Démentir : définition de démentir


Démentir : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

DÉMENTIR, verbe trans.

A.− Emploi trans.
1. [Le suj. désigne une pers. ou un ensemble de pers.]
a) Contredire quelqu'un en affirmant que ses paroles sont mensongères ou erronées. Il (...) brodait tellement autour de la vérité que (...) le héros dut démentir son barde (Radiguet, Bal,1923, p. 180):
1. Comment expliquer qu'Esterhazy ne les ait pas mis en demeure de démentir Casella? A qui fera-t-on croire que, pouvant d'une parole réfuter Casella et dissiper d'infâmes soupçons sur un officier, ils auraient eu besoin d'une sommation pour dire à Casella : « Vous mentez! » Clemenceau, L'Iniquité,1899, p. 309.
Vx. Trahir, renier quelqu'un. Ma fille, tu sais le vœu que j'ai fait pour toi. Voudrois-tu démentir ta mère? ô mon Atala (Chateaubr., Génie,t. 2, 1803, p. 238).
b) Déclarer qu'un fait, un discours est faux. « L'agence Havas » a, comme il convenait, démenti le fait (Clemenceau, Vers réparation,1899, p. 406):
2. Certains faits controuvés ont défrayé la légende : enlèvement d'Hélène, descente aux enfers avec Pirithoüs, viol de Proserpine. Je me gardais de démentir ces bruits d'où je tirais un surcroît de prestige... Gide, Thésée,1946, p. 1445.
En emploi abs. Le journal serait saisi : le gouvernement démentirait effrontément (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 441).
2. Au fig.
a) [Le suj. désigne une pers.] Être inconséquent avec soi-même (cf. se démentir).
Démentir sa promesse, sa parole. Craindre qu[e] je démente mes vœux, et ne fasse le contraire de ce que je viens de promettre (Bremond, Hist. sent. relig.,t. 3, 1921, p. 610):
3. − Tu veux donc bien, ma belle Louise, être ma Béatrix, mais une Béatrix qui se laisse aimer? Elle releva ses beaux yeux qu'elle avait tenus baissés, et dit en démentant sa parole par un angélique sourire : − Si vous le méritez... plus tard! Balzac, Les Illusions perdues,1843, p. 130.
Démentir son renom, ses qualités. Voulez-vous (...) démentir votre gloire et flétrir votre nom (Constant, Wallstein,1809, IV, 6, p. 123):
4. Une parisienne amoureuse dément sa nature et manque à sa fonction, qui est d'être à tous, comme une œuvre d'art. A. France, Le Lys rouge,1894, p. 92.
b) [Le suj. désigne une chose] Infirmer, ne pas être conforme à quelque chose. Le résultat ne démentit pas la fierté du propos (Stendhal, Amour,1822, p. 274).La destinée dément et déjoue toutes leurs prévisions (Sand, Hist. vie,t. 3, 1855, p. 165):
5. Il éprouvait le même sentiment imperceptible de gêne que l'on ressent à se réveiller très tard, après une nuit pénible, dans cette obscurité trompeuse des volets fermés que démentent, glissés aux interstices de l'étoffe, filtrant par toutes les coutures, déjà les doigts pâles du matin. Gracq, Un Beau ténébreux,1945, p. 190.
