Erreur : définition de erreur


Erreur : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ERREUR, subst. fém.

I.− Vx ou littér. [P. réf. à errer « aller çà et là »]
A.− Action d'errer çà et là; parcours sinueux et imprévisible. Ce ruisseau sinueux a d'aimables erreurs (Sainte-Beuve, Portr. littér.,t. 1, 1844-64, p. 27):
1. Ici, du labyrinthe habilement tissu, Dédale a retracé le piège inaperçu : On le voit, d'Ariane écoutant la tendresse, Lui-même en révéler l'insidieuse adresse; Et, débrouillant l'erreur de ses mille chemins, Du fil libérateur armer ses jeunes mains. Delille, Énéide,1804, p. 217.
Les erreurs d'Ulysse. Les pérégrinations du héros grec sur le chemin du retour vers Ithaque retracées dans l'Odyssée. Il aimait les beaux voyages et, comme on dit d'Ulysse, les longues erreurs (...), il s'amusait à prendre le plus long (France, Rabelais,1924, p. 26).
B.− Illusion, méprise. Tout est erreur ici bas. Pensers amoureux, imaginations vaines et douces (Delacroix, Journal,1849, p. 268).
II.− Cour. [P. réf. à errer « s'écarter, s'éloigner de la vérité »]
A.− Action, fait de se tromper, de tenir pour vrai ce qui est faux et inversement. Mais ils ne sont pas plus convaincus de mon erreur, que je ne suis convaincu qu'ils se trompent (Gide, Feuillets,1937, p. 1285):
2. L'obstination de la dame d'honneur de la princesse de Parme à voir en moi un neveu de l'amiral Jurien de La Gravière avait en soi quelque chose de vulgairement risible. Mais l'erreur qu'elle commettait n'était que le type excessif et desséché de tant d'erreurs plus légères, mieux nuancées, involontaires ou voulues, qui accompagnent notre nom dans la « fiche » que le monde établit relativement à nous. Proust, Guermantes 2,1921, p. 498.
Locutions
Faire erreur. Se tromper. Je vous dis que vous faites erreur (Duhamel, Jard. bêtes sauv.,1934, p. 79).
Il y a erreur (fam.). C'est une erreur, vous vous trompez. Il y a erreur, dit une voix. C'est Archambaud, l'ingénieur de l'usine (Aymé, Uranus,1948, p. 29).
Il n'y a pas d'erreur. Indiscutablement, sans possibilité de se tromper. Pour ce qui est de ça, il n'y a pas d'erreur, c'est bien votre tour, oh là, là! (Courteline, Train 8 h 47,1888, 1repart., 7, p. 77).
Sauf erreur. Sauf si j'ai fait erreur. Grosso modo et sauf erreur, car je n'ai pas sous les yeux les règles d'ordres (Huysmans, Oblat,t. 2, 1903, p. 48).
Convaincre qqn d'erreur. Lui donner la preuve irréfutable qu'il se trompe. Le peu d'extériorisation que tu donnes à tes résultats n'est pas fait pour les convaincre d'erreur (Gide, Corresp.[avec Valéry], 1899, p. 358).
SYNT. Combattre, commettre, découvrir, démontrer, éviter, reconnaître, réparer une erreur; une erreur d'appréciation, de jugement, d'optique, de perspective; une erreur commune, complète, déplorable, fondamentale, grossière, profonde; être une cause, une source d'erreur; être sujet à l'erreur.
B.− État de celui qui se trompe. Supposons que nous soyons en erreur; cela peut être (Volney, Ruines,1791, p. 205).Elle se décida sans balancer à confirmer Gérold dans son erreur (Genlis, Chev. Cygne,t. 3, 1795, p. 96).Cette petite part de vérité que, sombrés à pic dans l'erreur, ils détenaient encore (Psichari, Voy. centur.,1914, p. 43):
3. ... je (...) demeurai persuadée que j'étais née à Madrid et que j'avais un an ou deux de plus que mon âge présumé. (...) je lus rapidement la correspondance de mon père avec ma grand'mère, et une lettre mal datée, intercalée mal à propos dans le recueil de 1803, me confirma dans mon erreur. Cette lettre, qu'on trouvera à sa place véritable, ne m'abusa plus, lorsqu'au moment de transcrire cette correspondance, je pus y porter un examen plus attentif. Sand, Hist. vie,t. 2, 1855, p. 77.
SYNT. Être, tomber, s'entêter, persévérer dans l'erreur; tirer qqn de l'erreur.
État de celui qui est trompé. Induire qqn en erreur. Tromper quelqu'un volontairement ou non. Les autres [amies] m'accusaient d'une profonde hypocrisie qui les avait induites en erreur (Sénac de Meilhan, Émigré,1797, p. 1781).Même s'il était prouvé que ces deux ministres ont été induits en erreur (Mauriac, Bâillon dén.,1945, p. 450).
C.− Faute commise en se trompant.
1. Assertion fausse, opinion qui s'écarte de la vérité généralement admise. Il est singulier qu'il faille lui [Montesquieu] tenir compte de n'avoir pas professé une erreur si grossière (Destutt de Tr., Comment. sur Espr. des lois,1807, p. 237).Y a-t-il pour chaque objet une forme idéale, hors de laquelle tout soit déviation ou erreur? (Taine, Philos. art,t. 2, 1865, p. 225):
4. Mon bizarre visiteur s'écria avec une grande véhémence : « Erreur, monsieur! erreur, erreur absolue! Nous sommes, nous autres, plus loin du soleil en été qu'en hiver. » Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Homme de mars, 1889, p. 1182.
Spéc. [En parlant du dogme d'une relig.] Erreur doctrinale. Cette erreur a été condamnée par l'Église (France, Orme,1897, p. 75).La grande erreur du protestantisme, de prétendre limiter aux seuls évangiles la révélation (Gide, Feuillets,1918, p. 676).
Faute commise, péché. Leur bec sublime (os sublime) n'est pas la moindre cause de l'erreur où tomba l'apôtre (France, Île ping.,1908, p. VIII):
5. La couronne d'épine est énorme et cruelle Sur le front inclinant sa pâleur fraternelle Vers l'ignorance humaine et l'erreur du pécheur... Verlaine, Œuvres compl.,t. 2, Amour, 1888, p. 26.
2. Chose fausse, erronée.
a) [L'erreur naît d'une transgression d'une règle gén. admise] Erreur de transcription, de référence. S'il s'était glissé quelques erreurs dans la narration d'Hermann! (About, Roi mont.,1857, p. 6).Cela fourmillait d'erreurs (Gide, Journal,1902, p. 121):
