La langue française

Étranger, étrangère

Sommaire

  • Définitions du mot étranger, étrangère
  • Étymologie de « étranger »
  • Phonétique de « étranger »
  • Évolution historique de l’usage du mot « étranger »
  • Citations contenant le mot « étranger »
  • Traductions du mot « étranger »
  • Synonymes de « étranger »
  • Antonymes de « étranger »

Définitions du mot étranger, étrangère

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTRANGER, ÈRE, adj. et subst.

A.− Adj. et subst. [En parlant d'une pers., d'une collectivité, parfois d'un animal]
1. [Par rapport à un lieu, à une collectivité]
a) (Celui, celle) qui n'est pas d'un pays, d'une nation donnée; qui est d'une autre nationalité ou sans nationalité; plus largement, qui est d'une communauté géographique différente. Français et/ou étranger; pays étranger; nation étrangère. Il n'a été satisfait que d'une élève, une petite étrangère filasse (Alain-Fournier, Corresp.[avec Rivière], 1910, p. 204).
SYNT. a) Un jeune étranger; une belle étrangère; des étrangers de passage; d'illustres étrangers; une foule d'étrangers; sous le joug des étrangers; aux yeux des étrangers; les étrangers affluent. b) Étranger et/ou ennemi; étranger et/ou provincial. c) Diplomate, étudiant, ministre, prince, touriste étranger; les dieux étrangers; femme, personne étrangère; gouvernement, peuple étranger; armée, autorité, cour, puissance, race, ville étrangère; en (sur une) terre étrangère. La Légion* étrangère.
Spéc., subst. masc. sing. [En parlant d'une collectivité]
Ensemble de pays n'appartenant pas à une nation donnée. Dans l'étranger (vieilli); passer, vendre à l'étranger; séjour à l'étranger; Français résidant à l'étranger. J'ai passablement voyagé, vécu bien des mois en province et à l'étranger (Verlaine, Œuvres compl.,t. 4, Mém. veuf, 1886, p. 181).
Ensemble de personnes originaires de ces pays, y habitant. Chasser l'étranger. Les armées de volontaires purgeant de l'étranger le sol de la patrie (Zola, Débâcle,1892, p. 440).
b) (Celui, celle) qui n'est pas familier(ière) d'un lieu qui ne fait pas partie d'une collectivité donnée :
1. Sans doute elle [Gervaise] avait confiance en madame Boche; seulement ça la mettait hors d'elle de voir une étrangère s'installer dans sa chambre, ouvrir les tiroirs, toucher ses affaires. Zola, Assommoir,1877, p. 472.
Étranger à. Glaneuses étrangères au bourg (Balzac, Lys,1836, p. 68).Personnes étrangères à l'administration (Estaunié, Ascension M. Baslèvre,1919, p. 161).
c) Expressions
Être (un) étranger dans son (propre) pays. En ignorer les coutumes, les événements, être tenu à l'écart de ce qui s'y passe. Vous qui vous plaigniez tant d'être un étranger dans votre propre pays (Sartre, Mouches,1943, I, 1, p. 14).
P. anal. Lady Falkland vit en étrangère dans sa propre maison, où la maîtresse de son mari (...) commande à sa place (Farrère, Homme qui assass.,1907, p. 85).
N'être étranger nulle part. Être bien accueilli, à l'aise partout.
Étranger sur la terre. (Celui) qui, croyant en Dieu, à l'au-delà, se considère comme passager sur la terre, aspire au ciel, sa véritable patrie :
2. C'est bien l'étranger sur la terre du psaume 119, l'exilé qui cherche dans les nuages les frontières d'une patrie perdue. Green, Journal,1942, p. 244.
2. [Par rapport à une pers. ou à une chose]
a) (Celui, celle) qui n'est pas familier (ière) à quelqu'un, qui n'a pas de relation avec lui, qui en est mal connu(e), distant(e). Être étranger l'un à l'autre, rendre qqn étranger à qqn. Vous n'êtes pas (...) une étrangère pour moi. Je ne connais (...) que vous au monde (France, Servien,1882, p. 125):
3. Jacques eut une impression pénible, comme s'il eût essuyé une offense. De minute en minute son ami lui devenait étranger. Un regard curieux, un peu moqueur, dont Daniel l'enveloppa, acheva de le glacer. Martin du G., Thib.,Pénitenc., 1922, p. 792.
b) (Celui, celle) qui est sans lien, sans rapport avec quelque chose, qui ne se mêle pas de quelque chose, qui est indifférent(e) à quelque chose, qui n'a pas de notion de quelque chose. Être absolument, tout à fait étranger à, rester étranger à. J'étais trop étrangère à tout sentiment de coquetterie, et encore trop éloignée de la moindre notion d'amour (Sand, Hist. vie,t. 3, 1855, p. 334).Je suis étrangère à toutes ces intrigues (Vogüé, Morts,1899, p. 317):
4. − Bah! maman, laisse faire à papa (...) dit Césarine en embrassant sa mère et se mettant au piano pour montrer à l'architecte que la fille d'un parfumeur n'était pas étrangère aux beaux-arts. Balzac, Birotteau,1837, p. 102.
