et joie,
      Où tout ce que l’on aime est digne d’être aimé,
      Où dans la volupté pure le cœur se noie!
      Comme vous êtes loin, paradis parfumé!
      — (Charles Baudelaire, Moesta et errabunda)
    • Plus que vous encore je hais le grivois. La volupté qui rit n’existe point. Le plaisir touche de plus près à la douleur qu’à la gaieté […] — (Pierre Louÿs, Les aventures du roi Pausole, 1901)
    • Il arrive très fréquemment que la femme est beaucoup plus lente que l’homme à parvenir au paroxysme de la volupté. Dans cet amoureux voyage au pays du Tendre, il n’avancent point de compagnie, et l’amant touche déjà au port alors que son amie apparait tout juste à l’horizon. — (Jean Marestan, L'Éducation Sexuelle, Éditions de la Guerre Sociale, 1910)
    • Et alors, ce rire de gorge qui lui renversait la tête en arrière, découvrait ses dents d’une blancheur laiteuse, donnait à Jacques une sensation de désir et une prescience de voluptés grisantes… — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)
    • […] François se dévoyait auprès des filles publiques, […]. On dit que ces professionnelles ont des charmes secrets, des recettes magiques pour exaspérer la volupté de leurs clients et leur procurer des extases sans pareilles […]. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954)
  2. (Par extension) Plaisirs de l’âme.
    • Quand il se dresse face à quelque « vieille écorce », chêne, frêne, ou hêtre, […] Arsène André éprouve une virile volupté. Sa chair se durcit, son col se gonfle, le sang lui afflue aux tempes à coups précipités […] — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Les savants trouvent de la volupté dans la découverte des vérités.
    • Les riches sont bien généreux avec les intellectuels : ils nous laissent les joies de l’étude, l’honneur du travail, la sainte volupté du devoir accompli; ils ne gardent pour eux que les plaisirs de second ordre, tels que caviar, salmis de perdrix, Rolls-Royce, champagne et chauffage central au sein de la dangereuse oisiveté! — (Marcel Pagnol, Topaze, IV, 4, 1928)
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Volupté : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

VOLUPTÉ. n. f.
Plaisir des sens. Il y a de la volupté à boire quand on a soif. Les épicuriens font consister le souverain bien dans la volupté. Se plonger dans la volupté. Languir dans les voluptés, dans le sein des voluptés. Les raffinements de la volupté. Il se dit, par extension, des Plaisirs de l'âme. L'âme a ses voluptés comme le corps. Les savants trouvent de la volupté dans la découverte des vérités.

Volupté : définition du Littré (1872-1877)

VOLUPTÉ (vo-lu-pté) s. f.
  • 1Plaisir corporel, plaisir des sens. Il y a de la volupté à boire quand on a soif. Ô douce volupté, sans qui dès notre enfance Le vivre et le mourir nous deviendraient égaux ; Aimant universel de tous les animaux, Que tu sais attirer avecque violence ! Par toi tout se meut ici-bas, La Fontaine, Psyché, II, p. 215. C'est un des malheurs de ces pays [la Turquie] que la plus grande partie de la nation n'y soit faite que pour servir à la volupté de l'autre, Montesquieu, Espr. XV, 12.

    Par antiphrase, la volupté de souffrir, le plaisir que l'on goûte à de vertueuses souffrances. Afin, dit Tertullien, qu'il [Jésus] mourût rassasié pleinement de la volupté de souffrir, Bossuet, 2e sermon, Nécessité des souffr. 1. L'affliction devient la volupté lugubre d'une âme infortunée, Diderot, Cl. et Nér. II, 44.

