Ralentir : définition de ralentir


Ralentir : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

RALENTIR, verbe

I. − [La modification dénotée par ralentir concerne la vitesse d'un déplacement (infra A) ou le déroulement temporel d'un processus, d'une activité (infra B et C)] Anton. accélérer.
A. −
1. Empl. trans.
a) Qqn, qqc.1ralentit qqc.2(de qqc.3, qqn).Rendre plus lent. Ralentir le mouvement, la vitesse de qqc.; ralentir la course, le pas de qqn. Les fossés, les souches d'arbres, l'épaisseur des taillis, rien ne pouvoit ralentir sa marche impétueuse (Genlis, Chev. Cygne, t. 1, 1795, p. 34).Les chevaux allaient tout seuls, la tête basse, de leur allure continue et paresseuse, que la montée ralentissait encore (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 603).
b) Qqn, qqc.1ralentit qqc.3.Faire se déplacer plus lentement. Le postillon ralentit ses chevaux, se retourna et cria au jockey: Dites à ces dames de ne pas avoir peur (Sand, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 186).Très maniables grâce à un dispositif qui permet de faire varier la vitesse relative des chenilles (en ralentissant une chenille ou l'autre on obtient la direction), ces engins (...) s'illustrèrent sur les champs de bataille (Tinard, Automob., 1951, p. 358).
2. Empl. pronom.
a) Qqc.2(de qqc.3, qqn) se ralentit (par qqc.1).Être, progressivement, plus lent. La vitesse de qqc., l'allure, le pas de qqn se ralentit. Sa marche, loin de se ralentir par le chant, s'en accélérait (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 398).Le mouvement de la roue se ralentit, mais celle-ci continue à tourner sans glisser sur le rail (Bailleul, Matér. roulant ch. de fer, 1951, p. 171).
b) Qqc.3, qqn se ralentit (par qqc.1).Se déplacer plus lentement. Son cheval ne s'était pas ralenti une minute et donnait tête baissée dans tous ces fantômes (Hugo, Rhin, 1842, p. 210).Emma l'aperçut dans la prairie, qui marchait sous les peupliers, se ralentissant de temps à autre, comme quelqu'un qui réfléchit (Flaub., MmeBovary, t. 1, 1857, p. 149):
1. Une trace allait s'épaississant et zigzaguant dans l'émulsion, caractéristique d'une particule qui se ralentissait par ionisation des atomes du milieu traversé. Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 377.
3. Empl. intrans.
a) Qqc., qqn1, 3ralentit.Se déplacer plus lentement. Le cheval ralentit de nouveau après quelques foulées plus vives (Hémon, M. Chapdelaine, 1916, p. 23).Les passants ralentissaient pour écouter la radio dont la voix éclatait dans la rue (Roy, Bonheur occas., 1945, p. 348).
b) Dans le domaine de la conduite automob.Qqn1ralentit.Diminuer la vitesse d'un véhicule, d'un moteur. « Halte-là! », hurla un milicien. Le chauffeur ne ralentit pas. Le milicien mit la voiture en joue (Malraux, Espoir, 1937, p. 799).Si l'on ralentit ou accélère, le moteur tousse, crache et n'a plus son rendement optimum (Chapelain, Techn. automob., 1956, p. 101).[Sur un panneau de signalisation routière ou de chantier] Ralentir. Travaux.
Rem. Les constr. 1 a et 2 a supra sont plus fréq. que les constr. 1 b et 2 b; lorsque le suj. désigne une pers. ou un animal, la constr. 2 b apparaît comme vieillie, 3 a lui est préférée en fr. contemporain.
B. − LITT., MUS., THÉÂTRE
1. Empl. trans.
a) Qqn1ralentit qqc.2(de qqc3).Exécuter plus lentement. Ralentir la cadence, le tempo (d'un morceau de musique). Il vous prend je ne sais quelle impatience semblable à celle qu'on éprouve quand un musicien ralentit trop la mesure d'un air (Staël, Allemagne, t. 1, 1810, p. 174).
b) Qqc.1ralentit qqc.2(de qqc.3).Rendre plus lent. Ralentir l'action. Ce paragraphe intermédiaire ralentit le mouvement et ôte du lyrisme à ce qui suit (Flaub., Corresp., 1853, p. 120).
2. Empl. pronom. Qqc.2(de qqc.3) se ralentit.Être, progressivement, plus lent. Peu à peu le roulement se ralentit et prit un rythme inégal, étrange (Schaeffner, Orig. instrum. mus., 1936, p. 10).Travaillé à ma pièce. Quand j'écris vite, cela va à peu près, et je crois que le dialogue est assez vivant. Si je pèse trop mes mots, il devient lourd et se ralentit (Green, Journal, 1951, p. 93).
3. Empl. intrans.
a) Qqc.2(de qqc.3) ralentit.Être, progressivement, plus lent. En passant le disque un peu plus de deux fois moins vite, on descend le tout d'un peu plus d'une octave et le tempo ralentit d'autant (Schaeffer, Rech. mus. concr., 1952, p. 23).
