La langue française

Savoir

Sommaire

  • Définitions du mot savoir
  • Étymologie de « savoir »
  • Phonétique de « savoir »
  • Citations contenant le mot « savoir »
  • Images d'illustration du mot « savoir »
  • Traductions du mot « savoir »
  • Synonymes de « savoir »
  • Antonymes de « savoir »

Définitions du mot savoir

Trésor de la Langue Française informatisé

SAVOIR1, verbe trans.

I. − [Verbe de sens plein; le suj. désigne le plus souvent une pers. phys. ou morale, douée de conscience; le compl. d'obj. premier désigne un objet de connaissance qui est concr. ou abstr. (le plus souvent abstr.), existant ou non, prés. ou absent]
A. − [L'accent est mis sur le contenu du savoir]
1.
a) Appréhender par l'esprit, avoir la connaissance complète de, pouvoir affirmer l'existence de. Savoir le pourquoi et le comment d'une chose. Quand j'ouvre ce livre, n'ai-je pas la conscience de l'ouvrir et la conscience de pouvoir ne pas l'ouvrir? Quand je regarde, ne sais-je pas à la fois que je regarde et que je puis ne pas regarder? (Cousin, Hist. philos. XVIIIes., t. 2, 1829, p. 500).Ne parlez point comme ceux qui n'ont pas de foi. Nous savons avec assurance que Dieu existe, Et que l'homme, ou non, le confesse du vent de sa bouche (Claudel, Violaine, 1901, IV, p. 647).V. ignorer ex. 1.
P. anal. Appréhender par l'instinct. La brute sait tout ce qu'on affirme que vous ne savez pas, et elle n'a besoin que de l'instinct pour le savoir (Lamennais, Paroles croyant, 1834, p. 175).
Absol. V. deviner B 2 b ex. de Ramuz.
Empl. pronom. passif. V. inachevé ex. 2.
PHILOS. Appréhender par un acte cognitif, à la fois conceptuellement et en organisant un système rationnel. V. croire ex. 3, mortel ex. 3, philosophe I A 2 a ex. de Valéry.
Tout savoir. Posséder la science universelle. L'homme est si faible que, lorsqu'un de ses semblables se présente disant: « Je peux tout », comme Bonaparte, ou: « Je sais tout », comme Mahomet, il est vainqueur et a déjà à moitié réussi (Vigny, Journal poète, 1829, p. 898).V. aigle ex. 16, philosophe ex. 1.
Que sais-je? [D'apr. l'aphorisme de Montaigne servant à mettre en question l'ensemble des connaissances et à poser le doute philosophique] Empl. subst. masc. Le doute philosophique:
1. − Tu me fais douter de la puissance de Dieu (...). Notre cher Rabelais a résolu cette philosophie par (...) Peut-être, d'où Montaigne a pris son Que sais-je? Encore, ces derniers mots de la science morale ne sont-ils guère que l'exclamation de Pyrrhon restant entre le bien et le mal, comme l'âne de Buridan entre deux mesures d'avoine. Balzac, Peau chagr., 1831, p. 78.
Savoir que + verbe savoir.Je sais que je ne sais rien, que je ne sais pas. Après les avoir lus [des romans] on revient à dire avec Socrate: Ce que je sais, c'est que je ne sais rien (Sénac de Meilhan, Émigré, 1797, p. 1757).
Absol. Le vrai savoir ne revient jamais à quelque petite chose tout près des yeux; car savoir c'est comprendre comment la moindre chose est liée au tout (Alain, Propos, 1911, p. 114).Savoir qu'on sait. « Savoir, c'est savoir qu'on sait ». Ainsi aurons-nous défini la réflexion ou conscience positionnelle de la conscience (Sartre, Être et Néant, 1943, p. 18).
Proverbe. Savoir, c'est pouvoir [d'apr. l'aphorisme trad. de Bacon, signifiant que les finalités sociopolitiques du pouvoir vont de pair avec le développement de la connaissance scientifique en Occident (d'apr. Rey-Chantr. Expr. 1979)].
b) Avoir dans l'esprit, avoir la révélation de l'existence, de la réalité, de l'identité, de la vérité de quelque chose; avoir présent à l'esprit un ensemble de connaissances rationnelles (concepts, idées, notions, images, représentations, affects), acquises par l'étude et par la réflexion, et constituant une synthèse ordonnée sur un objet de connaissance. Synon. connaître (v. ce mot II A).Savoir qqc. par intuition, par raisonnement, par induction, parfaitement, à fond, par expérience, avec exactitude, à n'en pas douter, de façon certaine. V. abstrait ex. 10, apprendre ex. 35, 36, certitude ex. 27.
[Le compl. d'obj. est le plus souvent un indéterm., un indéf., un pron. dém.] Savoir qqc.; ne pas savoir grand' chose; savoir une chose; (croire, vouloir) tout savoir. Les enfants (...) ça doit obéir aux parents!... nos pères et nos mères savent mieux que nous ce qui nous convient (Dumas père, L. Bernard, 1843, ii, 8, p. 237):
2. Je ne veux plus rien savoir d'autre, ni si les champs fleurissent, ni ce qu'il adviendra du simulacre humain... Je ne veux pas le savoir. Ou plutôt c'est parce que j'ai une vision trop exacte de cet avenir que je prétends m'anéantir dans la seule destinée qui en vaille la peine: une nature insondée et vierge, un amour mystérieux. Benoit, Atlant., 1919, p. 311.
Ne rien savoir. J'ai su que je ne savais rien et ceci, mon secret: « le non-savoir communique l'extase » (G. Bataille, Exp. int., 1943, p. 95).
[Le compl. d'obj. est un subst. abstr.] Savoir l'existence de, les circonstances de, le détail de, les particularités de (qqc.); savoir la vérité; savoir un secret. Que Magdeleine ignorerait sa mort ou du moins n'en saurait pas la cause; que cette mort n'interromperait pas d'une minute ses plaisirs. (...) il s'indigna contre elle, pensant qu'il lui avait sacrifié toute sa vie (Karr, Sous tilleuls, 1832, p. 170).
(La question de) savoir si. La question à l'étude, en débat, porte sur. Et dans ce moment, la question entre nous se réduit à savoir si je vous présente des garanties suffisantes pour la somme que je viens vous emprunter (Balzac, Gobseck, 1830, p. 410).Il s'agit de savoir si... (ou, ... ou non). V. apprendre ex. 8.
[Le compl. d'obj. est un subst. concr.] Savoir le nom, l'âge, l'adresse de qqn; savoir l'heure, la date, le jour; savoir qqc. de qqn. V. adresse1ex. 10.
Littér. [Substitué à connaître, à valeur expressive] Je sais des chants de tous les pays. J'en sais qui sont doux comme le bruit des sources, d'autres qui sont terribles comme l'approche du tonnerre (Louÿs, Aphrodite, 1896, p. 56).V. creux II B 2 a ex. de Sainte-Beuve, immortel D 2 ex. de Musset.
Loc. verb. Savoir le fin du fin (v. fin2I B), savoir le fin fond de l'affaire (v. fin2I A), savoir le fin mot de l'histoire (v. fin2I A). V. fin2I B ex. de Stendhal.Savoir le (vrai) mot de qqc. V. mot I A 2 c.
Loc. proverbiale, fam. Plaider le faux pour savoir le vrai. V. plaider II B 3.
Littér. [Le compl. d'obj. est un subst. abstr.] Connaître de façon rationnelle en ayant dans l'esprit un système organisé notionnel et psychologique. Synon. connaître.Les femmes de Myrina, la Tanagra d'Asie Mineure, savaient leur puissance d'amour (Faure, Hist. art, 1909, p. 120).
En savoir.En savoir des choses; en savoir assez, beaucoup, plus que qqn; en savoir long (sur qqn, sur qqc.) (v. long II B 1, en2II B 2 c). Il n'avait pas non plus très envie d'en savoir davantage sur leur compte à ces territoires. Les arbres, la forêt, après tout, on sait ce que c'est, on les voit très bien de loin (Céline, Voyage, 1932, p. 197).V. en2ex. 13.
Savoir qqc. de qqc., de qqn, sur qqc., sur qqn, au sujet de qqc., de qqn. Voilà bien les gens littéraires et de cabinet, qui ne savent rien de la campagne; c'est un pivert qui fait son trou (Balzac, Paysans, 1850, p. 364).
[Suivi d'une complét. ou d'une prop. interr. indir.] Savoir que; il faut savoir que; vous devez savoir que; j'aurais dû savoir que; savoir ce qu'on doit faire, ce que c'est (que qqc.), comment cela se passe, où l'on est, où l'on va, où l'on en est, en quoi consiste; sans (trop) savoir où, pourquoi; aller, avancer, marcher sans savoir où. V. ce1ex. 15, combien ex. 10, jamais I B 3 ex. de Rolland:
3. giaccomo: Je sais que lorsque les vents du matin tournent avec le soleil, je sais que la pluie approche. Et Savonarole le sait aussi. uderigo: Pas besoin d'être un prophète pour savoir d'où viennent les vents de pluie. Salacrou, Terre ronde, 1938, III, 2, p. 240.
Loc. verb. Savoir à quoi s'en tenir*; savoir de quoi il retourne (v. retourner);
savoir ce que parler veut dire (v. dire1III A 3 et ex. 39).
Expr. Quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite (v. droit1A 1 loc.).
[En constr. de prop. imbriquées] Dont on sait que; que l'on sait que. V. dont III C rem. 2 b.Et dans la rime, un abus que je sais Combien il pèse et combien il encombre, Mais indispensable à notre art français (Verlaine, Œuvres compl., t. 3, Épigr., 1894, p. 221).
Savoir + prop. interr. indir. avec un inf. délibératif.Ne pas savoir où s'arrêter; savoir à qui s'adresser, à qui parler. V. quand I B 1 ex. de Chateaubriand.
Saché-je (rare). V. je I D 3 b rem.
[En interr. indir.; posant une alternative] Savoir si. Je ne sais pas du tout encore si je vais vers une convalescence (Gide, Journal, 1949, p. 340).V. jamais I B 3 ex. de Zola.
Savoir si... ou..., si... ou non. Son âge était un problème: on ne pouvait pas savoir s'il était vieux avant le temps, ou s'il avait ménagé sa jeunesse (Balzac, Gobseck, 1830, p. 383).
[À la forme nég., en nég. double] Il était déjà si malade que je ne sais pas s'il n'est pas mort (R. Bazin, Blé, 1907, p. 326).
[En cont. exclam., à forte valeur affective; en réaction devant une pers. qui atermoie] Fam. Faudrait savoir!:
4. ... il leur donnerait s'ils le souhaitaient sa parole d'honneur, mais (...) une parole d'honneur n'administre pas mieux la preuve qu'une simple négation et (...) il voyait bien qu'ils étaient résolus à lui refuser leur confiance. − Il faut pourtant savoir! s'écria Rosenthal. Nizan, Conspir., 1938, p. 179.
[Avec le, le savoir porte sur la phrase précédente] Mais nous sommes désormais les plus forts... Nous savons ce qu'elle fait et elle ignore que nous le savons (G. Leroux, Roul. tsar, 1912, p. 33).
Absol. Le besoin, le désir, l'ardeur, la passion de savoir; avoir besoin, être avide, être curieux de savoir. Ils sont divisés en deux castes, les akkals ou ceux qui savent, les djahels ou ceux qui ignorent (Lamart., Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 112).
[À la forme nég.] Synon. de ignorer.Je ne sais pas. V. dieu 1reSection I B 1 ex. de Arland.Fam. J' sais pas; sais pas. V. je I D 4 a ex. de Martin du Gard.
SYNT. Savoir qqc. à fond, superficiellement, en gros, en détail, exactement, parfaitement, d'avance, à l'avance, précisément, avec précision, avec certitude, par soi-même, par expérience, d'expérience.
2. [Le compl. d'obj. désigne un élém. d'inform.] Être au courant de, être informé de et/ou sur l'existence ou la nature de quelqu'un ou de quelque chose. Synon. avoir appris (v. apprendre), avoir connaissance* de, connaître (v. ce mot II B 1), être averti* de, être instruit* de, être au fait* de. Synon. vx ou littér. connaître (v. ce mot II B 1).« Je t'accompagne un bout de chemin, cher », dit Paterson, quand il sut que Jacques allait chez Meynestrel (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 238):
5. Hier, un homme qui passait nous dit qu'il y avait eu des explosions, des morts, des troubles affreux. Nous ne le savons pas trop; mais mon père, qui vit la dépêche à Cahuzac, nous a assuré que c'était vrai. E. de Guérin, Lettres, 1835, p. 94.
Savoir si.Allo!... Ici le commissaire Maigret... Non, il ne s'agit pas d'une enquête... Je voudrais seulement savoir si le docteur Bellamy n'est pas chez vous (Simenon, Vac. Maigret, 1948, p. 82).
N'en rien savoir. − Et vous revenez d'excursion? − Non, j'y vais. − Et où allez-vous? − Je n'en sais rien. Je ne connais pas les environs (...). Que me conseillez-vous? (Billy, Introïbo, 1939, p. 7).
Ne savoir rien de rien. Être tout à fait ignorant; ignorer tout de quelque chose. Synon. n'en savoir rien.Aux temps où la planète à la dérive (...) Ne savait rien d'rien (Laforgue, Poés., 1887, p. 243).
Région. (Belgique). Ne savoir de rien. ,,Ne savoir rien de rien. Employé surtout par les bilingues populaires, calqué sur le néerl. (...) Moi, je ne sais de rien`` (Baet. 1971, p. 421).
Absol. [Dans une réponse] Savoir; ne pas savoir. Quelle est cette église? dis-je à mon guide, qui s'était arrêté pour reprendre haleine. Il me répondit par cet expressif haussement d'épaules qui signifie: Je ne sais pas (Hugo,Rhin,1842,p. 292).− (...) Sa couronne lui a été volée... − Par celui à qui elle était confiée... Oui... Je sais!... − Tiens!... − fit Grand-père étonné − comment sais-tu ça?... − Par des livres (Gyp, Souv. pte fille, 1928, p. 13).
SYNT. Savoir qqc.; savoir que + ind.; savoir qqc. de bonne source, de bonne part (v. part1vx), de source certaine, de source autorisée, de science certaine; savoir qqc. de la bouche de qqn, par ouï-dire; savoir qqc. par le détail*, par le menu*; vous savez la nouvelle?, vouloir savoir des nouvelles de qqn, comment va qqn, ce que devient qqn; vous allez bientôt, enfin le savoir; j'ai su par hasard que; être avide, curieux de savoir qqc.; savoir ce qui se passe; (tout) ce qu'il faut savoir (sur qqc., pour qqc.); c'est bon, utile à savoir; chercher à savoir; tâcher de savoir; il tarde à qqn de savoir (qqc.); ne rien savoir (synon. n'avoir ni vent ni nouvelle (v. nouvelle1), ne savoir rien* de rien).
Loc. verb., au fig., fam. Savoir ce que qqn a dans le ventre*.
Loc. verb. (servant à maintenir ou à établir la communication avec l'interlocuteur)
Fam. Vous savez ou vous ne savez pas (que). Apprenez que, au cas où vous n'en seriez pas informé. (Dict. xxes.).
[Pour exprimer une affirm. dont qqn n'est pas sûr] Nous croyons savoir que; je crois savoir que; on croit savoir que. Apprenez que; j'ai appris que. On n'était même pas bien sûr qu'il se nommât Gutmann (...). Sur tout le reste, on croyait seulement savoir qu'il était marié et qu'il avait des enfants (Zola, Débâcle, 1892, p. 503).
[Pour refuser de s'expliquer; avec une idée de menace] Je sais ce que je sais. J'ai mon idée là-dessus, je n'en dirai rien. Les Lorilleux, devant la prospérité du ménage, étaient devenus très aimables, faisaient un éloge outré de Gervaise, en laissant échapper de petits gestes restrictifs, des hochements de menton, des battements de paupières, comme pour ajourner leur vrai jugement. Enfin, ils savaient ce qu'ils savaient (Zola, Assommoir, 1877, p. 469).
[Pour renforcer une affirm.] Si tu veux le savoir! Marie: Tu l'aimes donc bien? Blanche: Oui, je l'aime! Je l'adore, si tu veux le savoir! (Becque, Corbeaux, 1882, ii, 5, p. 123).
Absol. Qui est-ce? Je veux savoir. Tu parleras (...)! (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 222).
Faire savoir qqc. à qqn.Informer quelqu'un de quelque chose. Synon. faire assavoir* (vx), faire connaître*, faire part de (v. part1), avertir, communiquer, diffuser, divulguer, aviser, annoncer, apprendre, mander (littér.), dénoncer (vieilli), notifier, signifier, prévenir.Du moins je ferai savoir à qui voudra l'entendre Comment il advint qu'une âme des plus égarées (...) Revint au bercail des Innocences ignorées (Verlaine, Œuvres compl., t. 2, Amour, 1888, p. 17).
Dans la lang. épistolaire ou admin. J'ai l'honneur de vous faire savoir. [Formule de politesse empl. par un supérieur hiérarchique pour s'adresser à un inférieur] (Dict. xxes.).
Vx, DR., DIPLOM. Savoir faisons. Théodebert de Chantemerle, chevalier (...), sénéchal de Lyon, savoir faisons que: Par-devant les conseillers du roi, notaires à Lyon, soussignés (Borel, Champavert, 1833, p. 135).
Empl. pronom. à sens passif. Être connu de tous. Synon. vieilli être à jour*.Tout se sait; tout, cela finit par se savoir; ça se saurait! Ici on se passionne pour les affaires et pour les clients! et cela commence à se savoir (Balzac, Début vie, 1842, p. 436).Car enfin (...) si le christianisme était faux, cela se saurait (France, Révolte anges, 1914, p. 307).V. ignorer I B 2 c ex. de Musset.
3.
a) Spécialement
Dans l'ordre de la prescience. [Le suj. désigne Dieu, le compl. d'obj. porte sur le passé, le présent ou l'avenir] Dieu sait tout; Dieu sait mieux que nous ce que (v. dieu 2eSection II B 2 d).− Assez, dit Dieu; l'avenir ne te regarde pas: je me suis réservé la prescience. − Alors tu sais, répondit le Prince de ce monde, quel usage fera l'homme de l'intelligence que tu lui as donnée (L. Ménard, Rêv. païen, 1876, p. 142).
♦ Dans le domaine de la parapsychol.[Dans l'ordre de la précognition; le compl. d'obj. porte sur l'avenir] Préconnaître; deviner. Savoir l'avenir. Absol. V. baratin ex. 2, impossible ex. 2.
b) Absol. [Souvent en oppos. avec croire, sentir, agir] Avoir des connaissances rationnelles acquises par l'étude, la réflexion et l'expérience, de façon approfondie et dans des domaines étendus. Savoir, pouvoir et vouloir; appétit, besoin, désir, avidité, passion de savoir; avoir besoin de savoir; être avide, curieux de savoir. Voir, n'est-ce pas savoir?... Oh! savoir, jeune homme, n'est-ce pas jouir intuitivement? N'est-ce pas découvrir la substance même du fait et s'en emparer essentiellement? (Balzac, Peau chagr., 1831, p. 38).V. croyance ex. 1.
Péj. Savoir pour savoir. V. approprier ex. 10.
4. En partic. Avoir dans l'esprit de façon à pouvoir répéter, après avoir appris par l'étude, par la mémorisation, par l'instruction. Savoir son alphabet; savoir son catéchisme; savoir sa leçon, sa récitation, sa poésie, sa table de multiplication, ses verbes irréguliers, son rôle, sa partie; savoir un poème, une histoire, une chanson; savoir qqc. par cœur (v. cœur II A 3 expr.), sur le bout des doigts, du bout du doigt (v. doigt I D 2 expr. et loc.), sur l'ongle (v. ongle A 1), à moitié, parfaitement, très bien; savoir le résultat, la réponse, la recette. V. apprendre ex. 4, iota ex. 2, jamais III B 2 ex., osé ex. 4.
[P. méton. du compl. d'obj.] Turenne savait et récitait Marot (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr., 1828, p. 280).
Loc. verb., fam. Ne savoir ni A ni B (v. A1expr.); ne savoir que son pater (v. pater1); savoir qqc. comme son pater (v. pater1); ne pas savoir le premier mot d'une chose (v. mot II B 1 b).
Loc. verb., arg. du théâtre. Savoir son rôle au rasoir. ,,Connaître son rôle mot à mot`` (Sandry-Carr. Th. 1963).
Loc. verb., au fig., vx, fam. Savoir qqn par cœur, savoir qqn sur le bout du doigt. Bien connaître quelqu'un, sa nature, son caractère, son comportement habituel. [Elle] les détaillait, les prenait par tous les bouts, les savait « par cœur » (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 668).
Absol. Locke (...) prête aux philosophes spiritualistes la croyance qu'un fœtus dans le sein de sa mère sait les mathématiques, ou que nous pouvons savoir sans apprendre, c'est-à-dire, en d'autres termes, apprendre sans apprendre; et que c'est là ce que ces philosophes nomment idées innées (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t. 1, 1821, p. 162).
Part. passé en empl. adj. J'aime les livres lus et sus, Je suis fou de claires paroles (Verlaine, Œuvres compl., t. 3, Épigr., 1894, p. 261).
B. − [L'accent est mis sur la compétence partic. qui accompagne ou conditionne le savoir]
1. Être en mesure de pratiquer une activité de façon suivie; posséder la science et la pratique d'une science, un art, une technique. Savoir la musique; savoir bien, à fond, parfaitement (une discipline, un art, une science, une technique); savoir un peu d'histoire; savoir les mathématiques:
6. Bernardin se plaignant un jour, comme de coutume, au premier consul, du silence des savants à son égard, celui-ci lui dit: « Savez-vous le calcul différentiel, monsieur Bernardin? − Non. − Eh bien! allez l'apprendre, et vous vous répondrez à vous-même ». Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 317.
Savoir son métier. Bien pratiquer son métier; p. ext., être compétent dans sa partie. Synon. s'y connaître*.V. métier I B ex. de Claudel et ex. 3.
En partic. [Le compl. d'obj. désigne une lang.] Posséder la maîtrise de, pouvoir bien s'exprimer en. Savoir le latin, le grec, l'anglais, l'allemand; savoir du latin, du grec, un peu de (telle langue); savoir une langue, plusieurs langues, la langue du pays; savoir un peu, bien, passablement, parfaitement (telle langue). [Les habitants des Pays-Bas] savent les langues, ils lisent, et ils sont instruits (Taine, Philos. art, t. 1, 1865, p. 254).
(Se vanter de, se flatter de) savoir sa langue. (Prétendre) bien s'exprimer, pratiquer aisément sa langue maternelle; bien parler, bien écrire. D'ailleurs, elle se flattait de savoir sa langue; on lui faisait souvent compliment de la façon dont elle parlait de tout, même devant des enfants, sans jamais blesser la décence (Zola, Assommoir, 1877, p. 681).
2. Vx, littér. ou région. (notamment Centre). Être à même de retrouver ou de se servir de quelque chose parce qu'on en connaît l'existence, les caractères.
[Le compl. d'obj. est un subst. abstr.] Savoir un moyen, une façon, un tour:
7. Le petit [boxeur] courait, frappait, sautait, grinçait, doublait la vigueur par la vitesse, savait les ruses. D'un côté le coup de poing primitif, sauvage, inculte, à l'état d'ignorance; de l'autre le coup de poing de la civilisation. Hugo, Homme qui rit, t. 3, 1869, p. 52.
Loc. verb. Savoir la carte du pays et, p. ell., savoir la carte. Bien connaître le comportement du monde, d'un groupe social, de la vie en société. P. anal. Si vous saviez votre Paris, vous connaîtriez tout ce que cet envoi accuse de soins, de courses, de peines (Balzac, Lettres Étr., t. 2, 1844, p. 362).
Dans la lang. usuelle. Savoir le chemin, savoir son chemin. Depuis un mois, des bauchetons [travailleurs de la terre argileuse] travaillaient dans une pineraie de maritimes, à la Patte d'Oie. Ils savaient tous le chemin de Bouchebrand (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 302).
C. − [Souvent avec forte valeur affective, l'accent est mis sur l'expérience qui accompagne ou conditionne le savoir]
