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Guérir

Sommaire

  • Définitions du mot guérir
  • Étymologie de « guérir »
  • Phonétique de « guérir »
  • Citations contenant le mot « guérir »
  • Images d'illustration du mot « guérir »
  • Traductions du mot « guérir »
  • Synonymes de « guérir »
  • Antonymes de « guérir »

Définitions du mot guérir

Trésor de la Langue Française informatisé

GUÉRIR, verbe

I. − Emploi trans.
A. − [Le suj. désigne une pers. ou un moyen thérapeutique quelconque]
1. [L'obj. désigne une pers., le corps ou une partie du corps]
a) Guérir qqn/qqc. de qqc.Débarrasser d'une maladie physique ou mentale en ramenant à la santé. L'air parfumé de la campagne me guérit aussitôt de la grippe et de ma fatigue (Gide, Journal,1905, p. 189).S'improviser médecin à Lahore, guérir la sultane d'un abcès dans l'oreille (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 12).
Emploi abs., proverbe, vieilli. C'est un saint qui ne guérit de rien. ,,Se dit d'un homme qui n'a ni pouvoir ni crédit, qui ne peut être d'aucun secours`` (Ac. 1798-1878).
Emploi pronom. réfl. Pour se guérir de la blessure des vipères, on les écrase sur la plaie (Flaub., Salammbô, t. 2, 1863, p. 148).
Proverbe, vieilli. Médecin, guéris-toi toi-même. ,,Gardez pour vous-même les avis que vous donnez aux autres`` (Ac. 1798-1878).
b) Guérir qqn/qqc.Rendre la santé à. De même que Christ, Bacchus avait fait des miracles : il guérissait les malades, et prédisait l'avenir (Dupuis, Orig. cultes,1796, p. 353).Puisque le grand froid détruit le bacille de Koch, on pourrait essayer de guérir les tuberculeux en les frigorifiant pendant plusieurs heures (J. Rostand, La Vie et ses probl.,1939, p. 106).
Emploi pronom. à sens passif. Un malade ne se guérit pas dans un jour (Say, Écon. pol.,1832, p. 185) :
1. ... Monsieur de Bargeton (...) avait de temps en temps des digestions difficiles, et l'heureuse manie de regarder l'indigestion de son dîner comme une maladie qui devait se guérir par celle du souper. Balzac, Illus. perdues,1837, p. 133.
c) Emploi abs. Rendre la santé. Moyen de guérir.
Littér. L'art de guérir. La médecine. Le savant Hippocrate est considéré encore aujourd'hui comme le maître dans l'art de guérir (Maine de Biran, Journal,1816, p. 160) :
2. ... l'art de guérir périra, comme l'art de vivre ou la morale, étouffé par ces rêveries soi-disant métaphysiques de gens qui croient que disséquer un cadavre c'est étudier l'homme, et qu'ils connoissent l'ensemble, parce qu'ils nomment des parties. Bonald, Législ. primit., t. 2, 1802, p. 165.
Proverbe. Mieux vaut prévenir que guérir. Mieux vaut éviter une maladie que la soigner. Au fig. Mieux vaut éviter un ennui que remédier à ses inconvénients :
3. Il professe un axiome assez original : « Mieux vaut prévenir que guérir ». Et il me graisse le nez avant que la musique commence. C'est radical. Je peux pleurer comme je ne sais pas combien de mères qui auraient perdu leurs enfants, pas le moindre rhume. Quelquefois un peu de conjonctivite, mais c'est tout. L'efficacité est absolue. Sans cela je n'aurais pu continer à écouter du Vinteuil. Je ne faisais plus que tomber d'une bronchite dans une autre. Proust, Prisonn.,1922, p. 241.