b) Qqn1ralentit sur qqc.2, 3Exécuter, prononcer plus lentement ou en ménageant un temps de retard. On ralentit habituellement sur les cadences qui possèdent une véritable importance architecturale, et l'on fait très légèrement attendre les notes ou les accords qui constituent les sommets dynamiques des phrases (Dupré, Improvis. orgue, 1925, p. 10).Toute cette phrase doit être dite d'un seul trait descendendo (...) − ralentir sur les dernières syllabes (Claudel, Échange, 1954, i, p. 733).
C. −
1. Empl. trans. Qqn, qqc.1ralentit qqc.2Rendre plus lent le rythme de (quelque chose), diminuer l'activité de (quelque chose). Synon. freiner, réduire; anton. accélérer, activer, augmenter.
a) [Qqc.2désigne un processus, une activité socio-écon.] Ralentir la croissance. La fabrication fut ralentie par l'impossibilité dans laquelle se trouva le service des poudres d'accroître sa production (Joffre, Mém., t. 1, 1931, p. 77).Les bouleversements politiques récents n'ont (...) pas ralenti les travaux des mathématiciens (Gds cour. pensée math., 1948, p. 321):
2. Les économistes démontrent (...) que cette harmonie [des fonctions] se rétablit d'elle-même, quand il le faut, grâce à l'élévation ou à l'avilissement des prix, qui, suivant les besoins, stimule ou ralentit la production. Durkheim,Divis. trav., 1893, p. 358.
b) [Qqc.2désigne une fonction intellectuelle, physiol.] Le sommeil, en ralentissant le jeu des fonctions organiques, modifie surtout la surface de communication entre le moi et les choses extérieures (Bergson, Essai donn. imm., 1889, p. 102).L'alcool, pris après les repas, ralentit la digestion (Macaigne, Précis hyg., 1911, p. 268).
c) [Qqc.2désigne un comportement] Elle avait ralenti la voix, elle semblait attendre sur le visage d'Hélène l'effet de ses paroles (Zola, Page amour, 1878, p. 827).Il pèse le pour et le contre avant d'agir, ce qui ralentit ses actes (Mounier, Traité caract., 1946, p. 331).
2. Empl. pronom. ou intrans. Qqc.2(se) ralentit.Être, progressivement, plus lent, moins actif. Elle serait contente de se retrouver (...) au Quinze-Cents, où (...) l'agitation, le bruit, jamais ne ralentissaient (Roy, Bonheur occas., 1945, p. 312).La production de Jonas (...) ralentissait dans la mesure où ses amis devenaient plus intéressants (Camus, Exil et Roy., 1957, p. 1638).Dès que la demande d'automobiles se ralentit une récession se manifeste (Univ. écon. et soc., 1960, p. 46-4).
II. − [La modification dénotée par ralentir concerne la fréq. d'un phénomène (infra A) ou d'une activité périodique (infra B)] Synon. de espacer.
A. −
1. Empl. trans.
a) Qqn, qqc.1ralentit qqc.2(de qqc.3).Rendre moins fréquent, plus espacé. Ralentir le pouls. Le fonctionnement technique des bureaux de tour s'est heurté (...) au désir des patrons de choisir leurs voyages et les marchandises à transporter, ce qui ralentit les vitesses de rotation des bateaux (Nav. intér. Fr., 1952, p. 16).
b) Qqn, qqc.1ralentit qqc.3.Par excitation du parasympathique, on ralentit le cœur, on dilate les vaisseaux (Quillet Méd.1965, p. 326).
2. Empl. pronom. ou intrans.
a) Qqc.2(de qqc.3) (se) ralentit.Être progressivement moins fréquent, plus espacé. La cadence de leurs coups de hache ne se ralentit point (Pesquidoux, Livre raison, 1925, p. 10).
b) Qqc.3(se) ralentit.Que faut-il faire lorsque les douleurs se ralentissent et s'affoiblissent dans le cours du travail (Baudelocque, Art accouch., 1812, p. 207).Son cœur s'était ralenti; il désira mourir (Estaunié, Empreinte, 1896, p. 220).Le cœur ralentit ou s'arrête, ce qui entraîne comme conséquence une chute importante de la pression artérielle (Camefort, Gama, Sc. nat., 1960, p. 282).
B. − Vieilli
1. Empl. trans.
a) Qqn, qqc.1ralentit qqc.2de qqc.3Rendre moins fréquent, plus espacé. M. de Viviane (...) s'excusa d'avoir ralenti le cours de ses visites, en alléguant (...) qu'il avait senti qu'elles ne m'étaient pas agréables (Feuillet, Journal femme, 1878, p. 227).
b) Qqn, qqc.1ralentit qqc.3Ralentir ses visites. Les occupations qui s'ensuivent, ont ralenti ma correspondance avec vous, avec vous que j'aime tant (E. de Guérin, Lettres, 1839, p. 285).Le zèle indiscret de ceux qui fournissaient des armes aux volontaires nationaux ralentissait seul les livraisons régulières (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 3).
2. Empl. pronom.