1. Connaître en vivant ou pour avoir vécu, expérimenté quelque chose. Synon. emphatiques connaître (v. ce mot II D), se rendre compte* de, avoir conscience* de.Son courroux, d'ordinaire, s'exhalait par des sorties violentes, et c'était là tout. Ceux qui le connaissaient le savaient bien (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 370).
[P. réf. à la conscience de soi, à la lucidité d'esprit]
Loc. adv. Sans le savoir et, absol., sans savoir. Inconsciemment; sans réfléchir; sans intention. Anton. consciemment, sciemment, intentionnellement.Agir, parler sans savoir. Chapelain est burlesque avec gravité; c'est un Scarron sans le savoir (France, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. lx).
Faire de la prose sans le savoir. V. prose B 2.
Expressions
Savoir ce qu'on dit. Mesurer ses paroles; parler en connaissance de cause (souvent à la 1repers.). Le roi: (...) je vous dis, madame, que c'est la mort qui arrive... Eh! je sais ce que je sens, et je sais ce que je dis (Dumas père, Reine Margot, 1847, v, 1, p. 174).Ne savoir/ne plus savoir ce qu'on dit (ni ce qu'on fait). Être troublé, perdre ses moyens. Synon. s'affoler, perdre la tête* (fam.), perdre la boule (fam.), la boussole* (pop.), perdre ses moyens (v. moyen2).Ce silence le réveilla; il fit un brusque effort sur lui-même, et sans savoir ce qu'il disait: − Oui! répondit-il, je suis parti (Bourges, Crépusc. dieux, 1884, p. 217).V. aussi infra III C 2 les loc. verb. interr. indir.
Savoir ce qu'on fait. Garder toute sa lucidité, ses facultés pour agir; peser, contrôler ses actes. L'architecte veut recourir à l'entrepreneur général, qui lui répond que son sous-traitant sait ce qu'il fait; qu'il ne se connaît pas, lui, entrepreneur général, en plomberie ou en serrurerie (Viollet-Le-Duc, Archit., 1872, p. 418).Ne savoir/ne plus savoir ce qu'on fait. V. faire1I F 2 a et infra.Ne plus savoir où l'on en est. V. être1ex. 78.
Savoir ce qu'on veut. Être fermement déterminé dans ses intentions, dans sa ligne de conduite, dans ses actes. V. contradictoire ex. 6.Ne/ne pas/ne plus savoir ce qu'on veut. Être indécis, hésiter; atermoyer, se montrer inconséquent. Plein de désirs contradictoires et ne sachant même plus ce qu'il voulait, il éprouvait une tristesse démesurée (Flaub., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 8).V. infra III C 2 ex. 17.
[À la 1repers. du sing., à la forme nég., pour exprimer une perte de contrôle de ses moyens]
Je ne sais pas ce que j'ai. Se sentir mal, n'être pas dans son assiette. Je ne sais pas ce que j'ai, ce matin; je me sens tout chose (Feydeau, Dame Maxim's, 1914, i, 3, p. 7).
Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je me suis énervé ou emporté. Tu dois m'en vouloir terriblement. Je ne sais pas ce qui m'a pris. En rentrant dans le bois avec Elsa, elle... enfin je l'ai embrassée et Anne a dû arriver à ce moment-là et... (Sagan, Bonjour tristesse, 1954, p. 178).
Je ne sais pas ce qui me retient de. Je ne sais pas ce qui me retient d'amocher ta large petite gueugueule en or! Ça viendra (Maran, Batouala, 1921, p. 97).
[Dans des expr. ou loc. verb. à forte valeur affective, souvent en cont. exclam., à la 1reou à la 2epers. du sing.]
En savoir quelque chose (!) En parler en connaissance de cause, avoir expérimenté quelque chose à ses dépens, être passé par là. Les lions n'exigent pas qu'on leur parle comme à des hommes. C'est surtout avec leurs yeux qu'ils écoutent, ce dont la brute humaine est presque toujours incapable. Nous en savons quelque chose... (Bloy, Femme pauvre, 1897, p. 55).
Ne le savoir que trop (!) En avoir fait la dure expérience. V. être1ex. 2.
Savoir ce que c'est que (qqc.), que (de + inf.) et, absol., savoir ce que c'est (!) Avoir éprouvé, expérimenté, souvent à ses dépens. V. ce1ex. 16.À la forme nég. Ne pas savoir ce que c'est que (p. euphém., pour exprimer l'intensité de qqc.). N'avoir quasiment jamais éprouvé, subi ou ne pas subir habituellement. Vous ne savez pas ce que c'est que d'être gardien d'un feu aux îles Farsan! (...) Il n'y a au milieu qu'un chenal (...) où l'on peut passer. Le reste est plein de bancs de coraux, ou bien de volcans éteints (Mille, Barnavaux, 1908, p. 115).Ne plus savoir ce que c'est que. Avoir perdu le sens, la notion (morale) de l'usage, la pratique de. Un libéral réfugié en Suisse dit: « Nous ne savons plus ce que c'est que la liberté civique. Nous avons cru qu'il n'y avait qu'à nous laisser diriger » (Barrès, Cahiers, t. 11, 1918, p. 383).
Expr. Être bien placé pour le savoir. Être à même d'en parler, pour l'avoir vécu. Avant deux ans, peut-être l'année prochaine, nous aurons la guerre, des gens bien placés pour le savoir me l'ont dit en confidence (Aymé, Jument, 1933, p. 93).Fam. Être (bien) payé pour le savoir, pour savoir qqc. V. payer I C 1 c.(Aller) savoir de quel bois qqn se chauffe. V. chauffer III A 1.
Si j'avais su + subst. ou que + compl. au subj. ou au cond. + princ. au cond. passé.Chère mademoiselle, disait-il, si nous avions su votre visite, nous aurions eu soin de tout préparer pour que vous soyez reçue avec les égards que nous devons à notre propriétaire (Barrès, Colline insp., 1913, p. 214).Si elle avait su qu'on lui ferait des difficultés, elle n'aurait pas loué cette chambre (Barbusse, Feu, 1916, p. 81).[P. ell. de la princ.] Si j'avais su! V. abstrait ex. 10.
Si vous saviez comme, combien, ce que...! V. comme ex. 6, 7, jamais II B 2 ex. de Claudel.Absol. Si vous saviez! Oh! si vous saviez! Je vous comprends tant! (Laforgue, Moral. légend., 1887, p. 32).
Vous ne pouvez pas savoir comme, combien, ce que...! Absol. Vous ne pouvez pas savoir! Nicole, suppliante: Elle n'entrera pas! Il l'embrasse encore. Ah! ce que je t'aime!... Tu ne peux pas savoir! (Bourdet, Sexe faible, 1931, i, p. 244).
Ne pas savoir que + subj.N'avoir jamais soupçonné ou expérimenté que. Je ne savais point qu'elle m'aimât (Claudel, Tête d'Or, 1901, 1repart., p. 173).
2. P. ext.
a) Avoir conscience de, apprécier à sa juste valeur. Synon. connaître (v. ce mot II D).Savoir ses limites, ses faiblesses; vous ne savez pas la chance que vous avez; savoir le prix, la place, le rôle, la valeur de qqc.; savoir la valeur des choses; savoir ce qu'il en a coûté à qqn de. Je l'ai répété cent fois, Mouchette; je ne suis pas un méchant homme, je sais mon tort (Bernanos, Soleil Satan, 1926, p. 77).
Loc. verb. Savoir gré à qqn de qqc. V. gré D 2.Loc. proverbiale. Savoir ce qu'en vaut l'aune. V. aune D.
b) Avoir l'expérience de; apprécier et tenir compte de (dans la pratique). Savoir les usages. Il y a dans ce monde des gens pas délicats qui ne savent pas les usages (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Trou, 1886, p. 578).
Loc. verb.
Savoir le monde, son monde (vieilli). V. monde1II B 2.
Savoir la vie. Avoir l'expérience du monde, de la vie humaine. C'est vrai que je vis d'une manière très indépendante, et que je travaille... Mais, tout de même, vous savez assez la vie pour comprendre qu'il y a des heures pas drôles (Colette, Naiss. jour, 1928, p. 37).
3.
a) Avoir la conscience morale de, apprécier et respecter dans le comportement. Synon. connaître (v. ce mot II E).Savoir ses obligations. Et si, ce soir, j'oubliais, aux premières notes du Ramble, de jouer mon rôle, le colonel me dirait: « Allons, messiou, allons », en esquissant des jongleries, mais je sais mes devoirs et je n'oublierai pas (Maurois, Sil. Bramble, 1918, p. 42).
Locutions
(Je ne) veux pas le savoir! (fam.). Je refuse de reconnaître vos objections comme plausibles, aucune de vos excuses ne tient comme argument. Se lever, N'gakoura! pourquoi se lever? Il ne voulait même pas le savoir, dédaigneux qu'il était des résolutions simples à l'excès ou à l'excès compliquées (Maran, Batouala, 1921, p. 20).
N'en rien vouloir savoir. Refuser d'écouter les objections, les conseils de quelqu'un; rester ferme et buté sur ses positions. David lui avait annoncé que des camions allemands viendraient enlever la marchandise (...). − Je ne veux pas! Je ne veux rien savoir! je ne tiens pas à me faire fusiller! (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 150).
b) Absol. [Dans des loc. verb. et expr.] Avoir de la sagesse pratique, morale et intellectuelle, acquise par l'expérience de la vie et par la connaissance du monde.
Loc. verb. proverbiale. Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait. V. jeunesse III A.Pop. C'est jeune et ça ne sait pas. V. jeune I B 1 b.
D. − [Constr. le plus souvent avec l'attribut de l'objet; l'accent est mis sur les qualités, les caractéristiques portées à l'objet du savoir] Avoir la révélation de la réalité d'un caractère que l'on attribue à quelqu'un ou à quelque chose, le mode d'acquisition du savoir étant inductif ou déductif.
1.
a) [Le compl. d'obj., qqn ou qqc., est suivi d'un attribut adj. ou d'un compl. circ. exprimant le caractère connu] Synon. connaître (v. ce mot III C).Savoir qqn heureux, malheureux, malade, en bonne santé, à l'abri, en bonnes mains, en sûreté, près de qqn. Nous ne voyons pas plus de courage à s'exposer à un danger auquel on ne croit pas, qu'à mettre le pied sur un plancher que l'on sait ou que l'on croit, ce qui est la même chose, parfaitement solide (Karr, Sous tilleuls, 1832, p. 157).
Empl. pronom. réfl. Se savoir faible, fragile, aimé (de qqn). Essentiellement nous sommes tristes là où nous nous sentons et nous savons vulnérables (Du Bos, Journal, 1924, p. 79).
b)
α) Littér. [Le compl. d'obj., déterminé ou non, est spécifié par un qualificatif ou un compl. circ.] À dix minutes de marche, il sait un endroit certainement plein de camarades (Barrès, Barbares, 1888, p. 252).
β) Dans la lang. usuelle. [Le compl. d'obj. est le suj. de l'inf.] Un petit nombre d'individus que, par expérience, nous savons être des niais, des fumistes ou des intrigants (Breton, Manif. Surréal., 2eManif., 1930, p. 129).
Rem. Tour en concurrence avec la sub. complexe qui... que, que... que.
Empl. pronom. réfl. V. agir ex. 3.
2. [Avec ell. du verbe avoir] Savoir qqc. à qqn.Synon. plus usuel connaître (v. ce mot II B 3).Savoir à qqn des amis; savoir à qqn des opinions, des qualités, des défauts, tel talent. Pour la correspondance, à l'heure actuelle je suis réduit au choix de Constance Garnett et aux quelques additions de Gerhardi, mais qui, avec le scrupule que je leur sais à tous deux, lorsque Tchekhov est en cause, doit contenir l'essentiel (Du Bos, Journal, 1924, p. 129).
Empl. pronom. réfl. indir. Se savoir des défauts. Elle ne se savait pas une telle curiosité de ce que devenait ce malheureux, qui s'était si mal conduit avec elle (Zola, Assommoir, 1877, p. 549).
II. − [(Semi-)auxil. suivi d'un inf., servant à exprimer la modalisation assertive]
A. − (Être en état de) pouvoir pratiquer une activité suivie, grâce à l'acquisition, par l'étude, par l'application, de connaissances théoriques et pratiques, et à la suite d'une opération intellectuelle; être capable de. Le greffier du tribunal dressera procès-verbal, qui sera signé (...) par les parties (à moins qu'elles ne déclarent ne savoir ou ne pouvoir signer, auquel cas il en sera fait mention) (Code civil, 1804, art. 287, p. 54).
SYNT. Savoir lire/lire et écrire/lire, écrire et compter; ne savoir ni lire ni écrire; savoir parler, marcher, nager, danser, conduire, jouer de (+ n. d'instrument), jouer au(x)/à la (+ n. de jeu), faire du/de la (+ n. de jeu, d'instrument), faire du vélo, de la voile, du ski, du piano; savoir parler anglais, l'anglais.
En partic. Être en mesure de pratiquer une profession, d'exécuter un travail à la suite d'un apprentissage, d'une expérience, et d'une habileté naturelle ou acquise. Savoir coudre, faire la cuisine. Quelques-uns étaient chaussés avec ces sabots que les paysans de la Bretagne savent faire eux-mêmes (Balzac, Chouans, 1829, p. 5).
B. −
1. Être capable de faire telle chose, d'avoir tel comportement par compétence, par habileté naturelle ou acquise. Savoir bien s'exprimer; savoir s'habiller, se maquiller; savoir plaire, obéir, se défendre, venir à bout de qqc.; savoir acheter, choisir, distinguer qqc., reconnaître qqn, qqc. Il lui semblait qu'il avait appris le métier de prêtre et qu'il saurait l'exercer (Queffélec, Recteur, 1944, p. 20).V. métier I D ex. de Baudelaire.
Loc. verb.
Savoir s'y prendre. Le tout est de savoir s'y prendre: une main serrée à propos, un regard lancé en temps et lieu, un soupir bien appliqué, vous avancent souvent beaucoup dans une intrigue d'amour (Janin, Âne mort, 1829, p. 37).
Savoir y faire (fam.). V. faire1II B 1.
Loc. proverbiales
Savoir son pain manger. V. pain B, manger1A 1.
Savoir hurler avec les loups. V. hurler I B 1.
2. En partic. Être en mesure d'accomplir quelque chose à la perfection, selon les règles de l'art. Savoir recevoir; savoir se tenir dans le monde; savoir manger; savoir apprécier les bonnes choses. Rien de plus difficile, en effet, que de savoir boire, reprit le pédant Goëllo (Stendhal, L. Leuwen, t. 2, 1835, p. 111).
Savoir vivre. Avoir envers les autres un comportement plein d'égards et d'attentions comme il convient dans la vie en société, en respectant les règles de la politesse, des bons usages de la vie sociale. Un visiteur qui sait vivre reste debout jusqu'à ce qu'on lui indique une place (Lowie, Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p. 301).
C. −
1. Se montrer capable, dans une circonstance donnée, d'accomplir un acte d'ordre moral, grâce à une aptitude intérieure. Synon. avoir l'esprit de.Savoir dire non; savoir se taire; savoir écouter; savoir faire des sacrifices, renoncer à qqc., se restreindre, se modérer, se priver; savoir tenir sa langue*; savoir unir, allier qqc. à qqc. C'est un talent que de savoir vieillir; il faut l'apprendre, sous peine d'être un jour insupportable ou ridicule (Jouy, Hermite, t. 3, 1813, p. 217).V. mesure ex. 5.
Loc. proverbiales
Entre deux maux il faut (savoir) choisir le moindre. V. mal3II A 1.
Tout vient à point à qui peut/sait attendre. V. attendre II B 1 c.
Loc. verb., néol. Savoir prendre le virage*.
[À la forme nég.] Ne pas savoir + inf. Être incapable de; n'être pas dans son caractère, dans sa nature, dans ses habitudes de. Synon. ne jamais* (faire qqc.).Ne pas savoir mentir, avoir de la rancune. Le vieux Bob a fait de cette tour son cabinet d'études. C'est dommage, car nous aurions eu là une magnifique salle à manger... Mais je n'ai jamais rien su refuser au vieux Bob! (G. Leroux, Parfum, 1908, p. 39).
[P. méton. du subst., le suj. est une chose] Ma flûte ne sait plus, hélas! me réjouir, Mon cœur est travaillé de crainte et de désir (Moréas, Sylves, 1896, p. 161).
[À la forme restrictive] Les jeunes cherchent à imiter, les vieux ne savent que répéter. Ceux-ci sont fidèles à leurs propres habitudes. Les autres singent les habitudes d'autrui (Sieyès, Tiers état, 1789, p. 61).
2. [À l'impér., comme renforcement de l'inf., avec une valeur optative, servant à exprimer p. euphém. un ordre atténué, un souhait] Sache, sachons, sachez + inf. Synon. puisses-tu, puissiez-vous (v. pouvoir1).− Sachez d'abord vous taire. − Or, celle Qui vous parle est coquette et folle. Oui, je le suis (Verlaine, Jadis, 1884, p. 220).
D. − [Croisements sém. avec pouvoir1]
1. Littér. [Au cond. et au plus-que-parfait du subj. avec ne seul] Ne pas avoir le droit, la permission, la possibilité intérieure de (faire quelque chose, poser tel acte). Synon. réussir à, s'autoriser à, s'accorder de, être autorisé à (v. autoriser), tolérer de, oser; (à la 1repers.) je ne puis (v. pouvoir1).On ne saurait dire; on ne saurait en conclure, en déduire (qqc., que), en dire autant de; on n'en saurait douter; on ne saurait trop rappeler, insister sur, recommander (qqc.). V. ne I A 2 e:
8. ... « savoir », dans les articles de Norpois, est le signe du futur, c'est-à-dire le signe des désirs de Norpois (...) chaque fois que Norpois dit: « L'Amérique ne saurait rester indifférente à ces violations répétées du droit », (...) de telles phrases expriment les désirs de Norpois (comme les miens, comme les vôtres) mais enfin là, le verbe peut encore garder malgré tout son sens ancien, car un pays peut « savoir », l'Amérique peut « savoir », la monarchie « bicéphale » elle-même peut « savoir » (malgré l'éternel « manque de psychologie »). Proust, Temps retr., 1922, pp. 782-783.
Rare. [À la forme interr.] Ma poitrine est en feu! Mugnoz, ne sauriez-vous me donner quelque chose pour calmer ces douleurs aiguës? (Mérimée, Jaquerie, 1828, p. 375).
[Pour exprimer une affirm. atténuée]
[En cont. compar. ou superl. abs.] On ne saurait mieux dire, mieux conclure; on ne saurait être plus aimable. Quarante ans, c'est pardieu! le bel âge (...); on choisit alors femme douce et bonne, ayant un patrimoine alléchant; c'est ainsi que j'ai fait, on ne saurait mieux faire (Borel, Champavert, 1833, p. 113).
Proverbe. On ne saurait faire boire un âne qui n'a pas soif. V. boire1I A 2 d.
[Le suj. désigne une chose ou un indéf. neutre] Rien ne saurait + inf.J'ai pu songer au tourment de ne vous revoir jamais, et m'y condamner; rien ne saurait plus ébranler mon courage (Lemercier, Pinto, 1800, ii, 11, p. 67).Empl. impers. Il ne saurait y avoir, être question de, en être autrement. Il ne saurait y avoir erreur là où il n'y a pas encore vérité, mais réalité, nécessité (Merleau-Ponty, Phénoménol. perception, 1945, p. 396).
[Pour exprimer la probabilité] Je vais vous montrer mon oncle Edward Sharper. Je l'ai laissé ici. Où diable s'est-il sauvé? Il ne saurait être bien loin! (About, Roi mont., 1857, p. 294).
2. [Avec ne seul]
a) [À l'ind.] Il n'a su en venir à bout (Ac.).
Rem. Grev. 1975, § 693 rem. N.B., le note avec un sens voisin de « pouvoir ». Je remets en vos mains l'enfant que j'ai volée! Faites ce que je n'ai su faire; gardez-la de tous ses ennemis (France, Bonnard, 1881, p. 485).
b) Fam. Pouvoir. Mère Ubu: Père Ubu, ton cheval ne saurait plus te porter, il n'a rien mangé depuis cinq jours et est presque mort. Père Ubu: Elle est bonne, celle-là! On me fait payer douze sous par jour pour cette rosse et elle ne me peut porter (Jarry, Ubu, 1895, iii, 8, p. 66).
Région. (Belgique). Pouvoir (à l'exception des empl. au cond. à la forme nég.) au sens d'avoir la possibilité matérielle de. (Ds Baet. 1971, p. 421). (Rwanda, du fr. de Belgique). Pouvoir. Il n'est pas permis de faire des dettes qu'on ne saura jamais payer (Servir, n o6, 16èmeannée, 1955, p. 240 ds Fr. Jouannet, Le Fr. au Rwanda, Paris, selaf, 1984, p. 175).
3. Loc. adv., pop., vieilli (si le verbe est au prés.). Tout ce qu'il/elle sait. Tout ce qu'il/elle peut, beaucoup, de toutes ses forces (sert à exprimer l'intensité de l'action). Il crie tout ce qu'il sait. Avec don Juan [de Byron], ils (...) raillent la vertu, l'amour, et la première blonde qui passera va leur faire (...) pleurer tout ce qu'ils savent (Vallès, Réfract., 1865, p. 177).
Rem. Lorsque le verbe est accordé en temps avec celui de la princ., la loc. perd sa valeur fam. ou pop. (d'apr. Rob. 1985).
III. − [Pour exprimer l'assertion, l'interr., le doute, l'incertitude; en constr. dans des loc. div. et des expr., princ. à la forme impér., interr. et nég., avec un sens affaibli, sert à modaliser l'assertion de la phrase]
A. − [L'assertion porte sur l'information de l'interlocuteur, dans le style de la conversation cour. ou de l'information écrite]
1.
a) [Dans des loc. verb. de la lang. orale, savoir est empl. dans des loc. signifiant que l'interlocuteur est ou est supposé être informé, au courant de la chose dont il s'agit qui est tenue pour avérée du locuteur ou du public]
Vous n'êtes pas sans savoir que. V. être12eSection I B 3 b β et rem.
[En incise, à valeur argumentative, l'interlocuteur étant pris à partie] Comme vous le savez, comme vous savez; comme on le sait, comme on sait, comme chacun sait. La tête de la Gorgone Méduse dont la seule vue changea en montagne le géant Atlas, comme on sait (Laforgue, Moral. légend., 1887, p. 246).Aujourd'hui c'est ma fête et j'ai droit à des fleurs (...) Car sachez-le bien tous, je m'appelle Marie (Verlaine, Œuvres poét. compl., Poèmes div., Paris, nrf, 1938 [1896], p. 816).V. apostrophe1ex. 1.
[En déb. de phrase, pour prendre à témoin le locuteur ou la rumeur publique de la véracité de la loc.] Vous savez que; vous savez bien que. Vous savez que, vers l'an 400 de notre ère, les habitants de l'Allemagne et de la Russie (...) eurent l'idée de venir habiter la France et l'Italie (Stendhal, Hist. peint. Ital., t. 1, 1817, p. 3).
[Le fait est patent, connu de tous] Tout le monde sait que; qui ne sait que; chacun sait que. Chacun sait qu'il est des droits qui ne se peuvent prescrire (Proudhon, Propriété, 1840, p. 199).
[En déb. de phrase, à la 1repers. du sing., avec valeur concessive, pour exprimer une objection] Je sais bien que. Vous me direz que. Cela ne veut évidemment pas dire que l'espace a souvent trois dimensions, mais pas toujours. Je sais bien qu'il est aisé de s'en tirer et que, si les faits ne se vérifient pas, on l'expliquera aisément en disant que les objets extérieurs ont bougé (H. Poincaré, Valeur sc., 1905, p. 124).
[En réponse ou en reprise] Je ne le sais que trop. V. être1ex. 2.Je le sais bien et, absol., je sais, je sais bien. Vois mes pleurs sur mes joues (...); Avant ces pleurs déjà tant de pleurs sont passés, Que je ne suis plus belle aujourd'hui, je le sais (Dumas père, Christine, 1830, i, 3, p. 219).
b) [Dans des expr. qui permettent de ne pas désigner nommément une pers., une chose, une manière]
α) Verbe + tu sais comment, où, quand.
β) Verbe + rel. + qui tu sais, qui vous savez, où vous savez.
