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Le

Sommaire

  • Définitions du mot le
  • Étymologie de « le »
  • Phonétique de « le »
  • Citations contenant le mot « le »
  • Traductions du mot « le »
  • Synonymes de « le »

Définitions du mot le

Trésor de la Langue Française informatisé

LE1, LA1, LES1, art. déf.

[S'emploie devant un subst. (ou transforme ce qui suit en subst.) en indiquant qu'il est masc. sing., fém. sing. ou plur.]
I. − Emplois spécifiques. [Le locuteur présume que le contenu du subst. suffit à l'interlocuteur pour identifier ce dont il s'agit; le subst. qui suit a un référent repérable par rapport à un savoir donné, par rapport à l'espace construit par le discours ou par rapport à la situation énonciative]
A. − [Le référent du subst. est unique ou présenté comme tel]
1. [Dans la réalité ou dans le système de croyances ou le savoir commun] Mais je ne vais pas jusqu'à croire que ce que contient l'évangile soit sorti tout armé du cerveau du Christ (Gobineau, Corresp. [avec Tocqueville], 1843, p. 64).Le pharaon se leva (...) éclairé bizarrement, moitié par la lune qui se levait, moitié par la lueur des lampes (Gautier, Rom. momie,1858, p. 227).Annie a toujours vécu chez son Papa, sa Maman, je suis sûr qu'elle croit au Bon Dieu, à la Sainte Famille... (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 224).
[Le subst. désigne une doctrine, une philos.] L'existence, l'Islam. Le christianisme mènera l'homme plus loin; l'homme peut s'en soutenir plus encore (Gide, Journal,1896, p. 95).
2. En partic. [Le subst. est un nom propre ou a cette valeur] Le Soudan, l'Angleterre, le Rhône. Rien de plus uniforme que cette riche plaine de la Beauce (Michelet, Journal,1831, p. 102):
1. Faire reporter ces ossements dans le cimetière, c'eût été ébruiter un fait que tout le monde n'eût pas compris, et qui, sous la Restauration, eût pu être exploité contre ma famille par les prêtres. Sand, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 228.
Au plur.
[S'emploie pour désigner les individus d'une même famille, d'une même dynastie] Les Médicis, les Bourbons, les Valois; les Goncourt, les Corneille étaient frères.
[Avec valeur emphatique] Les Corneille, les Racine sont la gloire du théâtre français (Ac.1935).
Pop. [S'emploie devant un prénom] La Louise, le Marcel.
Vx ou HIST. [S'emploie devant les noms d'actrices ou de femmes célèbres] La Champmeslé, la Brinvilliers. La Malibran, la Patti (Ac. 1935). Outre que la présence de la Duvernoy était nécessaire pour tranquilliser le vieux duc, Prudence était une de ces femmes qui semblent faites exprès pour ces parties de campagne (Dumas fils, Dame Camélias,1848, p. 177).
Rem. S'emploie encore devant les noms de stars ou de cantatrices italiennes : la Callas, la Magnani.
Au masc. sing., p. ell. [S'emploie devant les noms de navire] Le Normandie, le De Grasse, le Redoutable, le Ville d'Oran, le Liberté.
Rem. Lorsque le nom est féminin ou est un nom de femme on utilise parfois la : la Liberté, la Marion-Dufresne.
B. − [La spécification du référent se fait par le contenu du syntagme nom.]
1. [Le subst. a un compl. de nom] LaJeune Fille : Étranger, salue la forte muraille d'Athènes. L'Étranger : Le tremblement de terre de la nuit dernière ne l'a-t-il pas ébranlée? (Claudel, Rempart Ath.,1927, p. 1125).La bourgeoisie des camps s'est installée dans une quiétude médiocre au prix de concessions dont l'ensemble émascule et déshonore (Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 185):
2. J'avais eu un juste pressentiment quand, deux jours après le départ d'Albertine, j'avais été épouvanté d'avoir pu vivre quarante-huit heures sans elle. Proust, Fugit.,1922, p. 643.
[Le compl. de nom est un nom propre] Le principe d'Archimède; la maladie de Parkinson.
En partic. [Le subst. est un nom propre] V. infra B 2.Le Paris de ma jeunesse. Maintenant je suis sûr de ta guérison. Tu redeviendras le Feydeau d'autrefois. Mais il faudra te ménager un peu plus, mon bonhomme (Flaub., Corresp.,1869, p. 50).
2. [Le subst. est l'antécédent d'une relative] Mais j'ai éprouvé quelque émotion en voyant pour la première fois celui sans l'intervention duquel nous serions en ce moment dans les larmes et dans le deuil (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 610).Tu n'as pas réfléchi que pendant les quelques semaines qu'elle passera là-bas, Lucienne sera livrée à elle-même (Aymé, Jument,1933, p. 125):
3. Il y a peu de mouvements sociaux plus singuliers que le destin de quelques grandes maisons de Nantes dans les années qui suivirent la guerre... Nizan, Conspir.,1938, p. 75.
En partic. [Le subst. est un nom propre] Le Paris qu'il imaginait n'existe plus.
3. [Le subst. est qualifié par un adj.] Le garçon qui servait à table nous avait dit avec raison que le paquebot anglais partait le premier (Michelet, Journal,1834, p. 122).M. Ritz, lorsqu'il lança son établissement, révolutionna l'industrie hôtelière européenne (Fargue, Piéton Paris,1939, p. 209).
En partic., p. ell. du subst. Ce repas, pour l'un de nous deux, sera le dernier, sera le viatique, dit alors Passereau (Borel, Champavert,1833, p. 214).Avant de partir, j'écrivis sous trois plis distincts au cardinal secrétaire d'État. Dans le premier, (...) je demandais à être reçu par lui (Billy, Introïbo,1939, p. 193).
4. [Le subst. est spécifié par d'autres procédés] À sept heures, le lundi 21 février, le commandant Gastaldi sortit de son P.C., accompagné du sous-lieutenant Mazel (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 5):
4. C'est bien ce que je craignais, cher ami, le culte du matin, l'arbre de Noël le soir, et, dans les heures entre le matin et le soir, les faridondaines qu'on suspend, les petites bougies qu'on allume pour l'ornement des branches. Gide, Corresp. [avec Valéry], 1890, p. 40.
5. En partic., p. ell.
À la + adj. fém.À la manière, à la mode. Jardins à la française; œufs à la russe.
À la + nom propre.À la façon de. Veau à la Marengo. À côté de lui deux fragments presque finis d'Hérodiade, le dernier travail. On m'a permis, malgré la défense de les lire. L'un est en strophes à la Banville (8, 8, 8, 4) (Valéry, Corresp. [avec Gide], 1898, p. 335):
5. ... et vraiment, l'après-midi d'hier, dans sa pose à la Praxitèle (...) il avait l'air d'un faune attardé. Gide, Journal,1902, p. 119.
C. − [La spécification du référent se fait par une relation d'anaphore]
1. [L'anaphore est réalisée par le même subst.] Au sortir de Plassans, les insurgés avaient pris la route d'Orchères (...). La route remonte le cours de la Viorne, en suivant à mi-côte les détours des collines (Zola, Fortune Rougon,1871, p. 162).Silence de commencement du monde. Mer vide, sans une voile. Les voiles s'en vont plus au nord, vers l'Amérique française ou anglaise, plus au sud, vers l'Amérique suédoise ou espagnole (Morand, New-York,1930, p. 6):
6. − « Qu'est-ce que tu fais? » − « Regarde... Tu ne vois pas? Je fais un petit bateau. Je fais un petit bateau pour toi. Quand ta maman te donnera ton bain, tu mettras le bateau dans la baignoire, et il restera sur l'eau, sans tomber au fond. » Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 867.
2. [L'anaphore est réalisée par deux subst. différents] M. le baron, au moment où il venait de racheter son château (...) était mort sans avoir eu le temps de faire exécuter les réparations et embellissements qui devaient mettre le manoir en état de recevoir convenablement madame la baronne et son fils (Sandeau, Mllede La Seiglière,1848, p. 36):
7. Mais Virginie lui répondait qu[e] (...) si Lantier s'avisait de la suivre, elle appellerait un agent et le ferait coffrer. Depuis un mois que son mari avait obtenu sa place de sergent de ville, la grande brune prenait des allures cavalières et parlait d'arrêter tout le monde. Zola, Assommoir,1877, p. 560.
3. [Le subst. décrit ou résume en des termes différents une réalité, un état de fait déjà mentionné] Voici trois cents pistoles, rends-moi mon enfant. Mais le chef, sans prendre l'argent, lui fit signe de le suivre (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 442).Il s'approcha de la sainte table et se signa comme un prêtre. Tous se signaient à leur tour. « Mes chers frères », leur dit-il, et il entama un discours véhément contre les mauvais chrétiens. La paroisse l'écoutait sans surprise, avec une attention fidèle (Queffélec, Recteur,1944, p. 26):
8. Voyons, disait le juge, comment expliquez-vous que votre femme se soit blessée au point qu'on l'ait trouvée partagée en huit morceaux, sans que vous, qui étiez à côté, ayez pu faire un geste pour l'en empêcher, sans même vous en être aperçu. Voilà le mystère. Toute l'affaire est là-dedans. Michaux, Plume,1930, p. 138.
D. − [La spécification du référent résulte d'un lien de contiguïté avec un objet déjà mentionné ou fourni par la situation énonciative]
1. [Le subst. désigne un élément constitutif d'un tout ou d'un ensemble explicitement mentionné auparavant]
a) [Le référent est de nature spatiale] L'Anglais prit familièrement par le bras son ancien capitaine et le conduisit à son canot, dans lequel il le fit entrer. Quatre matelots étaient courbés sur les avirons et n'attendaient qu'un signal (Ponson du Terr., Rocambole, t. 3, 1859, p. 506).La pluie (...) avait pénétré dans sa cagna et, comme celle-ci était creusée en pente, cela faisait vers l'entrée une petite mare (Dorgelès, Croix de bois,1919, p. 257):
9. Les gens battaient la semelle et regardaient au loin, espérant le train. Enfin, on le vit arriver, effrayant de rapidité, de puissance (...). C'était plein... plein... plein... plein... Voici une place! Juliette s'introduit dans le compartiment. Triolet, Prem. accroc,1945, p. 31.
En partic. [Le subst. désigne une partie du corps]
[La partie désignée est celle du référent du suj. de la prop. ou de la pers. dont on parle] Il a mal à la gorge. Quel coup il a dû recevoir dans le cœur lorsqu'il ne m'a plus trouvée en rentrant, hein? (Murger, Scènes vie boh.,1851, p. 253).Angélina, le cœur encore serré, s'achemina vers sa voiture, n'osant parler à qui que ce soit, sur le perron de l'église, ni lever la vue sur personne (Guèvremont, Survenant,1945, p. 180).V. appelant ex. 2 :
10. ... c'était un homme qui paraissait avoir trente ans au plus. Le front découvert, effleuré déjà par des rides précoces, les joues amaigries, l' œil enfoncé dans son orbite, la bouche mince et pâle (...) il avait une de ces figures qui passent pour laides aux yeux du monde... Sandeau, Mllede La Seiglière,1848, p. 119.