SYNT. Étranger à la politique, à des passions, à des préoccupations, à ce qui se passe; étranger et/ou indifférent.
c) (Celui, celle) qui n'arrive pas à se situer par rapport à lui-même, à la vie, à ce qui l'entoure; à qui tout paraît sans rapport avec lui-même :
5. ... il [l'Étranger de M. Camus] se sent étranger au monde tout entier qui lui est tout entier étranger. Souvent dans le malheur l'homme renie ainsi toutes ses attaches. Il ne veut pas du malheur, il cherche comment le fuir; il regarde en soi : il voit un corps indifférent, un cœur qui bat d'un rythme égal... Beauvoir, Pyrrhus,1944, p. 14.
B.− Adj. [En parlant d'une chose, parfois d'un végétal]
1. Qui est d'un autre pays, d'une autre nation et plus largement d'une communauté géographique différente; relatif à un autre pays ou à d'autres pays, à leurs caractéristiques. Force, langue, littérature étrangère; d'origine étrangère. Traduire la monnoie étrangère en monnoie nationale (Bonald, Législ. primit.,t. 1, 1802, p. 248):
6. Alors elle [la sauterelle] se croit au bout de l'hémisphere, Chez un peuple inconnu, dans de nouveaux états; Elle admire ces beaux climats, Salue avec respect cette rive étrangere. Florian, Fables,1792, p. 188.
SYNT. Accent, nom étranger; capitaux, journaux, marchés, produits étrangers; concurrence, domination, influence, intervention, occupation étrangère; devises, plantes étrangères; sous un ciel étranger.
Spéc., POL. Qui concerne les relations d'un pays donné avec les autres pays. Politique étrangère; ministère des Affaires étrangères. Enfin, mon fils, tant civile qu'étrangère, la guerre est exécrable et d'une malignité que je déteste (France, Opinions J. Coignard,1893, p. 171).Le rapport de Louis Marin sur le budget des Affaires étrangères (Barrès, Cahiers,t. 11, 1917, p. 82).
2. Qui n'est pas d'un lieu, d'un groupe donné. Déchirant sans pitié toute œuvre étrangère à leur coterie (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr.,1828, p. 62).
3. Qui est sans rapport avec quelqu'un ou quelque chose.
a) Qui n'est pas propre, naturel, familier à quelqu'un, à sa personnalité, qui est inconnu ou mal connu de quelqu'un. Je suis homme et rien d'humain ne m'est étranger [trad. d'un vers de Térence, Heautontimoroumenos] (Sartre, Mots,1964, p. 44).Cf. aussi ex. 5 :
7. On connaît toujours trop les causes de sa peine, Mais on cherche parfois celles de son plaisir; Je m'éveille parfois l'âme toute sereine, Sous un charme étranger que je ne peux saisir. Sully Prudh., Solitudes,1869, p. 11.
Spéc. [En parlant d'un attribut de la pers.] Qui appartient ou semble appartenir à quelqu'un d'autre, qui n'est pas familier, qui est inconnu. Visages, yeux étrangers. Des critiques ont voulu n'y voir (...) qu'une composition de Léonard exécutée par une main étrangère (Gautier, Guide Louvre,1872, p. 66).
b) Qui est sans lien, sans rapport avec quelque chose, qui ne fait pas partie d'un ensemble, qui est différent d'autre chose. Objet, principe étranger; cause, pensée étrangère. Des considérations étrangères au sujet (Champfleury, Bourgeois Molinch.,1855, p. 207).On se trouve toujours à la merci (...) du moindre bruit étranger (Stravinsky, Chron. vie,1931, p. 137).
Spéc. [En parlant d'un élément, d'une substance]
CHIM. Dont la nature est différente de celle du corps auquel il est allié. Argiles (...) pures de toutes matières étrangères (Bourde, Trav. publ.,1928, p. 126).
MÉD. et MÉD. VÉTÉR. Qui est de nature différente de celle de l'organisme ou des tissus dans lesquels il se trouve par accident ou par introduction volontaire; qui s'y développe de façon anormale. Pénétration d'un corps étranger dans l'articulation (Garcin, Guide vétér.,1944, p. 154).Cf. aussi corps III A 2 b méd.Au fig. Les secteurs modernes, toutefois, ne peuvent plus être des corps étrangers croissant aux dépens de l'environnement immédiat (Perroux, Écon. XXes.,1964, p. 254).
Prononc. et Orth. : [etʀ ɑ ̃ ʒe], fém. [-ʒ ε:ʀ]. Enq. : /etʀ ɑ ̃ ʒe, -ʀ/. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1369 « celui qui n'est pas du pays » (Guill. de Machaut, Prise d'Alexandrie, éd. De Mas-Latrie, 3644). Dér. de étrange*; suff. -ier* réduit à -er derrière consonne palatale. Fréq. abs. littér. : 12 635. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 25 390, b) 13 646; xxes. : a) 14 871, b) 15 813. Bbg. Launay (M.). Le Vocab. pol. de J.-J. Rousseau. Genève-Paris, 1977, p. 104. − Moore (W.G.). Mod. Lang. R. 1961, t. 56, p. 149. − Munster (V.). Die Entwicklung des Fremdenverkehrs im Spiegel der französischen Fachterminologie. Der österreichische Betriebswirt. 1961, t. 11, pp. 242-244. − Quem. DDL t. 11.

