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Mur

Définitions du mot « mur »

Trésor de la Langue Française informatisé

MUR, subst. masc.

A.−
1. Ouvrage de maçonnerie vertical (parfois oblique), d'épaisseur et de hauteur variable, formé de pierres, de briques, de moellons superposés et liés par du mortier ou du ciment, et élevé sur une certaine longueur pour constituer le côté d'un bâtiment, enclore ou séparer des espaces, soutenir et supporter des charges. Mur de briques, de moellons, de pierres; élever, bâtir un mur. Le mur, épais et haut qui séparait le jardin de la basse-cour, et dont le faîte, large comme un trottoir, dallé à plat, me servait de piste et de terrasse, inaccessible au commun des mortels (Colette, Mais. Cl.,1922, p. 60).Odile avait fait peindre nos murs de teintes unies et douces; elle aimait les chambres presque nues, les grandes plaines désertes de tapis clairs (Maurois, Climats,1928, p. 50).La prison était close d'un haut mur. Entre ces murailles et un second mur plus élevé encore était le chemin de ronde (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 292).V. étançon ex., étayer ex. 1, jaune ex. 2 :
1. ... en levant la tête il vit le mur du jardin de son père. Ce mur, qui soutenait une belle terrasse, s'élevait à plus de quarante pieds au-dessus du chemin, à droite. Un cordon de pierres de taille tout en haut, près de la balustrade, lui donnait un air monumental. Stendhal, Chartreuse,1839, p. 149.
SYNT. a) Mur bas, solide; bon mur; mur blanc, blanchi à la chaux, crépi; mur (intérieur) peint, tapissé, tendu de tissu; mur crevé, croulant, délabré, écroulé, lépreux, nu, sombre, triste; vieux mur; b) mur de marbre, en pierres sèches; mur d'enceinte; c) aile, angle, côté, crête d'un mur; pan de mur; fondations d'un mur; d) crépir, enduire, lessiver, plâtrer, ravaler un mur; étayer, exhausser, abattre, démolir un mur; recouvrir les murs de papier peint; accrocher, pendre (un tableau, un objet) au mur; poser, ranger contre le mur; écrire, placarder sur les murs (de la ville); escalader, longer un mur; se glisser le long des murs; enjamber un (petit) mur; sauter par-dessus le mur; s'adosser, s'appuyer à un mur; être le dos au mur, le nez au mur; se tourner (en signe de désespoir, de révolte) du côté du mur; être à l'abri, à l'ombre d'un mur.
2. ARCHIT., BÂT.
Mur biais. ,,Mur dont les deux parements ne sont pas parallèles en plan`` (Noël 1968). Anton. mur droit (v. droit B 2 a α).
Mur bouclé. Mur ,,qui a perdu son aplomb et fait ventre`` (Vogüé-Neufville 1971).
Mur soufflé. Mur ,,dont le parement ne tient plus à la masse intérieure de la maçonnerie`` (Vogüé-Neufville 1971).
Mur gouttereau*.
Gros mur, mur portant/porteur, mur de façade. Mur formant l'enceinte d'un bâtiment et portant les étages. Copropriété des gros murs (Jaurès, Ét. soc.,1901, p. liv).Une des caractéristiques de l'architecture moderne réside (...) dans le moindre emploi du « mur porteur » que remplace en façade le mur conçu comme simple élément de remplissage d'une ossature (Gds ensembles habit.,1963, p. 8).
Mur mitoyen*.
Mur orbe. ,,Mur sans aucune ouverture sur lequel on simule des baies, des arcs`` (Barb.-Cad. 1963). Synon. mur aveugle*.
Mur ossaturé. ,,Mur comportant une ossature, un revêtement extérieur et un revêtement intérieur`` (Barb.-Cad. 1963).
Mur d'allège. ,,Mur formant appui d'une croisée`` (Vogüé-Neufville 1971).
Mur d'appui ou de parapet. ,,Mur qui n'a qu'un mètre environ de hauteur au-dessus du sol`` (Chabat t. 2 1876).
Mur de clôture. Mur ,,qui entoure un parc, un jardin. Franchir un mur de clôture`` (Ac. 1835-1935).
Mur de dossier ou mur dosseret. ,,Mur qui s'élève au-dessus d'un toit et auquel sont adossés des conduits de fumée`` (Noël 1968).
Mur de façade, de face. Gros mur qui forme la face principale de l'édifice. Voir Viollet-Le-Duc, Archit., 1872, p. 326.Mur latéral. Mur formant l'un des côtés (d'apr. Chesn. 1857).
Mur de fondation ou mur de cave, de soubassement. ,,Mur qui supporte le poids entier de la construction`` (Noël 1968).
Mur (de) pignon. ,,Mur extérieur qui s'élève au-dessous du toit, qui le supporte et qui en a le profil`` (Noël 1968). Le mur pignon, qui paraît guider la charge de tous les étages supérieurs vers la console, n'est pas un mur porteur (Siegel, Formes structurales archit. mod.,1965, p. 127).
Mur de refend. Mur ,,qu'on élève entre les gros murs pour diviser l'intérieur d'un bâtiment`` (Vogüé-Neufville 1971). Ces murs de refend sont nécessaires pour recevoir les planchers et cheminées des étages supérieurs (Viollet-Le-Duc, Archit.,1872, p. 327).
Mur de soutènement, de terrasse. Mur destiné à soutenir des terres. Murs de soutènement coulés en béton armé (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 305).
Mur en décharge. ,,Mur soulagé par des arcades`` (Barb.-Cad. 1963).
Mur en surplomb ou forjeté, déversé. ,,Mur qui penche au dehors`` (Noël 1968).
Mur-rideau (mod.). Panneau mince et léger accroché à l'ossature portante pour constituer la paroi extérieure d'un bâtiment. Un mur-rideau fait d'éléments fabriqués industriellement et suspendu à un ouvrage porteur (Siegel, Formes structurales archit. mod.,1965p. 52).
3. Expr., loc. et proverbes
HIST.
Mur des Fédérés. V. fédéré C.
Mur des Lamentations, des Pleurs. Muraille occidentale de la Cité du Temple à Jérusalem, datant de l'époque d'Hérode, où les Juifs viennent prier. Mais très tôt on a pris l'habitude de l'appeler aussi le Mur des Pleurs. En effet, une tradition populaire affirme que lorsqu'Israël est dans l'affliction, le Mur se met à pleurer. La source de cette croyance est probablement le ruissellement de la rosée qui, (...) même en plein été, est souvent abondante (M. Catane, Quand le troisième temple sera-t-il reconstruit? Méditation devant le Mur Occidental ds Almanach du K.K.L., Strasbourg, 1968, p. 79).[Pour les Juifs] Mur Occidental ou p. ell. le Mur. Culte devant le Mur Occidental (M. Catane,Quand le troisième temple sera-t-il reconstruit? Méditation devant le Mur Occidental ds Almanach du K.K.L., Strasbourg, 1968, p. 79).J'ai vu dans la vieille ville de Jérusalem à peine reconquise, des parachutistes durcis prier et pleurer pour la première fois de leur vie; je les ai vus, en pleine bataille, pris d'une ferveur collective et ancienne, embrasser les pierres du Mur et communier dans un silence aussi insaisissable que pur (E. Wiesel, Entre deux soleils,Paris, éd. du Seuil, 1970, p. 141).