6. Même de jolies fautes de français, même d'adorables et rares, aussi bien, erreurs d'orthographe, mettaient un charme de plus dans ce courrier presque quotidien... Verlaine, Œuvres compl.,t. 5, Confessions, 1895, p. 130.
Spéc., DR. Vice du consentement qui rend le contrat annulable lorsqu'il porte sur des qualités substantielles.
Erreur judiciaire. Condamnation pénale prononcée à tort. Nous sommes décidés, en effet, à ne point laisser douze braves gens commettre une abominable erreur judiciaire (G. Leroux, Mystère ch. jaune,1907, p. 124).
Erreur de droit. Erreur portant sur l'existence ou sur l'interprétation d'une règle juridique. De plus, cette même possession est privée de « bonne foi », puisqu'elle a pour fondement une erreur de droit, et que l'erreur de droit empêche la prescription (Proudhon, Propriété,1840, p. 200).
Erreur de fait. ,,Erreur portant sur une circonstance matérielle`` (Lar. Lang. fr.).
Erreur de personne, erreur sur la personne. Erreur consistant à confondre une personne avec une autre. Un ennui gêné descendait maintenant dans la pièce : il y avait erreur sur la personne (Gracq, Syrtes,1951, p. 170).
b) [L'erreur naît d'une mauvaise mesure, d'une différence avec le réel] Erreur de date, de compte, de mesure. Il est impossible qu'il y ait une erreur en longitude de 10 minutes (Voy. La Pérouse,t. 2, 1797, p. 71).Une simple erreur de date (H. Bataille, Maman Colibri,1904, p. 31).Erreur n'est pas compte*. Cf. J.-F. Rolland, Dict. mauv. lang., 1813, p. 60.
Spécialement
COMPTAB. Il retombait toujours dans leur erreur de calcul (Vogüé, Morts,1899, p. 366).C'est comme si je corrigeais une erreur dans un livre de compte (Janet, Obsess. et psychasth.,1903, p. 138).Sauf erreur ou omission. Formule accompagnant un compte bancaire, un rapport, un procès-verbal, par laquelle on admet implicitement que le compte ou le texte peuvent comporter erreur ou omission involontaires :
7. Le procès-verbal permet à l'autorité de tutelle de contrôler la validité des délibérations, il doit être porté à la connaissance des conseillers municipaux qui conservent le droit d'en demander la rectification, s'il contenait une erreur ou une omission. Fonteneau, Conseil munic.,1965, p. 111.
PHYS. Courbe d'erreur, erreurs individuelles d'observation.
Erreur absolue. Différence entre le résultat numérique d'une observation et la valeur réelle la plus probable. Le convaincre d'erreur absolue (Renan, Drames philos., préf., 1888, p. 371).
Erreur relative. ,,Rapport de l'erreur absolue à la valeur de la grandeur elle-même`` (Lar. Lang. fr.).
Erreur systématique. Dans les sciences expérimentales, erreur due à la méthode suivie ou à l'instrument d'observation ou d'analyse utilisé. Résistance dynamométrique. − (...) elle peut être entachée d'une erreur systématique due à l'imperfection de la méthode ou de l'appareil employé (Thiébaut, Fabric. tissus,1961, p. 79).
3. Action inconsidérée, contraire au bon sens, à la réflexion et imputable à l'ignorance ou à l'étourderie. Erreur de savoir-vivre, de bienséance, de tactique. Ce portrait de moi en gentleman revenu des erreurs de le jeunesse (Flaub., Corresp.,1857, p. 227).La Bataille d'Anghiari par suite d'une erreur de préparation est vouée à une perte certaine (Gille de La Tourette, L. de Vinci,1932, p. 97).« Incident technique » et non « erreur de parcours » (Vialar, Bon Dieu,1953, p. 166):
8. C'est la même erreur que l'on a commise au Louvre le jour où l'on a mis ensemble tous les Rembrandt, tous les Ruysdaël : on sort de ces cabinets avec une impression de dégoût et d'indigestion. Claudel, Corresp.[avec Gide], 1910, p. 150.
9. Ce soir-là, mes hôtes m'expliquèrent que cette guerre était une erreur, que nous avions toutes raisons de nous entendre avec le nazisme, et qu'ils espéraient une paix de compromis avant la fin de 1940. Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 21.
Loc. adv. Par erreur. En se trompant par ignorance ou par étourderie. Que c'était au contraire comme si on avait par erreur laissé tomber quelques épis, quelques grains de blé, dans une prairie naturelle, qui auraient poussé (Péguy, V.-M., comte Hugo,1910, p. 686).
Au plur. Dérèglements dans les mœurs. Dans le temps de ses erreurs, elle n'avait cessé d'adresser (...) une oraison à Notre-Dame (France, Vie littér.,1890, p. 268):
10. À cette époque, la comtesse (...) expiait par des larmes de sang les fautes de sa vie passée (...) Peut-être ne connut-elle le prix de la vertu qu'au moment où elle recueillit la triste moisson semée par ses erreurs... Balzac, Gobseck,1830, p. 427.
Prononc. et Orth. : [ε ʀ œ:ʀ]. [rr] ds Fér. 1768, Fér. Crit. t. 2 1787, Land. 1834, Nod. 1844, Littré, DG, Passy 1914. [ʀ] ou [rr] ds Barbeau-Rodhe 1930 et Warn. 1968. [ʀ] ds Dub. (qui transcrit [e] fermé à l'initiale), Pt Rob. et Lar. Lang. fr. Cf. errer. Enq. : /eʀøʀ/. Le mot est admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Fin du xes. error « tromperie, imposture » (Passion de Clermont, éd. D'Arco Silvio Avalle, 365); 2. a) ca 1125 « action de se tromper » (Grant mal fist Adam, éd. H. Suchier, 15 f); b) ca 1200 « action regrettable » (Jourdain de Blaye, éd. P. Dembowski, 3864); ca 1355 plur. (Bersuire, fo28 rods Littré : humaines erreurs); 3. a) ca 1200 « jugement, opinion, doctrine fausse » (Dialogue Grégoire, 10, 6 ds T.-L. : maistres d'error); b) 1549 dr. (Est.); c) 1585 « faute, inexactitude » (N. Du Fail, Contes et discours d'Eutrapel, t. 2, p. 12 ds IGLF : erreur de calcul). Du lat. class. error, erroris « erreur, illusion, méprise, faute » lat. chrét. « doctrine fausse, hérésie ». Fréq. abs. littér. : 6 626. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 12 647, b) 5 818; xxes. : a) 7 166, b) 9 959. Bbg. Jodogne (O.). Sur la doctrine de Vaugelas. Vie Lang. 1962, p. 521. − Marsaud (M.). L'Impr. des timbres-poste. Banque Mots. 1974, no8, p. 201.