2. [L'obj. désigne un mal physique ou mental] Guérir qqc.Supprimer, faire disparaître. Le quinquina guérit la fièvre (C. Bernard, Princ. méd. exp.,1878, p. 74).Pastilles destinées à (...) guérir l'enrouement des chanteurs (Huysmanns, Oblat, t. 1, 1903, p. 97).
[P. méton. du suj.] Le jour où la médecine (...) aura trouvé le moyen de guérir la tuberculose ou d'enrayer sa marche, elle aura augmenté pour l'avenir (Gaultier, Bovarysme,1902, p. 192).
B. − Au fig. [Le suj. désigne une pers. ou un inanimé]
1. Guérir qqn de qqc.
a) Débarrasser une personne de (quelque chose de blâmable, de répréhensible, de pénible). Synon. corriger.Guérir qqn d'une crainte, d'une obsession, d'un souci. Il entreprit de la guérir de ses excentricités (Zola, E. Rougon,1876, p. 146).Il n'y a point d'enchanteur qui guérisse quelqu'un de l'envie ou de la haine (Alain, Propos,1921, p. 293) :
4. ... quelques cents francs gagnés, quelque peu d'encens vous guérissent si vite du passé et l'éloignent si loin! Misères et blessures d'hier, il suffit d'un rayon d'aujourd'hui pour les cicatriser. Goncourt, Journal,1857, p. 331.
Emploi abs. Venez à Dieu car il guérit (Hugo ds Rob.).
Loc. verb. Ne guérir de rien. Ne servir à rien :
5. Si on l'accuse [l'Église] de s'être un peu méfiée de ces lettres qui ne guérissent [it. ds le texte] de rien, comme parle Sénèque; il faut aussi condamner cette foule de législateurs, d'hommes d'État, de moralistes, qui, dans tous les temps, se sont élevés, beaucoup plus fortement qu'elle, contre le danger, l'incertitude, et l'obscurité des sciences. Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 51.
b) Dégoûter, détourner d'(une chose) pour l'avenir. Synon. faire revenir.Que diable allais-je faire dans cette galère? Enfin cela me guérira pour jamais de la manie de conserver d'anciennes conquêtes et de réclamer d'anciens droits (Constant, Journaux,1805, p. 220).Il me semble que cette séparation me guérit à jamais de la manie des voyages (Michelet, Journal,1835, p. 768).
2. [L'obj. désigne un mal quelconque] Guérir qqc.Supprimer, faire cesser. Le spécifique pour guérir un événement malheureux (...) c'est une décision; car elle a pour effet (...) d'interrompre le flux de celles qui viennent de l'événement passé (Proust, Fugit.,1922, p. 444).Jane (...) passait sa main sur le front de Shelley et s'efforçait de guérir sa triste passion par de douces et magiques effluves (Maurois, Ariel,1923, p. 303).La vie est cruelle, mais le temps guérit les blessures (Green, Malfaiteur,1955, p. 184).
II. − Emploi intrans.
A. −
1. [Le suj. désigne un animé, le corps ou une partie du corps] Cesser d'être malade, recouvrer la santé. Il y a des malades qui meurent et d'autres qui guérissent; autrement s'ils guérissaient ou mouraient nécessairement tous, il n'y aurait plus de statistique à faire (C. Bernard, Princ. méd. exp.,1878, p. 61).[à Menton], les oranges mûrissent et les poitrinaires guérissent (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Notes voy., 1884, p. 437).
2. [Le suj. désigne un mal physique ou mental] Disparaître. Vous dites à nos maux : Guérissez! (...). Soudain nos maux guérissent (Delavigne, Louis XI,1832, IV, 6, p. 170).
En partic. [Le suj. désigne une plaie, une blessure] Synon. de cicatriser, se fermer :