[La partie désignée est celle du référent du pron. datif contenu dans la prop.] Enfin! s'écria Marguerite en reparaissant, le voilà parti; ce garçon-là me porte horriblement sur les nerfs (Dumas fils, Dame Camélias,1848, p. 87).Comme tu es pessimiste, disait-elle en lui caressant les cheveux (Nizan, Conspir.,1938, p. 166).
b) [Le référent est de nature temporelle] Samedi en huit, continua Angélina, après le marché, je pourrai aller avec toi à l'« Ami du Navigateur », pour pas que le Syrien te passe n'importe quoi (Guèvremont, Survenant,1945, p. 170).
2. [Le subst. désigne un élément ayant avec une réalité déjà mentionnée (une institution, une activité, un système, une pratique, un rituel social) un lien autre que celui de la partie au tout] Le soir, pris le thé à Holyhead et embarqué à onze heures pour Dublin. Dormi dans le paquebot (Michelet, Journal,1834, p. 135).Et il se laissa conduire, en face de l'Hôtel de Ville, dans un petit restaurant où l'on serait bien. Bouvard commanda le menu (Flaub., Bouvard, t. 1, 1880, p. 4):
11. Figurez-vous un homme qui voyage par une nuit de décembre sans lune et doublée de brouillards, et dites-moi un peu l'agrément qu'il aurait à regarder par la portière les effets du paysage. Tocqueville, Corresp. [avec Gobineau], 1850, p. 101.
E. − [La spécification du référent résulte de la situation énonciative]
1. [Le subst. désigne un élément faisant partie d'un cadre fourni par la situation décrite ou par la situation de discours] Ce matin j'ai été réveillée par un grand bruit. Julie, qui dormait dans ma chambre, s'est précipitée dans la salle à manger (Dumas fils, Dame Camélias,1848, p. 286).Deux phares pointèrent vers le trottoir, m'aveuglèrent une fraction de seconde, puis, virant court, s'estompèrent dans un froissement de lumière sur le pavé gras (Abellio, Pacifiques,1946, p. 9):
12. Hier à huit heures Madame Bérenge, la concierge, est morte. Une grande tempête s'élève de la nuit. Tout en haut, où nous sommes, la maison tremble. Céline, Mort à crédit,1936, p. 11.
2. [Le référent du subst. est la pers. à laquelle s'adresse l'énonciation] Le bel enfant! (Ac.1935).V. eh1I A Camus, Révolte Asturies, 1936, I, 2, p. 404; Billy, Introïbo, 1939, p. 48; Zola, Pot Bouille, 1882, p. 99.
P. ell. du subst. « Aussitôt arrivés, l'hôtesse la regarde » : Entrez, entrez la belle; Entrez sans plus de bruit, Avec trois capitaines Vous passerez la nuit! (Nerval, Filles feu, Angélique, 1854, p. 543).
II. − Emplois génériques
A. − Au sing. [L'art. précède un subst. qui n'a pas de référent spécifique; la réalité qu'il dénote est considérée dans le discours en question en tant qu'elle représente un genre, un type, une espèce, etc. (le signifie « quel qu'il soit »)]
1. [Le subst. dénote une réalité dénombrable] Tous les animaux sont pourvus d'organes plutôt singuliers que spéciaux, dans lesquels se montrent davantage la finesse et l'activité du toucher, comme les mains de l'homme, la trompe de l'éléphant, les moustaches du chat, les tentacules de l'insecte (Cournot, Fond. connaiss.,1851, p. 161).Je tâche de te faire saisir les sentiments − légitimes ou absurdes − qui aident le poilu à supporter sa condition (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 215):
13. « Nous sommes libéraux de père en fils », disaient-ils, voulant exprimer par là qu'ils restaient des négociants irréprochables... car le doctrinaire en révolte, dont le temps s'amuse avec une profonde ironie, ne fait souche que de gens paisibles. Bernanos, Soleil Satan,1926, p. 60.
2. [Le subst. dénote une réalité non dénombrable en raison de son caractère massif ou de son unicité]
a) [Le subst. dénote qqc. en tant que substance] Ce qui toutefois domine et a imprimé sa physionomie indélébile au paysage méditerranéen c'est la pierre calcaire, que bien rarement la végétation couvre d'un tapis assez épais pour l'empêcher de paraître à nu (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum.,1921, p. 156):
14. Si l'on construit des thermomètres avec des liquides divers tels que l'eau, l'alcool, le mercure, on trouvera que ces instruments (...) ne marchent point dans un parfait accord... Cournot, Fond. connaiss.,1851, p. 141.
b) [Le subst. dénote qqc. en tant que phénomène] Nous étions d'accord (avec toi) pour guérir le mal par l'exercice du mal (Jouve, Scène capit.,1935, p. 129).Il n'existe rien de plus honteux que la mort et les hommes sont sages de se la cacher (Nizan, Conspir.,1938, p. 219).
c) [Le subst. dénote qqc. en tant que domaine de connaissance ou d'activité] Il n'y a pas de hasard dans l'art, non plus qu'en mécanique (Baudel., Salons,1846, p. 117).Non seulement la science ne peut nous faire connaître la nature des choses : mais rien n'est capable de nous la faire connaître (H. Poincaré, Valeur sc.,1905, p. 266).
d) [Le subst. dénote qqc. en tant que type d'action] Et ce qu'on faisait sans le voir, ce qu'on a fait sans le vouloir, on finit par le vouloir comme on le fait. Dans la conscience, dans la décision et dans l'exécution même, combien vite nous prenons le change (Blondel, Action,1893, p. 178).
e) [Le subst. dénote qqc. en tant que capacité (à faire ou à éprouver qqc.)] Il a gardé de l'enfance le pouvoir de diriger ses rêves (...) il ignore (...) le remords (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 125):
15. Mais dans la mesure où l'on envisage dans l'entendement l'homme lui-même, je veux dire une exploration du possible de l'être, la tache absorbe l'attention : ce n'est plus la tache qui se perd dans la connaissance, mais la connaissance en elle. G. Bataille, Exp. int.,1943, p. 171.
3. En partic.
a) [Le s'emploie pour transformer un adj. ou un part. passé en subst. à sens générique] Le beau, le laid; tenter l'impossible. On nous a reproché d'autre part, de souligner l'ignominie humaine, de montrer partout le sordide, le louche, le visqueux, et de négliger un certain nombre de beautés riantes (Sartre, Existent.,1946, p. 10).
b) [L'art. déf. s'emploie pour transformer n'importe quelle partie ou séquence de discours en subst.] Le moi; l'en soi; le qu'en dira-t-on; le boire et le manger. Il faudrait savoir le moment et le pourquoi des choses qui tombent dans le domaine borné de son intelligence (Cournot, Fond. connaiss.,1851, p. 18).Ici, très loin dans l'autrefois, un ermite avait eu son sanctuaire (Queffélec, Recteur,1944, p. 31):
16. Cependant l'analyse de la perception d'autrui rencontre la difficulté de principe que soulève le monde culturel, puisqu'elle doit résoudre le paradoxe d'une conscience vue par le dehors... Merleau-Ponty, Phénoménol. perception,1945, p. 401.
4. [Devant un nom de période temporelle ou un subst. dénotant une période temporelle]
a) Au sing. ou au plur., le + nom de jour. Synon. de tous les.Fermé le mardi; visite les lundis et les vendredis. Il était centre gauche, n'allait à la messe que les dimanches, et s'entendait à merveille avec les commerçants libéraux (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 567):
17. ... à Marseille et à Limoges le vendredi-saint et la saint-Martial, le jour des garçons bouchers qui font alors la bombe et célèbrent ripailles... Cendrars, Bourlinguer,1848, p. 247.
b) Au sing., Numéro + fois + le + subst. Synon. chaque.Trois fois le mois; s'en aller une fois l'an.
c) Sur*/vers* les deux heures, les trois heures.
5. [Devant un nom dénotant une unité de mesure, dans un énoncé exprimant un prix] Pour chaque. Deux francs le litre; six francs le kilo; douze livres la pièce.
Rem. Il peut arriver que la validité de l'emploi générique, repérable par « quel qu'il soit », se trouve contextuellement restreinte à un univers très limité. Quel problème que celui du déjeuner! Ils quittèrent le café au lait, sur sa détestable réputation, et ensuite le chocolat; − car c'est « un amas de substances indigestes » (Flaub., Bouvard, t. 1, 1880, p. 76). Le seul son d'un instrument à cordes, ou d'une flûte, ou d'une voix, suffisait à soumettre aussitôt ma pensée. De même un geste, un rayon sur le sol (Gide, Feuillet, 1896, p. 102).
B. − Au plur. [S'emploie pour parler de tout l'ensemble des choses, des pers. que dénote le subst.] Je m'adresse au hasard, dit l'ex-gamin de Paris, mais c'est un fier drôle, il n'aime pas les honnêtes gens (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 694).On attribua au libertinage, fréquent chez les vieillards riches, ce rapprochement du vieux duc et de la jeune femme (Dumas fils, Dame Camélias,1848, p. 15).Ce qui lui travaillait le siphon... c'était les trésors sous-marins!... (Céline, Mort à crédit,1936, p. 512).
C. − [Après de partitif] V. de2.
III. − Emplois intensionnels. [Le subst., en position de compl., n'a pas de référent précis et son sens s'ajoute à celui du verbe avec lequel il forme un tout, le apparaît ainsi dans un très grand nombre de loc. ou de tournures (qu'on trouvera traitées aux autres mots qu'elles comportent)] Aller à la pêche; tirer les marrons du feu; battre la mesure; faire la guerre, la paix; fumer la pipe; garder le silence; prendre la fuite. Il laissa, en style de marine, Lucien arriver, et retarda sa marche en ayant l'air de regarder le bas de la côte (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 703).Il répliqua, avec le visible désir d'étonner : − Je leur fais la cour... (Mirbeau, Journal femme,1900, p. 201).
Rem. 1. Dans l'anc. lang. cet emploi de l'art. était beaucoup plus restreint, notamment avec les noms abstr. En fr. mod. l'absence d'art. déf. s'est maintenue. a) Dans des loc., des proverbes, des devises. Noblesse oblige; ventre affamé n'a point d'oreilles; bon chien chasse de race. b) Dans des comparaisons usuelles. Dur comme fer; bête comme chou. c) Dans certains groupes nominaux coordonnés consacrés par l'usage anc. ou formant loc. Les arts et métiers; les us et coutumes; (travailler) jour et nuit; (remuer) ciel et terre. d) Dans des syntagmes prép. ayant valeur d'adv., de compl. de nom ou formant loc. (Peindre) d'après nature; condamné à vie; gagner de vitesse; par monts et par vaux; pot à lait; pince à sucre. e) Dans des loc. verb. où le verbe et le nom forment une seule unité sém. Prendre parti; crier famine; tirer vengeance; rendre justice; faire faillite. f) Devant les noms de jours ou de mois. Il viendra dimanche, lundi; avril a été beau cette année (Ac. 1935). 2. Lorsqu'on veut donner plus de vivacité à une énumération de subst. on peut omettre l'art. déf. Il illustrait volontiers les événements de notre famille et de l'Université par des œuvres de circonstance : vœux de nouvel an, d'anniversaire, compliments aux repas de mariage, discours en vers pour la Saint-Charlemagne, saynètes, charades, bouts-rimés, banalités affables (Sartre, Mots, 1964, p. 115). En partic. [L'art. déf. s'emploie pour former des particules grammaticales ou des mots-outils] Le plus, le moins, le mieux, le meilleur, le pire, le pis; l'un l'autre; le même, la même; tous les deux, trois, etc.; la plupart; le mien, le tien, etc.
