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Comble

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Définitions du mot comble

Trésor de la Langue Française informatisé

COMBLE1, subst. masc.

A.− Ce qui est au sommet d'une construction.
1. ARCHIT., gén. au plur. Assemblage de pièces de bois ou de fer situé au-dessus d'un édifice pour supporter la couverture. Combles à surfaces planes : combles simples, brisés, pyramidaux; combles à surfaces courbes : combles cylindriques, coniques ou sphériques; combles à un, deux pans; combles à la Mansart.
2. P. ext., usuel
a) Le comble ou plus fréquemment les combles. Partie du bâtiment située sous le toit. Aménager les combles en appartements; loger dans/sous les combles; chambre, mansarde située dans/sous les combles :
1. Les ateliers occupaient les combles, une suite de salles basses et mansardées, éclairées de larges baies taillées dans le zinc, ... Zola, Au Bonheur des dames,1883, p. 716.
b) Sommet, toit d'un bâtiment. Comble dont la charpente avançait d'un mètre sur le pignon (Zola, Le Rêve, 1888, p. 10); le comble en ardoise de l'un des palais de la place des Vosges (Estaunié, L'Ascension de M. Baslèvre,1919, p. 4).
P. métaph. :
2. Elle était montée haut cependant, (...) mais les ambitieux, des combles les plus désirés, même les plus inespérés, une fois atteints, se font aussitôt des degrés, pour arriver à davantage. Bourges, Le Crépuscule des dieux,1884, p. 205.
3. Loc. adv. De fond en comble.
a) Au physique. Synon. de : de la cave au grenier.Fouiller la maison de fond en comble. [Châteaux] détruits de fond en comble (Proust, Le Temps retrouvé,1922, p. 755).
b) Usuel, au fig. Être ruiné de fond en comble. Totalement, de telle manière qu'on ne peut l'être davantage.
B.− Le comble + compl. prép. de (ou précédé d'un adj. poss.).Mettre le comble à qqc.
1. Vx. Surplus (de grains) dépassant la mesure déjà remplie. Le comble d'un minot, d'une mesure (Ac. 1835-1932); le comble d'un boisseau d'avoine; la mesure est au comble.
2. Usuel, loc. fig.
a) Pour comble de [le compl. est un inanimé abstr. non déterminé désignant une qualité, un bien, un mal, etc.] et absol. pour comble.Ce qui ajoute encore à [un mal]. Pour comble de disgrâce, d'ennui, d'horreur, d'infortune, de malchance, de malheur, de maux, de misère :
3. Pour comble d'infortune, ou peut-être pour surcroît de ridiculité, au deuil de mon amour venait se joindre le regret absurde des êtres et surtout des objets témoins de mon capricieux bonheur. Milosz, L'Amoureuse initiation,1910, p. 207.
4. Cantonner dans ces ruines était un problème. Pour comble, après la fin du jour, la neige se mit à tomber. Romains, Les Hommes de bonne volonté,Verdun, 1938, p. 113.
b) Emplois abs., au fig., péj.
La mesure est à son comble. Il est impossible d'en supporter davantage.
C'est le comble! Cela dépasse la mesure, est inadmissible. C'était le comble, et l'épreuve devenait impossible par son excès même (Bloy, La Femme pauvre,1897, p. 235):
5. Œdipe. − Par exemple! C'est le comble! Je reçois sans broncher les coups les plus rudes et chacun se ligue pour que j'en reste là et que je ne cherche pas à connaître mes origines. Cocteau, La Machine infernale,1934, IV, p. 126.
3. Au fig., usuel. Le plus haut degré (d'une qualité, d'un sentiment, d'un bien ou d'un mal) auquel on puisse atteindre et qui constitue parfois un excès, une démesure. Le comble de la joie. Synon. plénitude, perfection, excès :
6. Le ciel qui jusqu'alors m'avoit prodigué ses faveurs, y mit le comble, je devins mère; la joie de M. de Senneterre surpassoit la mienne; nous avions un fils. Fiévée, La Dot de Suzette,préf., 1798, p. 30.
SYNT. Le (au) comble de [le compl. inanimé abstr., souvent au sing., désigne une qualité, un sentiment, un bien ou un mal] : le comble de l'absurdité, de l'agitation, de l'anxiété, de l'audace, du bonheur, des douleurs, de l'exaltation, de la félicité, de la fureur, de la gloire, de l'habileté, de l'horreur, de l'injustice, du ridicule, de la surprise. Verbe + comble : atteindre le comble de; mettre le comble à [ma curiosité]; être au comble [du bonheur]; mettre au comble de [la joie]; porter au comble [l'émotion]; parvenir au comble de [l'étonnement]. L'agitation était à son comble, le désordre extrême (Bernanos, L'Imposture, 1927, p. 408).
JEUX. Jeu des combles. Jeu de société consistant à questionner sur ce qui est le comble de quelque chose et à répondre en ayant recours aux jeux de mots, calembours, contrepèteries, etc. Le comble du patriotisme : fuir un ciel bleu de Prusse (Renard, Journal,1887, p. 6).
7. Jadis la forme de l'« à peu près » était « le comble ». Mais elle était surannée, personne ne l'employait plus, il n'y avait plus que Cottard pour dire encore parfois, (...) : « savez-vous quel est le comble de la distraction? C'est de prendre l'édit de Nantes pour une Anglaise. » Les combles avaient été remplacés par les surnoms. Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 937.
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃:bl̥]. Grammont Prononc. 1958, p. 56, assimile le groupe final [bl̥] (entre autres, v. aussi [dʀ ̥, stʀ ̥, bʀ ̥, fl̥, gʀ ̥, bl̥]) au cas d'allongement des voyelles nasales en syll. fermée par une consonne. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1160 loc. adverbiale a cumble « de manière à dépasser les bords de la mesure » (Wace, Rou, III, 727 ds Keller); 2. 2emoitié xiies. fig. « le maximum, le plus haut degré de quelque chose » (Dialogue Gregoire, 238, 21 ds T.-L. : li combles del reguerredon [cumulus retributionis]); 3. a) 1260 archit. (Willard de Honnecourt, XXXIII, ibid.); 1811 plur. « logements situés immédiatement sous le toit » (Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin, t. 1, p. 6); b) av. 1574 loc. adv. de comble en fons au propre (Des Masures, Œuvres poét., Epitre ds Hug.); 1589 fig. « complètement » (P. Matthieu, Aman, I, p. 7, ibid.); 1680 de fond en comble (Rich.). Du lat. cumulus « tas, amoncellement, grande quantité » et au fig. « surplus » et « couronnement, apogée »; en ce dernier sens synon. de culmen, mot auquel le sens de « sommet, faîte » semble emprunté. Fréq. abs. littér. : 1 604. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 372, b) 2 048; xxes. : a) 2 007, b) 2 493. Bbg. Archit. 1972, p. 30. − Delamaire (J.). Meuniers et moulins à vent. Vie Lang. 1970, 629. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 180.