    Absolument, au sing. ou au plur. Source délicieuse, en misères féconde, Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés ? Corneille, Poly. IV, 2. Volupté, volupté qui fut jadis maîtresse Du plus bel esprit de la Grèce [Épicure], La Fontaine, Psyché, II, p. 216. Si Bourdaloue, un peu sévère, Nous dit : craignez la volupté ; Escobar, lui dit-on, mon père, Nous la permet pour la santé, Boileau, Poésies div. IV. La volupté lâche et infâme, qui est le plus horrible des maux sortis de la boîte de Pandore, amollit les cœurs, et ne souffre ici aucune vertu, Fénelon, Tél. IV. D'autres vinrent annoncer aux hommes que la volupté était le souverain bien, Massillon, Carême, Vérité de la religion. Il paraît que le mot volupté mal entendu rendit Epicure odieux, Diderot, Cl. et Nér II, 69.

    Particulièrement. Les plaisirs de l'amour. La vertu de ce prince [Philippe le Bon, duc de Bourgogne] n'excluait pas en lui la volupté et l'amour des femmes, qui ne peut jamais être un vice que quand il conduit aux méchantes actions, Voltaire, Mœurs, 80. Les premières voluptés sont toujours mystérieuses ; la pudeur les assaisonne et les cache, Rousseau, Ém. IV.

  • 2Il se dit aussi des jouissances de l'âme. Quelle pure volupté on trouve dans la vertu ! Toute volupté naît, ou de la sensation d'un objet présent, et elle est sensuelle ; ou de l'attente d'une chose, de la prévoyance des fins, de l'importance des suites, et elle est intellectuelle, Diderot, Opin. des anc. phil. (hobbisme).

HISTORIQUE

XVe s. Les superflues voluptés qui empeschent la liberté des sens, Christine de Pisan, I, 13.

XVIe s. Passion violente et volupté, qui attire à soy l'entendement mesme, Charron, Sagesse, I, 15. Pour ne souiller le mariage qui estoit nom de dignité, et non pas de volupté, Pasquier, Ménophile, p. 71, dans LACURNE. Il n'est en somme aulcune si juste volupté en laquelle l'excez et l'intemperance ne nous soit reprochable, Montaigne, I, 227.

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Volupté : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

VOLUPTÉ, s. f. (Morale.) la Volupté, selon Aristipe, ressemble à une reine magnifique & parée de sa seule beauté ; son trône est d’or, & les Vertus, en habit de fêtes, s’empressent de la servir. Ces vertus sont la Prudence, la Justice, la Force, la Tempérance ; toutes quatre véritablement soigneuses de faire leur cour à la Volupté, & de prévenir ses moindres souhaits. La Prudence veille à son repos, à sa sûreté ; la Justice l’empêche de faire tort à personne, de peur qu’on ne lui rende injure pour injure, sans qu’elle puisse sans plaindre ; la Force la retient, si par hasard quelque douleur vive & soudaine l’obligeoit d’attenter sur elle-même ; enfin la Tempérance lui défend toute sorte d’excès, & l’avertit assiduement que la santé est le plus grand de tous les hiens, ou celui du moins sans lequel tous les autres deviennent inutiles, ne se font point sentir.

La morale d’Aristipe, comme on voit, portoit sans détour à la Volupté, & en cela elle s’accordoit avec la morale d’Epicure. Il y avoit cependant entr’eux cette différence, que le premier regardoit comme une obligation indispensable de se mêler des affaires publiques, de s’assujettir dès sa jeunesse à la société, en possédant des charges & des emplois, en remplissant tous les devoirs de la vie civile ; & que le second conseilloit de fuir le grand monde, de préférer à l’éclat qui importune, cette douce obscurité qui satisfait, de rechercher enfin dans la solitude un sort indépendant des caprices de la fortune. Cette contrariété de sentimens entre deux grands philosophes, donna lieu au stoïcien Panétius d’appeller en raillant la volupté d’Aristipe, la volupté de-bout, & celle d’Epicure, la volupté assise.