Erreur : définition du Wiktionnaire

Nom commun

erreur \ɛ.ʁœʁ\ féminin

  1. Fausse opinion ; fausse doctrine.
    • La Foi qui sert de fondement à toutes les Religions n'est qu'un principe d’erreurs, d’illusions et d’impostures. — (Jean Meslier, Le Testament, chap. X, édition de Rudolf Charles, t.1, p.66, 1864)
    • A l'opposé de George Sand qui s'élevait volontiers au-dessus des contingences et, sévère pour les erreurs des autres, était pleine d’indulgence pour ses propres erreurs, s’absolvait de ses chutes en planant, Musset avait une grande puissance de contrition et, par sa nature, était « mea-culpiste ». — (Maurice Donnay, Musset et l'amour, Éditions Flammarion, 1926, p. 42)
    • Tirer quelqu’un d’erreur.
    • C’est une erreur que de s’imaginer que… Vous croyez qu’il est franc avec vous : erreur.
    • Vous faites erreur.
    • Erreur dans la foi, en matière de foi.
    • Vivre dans l’erreur.
    • Persister dans l’erreur.
    • La doctrine de cet homme est pleine d’erreurs.
    • On a condamné ses erreurs.
    • Combattre l’erreur.
    • Laisser quelqu’un dans l’erreur.
    • Triompher de l’erreur.
    • Erreurs populaires, Fausses opinions, le plus souvent traditionnelles préjugés des ignorants.
    • Les erreurs populaires en astronomie, en histoire.
  2. Illusion, comme dans cette expression.
    • Les erreurs des sens.
  3. Faute ; méprise.
    • Je pouvais être satisfait de mon atterrissage. Après quarante-huit jours de mer, mon erreur de longitude était inférieure à deux milles. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Quelque caillou qu'on lui présentât, il en situait toujours et sans erreur l'emplacement exact : […]. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958, p. 70)
    • Même fourmillement de fautes innombrables, d’erreurs ou d'inexactitudes phonétiques, dans les mots souletins que porte le dictionnaire du P. Lhande. — (Jean Larrasquet, Le basque de la Basse-Soule orientale, C. Klincksieck, 1939, page 21)
    • (Droit) Erreur de personne ou sur la personne : erreur qui consiste à prendre une personne pour une autre ou à lui attribuer des qualités essentielles qu’elle n’a pas.
    • « Au temps pour moi », concède ma prof de maths quand quelqu'un relève une erreur au tableau. — (Lily King, La Pluie et le beau temps, traduit de l'anglais (USA) par Bruno Boudard, Presses de la Cité, 2012, chap. 7)
    • Il y a erreur dans ce calcul, dans ce relevé de comptes de droits d’auteur.
    • (Proverbial) Erreur n’est pas compte.
  4. (Vieilli) Action d’errer, au sens d'aller de-ci de-là, ou de voyager.
    • Au bord du lac ils viennent en cadence
      Entrelacer les erreurs de leur danse,
      Et prolonger d'invisibles concerts.
      — (P. Fé de Barqueville, La belle au bois dormant, « Le palais d'Obéron », dans La belle au bois dormant, poème suivi d'élégies ; Urbain Canel libraire, Paris, 1825, p. 75)
    • Les erreurs d’Ulysse.
  5. (Psychologie) État d'esprit qui tient pour vrai ce qui est faux et réciproquement.
  6. Il se prend quelquefois, au pluriel, pour dérèglement dans les mœurs.
    • Les folles erreurs de la jeunesse.
    • Il est bien revenu de ses erreurs.
    • Il est honteux de ses erreurs passées.
  7. (Sciences) Différence entre la valeur exacte et la valeur mesurée, calculée ou estimée.
    • [...] on effectuera les opérations de l’arithmétique avec une erreur comprise entre 1/300 et 1/500 [...]. — (Machine à calculer in Annales des ponts et chaussées. 1. Partie. Mémoires et documents relatifs à l’art des constructions et au service de l’ingénieur ; Lois ; Ordonnances et autres actes concernant l’administration des Ponts et Chaussées - 1ère série, Paris, 1840, 2ème semestre, page 57 → lire en ligne)
    • En pratique, suivant la qualité du récepteur employé, on observe une indication de la vitesse horizontale avec une erreur comprise entre 0,7 et 0,1 km/h dans 95 % des observations. — (Paul Correia, Guide pratique du GPS, Editions Eyrolles, 2012, page 41)
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Erreur : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ERREUR. n. f.
Fausse opinion, fausse doctrine. Erreur capitale. Erreur grossière. Commettre une erreur. Tomber dans l'erreur. Sortir d'erreur. Il est encore dans l'erreur. Il est revenu de son erreur. Tirer quelqu'un d'erreur. C'est une erreur que de s'imaginer que... Vous croyez qu'il est franc avec vous : erreur. Vous faites erreur. Erreur dans la foi, en matière de foi. Vivre dans l'erreur. Persister dans l'erreur. La doctrine de cet homme est pleine d'erreurs. On a condamné ses erreurs. Combattre l'erreur. Laisser quelqu'un dans l'erreur. Triompher de l'erreur. Erreurs populaires, Fausses opinions, le plus souvent traditionnelles préjugés des ignorants. Les erreurs populaires en astronomie, en histoire. Il se dit quelquefois pour Illusion, comme dans cette expression, Les erreurs des sens. Il signifie aussi Faute, méprise. Commettre une erreur. Corriger, rectifier, redresser une erreur. Il y a une erreur dans cette citation. Erreur de nom. Erreur de fait. Erreur de droit. Erreur de date. Les erreurs fourmillent dans cette traduction de Virgile. En termes de Jurisprudence, Erreur de personne ou sur la personne, Erreur qui consiste à prendre une personne pour une autre ou à lui attribuer des qualités essentielles qu'elle n'a pas. Erreur de calcul, Inexactitude, manquement dans le calcul. Sauf erreur de calcul, ou simplement Sauf erreur. Il y a erreur dans ce calcul, dans ce relevé de comptes de droits d'auteur. Prov., Erreur n'est pas compte. Voyez COMPTE. Il se prend quelquefois, au pluriel, pour Dérèglement dans les mœurs. Les folles erreurs de la jeunesse. Il est bien revenu de ses erreurs. Il est honteux de ses erreurs passées. Il signifiait anciennement Action d'errer, au sens de Voyager. Les erreurs d'Ulysse.

Erreur : définition du Littré (1872-1877)

ERREUR (é-rreur) s. f.
  • 1Action d'errer çà et là. L'autre soleil d'une erreur vagabonde Court inutilement par ses douze maisons, Malherbe, v, 25. Sur son voyage et ses longues erreurs, On aurait pu faire une autre odyssée, Gresset, Vert-Vert, I. Contez-moi d'Ilion les terribles assauts, Et vos longues erreurs sur la terre et sur l'onde, Delille, Én. I. Il se pourrait que vous m'eussiez écrit, car, dans mes longues erreurs, j'ai perdu des lettres, Courier, Lett. I, 322.

    Ne se dit, en ce sens, que dans le style élevé ou dans les emprunts faits à ce style.

  • 2Action d'errer moralement ou intellectuellement ; état d'un esprit qui se trompe. Je connais bien l'erreur que l'amour m'a fait faire, Malherbe, v. 30. L'erreur n'est pas une pure négation, c'est-à-dire n'est pas le simple défaut ou manquement de quelque perfection qui n'est point due, mais c'est une privation de quelque connaissance que je devrais avoir, Descartes, Médit. IV, 4. Qui chérit son erreur ne la veut pas connaître, Corneille, Poly. III, 3. Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures, Molière, l'Étour. IV, 4. Josèphe tomba dans une semblable erreur, Bossuet, Hist. II, 10. Ce que l'âme connaissait l'induisait à erreur, Bossuet, ib. II, 6. Je sais sur leurs avis corriger mes erreurs, Et je mets à profit leurs malignes fureurs, Boileau, Épît. VII. Quelle était mon erreur ! Racine, Bérén. I, 4. Je reconnais l'erreur qui nous avait séduits, Racine, Iphig. III, 1. Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur, Racine, Phèdre, II, 5. Il reconnut son erreur, Fénelon, Tél. IX. Par l'erreur d'un moment ne jugez pas ma vie, Gresset, Méchant, IV, 5.