Prononc. et Orth. : [lə], [la], [lε] et [le]. Élision de le, la devant voyelle ou h muet : l'ongle, l'amphore, l'habit, l'habitude. Liaison de les devant voyelle ou h muet : les armes [lεzaʀm̥] et [le-]; les honneurs [lεzɔnoe:ʀ] et [le-]. Par contraction, à + le + consonne ou h aspiré > au; de + le + consonne ou h aspiré > du (ex. pendre au tronc, tendre au héros, arracher du toit, s'emparer du héron); mais à ou de + le + voyelle ou h non aspiré > simple élision (ex. pendre à l'arbre, emprunter à l'histoire); à + les dans tous les cas > aux; de + les dans tous les cas > des (ex. pendre aux troncs, pendre aux arbres, croire aux histoires, consacré aux héros, arracher des toits, arracher des arbres, monter des herbes, s'emparer des hérons). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. Formes A. 1. masc. a) sing. α) cas suj. − devant consonne ca 881 li (Ste Eulalie, 21, éd. Henry Chrestomathie, p. 3 : li rex pagiens); fin xes. le (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 201 : le matins); mil. xies. le (St Alexis, éd. Chr. Storey, 236 : le pedre); − devant voyelle, forme élidée, fin xes. l' (Passion, 289 : l'altre); β) cas régime − devant consonne ca 881 lo (Ste Eulalie, 10, 14, 15, 22; 24 : Volt lo seule lazsier); 1remoitié xes. le (Jonas, éd. G. de Poerck, 168 : cum dist e le evangelio); fin xes. (Passion, 169, 173 : il querent le forsfait); − devant voyelle 2emoitié xes. l' (St Léger, éd. J. Linskill, 19 : l'ebisque); fin xes. (Passion, 236 : l'emperador); b) plur. α) cas suj. ca 881 li (Ste Eulalie, 3 : li Deo inimi); ca 1100 les (Roland, éd. J. Bédier, 547 : Les .XII. pers); β) cas régime ca 881 les (Ste Eulalie, 5; 16 : les empedementz); 2. fém. a) sing. α) cas suj. − devant consonne ca 881 la (Ste Eulalie, 10; 23 : La domnizelle); − devant voyelle 2emoitié xes. l' (St Léger, 75 : l'ira); β) cas régime − devant consonne ca 881 la (Ste Eulalie, 28 : Post la mort); − devant voyelle 2emoitié xes. l' (St Léger, 237 : l'anima); b) plur. α) cas suj. fin xes. las (Passion, 234 : las voz; cf. id., 397 : les custodes, leçon rejetée, v. note); ca 1100 les (Roland, 91); av. 1123 [ms. L] les (St Alexis, prol. : les quels [cascun memorie spiritel] vivent purement); β) cas régime 2emoitié xes. las (St Léger, 151 : las poenas granz); fin xes. les (Passion, 260 : Ab les femnes); mil. xies. (St Alexis, 366 : les anames baillir). B. Formes contractées par enclise de l'art. déf. avec les trois prép. 1. en a) + art. déf. masc. sing. ca 881 enl (Ste Eulalie, 19 : Enz enl fou); mil. xies. el (St Alexis, 162); b) + art. fém. sing. ca 1200 el (Dialogues Grégoire, 150, 19 ds T.-L.); c) + art. masc., fém. plur. ca 1100 es (Roland, 1684 : es cartres e es brefs); 2. a a) + art. masc. sing. 2emoitié xes. al (St Léger, 14); b) + art. fém. sing. ca 1170 al (Chrétien de Troyes, Erec, éd. W. Foerster, 4263, var. ms. H, Bibl. nat. fr. 1450, xiiies. : al nuit); c) + art. masc., fém. plur. 2emoitié xes. als (St Léger, 206); mil. xies. as (St Alexis, 94); 3. de a) + art. masc. sing. [832-840 topon. Camdonpont (Cartul. abbaye de Redon, éd. A. de Courson, p. 94) transcrit Cansdoupont [= campus de illo ponte] par F. de La Chaussée, Morphol., § 54]; 2emoitié xes. del (St Léger, 235); b) + art. fém., masc. plur. id. dels (id., 7, 9). II. Emplois syntaxiques A. Accompagne un nom commun a) ca 881 le nom est déterminé par une épithète (Ste Eulalie, 5 : les mals conselliers); peut accompagner les adv. plus ou moins signifiant le superl. rel. mil. xies. (St Alexis, 624 : la plus durable glorie); b) 2emoitié xes. le nom est déterminé par une prop. rel. (St Léger, 14 : Al rei lo duistrent soi parent Qui donc regnevet a ciel di); mil. xies. (St Alexis, 77 : la nef est preste ou il deveit entrer). Présentatif de ce qui se réfère à une notion connue (valeur de notoriété), désigne 1. a) ce dont il a déjà été question ca 881 (Ste Eulalie, 23); b) ce qui est unique ou dont la notoriété est universelle id. (id., 28 : la mort); fin xes. (Passion, 311 : la luna; 390 : li soleilz); c) un type général, toute une classe d'individus mil. xies. (St Alexis, 302 : e li rice e li povre); 2. désigne ce dont la présence est impliquée nécessairement par la situation contextuelle a) 2emoitié xes. les parties du corps comme postulées par l'existence même de la personne évoquée (St Léger, 154 : Lis ols del cap li fai crever); fin xes. (Passion, 92 : A.ssos fedels laved lis ped); b) ca 1100 les pièces de l'armement comme constituant nécessairement l'équipement du chevalier que l'on évoque (Roland, 1199 : L'escut li freint e l'osberc li desclot); 3. détermine le numéral désignant une fraction d'un ensemble (les parties étant de même postulées par l'existence du tout) 2emoitié xes. un numéral cardinal (devenu pron.) (St Léger, 223 : Quatr' omnes i tramist armez Que lui alessunt decoller. Li tres vindrent a sanct Lethgier); id. numéral ordinal (id., 227 : Lo quarz, uns fel, nom a Vadart); 4. art. à valeur distributive a) 1176-81 devant un nom d'unité de mesure de longueur (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 2957 : pres iert, qu'il n'i ot pas Plus de demie liue un pas, Des liues qui el païs sont, Car a mesure des noz sont Les deus une, les quatre deus [ici, l'adj. numéral cardinal est devenu pron.]); b) début xiiies. devant un nom d'unité de temps (St Alexis en octosyllabes, 35, éd. G. Paris ds Romania t. 8, p. 170 : Treis feiz le jor); 5. art. à valeur démonstrative mil. xies. (St Alexis, 537 : Unches en Rome nen out si grant ledice Cum out le jurn); 6. devant un nom mis en apostrophe ca 1100 (Roland 1907 : Li nostre deu, vengez nos de Carlun). B. Accompagnant un nom propre 1. fin xes. nom de personne (Passion, 30 : Jesus lo Lazer suscitat; 489 : Lo Satanas); ca 1100 le titre est signalé par l'art. comme estimé présent à la pensée de tous (Roland, 7 : Li reis Marsilie); 2. 1140 un nom géogr. (Charroi de Nîmes, éd. D. McMillan, 209 : el Toivre [le Tibre]). C. Fait fonction de pron. Pron. anaphorique d'un subst. déjà énoncé ou s.-ent. et recevant la détermination 1. d'un subst. au cas régime a) 2emoitié xes. anaphorique d'un subst. déjà énoncé (St Léger, 118 : Vindrent parent e lor amic, Li sanct Lethgier, li Ewrui); mil. xies. (St Alexis, 7 : Al tens Noë ed al tens Abraham Ed al David...); b) 1176-81 d'un subst. s.-ent. (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, 2576 : Huit jorz aprés la Saint Johan); 2. d'une épithète fin xes. (Passion, 143 : Judas li fel; 161 : Jesus li bons); ca 1100 (Roland, 3033 : Oger li Daneis); de cet emploi est né le pron. poss. à partir de l'adj. poss. : mil. xies. (St Alexis, 372 : Li apostolie tent sa main a la cartre; Sainz Alexis la sue li alascet), v. G. Moignet, Gramm. de l'a. fr., p. 105; v. aussi mien, tien, etc. L'art. déf. est issu du lat. ille, dém. de la 3epers., dont la valeur de notoriété convient à la détermination [ille homo « l'homme que vous connaissez »] : li-lo, le; li-los, les; las, les sont issus, avec aphérèse subie en position proclitique, de illī (altération de ille d'apr. le rel. quī ) -illu; illa; illī-illos; illas, le paradigme lat. étant réduit à 2 genres et 2 cas. En fr., l'art. s'est fixé devant le nom, fait prob. postérieur à la séparation de la Dacie (271), l'art. étant postposé en roumain. Bien que le lat. ne connût pas l'art. déf. à proprement parler (Ern.-Th., § 217), la création d'un déterminant s'annonce dès le lat. par certains emplois affaiblis des dém., dont on peut citer des ex. dans la langue pop. depuis Plaute (v. la recension critique de E. Löfstedt, Syntactica, I, pp. 359-365, ainsi que TLL, s.v. ille, 358-359, § II). En dehors des cas, les plus nombreux, où ille supplante is dans son emploi anaphorique, et de ceux où, au neutre, il sert à détacher du contexte un mot considéré en lui-même (Plaute, Miles, 819), on remarque que les cas les plus probants faisant prévoir l'apparition de l'art. rom. sont ceux où ille est utilisé dans l'expression d'une opposition ou d'une comparaison (ille alius, ille alter; ille major, ille minor; ille prior); de plus dans les textes de l'Itala, il calque souvent l'art. gr. (Ern.-Th., § 216-218; Vään., § 275; Löfstedt, pp. 64-65; B. Löfstedt, Studien über die Sprache der langobardischen Gesetze, pp. 264-268, ainsi que TLL, loc. cit., 357-358, § D); cependant, la création de l'art. déf. proprement dit ne remonte pas au delà de l'époque rom.; cf. ital. il, la, esp. el, port. o, a, en face du sarde su, sa, issu du lat. ipse, ipsa, concurrent de ille en lat. du veau xes. (notamment dans les régions bordant la Méditerranée) et dont les représentants sont aussi conservés dans une partie des parlers gascons et catalans. Formes contractées, au (issu de à* + le), aux (à + les) qui a éliminé une anc. forme es* et des (de + les). Bbg. Ferrari (G.). Ét. syntaxique des déterm. le et un ds la phrase à verbe être. Cah. Inst. Ling. Louvain. 1980, t. 6, no3/4, pp. 69-112. - Guillaume (G.). Particularisation et généralisation dans le syst. des art. fr. Fr. mod. 1944, t. 12, pp. 94-107; Le Prob. de l'art. et sa solution dans la lang. fr. Paris, 1975 [1919], 318 p. - Harris (M.) « Demonstratives », « articles » and « third person pronouns » in French... Z. rom. Philol. 1977, t. 93, no3/4, pp. 249-261. - Heriau (M.). Le Verbe impersonnel en fr. mod. Paris, 1980, pp. 800-821. - Ibrahim (A.H.). Effets argumentatifs de l'oppos. un/le. Semantikos. 1980, t. 4, no2, pp. 1-15. - Kleiber (G.), Martin (R.). La Quantification universelle en gr. Semantikos. 1977, t. 2, no1, pp. 19-36. - Le Flem (D.). Relation entre l'antéposition de l'adj. dans le synt. nom. R. Lang. rom. 1975, t. 81, pp. 467-468; Syst. des degrés de compar. en fr. contemp. et statut du morph. le ds l'expr. du superl. Vox rom. 1975, t. 34, pp. 140-159. − Spence (N.C.W.). A Note on the history of the Fr. definite articles le/la/les. Rom. Philol. 1976, t. 29, pp. 311-318. - Wilmet (M.). Gustave Guillaume et son éc. ling. Paris, 1972, pp. 36-38.