Il s’éleva dans le quatrieme siecle de l’église un hérésiarque (Jovinian) qu’on nomma l’Aristipe & l’Epicure des chrétiens, parce qu’il osoit soutenir que la religion & la volupté n’étoient point incompatibles ; paradoxe qu’il coloroit de spécieux prétextes, en dégageant d’une part la volupté de ce qu’elle a de plus grossier ; & de l’autre, en réduisant toutes les pratiques de la religion à des simples actes de charité. Cette espece de système séduisit beaucoup de gens, sur-tout des prêtres & des vierges consacrées à Dieu ; mais S. Jérôme attaqua ouvertement le perfide hérésiarque, & sa victoire fut aussi brillante que complette. « Vous croyez, lui disoit-il, avoir persuadé ceux qui marchent sur vos traces, détrompez-vous, ils étoient déja persuadés par les penchans secrets de leur cœur ».

Jamais réputation n’a plus varié que celle d’Epicure ; ses ennemis le décrioient comme un voluptueux, que l’apparence seule du plaisir entraînoit sans cesse hors de lui-même, & qui ne sortoit de son oisiveté que pour se livrer à la débauche. Ses amis au-contraire, le dépeignoient comme un sage qui fuyoit par goût & par raison le tumulte des affaires, qui préféroit un genre de vie bien ménagé, aux flateuses chimeres dont l’ambition repaît les autres hommes, & qui par une judicieuse économie mêloit les plaisirs à l’étude, & une conversation agréable au sérieux de la méditation. Cet homme poli & simple dans ses manieres, enseignoit à éviter tous les excès qui peuvent déranger la santé, à se soustraire aux impressions douloureuses, à ne desirer que ce qu’on peut obtenir, à se conserver enfin dans une assiette d’esprit tranquille. Au fond cette doctrine étoit très-raisonnable, & l’on ne sauroit nier qu’en prenant le mot de bonheur comme il le prenoit, la félicité de l’homme ne consiste dans le plaisir. Epicure n’a point pris le change, comme presque tous les anciens philosophes qui, en parlant du bonheur, se sont attachés non à la cause formelle, mais à la cause efficiente. Pour Epicure, il considere la béatitude en elle-même & dans son état formel, & non pas selon le rapport qu’elle a à des êtres tout-à-fait externes, comme sont les causes efficientes. Cette maniere de considérer le bonheur, est sans doute la plus exacte & la plus philosophique. Epicure a donc bien fait de la choisir, & il s’en est si bien servi, qu’elle l’a conduit précisément où il falloit qu’il allât. La seul dogme que l’on pouvoit établir raisonnablement, selon cette route, étoit de dire que la béatitude de l’homme consiste dans le sentiment du plaisir, ou en général dans le contentement de l’esprit. Cette doctrine ne comporte point pour cela que l’on établit le bonheur de l’homme dans la bonne chere & dans les molles amours : car tout au plus ce ne peuvent être que des causes efficientes, & c’est de quoi il ne s’agit pas ; quand il s’agira des causes efficientes, on vous marquera les meilleures, on vous indiquera d’un côté les objets les plus capables de conserver la santé de votre corps, & de l’autre les occupations les plus propres à prévenir les chagrins de l’esprit ; on vous prescrira donc la sobriété, la tempérance, & le combat contre les passions tumultueuses & déréglées, qui ôtent à l’ame la tranquillité d’esprit qui ne contribue pas peu à son bonheur : on vous dira que la volupté pure ne se trouve ni dans la satisfaction des sens, ni dans l’émotion des appétits ; la raison en doit être la maîtresse, elle en doit être la regle, les sens n’en sont que les ministres, & ainsi quelques délices que nous espérions dans la bonne chere, dans les plaisirs de la vue, dans les parfums & la musique, si nous n’approchons de ces choses avec une ame tranquille, nous serons trompés, nous nous abuserons d’une fausse joie, & nous prendrons l’ombre du plaisir pour le plaisir même. Un esprit troublé & emporté loin de lui par la violence des passions, ne sauroit goûter une volupté capable de rendre l’homme heureux. C’étoient là les voluptés dans lesquelles Epicure faisoit consister le bonheur de l’homme. Voici comment il s’en explique : c’est à Ménecée qu’il écrit : « Encore que nous disions, mon cher Ménecée, que la volupté est la fin de l’homme, nous n’entendons pas parler des voluptés sales & infâmes, & de celles qui viennent de