    Laisser dans l'erreur, ne pas redresser quelqu'un qui se trompe. Mais ne le laissez pas dans l'erreur davantage, Corneille, Héracl. IV, 5.

    Mettre en erreur, faire que quelqu'un se trompe. Elle, que vos mépris ayant mise en fureur, Rendent opiniâtre à vous mettre en erreur, Corneille, Perthar. IV, 3.

    Illusion. L'erreur des sens. Chacun songe en veillant… Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes ; Tout le bien du monde est à nous, La Fontaine, Fabl. VII, 9. Des ennemis de Dieu la coupable insolence Accuse trop longtemps ses promesses d'erreur, Racine, Athal. I, 2. Il faut que l'erreur de l'avenir nous soutienne, Massillon, Car. Prosp. De ce soupçon jaloux écoutez-vous l'erreur ? Voltaire, Zaïre, I, 5. Où manque un bien réel, la douce erreur abonde, Delille, Imagin, II.

  • 3Fausse doctrine, fausse opinion. Et cette vieille erreur que Cinna veut abattre Est une heureuse erreur dont il [le peuple romain] est idolâtre, Corneille, Cinna, II, 1. L'erreur et la nouveauté se faisaient entendre dans toutes les chaires, Bossuet, Reine d'Anglet. Ce dieu, maître absolu de la terre et des cieux, N'est point tel que l'erreur le figure à vos yeux, Racine, Esth. III, 4. Aller à l'erreur par la vérité et établir de nouveaux abus en voulant rétablir les anciens usages, Massillon, Confér. Vocat. à l'ét. ecclés. 1. Si l'erreur les dicta, cette erreur m'est utile ; Elle occupe le peuple et le rend plus docile, Voltaire, Orphel. II, 5. L'erreur n'est pas un crime aux yeux de l'Éternel, Chénier M. J. Fénelon, III, 1.

    Erreur populaire, fausse opinion accréditée parmi le vulgaire. Les erreurs populaires en physique, en médecine, en astrologie, en histoire, telles que le phénix, le rémora, le chant du cygne, le tombeau de Mahomet…, Du Marsais, Vérit. princ. de la gramm. Œuvres. t. I, p. 228.

    Elliptiquement, erreur, c'est-à-dire c'est une erreur, vous vous trompez. Vous vous imaginez cela : erreur.

  • 4 Au plur. Déréglement dans les mœurs. Il reviendra tôt ou tard de ses erreurs. De ses jeunes erreurs maintenant revenu, Par un indigne obstacle il n'est pas retenu, Racine, Phèdre, I, 1.
  • 5Faute, méprise. Erreur de rédaction.

    Erreur de calcul, faute commise dans une supputation.

  • 6 Terme d'astronomie. Différence entre le calcul et l'observation.

    Erreur d'un quart de cercle, la quantité qu'il faut ajouter aux hauteurs qu'il indique.

    Erreur d'une lunette méridienne, la quantité dont elle s'éloigne du véritable méridien.

    Erreurs systématiques, erreurs régulières ayant une ou plusieurs causes définies, par exemple des causes qui agissent sur les observations, comme l'imperfection de certains instruments, etc.

  • 7 Terme de jurisprudence. Opinion contraire à la vérité sur le fait ou sur le droit, qui détermine à agir. Erreur de fait. Erreur de droit.

    Erreur dans la personne, erreur qui consiste à prendre une personne pour une autre. Lorsqu'il y a erreur dans la personne, le mariage ne peut être attaqué que par celui des deux époux qui a été induit en erreur, Code Nap. art. 180.

    Erreur sur la substance, chose prise pour une autre. L'erreur n'est une cause de nullité que lorsqu'elle tombe sur la substance même de la chose qui en est l'objet, Code Nap. art. 1110.

    Erreur commune, erreur partagée par la plupart.

  • 8 Terme de médecine. Erreur de lieu, ancienne hypothèse d'après laquelle on admettait que les globules sanguins pouvaient s'engager dans des capillaires trop petits pour les recevoir.

    PROVERBE

    Erreur n'est pas compte, c'est-à-dire on peut toujours revenir sur une erreur.

REMARQUE

« Erreur est du masculin, » dit Marg. Buffet, Observ. p. 191, en 1668. Erreur, en effet, a été masculin au XVIe siècle, alors qu'on refit du masculin, d'après le latin, les substantifs en eur qui venaient de noms latins en or, qui étaient tous féminins dans l'ancienne langue et qui ont presque tous repris leur genre ancien, excepté quelques-uns, par exemple, amour, honneur, labeur, etc.

HISTORIQUE

XIIe s. Que il ne laissent la voie par error, ou, brisié par lassement, perdent la deserte [le mérite] du travail qui devant est alés, Job, p. 448. Mais de ce [je] sui en error [troublé], Qu'onques n'amai sans poor [peur], Couci, I.

XIIIe s. Et s'il ne les veut croire, ançois se veut tenir en se [sa] malvese erreur, il soit justiciés comme bougres [hérétique] et ars, Beaumanoir, XI, 2.

XIVe s. Et si est chose perilleuse vivre par innocence en celles humaines erreurs, Bercheure, f° 28, recto.

XVe s. Si elle avoit fait quelque erreur, le chastis [le châtiment] ne luy en appartenoit pas en public, Commines, v, 17. Pour eviter tout erreur fabuleux, J. Lemaire, 3° livre, Prologue, dans PALSGRAVE, p. 166 (qui blâme le masculin).

XVIe s. Afin de retirer tous fideles de cest erreur pestilent, Calvin, Instit. 323. Là fut soubs toy Moyse ton amy chef de ta gent, qui murmuroit parmy Les longs erreurs de ce desert sauvage, Du Bellay, J. III, 93, recto. Nous sommes touts en cette erreur, Montaigne, I, 172. Lors tourna son mespris de la religion en trop craintifve superstition ; et encores infecta il davantage les autres de ce contagieux erreur, par l'inconvenient qui luy advint à sa mort, Amyot, Numa, 37. Les prestres affermoient qu'il y avoit eu erreur [vice] en leur creation, et qu'ilz avoient esté induement esleus contre les signes et prognostiques des oiseaux, Amyot, Marcell. 4. Le commun estimoit qu'il fist erreur [eut tort] de laisser l'Attique, qui est païs aspre et malaisé pour gens de cheval, Amyot, Sylla, 34.

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Erreur : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

ERREUR, s. f. (Philos.) égarement de l’esprit qui lui fait porter un faux jugement Voyez Jugement.