LE2, LA2, LES2, pronom. obj. dir.

[Le, la, les renvoient respectivement à un subst. masc., fém. ou plur. déjà mentionné dans le discours ou qui va l'être par la suite (ex. 3, 4, 5, 6); le peut renvoyer aussi à un contenu propositionnel mentionné auparavant dans le discours ou qui va l'être par la suite (sous forme d'une assertion, d'un ordre, d'une question ex. 1, 2, 7)]
I. − [Le est uniquement lié au verbe qu'il précède ou qu'il suit le plus immédiatement]
A. − [Le est compl. d'obj. dir.]
1. [Le précède le verbe]
a) [Le verbe est à un mode personnel autre que l'impér.] On pose la victime sur le matelas gonflé d'air, et on la pousse vers le large (Reybaud, J. Paturot,1842, p. 269).− Qu'est devenu Armand? − Je l'ignore. Nous l'avons très peu connu (Dumas fils, Dame Cam.,1848, p. 40).La seule différence qui existe entre les diables et les brigands, c'est que les diables sont moins noirs qu'on ne le dit, et les brigands plus crottés qu'on ne le suppose (About, Roi mont.,1857, p. 65).Et je savais qu'il préférait ne pas retourner chez ses parents... Les parents, n'est-ce pas, une fois qu'on les a quittés... (Gide, Faux-monn.,1925, p. 1193).Chloé me tape sur le plexus solaire; tu piges? − Tu es amoureux... plus que je ne le croyais (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 85).
Rem. Le neutre peut être omis dans les incises, avec pouvoir, vouloir, falloir et avec les verbes exprimant un certain mode de connaissance (savoir, penser, croire, ignorer, dire, etc.). As-tu raison? Je ne sais. Je ne serais pas venu si j'avais su. Vous voudriez, j'imagine, être à ma place (Ac. 1935).
b) [Le verbe est à un mode nominal, inf., part. ou gérondif]
[Inf.] Plus d'une fois, elle avait été obligée de me rappeler pour l'aider à grimper aux rochers, tandis que, sans songer à elle, je m'étais déjà élancé plus haut (Musset, Confess. enf. s.,1836, p. 253).Marthereau, lui, en a [des paires de bas] qui ne sont pas du même ton toutes deux, car il n'a pu trouver pour les débiter en lanières deux bouts de capote aussi usés et aussi sales l'un que l'autre (Barbusse, Feu,1916, p. 19).Papa vient assez rarement à Paris, comme vous pouvez le penser (Duhamel, Suzanne,1941, p. 57):
1. Mon départ, je puis le dire sans me vanter, a désorganisé la justice militaire! Vercel, Cap. Conan,1934, p. 227.
[Part. ou gérondif] − À ce soir, dis-je à Marguerite en la quittant. Elle ne me répondit pas (Dumas fils, Dame Cam.,1848, p. 226).− Allons, Monsieur Bernard, bonsoir et bonne nuit! dit le Marquis en le saluant de la main (Sandeau, Mllede La Seiglière,1848, p. 162).Pendant longtemps il s'était consacré à promener les Anglais dans Ermenonville, en les conduisant aux lieux de méditation de Rousseau (Nerval, Filles feu, Sylvie, 1854, p. 619).
c) [Le verbe est à l'impér. négatif] Ne l'achetez pas; ne le répétez pas. Ne la réveillez pas, dis-je doucement, pour inviter la voisine, tout au moins, à baisser la voix (Gide, Symph. pastor.,1919, p. 878).
2. [Le suit le verbe à l'impér. positif] Avoue-le, ce n'est pas moi que tu aimes, c'est Élisabeth (Mauriac, Mal Aimés,1945, I, 1, p. 158).Soit deux territoires ayant chacun sa firme dominante; au lieu de considérer chaque territoire comme fermé, couplons-les l'un à l'autre (Perroux, Écon. xxes., 1964, p. 183):
2. lia : Peu importe. Va-t'en... jean : Mais dis-le donc qu'il est le plus beau! lia : Il est le plus beau, du monde et de ma vie. Giraudoux, Sodome,1943, II, 8, p. 155.
B. − [Le est attribut du suj.] C'est un vrai paysan du Danube, et ravi de l'être (Bremond, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 495).Martyrisé par les mouches, il se disait que les taureaux l'étaient encore beaucoup plus que lui, ce qui lui permit enfin d'aimer son mal (Montherl., Bestiaires,1926, p. 527).Vanité de ce cri d'homme du désert! Vous êtes tels que si vous l'aperceviez comme moi, vous ne pourriez plus l'être (G. Bataille, Exp. int.,1943, p. 82):
3. Si je ne craignais d'être impoli, je vous dirais tout cru que vous me semblez en démence. − Je le semblerais à beaucoup d'autres, monsieur. Borel, Champavert,1833, p. 191.
C. − Rare. [Le est « sujet logique » (« séquence ») d'un verbe impersonnel] La chose n'était pas si simple qu'elle le paraît à l'écrire. Surtout elle n'était pas seulement, comme il le semble « du côté » de Simone (Paulhan, Œuvres complètes, t. 1, p. 67ds M. Hériau, p. 83, infra bbg).Plus précisément, comme il l'a été écrit dans les colonnes du no7, qui est à l'origine de l'inculpation, ce journal se veut l'annonce d'une nouvelle presse (Beauvoir, Lettre au Monde, 16 oct. 1970, p. 26,ds M. Hériau, p. 84, infra bbg).
II. − [Le se construit avec un groupe de deux verbes dont le premier est laisser, faire ou un verbe de perception]
A. − [Le est compl. d'obj. dir. du premier verbe tout en conservant une fonction logique par rapport au second verbe]
1. [Le est le suj. logique du second verbe]
a) [Le second verbe n'a pas de compl. dir.]
α) [En dehors de l'impér. positif, le précède le premier verbe] Sa révolution sur elle-même, est de vingt-trois de nos heures, suivant Cassini, qui l'observa, en 1700, avec une lunette de seize pieds, qui la lui fit paraître trois fois plus grande que la lune à la simple vue (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 350).La frégate marchait rapidement, toutes voiles dehors, et je ne la sentais pas aller (Vigny, Serv. grand. milit.,1835, p. 173).Un homme était là gisant − quelque escogriffe! Que Trac vous houspillait du croc et de la griffe. J'eus une peine énorme à le faire lâcher (Ponchon, Muse cabaret,1920, p. 269):
4. La peinture est tout autre chose (...). L'esprit seul s'y peut mouvoir, en tous sens, (...) plonger les formes dans l'ombre, les faire saillir dans le jour... Faure, Espr. formes,1927, p. 38.
β) [À l'impér. positif, le suit le premier verbe] Au même moment, Marceau et dix autres officiers supérieurs passaient derrière les rangs, criant : − Laissez-les approcher! Laissez-les approcher! (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 217).− Faites-le décamper tout de suite; qu'il ne reste pas une seconde de plus à la compagnie! Il finirait par passer au conseil (Benjamin, Gaspard,1915, p. 130).Regardez-le, écoutez-le ronfler, il rêve, il rêve qu'il part en voyage, rêve que tout va bien (Prévert, Paroles,1946, p. 15).
b) [Le second verbe a un compl. dir. réfl.] M. Prévère continuait de rester les bras croisés, dans une attitude de réflexion (...) je pris le parti de m'asseoir, dans l'espérance que je le verrais bientôt s'ôter de cette fenêtre où sa présence m'imposait une grande gêne (Toepffer, Nouv. genev.,1839, p. 26).Il aurait dû feindre de ne rien soupçonner, et les laisser se trahir tout doucement (Maupass., Contes et nouv., t. 2, M. Parent, 1886, p. 610).Il put attirer les ennemis en des places où telle pile menaçait de choir, et les faire s'abîmer avec elle (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 125).
[À l'impér. positif] Mes enfants! cria alors M. de Kergaz, s'il m'arrivait malheur... Si cet homme venait à me tuer, laissez-le s'en aller, mais veillez sur la comtesse (Ponson du Terr., Rocambole, t. 3, 1859, p. 504).
c) Rare. [Le second verbe a un compl. dir.] :
5. Mon oncle et Alissa devaient aller, en juin, rejoindre, aux environs de Nîmes, Juliette, qui attendait un enfant vers cette époque. Des nouvelles un peu moins bonnes les firent précipiter leur départ. Gide, Porte étr.,1909, p. 552.
Rem. Avec faire, le est normalement remplacé par un datif. V. lui.
2. [Le est le compl. logique du second verbe] Le dauphin ne reviendrait qu'avec le duc de Bourgogne, et seulement si le conseil voulait maintenir d'autre sorte la paix et le bon ordre dans le royaume. Alors on résolut de le faire arrêter (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 113).Il a fait lui-même un pamphlet contre M. Mairobert, et il a eu l'étourderie de le faire imprimer là-bas (Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1836, p. 41).Faites-le désarmer tout doucement par Slick. Il n'a qu'un revolver. Si on le lui prend, c'est fini (Sartre, Mains sales,1948, 6etabl., 1, p. 224).
B. − [Le est compl. d'obj. dir. du second verbe]
1. [Le précède le second verbe] Paysan, apporte-nous une grande marmite pleine d'eau et laisse-nous la mettre sur ton feu! (Claudel, Soulier,1944, épil., 1, p. 1085):
6. « On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre », répondit-il. Le voyant dans ces dispositions, Thomas le pria de le laisser l'accompagner au presbytère... Queffélec, Recteur,1944, p. 220.
2. [Le précède le premier verbe (le suj. du second verbe prend alors la forme d'un datif)] Ses mains seulement étaient extraordinairement froides et s'engourdissaient. On les lui fit mettre dans de l'eau tiède (Krüdener, Valérie,1803, p. 275).Écoute, dit Petit-Claud, défie-toi du caniche... − Tu ne le connais pas, s'écria David. Kolb, c'est comme moi-même. − Veux-tu me le laisser éprouver?... (Balzac, Splend. et mis.,1847, p. 601):
7. le prince : Chez lui!... (À Éva). Mais alors, il n'était donc pas où vous dites, madame? éva, vivement : Si!... avant! le prince, la regardant fixement : Vous êtes bien pressée de me le faire croire!... Sardou, Rabagas,1872, V, 4, p. 230.
Rem. Le doit toujours précéder faire.
III. − [Le, la, les entrent comme compl. dir., dans un grand nombre de loc. (qu'on trouvera traitées aux autres mots qu'elles comportent)] Se la couler douce, la bailler belle, l'emporter sur qqn, ne pas l'entendre de cette oreille, etc.
