Pouvoir : définition de pouvoir


Pouvoir : définition du Wiktionnaire

Verbe

pouvoir \pu.vwaʁ\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Être capable de ; avoir la faculté de ; être en état de ; être en mesure de.
    • Un léger souffle l’avertissait de ces présences. Geisha le comparait à ces vagues vents coulis traversant certaines pièces bien closes sans qu’on puisse découvrir d’où ils viennent. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 53)
    • Elles deux ne pouvaient passer pour des aristocrates ; au mieux pouvait-on les prendre pour des hoberelles d’une lointaine province. — (Gérard Hubert-Richou, Le Sceptre et le Venin, Boulogne-Billancourt : MA éditions, 2013, chap.L.)
    • Je ne peux plus me concentrer avec tout ce bruit. — Je n’en peux plus, je suis épuisée.
    • Il avoit cependant assez de goût pour sentir qu’on auroit pu choisir un meilleur juge, mais il prenoit la vanité satisfaite pour de la confiance. — (Madame de Genlis, Nouveau contes moraux et nouvelles historiques, Imprimerie de Crapelet, 1802, pages 1-47)
  2. Avoir la possibilité matérielle de faire quelque chose.
    • Je peux venir par le train de 8 h 17 ou celui de 9 h 43.
    • Nous n’y pouvons rien. (nous n’avons pas la capacité d’influer sur le cours des choses)
  3. Avoir la permission de faire quelque chose.
    • Parmi ces observations il en est que nous ne pourrons publier que lorsque les événements en cours, sans lesquels, d'ailleurs, nous n'eussions certainement pas vu l’embâcle de la Meuse, seront terminés. — (M. F. Kaisin jr, « Réflexions sur les phénomènes de chevauchement, à propos de l'embâcle de la Meuse en 1940 », dans les Annales de la Société scientifique de Bruxelles, vol. 60, 1940, page 8)
    • Tu peux fumer si tu le souhaites.
  4. Exprime une possibilité, un choix, qui s’offre à une personne.
    • Les négociants en ânes qui vivaient hors de chez eux à longueur de temps et étaient absents huit à neuf mois dans l'année ne pouvaient éviter d'avoir une maîtresse quelque part. — (Liu Zhenyun , En un mot comme en mille, traduit du chinois par Isabelle Bijon & Wang Jiann-Yuh, Éditions Gallimard, 2013, chap. 2)
    • Je peux appeler un médecin si tu ne te sens pas bien.
    • Dans cette affaire, nous pouvons tout nier en bloc, ou décider de faire amende honorable.
  5. (En particulier) (Ironique) Utilisé pour une proposition insultante, dans le but de faire taire, d’envoyer promener.
    • Ta facture ! Mais merde avec ta facture ! Tu peux te la rouler et te l’enquiller où je pense, ta facture !
  6. Exprime une éventualité, une probabilité, ou une hypothèse. On peut dire aussi : « Il se peut que … » (+ subjonctif).
    • Ne comptez pas sur lui, il peut partir du jour au lendemain.
    • À cette époque, il peut pleuvoir plusieurs fois par jours.
    • Si vous ne faites pas attention, vous pouvez vous faire très mal.
    • Ne t’impatiente pas ! Elle a pu être prise dans les embouteillages.
  7. (Interrogatif) Fait appel à la bonne volonté de l’interlocuteur.
    • - Peux-tu m’ouvrir ce bocal s’il te plait ? - Oui, je veux bien essayer.
  8. (Proverbial) Définit un souhait, un désir.
    • Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ! Si la jeunesse avait de l’expérience et que la vieillesse eût de la force !
  9. (Transitif) S’emploie au subjonctif présent par une manière de vœu, de souhait.
    • Puissé-je ne pas en arriver là !
    • Puisse le ciel vous donner de longs jours !
    • Puissiez-vous réussir dans vos projets !
    • Puissent vos projets réussir !
    • Puisse-t-il arriver bientôt !
  10. (Intransitif) Se dit encore pour marquer la possibilité de quelque événement, de quelque dessein.
    • Un accident pourrait arriver.
    • Cela se peut faire.
    • Cela pourrait bien être.
    • Cela se peut.
    • Cela ne se peut pas.
    • Il pourrait bien en mourir.
    1. (Impersonnel) Employé soit seul, soit avec le pronom se, dans cette acception.
      • Il se peut que votre projet réussisse.
      • Il pourra venir un temps meilleur.
      • Il pourra, il pourrait arriver que… Il se pourrait que…
  11. (Transitif) Avoir l’autorité, le crédit, le moyen, la faculté, etc., de faire.
    • Vous pouvez tout sur lui, sur son esprit.
    • Si je puis quelque chose pour votre service, je m’y emploierai avec joie.
    • C’est un homme qui peut beaucoup dans l’affaire dont il s’agit.
    • Je ne puis rien en cela.
    • Il peut tout ce qu’il veut.
    • Je ne puis pas y aller.
  12. On ne peut plus, on ne peut mieux, Il n’est pas possible de faire ou d’être plus, de faire ou d’être mieux.
    • Il est on ne peut plus aimable.
    • Il s’y conduisit on ne peut mieux.
    • N’en pouvoir plus, N’en plus pouvoir, être dans un accablement causé soit par la vieillesse, soit par la maladie, soit par la fatigue, le travail, la faim, la soif, ou encore par la souffrance morale, l’inquiétude, le chagrin.
    • Je n’en puis plus.
    • Il est fatigué à n’en pouvoir plus.
    • Il est accablé de travail, il n’en peut plus.
    • Je n’en puis plus de soif, de lassitude.
    • Quand il est arrivé chez lui, il n’en pouvait plus.
    • J’ai trop souffert, je n’en puis plus.
    • Après tout ce qu’il a enduré, il n’en peut plus.
    • Ce cheval n’en peut plus.

