La langue française

Santé

Sommaire

  • Définitions du mot santé
  • Étymologie de « santé »
  • Phonétique de « santé »
  • Citations contenant le mot « santé »
  • Images d'illustration du mot « santé »
  • Traductions du mot « santé »
  • Synonymes de « santé »
  • Antonymes de « santé »

Définitions du mot santé

Trésor de la Langue Française informatisé

SANTÉ, subst. fém.

A. −
1. État physiologique normal de l'organisme d'un être vivant, en particulier d'un être humain qui fonctionne harmonieusement, régulièrement, dont aucune fonction vitale n'est atteinte, indépendamment d'anomalies ou d'infirmités dont le sujet peut être affecté. Perdre, recouvrer, retrouver la santé; conserver, garder, ménager sa santé. Les prêtres arrivent d'un pas grave et d'un air préparé; ils sont vêtus d'une tunique blanche de laine de Cachemire (...); leur physionomie annonce la santé et la bienveillance (Brillat-Sav.,Physiol. goût, 1825, p. 307):
1. Leur fille Mathilde tenait de son père pour la force et la santé; belle fille peut-être sous le vermillon de son visage et le fagotage de sa personne, et point sotte, non plus que ses parents. France,Vie fleur, 1922, p. 406.
En partic. [Définition de l'Organisation Mondiale de la Santé] La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité (Constitution de l'O.M.S., 1985 [1946], p. 1).
P. anal. État de bon développement d'un végétal. Les arbres de nos climats y sont pauvres [à Rome] et les essences intermédiaires n'y atteignent pas la santé et l'ampleur qu'elles ont dans nos campagnes et dans nos jardins (Sand,Nouv. lettres voy., 1876, p. 2).Les îles se couvrent d'une verdure en pleine santé (Morand,Air indien, 1932, p. 242).
2. Loc. et expr.
a) Loc. verb. trans.
Avoir de la santé. Être dans un bon état physique, avoir de la vigueur. Il n'y a pas de plus belle vie que la vie d'un habitant qui a de la santé et point de dettes (Hémon,M. Chapdelaine, 1916, p. 170).Vous avez piètre mine. Je sais bien que les Rezeau n'ont pas de santé. Notre sang l'emportera peut-être (H. Bazin,Vipère, 1948, p. 210).
Au fig., pop., fam. Avoir de la santé/en avoir une santé. Avoir de l'audace, du toupet. Trois heures. J'en ai une santé de rentrer à trois heures du matin. Je vais être bien reçu par papa! (Courteline,Ah! Jeunesse, Théodore, 1898, i, p. 160).Petypon, indigné: Mais je ne vous connais pas!... Mais en voilà une idée!... Pourquoi êtes-vous dans mon lit?... La Môme: Comment, pourquoi que j'y suis?... Non mais, t'en as une santé! (Feydeau,Dame Maxim's, 1914, i, 4, p. 8).
Respirer la santé. Manifester, montrer dans son apparence, sa bonne forme physique. Toute sa figure aux joues rasées de près respirait la santé et la quiétude (Miomandre,Écrit sur eau, 1908, p. 105).
b) Loc. verb. intrans. Être plein (ou verbe du même parad.) + de santé. Avoir une apparence florissante, être en très bonne forme. Éclater, resplendir de santé. Elle débordait de santé; ses bras aux lourdes attaches pendaient hors du lit (Dabit,Hôtel Nord, 1929, p. 175).Pop., fam. Crever, péter de santé. Aujourd'hui, Bauër, que je n'ai pas vu depuis des mois, Bauër crevant de santé, le teint écarlate, tombe chez moi sur un bicycle, dont les ressorts gémissent sous le poids de sa santé écrasante (Goncourt,Journal, 1894, p. 642).V. péter I B 2 d ex. de Arnoux.
c) Adj. + de santé.Qui montre une bonne forme physique. Trouvé en route un cavalier arabe porteur d'une lettre de ma femme. Tout va bien, Julia est florissante de santé (Lamart.,Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 66).Cécile, très gaie ce jour-là, belle de santé dans une toilette de drap capucine, souriait à ce mot de grève, qui lui rappelait des visites et des distributions d'aumônes dans les corons (Zola,Germinal, 1885, p. 1308).
d) Expressions
Subst. + de santé.Ce qui conserve, entretient ou rend la santé. Potage de santé. J'ai été le matin avec ma femme aux bains de santé, à un petit quart de lieue de la ville (Maine de Biran,Journal, 1816, p. 204).Bouvard lui dit: − « À votre place, j'ôterais ma flanelle! − Comment! » Et Pécuchet baissa la tête, s'effrayant à l'hypothèse de ne plus avoir son gilet de santé (Flaub.,Bouvard, t. 1, 1880, p. 6).C'est dans quelques promenades de santé, coupées de fraîches pâtisseries au rond-point de l'Étoile, que je touchai les pensées intimes de Simon (Barrès,Homme libre, 1889, p. 6).
Subst. ou inf. + c'est la santé.Ce qui contribue à conserver, à entretenir la santé. Le travail c'est la santé. La lumière, c'est la santé, la joie! Car il est, le bon jeune vieillard soleil, la gaieté immense et tranquille des étendues accueillantes à la vie (Maran,Batouala, 1921, p. 113).
Vieilli. En santé. En bonne santé. Nous les laisserons se convertir, et nous en appellerons de Voltaire malade à Voltaire en santé (Renan,Avenir sc., 1890, p. 430).Mmede Tourzel, libre de communiquer avec le dehors, lui fit savoir qu'elles étaient en santé (L. Daudet,Lys sangl., 1938, p. 213).
3. [Dans des expr. utilisées en levant son verre pour exprimer des vœux favorables à qqn ou qqc.] Boire, trinquer à la santé de... Je bus à la santé de Mary-Ann, à la santé de sa mère, à la santé de mes bons parents et de la princesse Ypsoff (About,Roi mont., 1857, p. 187).Il nous apportait toujours de la glace lui, volée évidemment par-ci, par-là, sur les bateaux à quai. Nous trinquâmes à sa santé sur le comptoir au milieu des clients noirs qui en bavaient d'envie (Céline,Voyage, 1932, p. 172).
P. méton., vieilli. (Porter une) santé. Toast. Quand le dessert fut servi, Philippe dit: « Remplissez vos verres, mes amis! Je réclame la permission de porter la première santé » (Balzac,Rabouill., 1842, p. 536).Le dîner avait lieu à côté de la chute d'eau, dans l'herbe du pré, sous les saules. Ce furent des santés sans nombre (Arène,Veine argile, 1896, p. 69).
[Dans une exclam.] À la santé de...! À votre, à ta santé! Il remplit la chope à ras et la vide, puis la remplit de nouveau. − Eh, à ta santé, n'casse pas le verre! (Barbusse,Feu, 1916, p. 158).« À la santé de la belle voisine! À la santé de la belle dame! dit Gordeenko, baisant la main d'Henriette. À la santé de vous, heureux mari de la belle dame... » Henriette dut boire un verre d'alcool et manger un biscuit (Triolet,Prem. accroc, 1945, p. 187).P. ell., fam. Santé! Ils burent un verre. − Pour moi, disait Crittin, ça ne fait pas l'ombre d'un doute que la chose ne s'arrange (...). Santé!... − Santé! (Ramuz,Gde peur mont., 1926, p. 11).
4. P. méton. [P. oppos. à maladie, anomalie, fragilité]
a) Vigueur, force, plénitude physique de celui qui est sain. Dites, pourquoi?... Avec votre santé vous restez là! Vous avez pas honte! Ça vous fait rien, vous, qu'il y ait tant de monde de mort! (Benjamin,Gaspard, 1915, p. 101).Il se vit, soudain, comme au temps de l'avant-guerre, − au temps de la vie facile et de la santé, − assis, seul, silencieux, à la table bien servie d'un wagon-restaurant (Martin du G.,Thib., Épil., 1940, p. 773).
b) Au fig. Caractère, état de ce qui est sain sur le plan moral, intellectuel, spirituel. Santé intellectuelle. Les vices, les pirateries et les crimes qui sont la maladie des républiques sont la santé des monarchies (Desmoulinsds Vx Cordelier, 1793-94, p. 68).Ces sortes d'encyclopédies répondent à un besoin; elles nous ont valu, et nous valent encore, des synthèses de premier ordre. On peut cependant se demander si leur foisonnement est un signe de parfaite santé scientifique (Civilis. écr., 1939, p. 28-1).