COMBLE2, adj.

A.− Vx ou littér.
1. [En parlant d'une mesure, d'un récipient] Qui est rempli au maximum de sa contenance avec un surplus qui dépasse. Un boisseau comble. Les feuilles de bananier combles de rosée chaviraient l'une après l'autre (Giraudoux, Suzanne et le Pacifique,1921, p. 107).
Région. (Canada). Bien rempli. Assiette comble (G. Roy, Bonheur d'occasion, 1945, p. 124); sacs combles (G. Guèvremont, Le Survenant,1945, p. 75).
P. anal., MÉD. VÉTÉR. Pied comble. ,,Nom donné au sabot dont la sole porte seule à l'appui, dépassant, par cette convexité morbide, le bord plantaire de la muraille`` (Littré).
Rem. Attesté ds Lar. 19e, Lar. encyclop., DG, Quillet 1965.
2. Loc. fig., péj. La mesure est comble! Il est impossible d'en supporter davantage :
1. rosette. − Que signifie cette scène? bruno. − Que la mesure est comble et que je romps avec toi. Montherlant, Un Incompris,1944, 4, p. 415.
B.− P. hyperb., lang. cour. [En parlant d'un établissement public ou privé, d'un lieu clos, d'un moyen de transport collectif] Plein au-delà de sa contenance normale, en sorte que personne ne pourrait plus entrer. Boutique comble; spectacle, artiste qui fait salle comble. La salle était comble et je ne me souviens pas d'avoir jamais vu un théâtre aussi rempli (Delécluze, Journal,1827, p. 455):
2. 17 février 1898. Au Palais de Justice : la cour d'Assises, 10ejournée du procès Zola. (...). Salle comble. Un public tassé, grouillant, bavard, gesticulant sur place. R. Martin du Gard, Jean Barois,1913, p. 380.
Prononc. et Orth. Cf. comble1. Étymol. et Hist. 1. Ca 1200 « qui est rempli par-dessus les bords » ici fig. « riche, comblé » (Renart, éd. M. Roques, 11397, br. X); 1213-14 comble d'avoir (Faits des Romains, 31, 28 ds Romania, t. 65, 1939, p. 485); 2. 1817 « (d'un endroit) empli de monde » salle comble (Mmede Staël, Considérations sur les princ. événements de la Révolution fr., t. 2, p. 398); 3. 1393 art. vétér. piés combles (Ménagier, II, 74 ds T.-L.). Dér. régr. de combler*. Fréq. abs. littér. : 134. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, p. 258.