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTRANGER, ÈRE, adj. et subst.

A.− Adj. et subst. [En parlant d'une pers., d'une collectivité, parfois d'un animal]
1. [Par rapport à un lieu, à une collectivité]
a) (Celui, celle) qui n'est pas d'un pays, d'une nation donnée; qui est d'une autre nationalité ou sans nationalité; plus largement, qui est d'une communauté géographique différente. Français et/ou étranger; pays étranger; nation étrangère. Il n'a été satisfait que d'une élève, une petite étrangère filasse (Alain-Fournier, Corresp.[avec Rivière], 1910, p. 204).
SYNT. a) Un jeune étranger; une belle étrangère; des étrangers de passage; d'illustres étrangers; une foule d'étrangers; sous le joug des étrangers; aux yeux des étrangers; les étrangers affluent. b) Étranger et/ou ennemi; étranger et/ou provincial. c) Diplomate, étudiant, ministre, prince, touriste étranger; les dieux étrangers; femme, personne étrangère; gouvernement, peuple étranger; armée, autorité, cour, puissance, race, ville étrangère; en (sur une) terre étrangère. La Légion* étrangère.
Spéc., subst. masc. sing. [En parlant d'une collectivité]
Ensemble de pays n'appartenant pas à une nation donnée. Dans l'étranger (vieilli); passer, vendre à l'étranger; séjour à l'étranger; Français résidant à l'étranger. J'ai passablement voyagé, vécu bien des mois en province et à l'étranger (Verlaine, Œuvres compl.,t. 4, Mém. veuf, 1886, p. 181).
Ensemble de personnes originaires de ces pays, y habitant. Chasser l'étranger. Les armées de volontaires purgeant de l'étranger le sol de la patrie (Zola, Débâcle,1892, p. 440).
b) (Celui, celle) qui n'est pas familier(ière) d'un lieu qui ne fait pas partie d'une collectivité donnée :
1. Sans doute elle [Gervaise] avait confiance en madame Boche; seulement ça la mettait hors d'elle de voir une étrangère s'installer dans sa chambre, ouvrir les tiroirs, toucher ses affaires. Zola, Assommoir,1877, p. 472.
Étranger à. Glaneuses étrangères au bourg (Balzac, Lys,1836, p. 68).Personnes étrangères à l'administration (Estaunié, Ascension M. Baslèvre,1919, p. 161).
c) Expressions
Être (un) étranger dans son (propre) pays. En ignorer les coutumes, les événements, être tenu à l'écart de ce qui s'y passe. Vous qui vous plaigniez tant d'être un étranger dans votre propre pays (Sartre, Mouches,1943, I, 1, p. 14).
P. anal. Lady Falkland vit en étrangère dans sa propre maison, où la maîtresse de son mari (...) commande à sa place (Farrère, Homme qui assass.,1907, p. 85).
N'être étranger nulle part. Être bien accueilli, à l'aise partout.
Étranger sur la terre. (Celui) qui, croyant en Dieu, à l'au-delà, se considère comme passager sur la terre, aspire au ciel, sa véritable patrie :
2. C'est bien l'étranger sur la terre du psaume 119, l'exilé qui cherche dans les nuages les frontières d'une patrie perdue. Green, Journal,1942, p. 244.
2. [Par rapport à une pers. ou à une chose]
a) (Celui, celle) qui n'est pas familier (ière) à quelqu'un, qui n'a pas de relation avec lui, qui en est mal connu(e), distant(e). Être étranger l'un à l'autre, rendre qqn étranger à qqn. Vous n'êtes pas (...) une étrangère pour moi. Je ne connais (...) que vous au monde (France, Servien,1882, p. 125):
3. Jacques eut une impression pénible, comme s'il eût essuyé une offense. De minute en minute son ami lui devenait étranger. Un regard curieux, un peu moqueur, dont Daniel l'enveloppa, acheva de le glacer. Martin du G., Thib.,Pénitenc., 1922, p. 792.
b) (Celui, celle) qui est sans lien, sans rapport avec quelque chose, qui ne se mêle pas de quelque chose, qui est indifférent(e) à quelque chose, qui n'a pas de notion de quelque chose. Être absolument, tout à fait étranger à, rester étranger à. J'étais trop étrangère à tout sentiment de coquetterie, et encore trop éloignée de la moindre notion d'amour (Sand, Hist. vie,t. 3, 1855, p. 334).Je suis étrangère à toutes ces intrigues (Vogüé, Morts,1899, p. 317):
4. − Bah! maman, laisse faire à papa (...) dit Césarine en embrassant sa mère et se mettant au piano pour montrer à l'architecte que la fille d'un parfumeur n'était pas étrangère aux beaux-arts. Balzac, Birotteau,1837, p. 102.
SYNT. Étranger à la politique, à des passions, à des préoccupations, à ce qui se passe; étranger et/ou indifférent.
c) (Celui, celle) qui n'arrive pas à se situer par rapport à lui-même, à la vie, à ce qui l'entoure; à qui tout paraît sans rapport avec lui-même :