Plusieurs philosophes ont détaillé les erreurs des sens, de l’imagination & des passions : mais leur théorie trop imparfaite est peu propre à éclairer dans la pratique. L’imagination & les passions se replient de tant de manieres, & dépendent si fort des tempéramens, des tems, & des circonstances, qu’il est impossible de dévoiler tous les ressorts qu’elles font agir.

Semblable à un homme d’un tempérament foible qui ne releve d’une maladie que pour retomber dans une autre ; l’esprit, au lieu de quitter ses erreurs, ne fait souvent qu’en changer. Pour délivrer de toutes ses maladies un homme d’une foible constitution, il faudroit lui faire un tempérament tout nouveau : pour corriger notre esprit de toutes ses foiblesses, il faudroit lui donner de nouvelles vûes, & sans s’arrêter au détail de ses maladies, remonter à leur source même & la tarir.

Nous trouverons cette source dans l’habitude où nous sommes de raisonner sur des choses dont nous n’avons point d’idées, ou dont nous n’avons que des idées mal déterminées. Ce qui doit être attribué au tems de notre enfance, pendant lequel nos organes se développant lentement, notre raison vient avec encore plus de lenteur, & nous nous remplissons d’idées & de maximes, telles que le hasard & une mauvaise éducation les présentent. Quand nous commençons à refléchir, nous ne voyons pas comment les idées & les maximes que nous trouvons en nous, auroient pû s’y introduire ; nous ne nous rappellons pas d’en avoir été privés : nous en jouissons donc avec sécurité, quelque défectueuses qu’elles soient : nous nous en rapportons d’autant plus volontiers à ces idées, que nous croyons souvent que si elles nous trompoient, Dieu seroit la cause de notre erreur ; parce que nous les regardons sans raison comme l’unique moyen que Dieu nous ait donné pour arriver à la vérité.

Ce qui accoûtume notre esprit à cette inexactitude, c’est la maniere dont nous apprenons à parler. Nous n’atteignons l’âge de raison, que long-tems après avoir contracté l’usage de la parole. Si l’on excepte les mots destinés à faire connoître nos besoins, c’est ordinairement le hasard qui nous a donné occasion d’entendre certains sons plûtôt que d’autres, & qui a décidé des idées que nous leur avons attachées.

En rappellant nos erreurs à l’origine que je viens d’indiquer, on les renferme dans une cause unique. Si nos passions occasionnent des erreurs, c’est qu’elles abusent d’un principe vague, d’une expression métaphorique, & d’un terme équivoque, pour en faire des applications d’où nous puissions déduire les opinions qui nous flatent. Donc, si nous nous trompons, les principes vagues, les métaphores, & les équivoques, sont des causes antérieures à nos passions ; il suffira par conséquent de renoncer à ce vain langage, pour dissiper tout l’artifice de l’erreur.

Si l’origine de l’erreur est dans le défaut d’idées, ou dans des idées mal déterminées, celle de la vérité doit être dans des idées bien déterminées. Les Mathématiques en font la preuve. Sur quelque sujet que nous ayons des idées exactes, elles seront toûjours suffisantes pour nous faire discerner la vérité : si au contraire nous n’en avons pas, nous aurons beau prendre toutes les précautions imaginables, nous confondrons toûjours tout. Sans des idées bien déterminées, on s’égareroit même en Arithmétique.

Mais comment les Arithméticiens ont-ils des idées si exactes ? C’est que connoissant de quelle maniere elles s’engendrent, ils sont toûjours en état de les composer, ou de les décomposer, pour les comparer selon tous leurs rapports.

Les idées complexes sont l’ouvrage de l’esprit ; si elles sont défectueuses, c’est parce que nous les avons mal faites. Le seul moyen pour les corriger, c’est de les refaire. Il faut donc reprendre les matériaux de nos connoissances, & les mettre en œuvre comme s’ils n’avoient pas été employés.

Les Cartésiens n’ont connu ni l’origine ni la génération de nos connoissances. Le principe des idées innées d’où ils sont partis, les éloignoit de cette découverte. Loke a mieux réussi, parce qu’il a commencé aux sens. Le chancelier Bacon s’est aussi apperçû que les idées qui sont l’ouvrage de l’esprit, avoient été mal faites, & que par conséquent pour avancer dans la recherche de la vérité, il falloit les refaire : Nemo, dit-il, adhuc tantâ mentis constantiâ & rigore inventus est, ut decreverit & sibi imposuerit theorias & notiones communes penitus abolere, & intellectum abrasum & æquum ad particularia de integro applicare. Itaque illa ratio humana quam habemus, ex multâ fide, & multo etiam casu, nec non ex puerilibus, quos primo hausimus, notionibus, farrago quædam est & congeries. Quod si quis ætate maturâ, & sensibus integris, & mente repurgatâ, se ad experientiam & ad particularia de integro applicet, de eo melius sperandum est.... Non est spes nisi in regeneratione scientiarum ; ut eâ scilicet ab experientiâ certo ordine excitentur & rursùs condantur : quod adhuc factum esse aut cogitatum, nemo, ut arbitramur, affirmaverit. Prévenu comme on l’étoit pour le jargon de l’école & pour les idées innées, on traita de chimérique le projet de renouveller l’entendement humain. Bacon proposoit une méthode trop parfaite, pour être l’auteur d’une révolution ; celle de Descartes devoit réussir ; elle laissoit subsister une partie des erreurs.

Une seconde cause de nos erreurs, sont certaines liaisons d’idées incompatibles qui se forment en nous par des impressions étrangeres, & qui sont si fortement jointes ensemble dans notre esprit, qu’elles y demeurent unies. Que l’éducation nous accoûtume à lier l’idée de honte ou d’infamie à celle de survivre à un affront, l’idée de grandeur d’ame ou de courage à celle d’exposer sa vie en cherchant à en priver celui de qui on a été offensé, on aura deux préjugés ; l’un qui a été le point d’honneur des Romains ; l’autre qui est celui d’une partie de l’Europe. Ces liaisons s’entretiennent & se fomentent plus ou moins avec l’âge. La force que le tempérament acquiert, les passions aux quelles on devient sujet, & l’état qu’on embrasse, en resserrent ou en coupent les nœuds.

Une troisieme cause de nos erreurs, mais qui est bien volontaire, c’est que nous prenons plaisir à nous défigurer nous-mêmes, en effaçant les traits de la nature & en obscurcissant la lumiere qu’elle avoit mise en nous ; & cela par le mauvais usage de la liberté qu’elle nous a donnée.

C’est ce qui peut arriver de diverses manieres : tantôt par une curiosité outrée, qui nous portant à connoître les choses au-delà des bornes de notre esprit & de l’étendue de nos lumieres, fait que nous ne rencontrons plus que ténebres : tantôt par une ridicule vanité qui nous inspire de nous distinguer des autres hommes, en pensant autrement qu’eux, dans les choses où ils sont naturellement capables de penser aussi-bien que nous : tantôt par la prévention d’un parti ou d’une secte, qui fait illusion en certain tems & en certain pays : tantôt par la suite imposante d’un grand nombre de vérités de conséquence, qui en ébloüissant nos yeux, font disparoître la fausseté de leur principe : tantôt enfin par un intérêt secret qu’on trouve à obscurcir & à méconnoître les sentimens de la nature, afin de se délivrer des vérités incommodes. Voyez l’essai sur l’origine des connoissances humaines, par M. l’abbé de Condillac. Article tiré des papiers de M. Formey. Voyez encore, sur les erreurs de l’esprit, l’article Evidence, §. 28-38.

