La langue française

Souci

Sommaire

Définitions du mot souci

Trésor de la Langue Française informatisé

SOUCI1, subst. masc.

A. − État d'esprit plus ou moins douloureux, permanent ou répété, de quelqu'un qui s'inquiète à propos d'une personne ou d'une chose à laquelle il accorde de l'importance. Synon. inquiétude, préoccupation, tourment, tracas.Grand, petit souci; souci constant, dominant; épargner un, des souci(s) à qqn; oublier ses soucis. C'est un état assez heureux que celui qu'on goûte en voyageant à son aise: on est débarrassé des soucis, des soins et des devoirs ordinaires de la vie (Maine de Biran,Journal, 1816, p. 132).[Lucien] se rua, selon l'expression de La Fontaine, en cuisine, et noya ses soucis dans le vin (Balzac,Illus. perdues, 1839, p. 489).J'ai un souci moi... Un souci métaphysique! Permanent! Irrécusable! Oui! Et qui ne me laisse pas tranquille! Jamais! Même comme ça quand j'en ai pas l'air! Quand je te cause de choses et d'autres! Je suis tracassé! (Céline,Mort à crédit, 1936, p. 437).
SYNT. Souci exclusif, dévorant, grave, lancinant, majeur, moral, permanent, personnel, rongeur, vital; cruel, grave, gros souci; noirs soucis; éviter un, des souci(s) à qqn; donner du, des souci(s); être débarrassé d'un souci.
1. Au sing.
a) [L'accent est mis sur la perte de la tranquillité d'esprit]
Avoir du souci. S'inquiéter. On a quelquefois bien du souci avec les enfants. Quand ils grandissent. Elle l'avait bien dit à Joseph. Ça finirait mal (Péguy,Myst. charité, 1910, p. 107).
Se faire du souci, bien du souci, tant de souci (à cause de, à propos de, pour, au sujet de qqn, qqc.). S'inquiéter. Synon. pop., fam. se faire de la bile*, du mouron*, du mauvais sang*.Pourquoi me dévisagez-vous? Vous n'allez pas vous faire du souci? Ce serait trop bête! (Mauriac,Mal Aimés, 1945, ii, 8, p. 209).
Tenir (qqn) en souci (vx). Inquiéter (quelqu'un). Ton brusque départ me tenait en souci; Mais j'ai bien deviné que tu serais ici (Ponsard,Honn. et argent, 1853, iii, 6, p. 80).
Être en souci (de) (vieilli). Être inquiet, préoccupé. Être en souci de la santé de qqn. Quand il était trop en souci d'un malade, il descendait au jardin et donnait une façon à quelque carreau de légumes (Pourrat,Gaspard, 1931, p. 109).
Loc. adj. ou adv. Sans souci. Sans inquiétude. Synon. insouciant.Être, vivre sans souci; enfants sans souci. J'étais, dans ma jeunesse, d'un caractère gai, folâtre, sans souci, sans réflexion (Restif de La Bret.,M. Nicolas, 1796, p. 66).
Locution proverbiale, iron. et fam., vx. Vous vivrez peu, vous prenez trop de souci. Mêlez-vous de ce qui vous regarde. (Dict. xixeet xxes.).
b) [L'accent est mis sur le sentiment douloureux d'inquiétude et d'angoisse] Synon. chagrin.Donner du souci; endurer du souci. La jeune fille ainsi Se laisse choir aux pieds de Charlemagne, Le cœur brisé par un si grand souci (Banville,Exilés, 1874, p. 110).Je crains bien que cette espèce de pressentiment noir dont je suis obsédée pendant mon service ne se rapporte à l'enseignement même. (...) Le souci naît, le soir, avec la fatigue, avec la diminution du vacarme scolaire (Frapié,Maternelle, 1904, p. 100).
2. P. méton.
a) [Avec l'art. indéf. ou au plur.] Cause, motif d'inquiétude. Synon. ennui; (fam.) embêtement, empoisonnement, emmerdement (vulg.).Souci domestique; soucis familiaux, ordinaires, professionnels, quotidiens; soucis du jour, du ménage, du moment; front lourd de soucis; avoir des soucis, n'avoir aucun souci; enlever (un gros) souci à qqn. Il s'y était plongé [dans le travail], englouti, et tout le reste en apparaissait plus lointain. Un souci chasse l'autre (Van der Meersch,Invas. 14, 1935, p. 479).Louise: (...) J'imaginais vos soucis, votre tourment... Clérambard: − Quels soucis? Quel tourment? Louise: − Hélas! Ils ne vous manquent pas. La maison, le travail, les créanciers, une situation qui va s'aggravant... (Aymé,Cléramb., 1950, ii, 3, p. 80).
