Effet : définition de effet


Effet : définition du Wiktionnaire

Nom commun

effet \e.fɛ\ masculin

  1. Ce qui est produit par quelque cause.
    • La fonction du philosophe consiste exclusivement dans la profanation des idées. Aucune violence n’égale par ses effets la violence théorique. Plus tard, l’action vient… — (Paul Nizan, La Conspiration, 1938, page 44)
    • La soudaine irruption d’un ennemi prêt à l’offensive n’eut d’autre effet immédiat sur New York que d’accroître sa véhémence habituelle. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 212 de l’éd. de 1921)
    • Parmi les fléaux qui s’abattent sur la vigne, le plus terrible, dans ses effets, est évidemment la grêle. Le vignoble est beau, et plein de promesses, et cinq minutes plus tard il n’en reste rien […] — (Sachez soigner vos vignes grêlées, dans Almanach de l’Agriculteur français - 1932, Éditions La Terre nationale, page 59)
    • À titre d’exemple, la réaction simplifiée (3) résume la transformation de phosphate tricalcique insoluble en phosphate monocalcique nettement plus soluble sous l’effet d’un acide carboxylique […] — (INRA, coordonné par Pierre Stengel & ‎S. Gelin, Sol : interface fragile, Éditions Quae, 1998, page 85)
  2. (Sport) (Billard) Sorte de rotation imprimée à l’objet que l’on lance (boule de pétanque, boule de quilles, …) ou que l’on frappe (ballon de football, balle de tennis, bille de billard, …) afin de modifier son mouvement ultérieur.
    • Faire des effets.
    • Penché sur le billard, il est en train de combiner un magnifique effet de recul ; c’est son fort, à lui, les effets de recul !… — (Alphonse Daudet, La partie de billard, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, réédition Le Livre de Poche, 1974, page 18)
    • Joli coup de deux… Par un effet sur la rouge, il touche la blanche et gagne la partie. — (Maurice Dekobra, La Madone des sleepings, 1925, réédition Le Livre de Poche, page 214)
  3. (Mécanique) Effort transmis par un mécanisme.
  4. (Arts) (Littéraire) Ce qui frappe, de ce qui attire ou captive les regards ou l’attention.
    • Ces arbrisseaux font aussi un très bel effet dans les bosquets et les boulingrins à cause de l’aspect de leurs fruits. — (Th. W. Forsyth, Traité de la culture des arbres fruitiers, 1803, page 197)
    • Il y a de beaux effets de lumière, de clair-obscur dans ce tableau.
  5. Ce qui est destiné ou ce qui vise à produire de l’effet.
    • Le malheureux petit Chose, arraché à son rêve, tombé du ciel, promenait autour de lui de grands yeux étonnés où se peignait un effarement si naturel, si comique, que toute la salle partait d’un gros éclat de rire. En argot de théâtre, c’est ce qu’on appelle un effet. Sans le vouloir, il avait trouvé un effet. — (Alphonse Daudet, Le petit Chose, 1868, réédition Le Livre de Poche, page 233)
    • « Johnny se donne à Bercy » pendant trois semaines, à guichets fermés. Dans ce lieu gigantesque où l'on s'attend à une débauche de lumières et d’effets, le spectacle surprend par sa sobriété, […]. — (Frédéric Quinonero, Johnny live : 50 ans de scènes, éd. L'Archipel, 2012)
  6. Exécution d’une chose.
    • En venir à l’effet.
    • Des paroles ils en vinrent aux effets.
    • Voilà de belles propositions, mais il faut les mettre à effet.
    • Il faut que l’effet s’ensuive.
    • Il faut en voir l’effet.
    • La chose a eu son effet, son plein et entier effet, est demeurée sans effet.
  7. (Commerce) Billet à ordre, lettre de change, papier de crédit.
    • Un effet de commerce.
    • Il a beaucoup d’effets en portefeuille.
    • Souscrire un effet.
    • Effet payable au porteur, ou, simplement, Effet au porteur.
  8. (Au pluriel) (Spécialement) Les biens, les objets meubles, ou censés tels d’après la loi.
    • Les effets d’une succession.
    • Mais, Monsieur, je suis chargé de la garde de cette maison […] et je ne connais pas les objets qui sont à vous. Je ne veux pas risquer de voir enlever des effets dont je suis responsable et qui appartiennent à ces gens-là. — (Comtesse de Ségur, L’Auberge de l’Ange Gardien, 1888)
  9. (Au pluriel) (Spécialement) Objets meubles qui sont à l’usage d’une personne, il s’agit presque exclusivement aujourd’hui du linge et des vêtements.
    • Mon cheval, sellé et bridé, ronge son frein et piaffe à ma porte; mes effets encombrent le patio, ficelés et prêts à être chargés. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 26)
    • Les chemises de mon mari avaient besoin de boutons et le raccommodage de ses effets m’incombait, naturellement ! — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954)
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Effet : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

EFFET. n. m.
Ce qui est produit par quelque cause. Supprimez la cause, vous supprimerez l'effet. Remonter des effets aux causes. Il n'y a point d'effet sans cause. Un grand effet d'une petite cause. Cela ne saurait faire un bon effet. Les menaces ne firent sur lui aucun effet. L'effet d'une médecine. L'effet d'une mine. Les effets de la lumière qui se joue dans le feuillage. Il désigne, en termes de jeu de Billard, une Sorte de rotation imprimée à la bille pour modifier son mouvement ultérieur. Faire des effets. En termes de Jurisprudence, Effet rétroactif, Voyez RÉTROACTIF. Effets civils, Droits, avantages qu'assure la loi civile, comme le droit de tester, etc. Il se dit particulièrement, en termes de Beaux-Arts et de Littérature, de Ce qui frappe, de ce qui attire ou captive les regards, l'attention. Il y a de beaux effets de lumière, de clair-obscur dans ce tableau. Cet artiste sacrifie souvent la convenance, la vérité à l'effet. Cette scène produit beaucoup d'effet à la représentation.