(Dans, entre) les (quatre) murs. Les murs qui circonscrivent l'espace intérieur, la maison, la cellule. Que je m'ennuie entre ces murs tout nus [de la prison] Et peints de couleurs pâles (Apoll., Alcools,1913, p. 143).Les murs entre lesquels j'ai respiré, aimé, pleuré, me regarderont mourir (Pesquidoux, Livre raison,1932, p. 139).
[À propos d'un établissement] Dans ces murs [l'hôpital], l'effroi, la faim, des passions dévorantes, une inquiétude toujours croissante (Janin, Âne mort,1829, p. 129).
Fam. Ne laisser que les quatre murs. Vider entièrement une maison (Ac. 1935).
Entre quatre murs. À l'intérieur d'un logement, chez soi, volontairement ou non. Passer ses vacances entre quatre murs. Il se trouverait (...) à l'abri entre quatre murs (Boylesve, Leçon d'amour,1902, p. 198).Ils sont polygames? demanda Conan (...). Le père répondit en riant avec bonhomie : − Il se passe là-bas, au grand soleil, ce qui se passe en Europe entre quatre murs (Vercel, Cap. Conan,1934, p. 196):
2. Il y a toujours une heure de la nuit où le maître d'un grand nombre d'hommes se retrouve avec lui-même entre quatre murs, et là, terré au secret de son repaire, le loup haletant lèche ses blessures. Mauriac, Journal 2,1937, p. 197.
Être logé entre quatre murs (fam.). Être enfermé, mis en prison. On l'a logé entre quatre murs (Littré). Il en faut, des asiles, je le sais bien, affirmait l'une. Mais pourquoi laisser pourrir si longtemps nos hommes entre quatre murs. Si encore on nous les guérissait! (H. Bazin, Tête contre murs,1949, p. 328).Jeter (...) entre quatre murs un partisan si compromettant (Camus, Homme rév.,1951, p. 60).
Être dans ses murs (fam.). ,,Être chez soi`` (Rob., Lar. Lang. fr.).
Verbe + le/les mur(s)
Faire/sauter le mur (fam.). Sortir sans permission (de la caserne, de la pension). Lui, un grand gaillard à lunettes, faisait régulièrement le mur de l'École Polytechnique (Fargue, Piéton Paris,1939, p. 118).Si Rastignac est ici ce soir, c'est qu'il a sauté le mur de la pension Vauquer (Gracq, Beau tén.,1945, p. 158).
Battre les murs (fam., vieilli). ,,Vaciller d'un côté à l'autre de la rue comme un homme ivre`` (Littré, DG).
Raser les murs. Marcher le plus près possible du mur en se dissimulant, se protégeant. Une démarche de séminariste, l'art de raser les murs et de se glisser dans les portes (Camus, Peste,1947, p. 1251).P. méton. Se faire humble, passer volontairement inaperçu. Les bons pauvres ne savent pas que leur office est d'exercer notre générosité; ce sont des pauvres honteux, ils rasent les murs; je m'élance, je leur glisse dans la main une pièce de deux sous et, surtout, je leur fais cadeau d'un beau sourire égalitaire (Sartre, Mots,1964, p. 24).
Verbe + prép. + le/les mur(s)
ESCR. Tirer au mur. S'exercer contre un mur ou contre un adversaire qui ne fait que parer. Avant de partir, dans le silence et l'ombre de son cabinet, il [Tartarin] s'exerçait un moment, se fendait, tirait au mur, faisait jouer ses muscles (A. Daudet, Tartarin de T.,1872, p. 17).
Faire les pieds au mur. Se tenir en équilibre sur les mains, les pieds reposant contre le mur. Robinson avait appris également à marcher sur les mains, comme son compagnon. Il faisait « les pieds au mur » contre un rocher, puis il se détachait de ce point d'appui et partait lourdement, encouragé par les applaudissements de Vendredi (M. Tournier, Vendredi ou la vie sauvage, Paris, Gallimard, 1971, p. 92).
[P. allus. au mur contre lequel on place les condamnés] Coller au mur (fam.). Fusiller. Le prêtre martyrisé devant l'autel, le soldat mitraillé sur un rempart, le révolté collé au mur! (Curel, Nouv. idole,1919, i, 6, p. 185).
Au fig. Être, se trouver le dos au mur. Être dans l'impossibilité de fuir, de reculer, d'échapper à une situation. V. acculé ex. 6.
Se cogner, se taper la tête contre les murs. Se désespérer. Il faudrait (...) faire un grand raffut de désespoir et se casser la tête sur les murs (Jouve, Scène capit.,1935, p. 23).Vieilli. Se donner la tête, donner de la tête contre les murs. La solitude absolue n'aurait d'autre résultat que de me rendre fou (...) et de me faire donner de la tête contre un mur (Du Bos, Journal,1927, p. 232).Au fig. Elle était morte (...). Il n'allait pas se taper la tête contre les murs. Il n'y pouvait rien (Aymé, Jument,1933, p. 156).
C'est à se taper la tête contre les murs/un mur! (fam.). C'est impossible, impensable. Dans quoi nous sommes-nous fourrés! C'est à se taper la tête contre les murs! (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 137).
Mettre au pied du mur. [P. réf. à un sens vieilli en escr. ,,Pousser (qqn) à l'épée jusqu'à ce qu'il soit adossé au mur et ne puisse plus rompre`` (DG)] Ôter à quelqu'un toute échappatoire. Ce parti est si désastreux pour nous qu'il n'ose pas nous en faire part lui-même. Nous allons mettre M. Teissier au pied du mur, et nous ne lui cacherons pas qu'il commet une mauvaise action (Becque, Corbeaux,1882, iii, 6, p. 182).
Être au pied du mur. Être acculé à prendre une décision, être contraint d'agir. Hémon (...) : Père ce n'est pas vrai! (...) Nous ne sommes pas tous les deux au pied du mur où il faut seulement dire oui (Anouilh, Antig.,1942, p. 199).
On tirerait plutôt de l'huile d'un mur (vieilli). [Pour insister sur la dureté, l'avarice de qqn] Il vaut autant essayer de tirer de l'huile d'un mur que de l'argent d'un Marocain (Mérimée, Lettres Ctessede Montijo,1860, p. 153).
Proverbe