Erreur, (Jurisprud.) c’est lorsque l’on a dit ou fait une chose, croyant en dire ou faire une autre.

L’erreur procede du fait ou du droit.

L’erreur ou ignorance de fait, consiste à ne pas savoir une chose, qui est, par exemple, si un héritier institué ignore le testament qui le nomme héritier, ou si sachant le testament, il ignore la mort de celui à qui il succede.

On appelle aussi erreur de fait, lorsqu’un fait est avancé pour un autre, & que cela est fait par ignorance ; en ce cas c’est une erreur ou un faux énoncé : si le fait faux étoit avancé sciemment, il y auroit de la mauvaise foi.

L’erreur ou ignorance de droit, consiste à ne pas savoir ce qu’une loi ou coûtume ordonne.

On peut être dans l’erreur par rapport au droit positif ; mais personne n’est présumé ignorer le droit naturel ; les gens mêmes les plus simples & les plus grossiers ne sont pas excusés à cet égard : nec in eâ re rusticitati veniâ proebeatur. Lib. II. cod. de in jus voc.

L’ignorance où quelqu’un est de ses droits, peut venir d’une erreur de fait, ou d’une erreur de droit. Par exemple, s’il ignore qu’il soit parent, c’est une ignorance de fait ; s’il croit qu’un plus proche que lui l’exclut, ne sachant qu’il concourt avec lui par le moyen de la représentation, c’est une ignorance de droit.

L’erreur de fait ou de droit ne nuit jamais au mineur.

A l’égard des majeurs, l’erreur de fait ne leur préjudicie pas ; parce que celui qui fait ainsi quelque chose par erreur n’est pas censé consentir, puisqu’il ne le fait pas en connoissance de cause : mais il faut pour cela que l’erreur de fait soit telle qu’il paroisse évidemment qu’elle a été le seul fondement du consentement qui a été donné ; encore l’acte n’est-il pas nul de plein droit, mais il faut prendre la voie des lettres de rescision.

Si le consentement peut avoir été déterminé par plusieurs causes, l’erreur qui se trouve par rapport à quelques-unes de ces causes, ne détruit pas l’acte dès qu’il y a encore quelque autre cause qui peut le faire subsister.

L’ignorance des faits qui a induit en erreur est toûjours présumée, lorsqu’il n’y a pas de preuve contraire, excepté dans les choses qui sont personnelles à celui qui allegue l’erreur, parce que chacun est présumé savoir ce qui est de son fait.

Lorsqu’un des contractans a été induit en erreur par le dol de l’autre, ce dol forme un double moyen de restitution.

L’erreur de droit n’est point excusée à l’égard des majeurs, car chacun est présumé savoir les lois, & sur-tout le droit naturel.

Néanmoins s’il s’agit d’une loi de droit positif, & qu’il soit évident que l’on n’a traité qu’à cause de l’ignorance de ce droit, il peut y avoir lieu à la restitution : mais si l’acte peut avoir eu quelque autre cause, si l’on peut présumer que celui qui n’a pas fait valoir son droit y a renoncé volontairement, en ce cas l’erreur de droit ne forme pas un moyen de restitution. Voyez au digeste le titre de juris & facti ignorantiâ. (A)

Erreur de Calcul, est la méprise qui se fait en comptant & marquant un nombre pour un autre. Cette erreur ne se couvre point, l. unic. cod. de err. calc. Voyez l’ordonnance de 1667, titre xxjx. art. 21. (A)

Erreur commune, est celle où sont tombés la plûpart de ceux qui avoient intérêt de savoir un fait qu’ils ont cependant ignoré. C’est une maxime en droit que error communis facit jus, c’est-à-dire qu’elle excuse celui qui y est tombé, comme les autres. Il y a dans les livres de Justinien deux exemples remarquables de l’effet que produit l’erreur commune.

L’un est en la fameuse loi barbarius Philippus, au ff. de officio prætorum ; c’est l’espece d’un esclave qui avoit fait l’office de préteur : la loi décide que tout ce qu’il a fait est valable.

L’autre est la loi si quis, au ff. de senatusc. maced. qui décide que si un homme a traité avec un fils de famille, qui passoit publiquement pour être pere de famille ; ce fils de famille ne pourra pas exciper contre lui du bénéfice du macédonien, quia publicè .... sic agebat, sic contrahebat. (A)

Erreur de Compte, voyez ci-devant Erreur de Calcul.

Erreur de Droit ; voyez ce qui a été dit ci-devant au premier article sur le mot Erreur (Jurisp.)

Erreur de Fait, voyez Ibidem.

Erreur de Nom, est lorsque dans un acte on nomme une personne pour une autre, ou une chose pour une autre. Une telle erreur vitie le legs, à moins que la volonté du testateur ne soit d’ailleurs constante. Voyez la loi 9. ff. de hered. instit. & leg. 4. ff. de legatis primo instit. de legat. §. 29. (A)

Erreur de Personne, c’est-à-dire lorsque l’on croit traiter avec une personne, & que l’on traite avec une autre, le contrat est nul. Voyez ce qui a été dit ci-devant au mot Empêchement de mariage, (A)

Erreur, (Proposition d’-) voyez au mot Proposition.

Erreur de Lieu, (Med.) error loci ; c’est une expression employée en Medecine pour désigner le changement qui se fait dans le corps humain, lorsqu’un fluide d’une nature déterminée & qui doit être contenu dans des vaisseaux qui lui sont propres, sort de ces vaisseaux & se porte dans d’autres voisins qui ne sont pas naturellement destinés à le recevoir. Comme ce changement n’est bien sensible que par rapport au sang qui passe de ses vaisseaux dans les lymphatiques ou autres, c’est-là proprement ce que les Medecins appellent erreur de lieu.

Les globules rouges sont la partie la plus grossiere que l’on observe dans le sang ; cette partie ne peut être naturellement contenue & mise en mouvement que dans les vaisseaux du corps qui ont le plus de capacité. La partie de ce fluide qui approche le plus du globule rouge par rapport à son volume, peut pénétrer dans des vaisseaux dont la capacité approche le plus des vaisseaux sanguins ; mais qui donne l’exclusion aux globules rouges, parce qu’ils sont trop grossiers pour y pénétrer, & peut admettre toutes les autres parties des fluides plus subtils. La même chose a lieu vraissemblablement par rapport aux différens ordres de vaisseaux qui diminuent de capacité les uns respectivement aux autres, jusqu’aux vaisseaux les plus simples du corps humain, & la santé semble consister principalement en ce que les différens fluides restent chacun dans les vaisseaux qui lui sont proportionnés. C’est dans les parties les plus grossieres de chaque fluide, que réside la qualité propre qui le caractérise.