a) Qqc.3se ralentit.Être progressivement moins fréquent, plus espacé. Mes courses à la Gastine s'étaient ralenties, bien que sans interruption et avec tous les dehors de la bienséance (Sainte-Beuve, Volupté, t. 1, 1834, p. 54).
b) Qqn1se ralentit de + inf. (désignant une activité périodique).Faire moins fréquemment. Quant au National, seul autre journal où je travaille, je me suis très ralenti d'y écrire et d'y aller même (Sainte-Beuve, Corresp., t. 1, 1833, p. 406).Si elle n'avait pas été si maltraitée, je me serais ralenti de la fréquenter, tant ces doutes m'avaient ôté de mon assurance avec elle (Sand, Maîtres sonneurs, 1853, p. 240).
III. − [La modification dénotée par ralentir concerne l'intensité d'un sentiment, d'une énergie] Synon. modérer.
A. − Empl. trans.
1. Qqn, qqc.1ralentit qqc.2(de qqn3).Rendre moins intense. Ralentir l'élan, l'empressement, la fureur, le zèle de qqn. Chaque lambeau du corps sous sa mâchoire fume. Sans ralentir sa rage il les secoue au vent (Lamart., Chute, 1838, p. 1060).La découverte de l'imprimerie ne ralentit pas l'ardeur de cette race de grands amateurs qui faisaient imprimer à leur usage des exemplaires spéciaux sur parchemin (Civilis. écr., 1939, p. 14-6).
2. Qqn, qqc.1ralentit qqn3.Rendre moins ardent, moins actif. On agissait également auprès du maréchal de Richelieu (...) et, sans rien obtenir quant à l'ensemble des affaires, on parvenait personnellement, par des moyens indirects, à le ralentir (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 12, 1856, p. 421).Cette fièvre put grandir en elle avec plus de violence que chez personne, car elle était (...) nullement embarrassée de ces grossiers instincts qui ralentissent la plupart des hommes à son contact (Barrès, Homme libre, 1889, p. 152).
B. − Empl. pronom.
1. Qqc.2(de qqn3) se ralentit.Être, progressivement, moins intense. Synon. faiblir.La dévotion, l'effort, la ferveur, le zèle de qqn se ralentit. L'ardeur de Mme de Staël ne s'était pas ralentie pour n'avoir pas été partagée. Opiniâtre à ne pas se décourager, elle était parvenue plus tard à lier connaissance, même à se faire admettre (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 312).Jusqu'au dernier moment, l'ingéniosité et la vigueur des défenseurs ne se ralentissent pas (Bordeaux, Fort de Vaux, 1916, p. 287).
2. Qqn3se ralentit.Montrer moins d'ardeur, d'activité. Elle [l'âme ignorante] se ralentit dans la recherche du bien véritable, ou, plus malheureuse encore, elle se détourne vers le mal (Ozanam, Philos. Dante, 1838, p. 142).Le merveilleux et rajeuni capitaine de 1814, que son retour foudroyant de l'île d'Elbe avait montré plus présent de génie et de hardiesse que jamais, a-t-il failli et s'est-il ralenti en juin 1815? (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 3, 1862, p. 128).
REM.
Rallentando, adv.,mus. En ralentissant progressivement le mouvement. Empl. subst. Le rallentando (...) consiste à ralentir la mesure dans toutes les parties à la fois (Garcia, Art chant, 1840, p. 61).
Prononc. et Orth.: [ʀalɑ ̃ti:ʀ], (il) ralentit [-ti]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1588 trans. « rendre plus lent le déroulement de quelque chose, en diminuer l'intensité » (Montaigne, Essais, III, 13, éd. P. Villey et V. L. Saulnier, p. 1074: il ralantiroit [...] leur impetuosité [des passions] et leur course); 1653 réfl. (Vaugelas, Quinte Curce, IV, Paris, A. Courbé, p. 364: Le combat s'estoit rallenty tout à coup); 1663 part. passé adj. (Corneille, Sophonisbe, I, 1); 1774, 23 sept. intrans. (Voltaire, À D'Argental ds Corresp., éd. Th. Besterman, t. 41, 1975, p. 139); 2. 1606 trans. « rendre plus lent un mouvement, une progression dans l'espace » ralentir ses pas (Nicot); 1677 réfl. en parlant de chevaux emballés (Racine, Phèdre, V, 6); 1875 intrans. (Lar. 19e, qui qualifie cet empl. de ,,peu usité``); 1907 subst. au relenti en parlant d'un moteur automob. (La locomotion automob., p. 374 d'apr. R. V. Ball ds Fr. mod. t. 43, p. 54). Dér. de alentir*; préf. re-*; cf. le dér. de la 1reconjug. ralenter (1552 rallenter ses paz, Ronsard, Amours, CXXIX, 9 ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 4, p. 126), de alenter (1180-90 soi alenter de « tarder à », Alexandre de Paris, Alexandre, I, 3065 ds Elliott Monographs, XXXVII, p. 64). Fréq. abs. littér.: 791. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 751, b) 1 174; xxes.: a) 1 187, b) 1 377.