[En partic., en parlant des qualités, des manifestations physiques d'une pers.] Une douceur qui démentait l'expression d'effronterie qu'elle s'efforçait de donner à ses traits (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 222).Ils s'efforçaient de garder un ton aisé que démentait le tremblement imperceptible de leurs voix (Estaunié, Ascension M. Baslèvre,1919, p. 308).
B.− Emploi pronom.
1. [Le suj. désigne une pers., sa physionomie, son caractère, etc.] Se contredire, agir en contradiction avec ce qu'on a fait ou dit auparavant. Le caractère d'Imley ne se démentit pas un moment (Chateaubr., Natchez,1826, p. 483).Mais je suis sûr que tu vas te démentir (Rivière, Corresp.[avec Alain-Fournier], 1906, p. 37):
6. Non que « la crainte de se démentir soi-même » l'ait jamais en rien beaucoup retenu. Il en était à ce point d'indépendance où se démentir peut paraître une manière encore de la proclamer. Guéhenno, Jean-Jacques,1950, p. 155.
2. [Le suj. désigne une chose] Dans une de ces lettres qui se démentent l'une par l'autre (Staël, Lettres L. de Narbonne,1793, p. 191).
[En partic. dans des phrases négatives] Ne pas se démentir. Ne pas cesser d'avoir la qualité dont il est ou a été question. L'opiniâtreté des vents de sud ne se démentit pas pendant les journées du 9 et du 10 (Voy. La Pérouse,t. 3, 1797, p. 28):
7. Sur le seuil de la porte, il lui tendit la main; elle la serra un peu vivement; mais sa figure ne se démentit pas; et, jusqu'au bout, elle garda son air raide et glacé. Elle s'en alla. Rolland, Jean-Christophe,La Foire sur la place, 1908, p. 815.
Prononc. et Orth. : [demɑ ̃ti:ʀ], (je) démens [demɑ ̃]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1100 desmentir « contredire (quelqu'un) en prétendant qu'il n'a pas dit la vérité » (Roland, éd. J. Bédier, 3834); b) 1563 dementir « prétendre (quelque chose) contraire à la vérité » (Ronsard, Remonstrance au peuple de France, 117 ds Œuvres complètes, éd. P. Laumonier, t. 11, p. 69); 2. ca 1100 « se conduire de façon indigne de (sa race, etc.) » (Roland, 788), attest. isolée; de nouv. 1550 (Ronsard, Odes, I, 5, 95, loc. cit., t. 1, p. 89); 3. 1550 « (d'un événement) ne pas être conforme à ce qui était attendu » (Id., Odes, III, 2, 32, loc. cit., t. 2, p. 7); 1564 « (d'une chose) être en contradiction avec » (Id., La Promesse, 252, loc. cit., t. 13, p. 13). B. 1. Ca 1176 soi desmentir « se briser, se rompre (d'un bouclier, etc.) » (Chr. de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 1894) − xves., Ren. de Montauban, ms. Arsenal 5072 ds Gdf.; 1188 au fig. « être impropre au service, manquer à son devoir » (Aimon de Varennes, Florimont, 6169 ds T.-L.) − mil. xives., Bâtard de Bouillon, 6106, ibid.; ca 1260 « s'ébranler (d'un mur, etc.) » (Ménestrel Reims, éd. N. de Wailly, 343) − 1900, Nouv. Lar. ill.; 2. 1643 « (de qualités) cesser d'être, se relâcher » (Corneille, Polyeucte, III, 5 ds Œuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 3, p. 536). Dér. de mentir*; préf. dé-*. Fréq. abs. littér. : 773. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 244, b) 816; xxes. : a) 1 109, b) 1 118. Bbg. Gir. t. 2 Nouv. Rem. 1834, p. 28.

