Serrer : définition de serrer


Serrer : définition du Wiktionnaire

Verbe

serrer \se.ʁe\ ou \sɛ.ʁe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se serrer)

  1. Renfermer, ranger, mettre en lieu sûr, à l’abri.
    • […] je craignais qu’en serrant son argent dans sa bourse il ne nous annonçât qu’il ne reviendrait pas le lendemain. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 39)
    • Au moment où ils traversaient cette chambre, madame Magloire serrait l’argenterie dans le placard qui était au chevet du lit. — (Victor Hugo, Les Misérables, 1862, tome 1, livre II, chapitre 5)
    • La moisson estant faite, ce peuple serre son blé dans la terre en des fosses qu'ils font en quelque pendant de colline ou tertre, pour l'égout des eaux, garnissans de nattes icelles fosses : et cela font ils pource qu'ils n'ont point de maisons à étages, ni de coffres pour le serrer autrement : puis, le blé conservé de cette façon est hors la voye des rats et souris. — (Marc Lescarbot, Histoire de la Nouvelle-France, 1612)
    • Puis, avec un gros soupir, il replia les originaux, les serra dans la poche de côté de son veston […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 152 de l’éd. de 1921)
    • Un simple grenier, où, du temps de Jacques, on serrait en hiver les jeux de jardin, et dans lequel deux chambres de domestiques avaient été mansardées. — (Pierre Benoit, Mademoiselle de la Ferté, Albin Michel, 1923, Cercle du Bibliophile, page 65)
    • C’était une assez grande pièce, au rez-de-chaussée, toujours fermée à clef, où on serrait les provisions et où il y avait une immense glacière de boucher que les patrons avaient achetée à une vente. — (Georges Simenon, Marie qui louche, Première partie, ch. 1, Presses de la Cité, Paris, 1952)
    • Heureux en ménage, il n’avait jamais trouvé dans le lit conjugal ces débauches de soie et de coloris chantants, dont il raffolait pourtant, et que la divine créature devait serrer dans sa garde-robe. — (Christophe Carlier, L’Euphorie des places de marchés, Serge Safran Éditeur, Paris, 2013, p. 141)
  2. Étreindre ; presser.
    • Les sables sont les matières que l’on mélange le plus habituellement à la chaux pour former les mortiers ; ils doivent être rudes au toucher et crier quand on les serre dans la main. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 21)
    • C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise.— (Philippe Claudel, La Petite Fille de Monsieur Linh, Éditions Stock, 2005, page 9 ISBN 9782253115540)
    • Serrer la main à quelqu’un.
    • Je l’ai serré dans mes bras, contre mon cœur.
    • Ces souliers sont trop étroits : ils me serrent. Cette robe serre un peu au niveau du ventre.
    • Vous serrez trop fort.
    • Ne serrez pas.
  3. Mettre près l’un de l’autre, rapprocher étroitement.
    • Nous sommes trop serrés à cette table.
    • Reculez-vous un peu, nous serons moins serrés.
    • Serrez-vous les uns contre les autres.
    • Il faut nous serrer davantage.
    • Serrer les dents, presser la mâchoire d’en bas contre la mâchoire d’en haut.
    • Serrer son écriture, rapprocher les lettres ou les lignes les unes des autres.
    • Votre écriture est trop lâche, serrez-la davantage.
    • Serrez davantage vos lignes.
    • Serrer son style, retrancher ce qu’il y a de superflu dans le style, écrire d’une manière très concise.
    • On dit simplement Serrez ! à des troupes qui marchent et qu’on veut faire avancer plus diligemment.
    • Se serrer contre le mur, se mettre tout à fait contre.
    • Serrer la muraille, passer très près de la muraille.
    • Serrer quelqu’un de près, le poursuivre vivement.
    • Serrer une femme de près, lui faire une cour assidue et pressante.
    • Serrer de près une ville, un fort, en presser le siège.
  4. (Marine)
    • Serrer les voiles, ramener les voiles plus près de l’axe du vaisseau.
    • Serrer la terre, longer la terre de plus près.
    • Serrer la ligne, tenir très près les uns des autres les vaisseaux qui forment une ligne de combat.
    • Chaque vaisseau doit serrer sur son matelot d’avant, pour empêcher l’ennemi de couper la ligne.
  5. (Marine) Replier et ranger une voile sur sa vergue.
    • Le grand hunier, tendu sous l’effort du vent, eût contrarié le dégagement du navire. Il fallut le serrer, ce qui se fit tant bien que mal. — (Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, 1846)
  6. (Argot) Perdre son sang froid, son calme, faire n’importe quoi (référence au moteur qui serre lorsqu’il n’y a plus d’huile, serrer désigne la personne qui ne se maîtrise plus, par sa conduite ou ses paroles).
    • « Faut qu’il arrête de rester enfermé chez lui à jouer à la PS3, il va finir par serrer ! ».
  7. (Argot) (Souvent pronominal) Séduire, réussir à sortir avec quelqu’un, à flirter, etc.
    • Cyril s’était battu, le cousin était resté pour serrer une meuf et Lyas était rentré. — (Golda John,C’est l’histoire de nos vies‎, Éditions Le Manuscrit, 2004, page 167)
    • […] un conseil ouvre les rideaux, éteins ta ps3 et sors dehors te serrer des meufs […] — (psm3blog.fr, 2007)
  8. (Argot policier) Attraper ; interpeller.
    • Les témoignages relatifs à cet incident sont assez différents et, à part le flic qui les a serrés, les protagonistes de cette affaire se sont montrés plutôt énigmatiques. — (Laurent de Wilde, Monk, 1996, collection Folio, page 304)
    • Le commissaire continue : « Jacques et l'Ours ont serré un des deux gus au niveau de la sous-préf, poursuit le commissaire. L'autre a réussi à descendre sur le port de commerce et, là, on a perdu sa trace. — (Lann Stereden, Sang Issue, Neowood Éditions, 2014, chap. 2)
  9. (Cinéma) Diminuer l’angle de champ d’une prise de vue ou d’un plan.
    • La caméra serre la scène au plus près.
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Serrer : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SERRER. v. tr.
Étreindre, presser. Serrer la main à quelqu'un. Je l'ai serré dans mes bras, contre mon cœur. Ces souliers sont trop étroits : ils me serrent. Absolument, Vous serrez trop fort. Ne serrez pas. Fig., Serrer les pouces à quelqu'un, Le contraindre, à force de menaces, à avouer la vérité. S'il n'avoue pas, serrez-lui les pouces. Il est vieux. Fig. et fam., Serrer la vis à quelqu'un, Exercer sur lui une contrainte rigoureuse. Fig., Cela serre le cœur se dit d'une Chose qui excite vivement la sensibilité, qui cause une grande pitié. Que la fièvre le serre! s'est dit, par imprécation, en parlant d'un Homme de qui l'on a à se plaindre.