P. euphém. [Pour qualifier qqn, qqc. qu'on ne veut pas nommer, de connivence avec le locuteur] Qui vous savez; que vous savez; qu'on sait; ce/celui que vous savez. Peut-être ne serait-il pas inutile, dans une époque où ne manquent (...) ni la facilité ni l'incohérence, entretenues et constamment pourvues de nouveaux prétextes par les puissants moyens que vous savez, de célébrer ces nobles exercices spirituels (Valéry, Variété IV, 1938, p. 216).
Fam. (Un coup de pied) où vous savez. Au derrière. Synon. (p. euphém., fam.) où je pense (v. penser), quelque part (v. part1), au bon endroit*.V. allonger ex. 17.
Pop. Avoir qqn où vous savez. Ne pas pouvoir supporter quelqu'un. Elle le trouvait trop rossard, cet entripaillé, elle l'avait où vous savez (Zola, Assommoir, 1877, p. 751).
c) [Pour prendre Dieu à témoin d'un fait présenté comme connu de lui seul et comme vrai, d'un énoncé déclaratif] Dieu sait où*; Dieu sait comme*; Dieu sait quand*; Dieu sait si. V. dieu 2eSection III B 2 d, comme rem. c, comment II B 2 a.[Pour renforcer l'expr. de l'incertitude ou de l'ignorance] Dieu sait + pron. interr. ou prop. interr.(V. dieu 2eSection III B 2 d, comme rem. c, comment II B 2 a.).[Avec un pron. de rappel] Dieu le sait; Dieu seul le sait (V. dieu 2eSection III B 2 d, comme rem. c, comment II B 2 a.).Le bon Dieu le sait bien. P. anal. Le diable sait où*.
2. [À l'ind., en déb. de phrase ou en incise, pour mettre en relief une affirm.] Vous savez! Tu sais! Vincent ne m'a pas écrit, dit Passavant; mais j'ai reçu une lettre de Lady Griffith − vous savez bien la remplaçante − où elle me parle de lui longuement (Gide, Faux-monn., 1925, p. 1193).
Péj., empl. abs.:
9. lardier: (...) Et puis, elle s'est remise petit à petit... Je lui apportais du raisin, des oranges... Elle riait... Les femmes, vous savez... brotonneau: Oui... oui... Flers, Caillavet, M. Brotonneau, 1923, I, 2, p. 8.
[À la forme interr.] Rare ou région. (Belgique). Savez-vous? Sais-tu? Et la chose est bien dite dès que chacun l'entend; d'autant mieux dite qu'elle l'est plus brièvement, mérite non commun, savez-vous? (Courier, Pamphlets pol., Pamphlet des Pamphlets, 1824, p. 217).Tu me donneras les petits souliers de daim que j'ai laissés ici mardi (...). Et puis, sais-tu? Je ne m'en irai pas ce soir (Bernanos, Soleil Satan, 1926, p. 94).
[En déb. de prop., ou en incise, ou en fin de phrase] Tu sais? (fam.). Le convalescent (...) vint apporter une nouvelle si stupéfiante que le chagrin de Bibiche du coup s'envola. − Savez pas? Y a un Américain qu'est v'nu voir Gaspard! (Benjamin, Gaspard, 1915, p. 151).[Lorsque qqn cherche ses mots pour préciser sa pensée] Je ne sais pas (moi). Tu criais... je ne sais pas moi: « Pardon! Ne me tuez pas! » (Vercel, Cap. Conan, 1934, p. 176).
À savoir (suivi ou non de deux points), loc. conj. ou adv. de coord. de phrase. [Sert à introduire une explication, un développement] Synon. c'est-à-dire.Quant aux Bains de mer du Sud de la Loire, à savoir: Pornic, les Sables-d'Olonne, La Rochelle, Royan, Arcachon, Saint-Jean-de-Luz, Biarritz, etc. (Mallarmé, Dern. mode, 1874, p. 725).À partir de 1886, considérant la question de la cryoscopie suffisamment élucidée, Raoult s'attaque à ce qui (...) avait été le point de départ de ses recherches sur les solutions, à savoir l'étude de leurs tensions de vapeur (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 289).
Littér., DR., ADMIN. C'est à savoir. Le député (...) lui dit que toute la chrétienté était maintenant unie, excepté un grain de blé dans le boisseau; c'est à savoir les comtes de la comté d'Armagnac qui sont encore dans l'obéissance de Pierre de Luna, lequel est déclaré hérétique et schismatique (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 149).
P. ell. Savoir. Synon. arch. assavoir (v. ce mot II).De là, Locke distingue trois lois ou règles, savoir: la loi divine, la loi civile, la loi d'opinion ou de réputation (Cousin, Hist. philos. XVIIIes., t. 2, 1829, p. 277).
À savoir que, loc. conj. Synon. c'est-à-dire que.Mais vous ne pouvez ignorer ce que l'Église enseigne, à savoir que la malédiction divine prononcée contre les juifs poursuit leur crime et non leur race (France, Anneau améth., 1899, p. 83).
B. − [L'assertion porte sur la réponse à une demande; savoir sert à exprimer l'interr. ou le doute, en cont. interr. dir. ou indir.]
1. [Pour exprimer l'interr., pour formuler une question exigeant une réponse impliquant un choix] Il n'y a que des fous ou des malades qui puissent trouver du bonheur à battre les cartes tous les soirs pour savoir s'ils gagneront quelques sous (Balzac, Gobseck, 1830, p. 390).
[Pour amener le locuteur à exprimer la réponse, l'explication sur la question débattue, sur le sujet de conversation]
Absol., fam. On peut savoir? Peut-on savoir? Roger, allant à Suzanne qui cause avec Bellac: Oh! je veux savoir! (Pailleron, Monde où l'on s'ennuie, 1869, i, 17, p. 72).
Je voudrais bien savoir si. Je me demande si; je me pose la question suivante: est-ce que...? (ou non?). Si votre façon de traiter la morale ressemble à votre manière d'envisager l'histoire, dit Lucien, je voudrais bien savoir quel est en ce moment le mobile de votre apparente charité? (Balzac, Illus. perdues, 1843, p. 714).
2. [Pour exprimer le doute, l'incertitude]
Pop., fam. Va savoir! Allez savoir! C'est difficile à trancher. La camelote pouvait être n'importe où à présent: dans un recoin de cargo ou de chalutier, derrière les tubulures d'un avion. Va savoir? (Le Breton, Rififi, 1953, p. 188).
Qui sait? Qui peut savoir? Qui sait si?... [Pour exprimer une éventualité possible] Mangin prétend vouloir (...) nous donner la possibilité de résister aux coups d'une artillerie plus sérieuse, − celle des Anglais, par exemple. Voilà une éventualité qui ne se produira pas, très vraisemblablement. Pourtant, qui peut savoir? (Émily, Fachoda, 1898ds Rec. textes hist., p. 229).Qui sait? Paulina parviendrait peut-être un jour, heureuse, à ce monde de la félicité complète (Jouve, Paulina, 1925, p. 124).
Sait-on jamais? V. jamais I B 1, gai I A 1 ex. de Staël.
Que sais-je? Est-ce que je sais! [À la suite d'une énumération; parfois à la suite d'une progression dramatique, pour ne pas désigner un fait trop grave] Tu as semé du linge sale, des cendres de cigarettes, que sais-je? (Cocteau, Parents, 1938, i, 2, p. 192).[Pour exprimer le doute] Y aurait-il une sagesse cachée dans ce livre qui étale une folie si divertissante? Que sais-je? (France, Vie littér., 1890, p. 340).[Pour exprimer la difficulté à identifier qqc.] − Quoi encore, ma chère enfant? − Est-ce que je sais!... Des étouffements... Des vertiges... (France, Hist. comique, 1903, p. 2).
Reste à savoir si, quel. Un animal, le rat ou le kangourou (...) sert de « totem », c'est-à-dire de patron, à tout un clan. (...) les membres du clan déclarent ne faire qu'un avec lui; ils sont des rats, ils sont des kangourous. Reste à savoir, il est vrai, dans quel sens ils le disent (Bergson, Deux sources, 1932, p. 193).
Quant à savoir si, quel, comment. Nous dirons (...) ce dont s'occupent le cabinet, les divisions et les bureaux de la préfecture de Lot-et-Garonne. Quant à savoir comment ils s'en occupent, cette recherche est impossible dans une étude générale (Baradat, Organ. préfect., 1907, p. 124).
Absol., pop., fam. [Pour poser la question de façon détournée] Savoir si. Est-ce que. Sans doute... sans doute... dit le roi (...). Tout cela est fort beau... seulement voilà... savoir si nous pourrons tenir (A. Daudet, Rois en exil, 1879, p. 138).
Pop., fam. Savoir quel, quand. Savoir quel temps il fera demain (Romains, Les Travaux et les jours, 1943, p. 187 ds Rob. 1985).
Pop., fam. [Avec idée de réfutation polie] C'est à savoir. C'est encore à voir. − (...) J'aime à croire que tant que nous serons là, l'on interdira au baron des Atours et à sa famille de chanter de la musique profane dans notre église... − C'est à savoir! s'exclama Durtal (Huysmans, Oblat, t. 1, 1903, p. 225).
Absol. Savoir. − (...) Les hommes de troupe, j'sais pas si c'est vrai (...) et si, au fond, ce ne sont pas des hommes à peu près comme nous. − C'est probablement des hommes comme nous, fait Eudore. − Savoir!... s'écria Cocon (Barbusse, Feu, 1916, p. 39).
Littér. Que savons-nous si. V. création ex. 1.
C. −
1. [L'assertion porte sur le terme modifié par ne + savoir; sert à exprimer l'indétermination, l'hésitation sur une action] Ne savoir au juste, exactement ce que. Avec Marceline Desbordes-Valmore, on ne sait parfois ce que l'on doit dire ou retenir (Verlaine, Œuvres compl., t. 4, Poètes maud., 1884, p. 57).V. ne rem. 2 ex. de Gide, esprit 2eSection I B 3 b ex. de Hugo, pardonner A 3, oser ex. 4:
10. ... la presse, se divisant en trois fractions, a pris parti, qui pour la transaction ministérielle, qui pour l'exclusion de l'État, qui pour l'exclusion des compagnies. En sorte qu'aujourd'hui, pas plus qu'auparavant, ni le public, ni M. Arago, malgré leur volte-face, ne savent ce qu'ils veulent. Proudhon, Syst. contrad. écon., t. 1, 1846, p. 292.
Absol. Nous avons détruit le paradis et l'enfer. Avons-nous bien fait, avons-nous mal fait, je ne sais. Ce qu'il y a de sûr, c'est que la chose est faite (Renan, Avenir sc., 1890, p. 330).
a) [Avec jamais] On ne sait jamais. V. jamais II C 1 a.
b) [Suivi d'un pron. ou adj. ou adv. interr.] Je ne sais qui, quoi, quel; on ne sait qui, quoi. V. falloir B 1 ex. de Lemaître.[Suivi d'un adv. interr.] Je ne sais où*, je ne sais comment*, je ne sais quand*. Je ne sais combien de temps. V. combien I B 1 a ex. de Pourrat, espèces B ex.:
11. Cette madame de Rioja, une Péruvienne, une Mexicaine, je ne sais quoi, tombée on ne sait d'où, veuve d'on ne sait qui! On reçoit cela! Ces étrangers c'est comme la garde nationale, ça entre partout! Feuillet, Scènes et prov., 1851, p. 172.
Je ne sais où, loc. adv. indéf. V. III B 3.
(Être) je ne sais comment, loc. indéf. fam. (Être) tout(e) drôle, tout chose (v. chose2), pas dans son assiette (v. ce mot au fig., fam.). Depuis deux ans qu'ils l'ont nommé adjoint au maire, il est tout je ne sais comment (Balzac, C. Birotteau, 1837, p. 6).
P. euphém. Je ne sais qui; je ne sais quoi. Un beau cadre ajoute à la peinture (...) Je ne sais quoi d'étrange et d'enchanté (Baudel., Fl. du Mal, 1860, p. 64).
Empl. subst. masc. inv. Je(-)ne(-)sais(-)quoi*. P. plaisant., empl. adj., fam. [Dans un nom propre] Charny (...) vient de donner à mademoiselle je ne sais qui des Variétés un attelage de vingt-cinq mille francs (Feuillet, Mariage monde, 1875, pp. 85-86).Des radio-je-ne-sais-quoi déversaient une sorte de vomissement musical (Montherl., Célibataires, 1934, p. 842).
c) Je ne sais si, je ne sais + interr. indir. ou inf. introd. par un mot interr.Je n'ai aucune nouvelle de L'Occident. Je n'ai même pas reçu le numéro de juin et je ne sais s'il a paru. Ils sont insensés dans cette boîte (Rivière, Corresp.[avec Alain-Fournier], 1907, p. 194).V. ne I A 2 e, quand B 1 ex. de Chateaubriand.
2. [Pour exprimer la confusion, le désordre, l'embarras ou la perplexité, dans des loc. verb. au fig. en constr. d'interr. indir.]
Ne savoir que dire. Être embarrassé pour s'exprimer. Dîné chez M. Thiers. Je ne sais que dire aux gens que je rencontre chez lui, et ils ne savent que me dire (Delacroix, Journal, 1847, p. 169).
Ne savoir que faire, quoi faire. Être indécis; être désemparé. Une autre faculté, placée aussi parmi les intellectuelles par les phrénologistes, et dont les philosophes ne savaient que faire, c'est le sens des tons, de la mélodie (Broussais, Phrénol., leçon 14, 1836, p. 493).
Ne savoir que faire de qqc. Être embarrassé de quelque chose; ne trouver aucune utilisation à quelque chose d'encombrant ou d'inutile. Je saisis l'occasion de faire comprendre à M. Stangerson que, puisque vous ne saviez que faire de votre congé (...), vous seriez très touché d'une invitation qui vous permettrait de le passer parmi nous (G. Leroux, Parfum, 1908, p. 32).
Ne savoir que faire de ses bras, de ses bras et de ses jambes. V. bras I A 2 c.
Ne savoir que devenir. Être angoissé sur son avenir. V. devenir2I A 1 c β ex. de Triolet.
Ne/ne pas/ne plus savoir où se mettre, où se fourrer (fam.). V. fourrer II B 2 b.
Ne savoir où donner de la tête. V. donner II A 2.
Ne savoir sur quel pied danser. V. danser I A 3.
Ne savoir à quel saint* se vouer.
Ne savoir par quel bout prendre qqn. V. bout I A 1 b.
Ne savoir que faire, qu'inventer pour + inf. Avoir déployé toutes les ressources pour réussir une entreprise délicate. Vous ne savez quoi vous inventer pour dépenser de l'argent. Le deuil est dans le cœur et non dans les habits (Balzac, E. Grandet, 1834, p. 118).Il ne sait que faire pour s'en emparer assez vite [du monde] (Quinet, All. et Ital., 1836, p. 74).
3. [Dans des expr. d'intensité ou de politesse] Ne savoir comment qualifier. V. qualifier ex. 2. On ne sait quoi admirer le plus de... ou de. Je lui ai écrit que nous ne savons comment le remercier, que nous sommes heureux d'être ses obligés (Goncourt, Journal, 1858, p. 472).
À ne savoir qu'en faire, loc. adv. ou adj. à valeur intensive. Beaucoup; à satiété. Synon. en veux-tu en voilà*.Avoir de l'argent à ne savoir qu'en faire. Si nous avions de l'argent à n'en savoir que faire, toutes nos dettes payées, nos chemins réparés, nos pauvres soulagés (Courier, Pamphlets pol., Disc. souscr. acquis. de Chambord, 1821, p. 72).
À ne savoir + inf. (pour exprimer une situation embarrassante à l'extrême) Pour quelques caisses de quincailleries, j'en chargeais mon brick [de bois d'ébène] à ne savoir où mettre les pieds (Sue, Atar-Gull, 1831, p. 2).Ça te fait rien que j'aie mal à plus savoir où me mettre; ça devrait être prêt depuis une heure (Giono, Baumugnes, 1929, p. 84).
D. − [L'assertion porte sur une restriction, ou une affirm. ou une nég. atténuée, au subj. de la 1repers. du sing., dans des loc. à valeur restrictive]
1. Dans la lang. soignée
Pour autant* que je (le) sache; autant* que je sache. À ma connaissance, autant que je puisse en être averti ou en juger. (Ds Rob. 1985).
Que je sache, loc. verb. Synon. je suppose (v. supposer), à mon avis*, si mes souvenirs sont bons (v. souvenir2), apparemment, je crois (v. croire), autant qu'il m'en souvienne (v. souvenir1).M. le Curé de Mégère a le droit d'aller et venir comme il lui plaît, je suppose. Il n'est pas sous mandat d'arrêt, que je sache? (Bernanos, Crime, 1935, p. 801).
[À d'autres pers. que la 1redu sing.] Rare, littér. Cette forêt de Merlin est-elle profonde, que l'on sache? (Feuillet, La Fée, in Tobler, 1, p. 151 ds Rob. 1985).
Pas que je sache. Pas à ma connaissance. Mmede Savageat: M. Le Guenn n'a pas encore demandé sa main? Gabrielle: Pas que je sache. Mmede Savageat: Mais il l'aime toujours? Gabrielle: Je le pense (Bernstein, Secret, 1913, i, 2, p. 5).
2. Vieilli, littér.
Je ne sache pas que + subj. ou inf. Je suis certain que. Voyez-vous, me dit mon guide, cette crevasse perpendiculaire, pleine par intervalle de terre éboulée? Hé bien! c'est par-là qu'il faut monter (...). Non, je ne sache pas avoir, dans le reste des Pyrénées, franchi de pas plus difficile (Dusaulx, Voy. Barège, t. 1, 1796, p. 322).Je ne sache pas que jusqu'à présent, on eût jamais vu en France, sous la monarchie légitime, des chambres, des ministres responsables, un budget (Chateaubr., Corresp., t. 2, 1818, p. 36).
Je ne sache rien, personne + subj. Je ne connais rien, personne. Je ne sache personne qui puisse dire avoir eu l'audace de crier contre moi (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 441).
E. − [L'assertion porte sur un ordre atténué, à l'impér. suivi d'un inf.; à valeur optative, à rapprocher de puisses-tu] Parlons à présent des choses sérieuses! (...) Et puis écoute et sache comprendre! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 499).
Prononc. et Orth.: [savwa:ʀ], (il) sait [sε], [se]. Nod. 1844: je sais [e], mais Passy 1914: je, tu sais, il sait [e], [ε]; ds Barbeau-Rhode 1930, renversement de cet ordre [ε], [e]; Warn. 1968: je sais, soutenu [e], cour. [ε], tu sais [ε], il sait [ε], Martinet-Walter 1973: il sait, uniquement [ε]. ,,Dans tu sais, il sait l'[e] fermé ne surprend pas (...) puisqu'il vient du A latin et qu'on écrivait en ancien français ses, set ([e] dans je sais, venant de ai, peut être un résultat direct de celui-ci ou une prononciation analogique des formes de la 2eet de la 3ep. sg)`` (G. Straka ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t. 19 n o1 1981, p. 211). La prononc. avec [ε] s'explique par l'infl. de la graph. Fut. et cond.: saurai, -as, -a; saurais, -ait; 1resyll. [ɔ] ou [o] selon Passy 1914, Warn. 1968, Martinet-Walter 1973. Homon. savons/savon; sussions/sucions. Ac. 1694, 1718: sçavoir; dep. 1740: sa-. Conjug.: ind. prés. je sais, tu sais, il sait, nous savons, vous savez, ils savent; imp. je savais; passé simple je sus, nous sûmes; passé comp. j'ai su; fut. je saurai; cond. prés. je saurais; impér. sache, sachons, sachez; subj. prés. que je sache, que nous sachions; subj. imp. que je susse, qu'il sût; part. prés. sachant; part. passé su. Étymol. et Hist. 842 inf. subst. v. savoir2; 1. a) fin xes. + verbe à l'inf. « avoir la possibilité, la capacité de » (Passion, éd. d'Arco Silvio Avalle, 478: de Crist non sabent mot parlar); b) ca 1100 « être capable de faire quelque chose (en vertu d'un talent, d'un effort de volonté) » (Roland, éd. J. Bédier, 3784: Ben set parler [Pinabel] et dreite raisun rendre); 2. a) 2emoit. xes. + complét. « connaître quelque chose pour en avoir été informé » (St Léger, éd. J. Linskill, 156: Ne soth nuls om qu'es devenguz); b) ca 1165 faire saveir (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 1732); 3. ca 1050 équivalent atténué de pouvoir (Alexis, éd. Chr. Storey, 125: Ne vus sai dire cum il s'en firet liez); 4. a) ca 1100 ne savoir mot de « ne pas avoir conscience de » (Roland, 1173); b) fin xiie-déb. xiiies. avec adj. attribut (Vie de Saint Grégoire, éd. H. B. Sol, A2, 2019: Molt le set felon et cruel); 5. a) ca 1100 à l'impér., pour attirer l'attention dans un discours (Roland, 520: par veir sacez); b) 1176-81 au subj. « pour autant que je le sache » (Chrétien de Troyes, Chevalier Lyon, éd. M. Roques, 430: ja, que je sache a escïant, ne vos an mantirai de mot); 6. a) 1120 part. passé tout a soüt « d'une manière certaine » (St Brendan, éd. I. Short et B. Merrilees, 373); b) ca 1155 (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 11984: Senz le seü nostre seinur); c) ca 1470 au sçu de (qqn) (G. Chastellain, IV, 149, 6 ds Heilemann Chastellain, p. 51 [réf. erronée]); av. 1615 à son veu et sceu (Pasquier, Recherches, p. 884); 7. a) 1130 ceo est a saveir (Lois de Guillaume, éd. J. E. Matzke, 15); b) ca 1160 (Eneas, éd. J.-J. Salverda de Grave, 8500: Vos i avez tot oblïé la premeraine question, A savoir se ge aim o non); 8. a) 1155 saveir de « s'y connaître en quelque chose » (Wace, op. cit., 3675); b) 1306 en partic. (Joinville, Vie de St Louis, éd. N. L. Corbett, § 335, p. 151: Il avoit gens illec qui savoient le sarrazinnois et le françois); 9. 1155 saveir gré (Wace, op. cit., 1707); 10. a) 1229 pronom. réfl. (Gerbert de Montreuil, Violette, 5481 ds T.-L.: nus ki tant se sache Preu ne hardi); b) 1580 sens passif (Montaigne, Essais, II, XII, éd. P. Villey et V. L. Saulnier, t. 1, p. 541: tout se sçait et connoit). Du lat. pop. *sapēre, altér. du class. sapĕre absol. « avoir de la saveur, du goût, du parfum (en parlant de choses) » et « avoir du goût, du discernement, être sage (en parlant de personnes) », qui, empl. transitivement a signifié ensuite « se connaître (en quelque chose), comprendre, savoir » évinçant dans ce sens scire peu représenté dans les lang. rom.; le sens originel du lat. a vécu dans l'anc. lang., où savoir, empl. absol., a signifié « sentir » et « plaire » du xiieau xives. (v. T.-L. et Eustache Deschamps, Œuvres, éd. G. Raynaud, t. 9, p. 51). Fréq. abs. littér. Savoir1: 123 526. Sachant: 2 574. Fréq. rel. littér.: xixes. Savoir1: a) 150 084, b) 163 724; xxes.: a) 184 390, b) 198 664. Sachant: xixes.: a) 2 800, b) 4 644; xxes.: a) 4 848, b) 3 152. Bbg. Alexandrescu (S.). Sur les modalités Croire et savoir. Langages. Paris. 1976, n o43, pp. 19-27. − Armengaud (Fr.). Moore et Wittgenstein: je crois que/je sais que. In: On Believing: de la Croyance. Berlin-New-York, 1983, pp. 31-47. − Borillo (A.). Deux aspects de la modalité assertive: croire et savoir. Langages. 1982, n o67, pp. 33-53. − Fontanille (J.). Un Point de vue sur croire et savoir ... Actes sémiot. Doc. 1982, t. 4, pp. 5-31. − Gross (M.). About the French verb to know. St. Ling. 1971, t. 25, pp. 122-124. − Lavis (G.). L'Ét. de la synon. verbale dans l'anc. lang. fr.: l'ex. de savoir et conoistre en moy. fr. In: Sém. lex. et sém. gramm. en moy. fr. Brussel, s.d., pp. 97-128. − Lerat (P.). Le Champ ling. des verbes savoir et connaître ... Cah. Lexicol. 1972, n o20, pp. 53-63. − Martin (R.). L'Opérateur intensionnel savoir. Hist. Épistémol. Lang. 1983, t. 5, pp. 213-227. − Moignet (G.). Syst. de la lang. fr. Paris, 1981, pp. 276-277. − Picoche (J.). Savoir et connaître ou Marthe et Marie dans la lang. fr. Foi Lang. 1982, pp. 134-140. − Pottier (B.). Le Croire dans une perspective sémio-ling. dynamique. In: De la croyance. Approches épistémologiques et sémiotiques. Berlin; New York, 1983, pp. 267-273. − Quem. DDL t. 15, 19. − Rémi-Giraud (S.). Ét. comparée du fonctionnement synt. et sém. des verbes savoir et connaître. Lyon, 1986, pp. 169-306. − Sakari (A.). Le Fr. savoir et ses pendants dans d'autres lang. Actes du 6eCongrès des Romanistes Scandinaves. Uppsala, 1977, pp. 211-217. − Wilmet (M.). Ét. de morpho-syntaxe verbale. Paris, 1976, pp. 107-128.