À EFFET, se dit adjectivement de Ce qui est destiné, de ce qui vise à produire de l'effet. Une phrase, un vers à effet. Il se prend aussi pour l'Exécution d'une chose. En venir à l'effet. Des paroles ils en vinrent aux effets. Voilà de belles propositions, mais il faut les mettre à effet. Il faut que l'effet s'ensuive. Il faut en voir l'effet. La chose a eu son effet, son plein et entier effet, est demeurée sans effet. Pour cet effet, à cet effet, Pour l'exécution de quoi, ou En vue de quoi. À quel effet? À quelle intention? Pourquoi? À l'effet de, Pour l'exécution, pour l'accomplissement de, ou Afin de. Cette locution n'est guère usitée qu'en style de Procédure.

EFFET se dit aussi d'un Billet à ordre, d'un papier de crédit. Un effet de commerce. Il a beaucoup d'effets en portefeuille. Souscrire un effet. Effet payable au porteur, ou, simplement, Effet au porteur. Les effets publics, Les rentes sur l'État, les billets ou papiers d'État introduits dans la banque et dans le commerce. Effets mobiliers, ou, simplement et plus ordinairement, Effets, Biens, objets meubles, ou censés tels d'après la loi. Les effets d'une succession.

EFFETS, au pluriel, se dit, dans un sens particulier, des Objets meubles qui sont à l'usage d'une personne. Il désigne presque exclusivement aujourd'hui le Linge et les vêtements. Emporter ses effets. On lui a pris tous ses effets, le peu d'effets qui lui restaient.

EN EFFET, loc. adv. Réellement. Ce n'est point un conte, cela est arrivé en effet. Il a raison en effet. Il le mérite en effet.

EN EFFET, au commencement d'une phrase, est le plus souvent synonyme de Car et annonce qu'on va donner une preuve de ce qu'on vient de dire. Il maintient que telle chose est : en effet, peut-on en douter après tant d'expériences?

Effet : définition du Littré (1872-1877)

EFFET (è-fè ; le t ne se lie pas, du moins dans la conversation, ailleurs on le lie quelquefois ; au pluriel, l's se lie : des è-fè-z incroyables) s. m.
  • 1Ce qui est fait par un agent quelconque. Point d'effet sans cause. J'ai tâché de trouver en général les principes ou premières causes de tout ce qui est ou qui peut être dans le monde… j'ai examiné quels étaient les premiers et plus ordinaires effets qu'on pouvait déduire de ces causes, Descartes, Méth. VI, 3. Cette préférence [pour Rodogune] est peut-être en moi un effet de ces inclinations aveugles qu'ont beaucoup de pères pour quelques-uns de leurs enfants plus que pour les autres, Corneille, Ex. de Rodog. La foi que j'ai reçue aspire à son effet, Corneille, Polyeucte, II, 6. Vous voyez un effet des leçons d'Annibal, Corneille, Nicom. II, 3. Seigneur, voilà l'effet de ma reconnaissance, Corneille, Sert. V, 4. Les connaissances que nous acquérons de cette façon [par l'étude], aussi bien que leur continuation, ne sont qu'un effet de mémoire, Pascal, Lett. à Mme Périer, 5 nov. 1648. Cette grâce n'a nul effet sans grâce efficace, Pascal, Prov. 2. Les mauvais effets que causa cette doctrine, Pascal, Prov. 15. Elle commença à sentir les effets de sa dissipation, Sévigné, 418. La nature agit en cela comme sûre de son effet, Bossuet, Conn. V, 2. Sa mort sera l'effet de l'amour d'Hermione, Racine, Andr. V, 1. Un ordre qui d'abord a pu vous alarmer, Mais qui n'est que l'effet d'une sage conduite, Racine, Brit. I, 2. Seigneur, tous ces regrets De votre piété sont de justes effets, Racine, Bér. II, 4. J'impute à son amour l'effet de son caprice, Racine, Bajaz. III, 7. L'histoire nous apprend que les lois pénales n'ont jamais eu d'effet que comme destruction, Montaigne, Esp. XXV, 12. Les effets sont pareils quand la cause est la même, Ducis, Hamlet, II, 5. L'homme aujourd'hui sème la cause, Demain Dieu fait mûrir l'effet, Hugo, Crép. 5. Puis le cœur s'aperçoit qu'il est devenu vieux, Et l'effet qui s'en va nous découvre les causes, Musset, Poésies nouv. Sonnet à M. V. H.

    Avoir son effet, produire le résultat attendu. Et bientôt mes desseins auront un plein effet, Corneille, Héracl. II, 2. L'empereur Maurice reconnut cette supposition [d'un enfant pour un autre], et l'empêcha d'avoir son effet, Corneille, Ex. d'Héracl. Ses menaces eurent bientôt leur effet, Bossuet, Hist. I, 7. Ces remontrances avaient leur effet, Bossuet, ib. III, 3. Ces épreuves peuvent avoir leurs effets, Bossuet, Nouv. myst. 17.