Nom commun

pouvoir \pu.vwaʁ\ masculin

  1. Capacité à produire un effet.
    • Leur pouvoir était illimité ; ils guérissaient les malades abandonnés des médecins, rendaient fécondes les terres stériles, arrêtaient les épidémies de bestiaux, mais ils n’étaient point toujours d’humeur à ces sorcelleries bienfaisantes, et, plus volontiers, ils se servaient de leur puissance magique pour tourmenter les hommes et les bêtes. — (Octave Mirbeau, Rabalan,)
  2. Capacité à commander, à contraindre, à imposer sa volonté.
    • Dans une société primitive, celui que nous prendrions pour un chef est un porte-parole : il n’a pas de pouvoir.
  3. Capacité légale (de faire une chose) ; (par extension) mandat.
  4. (Politique) Puissance publique, autorité, droit de commander.
    • La tentation d’être un chef juste et humain est naturelle dans un homme instruit ; mais il faut savoir que le pouvoir change profondément celui qui l’exerce ; et cela ne tient pas seulement à une contagion de société ; la raison en est dans les nécessités du commandement, qui sont inflexibles. — (Alain, Souvenirs de guerre, page 235, Hartmann, 1937)
    • La faiblesse du califat permit aux gouverneurs de provinces et autres satrapes d’usurper le pouvoir et de fonder ainsi, à leur gré, des dynasties de courte ou de longue durée. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992)
    • Cette transformation générale de la société ne se fera pas par la prise du pouvoir d’État par une majorité de gauche ; elle suppose une myriade de luttes locales et globales. — (Jean-Paul Russier, Plutôt Proudhon que Marx, 2005)
    • Haï, Épicure le fut et le sera parce qu’il est un des héros de l’humanité. […]. Et si, à sa suite, l’ensemble de l’épicurisme fut maudit, et calomnié comme libertinage dévergondé, c’est parce qu’il guérit de la peur dont tout pouvoir, religieux ou politique, a besoin ! — (Robert Redeker, Les épicuriens, professeurs de liberté, dans Marianne du 5 au 11 février 2011, page 72-73)
  5. (Par métonymie) Les personnes mêmes qui sont investies du pouvoir, de l’autorité politique.
    • Tous les admirateurs de l’écrivain se souviennent également des difficultés inénarrables qu’il connut avec le Pouvoir algérien lorsqu’il tenta cette longue et difficile expérience de théâtre populaire en arabe algérien. — (Jacqueline Arnaud, Actualité de Kateb Yacine, L’Harmattan, 1993, page 7)
    • Le pouvoir assure en avoir fini avec l’arrogance des débuts. — (Olivier Faye, « Macron aborde avec prudence une rentrée à risques ». Le Monde n° 23205, 20 août 2019, page 8. Note : cette phrase se retrouve sur la version en ligne, dans une formulation légèrement différente (« Le pouvoir assure avoir tiré un trait sur l’arrogance des débuts, et privilégier désormais le dialogue. »), en chapeau de l’article, à la place du chapeau de la version imprimée.)
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Pouvoir : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

POUVOIR. (Je puis ou je peux, tu peux, il peut; nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent. Je pouvais. Je pus, tu pus, il put; nous pûmes, vous pûtes, ils purent. J'ai pu. Je pourrai. Je pourrais. Que je puisse. Que je pusse. Que j'eusse pu. Pouvant.) v. intr.
Avoir la faculté, être en état de. Pouvoir marcher. Je pourrais sortir. Je ne puis vous répondre. Je ne peux pas dormir. Il n'a pu réussir dans cette affaire. Quand le pronom je doit suivre le verbe, on préfère puis à peux. Puis-je vous être utile? Sauve qui peut, Se sauve qui pourra, se tire du péril qui pourra. Le cri de sauve qui peut se fit entendre. Prov., Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait! Si la jeunesse avait de l'expérience et que la vieillesse eût de la force!

POUVOIR s'emploie au subjonctif présent par une manière de vœu, de souhait. Puisse le ciel vous donner de longs jours! Puissiez-vous réussir dans vos projets! Puissent vos projets réussir! Puisse-t-il arriver bientôt!

POUVOIR se dit encore pour marquer la possibilité de quelque événement, de quelque dessein. Un accident pourrait arriver. Cela se peut faire. Cela pourrait bien être. Cela se peut. Cela ne se peut pas. Il pourrait bien en mourir. Il s'emploie impersonnellement soit seul, soit avec le pronom Se, dans cette acception. Il se peut que votre projet réussisse. Il pourra venir un temps meilleur. Il pourra, il pourrait arriver que... Il se pourrait que... Peut-être. Voyez cette expression à son rang alphabétique.

POUVOIR s'emploie aussi transitivement et signifie Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, la faculté, etc., de faire. Vous pouvez tout sur lui, sur son esprit. Si je puis quelque chose pour votre service, je m'y emploierai avec joie. C'est un homme qui peut beaucoup dans l'affaire dont il s'agit. Je ne puis rien en cela. Il peut tout ce qu'il veut. Je ne puis pas y aller. On ne peut plus, on ne peut mieux, Il n'est pas possible de faire ou d'être plus, de faire ou d'être mieux. Il est on ne peut plus aimable. Il s'y conduisit on ne peut mieux. N'en pouvoir plus, N'en plus pouvoir, Être dans un accablement causé soit par la vieillesse, soit par la maladie, soit par la fatigue, le travail, la faim, la soif, ou encore par la souffrance morale, l'inquiétude, le chagrin. Je n'en puis plus. Il est fatigué à n'en pouvoir plus. Il est accablé de travail, il n'en peut plus. Je n'en puis plus de soif, de lassitude. Quand il est arrivé chez lui, il n'en pouvait plus. J'ai trop souffert, je n'en puis plus. Après tout ce qu'il a enduré, il n'en peut plus. Ce cheval n'en peut plus. N'en pouvoir mais, Ne pouvoir plus ou N'y rien pouvoir. Je suis désolé de ce qui arrive : je n'en peux mais, je n'en puis mais.

Pouvoir : définition du Littré (1872-1877)

POUVOIR (pou-voir) je peux ou je puis, tu peux, il peut, nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent ; je pouvais ; je pus, nous pûmes, vous pûtes, ils purent ; je pourrai ; je pourrais ; point d'impératif ; que je puisse, que nous puissions ; que je pusse, qu'il pût, que nous pussions ; pouvant ; pu ; quand le pronom je suit le verbe, on dit mieux puis-je que peux-je : Puis-je vous être utile ? v. n.
  • 1Avoir la faculté de, être en état de. Chimène : Va, je ne te hais point. - Rodrigue : Tu le dois. - Chimène : Je ne puis, Corneille, Cid, III, 4. Et quand je vous demande après quel est cet homme [à qui vous venez de faire tant d'amitiés], à peine pouvez-vous dire comme il se nomme, Molière, Mis. I, 1. Il faut bien… Répondre comme on peut à ses empressements, Molière, ib. I, 1. Je me vois dans l'estime autant qu'on y peut être, Fort aimé du beau sexe, et bien auprès du maître ; Je crois qu'avec cela, mon cher marquis, je croi Qu'on peut par tout pays être content de soi, Molière, ib. III, 1. Sans songer où je vais, je me sauve où je puis, Boileau, Sat. VI. Par quel gage éclatant et digne d'un grand roi Puis-je récompenser le mérite et la foi ? Racine, Esth. II, 5. Dans leur sang odieux [des Romains] j'ai pu tremper mes mains, Racine, Mithr. V, 1. L'on peut s'enrichir dans quelque art, ou dans quelque commerce que ce soit, par l'ostentation d'une certaine probité, La Bruyère, VI. Gouverne qui peut ; et, quand on est parvenu à être le maître, on gouverne comme on peut, Voltaire, Dict. phil. Gouvernement.

    Elliptiquement, après un verbe à l'impératif : qui peut, celui qui peut. Sauve qui peut ! se tire du péril qui pourra !

    On dit par une construction analogue : le fera qui pourra, c'est-à-dire celui qui pourra le faire le fera. Je ne m'ennuierai point pour ma chère moitié ; Aimera qui pourra, Gresset, le Méch. II, 1.