Souci matériel ou souci d'argent. Elle avait d'autres ennuis, des soucis matériels qui la préoccupaient davantage. Jean continuait à n'être pas raisonnable, il la harcelait toujours de demandes d'argent (Zola,Bonh. dames, 1883, p. 538).Mère chargée de quatre enfants et de soucis d'argent (Colette,Mais. Cl., 1922, p. 195).
b) Personne, chose qui préoccupe, inquiète. Son fils est son principal souci. La nuit, si par malheur on a du souci, il vous saute dessus, se carre sur vos épaules; tant va la route (...). Moi, mon souci, c'était la Douloire (Giono,Baumugnes, 1929, p. 195).Il était le souci, la crainte, la gêne de ses professeurs. Son regard immobile glaçait la réprimande sur leurs lèvres (Green,Autre sommeil, 1931, p. 13).
B. − Gén. au sing. État d'esprit de la personne qui s'intéresse particulièrement à quelqu'un, quelque chose, s'adonne à une activité, veut parvenir à un but. Synon. préoccupation.Un bon maître a ce souci constant: enseigner à se passer de lui (Gide,Journal, 1922, p. 732):
− Et j'apprécie infiniment, (...) le souci du baron Schoudler de veiller à la conservation d'un patrimoine légitime de ses petits-enfants (...). Et je suis persuadé que le même souci anime la famille Leroy, en ce qui la concerne. Druon,Gdes fam., t. 2, 1948, p. 199.
1. [Déterminé par un adj. ou un compl.]
Souci(s) + adj.[L'adj. exprime la nature de l'intérêt, de l'attention] Souci esthétique, moral, pédagogique. Il sentait déjà si lointains ses soucis humanitaires, sa sollicitude pour les ouvriers, les humbles! (Van der Meersch,Invas. 14, 1935, p. 469).Tout ce qui le peut est présenté [au marché] en guirlandes, en régimes nattés, en bouquets, avec ce souci décoratif propre aux races du Midi européen (T'Serstevens,Itinér. esp., 1933, p. 135).
Souci de
Souci de qqc.[Le compl. désigne l'objet de l'intérêt, de l'attention] Souci des affaires, de l'avenir, du bien public, du bonheur, du confort, de l'élégance, de la forme et du fond, de la perfection, de la propreté, de la vérité; un souci d'équité, d'objectivité, d'ordre. Le souci de la clarté et de la netteté est un souci moral (Blondel,Action, 1893, p. 238).Les amoureuses pleines du souci de leur gloire que seront Chimène et Émilie (Brasillach,Corneille, 1938, p. 85).
Souci de + inf.Souci d'éviter (qqc.), d'instruire, d'obtenir, de plaire; souci d'être clair, vrai. L'homme s'ingénie et le souci constant de rendre son existence meilleure le conduit à créer les sciences (Gaultier,Bovarysme, 1902, p. 180).Mmede Guermantes montrait dans ses robes le même souci de suivre la mode que si, se croyant devenue une femme comme les autres, elle avait aspiré à cette élégance de la toilette dans laquelle des femmes quelconques pouvaient l'égaler, la surpasser peut-être (Proust,Guermantes 2, 1921, p. 29).
2. Loc. et expr.
Le dernier souci, le cadet, le dernier de mes (tes, ses) soucis. Ce qui passe après le reste. Le dernier de mes soucis est de savoir ce qu'ils ont pu penser! (Verne,Île myst., 1874, p. 130).Morel (...) n'avait pas songé à ce que deviendrait le baron, lequel était le cadet de ses soucis (Proust,Sodome, 1922, p. 1008).Petits possédants dont le dernier souci est certainement d'encourager les grèves (Camus,Homme rév., 1951, p. 263).C'est (là) le cadet, le dernier, le moindre de mes soucis. Cela ne m'intéresse pas du tout. J'entrevois bouger en tous sens mille poissons pour lesquels il me semble toujours que je n'aurai jamais assez de temps pour m'en occuper. Que d'autres poissons viennent du dehors les rejoindre [dans ma vie intérieure], c'est le cadet de mes soucis (Du Bos,Journal, 1923, p. 374).
Avoir souci de, n'avoir guère / jamais souci de (qqn, qqc.). (Ne... pas) s'occuper de (quelqu'un, quelque chose). Synon. (ne pas) se soucier de.Ce ne devrait pas être de la part d'un homme un tour de force impossible, bien que d'ordinaire les hommes n'en aient aucunement souci (Romains,Hommes bonne vol., 1939, p. 87).