    Faire effet, faire son effet, opérer. Ces beautés étaient de mise en ce temps-là et ne le seraient plus en celui-ci ; toutes les deux ont fait effet en ma faveur, Corneille, Ex. du Cid. Ô ma fille, est-ce là le prix de mes bienfaits ? - Ceux de mon père en vous firent mêmes effets, Corneille, Cinna, V, 2. Quand il est besoin que cette vérité fasse son plein effet, Corneille, Ex. d'Héraclius. De ces deux desseins il n'y en a qu'un qui fasse effet, l'autre se détruisant de soi-même, Corneille, Ex. de la Suiv. On n'avait jamais vu jusque-là que la comédie fît rire sans personnages ridicules, tels que les valets bouffons, les parasites, les capitans, les docteurs, etc. ; celle-ci faisait son effet par l'humeur enjouée des gens d'une condition au-dessus de ceux qu'on voit dans les comédies de Plaute et de Térence, Corneille, Ex. de Mél. J'avais cru d'abord que votre stratagème avait fait son effet, Molière, la Princ. IV, 2. Renaud n'était si neuf qu'il ne vît bien Que l'oraison de monsieur Saint-Julien Ferait effet, et qu'il aurait bon gîte, La Fontaine, Orais. Les remèdes ne font point d'effet, Sévigné, 128. Le billet qu'on lui avait fait rendre faisait son effet, Hamilton, Gramm. 7. Plutarque nous a conservé ce bon mot que Lamprias disait de lui-même : que la chaleur du vin faisait sur son esprit le même effet que le feu produit sur l'encens, dont il fait évaporer ce qu'il y a de plus fin et de plus exquis, Rollin, Hist. anc. liv. XXV, ch. 2, art. 1, § 2.

  • 2Acte, par opposition à simple parole. Tu… As adoré l'honneur d'effet et de parole, Régnier, Sat. VI. Pour les volontaires qui, par curiosité ou désir d'apprendre, s'offriraient peut-être de lui aider, outre qu'ils ont pour l'ordinaire plus de promesses que d'effet, Descartes, Méth. VI, 7. C'est un jour choisi par deux souverains pour l'effet d'un traité de paix entre leurs couronnes ennemies, Corneille, Rod. Préface. Autant que tu l'as pu, les effets l'ont suivie [l'inclination], Corneille, Cinna, V, 1. Les effets de César valent bien ses paroles [de Pompée], Corneille, Pomp. I, 1. Les bravades enfin sont des discours frivoles, Et qui songe aux effets néglige les paroles, Corneille, ib. II, 4. Les effets répondront : prince, pensez à vous, Corneille, Nicom. III, 3. Il me faut des effets et non pas des promesses, Corneille, Suréna, II, 3. Mais mon crime est entier et le sien imparfait, Le sien n'est qu'en désirs et le mien en effet, Corneille, Œdipe, IV, 5. Et tous trois, signalés par d'illustres effets, Savent servir en guerre et commander en paix, Rotrou, Bélis. XI, 7. D'un frivole discours passez donc à l'effet, Rotrou, Antig. IV, 3. Il faut faire et non pas dire, et les effets décident mieux que les paroles, Molière, Fest. de Pierre, II, 6. Ce n'était là que des paroles, mais on en vint aux effets, Bossuet, Avert. 5. Dans les champs phrygiens les effets feront foi, Qui la chérit le plus [la Grèce], ou d'Ulysse ou de moi, Racine, lphig. I, 2. Quand Dieu par plus d'effets montra-t-il son pouvoir ? Racine, Athal. I, 1. Je t'ai secourue autant que j'ai pu par mes paroles et d'effet, Fénelon, Solon. Prodigues des serments, avares des effets [les ambitieux], Voltaire, Triumv. IV, 4.

    Homme d'effet, homme qui exécute ce qu'il dit. [Il] était homme d'effet, La Fontaine, Cal.

  • 3Réalisation, exécution. S'il se trouve quelques-uns des gouvernements ou principaux officiers qui soient reconnus adhérant à ces messieurs, il les faut changer, sans leur donner temps de mettre leur mauvaise volonté en effet, Richelieu, Lett. à M. Hemery, dans GODEFROY, Lex. de Corneille. J'ai mis, grâces aux dieux, ma promesse en effet, Corneille, la Veuve, III, 7. Avec tous vos lauriers craignez encor le foudre. - Je l'attendrai sans peur. - Mais non pas sans effet, Corneille, Cid, II, 1. Pour avancer l'effet de ce discours fatal, Corneille, Polyeucte, I, 3. Que les dieux t'ont promis l'empire de la terre, Et que tu n'en peux voir l'effet que par la guerre, Corneille, Hor. I, 1. Et l'on ne reconnaît de semblables forfaits Que quand la main s'apprête à venir aux effets, Corneille, Cinna, III, 2. J'ai prononcé l'arrêt, il faut que l'effet suive, Corneille, Héracl. I, 3. Il ne tiendra qu'au roi qu'aux effets je ne passe, Corneille, Nicom. I, 3. Et nous verrons alors l'effet de ces menaces, Corneille, ib. II, 3. Et, mettant en effet tes injustes desseins, Achève de te perdre en servant les Romains, Mairet, M. d'Asdrub. II, 3. J'ai franchi sans trembler les plus sanglants hasards, Et rendu sans effet les menaces de Mars, Rotrou, Bélis. IV, 2. …Damon sous ce feint personnage Pourrait voir si Caliste en viendrait à l'effet, La Fontaine, Coupe. Sans reculer plus loin l'effet de ma parole, Racine, Mithr. III, 1. À ses prédictions si l'effet est contraire, Pensez-vous que Calchas continue à se taire ? Racine, Iphig. I, 3. Si l'effet eût suivi ma pensée, Racine, ib. II, 7. Je crains qu'un prompt effet n'ait suivi la menace, Racine, Phèd. IV, 4. Ils recevront l'effet de ces magnifiques promesses, Massillon, Car. F. conf.