Démentir : définition du Wiktionnaire

Verbe

démentir transitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Contredire quelqu’un en niant la véracité de ce qu’il a affirmé.
    • Démentirez-vous ce fait désolant que, dans certaines fermes, l'ouvrier agricole touche une partie de son pauvre salaire sous la forme de bouteilles de blanche, c'est à dire d'eau-de-vie ? — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • S’il dit cela, comptez sur moi pour le démentir.
    • Ce qu’elle dit est vrai, je ne saurais la démentir.
  2. Contredire un fait comme étant faux, supposé, controuvé.
    • Les étranges figures dont tout Mangarévien bigarrait sa peau, […], lui donnaient un air martial et terrible, que ne démentait pas son caractère; car il passait, avant sa conversion, pour le plus féroce insulaire de l'Océanie. — (Caret, Archipel de Mangaréva (Iles Gambier), dans Revue de l'Orient, 1844)
    • Démentez cet écrit, si vous l’osez.
    • Démentirez-vous votre signature ?
    • Voilà des faits qu’on ne peut démentir.
    • Démentir une nouvelle.
    • Il a démenti, dans les journaux, ce bruit calomnieux.
    • Des témoignages qui se démentent.
  3. (Figuré) Ne pas confirmer les paroles, l’opinion, la supposition de soi-même ou d’autrui.
    • Bonaparte rentra de nuit, ne sachant quelle réception il devoit espérer ; mais ses esclaves ne se démentirent point , et le Sénat en particulier se battit les flancs pour lui témoigner toute l'allégresse des Français, en voyant leur Souverain avoir pu échapper seul aux désastres qui couvroient la France de deuil. — (Jean Fenouillot, La France à ses enfants, Bâle, 1814, note page 22)
    • Un tel a rendu de fort bons témoignages de vous, gardez-vous bien de le démentir. — Vous démentez par votre conduite la bonne opinion que j’avais de vous.
    • C’est une chose que l’expérience dément tous les jours. — L’événement démentit mes craintes, mes espérances.
    • Il se dément lui-même à tout propos. — Il dit cela aujourd’hui, demain il se démentira.
  4. (Figuré) Faire des choses indignes de.
    • Démentir son caractère.
    • Cet homme jusqu’alors si estimé s’est tout à coup démenti.
  5. N’être pas digne de, n’être pas conforme à, en parlant des choses
    • Ses actions démentent ses discours.
    • Sa mort n’a point démenti sa vie.
    • Sa fermeté s’est un moment démentie.
    • Je n'ai pu maîtriser mon premier mouvement ;
      mais je le crois injuste, et mon cœur le dément.
      — (Casimir Delavigne, Les enfants d'Édouard, acte III, scène V)
    • Mais, repris-je par un mouvement de politesse tout spontané, mais le rose de vos joues dément, Madame, le noir de vos paroles. — (Maurice Bedel, Mémoire sans malice sur les dames d'aujourd'hui, 1935)
  6. Cesser, en parlant des choses,.
    • Sa mauvaise volonté pour moi ne s’est jamais démentie.
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Démentir : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DÉMENTIR. v. tr.
Contredire quelqu'un en niant la véracité de ce qu'il a affirmé. S'il dit cela, comptez sur moi pour le démentir. Quoi! voudriez-vous me démentir? Ce qu'elle dit est vrai, je ne saurais la démentir. Il signifie également Contredire un fait comme étant faux, supposé, controuvé. Démentez cet écrit, si vous l'osez. Démentirez-vous votre signature? Voilà des faits qu'on ne peut démentir. Démentir une nouvelle. Il a démenti, dans les journaux, ce bruit calomnieur. Des témoignages qui se démentent. Il signifie au figuré Ne pas confirmer les paroles, l'opinion, la supposition de soi-même ou d'autrui. Un tel a rendu de fort bons témoignages de vous, gardez-vous bien de le démentir. Vous démentez par votre conduite la bonne opinion que j'avais de vous. C'est une chose que l'expérience dément tous les jours. L'événement démentit mes craintes, mes espérances. Il se dément lui-même à tout propos. Il dit cela aujourd'hui, demain il se démentira. Il signifie aussi figurément Faire des choses indignes de. Démentir son caractère. Cet homme jusqu'alors si estimé s'est tout à coup démenti. Il signifie également, en parlant des Choses, N'être pas digne de, conforme à. Ses actions démentent ses discours. Sa mort n'a point démenti sa vie. Sa fermeté s'est un moment démentie. Il signifie aussi, en parlant des Choses, Cesser. Sa mauvaise volonté pour moi ne s'est jamais démentie.

Démentir : définition du Littré (1872-1877)

DÉMENTIR (dé-man-tir), je démens, tu démens, il dément, nous démentons, vous démentez, ils démentent ; je démentais ; je démentis ; je démentirai ; je démentirais ; démens, qu'il démente, démentons, démentez, qu'ils démentent ; que je démente, que nous démentions ; que je démentisse ; démentant ; démenti v. a.
  • 1Dire à quelqu'un ou de quelqu'un, qu'il n'a pas dit vrai. À quoi bon se montrer et, comme un étourdi, Me venir démentir de tout ce que je di ? Molière, l'Étour. I, 5. Mon cœur ne prétend pas, seigneur, vous démentir ; Et je vous en croirai sur un simple soupir, Racine, Bérén. II, 4. Vous le craignez ; osez l'accuser la première Du crime dont il peut vous charger aujourd'hui ; Qui vous démentira ? tout parle contre lui, Racine, Phèd. III, 3. Josèphe voulut joindre à ses Antiquités l'histoire de sa vie, durant qu'il y avait encore plusieurs personnes qui pouvaient le démentir, s'il s'éloignait de la vérité, Rollin, Hist. anc. t. XII, liv. XXV, ch. 2, art. 1, § 2. Sans cesse à l'excuser mon cœur ingénieux Trouvait quelque plaisir à démentir les dieux, Ducis, Hamlet, II, 5.

    Ne pas croire, ne pas ajouter foi. Lequel croire, Exupère, et lequel démentir ? Corneille, Héracl. IV, 4.

    Protester contre la conduite de quelqu'un. Il courut démentir une mère infidèle, Racine, Mithr. II, 3.

    Par extension, être la preuve que la vérité n'a pas été dite. Son livre en paraissant dément tous les flatteurs, Boileau, Sat. IX.