5. ... il [l'Étranger de M. Camus] se sent étranger au monde tout entier qui lui est tout entier étranger. Souvent dans le malheur l'homme renie ainsi toutes ses attaches. Il ne veut pas du malheur, il cherche comment le fuir; il regarde en soi : il voit un corps indifférent, un cœur qui bat d'un rythme égal... Beauvoir, Pyrrhus,1944, p. 14.
B.− Adj. [En parlant d'une chose, parfois d'un végétal]
1. Qui est d'un autre pays, d'une autre nation et plus largement d'une communauté géographique différente; relatif à un autre pays ou à d'autres pays, à leurs caractéristiques. Force, langue, littérature étrangère; d'origine étrangère. Traduire la monnoie étrangère en monnoie nationale (Bonald, Législ. primit.,t. 1, 1802, p. 248):
6. Alors elle [la sauterelle] se croit au bout de l'hémisphere, Chez un peuple inconnu, dans de nouveaux états; Elle admire ces beaux climats, Salue avec respect cette rive étrangere. Florian, Fables,1792, p. 188.
SYNT. Accent, nom étranger; capitaux, journaux, marchés, produits étrangers; concurrence, domination, influence, intervention, occupation étrangère; devises, plantes étrangères; sous un ciel étranger.
Spéc., POL. Qui concerne les relations d'un pays donné avec les autres pays. Politique étrangère; ministère des Affaires étrangères. Enfin, mon fils, tant civile qu'étrangère, la guerre est exécrable et d'une malignité que je déteste (France, Opinions J. Coignard,1893, p. 171).Le rapport de Louis Marin sur le budget des Affaires étrangères (Barrès, Cahiers,t. 11, 1917, p. 82).
2. Qui n'est pas d'un lieu, d'un groupe donné. Déchirant sans pitié toute œuvre étrangère à leur coterie (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr.,1828, p. 62).
3. Qui est sans rapport avec quelqu'un ou quelque chose.
a) Qui n'est pas propre, naturel, familier à quelqu'un, à sa personnalité, qui est inconnu ou mal connu de quelqu'un. Je suis homme et rien d'humain ne m'est étranger [trad. d'un vers de Térence, Heautontimoroumenos] (Sartre, Mots,1964, p. 44).Cf. aussi ex. 5 :
7. On connaît toujours trop les causes de sa peine, Mais on cherche parfois celles de son plaisir; Je m'éveille parfois l'âme toute sereine, Sous un charme étranger que je ne peux saisir. Sully Prudh., Solitudes,1869, p. 11.
Spéc. [En parlant d'un attribut de la pers.] Qui appartient ou semble appartenir à quelqu'un d'autre, qui n'est pas familier, qui est inconnu. Visages, yeux étrangers. Des critiques ont voulu n'y voir (...) qu'une composition de Léonard exécutée par une main étrangère (Gautier, Guide Louvre,1872, p. 66).
b) Qui est sans lien, sans rapport avec quelque chose, qui ne fait pas partie d'un ensemble, qui est différent d'autre chose. Objet, principe étranger; cause, pensée étrangère. Des considérations étrangères au sujet (Champfleury, Bourgeois Molinch.,1855, p. 207).On se trouve toujours à la merci (...) du moindre bruit étranger (Stravinsky, Chron. vie,1931, p. 137).
Spéc. [En parlant d'un élément, d'une substance]
CHIM. Dont la nature est différente de celle du corps auquel il est allié. Argiles (...) pures de toutes matières étrangères (Bourde, Trav. publ.,1928, p. 126).
MÉD. et MÉD. VÉTÉR. Qui est de nature différente de celle de l'organisme ou des tissus dans lesquels il se trouve par accident ou par introduction volontaire; qui s'y développe de façon anormale. Pénétration d'un corps étranger dans l'articulation (Garcin, Guide vétér.,1944, p. 154).Cf. aussi corps III A 2 b méd.Au fig. Les secteurs modernes, toutefois, ne peuvent plus être des corps étrangers croissant aux dépens de l'environnement immédiat (Perroux, Écon. XXes.,1964, p. 254).
Prononc. et Orth. : [etʀ ɑ ̃ ʒe], fém. [-ʒ ε:ʀ]. Enq. : /etʀ ɑ ̃ ʒe, -ʀ/. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1369 « celui qui n'est pas du pays » (Guill. de Machaut, Prise d'Alexandrie, éd. De Mas-Latrie, 3644). Dér. de étrange*; suff. -ier* réduit à -er derrière consonne palatale. Fréq. abs. littér. : 12 635. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 25 390, b) 13 646; xxes. : a) 14 871, b) 15 813. Bbg. Launay (M.). Le Vocab. pol. de J.-J. Rousseau. Genève-Paris, 1977, p. 104. − Moore (W.G.). Mod. Lang. R. 1961, t. 56, p. 149. − Munster (V.). Die Entwicklung des Fremdenverkehrs im Spiegel der französischen Fachterminologie. Der österreichische Betriebswirt. 1961, t. 11, pp. 242-244. − Quem. DDL t. 11.