    On ne peut être… on ne peut faire… il est impossible d'être… de faire… On ne pouvait pas avoir été plus mal pendu que je l'avais été, Voltaire, Candide, 28.

    Au tric-trac, jan qui ne peut (voy. JAN 1).

    Je ne puis qu'y faire, je n'ai aucun moyen d'empêcher la chose dont il s'agit. Je vois bien que j'ai tort, mais je n'y puis que faire, Molière, Femm. sav. v, 1.

  • 2Ne pouvoir pas que… ne…, ou ne pouvoir que… ne… (avec le subjonctif), être dans l'impossibilité de ne pas… Je ne puis, monseigneur, qu'au milieu de mes maux je ne m'estime fort heureux, Guez de Balzac, liv. I, lett. 4. Je ne puis, cher ami, qu'avec toi je ne rie Des subtiles raisons de sa poltronnerie, Corneille, la Suiv. IV, 6. Vous ne pouvez pas que vous n'ayez raison, Molière, l'Av. I, 7. Je ne puis, ma bonne, que je ne sois en peine de vous, quand je songe…, Sévigné, 12 fév. 1672. Je ne puis que je n'admire cette modestie, Bossuet, Cornet. Je ne puis cette fois que je ne les excuse, Boileau, Sat. X.

    Ne pouvoir que ne, avec un nom de chose pour sujet, ne pouvoir point ne pas. Ce reproche vraiment ne peut qu'il ne m'étonne, Corneille, Suiv. II, 11. La nouvelle ne put qu'elle ne causât quelque mouvement dans la faculté de théologie, Auteurs déguisés, p. 63.

  • 3En parlant des choses, être capable de. Si la réputation et la vertu pouvaient dispenser de la loi commune, l'illustre Julie vivrait encore, Fléchier, Mme de Mont. Plus le prince [fils de Louis XIV] qu'il gouvernait avait de bonté et de docilité naturelle, plus il éloignait tout ce qui pouvait le corrompre, Fléchier, Duc de Mont. L'honneur seul peut flatter un esprit généreux, Racine, Esth II, 5. Rien ne peut prospérer sur des terres ingrates, Racine L. la Grâce, I. Le vrai est comme il peut, et n'a de mérite que d'être ce qu'il est, Staal, Mém. t. I, p. 55. Tu sais qu'un mot de moi peut donner le trépas, Delavigne, Mar. Faliero, I, 8.
  • 4Avoir la permission, la liberté de. Puis-je me plaindre a vous d'un retour inégal…, Corneille, Sertor. IV, 2. Cependant aujourd'hui puis-je vous demander Quels amis vous avez prêts à vous seconder ? Racine, Athal. I, 2.
  • 5Souvent il exprime le doute, la possibilité.

    Avec un nom de personne pour sujet. Non, non, ce cher objet à qui j'ai pu déplaire, Corneille, Cid, III, 1. On pouvait le prévenir, mais on ne pouvait le corrompre, Fléchier, Duc de Mont. Pourriez-vous n'être plus ce superbe Hippolyte, Implacable ennemi des amoureuses lois…, Racine, Phèdre, I, 1. Oenone, il peut quitter cet orgueil qui te blesse, Racine, Phèdre, III, 1. Il rit de cette perfidie [enlever une maîtresse à un autre], Et j'aurais pu m'en courroucer ; Mais je sais qu'il faut se passer Des bagatelles dans la vie, Voltaire, Ép. XIX. Pouvant mourir dans peu d'instants, il ne disait pas un mot qui fût religieux ni sensible, Staël, Corinne, XII, 2.

    Avec un nom de chose pour sujet. Quelque juste pourtant que puisse être sa peine, Corneille, Cid, II, 8. Sganarelle : J'ai une grande inclination pour la fille. - Marphurius : Cela peut être, Molière, Mar. forcé, 8. Le traité de Versailles qui durera ce qu'il pourra, Diderot, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 27, dans POUGENS.

    Il se dit aussi impersonnellement en ce sens. Il pourra venir un temps meilleur. Il en sera ce qu'il pourra, Molière, Mar. forcé, 8. Tout allait comme il pouvait, Bossuet, Hist. III, 5. Il ne peut y avoir de mœurs, il ne peut point y avoir de bonne éducation, partout où c'est l'argent et non le talent qui conduit aux grandes places, D'Holbach, Essai préj. dans DUMARSAIS, Œuv. t. VI, p. 79.

    Il peut être midi, c'est-à-dire il est probable qu'il est midi. Il pouvait être dix heures : je venais d'éteindre ma lampe et de me coucher, Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virg.

  • 6Se résoudre à. Et je puis dans son sein enfoncer un poignard ! Corneille, Cinna, III, 2. Et qui peut immoler sa haine à sa patrie, Lui pourrait bien aussi sacrifier sa vie, Racine, Théb. III, 6. Lui qui me fut si cher, et qui m'a pu trahir ! Racine, Andr. II, 1. Tyrans que j'ai vaincus, je pourrais vous servir ! Peuples que j'ai sauvés, je pourrais vous trahir ! Voltaire, Brutus, III, 7.
  • 7Cette salle est grande, il y peut cent personnes, il y a place pour cent personnes. On se sert de ce verbe d'une façon bien étrange, qui néanmoins est si ordinaire à la cour, qu'il est certain qu'elle est très française ; on dit en parlant d'une table ou d'un carrosse : il y peut huit personnes, pour dire il y a place pour huit personnes, ou il y peut tenir huit personnes, Vaugelas, Rem. p. 163 (éd. 1704).
  • 8Au subjonctif, il sert à exprimer un vœu, un souhait ; alors il se met en tête de la phrase, avec son sujet après lui. Puissent tous ses voisins [de Rome] ensemble conjurés Saper ses fondements encor mal assurés… Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre…, Corneille, Hor, IV, 5. Vos yeux me reverront dans Oreste mon frère ; Puisse-t-il être, hélas ! moins funeste à sa mère ! Racine, Iphig. v, 3. Puisse périr comme eux quiconque leur ressemble ! Racine, Athal. IV, 2.

    Avec un nom exprimé avant le verbe, il faut ajouter après le verbe un pronom. Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire ! Racine, Brit. IV, 4.

  • 9Le se peut se placer devant pouvoir, sans que pouvoir soit pour cela verbe réfléchi ; se appartient alors au verbe à l'infinitif qui suit : Il se peut faire, pour il peut se faire. Mais ce champ ne se peut tellement moissonner, Que les derniers venus n'y trouvent à glaner, La Fontaine, Fabl. III, 1. Partout où se pouvait étendre son pouvoir, l'oppression et l'injustice n'étaient pas libres, Fléchier, Duc de Mont.

    Dans ce cas, pouvoir se conjugue comme les verbes réfléchis, c'est-à-dire avec le verbe être. Je ne voulus point commencer à rejeter tout à fait aucune des opinions qui s'étaient pu glisser autrefois en ma créance sans y avoir été introduites par la raison, Deschamps, Méth. II, 5. Je m'imagine que tu ne t'es pu empêcher de rire, Perrot D'Ablancourt, Lucien, Défense du discours sur ceux qui servent les grands. Un embarras qui a continué et qui ne s'est pu débrouiller, Pascal, dans COUSIN.