SERRER signifie aussi Mettre près l'un de l'autre, rapprocher étroitement. Nous sommes trop serrés à cette table. Reculez-vous un peu, nous serons moins serrés. Serrez-vous les uns contre les autres. Il faut nous serrer davantage. Serrer les dents, Presser la mâchoire d'en bas contre la mâchoire d'en haut. Serrer son écriture, Rapprocher les lettres ou les lignes les unes des autres. Votre écriture est trop lâche, serrez-la davantage. Serrez davantage vos lignes. Fig., Serrer son style, Retrancher ce qu'il y a de superflu dans le style, écrire d'une manière très concise. Serrer les rangs se dit d'une Troupe de soldats ou de collégiens en marche dont les rangs tendent à s'espacer et qui les rapproche. On dit simplement Serrez à des troupes qui marchent et qu'on veut faire avancer plus diligemment. Se serrer contre le mur, Se mettre tout à fait contre. Serrer la muraille, Passer très près de la muraille. Serrer quelqu'un de près, Le poursuivre vivement. Serrer une femme de près, Lui faire une cour assidue et pressante. Serrer de près une ville, un fort, En presser le siège. En termes de Marine, Serrer les voiles, Plier les voiles. Serrer la terre, Ranger la terre. Serrer le vent, Aller au plus près du vent. Serrer la ligne, Tenir très près les uns des autres les vaisseaux qui forment une ligne de combat. Chaque vaisseau doit serrer sur son matelot d'avant, pour empêcher l'ennemi de couper la ligne.