Les murs ont des oreilles. Il faut parler avec circonspection de peur d'être écouté, épié. On entendait du bruit, dans la pièce voisine. M. Dandillot dit : « Vous savez, les murs ont des oreilles. » (Montherl., Pitié femmes,1936, p. 1175).
B.− Souvent au plur. Fortification, rempart qui entoure une ville, une citadelle et la protège des invasions. Synon. muraille.Mur crénelé; mur d'une citadelle, d'une place forte; érection d'un mur; battre un mur en brèche (v. battre1I A 1 c); saper un mur. Les murs et les tours grises des fortifications de la ville apparaissant de loin sur la crête de Sion (Lamart., Voy. Orient,t. 2, 1835, p. 42).Rien ne ressemble à un mur de Vauban comme la logique impeccable d'une manœuvre de Turenne (Faure, Espr. formes,1927, p. 101).Un double mur d'enceinte protégeait la citadelle, flanqué de nombreuses tours faisant saillie, sur le modèle des villes fortifiées syriennes (Philos., Relig., 1957, p. 42-1).
Les murs. L'enceinte de la ville délimitée ou non par des murs; le lieu ainsi délimité :
3. J'étais un de ces milliers d'êtres qui se laissent flotter, comme des bouchons, dans la vie; pour qui les murs de Paris sont les murs du monde, et qui n'ont souci de rien, n'ayant de passion pour rien. Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Ermite, 1886, p. 1055.
Sous les murs. Au pied des murs de la ville, aux abords immédiats. L'arrivée imminente des Allemands sous les murs de Paris posait de cruels problèmes (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 51).
Dans les murs. À l'intérieur de la ville. Synon. intra muros*.Vous voici dans nos murs. [Dante exilé] tenta de rentrer dans ces murs chéris, bercail de ses premiers ans (Ozanam, Philos. Dante,1838, p. 65).Valeureux natif de la grande forêt d'amont, tout Mauhors, content de te revoir en bonne santé dans ses murs, te souhaite ici par ma bouche la bienvenue (Cladel, Ompdrailles,1879, p. 186).
Hors les murs. À l'extérieur de la ville. Synon. extra muros*.Le rêve un peu maniaque et douloureux de la petite maison champêtre hors les murs (Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. 204).Vous aurez (...) la certitude de conserver hors de vos murs un gouvernement qui pourra un jour vous être utile? (Camus, État de siège,1948, 1repart., p. 220).V. hors II A 1 ex. de France.
HIST. Mur gigantesque construit pour défendre un pays des invasions. Les longs murs du Pirée.
Mur de Chine. Synon. plus usité muraille* de Chine.Voir Saint-Exup., Terres hommes, 1939, p. 180.
Mur d'Hadrien. Fortification élevée en Grande-Bretagne vers 122-126 après Jésus-Christ entre la mer du Nord et la mer d'Irlande. À Éboracum, du haut d'un tertre vert, j'ai vu manœuvrer pour la première fois cette armée britannique nouvellement formée. En même temps, l'érection d'un mur coupant l'île en deux dans sa partie la plus étroite servit à protéger les régions fertiles et policées du sud contre les attaques des tribus du nord (M. Yourcenar, Mém. d'Hadrien,Paris, Plon, 1958, p. 144).
Mur de l'Atlantique. Ensemble de fortifications élevé par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale pour prévenir un débarquement allié. Nous, à seize cents kilomètres du fameux « mur de l'Atlantique ». (...) nous échappions à tous les périls et à toutes les grandeurs (Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 311).
Mur de Berlin, mur de la honte. Frontière urbaine séparant Berlin-Ouest (appartenant à la République fédérale) de Berlin-Est. Ces notes [que l'Union soviétique a envoyées aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à la France], toujours selon Tass, accusent les puissances occidentales de projeter de nouvelles provocations lundi prochain, à l'occasion du premier anniversaire de l'édification du mur de Berlin (Le Monde,12-13 août 1962, p. 4, col. 4).
[P. allus. hist.] Le mur murant Paris rend Paris murmurant. Chanson anonyme exprimant le mécontentement des Parisiens lors de la construction vers 1785, d'un mur d'enceinte destiné à renforcer le contrôle pour la perception des taxes. [Paris] n'a franchi qu'une enceinte de plus, celle de Louis XV, ce misérable mur de boue et de crachat, digne du roi qui l'a bâti, digne du poète qui l'a chanté : Le mur murant Paris rend Paris murmurant (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 138).
C.− P. anal. Mur + adj. ou + de + subst.
1. [Désigne un objet concr.]
Mur qui n'est pas en maçonnerie et peut servir de séparation, de clôture. Mur de terre, de verre. Mur de planches couvert d'affiches (Fargue, Piéton Paris,1939, p. 42).
HIPP. ,,Obstacle dont une face au moins imite la brique et dont le dessus est arrondi`` (Cass.-Moir. 1979).
Obstacle naturel qui s'élève verticalement et qui forme barrière. Mur montagneux; mur d'une caverne, d'un précipice. De hautes montagnes ferment l'horizon, rempart noir ou mur de glace (Béguin, Âme romant.,1939, p. 169).La voiture avait pris un peu de vitesse. Elle roulait entre de hauts murs d'arbres et de végétation inextricable (Camus, Exil et Roy.,1957, p. 1659).
Mur de pluie, de brume. Une silhouette qui balançait un fanal pour guider dans le mur de brouillard les évolutions de la voiture (Gracq, Syrtes,1951, p. 21).
TECHNOL. Morts murs. Parois d'un four de fusion en briques réfractaires. (Dict. xixeet xxes.). Murs (d'une mine). Partie inférieure d'une galerie de mine par opposition au toit qui est sa partie supérieure. Voir Haton de La Goupillière, Exploitation mines, 1905, p. 237.
2. [Désigne des pers.] Personnes formant un front uni de défense, de résistance. Le mur allemand devenait plus noir et plus proche. Il s'éclairait de quelques trous, des soldats qui tombaient (Benjamin, Gaspard,1915, p. 142).Le mur mobile de l'infanterie (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 60).
SPORTS (jeux de ballon). Tactique des joueurs qui forment un rideau de défense devant les buts menacés. (Footb.). Faire le mur. Former une ligne de défense compacte contre l'équipe adverse qui tire un coup franc. P. méton. Sur un coup franc à 20 mètres, le mur français se fait prendre comme un enfant par Al-Buloushi, laissé à lui-même sur la droite (L'Équipe,22 juin 1982, p. 3, col. 6).(Rugby). ,,Obstruction illicite à la touche, qui consiste pour les avants à se masser pendant la trajectoire du ballon pour faciliter le saut du partenaire chargé de cueillir la balle`` (Petiot 1982).