SAVOIR2, subst. masc.

A. −
1. Souvent au sing.
a) Ensemble des connaissances d'une personne ou d'une collectivité acquises par l'étude, par l'observation, par l'apprentissage et/ou par l'expérience. Synon. acquis, bagage (fam.), connaissance(s), érudition, culture, science, instruction; anton. ignorance.Grand, profond, immense, vaste, vrai savoir; savoir approfondi, encyclopédique, étendu, livresque, superficiel, universel; homme de savoir; étendue, profondeur de son savoir; acquérir du savoir; mettre tout son savoir à faire qqc. Ce refuge des livres et du savoir [une abbaye] abritait des ateliers de tout genre (Thierry, Tiers État, 1853, p. 17).Une trop grande richesse de désir ou une certaine nonchalance de l'action nous poussent à nous disperser dans trop de savoir, d'avoir et de savoir-faire accumulés (Mounier, Traité caract., 1946, p. 720).V. abstrait ex. 10.
b) Ensemble de connaissances acquises, d'expériences vécues dans un domaine, dans une discipline, dans une science, dans une profession. Savoir culinaire, intellectuel, scientifique. Quel profond savoir, quelle variété de connaissances ne supposent pas les monuments primitifs de l'Égypte et de l'Inde dans les corporations sacerdotales qui les conçurent! (Ch. Blanc, Gramm. arts dessin, 1876, p. 59).
2. Connaissances et compétence dans un art, dans une discipline, dans une science, dans une profession. Synon. art, métier, maîtrise, possession, compétence, expérience, pratique, talent.On remarque dans ses trois toiles [les Hercules du Guide] (...) une outrance de vigueur et une volonté de faire montre d'un grand savoir anatomique (Gautier, Guide Louvre, 1872, p. 103).Il leur apprenait aussitôt des vérités si merveilleuses que beaucoup s'engageaient parmi les maçons du nouvel œuvre comme apprentis, compagnons ou maîtres, selon la mesure de leur savoir (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 35).
3. P. méton.
a) Au plur. Ce que quelqu'un connaît par l'étude, par l'approfondissement, par la recherche. Synon. connaissances:
... je dois mourir. (...) cette certitude est un savoir et non pas une expérience, le plus certain de tous mes savoirs concernant mon avenir, mais seulement un savoir. (...) à la différence de la vie, d'abord révélée par le sentiment, la mort est d'abord découverte par la connaissance... Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 430.
[Suivi d'un déterminatif précisant le champ d'application des connaissances] En dépit de leurs acquisitions limitées, la rationalisation et la quantification des savoirs économiques particuliers peuvent être considérées comme encourageantes (Univers écon. et soc., 1960, p. 4-7).
b) Au sing. Le savoir
α) Vx. Le corps des savants. Synon. la science, les savants. (Ds Rob.).
β) ,,Ensemble des énoncés verbaux compréhensifs et justifiables qui ont été élaborés au cours de l'histoire par les philosophes et par les savants`` (Lafon 1969). Cette sagesse pratique, ce côté positif du savoir, est précisément ce qui distingue les deux célèbres écoles du XVIIesiècle: celle de Descartes (...) et celle de Leibnitz (Ozanam, Philos. Dante, 1838, p. 265).
4. Littér. Le gai savoir. V. gai I B 2.
B. − PHILOS. État de la conscience d'une personne qui sait, qui a pleine connaissance de quelque chose; entendement, connaissance, relation entre le sujet qui pose l'acte de savoir et l'objet de pensée, point d'aboutissement, par opposition à la certitude, à la croyance, à la foi; p. méton., cet objet de pensée; ,,relation entre le sujet connaissant et la proposition connue pour vraie`` (Lal. 1968). Savoir objectif; fondement, limites du savoir. Mais alors que l'imagination de la chose comme existant ailleurs (...) implique un savoir sur la réalité, l'imagination du plaisir implique un savoir sur la valeur (Ricœur,, Philos. volonté, 1949, p. 97).Toute la distance qui sépare le savoir abstrait, conceptuel, générique qu'on a de ces choses à vingt ans et l'intuition gnostique qu'on en prend à soixante quand on les découvre du dedans et que la mort devient notre affaire privée (Jankél.,Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 146).
Absol. V. ignorance I A 1 b ex. de Sartre.
REM. 1.
Non-savoir, subst. masc.,philos. La mort apaise la soif de non-savoir (G. Bataille, Exp. int., 1943, p. 172).
2.
Savoir-, élém. de compos.[entrant dans la constr. de qq. subst. masc. inv. (hapax ou fantaisies verbales);] le 2eélém. est un verbe. V. savoir-faire, savoir-vivre et aussi:a)
Savoir-aimer. -Sous cet éclairage, l'érotisme devient l'art suprême de la vie, le savoir-aimer dépassé en splendeur et en intensité le savoir-peindre, le savoir-écrire ou le savoir-bâtir (Paris-Match, 10 févr. 1968ds Gilb. 1971).
b)
Savoir-bâtir. -V. supra ex. de Paris-Match.
c)
Savoir-décliner. -Attendre, attendre... Cela s'apprend à la bonne école, où s'enseigne aussi la grande élégance des mœurs, le chic suprême du savoir-décliner (Colette, Naiss. jour, 1928, p. 70).
d)
Savoir-dire. -Pour provoquer la curiosité et l'effort, conditions de l'efficacité pédagogique, tout enseignement doit associer le savoir, le savoir-dire et le savoir-faire (L. Cros, Explosion scol., 1961, p. 120).
e)
Savoir-écrire. -Ce texte (...) ne ressemble à aucun autre − il tient des souvenirs d'enfance, de la confidence, du savoir-écrire (Le Point, 21 mars 1977, p. 138, col. 3).
f)
Savoir-être. -Les élèves doivent pouvoir acquérir ou découvrir un savoir-être, à travers les rôles qu'ils adopteront tout au long de leurs études et les responsabilités qu'ils prendront dans le déroulement de celles-ci (B. Schwartz, Réflex. prospectives, 1969, p. 8).
g)
Savoir-lire. -Il a tout vu, tout lu (...) possédant au plus haut point ce « savoir-lire » que le vieux Goethe prétendait modestement avoir passé quatre-vingts ans de sa vie à acquérir (L. Febvre, Du goût class. au foisonnement romant., [1939] ds Combats, 1953, p. 72).
h)
Savoir-manger. -On dîne en beauté à Los Angeles. À côté d'un petit traité de « savoir-manger » californien, Claude Deloffre nous présente quelques palais de la nourriture et leurs surprenants metteurs en scène (City, févr. 1985, p. 54).
i)
Savoir-mourir. -Maîtres charmants du savoir-vivre, Joignez-y le savoir-mourir! (Pommier, Paris, 1866, p. 56).
j)
Savoir-peindre. -V. supra ex. de Paris-Match.
k)
Savoir-rire. -[Les surdoués] Bernard Mabille promu examinateur du « savoir-rire », reçoit chaque jour deux invités et les met à l'épreuve (Télérama, 18 mars 1981, p. 130, col. 1).
3.
-savoir, élém. de compos.;le 1erélém. est un verbe.
Faire-savoir, subst. masc. inv.Le /faire-savoir/ qui présidait à la communication devenait un faire persuasif ayant, à l'autre bout de la chaîne, un faire interprétatif correspondant et opposé. Le changement de perspective ainsi obtenu se résumait en ceci que persuader, s'il reste encore en partie un faire-savoir, est surtout, et en premier lieu, un faire-croire (A.-J. Greimas, Du Sens, t. 2, 1983, p. 115).
Prononc. et Orth.: [savwa:ʀ]. Ac. v. savoir1. Étymol. et Hist. a) 842 savir « fait de savoir, connaissance » (Serments de Strasbourg ds Henry Chrestomathie, p. 1); b) fin xes. savier « sagesse » (St Léger, éd. J. Linskill, 23); c) ca 1120 être de grant saveir (St Brendan, éd. I. Short et B. Merrilees, 527); d) ca 1470 « étiquette, fait de savoir se conduire comme il faut » (Chastellain, Chronique, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 1, p. 86). Subst. de savoir1*. Fréq. abs. littér. Savoir2, v. savoir1. Savoirs: 12. Bbg. Brucker (Ch.). Prudentia/prudence aux xiieet xiiies. Rom. Forsch. 1971, t. 83, n o4, p. 467; Sage et son réseau lex. en anc. français... Lille, 1979, pp. 636-689. − Greimas (A.). Du Sens II, Essais sémiotiques. Paris, 1983, pp. 115-133.