SERRER signifie aussi Renfermer, ranger, mettre en lieu sûr, à l'abri. Serrer des vêtements, du linge. Serrez vos bijoux, votre argent. Je ne sais où j'ai serré ce papier. Le participe passé

SERRÉ s'emploie adjectivement. Un style serré. Un jeu serré, Un jeu où l'on s'applique à ne pas faire de faute. Une logique serrée, un raisonnement serré, Une logique rigoureuse, un raisonnement rigoureux. Avoir le cœur serré de douleur, de tristesse, etc., ou absolument Avoir le cœur serré, Avoir le cœur saisi de douleur. Un cheval serré du devant, du derrière, Un cheval étroit du devant, du derrière. Fig. et fam., Un homme serré, Un homme parcimonieux, qui ne dépense qu'à regret.

SERRÉ s'emploie aussi adverbialement. Jouer serré, Jouer avec une attention rigoureuse à ne pas faire de fautes, à ne rien négliger. Il signifie, figurément, Agir avec circonspection, de manière à ne pas donner prise sur soi.

Serrer : définition du Littré (1872-1877)

SERRER (sê-ré) v. a.
  • 1Étreindre, presser. Serrer un nœud. Ouf ! vous me serrez trop, Molière, Tart. III, 3. Ce qu'on sent, ce qu'on touche, c'est ce qui échappe continuellement des mains qui le serrent ; plus on serre les choses glissantes, plus elles échappent, Bossuet, Méd. sur l'Év. la Cène, 90e jour. Matta lui serra la main [à sa maîtresse], Hamilton, Gramm. 4. Cresphonte en expirant me serra dans ses bras, Voltaire, Mérope, I, 1. On ne serre point ses membres délicats [de l'enfant] avec des liens qui en suspendraient les mouvements, Barthélemy, Anach. ch. 47. Paul, les yeux enflammés de colère, criait, serrait les poings, frappait du pied, ne sachant à qui s'en prendre, Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virg.

    Absolument. Et votre don de l'assemblée ? madame, il est accordé à huit cent mille francs ; voilà qui est fort bien ; notre pressoir est bon, il n'y a qu'à serrer, Sévigné, 331. Ces animaux mordent quand on s'y expose, sans cependant serrer beaucoup, Buffon, Quadrup. t. IX, p. 23.

    Serrer le cou, étrangler. Et qu'un heureux sultan, dans le sein du loisir, Ait le droit de serrer le cou de son vizir, Voltaire, Ép. 98.

    Autrefois, serrer les pouces à un accusé, le soumettre à une torture où les pouces étaient violemment serrés pour le forcer à faire des aveux.

    Fig. Serrer les pouces à quelqu'un, exercer sur lui une contrainte morale, lui faire avouer ce qu'il veut taire.

    Fig. et familièrement. Serrer le bouton à quelqu'un, le presser vivement sur quelque chose. À Valère de près j'ai serré le bouton, Regnard, le Joueur, IV, 9.

    Fig. Serrer la bourse, rendre économe, empêcher de dépenser de l'argent. M. de Montmartel me mande que c'est une opération de finance fort difficile [le commentaire sur Corneille, pour Mlle Corneille]… voilà ce que c'est que d'être battu dans les quatre parties du monde ; cela serre les cœurs et les bourses, Voltaire, Lett. d'Argental, 28 août 1761.

    Fig. Serrer les nœuds de l'amitié, rendre l'amitié plus intime entre deux personnes. Dès nos plus jeunes ans… L'amour serra les nœuds par le sang commencés, Racine, Bajaz. I, 4. M. de Beauvilliers tenait au Dauphin [duc de Bourgogne] par tous les liens les plus forts qui peuvent former et serrer les unions les plus étroites, Saint-Simon, 326, 17.

    Dans le langage poétique, serrer les nœuds de l'hymen, épouser. Si le don de ma main peut contenter vos vœux, Je pourrai me résoudre à serrer de tels nœuds, Molière, Mis. V, 7.

    Fig. Serrer le cœur, causer une vive douleur. Il me serre toujours le cœur, quand il me demande si je ne sais point de nouvelles, Sévigné, 401. Je sens une main qui me serre le cœur, Sévigné, 25 mai 1680. Le monde est rempli de misères qui serrent le cœur, Vauvenargues, la Simplicité.