    Accomplissement. Ô de mon songe affreux trop véritable effet, Corneille, Polyeucte, III, 3.

    Méré, Œuvres posth. t. I, p. 162, ne voulait pas qu'on dît effet pour accomplissement : L'effet de votre prédiction.

  • 4 Terme de jurisprudence. Conséquence, application. La loi n'a point d'effet rétroactif, Code Nap. art. 2. L'arrêt sortira son plein et entier effet.

    Effets civils, les droits civils. Pour empêcher toute communication avec les lépreux, on les rendait incapables des effets civils, Montesquieu, Esp. XIV, 11.

  • 5L'effet d'une machine, sa force, la puissance qu'elle transmet.
  • 6Impression morale. Mais tout ce beau langage est de si peu d'effet, Que…, Malherbe, VI, 25. La tête de Pompée a produit des effets Dont ils n'ont pas sujet d'être fort satisfaits, Corneille, Pomp. III, 1. Si vous voulez réfléchir sur la narration de Curiace dans l'Horace, vous trouverez qu'elle fait tout un autre effet, Corneille, Ex. de Rodog. Ses paroles n'ont fait aucun effet sur vous, Molière, Fest. de Pierre, IV, 10. Mes vérités ont fait en vous leur effet ordinaire, Sévigné, 16. Il avait sur cet art [la musique] une idée assez juste ; c'est qu'il ne produisait ses grands effets que dans les assemblées nombreuses, Diderot, Claude et Néron.

    Faire un bon, un mauvais effet, produire une impression favorable, défavorable. Cette chute fait un effet d'autant plus mauvais que…, Corneille, Ex. d'Hor. Cela fait un mauvais effet d'abord, Sévigné, 411. Il n'y a pas une parole qui ne fasse un bon effet, Sévigné, 461. Le livre de M. de Cambrai fait le plus mauvais effet du monde pour son auteur, Bossuet, Quiét. 94.

    Faire effet, produire une impression. Elle fit effet en entrant dans le salon. Cet homme cherche toujours à faire effet. Tu veux que pour toi je compose Un long roman qui fasse effet, Béranger, Romans.

    On dit dans le même sens, faire de l'effet.

    À effet, destiné à produire de l'effet. Un morceau à effet.

    Faire un bel effet, un vilain effet, avoir une bonne apparence, une vilaine apparence. Les manches du chevalier font un bel effet à table, Sévigné, 77. Votre balustrade doit faire un très bel effet, Sévigné, 443. Une dent qui lui fait un étrange effet au devant de la bouche, Sévigné, 321.

  • 7 Terme de littérature, de peinture et d'art en général. Résultat d'une combinaison qui frappe les yeux, captive l'esprit, touche le cœur. C'est à lui [Appien] que je me suis attaché pour la narration que j'ai mise au premier acte et pour l'effet du cinquième, Corneille, Ex. de Rodog.

    Terme de peinture. Effet de lumière, disposition de la lumière qui frappe par une combinaison heureuse et inattendue. Je distingue dans ce tableau l'effet pathétique d'avec l'effet pittoresque, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuvres, t. III, p. 199, dans POUGENS.

    Ce tableau est à l'effet, il est à l'endroit où il est le mieux. Mettre un tableau à l'effet.

  • 8 Terme de billard. Effet de queue, ou, absolument, effet, mouvement particulier produit dans la bille par une certaine manière de la frapper avec la queue. Faire de l'effet. Faire un carambolage par effet. Il était de première force au billard, et avait inventé un bleu pour les effets, Alph. Karr, les Guêpes, juillet 1840.

    On dit aussi : Il ne fallait faire qu'un demi-effet.

    Effet, le procédé, c'est-à-dire la petite rondelle qui est au bout de la queue.

  • 9 Terme de manége. Mouvement de la main qui sert à conduire un cheval ; il y en a quatre : pousser en avant, tirer en arrière, à droite ou à gauche.
  • 10 Terme de commerce. Billet à ordre, lettre de change. Souscrire, endosser, escompter un effet. Hé bien, madame, je n'ai point d'effets, mais j'en emprunterai ; je passerai demain chez vous et je tâcherai de faire votre affaire, Dancourt, les Agioteurs, II, 13. Les effets royaux étaient dans l'avilissement, Raynal, Hist. phil. IV, 17.

    Effet au porteur, effet payable à la requête du porteur. Les effets au porteur n'ont d'autre propriétaire que celui qui les a, et sont censés n'en avoir jamais eu d'autre ; la loi ne voit qu'un titre de créance et un porteur de ce titre, Montesquiou, Rapport du 27 août 1790, p. 4.

    Les effets publics, les rentes et les autres titres cotés à la bourse.