  • 10 V. a. Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, etc. Sachant ce que vous pouvez… je ne me mets plus en peine de mon intérêt, Guez de Balzac, liv. I, lett. 2. Sous lui [Louis XIV], la France a appris à se connaître.. . si les Français peuvent tout, c'est que leur rot est partout leur capitaine, Bossuet, Mar.-Thér. J'ai vengé l'univers autant que je l'ai pu, Racine, Mithr. v, 5. Vous pouvez sur Pyrrhus ce que j'ai pu sur lui [Hector], Racine, Andr. III, 4. Que peuvent contre lui [Dieu] tous les rois de la terre ? Racine, Esth. I, 3. Je lui demandai en quoi consistait l'autorité du roi, et il me répondit : il peut tout sur les peuples ; mais les lois peuvent tout sur lui, Fénelon, Tél. v. Peut-être ne ferait-on pas tout ce qu'on peut, sans l'espérance de faire plus qu'on ne pourra, Fontenelle, Dodart. Lorsqu'on ne peut, monsieur, faire ce que l'on veut, Il faudrait essayer à vouloir ce qu'on peut, Baron, Andrienne, II, 1. L'homme ne peut rien sur le produit de la création ; il ne peut rien sur les mouvements des corps célestes, sur les révolutions de ce globe qu'il habite ; il ne peut rien sur les animaux, les végétaux, les minéraux en général ; il ne peut que sur les individus, Buffon, Quadrup. t. I, p. 5. Ils raisonnent comme s'ils ne pouvaient rien ; ils agissent comme s'ils pouvaient tout, Barthélemy, Anach. ch. 71.

    Absolument. Lui seul pouvait pour soi, cédez alors qu'il tombe, Corneille, Pomp. I, 1. Adieu, madame, adieu, je n'ai pu davantage, Corneille, Héracl. III, 2.

  • 11Il se dit, en un sens analogue, des choses qui exercent une action. Ce que n'a pu jamais combat, siége, embuscade, Ce que n'a pu jamais Aragon, ni Grenade, Corneille, Cid, II, 9. Essayez sur Cinna ce que peut la clémence, Corneille, Cinna, IV, 4. La violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre, Pascal, Prov. XI. La fortune ne pouvait rien sur elle : ni les maux qu'elle a prévus, ni ceux qui l'ont surprise, n'ont abattu son courage, Bossuet, Reine d'Anglet. Mais que peuvent pour lui vos inutiles soins ? Racine, Athal. v, 2. On ne saurait comprendre ce que peut sur les esprits une parole, un air de bonté, un regard du général, dans un jour d'action, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 154, dans POUGENS.
  • 12On ne peut rien de plus habile, de plus plaisant, etc. que…, c'est-à-dire on ne peut faire, on ne peut dire rien de plus… On ne peut rien de plus plaisant que ce que vous dites, Sévigné, 288. On ne peut rien de plus joli que toutes vos imaginations, Sévigné, 14 oct. 1694. On ne peut certainement rien de plus fort que ce que dit Votre Altesse Royale pour prouver la nécessité absolue, Voltaire, Lett. Pr. roy. de Pr. 23 janv. 1738. On ne peut rien de plus précis, pour prouver l'innocence naturelle de l'homme, Bernardin de Saint-Pierre, Chaum. ind. Préamb.
  • 13Les mots beaucoup, peu, plus moins, construits avec pouvoir, doivent être considérés comme les régimes directs de ce verbe, qui reste actif. Pouvant beaucoup sur l'esprit du roi comme vous pouvez, Guez de Balzac, liv. IV, lett. 18. Commençant dès lors à ne compter pour rien les miennes propres [opinions], à cause que je les voulais remettre toutes à l'examen, j'étais assuré de ne pouvoir mieux que de suivre celle des mieux sensés, Descartes, Méth. III, 2. Mais sur le grand César je puis fort peu de chose, Corneille, Pomp. IV, 2. Et l'État qu'il soutient ne pouvait moins pour lui, Voltaire, Tancr. I, 1.

    On ne peut plus, on ne peut mieux, c'est-à-dire il n'est pas possible de faire plus, de faire mieux. Vous voilà on ne peut pas mieux, ajouta-t-elle en me prenant par la main pour me faire asseoir, Marivaux, Pays. parv. part. IV. Les métaphysiciens plagiaires sont on ne peut pas plus communs, Condillac, Art de pens. I, 6.

  • 14N'en pouvoir plus, être fatigué, abattu, sans force. Donnez, je vous prie, du pain à ceux qui sont avec moi, parce qu'ils n'en peuvent plus, Sacy, Bible, Juges, VIII, 5. Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, Il met bas son fagot, La Fontaine, Fabl. I, 16. J'ai le cœur serré à n'en pouvoir plus, quand je suis dans cette grande chambre où j'ai tant vu ma très chère et très aimable enfant, Sévigné, 182. L'empire d'Occident n'en pouvait plus, Bossuet, Hist. I, 11. Ce pauvre garçon n'en pouvait plus d'amour pour elle, Hamilton, Gramm. 10. L'horreur pour le fanatisme s'introduit dans tous les esprits éclairés… je ne suis plus bon à rien ; je suis comme ce Danois qui, étant las de tuer à la bataille d'Hochstett, disait à un Anglais : brave Anglais, va-t'en tuer le reste, car je n'en puis plus, Voltaire, Lett. Saurin, 28 févr. 1764. Candide, n'en pouvant plus [il passait par les verges], demanda en grâce qu'on voulût bien avoir la bonté de lui casser la tête, Voltaire, Cand. 2. Vous n'en pouvez plus, lui dit-il [Charles XII], mon cher Reichel ; j'ai dormi une heure, je suis frais…, Voltaire, Russie, II, 6.

    N'en pouvant plus que… avec le verbe au subjonctif, impatient de… À peine tenait-elle à terre, n'en pouvant plus qu'elle ne fût seule pour donner un libre cours à sa joie, La Fontaine, Psyché. II, p. 150.

    Il n'en peut mais, ce n'est pas sa faute (dans cette locution, mais représente le latin magis). Le malheureux lion se déchire lui-même, … Bat l'air qui n'en peut mais, La Fontaine, Fabl. II, 9. Sur la tentation ai-je quelque crédit, Et puis-je mais, chétif, si le cœur leur en dit ? Molière, Dép. am. v, 3. Faut-il de vos chagrins sans cesse à moi vous prendre, Et puis-je mais des soins qu'on ne va pas vous rendre ? Molière, Mis. III, 5.

    Tel en pâtit qui n'en peut mais, c'est-à-dire on porte la peine de ce dont on n'est point cause.