3. Mod. [Désigne un obstacle physique considéré longtemps comme insurmontable]
Mur bleu. Lieu situé à une certaine profondeur où le plongeur (utilisant un scaphandre autonome) perdant de vue la surface ne voit pas encore le fond (d'apr. Gruss 1952).
Mur sonique, mur du son. Ensemble des phénomènes aérodynamiques constituant un obstacle technique, qui se produisent quand un engin se déplace à une vitesse égale ou supérieure à celle du son (d'apr. Lar. encyclop.). Synon. nombre de Mach, barrière du son (d'apr. Sc. 1962) :
4. Le mur du son était double. Il y avait en somme un mur du son qui était deux (...). Le premier mur invisible se laissait traverser par l'appareil et se durcissait ensuite jusqu'à devenir mur de bronze. Cocteau, Appogiatures,1953, p. 60.
P. anal. Mur de la chaleur. Ensemble des phénomènes thermiques ou caloriques qui se produisent lors des déplacements dans l'air à très grande vitesse (d'apr. Lar. encyclop.).
FÊTE FOR. Mur de la mort. ,,Numéro de casse-cou à motocyclette, tournant dans une cuve aux parois verticales`` (Amis Lex. fr. Ét. lexicogr. 1976 t. 3 no14/15, pp. 15-32).
D.− P. métaph. et au fig.
1. Ce qui protège, isole, défend. Vivre derrière un mur :
5. ... il n'est pas d'amants qu'on ne trouve occupés, acharnés à tuer l'amour, tâchant de le borner, de se l'approprier, de lui donner des murs. G. Bataille, Exp. int.,1943, p. 213.
Mur d'argent. V. argent ex. 23.
Mur de la vie privée. Secret, discrétion qui entoure la vie privée. Franchissons le mur de la vie privée, de la vie la plus privée, celui du cabinet de toilette (Huyghe, Dialog. avec visible,1955, p. 42).
2. Ce qui forme un obstacle infranchissable, ou sépare des personnes, empêche la communication. Mur de haine, d'incompréhension, d'indifférence. Elle éleva doucement entre nous comme un mur d'acier d'une froideur et d'une résistance impénétrables (Fromentin, Dominique,1863, p. 186).Les hommes ont élevé entre eux et vous un mur d'opprobre et d'ignominie (Sandeau, Mllede La Seiglière,1848, p. 69):
6. Un mur, un mur! Avoir le sentiment que l'on est devant un mur très haut, très lisse, très épais, et que ce mur-là, c'est l'avenir, et qu'on ne peut ni l'escalader, ni le renverser, ni le percer. Duhamel, Confess. min.,1920, p. 104.
Mur d'airain, mur de séparation ou simplement mur. ,,Causes qui divisent deux personnes et empêchent qu'elles ne puissent se rapprocher, se réunir. Il y a un mur entre ces deux hommes`` (Ac. 1935).
3. Personne insensible, inébranlable dans ses opinions, ses résolutions. C'est parler à un mur. Victor!... (...) Je lui ai recommandé un million de fois de ne pas quitter le café lorsque je n'y étais pas, c'est comme si je parlais à un mur (Leclercq, MmeSorbet,1835, iii, p. 128).Ses traits laissent paraître une lourde obstination; c'est un mur de suffisance (Sartre, Nausée,1938, p. 151).
Prononc. et Orth. : [my:ʀ]. Homon. mûr, mûre, murrhe. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Ouvrage de maçonnerie destiné à enclore, à protéger, à isoler. 1. Fin xes. une ville (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 63 : Hjerussalem ... [toi inimic] En tos belz murs, en tas maisons Pedra ssubr altre non laiseront); ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 97 : Cordres ad prise e les murs peceiez); ca 1160 (Eneas, 427 ds T.-L. : Li mur de Cartage sont fait a posterels, A pilerez et à merels, A biches, a oisels, a flors; O le marbre de cent colors sont peinturé defors li mur Senz vermeillon et senz azur); ca 1165 (Benoît de Ste-Maure, Troie, 1151 ds T.-L. : Close esteit [la cité] tote de bon mur De fin marbre serré e dur); ca 1200 désigne la cité elle-même (Bueve de Hantone, éd. A. Stimming, I, 486 : Faites moi tost espines apointier, Defors les murs les faites caroier); 2. ca 1100 une habitation (Roland, 1430); 3. début xiies. un château (Benedeit, St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 271); 4. la notion de sécurité est mise en évidence 1176-81 (Chrétien de Troyes, Chevalier au Lion, éd. M. Roques, 3258 : lez lui sont ausi seür Con s'il fussent tuit clos a mur Haut et espès de pierre dure); 1erquart xiiies. (Renclus de Molliens, Carité, 37 ds T.-L. : Rois, se plus ies enclos de mur..., ies por chou ... plus assëur Ke chil ki ... tous desclos maint en ches plains?); 5. p. anal. 1833 (Michelet, Hist. de France, III, éd. C. Mettra, t. 1, p. 313 : [En parlant des Pyrénées] ... un mur immense qui s'abaisse aux deux bouts). B. Fig. 1. a) ca 1165 « ensemble de combattants formant corps pour résister, se défendre » (Benoît de Ste-Maure, op. cit., 20536, ibid.); b) 1676 en parlant d'une pers. (E. Fléchier, Oraison funèbre de Turenne, éd. Paris, Libraires associés, 1808, p. 69 : cet homme [Judas Maccabée] que Dieu avait mis autour d'Israël, comme un mur d'airain, où se brisèrent tant de fois toutes les forces de l'Asie); 2. 1718 en parlant de ce qui sépare deux pers. (Massillon, Carême, Prod. ds Littré : Cette passion seule [le goût des voluptés] éleva un mur de séparation entre Dieu et le pécheur); 3. 1883 en parlant d'une pers. inébranlable dans sa résolution, hostile (Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, éd. J. Pommier, p. 31); 4. 1947 astronaut. mur de l'air (A. Ducrocq, L'humanité devant la navigation interplanétaire, p. 30 d'apr. Guilb. Astronaut., p. 29); 1949 mur du son (Nouv. Lar. univ., s.v. mur). Du lat. murus « mur (d'une ville), rempart; mur (d'une maison); clôture, enceinte; paroi »; fig. « mur, rempart de défense, protection ». Fréq. abs. littér. : 13 343. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 12 139, b) 22 950; xxes. : a) 24 306, b) 19 472. Bbg. Archit. 1972, p. 38, 70, 83, 94. − Quem. DDL t. 14.

