Nier : définition de nier


Nier : définition du Wiktionnaire

Verbe

nier \nje\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Dire qu’une chose n’est pas vraie, soutenir qu’une chose n’est pas.
    • Nier un fait.
    • C’est une vérité qu’on ne peut nier.
    • Nier cette vérité, c’est nier qu’il fasse jour en plein midi.
    • Il demeure d’accord du droit, mais il nie le fait, il le nie formellement.
    • Je ne nie pas qu’il ait fait cela.
    • Il nie que cela soit.
    • (Absolument)Il demeurait les bras croisés, immobile au milieu des gestes multipliés de mon oncle ; pour nier, sa tête tournait de gauche à droite ; elle s’inclinait pour affirmer, et cela si peu, que ses longs cheveux bougeaient à peine. — (Jules Verne, Voyage au centre de la Terre, ch. 11, 1867)
    • Ce sont vos affirmations qui provoquent et justifient mes négations. Cessez d’affirmer et je cesserai de nier. — (Sébastien Faure , Douze preuves de l'inexistence de Dieu, conférence de 1908)
  2. (En particulier) Refuser d'admettre ou de reconnaitre.
    • Il y avait de quoi désespérer ou attaquer ces misogynes qui niaient aux femmes le droit d'écrire et de défendre leurs talents selon leur propre tempérament. — (Michel Peyramaure, L'ange de la paix: Le roman d'Olympe de Gouges, éd. Robert Laffont, 2008)
    • Nier une dette ou un dépôt
  3. (Philosophie) Ne pas demeurer d’accord d’une proposition.
    • Les successeurs de Descartes nient l’efficace des causes secondes ; Descartes en partie la nie et en partie l’accorde. Il l’accorde explicitement, mais implicitement il la nie. — (Jules Simon, Introduction de : « Œuvres de Descartes », édition Charpentier à Paris, 1845)
  4. (Par extension) S’opposer à ce que l'on désapprouve.
    • La violence prolétarienne change l’aspect de tous les conflits au cours desquels on l’observe ; car elle nie la force organisée par la bourgeoisie, et prétend supprimer l’État qui en forme le noyau central. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, 1908, p. 23)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Nier : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

NIER. v. tr.
Dire qu'une chose n'est pas vraie, soutenir qu'une chose n'est pas. Nier un fait. C'est une vérité qu'on ne peut nier. Nier cette vérité, c'est nier qu'il fasse jour en plein midi. Il demeure d'accord du droit, mais il nie le fait, il le nie formellement. Je ne nie pas qu'il ait fait cela. Il nie que cela soit. Absolument, Toute les fois que j'affirme, vous niez. Nier une dette, un dépôt, Soutenir qu'on n'a pas à payer cette dette, qu'on n'a pas à rendre compte de ce dépôt.

NIER signifie aussi, en termes de Philosophie, Ne pas demeurer d'accord d'une proposition. Il ne faut pas disputer contre ceux qui nient les principes. Nier une conséquence. Il a accordé la majeure et nié la mineure.

Nier : définition du Littré (1872-1877)

NIER (ni-é), je niais, nous niions, vous niiez ; que je nie, que nous niions, que vous niiez v. a.
  • 1Dire qu'une chose n'est pas vraie ou n'est pas. Il me nia le fait, mais d'une manière qui me le fit croire, parce qu'il me conjura de ne le pas publier, Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 245, dans POUGENS. Les sadducéens, qui nient la résurrection, le vinrent trouver, et ils lui proposèrent cette question…, Sacy, Bible, Évang. St Marc, XII, 18. Vous étiez aussi avec Jésus de Nazareth ? mais lui le nia, en disant : Je ne le connais point, et je ne sais ce que vous dites, Sacy, ib. XIV, 67. C'est une maladie naturelle à l'homme de croire qu'il possède la vérité directement ; et de là vient qu'il est toujours disposé à nier tout ce qui lui est incompréhensible, Pascal, Espr. géom. I. Souvenez-vous que nous avons vu nier dans Paris les expériences de Newton sur la lumière, et lui faire des objections plus frivoles, Voltaire, Pol. et législ. Fragm. hist. Inde. XXVI. Vous laissez les taupes, enterrées sous vos gazons, nier, si elles l'osent, l'existence du soleil, Voltaire, ib. Instr. pour le Pr. royal, II. Des avantages qui ne puissent être ni disputés ni niés ; or c'est ce qu'on trouve dans la naissance et dans la fortune, D'Alembert, Ess. sur la soc. des g. de lett. Œuvr. t. III, p. 62, dans POUGENS. Quand on nierait au christianisme ses preuves surnaturelles, il resterait de quoi prouver qu'il est le culte le plus divin et le plus pur, Chateaubriand, Génie, IV, VI, 13.