Wiktionnaire

Nom commun 1

comble \kɔ̃bl\ masculin

  1. (Architecture) Faîte ; couronnement d’un édifice.
    • La cigogne blanche s’établit sur les combles des édifices. — (Buffon)
  2. (Par extension) Partie d’un édifice sur laquelle repose immédiatement la couverture.
    • Un second rang de moises, posé en L à 1m,80 du premier rang, formait l’enrayure des arbalétriers M du comble. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
  3. (Couvertures) Synonyme de toit.
  4. (Figuré) Point culminant ; degré le plus haut.
    • Le lieutenant-colonel du Paty de Clam est en prison. Ô lendemains des jours de victoire. Du Paty de Clam est en prison, et dans la propre cellule de Dreyfus, pour comble d’ironie. — (Georges Clemenceau, Au Cherche-Midi dans L'Aurore, 3 juin 1899 - En réunion dans Justice militaire, Stock, 1901, p.96)
    • Les buveurs se regardaient : ils chantaient l’un pour l’autre, au comble de l’émotion : […]. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Ce mouvement absurde et horripilant porte le malaise de la scène à son comble. — (Amélie Nothomb, Le Sabotage amoureux, Albin Michel, Paris, 1993, p. 24 de l’éd. 2011)
    • Mon avenir, quoi qu'il arrive, était donc assuré : ou je devenais polytechnicien, ou je devenais un « gadz'arts », mais dans les deux cas, je savais que mon père serait au comble du bonheur. — (Louis Legrand, Le roman du petit "nhà-qhê" ou la saga des Caradec, L'Harmattan, 2004, page 128)
    • Le général annamite mit le comble au mécontentement du peuple en ordonnant que l'on cadastrât les propriétés et que l'on fît le recensement de la population. — (Jean Moura, Le Royaume du Cambodge, Cambridge University Press, 2015, vol. 2, page 114)
  5. (Figuré) (Par extension) (avec de) La situation la plus exemplaire, le paroxysme d'une idée, d'un phénomène.
    • Nous avons donné le Coran pour héritage à nos élus. Quelques-uns d’eux s’abandonnent à l’iniquité. Le plus grand nombre a embrassé la vertu ; d’autres s’efforcent de se surpasser dans la pratique des bonnes œuvres ; c’est le comble de la perfection. — (Le Coran, traduction par Claude-Étienne Savary, 1782)
    • Donc, de la part de Dreyfus, se procurer ainsi l’écriture qu’il voulait décalquer, eût été le comble de la folie. Il pouvait aussi bien, pour son objet, décalquer l’écriture de n’importe qui. Obtenir celle d’Esterhazy, par un moyen frauduleux qui pouvait être immédiatement découvert, était la pire imprudence. — (Jean Jaurès, « Les Preuves », dans La Petite République, 1898)
    • Plus ahurissant, le député Jolin-Barrette qui valorise une semaine de travail à 60 heures en glorifiant le modèle américain. C’est le comble de l’inconscience dans un monde du travail qui se robotise, de s’inspirer du pays le plus inégalitaire. — (Réjean Parent, Choisir pour prendre pire sur Journal de Montréal.com, 30 janvier 2018. Consulté le 4 avril 2018)
  6. (Héraldique) Chef réduit à moins de la moitié de sa hauteur ordinaire.
  7. (Héraldique) Partie supérieure du pavillon, sommet de la couronne.
  8. (Technique) Intervalle séparant les têtes d'un ouvrage de vannerie.