Ralentir : définition du Wiktionnaire

Verbe

ralentir \ʁa.lɑ̃.tiʁ\ transitif 2e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se ralentir)

  1. (Transitif) Diminuer la vitesse.
    • Se souvenant de la fatigue qui l'avait assommée, pour ne point y succomber, elle s’injectait de la volonté. Toutefois, pour s’économiser, elle ralentit l'allure. — (Christian Paviot, Les fugitifs, 2006, page 69)
    • Les petits coups de freins de Chak et l’épais tapis de neige se conjuguèrent pour ralentir le camion, et ce fut quasiment au pas qu'il s'engagea dans l'ouverture. — (Pierre Bordage, Les Derniers Hommes, épisode 3 : Les légions de l'Apocalypse, éd. Au Diable Vauvert, 2010)
  2. (Transitif) (Figuré) Rendre moins intense.
    • La tempête se calma, les flocons moins denses ralentissaient leur chute. — (Michel Floro & ‎Alain Rota, Les Soleils de Zarbula, La Fontaine de Siloë, 2006, page 21)
    • Il existe aussi des médicaments (warfarine) dont l'usage est destiné à ralentir la formation du caillot sanguin, à « éclaircir le sang », comme disent certains patients. — (Robert Patenaude, Survivre à la leucémie, Éditions Québec/Amérique, 1997)
    • Le mariage, étape importante de son ascension sociale, ne ralentit pas son ardeur au travail. — (Theodor Storm, L'homme au cheval blanc, Éditions Montaigne, 1945, préface de Raymond Dhaleine, page 33)
  3. (Intransitif) Aller plus basse vitesse ; devenir plus lent.
    • Quelques secondes plus tard, la Renault déglinguée ralentit pour croiser l'ambulance avant de reprendre de la vitesse. — (Scott Mariani, L'Alchimiste, City Edition, 2009, 2015, §.44)
    • Selyn longea encore quelques blocs avant d'escalader un des entrepôts et de s'allonger sur son toit pour se reposer. […]. Son pouls ralentit à peine. — (James Barclay, AubeMort, traduit de l'anglais pas Isabelle Troin, Bragelonne, 2014, chap.24)
    • Son pouls et sa respiration ralentissaient, son cœur se glaçait,sa vue se brouillait, sa température chutait à mesure que la densité de la neige (1 cm ou plus) devenait celle de la glace pure. — (Patrick Roegiers, Hémisphère Nord, Seuil, 2013)
    • Les économies de carburant, qui peuvent être réalisées en ralentissant, ne requièrent aucun coût direct additionnel. — (J. D. K. Wilson, Économies financières et de carburant dans la pêche artisanale, FAO, 2003)
  4. (Pronominal) Réduire sa vitesse ; être moins actif.
    • Mais de la même manière que vos dépassements ralentissent tous ceux qui vous suivent, les gens qui vous doublent vous ralentissent. En effet, les banlieusards se ralentissent tous les uns les autres sur les routes, même si aucun d'entre eux ne se ralentit lui-même délibérément. — (Joseph Heath, La société efficiente : pourquoi fait-il si bon vivre au Canada?, Presses de l'Université de Montréal, 2002, page 77)
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Ralentir : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RALENTIR. v. tr.
Rendre plus lent. Ralentir sa course, sa marche. Ce mouvement s'est ralenti. Il s'emploie aussi figurément. Cet accident ralentira son zèle. L'âge a ralenti son ardeur. J'ai peur que cette ardeur ne se ralentisse avec le temps.

