Danger : définition de danger


Danger : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

DANGER, subst. masc.

A.− Situation où une personne (ou un pays) est menacé(e) dans sa sécurité ou, le plus souvent, dans son existence. Être en danger de mort. Quand la patrie est en danger, on ne raisonne pas (Renan, Drames philos., Abbesse Jouarre, 1886, III, 5, p. 648).Ses blessures ne mettent pas ses jours en danger (Le Figaro, 19-20 janv., 1952, p. 2, col. 4):
1. Ce sentiment du danger, si bizarre parce qu'il est à la fois si vague et si fort, cette crainte s'atténue et s'apaise en la présence de certaines personnes qu'on aime. Green, Journal,Le Bel aujourd'hui, 1955-58, p. 112.
En danger :
2. Ce que j'aime en danger a toujours eu dans mon cœur la préférence sur ce que j'aime en sûreté. Ainsi je vais vers toi, mon fils et mes amis, si la France tourne à la guerre civile. Staël, Lettres de jeunesse,t. 1, 1790, p. 397.
Vx. [Danger est précédé d'un adj. poss. ou suivi d'un subst. introd. par de, qui précisent la pers. ou le pays en danger] « Messieurs, dit l'Empereur, vous connaissez la situation des choses et les dangers de la patrie » (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 177).Les agents tirèrent leurs pistolets. Collin comprit son danger en voyant briller le chien de chaque arme (Balzac, Goriot,1835, p. 222).
Expr. vieillie ou figée. Être (se trouver) en danger de + inf. Risquer de. [En position nominale] Qui risque, (qui est) sur le point de. Je ne puis rester tranquille quand je vois des hommes en danger de périr (Mérimée, Théâtre C. Gazul,1825, p. 44).Moi, je ne suis pas dans le danger de mourir de faim sur mes vieux jours (Sand, Mare au diable,1846, p. 103):
3. ... il continua d'écrire : « S.O.S. Steam ship, Étoile-des-mers. En danger de couler. Demande assistance d'urgence ». Peisson, Parti de Liverpool,1932, p. 215.
Vx, loc. adv. À grand danger. Dangereusement. Le 28, jour même de mon grand départ (...) Julia tombe malade à grand danger, d'un catarrhe aigu, suffocant (Lamart., Corresp.,1832, p. 279).
B.− Ce qui constitue une menace pour la tranquillité ou l'existence même d'une personne (ou d'un pays). Les dangers sont toujours pires de loin que de près (Mérimée, Lettres Ctesse de Montijo,t. 1, 1870, p. 117).Écriteaux qui signalent les dangers (Romains, Hommes b. vol.,1939, p. 96):
4. Son innocence lui laissait ignorer quels étaient les dangers que pouvait courir une jeune fille de son âge, mais on n'a pas besoin de connaître le danger pour craindre, il y a même une chose à remarquer, c'est que ce sont justement les dangers inconnus qui inspirent les plus grandes terreurs. Dumas père, Le Comte de Monte Cristo,t. 1, 1846, p. 368.
[Danger peut être suivi d'un obj. second. le plus souvent introd. par de, qui précise l'orig. du danger] Les dangers de la guerre :
5. Les mouvements et la parole sont revenus et maintenant que le danger des reins (qui l'a [mon père] mis en péril de mort) semble à peu près écarté, on peut espérer qu'il guérira... Du Bos, Journal,1924, p. 77.
Fam. [En parlant d'une pers.] Synon. dangereux*.Il est scandaleux de laisser à la tête d'une commune (...) un maniaque qui peut devenir brusquement un danger pour tous (Bernanos, M. Ouine,1943, p. 1523).
Expr. fam. (Il n'y a) pas de danger. La chose n'est pas à craindre, cela ne se produira certainement pas. (Il n'y a) pas de danger que + subj. Il n'est, hélas, pas à craindre que. Mais si on me voyait? dit Robert. − Allons donc! Il n'y a pas de danger (Champfl., Souffr. profess. Delteil,1855, p. 47).S'il est permis d'enfermer le monde par ce temps superbe! Pas de danger qu'il pleuve, un jour d'inventaire! (Zola, Bonh. dames,1883, p. 659).
SYNT. Un danger imminent, grave, terrible, inconnu, mortel; un grand, un nouveau danger; voir, courir, affronter, sentir, flairer, fuir, éviter le danger; avertir du danger; les dangers de la situation, du voyage; la conscience, la crainte, la menace du danger; à l'approche, à l'heure, en face du danger; au milieu, à l'abri des dangers; en cas de danger.
P. méton., MAR., au plur. Écueils qui peuvent faire courir un danger à un navire :
6. ... nous avons fait la géographie suivie et complète des détroits de Banka, Durion et Singapour, sondant tous les quarts d'heure, et fixant ainsi d'une manière plus précise qu'on ne l'avait jamais fait les positions des îles et les dangers épars sur cette route. Dumont d'Urville, Voyage au Pôle sud,t. 10, 1846, p. 170.
Prononc. et Orth. : [dɑ ̃ ʒe]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1160 « domination, empire » estre en dangier d'aucun « être à la merci de quelqu'un » (Enéas, éd. Salverda de Grave, 8654); 1340 estre en dangier « être en péril » (Hugues Capet, éd. de la Grange, 1566); 1170 sans dangier « à souhait » (Chr. de Troyes, Erec et Enide, éd. W. Fœrster, 6944). Dér. du b. lat. *dominarium, *domnarium avec peut-être infl. de dam* pour le vocalisme initial (en face de l'a. fr. dongier) employé en Gaule du Nord pour dominium « propriété, droit de propriété » d'où « domination, puissance, droit ». Le sens de danger « péril » est peut-être dér. de l'expr. estre en dangier « être à la merci de quelqu'un » d'où « être en péril ». Fréq. abs. littér. : 6 331. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 12 119, b) 7 938; xxes. : a) 7 682, b) 7 708. Bbg. Kruger (H.). Zur Geschichte von danger im Französischen. Berlin, 1967. − Quem. 2es. t. 3 1972. − Termes techn. fr. Paris, 1972, p. 49.