  • 2Nier la vérité, l'exactitude de quelque chose. Démentir un acte, Patru, Plaidoyer 4, dans RICHELET. Eût-elle démenti ce billet de Maurice ? Corneille, Héracl. IV, 1. Vous ne pouvez démentir l'Écriture sainte ni les conciles, Pascal, Prov. 5. Démentez donc, seigneur, ce bruit injurieux, Racine, Alex. II, 4. Tiens, perfide, regarde, et démens cet écrit, Racine, Baj. V, 4. Et bientôt, démentant le faux bruit de sa mort, Mithridate lui-même arrive dans le port, Racine, Mithr. I, 4.

    Démentir sa promesse, ne pas la tenir.

    Fig. Si tu démens tes yeux, croiras-tu mon suffrage ? Corneille, Perthar. III, 4.

  • 3N'être pas conforme à, ne pas confirmer. C'est une chose que l'expérience dément tous les jours. Ta mine ne dément point le lieu [la race] d'où j'apprends que tu es sorti, Vaugelas, Q. C. liv. IV, dans RICHELET. Beaucoup d'événements ont démenti leurs causes, Rotrou, Antig. I, 2. Et ne voyais-tu pas dans mes emportements Que mon cœur démentait ma bouche à tous moments ? Racine, Androm. V, 3. Votre intention dément vos paroles, Bossuet, Char. frat. 3. L'événement n'a point démenti mon attente, Racine, Mithr. V, 1. Ses sentiments ne démentaient pas ses œuvres publiques, Massillon, Or. fun. Madame. Son caractère ne démentait point sa physionomie, Rousseau, Confess. III. Ce qui se passait au Louvre ne démentait pas les fureurs de la ville, Anquetil, Ligue, II, p. 43.
  • 4Faire des choses indignes de. Tu m'as fait démentir l'honneur de ma naissance, Corneille, Cinna, IV, 6. Et je démens pour vous la voix de la nature, Corneille, D. San. V, 5. Je ne puis démentir cette horreur magnanime Qu'en recevant le jour je conçus pour le crime, Corneille, Tite et Bérén. II, 1. Incapable de démentir les maximes de ses premiers rois, Bossuet, Hist. III, 3. Au lieu de dire comme on dit communément : cet homme dément sa foi, je dirais presque : cet homme n'a plus absolument de foi, Bourdaloue, 3e dim. après l'Épiph. Dominic. Il dément ses exploits et les rend superflus, Racine, Androm. III, 8. Vous voulez que le roi s'abaisse et s'humilie ? Qu'il démente en un jour tout le cours sa vie ? Racine, Mithr. III, 1.

    Par antiphrase, en parlant des choses mauvaises, odieuses. Oui vous êtes du sang d'Atrée et de Thyeste ; Vous ne démentez pas une race funeste, Racine, Iphig. IV, 4. Je n'ai point de son sang démenti l'origine, Racine, Phèd. IV, 2.

  • 5Être rebelle à. Soit que je n'ose encor démentir le pouvoir De ces yeux où j'ai lu si longtemps mon devoir, Racine, Brit. II, 2.
  • 6Se démentir, v. réfl. Se donner un démenti, en parlant de deux personnes. Ils se sont démentis l'un l'autre.
  • 7Se démentir, se contredire. Il se dément lui-même à tout propos.

    Manquer à sa promesse. Vous nous avez promis votre appui ; n'allez pas vous démentir.

    Être démenti. Ce qu'il dit se dément soi-même, Bossuet, Préf.

  • 8N'être pas conséquent avec soi-même, s'écarter de son caractère ; être en contradiction avec ses principes. [Il] Fit ferme longtemps et puis se démentit, Tristan, M. de Chrispe, I, 3. Tu te démens bientôt de tes bons sentiments, Molière, Sgan. 23. Notre personnage ne se dément point, Sévigné, 328. Non, tu ne te démens point, dit monsieur le prince, en l'ayant encore embrassé, Hamilton, Gramm. 5. Titus n'a point pour moi paru se démentir, Racine, Bérén. I, 3. Et je sens qu'à l'instant, prompte à me démentir, Je fais des vœux secrets pour n'en jamais sortir, Voltaire, Zaïre, V, 3.