  • 15Se pouvoir, v. réfl. Être possible (mot à mot, être pu ; c'est le réfléchi de pouvoir, actif). Avez-vous donc espéré de faire l'impossible, que vous n'êtes pas satisfait d'avoir fait tout ce qui s'est pu ? Voiture, Lett. 89. Je ne sais pas si cela se peut ; mais je sais bien que cela est, Molière, Am. méd. II, 2.

    Impersonnellement. Le pauvre : [Mon occupation est] de prier le ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque chose. - D. Juan : Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise ? Molière, D. Juan, III, 2. Il ne se peut rien de plus beau, Molière, Am. magn. III, 1. On ne saurait assez louer tout ce qu'a dit et fait Monsieur le Prince [Condé] jusqu'au dernier moment, et sa mort est, s'il se peut, plus belle que sa vie, Dangeau, I, 427, 11 déc. 1686. Se peut-il que Renaud tienne Armide asservie ? Quinault, Arm. III, 1. Il peut haïr les hommes en général, où il y a si peu de vertu ; mais il excuse les particuliers… et il s'étudie à mériter le moins qu'il se peut une pareille indulgence, La Bruyère, XI. Il se peut que la vue de toutes ces étoiles favorise la rêverie, Fontenelle, Mondes, 1er soir.

    Tout ce qui se peut, autant qu'il est possible. Les sociniens étaient ignorants, tout ce qui se peut, dans la connaissance des Pères, Bayle, Lett. à Marais, 2 oct. 1698.

  • 16L'infinitif pris substantivement. Une action que nous faisons … doit encore venir immédiatement de Dieu, qui étant, comme premier être, cause immédiate de tout être, comme premier agissant doit être cause de toute action ; tellement qu'il fait en nous l'agir même, comme il y fait le pouvoir agir, Bossuet, Libre arb. 8.

PROVERBES

Qui ne prend le bien quand il peut, ne le trouve pas quand il veut, c'est-à-dire celui qui laisse échapper une bonne occasion d'obtenir ce qu'il désire, la retrouve rarement.

Qui peut plus peut moins, celui qui peut le plus peut pour cela même le moins.

REMARQUE

On dit : je ne puis et je ne puis pas. Dans le premier exemple la négative est moins forte. Je ne puis suppose des embarras, des difficultés, des inconvénients. Je ne puis pas, exprime une impossibilité absolue.

HISTORIQUE

IXe s. In quant Deus savir et podir me dunat [me donne de savoir et de pouvoir], Serment. Si io returnar non l'int pois [si je ne puis l'en détourner], ib.

Xe s. Ne ule cose non la pouret omque pleier [fléchir], Eulalie. E repausar se podist, Fragm. de Valenc. p 468. Que lo posciomes [que nous le puissions], ib. p. 469.

XIe s. Ne poet estre altre, turnent el consirrer [à faire ce qui est dit] ; Mais la dolur ne pothent ublier, St Alexis, XXXII. Respond Rolans : j'i puis aler mult bien, Ch. de Rol. XVIII. Si come il pout [put], du pin est avalet, ib. LXXIX. Souz ciel n'a [il n'y a] gent qui plus poissent en champ [de bataille], ib. CCXVIII. Onze millie chevaliers [ils] poent estre, ib. CCXX. Il ne poet estre [il est impossible] qu'il seient desevrez, ib. CCLXXXVI.

XIIe s. [Amour] Me fait chanter de la plus debonaire Qu'on puist au mont [monde] ne vouer ne trouver, Couci, II. Diex ! car [je] le [la] peüsse tenir Un seul jour à ma volenté ! ib. III. Par nule raison dewerpir [abandonner] ceu [ce] où li primier puyent [peuvent] mettre lor mains, Saint Bernard, 521.

XIIIe s. C'est grant enfance kant li hons [l'homme] ne set refraindre son couraige ; qui plus peut, plus deit soufrir, Proverbes de Seneke le philos. Ceste gent ne puent plus paier, Villehardouin, XXXVIII. Chose que on me puist [puisse] à mal blasme atourner, Berte, III. Aliste, se je puis très bien [je] marierai, ib. VII. Ainsi [ils] l'ont devisé, Diex les puisse honnir, ib. XII. Li veneor les chiens atice, Et amoneste durement ; Et Ysengrin bien se deffent ; As denz les mort ; qu'en puet-il mès ? Ren. 1227. Il fu jugié que noz, de nostre of. fice…, poyons et devions tenir les parties emprisonées, Beaumanoir, LX, 18. Et c'est bien resons que cil qui a esté à mon conseil ou avocat en me [ma] querele, ne puist puis estre contre moi de celle meisme querele, Beaumanoir, V, 4.

XIVe s. De grises nonains à vous plaindre Nous vencns, qui passer nous vuelent, Et se painent quank'eles puelent, Jean de Condé, t. III, p. 21.

XVe s. Car bien savoit [le comte de Flandre] que il les [les Gantois] avoit si avant menés que ils n'en pouvoient plus, Froissart, II, II, 150. Si manda par des herauts au duc de Normandie son cousin, que bataille se put faire entre eux, Froissart, I, I, 118. Une bastide de gros merriens à maniere d'une recueillette, où bien pouvoient mille hommes, Froissart, II, II, 67. Et avoient fait charpenter un engin, auquel avoit trois estages, et en chascun estage pouvoient vingt arbalestriers, Froissart, II, III, 2. Et estoit l'intention [du roi de France] que [ses gens] se delivrassent de prendre Evreux, ou de l'avoir par composition au plutost que ils pouvissent, Froissart, II, II, 30. Quand ils furent tous assemblés à St-Quentin… ils regarderent quel nombre de gens ils pouvoient estre ; si trouverent qu'ils estoient bien six mille armures de fer…, Froissart, I, I, 109. Riens ne se puet comparer à Paris ; C'est la cité sur toutes couronnée, Deschamps, S. les beautés de Paris. Et laissa de ses gens dedens pour garder que ceux du chastel ne peusissent saillir, Fenin, 1415. Et pour ce que il luy sembloit que il n'en pouvoit assez faire, ne prenoit aussi comme point de repos, Bouciq. I, 16. Et jamais n'en estoit peu venir à bout, Commines, IV, 5.