Wiktionnaire

Nom commun

mur \myʁ\ masculin

  1. (Maçonnerie) Ouvrage de maçonnerie qui sert à enclore un espace, à le séparer d’un autre ou à le diviser.
    • Aussi, dès qu'un paysan a réalisé une minime aisance , fait-il badigeonner d’ocre la façade et les murs intérieurs de son réduit : […]. — (Jean-Marie-Placide Munaret, Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science, Paris : Germer Baillière, 2e éd. refondue, 1840, page 89)
    • On a donné au mur de pourtour du réservoir de la Dhuys 1m,70 d'épaisseur. Ces murs sont raccordés avec le radier par des solins de 2 mètres de rayon. — (Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, 65e année, 2e série, vol 13, 1866, page 42)
    • Les prairies, émaillées de saxifrages, sont clôturées de murs en pierres sèches qu'il nous faut franchir à tout instant. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 35)
    • Le palier est long et étroit, le mur est tendu d’une imitation de tapisserie à ramages vert sombre où brille le cuivre d’une applique à gaz. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • La chambre vibrait, claire et simple, avec ses murs tapissés d’un papier gris pâle à fleurettes roses.— (Octave Mirbeau, La Chambre close, Ernest Flammarion, Paris, 1920)
  2. (Par métonymie) (Au pluriel) Local ou bâtiment.
    • La ville rachète progressivement des murs en centre-ville. Ils sont réhabilités et loués ensuite à des commerçants ou des artisans, choisis pour leur projet ou leur type d’activité, dans une logique de long terme. — (Cécile Peltier, Les sept piliers de la sagesse urbaine dans le « monde d’après », Le Monde. Mis en ligne le 26 juin 2020)
  3. (Cyclisme) Pente très raide.
    • L’arrivée est en haut du mur.
  4. (Escrime) Ensemble d’exercices où l’on s’escrime contre un mur, l’adversaire étant simulé par ce mur.
    • Faire le mur, tirer au mur.
  5. Dans les mines, se dit de la partie inférieure d’une galerie, par opposition à la partie supérieure qui se nomme le toit.
    • Mur de séparation.
  6. (Football) Ligne de défenseurs entre l'attaquant de l'autre équipe et le but.
  7. (Figuré) Espace servant à afficher. Pouvant être physique (souvent un mur au sens (1)) ou virtuel.
    • Les gérants ossètes surveillent les alentours du motel sur un mur d’écrans. — (Alexandre Freiderich, Fordetroit, 2015, page 89)
    • Le mur de facebook.
  8. (Figuré) Obstacle insurmontable.
    • Notre cap au compas étant le 70°, à 5h.53, nous nous déroutons jusqu'au 345° pour essayer de contourner un véritable mur de nuages […]. — (Jean Mermoz, Mes Vols, Flammarion, 1937, page 133)
    • Il y a un mur entre ces deux hommes.
    • Le mur de la vie privée : Le secret de la vie privée.
  9. (Figuré) (Par extension) Non communication qui empêche toute avancée.
    • En face de nous on a un mur, personne ne nous écoute. — (Aline Leclerc, « Gilets jaunes » : et les Champs-Elysées se couvrirent de gaz lacrymogènes…, Le Monde. Mis en ligne le 24 novembre 2018)
  10. (Héraldique) Meuble représentant un mur crénelé (ou non) dans les armoiries. Il s’agit d'une représentation d'un mur d’enceinte fortifié occupant une petite partie de l’écu. Le nombre de créneau n’est pas clairement défini, on prend donc l’habitude de blasonner le nombre de pièces. Il peut être percé d’orifices, présents en plusieurs exemplaires. À rapprocher de avant-mur, entre-mur et muraille.
    • De gueules au mur d’or, maçonnée de sable, mouvant d’une rivière ondée d’azur, sommé d’un dextrochère de carnation, vêtu d’azur, mouvant d’une nuée d’argent, et tenant une épée du même, garnie d’or, accostée en chef de deux cailloux d’or, qui est de la commune d’Argancy de Moselle → voir illustration « armoiries avec un mur »

Adjectif

mur \myʁ\ (orthographe rectifiée de 1990)