    Que la fièvre le serre, se dit par imprécation d'un homme de qui on a à se plaindre. Que la fièvre te serre, chien de vilain, à tous les diables ! Molière, l'Avare, II, 6. Que la fièvre quartaine puisse serrer bien fort le bourreau de tailleur, Molière, Bourg. gent. II, 7.

  • 2Joindre près à près, mettre près à près. Vous nous avez trop serrés.

    Serrer les dents, presser les deux mâchoires l'une contre l'autre.

    Familièrement, en parlant des animaux, serrer la queue, mettre la queue entre les jambes, ce qui est un signe de peur, de désappointement. Il lui fallut à jeun retourner au logis… Serrant la queue et portant bas l'oreille, La Fontaine, Fabl. I, 18.

    Serrer son écriture, rapprocher les lettres ou les lignes les unes des autres. Votre écriture est trop lâche, serrez-la davantage.

  • 3 Terme d'art militaire. Serrer les rangs, les rapprocher. Serrez vos rangs : marche.

    Fig. Mon Dieu ! que vous me dites bien sur la mort de M. de la Rochefoucauld et de tous les autres : on serre les files, il n'y paraît plus, Sévigné, à Mme de Grignan, 5 juin 1680. On avait serré les rangs, et la génération des enfants croissait pour remplacer celle des pères, Staël, Corinne, I, 7.

    Absolument. Serrez, serrez les rangs. Celui qui a dit qu'à la cour comme à l'armée, quand on voit tomber à droite et à gauche, on crie : serre, et on avance, n'a eu que trop raison, Voltaire, Lett. Mme Denis, 3 mars 1752.

    Serrez, se dit aussi à des troupes qui marchent et qu'on veut faire avancer plus diligemment

    Serrer sur, marcher à la suite d'une troupe en s'en tenant fort près. Ce n'est que vers trois heures qu'il [le 4e corps] a commencé à marcher ; il a constamment serré sur le 3e corps, Le Général Gérard, Quelques documents.

    Serrer sur, se dit aussi avec le même sens en terme de marine. Chaque vaisseau doit serrer sur son matelot d'avant, pour empêcher l'ennemi de couper la ligne.

  • 4 Terme du jeu de trictrac. Serrer son jeu, ne pas l'étendre, couvrir autant qu'on le peut toutes ses dames.

    Serrer trop son jeu, s'ôter à soi-même ses meilleures chances, pour ne laisser aucune dame à battre.

  • 5 Terme d'escrime. Serrer la mesure, serrer la botte, presser vivement son adversaire.

    Fig. Serrer la mesure, serrer la botte, presser son adversaire dans la dispute.

  • 6 Terme d'équitation. Serrer l'éperon à un cheval, lui donner de l'éperon.

    Serrer la volte, s'approcher du centre de la volte.

    Serrer la demi-volte, faire revenir le cheval avec justesse sur le terrain où il commence la demi-volte.

    Serrer la botte, serrer les jambes pour presser un cheval d'avancer.

  • 7Rendre étroit. Les deux mers, venant à serrer la terre des deux côtés, font une langue, Vaugelas, Q. C. III, 1.
  • 8Serrer une place, la gêner, en couper les communications. La dernière sortie n'a pas été faite du côté où est la redoute, mais d'un autre côté qui serrait la ville de plus près, Pellisson, Lett. hist. t. II, p. 162. Tes ennemis [de toi, Jérusalem] t'environneront de tranchées, et t'enfermeront, et te serreront de toutes parts, Bossuet, Hist. II, 8. Mahomet II commença par serrer la ville [Constantinople] du côté de l'Europe et du côté de l'Asie, Voltaire, Mœurs, 91. Il [Dion] serrait la citadelle de si près, que la garnison, faute de vivres, n'observait plus aucune discipline, Barthélemy, Anach. ch. LX. Chargé de m'emparer d'une hauteur voisine, Qui voit le camp romain, le serre et le domine, Saurin, Spartac. IV, 1.

    Serrer de près une ville, en presser le siége.