l’intempérance & de la sensualité. Cette mauvaise opinion est celle des personnes qui ignorent nos préceptes ou qui les combattent, qui les rejettent absolument ou qui en corrompent le vrai sens ». Malgré cette apologie qu’il faisoit de l’innocence de sa doctrine contre la calomnie & l’ignorance, on se récria sur le mot de volupté ; les gens qui en étoient déja gâtés en abuserent ; les ennemis de la secte s’en prévalurent, & ainsi le nom d’épicurien devint très-odieux. Les Stoïciens qu’on pourroit nommer les jansénistes du paganisme, firent tout ce qu’ils purent contre Epicure, afin de le rendre odieux & de le faire persécuter. Ils lui imputerent de ruiner le culte des dieux, & de pousser dans la débauche le genre humain. Il ne s’oublia point dans cette rencontre, il sut penser & agir en philosophe ; il exposa ses sentimens aux yeux du public ; il fit des ouvrages de piété ; il recommanda la vénération des dieux, la sobriété, la continence ; il ne se plaignit point des bruits injurieux qu’on versoit sur lui à pleines mains. « J’aime mieux, disoit-il les souffrir & les passer sous silence, que de troubler par une guerre désagréable la douceur de mon repos ». Aussi le public, du moins celui qui veut connoître avant que de juger, se déclara-t-il en toutes les occasions pour Epicure ; il estimoit sa probité, son éloignement des vaines disputes, la netteté de ses mœurs, & cette grande tempérance dont il faisoit profession, & qui loin d’être ennemie de la volupté, en est plutôt l’assaisonnement. Sa patrie lui éleva plusieurs statues ; d’ailleurs ses vrais disciples & ses amis particuliers vivoient d’une maniere noble & pleine d’égards les uns pour les autres ; ils portoient à l’excès tous les devoirs de l’amitié, & préféroient constamment l’honnête à l’agréable. Un maître qui a su inspirer tant d’amour pour les vertus douces & bienfaisantes, ne pouvoit manquer d’être un grand homme ; mais on ne doit pas reconnoître pour ses disciples quelques libertins qui ayant abusé du nom de ce philosophe, ont ruiné la réputation de sa secte. Ces gens ont donné à leurs vices l’inscription de sa sagesse, ils ont corrompu sa doctrine par leurs mauvaises mœurs, & se sont jetté en foule dans son parti, seulement parce qu’ils entendoient qu’on y louoit la volupté, sans approfondir ce que c’étoit que cette volupté. Ils se sont contentés de son nom en général, & l’ont fait servir de voile à leurs débauches ; & ils ont cherché l’autorité d’un grand homme, pour appuyer les désordres de leur vie, au-lieu de profiter des sages conseils de ce philosophe, & de corriger leurs vicieuses inclinations dans son école. La réputation d’Epicure seroit en très-mauvais état, si quelques personnes désintéressées n’avoient pris soin d’étudier plus à fond sa morale. Il s’est donc trouvé des gens qui se sont informés de la vie de ce philosophe, & qui sans s’arrêter à la croyance du vulgaire, ni à l’écorce des choses, ont voulu pénétrer plus avant, & ont rendu des témoignages fort authentiques de la probité de sa personne, & de la pureté de sa doctrine. Ils ont publié à la face de toute la terre, que sa volupté étoit aussi sévere que la vertu des Stoïciens, & que pour être débauché comme Epicure, il falloit être aussi sobre que Zénon. Parmi ceux qui ont fait l’apologie d’Epicure, on peut compter Ericius Puteanus, le fameux dom Francisca de Quevedo, Sarazin, le sieur Colomiés, M. de Saint-Evremont, dont les réflexions sont curieuses & de bon goût, M. le baron Descoutures, la Mothe le Vayer, l’abbé Saint Réal, & Sorbiere. Un auteur moderne qui a donné des ouvrages d’un goût très-fin, avoit promis un commentaire sur la réputation des anciens ; celle d’Epicure devoit y être rétablie. Gassendi s’est sur-tout signalé dans la défense de ce philosophe ; ce qu’il a fait là-dessus est un chef-d’œuvre, le plus beau & le plus judicieux recueil qui se puisse voir, & dont l’ordonnance est la plus nette & la mieux reglée. M. le chevalier Temple, si illustre par ses ambassades, s’est aussi déclaré le défenseur d’Epicure, avec une adresse toute particuliere. On peut dire en général que la morale d’Epicure est plus sensée & plus raisonnable que celle des Stoïciens, bien entendu qu’il soit question du système du paganisme. Voyez l’article du Sage.