RALENTIR est aussi verbe intransitif et signifie Aller plus lentement, devenir plus lent. Dans la traversée des carrefours, les voitures doivent ralentir. Son pouls ralentit.

SE RALENTIR signifie Devenir plus lent, moins actif. Votre cheval se ralentit. Le participe passé

RALENTI s'emploie substantivement et signifie Mouvement plus lent. Mettez votre moteur au ralenti. Tourner un film au ralenti. Fig., Ce vieillard ne vit plus qu'au ralenti.

Ralentir : définition du Littré (1872-1877)

RALENTIR (ra-lan-tir) v. a.
  • 1Rendre plus lent. Un mouvement, quelque lent qu'il soit, ne peut-il pas être ralenti de moitié, en sorte qu'il parcoure le même espace dans le double de temps ? Pascal, Pens. part. I, art. 11. La nuit a ralenti les heures ; Le sommeil s'étend sur Paris, Béranger, Rossignols.

    Terme de manége. Ralentir un cheval, modérer son mouvement.

  • 2 Fig. Rendre moins vif, moins actif, moins intense. On commence à ralentir l'espérance que l'on avait d'avoir Perpignan si tôt, Voiture, Lett. 130. Le sang qu'il a perdu ralentit sa vigueur, Corneille, Hor. IV, 2. Ce grand feu des Romains en paraît ralenti, Corneille, Sophon. I, 1. Assez instruit de vos maximes, et bien résolu de les pousser autant que je croirai que Dieu m'y engagera, sans qu'aucune considération humaine puisse arrêter ni ralentir mes poursuites, Pascal, Prov. XVII. La raison alors dans sa force devrait produire, mais elle est refroidie et ralentie par les années, par la maladie et la douleur, La Bruyère, XI. Le souvenir de l'échec qu'il avait reçu ralentit beaucoup son courage, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VIII, p. 45. L'absence ralentit les liaisons les plus vives, Massillon, Avent, Dispos. La charité opère partout où elle est… c'est un feu céleste… il peut être à la vérité quelquefois couvert et comme ralenti par la multitude de nos faiblesses, Massillon, Carême, Fautes légères. Un aveu si terrible et si capable de ralentir la fureur de ces juges, est pour le Sauveur une réponse de mort, Massillon, Carême, Passion.
  • 3 V. n. Devenir plus lent, moins vif. Ma mauvaise santé me rend si faible, que j'ai un peu ralenti de mon ardeur pour ces belles-lettres qui m'ont fait une illusion si longue, et qui m'ont souvent consolé dans mes afflictions, Voltaire, Lett. d'Argental, 23 sept. 1774.
  • 4Se ralentir, v. réfl. Devenir plus lent. Le combat s'était ralenti tout à coup, Vaugelas, Q. C. IV, 16. Leur fougue impétueuse [de chevaux ayant le mors aux dents] enfin se ralentit, Racine, Phèdre, V, 6. Le cheval élevé pour la course… pourra faire une lieue en six ou sept minutes, mais bientôt sa vitesse se ralentit, Buffon, Ois. t. I, p. 43.
  • 5 Fig. Devenir moins vif, moins vigilant, en parlant des personnes. Je ne sais si nous avons aussi remarqué que David s'était un peu ralenti de ce côté-là [du côté de la justice], durant qu'il était occupé de Bethsabée, Bossuet, Polit. IX, III, 5. On se ralentit, on se dérange à l'égard de tous les autres exercices, Bourdaloue, Pensées, t. III, p. 328. Il s'était tellement ralenti sur cette poursuite que…, Hamilton, Gramm. 4.

