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Effronterie

Sommaire

  • Définitions du mot effronterie
  • Étymologie de « effronterie »
  • Phonétique de « effronterie »
  • Évolution historique de l’usage du mot « effronterie »
  • Citations contenant le mot « effronterie »
  • Traductions du mot « effronterie »
  • Synonymes de « effronterie »
  • Antonymes de « effronterie »

Définitions du mot effronterie

Trésor de la Langue Française informatisé

EFFRONTERIE, subst. fém.

Aspect, comportement d'une personne effrontée :
... comme son texte ne cadrait plus avec les aveux de l'accusé, Hilperik, poussant à bout la duplicité et l'effronterie, n'hésita pas à le falsifier, soit de sa propre main, soit par la main d'un de ses secrétaires. Thierry, Récits mérov.,t. 2, 1840, p. 163.
P. ext. Caractère effronté d'un acte. Elle rougit à la première question, pleura à la seconde, parce que l'effronterie de ces questions lui parut impudique (Vigny, Journ. poète,1837, p. 1058).
Avec effronterie. Synon. effrontément (dér. de effronté*).Il aperçut, (...), sa hardie bohémienne qui débitait avec effronterie la bonne aventure à tous ceux qui tendaient la main (Gozlan, Notaire,1836, p. 145).
Prononc. et Orth. : [efʀ ɔ ̃tʀi]. Pour [ε] cf. effronté. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Mil. xives. enfronterie [impudentia] (Gloss. abavus, 4114 ds Roques, t. 1, p. 360). Dér. du rad. de effronté*; suff. -erie*. Fréq. abs. littér. : 174.

Wiktionnaire

Nom commun

effronterie \e.fʁɔ̃.tʁi\ féminin

  1. Caractère, attitude de celui qui est effronté.
    • … nous entendions la respiration des chèvres. Il y en eut même quelques-unes qui pénétrèrent dans notre logis et qui s’y installèrent malgré nous, avec l’effronterie drôle propre à leur espèce. — (Isabelle Eberhardt, Dans la dune,)
  2. Manière d’agir, de parler de celui qui est effronté.
    • M. Clausel prit la parole, et il eut l’effronterie de déclarer qu’aussitôt que la Chambre serait prorogée, il imprimerait un Mémoire à ce sujet. — (Jacques Barthélemy Salgues, Les mille et une calomnies, chez J.G. Dentu, 1823, page 161)
    • (…) une vieille dame en chapeau jaune, à mine basse de pourvoyeuse, et deux mineures, deux fillettes de treize ou quatorze ans, déhanchées, d’une effronterie gênante. — (Émile Zola, Au Bonheur des Dames, 1883)
    • Culotté le corvidé ! qui n'hésitait pas à tirer les plumes de la queue du convive pour le forcer à s'éloigner. Vite lassé par tant d’effronterie, l'aigle noir s'est brutalement retourné, bec grand ouvert, ailes déployées, au comble de l'irritation. — (Patrice Costa, L’Étang-roi, Paris : Éditions Messene & Jarville-la-Malgrange : J. de Cousance, 1997)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

EFFRONTERIE. n. f.
Caractère, attitude de celui qui est effronté. Son effronterie est extrême. Il a eu l'effronterie de la menacer. Il signifie aussi Manière d'agir, de parler de celui qui est effronté. Ses effronteries me pousseront à bout.

Littré (1872-1877)

EFFRONTERIE (è-fron-te-rie) s. f.
  • Acte d'effronté. Le traître, dites-vous, appelle mon voyage Du nom d'effronterie et de libertinage, Mairet, Solim. II, 4. Il faut payer d'effronterie, Hauteroche, Crispin méd. II, 6. D'Aquin avait l'effronterie de vouloir faire son fils archevêque al dispetto [au mépris] de tous les abbés de la première qualité, Saint-Simon, 14, 156.
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Étymologie de « effronterie »

(XVIIe siècle) Dérivé de effronté avec le suffixe -erie.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Effronté.