Nom commun 2

comble \kɔ̃bl\ masculin

  1. Ce qui peut tenir au-dessus d’une mesure déjà pleine.
  2. (Figuré) Ce qui dépasse la mesure ; surcroît ; surabondance.
    • Un jour, j'appris une nouvelle terrible et qui venait mettre le comble à mes malheurs: la liberté avait été rendue à ces quatre hommes qui avaient survécu au combat; […]. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
    • Ce serait un comble que pour sortir de la crise financière, on oriente l'épargne vers les dettes souveraines. Je préfère qu'on stimule l'économie par la production. — (François Hollande, « Si je suis élu, je passerai un contrat avec l'industrie », dans L'Usine nouvelle, n°3246, 30 juin 2011, p.32)

Adjectif

comble \kɔ̃bl\ masculin et féminin identiques

  1. Très ou trop plein.
    • Délicieux souvenirs de meetings aux salles combles, de discours émouvants de nos candidates novices (beaucoup s’exprimaient pour la première fois en public), du succès particulier auprès des médias étrangers. — (Gisèle Halimi, Ne vous résignez jamais, 2010)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COMBLE. n. m.
Ce qui peut tenir au-dessus des bords d'une mesure, d'un récipient déjà plein. Le comble d'une mesure. Il signifie aussi Toute construction de bois, de fer ou de maçonnerie, placée au-dessus d'un édifice, pour soutenir la couverture d'ardoises, de tuiles, de plomb, etc. Un comble de charpente, de fer. Les ouvriers sont sur le comble de la maison pour réparer la couverture. On l'emploie également au pluriel dans ce sens, et surtout en parlant des Logements situés dans la partie la plus élevée d'une maison, d'un édifice. Il loge dans les combles, sous les combles.

DE FOND EN COMBLE, loc. adv. Voyez FOND.

COMBLE désigne figurément le Dernier surcroît, le plus haut degré de quelque chose, particulièrement de la gloire, de la joie, des désirs, de l'affliction, des maux, des vices, etc. Parvenir, arriver au comble des honneurs, au comble de la fortune, au comble de ses désirs. Il est au comble de ses vœux. Il a mis le comble à ma félicité. Ce fut le comble de nos maux. Le comble de son affliction, de sa douleur. C'est le comble de l'effronterie. L'irritation des esprits était au comble.

POUR COMBLE DE, loc. prép.;

POUR COMBLE, loc. adv. Pour dernier surcroît. Il tomba malade, et pour comble de malheur, pour comble de disgrâce, ou simplement pour comble, il perdit, peu de temps après, tout son bien. Il gagna la bataille et, pour comble de gloire, il fit le général ennemi prisonnier.

Littré (1872-1877)

COMBLE (kon-bl') s. m.
  • 1Ce qui tient au-dessus des bords d'une mesure déjà pleine. Le comble d'un boisseau.
  • 2 Fig. Le dernier degré, le plus haut point. Cette ombre de pitié n'est qu'un comble d'envie ; Vous m'avez envié le bonheur de ma vie, Corneille, Œdipe, III, 3. S'il ne m'obéit point, quel comble à mon ennui ! Corneille, Cid, II, 3. La mort n'est point pour moi le comble des disgrâces, Racine, Baj. II, 3. Sans doute, c'est pour moi le comble des malheurs, Racine, Mithr. II, 6. Que le trouble [dans une pièce de théâtre], toujours croissant de scène en scène, à son comble arrivé se débrouille sans peine, Boileau, Art p. III. Lorsque les abominations de Sodome furent montées à leur comble, Massillon, Carême, Imp. Les opinions s'élèvent peu à peu jusqu'au comble de la probabilité, Pascal, Prov. 13. Elle nous mène jusqu'à la mort qui est un comble éternel, Pascal, Vrai bien, 1. C'était là le comble de ses souhaits, La Bruyère, VI. Les vieux capitaines dont la réputation et l'expérience étaient au comble, Fénelon, Télém. X. Encore une parole, j'étais au comble du bonheur, Fénelon, ib. IX. L'iniquité vint à son comble, Bossuet, Hist. II, 4. Les iniquités n'étaient pas au comble où il les attendait, Bossuet, ib. II, 3. Sa gloire parut alors élevée au comble, Bossuet, Hist. I, 9. Ses iniquités étaient montées jusqu'au dernier comble, Bossuet, Bonté, 2. La mesure semble être au comble, Bossuet, Avert. 1. Ses plaisirs sont au comble, et n'ont rien de mortel, Gilbert, Le jugement dern. Le comble à cette vraisemblance était que les marées sont plus hautes à la nouvelle et à la pleine lune, Voltaire, Newt. III, 10.