Danger : définition du Wiktionnaire

Nom commun

danger \dɑ̃.ʒe\ masculin

  1. Ce qui est ordinairement suivi d’un malheur, ou qui expose à une perte, à un dommage, etc.
    • J’ai appelé l’attention sur le danger que présentent pour l’avenir d’une civilisa­tion les révolutions qui se produisent dans une ère de déchéance économique; […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.IV, La grève prolétarienne, 1908, p.183)
    • […], des phares éloignent les navires des dangers ou les conduisent dans les ports abrités par des digues construites en luttant contre les tempêtes. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Je suivis une route en zigzags qui devaient me faire éviter tous les dangers. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Parfois on côtoie le danger sans le percevoir, parce qu’on n’y réfléchit pas, ou que l’on ne croit pas à sa menace. — (Dieudonné Costes & Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
    • J’avais été beaucoup plus rarement bombardé du haut des airs, et je me trouvai, devant ce danger-là, presque aussi béjaune que mes conscrits. — (Marc Bloch, L’étrange défaite : La déposition d’un vaincu, 1940, FolioHistoire Gallimard, 1990, p.86)
    • Dans l’espace, de graves dangers nous guettent, parmi lesquels : micrométéorites, radiations cosmiques mortelles et vieillissement accéléré en apesanteur. — (Louis Dubé, Tourisme interstellaire envahissant, dans Le Québec sceptique, n°70, p.33, automne 2009)

Nom commun

danger \Prononciation ?\ masculin

  1. Variante de dangier.
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Danger : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DANGER. n. m.
Ce qui est ordinairement suivi d'un malheur, ou qui expose à une perte, à un dommage, etc. Danger inévitable, inattendu. Danger imminent. S'exposer au danger. Se mettre en danger. Être en danger de mort ou de mourir. Courir un grand danger. Être hors de danger. Braver les dangers. Affronter les dangers. Se sauver du danger. Ne passez pas là, il y a du danger. Il y a du danger à traverser cette forêt. Cela n'est pas sans danger. Popul., Il n'y a pas de danger, signifie qu'À coup sûr, sans nul doute, on ne fera pas une chose. Il n'y a pas de danger que je retourne chez lui.