    Il se dit des choses qui cessent d'être ce qu'elles étaient. Ses bontés pour moi ne se sont jamais démenties. Les caractères des personnages d'Homère ne se démentent jamais. À considérer cette courtoisie si exacte et qui ne s'est jamais démentie, Voiture, Lett. 3. Que jusque-là ma gloire ose se démentir ! Corneille, Poly. III, 5. Sa vertu jusqu'au bout ne s'est point démentie, Corneille, Héracl. III, 3. L'innocence qui ne s'est jamais démentie, Bossuet, 1, Nativ. 1. Tout se soutient dans cet homme, rien encore ne se dément dans cette grandeur qu'il a acquise, dont il ne doit rien, qu'il a payée, La Bruyère, VI. Une foi qui se dément dans les œuvres, Massillon, Av. Disp. Cette fierté qu'en nous soutient la modestie, Dans mon cœur à ce point ne s'est point démentie, Voltaire, Zaïre, I, 1. Mais je connais le sort, il peut se démentir, Voltaire, Mérope, I, 4.

  • 9 Terme de manége. Se démentir, se relâcher, changer, en parlant du cheval.
  • 10 Terme de construction. Ne pas garder sa solidité, son arrangement. Ce bâtiment commence à se démentir. Cette cloison se dément.

    Fig. par extension. Je me les représente tous ces globes qui sont en marche ; ils ne s'embarrassent point l'un l'autre, ils ne se choquent point, ils ne se dérangent point : si le plus petit d'eux venait à se démentir et à rencontrer la terre, que deviendrait la terre ? La Bruyère, XVI.

HISTORIQUE

XIe s. Deus me confonde, se la geste [récit] [j'] en dement, Ch. de Rol. LXI. [Rien n'empêchera] Au brant d'acier que je ne l'en desmente, ib. CCLXXVI. S'or a [s'il a maintenant] parent [qui] m'en veuille desmentir, ib. CCLXXIX.

XIIe s. E serement en fist, ne s'en puet dementir, Th. le mart. 40.

XIIIe s. Mais la tour estoit si bonne qu'onques ne se dementi, Chron. de Rains, 184. Rogel, trop estes alentiz ; Par vos ai sovent desmentiz Toz les vilains qui me disoient…, Ren. 15360. Et se celui que l'on appelle ensi s'en viaut [veut] aerdre à celui qui l'a apelé de son cors contre le sien, il le deit maintenant desmentir, et offrir sei à defendre de son cors contre le sien, Ass. de Jér. I, 156. Il me dit que je me gardasse que je me desmentisse, ne ne desdeisse nullui de ce que il diroit devant moi, Joinville, 194.

XVe s. Et se monteplierent les paroles entre eux deux, tant que ils se desmentirent, Froissart, II, II, 221.

XVIe s. Celuy est fol qui d'aymer se demente, Et n'ay pas peur qu'un saige m'en desmente, Marot, J. V, 268. Le roy en fut fort courroucé, comme se sentant desmenty, Amyot, Artax. 19. Nature ne se desment pas en cela de sa generale police, Montaigne, I, 105. Qu'on face, dict Horace, perdre à son ouvrage toutes ses coustures et mesures, il ne se desmentira point pour cela, Montaigne, I, 90. Nous sommes advertis que le massif se desment quand nous voyons fendiller l'enduict et la crouste de nos parois, Montaigne, I, 338. Amyot ne luy a rien presté qui le desmente ou qui le desdie, Montaigne, II, 41. Il n'est piece du monde qui desmente son facteur, Montaigne, II, 148. De la teste nous advouons, desadvouons, desmentons, bienveignons…, Montaigne, II, 159. Pour peu que nostre raison se desmente du sentier ordinaire, Montaigne, II, 256. On les veoit le desmentir et l'injurier, Montaigne, III, 79. Il fut ouy un horrible tonnerre avec un esclat bruyant, tout ainsi que les grosses artilleries, dont plusieurs maisons se desmentirent, Paré, Monstres, app. 5.

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Étymologie de « démentir »

Étymologie de démentir - Littré

Dé… préfixe, et mentir ; provenç. et espagn. desmentir ; ital. smentire. Du sens propre, démentir, dans la langue ancienne et dans des significations techniques, a passé à l'acception de choses qui, ne gardant pas leur solidité, se démentent pour ainsi dire.