N'avoir d'autre souci que + subst. Ne s'occuper que de. Le gouvernement ne saurait avoir d'autre souci que la vérité, ni d'autre intérêt que la justice impartiale pour tous (Clemenceau,Iniquité, 1899, p. 13).
Avoir (grand) souci que + subj. (littér.). Attacher beaucoup d'importance à ce que. J'ai eu parfois grand souci qu'on m'admirât, ou du moins qu'on m'aimât (Bernanos,Joie, 1929, p. 555).
N'avoir (ni) souci ni cure de + subst. (vieilli). Ne pas s'inquiéter de quelque chose. Suis-je d'un sang si vil, de race tant obscure, Roi, que du châtiment il n'ait souci ni cure? (Leconte de Lisle,Poèmes barb., 1878, p. 292).
Avoir d'autres soucis en tête. S'occuper d'autre chose. Marius au fond, tu as bien raison, et j'ai bien tort de m'en mêler. J'ai d'autres soucis en tête, heureusement (Pagnol,Marius, 1931, i, 11, p. 89).
Vieilli
Prendre souci de (qqn, qqc.). S'occuper de (quelqu'un, quelque chose). L'emmanchure de ses blouses déchirée jusqu'aux hanches, car la femme de ménage n'en prenait guère de souci (Flaub.,MmeBovary, t. 2, 1857, p. 201).Vous seriez une grande dupe, Monsieur, me répondit ma gouvernante, si vous preniez souci de cette créature (France,Bonnard, 1881, p. 283).Prendre souci et soin de (qqn, qqc.). Il en prit souci et soin [de Jean] comme de quelque chose de très fragile et de très recommandé (Hugo,N.-D. Paris, 1832, p. 174).
Tenir à souci de + inf. Se préoccuper de. Il tenait à souci de me marquer sa confiance, et la mienne envers lui est très grande (Gide,Journal, 1928, p. 883).
Avec le/un souci de, dans le/un souci de, par souci de + subst. ou inf. Avec la préoccupation de. Informer nos concitoyens dans un souci de scrupuleuse objectivité (Camus,Peste, 1947, p. 1314).
Sans souci de + subst. ou inf. Vivre au jour le jour, sans souci du lendemain, sans préoccupations pour l'avenir (Flaub.,Corresp., 1839, p. 40).
Sans souci que + subj. Il jetait les idées comme un lanceur de graines, sans souci qu'on en tirât parti avant lui (Guéhenno,Jean-Jacques, 1948, p. 228).
3. P. méton. Personne qui est l'objet d'une attention constante, de soins attentifs. J'avais laissé non loin, sous l'aile maternelle, Ma fille, mon enfant, mon souci, mon trésor (Lamart.,Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 138).
Littér. [P. allus. à Malherbe, Poésies, Paris, Droz, 1936 [1630], p. 148: Beauté mon beau souci] Ce qui est l'objet de soins agréables et constants. Est-ce moi qui pleurais ainsi − Ou des veaux qu'on empoigne − D'écouter ton pas qui s'éloigne, Beauté, mon cher souci? (Toulet,Contrerimes, 1920, p. 28).
REM. En compos.
Sans-souci* --
.
Prononc. et Orth.: [susi]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1217-22 « inquiétude, angoisse que causent les dangers, les difficultés » geter aucun de mout grant soussi (Jean Renart, Roman de la Rose ou de Guillaume de Dole, éd. F. Lecoy, 5596); 1225-30 estre en souci (Guillaume de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 2577); ca 1280 metre aucun en soussi (Girart d'Amiens, Escanor, 5477 ds T.-L.); 2. 1225-30 « fait de se préoccuper de quelque chose » n'avoir sousi de nule rien fors de... (Guillaume de Lorris, op. cit., 570); id. estre en mout grant sousi que + subj. (Id., op. cit., 3997); 3. a) fin xives. « préoccupation, inquiétude amoureuse » (Eustache Deschamps, Virelai ds Œuvres, éd. Queux de St-Hilaire, t. 4, p. 175); 1remoit. xves. [ms.] estre en grant soussi de cuer (Froissart, Chron., I, éd. S. Luce, § 168, leçon ms. d'Amiens, t. 2, p. 368); b) av. 1577 « objet de préoccupation amoureuse » (R. Belleau, Eglogues sacrées, I ds Œuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 2, p. 302: Avance toy, mon Cœur, et vien choisir ta place Pres de moy, mon souci); av. 1589 (A. de Baïf, Églogues, VII ds Œuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 3, p. 41: Muses, mon cher soucy); 4. 1549 « ce qui constitue un sujet d'inquiétude » le plus grand soulci que j'aye; diminuer les soulcis (Est.). Déverbal de soucier*.

