Trousser : définition de trousser


Trousser : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TROUSSER, verbe trans.

I. − Empl. trans.
A. − Vieilli ou littér.
1. Assembler, fixer ensemble. Trousser du foin, du fourrage; trousser un paquet, un bagage. Un matin les gendarmes venaient dire qu'on était de la réquisition: il fallait trousser son paquet et suivre les autres recrues (Pourrat, Gaspard, 1922, p. 221).
Trousser bagage* (vx).
ART CULIN. Replier les membres d'une volaille pour les maintenir au corps, ficeler une pièce de viande pour qu'elle conserve sa forme à la cuisson. Synon. apprêter, brider.Trousser en long, en ballon. La bonne avait épluché ses légumes pour le ragoût, plumé et troussé un canard (Zola, Joie de vivre, 1884, p. 1111).
2. P. ext. Trousser dans.Emballer, empaqueter dans. Trousser dans un vieux journal une bouteille de vin pour sa belle-sœur (Jammes, Mém., 1922, p. 124).
Part. passé avec valeur adj. [En parlant d'une pers.] Enveloppé dans (un vêtement). Troussée dans un châle. Elle est là, depuis le commencement de la récréation, troussée dans sa capeline noire (Jammes, Rom. du lièvre, Cl. d'Elléb., 1899, p. 135).
B. − Vieilli ou littér.
1. Replier, relever, ramener vers le haut le bas d'un vêtement. Synon. retrousser.Trousser ses jupes, son cotillon, son pantalon, sa robe, sa soutane. Tout à coup, elle troussa haut sa chemise, s'assit sur la chaise (Boylesve, Leçon d'amour, 1902, p. 79).Il releva la ceinture de son pantalon de gros velours, tel un homme qui va se mettre à l'ouvrage, et troussa ses manches (Van der Meersch, Empreinte dieu, 1936, p. 126).Empl. pronom. réfl. indir. Se trousser les manches. Se plaignant du froid, et combien il était précoce, cette année, elle se posta devant le feu, en se troussant quelque peu les jupes (Bourges, Crépusc. dieux, 1884, p. 211).
Qqc. trousse qqc.Voisine, à qui en avez-vous? À ce vent polisson qui vous trousse les cottes? (Rolland, C. Breugnon, 1919, p. 26).
[P. méton. de l'obj.] Trousser qqn.Les marmots pullulaient dans leurs jambes, des marmots dont la gourme s'écaillait, des marmots que les mères troussaient le long de l'avenue (Huysmans, Sœurs Vatard, 1879, p. 89).
2.
a) Posséder sexuellement une femme. Remonte-moi, Clotaire, que le fricot va brûler. Non que je te dis. Je m'en vas trousser la fille au Birot, j'y ai promis (Aymé, Puits, 1932, p. 13):
... Buteau, déjà, avait empoigné la fille sous la jupe, à pleine main. Son enragement tournait toujours en un coup brusque de désir. Tandis qu'il la troussait sur l'herbe, il grognait, étranglé, la face bleuie et gonflée de sang. Zola, Terre, 1887, p. 315.
b) [Avec un compl. plur. ayant gén. une connotation péj.] Courir les femmes, le jupon. Trousser les servantes, les gardeuses d'oies. Je ne sais pas si, comme le prétend madame, monsieur trousse les petites filles dans la campagne... Quand cela serait, il n'aurait pas tort, si tel est son plaisir... (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 109).L'Oberleutnant Steinbauer et l'Oberfeldwebel Hennig, dont l'un troussait à longueur de journée les employées de la Reichsbahn qu'il ramassait au hasard des haltes, sous l'œil intéressé de l'autre (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 337).