  • 9Pousser, presser. Notre armée est retournée au camp de Bischen, qui était celui où M. de Turenne était si bien fortifié, et dont il était sorti pour serrer les ennemis contre la montagne et les combattre, Pellisson, Lett. hist. t. II, p. 389. Le marquis de la Fare, capitaine des gardes du régent, se présente entre la porte et le maréchal [Villeroy], l'arrête, lui demande son épée ; Leblanc lui remit l'ordre du roi ; et, dans le même instant, le comte d'Artagnan, commandant des mousquetaires gris, le serre du côté opposé à la Fare, Duclos, Œuvr. t. VI, p. 147. Son second cri [du goëland] qu'il ne jetait que quand on le poursuivait ou qu'on le serrait de près, ce qui par conséquent était une expression de crainte ou de colère, Buffon, Ois. t. XVI, p. 191.

    Serrer de près une femme, lui faire une cour assidue. Serrait de près sa servante aux yeux doux, Boileau, Épigr. III.

  • 10 Fig. Être pressant dans une discussion. Voici un témoignage pour les protestants qui les serrera de plus près ; ce sera celui de Bucer, Bossuet, Var. V, 14. Le maraud m'embarrassait ! en disputant il prend son avantage, il vous serre, vous enveloppe, Beaumarchais, Mar. de Figaro, III, 8.
  • 11Passer très près de… Serrer la muraille. Et s'écrie écumant de rage : Serre, serre donc le rivage, Scarron, Virg. V. Le courant nous portait malgré nous de ce côté, et nous obligeait de serrer la rive, Chateaubriand, Amér. 6e partie.

    Terme de marine. Serrer la terre, s'approcher de la terre. Nous avons serré la terre de Feu d'assez près pour apercevoir, avec nos lunettes, des sauvages qui attisaient de grands feux, seule manière qu'ils avaient d'exprimer leurs désirs de voir relâcher les vaisseaux, La Pérouse, Voy. t. II, p. 50, dans POUGENS.

    Serrer le vent, s'approcher beaucoup de la direction du vent. Je crus devoir attendre une circonstance plus favorable, et serrer le vent qui battait en côte, La Pérouse, ib. t. II, p. 137.

    Serrer de la voile, gouverner aussi près du vent que possible.

    Serrer un bâtiment, s'en approcher.

    Serrer la ligne, tenir très près les uns des autres les vaisseaux qui forment une ligne de combat.

  • 12 Fig. Serrer son style, en retrancher tout ce qui est inutile, écrire avec concision.

    Serrer un sujet, le traiter sans digression.

    Serrez, serrez, réduisez votre évaluation qui est trop forte, rabattez-en. On parla beaucoup de Thèbes aux cent portes et du million de soldats qui sortait par ces portes… Serrez, serrez, disait M. André ; je soupçonne, depuis que je me suis mis à lire, que le même génie qui a écrit Gargantua écrivait autrefois toutes les histoires, Voltaire, l'Homme aux 40 écus, d'un bon souper.

  • 13Mettre une chose en un lieu où elle ne court aucun risque. Serrer des hardes. Serrer sa bourse, son argent. Serrer quelque chose sous la clef Laurent, serrez ma haire avec ma discipline, Molière, Tart. III, 2.

    Serrer les foins, les blés, les mettre à couvert dans le grenier, dans la grange.

  • 14 Terme de marine. Serrer une voile, la plier et l'attacher avec des cordelettes.
  • 15Se serrer, v. réfl. Exercer sur soi-même une étreinte, une constriction. Se serrer avec une ceinture.

    Absolument. Se serrer, porter un corset trop étroit, des vêtements trop étroits. Cette jeune fille s'abîme la santé à force de se serrer.

  • 16Se joindre près à près, se mettre près à près. Se serrer les uns contre les autres. Serrez-vous contre moi, Mairet, Soliman, V, 5. Labérius [après avoir joué dans les mimes par l'ordre de César] alla pour prendre sa place parmi les chevaliers, qui se serrèrent de telle sorte qu'il n'en trouva point, Rollin, Hist. anc. liv. XXV, ch. I, 2, § 2. Et d'un cri de menace, Défiant les Romains, qui se serrent, font face, Saurin, Spartacus, I, 4. Les rangs éclaircis par la mort, par la fuite, se sont serrés et restent fermes, Charras, Waterloo, 12.

    Se serrer contre le mur, se mettre tout contre.

  • 17Se serrer, se dit de l'action du cheval qui s'étrécit, ne s'étend pas assez d'une main à l'autre, et ne prend pas assez de terrain.
  • 18Devenir serré, clos. Cette bourse se serre avec des cordons.