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Étymologie de démentir - Wiktionnaire

(Siècle à préciser) Dérivé de mentir avec le préfixe dé-.
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Phonétique du mot « démentir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
démentir demɑ̃tir play_arrow

Conjugaison du verbe « démentir »

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Évolution historique de l’usage du mot « démentir »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « démentir »

  • Alors que certaines rumeurs annonçaient des négociations avancées entre le Paris FC et des investisseurs du Moyen-Orient, du Bahrein plus précisément, menés par le président du Comité olympique du pays et prince Nasser ben Hamed al-Khalifa, le président du club parisien a tenu a démentir tout contact avec d'autres investisseurs dans les colonnes de L'Equipe.  Foot National, Paris FC : Le club n'est pas à vendre mais prêt à ouvrir son capital ?
  • Frank McCourt a beau démentir une vente de l’OM, Romain Molina n’y croit pas. Selon le journaliste indépendant, le propriétaire phocéen s’est secrètement confié sur son désir de vendre l’Olympique de Marseille et a même indiqué le prix qu’il espérait. , Vente de l’OM : Romain Molina lance une info «sûre»
  • Cyril Féraud : cette rumeur qu’il doit sans cesse démentir Gala.fr, Cyril Féraud : cette rumeur qu’il doit sans cesse démentir - Gala
  • Donald Trump malade ? Cette curieuse explication pour démentir les rumeurs Gala.fr, Donald Trump malade ? Cette curieuse explication pour démentir les rumeurs - Gala
  • Mais le mal est fait. Charlène a été contrainte de démentir à deux reprises, en 2013 et 2014 cette rumeur persistante. D’autant plus que Charlène s’était mise à pleurer lors de son mariage religieux. Deux ans plus tard, elle se justifiait au Times Weekend Magazine. « Tout était si lourd à porter, avec tant d'émotions mêlées à cause de ces rumeurs, et apparemment, la tension a grimpé en flèche et j'ai fondu en larmes. Et là, je me suis mise à pleurer d'autant plus que je pensais en même temps "Oh non, le monde entier est en train de me regarder pleurer" ! », a confié celle qui, un an plus tard, ajoutait lors d’un entretien accordé à Paris Match qu’elle avait bel et bien quitté le Rocher avant le mariage mais pour une raison toute simple : « À la dernière minute, ma mère m'avait demandé de l'accompagner à Paris pour chercher une paire de chaussures commandée pour la cérémonie. C'est là que toute une histoire a été inventée. » Dans ce même entretien, la princesse confiait l'impact désastreux de la rumeur : « J'ai répondu à mes amis qui s'inquiétaient et ne comprenaient pas : ‘Comment ça, j'ai fui? Mais pour aller où?’». Et d'assurer : « Albert est la personne en qui j'ai le plus confiance, celle qui me connaît le mieux ». Neuf ans, jour pour jour, après leur mariage, les parents de Gabriella et Jacques de Monaco sont plus amoureux que jamais. Gala.fr, Mariage d’Albert et Charlene de Monaco : cette odieuse rumeur qu’ils ont su démentir - Gala
  • "Quand je suis arrivé, j'ai dit que j'étais étonné de toutes les fake news que je voyais et entendais". Propriétaire et président de la Fiorentina depuis l'été 2019, Rocco Commisso a publié ce samedi un communiqué pour démentir fermement une arrivée prochaine de Daniele De Rossi au poste d'entraîneur. Sky Sport Italia avait en effet annoncé la veille que l'ancien milieu de terrain avait été choisi pour remplacer Beppe Iachini. RMC SPORT, Fiorentina: le président dément l'arrivée de De Rossi au poste d'entraîneur
  • A force de chercher de bonnes raisons, on en trouve ; on les dit ; et après on y tient, non pas tant parce qu'elles sont bonnes que pour ne pas se démentir. De Pierre Choderlos de Laclos / Lettres
  • Les nouvelles vont parfois si vite qu’elles n’arrivent même plus à se rattraper pour se démentir. De André Frossard / Les Pensées
  • On dit que l'argent n'a pas d'odeur : le pétrole est là pour le démentir. De Pierre Mac Orlan
  • Mentir c’est un métier, mais démentir c’est tout un art. De Georges Wolinski / Les Socialos
  • On vante les morts parce qu'on est sûr qu'ils n'en démentiront rien. De Michel Campiche
  • Espérer, c’est démentir l’avenir. De Emil Michel Cioran / Syllogismes de l’amertume
  • On crée pour l’éternité, même si elle se charge de démentir. De François Mitterrand

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Traductions du mot « démentir »

Langue Traduction
Corse nigà
Basque ukatzeko
Japonais 否定する
Russe отрицать
Portugais negar
Arabe أنكر
Chinois 拒绝
Allemand verweigern
Italien negare
Espagnol negar
Anglais deny
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Synonymes de « démentir »

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Antonymes de « démentir »


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