6. ... tu as une blessure qui t'a fait souffrir, qui se cicatrise, mais qui te démange justement parce qu'elle guérit. J'ai toujours remarqué le même fait chez les gens qui avaient souffert violemment d'un premier amour; ils espèrent hâter la guérison dans la tranquillité, et la tranquillité ne revient jamais aussi pleine et entière que dans l'état d'innocence. Champfl., Bourgeois Molinch.,1855, p. 74.
B. − Au fig.
1. [Le suj. désigne une pers.] Se remettre de, cesser d'être tourmenté par. Il est possible que je parte avec Norvins pour Bruxelles. Il y a mille raisons, et je guérirai aussi de mon misérable amour (Constant, Journaux,1815, p. 450).Adieu, monsieur. On guérit facilement d'une passion pour une femme de mon âge (Balzac, Cous. Bette,1846, p. 19).
[P. méton. du suj.] Si des maux soufferts les cœurs peuvent guérir; S'ils peuvent oublier (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr.,1828, p. 76).
Se débarrasser de, abandonner. Les épouses guérissent plus facilement des larmes que d'un tel sourire (Giraudoux, Amphitr. 38,1929, I, 2, p. 31).
2. [Le suj. désigne un mal quelconque] Disparaître. Qui m'eût dit à Combray, quand j'attendais le bonsoir de ma mère avec tant de tristesse, que ces anxiétés guériraient, puis renaîtraient un jour (Proust, Fugit.,1922, p. 501).
REM. 1.
Guéri, -ie, part. passé en emploi adj.,arg. Libéré, sorti de prison. Il est malade à Canelle (Il est arrêté à Caen) (...) et vous? Il paraît que vous êtes guéri (que vous êtes libre)? − Oui guéri, mais qui sait si je ne retomberai pas bientôt? (Vidocq, Mém., t. 4, 1828-29, p. 98).
2.
Guérit-tout, subst. masc.,rare. Plante aux nombreuses propriétés médicinales. Au fig., littér. Personne qui guérit tous les maux. Synon. panacée.Nasie m'embrassera demain comme son enfant, ses caresses me guériront. Enfin, n'aurais-je pas dépensé mille francs chez l'apothicaire? J'aime mieux les donner à mon guérit-tout, à ma Nasie (Balzac, Goriot,1835, p. 273).
Prononc. et Orth. : [geʀi:ʀ], (il) guérit [geʀi]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1050 guarir « garantir, protéger » (Alexis, éd. Chr. Storey, 99); 2. a) ca 1100 guarir intrans. « recouvrer la santé » (Roland, éd. J. Bédier, 2036); 1176-81 p. ext. garir « disparaître, se cicatriser (en parlant d'une plaie) » (Chr. de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 1375); b) 1130-40 garir trans. « rendre la santé » (Wace, Conception N.D., éd. W.R. Ashford, 1691); c) 1210-25 soi garir pronom. « se procurer la guérison à soi-même » (Yder, éd. H. Gelzer, 2588). De l'a. b. frq. *warjan « défendre, protéger » (cf. a. h. all. werian « id. », all. wehren « défendre ») qui est attesté d'abord en a. fr. sous la forme garir/guarir puis, vers la fin du xiiies. notamment dans les parlers de Champagne, sous la forme guerir (1288, C.A. Bevans, The Old French Vocabulary of Champagne, 33). Garir et guerir coexistent jusqu'au xviies. Pour les problèmes posés par l'a. prov. guerir (début xiies., Guillaume IX ds Rayn., t. 3, p. 430) v. DEAF, s.v. garir. Fréq. abs. littér. Guérir : 2 609. Guéri : 1 375. Fréq. rel. littér. Guérir : xixes. : a) 3 911, b) 4 469; xxes. : a) 3 371, b) 3 335. Guéri : xixes. : a) 1 629, b) 2 310; xxes. : a) 2 290, b) 1 842.