c) C'est bon (ou adj. de même parad.) pour la santé. C'est sain. Tu n'as pas bu trop d'eau au moins? Ces gosses, ça avale des gobelets d'eau froide, c'est détestable pour la santé (Colette,Cl. école, 1900, p. 168).Le gros homme s'amena sans crier gare: Nous n'étions pas allés le chercher à Segré et il dut « se taper » les six kilomètres à pied. − ... Que c'est bon pour la santé, savez-vous! fit-il en décrottant ses souliers (H. Bazin,Vipère, 1948, p. 124).
B. −
1. Fonctionnement plus ou moins bon ou harmonieux de l'organisme, état physique considéré pendant un certain laps de temps. Au lendemain de cette hémoptysie qui transforma mon destin, de lugubres mois s'écoulèrent dans ce chalet d'Arcachon où la ruine de ma santé consommait le naufrage de mes ambitions universitaires (Mauriac,Nœud vip., 1932, p. 30):
2. Pendant ces années, une vie calme et réglée, un bien-être physique que je n'avais jamais connu, un air pur que j'avais rarement respiré à pleins poumons, me firent peu à peu une santé robuste, et l'excitation nerveuse cessant, mon humeur devint égale et mon caractère enjoué. Sand,Hist. vie, t. 2, 1855, p. 256.
SYNT. Santé du corps, physique; belle, bonne, mauvaise santé; santé excellente, florissante, inaltérable, resplendissante, solide, vigoureuse; santé altérée, chancelante, chétive, épuisée, faible, fragile, précaire; avoir une santé à toute épreuve, de fer, de chêne; avoir une petite santé; être en pleine, en parfaite santé; santé qui donne des inquiétudes, qui réclame des soins; se soucier, s'informer de la santé de qqn; craindre pour la santé de qqn; rétablir, refaire sa santé; se refaire une santé; s'abîmer, se ruiner, s'esquinter (fam.) la santé; compromettre, démolir, détruire sa santé; un accident, des ennuis de santé.
Rare, au plur. Chez Raboliot, à l'Aubette, chez Montaine, il n'y avait quasi rien de changé. Les santés n'étaient point trop mauvaises (Genevoix,Raboliot, 1925, p. 326).Il se peut que certains sons rendent malades, et notre expérimentation n'a pas été sans retentir sur nos santés (Schaeffer,Rech. mus. concr., 1952, p. 176).
Fam. [Dans une formule de vœux, de politesse] Comment va la santé? Ça va la santé? Comment allez-vous, comment ça va? Que deviens-tu? Comment vont la santé et l'humeur par cette haute température? (Flaub.,Corresp., 1861, p. 269).
P. anal. État d'une partie du corps apprécié généralement visuellement. Une peau, des dents en bonne santé. Une composition qui vous entretiendrait les cheveux en bonne santé se vendrait comme du pain, d'autant que cette essence sera sans doute approuvée par l'Académie des sciences (Balzac,C. Birotteau, 1837, p. 26).
2. Locutions
a) État de santé. État physique d'une personne considéré d'une manière globale et sur lequel on porte généralement une appréciation. C'est quand il fait nuit dans notre âme que tout nous paraît ou lugubre ou insupportable, et il ne suffit pas d'être libre de vrais sujets de tristesse; il suffit de l'état de santé pour tout changer (Delacroix,Journal, 1853, p. 66).Le chef d'établissement doit suivre de près l'état sanitaire général de l'école et l'état de santé des élèves qui appellerait une attention particulière (Encyclop. éduc., 1960, p. 114).
b) MÉDECINE
Bilan de santé. Ensemble de tests et d'examens médicaux auquel on soumet un sujet pour apprécier son état de santé. Tout assuré social et sa famille (enfant de plus de 5 ans) a droit à un bilan de santé gratuit tous les cinq ans (Caisse Primaire d'Assurance Maladie de la Vienne, Demande d'examens de santé, Poitiers, 1985, p. 4).
Carnet, carte (de) santé. Carnet, carte informatique servant à consigner les données médicales (surveillance du nourrisson, vaccinations, interventions chirurgicales...) concernant un individu. Expérimentée depuis peu (...), la Carte Santé préfigure l'informatisation des données médicales de chaque individu (...). Avec cette carte, l'objectif du ministère est triple: améliorer la communication entre les professionnels de la santé, et à long terme, remplacer complètement le carnet de santé (Que Choisir? n ospéc. informat., nov. 1985, p. 56, col. 1-2).
Bulletin, certificat de santé. Conclusions sur l'état de santé d'un sujet établies à un moment précis par un médecin sous forme de communiqué ou d'attestation. Il vous faut d'abord un certificat de santé pour avoir un certificat d'existence. Apparemment, il n'y a pas d'issue (Camus,État de siège, 1948, 2epart., p. 240).On en arrive à publier des perles dans le genre de celle-ci, lue dans un journal publiant le bulletin de santé d'un homme célèbre: Le vieux persiste (pour « le mieux persiste ») (Coston,A.B.C. journ., 1952, p. 167).
c) Raison de santé. Motif faisant valoir la mauvaise santé du sujet quand celui-ci ne peut assumer une tâche. La raison de santé domine tout et je me joindrais volontiers à vos amis pour hâter le moment de votre changement, si je me croyais quelque influence sur le ministre; mais, en vérité, je ne m'en flatte pas (Tocqueville,Corresp.[avec Gobineau], 1851, p. 175).Il nous avait recommandé l'abbé Ardouin comme un excellent séminariste dont le sous-diaconat avait été remis pour des raisons de santé (Mauriac,Nœud vip., 1932, p. 116).
3. Équilibre psychique dynamique d'un sujet apte à développer harmonieusement sa personnalité, à participer de manière constructive à la vie sociale. Santé mentale, psychique. Comme j'ai confiance en toi, mon ami, et qu'il faut que tu veilles sur ta santé cérébrale pour qu'elle ne soit plus troublée par le moindre malaise! (Rivière,Corresp.[avec Alain-Fournier], 1907, p. 285).
C. −
1. État sanitaire d'un groupe social, état physiologique des membres d'une collectivité. Santé de la jeunesse, des travailleurs; santé scolaire, universitaire; santé de la population. Le champ de la politique de la santé grandit à mesure qu'on l'étudie (Biot,Pol. santé publ., 1933, p. 13).Les opérations du raffinage des corps gras destinés à l'alimentation ont été discutées: on se demandait si elles ne portaient pas préjudice à la santé du consommateur (Brunerie,Industr. alim., 1949, p. 48).
2. Locutions
a) [Gén. avec une majuscule] Santé publique. Ensemble des mesures mises en œuvre dans un pays pour améliorer ou protéger l'état de santé de la population, ses conditions d'hygiène, son bien-être et son environnement. Secrétariat d'État à la Santé publique. L'urgence de la lutte à entreprendre ne résulte pas seulement de la gravité économique de la question, mais encore et surtout peut-être des dangers que la tuberculose des bovidés fait courir à la santé publique (Nocard,Tubercul. bovine, 1903, p. 6).Aux termes de l'article 697 du Code de la Santé publique, les Commissions administratives peuvent demander au Préfet de conserver une partie de ces revenus [sans affectation spéciale] (Organ. hospit. Fr., 1957, p. 20).
P. ell. La Santé. Les services chargés de la Santé Publique. Les sages-femmes résidant dans les communes comprises dans la circonscription de l'établissement peuvent (...) sur proposition du directeur départemental de la Santé dans les conditions fixées par le décret susmentionné, soigner leurs malades hospitalisés dans les services de maternité et de médecine (Réforme hospit., 1959, p. 20).
Personnel de santé. Ensemble des personnels soignants travaillant ou intervenant dans un organisme de santé publique. L'O.M.S. vient de créer un service dont la fonction spéciale est d'encourager, de coordonner ou d'effectuer lui-même des recherches sur la formation du personnel de santé (Encyclop. univ.t. 141972, p. 672).
b) Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.). Institution spécialisée de l'Organisation des Nations Unies, siégeant à Genève, qui a mis au point le Règlement sanitaire international, qui organise la prévention des maladies épidémiques et patronne des projets de recherche sur les maladies transmissibles et leur éradication. Les pays occidentaux ne possédant pas la souche asiatique A2 en cause, dès l'apparition de la grippe en Chine le Centre International de Londres et l'Organisation Mondiale de la Santé furent alertés (R. Schwartz,Nouv. remèdes et mal. act., 1965, p. 133).
c) Service, corps de santé. Ensemble des personnels médicaux attachés à un organisme de santé publique de l'armée, de la police (en particulier la police des frontières). Les docteurs en médecine et les pharmaciens diplômés admis directement, après concours, dans le corps de santé militaire ou dans le corps de santé colonial (...) doivent avoir accompli leurs obligations (J.O., Loi rel. recrut. arm., 1928, art. 39, p. 3816).Ils virent défiler de l'artillerie de campagne; des voitures du train des équipages; des voitures du service de santé (Romains,Hommes bonne vol., 1938, p. 94).
Officier de santé (de 1803 à 1892). Personne autorisée à exercer la médecine sans être munie d'un diplôme de docteur en médecine. [Bretonneau] échoue à son troisième examen de doctorat, se contente du titre d'officier de santé et (...) revient à Chenonceaux s'installer praticien de campagne (Bariéty, Coury, Hist. méd.,1963, p. 611):
3. ... l'apothicaire compara le sang-froid d'un chirurgien à celui d'un général; et ce rapprochement fut agréable à Canivet, qui se répandit en paroles sur les exigences de son art. Il le considérait comme un sacerdoce, bien que les officiers de santé le déshonorassent. Flaub.,MmeBovary, t. 2, 1857, p. 21.
En partic. Médecin appartenant à un service de santé militaire. Mais quand le pied va, tout va. Officier de santé Jadin, retraité de la marine. Spécialiste au Gabon de l'arrachage des tiques. Aujourd'hui de l'ablation des cors et durillons (Giraudoux, Folle,1944, i, p. 46).
MAR., absol., vieilli. Service de surveillance des maladies contagieuses épidémiques attaché à un port. La santé ne nous ayant trouvé aucune infection, nous fûmes abordés par les canots, et un quart d'heure après nous étions à terre! (Gautier,Tra los montes, 1843, p. 362).Gringole: Lieutenant, la Santé! Le chef de la santé: Holà! du navire, d'où venez-vous? (Dumas père, Monte-Cristo, 1846, i, 1ertabl., 1, p. 3).
Patente de santé. Attestation délivrée au port de départ constatant l'état sanitaire du bord. V. sanitaire B 2 ex. de M. Benoist, Pettier.
d) Maison de santé et p. ell. une santé (vx). Établissement public ou privé où l'on soigne les personnes atteintes de maladies ou d'infirmités et les convalescents; en partic., hôpital psychiatrique. C'est à mon retour, le jour du débarquement, que la fièvre s'est déclarée. Je suis resté trois mois à Bordeaux, dans une maison de santé. Vous l'avez su? (Bernstein,Secret, 1913, ii, 10, p. 25).
[Avec une majuscule] La prison de la Santé, p. ell., la Santé. Ancien hôpital parisien transformé en prison. On perquisitionnait partout, dans les syndicats, au Secours Rouge, à L'Humanité, et un peu dans toute la France: vers le 31, il devait y avoir environ deux cents prisonniers politiques à la Santé, à la Petite Roquette, à Saint-Lazare et en province (Nizan, Conspir.,1938, p. 233).Un jeune calviniste rencontré quai de la Mégisserie me dit des choses curieuses sur la prison de la Santé (Green, Journal,1946, p. 44).
Prononc. et Orth.: [sɑ ̃te]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Fin xes. sanitad « bon état physiologique d'un être vivant » (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 464); ca 1050 sanctet (Alexis, éd. Chr. Storey, 557); ca 1145 santé (Wace, Conception ND, éd. W. R. Ashford, 1668); b) α) 1628 à vos santez (La Response à la misère des clercs des procureurs, 26 ds Quem. DDL t. 19: verse du vin [...] Messieurs à vos santez); 1636 boire à la santé de qqn (Monet, s.v. boire); 1781 p. ell. santé! ([Guillemain], L'Enrôlement supposé, 16 ds Quem. DDL t. 19); β) 1629 « toast » (St Amant, Œuvres, éd. J. Bailbé, t. 1, p. 272: ces santez que l'on fait à la table); 1657 (Scarron, Roman comique, II, 12, éd. A. Adam ds Romanciers du XVIIes., p. 722: Il se mit [...] à porter des santez aux deux valets); c) α) 1866 fam. « courage » (Amiel, Journal, p. 449); β) [1890 « toupet, audace » (à Brest, d'apr. G. Esnault 1948, s. réf.)] 1894 (Courteline, Femmes d'amis, Mais. insal., p. 108: vous en avez une santé!); 2. a) ca 1274 « fonctionnement plus ou moins harmonieux de l'organisme » (Adenet le Roi, Berte, éd. A. Henry, 1957: sa fille fust en bonne santé); 1269-78 (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 4276: santé toute maladive); 1636 mauvaise santé (Monet); b) 1631 bonne santé, formule de souhait (Le Bourgeois poli ds Variétés hist. et littér., t. 9, 159 ds Quem. DDL t. 19); c) 1732 état de santé (Lesage, Hist. de Guzman d'Alfarache, éd. 1825, t. 3, p. 41: s'informer de l'état de ma santé); 3. a) 1659 « état physiologique d'une collectivité » (Corneille, Œdipe, 1954: La santé dans ces murs tout d'un coup repandue); b) α) 1669 santé « hôpital destiné à accueillir les pestiférés » (Widerhold Fr.-all.); 1694 lieu de santé (Ac.); 1721 maison de santé (Trév.); β) 1812 maison de santé « maison où l'on reçoit des malades en pension pour les guérir » (Mozin-Biber); c) α) 1680 officier de santé (Rich., s.v. oficier: Oficier de santé. On appelle de ce nom les Médecins, Apoticaires, Chirurgiens, Operateurs qui servent chez le Roi et chez Monsieur); β) 1804 officier de santé « médecin qui n'avait pas le titre de docteur en médecine (jusqu'en 1892) » (Code civil, art. 236, p. 44); d) 1812 mar. bureau de santé « service de surveillance des maladies épidémiques, contagieuses » (Mozin-Biber); e) 1825 service de santé (Le Couturier, Dict. des connaissances milit., p. 457 ds FEW t. 11, p. 185a); f) 1846 santé publique (Proudhon, Syst. contrad. écon., t. 2, p. 16); g) 1871 corps de santé (Littré). B. P. ext. 1. a) ca 1215 « équilibre, harmonie » (Gervaise, Bestiaire, 1258, éd. P. Meyer ds Romania t. 1, p. 442: Si tes cors soffre aversitez, Ço est a l'arme sanitez); 1580 santé de l'ame (Montaigne, Essais, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, l. II, chap. 23, p. 684); b) ca 1590 santé spirituelle (Id., ibid., l. III, chap. 2, p. 815); 1690 santé de l'esprit (Fur.); c) 1812 santé morale (Jouy, Hermite, t. 2, p. 372); d) 1860 santé intellectuelle (Baudel., Paradis artif., p. 412); e) 1946 santé mentale (Mounier, Traité caract., p. 158); 2. 1588 « état satisfaisant de quelque chose » (Montaigne, op. cit., l, III, chap. 9, p. 960: la santé d'un estat); av. 1628 (Malherbe, Lettre, s. réf. cité par U. Chevreau, Rem. sur les poés. de Malherbe, [ms. de 1660-1670], p. 48, éd. G. Boissière: me faire savoir la santé de vous et de vos affaires); 1964 santé des finances (Lar. encyclop.). Du lat. sanitas « santé (du corps, de l'esprit) », dér. de sanus (sain1*). Fréq. abs. littér.: 5 840. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 9 587, b) 11 090; xxes.: a) 7 591, b) 6 147. Bbg. Letoublon (Fr.). À votre santé... B. Soc. Ling. Paris. 1988, t. 83, n o1, pp. 106-108. − Quem. DDL t. 6, 19, 22, 25, 32.