C. −
1. [Le compl. d'obj. désigne une partie du corps]
a) Redresser, relever, ramener vers le haut par un mouvement réflexe. Trousser les babines; vache qui trousse la queue. Vous avez l'air d'une poule qui trousse ses plumes (Estaunié, Choses voient, 1913, p. 18).[L'inconnu] souriait encore, troussant sa lèvre en coin (Genevoix, Boîte à pêche, 1926, p. 188).
Empl. pronom. Avec un rien, une déviation à peine sensible du nez qui se trousse imperceptiblement, la figure sculpturale se chiffonne (Huysmans, Art mod., 1883, p. 212).
b) En partic. Relever, maintenir vers le haut avec la main ou avec une fixation. Le vendeur coupe d'un coup de couteau la paille qui troussait la queue de la bête, vache ou cheval, pour montrer qu'elle n'est plus à vendre (Menon, Lecotté, Vill. Fr., 2, 1954, p. 67).
ÉQUIT. ,,Nouer la queue du cheval, ou faire usage du trousse-queue`` (Lar. encyclop.).
Trousser sa moustache. [Napoléon III] trousse sa moustache en croc et la caresse (Hugo, Châtim., Paris, Hachette, 1932 [1853], p. 206).
2. SYLVIC. ,,Relever les branches ou les sarments, lorsqu'ils croissent trop bas, en les attachant autour du tronc ou d'un piquet`` (Fén. 1970).
D. −
1. Vx. [Le suj. désigne une maladie] Faire mourir rapidement, expédier dans l'autre monde. Une maladie violente a troussé cet homme en deux jours (Ac.1798-1878).
P. ext., arg. Assassiner. Il n'y en a pas cher comme sézig pour trousser en cinq secs et sans faire de saletés (Bruant1901, p. 33).
2. Vieilli ou littér.
a) Exécuter efficacement et promptement quelque chose. Elle était joliment forte, quoique pas plus grosse qu'une mauviette; elle vous troussait la besogne, fallait voir! (Zola, Page amour, 1878, p. 858).
b) Exécuter avec rapidité, dextérité (une œuvre artistique). C'est la femme de Greuze, faite par Greuze (...). C'est de la chair palpitante, c'est la vie et il n'y a ni science, ni art; c'est troussé en deux heures, avec le reste de la palette (Balzac, Lettres Étr., t. 3, 1845, p. 51).
c) En partic. Rédiger, composer avec aisance et/ou promptitude (un texte, une pièce de musique,...). Trousser une historiette, une anecdote, un compliment; trousser une ballade, la musique d'un ballet. Sans vouloir en faire un écrivain, il serait commode pour Victor de savoir trousser une lettre (Flaub., Bouvard, t. 2, 1880, p. 175).Cependant, n'est pas journaliste qui veut. Trousser un écho, rédiger une chronique, faire un article, c'est un art (Coston, A.B.C. journ., 1952, p. 95).
E. − TECHNOLOGIE
1. FOND. ET LAMINAGE. Réaliser le moule ou le noyau d'une pièce de révolution par troussage. (Dict. xxes.).
2. MINES. Exécuter un troussage (Dict. xxes.).
II. − Empl. pronom. réfl., vieilli
A. − Relever ses jupes, ses vêtements souvent avec indécence. Se trousser jusqu'aux reins. Quand elle a été malade (...) elle montrait une facilité à se faire voir, à se trousser devant le monde, devant tout le monde, que c'était incroyable (Goncourt, Journal, 1869, p. 536).
B. − P. euphém. Se soulager, faire ses besoins. Le seul inconvénient était de se déranger, une fille se levait de temps à autre, allait au fond, près de la pompe, se troussait, puis revenait (Zola, Germinal, 1885, p. 1271).