Danger : définition du Littré (1872-1877)

DANGER (dan-jé ; l'r ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des dan-jé-z imminents) s. m.
  • 1 Terme de droit féodal, et d'eaux et forêts. Droit qu'avait le seigneur et plus tard le roi sur les forêts de Normandie, consistant en ce que les propriétaires ne pouvaient les vendre ni les exploiter sans sa permission et sans lui payer le dixième, sous peine de confiscation.

    Bois sujet au tiers et au danger, c'est-à-dire qui paye un droit consistant dans le tiers de la vente, et dans le tiers prélevé au profit du roi.

    Danger seigneurie, défenses, douanes, exactions, confiscations, etc. que les seigneurs des lieux exercent sur les marchands et sur les vaisseaux qui font naufrage sur leurs côtes.

    Fief de danger, celui dont on ne peut prendre possession sans avoir fait hommage et payé les droits au seigneur, à peine de confiscation.

    Ces termes du droit féodal s'expliquent par le sens primitif de danger, qui est domination, puissance.

  • 2 Par extension du sens de domination et de puissance, situation, conjoncture, circonstance qui compromettent la sûreté, l'existence d'une personne ou d'une chose. Il y a du danger à suivre cette entreprise. Je demeure en danger que l'âme, qui est née Pour ne mourir jamais, meure éternellement, Malherbe, I, 4. Plus j'y vois de hasard, plus j'y trouve d'amour ; Où le danger est grand, c'est là que je m'efforce, Malherbe, V, 4. Et tandis que moi seul j'en courrai le danger, Corneille, Pomp. II, 2. … Vos seuls intérêts me mettent en danger, Corneille, Nicom. V, 6. Blésus était en danger de sa vie, Perrot D'Ablancourt, Tac. 21. Alexandre fut cent fois en danger manifeste de sa vie, Saint-Évremond, II, 134. Hé ! mon ami, tire-moi du danger, Tu feras après ta harangue, La Fontaine, Fabl. I, 19. Un orateur voyant sa patrie en danger Courut à la tribune…, La Fontaine, ib. VIII, 4. La vraie épreuve du courage N'est que dans le danger que l'on touche du doigt, La Fontaine, ib. VI, 2. Le trop d'attention qu'on a pour le danger Fait le plus souvent qu'on y tombe, La Fontaine, ib. XII, 18. Si ces personnes étaient en danger d'être assassinées, Pascal, Prov. 11. La goutte se rejeta sur les genoux et sur les pieds, et le voilà hors de danger, Sévigné, Lett. du 9 fév. 1680. Monsieur, où courez-vous ? c'est vous mettre en danger, Racine, Plaid. II, 13. La guerre met un État en danger de périr, Fénelon, Tél. XI. Il n'y avait point de Tyrien qui ne fût en danger d'être l'objet de ses défiances, Fénelon, ib. VIII. Ta gloire est en danger, ta tombe est entr'ouverte, Voltaire, Fanat. IV, 1. Il [Napoléon] donne ordre qu'on laisse toujours sur sa table le résumé qui l'éclaire sur les dangers de sa position, Ségur, Hist. de Napol. II, 4.

    Terme de mer. Toute roche, tout écueil, tout bas-fond, tout haut-fond, à l'approche ou au contact duquel un navire peut courir un danger.

  • 3Au sens actif, en parlant des choses, le péril qu'elles produisent. Le danger des mauvaises doctrines.
  • 4 Familièrement, inconvénient. Il n'y a pas de danger d'entrer, vous ne les dérangerez pas.

    Populairement et ironiquement. Il n'y a pas de danger, c'est-à-dire soyez sûr que je n'en ferai rien. Certes je ne lui prêterai plus d'argent, il n'y a pas de danger.