Wiktionnaire

Nom commun

santé \sɑ̃.te\ féminin

  1. État sain de l’organisme.
    • Ils se plaisaient à simuler leurs maux passés, pour en rappeler l’image à tous les yeux et mieux jouir de la santé présente. — (Charles Deulin, « Les Trentes-Six Rencontres de Jean du Gogué », in Cambrinus et autres Contes, XIXe siècle (1874?))
    • Le Danemark, avec le souci le plus louable de la santé physique et morale de ses sujets, interdit absolument l’importation de l’alcool au Groenland. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    1. (Par analogie) Bon état du moral, de la raison.
      • La gauche « qui ne sait plus ce qu’elle veut » ne se contente plus de se taire, mais prend l’habitude de faire sien le grand discours de régression d’une droite dont elle envie la bonne santé, d’une droite à l’entrain réactionnaire communicatif. — (Élisabeth Guibert-Sledziewski, « Une culture de régression », dans Flash sur la droite, Raison présente n° 88, 4e trimestre 1988, page 115)
      • La santé de l’esprit. La santé de l’âme.
    2. (Par extension) État de l’organisme, bon ou mauvais ; manière dont on se porte.
      • Cependant la santé du roi Louis donne depuis quelques années de sérieuses inquiétudes. […] En mars 1480, il présente aux Forges, près de Chinon, une première attaque, un premier ictus. — (J. Colombe, Portraits d’ancêtres - I - Jacques Coitier, Hippocrate revue d’humanisme médical, janvier 1949, n° 1, page 20)
      • Sa santé ne lui permet pas d’habiter Paris. Son état de santé l’oblige à se reposer. Bulletin de santé.
      • Elle n’était pas jolie. Blanche, rose, l’oreille petite, le cheveu fin, mais trop de joues, trop de santé. — (Alphonse Daudet, Le petit Chose, 1868, rééd. Le Livre de Poche, page 164)
  2. (Par extension) Verre bu en souhaitant à quelqu’un d’être en bonne santé.
    • Hourra pour l’Ange-Gardien ! et pour ses habitants ! cria le général en élevant son verre et en le vidant d’un seul trait… […] Voilà de bon vin, Moutier. Ça fait plaisir de boire des santés avec un vin comme ça ! — (Comtesse de Ségur, L’Auberge de l’Ange Gardien, 1888)
    • Le maître-d’école fit même un joli discours en réponse à cette santé, et chacun fit honneur aux mets appétissants préparés par madame Montépel, qui avait la réputation d’être la meilleure « fricoteuse » des environs. — (Honoré Beaugrand, Jeanne la fileuse : épisode de l’émigration franco-canadienne aux États-Unis, 1878, Fides, 1980, page 97)
    • On le voyait à tous les repas de funérailles où l’on a besoin de quelqu’un pour porter les santés et stimuler la gaieté générale. — (Julien Green, Charlotte Brontë, dans Suite anglaise, 1927, Le Livre de Poche, page 83)
  3. (Histoire) (Marine) (Dans les ports de mer) Lieu où l’on retient en quarantaine, après leur débarquement, les voyageurs arrivant d’un pays où règne une maladie épidémique ou contagieuse.
    • Vers les quatre heures, nous étions en vue de Gibraltar, attendant que la santé (c’est ainsi que l’on appelle les agents du lazaret) voulût bien venir prendre nos papiers avec des pincettes, et voir si d’aventure nous n’apportions pas dans nos poches quelque fièvre jaune, quelque choléra bleu, ou quelque peste noire. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SANTÉ. n. f.
Bon état de l'organisme. L'éclat de la santé. Un visage brillant, resplendissant de santé. Avoir de la santé. N'avoir pas de santé. Cela ruine, use la santé. Avoir soin de sa santé. Conserver sa santé. Ménager sa santé. Rétablir sa santé. Recouvrer la santé. Avoir un visage, un air de santé. Il a un grand fonds de santé. Cela lui a rendu la santé. Il ne faut pas abuser de sa santé. La santé du corps. Fam. et par exagération, Une santé insolente, Une santé que rien n'altère. Officier de santé se disait d'un Médecin d'un ordre Inférieur, qui n'avait pas le grade de docteur. Service de santé, Corps des médecins de l'armée, de la marine. Maison de santé, Établissement privé et payant où l'on reçoit des malades. La santé se dit, dans les ports de mer, du Lieu où l'on retient en quarantaine, après leur débarquement, les voyageurs arrivant d'un pays où règne une maladie épidémique ou contagieuse. Le canot de la santé, Celui qui amène à bord d'un navire en rade le médecin chargé d'examiner les papiers sanitaires du bord. À votre santé, se dit lorsqu'on boit à quelqu'un. On dit de même : À la santé de telle personne; Boire à la santé de quelqu'un. On dit dans un sens analogue Porter la santé de quelqu'un. Porter une santé.

SANTÉ se dit aussi en parlant du Moral. La santé de l'esprit. La santé de l'âme. Il se dit encore, par extension, de l'État de l'organisme, quel qu'il soit, de la manière dont on se porte. Santé robuste. Santé délicate, chancelante. Mauvaise santé. Sa santé est délabrée. Jouir d'une bonne santé. Comment est votre santé? Sa santé ne lui permet pas d'habiter Paris. Son état de santé l'oblige à se reposer. Bulletin de santé.

Littré (1872-1877)

SANTÉ (san-té) s. f.
  • 1État de celui qui est sain, qui se porte bien ; exercice permanent et facile de toutes les fonctions de l'économie. Je vous pourrais servir de quelque chose si j'avais de la santé, Guez de Balzac, liv. II, lett. 3. Je ne croirai pas qu'elle [une dame qui priait pour lui] m'aime tant qu'elle dit, ni que j'aie beaucoup de part en ses prières, si je continue à avoir si peu de santé et si peu de fortune, Voiture, Lett. 25. Seigneur… vous m'aviez donné la santé pour vous servir, j'en ai fait un usage tout profane, Pascal, Prière pour le bon usage des mal. Oui, Seigneur, je confesse que j'ai estimé la santé un bien, non pas parce qu'elle est un moyen facile pour vous servir avec utilité…, Pascal, ib. Une santé robuste, Pascal, ib. Ce n'est pas vivre que de n'avoir point de santé, Sévigné, 2 nov. 1679. J'ai eu bien des vapeurs, et cette belle santé, que vous avez vue si triomphante, a reçu quelques attaques dont je me suis trouvée humiliée, comme si j'avais reçu un affront, Sévigné, à Bussy, 6 août 1675. Non, après ce que nous venons de voir [la mort précipitée de Madame], la santé n'est qu'un nom, la vie n'est qu'un songe, Bossuet, Duch. d'Orl. Quelle santé nous couvrait la mort que la reine portait dans son sein ! de combien près la menace a-t-elle été suivie du coup ! Bossuet, Mar.-Thér. Elle poursuit : Dieu me donnera peut-être de la santé pour aller servir cette paralytique, Bossuet, Anne de Gonz. Vous dirai-je… qu'elle sacrifia sa santé, toute faible et tout usée qu'elle était, à l'honneur d'être auprès d'une grande reine ? Fléchier, Duch. de Mont. Il crut que Dieu l'avait mis dans le palais comme Adam dans le paradis pour y travailler, et répondit depuis à ceux qui le priaient de se ménager, que sa santé et sa vie étaient au public, et non pas à lui, Fléchier, Lamoignon. Quel carême saint Louis n'a-t-il pas continué, aux dépens même de sa santé, toute précieuse qu'elle était ? Fléchier, Panég. St Louis. Par mes ordres trompeurs tout le peuple excité, Du prince déjà mort demandait la santé, Racine, Brit. IV, 2. Ô déesse de la santé, Fille de la sobriété, Et mère des plaisirs du sage, Voltaire, Lett. en vers et en prose, 81. Que puis-je conclure ? que Pascal se portait mal, et que l'autre [son commentateur] se portait bien : Bonne ou mauvaise santé Fait notre philosophie [vers de Chaulieu], Voltaire, Mél. litt. Observations, avertissement. Une première édition n'est jamais qu'un essai… je demande seulement de la santé au ciel, comme Ajax demandait du jour, Voltaire, Lett. Cideville, 3 avr. 1752. Vous êtes dans une solitude complète, vous crevez de santé, Galiani, Corresp. t. II, p. 213, dans POUGENS. La santé peut paraître à la longue un peu fade ; Il faut, pour la sentir, avoir été malade, Collin D'Harleville, Optimiste, I, 7. Elle se servait de la faiblesse de sa santé autant pour plaire que pour toucher, Staël, Corinne, XII, 2.