Wiktionnaire

Verbe

guérir transitif ou pronominal 2e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se guérir)

  1. Délivrer d’un mal physique.
    • Pyrrus, Roi des Epirotes, guérissoit[sic], dit Plutarque, tous les Rateleux en leur touchant seulement la rate avec le gros doigt de son pié[sic] droit ; […]. — (Jean Meslier, Le Testament, chap. XIII, édition de Rudolf Charles, t.1, p.81, 1864)
    • Leur pouvoir était illimité ; ils guérissaient les malades abandonnés des médecins, rendaient fécondes les terres stériles, arrêtaient les épidémies de bestiaux, mais ils n’étaient point toujours d’humeur à ces sorcelleries bienfaisantes, […]. — (Octave Mirbeau, Rabalan,)
    • M. A… G…, demeurant à Troyes, souffre depuis longtemps d’une entérite que différents traitements n’ont pu guérir. — (Émile Coué, La Maîtrise de Soi-même par l’autosuggestion consciente, éd. 1935, p.31)
    • (Par extension)En vertu de ce principe des homœopathes : similia similibus curantur, l’aconit, la stramoine, la jusquiame, seraient capables de susciter cette névrose chez l’homme ou l’animal bien portant, puisqu’ils prétendent la guérir par ces médicaments. C’est ce qui, croyons-nous, est à démontrer. — (Gabriel Maury, Des ruses employées dans le commerce des solipèdes, Jules Pailhès, 1877)
    • Sylvius avait déjà fait observer que les bœufs qui, pendant l'hiver, sont affectés de concrétions biliaires, se guérissent au printemps en mangeant les feuilles et les tiges de chiendent dans les pâturages. — (Le Chiendent - Triticum repens, dans la Revue de thérapeutique médico-chirurgicale, Paris : Dr Martin-Lauzer, 1865, page 17)
  2. (Absolument) L’art de guérir.
  3. (Figuré) Délivrer d’un mal moral, de mauvaises habitudes, travers, passions, vices, etc.
    • Cela le guérira peut-être de son indiscrétion.
    • Cet enfant est parvenu à se guérir de la peur.
    • Il est guéri de son ambition. — Guérissez-vous de ce vilain défaut.
  4. (Intransitif) ou (Pronominal) Se délivrer d’un mal physique.
    • Il est dans les meilleures conditions pour guérir.
    • Il se guérira peu à peu.
    • (Par extension) Sa blessure ne guérit, ne se guérit guère.
    • (Figuré) On guérit difficilement de la peur.
    • Son cœur a trop souffert pour guérir, pour se guérir jamais.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GUÉRIR. v. tr.
Délivrer d'un mal physique. Ce médecin l'a guéri d'une pneumonie qu'on croyait incurable. Guérir quelqu'un de la fièvre. Par extension, Guérir la fièvre. Guérir une plaie. Cette pommade guérit les engelures. Absolument, L'art de guérir. Il signifie figurément Délivrer d'un mal moral, de mauvaises habitudes, travers, passions, vices, etc. Cela le guérira peut-être de son indiscrétion. Cet enfant est parvenu à se guérir de la peur. Il est guéri de son ambition. Guérissez-vous de ce vilain défaut.

GUÉRIR, intransitif, ou SE GUÉRIR signifie Se délivrer d'un mal physique. Il est dans les meilleures conditions pour guérir. Il se guérira peu à peu. Par extension, Sa blessure ne guérit, ne se guérit guère. Fig., On guérit difficilement de la peur. Son cœur a trop souffert pour guérir, pour se guérir jamais.

Littré (1872-1877)

GUÉRIR (ghé-rir. La Mothe le Vayer assurait que guarir est aussi bon que guérir, qu'il appelle efféminé et d'enfant de Paris qui change l'a en e ; mais Vaugelas constatait que guérir avait pris le dessus. Au XVIe siècle, Bèze disait : La plupart prononcent guarir et garison, mais la vieille prononciation guairir et guairison me paraît préférable. Au XVIIe siècle garir, forme ancienne, était encore usitée : Et toutes, pour garir, se reforçaient de boire, Régnier, Sat. X.) v. a.
  • 1Délivrer de maladie, faire revenir en santé. Pour tout l'or du monde, il ne voudrait pas avoir guéri une personne avec d'autres remèdes que ceux que la faculté permet, Molière, Pourc. I, 7. Je ne vois rien de plus ridicule qu'un homme qui se veut mêler d'en guérir un autre, Molière, Mal. im. III, 3. Ami, depuis trois jours tu n'es d'aucune fête, Dit-elle, que fais-tu ? pourquoi veux-tu mourir ? Tu souffres ; l'on me dit que je peux te guérir ; Vis et formons ensemble une seule famille : Que mon père ait un fils, et ta mère une fille, Chénier, Idylles, le Malade.

    Par extension. Guérir un rhume. Le quinquina guérit la fièvre d'accès.

    Absolument. Tu frappes et guéris, tu perds et ressuscites, Racine, Athalie, III, 7. [Sydenham] guérissait parce qu'il avait de l'expérience et qu'il savait attendre, Voltaire, Dict. phil. Fièvre.

    L'art de guérir, la médecine. S'ils [les magistrats] avaient la véritable justice, si les médecins avaient le vrai art de guérir, ils n'auraient que faire de bonnets carrés : la majesté de ces sciences serait assez vénérable d'elle-même, Pascal, Pensées, art. V, 9, édit. LAHURE, 1860.

    Fig. et familièrement. Cela ne guérit de rien, cela ne sert à rien.

    On dit de même : De quoi guérira, de quoi me guérira cela ? De quoi est-ce que tout cela guérit ? Molière, Bourg. gent. III, 3.