    Il se dit des choses en un sens analogue. À l'arrivée de la reine, la rigueur de la persécution se ralentit, Bossuet, Reine d'Anglet. Les sentiments humains perdent par l'habitude, toute leur pointe ; ils se ralentissent, et, n'ayant plus de quoi piquer une âme, ils viennent enfin à s'amortir tout à fait et à s'éteindre, Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 44. Sa passion ne s'est jamais ralentie d'un instant, Lamotte, Matr. d'Éph. sc. 11. Les chaleurs et les malheurs ne font-ils pas un tort horrible au tripot [au théâtre] ?… nos souscriptions [au Commentaire sur Corneille] pourraient bien se ralentir, Voltaire, Lett. d'Argental, 9 août 1761.

    Avec ellipse du pronom personnel. Il ne songea qu'à profiter de cette première ardeur de la faction, qu'il ne fallait pas laisser ralentir, Voltaire, dans le Dict. de BESCHERELLE.

REMARQUE

Pourquoi l'Académie écrit-elle ralentir par une seule l. tandis qu'elle écrit par deux l rallonger ? La bonne règle serait de ne mettre qu'une l là où la prononciation n'en met qu'une.

HISTORIQUE

XVIe s. Si on espioit ses passions de prez, on rallentiroit un peu leur impetuosité, Montaigne, II, 246. Au moins escoute, et ralente tes pas, Ronsard, 84.

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Ralentir : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

RALENTIR, v. act. & passif, (Gram.) c’est rendre plus lent. Il se prend au simple & au figuré ; il commence à ralentir sa course ; la chaleur a ralenti ses vibrations ; voulez-vous connoître le vrai motif qui les anime, examinez les circonstances dans lesquelles ils ralentiront & redoubleront leurs efforts ; l’ardeur des passions se ralentit avec l’âge ; on en fait quelquefois honneur à la raison ; le ralentissement suit le déchet de la force impulsive.

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Étymologie de « ralentir »

Étymologie de ralentir - Littré

Re…, et alentir.

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Étymologie de ralentir - Wiktionnaire

Verbe dérivé de alentir avec le préfixe re-.
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Phonétique du mot « ralentir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ralentir ralɑ̃tir play_arrow

Conjugaison du verbe « ralentir »

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Citations contenant le mot « ralentir »

  • L’adoption immédiate d'un revenu minimum provisoire pour les personnes les plus pauvres du monde pourrait ralentir la flambée actuelle des cas de Covid-19 en permettant à près de trois milliards de personnes de rester chez elles pendant la pandémie, souligne le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). ONU Info, Un revenu minimum provisoire pour protéger les plus pauvres pourrait ralentir la Covid-19 (PNUD) | ONU Info
  • Mais sur l'indicateur que scrutent les marchés alors que la bataille entre géants du cloud fait rage, Microsoft a dû ralentir le rythme. Dans le détail, les revenus tirés d'Azure ont progressé de 47 % sur la période, contre 59 % au trimestre précédent. Or certains analystes s'attendaient à une croissance de 49 % voire 55 % pour les plus optimistes. Les Echos, Microsoft voit sa croissance ralentir dans le cloud | Les Echos
  • Crédits, dettes, avances et réductions ont l'inconvénient de ralentir la circulation de l'argent et de brouiller les amis. De Massa Makan Diabaté / Le Coiffeur de Kouta
  • Il faut savoir prendre son temps, ralentir, suivre ses instincts et goûter la sensualité au quotidien. C'est l'essence même de la vérité. De Calvin Klein
  • Une femme met plus de temps qu’un homme pour s’habiller parce qu’elle doit ralentir dans les courbes. De Anonyme
  • Le meilleur moyen pour ralentir un cheval est de parier sur lui. De Loi de Murphy

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Traductions du mot « ralentir »

Langue Traduction
Corse rallenta
Basque lasaitu
Japonais 速度を落とす
Russe помедленнее
Portugais desacelere
Arabe ابطئ
Chinois 慢一点
Allemand langsamer
Italien rallenta
Espagnol ve más despacio
Anglais slow down
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Synonymes de « ralentir »

Source : synonymes de ralentir sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « ralentir »


Mots similaires