Wiktionnaire

Adjectif

étranger \e.tʁɑ̃.ʒe\

  1. Relatif à ce qui vient de l’extérieur.
    • Le jus contient, en outre du principe sucré, une foule de matières étrangères dont quelques-unes sont susceptibles de fermenter et d'altérer le sucre. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 125)
    • Vous pensez bien, dit-il, que la nomination d’un chanoine étranger au diocèse n’a pas été considérée d’un œil indifférent par le clergé de Chartres. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
  2. Qui est d'une autre nation, qui vient d’un autre pays.
    • Les Magyars ne surent même pas défendre les Slovaques contre l’invasion étrangère. En 1244, ils furent écrasés par mes Mongols qui se répandirent sur le pays […]. — (Ernest Denis, La Question d'Autriche ; Les Slovaques, Paris, Delagrave, 1917, in-6, p.106)
    • Une langue étrangère.
    • Les pays étrangers.
  3. Qui n’est pas partie prenante.
    • Des intermédiaires parasites, des commerçants occasionnels, des spéculateurs sans vergogne, étrangers à toute production et à tout travail, ne s’emmillionnent-ils pas chaque jour sous nos yeux […] ? — (Alexandre Zévaès, Histoire de la Troisième République 1870 à 1926, Éditions Georges-Anquetil, 1926, p.594)
    • Les Chasseurs n'étaient peut-être pas non plus étrangers à cette manigance. Parbleu, en se débarrassant d'un concurrent, ils profitaient de son gibier. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Il rejetait délibérément toutes préoccupations étrangères à sa neuve situation. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 116)
    • Un Ancien insinue, aujourd'hui, que les fournitures en bon uniforme de drap ne furent pas étrangères au succès du scoutisme à l'abbaye ! — (Monique Grandjonc, Le temps d'apprendre à vivre: 1939-1945 : une école normale alsacienne réfugiée en zone libre, Éditions L'Harmattan, 2004, page 4)1
  4. Qui n’a aucune notion ou est indifférent.
    • Les grands une fois corrompus ne doutent de rien : devenus étrangers à la dignité d'une ame élevée, ils en attendent ce qu'ils ne balanceroient pas d'accorder; et lorsque nous ne nous avilissons pas à leur gré , ils osent nous accuser d’ingratitude. — (Denis Diderot, Essai sur les règnes de Claude et de Néron, livre 1, §. 29, dans les Œuvres de Denis Diderot, publiées par Jacques-André Naigeon, Paris : chez Desray & chez Deterville, an VI, vol. 8, p. 76)
    • Les personnes les plus étrangères à la peinture sentent les beautés de ce tableau.
    • Être étranger à toute humanité : n’avoir aucun sentiment d’humanité.
    • Ses traits ne me sont pas étrangers : je crois avoir déjà vu cette personne.
    • Ces considérations me sont tout à fait étrangères.
    • La musique, la chimie lui est entièrement étrangère.
  5. Ne pas faire partie d’un groupe social.
    • Les personnes étrangères à l’association, à la famille.
  6. Qui a cessé d’avoir des rapports avec une personne.
    • Nous sommes devenus absolument étrangers l’un à l’autre.
  7. Qui n’a aucun rapport avec le sujet du discours.
    • Un fait étranger à la cause.
    • Une dissertation étrangère au sujet.

Nom commun 1

étranger \e.tʁɑ̃.ʒe\ masculin (pour une femme on dit : étrangère)

  1. Personne en provenance (ou ayant une identité officielle) d’une ville, d’une région ou d’un pays différent.
    • Aussi à Lima, tous les étrangers vont-ils à l’église, non pour entendre chanter aux moines l’office divin, mais pour admirer, sous leur costume national, ces femmes d’une nature à part. — (Flora Tristan; Les Femmes de Lima, dans Revue de Paris, tome 32, 1836)
    • La vieille route est une fondrière que sauf le « piéton », porteur de la gazette ou de lettres, nul étranger n'emprunte plus... — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Cette pratique du chabrot était une manière de communier dans un savoir pastoral. Ceux qui faisaient chabrot étaient corréziens à cent cinquante pour cent et ceux qui rechignaient à le faire, des étrangers. — (Jean-Paul Malaval, L'Auberge des diligences, Presses de la Cité, 2009, chap. 5)
    • Châlette-sur-Loing a été pendant longtemps et reste la ville la plus cosmopolite de France ! Huit mille habitants : trois mille étrangers. Vingt-cinq nationalités recensées en 1927 par Monsieur le Maire et aujourd'hui rien moins que quatre églises orthodoxes et deux mosquées. — (Vera Galievsky & Armelle Oger, La Russie d'en France: Où et comment vivre à la russe, Paris : MA Éditions, 1986)
  2. Personne qui n’appartient pas à une famille, un groupe social …
    • Il a donné son bien à un étranger pour l’ôter à ses parents.
    • Il est brouillé avec toute sa famille et ne voit que des étrangers.
    • Nous voulons rester entre nous, ne laissez entrer aucun étranger.

Nom commun

étrangère \e.tʁɑ̃.ʒɛʁ\ féminin (pour un homme on dit : étranger)

  1. Femme qui vient d’un endroit (ville, pays…) différent.

Forme d’adjectif

étrangère \e.tʁɑ̃.ʒɛʁ\

  1. Féminin singulier de étranger.
    • L’idée d’une Ecriture sainte de la nouvelle alliance a été tout à fait étrangère au premier siècle chrétien qui n’a pas connu d’autre recueil canonique que l’Ancien Testament. — (Jean-Marc Charensol, La naissance du Nouveau Testament, 1972)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉTRANGER, ÈRE. adj.
Qui est d'une autre nation, qui appartient, qui a rapport à une autre nation. Coutumes, lois étrangères. Les gouvernements étrangers. La guerre civile et la guerre étrangère. Langue étrangère. Accent étranger. Pays étrangers. Il a l'air étranger. Les puissances étrangères. Les ministres étrangers résidant à Paris. Les nations étrangères. Un peuple étranger. Ministre des Affaires étrangères, Ministre qui entretient les relations de l'État avec les gouvernements étrangers. On dit dans un sens analogue Le ministère, le département des Affaires étrangères. Fig., Être étranger dans son pays, Ne point en connaître les usages, ou Ignorer ce qui s'y passe, n'y prendre aucun intérêt, ou bien encore, dans un autre sens, Être exclu, être tenu à l'écart de toute influence ou de la vie générale. N'être étranger nulle part, Avoir ce qu'il faut pour ne se trouver embarrassé nulle part, ou pour être bien vu, bien accueilli partout. Cet homme sait presque toutes les langues de l'Europe, il n'est étranger nulle part. Avec une telle célébrité, on n'est étranger nulle part. Dans cette acception, il s'emploie souvent comme nom et se dit d'une Personne qui n'est pas du pays où elle se trouve. C'est un étranger. Il a épousé une étrangère. Accueillir les étrangers. Les étrangers sont bien reçus en France. Il s'emploie aussi comme nom masculin pour désigner les Pays étrangers. Faire passer des marchandises à l'étranger. Les ouvrages français qui s'impriment à l'étranger. S'établir à l'étranger, S'expatrier. Vivre à l'étranger. Venir de l'étranger. Il désigne aussi Celui, celle qui n'est pas d'une famille, d'une société, etc. Il a donné son bien à un étranger pour l'ôter à ses parents. Il est brouillé avec toute sa famille et ne voit que des étrangers. Nous voulons rester entre nous, ne laissez entrer aucun étranger.