SOUCI2, subst. masc.

A. − BOT. Plante annuelle de la famille des Composées, à fleurs jaunes ou orangées réunies en capitules, à odeur forte, à feuilles opposées de texture épaisse et lancéolées, qui fleurit d'avril à octobre et que l'on cultive pour ses propriétés ornementales et pharmaceutiques (sous le nom de calendula); fleur de cette plante. Petit souci ou souci des champs; souci des jardins; bouquet de soucis. Le tournesol, géant de l'empire de Flore, Et le tendre souci qu'un or pâle colore (Michaud,Printemps proscrit, 1803, p. 85).Elle l'aimait [son homme] (...), ne l'ayant en moindre révérence que la fleur de souci le soleil, laquelle ouvre ses fleurons quand il reluit, vire pour le suivre en son cours et les ferme à la perte de sa présence (Pourrat,Gaspard, 1922, p. 28).
Vieilli et fam. Être jaune comme (un) souci. ,,Être très jaune, avoir le teint brouillé`` (Ac. 1835, 1878).
[P. réf. aux fleurs du souci]
Loc. adj. Couleur (ou jaune) de souci. Jaune vif ou orangé. Un palais couleur de souci (Claudel,Gdes odes, 1910, p. 235).
Empl. adj. inv., en appos. Couleur (ou jaune) souci; p. ell., souci. Jaune vif ou orangé. La couleur souci, jaune ou racine de buis de la couverture du livre (Stendhal,H. Brulard, t. 1, 1836, p. 124).Le petit salon aux boiseries d'un bleu soutenu, panelées de soie souci (Aragon,Beaux quart., 1936, p. 306).
B. − P. anal. (de couleur)
1. BOT. Souci d'eau. Plante à fleur jaune poussant au bord de l'eau. Synon. usuel populage, caltha, lysimaque.Les soucis d'eau et les bugles rampantes égayaient de jaune vif et de violet-rose les eaux mortes et les berges croulantes (Arnoux,Zulma, 1960, p. 192).V. jaune III A 1 ex. de Pourrat, populage ex. de Guyot, Gibassier.
2. ENTOMOL. ,,Papillon encore appelé soufré orange (...) commun le long des routes`` (Animaux 1981).
Prononc. et Orth.: [susi]. Homon. souci1. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Mil. xiiies. sussie fém. (Gl. Glasgow, 157b ds T.-L.: hoc solsequium, sussie); 2. 1538 soulci masc. (Est., s.v. sol, solis [herba]). Le type soussie, fém. est empr. au b. lat. solsequia « tournesol, chicorée sauvage » (vie-viies., Isidore d'apr. André Bot.) avec adapt. de la finale d'apr. le suff. -ie*, fréq. dans la terminol. bot. (cf. a. fr. celidonie déb. xives., FEW t. 2, p. 634a, celidoine*; agrimonie, ibid. t. 24, p. 270a, aigremoine*; centorie, ibid., t. 2, p. 583a, centorée*), la forme pop. devant être *souciece. Le type masc. soussi est empr. au masc. solsequium (xiiies., Gl. Glasgow, loc. cit.; id. [ms. de Bruges] Dict. de Jean de Garlande, éd. A. Scheler, § 75 ds Jahrbuch rom. engl. Lit. t. 6 1865, p. 160; v. aussi FEW t. 12, p. 75a, note 27). Cf. d'autres formations sav., dont le genre est difficile à préciser: a. fr. soucicle (1334 Normandie ds Gdf.); agn. solsecle (xiiie, Recettes méd. en vers, éd. P. Meyer ds Romania t. 32 1903, p. 83; mil. xiiies., Gl., Brit. Mus. Harley 2742, 140b ds T.-L.; d'où l'ags. solicle ca 1290, Gautier de Bibbesworth, Traité, éd. A. Owen, 641; 1310 solsecle, NED).
STAT. Souci1 et 2. Fréq. abs. littér.: 3 743. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2 262, b) 3 778; xxes.: a) 6 106, b) 8 291.