XVIe s. Transportezvous vers luy… pourra estre que de luy aurez ce que pretendez, Rabelais, Pant. III, 21. Si eschapper te puis en bonne sorte, Rien ne m'escrips, mais toi mesmes apporte Cette faconde et eloquente bouche, Rabelais, Ép. à Bouchet. Peusse-je au moins d'un pinceau plus agile De ces palais les portraits façonner ! Du Bellay, J. VI, 58, verso. J'ay grande pitié de toy, veu que, n'estant point prisonniere, tu puis endurer un si meschant homme que Alexandre, Amyot, Pélop. 52. Que desormais autant en puisse il prendre à qui voudra telle chose entreprendre, Amyot, Gracques, 31. …Se pourroit-il bien faire Qu'elle pensast, parlast, ou se souvinst de moy ? Ronsard, 237. Je ne me suis peu garder d'envoyer ce porteur pour sçavoir de vos nouvelles, Marguerite de Navarre, Lett. 95. Ce desplaisir se peult signifier par larmes, les autres surpassant tout moyen de se pouvoir exprimer, Montaigne, I, 7. Il se pouvoit vanter d'estre…, Montaigne, I, 91. Ce sexe n'y est encores pu arriver, Montaigne, I, 210. Sa façon externe pouvoit n'estre pas [n'était peut-être pas] civilisée à la courtisane, Montaigne, I, 147. Autant d'hommes qu'il en pourroit en une telle espace, Montaigne, I, 247. Si aggravé de… que nature n'en pouvoit plus, Montaigne, I, 341. Contre fortune nul ne peut, Cotgrave Qui mieux ne peut à sa vieille retourne, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. POUVOIR. - REM. Ajoutez :

2. Dans le XVIe s. et au commencement du XVIIe, on écrivait peu ce que nous écrivons pu. Régnier l'a fait rimer avec feu : Es cendres d'Alexis amour nourrit le feu Que jamais par mes pleurs éteindre je n'ai peu, Dial. Était-ce une rime pour les yeux, ou prononçait-on en effet peu ?

3. La tournure : il s'est pu faire, vieillit ; et au n° 10 je n'en cite d'exemples que pris chez des écrivains du XVIIe siècle. En voici un du XVIIIe : Quiconque s'est pu livrer aux superstitions, Voltaire, Exam. important de milord Bolingbroke, ch. XXIII. Elle n'est donc pas tombée en désuétude ; et on peut s'en servir.

4. Par un gallicisme singulier, mais reçu, on dit : il peut tant de personnes à cette table ; il peut tant de linge en cette armoire. Mais c'est une faute de dire : tant de personnes peuvent à cette table, tant de linge peut en cette armoire. Cette faute ou, si l'on veut, ce provincialisme se rencontre souvent dans la bouche des Normands.

5. Voltaire a dit : Peut-être, en vous parlant ainsi, C'est vous donner trop de louanges ; Mais il se pourrait bien aussi Que je fais trop d'honneur aux anges, Stances, III. Que je fais ou que je fasse ? cela dépend de l'intention de celui qui parle. L'indicatif est plus affirmatif que ne serait le subjonctif.

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Pouvoir : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

POUVOIR, s. m. (Droit nat. & politiq.) le consentement des hommes réunis en société, est le fondement du pouvoir. Celui qui ne s’est établi que par la force, ne peut subsister que par la force ; jamais elle ne peut conférer de titre, & les peuples conservent toujours le droit de réclamer contre elle. En établissant les sociétés, les hommes n’ont renoncé à une portion de l’indépendance dans laquelle la nature les a fait naître, que pour s’assurer les avantages qui résultent de leur soumission à une autorité légitime & raisonnable ; ils n’ont jamais prétendu se livrer sans réserve à des maîtres arbitraires, ni donner les mains à la tyrannie & à l’opression, ni conférer à d’autres le droit de les rendre malheureux.

Le but de tout gouvernement, est le bien de la société gouvernée. Pour prévenir l’anarchie, pour faire exécuter les lois, pour protéger les peuples, pour soutenir les foibles contre les entreprises des plus forts, il a fallu que chaque société établît des souverains qui fussent revêtus d’un pouvoir suffisant pour remplir tous ces objets. L’impossibilité de prévoir toutes les circonstances où la société se trouveroit, a déterminé les peuples à donner plus ou moins d’étendue au pouvoir qu’ils accordoient à ceux qu’ils chargeoient du soin de les gouverner. Plusieurs nations jalouses de leur liberté & de leurs droits, ont mis des bornes à ce pouvoir ; cependant elles ont senti qu’il étoit souvent nécessaire de ne point lui donner des limites trop étroites. C’est ainsi que les Romains, au tems de la république, nommoient un dictateur dont le pouvoir étoit aussi étendu que celui du monarque le plus absolu. Dans quelques états monarchiques le pouvoir du souverain est limité par les lois de l’état, qui lui fixent des bornes qu’il ne lui est pas permis d’enfreindre ; c’est ainsi qu’en Angleterre le pouvoir législatif réside dans le roi & dans les deux chambres du parlement. Dans d’autres pays les monarques exercent, du consentement des peuples, un pouvoir absolu, mais il est toujours subordonné aux lois fondamentales de l’état, qui font la sureté réciproque du souverain & des sujets.

Quelque illimité que soit le pouvoir dont jouissent les souverains, il ne leur permet jamais de violer les lois, d’opprimer les peuples, de fouler aux piés la raison & l’équité. Il y a un siecle que le Danemarck a fourni l’exemple inoui d’un peuple, qui par un acte authentique, a conféré un pouvoir sans bornes à son souverain. Les Danois fatigués de la tyrannie des nobles, prirent le parti de se livrer sans réserve, & pour-ainsi-dire piés & poings liés, à la merci de Fréderic III. un pareil acte ne peut être regardé que comme l’effet du desespoir. Les rois qui ont gouverné ce peuple n’ont point paru jusqu’ici s’en prévaloir ; ils ont mieux aimé regner avec les lois que d’exercer le despotisme destructeur auquel la démarche de leurs sujets sembloit les autoriser. Nunquam satis fida potentia ubi nimia.

Le cardinal de Retz, en parlant d’Henri IV. dit qu’il ne se défioit pas des lois, parce qu’il se fioit en lui-même. Les bons princes savent qu’ils ne sont dépositaires du pouvoir que pour le bonheur de l’état. Loin de vouloir l’étendre, souvent ils ont eux-mêmes cherché à y mettre des bornes, par la crainte de l’abus que pourroient en faire des successeurs moins vertueux : ea demùm tuta est potentia quæ viribus suis modum imponit. Val. Max. Les Titus, les Trajan, les Antonin ont usé du pouvoir pour le bonheur des humains : les Tibere, les Néron en ont abusé pour le malheur de l’univers. Voyez Souverains.

Pouvoir paternel, (Droit nat. & civ.) droit & jurisdiction d’un pere & d’une mere sur leurs enfans.

Quoique ce mot pouvoir paternel semble constituer tout le pouvoir sur les enfans dans la personne des peres, cependant si nous consultons la raison, nous trouverons que les meres ont un droit & un pouvoir égal à celui des peres ; car les obligations imposées aux enfans tirent semblablement leur origine de la mere comme du pere, puisqu’ils ont également concouru à les mettre au monde. Aussi les lois positives de Dieu touchant l’obéissance des enfans, joignent sans nulle distinction le pere & la mere ; tous deux ont une espece de domination & de jurisdiction sur leurs enfans, non-seulement lorsqu’ils viennent au monde, mais encore pendant leur enfance.

Le pouvoir des peres & des meres sur leurs enfans dérive de l’obligation où ils sont d’en prendre soin durant l’état imparfait de leur enfance. Ils sont obligés de les instruire, de cultiver leur esprit, de regler leurs actions, jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’âge de raison ; mais lorsqu’ils sont parvenus à cet état qui a rendu leur pere & mere des gens libres, ils le deviennent à leur tour.