On entend communément par volupté tout amour du plaisir qui n’est point dirigé par la raison ; & en ce sens toute volupté est illicite ; le plaisir peut être consideré par rapport à l’homme qui a ce sentiment, par rapport à la société, & par rapport à Dieu. S’il est opposé au bien de l’homme qui en a le sentiment, à celui de la société, ou au commerce que nous devons avoir avec Dieu, dès-lors il est criminel. On doit mettre dans le premier rang ces voluptés empoisonnées qui font acheter aux hommes par des plaisirs d’un instant, de longues douleurs. On doit penser la même chose de ces voluptés qui sont fondées sur la mauvaise foi & sur l’infidélité, qui établissent dans la société la confusion de race & d’enfans, & qui sont suivies de soupçons, de défiance, & fort souvent de meurtres & d’attentats sur les lois les plus sacrées & les plus inviolables de la nature. Enfin on doit regarder comme un plaisir criminel, le plaisir que Dieu défend, soit par la loi naturelle qu’il a donnée à tous les hommes, soit par une loi positive, comme le plaisir qui affoiblit, suspend ou détruit le commerce que nous avons avec lui, en nous rendant trop attachés aux créatures.

La volupté des yeux, de l’odorat, & de l’ouie, est la plus innocente de toutes, quoiqu’elle puisse devenir criminelle, parce qu’on n’y détruit point son être, qu’on ne fait tort à personne ; mais la volupté qui consiste dans les excès de la bonne chere, est beaucoup plus criminelle : elle ruine la santé de l’homme ; elle abaisse l’esprit, le rappellant de ces hautes & sublimes contemplations pour lesquelles il est naturellement fait, à des sentimens qui l’attachent bassement aux délices de la table, comme aux sources de son bonheur. Mais le plaisir de la bonne chere n’est pas à beaucoup près si criminel que celui de l’ivresse, qui non-seulement ruine la santé & abaisse l’esprit, mais qui trouble notre raison & nous prive pendant un certain tems du glorieux caractere de créature raisonnable. La volupté de l’amour ne produit point de désordres tout-à-fait si sensibles ; mais cependant on ne peut point dire qu’elle soit d’une conséquence moins dangereuse : l’amour est une espece d’ivresse pour l’esprit & le cœur d’une personne qui se livre à cette passion ; c’est l’ivresse de l’ame comme l’autre est l’ivresse du corps ; le premier tombe dans une extravagance qui frappe les yeux de tout le monde, & le dernier extravague, quoiqu’il paroisse avoir plus de raison ; d’ailleurs le premier renonce seulement à l’usage de la raison, au-lieu que celui-ci renonce à son esprit & à son cœur en même tems. Mais quand vous venez à considerer ces deux passions dans l’opposition qu’elles ont au bien de la société, vous voyez que la moins déréglée est en quelque sorte plus criminelle que l’ivresse, parce que celle-ci ne nous cause qu’un désordre passager, au-lieu que celle-là est suivie d’un déreglement durable : l’amour est d’ailleurs plus souvent une source d’homicide que le vin : l’ivresse est sincere ; mais l’amour est essentiellement perfide & infidele. Enfin l’ivresse est une courte fureur qui nous ôte à Dieu pour nous livrer à nos passions ; mais l’amour illicite est une idolatrie perpetuelle.