    Familièrement et par exagération, une santé imperturbable, insolente, une santé que rien n'altère.

    On dit dans le même sens : une santé de crocheteur, une santé d'athlète. Peut-être, avant deux jours, Courtois et Denyau, mandés à son secours [d'une prétendue malade]… Lui sauront bien ôter cette santé d'athlète, Boileau, Sat. X. Je bois à merveille ; je mange de même ; je dors comme une marmotte ; voilà ma santé. - C'est une santé de crocheteur ; un honnête homme serait heureux de l'avoir, Marivaux, la Double surprise de l'amour, I, 2.

    Une petite santé, une santé qui ne se soutient qu'à l'aide de ménagements. Pour la coquetterie la petite santé est une ressource, Poinsinet, Cercle, 2.

    Une grande santé, une santé solide qui n'est jamais dérangée. Que n'avez-vous un peu de ma grande santé ? Sévigné, 25 déc. 1679.

    Lui demander s'il veut cela, c'est demander à un malade s'il veut la santé.

    Chocolat de santé, chocolat propre à entretenir la santé.

    On dit de même : flanelle de santé.

  • 2Au plur Les santés, la santé de plusieurs personnes. Comme vous êtes le centre de toutes les conduites et la cause de toutes les santés, je me réjouis infiniment avec vous de tant de bons succès, Sévigné, à Mme de Grignan, 16 oct. 1689.
  • 3Complexion, constitution. Aimez-vous un peu pour l'amour de nous, commencez à étudier votre santé, que vous avez jusques ici négligée, Guez de Balzac, liv. VIII, lett. 7.

    Au plur. Même sens. Des santés qui ne se soutiennent qu'à force de remèdes. Pour les santés délicates, elles méritent qu'on y prenne confiance, Sévigné, 612.

  • 4État salubre, en parlant d'une ville, d'un pays, par opposition à maladie épidémique. La santé de la ville est bonne malgré les chaleurs. La santé, dans ces murs tout d'un coup répandue, Fait crier au miracle, Corneille, Œdipe, V, 11.
  • 5Officier de santé, médecin d'un ordre inférieur, en ce sens qu'on lui demande moins de connaissances qu'aux docteurs.
  • 6Service de santé, les médecins et les chirurgiens attachés au service du roi, de l'empereur, d'un prince.
  • 7Maison de santé, maison où l'on reçoit des malades moyennant un prix convenu.
  • 8Corps de santé, corps chargé du service médical dans l'armée, dans la marine.

    On dit de même : service de santé.

  • 9Lieu, maison de santé ou, absolument, la santé, maison désignée où l'on porte les pestiférés, et où l'on retient ceux qui viennent de lieux soupçonnés de peste (cette dénomination a vieilli, voy. LAZARET).

    Bureau de santé, établissement formé dans les villes maritimes pour inspecter les bâtiments soupçonnés de contagion.

    Bateau de santé, canot qui va visiter un navire à son entrée dans le port et qui y conduit le médecin.

    On dit dans un sens analogue : un garde de santé.

    Billet de santé, attestation que des officiers ou des magistrats donnent en temps de peste, pour certifier qu'un voyageur ne vient pas d'un lieu suspect.

    Capitaine de santé, nom, dans quelques villes, au XVIIe siècle, en temps de peste, d'officiers chargés de veiller à la santé publique.

  • 10Au moral. La santé de l'esprit. La santé de l'âme.
  • 11Action de boire à quelqu'un dans un repas, en lui souhaitant santé. Votre pâté, dès qu'il parut, Ramena les santés, et fit naître l'envie De boire à Chloris, à Sylvie, La Fontaine, Lett. XIV, à M. Simon. La divine potion pour conserver la santé spirituelle par la cure de la maladie invétérée de boire à la santé, titre d'un livre, 1648, cité par VOLT. Dict. phil. Boire à la santé. Quarante gentilshommes avaient dîné en bas, et avaient bu chacun quarante santés, Sévigné, 77. Votre santé a été célébrée au plus beau repas que j'aie jamais vu, Sévigné, 122. Un Allemand qui perdit la vie pour avoir bu, dans une débauche, trois santés avec du tabac dans son vin, Lesage, Diable boit. 12.

    Porter la santé de quelqu'un, boire des santés, boire à la santé. Cependant mon hâbleur, avec une voix haute, Porte à mes campagnards la santé de notre hôte, Boileau, Sat. III.

    À votre santé, façon de parler dont on se sert à table lorsqu'au moment de boire on souhaite santé à quelqu'un.

    On dit de même : à la santé de monsieur un tel. À la santé des absents. Boire à la santé de quelqu'un. On but encore à la santé de l'hôte, La Fontaine, Rem. Nous avons bu à votre santé en vin blanc… Mme de Grignan a commencé, les autres ont suivi, Sévigné, à M. de Chaulnes, 5 mai 1691. À ma santé coule un vin généreux, Béranger, Bon vieill.

  • 12Santé du corps, nom populaire, à Paris, du cresson de fontaine.

HISTORIQUE

XIIe s. Nen est sanctez en la meie carn [chair], Liber psalm. p. 49. Ne se doit plaindre li homs qui santé a, Bat. D'Aleschans, V. 8030. Lores requist li reis le prudume, que il Deu depreiast que guarisun e sancted de la main li dunast, Rois, 287.

XIIIe s. Le diable me cuide bien avoir engané ; Mais n'i aura pooir, se Diex me dont santé [jugement sain], Berte, XLV. Bien [elle] sait que se sa fille fust en bonne santé, Qu'ele l'eüst veüe…, ib. LXXXI. Mais li espoirs d'amie avoir Lui fit tost sa santé ravoir, Bl. et Jeh. 805.

XIVe s. De ceste hache ci li donrai tel santé, Car il ne lui chaura combien on vende blé, Guesclin. 19 290.

XVe s. …Si Dieu me donne que à santé je puisse retourner en la comté de Hainaut, Froissart, II, III, 12. Si tu estoyes chose mortelle et que on te peust tenir aux mains, tu auroyes occis à ta male santé ce preux chevalier, Perceforest, t. III, f° 14.