    Absolument. C'est un des abus de ce tribunal [l'inquisition], que, de deux personnes qui sont accusées du même crime, celle qui nie est condamnée à la mort, et celle qui avoue évite le supplice ; ceci est tiré des idées monastiques, Montesquieu, Esp. XXVI, 12.

    Nier Dieu, prétendre que Dieu n'existe pas. Dieu fait part, au besoin, de sa force infinie ; Qui craint de le nier, dans son âme le nie, Corneille, Poly. II, 6. Son désespoir à la mort de ses enfants, porté jusqu'à nier la Providence, Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. XI, 2e part, p. 735, dans POUGENS. Vous craignez qu'en adorant Dieu on ne redevienne bientôt superstitieux et fanatique ; mais n'est-il pas à craindre qu'en le niant on ne s'abandonne aux passions les plus atroces et aux crimes les plus affreux ? Voltaire, Dict. phil. Dieu.

  • 2Nier suivi d'un autre verbe, régit de et l'infinitif, lorsque le verbe régi se rapporte au sujet de la phrase. Il nie d'avoir rien touché, pour se mettre dans le rang des créanciers, Sévigné, 10 nov. 1675. Il a nié d'avoir prétendu deux fois dans le consistoire…, Rousseau, dans GIRAULT-DUVIVIER.

    Si le verbe régi ne se rapporte pas au sujet de la phrase, on met que et le subjonctif. Si cette vie est le champ fécond dans lequel nous devons semer pour la glorieuse immortalité… l'on ne peut nier que la longue vie ne soit souhaitable, Bossuet, Yol. de Monterby.

    On peut employer la même tournure quand les deux verbes ont le même sujet. Il nie qu'il se soit trouvé dans cette maison.

  • 3Nier un dépôt, une dette, nier qu'on ait une dette à payer, un dépôt à rendre. Doutez-vous de ma probité, monsieur ? vos cent écus ! j'aimerais mieux vous les devoir toute ma vie, que de les nier un seul instant, Beaumarchais, Barb. de Sév. III, 5.
  • 4 En termes d'argumentation, ne pas demeurer d'accord d'une proposition. Nier un principe. Il a accordé la majeure et nié la mineure. Il ne faut point imputer les conséquences à qui les nie, Bossuet, 3e avert. 2.
  • 5Refuser, ne pas accorder. Et je n'ai pu nier au tourment qui le tue Quelques moments secrets d'une si chère vue, Molière, D. Garc. III, 2. Et tâcher par des soins d'une très longue suite D'obtenir ce qu'on nie à leur peu de mérite, Molière, Mis. III, 1. Il demeure libre d'octroyer la demande ou de la nier, Pascal, Prov. VIII.
  • 6Se nier, v. réfl. Être nié. Ce sont là des choses qui se nient facilement.

REMARQUE

1. Nier employé avec une négation est suivi ordinairement de la négative ne : Je ne puis pas nier qu'il n'y ait eu des Pères de l'Église qui ont condamné la comédie ; mais on ne peut pas me nier aussi qu'il n'y en ait eu quelques-uns qui l'ont traitée un peu plus doucement, Molière, Tart. Préface. Vous ne sauriez nier qu'un homme n'apprenne bien des choses quand il voyage, Fénelon, Dial. des morts, n° 17. Je ne nie pas que je ne sois infiniment flatté…, Voltaire, Lett. Mme du Bocage, 19 sept. 1764.

2. On peut aussi supprimer ce ne : Je ne nie pas qu'il ait fait cela, Dict. de l'Académie. Je ne nie pas qu'il ait raison, Rousseau, dans GIRAULT-DUVIVIER.

3. On met également ne quand le verbe paraît sous une forme interrogative : Peut-on nier qu'il n'ait avancé cette proposition ? Mais ici aussi le ne peut se supprimer : Niez-vous qu'il en soit ainsi ?

HISTORIQUE

XIIe s. Puisqu'il le nie, sire, vez-ci mon gant, Ronc. p. 181.

XIIIe s. Li plus sage paien en furent moult dolent : Volentiers s'en r'alassent ariere en orient, Mais plus en ot de fols qui en furent noiant, Ch. d'Ant. VII, 556. Mais ce ne sui-je pas [ce n'est pas moi], sachiez, je vous le noi, Berte, cv. De ce qu'ele le noie, tous [j'] en sui trespensés, ib. CXXI. L'ostel, dit-il, tel cum veés, Prenés, jà ne vous iert neés [refusé], la Rose, 12378.