Rem. 1. En dehors de l'impér. positif, le pronom datif de 3epers. (non réfl.) (infra a) ainsi que en (infra b) et y (infra c) suivent le; le pronom datif réfl. (infra d), ainsi que le datif de première ou de seconde pers. (infra e) le précédent : a) Il avait oublié l'anneau de mariage pour sa femme, lorsqu'il alla se marier dans le Limousin. Il tira de son doigt l'anneau de Peytel et le lui donna (Goncourt, Journal, 1864, p. 91). Sur ces entrefaites, Susannah quitta le piano. Je cueillis un bouquet sur la table et vins le lui offrir avec des yeux railleurs (Villiers de L'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 135). Léo : Georges, je suis restée seule avec cette petite, après votre départ. Nous avons parlé, autant que son état le lui permettait, bien entendu (Cocteau, Par. terr., 1938, III, 1, p. 270). b) Une fois dans la sacristie, il se montra plus traitable encore. Il ne réclamait plus les pièces pour le jour-même. Il implorait qu'un jour ou l'autre, seulement, et quand Thomas l'en jugerait digne, il rentrât en possession de son or (Queffélec, Recteur, 1944, p. 40). Didace était étendu tout rond par terre près du poêle (...). Alors (...) elle alla chercher une courtepointe pour l'en couvrir (Guévremont, Survenant, 1945, p. 161). c) Elle ne veut même pas se demander combien de temps la retiendra, dans cette maison de la colline, le caprice qui l'y a conduite (Duhamel, Suzanne, 1941, p. 195). Le torrent ne produit de l'électricité que si l'homme l'y contraint (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 171). d) Comme quelqu'un qui sans vouloir se le formuler à lui-même sait au fond qu'il a pris son parti et que ce n'est plus qu'une question de temps (Du Bos, Journal, 1927, p. 242). e) − Oui, vous savez bien, cette belle montre à répétition que vous faisiez sonner dans la bibliothèque (...). Eh bien! elle est retrouvée, on vous la rendra (Mérimée, Carmen, 1847, p. 26). − Tenez, continua Andrea, jurez-moi que ce que je vais vous demander, vous le ferez si je meurs? − Je te le jure (Ponson du Terr., Rocambole, t. 3, 1859, p. 403). − Tais-toi, tu vas nous la tuer, répétait la mère Malorthy. Misère de nous! (Bernanos, Soleil Satan, 1926, p. 74). Je voudrais pouvoir te la retrouver sa photo de jeunesse! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 498). Dans la lang. pop. ou relâchée le groupe le lui (ou le leur) se réduit souvent à lui (ou leur). C'est une lettre pour m'ame Matthieu... Faut que je lui remette à elle-même (Sue, Myst. Paris, t. 5, 1843, p. 354). Dis donc, tu ne crois pas qu'elles nous laisseraient dormir dans leur grange? − Je vais leur demander (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 221). 2. À l'impér., le suit immédiatement le verbe et précède le pronom datif. Il demande qu'on lui laisse ce coffret, le docteur assure qu'il n'y a aucun danger. − Le Commandant : Laissez-le lui (Sue, Atar-Gull, 1831, p. 31). − Haynes. Allez jusqu'au poste de sans-fil. Prenez tous les télégrammes qu'ils ont reçus. Apportez-les moi (Peisson, Parti Liverpool, 1932, p. 243). Venez demain! Madeleine : Mais... Léo : Il n'y a pas de mais. À cinq heures. C'est un ordre. Jurez-le moi sur Michel (Cocteau, Par. terr., 1936, II, 12, p. 266). Minutello : Mon ami, c'est une bizarre entreprise pour un homme veuf que d'élever deux filles. Bartholomeo : Elles vous donnent du souci? Minutello : Plus que tous les marchands de laine de Florence, de Londres et de Bruges. Silvio : Confiez-les nous (Salacrou, Terre ronde, 1938, I, 1, p. 139). Dans la lang. fam., le datif peut précéder le. Fossoyeur, pourquoi pleures-tu? Pourquoi ces larmes, pareilles à celles d'une femme? Rappelle-toi-le bien; nous sommes sur ce vaisseau démâté pour souffrir (Lautréam., Chants Maldoror, 1869, p. 153). − Mais je n'ai pas au moins Ferdinand! Dis-moi-le tout de suite, baissé tant que ça dans ton estime? Tu me le dirais? (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 450). Mais le petit, qui avait bonne envie de vivre, gigota tellement dans ses langes que Didace le rendit aussitôt à Marie-Amanda : − Ôte-moi-le des mains. J'ai trop peur de l'échapper (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 186). Tenez-le vous pour dit/ Tenez-vous le pour dit : les deux tours s'emploient indifféremment. Il faut que l'eau lui soit ainsi qu'une rosée, tenez-vous-le pour dit (Ponchon, Muse cabaret, 1920, p. 198). Tiens-le-toi pour dit (Martin du Gard, Les Thibault, II, p. 109 ds Grev. 1969, § 482). 3. Vx ou littér. Lorsqu'un inf., dont le est compl. dir., se trouve précédé d'un auxil. de mode (vouloir, pouvoir, devoir), plus rarement aller ou être (au passé composé ou au passé simple), le peut précéder le premier verbe. Le maire lui prit sa fille unique, et au bout de huit jours la lui rendit gâtée. Je le fus voir alors (Courier, Pamphlets pol., Gaz. vill., 1823, p. 187). Cependant lorsque, arrivés déjà à six lieues de Meulan, les gens d'armes demandèrent l'argent qui leur était promis, il ne les voulut point payer (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 397). Votre idéal peut être illimité, indéfini, ou, comme vous préférez dire, infini, mais cela une réalité ne le pourra jamais être, quelle qu'elle soit (Barrès, Cahiers, t. 5, 1907, p. 226). − Puis-je te servir à quelque chose? As-tu besoin de moi? Je me mis à sa disposition. Je lui promis de l'aller voir (Duhamel, Confess. min., 1920, p. 59).
Prononc. et Orth. : [lə], [la], [lε] et [le]. Le, la + voyelle ou h muet : élision (je l'appelle, je l'habille); le, la + en ou y : élision (je l'en priverai, je l'y laisserai); impér. positif + le, la + voyelle : pas d'élision (faites le entrer, faites la entrer), mais élision devant en ou y (faites l'en revenir, faites l'y mettre). Att. ds Ac. dep. 1694; 1740, 1762 ,,Quand le est après le verbe il ne s'élide point dans l'écriture ni même dans la prononciation, si ce n'est en vers; au-lieu que dans ce même cas, la ne souffre jamais d'élision`` mais 1798, 1835 ,,Quand le est après le verbe, s'il est suivi d'une voyelle, il ne s'élide point en écrivant, mais il s'élide en prononçant : voyez-le à son retour (on prononce voyez-l'à son retour). Dans le même cas, la ne souffre pas d'élision``; 1878, 1935 aucune remarque.
étymol. et Hist. : Pron. pers. de la 3epers., cas régime atone I. Masc. A. Sing. 1. Placé devant le verbe a) α) 842 lo (Serments, éd. Henry Chrestomathie, p. 2, 20 : et Karlus, meos sendra, de suo part non loˑ [sagrament] s tanit); 2emoitié xes. lo (St Léger, éd. J. Linskill, 14 : Al rei lo duistrent soi parent); mil. xies. le (St Alexis, éd. Chr. Storey, 31); β) 842 l' devant voyelle (Serments, p. 2, 21 : si io returnar non l' [Karlo] int pois); 1remoitié xes. (Jonas, éd. G. de Poerck, 187 : tant l'aveient [Deum] [of] fendut); γ) id. enclitique qel = que lo (id., 215); b) 1174-76 terme d'appel déterminé par une prop. rel. (Garnier de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 2913 : Deus le het qui sun pere volt metre desuz sei); 2. placé après le verbe a) fin xes. régime d'un inf., lui-même régime d'un autre verbe (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 157 : Sanct Pedre sols venjar lo volt); b) α) mil. xies. forme élidée (St Alexis, 181 : ... fait l'el muster venir); β) ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 3770 : Serveie le par feid e par amur). B. Plur. 1. 1remoitié xes. placé après le verbe (Jonas, 167 : et etiam plora les [Judeos]). 2. 2emoitié xes. placé avant le verbe (St Léger, 214 : Domine Deu il les [les omnes de ciel païs] lucrat); ca 1100 enclitique sis = si les (Roland, 689). II. Fém. A. Sing. 1. Placé devant le verbe a) α) ca 881 la (Ste Eulalie, 3, 4, 9, 19, éd. Henry Chrestomathie, p. 3); β) 2emoitié xes. l' devant voyelle (St Léger, 142 : Defors l'asist [la ciutat]); γ) ca 1200 enclitique sel = se le, forme pic. du fém. (Aiol, 6624 ds T.-L.); b) 1ertiers xiies. ne représente aucun subst. du contexte (Gormont et Isembart, éd. A. Bayot, 250 : Aince[i]s k'augiez guerres de terre Men enscient l'avrez mut pesme); 1178 (Renart, éd. E. Martin, XIV, 136 : bone l'as trovée); c) 1remoitié xiiies. [ms. T] fonction d'attribut représentant un subst. fém. avec lequel il est accordé (Chansons de Conon de Béthune, éd. A. Wallensköld, 15, 3 : Et tel i a qui quide avoir amie Boine et loial ki onques ne la fu [leçon le ms. Bibl. nat. fr. 844, xiiies.]); l'accord du pron. pers. en tel cas est condamné par Vaug. [1647], p. 27-28, jugement confirmé par Th. Corneille (Les Rem. de M. de Vaugelas, 1687, t. 1, p. 44) et par l'Ac. fr. (Vaug., Obs., 1704, p. 47); 2. placé après le verbe ca 1170 régime d'un inf. lui-même régime d'un autre verbe (Chrétien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 181 : Ferir la volt par mi le vis). B. Plur. fin xes. las (Passion, 414); mil. xies. les (St Alexis, 480). Même orig. que le, la, les, art. défini.
STAT.Fréq. abs. littér. Le1 et 2: 1 474 119. La1 et 2: 1 870 137. L'1 et 2: 1 370 002. Les1 et 2: 1 197 527. Fréq. rel. littér. Le1 et 2: xixes. : a) 2 084 691, b) 2 129 858; xxes. : a) 2 089 228, b) 2 092 731. La1 et 2: xixes. : a) 2 649 391; b) 2 642 306; xxes. : a) 2 684 335, b) 2 662 608. L'1 et 2: xixes. : a) 2 008 156, b) 1 818 866; xxes. : a) 1 855 178, b) 2 022 662. Les1 et 2: xixes. : a) 1 887 145, b) 1 702 535; xxes. : a) 1 662 977, b) 1 570 235.
BBG. Heriau (M.). Le Verbe impers. en fr. mod. Paris, 1980, pp. 83-85, 633-635, 735-736, 871-876, 1002-1008.