  • 11 Au plur. Objets, vêtements à l'usage d'une personne. La servante qui prend les effets de son maître, Bossuet, Médit. 1. Saint Vincent m'emplit une valise de beaux effets qui me furent volés huit jours après, Courier, Lett. I, 143.
  • 12 Terme de jurisprudence. Effets mobiliers, et, absolument, effets, les biens. Abandonner ses effets à ses créanciers. Cette manière de billets a été mise en vogue par les gens d'affaires pendant la dernière guerre pour mettre leurs effets à couvert des recherches qu'on pourrait faire contre eux, Vauban, Dîme, p. 88.
  • 13En effet, loc. adv. Dans la réalité, dans l'acte. En apparence, il rend témoignage au grand mérite, et en effet il donne du soupçon de la grande réputation, Guez de Balzac, Quatrième disc. sur la cour. Ceux qui désirent en général le bien des hommes, c'est-à-dire tous ceux qui sont en effet vertueux, et non point par faux-semblant ni seulement par opinion, Descartes, Méth. VI, 3. Et qui me fait régner en effet est mon maître, Corneille, Nicom. II, 1. Il feignit de m'aimer, je l'aimais en effet, Th. Corneille, Ariane, IV, 2. Sous prétexte de rendre conformes les mœurs de ses sujets, et en effet pour assouvir son avarice en pillant toute la Judée, Bossuet, Hist. II, 5. Reine longtemps de nom, mais en effet captive, Racine, Mith. I, 2. Peuple lâche en effet et né pour l'esclavage, Hardi contre Dieu seul…, Racine, Athal. III, 7.

    Assurément, véritablement. Ah ! madame, en effet L'oracle est accompli, le ciel est satisfait, Racine, Théb. III, 3. Ils croiront en effet mériter qu'on les craigne, Racine, Brit. IV, 4. Je n'aspire en effet qu'à l'honneur de vous suivre, Racine, Iphig. I, 2. Voilà donc en effet le soin qui vous dévore, Voltaire, Adél. I, 2. Car en effet il n'y a que deux états dans la vie : le célibat et le mariage, Chateaubriand, Génie, I, I, 8.

    En effet se met aussi très souvent en tête d'une phrase, pour annoncer qu'on va donner une preuve de ce qu'on vient de dire.

  • 14À l'effet de, loc. prépos. Dans l'intention de, pour. Il voyage à l'effet de s'instruire.

    À cet effet, pour cet effet, loc. adv. En vue, pour l'exécution de.

    À quel effet ? à quelle intention ? pourquoi ?

PROVERBES

Les effets sont les mâles, et les paroles sont les femelles.

Plus de paroles que d'effet, se dit de quelqu'un qui promet plus qu'il ne tient.

HISTORIQUE

XIVe s. Se aucuns princes et leurs conseilliers eussent aperceu et advisé aucunes choses qui y sont contenues, et il les eussent mises à effect, leurs dominations en eussent plus duré, Oresme, Prol. Ne facent aucun effet [acte] de change dans la dite ville, Ordonn. des rois de Fr. t. V, p 624.

XVe s. Et [les seigneurs] mirent plusieurs devises et preschemens avant, desquelles nulles ne vinrent à l'effet, Froissart, I, I, 319. Lui promettant et donnant par effect, Commines, I, 10. Toutes entreprinses se doivent bien penser et bien debattre avant que les mettre en effect, Commines, II, 12.

XVIe s. Amadour, ayant fait son effet de retirer ces deux corps, pensa si peu de luy qu'il se trouva environné d'un grand nombre de Maures, Marguerite de Navarre, Nouv. X. Ce qui me convie à un effect [action] si éloigné de ma nature, Montaigne, I, 96. L'effect [résultat] en decouvrit la fourbe, Montaigne, I, 100. En venant il fit tout plein de beaux effets, car il y prit force piaces que tenoient les huguenots, dont Mascon en fut une, Brantôme, Cap. fr. t. III, p. 260, dans LACURNE. Balde n'avoit pas pris effect [intérêt] au malheur qui estoit arrivé pour la perte du navire, Merlin Cocaie, t. II, p. 45, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

EFFET. - HIST. Ajoutez : XIIIe s. Ne querrai art ou engieng, voie ou maniere que li effect des coses presentes puist estre destourbés, Rec. des monum. inédits de l'hist. du tiers état, t. IV, p. 58.

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Effet : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

EFFET, s. m. (Logique.) le produit d’une cause agissante. Voyez Agir.

Après avoir considéré les choses par rapport à ce qu’elles sont, on doit les étudier par rapport à ce qu’elles peuvent ; & si l’on découvre que l’une soit capable de produire l’autre, ou seulement de la varier, on conçoit entre le terme agissant & ce qu’il fait naître, une relation de cause & d’effet.

Cette relation de la cause & de l’effet est de la plus vaste étendue, car toutes les choses qui existent ou peuvent exister, y ont part ; ainsi nous appellons cause ce qui donne l’existence, ce dont la vertu produit une chose ; & ce qui est produit, ce qui reçoit son existence, ce qui tient sa naissance de la cause, porte le nom d’effet. Par exemple, dès que nous voyons que dans la substance que nous appellons cire, la fluidité qui n’y étoit pas auparavant, y est constamment produite par l’application de certain degré de chaleur, nous donnons à l’idée simple de chaleur le nom de cause, par rapport à la fluidité qui est dans la cire ; & celui d’effet à cette fluidité.

Les choses donc qui reçoivent une existence qu’elles n’avoient pas auparavant, sont des effets ; & celles qui procurent cette existence, sont des causes. Voyez Cause.

Les notions claires & familieres de cause & d’effet entraînent cette conséquence, que rien ne se fait sans cause, & qu’aucune chose ne peut se produire d’elle-même.