XVIe s. Ilz faisoient festin pour la joye du recouvrement de sa santé, Amyot, Pomp. 82. Nul ne doute de la santé du sejour ès forests, De Serres, 784. La serenité du ciel, la santé de l'air, le plaisant aspect de la contrée, De Serres, 1000. Souvenez-vous du proverbe qui dit : Il n'est richesse que de santé, Lanoue, 185. Dieu nous garde de la santé des Allemans et de la maladie des François, Oudin, Curios. franç. De grande maladie vient-on bien en grande santé, Cotgrave Qui n'a santé il n'a rien ; qui a santé il a tout, Cotgrave La santé du corps, la chaleur des pieds, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 275. Netteté nourrist la santé, Leroux de Lincy, ib. t. II, p. 356.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SANTÉ. Ajoutez :
13 Fig. Porter santé, demeurer dans un état de tranquillité, de possession de soi-même. Depuis cette funeste époque, il [le cardinal de Noailles] ne porta quasi plus santé, je veux dire qu'il fut presque incontinent attaqué, et peu à peu poussé sans relâche aux dernières extrémités, jusqu'à la fin de sa vie, Saint-Simon, dans Scènes et portraits choisis, par Eug. de Lanneau, t. I, p. 225 (Destruction de Port-Royal).
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SANTÉ, s. f. (Œcon. anim.) ὑγίεια, hygieia, sanitas, valetudo. C’est l’état le plus parfait de la vie ; l’on peut par conséquent le définir ; l’accord naturel, la disposition convenable des parties du corps vivant, d’où s’ensuit que l’exercice de toutes ses fonctions se fait, ou peut se faire d’une maniere durable, avec la facilité, la liberté, & dans toute l’étendue dont est susceptible chacun de ses organes, selon sa destination, & relativement à la situation actuelle, aux différens besoins, à l’âge, au sexe, au tempérament de l’individu qui est dans cette disposition, & au climat dans lequel il vit. Voyez Vie, Fonction, Age, Sexe, Tempérament, Climat.

Il résulte de cette idée circonstanciée de la santé, que quiconque est dans cet état, jouit par conséquent de la vie ; mais que l’on peut vivre sans être en santé ; ainsi l’idée de ce dernier état en particulier, est plus étendue, renferme plus de conditions que celui de la vie en général.

En effet, 1°. il suffit, pour l’existence de la vie, que le corps animé soit susceptible d’un petit nombre de fonctions, mais sur-tout que le mouvement du cœur & de la respiration se fasse sans une interruption considérable ; au lieu que l’état de santé suppose absolument l’exercice ou l’intégrité des facultés pour toutes les fonctions. 2°. Il ne faut, pour que la vie se soutienne par l’exercice des fonctions indispensables pour cet état, que la continuation de cet exercice, quelqu’imparfaitement qu’il puisse se faire, & même seulement par rapport au mouvement du cœur, quelque peu que ce puisse être, sans celui de la respiration : au-lieu que pour une santé bien établie, non-seulement il faut que toutes les fonctions vitales s’exercent, & que l’exercice des autres se fasse, ou puisse se faire constamment, respectivement à l’utilité dont elles sont dans l’économie animale ; mais encore, que l’exercice s’en fasse de la maniere la plus parfaite dont l’individu soit susceptible de sa nature.

Il s’ensuit donc que quoique la santé exige l’exercice de toutes les fonctions, il suffit que celles d’où dépend la vie, se soutiennent incessamment & dans toute la perfection possible ; il n’est pas nécessaire que les autres se fassent continuellement ni toutes à la fois, il suffit qu’elles puissent se faire convenablement à chaque organe, lorsque la disposition, les besoins de la machine animale, ou la volonté l’exigent, & que cette faculté soit commune à tous les organes sans exception, parce que la perfection est le complément de toutes les conditions.

Ainsi, parmi les actions du corps humain, il en est qui ont lieu nécessairement dans tous les tems de la vie, pour qu’elle se conserve ; tel est l’exercice des principaux organes de la circulation du sang, même dans le fœtus ; de ceux de la respiration après la naissance : l’action des premiers doit se répéter chaque seconde d’heure environ ; celle des autres doit avoir lieu plusieurs fois dans une minute : il est des organes qui ne sont en action que pendant un certain tems, dans l’espace d’un jour naturel, comme ceux de la digestion, des mouvemens des membres, de l’exercice de l’esprit ; ensorte que le sommeil succede à la veille, comme le repos au travail, la nuit au jour ; d’autres organes ont des fonctions réglées pour tous les mois, comme ceux qui servent à l’évacuation périodique des femmes : il est des fonctions qui sont particulieres à chacun des sexes, comme aux hommes d’engendrer, aux femmes de concevoir, & ces fonctions ne peuvent avoir lieu qu’à un certain âge, & n’ont qu’un exercice limité ; elles regardent les adultes, non pas les enfans, ni communément les vieillards, sur-tout par rapport aux femmes.

Ainsi on ne peut pas regarder comme en santé, quiconque ne peut pas exercer les fonctions convenables à son sexe, à son âge, & à la circonstance ; tels sont les eunuques, les mutilés en tout genre ; de même que c’est aussi contraire à l’idée de la santé d’exercer des fonctions qui ne conviennent pas, qui sont déplacées, comme si une femme décrépite est encore sujette à l’évacuation menstruale, ou le redevient, ou si quelqu’un est porté au sommeil extraordinairement hors le tems qui lui est destiné ; par conséquent, la même fonction, qui étant exercée convenablement, est un effet de la bonne santé, devient un signe, un symptome de maladie, lorsqu’elle se fait à contretems.

La perfection de la santé ne suppose donc pas une même maniere d’être, dans les différens individus qui en jouissent ; l’exercice des fonctions dans chaque sujet, a quelque chose de commun, à la vérité, pour chaque action en particulier, mais il est susceptible aussi de bien des différences, non-seulement par rapport à l’âge, au sexe, au tempérament, comme on vient de le dire ; mais encore par rapport aux sujets de même âge, de même sexe, de même tempérament, selon les différentes situations, les différentes circonstances où ils se trouvent ; ainsi chacun a sa maniere de manger, de digérer, quoique chacun ait les mêmes organes pour ces fonctions.

La santé ne consiste donc pas dans un point précis de perfection commune à tous les sujets, dans l’exercice de toutes leurs fonctions ; mais elle admet une sorte de latitude d’extension, qui renferme un nombre très-considérable & indéterminé de combinaisons, qui établissent bien des varietés dans la maniere d’être en bonne santé, comprises entre l’état robuste de l’athlete le plus éloigné de celui de maladie, & l’état qui approche le plus de la disposition où la santé cesse par la lésion de quelque fonction.

Il suit de-là qu’il n’existe point d’état de santé qui puisse convenir à tout le monde ; chacun a sa maniere de se bien porter, parce que cet état dépend d’une certaine proportion dans les solides & les fluides, dans leurs actions & leurs mouvemens, qui est propre à chaque individu. Comme l’on ne peut pas trouver deux visages parfaitement semblables, dit à ce sujet Boerhaave, instit. med. semeiot. comment. §. 889. de même il y a toujours des différences entre le cœur, le poumon d’un homme, & le cœur, le poumon d’un autre homme.

Que l’on se représente deux personnes en parfaite santé, si l’on essaie de faire passer les humeurs, c’est-à-dire la masse du sang de l’un de ces sujets, dans le corps de l’autre, & réciproquement, même sans leur faire éprouver aucune altération, comme par le moyen de la transfusion, si fameuse dans le siecle dernier, ils seront sur le champ tous les deux malades, dès que chacun d’eux sera dans le cas d’avoir dans ses vaisseaux, du fluide qui lui est étranger ; mais si l’on pouvoit tout de suite rendre à chacun ce qui lui appartient, sans aucun changement, ils récouvreroient chacun la santé dont ils jouissoient avant l’échange.

C’est le concours des qualités dans les organes & les humeurs propres à chaque individu, qui rend cet échange impraticable (Voyez Transfusion) ; c’est cette proportion particuliere entre les parties dans chaque sujet, qui constitue ce que les anciens entendoient pas idiosyncrasie, & ce que nous appellons tempérament (Voyez Idiosyncrasie, Tempérament), qui fait que l’exercice des fonctions d’un homme differe sensiblement de ce qui se passe au même égard dans un autre homme, quoiqu’ils soient tous les deux dans un état de santé bien décidée.

Les mêmes organes operent cependant dans l’un & dans l’autre le changement des matieres destinées à la nourriture, en humeurs d’une nature propre à cet effet. Cependant des mêmes alimens il ne résulte pas des humeurs absolument semblables, lorsqu’ils sont travaillés & digérés dans deux corps différens.