L’amour-propre sentant que le plaisir des sens est trop grossier pour satisfaire notre esprit, cherche à spiritualiser les voluptés corporelles. C’est pour cela qu’il a plu à l’amour-propre d’attacher à cette félicité grossiere & charnelle la délicatesse des sentimens, l’estime d’esprit, & quelquefois même les devoirs de la religion, en la concevant spirituelle, glorieuse, & sacrée. Ce prodigieux nombre de pensées, de sentimens, de fictions, d’écrits, d’histoires, de romans, que la volupté des sens a fait inventer, en est une preuve éclatante. A considérer les plaisirs de l’amour sous leur forme naturelle, ils ont une bassesse qui rebute notre orgueil. Que falloit-il faire pour les élever & pour les rendre dignes de l’homme ? Il falloit les spiritualiser, les donner pour objet à la délicatesse de l’esprit, en faire une matiere de beaux sentimens, inventer là-dessus des jeux d’imagination, les tourner agréablement par l’éloquence & la poésie. C’est pour cela que l’amour-propre a annobli les honteux abaissemens de la nature humaine : l’orgueil & la volupté sont deux passions, qui bien qu’elles viennent d’une même source, qui est l’amour propre, ne laissent pourtant pas d’avoir quelque chose d’opposé. La volupté nous fait descendre, au-lieu que l’orgueil veut nous élever ; pour les concilier, l’amour-propre fait de deux choses l’une ; ou il transporte la volupté dans l’orgueil, ou il transporte l’orgueil dans la volupté ; renonçant au plaisir des sens, il cherchera un plus grand plaisir à acquérir de l’estime ; ainsi voilà la volupté dédommagée ; ou prenant la résolution de se satisfaire du côté du plaisir des sens, il attachera de l’estime à la volupté ; ainsi voilà l’orgueil consolé de ses pertes ; mais l’assaisonnement est encore bien plus flatteur, lorsqu’on regarde ce plaisir comme un plaisir que la religion ordonne. Une femme débauchée qui pouvoit se persuader dans le paganisme qu’elle faisoit l’inclination d’un dieu, trouvoit dans l’intempérance des plaisirs bien plus sensibles ; & un dévot qui se divertit ou qui se vange sous des prétextes sacrés, trouve dans la volupté un sel plus piquant & plus agréable que la volupté même.

La plûpart des hommes ne reconnoissent qu’une sorte de volupté, qui est celle des sens ; ils la réduisent à l’intempérance corporelle, & ils ne s’apperçoivent pas qu’il y a dans le cœur de l’homme autant de voluptés différentes, qu’il y a d’especes de plaisir dont il peut abuser ; & autant d’especes différentes de plaisir, qu’il y a de passions qui agitent son ame.

L’avarice qui semble se vouloir priver des plaisirs les plus innocens, a sa volupté qui la dédommage des douceurs auxquelles elle renonce : populus me sibilat, dit cet avare dont Horace nous a fait le portrait, at mihi plaudo ipse domi, simul ac nummos contemplor in arcâ. Mais comme il y a des passions plus criminelles les unes que les autres, il y a aussi une sorte de volupté qui est particulierement dangereuse. On peut la réduire à trois especes ; savoir la volupté de la haine & de la vengeance ; celle de l’orgueil & de l’ambition ; celle de l’incrédulité, & celle de l’impiété.

C’est une volupté d’orgueil que de s’arroger ou des biens qui ne nous appartiennent pas, ou des qualités qui sont en nous, mais qui ne sont point nôtres ; ou une gloire que nous devons rapporter à Dieu, & non point à nous. On s’étonne avec raison que le peuple romain trouvât quelque sorte de plaisir dans les divertissemens sanglans du cirque, lorsqu’il voyoit des gladiateurs s’égorger en sa présence pour son divertissement. On peut regarder ce plaisir barbare comme une volupté d’ambition & de vaine gloire : c’étoit flatter l’ambition des Romains que de leur faire voir que les hommes n’étoient faits que pour leurs divertissemens. Il y a une volupté de haine & de vengeance qui consiste dans la joie que nous donnent les disgraces des autres hommes ; c’est un affreux plaisir que celui qui se nourrit de larmes que les autres répandent ; le degré de ce plaisir fait le degré de la haine qui le fait naître. Le grand Corneille à qui on ne peut refuser d’avoir bien connu le cœur de l’homme, exprime dans ces vers l’excès de la haine par l’excès du plaisir.