SYNONYME

DANGER, PÉRIL, RISQUE. Risque se distingue nettement et facilement des deux premiers ; il contient moins l'idée de péril que celle de chance aléatoire, mais considérée de son mauvais côté ; quand un homme joue à la bourse, il fait courir des risques, un risque à sa fortune ; mais si, ayant joué à la baisse, la hausse survient, sa fortune n'est plus seulement en risque, elle est en péril. Il est plus difficile d'établir la distinction entre danger et péril. Ceux qui ont dit que danger impliquait l'idée de dommage se sont fondés sur une fausse étymologie ; le fait est que le sens primitif en est pouvoir, autorité. Aussi en a-t-il conservé quelque chose et c'est même par là surtout qu'il se distingue de péril ; car, dans son acheminement vers le sens de péril, il s'en est tant approché qu'il s'y est presque confondu. Ce sens d'autorité, de pouvoir, qui lui est primitif, tandis qu'il ne l'est pas à péril, fait qu'il peut être employé au sens actif, tandis que péril ne le peut pas. Le danger de cet homme, le péril de cet homme, signifiant le danger, le péril que court cet homme, sont absolument synonymes ; là, danger et péril ont un sens passif et expriment la situation où cet homme est mis. Mais, au sens actif, au sens de mettre en danger, c'est non pas péril, mais danger qui se dit : le danger des mauvaises doctrines signifie non pas que les mauvaises doctrines sont en péril, mais qu'elles causent du péril. Cela se prolonge dans les adjectifs dangereux et périlleux : une navigation dangereuse, une navigation périlleuse sont synonymes et expriment qu'il y a du danger, du péril dans une navigation ; mais un homme périlleux ne se dit pas et ne peut se dire ; au contraire un homme dangereux se dit et signifie un homme qui, d'une façon quelconque, fait courir du danger aux autres. On doit ajouter que, dans l'usage, péril emporte souvent l'idée d'un danger plus grand.

HISTORIQUE

XIIe s. Desor tous autres rois [vous] auriez le dangier [domination], Sax. VI. Nuls ne nous faisoit guerre ne ne menoit dongier, ib. XVI.

XIIIe s. Enciez [avant] qu'il [l'Amour] vint, si m'escria : Vassal, pris ies [tu es], noient n'i a Du contredire, ne du defendre ; Ne fai pas dangier [résistance] de toi rendre, la Rose, 1896. Chascuns ot quatre tours desous lui à baillier, Li uns d'aus [eux] en ot sis, plus ot à justicier, Et desous Garsions ot cil tout le dangier [pouvoir], Ch. d'Ant. VI, 270. Si li respondirent iriéement come cil qui gaires ne prisoient son dongier, Merlin, f° 30. Les tables mises, grans et hautes ; De mes [mets] n'i a dangier [défense] ne fautes, Partonop. V. 967.

XVe s. La riviere qui queurt parmi la ville de Caen, qui porte grosse navire, estoit si basse et si morte, qu'ils la passoient et repassoient à leur aise, sans danger du pont, Froissart, I, I, 272. Quant Hue le despensier vit qu'il ne pouvoit retraire la roine en Angleterre et [la] remettre en son danger [pouvoir de lui Hue] et du roi son mari, Froissart, I, I, 11. Les cardinaux, qui se veoient au danger [pouvoir] des Romains…, Froissart, II, II, 20. Luxurieux ort, sale et aveugle Ne voit pas le dangier où il plonge, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 341. En son dangier [pouvoir] bouter ne m'oseroye ; Car ses tourmens endurer ne pourroye, Orléans, 1. Elle escouta voulentiers, mais pour la presence du Dangier [personnage du roman de la Rose qui tient la belle en captivité] qui trop près estoit, guere ne respondit, Louis XI, Nouv. XXXVII.

XVIe s. Combien que la peste y fust par la plus grande part des maisons, nul n'en print dangier [mal], Rabelais, Gar. I, 27. Sans plus penser au danger des calumniateurs, Amyot, Alc. 36. Et en parlant, par gestes monstroit bien, Que ses advers il ne doubtoit de rien, Ne leur danger [puissance] …, Marot, J. V, 100. Bonne honte sort de danger, Baïf, Mimes, f° 15, dans LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 253. En trop fier git le dangier, ib. t. II, p. 295, GABR. MEURIER, Trésor des sentences. Sans danger on ne vient jamais au dessus du danger, ID. ib. t. II, p. 414.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

DANGER. - HIST. XVe s. Ajoutez : Et encore est en danger [dépendance] de touz ses serviteurs pour le service qu'il luy fault, qui est bien grand, les Quinze Joyes de mariage, p. 85.

XVIe s. Permettons à noz sujets chasser de leurs terres et dangers, à cris et jets de pierres, toutes bestes rousses et noires qu'ils trouveront en dommages, sens toutesfois les offenser, Ordonn. janv. 1560.