Tel homme vit de plantes & de fruits avec de l’eau, & se porte bien ; tel autre se nourrit de viande & de toutes sortes d’autres alimens, avec des liqueurs spiritueuses, & se porte bien aussi : donnez à celui-ci qui est habitué à son genre de vie des végétaux pour toute nourriture, il deviendra bientôt malade ; comme celui qui est accoutumé à vivre frugalement, s’il passe à l’usage de tous les genres d’alimens qui constituent ce qu’on appelle la bonne chere.

Ainsi on ne peut dire en général d’aucune espece de nourriture, qu’elle convient pour la santé préférablement à toute autre, parce que chacun a une façon de vivre, de se nourrir qui lui est propre, & qui differe plus ou moins de celle d’un autre. Voyez Régime.

La différence des constitutions des tempéramens, n’empêche pas cependant qu’il n’y ait des signes généraux auxquels on peut connoître une bonne santé, parce que dans l’économie animale la variété des moyens ne laisse pas de produire des effets qui paroissent semblables, dont la différence réelle n’est pas assez caractérisée pour se rendre sensible : c’est le résultat de plusieurs effets dont les modifications ne sont pas susceptibles d’être apperçues, d’être saisies, qui forment ces signes visibles, par le moyen desquels on ne peut & on ne fait que juger en gros de l’état des choses.

Ainsi c’est par la facilité avec laquelle l’on sent que se fait l’exercice des fonctions du corps & de l’ame ; par la satisfaction que l’on a de son existence physique & morale ; par la convenance & la constance de cet exercice ; par le témoignage que l’on rend de ce sentiment, & le rapport de ces effets, que l’on peut faire connoître que l’on jouit d’une vie aussi saine, aussi parfaite qu’il est possible. Les trois premieres de ces conditions sont aisées à établir, par l’examen de l’état actuel dans lequel on se trouve ; mais il n’en est pas de même de la derniere, qui ne peut être que préssentie pour l’avenir, à en juger par le passé ; en tant que l’on connoît la bonne disposition du sujet, & la force de son tempérament, qui le rend propre à résister aux fatigues, aux injures de l’air, à la faim, à la soif, par conséquent aux differentes causes qui peuvent altérer, détruire la santé : d’où l’on peut inférer que puisque dans ce sujet les choses non-naturelles tendent constamment à devenir & deviennent naturelles, c’est-à-dire que l’usage des choses dont l’influence est inévitable ou nécessaire, ne cesse de tourner au profit de la santé, à l’avantage de l’individu, pour sa conservation, & pour celle des dispositions à contribuer à la propagation de l’espece ; cet état se soutiendra long-tems.

Il suit de-là que les signes par lesquels on peut présager une vie saine & longue, sont aussi ordinairement les marques d’une santé actuelle bien solide, bien affermie. Les hommes d’une complexion maigre, mais charnue, sont le plus disposés à une bonne santé : les personnes qui avec assez d’embonpoint en apparence, sont d’un complexion délicate, ont des muscles grêles, peu compactes, perdent aisément, par de très-petites indispositions, cette apparence de santé, qui ne dépend que de la graisse qui se ramasse sous les tégumens. Dans cette disposition on est très susceptible de maladie, ce qui forme une constitution très-éloignée d’être parfaite, lors même qu’elle semble accompagnée des signes de la santé.

La force de la faculté qui constitue la vie, c’est-à-dire de la nature, se dissipe chaque jour plus ou moins par l’exercice des fonctions ; mais dans la santé la nourriture & le sommeil réparent cette perte par la formation & le nouvel approvisionnement qui se fait du fluide nerveux : la vie se soutient tant que la nature a des forces suffisantes pour surmonter les résistances de la machine animale, par conséquent celles qu’opposent au mouvement les solides & les fluides qui la composent. Plus les forces sont supérieures aux résistances, avec une plus grande masse à mouvoir, plus les forces vitales sont considérables & propres au maintien de la santé ; & au contraire à proportion qu’elles surpassent moins les résistances, avec une moindre masse à mouvoir, la santé est plus foible, plus délicate, plus sujette à se déranger.

Plus la nature a de forces, & moins elle en dépense, plus la santé est ferme & durable ; parce que la provision des forces est plus considérable. C’est de-là que dépend 1°. la facilité, l’agilité, la promptitude dans l’exercice des fonctions ; 2°. le contentement intime, la joie de l’ame, qui sont l’effet du sentiment qu’elle éprouve de la conscience qu’elle a de cette disposition, de cette faculté ; 3°. & l’ordre bien réglé, tranquille & durable des différentes actions de l’individu. Trois conditions qui sont essentiellement nécessaires pour le maintien de la bonne santé.

C’est un très-bon signe en sa faveur lorsque chaque jour à la même heure à-peu-près on se sent porté à satisfaire aux principaux besoins de la vie ; que l’on se sent de l’appétit pour manger & pour boire ; que l’on le satisfait convenablement ; que la digestion, ainsi que l’excrétion des matieres fécales & de l’urine ont aussi chacune leur tems réglé ; & que le sommeil revient à sa même heure environ, & dure de suite environ le même tems.

C’est aussi une marque de bon tempérament & d’une disposition certaine à une santé durable, lorsque l’on peut se livrer à un exercice assez fort, à un travail du corps assez considérable, sans qu’il se fasse de battement, de pulsation, de palpitation extraordinaire dans aucune partie du corps, sans que l’on ressente aucune douleur, qu’il se forme aucune tumeur, qu’il paroisse aucune rougeur sur la surface du corps. C’est une preuve que la distribution des humeurs se fait avec une égalité bien constante, même lorsqu’il se fait des mouvemens forcés qui pourroient la troubler.

Ceux qui ont beaucoup de vigueur dans les organes, qui sont d’une santé robuste, sont rarement des gens d’esprit ; & au contraire avec de l’esprit on n’a pas ordinairement une bonne santé, parce que l’exercice de l’esprit exige une grande mobilité dans le physique de l’entendement, dans le genre nerveux, laquelle contribue beaucoup à l’affoiblissement du corps, à établir une débilité dominante : au lieu que la roideur des fibres en général qui constitue la disposition à la force du corps, à la vigueur de la santé, s’étend à l’organisation du cerveau & des nerfs ; ce qui les rend moins propres à la vibratilité, qui est nécessaire pour l’exercice des sensations, des fonctions de l’esprit. On ne peut pas réunir dans ce monde toutes les conditions qui peuvent rendre heureux à tous égards : ainsi celui qui a la sagesse (c’est-à-dire le savoir) de Salomon, ne peut pas se promettre la longue vie de Mathusalem. On ne sait autre chose, dit Boerhaave, instit. med. §. 885, de l’anglois fameux pour avoir poussé la vie beaucoup au-delà d’un siecle, sinon qu’il aimoit beaucoup le fromage, & qu’il commit un adultere ayant près de 100 ans. On n’a jamais parlé d’aucune production ni autre preuve de son esprit. M. de Fontenelle qui n’a fini sa carriere qu’au bout d’un siecle, quoiqu’il ait joué un grand rôle dans la république des Lettres, peut être regardé comme un phénomene d’autant plus rare en ce genre.

Les moyens propres à conserver la santé, consistent dans le bon usage des choses non-naturelles, que l’on doit observer pour cet effet le plus qu’il est possible, de la maniere prescrite dans les articles Hygiene, Non-naturelles, choses, Régime.

Pour ce qui regarde le rétablissement de la santé, c’est aussi au régime & au secours de l’art qu’il faut avoir recours, selon les indications qui se présentent. Voyez Médecine, Thérapeutique, Diete, Régime, Curation, Traitement, Remede, Chirurgie, Médicament, Pharmacie, Chimie.

Santé, (Mythol. & Littérat.) La santé a été personnifiée ou déïfiée chez les anciens. Pausanias rapporte que son culte étoit commun dans la Grece : Posita sunt deorum signa Hygiæ, quam filiam Æsculapii fuisse dicunt ; & Minervæ, cui itidim Hygiæ, id est sospitæ cognomentum. La premiere étoit apparemment la santé du corps, & la seconde celle de l’esprit. Il dit ailleurs que dans le temple d’Amphyarus il y avoit un autel pour Jaso, pour Vénus, pour Panacée, pour la Santé, pour Minerve : Jaso vient de Ὕασις, guérison. On la fait aussi fille d’Esculape. Pline remarque fort bien que le nom de Panacée promet la guérison de toutes les maladies. Les payens ne prétendirent révérer que la divinité qui donne ce qui conserve la santé.