Il résulte de-là que tout le droit & tout le pouvoir des peres & meres sont fondés sur cette obligation, que Dieu & la nature ont imposée aux hommes aussi bien qu’aux autres créatures, de conserver ceux à qui ils ont donné la naissance, jusqu’à ce qu’ils soient capables de se conduire eux-mêmes. Ainsi nous naissons libres aussi-bien que raisonnables, quoique nous n’exercions pas d’abord actuellement notre raison & notre liberté ; l’âge qui amene l’une amene aussi l’autre, & par-là nous voyons comment la liberté naturelle & la sujétion aux parens peuvent subsister ensemble, & sont fondées l’une & l’autre sur le même principe.

Le pouvoir paternel n’est point arbitraire, & il appartient si peu au pere & à la mere par quelques droits particuliers de la nature, qu’ils ne l’ont qu’en qualité de gardiens, & de gouverneurs de leurs enfans ; de-sorte que lorsqu’ils les abandonnent en se dépouillant de la tendresse paternelle, ils perdent leur pouvoir sur eux, qui étoit inséparablement annexé aux soins qu’ils prenoient de les nourrir & de les élever, & qui passe tout entier au pere nourricier d’un enfant exposé, & lui appartient autant qu’appartient un semblable pouvoir au véritable pere d’un autre.

De cette maniere, le pouvoir paternel est plutôt un devoir qu’un pouvoir ; mais pour ce qui regarde le devoir d’honneur de la part des enfans, il subsiste toujours dans son entier, rien ne peut l’abolir ni le diminuer, & il appartient si inséparablement au pere & à la mere, que l’autorité du pere ne peut déposseder la mere du droit qu’elle y a, ni exempter son fils d’honorer celle qui l’a porté dans ses flancs. Cet honneur, ce respect, tout ce que les Latins appellent piété, est dû indispensablement aux peres & aux meres durant toute la vie, & dans toutes sortes d’états & de conditions, quoiqu’il soit vrai qu’un pere & une mere n’ont aucune domination proprement dite sur les actions de leurs enfans à un certain âge, ni sur leurs propres biens. Cependant il est aisé de concevoir que dans les premiers tems du monde, & dans les lieux qui n’étoient guere peuplés, des familles venant à se séparer & à occuper des terres inhabitées, un pere devenoit le prince de sa famille, le gouverneur & le maître de ses enfans, non-seulement dans le cours de leurs premieres années, mais encore après que ces enfans avoient acquis l’âge de discrétion & de maturité.

Il ne faut pas conclure de-là que le pouvoir paternel soit l’origine du gouvernement d’un seul, comme le plus conforme à la nature ; car outre que la mere partage ici la jurisdiction, si le pouvoir du pere a du rapport au gouvernement d’un seul, le pouvoir des freres après la mort du pere, ou celui des cousins-germains après la mort des freres, ont du rapport au gouvernement de plusieurs ; enfin la puissance politique comprend nécessairement l’union de plusieurs familles.

Une chose plus vraie, c’est que le gouvernement des peres & meres est fondé sur la raison ; leurs enfans sont une portion de leur sang ; ils naissent dans une famille dont le pere & la mere sont les chefs ; ils ne sont pas en état pendant leur enfance de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins, à leur conservation, à leur éducation ; toutes ces circonstances demandent donc une juste autorité des pere & mere sur les enfans qu’ils ont mis au monde.

Cette autorité est de toutes les puissances celle dont on abuse le moins dans les pays où les mœurs font de meilleurs citoyens que les lois ; c’est la plus sacrée de toutes les magistratures, c’est la seule qui ne dépende pas des conventions, & qui les a même précédées. Dans une république, où la force n’est pas si réprimante que dans les autres gouvernemens, les lois doivent y suppléer par l’autorité paternelle. A Lacédémone, chaque pere avoit droit de corriger l’enfant d’un autre. A Rome la puissance paternelle ne se perdit qu’avec la république. Dans les monarchies où la pureté des mœurs est rare, il faut que chacun vive sous la puissance des magistrats. Dans une république, la subordination peut demander que le pere & la mere restent pendant leur vie maîtres des biens de leurs enfans, mais il en résulteroit trop d’inconvéniens dans une monarchie. En un mot il a fallu pour le bien public, que les lois civiles bornassent le pouvoir paternel ; elles ont donc établi que ce pouvoir finissoit.

1°. Par la mort du pere ou par celle de ses enfans. Ceux-ci après la mort de leur pere ne tombent pas sous la puissance de l’ayeul, mais ils restent sous l’inspection & la tutelle de leur mere : si la mere vient à mourir, ou qu’elle ne veuille pas être tutrice, les ayeux sont tenus, en qualité de tuteurs naturels, de veiller à leur éducation, & à la conservation de leurs biens.

2°. Par la proscription, lorsque l’un ou l’autre est proscrit ou déclaré ennemi de la patrie, ce qui a semblablement lieu par rapport aux déserteurs.

3°. Par l’émancipation du fils, lorsqu’il est adopté par son ayeul, ce qui est le seul cas d’émancipation qui ait lieu aujourd’hui ; c’est pourquoi le pere ne peut plus demander le prix de l’émancipation, savoir la moitié du bien du fils.

4°. Par l’exposition d’un enfant, soit qu’il ait été exposé dans un lieu public, ou près d’une église, ou dans une maison particuliere.

5°. Par l’abus de la puissance paternelle, comme lorsqu’un pere traite ses enfans tyranniquement, ou lorsqu’il les prostitue ou les engage à des actions infames.

Dans tous ces cas, le pouvoir paternel prend fin, & par conséquent tous les droits qui en découlent, quoique ceux qui sont une suite des liens du sang, subsistent dans toute leur force. Ainsi la perte de la puissance paternelle, n’empêche pas que les mariages dans un degré défendu, ne demeurent toujours prohibés, & que celui qui tue son pere ou sa mere ne soit toujours parricide. (D. J.)

Pouvoir, (Jurisprud.) est la puissance ou la faculté de faire quelque chose. Le pouvoir de prêcher, de confesser, & d’enseigner dépendent du supérieur ecclésiastique. Voyez Puissance, Confession, Leçon, Prédication, Vicaire. (A)

Pouvoir, un, s. m. (Art militaire.) titre qu’on donne aux patentes que le roi accorde aux lieutenans-généraux de ses armées ; celles des maréchaux-decamp sont des brevets, mais les patentes des lieutenans-généraux s’appellent des pouvoirs : ils ne peuvent pourtant pas servir ni commander en vertu de de ces seuls pouvoirs ; car quoiqu’ils soient donnés pour toute la vie, il leur faut cependant à chaque campagne une lettre du prince, qui s’appelle lettre de service, qui est adressée au général sous lequel ils doivent servir, sans quoi il leur seroit inutile d’aller à l’armée, car ils n’y seroient pas reconnus. (D. J.)

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Pouvoir : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « pouvoir » les plus populaires.