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Danger : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

DANGER, (Jurisp.) en matiere d’eaux & forêts, signifie dixme ou dixieme, droit de dixieme.

Si nous en croyons Beraut dans son traité du tiers & dangers, & quelques autres auteurs qui l’ont suivi, le terme de danger vient du latin indulgere, & signifie le droit que l’on paye au seigneur pour la permission de vendre un fief ou un bois qui releve de lui.

Mais l’ordonnance de la chambre des comptes, de l’an 1344, qui est rapportée par Terrier sur l’ancienne coûtume de Normandie, liv. XIV. ch. 11. n°. 8. dit que quand un bois à tiers & danger est vendu par les tresfonciers, le Roi prend le tiers sur toute la somme, avec la disme ou danger de 2 sols pour livre ; ce qui fait voir que danger est la même chose que dixme ou dixieme.

M. de Brieux qui étoit natif de Caën, & qui avoit fait pendant quelque tems la profession d’avocat au parlement de Roüen, l’explique de même dans ses anciennes coûtumes ou façons de parler, au mot sergens dangereux. Il dit que ce terme danger vient du latin denarius, deniarius, que quelques-uns ont lû apparemment comme s’il y avoit denjarius, d’où l’on a fait en françois denjer, & par corruption danger.

Ce droit de danger est fort ancien, puisqu’il en est parlé dans la chartre normande de Louis Hutin, de l’an 1315 ; dans une ordonnance de la chambre des comptes, des l’an 1344 ; & dans une ordonnance de Charles V. de l’an 1376.

Il est dû au Roi sur plusieurs forêts du royaume, & particulierement en Normandie : il consiste au dixieme ou danger des bois vendus par le seigneur très-foncier : il se paye en argent ou en essence.

On conjoint souvent les termes de tiers & danger, parce qu’il y a des bois qui sont sujets au droit de tiers & à celui de danger ; mais il y a des bois qui ne sont sujets qu’au droit de tiers sans danger, & d’autres au droit de danger sans tiers.

L’ordonnance de 1669 a pourvû dans le titre 23 à ce qui concerne le droit de danger appartenant au Roi.

Il est dit que dans tous les bois sujets aux droits de grurie, grairie, tiers & danger, la justice & tous les profits qui en procedent, appartiennent au Roi, ensemble la chasse, paisson & glandée, privativement à tous autres, à moins que pour la paisson & glandée il n’y eût titre au contraire.

Le tiers & danger doit être levé & payé selon la coûtume ancienne, qui est de distraire au profit du Roi sur le total de la vente, soit en especes ou en deniers, au choix du Roi, le tiers & le dixieme ; ensorte que si l’adjudication est de trente arpens pour une somme de 300 liv. le Roi en doit avoir dix arpens pour le tiers de trente, & trois pour le dixieme de la même quantité : ou si le Roi le prend en argent, 100 liv. pour le tiers de 300 liv. & 30 liv. pour le dixieme de la même somme de 300 liv.

S’il se trouve quelques bois en Normandie pour lesquels les particuliers ayent titre & possession de ne payer qu’une partie de ce droit, savoir le tiers simplement, ou seulement le danger, qui est le dixieme, l’ordonnance veut qu’il ne soit rien innové à cet égard.

Les possesseurs de bois sujets à tiers & danger, peuvent prendre par leurs mains, pour leur usage, des bois des neuf especes contenues en l’article 9 de la chartre normande de Louis X. de l’an 1315, qui sont saulx, marsaux, épines, puisnes, senis, aulnes, genets, genievres & ronces, & le bois mort en cime & racine, ou gisant.

L’article 6 déclare le droit de tiers & danger dans les bois de la province de Normandie, imprescriptible & inaliénable, comme faisant partie de l’ancien domaine de la couronne.

Tous bois situés en Normandie, hors ceux plantés à la main, & les morts-bois exceptés par la chartre normande, sont sujets à ce droit, si les possesseurs ne sont fondés en titres authentiques & usages contraires.