Wiktionnaire

Nom commun 1

souci \su.si\ masculin

  1. Soin, préoccupation, inquiétude.
    • Parmi les louanges qu’on donne à Bacchus, la plus glorieuse sans doute, c’est qu’il dissipe les soucis, les inquiétudes et les peines. Mais ce n’est pas pour longtemps : l’ivrogne cuve son vin, et les chagrins reviennent en poste. — (Érasme; Éloge de la folie, 1509. Traduction de Thibault de Laveaux en 1780)
    • L’industrie moderne est caractérisée par un souci toujours plus grand de l’exactitude ; au fur et à mesure que l’outillage devient plus scientifique, on exige que le produit présente moins de défauts cachés. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap. VII, La morale des producteurs, 1908, p. 356)
    • Le Danemark, avec le souci le plus louable de la santé physique et morale de ses sujets, interdit absolument l’importation de l’alcool au Groenland. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Nous volions depuis vingt-six heures et demie. Malgré les soucis et les préoccupations et les efforts successifs, nous étions l’un et l’autre d’attaque. — (Dieudonné Costes et Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
    • Il m’est dit à chaque instant que l’un des grands soucis des autorités départementales, c’est l’entretien des routes, souvent emportées par des torrents, par les coulées de boue, par les éboulements, par des chutes de blocs. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • La gelée de mai avait compromis la récolte des sorbes et depuis déjà longtemps c’était le souci numéro un des griveleux. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)

Nom commun 2

souci \su.si\ masculin

  1. (Botanique) Plante de la famille des Astéracées, donnant une fleur jaune, radiée, qui a une odeur forte.
    • Originaire d’Europe méridionale le souci est apprécié depuis l’Antiquité pour ses qualités culinaires et médicinales. — (Mélinda Wilson, Guylaine Girard, Fleurs comestibles: du jardin à la table, 2008, page 206)
    • Le souci est une jolie petite annuelle qui fleurit dès le printemps jusqu’aux premières gelées. — (Souci : une fleur généreuse, jardiner-malin.fr)
  2. (Par extension) La fleur elle-même.
    • Cueillir des soucis.
    • Le souci a la particularité de se fermer la nuit venue et de s’ouvrir au contact du soleil… — (Soucis au jardin, Sérénité au potager !, jardin-biodiversite.com, 18 janvier 2013)

Nom commun 3

souci \su.si\ masculin

  1. (Entomologie) Petit lépidoptère de la famille des Pieridae, dont les ailes sont jaune ou orange et noir.
    • La chenille du souci se nourrit sur des légumineuses telles la luzerne et les trèfles.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SOUCI. n. m.
Plante de la famille des Composées, donnant une fleur jaune, radiée, qui a une odeur forte. Une fleur de souci. Souci des jardins. Souci des champs. Il se dit aussi de la Fleur même. Cueillir des soucis. Couleur de souci.

Littré (1872-1877)

SOUCI (sou-si) s. m.
  • 1Souci des jardins, plante composée à capitules jaunes, radiés, qui répandent une forte odeur, calendula officinalis, L. Florise parut ce qu'une belle anémone paraîtrait parmi des soucis, Fénelon, t. XIX, p. 14. Mes jeunes rivaux, ma chère, Ont le ciel si gai ! Chez eux la rose foisonne, Chez moi le souci, Béranger, Restaur.

    Familièrement. Être jaune comme un souci, comme souci, avoir le visage extrêmement jaune.

    Couleur de cette fleur. Un foulard souci. L'orange et le souci. D'un gros jaune souci, Buffon, Ois. t. XI, p. 172.