Wiktionnaire

Verbe

savoir \sa.vwaʁ\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Connaître ; avoir connaissance de.
    • […] ils n'ignorent rien de tout cela et savent notamment fort bien que c'est en l’affirmant qu'ils créeront cette éternité de barbarie nécessaire au maintien des institutions qui leur sont chères. — (Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, édition revue & augmentée, Grasset, 1946, p.194)
    • Les potamologues savent que les levées de la Loire ne tiendront pas si des crues comme celles de 1854 et 1864 se reproduisent. Les renforcer coûterait cher et obligerait à déplacer des gens. — (Daniel Zajdenweber, Regard sur l'assurance des catastrophes, Propos recueillis par Margueritte Laforce et Guillaume Maujean, Les Échos (www.lesechos.fr), le 18/04/2006)
    • J'ignore quel est le crétin qui est arrivé à la conclusion qu’une image vaut mille mots, et si je le savais, je trouverais le moyen de lui régler son compte en chambre noire. — (Ofir Touché Gafla, Le Monde de la fin, Éditions Actes Sud, 2015, chap. 5)
    • Tu sais, ô mon seigneur, que je sais que tu sais
      Que je viens pour jouir plus près de ta présence,
      Et tu sais que je sais que tu sais qui je suis :
      Lors à nous saluer pourquoi donc tant tarder ?
      — (Michel-Ange, Poésies, traduction de Michel Orcel, XIX)
  2. Avoir dans la mémoire.
    • Arsène André étend ce mépris aux méthodes scolaires. […] une pédagogie qui refuse par système le bénéfice éprouvé des leçons sues par cœur. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • L’écolier sait sa leçon. L’actrice sait mal son rôle. — L’orateur savait son discours par cœur.
  3. Posséder quelque science, quelque art, être instruit, habile en quelque profession, en quelque exercice.
    • Le bon Piqueur doit sçauoir bien parler en cris, & langages plaisans aux chiens, crier, hucher, & houpper ses compagnons, forhuer en mots longs, & sonner de la trompe. — (René François, Essay des merveilles de nature et des plus nobles artifices, 1632, page 18)
    • L’éducation moyenne atteignait un niveau extraordinaire, et, à l’aube du XXe siècle, on trouvait relativement peu de gens, dans l’Europe occidentale, qui ne sussent lire et écrire. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 407 de l’éd. de 1921)
    • On ne peut tout savoir. — Savoir jouer du violon. — Savoir danser. — Savoir se battre.
  4. (Absolument) Avoir l’esprit orné et rempli de choses utiles.
    • C’est un homme qui sait. — Il a un grand désir de savoir.
  5. Être accoutumé ou exercé à une chose, la bien faire.
    • La poésie du Divan et la poésie populaire, issues de classes sociales différentes, ont su parfois puiser aux mêmes sources d’inspiration : mais ce qui forme entre elles cloison étanche, c'est la forme de la langue : […]. — (Nimet Arzık, Anthologie des poètes turcs contemporains, Gallimard (NRF), 1953, page 10)
    • Savoir parler aux foules. — Il sait persuader. — Il sait plaire.
    • Il sait plaisanter. — Il sait vaincre ses passions. — Il sait se modérer, se contenter de peu.
  6. Avoir le pouvoir, la force, le moyen, l’adresse, l’habileté de faire quelque chose.
    • Je saurai bien le faire obéir. — Je saurai bien me défendre.
    • Je n’y sais, je n’y saurais que faire. — Il n’a su en venir à bout.
  7. Pouvoir. — Note : Dans ce sens, il s’emploie surtout avec le conditionnel et avec la négation ne.
    • Mais si la beauté impressionne les sens, elle ne saurait obtenir d’empire durable et puissant qu’autant qu’elle les subjugue. — (Flora Tristan, Les Femmes de Lima, dans la Revue de Paris, tome 32, 1836)
    • Alors, Madame Cordier, parce que Bastien m’a lâché, parce que Bastien ne part plus au Canada, moi je ne saurais plus y partir ? — (Charles Vildrac, Le Paquebot Tenacity, acte III, scène 2, 1920)
    • Je ne saurais faire ce que vous me dites. — Ne sauriez-vous aller jusque-là ? — On ne saurait avoir plus d’esprit.
    • Couvrez ce sein que je ne saurais voir. — (Molière, Tartuffe, acte III, scène II, 1664)
  8. (Belgique) Pouvoir — Note : Dans le sens « avoir la capacité de ». Il peut être à l’indicatif, dans une phrase positive.
    • Sais-tu me passer le sel ?
    • Je ne sais pas venir au rendez-vous, j’ai un empêchement.
  9. Apprendre, être instruit ou être informé de quelque chose.
    • […] je ne sache pas qu’ils aient jamais rompu des lances contre les espéran­ces insensées que les utopistes ont continué de faire miroiter aux yeux éblouis du peuple. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chap. IV, La Grève prolétarienne, 1908, p. 169)
    • Elle ne salait les mets qu’après la cuisson, bien qu’elle sût à quel point la fadeur lui en était désagréable. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 23)
    • Désormais, pour continuer de se voir, il faut aux amants user de subterfuges. Après tout, il est prêtre, elle est mariée, tous deux savent ou devraient savoir que cela finira mal. — (Jean-Paul Desaive, Délits sexuels et archives judiciaires (1690–1750) , Communications, vol. 46, n°46, 1987, page 119)
    • Je sais fort bien qui est Mr Kipling, bien que vous ayez cru bon dans votre "Étude en rouge" de me faire passer pour un béotien en décrivant ma culture littéraire comme nulle ! — (Philippe Chanoinat (scénario) & Frédéric Marniquet (dessin), Les Archives secrètes de Sherlock Holmes, vol. 3 : Les adorateurs de Kâli, éd. Glénat BD, 2017, p. 23)
  10. (En parlant d’une personne ou d’une chose) Être informé qu’une personne ou qu’une chose existe ou peut être trouvée.
    • Je sais un habile horloger qui demeure près d’ici.
  11. Connaître, reconnaître, distinguer.
    • Derrière l’objectif de l’appareil photo, derrière les phrases rituelles […], on est quelqu’un que les autres ne savent pas.
      Laurence me savait. Je l’avais cru, du moins.
      — (Philippe Delerm, Quiproquo, nouvelle, supplément au magazine « Elle », 1999, page 4.)
  12. (Archaïsme) À savoir ; précède une explicitation par une énumération.
    • Différents effets à l'usage des dits appartements lesquels sont chez le concierge. Sçavoir, : 29 chandelliers argent, 30 paires de cuivre, mouchettes argent haché, 62 bougeoirs ferblanc. — (Cordier, « Inventaire général des meubles du château roïal de Commercy », 1764 ; dans le recueil d’Albert Jacquot, Le mobilier, les objets d’art des châteaux du roi Stanislas, duc de Lorraine, 1907, page 75 → lire en ligne)

Nom commun

savoir \sa.vwaʁ\ masculin

  1. Ensemble des connaissances acquises par l’étude, par l’expérience.
    • Nous croyons que la plus grande partie des maux qui affligent les hommes découle de la mauvaise organisation sociale ; et que les hommes, par leur volonté et leur savoir, peuvent les faire disparaître. — (Errico Malatesta, Le Programme anarchiste)
    • […] mais leur savoir ils l’ont acquis d’aventure, à la diable, en dehors des règles traditionnelles édictées à propos, méditées par des compétences. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Chacun revendique sa place dans l’Histoire, tout le monde sait et s’exprime —et Wikipédia résulte de cette croyance en ce partage des savoirs dont chacun serait pour une parcelle le détenteur… — (Joseph Morsel, avec la collaboration de Christine Ducourtieux, L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat…, 2007)
    • Trois nouveaux courants, fort opposés, s’imposent : l’épicurisme, le stoïcisme et le scepticisme ; leur point commun est l’attention accordée aux questions éthiques, au point que le savoir lui-même se laisse subordonner à cette visée. — (Lambros Couloubaritsis, Aux origines de la philosophie européenne : De la pensée archaïque au néoplatonisme, De Boeck Supérieur, 2003, page 571)
    • Sur deux pages, la spécialiste internationale du jupon nous éblouit de son savoir encyclopédique et de son sabir savant. — (François-Xavier Ajavon, Comment se libérer de ce foutu... Libé !, sur RING : News, culture & société (www.surlering.com), le 27 mars 2010)
    • Un papyrologue est de ce rythme-là. Pouvant passer des années à déchiffrer un papyrus, accumulant patiemment le savoir comme on collecte la rosée dans le désert, il est le contrepoids indispensable à notre société productiviste dopée à l’Internet. — (Iegor Gran, Entretien avec Daniel Delattre, papyrologue : « Avec la technologie, on a l'impression de comprimer le temps », dans Charlie hebdo n°1240 du 27 avril 2016, page 15)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SAVOIR. (Je sais, tu sais, il sait; nous savons, vous savez, ils savent. Je savais. Je sus. J'ai su. Je saurai. Je saurais. Sache, sache. Que je sache. Que je susse. Sachant. Su.) v. tr.
Connaître, avoir connaissance de. Je sais toute l'affaire. Il sait le chemin. Il ne savait rien de ce qui se passait. Je le sais à n'en pouvoir douter. Je sais qu'il est de vos amis. Je ne sais à quoi me décider. À quoi vous décidez-vous? Je ne sais. Je ne sais que faire. Je ne sais comment faire. Il ne sait pas ce que c'est, il ne sait ce que c'est que de mentir. Je ne sais où j'en suis. Je ne sais pourquoi sa présence me trouble. Je ne sais qui me l'a dit, quelle personne me l'a dit. Je sais tout cela, tout ce que vous dites. Est-ce que vous n'en savez rien? Je n'en veux rien savoir. Il sait cela de bonne source. Tout se sait à la longue. Si l'on vient à le savoir. Il a couru bien des dangers sans le savoir. Qui vous savez, que vous savez se dit Quand on ne veut pas nommer une personne ou une chose à quelqu'un qui la connaît bien. N'en dites rien à qui vous savez. L'affaire que vous savez ne va pas bien. Ce que vous savez sert désigner par euphémisme Ce qu'il ne serait pas convenable de nommer. Fam., En savoir long, Connaître sur une affaire nombre de détails restés secrets. Il en sait long sur les intrigues de cet individu. Fam., Il ne sait ce qu'il veut se dit d'un Homme indécis ou inconstant dans ses résolutions. Fam., Il ne sait ni ce qu'il fait, ni ce qu'il dit se dit d'un Homme qui, par ignorance ou par quelque trouble d'esprit, ne dit rien, ne fait rien de ce qu'il devrait faire ou dire. Fam., Ne savoir rien de rien, Être dans une ignorance complète de toutes choses, ou de telle chose en particulier. Fam., Je sais ce que je sais se dit Quand on ne veut pas s'expliquer. Substantivement, Un je ne sais qui, Un homme que personne ne connaît ou ne considère. On dit dans le même sens : Un je ne sais quel homme est venu me trouver. Je ne sais quoi ou, comme nom masculin, Un je ne sais quoi, le je ne sais quoi se dit d'une Qualité ou d'un sentiment indéfinissable. Je ne sais quoi m'avertissait de me défier de lui. Il y a dans ces vers un je ne sais quoi qui me charme. Le je ne sais quoi de sa physionomie vous attire. On dit de même : je ne sais quel trouble, un je ne sais quel trouble s'est emparé de moi. Fam., Je suis tout je ne sais comment, J'éprouve un malaise indéfinissable. Que savez-vous? Qu'en savez-vous? Que sais je? Sait-on ce qui arrivera? La question est de savoir si... Reste à savoir si... se disent par manière de doute et d'interrogation. Savez-vous, savez-vous bien? Soyez assuré ne vous y trompez pas. Savez-vous bien que je suis fort mécontent de vous? Dieu sait, Locution familière dont on se sert pour marquer l'incertitude, l'importance difficile à préciser de la chose dont on parle. Dieu sait s'il reviendra. Il a de l'argent, Dieu sait combien. Il reviendra, Dieu sait quand. Tout cela va, Dieu sait comme. Dieu le sait se dit pour exprimer l'ignorance sur une chose importante. Comment tout cela finira-t-il? Dieu le sait. On dit dans le même sens : Dieu sait ce qui en est. Fam., Ne savoir où se mettre, Être dans un embarras, une confusion extrême. Ne savoir que faire d'une chose, En être très embarrassé. Il ne savait que faire de son chapeau et de ses gants. Par exagération, Elle ne sait que faire de ses bras et de ses jambes, Elle est extrêmement gauche. Savoir une personne, une chose, Savoir que cette personne, cette chose existe, peut être trouvée. Je sais un habile horloger qui demeure près d'ici. Je ne sache personne, Je ne connais personne. Je ne sache personne qu'on puisse lui comparer. On dit aussi : Je ne sache rien de si beau, Je ne sais rien de si beau; Je ne sache pas que ce soit défendu, J'ignore que ce soit défendu. Dans ces sortes de phrases, on n'emploie jamais qu'avec la négation et à la première personne du singulier ce subjonctif non précédé de que. Que je sache se met à la fin d'une phrase négative pour signifier que, si un fait est autrement qu'on ne le dit, on l'ignore. Il n'y a personne à la maison, que je sache. Est-il venu quelqu'un? Non pas que je sache. Savoir gré, savoir bon gré, ne pas savoir gré, savoir mauvais gré à quelqu'un de quelque chose, Être satisfait ou mal satisfait d'une chose qu'il a dite, qu'il a faite; être content ou mécontent de sa conduite, de son procédé. Je lui en sais gré. Je lui en sais le meilleur gré du monde. Il lui en sait mauvais gré. Il ne sait aucun gré de ce qu'on fait pour lui.