Il convient de s’assûrer de l’existence des effets, avant que d’en chercher les causes ; c’est pourquoi toutes les fois qu’il s’agit de découvrir les causes des effets extraordinaires que l’on rapporte, il faut examiner avec soin si ces effets sont véritables ; car souvent on se fatigue inutilement à imaginer des raisons de choses qui ne sont point, & il y en a une infinité qu’il faut résoudre de la même maniere que Plutarque résout cette question qu’il se propose : Pourquoi les poulains qui ont été courus par les loups, vont plus vîte que les autres ? Après avoir dit que c’est peut-être parce que ceux qui étoient plus lents, ont été pris par les loups, & qu’ainsi ceux qui sont échappés couroient le mieux ; ou bien que la peur leur ayant donné une vîtesse extraordinaire, ils en ont contracté l’habitude. En un mot, après toutes ces dépenses d’esprit il donne la bonne solution de la question : C’est peut-être, dit-il, que cela n’est pas vrai.

C’est peu de chose de s’être assûré de l’existence d’un effet ; il faut pour arriver à la découverte de la cause, s’assûrer aussi des indices convaincans que cette cause existe dans la nature ; que c’est elle qui opere l’effet qu’on lui attribue.

Dans la pratique & dans la conduite de la vie, la découverte des causes qui ont produit les effets que nous voyons arriver, est souvent de la derniere importance. Or comme les évenemens d’ici-bas sont pour l’ordinaire fort compliqués, il arrive aisément de prendre le change, l’accessoire & les circonstances, pour la cause de cet effet que nous considérons. L’ignorance, la petitesse d’esprit, la superstition, l’intérêt, les préjugés, en un mot toutes nos passions, nous abusent & nous précipitent dans de faux jugemens : aussi voit-on que rien n’est plus ordinaire dans les malheurs de la vie, que de les attribuer à de fausses causes, & de s’aveugler sur les véritables. On sait la réponse du duc de Vendôme à un courtisan du duc de Bourgogne dans la campagne de Flandres de 1708. Voyez l’histoire du siecle de Louis XIV. Art. de M. le Chevalier de Jaucourt.

Effet, (Jurispr.) c’est ce qu’opere une loi, une convention, une action. Ce qui est nul ne produit aucun effet. Voyez Nullité.

Effets civils, sont les droits accordés à ceux qui participent aux avantages de la société civile, selon les lois politiques & civiles de l’état. Ces droits consistent à pouvoir intenter des actions en justice, à pouvoir succéder, disposer de ses biens par testament, posséder des offices & bénéfices dans le royaume : tout cela s’appelle la vie civile ou les effets civils, c’est-à-dire ce que peuvent faire ceux qui joüissent des avantages du droit civil.

Les regnicoles sont en général capables de tous les effets civils, au lieu que les aubains n’en joüissent point : ceux qui sont morts civilement ne les ont pas non plus.

Un mariage clandestin ne produit point d’effets civils, c’est-à-dire qu’il n’en résulte aucun droit de communauté ni de doüaire pour la femme.

Effet rétroactif, est celui qui remonte à un tems antérieur à la cause qui le produit, comme quand une loi ordonne que sa disposition sera observée, tant pour les actes antérieurs à cette loi, que pour ceux qui seront postérieurs.

Effet se prend aussi quelquefois pour tout ce qui est in bonis ; ainsi dans ce sens on dit qu’une maison, une terre, une rente, une obligation, un billet, de l’argent comptant, des meubles, sont des effets de la succession.

Effet caduc, est celui qui est de nulle valeur.

Effet commun, est celui qui appartient à plusieurs personnes.

Effet douteux, se dit de celui dont le recouvrement est incertain.

Effets, ou effets royaux, est le nom que l’on a donné aux rentes créées par le Roi, & aux billets & autres papiers qui ont été introduits en différens tems dans le commerce. (A)

Effet, terme de Peinture. Docti rationem artis intelligunt, indocti voluptatem. L’effet, en Peinture, est pour le spectateur cette volupté, ce plaisir qu’il cherche & qu’il s’attend à ressentir. Pour l’artiste l’effet est le concours des différentes parties de l’art, qui excite dans l’esprit de celui qui voit un ouvrage, le sentiment dont le peintre étoit rempli en le composant.

Il est inutile de s’étendre sur la premiere signification de ce mot. Le plaisir est fait pour être senti ; mais les moyens d’exciter cette sensation, sont intéressans pour les artistes. Voici quelques réflexions sur cette matiere.

L’art de la Peinture est composé de plusieurs parties principales, comme on le verra dans un plus grand détail au mot Peinture. Chacune de ces parties est destinée à produire une impression particuliere, qui est son effet propre.

L’effet du dessein est d’imiter les formes ; celui de la couleur, de donner à chaque objet la nuance qui le distingue des autres. Le clair-obscur imite les effets de la lumiere, ainsi des autres. La réunion de ces différens produits cause une impression qu’on nomme l’effet du tout ensemble.

Il est donc essentiel pour parvenir à conduire un tableau à un effet juste, que toutes ses parties tendent à un seul projet. Mais quelle est celle qui doit commander, qui doit marquer le but auquel elles doivent arriver ? c’est sans doute celle qu’on nomme invention, puisque c’est elle qui naît la premiere dans l’esprit du peintre, lorsqu’il médite un ouvrage ; & que celui qui commenceroit à peindre sans savoir ce qu’il veut représenter, ressembleroit à un homme qui voudroit, sans ouvrir les yeux, se livrer à ses fonctions ordinaires.

L’invention qui regne sur tous les genres de peindre, qui les a créés, & qui les reproduit dans chaque ouvrage, décide donc de l’effet qu’ils doivent avoir. Le tableau d’histoire doit faire consister son effet dans l’expression exacte des actions ; le portrait, dans la ressemblance des traits ; le paysage, dans la représentation des sites ; & la peinture d’une marine, dans celle des eaux.