Les Romains adoroient cette déïté sur le mont Quirinal. Elle nous est représentée comme une dame romaine couronnée d’herbes médicinales, & tenant dans sa main droite un serpent. Elle étoit toute couverte des cheveux que les femmes se coupoient en son honneur.

Son temple, selon Publius-Victor, étoit dans le sixieme quartier de la ville de Rome ; mais Domitien après s’être tiré du péril qu’il avoit couru à l’avénement de Vitellius à Rome, fit élever un second temple à la déesse de la santé, avec cette inscription : Saluti Augusti.

Il y a un médaillon de Marc-Aurele où l’on voit un sacrifice fait au dieu de la santé par Minerve, & devant elle paroît la Victoire, qui tient un panier plein de fruit. (D. J.)

Santé, pierre de, (Hist. nat. Minéralog.) C’est ainsi qu’on nomme à Genève & en Savoie une espece de pyrite martiale très-dure, & susceptible d’un beau poli. On taille ces pyrites en facettes, comme le crystal, ou comme les pierres précieuses, & l’on en fait des bagues, des boucles, & d’autres ornemens.

La couleur de cette pierre ou pyrite, lorsqu’elle a été polie, est à-peu-près la même que celle de l’acier bien poli. On lui donne le nom de pierre de santé, d’après le préjugé où l’on est qu’elle change de couleur & devient pâle lorsque la santé de la personne qui la porte est sur le point de s’altérer. Cette pyrite est précisément de la même espece que celle que l’on appelle pierre des incas. Voyez cet article, & Voyez Pyrite.

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Étymologie de « santé »

(Date à préciser) Du latin sanitas, via son accusatif sanitatem.
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Provenç. santat, sandat, sanitat, sanetat ; espagn. sanidad ; ital. sanità ; du lat. sanitatem, de sanus (voy. SAIN).

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Phonétique du mot « santé »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
santé sɑ̃te

Citations contenant le mot « santé »

  • Les pauvres ont la santé, les riches les remèdes. De Proverbe français
  • La santé bouge, la maladie ne bouge pas. De Charles Du Bos
  • La santé, c'est le plus grand des biens. De Cardinal de Bernis
  • Je n'ai jamais dans ma vie fait autre chose que travailler pour me rendre malade quand je jouissais de ma santé, et travailler pour regagner ma santé quand je l'avais perdue. De Giacomo Casanova / Histoire de ma vie
  • Moins de désirs égale plus de santé. De Proverbe espagnol
  • La gaieté est la moitié de la santé. De Proverbe tchèque
  • Heureux celui qui joint la santé à l’intelligence. De Ménandre
  • Lorsque l'esprit est plein de joie, cela sert beaucoup à faire que le corps se porte mieux et que les objets présents paraissent plus agréables. René Descartes, Correspondance, à Élisabeth, octobre ou novembre 1646
  • Les gens bien portants sont des malades qui s'ignorent. Jules Romains pseudonyme littéraire devenu ensuite le nom légal de Louis Farigoule, Knock ou le Triomphe de la médecine, I, Knock , Gallimard
  • La santé n'est qu'un mot, qu'il n'y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide. Jules Romains pseudonyme littéraire devenu ensuite le nom légal de Louis Farigoule, Knock ou le Triomphe de la médecine, II, 3, Knock , Gallimard
  • La meilleure santé, c’est de ne pas sentir sa santé. De Jules Renard / Journal
  • Etre en bonne santé, c'est pouvoir abuser de sa santé impunément. De Michel Tournier / Le Miroir des idées
  • O santé ! Santé ! Bénédiction des riches ! Richesse des pauvres ! Qui peut t’acquérir à un prix trop élevé, puisqu’il n’y a pas de joie dans ce monde sans toi ? De Ben Jonson / Volpone
  • Le plus pauvre n'échangerait pas sa santé pour de l'argent, mais le plus riche donnerait tout son argent pour la santé. De Charles Caleb Colton / Lacon or many things in few words
  • Quand nous sommes jeunes, nous dépensons notre santé pour se faire une fortune... Et quand nous sommes vieux nous dépensons notre fortune pour se faire une santé ! De Anonyme
  • L’exposition à des substances chimiques présentes dans l’environnement ou en milieu de travail peut avoir des conséquences néfastes sur la santé. Santé publique France met en œuvre des dispositifs de surveillance pour caractériser et évaluer leurs impacts sur la santé. , COVID-19 : point épidémiologique du 30 juillet 2020
  • Pharmacie : « Le commerce parallèle de médicaments entraîne des dépenses de santé plus élevées » Le Monde.fr, Pharmacie : « Le commerce parallèle de médicaments entraîne des dépenses de santé plus élevées »
  • Le Ségur de la santé a débouché pour elles sur une revalorisation de salaire de 183 euros par mois. Insuffisant pour les sages-femmes. Reportage au centre hospitalier de Haguenau. France Bleu, Ségur de la santé : "oubliées et méprisées", les sages-femmes de l'hôpital de Haguenau se mobilisent
  • Ce cas autochtone a été pris en charge et son état de santé n’inspire pas d’inquiétude. Cette personne a été infectée mi-juillet, alors qu’elle séjournait à proximité d’une zone de baignade et d’activités nautiques entre les communes de Cessenon-sur-Orb et de Murviel-lès-Béziers, au lieu-dit La base de Réals. , Santé. Hérault : un cas de dengue traité à Cessenon-sur-Orb | Métropolitain
  • L'huile de palme est la graisse que l'on obtient du fruit d'un palmier à huile. Nommée scientifiquement « Elaeis guineensis », elle est native et très commune dans les pays africains. Elle est souvent présente dans les aliments transformés, dans sa version raffinée. Quels sont ses dangers sur notre santé ? Futura, Quels sont les dangers de l’huile de palme pour la santé ?
  • Des températures estivales, élevées, sont annoncées pour les jours à venir. Pour profiter pleinement de ce beau temps sans encourir des risques pour votre santé, le ministère de la Santé rappelle les précautions à prendre: , Recommandations du ministère de la Santé pour un été en sécurité en cas de forte chaleur - gouvernement.lu // Le gouvernement luxembourgeois
  • Ils ne sont aujourd’hui que 65 à exercer ce nouveau métier en France. Pourtant, ils représentent l’avenir de la profession infirmière. Parmi les engagements pris par le gouvernement lors du Ségur de la santé, il est question d’augmenter les places en formation d’infirmier de pratique avancée (IPA). Et ce, avec un double objectif : porter les effectifs d’IPA à 3.000 à la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron, puis à 5.000 en 2024. Une annonce plutôt bien accueillie par le président de l’Ordre national des infirmiers (Oni) Patrick Chamboredon : “c’est un bon début, se réjouit-il, c’est à la fois un métier d’avenir pour les infirmiers, mais aussi pour les patients, car les IPA libèrent du temps aux médecins en se substituant à eux pour des soins auxquels ils ont été formés”. Mais il faudra toutefois poursuivre les efforts une fois ces premiers objectifs atteints, avertit le président de l’Oni : “5.000 IPA dans quatre ans, cela reste peu quand on sait qu’on compte aujourd’hui 700.000 infirmiers diplômés d’État sur le territoire”. Capital.fr, Ségur de la santé : ces super-infirmiers dont le gouvernement veut booster les effectifs - Capital.fr

Images d'illustration du mot « santé »

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Traductions du mot « santé »

Langue Traduction
Anglais health
Espagnol salud
Italien salute
Allemand gesundheit
Chinois 健康
Arabe الصحة
Portugais saúde
Russe здоровье
Japonais 健康
Basque osasun
Corse salute
Source : Google Translate API

Synonymes de « santé »

Source : synonymes de santé sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « santé »

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