SAVOIR signifie aussi Avoir dans la mémoire. Il sait sa leçon. Elle sait mal son rôle. Il savait son discours par cœur. Fig. et fam., Savoir quelqu'un par cœur, Connaître parfaitement son caractère, ses habitudes.

SAVOIR signifie aussi Posséder quelque science, quelque art, être instruit, habile en quelque profession, en quelque exercice. Il sait la grammaire, les mathématiques, l'histoire. Il sait le grec, le latin, l'arabe. On ne peut tout savoir. Savoir son métier. Savoir jouer du violon. Savoir danser. Savoir se battre. Vous verrez ce que je sais faire. Fam., Ne savoir ni A ni B, Être très ignorant.

SAVOIR se dit encore absolument et signifie Avoir l'esprit orné et rempli de choses utiles. C'est un homme qui sait. Il a un grand désir de savoir. Prov., Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, Si la jeunesse avait de l'expérience et que la vieillesse eût de la force.

SAVOIR signifie également Être accoutumé, exercé à une chose, la bien faire. Savoir parler aux foules. Il sait persuader. Il sait plaire. Il sait plaisanter. Il sait vaincre ses passions. Il sait se modérer, se contenter de peu. Il sait se tirer d'affaire. Il ne sait pas répondre quand on lui parle. Savoir vivre, Se conduire dans le commerce du monde avec tous les égards, et même toutes les précautions qu'un honnête homme est obligé d'avoir avec les autres. Il sait vivre. Il ne sait pas vivre. Savoir vivre s'emploie aussi substantivement. Voyez SAVOIR-VIVRE. Savoir bien le monde, Connaître et pratiquer les usages de la bonne société. Il sait bien le monde. On dit aussi familièrement : Il sait son monde, il sait bien son monde, Il est bien renseigné sur les personnes à qui il a affaire. Fam., Il ne sait pas distinguer sa main gauche de sa main droite, Il est sans intelligence.

SAVOIR signifie encore Avoir le pouvoir, la force, le moyen, l'adresse, l'habileté de faire quelque chose. Je saurai bien le faire obéir. Je saurai bien me défendre. Je n'y sais, je n'y saurais que faire. Il n'a su en venir à bout. Dans le sens de Pouvoir, il s'emploie surtout avec le conditionnel et avec la négation ne. Je ne saurais faire ce que vous me dites. Ne sauriez-vous aller jusque-là? On ne saurait avoir plus d'esprit.

SAVOIR signifie aussi Apprendre, être instruit, être informé de quelque chose. Vous saurez que... Afin que vous le sachiez. Il faut savoir, il est bon de savoir que... Reste à savoir s'il y consentira. Faire savoir, Instruire, informer quelqu'un par lettre, par message. Je lui ai fait savoir le succès de cette affaire. Je lui ai fait savoir comment cela est arrivé, comme la chose s'était passée. Faites-moi savoir de vos nouvelles. Il m'a fait savoir qu'il était arrivé en bonne santé. C'est à savoir, à savoir, et plus ordinairement Savoir, Façons de parler dont on se sert pour spécifier les choses dont il s'agit. On a vendu pour dix mille francs de meubles; c'est à savoir : deux tapisseries pour tant, etc. L'armée était composée de vingt mille hommes; savoir : dix mille fantassins, etc. On s'en sert aussi familièrement pour marquer qu'on doute de quelque chose. Vous me dites qu'ils contribueront tous également à cette affaire, c'est à savoir s'ils le pourront, à savoir s'ils le voudront; savoir si vous en serez approuvé. Le participe passé

SU s'emploie comme nom masculin et désigne la Connaissance qu'on a de quelque chose. Il n'est guère usité que dans cette locution : Au vu et au su de tout le monde.

Littré (1872-1877)

SAVOIR (sa-voir ; Palsgrave, p. 22, écrit scavoir, mais prononce savoir), je sais, tu sais, il sait, nous savons, vous savez, ils savent ; je savais ; je sus, nous sûmes ; je saurai ; je saurais ; sache, sachons, sachez ; que je sache, que nous sachions, que vous sachiez ; que je susse, qu'il sût ; sachant, su v. a.

Résumé

  • 1° Avoir connaissance de.
  • 2° Qui vous savez, que vous savez.
  • 3° Je sais ce que c'est.
  • 4° Savoir une personne, une chose, savoir que cette personne, cette chose existe, peut être trouvée.
  • 5° Ne savoir qu'une chose, être uniquement préoccupé d'une chose.
  • 6° Je ne sais qui, et, substantivement, un je ne sais qui.
  • 7° Je ne sais quoi, et, substantivement, un je ne sais quoi.
  • 8° Je suis tout je ne sais comment.
  • 9° Par manière de doute et d'interrogation, que savez-vous ? qu'en savez-vous ? que sais-je ?
  • 10° Dieu le sait. Dieu sait ! Dieu sait comme !
  • 11° Je ne sache. Que je sache.
  • 12° Savoir gré.
  • 13° Posséder une science, un art, un métier.
  • 14° Savoir, suivi d'une infinitif, être habile, être accoutumé à faire quelque chose.
  • 15° Ne pas hésiter à.
  • 16° Savoir à l'impératif, et suivi d'un infinitif, ne fait que renforcer l'impératif.
  • 17° Parvenir à, réussir à, avoir la force, le moyen de.
  • 18° Au conditionnel et au plus-que-parfait du subjonctif, il s'emploie pour pouvoir.
  • 19° Être informé de quelque chose, apprendre.
  • 20° Je le sais, vous le savez, nous le savons, etc. s'emploient souvent en parenthèse.
  • 21° Avoir dans la mémoire.
  • 22° Absolument, avoir l'esprit orné, rempli de connaissances.
  • 23° Faire savoir, instruire, informer quelqu'un.
  • 24° Faire à savoir.
  • 25° C'est à savoir, ou à savoir, ou, simplement, savoir.
  • 26° V. réfl. Se savoir, être su.
  • 27° Se connaître soi-même.
  • 1Avoir connaissance de. Comme ils ne savaient pas le pays, Vaugelas, Q. C. 348. Et, pour dernier outrage… Il faut vous voir mourir et n'en savoir la cause, Corneille, Perth. IV, 15. Seigneur, je sais que je ne sais qu'une chose ; c'est qu'il est bon de vous suivre, et qu'il est mauvais de vous offenser, Pascal, Prière 14. Un berger qui savait très bien les chemins de ce pays, Sévigné, 16 août 1675. Je vous quitte, je m'éloigne : voilà ce que je vois, et je ne sais pas l'avenir, Sévigné, à Mme de Grignan, 10 oct. 1673. Je sais le plaisir d'orner une chambre ; j'y aurais succombé, sans le scrupule …, Sévigné, 13 juin 1685. Il tire d'un déserteur, d'un transfuge, d'un prisonnier, d'un passant, ce qu'il veut dire, ce qu'il veut faire, ce qu'il sait, et, pour ainsi dire, ce qu'il ne sait pas ; tant il est sûr dans ses conséquences ! Bossuet, Louis de Bourbon. Qui ne sait où son rare mérite et son éclatante beauté, avantage toujours trompeur, lui firent porter ses espérances [la princesse Marie, qui devint reine de Pologne] ? Bossuet, Ann. de Gonz. Quoi ! attendre à commencer une vie nouvelle, lorsque, entre les mains de la mort, placés sous ses froides mains, vous ne saurez si vous êtes avec les morts ou encore avec les vivants ! Bossuet, ib. Vous, riches, vous qui vivez dans les joies du monde, si vous saviez avec quelle facilité vous vous laissez prendre aux richesses que vous croyez posséder, si vous saviez par combien d'imperceptibles liens elles s'attachent et, pour ainsi dire, s'incorporent à votre cœur…, Bossuet, le Tellier. Sachez, mes frères, que, si nous voulions bien nous juger nous-mêmes, nous ne serions jamais jugés de Dieu, Bourdaloue, Sévér. de la pénit. 1er avent, p. 197. C'est [l'esprit] une puissance orgueilleuse qui… laissant souvent la vérité pour le mensonge, n'ignore que ce qu'il faudrait savoir, et ne sait que ce qu'il faudrait ignorer, Fléchier, Duc de Mont. Personne ne discernait plus [avant l'établissement d'un grand hôpital à Paris] les pauvres de nécessité d'avec ceux de libertinage ; on ne savait en donnant l'aumône si l'on soulageait la misère, ou si l'on entretenait l'oisiveté, Fléchier, Aiguillon. Que si quelqu'un, mes vers, alors vous importune Pour savoir mes parents, ma vie et ma fortune, Contez-lui…, Boileau, Épître X. Elle [Agrippine] sait son pouvoir, vous savez son courage, Racine, Brit. III, 1. Je sais de ce palais tous les détours obscurs, Racine, Andr. III, 1. Du moins, si je ne sais le secret de lui plaire, Je sais l'art de punir un rival téméraire, Racine, Brit. III, 8. Ils racontent une religion, une police, une manière de se nourrir, de s'habiller, de bâtir et de faire la guerre, qu'on ne savait point, des mœurs que l'on ignorait, La Bruyère, Disc. sur Théophraste. Apprenez seulement ce que savait Socrate : Sachez que vous ne savez rien, Lamotte, Fabl. IV, 17. Je sais votre mérite, je sais mes talents, je vous conduis, et l'on vous aimera, toute raisonnable qu'on est, Marivaux, Fauss. confid. I, 2. La seconde guerre punique est si fameuse que tout le monde la sait, Montesquieu, Rom. 4. Oui, je sers Dieu, je crois en Dieu, et je veux qu'on le sache, Voltaire, Lett. d'Argental, 30 janv. 1761. Ho ! vous en voulez trop savoir, Vauvenargues, Dial. Catilina, Sénécion. De vices, j'avoue que je ne vous en sais point, D'Alembert, Portr. de Mlle de l'Espinasse. Chinois, qu'est-ce qui soutient le monde ? Un gros éléphant. Et l'éléphant, qui le soutient ? Une tortue. Et la tortue ? Je n'en sais rien, Diderot, Suffis. de la nat. n° 22.

    Absolument. D'où vient ce silence ? est-ce de l'oubli ? est-ce une parfaite indifférence ? je ne sais : que voulez-vous que je pense ? à quoi ressemble votre conduite ? Sévigné, Lett. au prés. de Moulceau, 5 juin 1695. Il eut plusieurs enfants qui furent tous rois, comme chacun sait, Voltaire, Zadig, 12.

    Il ne sait rien de rien, il n'est pas averti de ce qui se passe.

    Familièrement. Il ne sait ce qu'il veut, se dit d'un homme indécis ou dont les résolutions sont inconstantes.

    Il ne sait ni ce qu'il fait, ni ce qu'il dit, il ne fait ni ne dit ce qu'il devrait dire ou faire, soit par ignorance, soit par trouble d'esprit. Pour M. le prince de Conti, il était transporté, il ne savait ni ce qu'il disait ni ce qu'il faisait, Sévigné, 394.

    Il sait mieux qu'il ne dit, il parle contre sa propre connaissance.

    Il sait le fin du fin, se dit d'un homme habile qui a connaissance des affaires les plus secrètes.

    Il en sait bien long, il en sait beaucoup, il a beaucoup de finesse, d'adresse. À vous dire le vrai, vous en savez beaucoup, Corneille, Suite du Ment. II, 3. Vous en savez trop long pour moi, Vadé, Nicaise, sc. 17.

    Il en sait plus d'un, il en sait plus d'une, il a plus d'un tour d'habileté à sa disposition. Nous en savons plus d'un, dit-il en les gobant ; C'est tour de vieille guerre ; et vos cavernes creuses Ne vous sauveront pas, je vous en avertis, La Fontaine, Fabl. III, 18.

    Savoir qu'en dire, voy. DIRE n° 8.

  • 2Qui vous savez, que vous savez, se dit quand on ne veut pas nommer la personne ou la chose à une personne qui la connaît bien. Ne mandez point à Paris que je n'irai pas sitôt ; ce n'est pas que je craigne que quelqu'un ne se pende, mais c'est que je ne veux pas donner cette joie à qui vous savez, Sévigné, 237. Le mariage que vous savez ne va pas bien, Maintenon, Lett. au D. de Noaill. 15 juillet 1707. Passez chez votre notaire pour ce que vous savez, Dancourt, Chev. à la mode, I, 8. Demoulin m'est venu trouver dans ma retraite, et m'a confirmé qu'il croyait l'homme que vous savez, coupable de cette trahison (une édition d'œuvres de Voltaire), Voltaire, Lett. Formont, 5 juin 1734. Cet argent, voilà ce qu'il faut que j'ajoute, Vient de qui vous savez, pour ce que vous savez, Hugo, Ruy Blas, IV, 3.

    Ce que vous savez, sert à désigner, par euphémisme, des choses qu'il ne serait pas très décent de nommer. Son père me l'a accordée ; mais je crains un peu ce que vous savez, la disgrâce dont on ne plaint personne, Molière, Mar. forcé, 6. Vous êtes-vous mis en tête qu'un homme de soixante et trois ans ait si peu de cervelle, et considère si peu sa fille que de la marier avec un homme qui a ce que vous savez ? Molière, Pourc. II, 7.

  • 3 Familièrement. Je sais ce que je sais, se dit quand on ne veut pas s'expliquer. Il suffit que nous savons ce que nous savons, et que tu fus bien heureuse de me trouver, Molière, Méd. m. lui, I, 1. …Mais gardons le silence ; je sais ce que je sais, Le P. Brumoy, Boîte de Pandore, III, 7.
  • 4Savoir une personne ou une chose, savoir que cette personne, cette chose existe, peut être trouvée. Je sais un paysan qu'on appelait Gros-Pierre, Molière, Ec. des f. I, 1. L'on sait des gens qui avaient coulé leurs jours dans une union étroite…, La Bruyère, V. On m'a dit, ma bonne, que tu savais quelquefois des carrosses à vendre, Dancourt, la Femme d'intrigues, III, 8. Du reste, manquant rarement d'argent quand il en savait dans la bourse des autres, Rousseau, Confess. II.

    Savoir avec un participe ou un adjectif, savoir que la qualité indiquée par le participe ou l'adjectif est dans l'être auquel ils se rapportent. Je ne vous savais pas malade. Quand je vous ai su à Paris. Vous aurez su M. de Vivonne pour huitième maréchal de France, Pellisson, Lett. hist. t. II, p. 383. Savait-elle une famille opprimée ? elle animait la justice contre l'oppression, Fléchier, Aiguillon. Quand il les sut arrivés sur les frontières de ses États, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IX, p. 103, dans POUGENS. C'est pourquoi, n'étant point encore sorti de sa chambre, il [l'aveugle de Cheselden] disait que, quoiqu'il la sût plus petite que la maison, il ne comprenait pas comment elle pourrait le lui paraître à la vue, Condillac, Traité sens, III, 5.

  • 5Ne savoir qu'une chose, être uniquement préoccupé d'une chose. Les Spartiates ne savaient qu'une chose, c'était le dévouement à la patrie.

    On dit en un sens analogue : Ne savoir qu'une personne. L'abbé et moi nous pétillons, et nous sommes résolus… de nous en aller en Provence… pour moi, je ne sais que vous, et j'ai une telle impatience de vous aller voir, que mes sentiments pour les autres n'ont pas bien toute leur étendue, Sévigné, à Mme de Grignan, 6 avr. 1672. En termes de dévotion, ne savoir que Jésus-Christ, être uniquement occupé de conformer sa vie aux doctrines de l'Évangile. Ne voulant plus savoir que Jésus-Christ.

  • 6Je ne sais qui, et, substantivement, un je ne sais qui, un homme peu connu ou peu considéré. Qu'est-ce que ce grand je ne sais qui va penser d'elle, Marivaux, Pays. parv. 5e part.