Enfin l’ordonnance veut que les droits de propriété par indivis avec d’autres seigneurs, & ceux de grurie, grairie, tiers & danger, ne puissent être donnés, vendus ni aliénés en tout ou partie, ni même donnés à ferme pour telle cause ou prétexte que ce soit ; renouvellant en tant que besoin seroit la prohibition contenue à cet effet au dixieme article de l’ordonnance de Moulins, sans même qu’à l’avenir tels droits puissent être engagés ou affermés ; mais leur produit ordinaire doit être donné en recouvrement aux receveurs des bois ou du domaine, lesquels en doivent compter ainsi que des deniers provenans des ventes des forêts du Roi. Voyez Terrier sur l’ancienne coûtume de Normandie, liv. XIV. c xj. n. 8. & c. xxxvij. le traité du tiers & danger, par Beraut ; celui de M. Greard, donné au public par M. Froland ; la biblioth. de Bouchel, au mot tiers & danger ; Bacquet, des droits de justice, chap. x. n. 5. & l’édit du mois d’Avril 1673.

Danger (fief de) voyez Fief. (A)

Danger, s. m. (Medecine.) se dit de l’état d’un malade menacé d’un évenement pernicieux, soit qu’il y ait à craindre que la maladie se termine par la mort, ou par quelqu’autre maladie pire que celle qui existe actuellement ; soit qu’ayant une partie affectée, il y ait à craindre que la suppuration, par exemple, ou la gangrene ne la détruise.

Ainsi l’on dit d’un homme qui essuie une attaque d’apoplexie, qu’il est en danger de mort, ou de devenir paralytique dans quelques parties de son corps. On dit d’une personne qui a les os d’un membre fracassés avec grande contusion des chairs, qu’elle est en danger de le perdre par la mortification ou par l’amputation. On dit d’une maladie qu’elle est dangereuse en général, lorsqu’il y a plus à craindre qu’à espérer pour l’issue qu’elle aura. La vie consiste dans une certaine disposition du corps humain ; la maladie consiste aussi dans une certaine disposition, différente de celle qui constitue la santé, & qui est plus ou moins contraire à la vie : la fin de la maladie est la mort.

Le medecin juge par les changemens plus ou moins grands que la maladie fait dans le corps, s’il y a à craindre pour les suites, ou non ; il compare les forces de la vie avec les forces de la maladie, & il infere de cette comparaison, si la vie sera supérieure au mal, ou non. Plus il y a de lésion dans les fonctions, & plus ces fonctions lésées sont essentielles à la vie, ensorte que la cause de la maladie surpasse considérablement la cause de la vie, plus il y a de danger ; & il dure d’autant plus long-tems, que la maladie qui en est accompagnée, parvient plus lentement à son dernier accroissement, que les forces de la vie sont plus diminuées, & que la cause de la maladie est plus difficile à détruire. Le danger est d’autant moindre pour l’intensité & pour la durée, que le contraire de ces propositions a plus lieu.

La science de prédire les évenemens heureux ou malheureux dans les maladies en général, est toute fondée sur ces principes Voyez Prognostic. (d)

Dangers, (Marine.) se dit des rochers ou des bancs de sable cachés sous l’eau ou même à fleur d’eau, sur lesquels un vaisseau peut se briser ou faire naufrage en donnant dessus.

Lorsqu’il se trouve des dangers à l’entrée de quelque port ou de quelque riviere, on met dessus des balises ou des boués, qui servent de marques pour les éviter. (Z)

Dangers civils, ou autrement de la seigneurie, ou risques de terre, se dit soit des défenses, soit des doüanes ou contributions que certains seigneurs peuvent exiger des marchands ou de ceux qui font naufrage. (Z)

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Étymologie de « danger »