  • 2Souci des champs, calendula arvensis, L.
  • 3Souci d'eau, populage, renonculacée, caltha palustris, L.

HISTORIQUE

XIVe s. Solsequium, soucicle, Du Cange, solsequium.

XVIe s. Mais il y eut de la soucie : Voilà qui me trouble le sens, Marot, I, 186. De vos jardins arrachez le soucy, Marot, II, 296. Les myrmecies seront curées, y appliquant dessus du pourpied pilé, ou feuilles de soulcy avec un peu de sel, Paré, V, 21.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. SOUCI. Ajoutez :
4 Nom d'un papillon diurne, colia edusa, très commun dans la campagne, H. Pelletier, Petit dict. d'entomologie, p. 20, Blois, 1868.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SOUCI, Caltha, s. m. (Hist. nat. Bot.) genre de plante à fleur radiée, dont le disque est composé de plusieurs fleurons, & la couronne de demi-fleurons ; ces fleurons, & ces demi fleurons, sont portés sur des embryons, & soutenus par un calice. Les embryons deviennent dans la suite des capsules, le plus souvent courbes & bordées, qui renferment chacune une semence ordinairement oblongue. Tournefort inst. rei herb. Voyez Plante.

Souci, (Mat. méd.) souci des jardins, & souci de vigne, ou souci sauvage. On donne les mêmes vertus aux deux especes de souci ; quelques-uns préférent le sauvage comme étant plus fort ; ils sont apéritifs & résolutifs, ils levent les obstructions du foie, de la rate, & de la matrice ; ils guérissent la jaunisse, excitent les regles, & facilitent l’accouchement : on prescrit le suc de toute la plante, depuis une once jusqu’à quatre ; l’infusion des fleurs & des feuilles pilées dans le vin blanc, depuis trois onces jusqu’à six ; l’extrait, depuis un gros jusqu’à deux ; la conserve des fleurs, depuis deux gros jusqu’à une once ; on recommande les fleurs & les feuilles mangées cuites ou crues, & leur décoction en boisson ordinaire, pour guérir les écrouelles ; la décoction des fleurs de souci dans du lait & de la biere, est très-en usage en Angleterre, dans la petite vérole, selon J. Rai. On se préserve de la peste, au rapport du même auteur, en mangeant des fleurs de souci avec l’huile & le vinaigre, & en se rinsant la bouche le matin à jeun avec le vinaigre de souci, & en avalant ensuite une ou deux cuillerées. Extrait de la mat. med. de Geoffroi.

Souci de marais, (Botan.) nom vulgaire du genre de plante que Tournefort appelle populago. Voyez Populago. (D. J.)

Souci ou Soucie, Voyez Roitelet hupé.

Souci d’eau, populago ; genre de plante à fleur en rose, composée de plusieurs pétales disposés en rond ; le pistil sort du milieu de cette fleur, & devient dans la suite un fruit membraneux, dans lequel sont réunies, en maniere de tête, plusieurs gaines qui sont ordinairement recourbées en en-bas, & qui contiennent des semences le plus souvent oblongues. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Souci, s. m. (Morale.) facheuse sollicitude & inquiétude d’esprit ; curæ, disent les Latins.

L’idée des soucis qui voltigent dans les appartemens des grands, curæ laqueata circùm tecta volantes, pour parler avec Horace ; cette idée, dis-je, est très-ingénieuse, & ne se trouve que trop vraie. Tandis qu’un particulier qui sait reprimer le soulevement de ses passions, coule doucement ses jours dans une honnête médiocrité, un seigneur riche & puissant a d’ordinaire le cœur flétri par les soucis les plus amers. Lucrèce dit :

Metus curoeque sequaces
Nec metuunt sonitus armorum feraque tela.

« Les soucis & les craintes ne respectent ni le bruit des armes, ni la fureur des traits ». Il s’en faut de beaucoup, c’est-là que les soucis se plaisent ; ils s’établissent sur-tout dans le cœur des puissances & des têtes couronnées, malgré l’éclat de l’or & de la pourpre qui les environne. (D. J.)

Souci de hanneton, en terme de Boutonnier, c’est une espece de meche en soie plate, & non torse, devidée sur une bobine ; on la noue à une certaine distance, de deux nœuds près l’un de l’autre, puis de deux autres à la même distance, ainsi tout le long, jusqu’à ce qu’on en ait assez ; ensuite on coupe la soie au milieu de la distance des nœuds ; cette distance partagée forme de petits bouquets brillans, à proportion de la beauté de la soie ; le souci entre dans les graines d’épinars, & autres ajustemens d’hommes & de femmes.