    Mettre le comble à quelque chose, en combler la mesure. Pour mettre le comble à leur malheur, Fénelon, Tél. XI. Pour mettre le comble à sa félicité, Hamilton, Gramm. 7.

    Pour comble de, pour dernier surcroît. Et demandons aux dieux, nos dignes souverains, Pour comble de bonheur l'amitié des Romains, Corneille, Nicom. V, 10. Veux-tu qu'un médisant, pour comble à sa misère, L'accuse d'y souffrir l'assassin de son père ? Corneille, Cid, III 1. Pour comble à sa noire aventure, Corneille, Pomp. II, 2. …Pour comble d'ennui, Mon cœur, mon lâche cœur s'intéresse pour lui, Racine, Andr. V, 1. Pour comble de gloire et de magnificence, Racine, Esth. II, 5. Pour comble de malheur, les dieux, toutes les nuits, Me venaient reprocher ma pitié sacrilége, Racine, Iphig. I, 1. La fortune pour comble de maux me l'a enlevé, Fénelon, Tél. IV.

    Absolument. Mais, pour comble, à la fin, le marquis en prison Sous le faix des procès vit tomber sa maison, Boileau, Sat. V.

HISTORIQUE

XVe s. Quiconque amenera poissons en panier à Paris, il convient que ses paniers soient emplis loyaument, ou à comble ou sans comble, Ord. des rois de Fr. t. II, p. 359. On ne trouveroit nul homme terrier à qui nostre seigneur donnast tant de graces comme il te appreste : il te donna beaulté à comble ; il te donna sens et discretion à congnoistre le bien du mal, Lancelot du lac, t. III, f° 78.

XVIe s. Comment nous oserions nous glorifier d'avoir adjousté quelque comble à la juste mesure, Calvin, Instit. 614. Sa libéralité vient jusques à ce comble, de ne rejetter pas nostre obeissance imparfaite, Calvin, ib. 259. Ce que dessus suffira pour faire conoistre que l'injustice aproche de son comble, Lanoue, 13. Droit de mouture est que les meuniers doivent rendre du rès [mesure de grain rase] le comble [mesure de farine comble], Loysel, 262.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. COMBLE. - HIST. Ajoutez : XIIe s. En laqueile conissance [des bienheureux] croist li combles del reguerredon, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 238.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

COMBLE, s. m. (Architecture.) du Latin culmen, sommet, ou culmus, chaume. Ce terme en général désigne la forme des couvertures de toutes les especes de bâtimens civils & militaires : on les appelle aussi toit, du Latin tectum, fait de tegere, couvrir.

Ordinairement la construction des combles est de charpente recouverte de cuivre, de plomb, d’ardoise, de tuile, &c. (Voyez Cuivre, Plomb, Ardoise, &c.) leur hauteur dépend de l’usage intérieur qu’on en veut faire, & de l’importance du bâtiment dans lequel ces sortes d’ouvrages entrent pour quelque chose quant à la décoration des façades, selon qu’ils les terminent avec plus ou moins de succès.

Dans le dernier siecle on regardoit comme un genre de beauté dans nos édifices, de faire des combles d’une élévation extraordinaire, tels qu’il s’en voit aux châteaux de Versailles du côté de l’entrée, de Meudon, de Maisons, &c. & à Paris aux palais des Tuileries & du Luxembourg ; aujourd’hui au contraire l’on regarde comme une beauté réelle de masquer les couvertures par des balustrades, à l’imitation des bâtimens d’Italie, tels que se voyent, à Versailles la nouvelle façade du côté des jardins, le palais Bourbon à Paris, l’hôtel de Lassay, &c. Ce qui est certain, c’est que la nécessité d’écouler les eaux du ciel doit déterminer leur hauteur, relativement à leur largeur, afin de leur procurer une pente convenable à cette nécessité. Cette pente doit être déterminée selon la température du climat où l’on bâtit ; de sorte que dans le nord l’on peut faire leur hauteur égale à leur base, afin d’écouler plus promptement les neiges qui y sont abondantes : dans les pays chauds au contraire, leur hauteur peut être réduite au quart de leur base ; & dans les pays tempérés, tels que la France, le tiers ou la moitié au plus suffit pour se préserver de l’intempérie des saisons.