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Étymologie de « pouvoir »

Étymologie de pouvoir - Littré

Bourguig. pôvoi ; wallon, poleur ; provenç. et espagn. poder ; ital. potere ; d'une forme latine potēre, au lieu de posse, justifiée par le bas-latin poteret pour posset, potemus pour possumus, potebat pour poterat, etc. (voy. DIEZ, à potere). La forme wallone poleur se rapporte à puelent pour peuvent, qui s'est dit dans le Hainaut (voy. l'historique). La forme ancienne est pooir, le v est moderne et de prononciation.

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Étymologie de pouvoir - Wiktionnaire

Le latin posse est intrinsèquement un verbe composé potis sum (« je suis maître de »). De fait, à part l’infinitif posse (pour potis esse), le verbe est « presque » régulier sur la base *pot-sum → voir possum, potes, potest, possumus, potestis et possunt pour le présent, → voir potero, poteris, poterit, poterimus, poteritis et poterunt pour le futur, le participe présent potens étant régulier.
Sur cette base, les langues romanes ont régularisé l’infinitif posse en *pŏtēre, analogique des formes à radical pot- (potui, poteram, potens, etc.)
Pour l’espagnol → voir poder, puedo, podré et pudiendo.
Pour l’italien → voir potere, posso, potrò et potente.
Pour le portugais → voir poder, posso, poderei et podendo.
Pour l'occitan → voir poder (poire, pover), pòdi, podrai et podent
Pour le très ancien français, *pŏtēre donne podir, attesté dans les Serments de Strasbourg (842). En ancien français, nous avons poeir, pooir, passé très rapidement à povoir avec un v épenthétique pour éliminer l’hiatus.
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Phonétique du mot « pouvoir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pouvoir puvwar play_arrow

Conjugaison du verbe « pouvoir »

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Citations contenant le mot « pouvoir »

  • Le président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis plus de trente-quatre ans, a été désigné mardi candidat à la prochaine élection présidentielle prévue début 2021 par le parti au pouvoir, le Mouvement de la résistance nationale (NRM). Le Monde.fr, En Ouganda, Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, candidat à la présidentielle de 2021
  • Il s’est assis à la place qui était celle d’Olivier Sadran la semaine dernière. Damien Comolli a gardé la sienne. Mais c’est Patrice Garande qui avait cette fois le pouvoir de convaincre. Trois quarts d’heure plus tard, l’exercice semble concluant. Pas de langue de bois pour débuter. Le nouvel entraîneur s’est engouffré dans le sillage de son président pour la la question piège de la journée : quel objectif pour ce TFC ? : "On veut monter, il faut qu’on ait l’attitude et le comportement qui va avec." a lâché d’emblée Patrice Garande. ladepeche.fr, Toulouse. TFC : Patrice Garande ou le pouvoir des mots - ladepeche.fr
  • Depuis l'été dernier, les agences de conseil en vote sont dans le viseur du gendarme boursier américain. Sous la pression des grands groupes cotés qui déplorent leur trop grande influence au moment des assemblées générales, la SEC (Securities and Exchange Commission), dirigée par Jay Clayton, nommé par Donald Trump en 2017, est partie en croisade pour limiter leur pouvoir auprès des investisseurs institutionnels. Les Echos, Le gendarme boursier américain restreint le pouvoir des agences de conseil en vote | Les Echos
  • Un pas sans précédent dans le conflit au Yémen? Les séparatistes du sud du pays ont annoncé ce mercredi renoncer à leur autonomie et se sont engagés à mettre en œuvre un accord de partage du pouvoir avec le gouvernement. Cette annonce suscite l'espoir d'une réconciliation entre ces deux camps alliés contre les rebelles Houthis. leparisien.fr, Yémen : les séparatistes du Sud acceptent de partager le pouvoir avec le gouvernement - Le Parisien
  • A la mort de celui-ci, elle est envoyée se morfondre dans un monastère. Lors d’une visite, le jeune empereur Gaozong remarque la demoiselle, décrite comme ronde et avenante. Il en fait l’une de ses favorites. En quatre ans, l’ambitieuse gravit tous les échelons du pouvoir, mettant à profit l’emprise qu’elle exerce sur le souverain. Elle obtient le titre de Zetian (« selon la volonté du ciel »), place aux leviers de l’Etat des membres du clan Wu et impulse de profonds changements. Le Monde.fr, « Sexe et pouvoir » : Wu Zetian, l’impératrice qui a scandalisé la Chine
  • Tout pouvoir est une conspiration permanente. De Honoré de Balzac / Sur Catherine de Médicis
  • Le pouvoir est l’aphrodisiaque suprême. De Henry Kissinger / The Guardian - 28 Novembre 1976
  • Le pouvoir sans abus perd le charme. De Paul Valéry / Cahier B
  • Le pouvoir ne se partage pas. De Jacques Chirac / Le mariage blanc
  • Savoir pour prévoir, afin de pouvoir. De Auguste Comte
  • Tout pouvoir sans contrôle rend fou. De Alain / Politique
  • Le pouvoir est par nature, criminel. De Marquis de Sade
  • Tout obtenir afin de pouvoir tout mépriser. De Maurice Barrès
  • La clémence honore le pouvoir. De Hazrat Ali
  • Tout pouvoir abuse. Le pouvoir absolu abuse absolument. De Anonyme / Slogan - Mai 1968
  • Un pouvoir partagé c'est un pouvoir décru. De Marie José Thériault / La cérémonie
  • Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. De Emerich Acton
  • Tout pouvoir est violence. De Gilles Lamer / Bâtissez mon temple...
  • Tout pouvoir est triste. De Alain / Propos
  • Nous ne pouvons tous toutes choses. Virgile en latin Publius Vergilius Maro, Les Bucoliques, VIII, 63
  • Un héros, c'est celui qui fait ce qu'il peut. Romain Rolland, Jean-Christophe, l'Adolescent , Albin Michel
  • La liberté, pour l'homme, consiste à faire ce qu'il veut dans ce qu'il peut, comme sa raison consiste à ne pas vouloir tout ce qu'il peut. Antoine Rivaroli, dit le Comte de Rivarol, Discours sur l'homme intellectuel et moral
  • La vérité sera un jour la force. Savoir, c'est pouvoir est le plus beau mot qu'on ait dit. Ernest Renan, Dialogues et fragments philosophiques, III, Rêves , Lévy
  • Un monarque a souvent des lois à s'imposer ; Et qui veut pouvoir tout ne doit pas tout oser. Pierre Corneille, Tite et Bérénice, IV, 5, Tite
  • Quoi ? Vous ne pouvez pas ce que peut une femme ? Pierre Corneille, Tite et Bérénice, V, 2, Domitie à Tite

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Traductions du mot « pouvoir »

Langue Traduction
Corse putenza
Basque power
Japonais パワー
Russe мощность
Portugais poder
Arabe يستطيع
Chinois 功率
Allemand leistung
Italien potere
Espagnol poder
Anglais power
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Synonymes de « pouvoir »

Source : synonymes de pouvoir sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « pouvoir »


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