ÉTRANGER signifie par extension Qui ne se mêle point d'une chose, d'une affaire, qui n'y a point de part. Je suis tout à fait étranger à cela, à cette affaire, à cette intrigue. Il resta toujours étranger à ce qui se passait, aux mesures qui furent prises. Je me gardai bien de prendre part à cette orageuse discussion et, quoique présent, j'y restai tout à fait étranger. Être étranger à une science, à un art, etc., N'en avoir aucune notion, aucune connaissance. Les personnes les plus étrangères à la peinture sentent les beautés de ce tableau. Cet homme est absolument étranger à la musique, à la science, etc. Être étranger à toute humanité, N'avoir aucun sentiment d'humanité. Être étranger à une compagnie, à une famille, etc., N'en pas faire partie. Les personnes étrangères à l'association, à la famille. Devenir étranger à une personne, Cesser d'avoir des rapports avec elle. Nous sommes devenus absolument étrangers l'un à l'autre. Il se dit également d'une Chose, d'une science, d'un art, que l'on ne connaît pas ou auxquels on est indifférent. Ces considérations me sont tout à fait étrangères. La musique, la chimie lui est entièrement étrangère. Ses traits ne me sont pas étrangers, Je crois avoir déjà vu cette personne. Il se dit encore de Ce qui n'a aucun rapport ou aucune conformité avec la chose dont il s'agit. Un fait étranger à la cause. Une dissertation étrangère au sujet.

ÉTRANGER se dit aussi de Ce qui n'est pas naturel ou propre à une personne, à une chose. Une femme qui emprunte des charmes étrangers. Il se targue d'un mérite qui lui est étranger. Il se dit pareillement des Choses qui ne sont pas de même nature que le corps auquel elles sont unies, alliées. De l'argent combiné avec des substances, des matières étrangères. En termes de Chirurgie et de Médecine, Corps étranger, Toute chose qui se trouve accidentellement dans le corps de l'homme ou de l'animal, comme des morceaux de bois, de plomb, de linge, de drap, etc. Pour guérir cette blessure, il faut en retirer ce corps étranger. Cette plaie ne se fermera pas tant qu'il y restera un corps étranger.

Littré (1872-1877)

ÉTRANGER (é-tran-jé, jê-r') adj.
  • 1Qui est d'une autre nation, qui appartient, qui a rapport aux autres pays. Les coutumes, les mœurs étrangères. Les langues étrangères. Rome par une loi que rien ne peut changer N'admet avec son sang aucun sang étranger, Racine, Bérén. II, 2. La Grèce me reproche une mère étrangère, Racine, Phèd. II, 2. Étrangers dans la Perse, à nos lois opposés, Du reste des humains ils [les Juifs] semblent divisés, Racine, Esth. II, 1. Des hommes étrangers qui venaient de si loin, Fénelon, Tél. II. Il [Newton] a laissé environ 32000 livres sterling… M. Leibnitz, son concurrent, mourut riche aussi… ces deux exemples rares et tous deux étrangers semblent mériter qu'on ne les oublie pas, Fontenelle, Newton. L'hiver était si près de nous, qu'il n'avait fallu qu'un coup de vent de quelques minutes pour l'amener âpre, mordant, dominateur ; on sentit aussitôt qu'en ce pays il était indigène, et nous étrangers, Ségur, Hist. de Napol. IX, 7.

    Affaires étrangères, relations d'un État avec les gouvernements étrangers. Ministre des affaires étrangères, le ministre chargé de diriger les affaires étrangères.

    On dit de même le ministère, le département des affaires étrangères.

    Être étranger dans son pays, ne pas en connaître les usages. Êtes-vous à ce point parmi nous étrangère ? Racine, Athal. II, 4.

    Par extension. Être étranger dans sa famille, ne savoir pas les affaires de sa maison.

    N'être étranger nulle part, avoir ce qu'il faut pour ne se trouver embarrassé nulle part, pour être bien vu, bien accueilli partout.

    Terme de peinture. Lumière étrangère, lumière différente de la principale, et ménagée artistement pour le bon effet du tableau.

  • 2Qui n'appartient pas à. On écarte tout cet attirail qui t'est étranger, pour pénétrer jusqu'à toi qui n'es qu'un fat, La Bruyère, II. Que d'imitateurs votre rang n'a-t-il pas donnés à vos désordres ! …que de crimes étrangers sur lesquels on ne s'avise pas même d'entrer en scrupule ! Massillon, Car. Confess.

    Avec quoi on n'a pas de rapport. Ah ! si sous votre empire on ne m'épargne pas, Si mes accusateurs observent tous mes pas, Que ferais-je au milieu d'une cour étrangère ? Racine, Brit. IV, 2. [Cette cour] Quel séjour étranger et pour vous et pour moi ! Racine, ib. v, 1.

    Qui ne concerne pas. Ces lois sévères Sont faites pour vous seuls et me sont étrangères, Voltaire, Scythes, v, 1.