Sous le nom de combles, l’on comprend aussi les dômes de forme quadrangulaire & circulaire qui terminent les principaux avant-corps des façades, tels que se remarquent ceux des châteaux des Tuileries & de la Meutte, les combles à l’impériale, en plateforme, &c.

Dans les combles les plus ordinaires on en compte de trois especes : savoir, les combles à deux égoûts formés d’un triangle isocele, les combles brisés ou à mansardes, dont la partie supérieure est formée d’un triangle isocele, & l’inférieure d’un trapezoïde ; les combles en terrasses sont formés seulement par un trapésoïde. (P)

Comble, terme de Mesureur, usité sur-tout dans le commerce des grains. Il se dit de ce qui reste enfaîté au-dessus des bords de la mesure après que le mesureur l’a remplie. Il y a deux manieres de mesurer ; l’une, à mesure comble, & l’autre à mesure rase. La mesure comble est quand on donne à l’acheteur ce qui reste au-dessus des bords avec la mesure même ; & la mesure rase, quand avant de la délivrer le vendeur la racle avec un morceau de bois qu’on appelle radoire & ailleurs rouleau, & en fait tomber ce qui est au-dessus des bords. Il y a des grains & des légumes qui se vendent à mesure rase, & d’autres à mesure comble. Le charbon, le plâtre, la chaux se vendent à mesure comble. Voyez Mesure & Mesurer. Dictionn. du Comm. Dish. & Trév.

Comble, pié comble. Voyez Pié.

Combles, ce sont, chez les Vanniers, tous les intervalles à jour ou pleins qu’il y a entre les faîtes d’un ouvrage.

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Étymologie de « comble »

(Nom 1) Du latin cumulus avec le sens de culmen (« faîte »).
(Nom 2) Du latin cumulus (« monceau »).
(Adjectif) De « combler ».
(Forme de verbe) De « combler ».
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Provenç. comol ; espagn. et ital. colmo ; portug. cumulo, et cómoro, combro, tas de terre ; du latin cumulus.

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Phonétique du mot « comble »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
comble kɔ̃bl

Citations contenant le mot « comble »

  • Le comble du pessimisme : croire à Dieu. De Georges Perros / Papiers collés
  • Devenir cynique, voilà le comble de la pudeur.
  • L’anthropophagie est le comble de l’amour charnel. De Georges Elgozy
  • Le comble de l'inélégance : avoir une signature illisible.
  • La métaphysique est de fond en comble platonique. De Martin Heidegger / Introduction à la métaphysique
  • La fortune rend fous ceux qu’elle comble trop. De Publius Syrus / Sentences
  • L'amour est le comble de l'instant. De Sylvie Sicotte / Non, je n'ai pas dansé nue
  • Le comble de l’obséquiosité : Enterrer les balles mortes. De Alphonse Allais / Le Tintamarre - 10 Août 1879
  • Le comble de l'orgueil, ou de l'abjection, est le comble de l'ignorance de soi-même. De Baruch Spinoza / L'éthique
  • Le metteur en scène, c'est le comble du traducteur. De Antoine Vitez
  • Le comble de l'orgueil, c'est de se mépriser soi-même. De Gustave Flaubert
  • La civilisation crée plus de besoins qu'elle n'en comble. De Bernard Grasset
  • Le comble du racisme ? Pisser sur Jacob sans pisser sur Delafon ! De José Artur
  • La sainteté n'est peut-être que le comble de la politesse. De Marcel Jouhandeau / De l'abjection
  • Le cynisme est le comble de la franchise dans une société d'hypocrites. De Philippe Bouvard

Traductions du mot « comble »

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Synonymes de « comble »

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Antonymes de « comble »

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