III. − Empl. intrans.
A. − ÉQUIT. [Le suj. désigne un cheval] Plier fortement ses antérieurs en marchant (d'apr. St-Riquier-Delp. 1975). [En concours hippique] Un cheval qui trousse, au saut d'un obstacle, plie bien ses antérieurs sous lui (TondraCheval1979).
B. − FAUCONN. [Le suj. désigne l'autour] ,,Saisir le gibier par en dessous`` (Lar. encyclop.).
REM. 1.
Trousse-, élém. de compos.issu d'une forme du verbe trousser, entrant dans la constr. de qq. subst.V. trousse-galant et aussi:a)
Trousse-cotte, trousse-jupe(s),(trousse-jupe, trousse-jupes) trousse-jupon(s),(trousse-jupon, trousse-jupons) subst. masc.Homme qui trousse les femmes, coureur de jupons. Celui que j'aime, c'est Putouarey trousse-cotte, et Putouarey cœur-loyal (Larbaud, Barnabooth, 1913, p. 205).Ils ne s'embêtent pas dans leur coin! Lucie, méfie-toi du gars Denis: c'est un trousse-jupons comme on n'en fait plus! (Troyat, Les Semailles et les Moissons, t. 2, Amélie, Paris, Plon, 1956 [1955], p. 213).P. métaph. Ils l'appelaient contemplateur des demoiselles araignées et petit trousse-jupes de madame Philosophia (A. France, Puits ste Claire, 1895, p. 59).
b)
Trousse-pet, subst. masc.,trousse-pète, subst. fém.,vx, fam., péj. Petit garçon, petite fille; en partic., enfant qui fait l'important. (Dict. xixeet xxes.). Synon. morveux.
c)
Trousse-pied, subst. masc.Lien en cuir avec lequel on attache le pied d'un cheval pour lui ôter la faculté de frapper, de se déplacer. Les Belges pratiquent parfois leur examen sur l'animal ayant un pied tenu dans un trousse-pied (Brion, Jurispr. vétér., 1943, p. 249).
d)
Trousse-queue, subst. masc.Partie du harnais d'un cheval que l'on fait passer à la base de la queue pour la relever (d'apr. Fén. 1970).
2.
Troussoire, subst.a) Subst. fém., technol. ,,Pince d'émailleur`` (Havard 1890). b) Subst. masc. ou fém. ,,Agrafe destinée à relever un des pans des robes longues des dames`` (Gay t. 2 1928).
Prononc. et Orth.: [tʀuse], (il) trousse [tʀus]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 trusser, trosser « charger quelque chose (surtout sur une bête de somme); charger (une bête de somme, etc.) » (Roland, éd. J. Bédier, 130 et 701); ca 1215 trouser (Aymeri de Narbonne, 2242 ds T.-L.); 1225-30 trousser (Boeve de Haumtone, III, 4307, ibid.). 2. a) ca 1135 trosser « faire les bagages, mettre en paquet » (Couronnement St Louis, éd. Y. G. Lepage, rédaction AB, 277); ca 1210 trousser (Dolopathos, 34 ds T.-L.); b) mil. xves. trousser ses sacs et ses quilles « faire ses bagages pour s'en aller » (Ch. d'Orléans, Rondeau, LXXVII ds Poésies, éd. P. Champion, t. 2, p. 334); 1512 trousser tous ses bagages (Lemaire de Belges, Illustrations, éd. J. Stecher, II, 22, p. 217); 1567 trousser bagage (Amyot, Vies, Pompée, 12 ds Hug.); 3. a) déb. xives. trousser « relever (les vêtements) » (Ovide moralisé, Commentaire de Copenhague, éd. C. de Boer, t. 5, p. 408); 1424 toursser quelqu'un (surtout une femme) « relever les vêtements, les jupes de quelqu'un » (Arch. Nord B, 10384, fo28 rods IGLF Moy. Âge); 1456-67 trousser sa dame (Cent