  • 3En parlant des personnes, qui n'est pas parent. Et les fils de ce roi, Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi, Racine, Athal. II, 7. Il fut assassiné par des mains étrangères, Voltaire, Œdipe, IV, 1.
  • 4Qui ne se mêle point d'une chose, qui n'y a point de part, qui n'y prend point de part. Il n'est pas étranger à cette émeute. Je ne suis pas assez étranger aux affaires publiques pour ignorer…, Raynal, Hist. phil. XVIII, 43. Si la reine étrangère à la publique ivresse, Lemercier, Agamemn. III, 3.

    Absolument. Voyant avec des yeux étrangers ce qui se passe ici-bas, Massillon, Av. Disp.

    Être étranger à une science, à un art, n'en avoir aucune notion.

    Être étranger à une compagnie, n'en pas faire partie.

    Être étranger à toute humanité, n'avoir aucun sentiment d'humanité.

  • 5Qui n'a point de liaison, d'intimité avec. Nous sommes devenus absolument étrangers l'un à l'autre, Genlis, Ad. et Théod. t. III, lett. 7, p. 38, dans POUGENS.
  • 6Qui n'a aucun rapport, aucune conformité avec l'objet dont on parle. Une dissertation étrangère au sujet. Des citations étrangères à la cause.

    Qui n'est pas naturel ou propre à une personne ou à une chose. Se montrer sous des dehors étrangers. Cette voie est basse, indigne et étrangère, Pascal, Pens. I, 3. Tout est étranger dans l'humeur, les mœurs et les manières de la plupart des hommes, La Bruyère, XI. Dans quelques républiques anciennes, où le peuple en corps avait le débat des affaires, il était naturel que la puissance exécutrice les proposât et les débattît avec lui ; sans quoi, il y aurait eu dans les résolutions une confusion étrangère, Montesquieu, Espr. XI, 6.

  • 7En parlant des choses, ignoré de. Cette science lui est tout à fait étrangère. Avez-vous quelque notion de physique et d'histoire naturelle ? Rien de tout cela ne m'est étranger, Genlis, Veillées du chât. t. I, p. 515, dans POUGENS.

    Ignoré, en parlant des sentiments. La bienveillance lui est étrangère. La haine lui est étrangère. Tout autre sentiment nous doit être étranger, Voltaire, Tancr. IV, 1.

    Absolument. Parler à un homme intéressé de faire des largesses aux pauvres, c'est lui tenir un langage étranger, Bourdaloue, Pensées, t. 1, p. 341.

  • 8Qui est inconnu. Les traits de cet homme ne me sont pas étrangers. Ma voix ne t'est pas étrangère, Racine, Esth. Prol.
  • 9 Terme de chimie. Qui n'est pas de même nature que le corps auquel il est uni, allié. Des métaux purifiés de tout corps étranger.

    Terme de chirurgie. Corps étranger, toute chose qui se trouve engagée contre nature dans les parties vivantes. Une balle, une esquille sont des corps étrangers qui compliquent souvent les plaies.

  • 10 S. m. Un peuple étranger. L'étranger est en fuite et le Juif est soumis, Racine, Athal. v, 6. L'étranger envahit la France Et je maudis tous ses succès, Béranger, Ma dern. chans.
  • 11Les pays étrangers. Vivre à l'étranger. Les ouvrages français qui s'impriment à l'étranger.

    Passer à l'étranger, s'expatrier.

    Ce que nous disons l'étranger, se disait, au XVIIIe siècle, le pays étranger. S'il était possible qu'elle [l'Encyclopédie] s'imprimât dans le pays étranger, en continuant, comme de raison, à se faire à Paris…, D'Alembert, Lett. à Volt. 28 janv. 1757.

  • 12Caractère d'étranger. Quoiqu'avec beaucoup d'étranger dans ses expressions et dans son accent, il [Law] s'exprimait en fort bons termes, Saint-Simon, 441, 147.
  • 13Ce qui est étranger, non naturel. Par l'addition de l'étranger et du superflu, vous effacez souvent le propre et l'essentiel, Guez de Balzac, Socr. chrét. Disc. 7.
  • 14 S. m. et f. Étranger, étrangère, une personne qui n'est pas du pays où elle se trouve. Songez qu'un même jour leur ravira leur mère Et rendra l'espérance au fils de l'étrangère, Racine, Phèd. I, 3. Huit ans déjà passés, une impie étrangère…, Racine, Athal. I, 1. La règle, c'est qu'étant obligés de vivre comme étrangers sur la terre et de n'aimer ni le monde, ni les choses qui sont dans le monde, nous devons craindre tout ce qui nous rendra notre exil trop aimable, Massillon, Car. Confess.

    Celui, celle qui n'est pas d'une famille. Il a légué presque tout son bien à des étrangers. Il ne faut pas que les étrangers voient les papiers ni sachent les secrets de notre famille. Le moineau du voisin viendra manger le nôtre ! Non, de par tous les chats ! entrant lors au combat, Il croque l'étranger…, La Fontaine, Fabl. XII, 2.

HISTORIQUE

XVe s. Tuit estrangier l'ament et ameront [Paris] ; Car pour deduit, et pour estre jolis, Jamais cité tele ne trouveront ; Rien ne se puet comparer à Paris, Deschamps, Sur les beautés de Paris.

XVIe s. Ces exemples estrangiers ne sont pas estranges si nous considerons…, Montaigne, I, 106. Par ce moyen ne pouvoient les Lacedemoniens achepter marchandises estrangeres, Amyot, Lyc. 14. Banni de son pays, estranger en province estrange, Amyot, Sert. 1. Mais comment voudriez-vous la France abandonner, Quand tous les estrangers y veulent sejourner ? Ronsard, Élég. 13.