    On dit de même : Un je ne sais quel homme est venu me trouver. On peut juger quelle était l'arrogance féroce des seigneurs croisés par le trait que rapporte la princesse Anne Comnène de je ne sais quel comte français qui vint s'asseoir à côté de l'empereur sur son trône, dans une cérémonie publique, Voltaire, Mœurs, 54.

  • 7Je ne sais quoi, quelque chose que l'on ne connaît pas. Que même de son maître on dit je ne sais quoi, Corneille, Cinna, IV, 5. C'est un M. Ameline, qui est je ne sais quoi à Notre-Dame, Maintenon, Lett. au cardin. de Noailles, 22 oct. 1695.

    Je ne sais quoi de, suivi d'un substantif. Vous maudirez peut-être un jour cette victoire Qui tient je ne sais quoi d'une action trop noire, Corneille, Poly. V, 4.

    Par extension. Je ne sais quoi, quelque chose d'indéfinissable, en parlant d'une qualité ou d'un sentiment. Je ne sais quoi pourtant dans mon cœur en murmure, Corneille, Héracl. V, 8. On se sent, à ces vers, jusques au fond de l'âme Couler je ne sais quoi qui fait que l'on se pâme, Molière, Femm. sav. III, 2. Il avait je ne sais quoi dans ses yeux perçants qui me faisait peur, Fénelon, Tél. IV. Ces deux hommes sont bien différents, le jeune a je ne sais quoi de vif et d'aimable, Fénelon, ib. IX. Je ne sais quoi de grand s'imprime à mes pensées, Saint-Lambert, Sais. II.

    Substantivement. Qu'on rêve avec plaisir quand notre âme blessée Autour de ce qu'elle aime est toute ramassée ! Vous le savez, seigneur, et comme à tous propos Un doux je ne sais quoi trouble notre repos, Corneille, Pulch. II, 1. Les âmes assorties S'attachent l'une à l'autre, et se laissent piquer Par ces je ne sais quoi qu'on ne peut expliquer, Corneille, Rodog. I, 7. Le sixième [discours] est de M. de Gombauld, sur le je ne sais quoi, Pellisson, Hist. Acad. III. La France le vit alors accompli par ces derniers traits et avec ce je ne sais quoi d'achevé que les malheurs ajoutent aux grandes vertus, Bossuet, Louis de Bourbon. Il [notre corps, après la mort] devient un je ne sais quoi qui n'a plus de nom en aucune langue, Bossuet, Duch. d'Orl. Je ne suis, si l'on veut, ni belle ni jolie ; Mais j'ai certains je ne sais quoi Qui me font préférer à la plus accomplie, Th. Corneille, l'Inconnu, V, 2. L'amour, ne vous déplaise, est un je ne sais quoi, Qui vous prend, je ne sais ni par où, ni pourquoi ; Qui va, je ne sais où ; qui fait naître en notre âme Je ne sais quelle ardeur que l'on sent pour la femme ; Et ce je ne sais quoi, qui paraît si charmant, Sort enfin de nos cœurs, et je ne sais comment, Regnard, Démocrite, I, 5. Il s'est formé dans l'esprit des particuliers un certain je ne sais quoi qu'on appelle point d'honneur, Montesquieu, Lett. pers. 90. Je prie l'honnête homme qui fera Matière [dans l'Encyclopédie], de bien prouver que le je ne sais quoi qu'on nomme matière peut aussi bien penser que le je ne sais quoi qu'on appelle esprit, Voltaire, Lett. d'Alembert, juillet 1757. Il y a dans tous les arts un je ne sais quoi qu'il est bien difficile d'attraper, Voltaire, Lett. Diderot, 20 avr. 1773.

    On dit dans un sens analogue : je ne sais quel. Un je ne sais quel charme encor vers vous m'emporte, Corneille, Poly. II, 2. Agité de ces je ne sais quelles inquiétudes dont les hommes ne savent pas se rendre raison à eux-mêmes, Bossuet, le Tellier. Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce Qui me charme toujours…, Racine, Esth. II, 7. Il nous reste encore je ne sais quel désir vague, je ne sais quelle inquiétude, qui nous avertit sans cesse que nous sommes peu de chose, Voltaire, Micromégas, 2. C'était un mélange de génie et de tendresse, une beauté [Fénelon], ne sais laquelle, que jamais peintre n'a pu exprimer, Chateaubriand, Natch. liv. VII.

  • 8 Familièrement. Je suis tout je ne sais comment, j'éprouve un malaise que je ne puis définir.
  • 9Par manière de doute et d'interrogation. Que savez-vous ? Qu'en savez-vous ? Que sais-je ? Que sait-on ce qui arrivera ? La question est de savoir si… Reste à savoir si… Qui sait même, qui sait si le roi votre père Veut que de son absence on sache le mystère ? Racine, Phèdre, I, 1.

    Savez-vous, savez-vous bien, a, à peu près le sens de : ne vous y trompez pas. Savez-vous qu'un si grand retardement donne le temps à tout le royaume de parler ? Sévigné, 12. Savez-vous bien que je suis fort mécontente de la conduite et des manières de ma nièce ? Regnard, le Retard impr. 1.

    Que sait-on, se dit pour exprimer que l'on soupçonne quelque chose qui n'est pas su. Peut-être a-t-il démêlé dans votre vie quelque intrigue que vous espériez qui ne serait pas connue, que sait-on ? Fontenelle, Dial. 3, morts anc.

  • 10Dieu le sait, se dit pour exprimer notre ignorance dernière sur une chose. Nous naissons, nous vivons, bergère, Nous mourons sans savoir comment ; Chacun est parti du néant ; Où va-t-il ? Dieu le sait, ma chère, Voltaire, Stances, 24. Nous savons très bien que les tourbillons ne peuvent causer la pesanteur ; nous savons ce qui n'est pas, et Dieu sait ce qui est, Voltaire, Mél. litt. à M***

    Dieu sait ! Dieu sait comme ! locution familière et elliptique dont on se sert pour donner une grande idée de quelque chose. Il a des écus, Dieu sait ! Ensuite on s'est mis à boire, mais boire, Dieu sait, Sévigné, 77. Entre nous, les Moscovites ne sont pas des peuples bien raffinés ; c'est leur folie que de prétendre ressembler aux anciens Grecs ; mais Dieu sait sur quoi cela est fondé, Fontenelle, Dial. 4, Morts mod.

  • 11Elliptiquement, avec la négation et le subjonctif. Je ne sache personne, je ne sache rien, je ne connais personne, rien. Vapeurs… auxquelles je restreindrai le nom d'exhalaisons, à cause que je n'en sache point de plus propre, Descartes, Météor. 2. Je ne sache aucun orthodoxe qui ait osé dire que…, Bossuet, Avert. repr. idolâtrie, 17. Je ne sache rien au monde qui ne soit le monument de quelque sottise des hommes, Fontenelle, Mond. 2e soir. Je ne sache personne mieux partagé qu'il le sera, Marivaux, Marianne, part. 5. Cause que je ne sache pas qu'on ait encore remarquée, Montesquieu, Esp. XVII, 3. Des enfants étourdis deviennent des hommes vulgaires, je ne sache point d'observation plus générale et plus certaine que celle-là, Rousseau, Ém. I.

    Que je sache, locution dont on se sert à la fin d'une phrase pour indiquer que, si un fait est autrement qu'on ne le dit, on l'ignore. Est-il venu quelqu'un, que vous sachiez, que tu saches ? Il n'est venu personne, que nous sachions. Il n'a point été à la campagne, que je sache. Il vaudrait autant être amoureux de la femme de Mathusalem ; était-elle jolie, que vous sachiez ? Fontenelle, Lett. gal. II, 20. Ne descendant, que je sache, d'aucun Franc qui ait ravagé les Gaules avec Ildovic nommé Clovis, Voltaire, Lett. La Chalotais, 11 juillet 1762.

  • 12Savoir gré, voy. GRÉ, n° 3.
  • 13Posséder une science, un art, un métier. Savoir la grammaire. Il sait le latin. Il ne sait pas son métier. Quand je dis qu'Ergaste écrit bien, Tu me réponds qu'il ne sait rien ; Mais ton erreur est infinie ; Il sait ce qu'il n'apprit jamais ; Et toi qui n'as point de génie, Tu ne sais pas ce que tu sais, Gombaut, dans RICHELET. Il y a longtemps que j'ai dit que, pour savoir quelque chose, il le faut écrire, Pellisson, Lett. hist. t. III, p. 270. Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir, Molière, Femm. sav. II, 7. Il a des vieux auteurs la pleine intelligence, Et sait du grec, madame, autant qu'homme de France. - Du grec, ô ciel, du grec ! il sait du grec, ma sœur, Molière, ib. III, 5. Les Romains ignoraient les arts de la Grèce, et se contentaient de savoir la guerre, la politique et l'agriculture, Bossuet, Hist. I, 10. Dans un âge où l'on ne sait pas encore sa religion, il défendait déjà la sienne, Fléchier, Duc de Mont. Un esprit avide de tout savoir et capable de tout apprendre, Fléchier, Lamoignon. Ce que l'on sait est peu de chose en comparaison de ce qu'on ne sait pas ; quelquefois même ce que l'on ne sait pas est justement ce qu'il semble qu'on devrait le plus tôt savoir, Fontenelle, Préf. util. des math. On ne sait bien que ce que l'on apprend soi-même, Dumarsais, Œuv. t. I, p. 28. Plusieurs ont dit : que ne sais-je pas ? Montaigne disait : que sais-je ? Voltaire, Dict. phil. Bornes.

    Absolument. Laisse ce qu'à tes yeux le ciel défend de voir : Ton sort est d'admirer, et non pas de savoir, Delille, Parad. perdu, VIII.

    Ne savoir ni A ni B, être fort ignorant.

    Il en sait trop, c'est un homme trop habile, dont on se défie. Ah ! pour en être digne, il l'est, et plus que tous ; Mais aussi, pour tout dire, il en sait trop pour nous, Corneille, Othon, II, 4.

    Fig. Savoir la carte du pays, ou, absolument, savoir la carte, savoir, connaître parfaitement les intrigues, les intérêts, les manières du monde, d'un quartier, d'une société.

    Savoir bien le monde, ou savoir bien son monde, savoir bien la manière de vivre dans la société. Madame, M. Jourdain sait son monde, Molière, Bourg. gent. III, 19.

    Dans un sens analogue. Laissez-moi faire : je suis homme qui sais ma cour, Molière, Am. magn. II, 2. Le reproche en un sens le plus honorable que l'on puisse faire à un homme, c'est de lui dire qu'il ne sait pas la cour, La Bruyère, VIII. Un homme qui sait la cour, est maître de son geste, de ses yeux et de son visage ; il est profond, impénétrable, La Bruyère, VIII.

  • 14Savoir, suivi d'un infinitif, être habile, être accoutumé à faire quelque chose. Savoir jouer du violon. Il ne sait pas danser. Il sait plaire. Il sait plaisanter. Tu sais vaincre, disait un brave Africain au plus rusé capitaine qui fut jamais [Annibal], mais tu ne sais pas user de ta victoire, Bossuet, Reine d'Anglet. Loin du commerce des affaires et de la société des hommes, ces âmes sans force aussi bien que sans foi, qui ne savent pas retenir leur langue indiscrète, Bossuet, Duch. d'Orl. La sainte abbesse, qui savait donner le lait aux enfants aussi bien que le pain aux forts, Bossuet, Anne de Gonz. Que personne ne savait mieux estimer les choses louables, ni mieux louer ce qu'elle estimait, Fléchier, Duch. de Mont. Sainte Thérèse eût voulu ne savoir écrire que pour publier ses défauts, Fléchier, Panég. Ste Thér. Il ne sait pas distinguer sa main gauche de sa main droite, il est sans intelligence.

    Savoir vivre, savoir se conduire dans le commerce du monde. Tant les savantas savent peu vivre et ce qu'on appelle le décorum ! Anti-ménagiana, p. 103.

  • 15Ne pas hésiter à. Il faut savoir faire un sacrifice. Je leur savais bien dire, et m'attirais la haine De tous ces gens si peu soigneux, La Fontaine, Fabl. VII, 2. Eh bien, il faut paraître, il faut vous découvrir à ceux qui pour leur roi sauront du moins mourir, Voltaire, Oreste, III, 8.
  • 16Savoir à l'impératif, et suivi d'un infinitif ne fait que renforcer l'impératif. Sachons nous taire, c'est-à-dire taisons-nous. J'obéis à mon dieu ; vous, sachez m'obéir, Voltaire, Fanat. II, 3.
  • 17Parvenir à, réussir à, avoir la force, le moyen de. Je saurai bien me défendre. À deux milles d'ici j'ai su le rencontrer, Corneille, Sertor. V, 2. Qu'il est beau, après les combats et le tumulte des armes, de savoir encore goûter ces vertus paisibles et cette gloire tranquille…, Bossuet, Louis de Bourbon. Il faut savoir se donner des heures d'une solitude effective, si l'on veut conserver les forces de l'âme, Bossuet, Mar.-Thér. Accessible, accueillant, honnête, sachant employer son temps et quelquefois même le perdre, Fléchier, le Tellier. Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots, Racine, Athal. I, 1.
  • 18Au conditionnel et au plus-que-parfait du subjonctif, il s'emploie pour pouvoir. L'un dit : je n'y vas point : je ne suis pas si sot ; L'autre : je ne saurais…, La Fontaine, Fabl. II, 2. Dans tous les entretiens on les voit s'introduire ; Ils ne sauraient servir, mais ils peuvent vous nuire, Molière, Mis. II, 3. Elle avait ouï dire que M. de Grignan était le plus beau garçon qu'on eût su voir, Sévigné, 58. Vous ne sauriez faire trop de liaisons avec Vauban ; l'estime de cet homme-là est plus glorieuse que celle de tous les courtisans, Maintenon, Lett. à d'Aubigné, 8 juillet, t. I, p. 118, dans POUGENS. Ne saurait-il rien voir qu'il n'emprunte vos yeux ? Racine, Brit. I, 2. Si vous voulez, restez, reprit Mme de Miran ; non, dit-il, je vous suis obligé, je ne saurais, j'ai quelque affaire, Marivaux, Marianne, 5e part. On ne saurait avoir une taille mieux prise, un plus beau teint, Rousseau, Ém. V.
  • 19Être informé de quelque chose, apprendre. Sachez que ma fille se marie. Afin que vous le sachiez. Si j'avais su qu'en mains il a de telles armes…, Molière, Tart. V, 3. Je ne sais point qu'elles soient retranchées [ses pensions], je crois que sa terre lui vaut dix mille livres de rente, je mets tout cela ensemble et je dis…, Sévigné, 608. On sait, messieurs, que la reine a souvent exposé sa personne dans ces conférences secrètes, Bossuet, Reine d'Anglet. Ne sais-je pas, mesdames, qu'ayant abandonné le monde pour mener une vie plus sainte et plus cachée dans la retraite, vous ne prétendez plus qu'à l'honneur d'être de la famille de Jésus-Christ ? Fléchier, Duch. de Mont. Et qui saurait sans moi que Cotin a prêché ? Boileau, Sat. IX. Seigneur, vous savez trop avec quel artifice Un faux Astyanax fut offert au supplice, Racine, Andr. I, 2. Chère Oenone, sais-tu ce que je viens d'apprendre ? Racine, Phèdre, IV, 6.

    Dans le même sens, avec un infinitif. Il marche contre les ennemis, qu'il savait avoir passé la rivière, Vaugelas, Remarques. Il fit du bien à tous ceux qu'il savait avoir aimé son fils, Vaugelas, ib.

    Familièrement. Vous savez ou vous ne savez pas, c'est une chose que je vous apprends. Vous savez, ou vous ne savez pas Qu'autrefois ce monsieur que Léandre l'on nomme, Lui fit certain billet d'une certaine somme, Boissy, Impatient, I, 2.

  • 20Je le sais, vous le savez, nous le savons, etc. s'emploient souvent en parenthèse. Cet art de donner agréablement, qu'elle avait si bien pratiqué durant sa vie, l'a suivie, je le sais, jusqu'entre les bras de la mort, Bossuet, Duch. d'Orl. Seigneur, vous le savez, son avis salutaire Découvrit de Tharès le complot sanguinaire, Racine, Esth. II, 1.
  • 21Avoir dans la mémoire. Il sait sa leçon. Le moyen de jouer ce qu'on ne sait pas, Molière, l'Impromptu, 1. Ce que je sais le mieux, c'est mon commencement, Racine, Plaid. III, 3. La veille du jour marqué, je savais mon discours par cœur ; je le récitai sans faute ; je le remémorai toute la nuit dans ma tête, Rousseau, Conf. XI. Lorsqu'on lui demandait [à Massillon] quel était celui de ses sermons qu'il croyait le meilleur, il répondait : celui que je sais le mieux, D'Alembert, Éloges, Mass. Est-elle sue [la pièce] ? - Laurette : Quant à moi, je sais mon rôle, Picard, Comédiens amb. II, 2.

    Fig. Savoir quelqu'un par cœur, ou, absolument, le savoir, connaître parfaitement son caractère, ses habitudes. Elle sait notre syndicat, notre procureur, notre gratification… comme elle sait la carte et les intérêts des princes, c'est-à-dire sur le bout du doigt, Sévigné, 174.

  • 22 Absolument. Avoir l'esprit orné, rempli de connaissances. Il y a moins de différence entre le chaos et le monde, qu'entre la manière dont il sait et celle dont il faut savoir, Guez de Balzac, le Barbon. Il [l'homme] veut être heureux et assuré de quelque vérité, et cependant il ne peut ni savoir, ni désirer de ne point savoir, Pascal, Pens. XXV, 37, édit. HAVET. Voilà notre état véritable [être borné de tous côtés] ; c'est ce qui nous rend incapables de savoir certainement et d'ignorer absolument, Pascal, ib. I, 2. Un amour curieux des livres, une avidité de savoir … ont été des passions de sa jeunesse, Fléchier, Duc de Mont. N'est-ce pas savoir beaucoup que de savoir qu'on ne sait rien ? Fénelon, Dial. des morts anc. (Pyrrhon, son voisin). [Valincourt] C'était un homme d'infiniment d'esprit et qui savait extraordinairement, Saint-Simon, 66, 104. Rica et moi nous sommes peut-être les premiers que l'envie de savoir ait fait sortir de leur pays, Montesquieu, Lett. pers. 1.
  • 23Faire savoir, instruire, informer quelqu'un. Je lui ai fait savoir comment cela est arrivé. Fais-lui, fais-lui savoir le glorieux dessein…, Corneille, Sertor. II, 1. J'ai fait à Josabeth savoir sa volonté, Racine, Athal. III, 5.