  1. Variante de mûr.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MUR. n. m.
Ouvrage de maçonnerie qui sert à enclore un espace, à le séparer d'un autre ou à le diviser. Enclore d'un mur un terrain, un jardin, etc. Mur de pierre de taille, de moellon, de brique, de terre, de pisé. L'épaisseur, la hauteur, la longueur d'un mur. La crête d'un mur. Élever un mur. Mur à hauteur d'appui. Percer un mur. Les gros murs d'un bâtiment, Ceux qui en forment l'enceinte et qui portent les combles, les voûtes, etc. Mur de face, Gros mur qui forme l'une des principales faces d'un bâtiment. On appelle par opposition Mur latéral Celui qui forme l'un des côtés. Mur de pignon, Mur qui s'élève jusqu'au-dessous du toit, le supporte et en a le profil. Mur de refend, Celui qu'on élève entre les gros murs, pour diviser l'intérieur du bâtiment. Mur à refends. Voyez REFEND. Mur mitoyen, Mur commun à deux propriétés. Mur de clôture, Mur qui enferme extérieurement une cour, un jardin, un parc, etc. Franchir un mur de clôture. Mur d'appui, Mur qui n'est qu'à hauteur d'appui, qui n'est élevé que d'un mètre environ. Mur de terrasse, Mur qui retient les terres d'une plate-forme, d'une terrasse, d'un jardin, d'un boulevard, etc. Murs d'une ville, les Murs qui entourent une ville. Les murs de cette ville sont flanqués tic grosses tours. Dans cette acception, on se sert souvent du mot Muraille et on dit quelquefois Murs, absolument. Cette église est hors des murs. J'ai été me promener hors les murs. Il se dit par métonymie pour la Ville elle-même. Depuis quand êtes-vous dans nos murs? Sous les murs, Au pied des murs, devant une ville. Jeanne d'Arc a été blessée sous les murs de Paris. Fam., Ne laisser que les quatre murs, Vider entièrement une maison. En termes d'Escrime, Faire le mur, tirer au mur s'applique à un Ensemble d'exercices où l'on s'escrime contre un mur, l'adversaire étant simulé par ce mur.

MUR, dans les Mines, se dit de la Partie inférieure d'une galerie, par opposition à la partie supérieure qui se nomme le Toit. Fig., Mur de séparation, mur d'airain, ou simplement Mur se dit des Causes qui divisent deux personnes et empêchent qu'elles ne puissent se rapprocher, se réunir. Il y a un mur entre ces deux hommes. Le mur de la vie privée, Le secret de la vie privée. Fig. et fam., C'est à se cogner la tête contre les murs, C'est une chose désolante, désespérante. Prov. et fig., Les murs ont des oreilles, Quand on s'entretient de quelque chose de secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d'être écouté. Fig. et fam., Mettre quelqu'un au pied du mur, Le mettre hors d'état de reculer et le forcer à prendre un parti; le mettre dans l'impossibilité de répliquer. Fam., Sauter le mur se dit d'un Soldat qui passe par-dessus la clôture de la caserne pour sortir sans permission.

Littré (1872-1877)

MUR (mur) s. m.
  • 1Ouvrage de maçonnerie dressé et portant en terre sur des fondements, ou sur un plancher artificiel. Un mur solide. Le mur s'écroula. Ainsi tel autrefois qu'on vit avec Faret Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret…, Boileau, Art poét. I. Vous êtes en des lieux soumis à sa puissance [de Néron] ; Ces murs mêmes, seigneur, peuvent avoir des yeux, Racine, Brit. II, 6. Des murs de ce palais ouvrez-lui la barrière, Racine, Bajaz. I, 2. Et jusqu'au pied des murs que la mer vient laver, Racine, ib. V, 11. Déjà leurs mains [des Cosaques] avides de pillage s'étendaient, quand tout à coup tous sont détruits, écrasés, lancés dans les airs avec ces murs [du Kremlin] qu'ils venaient dépouiller, Ségur, Hist. de Nap. IX, 6.

    Ne laisser que les murs, se dit de celui qui emporte tout ce qui est dans une maison, dans un appartement. …La nuit passée, un nombre de bandits N'a laissé que les murs dans le prochain logis, Regnard, Fol. amour. I, 3.

    Entre quatre murs, dans un logis non meublé. Elle vit sous un toit entre quatre murs tout dépouillés, Diderot, Père de famille, I, 7.

    Entre quatre murs, se dit aussi pour en prison. On l'a mis entre quatre murs.

    Fig. Être au pied d'un mur sans échelle, manquer une affaire, une entreprise pour ne s'être pas pourvu de ce qui était nécessaire.

    Fig. Mettre un homme au pied du mur, le forcer à prendre un parti, ou bien le réduire à ne pouvoir rien répondre. Ils sont au pied du mur par notre concert, Bossuet, Lett. quiét. 288. Le procureur général continuait ses difficultés, et, lorsqu'on croyait l'avoir mis au pied du mur, il en inventait de nouvelles, Saint-Simon, 280, 58.

    Par plaisanterie, on dit qu'un mur crève de rire, pour exprimer qu'il est crevassé, ruineux.

    Il vaudrait autant se battre la tête contre un mur, c'est se donner la tête contre un mur, c'est donner de la tête contre un mur, se dit pour exprimer qu'on s'efforce inutilement.

    Vous tirerez aussitôt, vous tirerez plutôt de l'huile d'un mur, se dit à celui qui veut avoir de l'argent d'un avare, ou obtenir quelque chose d'un homme dur.

    Cet homme tirerait de l'huile d'un mur, par son adresse et par son industrie il tirerait de l'argent, des secours, d'où les autres n'en pourraient jamais tirer.

  • 2Gros mur, un des principaux murs sur lesquels porte tout le bâtiment.

    Mur de face, gros mur qui est à la face du bâtiment.

    Mur latéral, celui qui forme l'un des côtés.

    Mur de pignon, mur qui s'élève jusqu'au-dessous du toit, le supporte et en a la forme.

    Mur de refend, voy. REFEND.

    Mur de parpaing, mur formé de pierres qui en traversent l'épaisseur.

    Mur de clôture, mur qui enferme les cours, les jardins, les parcs, etc.

    Mur d'appui, celui qui n'est qu'à la hauteur d'un mètre ou environ.

    Murs d'un parc, d'un jardin, les murs qui enferment un parc, un jardin.

    Mur de terrasse, mur qui retient les terres d'une terrasse, d'une plate-forme, d'un boulevard.

    Mur de dossier, celui qui s'élève au-dessus d'un toit et auquel sont adossés des tuyaux de cheminée.

    Aile de mur, partie d'un mur de dossier qui excède l'emplacement qu'occupent les tuyaux de cheminée, et qui a ordinairement la forme d'un trapèze

    Mur bouclé ou soufflé, celui dans lequel le parement est détaché de la masse.