Mais dans chacune des parties qui constituent l’art de peindre, on entend plus particulierement par le mot effet, une expression grande, majestueuse, forte. Ainsi l’effet dans le dessein, est un contour hardi qui exprime des formes que l’artiste connoît parfaitement ; la liberté, la confiance avec laquelle il indique leur place, leur figure, leur proportion, fait ressentir un juste effet. C’est ainsi que Michel-Ange en dessinant une figure, aura exprimé par le secours du simple trait, la conformation des membres, leur juste emmanchement, l’apparence des muscles, les enchâssemens des yeux, les plans sur lesquels les os de la tête sont placés, enfin le caractere de l’action qui doit infailliblement résulter de la justesse de toutes ces combinaisons. Il aura fait plus encore ; il aura indiqué aux yeux exercés dans l’art de la peinture l’effet du clair-obscur, & l’on pourroit dire même celui de la couleur : ce dessein se nommera un dessein d’effet.

L’effet particulierement appliqué au coloris, est celui qui porte l’imitation des couleurs locales à un point de perfection capable de faire une illusion sensible. La couleur locale est la couleur propre & distinctive de chaque objet : elle a, dans la nature, une force & une valeur que l’art a bien de la peine à imiter. Des organes justes & bien exercés peuvent y prétendre ; mais l’écueil funeste, qui sur cette mer difficile est le plus fameux par les naufrages, c’est cette habitude de tons & de nuances qui s’enracine, sans que les peintres s’en apperçoivent, par une pratique répétée ; & qui renaissant dans tous leurs ouvrages, fait dire de presque tous les artistes, qu’ils ont peint gris, ou roux ; que leur couleur ressemble à la brique, qu’elle est rouge, ou noire, ou violette. Ce défaut si favorable à ceux qui sans principes, veulent distinguer les manieres des maîtres, est une preuve de l’infériorité de l’imitation de l’artiste. La nature n’est, en effet, ni dorée, ni argentée ; elle n’a point de couleur générale : ses nuances sont des mélanges de couleurs rompues, réflectées, variées ; & celui qui aspire à l’effet par la route de la couleur, n’en doit avoir aucune à lui.

On peut favoriser l’effet de la couleur, par la disposition des lumieres, qui produit l’effet du clair-obscur : mais quelques périls menacent encore ceux qui se fondent sur ce secours. Le desir d’exciter l’attention par des effets, inspira au Carravage d’éclairer ses modeles d’une maniere qui se rencontre rarement dans la nature. Le jour qu’il faisoit descendre par des ouvertures ménagées avec art, offroit à ses yeux des lumieres vives, mais tranchantes ; il en résulta, dans les imitations qu’il en fit, des effets plus singuliers qu’agréables. Les oppositions trop dures, les ombres devenues noires, ont rendu, avec le tems, ses tableaux de deux seules couleurs ; le blanc & le noir y dominent ; & ces ombres ténébreuses que son affectation a répandues sur ses ouvrages, ont enveloppé dans leur obscurité les parties excellentes, dont cet habile artiste devoit tirer sa gloire. Il est donc de justes bornes qui renferment la perfection en tout genre, & les excès sont ses ennemis redoutables.

Au reste, un tableau dont l’effet est juste, produit sur tout le monde une sensation intéressante ; comme une piece de théatre dans laquelle les caracteres sont vrais, produit sur tous les spectateurs une satisfaction générale. Ces caracteres doivent être exprimés par les principaux traits qui les distinguent, & par les oppositions qui les font valoir. Les détails trop approfondis, quoique la nature en offre les modeles, sont un obstacle à l’effet théatral, qui a des rapports infinis avec les effets dont j’ai parlé. Mais la réussite ne consiste pas seulement à soustraire ces détails ; elle exige encore qu’on choisisse ceux qui sont essentiels, & qui constituent principalement le caractere qu’on représente.

Les distinguer, c’est le propre d’un génie grand, qui embrasse toutes les circonstances d’un objet, sans que leur nombre l’embarrasse. Il ne se laisse point séduire ; il ne perd pas de vûe le but où il tend, il distingue ce qui est plus propre à assûrer ses succès. Un peintre d’effet, est ordinairement un homme de génie ; & dans tous les arts, le génie qui ordinairement enfante la facilité, conduit à la science des effets. La Poésie, ainsi que la Peinture ; la Musique, ainsi que ses deux sœurs, ne pourront jamais prétendre que par cette voie à des succès éclatans, & à cette approbation générale, qui est si flateuse ; les autres parties auront des admirateurs, les grands effets réuniront tous les suffrages ; l’hommage qu’on leur rend, est, pour ainsi dire, involontaire ; il ne doit rien à la réflexion : c’est un premier mouvement. Voyez Dessein, Draperie. Cet article est de M. Watelet.

Effet, (Manége.) Personne n’ignore que le terme dont il s’agit, ne signifie que le produit d’une cause quelconque. Les auteurs du dictionnaire du Trévoux semblent néanmoins le restraindre, quant à la science du Manége, aux seules suites des actions de la main du cavalier. Effet, en terme de Manége, se dit des mouvemens de la main, qui servent à conduire un cheval ; ils expliquent ensuite savamment ces effets. Je prendrai la liberté de leur faire observer que nous disons non-seulement les effets de la main, mais les effets des jambes, les effets des aides du corps, les effets de la gaule, des châtimens, du cavesson, des piliers, de telles ou telles leçons : ainsi nous appliquons ce mot, en matiere d’équitation, indifféremment à tout ce qui peut être regardé comme le résultat d’une multitude de principes différens. Il étoit par conséquent inutile d’en faire un article, eu égard à notre art, dans lequel il n’a pas plus d’acception particuliere que dans tous les autres. (e)

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Effet : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « effet » les plus populaires.