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Étymologie de « souci »

Lat. solsequium, de sol, soleil (voy. ce mot), et sequi, suivre ; parce que les capitules semblent suivre en leur inclinaison le côté où brille le soleil ; comparez tournesol.

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(Nom 1) (XIIIe siècle) Déverbal sans suffixe de soucier, du latin sollicitare (« tourmenter, préoccuper »).
(Nom 2, Nom 3) (XVIe siècle) De l’ancien français sussie, du latin solsequium, qui suit le soleil → voir tournesol.
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Phonétique du mot « souci »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
souci susi

Citations contenant le mot « souci »

  • L’homme ne vit pas cent ans et se fait du souci pour mille. De Proverbe chinois
  • Un bon maître a ce souci constant : enseigner à se passer de lui. De André Gide / Journal
  • Le souci de sa propre image, voilà l'incorrigible immaturité de l'homme. De Milan Kundera / L'immortalité
  • Ayez surtout le souci de séparer les choses du bruit qu'elles font. De Sénèque
  • Beauté mon beau souci, de qui l'âme incertaine A comme l'Océan son flux et son reflux : Pensez de vous résoudre à soulager ma peine, Ou je me vois résoudre à ne la souffrir plus. François de Malherbe, Stances
  • Le noir souci monte en croupe derrière le cavalier. Horace en latin Quintus Horatius Flaccus, Odes, III, I, 40
  • Qui prend mari prend souci. De Proverbe québécois
  • Mon souci principal : essayer d'oublier mes soucis secondaires. De Francis Blanche
  • La vie est un long souci d'argent. De Alfred Capus
  • Le souci d’économiser l’énergie honore la ménagère. De Philippe Geluck / Le docteur G. fait le point
  • Ne vous mettez pas en souci du lendemain, car le lendemain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. De Saint Matthieu / L’Evangile
  • Il ne me reste qu'un seul souci sur terre, un souci d'or : porter le poids du temps. De Ossip Mandelstam / Poème - 1920
  • Les introvertis sont des malades mentaux en formation, des novices attentifs qui préparent souci par souci leur admission à l'asile psychiatrique. De René Carbonneau / Le Destin de frère Thomas
  • Investir dans la formation c'est conjuguer au présent mais aussi au futur le souci des hommes et le souci des résultats. De Philippe Bloch / Service compris
  • Renoncez à l'étude et vous n'aurez aucun souci. De Lao-Tseu
  • Changer de souci fait autant de bien que prendre des vacances. De David Lloyd George
  • A 41 ans sonnés, Valentino Rossi a montré dimanche qu'il est encore capable de terminer sur un podium de MotoGP mais aussi de se faire du souci pour les jeunes pilotes qu'il parraine au sein de son écurie "VR46". Les Echos, MotoGP: "Vale", toujours vert à 41 ans, se fait aussi du souci pour ses garnements | Les Echos
  • Partager la publication "Dans un souci d’intégration, Facebook dévoile les salles de messagerie sur WhatsApp pour le web" Yourtopia : Actualités du monde, Dans un souci d'intégration, Facebook dévoile les salles de messagerie sur WhatsApp pour le web
  • «Sur certaines autres grandes villes, je me fais, honnêtement dit, du souci à propos de ce qu’elles savent. De ce fait, nous avons le désavantage que le foyer de corona est très vite cartographié et qu’Anvers est montrée du doigt. Je regrette cela fortement et certaines déclarations politiques à ce propos sont en dessous de tout», avait-il affirmé. Communes, régions, Belgique, monde, sports – Toute l'actu 24h/24 sur Lavenir.net, De Wever «se fait du souci» pour les grandes villes? «Il cherche à détourner l’attention»

Images d'illustration du mot « souci »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « souci »

Langue Traduction
Anglais worry
Espagnol preocupación
Italien preoccupazione
Allemand sorge
Chinois 担心
Arabe قلق
Portugais preocupação
Russe беспокойство
Japonais 心配
Basque kezka
Corse preoccupa
Source : Google Translate API

Synonymes de « souci »

Source : synonymes de souci sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « souci »

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