Lorsqu’il arrive que la trop grande quantité de sang, ou la raréfaction excessive de ce fluide, ou son mouvement trop impétueux, dilate ses propres vaisseaux & conséquemment les orifices des vaisseaux d’un genre différent, qui en naissent immédiatement au point de permettre le passage des parties les plus grossieres du sang, qui devoient naturellement rester dans les vaisseaux sanguins ; ces parties pénetrent dans les vaisseaux continus où elles sont étrangeres : elles occupent un lieu, où elles ne sont admises que par un effet contre nature Ce même effet peut aussi être produit sans aucun changement dans les parties solides contenantes, si la consistance des fluides contenus, ou le volume des parties qui le composent, sont tellement diminués qu’ils puissent pénétrer dans des conduits où ils n’auroient pas pû être admis avec leur consistance naturelle. Le premier cas se présente souvent dans les inflammations considérables ; & le second, dans les dissolutions chaudes de la masse des humeurs, par l’effet de quelque exercice violent, de quelque cause physique ou de toute autre de cette nature.

L’ophthalmie fournit un exemple bien marqué du passage du sang dans des vaisseaux de différent genre, par l’effet de l’inflammation : toute la conjonctive ou albuginée, qui étoit avant l’ophthalmie d’une blancheur éclatante, devient quelquefois dans cette maladie d’un rouge très-foncé ; ce qui ne peut pas se faire sans que les vaisseaux lymphatiques soient eux-mêmes engorgés de la partie rouge du sang, y ayant si peu de vaisseaux sanguins distribués dans le tissu de cette membrane de l’œil, dans l’état naturel.

Cette sorte d’erreur de lieu dans les inflammations est d’ailleurs démontrée par l’inspection anatomique, selon l’expérience du célebre Vieussens, rapportée dans son ouvrage intitulé novum systema vasorum ; par l’observation fréquente des cas dans lesquels on a vû des femmes, qui dans la suppression des regles par la voie naturelle, éprouvoient un supplément à cette évacuation par les orifices des vaisseaux galactopheres, qui sont autour des mamellons ; ensorte qu’il se faisoit sans aucune solution de continuité dans les vaisseaux sanguins, une véritable transmission des globules rouges, par les conduits destinés à ne porter ordinairement que la lymphe, & à séparer de la masse des humeurs la matiere du lait à l’occasion de la grossesse. Les crachats, dans la péripneumonie, ne sont souvent aussi teints de sang, que parce qu’il a été poussé quelques globules rouges dans les vaisseaux secrétoires & excrétoires de l’humeur bronchique.

Il ne manque pas aussi d’exemples du passage du sang dans des vaisseaux étrangers, par l’effet de la dissolution des humeurs ; on le voit arriver dans les petites véroles qui sont accompagnées d’une si grande fonte d’humeurs, qu’ayant perdu leur consistance naturelle, les plus grossieres deviennent susceptibles de pénétrer dans les vaisseaux les plus déliés ; ainsi les globules rouges passent par les couloirs des urines, & constituent le pissement de sang ; ils sont poussés dans les vaisseaux cutanés, ils y fournissent matiere à des sueurs sanglantes ; ils y font des taches de couleur d’écarlate, ou pourprées, &c. V. Sang, Inflammation, Petite Vérole, Sueur, Pourpre, &c.

On trouve même, dans l’économie animale saine, des preuves du passage du sang dans des vaisseaux de différens genres, que l’on ne doit cependant pas appeller erreur de lieu, puisqu’il se fait naturellement ; mais qui sert à établir la possibilité de celui qui est contre nature, & qui se fait véritablement par erreur de lieu : elles sont tirées de ce qui se passe dans l’écoulement du flux menstruel ; il est certain que le sang, après s’être ramassé dans les vaisseaux utérins qui lui sont propres, dilate l’orifice des autres vaisseaux de la matrice, qui ne servant, hors du tems menstruel, qu’à porter une lymphe séreuse, pénetre dans ces vaisseaux & dans leur sinus, & parvient à l’embouchure de ces mêmes conduits, qui aboutissent à la surface interne de la matrice, où il se répand d’abord en petite quantité, mêlé avec la sérosité sous forme de sanie, & ensuite de sang en masse, jusqu’à ce que ces vaisseaux, dans lesquels il est étranger, soient desemplis, & puissent se resserrer au point de ne plus permettre aux globules rouges de pénétrer dans leur cavité. Voyez Menstrues. (d)

Erreur, (Comm.) défaut de calcul, omission de partie, article mal porté sur un livre, dans un compte, ou dans une facture.

Dans le Commerce, on dit en ce divers sens : il y a erreur dans cette addition ; vous vous êtes trompé dans la facture que vous m’avez envoyée un tel jour ; vous tirez en ligne 1677 liv. 10 s. au lieu de 1657 l. 10 s. pour 130 aunes de drap à 12 liv. 15 s. c’est une erreur de vingt livres qui doit tourner à mon profit ; j’ai trouvé plusieurs erreurs dans votre compte ; l’article porté en crédit le 1 Juillet pour 1540 liv. ne doit être que de 1530 liv. vous me débitez le 20 Août de 400 liv. pour ma traite du 3 dudit à Lambert, je n’en ai point de connoissance.

Dans l’arrêté des comptes que les marchands & négocians soldent ensemble, ils ne doivent pas omettre la clause, sauf erreur de calcul, ou omission de parties.

On dit en proverbe qu’erreur n’est pas compte, pour faire entendre que quoiqu’un compte soit soldé, si l’on y trouve quelque défaut de calcul ou omission de parties, on doit réciproquement s’en faire raison. Dict. de Comm. de Trév. & de Chamb. (G)

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Étymologie de « erreur »

Étymologie de erreur - Littré

Provenç. et espagn. error ; ital. errore ; du latin errorem (voy. ERRER).

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Étymologie de erreur - Wiktionnaire

Du latin error (« course à l'aventure »), visiblement dérivé du verbe errare, signifiant « errer ».
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Phonétique du mot « erreur »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
erreur ɛrœr play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « erreur »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « erreur »