    Fig. Le cœur se serre, on est saisi d'affliction.

HISTORIQUE

XIIe s. E mult [des assiégés] li crient grant merci, Qu'il les secore e ne lor faille ; Kar grant sofraite [manque] unt de vitaille ; Mandent cum l'om les a serrez, Clos e assis [assiégés] e estopez, Benoit de Sainte-Maure, V. 32517. [Il] N'ot ne entent, tant a ploré, E si par a le cuer serré, Que c'est merveilles qu'il ne muert, Benoit de Sainte-Maure, V. 12533. [Un haubert] Fort et espais et serré et entier, Ronc. p. 49. Li cuers li faut, s'a la bouche serée, ib. p. 117. [Elle] Ferma les huis et serra durement, ib. p. 172.

XIIIe s. Elle aura, dist li rois, bateüre prochaine, Puis la ferai serrer ens en la tour hautaine, Audefroi le Bastard, Romancero, le bast. p. 14. Li premier est travail d'aquerre [les richesses] ; Li second qui le cuer lor serre, C'est paor qu'en nes tole ou emble, la Rose, 5214.

XIVe s. S'en eu [j'eus d'ivresse] si serrée la teste, Que riens ne veoie, n'ooie, Jean de Condé, t. III, p. 19.

XVe s. Les ennemis se tenoient moult serrés, leurs lances retaillées de cinq pieds par devant eux, Froissart, I, I, 328. N'a home nul qui ait esté restraint [à qui on ait fait des retranchements], Fors Eustace, qui de ce se complaint, à qui on a vingt jours serré le ventre, Sans croix avoir. .. Deschamps, Poésies mss. f° 210. Entre les deux maisons y avoit une grande granche, en laquelle il serra trois cens hommes d'armes, Commines, II, 11. Que la fievre quartaine serre Celluy qui vous a mis icy, Villon, Archer de Bagnolet. Un jour advint que le preux Nabel s'en alloit esbatre aux champs, armé et monté, la lance au poing et l'escu au col, auprès d'un grant mont qu'estoit serré [voisin] du tref [de la tente] de Luces, Perceforest, t. III, f° 102. La responce amoureuse fut si grande qu'elle leur serra la bouche, ib. t. VI, f° 107. Si fut tenu conseil serré [secret], Vigiles de Charles VII, p. 105, dans LACURNE. Cette escarmouche dura tant qu'il fut nuict serrée et obscure, Hist de la Puc. d'Orl. p. 527, dans LACURNE.

XVIe s. Le pere estoit si serrant [avare], qu'il lui sembloit que ce qu'il tenoit en une main, l'autre lui deroboit, Marguerite de Navarre, Nouv. XLIV. Empaqueter et serrer soigneusement quelque chose, Montaigne, I, 110. Un parler court et serré, Montaigne, I, 191. Tant le cœur luy serroit de condamner un homme à mort, Montaigne, II, 1. En ce fait, il faut considerer deux sortes de païs, l'un plein et l'autre serré, Lanoue, 424. Il s'approcha à quatre lieues près du camp, logeant assez serré ; d'où il commençoit à nous molester grandement, Lanoue, 634. … Et partit-on pour serrer [assiéger] Poictiers, Lanoue, 680. Le pont levis fut haussé et la porte serrée, avecques peu de perte, Lanoue, 601. Le roy de Navare fut adverti par un intime du duc de Guise qu'on le vouloit serrer [emprisonner], D'Aubigné, Hist. I, 102. Purgez vostre conseil, où il ne se delibere rien de si serré que le duc d'Albe ne le sache aussitôt, D'Aubigné, ib. II, 14. Ce vieux capitaine serre la main à son homme, D'Aubigné, ib. II, 272. Ils s'embrasserent par plusieurs fois bien serré, Carloix, I, 21. Quant à Pirithous, il le feit incontinent desfaire par son chien, et feit serrer Theseus en estroite prison, Amyot, Thés. 39. Y eut des tonnoires horribles, qui feirent fouyr le menu peuple, et l'escarterent çà et là ; mais les senateurs se serrerent ensemble, Amyot, Rom. 44. Fabius, qui cognoissoit le païs, luy serra le pas par où il pouvoit sortir de ceste vallée, avec 4000 hommes de pied qu'il y ordonna, Amyot, Fab. 15. Il le mordit si serré qu'il sembloit qu'il luy voulut manger la main, Amyot, Alc. 3. Il s'endormit si serré, qu'à peine se peut il esveiller pour le bruit de la roupte et fuitte de ses gens, Amyot, Sylla, 60. Son stile est partout serré, et n'y a rien qui ne presse et qui ne poigne à bon escient, Amyot, Cicéron et Démosth. 2. On les met dans des boëtes bien serrées [fermées], De Serres, 684. Il n'y a rien sur la terre qu'en temps et lieu ne se serre, Génin, Récréat. t. II, p. 241.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SERRER. - HIST.