  • 2 Fig. Guérir quelqu'un, faire disparaître en lui ce qui est comparé à une maladie. La mail qui me blessait a daigné me guérir, Corneille, Rodog. IV, 3. Je vais vous l'expliquer et veux bien vous guérir D'une erreur dangereuse où vous semblez courir, Corneille, Nicom. IV, 5. Si l'aveuglement des peuples n'eût pas éte incurable, elle [la reine] aurait guéri les esprits, et le parti le plus juste aurait été le plus fort, Bossuet, Reine d'Anglet. J'attends avec ardeur Cette eau sainte, cette eau qui peut guérir mon cœur, Voltaire, Zaïre, III, 4.

    Guérir quelqu'un de quelque chose, lui ôter quelque inclination, quelque habitude qui n'est pas bonne. Le plaisir que je prenais à le relire sans cesse me guérit un peu des romans, Rousseau, Confess. I.

    Guérir de, se dit avec un infinitif. Un soupir, une larme à regret épandue M'aurait déjà guéri de vous avoir perdue, Corneille, Poly. II, 2.

    Il se dit aussi des choses qu'on guérit. J'ai peur que je ne vous épouvante trop, et que le remède dont je veux guérir votre ennui [chagrin] ne soit plus violent que le mal, Voiture, Lett. 14. Le temps, qui guérit tout, guérira tes douleurs, Godeau, Poésies, 2e part. 2e églogue. Aussitôt qu'un État devient un peu trop grand, Sa chute doit guérir l'ombrage qu'elle [Rome] en prend, Corneille, Nicom. V, 1. Du prince la raison a guéri le caprice, Rotrou, Vencesl. III, 6. Le trépas vient tout guérir ; Mais ne bougeons d'où nous sommes ; Plutôt souffrir que mourir, C'est la devise des hommes, La Fontaine, Fabl. I, 16. Les hommes, n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, se sont avisés, pour se rendre heureux, de ne point y penser, Pascal, Pensées, IV, 2, édit. LAHURE, 1860. Par le travail, on charmait l'ennui, on guérissait la langueur de la paresse et les premières rêveries de l'oisiveté, Bossuet, Anne de Gonz. Le monde endort les chagrins, mais il ne les guérit pas, Massillon, Avent, Afflict. J'ai révélé mon cœur au Dieu de l'innocence ; Il a vu mes pleurs pénitents ; Il guérit mes remords, il m'arme de constance ; Les malheureux sont ses enfants, Gilbert, Ode imitée de plusieurs psaumes.

  • 3 V. n. Recouvrer la santé. Il [le médecin] m'ordonne des remèdes, je ne les fais pas et je guéris, Molière, Mot cité en note au troisième placet au roi sur le Tartuffe, Œuv. compl. édit. variorum de 1862. C'était demander à un mourant s'il voulait guérir, Voltaire, Louis XIV, 22.

    Fig. L'auditeur peut avoir de la commisération pour Antiochus, pour Nicomède, pour Héraclius ; mais, s'il en demeure là, et qu'il ne puisse craindre de tomber dans un pareil malheur, il ne guérira d'aucune passion, Corneille, 2e disc. Je guéris, et mon cœur, en secret mutiné, S'imposa cet exil dans un séjour champêtre, Corneille, Œdipe, IV, 4. Le sage guérit de l'ambition par l'ambition même, La Bruyère, II. Les femmes guérissent de leur paresse par la vanité ou par l'amour, La Bruyère, III. Athènes tomba, parce que ses erreurs lui parurent si douces qu'elle ne voulut pas en guérir, Montesquieu, Rom. 8. Il est des blessures Dont un cœur généreux peut rarement guérir, Voltaire, Tancr. V, 3.

    Familièrement. On ne guérit point de la peur, de l'ivrognerie, de la passion du jeu, etc. c'est-à-dire être peureux, ivrogne, joueur, sont des défauts qui ne se corrigent pas. Et activement : On ne guérit point la peur, l'ivrognerie, etc.

  • 4Il se dit des maladies qui s'en vont. Cette blessure est légère et guérira bientôt.
  • 5Se guérir, v. réfl. Être guéri. Il est des maladies dont on ne peut se guérir. Nous guérissons infailliblement tous ceux qui se guérissent d'eux-mêmes, Voltaire, Dict. phil. Maladie.

    Fig. Par le commerce ils se seraient éclairés à la Chine, humanisés dans l'Inde, guéris de tous leurs préjugés avec les Européens, Raynal, Hist. phil. II, 7.