Puissai-je de mes yeux y voir tomber la foudre,
Voir tes maisons en cendre & tes lauriers en poudre,
Voir le dernier romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause, & mourir de plaisir.

L’incrédulité se fortifie du plaisir de toutes les autres passions qui attaquent la religion, & se plaisent à nourrir des doutes favorables à leurs déréglemens ; & l’impiété qui semble commettre le mal pour le mal même, & sans en trouver aucun avantage, ne laisse pas d’avoir ses plaisirs secrets d’autant plus dangereux, que l’ame se les cache à elle-même dans l’instant qu’elle les goûte le mieux ; il arrive souvent qu’un intérêt de vanité nous fait manquer de révérence à l’Etre suprème. Nous voulons nous montrer redoutables aux hommes, en paroissant ne craindre point Dieu ; nous blasphémons contre le ciel pour menacer la terre ; mais ce n’est pourtant pas-là le sel qui assaisonne principalement l’impiété. L’homme impie hait naturellement Dieu, parce qu’il hait la dépendance qui le soumet à son empire, & la loi qui borne ses desirs. Cette haine de la Divinité demeure cachée dans le cœur des hommes, où la foiblesse & la crainte la tiennent couverte, sans même que la raison s’en apperçoive le plus souvent ; cette haine cachée fait trouver un plaisir secret dans ce qui brave la Divinité.

Victrix causa diis placuit, sed victa Catoni.
Il dédaigne de voir le ciel qui le trahit. »

Tout cela a paru brave, parce qu’il étoit impie.

La volupté corporelle est plus sensible que la volupté spirituelle ; mais celle-ci paroît plus criminelle que l’autre : car la volupté de l’orgueil est une volupté sacrilége, qui dérobe à Dieu l’honneur qui lui appartient, en retenant tout pour elle. La volupté de la haine est une volupté barbare & meurtriere qui se nourit de pleurs ; & la volupté de l’incrédulité est une volupté impie qui se plaît à dégrader la Divinité.

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Étymologie de « volupté »

Étymologie de volupté - Littré

Provenç. voluptat ; ital. voluttà ; du lat. voluptatem, de volop, volup, agréable, rattaché au grec ἔλπομαι, espérer (pour ϝέλπομαι). La commune racine est le sanscrit var, choisir, désirer, qui a fait velle et βούλεσθαι.

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Étymologie de volupté - Wiktionnaire

Du latin voluptas (« satisfaction »).
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Phonétique du mot « volupté »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
volupté vɔlypte play_arrow

Citations contenant le mot « volupté »