XIIIe s. Ajoutez : Le [la] maison Jehan de Lens… qui siet en vies markiet, serant de le maison Gerart [touchant à la maison de Gerart], Charte du Vermandois, dans Bibl. de l'École des ch. 1874, XXXV, p. 451.

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Serrer : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

SERRER, v. act. (Gram.) c’est presser fortement en embrassant, en liant, & en faisant effort pour diminuer le volume. C’est aussi renfermer. On serre un nœud ; on se serre les uns contre les autres ; on est trop serré à table ; serrer la mesure, s’est s’avancer sur son ennemi ; il est serré de près ; voilà une étoffe bien serrée, il y a des alimens qui serrent le ventre ; serrez soigneusement ce que vous ne voudrez pas perdre ; serrer les orangers, c’est les mettre dans la serre ; il se prend aussi au figuré ; un raisonneur serré ; un style serré ; l’ame serrée.

Serrer les voiles, (Marine.) c’est porter peu de voiles.

Serrer de voiles. (Marine.) Voyez Ferler.

Serrer le vent, (Marine.) Voyez Pincer.

Serrer, (Maréchal.) se dit d’un cheval qui se retrécit, & ne s’étend pas assez à une main ou à l’autre, qui ne prend pas assez de terrein. Un cheval marche quelquefois trop large, & quelquefois trop serré.

Lorsqu’un cheval se serre trop, il faut pour l’élargir l’arrêter de la rêne de dedans ; c’est-à-dire, porter en dehors, & le chasser en avant sur des lignes droites avec le gras des jambes. Il faut aussi non seulement, serrer en tournant un cheval qui marche trop large, mais encore le tenir sujet ; & s’il se serre trop, il faut l’aider du gras des jambes, le pincer même s’il ne répond pas, & appuyer ensuite le talon du dehors.

Serrer la demi-volte, c’est faire revenir le cheval sur la même piste où il a commencé la demi-volte.

Serrer la mesure, terme d’escrime, c’est faire un petit pas en avant. Voyez Entrer en mesure.

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Serrer : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « serrer » les plus populaires.

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Étymologie de « serrer »

Étymologie de serrer - Wiktionnaire

(Date à préciser) Du bas-latin serare (« fermer avec une barre »), dérivé de sera (« barre de clôture », « serrure », « verrou », « cadenas »). Ce verbe est progressivement passé du sens d’enfermement à celui de maintien ferme, (comme dans les serres d’un rapace) pour aussi embrasser celui de rapprocher.
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Étymologie de serrer - Littré

Wallon, seré ; bourg. sarrai ; Berry, sarrer ; picard, sérer, fermer, tout sérant, tout près ; provenç. sarrar, serrar ; espagn. et portug. cerrar ; ital. serrare ; du lat. serare, de sera, barre. La double rr dans serre, serrer, serrare, etc. est fautive ; il n'en faut qu'une ; cette erreur vient de ce que les peuples romans ont confondu sera, serrure, avec serra, scie. En Normandie, serrer signifie cueillir, récolter : serrer des pois. Malherbe remarque qu'en Provence serrer a la signification de fermer : Serrer n'a pas la signification de fermer en France, mais en Provence et autres tels lieux où l'on dit : serrer les yeux, serrer la porte, serrer la fenêtre, pour clore, Comm. sur Desportes, t. IV, p. 382.