  • 6Recevoir guérison, en parlant de la maladie, de la lésion. Son mal se guérit. Ces fièvres se guérissent par le quinquina.
  • 7Se procurer la guérison à soi-même. Il s'est guéri par sa persévérance à suivre le régime qui lui avait été recommandé.

    Fig. Sitôt que sur un vice ils pensent me confondre, C'est en me guérissant que je sais leur répondre, Boileau, Épît. VII.

PROVERBES

C'est un saint qui ne guérit de rien, se dit d'un homme qui a peu de crédit.

Médecin, guéris-toi toi-même, c'est-à-dire gardez pour vous-même les avis que vous donnez aux autres.

Quand on est mort, c'est pour longtemps ; On est guéri du mal de dents, De la potence et du carcan, Anc. chanson.

HISTORIQUE

XIe s. Charles respond : Encor porrat garir [se sauver, se garantir], Ch. de Rol. X. [Toi] Qui Daniel des lions guaresis, ib. CLXXIII. Assoudrai vous pur vos ames guarir, ib. LXXXVII. Deus le guarit qu'al cors [l'épieu] ne l'a toché, ib. CI. Nel puet guarir ses escuz ne sa broine [cuirasse], ib. CXV.

XIIe s. Garisez s'ame de peine et de torment, Ronc. p. 103. Car nus [nul] n'ert [ne sera] jà de ces douz maus garis, Se il n'est touz de fine amor espris, Couci, p. 125. Mult malades [il] guari de sun relief demaine [par son secours souverain] ; La fille à un riche humme en devint tute saine, Qui out esté fievrose mainte lunge semaine, Th. le mart. 95. Abisaï le fiz Sarvie guarid [garantit] le rei e ferid cel vassal. si l'ocist, Rois, p, 203. Ysaias cumandad que l'um figes li portast, si en fist un emplastre, e fist la mettre sur un clou que li reis out ù il se doleit, si en guarrid, ib. 417.

XIIIe s. Ne te gariroit pas tout li ors de Baviere, Que cest bois ne te soit à tousjours mais litiere, Berte, X. De prester à usure mout bien nous guerirons [nous nous soutiendrons bien en prêtant], ib. LXXVII. D'une pierre fu li mordens [agrafe] Qui garissoit du mal des dens, la Rose, 1084.

XIVe s. À Nicaise de Boussut, qui fut navré de mons. Willaume de Masteng, pour li faire warir…, Caffiaux, Abattis de maisons, p. 9.

XVIe s. La chaussure patricienne ne guarit pas de la goutte aux pieds, Amyot, Morales, t. I, p. 106, dans RAYNOUARD, Lexique. Je le pansay, Dieu le guarit, Mot d'Ambroise Paré.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* GUÉRIR, v. act. pass. & n. (Gramm.) On dit se guérir, guérir quelqu’un, & guérir d’une maladie. Ce terme est relatif à l’état de santé & à l’état de maladie, & marque le passage de celui-ci au premier, soit par le secours de la medecine, soit par les forces de la nature. Il se prend au simple & au figuré, & il s’applique aussi communément aux maladies de l’esprit, qu’à celles du corps. On guérit de la fievre par le quinquina, & de la gloire littéraire ou autre, par la raison, les mauvais succès, les préférences injustes, les inimitiés, les jalousies, les satyres, &c.

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Étymologie de « guérir »

(XIe siècle) guarir, d'abord au sens de « protéger, garantir ». Issu du vieux-francique *warjan, « défendre, protéger ».
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Picard, garir ; Berry, garir, guarir ; provenç. garir, guarir, guerir ; ital. guarire ; du germanique : goth. warjan ; anc. h. allem. werjan ; allem. mod. wehren, défendre, protéger, ce qui est aussi le sens propre et primitif de guérir.