Nouvelles Nouvelles, éd. F. Sweetser, 61eNouv., 101); 1538 se trousser « relever son vêtement » (Est.); b) fin xives. trousser « relever » (Eustache Deschamps, Ballade ds Œuvres, éd. Queux de Saint-Hilaire, t. 5, p. 49); 1547 queue troussée (d'un passereau) (Mellin de Saint-Gelais, Œuvres, éd. Pr. Blanchemain, t. 1, p. 60); 1579 trousser la queue (des mots) (Estienne, Précellence du lang. fr., éd. E. Huguet, p. 45); 1583 trousser la queue (d'un cheval) (Colloquia cum dictionariolo sex linguarum ds Gdf.); c) 1558 « préparer, mettre en ordre » (Anc. Théâtre fr., éd. Viollet-le-Duc, t. 4, p. 151); d) 1721 trousser une volaille cuis. (Nouv. maison rustique t. 2, p. 647); 4. a) déb. xiiies. torser de « détrousser quelqu'un de quelque chose » (Raoul de Houdenc, Vengeance Raguidel, éd. M. Friedwagner, 1280); 1512 trousser « id. » (Lemaire de Belges, op. cit., II, 8, p. 75); b) ca 1450 trousser « emmener quelqu'un » (Arnoul Gréban, Mystère de la Passion, éd. O. Jodogne, 19076); 1567 trousser (qqn) « prendre de force, enlever » (Amyot, Vies, Antoine, 63 ds Hug.); c) 1456-67 trousser le compte court « dire un conte promptement » (Cent Nouvelles Nouvelles, 1reNouv., 66); 1604 trousser « conclure » (Fr. de Sales, Lettres, 234 (XII, 353) ds Hug.); 1616 trousser (un épigramme) « fabriquer vite » (D'Aubigné, Tragiques, éd. A. Garnier et J. Plattard, t. 2, p. 82, 1131); d) ca 1550 estre troussé « mourir en peu de temps » (Anc. Théâtre fr., t. 2, p. 191); 1594 estre troussé en male « id. » (Satyre Ménippée, Epitaphe du Chevalier d'Aumale, éd. Ch. Read, p. 304); e) 1611 trousser (un verre) « boire rapidement » (Cotgr.); 5. a) 1456-67 (tetin) bien troussé « bien fait » (Cent Nouvelles Nouvelles, 35eNouv., 131); 1616 troussé « paré (en parlant d'une femme) » (Comte de Cramail, Com. des Prov., III, 1 ds Livet Molière); 1640 bien troussé « bien fait, propre, bien ajusté (en parlant d'une personne) » (Oudin Curiositez); b) 1548 bien troussé (sujet d'une œuvre littér.) « fait lestement, de façon pimpante » (N. Du Fail, Baliverneries, éd. J. Assézat, p. 145); 1558 [éd.] bien trousser (une parole) « dire lestement sans bégayer » (Bonaventure des Périers, Nouvelles récréations et joyeux devis, éd. K. Kasprzyk, 45, 185); c) 1558 [éd.] nez troussé (Id., ibid., 48, 197). D'un lat. de basse époque *torsare, dér. de *torsus, var. de tortus, part. passé de torquere « tordre ». Fréq. abs. littér.: 52.
DÉR. 1.
Troussage, subst. masc.a) Art culin. Action de trousser une volaille. (Dict. xixeet xxes.). Synon. troussement.b) Métall. « Action de faire tourner le trousseau sur le sable dans le moulage au trousseau » (Peyroux Techn. Métiers 1985). Troussage de révolution; troussage au gabarit (Peyroux Techn. Métiers 1985). c) Mines. Garnissage destiné à éviter l'éboulement du charbon sur le côté d'une galerie. Les piqueurs établissent (...) un troussage avec des planches et des étais, afin d'éviter que le gonflement ne fasse éclater la houille en petits morceaux (Haton de La Goupillière, Exploitation mines, 1905, p. 711). [tʀusa:ʒ]. 