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Phonétique du mot « serrer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
serrer sere play_arrow

Conjugaison du verbe « serrer »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe serrer

Citations contenant le mot « serrer »

  • Alors qu’elle venait de stationner sa voiture, une femme de 49 ans a oublié de serrer le frein à main. Problème, la rue étant en pente, la voiture a roulé avant d’être arrêtée par une autre quelques mètres plus loin. Si l’automobiliste de l’autre véhicule a subi quelques blessures superficielles, son fils de 12 ans, également présent dans la voiture au moment de l’impact, n’a pas été blessé. Lorsque les policiers de la ville de Sens dans l’Yonne sont arrivés sur place, ils ont rapidement senti une forte odeur d’alcool se dégageant de la bouche de la conductrice. Et pour cause, deux heures après l’incident, son taux d’alcoolémie montait à 0,99 mg par litre d’air expiré, soit quasiment 2 grammes par litre de sang. Elle sera convoquée prochainement devant un tribunal pour s’expliquer. Autonews, Ivre, une conductrice oublie de serrer le frein à main : sa voiture percute un autre véhicule
  • « Avec excitation forcément. On est content de revoir tout le monde, le staff, les joueurs, les nouveaux qui arrivent. Ça fait bien de reprendre au stade. On a hâte que ça recommence. Enfin à moitié car on sait très bien que la préparation physique va entrer en jeu, mais il faut passer par là (sourire). On va serrer les dents et avancer ensemble. » , Sport | Jean Paul (Stade dijonnais) : "On va serrer les dents et avancer ensemble"
  • «Ça m’a jetée à terre. Je voudrais la prendre dans mes bras, la serrer et lui dire de sortir tout ce qu’elle a sur le cœur. On pourrait se faire un petit pique-nique entre filles. Je suis à 20 minutes de chez elle», offre Mme Brillant, qui sait très bien toutes les épreuves que la maman des fillettes devra affronter. Le Journal de Québec, Mère de Romy et Norah: «Je voudrais la prendre dans mes bras, la serrer» | JDQ
  • L'amusant, au théâtre, c'est de sortir aux entractes, de saluer, de serrer des mains, d'entendre des opinions et de s'en faire une moyenne, avec toutes les extrêmes, sans effort, sur la pièce. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Il y a un plaisir délicieux à serrer dans ses bras une femme qui vous a fait beaucoup de mal, qui a été votre cruelle ennemie pendant longtemps et qui est prête à l'être encore. De Stendhal / De l'amour
  • Quand tu te mouches t'as pas l'impression de serrer la main à un pote ? De Jean-Marie Poiré / Extrait des dialogues des Visiteurs (1993) Ginette
  • Je regrette, militaire, mais je refuse de serrer une main qui foule aux pieds les droits imprescriptibles de la personne humaine !... De Hergé / Tournesol dans Tintin et les Picaros
  • Il n’y a que deux choses à faire avec un drapeau : ou le brandir à bout de bras ou le serrer avec passion contre son coeur. De Paul Claudel / Positions et propositions
  • Je me suis embrouillé avec tellement de monde qu’avant un match je ne sais plus à quel joueur serrer la main. De Roy Keane
  • Il est triste de jouer à cache-cache dans ce monde où l'on devrait se serrer les uns contre les autres. De Jean Cocteau
  • Il m'arrive encore de refuser de serrer une main, mais c'est plus par hygiène que par conviction. De Pierre Drachline / Fin de conversation
  • On meurt dans l'état précis où on est né : avec des mains faites pour saisir et incapables de serrer. De Italo Svevo / Une vie
  • C’est trop tard pour serrer les fesses quand on a fait au lit. De Proverbe québécois
  • Les femmes ont une force herculéenne pour serrer les genoux. De Louis Teissier Du Cros / L'amour, les femmes et nous
  • Qui viole une meuf, se fait serrer par les keufs. De MC Solaar / L’histoire de l’art
  • A trop serrer son bonheur, on le broie. De Julie Stanton / Ma fille comme une amante
  • Qui serre toujours serre mal. Émile Chartier, dit Alain, Minerve ou De la sagesse, Gallimard

Traductions du mot « serrer »

Langue Traduction
Corse stringe
Basque estutu
Japonais 締めます
Russe затянуть
Portugais apertar
Arabe شد
Chinois 紧缩
Allemand spannen
Italien serrare
Espagnol apretar
Anglais tighten
Source : Google Translate API

Synonymes de « serrer »

Source : synonymes de serrer sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « serrer »


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