    Mur en ailes, mur qui sert à arc-bouter un mur de face ou un pignon.

    Mur en l'ait, mur qui porte à faux.

    Mur en décharge, mur dont le poids est allégé par des arcades.

    Mur de douve, mur intérieur d'un réservoir.

    Mur planté, mur fondé sur pilotis ou sur une grille de charpente.

    Mur mitoyen, voy. MITOYEN.

  • 3Murs d'une ville, ou, absolument, les murs, les murs qui entourent une ville. Il est doux de revoir les murs de la patrie, Corneille, Sertor. III, 2. Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire, Corneille, Hor. V, 3. Et de Jérusalem l'herbe cache les murs ! Racine, Esth. I, 1. Quelle gloire il acquit dans ces tristes combats Perdus par les chrétiens sous les murs de Damas ! Voltaire, Zaïre, I, 1. Que tous les protestants, à la fois accablés, Dans les murs, hors des murs, soient en foule immolés, Chénier M. J. Charles IX, IV, 5. Diodore de Sicile rapporte que des écrivains postérieurs à Ctésias bornaient la hauteur de ces murs [de Babylone] à cinquante coudées, et c'est l'opinion suivie par Strabon ; or cinquante coudées du grand stade de Babylone vaudraient environ 13 mètres ou 71 de nos pieds, Gosselin, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. VI, p. 127.
  • 4Murs, au pluriel, se dit quelquefois pour ville. Depuis combien de temps êtes-vous dans nos murs ? Du fleuve ainsi dompté [le Rhin] la déroute éclatante à Wurts jusqu'en son camp va porter l'épouvante ; Wurts, l'espoir du pays et l'appui de ses murs, Boileau, Ép. IV. Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers, Racine, Mithr. III, 1.
  • 5Se dit de diverses murailles construites pour arrêter des invasions. Le mur d'Adrien, de Sévère. Après trois jours de marche, on arriva au mur de la Médie, qui a cent pieds de haut, vingt de large, et vingt lieues d'étendue, Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. IV, p. 179, dans POUGENS.
  • 6 Fig. Défense, protection. Je vais citer un prince aimé de la victoire ; Son nom seul est un mur à l'empire ottoman [contre l'empire ottoman], La Fontaine, Fabl. X, 1. Sparte avait subsisté longtemps, sans avoir d'autres murs ni d'autre défense que le courage de ses citoyens, Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. VIII, p. 453, dans POUGENS.

    On s'en sert quelquefois pour exprimer que des soldats supportent le feu comme le ferait une muraille. Ces hommes-là sont des murs.

    Un mur d'airain, une défense dont rien ne peut triompher. Cet homme que Dieu avait mis autour d'Israël comme un mur d'airain où se brisèrent tant de fois toutes les forces de l'Asie, Fléchier, Turenne.

  • 7 Fig. Mur de séparation, mur d'airain, se dit des causes qui séparent deux personnes. Il y a un mur d'airain entre ces deux hommes. Il [Jésus-Christ] a détruit ce mur de séparation qui l'éloignait de l'homme, Massillon, Carême, Temples. Cette passion [le goût des voluptés] seule éleva un mur de séparation entre Dieu et le pécheur, Massillon, Carême, Prod.
  • 8Dans les mines, mur se dit de la partie inférieure, par opposition à la partie supérieure qui se nomme le toit.
  • 9 Terme d'escrime. Tirer au mur, pousser de tierce ou de quarte à quelqu'un qui ne fait que parer. Parer au mur, parer les coups de celui qui tire au mur.
  • 10Grand mur, se dit, à la paume, du mur contre lequel il n'y a pas de toit.
  • 11 Terme de manége. Gratter le mur, se dit d'un écolier qui s'approche trop du mur.
  • 12Morts murs, parois d'un four de fusion.

    Proverbialement. Les murs ont des oreilles, c'est-à-dire quand on s'entretient de quelque chose de secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d'être écouté.

SYNONYME

MUR, MURAILLE. Muraille, représentant le pluriel neutre latin muralia, implique essentiellement une idée collective, ou, ce qui en dérive, une idée de grandeur et d'étendue, et se distingue par là de mur qui n'indique qu'un mur en particulier, ou en général un mur quelconque, grand ou petit.

HISTORIQUE

XIe s. Mur ne citet n'i est remès [resté] à freindre, Ch. de Rol. I.

XIIe s. Et li mur se desrochent [s'écroulent], Sax. IX. Ne mur tant haut qu'à la terre n'enfreigne, Roncis. V, p. 31.

XIIIe s. Desouz un arbrissel, delez un petit mur, Berte, XI, 1. Il y avoit trois paires de murs sés [secs] à passer, Joinville, 273.

XVIe s. Il luy faudroit un mur [couvent] ou un mari, Oudin, Curios. franç. Se voyant au pied du mur sans eschelle, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MUR. Ajoutez :
13Battre les murailles, les murs, se dit d'un homme ivre qui trébuche en marchant et va heurter les murailles. Puis, ronds comme des futailles, Du corps battant les murailles, Escortés de cent canailles Ils regagnent la maison, Chanson des trois frères quêteurs qui s'enivrent aux dépens du monastère. Le 22 août, en plein midi, le prévenu était ivre et battait les murs de la rue, Gaz. des Trib. 27 août 1870.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MUR, adj. voyez Maturité.

Mur, en A-chilrecture, voyez Muraille.

Mur, (Hydraul. & Jardinage.) Il y en a de différentes sortes ; mur de terrasse, de meloniere ; mur de clôture. Dans les fontaines on appelle le mur qui soutient la poussée des terres, le mur de terre, & celui contre lequel bat l’eau d’un bassin, le mur de douve ou mur flortant. Voyez Douve. (K)

Mur ou Muraille, tirer à la, parer à la (Escrime.) terme de salle & exercice que les écoliers pratiquent pour apprendre à tirer & à parer quarte & tierce.