1resattest. a) α) ca 1390 troussaige « chose dont on est chargé » (Jean d'Arras, Mélusine, éd. L. Stouff, p. 102), β) 1465 « action de charger » (Compt. de l'aumosn. de S. Berthomé, fo114 ro, Bibl. La Rochelle ds Gdf., s.v. toursage), b) 1794-95 « garnissage qui soutient le plafond (terme des mines) » (Baillet, in Journ. des mines, no18, p. 4 ds Quem. DDL t. 28), c) 1876 « opération qui consiste à assujettir les membres d'une volaille ou d'une pièce de gibier avec de la ficelle de cuisine » (Lar. 19e), d) 1933 métall. « opération qui a pour objet, en fonderie, de réaliser un moule en sable » (Lar. 20e); de trousser, suff. -age*.
2.
Troussement, subst. masc.a) Art culin. Action de trousser une volaille. Synon. troussage.Enfin une peinture en action du troussement, du flambement, du cuisinement d'un faisan à la géorgienne (Goncourt, Journal, 1896, p. 927).b) Le fait de se relever, de se redresser. La branche remonta dans la nuit avec un petit troussement d'aile (Giono, Batailles ds mont., 1937, p. 149).c) Au fig. Tournure, manière. Il trouva des images charnelles (...) des modelés troublants comme ceux des papiers bleus de Prudhon et des troussements de pensées semblables à des Rops parlés (Péladan, Vice supr., 1884, p. 42). [tʀusmɑ ̃]. 1resattest. 1884 troussements de pensées id., 1896 troussement d'un faisan (Goncourt, loc. cit.); de trousser, suff. -(e)ment2*.
3.
Trousseur, subst. masc.a) Text. ,,Ouvrier spécialisé du finissage des tissus`` (Mét. 1955). Le fém. trousseuse est virtuel.b) Homme qui trousse (les jupons, les femmes). Synon. coureur (de filles, de jupons).Trousseur de filles, de bonnes, de servantes; trousseur de jupons, de cotillons. Il y a, même chez les trousseurs de jupons, chez les hommes les plus sensuellement frivoles et changeants, une femme (...) qui, de loin parfois, mais absolument, domine leur vie (Arnoux, Solde, 1958, p. 173).c) Celui qui exécute, qui fait quelque chose rapidement, avec dextérité. Les trousseurs de faux tableaux n'oublient pas d'imiter ces craquelures (Moreau-Vauthier, Peint., 1913, p. 281). [tʀusœ:ʀ]. 1reattest. 1879 trousseur de filles (Cladel, Ompdrailles, p. 103); de trousser, suff. -eur2*.
4.
Troussière, subst. fém.a) Maçonn. Corde servant à réunir deux pièces d'un échafaudage. (Dict. xixeet xxes.). b) Équipement du cavalier servant à transporter des trousses de fourrage. La cavalerie avait une tente pour huit hommes, et tout ce qui convient aux cavaliers, cordes et piquets, troussières pour aller au fourrage (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 49). [tʀusjε:ʀ]. 1resattest. 1470 troussière « corde servant à élever des fardeaux » (Arch. Nord, B 3539, fo60 ds IGLF), 1876 « corde avec laquelle on unit deux pièces d'un échafaud » (Lar. 19e); de trousser, suff. -ière*.
5.
Troussis, subst. masc.,vx, cout. Pli fait à une jupe, à une robe pour la raccourcir. Synon. retroussis.Faire un troussis à une jupe (Ac.). Cette robe est trop longue, il faut y faire un troussis (Lar. 19e). [tʀusi]. Att. ds Ac. dep. 1694. 1reattest. 1611 (Cotgr.); de trousser, suff. -is*.
BBG.Bierbach 1982, pp. 400-401 (s.v. trousse-). − Quem. DDL t. 5. − Roques (M.). Romania. 1948, t. 70, pp. 127-128. − Tilander (G.). Trousser et trou, trognon. St. neophilol. 1943-44, t. 16, p. 185.