XIVe s. La pensée qui afferme ou nie, Oresme, Eth. 183. Teles vertus selon lesqueles l'ame dit verité ou en affermant ou en noiant, Oresme, ib. 173.

XVIe s. Qui est-ce qui niera que cela n'ait esté fait par esprit prophetique ? Calvin, Instit. 40. Il faut qu'il nie quant et quant, que la transgression de la loy n'est point peché, Calvin, ib. 488. Il nie qu'il n'a point esté creé apostre ne des hommes, ne par hommes, mais par Jesus-Christ, Calvin, ib. 854. Il ne nioit point qu'il n'eust Cleopatre, mais aussi ne confessoit il point qu'il la tinst pour sa femme, Amyot, Anton. 38. Il nia qu'il l'eust prise, mais il en fut trouvé saisy, Amyot, ib. 104.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Nier : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

NIER, v. act. (Gramm.) c’est regarder comme faux ce qui est avancé par un autre, & lui marquer l’opposition qu’on a à son sentiment, par les expressions usitées dans la langue. Voyez Négation, Négatif, &c.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Nier : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « nier » les plus populaires.

✍️

Étymologie de « nier »

Étymologie de nier - Littré

Wallon, noiî ; provenç. negar, neguar, nejar, neyar ; espagn. et portug. negar ; ital. negare ; du lat. negare, que les étymologistes latins dérivent de nec et du radical du verbe ajo, aio, je dis ; mais à tort : car c'est le dénominatif de la négation nec, où le c s'est changé en g, comme dans neg-otium. La régularité de la conjugaison exclut la composition avec aio.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de nier - Wiktionnaire

(vers 1450) Du latin negare. (980) neier.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « nier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
nier nje play_arrow

Conjugaison du verbe « nier »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe nier

Citations contenant le mot « nier »

  • On ne peut plus le nier, la Belgique fait face à une deuxième vague d’épidémie de coronavirus. Un Conseil national de sécurité qui se tiendra ce jeudi devra prendre des décisions pour que cette vague ne reste qu’une vaguelette. Car tous les indicateurs sont au rouge. Les cas de contaminations ne cessent de remonter depuis deux semaines et les décès et hospitalisations repartent également à la hausse. , On ne peut plus le nier, la Belgique fait face à une deuxième vague d’épidémie de coronavirus!!! Les hospitalisations repartent à la hausse - Nandrin
  • En mars dernier, Square Enix ne tarissait pas d’annonces concernant la licence NieR, avec notamment un remaster, Xbox Game Pass et un jeu mobile : NieR Re[in]carnation. On en sait désormais un peu plus. Clubic.com, NieR Reincarnation s'offre un nouveau trailer cryptique et du gameplay
  • Les faits des démons Incubes ou Succubes sont si multiples qu'on ne saurait les nier sans imprudence. De Saint Augustin / De Civitate Dei
  • On ne peut nier que la femme a distancé la guenon plus que l'homme le singe. De Jacques Deval / Afin de vivre bel et bien
  • Attends pour nier Dieu qu'on ait bien prouvé qu'il n'existe pas ! De Alexandre Dumas, fils / Le Noël
  • Tout croire est d'un imbécile, Tout nier est d'un sot. De Charles Nodier / Inès de Las Sierras
  • Une liberté qui ne s'emploie qu'à nier la liberté doit être niée. De Simone de Beauvoir
  • Il est plus facile de nier les choses que de se renseigner à leur sujet. De Mariano José de Larra
  • Si croire en Dieu peut comporter certaines obscurités, nier Dieu comporte une absurdité. De Jacques-Bénigne Bossuet
  • Inutile de le nier : la femme n’est pas pareille à l’homme. De Jean-Paul Sartre
  • En politique le meilleur moyen de résoudre un problème est de nier l’énoncé. De André Frossard
  • Il est toujours plus aisé de croire que de nier. De John Burroughs / La Lumière du jour
  • L’ignorant aime à nier, le savant aime à croire. De Proverbe français
  • Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit. Émile Chartier, dit Alain, Propos sur la religion, P.U.F.

Images d'illustration du mot « nier »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « nier »

Langue Traduction
Corse nigà
Basque ukatzeko
Japonais 否定する
Russe отрицать
Portugais negar
Arabe أنكر
Chinois 拒绝
Allemand verweigern
Italien negare
Espagnol negar
Anglais deny
Source : Google Translate API

Synonymes de « nier »

Source : synonymes de nier sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « nier »


Mots similaires