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Phonétique du mot « effronterie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
effronterie efrɔ̃tri

Évolution historique de l’usage du mot « effronterie »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « effronterie »

  • Il est plaisant qu'on ait fait une loi de la pudeur aux femmes, qui n'estiment dans les hommes que l'effronterie. De Vauvenargues / Maximes et pensées
  • La vie est pleine d'absurdités qui peuvent avoir l'effronterie de ne pas paraître vraisemblables. Et savez-vous pourquoi ? Parce que ces absurdités sont vraies. De Luigi Pirandello / Six personnages en quête d'auteur
  • La grand’salle n’était plus qu’une vaste fournaise d’effronterie et de jovialité où chaque bouche était un cri, chaque œil un éclair, chaque face une grimace, chaque individu une posture. De Victor Hugo / Notre Dame de Paris
  • Il faut d’urgence mettre le holà aux réseaux sociaux. Ceux qui s’y expriment ne pratiquent que l’ironie évidemment injustifiée. Que Ségolène Royal, pas mécontente, avoue avoir été contactée par « un proche du Président » et les voilà qui la soupçonnent, cette égotiste, de se placer alors qu’elle a en tête le bonheur de la France. De même ils se moquent qu’une des 37 adjoints d’Hidalgo soit chargée de l’agriculture. C’est oublier un peu vite que Paris est une ville rurale peuplée de paysans. Tout comme ils négligent l’aspect poétique de la politique : un autre adjoint sera celui du « quart d’heure » afin que tout ce dont on a besoin soit près de chez soi ! Mais que serait la politique sans l’effronterie de ceux qui en vivent ? Finalement heureusement qu’il y a les réseaux. L'Opinion, Halte au feu | Le billet de Michel Schifres | L'Opinion
  • La rédactrice en chef d’Air France Magazine, dans son n° 202 de février 2014, appelait l’irrévérence, «l’insolence, l’effronterie, l’audace, le non-conformisme…». Retrouver des propos de cette nature dans les écrits d’un ancien «haut gradé» de la police, soit-il à la retraite, de surcroît adressés au président de la République, m’a fait pousser ce cri du cœur très sûrement partagé par tous ces «hommes de tenue» pour qui la retenue dans tous les actes et propos constitue un caractère essentiel. Je ne me reconnais pas «répondeurs automatiques» qu’il insulte d’avance, s’attendant à leurs répliques, mais je revendique mon appartenance à la race de nos illustres prédécesseurs dans la retraite des forces de défense et de sécurité qui, même libérés de la sacro-sainte obligation de réserve et, pour certains, reconvertis en hommes politiques, sont demeurés fidèles aux valeurs inculquées dans nos écoles et centres de formation et entretenues pendant toute la durée de leur service «sous le drapeau». Je pense au feu Mamadou Diop «Le maire», colonel de gendarmerie, à Souleymane Ndiaye, chef d’escadron de gendarmerie, au général De Souza ancien Chef d’état-major général des Armées (Cemga), au colonel Malick Cissé des sapeurs-pompiers et Abdoulaye Baldé député-maire de Ziguinchor commissaire de police, entre autres. Tous ces hommes de valeur et de conviction ont assuré leur rôle avec ou contre le pouvoir en place, sans jamais se départir de leur personnalité forgée dans les casernes, qui a fait d’eux de véritables hommes d’Etat. Ils ont été pétris aux valeurs fondées sur trois référentiels que sont : les traditions, la foi et la loi. En effet dans ces établissements, d’abord la formation aux traditions militaires est adossée à la fois à notre glorieuse histoire guerrière, démontrant le patriotisme et le courage de nos héros nationaux, et à nos valeurs traditionnelles tirées de l’initiation des bois sacrés ou «case de l’homme» (neegu goor des Ouolof, bukut des Diolas, kee wuloo des Mandingues etc.) qui font de l’adolescent un homme mature, un citoyen accompli pour une Nation forte. Il s’agit des valeurs d’humilité, de stoïcisme, d’abnégation et de courage raisonné. Ensuite, le renforcement de la foi portée dans le culte des symboles d’unité dans l’école, le corps et la République (insigne, fanion étendard et drapeau) pour susciter le sentiment d’appartenance à la même communauté, transcendant les diversités ethnoculturelles et confessionnelles et qui tisse les liens de respect, de confiance et de solidarité, mais aussi dans les croyances religieuses, rappelant à chaque instant les obligations de droiture, d’honnêteté et de tolérance. Enfin, l’enseignement du cadre juridique du métier, en particulier les droits et devoirs dans l’exercice des futures fonctions, qui fait le fidèle et loyal agent de l’Etat et le dévoué et humble serviteur des citoyens. Le militaire, policier, douanier et autres paramilitaires, ainsi formés et «formatés», comment