Trousser : définition du Wiktionnaire

Verbe

trousser \tʁu.se\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Vieilli) Assembler ; lier.
    • Un matin les gendarmes venaient dire qu'on était de réquisition : il fallait trousser son paquet et suivre les autres recrues. Aller se faire casser les os, Dieu sait où, au diable au vert. — (Henri Pourrat, « Septième veillée : première pause », dans Gaspard des montagnes, Paris : chez Albin Michel, 1922)
  2. (Vieilli) Replier, relever ; il se dit le plus souvent en parlant des vêtements qu’on a sur soi.
    • Sous la moustache blonde du grand gaillard, ses lèvres goulues cherchaient la bouche voluptueuse, cependant que l’autre, sans s’attarder à des bagatelles inutiles et connaissant la valeur du temps, troussait vigoureusement les jupes. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Telle une femme de petite vertu
      Elle arpentait le trottoir du
      Cimetière
      Aguichant les hommes en troussant
      Un peu plus haut qu'il n'est décent
      Son suaire.
      — (Georges Brassens, Oncle Archibald, in Je me suis fait tout petit, 1956)
  3. (Vieilli) Relever le vêtement, en parlant des personnes.
    • Troussez-vous, de peur de vous salir.
  4. (Familier) Lever les jupes d’une femme dans un certain but.
    • Trousser une femme. Trousser un cotillon.
    • On avait emmené les belles du quartier
      Car l'ancêtre courait la gueuse volontiers.
      De sa main toujours leste et digne cependant
      Il troussait les jupons par n'importe quel temps.
      — (Georges Brassens, L'Ancêtre, in Misogynie à part, 1969)
  5. (Vieilli) (Figuré) (Familier) Expédier, diligenter.
    • Trousser une affaire.
  6. (Vieilli) (Figuré) (Familier) Mener vite à bonne fin.
    • Trousser un article, un discours, un compliment.
    • — Je vois ce que c’est, dit le petit Chose d’un air entendu ; vous avez besoin qu’on vous trousse quelques poulets galants pour envoyer à la personne, et vous avez songé à moi. — (Alphonse Daudet, Le petit Chose, 1868, rééd. Le Livre de Poche, page 90)
    • Bouillonnant d’impatience, il trousse aussitôt sur un air révolutionnaire sa première parodie. — (Pierre Dac, Jacques Pessis, Un loufoque à Radio Londres, Omnibus, 2014 (1re éd. 2008), page 17)
  7. (Cuisine) Rapprocher du corps les ailes et les cuisses d'une volaille, la préparer pour la cuisson.
    • Vuidez la poularde, troussez-lui les pattes dans le corps; mettez dans une casserole un peu de bon beurre. — (L'agronome ou dictionnaire portatif du cultivateur, Rouen, 1787)

Verbe

trousser \Prononciation ?\ transitif (voir la conjugaison)

  1. Variante de tourser.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Trousser : définition du Littré (1872-1877)

TROUSSER (trou-sé) v. a.
  • 1 Terme de marine. Courber en dedans (ce qui est le sens étymologique, trousser ayant en radical le lat. torquere, tordre).
  • 2Mettre en trousse, en faisceau. Et troussant mon paquet, de sauver ma personne, Régnier, Sat. X.

    Fig. et familièrement. Trousser bagage, partir brusquement. Qu'est devenu Doris ? - Il a troussé bagage, La Fontaine, l'Eunuque, IV, 3. Prenez visée ailleurs et troussez-moi bagage, Molière, Éc. des mar. II, 9.

    Terme de cuisine. Trousser une volaille, la parer, en lier les membres pour la faire rôtir. Vous leur troussez les pattes [des perdrix] et les bridez, Genlis, Maison rust. t. II, p. 114, dans POUGENS.

    Fig. et familièrement. Trousser quelqu'un en malle, l'enlever (locution vieillie). Le lieutenant de police l'a fait trousser en malle. C'est pourquoi j'eus grand peur qu'on me troussât en malle, Régnier, Sat. X.