Les escrimeurs qui veulent tirer au mur, observent ce qui suit : 1°. de se placer en garde vis-à-vis l’un de l’autre ; 2°. qu’il n’y en ait qu’un qui porte les estocades (il n’y en a qu’un qui doit parer). Celui qui est convenu de pousser, commence par ôter son chapeau, & s’allonge sur celui qui doit parer comme s’il lui portoit une botte, afin de connoître s’il est en mesure : en même tems son adversaire ôte aussi son chapeau pour lui rendre le salut, & déplace son fleuret de la ligne pour lui faciliter le moyen de prendre sa mesure. Après cette cérémonie ils se remettent en garde.

Etant ainsi placés, & les fleurets engagés dehors ou dans les armes, celui qui est préposé pour tirer détache une estocade de tierce en dégageant, si les épées sont engagées dans les armes : de-là il se remet en garde sans quitter le fleuret de l’ennemi, & lui porte une estocade de quarte en dégageant. Ainsi successivement il porte des estocades de tierce & de quarte sans supercherie, c’est-à-dire sans feinte ni aucuns mouvemens qui puissent ébranler celui qui pare. Quand il ne veut plus porter d’estocade, son adversaire se met à sa place & lui tire au mur à son tour.

Mur de recuit, terme de Fonderie, est fait d’assises de grès & de briques, posées avec du mortier de terre à four. Sa premiere assise pose sur le massif de la fosse, & il monte jusqu’au haut de l’ouvrage. Il doit être distant de 18 pouces environ des parties les plus saillantes du moule ; on le remplit de briquaillons ; on observe de laisser un espace pour tourner autour du parement extérieur de la fosse, afin de pouvoir opérer. Voyez les fig. des Ps. des Fonderies en bronze.

Mur, gratter le mur, (Maréchal.) se dit de l’académiste qui s’approche trop le long du mur du manege.

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Étymologie de « mur »

Wallon, meur ; provenç. mur, s. m. et mura, s. f. ; esp. et port. muro ; du lat. murus ; anc. lat. moirus.

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(Fin du Xe siècle) Du moyen français mur, de l’ancien français mur, cas régime singulier de murs, du latin mūrus « mur d’une ville, muraille, rempart ; enceinte, clôture », au figuré « protection ».
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « mur »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mur myr

Citations contenant le mot « mur »

  • Rien de pire qu’un mur pour bloquer les idées. De Annie Lemoine / Vue sur mer
  • Je parle à la porte, mais le mur doit entendre. De Proverbe afghan
  • L'argent dresse son mur entre les hommes. De Eric-Emmanuel Schmitt / L'Evangile selon Pilate
  • Le malentendu est le mur porteur des relations humaines. De Martin Page / Evene.fr - Août 2008
  • C'est le chant des galets qui enseigne la manière de bâtir un mur... Et quand un galet ne se trouve pas bien dans un mur, le mur ne se trouve pas bien debout. De Pierre Jakez Hélias / Les Autres et les miens
  • Qui n’a pas de siège s’accote contre le mur. De Proverbe français
  • Un ami c’est une route, un ennemi c’est un mur. De Proverbe chinois
  • Si tu écoutes derrière le mur, Tu entendras ton tort et ton droit. De Proverbe auvergnat
  • Un mur peut se sauter, mais comment s'évader de soi ? De Tecia Werlowski
  • Si le mur donne sur une propriété privée, il appartient à la commune qui a fait établir plusieurs devis pour se faire une idée des travaux et des montants à engager. , Montfaucon-en-Velay : un mur de soutènement à reconstruire - La Commère 43
  • Le mur murant Paris rend Paris murmurant. Anonyme,
  • Le langage, un autre mur... De Jean-Paul Filion / Les murs de Montréal
  • C'est au pied du mur que l'on voit le mieux le mur. De Jean-Marie Bigard / Les Proverbes chinois
  • Le mur est plus important que la brique. De Dicton français
  • La tristesse est un mur élevé entre deux jardins. De Khalil Gibran
  • Tout homme a vu le mur qui borne son esprit. De Alfred de Vigny / Poèmes philosophiques
  • Par son silence, un mur peut révéler beaucoup de vérités. De Zhang Xianliang / Mimosa
  • Le Racing Club de Narbonne vend des "briques" de soutien à ses supporters. Chaque donateur a son nom gravé sur le "mur" qui symbolise la reconstruction du club en difficultés financières. En orange et noir, 600 briques de 50 euros ont déjà été achetées par des légendes du rugby ou des inconnus. France 3 Occitanie, Narbonne : des briques à vendre pour le mur de soutien du club de rugby du RCNM
  • Un accident peu banal s’est produit ce jeudi 23 juillet, aux environs de 14 h 30, dans le village de Buethwiller, dans le Sundgau. Une remorque qui était stationnée dans la cour d’une entreprise de paysagiste et travaux publics a dévalé la route sur plusieurs centaines de mètres avant de s’encastrer contre le mur d’une habitation située au 1, rue du Stade. Par chance, aucun blessé n’est à déplorer. , Faits-divers - Justice | Buethwiller : la remorque folle percute le mur d’une maison
  • Pour l’artiste rouennais, c’est une grande première. « J’ai emprunté le nettoyeur haute pression d’un pote et j’ai essayé directement sur le mur, sans croquis, sans rien, je n’avais pas le droit à l’erreur ! » Pour lui, cette première esquisse est loin d’être parfaite, mais c’est un premier jet. , Insolite. Le street-artiste Paatrice dessine des fresques sur les murs pollués de Rouen | 76actu
  • Prévu comme fort, l’orage a été particulièrement violent avec la formation d'un "mur" de grêlons entre 3 et 4 centimètres de diamètres. "De mes yeux, je n’ai jamais rien vu de tel dans la région" affirme Yannick Devesvre. Qualifié "d’orage de masse d’air libre", ce phénomène est peu dynamique et se déplace lentement, malgré les rafales qui balayent son cœur. Lyon Capitale, L'impressionnante photo d'un mur de grêle traversant Saint-Etienne
  • Les grandes structures qui forment la toile cosmique sont décryptées peu à peu. Dernière découverte, un grand mur de matière dans la direction du pôle sud. Sciences et Avenir, Un grand mur dans le ciel du sud - Sciences et Avenir

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Traductions du mot « mur »

Langue Traduction
Anglais wall
Espagnol pared
Italien parete
Allemand mauer
Chinois
Arabe حائط
Portugais parede
Russe стена
Japonais
Basque wall
Corse muru
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Synonymes de « mur »

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Antonymes de « mur »

Mur

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