    Savoir faisons, formule de chancellerie et de palais.

  • 24Faire à savoir, voy. FAIRE, n° 53.
  • 25C'est à savoir, ou à savoir, et, plus ordinairement, savoir, locutions qui servent à spécifier ce dont il s'agit. Son revenu a plusieurs sources, à savoir sa place, le produit de sa terre, etc. L'armée était composée de quinze mille hommes, savoir : dix mille hommes de pied et cinq mille chevaux. Nous n'en trouverons [des corps] que deux… qui puissent être comptés parmi les principales parties [du monde], c'est à savoir le soleil et les étoiles, Descartes, Monde, 5. J'oubliais de vous avertir que je lui ai auparavant dit encore une particularité qui l'a assez agréablement surpris, c'est à savoir que je prétendais n'avoir proprement fait autre chose dans mon ouvrage que mettre en rimes la doctrine qu'il venait de nous débiter, Boileau, Lett. à Racine, mercredi 1697.

    On s'en sert aussi pour marquer du doute. Il part bien tard, c'est à savoir s'il arrivera à temps. Il ne tiendra qu'à vous que nous vivions en bonne intelligence ensemble. - Rustaud : c'est à savoir, Legrand, Galant coureur, sc. 13.

    En ce sens on dit substantivement : C'est un à savoir.

  • 26Se savoir, v. réfl. Être su. Tout se sait tôt ou tard, et la vérité perce, Gresset, Méchant, III, 5.
  • 27Se connaître soi-même. Lorsqu'il se sait à fond, il s'évertue sur le talent qu'il croit reconnaître en lui, Le P. Courbeville, dans DESFONTAINES. Un valet veut tout voir, voit tout et sait son maître, Comme à l'observatoire un savant sait les cieux, Et vous même, monsieur, ne vous savez pas mieux, Piron, Métrom. II, 4.

PROVERBES

Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, si la jeunesse avait de l'expérience, si la vieillesse avait de la force.

Il sait son pain manger, il sait plus que son pain manger, c'est un habile homme, un rusé compère.

Qui plus n'en sait, plus n'en dit.

Il fait bon vivre et ne rien savoir, on apprend toujours quelque chose.

Qui ne sait son métier l'apprenne.

Qui ne sait rien ne sait guère, se dit pour s'excuser d'ignorer une chose survenue à notre insu.

On dit encore qu'il en sait plus que le chien de Barthole, qui avait mangé un sac d'écritures, Carmontelle, Prov. Entr'actes, t. IV, p. LXXV, dans POUGENS.

REMARQUE

1. Après savoir, pris dans le sens de pouvoir, on doit toujours supprimer pas ou point. Je ne saurais en venir à bout.

Après ce même verbe précédé de la négation, et signifiant être incertain, le mieux est de les supprimer. Je ne sais que devenir. Il ne sait ce qu'il veut. Mais il faut employer pas ou point, quand savoir est pris dans son vrai sens. Je ne savais point ce que vous racontez.

2. En vers on écrit quelquefois je sai au lieu de je sais. Ce n'est point une licence poétique ; c'est un archaïsme, parfaitement régulier d'ailleurs, sapio donnant je sai et non je sais ; l's est là un barbarisme que l'usage a consacré.

3. Dans la locution je ne sache pas, comment expliquer le subjonctif ? On a dit que c'était non le subjonctif, mais l'indicatif représentant sapio. L'explication ne peut être admise, car sapio a donné sai ; et sache vient de sapiam. D'ailleurs le sens dénote un subjonctif plutôt qu'un indicatif ; car je ne sache pas implique quelque chose de plus dubitatif que je ne sais pas ; et ce doute, on l'exprime en substituant le subjonctif à l'indicatif. C'est pour cela qu'on ne se sert jamais de cette tournure qu'à la première personne. Elle paraît être née au XVIe siècle, voy. l'historique. On peut conjecturer que ceux qui les premiers l'ont employée ont sous-entendu : j'ose dire, l'usage étant au XVIe siècle de mettre le subjonctif avec dire, quand l'affirmation n'était pas absolue.

4. J. J. Rousseau a dit : Je ne sache pas d'avoir vu, de ma vie, un pays plus antipathique à mon goût que celui-ci [Montpellier], Lett. à Mme de Warens, 23 oct. 1737. La phrase est incorrecte ; le d' est de trop ; il faut dire : Je ne sache pas avoir vu…

HISTORIQUE

Xe s. [Il] saveiet co que…, Fragm. de Valenc. p. 468.

XIe s. Par serment nommé, co est à savoir quatorze homes leals par nom, Lois de Guill. 16. Ço dist Marsiles : Guenes, par veir sacez…, Ch. de Rol. XXXIX. Il n'en set mot, n'i a culpes li bers, ib. X. Ben [il] set parler et dreite raisun rendre, ib. CCLXXV.

XIIe s. Tu siez bien que il pensent faire de nos, Machab. I, 3. Car preu le savent et de moult fier courage, Ronc. p. 182. Tuit mi penser sont à ma douce amie, Puisque je sai mon cuer en sa baillie, Couci, II. Je ne m'en sai venger fors au plorer, ib. VI. Dame, merci ; car à trop grant dolor [je] Muir et languis ; vostre pitié le sache, ib. X. Encor [elle] me saura gré De mon travail et de ma longue peine, ib. XI. Quar sa biautez me fait tant esbahir, Que je ne sai devant li nul langage, ib. XI. Il lui saront bien estre et felon et gaingnart, Et simple come aignel et fier come liepart, Sax. XXIX.

XIIIe s. Se je savoie un courtois chevalier Qui de ses armes fu loués et prisiés, Je l'ameroie de gré et volentiers, Audefroi le Bastard, Romancero, p. 71. Il manderent maçons vaillans, Bons ouvriers et bien sachans, ib. p. 57. Sachiés que il reprouvent le service que il ont à vous fait, tel come toute la gent sevent, et come il est aparissant, Villehardouin, XCIV. Et li Venicien, qui plus savoient de la mer, distrent que li corans les menroit par force contreval le bras, Villehardouin, CIII. Li maistres dit : femes sevent celer ce que eles ne sevent, Latini, Trésor, p. 361. Bien savez qu'on ne peut pas trestous jours durer, Berte, III. [Ils] Sorent près d'aussi bien le françois de Paris…, ib. V. Car bien estoit letrée et bien savoit escrire, ib. XI. Puisque ele ot seü que [vous] la veniez veoir, ib. LXXIX. Coïement, que les gens n'en seüssent nouvele, ib. LXXXVI. Sauriez-vous ci près maison ne casement Où je peüsse avoir aucun rassenement [indication du chemin] ? ib. CX. Ilueques l'ont li chien guerpi, N'en sevent mes ne vent ne voie, Ren. 1917. Si avient bien à bacheler Que il sache de vieler, De fleüter et de dancier ; Par ce se puet moult avancier, la Rose, 2218. Ne l'en doit pas mal gré savoir, Ne ge ne l'en saurai jà voir, ib. 4177. Lors me porpensai que j'avoie Ung compagnon que ge savoie Moult à loial…, ib. 3120. Tant que celui veigne en la presence dou seignor et de la court et offre à faire dreit de ce que l'on li saura que demander…, Ass. de J. 139. Je, Pierres, de tel lieu, fes savoir à toz presens et à venir que je…, Beaumanoir, XII, 58. Cil qui sunt baillié auditeur… doivent mult regarder et entendre comment li tesmong respondent as demandes qui lor sunt fetes, ou par savoir, ou par croire, ou par quidier, Beaumanoir, XL, 12. Quant il dist : Je sai de certain, Beaumanoir, XL, 12. Et comme tel cas ne soit pas puis avenus que noz saçons, nos creons que s'il avenoit, que cil qui…, Beaumanoir, XXX, 101. Le [la] premiere reson, c'est à savoir que Dix [Dieu] commanda que on amast son proisme comme soi-meisme, Beaumanoir, XII, Prologue. Le roy y envoia savoir par un messager chevalier, Joinville, 215.

XIVe s. Envoiez ung heraut ou [au] chastel par delà Pour parler au roi Pietres, saver comment il va, Guesclin. 16479. Li rois Pietre d'Espaigne si vault pis qu'uns Juïfs ; Et vous le savez bien, si le dittes envis, ib. 10012.

XVe s. Quand les nouvelles vinrent en l'ost que nul ne savoit à dire que le comte d'Armagnac estoit devenu, si furent tout esbahis, et ne savoient que dire ni que penser, Froissart, III, IV, 20. Routes [bandes] de Bretons qui prenoient et pilloient quant ils trouvoient, et rien ne savoient que c'estoit de payer, Froissart, II, III, 18. Il leur dit qu'il savoit tout le pays et connoissoit, Froissart, I, I, 133. Si ils sevent un chemin, j'en sçais bien un autre, Froissart, I, I, 139. Je suis de tous maulx bien garny, Autant que nul qui soit en France, Dieu scet en quel mauvais party, Orléans, Ball. 22. Ils avoient envoyé leurs messaigiers… pour annoncer et faire savoir la venue du mareschal, Bouciq. II, 19. Sartan, dessus ma leauté Vous jur que mal ne vous feray, Ne pis pour ce ne vous voudray : Dites ce que vous en savez, Nativité de N. S. J. C. Mystère. Legier semblez-vous vrayment ; Je vous retien mon mesagier. Maistre Sartan, sanz plus targier, Envoiez-le où vous savez, ib. J'ay escript et mis par memoire… le plus près de la verité que j'ay peu et sceu avoir souvenance, Commines, Prol. Et à moy est presque estrange que une personne sage sceust estre [pût être] ingrate de grant benefice, Commines, II, 3. La moitié de l'Europe ne l'eust sceu contenter [tant il était ambitieux], Commines, III, 3. À ce qu'il entreprenoit, il y pourvoyoit si bien, que à grant peine eust-il sceu faillir à estre le plus fort, Commines, II, 10. Fait Dieu grant grace à ung prince quant il sçait bien et mal, Commines, I, 10. C'est la femme que je sache qui plus se haste de s'en venir [des fêtes] quant elle y est, Les 15 joyes de mariage, p. 18. Au long aller fault que tout soit sceu, ib. p. 56. Ce roi et cette reine que vous querez sont par adventure mors ou tant anciens que deduyt n'est de les veoir. Haa, madame, dist Ourseau, vous sçavez mieulx que vous ne dites, Perceforest, t. IV, f° 141.

XVIe s. Nous savons bien de nostre vocation, mais de nostre election nous en sommes incertains, Calvin, Inst. 780. Et fut conclud que on envoyeroit quelque homme prudent devers Pichrocholle, sçavoir pourquoy…, Rabelais, Garg. I, 28. Phaeton, ne sçavant ensuyvre la line ecliptique…, Rabelais, Pant. II, 2. Le livre n'est encores imprimé, que je sçaiche, ib. II, 15. J'en sçay qui…, Montaigne, I, 29. Le sçavoir mourir nous affranchit de…, Montaigne, I, 77. Sans nostre sceu, Montaigne, I, 97. Je vouldrois que chascun escrivist ce qu'il sçait, et autant qu'il en sçait, Montaigne, I, 234. Savoir de certaine science que…, Montaigne, I, 203. Ces vers ont je ne sçay quoi de plus vif, Montaigne, I, 222. L'ignorance qui se sçait, et qui se condamne, Montaigne, II, 230. On y trouva des nations n'ayant, que nous sçachons, ouï nouvelles de nous, Montaigne, II, 334. On ne peut contraindre celuy qui sçait mourir, D'Aubigné, Conf. II, 7. Je ne saiche en ma vie l'avoir offensé, Carloix, IV, 3. Aussi osé-je dire que je ne sache homme si chatouilleux, qui ne…, Paré, Dédicace au lecteur. Je ne sache homme si peu versé en astrologie qui…, Paré, IX, 2e disc. C'est bien le tiltre le plus auguste qui sçauroit estre donné à un monarque souverain, Amyot, Épît. Au demourant, qu'il ait esté en Afrique et en Espagne, et jusques aux Indes, je ne sache personne qui l'ait escrit, Amyot, Lyc. 6. Assez sçait qui sçait vivre et se taire, Cotgrave Il ne sçait rien qui ne va par villes, Cotgrave Il ne sçait rien qui ne veut bien faire, Cotgrave De vos beautés sçav'ous que j'en dirois, Du Bellay, J. p. 364, dans LACURNE. (sçav'ous, pour savez-vous, abréviation qui s'était produite au XVIe siècle).

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Étymologie de « savoir »

Bourguig. sçaivoi ; wallon, saveur ; provenç. saber, saper ; espagn. et portug. saber ; ital. savere, sapere ; du lat. sap(re (avec changement d'accent, sapere), avoir de la saveur, avoir le goût bon, et fig. Être sage, judicieux, savoir connaître. C'est par une fausse étymologie qu'on s'est mis au XVe et au XVIe siècles à écrire sçavoir, comme si le mot venait du latin scire.

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Du latin populaire *sapēre, en latin classique sapĕre, « avoir de la saveur », avec influence de sapiens « sage », d’où « être perspicace », « comprendre », puis « savoir », et élimination du classique scire « savoir ». Très ancien français : savir (Serments de Strasbourg), puis saveir, et enfin savoir. Pendant très longtemps, du moyen français jusqu'au XVIIIe siècle, le mot s’écrivait sçavoir par fausse régression au latin classique scire (« savoir »). Il fallut attendre 1740 pour que l’Académie française enregistrât, en la troisième édition de son dictionnaire, le mot sous sa graphie actuelle.
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Phonétique du mot « savoir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
savoir savwar

Citations contenant le mot « savoir »

  • Qu'il est beau, qu'il est sale de savoir ! Georges Bataille, L'Abbé C., Éditions de Minuit
  • L'amour se résigne à ne pas savoir. Michel Deguy, Biefs, Gallimard
  • Tout le monde ne sait pas douter : on a besoin de lumière pour y parvenir, et de force pour s'en tenir là. Bernard Le Bovier de Fontenelle, Réflexions sur la poétique
  • L'appétit de savoir naît du doute. Cesse de croire et instruis-toi. André Gide, Les Nouvelles Nourritures, Gallimard
  • Savoir ce que tout le monde sait, c'est ne rien savoir. Remy de Gourmont, Promenades philosophiques, Mercure de France
  • Le peu que je sais, c'est à mon ignorance que je le dois. Sacha Guitry, Toutes Réflexions faites, Éditions de l'Élan
  • Savoir aimer, c'est ne pas aimer. Aimer, c'est ne pas savoir. Marcel Jouhandeau, Algèbre des valeurs morales, Gallimard
  • Nous ne savons rien. Le seul espoir de savoir, c'est de savoir tous ensemble, c'est de fondre toutes les classes dans le savoir et la science. Lev [en français Léon] Nikolaïevitch, comte Tolstoï, Carnet, 28 mars 1861
  • Savoir dissimuler est le savoir des rois. De Cardinal de Richelieu / Mirame
  • La faiblesse humaine est d'avoir Des curiosités d'apprendre Ce qu'on ne voudrait pas savoir. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Amphitryon, II, 3, Sosie
  • On ne va jamais plus loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va, a dit un homme politique célèbre. Henri Monnier, Mémoires de M. Joseph Prudhomme
  • Savoir par cœur n'est pas savoir : c'est tenir ce qu'on a donné en garde à sa mémoire. Michel Eyquem de Montaigne, Essais, I, 26
  • Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu. Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval, Poésies diverses, Épitaphe
  • Il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose ; cette universalité est la plus belle. Blaise Pascal, Pensées, 37 Pensées
  • […] Ce qu'on sait n'est pas à soi […]. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, À l'ombre des jeunes filles en fleurs , Gallimard
  • Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu. Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation
  • Sur toute chose qu'on puisse savoir. Jean Pic de La Mirandole en italien Giovanni Pico Della Mirandola,
  • Ô humains, celui-là, parmi vous, est le plus savant, qui sait, comme Socrate, qu'en fin de compte, son savoir est nul. Platon, Apologie de Socrate, 23b (traduction M. Croiset) Le BanquetLe Sophiste
  • Tout ce que tu as su ou vu n'est ni ce que tu as su ni ce que tu as vu. Farid al-Din Attar, Langage des oiseaux
  • Un je ne sais quoi, qui surgit je ne sais d'où, vient je ne sais comment, et fait mal je ne sais pourquoi. Luís Vaz de Camões, Sonnets, 12
  • Savoir c’est savoir qu’on sait. De Alain / Les idées et les âges
  • Etudie, non pour savoir plus, mais pour savoir mieux. De Sénèque
  • Pour savoir se venger, il faut savoir souffrir. De Voltaire / Mérope
  • Nous répugnons à savoir, parce que savoir signifie changer. De Ruth Dreifuss
  • Aimer savoir est humain, savoir aimer est divin. De Joseph Roux
  • Même le savoir lasse, quand il est savoir par métier. De Soeur Juana Inès De La Cruz / Redondillas
  • Mieux vaut ne rien savoir que beaucoup savoir à moitié ! De Friedrich Nietzsche / Ainsi parlait Zarathoustra
  • L'enseignement : apprendre à savoir, à savoir faire, à faire savoir. L'éducation : apprendre à savoir être. De Louis Pauwels
  • Vieillir, c’est savoir perdre. De Georges Wolinski
  • D’abord voir, après savoir. De Proverbe turc
  • Comment savoir tout sans vieillir ? De Fernand Crommelynck / Le cocu magnifique
  • Un savoir-faire et une renommée qui s’est construite au fil des années. En effet, la boucherie Chauchard existe depuis 1988, soit la bagatelle de 32 ans de bons et "aloyaux" services.. centrepresseaveyron.fr, À la boucherie Chauchard, à Pont-de-Salars, le savoir-faire se transmet de père en fils - centrepresseaveyron.fr
  • Le CBD ou cannabidiol est l'un des deux principes actifs du cannabis. Mais contrairement au THC, il n'a pas d'effet psychotrope. Ce qu'il faut savoir sur la réglementation, les vertus thérapeutiques ou les effets secondaires. Futura, Vrai ou faux ? Cinq choses à savoir sur le CBD
  • Balades, animations, patrimoine…cinq choses à savoir pour tout savoir de la forêt de Villecartier à Bazouges-la-Pérouse, entre Fougères et Saint-Malo. , Série de l'été. 5 choses à savoir sur... Villecartier et Récrénature | La Chronique Républicaine

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Traductions du mot « savoir »

Langue Traduction
Anglais know
Espagnol saber
Italien conoscere
Allemand kennt
Chinois 知道
Arabe أعرف
Portugais conhecer
Russe знать
Japonais 知っている
Basque ezagutzen
Corse cunnosce
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Synonymes de « savoir »

Source : synonymes de savoir sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « savoir »

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