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LE. pron. pers. masc.
(fém. : LA. Devant une voyelle ou une h muette : L'. Pluriel des deux genres : LES.) Il sert, comme complément d'objet direct ou attribut, à rappeler un être ou une chose dont il a été question. Il se place devant le verbe dont il est complément ou attribut, sauf quand ce verbe est à l'impératif présent. Voilà un bon livre, je vous engage à le lire. Dès que ma sœur sera arrivée, j'irai la voir. Il avait mille francs, et il les a dépensés. Vous avez mon chapeau, rendez-le-moi. Ces livres sont dérangés, mettez-les chacun à sa place. Je me regarde comme la mère de cet enfant; je la suis de cœur, je la suis par ma tendresse pour lui. Quand LE fait partie d'une locution composée d'un verbe à un mode personnel, et d'un infinitif, il se place entre le verbe et l'infinitif s'il est complément de l'infinitif : Je vais le chercher. Si, au contraire, LE est le complément du premier verbe, il se place entre le sujet et le verbe : Nous le voyons venir.

LE s'emploie aussi comme pronom neutre invariable quand il rappelle un adjectif ou une proposition déjà exprimés. Cette femme est belle et le sera longtemps. Je n'ai pas été enrhumé de l'hiver, et je le suis depuis les chaleurs. Nous devons défendre l'honneur et l'intérêt de nos parents, quand nous le pouvons sans injustice. Il a vécu plus longtemps qu'on ne l'aurait cru. La présence de LE dans ce cas n'est pas toujours obligatoire. As-tu raison? Je ne sais. Je ne serais pas venu si j'avais su. Vous voudriez, j'imagine, être à ma place. Il peut servir encore à annoncer une proposition qui suit. Tu l'as vu, comme il m'a traité. Uni à certains verbes, il sert à indiquer un sens plus ou moins distinct, plus ou moins différent de celui du verbe seul. L'emporter. Le céder. Le disputer. Voyez ces mots.

Littré (1872-1877)

LE (le, la, lê ; l's se lie : lê-z amis, lêz hommes) article.
  • 1Le est l'article du nom masculin au singulier ; l'e s'élide devant une voyelle ou une h muette. Le livre, l'homme, l'épi. Ah ! ruban tant qu'il vous plaira ; mais ce le où elle [Agnès] s'arrête n'est pas mis pour des prunes ; il vient sur ce le d'étranges pensées, ce le scandalise furieusement ; et, quoi que vous puissiez dire, vous ne sauriez défendre l'insolence de ce le, Molière, Crit. de l'Éc. des f. 3.

    La est l'article du nom féminin au singulier ; l'a s'élide devant une voyelle ou une h muette. La lune, l'âme, l'heure.