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Phonétique du mot « guérir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
guérir gerir

Citations contenant le mot « guérir »

  • Je le soignai, Dieu le guérit. Ambroise Paré,
  • Le seul moyen de guérir, c’est de se considérer comme guéri. De Gustave Flaubert / Lettre
  • On peut guérir d'un coup d'épée, mais guère d'un coup de langue. De Proverbe chinois
  • Le meilleur moyen de se guérir, c'est encore d'agir comme si on était guéri. De François Hertel / Six femmes, un homme
  • Seuls les sens peuvent guérir l’âme, tout comme l’âme seule peut guérir les sens. De Oscar Wilde / Le Portrait de Dorian Gray
  • On se donne bien de la peine et on s’impose bien des privations pour guérir le corps ; on peut bien, je pense, en faire autant pour guérir l’âme. De George Sand / Lélia
  • Mieux vaut prévenir que guérir. De Proverbe français
  • Le biomédecin et chercheur ivoirien Jean Ives Diamana a révélé au cours d’une conférence de presse tenue samedi 11 juillet 2020 à Cocody avoir le remède contre le coronavirus. Une solution naturelle préventive et curative qu’il dit guérir le coronavirus en cinq jours. , Dr Jean Ives Diamana (Chercheur ivoirien) révèle : « J’ai une solution naturelle pour prévenir et guérir la Covid-19 » - Linfodrome
  • A. Z. : Le risque existe, et nous devons le prendre au sérieux, mais il y a aussi un espoir et le rôle de l’Église est d’œuvrer pour ce dernier. Plutôt qu’une relance urgente de l’économie qui ne profite qu’à certains et désavantage de nombreux autres, sans parler de la reprise d’une exploitation néfaste des ressources de la planète, nous devrions plutôt mettre l’accent sur la guérison. La guérison des sociétés et des politiques crée une solidarité universelle permettant de vaincre les égoïsmes nationaux, les égoïsmes des entreprises, voire les égoïsmes religieux. Ainsi, nous pouvons à notre tour guérir l’économie. Le rôle de l’Église est d’aider à guérir ce qui est malade plutôt que de récupérer ce qui était avant. La Croix, Augusto Zampini : « Guérir ce qui est malade plutôt que récupérer le monde d’avant »
  • C’est sa persévérance qui lui a permis de pouvoir enfin mettre le doigt sur l’origine d’un de ses symptômes, une petite victoire qu’il doit également à des groupes rassemblant des milliers de malades qui peinent à guérir même après trois mois.  « On y partage des conseils sur les examens qu’on nous prescrit, les résultats obtenus, les discours que les spécialistes et médecins tiennent. Faire partie de ces groupes a été bénéfique pour tout le monde et permis à un grand nombre de ne pas se sentir isolé. Surtout pour ceux qui pensaient perdre la raison… » Widoobiz, Ces malades qui peinent à guérir : deuxième partie - Widoobiz
  • Laurence Caramel Non il n’existe, à ce jour, aucune étude démontrant que le Covid-Organics permet de prévenir ou de guérir le coronavirus. La composition de ce remède traditionnel développé par l’Institut malgache de recherches appliquées n’a pas été rendue publique. On sait seulement qu’elle est composée à 68 % d’Artemisia annua. Le président malgache Andry Rajoelina a cependant déclaré que 354 malades du coronavirus soignés uniquement avec de la tisane de Covid-Organics avaient guéri. Le Monde.fr, Coronavirus : « Aucune étude ne démontre que l’artémisia permet de le prévenir ou de le guérir »
  • Vous êtes hospitalisé et vous avez plus de 65 ans : il est préférable que le médecin qui s’occupe de vous soit une femme plutôt qu’un homme. Une étude (parue dans le JAMA en 2017) menée sur plus d’1,5 millions d’hospitalisations aux Etats-Unis montre que dans ce cas, la mortalité est plus faible, ainsi que le taux de ré-hospitalisations trente jours plus tard. Dans cette étude, les femmes médecins étaient en moyenne plus jeunes et moins expérimentées que les hommes. Ce n’est donc pas la différence de savoir médical qui explique ces résultats. Les femmes auraient montré plus d’empathie, voilà la clé de ces résultats. Traité avec de la bienveillance, un malade guérira mieux. Femme Actuelle, Animaux, méditation... tout ce qui nous aide à guérir plus vite : Femme Actuelle Le MAG

Images d'illustration du mot « guérir »

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Traductions du mot « guérir »

Langue Traduction
Anglais cure
Espagnol cura
Italien cura
Allemand heilen
Chinois 治愈
Arabe علاج
Portugais cura
Russe лечение
Japonais 治す
Basque sendaketa
Corse curà
Source : Google Translate API

Synonymes de « guérir »

Source : synonymes de guérir sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « guérir »

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