    Fig. Trousser une affaire, l'expédier promptement.

  • 3 Fig. Enlever de ce monde comme on trousse un paquet, causer la mort. Cette maladie l'a troussé en quelques jours. Ma tante et lui ont été troussés en moins de trois semaines, et j'hérite de tout cela, Dancourt, Moul. Jav. sc. 32. Dieu se joue à son gré de la race mortelle ; Il fait vivre cent ans le Normand Fontenelle, Et trousse à trente-neuf mon dévot de Pascal, Voltaire, Épît. 75.
  • 4En parlant des vêtements, replier, relever. Troussez votre robe.

    En parlant des personnes, relever leur vêtement. Troussez cet enfant. Destin, s'étant acharné sur une grosse servante qu'il avait troussée, lui donna plus de cent claques, Scarron, Rom. com. I, 12. Lorsque vous viendrez souper à Ferney, vous ne verrez plus [on s'était abonné avec la ferme générale] de pandoures des fermes générales fouillant des religieuses et troussant leurs cottes sacrées, Voltaire, Lett. 8 janv. 1776.

    Fig. Trousser une femme, se dit dans un sens obscène.

  • 5 Terme de manége. Trousser la queue, la nouer ou se servir du trousse-queue.
  • 6 Terme de jardinage. Hausser les menues branches de quelque arbre qui sont trop basses, et les attacher à quelque chose qui les soutienne.
  • 7 V. n. Terme de manége. On dit qu'un cheval trousse, lorsque, dans le trot, ses membres antérieurs relèvent plus que dans l'allure régulière.
  • 8Se trousser, v. réfl. Relever sa robe, son manteau. Troussez-vous, si vous ne voulez pas vous crotter. Celui qui doutera que Deucalion et Pyrrha, s'étant troussés, aient jeté entre leurs jambes des pierres qui furent changées en hommes, Voltaire, Dial. 25.

HISTORIQUE

XIe s. D'or e d'argent quatre cenz muls trussez, Ch. de Rol. IX. De sul le fer [d'une lance] fust uns mulez trusset [chargé], ib. CCXXVII.

XIIIe s. N'i ot sommiers à coffre ne dras troussés en malle, Berte, XXVII. Les dis pocins [il] trose à son dos, Et à Deu le vilein commande, Ren. 1776. Leur chaperons trousser et leur cornes drecier, Ne sont avant venues fors por hommes blecier, J. de Meung, Test. 1263.

XVe s. Chascun emporte entre la selle et le pommeau une grande plate pierre, et trousse derriere lui une besace pleine de farine, Froissart, I, I, 34. Adonc s'ordonnerent-ils pour eux partir, et trousserent tout ce que trousser purent, Froissart, II, III, 8. Quand il fut hors, il troussa [gourmanda] sa dame, et lui montra le courroux qu'il avoit sus elle, Louis XI, Nouv. LXI.

XVIe s. Diogenes recoursa ses manches jusques es coubtes, se troussa en cueilleur de pommes…, Rabelais, Pant. III, Prol. Parquoy, troussans leur bagage, ilz passerent tout le long du camp des Romains, Amyot, Mar. 31. Un des gens de Caesar s'en advisa, qui en alla advertir son maistre, disant qu'il seroit bien aisé de surprendre et trousser Antonius, ainsi comme il se promeneroit le long de ceste levée, Amyot, Anton. 83. Ils leur enseignent de se frotter ainsi, trousser ainsi sa robbe, Amyot, Que la vertu se peut appr. 7. Les soldats au lieu de s'estonner… emporterent les deux galleres qui faisoient le plus de mal ; Vernier et Colomne en troussent chacun deux encore, D'Aubigné, Hist. II, 81. La cour avancée à Posnanie fit sejour là, cependant qu'on troussoit les neiges du chemin de Cracovie, D'Aubigné, ib. U, 111. Il avoit l'œil louche, le nez troussé, les nazeaux ouverts, D'Aubigné, ib. II, 420. Trousser un verre de vin, Cotgrave

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Trousser : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TROUSSER, v. act. (Gram.) relever, replier, remonter plus haut. On trousse ou mieux retrousse un habit trop long ; une femme troussée est plus immodeste qu’une femme nue.