comprendre des écarts aussi graves dans les propos de quelqu’un issu de leurs rangs qui, en plus, a atteint les plus hautes marches de la hiérarchie de son corps d’appartenance, à l’endroit de la première institution de la République ? Comment un musulman (je suppose qu’il l’est) peut-il faire fi de la parole d’Allah au verset 26, chapitre «La famille d’Imran», «Oh Allah, Maître du pouvoir absolu. Tu donnes le pouvoir à qui tu veux…», et dire au Président actuel «vous n’auriez pas dû être notre Président» ? Comment quelqu’un qui a été officier de Police judiciaire pendant plusieurs décennies peut-il partir de sa seule «conviction et sur la base de faits avérés», pour accuser et prononcer la culpabilité de personnes au mépris du principe de la présomption d’innocence et en reprenant à son compte des arguments purement politiques, lui qui a fait une carrière d’«homme de loi» ? Je le renvoie pour exemple à une analyse très critique faite par un collègue, d’un arrêt de la Cour suprême parue dans le journal Le Quotidien du 23 janvier 2019. J’ai envie de dire «gorr, ca wax ja» qui peut être traduit par «on reconnaît la personne honnête dans sa parole». Dans la même culture ouolof, si on retient le proverbe «wax bu ñaawu dëkkul fu mu jëmm, fu mu jogee la dëkk», littéralement traduit «les propos irrévérencieux ne caractérisent pas son destinataire, mais son auteur», nul doute que le commun des Sénégalais s’interrogeront sur la personnalité de ce «commissaire de police de classe exceptionnelle etc.». Exceptionnelle aussi est une telle attitude dans la vie de nos forces de défense et de sécurité depuis l’accession de notre pays à l’indépendance. Fort heureusement, comme une hirondelle ne fait pas le printemps, l’attitude d’une seule personne ne peut suffire à caractériser toute une communauté. Aussi, à mon avis, le journaliste a-t-il, dans un article, cru trouver dans ses propos et ceux véhiculés par un autre commissaire de police à la retraire et deux anciens officiers de l’Armée des signes de mal-vivre au sein des forces de défense et de sécurité, n’a pas visité cette histoire et n’a pas observé que les propos tenus jusqu’ici par ces trois derniers n’ont jamais dépassé le Rubicon du «républicainement correct». La formation de base des membres des forces de défense et de sécurité décrite plus haut et leur management dans le déroulement de leur carrière ont été les facteurs déterminants de leur discipline et de leur professionnalisme qui ont garanti la stabilité de nos institutions et font leur prestige au plan international (voir la thèse de Doctorat d’Etat du colonel Doudou Sall sur le management des institutions en charge de la sécurité – Université Internationale – Dakar 2018). J’ai l’habitude de dire que nos forces de défense et de sécurité sont nées matures du fait qu’à la proclamation de notre indépendance nationale, un détachement de nos forces était en mission de maintien de la paix au Congo-Léopold-Ville, actuel Rdc. Si on connaît les conditions d’aptitude pour constituer un contingent des Nations unies pour une mission de paix, on mesurera la pertinence de mon propos sur la précocité professionnelle de nos forces de défense et de sécurité. Encore une fois, non, l’irrévérence n’est ni militaire ni paramilitaire au Sénégal et dans tous les Etats modernes. Respect. Sankoun FATY Colonel de Gendarmerie à la retraite 13e Promotion des élèves-gendarmes Promotion Colonel Badara Konté (3ème) de l’Enoa de Thiès , Non, l’irrévérence n’est ni militaire ni paramilitaire ! | Lequotidien Journal d'informations Générales
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  • Avec cette série pleine de charme et d'effronterie, Sattouf s'est fait le porte-voix d'une jeune fille d'aujourd'hui. Année après année, l'auteur de L'Arabe du futur observe les transformations de celle qu'il a baptisée Esther. À travers les yeux de cette gamine qui devient une jeune fille, mine de rien, il en profite pour jeter un œil sur l'évolution de notre société. Son héroïne de papier a même fait l'objet d'une adaptation en dessin animé. Le Figaro.fr, La case BD - Les Cahiers d'Esther de Riad Sattouf ou les vertiges de l'adolescence à fond la trottinette !
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Traductions du mot « effronterie »

Langue Traduction
Anglais effrontery
Espagnol descaro
Italien sfrontatezza
Allemand unverschämtheit
Chinois 厚颜无耻
Arabe وقاحة
Portugais afronta
Russe наглость
Japonais 凶悪な
Basque effrontery
Corse effronteriu
Source : Google Translate API

Synonymes de « effronterie »

Source : synonymes de effronterie sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « effronterie »

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