  • Simplicité, calme et volupté. Le long d'un bras de la Seine, dans l'Eure, l'harmonie entre la douceur du fleuve, la nature verdoyante et les bâtiments à colombages entourant le moulin, qui date du XIIe siècle, apaise et ravit le visiteur. Ce lieu de culture méconnu est classé monument historique avec son parc de 10 hectares, ses chemins entre les arbres, petits ponts charmants, terrasses, prairie étendue au bord des berges, chèvres y batifolant, rocailles, belvédères et balustrades de bois sculpté… Et pourtant, quelle riche histoire que celle du moulin d'Andé, devenu association culturelle... Le Point, Le moulin d'Andé, une maison de la culture - Le Point
  • Paris Match en scène, en partenariat avec la Caisse d'Epargne Ile de France. Sa voix magique est une envolée qui transporte le public entre douceur, volupté et puissance. Julia Guez appartient à cette génération passionnée de la nouvelle scène française. Auteure, interprète, après L’Olympia, elle sera cet hiver au Casino de Paris avec ses refrains qui célèbrent l’amour, la vie, le temps qui passe. , Rendez-vous avec Julia Guez
  • Tout comme plus haut, au bout de la longue et majestueuse côte de Jor avec une sorte de volupté suprême pour les amateurs de sensations fortes. "On possède une aire de départ pour delta-planes et parapente. Depuis le bord de la route, c’est le vide direct et un spot très prisé des inconditionnels quand il fait beau. Mais rien que le point de vue sur la vallée, même en hiver, est tout simplement époustouflant. Parfois, on se retrouve juste au-dessus d’une mer de nuages". CharenteLibre.fr, Saint-Léon-sur-Vézère Luxe en Dordogne, calme et volupté - Charente Libre.fr
  • La volupté excessive agrandit le coeur, le dévaste et l’oblige à la dureté. De Georges Bataille / L’Alleluiah
  • La volupté, voulant une religion, inventa l'amour. De Natalie Clifford Barney / Pensées d'une Amazone
  • Il n’est que la volupté qui retienne tout l’homme dans le présent. De Bernard Grasset / Remarques sur le bonheur
  • On est puceau de l’horreur comme on l’est de la volupté. De Louis-Ferdinand Céline
  • La vengeance, c'est la volupté du paradis. De André Thérive
  • Ce que la volupté a de délicieux, elle le reçoit de l'esprit et du coeur. De Vauvenargues
  • Oh ! L'âcre volupté que le danger procure. De Jean Richepin
  • La volupté est la plus courte forme de l'oubli. De Malcolm de Chazal / Sens-plastique
  • La volupté élève, quelle qu’en soit la source. De Amélie Nothomb / Les Catilinaires
  • Je crois à la volupté de la chair et à l’irrémédiable solitude de l’âme. De Hjalmar Soderberg / Gertrud
  • La pudeur est le parfum de la volupté ; la satiété est l'arôme du dégoût. Et la pudeur accroît la volupté, comme la satiété l'écoeure. De André Suarès / Voici l'homme
  • Dans la volupté, suprême forme du plaisir, on copule presqu’autant avec soi qu’avec une autre, la volupté n’étant après tout qu’une masturbation de l’âme. De Malcolm de Chazal
  • La volupté unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de faire le mal. Et l'homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve toute volupté. De Charles Baudelaire / Journaux Intimes
  • La pudeur est le parfum de la volupté. Isaac Félix, dit André Suarès, Voici l'homme, Albin Michel
  • La volupté même et le bonheur ne se perçoivent point sans vigueur et sans esprit. Michel Eyquem de Montaigne, Essais, I, 42
  • Si j'ai perdu mes jours dans la volupté, ah ! rendez-les moi, grands dieux, pour les reperdre encore. Julien Offray de La Mettrie, L'Art de jouir
  • Le plaisir est une prière Et l'aumône une volupté. Alphonse de Prât de Lamartine, Harmonies poétiques et religieuses, Pour une quête
  • Source délicieuse, en misères féconde, Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés ? Pierre Corneille, Polyeucte, IV, 2, Polyeucte
  • Valéry est avant tout un voluptueux et tout son art est une attention voluptueuse. Paul Claudel, L'Oiseau noir dans le soleil levant, Gallimard
  • Si j'avais à donner une belle image, peinte ou sculptée, de la volupté, je ne choisirais pas de jeunes amants. Robert Brasillach, Les Sept Couleurs, Plon
  • La volupté unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de faire le mal. - Et l'homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve toute volupté. Charles Baudelaire, Fusées
  • La volupté, comme une fleur rare, demande les soins de la culture la plus ingénieuse. Honoré de Balzac, La Femme abandonnée
  • Il est dangereux de se laisser aller à la volupté des larmes ; elle ôte le courage et même la volonté de guérir. Henri Frédéric Amiel, Journal intime, 29 décembre 1871

Traductions du mot « volupté »

Langue Traduction
Corse voluptuosità
Basque voluptuousness
Japonais 官能的な
Russe сластолюбие
Portugais voluptuosidade
Arabe حسي
Chinois 妖ness
Allemand wollust
Italien voluttà
Espagnol voluptuosidad
Anglais voluptuousness
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Synonymes de « volupté »

Source : synonymes de volupté sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « volupté »



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