Trousser, terme de galere, (Marine.) c’est se courber en-dedans.

Trousser, (Maréchal.) se dit d’un cheval qui a des éparvins secs qui lui font trop lever les jarrets, à quelque allure que ce soit.

Trousser, en terme de Cuisine, c’est appliquer les pates d’un animal sur sa cuisse, ou les passer dans un trou qu’on fait près de chacune d’elles, & amener le bout des aîles sur son dos en les retournant.

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Étymologie de « trousser »

Étymologie de trousser - Littré

Trousse ; wallon, trossî ; provenç. trossar, trosar ; espagn. troxar ; portug. trouxar. On remarquera les sens qui dans trousser se rapportent à tortiare, et qui confirment l'étymologie latine de trousse.

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Étymologie de trousser - Wiktionnaire

(1100) De l’ancien français trusser, apparenté à torser.
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Phonétique du mot « trousser »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
trousser truse play_arrow

Conjugaison du verbe « trousser »

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Citations contenant le mot « trousser »

  • Un constat bien triste… mais idéal pour trousser une bonne fiction. C’est ce que s’est dit Jeppe Gjervig Gram, déjà coscénariste de l’excellent “Borgen”. En 2016, il a initié la série “Bedrag” (tromperie) qui met le doigt sur la corruption gangrénant sa patrie. La première saison s’attaquait au secteur des énergies renouvelables. La deuxième, aux banques. La troisième, rebaptisée “Dos au mur” sur Arte, nous met donc le nez dans l’herbe. Marianne, Avec "Dos au mur", le Danemark regarde sa délinquance dans le blanc des yeux
  • Pourtant vous me paraissez bien excité. La campagne, le grand air, une vie simple.. les papillons qui batifolent.. seulement vous ne trouvez plus une Suzette à trousser derrière une meule de foin.. c'est ça. Mais il y en a qui "le bouffent""le foin à défaut d'autre chose; et ça leur réussit. Essayez pour voir Liberté d'expression, Bloc-notes : en finir avec la République des froussards - Liberté d'expression
  • C’EST NOUVEAU - Entre Sentier et Montorgueil, une studette délassante à trousser quelques variations autour du sando, sandwich japonais au riz, facile à vivre et avaler. Le Figaro.fr, aL, petite pioche à sandwichs japonais
  • Ca lui permet, tout ça, de trousser un très bon EP, de fougue et de classe. Supersonic, d’une amorce subtile, muscle rapidement son jeu, puis s’affine. Dans cette règle des contrastes, la maîtrise est totale. Si influences il y a, de plus, celles-ci sont loin de dénaturer l’ensemble. Dead Myth est de ceux qui ont le souci, avant tout, de travailler leur propre matière. Il le fait bien, avec, même, une maturité surprenante. MUZZART, Dead Myth "#1" (Le Cèpe Records, 22 mai 2020). - MUZZART
  • Ah ils sont beaux nos donneurs de leçons qui veulent tous gouverner la France et trousser à tours de bras.!! ladepeche.fr, François Asselineau visé par une deuxième plainte pour agression sexuelle - ladepeche.fr

Images d'illustration du mot « trousser »

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Traductions du mot « trousser »

Langue Traduction
Corse truss
Basque truss
Japonais トラス
Russe ферма
Portugais fardo
Arabe الجمالون
Chinois 桁架
Allemand fachwerk
Italien travatura
Espagnol braguero
Anglais truss
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Synonymes de « trousser »

Source : synonymes de trousser sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « trousser »


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