Étymologie de danger - Littré

Wallon, dangî. nécessité, danger ; bourguig. daingé ; normand, dangier, puissance ; Bretagne, danger, répugnance ; provenç. dangier, difficulté. Raynouard et Diez tirent ce mot de damnum, dommage ; mais cela n'explique ni le sens ni la forme : le sens, car dangier signifie le plus souvent pouvoir, autorité ; la forme, car damnum ne peut produire l'o, qui est dans dongier, aussi autorisé que dangier. Il faut donc trouver un mot qui puisse fournir également l'a et l'o ; or c'est ce qu'on trouve dans dominiarium (on trouve dominiaria, au pluriel neutre dans Du Cange) dérivé de dominium ; car dominus donne à la fois dom et dam, et domina, dome et dame. Dominiarium satisfait à l'autre condition, puisqu'il signifie possession et pouvoir. Maintenant comment, de ce sens, le mot a-t-il passé à celui de péril ? On le comprendra en examinant, par exemple, ce texte de Froissart où il est dit que les cardinaux étaient au danger des Romains ; s'ils étaient au danger c'est-à-dire au pouvoir des Romains, ils étaient aussi par là en péril ; là est la transition. Le sens, aujourd'hui perdu, de résistance, de difficulté, s'explique de même. Pour que damnum fût intervenu dans la signification, il faudrait qu'à un point de l'historique le sens de dommage se montrât avant celui de péril : or il n'en est rien ; la trame de l'historique est serrée : elle va du sens de domination, de résistance, de difficulté, à celui de péril. Palsgrave, p. 60, au XVIe siècle, dit expressément que l'i se prononçait dans dangier.

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Étymologie de danger - Wiktionnaire

De l’expression estre en dangier d’aucun « être à la merci de quelqu’un », originellement être « sous la domination de quelqu’un ».
En ancien français dongier, dangier « domination », du bas latin *dominārium, du latin classique dominium, avec peut-être influence de dam à l’initiale.
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Phonétique du mot « danger »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
danger dɑ̃ʒe play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « danger »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « danger »

  • Médecins sans frontières a déposé une plainte contre le conseil départemental de Seine-Saint-Denis. L'organisation lui reproche de ne pas avoir pris en charge un migrant mineur atteint du VIH, positif au covid-19 et en situation de grave dangerFrance 3 Paris Ile-de-France, Médecins sans frontières dépose une plainte contre la Seine-Saint-Denis pour mise en danger de la vie d'autrui
  • Le médecin de la famille du petit Gabin, mort à 22 mois de faim et de de soif en 2013 à Aubusson a été reconnu coupable de non-assistance à personne en danger ce jeudi. Le tribunal de Guéret vient de le condamner à neuf mois de prison avec sursis. France Bleu, Affaire Gabin : le médecin de la famille condamné pour non-assistance à personne en danger
  • Le baromètre annuel de la fondation Vinci Autoroutes publié ce mercredi dénonce des comportements dangereux des conducteurs en France, même si une légère amélioration se fait sentir. Journal L'Union, Excès de vitesse, oubli du clignotant... Français au volant, danger au tournant ?
  • Dès qu’il y a vie, il y a danger. De Ralph Waldo Emerson
  • J'aime être surpris, me mettre en danger. De Ben Gazzara
  • Si le fou prévient d'un danger, fuyez. De Proverbe téké
  • Trop gouverner est le plus grand danger des gouvernements. De Mirabeau / Collection
  • La femme sera toujours le danger de tous les paradis. De Paul Claudel
  • Là où est le danger, là est ce qui sauve. De Friedrich Hölderlin
  • L'homme est comme un ange en danger. De MC Solaar / Un Ange en danger
  • La crainte du danger est mille fois plus terrifiante que le danger présent. De Daniel Defoe / Robinson Crusoë
  • Il y a de la joie dans un danger et du danger dans la joie. De Proverbe américain
  • Seul le danger mortel est incolore. De Vladimir Nabokov / Regarde, regarde, les arlequins !
  • Le trop de confiance attire le danger. De Pierre Corneille / Le Cid
  • Le danger dissout tous les liens. De Proverbe français
  • Le timide a peur avant le danger, le lâche au milieu du danger, le courageux après le danger. De Jean-Paul Richter
  • Mouton isolé est en danger. De Noël Audet / L'Ombre de l'épervier
  • Eh ! mon ami, tire-moi de danger, Tu feras après ta harangue. Jean de La Fontaine, Fables, l'Enfant et le Maître d'école
  • Rien n'est plus dangereux que les passions dont la raison conduit l'emportement. Claude Adrien Helvétius, Notes, maximes et pensées

Images d'illustration du mot « danger »

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Traductions du mot « danger »

Langue Traduction
Corse periculu
Basque arriskuan
Japonais 危険
Russe опасность
Portugais perigo
Arabe خطر
Chinois 危险
Allemand achtung
Italien pericolo
Espagnol peligro
Anglais danger
Source : Google Translate API

Synonymes de « danger »

Source : synonymes de danger sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « danger »


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