  • Ce changement de paradigme a déplacé le pouvoir des employés vers les employeurs, car d’innombrables candidats se disputent les mêmes postes. Mais Ramit Sethi, entraîneur des finances personnelles, a encore de nombreuses occasions de se démarquer du peloton, en particulier si vous évitez une erreur d’interview courante. News 24, Évitez cette erreur courante lors de la recherche d'emploi, des entretiens - News 24
  • Un joueur américain a remporté le jackpot lors d’un tirage du loto, après une erreur dans l’impression de son ticket. L’homme a remercié la caissière responsable de cette heureuse confusion. , Il remporte 1 million de dollars au loto suite à une erreur de ticket - Sputnik France
  • Dans d’autres cas cependant l’opération n’est pas possible pour une autre raison. L’ordinateur ne présente pas le bon paramétrage. Un message d’erreur indique qu’il y a un problème avec certains paramètres. Le déploiement de May 2020 Update n’est alors plus possible. Le message indique GinjFo, Windows 10 v2004 et l’erreur « paramètres non pris en charge », solution - GinjFo
  • « On l’a perdu, probablement parce qu’on a fait une erreur, ça servira pour le futur », admet ainsi Jean-Michel Aulas, qui avoue « ne pas avoir vu venir ce départ ». Il avait tenté de convaincre in extremis le polyvalent défenseur en misant sur la force de persuasion de Juninho mais aussi de Tony Parker. , Mercato OL : Jean-Michel Aulas reconnaît « avoir fait une erreur » concernant le départ de Pierre Kalulu au Milan AC
  • En raison d’une erreur sur le site de MediaMarkt aux Pays-Bas, certains clients ont pu se procurer un iMac (Apple) d’une valeur de 2.000 euros pour seulement quelques pièces la semaine dernière. Quelques ordinateurs ont déjà été livrés et la chaîne exige que les acheteurs retournent les articles ou payent la différence, ce que bon nombre de clients refusent de faire. sudinfo.be, Oups, une erreur qui coûte cher à MediaMarkt: des iMac à 2000 euros vendus sur le site Web à… quelques euros à peine, certains ont été livrés!
  • L'erreur est humaine, admettre la sienne est surhumain. De Doug Larson
  • Une personnalité n'est qu'une erreur persistante. De Max Jacob / Art poétique
  • Quel homme est sans erreur ? Et quel roi sans faiblesse ? De Voltaire / Brutus
  • L'erreur n'est pas crime. De Sénèque
  • L'erreur est humaine : l'humain est l'erreur. De Tommy Rousseau
  • L’homme est-il une erreur de Dieu, ou Dieu une erreur de l’homme ? De Friedrich Nietzsche
  • L’erreur est humaine, le pardon divin. De Alexander Pope / Essai sur la critique
  • Je devrais raccrocher, je suis une erreur. De Ylipe / Textes sans paroles
  • L'erreur agite ; la vérité repose. De Joseph Joubert / Pensées
  • L’erreur, comme le rire, est humaine. De Roland Topor / Journal in Time
  • Le regret est une seconde erreur. De Raymond Latarjet
  • L'erreur commune fait la loi. De Proverbe latin
  • Sauf erreur, je ne me trompe jamais. De Alexandre Vialatte
  • L’erreur est humaine. Persévérer est diabolique. De Proverbe latin
  • L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs. Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, L'Éventail de Lady Windermere Lady Windermere's Fan
  • Qui donc est si parfait qu'il vive sans une erreur ? Joost Van den Vondel, Joseph à Dothan, III
  • Une erreur ne devient une faute que lorsqu'on ne veut pas en démordre. Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre Auf den Marmorklippen
  • Les erreurs, comme des pailles, flottent à la surface. Celui qui veut chercher des perles doit plonger en profondeur. John Dryden, All for love, Prologue
  • L'erreur est commune à tous les hommes. Sophocle, Antigone, 1023-1024 (traduction Masqueray)
  • Aime la vérité, mais pardonne à l'erreur. François Marie Arouet, dit Voltaire, Discours en vers sur l'homme, De la liberté
  • Il n'y a peut-être point de vérité qui ne soit à quelque esprit faux matière d'erreur. Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, Réflexions et Maximes
  • La grande erreur des gens d'esprit est de ne croire jamais le monde assez bête. Claudine Alexandrine Guérin de Tencin, Cité par Nicolas de Chamfort dans Caractères et Anecdotes
  • Il m'arrive de me demander si deux erreurs qui se combattent ne sont pas plus fécondes qu'une vérité qui régnât sans conteste. Jean Rostand, Pensées d'un biologiste, Stock
  • Une erreur n'est souvent qu'une vérité coupée en herbe. Jules Romains pseudonyme littéraire devenu ensuite le nom légal de Louis Farigoule, Lucienne, Gallimard
  • D'idées vraies en idées vraies et de clartés en clartés, le raisonnement peut n'arriver qu'à l'erreur. Antoine Rivaroli, dit le Comte de Rivarol, Discours sur l'homme intellectuel et moral
  • Toute action est déception, toute pensée implique erreur. Raymond Queneau, Le Chiendent, Gallimard
  • L'erreur est plus entêtée que la foi et n'examine pas ses croyances. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, la Prisonnière , Gallimard
  • Plaisante justice, qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. Blaise Pascal, Pensées, 294 Pensées
  • C'est encore un effet de la faiblesse des hommes que la lumière les aveugle souvent aussi bien que les ténèbres, et que la vérité les trompe aussi bien que l'erreur. Pierre Nicole, Essais de morale, De la faiblesse de l'homme
  • Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, L'Étourdi, IV, 3, Anselme
  • La source de nos chagrins est d'ordinaire dans nos erreurs. Jean-Baptiste Massillon, Sermons, Sur le bonheur des justes
  • Quand la vérité est libre, et l'erreur aussi, ce n'est pas l'erreur qui triomphe. Roger Martin du Gard, Jean Barois, Gallimard
  • L'erreur est la légende douloureuse. Isidore Ducasse, dit le comte de Lautréamont, Poésies, II
  • Il y a des esprits qui vont à l'erreur par toutes les vérités ; il en est de plus heureux qui vont aux grandes vérités par toutes les erreurs. Joseph Joubert, Carnets
  • Le cœur est la source de toutes les erreurs dont nous avons besoin. Bernard Le Bovier de Fontenelle, Dialogues des morts
  • Les multiples erreurs donnent la main aux crimes. Eugène Grindel, dit Paul Eluard, Dédicace sur Poèmes pour la paix, à André Breton , Gallimard
  • Le bien et le mal doivent leur origine à l'abus de quelques erreurs. Eugène Grindel, dit Paul Eluard, Capitale de la douleur, Joan Miró , Gallimard
  • L'erreur est la règle ; la vérité est l'accident de l'erreur. Georges Duhamel, Le Notaire du Havre, Mercure de France
  • Il arrive que l'erreur se trompe. Georges Duhamel, Défense des lettres, Mercure de France
  • Une erreur peut devenir exacte, selon que celui qui l'a commise s'est trompé ou non. André Isaac, dit Pierre Dac, L'Os à moelle, Julliard
  • Ce que nous dénommons vérité n'est qu'une élimination d'erreurs. Georges Clemenceau, Aux embuscades de la vie, Fasquelle
  • La Justice, c'est six mille ans d'erreurs judiciaires. Robert Brasillach, Lettre à un soldat de la classe 60, Les Sept Couleurs
  • À toute erreur des sens correspondent d'étranges fleurs de raison. Louis Aragon, Le Paysan de Paris, Gallimard
  • Une erreur est d'autant plus dangereuse qu'elle contient plus de vérité. Henri Frédéric Amiel, Journal intime, 26 décembre 1852
  • L'erreur de Descartes est de meilleure qualité que la vérité d'un pédant. Émile Chartier, dit Alain, Propos d'un Normand, tome IV , Gallimard
  • Si on ne suppose pas que les hommes ont tous la même intelligence, et l'ont toute, il n'y a plus ni vérité ni erreur. Émile Chartier, dit Alain, Cahiers de Lorient, Gallimard

Traductions du mot « erreur »

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