    Les est l'article du pluriel ; et il est commun aux deux genres. Les livres, les roses.

  • 2Si la préposition de ou à se trouve devant l'article masculin au singulier, et que le nom suivant commence par une consonne ou par une h aspirée, on change de le en du, et à le en au : du mois ; au mois ; du héros ; au héros.

    Si le nom commence par une voyelle ou par une h non aspirée, la préposition et l'article n'éprouvent aucun changement ; mais l'article, soit masculin, soit féminin, s'élide : de l'enfant ; à l'enfant ; de l'honneur ; à l'honneur ; de l'amitié ; à l'amitié.

    Au plur. Pour de les on dit des, et pour à les on dit aux : des héros ; aux héros ; des enfants ; aux enfants ; des femmes ; aux femmes.

  • 3On répète l'article devant des substantifs qui sont unis par la conjonction et : le père et la mère. Cependant, on dit quelquefois, sans le répéter : les père et mère. Les père et mère ont pour objet le bien, La Fontaine, Cal.
  • 4On répète l'article avant plusieurs adjectifs qui modifient un substantif. Voilà l'unique et la grande règle qu'il suivait, Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 45. L'utile et la louable pratique, de perdre en frais de noces le tiers de la dot qu'une femme apporte ! La Bruyère, VII.

    Cette répétition est obligatoire quand les adjectifs expriment des idées tout à fait distinctes : Les bonnes et les mauvaises actions qu'il a faites.

    Mais elle n'est pas obligatoire quand les idées exprimées par les adjectifs n'ont rien qui se contredise ou s'oppose : Voilà l'unique et grande règle qu'il suivait. L'utile et louable pratique. L'humble et timide innocence.

  • 5On peut mettre l'article devant un adjectif avec le substantif sous-entendu, quand le substantif vient d'être énoncé avec un autre adjectif. On ne vous a pas laissé ignorer l'histoire grecque ni la romaine, Bossuet, Hist. Préf. L'un a les affaires de la terre et l'autre les maritimes, La Bruyère, VIII. Elles se bornent aux choses présentes et nous font perdre de vue les éternelles, Massillon, Mystères, Incarn.
  • 6Les se met devant les nombres de jours, d'heures, etc. pour indiquer une certaine approximation ou latitude. Dans ces étranges sublimités, où ils [les mystiques] passent tranquillement les dix et les vingt ans sans seulement penser à lui [Jésus-Christ] ni à aucun de ses états, Bossuet, États d'oraison, II, 5. Le vent étant tombé vers les huit heures du soir, Chateaubriand, Itin. 1re part.
  • 7L'article au pluriel peut se mettre devant les noms propres d'une façon emphatique, sans idée de pluralité, et alors en effet on ne leur donne pas la marque du pluriel. Les Bossuet, les Racine ont été la gloire du siècle de Louis XIV.

    Il s'y joint aussi avec le sens de pluralité ; alors on leur donne la marque du pluriel. Les Virgiles sont rares, c'est-à-dire les poëtes tels que Virgile.

    Il se met devant un nom de famille, pour indiquer la famille entière. Les Stuarts. Les Bourbons. Les Corneilles étaient frères. Je connais les Brassacas ; c'est une des meilleures familles de la Garonne, Dancourt, Prix de l'arquebuse, sc. 18. (voy. NOM PROPRE).

  • 8L'article se met encore devant un nom propre pour l'indiquer comme un type, un représentant d'une classe. Personne ne respecte plus que moi saint François Xavier ; c'était un Espagnol animé d'un zèle intrépide ; c'était le Fernand Cortez de la religion, Voltaire, Mél. hist. Mensong. impr. 32.
  • 9L'article se met devant plusieurs noms italiens. Le Titien, le Corrége, le Tasse, l'Arioste. Cela soit dit pourtant sans offenser le Tasse, que je ne puis oublier sans être une ingrate, Sévigné, 353.

    On dit aussi le Poussin, bien qu'il soit français ; mais son long séjour en Italie a fait que l'article s'est joint à son nom. Les Italiens sont le seul peuple de la terre chez qui on accorde l'article le aux auteurs : le Pulci, le Bojardo, l'Arioste, le Tasse ; mais on n'a jamais dit, chez les Latins, le Virgile ; ni chez les Grecs, l'Homère ; ni chez les Asiatiques, l'Ésope ; ni chez les Indiens, le Brama ; ni chez les Persans, le Zoroastre ; ni chez les Chinois, le Confutzé, Voltaire, Lett. abbé Foucher, 30 avril 1769.

    Ne dites pas le Dante ; les Italiens ne mettent l'article qu'avec le nom de famille : le Tasse, l'Arioste, et non avec le nom de baptême ; or Dante, abrégé de Durante, est un nom de baptême ; quand les Italiens mettent l'article au nom de ce poëte, c'est qu'ils le nomment de son nom de famille : l'Alighieri.

  • 10L'article se joint quelquefois aux noms propres quand on parle soit familièrement, soit légèrement, de personnes qui ont une notoriété. La l'Esvile lui dit qu'au lieu de lui faire des excuses…, Scarron, Rom. com. I, 23. Quittons la Bretagne, et parlons de Grignan, parlons de ces frères qui reviennent toujours au gîte ; ce qui m'étonnait, c'est que le Carcassonne en fût sorti, Sévigné, 2 août 1689. À mon gré, le Corneille est joli quelquefois, Boileau, Sat. III. On se permet quelquefois de mettre l'article à des noms propres, et surtout en parlant de certaines femmes extrêmement connues, soit en bien soit en mal ; ainsi l'on dira la Champmeslé, fameuse actrice ; la Brinvilliers, célèbre empoisonneuse, D'Olivet, Ess gramm. ch. II, § 2. Il [Molière] partit de Lyon pour les états du Languedoc avec une troupe assez complète, composée principalement de deux frères nommés Gros-Réné, de Duparc, d'un pâtissier de la rue Saint-Honoré, de la Dupare, de la Béjart et de la Brie, Voltaire, Vie de Molière. J'entre, je lis, d'une voix fausse et grêle, Le triste drame écrit pour la Denèle ; Dieu paternel ! quels dédains, quel accueil ! De quelle œillade altière, impérieuse, La Dumesnil rabattit mon orgueil ! La Dangeville est plaisante et moqueuse, Voltaire, le Pauvre diable. La boutique de la Duchapt, célèbre marchande de modes, Rousseau, Conf. VII.
  • 11Quand on cite en latin un titre d'ouvrage qui est féminin en cette langue, plusieurs y joignent néanmoins l'article masculin le. Ils [Scévole et Louis de Sainte-Marthe] composèrent ensemble le Gallia christiana, Voltaire, Louis XIV, Écriv. Sainte-Marthe.

    D'autres suivent le genre du latin : la Gallia christiana.

    Les naturalistes sont convenus de mettre toujours le devant les noms latins de plantes et d'animaux, lors même que ces noms sont féminins en latin : le nymphaea alba, L.

  • 12À la, à la façon de. À l'anglaise. Pour parler à la Montesquieu, Rousseau, Conf. VIII.
  • 13L'article se dit quelquefois au vocatif, familièrement, et quand on s'adresse à quelqu'un dont on ne sait pas le nom. Hé ! l'homme, venez ici.
  • 14Le, la, les, sert à former le superlatif. Le plus sage des hommes. Le meilleur des hommes. La pire des conditions. La plus douce consolation d'un homme de bien affligé est la pensée de son innocence. Quoique cette femme montre plus de fermeté que les autres, elle n'est pas la moins affligée. Les animaux les plus féroces. Il ne faut pas se flatter, les plus expérimentés dans les affaires font des fautes capitales ; mais que nous nous pardonnons aisément nos fautes quand la fortune nous les pardonne ! et que nous nous croyons bientôt les plus éclairés et les plus habiles quand nous sommes les plus élevés et les plus heureux ! Bossuet, Reine d'Angl. La honte suit toujours le parti des rebelles ; Leurs grandes actions sont les plus criminelles, Racine, Théb. I, 5.

    Dans ce superlatif le devient invariable, formant avec plus ou moins une sorte d'adverbe, quand le superlatif indique excès, non comparaison. Cette scène est une de celles qui furent le plus applaudies. La lune n'est pas aussi éloignée de la terre que le soleil, lors même qu'elle en est le plus éloignée. Ceux que j'ai toujours vus le plus frappés de la lecture des écrits de ces grands personnages [les auteurs grecs et latins], ce sont des esprits du premier ordre, Boileau, Lett. à Perrault. Ceux mêmes qui s'y étaient le plus divertis ont eu peur de n'avoir pas ri dans les règles, Racine, Plaid. Préf. Mais qu'on me nomme enfin dans l'histoire sacrée Le roi dont la mémoire est le plus révérée ; C'est ce bon Salomon…, Voltaire, Ép. XLVI. C'est dans le temps que les grands hommes sont le plus communs, dit Tacite, que l'on rend aussi le plus de justice à leur gloire, Thomas, Essai sur les éloges.

    Dira-t-on : les opinions les plus ou le plus généralement suivies ? La réponse dépend de l'intention de celui qui parle, ou de ce qu'il veut faire entendre. Des opinions peuvent être plus ou moins généralement suivies ; si c'est là ce que vous entendez, le, relatif à l'adverbe, sera invariable comme lui, et le plus signifiera le plus qu'il est possible. Si vous avez en vue d'autres opinions plus suivies que celles-là, et que vous vouliez indiquer cette comparaison, c'est au nom que doit se rapporter l'article, et vous direz : les plus suivies. Par suite de ce qui vient d'être établi, ce sera une faute de dire : les opérations le mieux combinées de la campagne, par cela même qu'il y a ici comparaison ; il faudra dire : les mieux combinées (LAVEAUX). Ainsi on dira : Les arbres les plus hauts sont les plus exposés à la tempête, parce que le rapport du superlatif est déterminé ; mais on dira : On a abattu les arbres le plus exposés à la tempête, parce que le rapport n'est pas déterminé. C'est par la même raison qu'on dira : Les parures les plus à la mode sont celles dont je viens de vous parler, et Les parures le plus à la mode ne conviennent pas aux femmes âgées. On dira : Les Égyptiens et les Chaldéens sont les nations les plus anciennement policées ; mais on dira : Les monuments des nations le plus anciennement policées.