SYNONYME

ÉTRANGE, ÉTRANGER. Ces deux mots ont été primitivement synonymes. Aujourd'hui ils sont distincts, et signifient, l'un ce qui est hors des conditions naturelles, l'autre ce qui est hors de la nation, du pays. Dans le figuré, les significations se rapprochent beaucoup ; cependant elles ne se confondent pas complétement ; voy. ci-dessus le n° 6.

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Étymologie de « étranger »

Mot dérivé de étrange avec le suffixe -er.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Nivernais, étranzé ; bourguig. étraingé ; provenç. estrangier, estranher ; catal. estranger ; espagn. extrangero ; portug. estrangeiro ; ital. straniere ; du latin fictif extranearius, d'extraneus, (voy. ÉTRANGE).

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Phonétique du mot « étranger »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
étranger etrɑ̃ʒe

Évolution historique de l’usage du mot « étranger »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « étranger »

  • Le Japon a annoncé jeudi qu’il allait “durcir” ses conditions d’investissement dans les projets de centrales à charbon à l’étranger pour réduire ses émissions de CO2, mais sans aller jusqu’à supprimer cette politique très controversée. Le Monde de l'Energie, Le Japon veut restreindre ses financements de centrales à charbon à l'étranger
  • Etranger est le parent par alliance de l'étranger. De Proverbe arabe
  • Une conséquence immédiate du fait que l’homme est rendu étranger au produit de son travail : l’homme est rendu étranger à l’homme. De Karl Marx
  • Le barbare n'est pas un étranger qui parle une autre langue, la sienne, mais l'étranger qui parle ma langue et qui l'écorche. De Roger-Pol Droit / Généalogie des barbares
  • Etre étranger, c’est sourire et opiner du chef, c’est lire sur les lèvres, juste pour le plaisir de s’assurer que ça ne change strictement rien. Etre étranger, c’est être sous l’eau quand d’autres vous parlent à la surface, les sons pénètrent, mais pas le De Tania de Montaigne / Tokyo c’est loin
  • Les yeux de l'étranger voient plus clair. De Charles Reade
  • L'étranger, c'est votre miroir qui le renvoie. De Léo Campion
  • J'étais un étranger et vous m'avez accueilli. De Jésus de Nazareth
  • Le secours étranger arrive quand la pluie est passée. De Proverbe rwanda
  • Sur 40 000 Marocains bloqués à l’étranger depuis le début de la pandémie, 11 000 personnes ont pu regagner leur pays ces dernières semaines. Le Monde.fr, Le Maroc autorise le retour de ses ressortissants et des résidents étrangers
  • La surmortalité des personnes nées à l'étranger habitant en France a été plus forte en mars et avril 2020, en comparaison des personnes nées en France sur la même période, selon une étude de l'Insee publiée ce mardi. L’Ile-de-France est particulièrement touchée. France Bleu, Coronavirus en Île-de-France : surmortalité plus forte des personnes nées à l'étranger
  • Les personnes nées à l’étranger sont davantage victimes du coronavirus en France. Ces dernières occupent des postes exposés, prennent régulièrement les transports en commun et vivent le plus souvent dans les endroits les plus peuplés et donc les plus touchés SudOuest.fr, Coronavirus en France : pourquoi les personnes nées à l’étranger sont-elles davantage touchées ?
  • L'inquiétude monte chez des milliers d'étudiants étrangers aux Etats-Unis, désormais sous la menace d'un départ forcé par l'administration Trump ou contraints de retourner sur leur campus alors que la pandémie flambe. Le Point, USA: inquiétude pour des milliers d'étudiants étrangers, entre virus et expulsion - Le Point
  • Ici, j’ai cessé de me sentir étranger au bout de trois ans, quand je me suis intégré, ce qui ne va pas sans un certain renoncement à sa propre culture. Courrier international, Quand cesse-t-on de passer pour un étranger ?
  • Rencontre et mission ne doivent pas être séparées. Cette rencontre personnelle avec Jésus Christ est aussi possible pour nous, qui sommes les disciples du troisième millénaire. Dans notre recherche du visage du Seigneur, nous pouvons le reconnaître dans le visage des pauvres, des malades, des abandonnés et des étrangers que Dieu met sur notre chemin. Et cette rencontre devient aussi pour nous un temps de grâce et de salut, en nous investissant de la même mission confiée aux Apôtres. Aujourd’hui, c’est la septième année, le septième anniversaire de ma visite à Lampedusa. A la lumière de la Parole de Dieu, je voudrais répéter ce que je disais aux participants à la rencontre «Libérés de la peur » en février de l’année dernière : « La rencontre avec l’autre est aussi une rencontre avec le Christ. Il l’a dit Lui-même. C’est Lui qui frappe à notre porte affamé, assoiffé, étranger, nu, malade et prisonnier, en demandant qu’on le rencontre et qu’on l’assiste, en demandant de pouvoir accoster. Et si nous avions encore quelque doute, voici sa parole claire: «En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 40) ». La Croix, “C’est le Christ qui frappe à notre porte, affamé, assoiffé, étranger, nu, malade et prisonnier ”, rappelle le pape François

Traductions du mot « étranger »

Langue Traduction
Anglais foreign
Espagnol exterior
Italien straniero
Allemand fremd
Chinois 国外
Arabe أجنبي
Portugais estrangeiro
Russe иностранные
Japonais 外国人
Basque atzerriko
Corse stranieri
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Synonymes de « étranger »

Source : synonymes de étranger sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « étranger »

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