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Étymologie de « effet »

Étymologie de effet - Littré

Provenç. effeit ; catal. efecte ; espagn. efecto ; portug. effeito ; ital. effetto ; du latin effectus, de effectum, supin de efficere, effectuer, de ex, et facere, faire.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de effet - Wiktionnaire

Du latin effectus (sens identique).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « effet »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
effet efɛ play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « effet »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « effet »

  • Le duo franco-allemand semble avoir entendu l'alerte. Par une surprenante annonce, le 18 mai, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont poussé l'idée d'une plus grande solidarité entre les pays. Leur plan à 500 milliards d'euros reposerait en effet sur un emprunt obligataire de la Commission européenne, qui redistribuerait l'argent aux pays membres. Nulle mention de Corona bond ou d'euro-bond, pour ne braquer personne, mais la dette commune est bien évoquée. Boursorama, [Effet secondaire du Covid-19] L'Union européenne attrape le virus de la solidarité - Boursorama
  • EDF a subi le double effet du coronavirus et des mesures de confinement, qui ont fait chuter la consommation et les prix de l'électricité mais aussi perturbé les opérations de maintenance des centrales nucléaires et donc les perspectives de production du groupe, qui a cependant pu relever jeudi ses prévisions en la matière pour 2020 après les avoir fortement abaissées mi-avril. La Tribune, EDF lance un vaste plan d'économies pour compenser l'effet coronavirus
  • Véritable serpent de mer de la construction européenne, la dette communautaire a refait son apparition pendant la crise du Covid-19. Surprise, cette fois l’idée semble vouloir prendre racine et marque une esquisse de solidarité budgétaire européenne. Toute la semaine, Novethic revient sur les effets secondaires positifs que la crise sans précédent du Covid-19 a entraîné. , [Effet post-Covid] L’Union européenne attrape le virus de la solidarité
  • Des fards à paupières irisés peuvent venir compléter le maquillage. Et pour un rendu à l'effet «sortie de l’eau», on appliquera un gloss transparent en touche finale. Madame Figaro, L'effet "peau de dauphin", la tendance maquillage qui séduit Instagram - Madame Figaro
  • La plupart des essais cliniques testant l'hydroxychloroquine ont été stoppés fin mai, après la publication d'une étude négative dans la revue médicale The Lancet (rétractée par la suite après des soupçons de fraude), puis après les résultats début juin d'un vaste essai britannique, Recovery, selon lesquels l'hydroxychloroquine ne montre "pas d'effet bénéfique" pour les malades du Covid-19. , Coronavirus : Pas d'effet de l'hydroxychloroquine sur les patients "au long cours"
  • Les médecins ne tirent aucune conclusion officielle étant donné ce cas isolé, mais penchent favorablement pour un effet conséquent de la Covid-19 et appellent leurs confrères à la vigilance pour éviter “des complications fonctionnelles immédiates et chroniques”.  Doctissimo, Covid-19 : un homme victime de priapisme comme effet secondaire ?
  • On a pu craindre que la crise sanitaire fasse perdre de vue aux investisseurs les enjeux environnementaux et sociaux. C’est tout l’inverse ! Les fonds durables ont mieux résisté au choc et ont vu affluer les nouveaux investisseurs. La pandémie semble avoir accentué la tendance à l’investissement durable, déjà présente depuis plusieurs mois. Toute la semaine, Novethic revient sur les effets secondaires positifs que la crise sans précédent du Covid-19 a entraînés. , [Effet post-Covid] L’investissement durable est resté immunisé au confinement
  • Il suffit de se croire esclave pour l'être en effet. De Alain / Quatre-vingt-un chapitres
  • La psychanalyse est un remède contre l'ignorance. Elle est sans effet sur la connerie. De Jacques Lacan
  • Les paroles qui ne sont suivies d'aucun effet sont comptées pour rien. De Démosthène / Deuxième Olynthienne
  • En s'imaginant qu'on est malade, on le devient en effet. De François Droz
  • Plus nous nous rabaissons extérieurement, plus on nous élève en effet. De Jean Racine
  • Il vaut mieux avoir l'air sans l'effet que l'effet sans l'air... De Anonyme
  • Très peu de cause peut avoir beaucoup d'effet. De Bernard Werber / La révolution des fourmis
  • La complication est un effet de la simplicité mal acquise. De André Brochu / Adéodat I
  • Sur terrain plat, de simples buttes font effet de collines. De Karl Marx / Le capital
  • Nul, en effet, n’a tort quand tous radotent. De William Shakespeare / Peines d’amour perdues
  • Quiconque veut être libre l'est en effet. De Jean-Jacques Rousseau / Correspondance
  • Le courage est l’effet d’une très grande peur. De Ferdinando Galiani / Dialogues
  • Un beau désordre est un effet de l'art. De Nicolas Boileau
  • Un remède amer produit toujours un effet salutaire. De Juliusz Slowacki
  • Peindre non la chose mais son effet. De Stéphane Mallarmé / Art game book
  • Cherchez les effets et les causes, Nous disent les rêveurs moroses. Des mots ! des mots ! cueillons les roses ! Théodore de Banville, Les Cariatides

Traductions du mot « effet »

Langue Traduction
Corse effettu
Basque efektu
Japonais 効果
Russe эффект
Portugais efeito
Arabe تأثير
Chinois 影响
Allemand bewirken
Italien effetto
Espagnol efecto
Anglais effect
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Synonymes de « effet »

Source : synonymes de effet sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « effet »


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