    Si le superlatif relatif précède son substantif, un seul article suffit pour l'un et pour l'autre : Le plus célèbre orateur qu'aient eu les Romains est Cicéron. Mais si c'est le substantif qui précède le superlatif, il faut mettre un article à l'un et à l'autre : le triomphe le plus beau. Par licence poétique, Molière et Racine n'ont pas observé cette règle : Mais je veux employer mes efforts plus puissants, Molière, l'Ét. V, 12. Chargeant de mon débris les reliques plus chères, Racine, Baj. III, 2.

    Quand il y a deux superlatifs de suite, on répète l'article : les plus méchants et les plus décriés personnages. Cependant on peut quelquefois supprimer le second article. Dis si les plus cruels et plus durs sentiments Ont rien d'impénétrable à des traits si charmants, Molière, l'Ét. I, 2.

  • 15 Au singulier, l'article s'emploie pour parler en général. L'homme est le roi des animaux. La bête n'est point, comme le prétendait Descartes, un automate. La plante meurt sur le lieu où elle a vécu.
  • 16Au sens général, l'article se supprime quelquefois. Contentement passe richesse. Cette suppression se fait surtout dans des locutions proverbiales ; on ne peut guère s'en servir ailleurs que par assimilation à ce genre de locutions. Au contraire, dans l'ancienne langue, elle était de règle.
  • 17L'on, voy. ON.
  • 18L'un ou un, voy. UN.

HISTORIQUE

IXe s. Viam de l'estege. - Quinque jugera ad la rochere. - Infra rivulum del brol, Charte de 880, dans DOM CALMET, Hist. eccl. de Lorraine, t. I, p. 316, éd. de 1728.

Xe s. Voldrent la veintre li deo inimi, Eulalie. Elle n'out eskoltet les mals conselliers, ib. Si escit [sortit] foers [hors] de la civitate. Fragm. de Valenc. p. 468. Si astreient [seraient] li Judei perdut, si cum il ore sunt, ib. p. 468.

XIe s. Salvez serez de Deu le glorius, Ch. de Rol. IX. Li reis Marsiles est moult mis enemis, ib. X. Les diz mulez fait Charles establer, ib. X. Ce dist li reis : al [au congé de] Jhesu et al mien, ib. XX. Des douze pairs li diz en sont ocis, ib. C.

XIIe s. Entr'eux sont bien li mille chevalier, Roncis. p. 37. Si combatrai as [avec les] doze compeignons, ib. p. 40. Par la Deu grace qui en la crois fu mis, ib. p. 71. Et tant des autres, ib. 32. Il ert as [aux] porz [passages] o [avec] sa grant ost bannie, ib. 33. [Ce cheval] Plus pooit courre par puis et par larris Que li [celui de] Rolant, ib. 136. Li mien baron [ô mes barons], Mahons vous soit garant, ib. 137. Pour la Charlon [l'épée de Charles], dont il oït parler, ib. p. 125. Quant li estez et la douce saisons…, Couci, XII.

XIIIe s. Ensi sejornerent le jor et l'endemain en cel palais, et el tiers jour leur donna Diex bon vent, Villehardouin, LXIV. Il parla as barons de France, au palais de lo Scutarie, Villehardouin, LXV. Et y a moult grant plente de gent del païs, Villehardouin, LXII. Einsi fu li assaus devisés, que les trois batailles des sept devoient l'ost garder par defors, et les autres quatre devoient aler à l'assaut, Villehardouin, LXXVI. Tant come on pooit voir aus iels [yeux], ne paroient [paraissaient] fors voiles de nes et de vaissiaus, Villehardouin, LX. Espousa rois Pepins Berte la belle et gente, Berte, X. Li une lui aporte à manger d'un poucin, ib. LX.

XVe s. Et l'amenerent par grand solennité en une cité qu'on appelle Saint Jean en Escosse, où l'on prend le bon saumon et grand foison, Froissart, I, I, 189.

XVIe s. La plus parfaite des trois especes de gouvernement de la chose publique et la plus selon Dieu et nature, est celle de la royauté, Amyot, Épître. Ils auront en leur langue maternelle ce qu'il y a de plus beau et de meilleur en la latine et en la grecque, Amyot, ib. À celuy qui aura l'espée la mieux tranchante, Amyot, Pyrrhus, 18. Les armez à la legere firent une course sur eulx, Amyot, Anton. 53. Aristobulus escrit qu'il y en eut de morts trente et quatre en tout, dont les douze estoient gens de pied, Amyot, Alex. 29. S'ils estoient mis en dix parts, on trouveroit que les huit sont incommodez, Lanoue, 157. À l'exemple d'eux, les mediocrement riches, voire les pauvres, ont aussi voulu…, Lanoue, 165. Il y en a (dira-t-on) qui s'eslevent par là : ce qui est vray, mais ce n'est pas de cinquante l'un, Lanoue, 181. Mespriser les actions lasches et exalter les genereuses, Lanoue, 209. Les provincial et recteur des jesuites de Douai, D'Aubigné, Hist. III, 446. Souvent la raison et entendement nous defaut, Calvin, Inst. 228. Et qui dit que le soupçon est amour, je lui nie, Marguerite de Navarre, Nouv. XLVII. Seneque, un Burre, un Trazée, ceste terne de gens de bien, desquels mesmes les deux leur mauvaise fortune les approcha d'un tyran, La Boétie, 69. En mon temps, trois les plus execrables personnes que je cognusse, Montaigne, I, 68. Il [l'article] sert aussi au vocatif, comme : l'hoste, venez çà ; escoutez, la belle fille, Ramus, dans LIVET, la Gramm. franç. p. 239.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. LE, LA, LES, art. Ajoutez : - REM.

1. L'article est-il bien employé dans cette phrase-ci : Cela ne casse ni bras, ni tête ; conservez la vôtre, monsieur le duc, Voltaire, Corresp. génér. 13 mars 1741. La difficulté est que la se rapporte à tête pris d'une façon indéterminée. Mais cette règle n'a une vraie autorité que quand la violer nuit à la clarté. Ici le sens ne souffre pas ; et M. B. Jullien, Grammaire, p. 249, approuve la phrase de Voltaire.

2. Au XVIIe siècle, on pouvait supprimer l'article dans les expressions superlatives. Qui le jette au danger, lorsque moins il y pense, Régnier, Élég. V.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

LE, (Grammaire.) article masculin des noms substantifs. Voyez l’article Article.

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Étymologie de « le »

(Date à préciser) Du latin illum, accusatif de ille (« celui-ci »), pronom démonstratif de la troisième personne.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. lo, le, los, les, la, las, et aussi li au pluriel masculin ; espagn. lo, los, las ; port. o, os, a, as ; ital. lo, la, i, gli (anciennement li), le ; du lat. ille, illa, illi, illæ, illos, illas. Il est singulier que ille ait laissé tomber la syllabe accentuée pour ne garder que celle qui ne l'était pas ; peut-être cela s'explique-t-il parce que, passant au rôle d'article, il est toujours proclitique et non accentué dans la phrase.

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Phonétique du mot « le »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
le

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  • ENQUÊTE - Avec la crise sanitaire, les quartiers les plus vivants de l’Hexagone se sont vidés. Cette désaffection risque de durer. Les édiles s’inquiètent. LEFIGARO, Paris, Bordeaux, Lyon... Frappés par le Covid-19, les centres-villes des métropoles dépérissent
  • Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. De Callimaque / Epigrammes
  • Le saké pour le corps Le haïku pour le coeur De Santoka / Zen, saké, haïku
  • Le sang attire le sang. De William Shakespeare / Macbeth
  • Le surplus rompt le couvercle. De Jean Antoine de Baïf
  • Le repentir balaye le péché. De Hazrat Ali
  • Le deuxième vaccin de Sanofi contre le Covid-19 ne sera pas disponible avant la fin 2021 Le Monde.fr, Covid-19 dans le monde : un nouveau variant détecté au Japon
  • Un troisième confinement? « Dans l'absolu, il n'est pas exclu. Mais les chiffres actuels de l'épidémie en France nous laissent à penser que le couvre-feu suffit. » Voici ce qu'a confié ce lundi Jean Castex aux présidents de groupes parlementaires de l'Assemblée nationale, puis du Sénat, lors de deux visioconférences. S'il devait resserrer les vis - ce qui n'est pas acté -, le gouvernement semble plutôt pencher actuellement pour une extension du couvre-feu à 18 heures sur tout le territoire. leparisien.fr, Covid-19 : «Les chiffres laissent à penser que le couvre-feu suffit», selon Castex - Le Parisien
  • Depuis dix jours, le Sud-Ouest est plongé dans un épisode de froid avec des températures négatives, de 8 à 10 degrés d’écart en-dessous des normales de saison. Le redoux surgira mardi après-midi, avant un retour du froid ce week-end SudOuest.fr, Vague de froid dans le Sud-Ouest : jusqu’à 10°C en-dessous des normales
  • Boutique le Point Le Point, Capitole envahi : Rudy Giuliani révoqué par ses pairs ? - Le Point

Traductions du mot « le »

Langue Traduction
Anglais the
Espagnol la
Italien il
Allemand das
Chinois
Arabe ال
Portugais a
Russe то
Japonais インクルード
Basque du
Corse u
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Synonymes de « le »

Source : synonymes de le sur lebonsynonyme.fr
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