Douter : définition de douter


Douter : définition du Wiktionnaire

Verbe

douter \du.te\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se douter)

  1. Être dans l’incertitude, n’être pas sûr.
    • Toutefois, pas un seul d’entre nous ne douta que nous arriverions à y prendre pied : ce n’était à nos yeux, qu’une question de patience. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Il se rappelait qu’il y avait deux mois à peine que sa mère était morte, et moins que personne il doutait qu’elle ne fût morte empoisonnée. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre I)
    • Depuis lors, nombre de livres ont été écrits sur son compte, et l’on sait exactement ce qu’il a fait, ce qu’il a empêché ou négligé de faire ; mais à cette époque, il n’était pas rare que des hommes jeunes, parfaitement au courant de l’état des sciences et des arts, doutassent s’il existait du tout. — (Robert Musil, L’Homme sans qualités, 1930-1932 ; traduction de Philippe Jaccottet, 1956, p. 103.)
    • Je doute fort que cela soit.
    • J’en doute.
    • Je doute qu’il vienne.
    • Je ne doute pas qu’il ne vienne bientôt.
    • Doutez-vous que je sois malade ?
    • Doutez-vous que je ne tombe malade, si je fais cette imprudence ?
  2. (Absolument) Être troublé dans sa foi, la mettre en cause, en parlant des dogmes religieux, des opinions philosophiques.
    • En philosophie, en critique, c’est avoir beaucoup profité que d’avoir appris à douter.
    • Après avoir longtemps douté, il est mort dans la foi chrétienne.
  3. Hésiter, balancer.
    • Il a longtemps douté avant de tenter cette entreprise.
    • Ne douter de rien, être hardi, aller de l’avant, sans tenir compte des difficultés, des obstacles.
    • (Ironique) Ce jeune homme a trop d’assurance : il ne doute de rien.
    • À n’en pas douter s’emploie pour exprimer une Affirmation, une certitude.
  4. (Pronominal) Imaginer, penser, croire.
    • Je me doutais bien d’une supercherie, alors même que rien ne me permettait de supposer que vous ne fussiez pas Butteridge. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 171 de l’éd. de 1921)
    • Qui pouvait se douter que la vieille possédât de l’argent. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
  5. (Pronominal) Croire sur quelque apparence, conjecturer, soupçonner.
    • Oh! vous savez, vous ne seriez pas prévenu, vous vous douteriez pas des opérations qui s’y goupillent. C’est pépère, même coquet et bien propre. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Il déroulait les curiosités, dépistait les espionnages, se servant de ses amis, sans qu’ils se doutassent du rôle qu'il leur faisait jouer. — (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
    • Je m’en suis toujours douté.
    • Il a été pris lorsqu’il s’en doutait le moins.
    • Il ne se doutait pas qu’on eût des preuves contre lui.
    • (Familier) Il se croit très habile dans cet art, mais il ne s’en doute pas,
      Il ne le connaît que fort imparfaitement.

Verbe

douter \Prononciation ?\

  1. Redouter, craindre.
    • De toutes genz plus hennouré
      Et de preudommes plus douté
      — (Robert de Boron, Le roman du Saint Graal, édition de F. Michel. Circa 1200, page 143.)
  2. Douter.
    • Mult sunt chaitif et deceu
      Ki dutent l’encarnacion
      — (La vie de saint Gilles, édition de Bos et Paris, p. 111, c. 1170)
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Douter : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DOUTER. v. intr.
Être dans l'incertitude, n'être pas sûr. Douter de quelque chose. Doutez-vous de mon zèle, de ma probité? Doutez-vous de moi? Douter du succès. N'en doutez pas, il emploiera tout pour nous perdre. Douter de tout. Je doute fort que cela soit. J'en doute. Je doute qu'il vienne. Je ne doute pas qu'il ne vienne bientôt. Doutez-vous que je sois malade? Doutez-vous que je ne tombe malade, si je fais cette imprudence? Il s'emploie absolument en parlant des Dogmes religieux, des opinions philosophiques. En philosophie, en critique, c'est avoir beaucoup profité que d'avoir appris à douter. Après avoir longtemps douté, il est mort dans la foi chrétienne.

DOUTER a aussi le sens d'Hésiter, de balancer. Il a longtemps douté avant de tenter cette entreprise. Ne douter de rien, Être hardi, aller de l'avant, sans tenir compte des difficultés, des obstacles. Il s'emploie quelquefois avec une nuance d'ironie. Ce jeune homme a trop d'assurance : il ne doute de rien. À n'en pas douter s'emploie pour exprimer une Affirmation, une certitude.

SE DOUTER DE signifie Croire sur quelque apparence, conjecturer, soupçonner. Se douter de quelque chose. Pouvais-je m'en douter? Il se doutait bien qu'on en viendrait là. Je m'en suis toujours douté. Il a été pris lorsqu'il s'en doutait le moins. Il ne se doutait pas qu'on eût des preuves contre lui. Fam., Il se croit très habile dans cet art, mais il ne s'en doute pas, Il ne le connaît que fort imparfaitement.

Douter : définition du Littré (1872-1877)

DOUTER (dou-té) v. n.
  • 1Ne savoir si l'on doit croire ou ne pas croire quelque chose. Je doute qu'il vienne. Je ne doute pas qu'il ne vienne. Doutez-vous que je sois malade ? S'il y a quelque justice dans le ciel, comme personne n'en doute…, Guez de Balzac, liv. I, lett. 3. Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris, Corneille, Cid, IV, 3. Et je doute comment vous portez cette mort, Corneille, Hor. V, 2. Je doute quel rival s'en fait mieux écouter, Corneille, Suréna, II, 3. Il ne faut point douter qu'il fera ce qu'il peut, Molière, l'Étour. II, 8. Et je ne doute point, quoi qu'il n'en ait rien dit, Que tu ne sois de tout le complice maudit, Molière, ib. IV, 7. A vous dire vrai, je doute fort que vous puissiez réussir, Molière, Princ. d'Él. III, 2. Je ne doute point que la vraie dévotion ne soit la source du repos, La Bruyère, XIV. Ne doutez point, seigneur, que ce coup ne la frappe, Qu'en reproches bientôt sa douleur ne s'échappe, Racine, Brit. III, 1. Doutez-vous que l'Euxin ne me porte en deux jours Aux lieux où le Danube y vient finir son cours ? Racine, Mithr. III, 1. Thésée est mort, madame, et vous seule en doutez, Racine, Phèd. II, 1. Je doute que le ris excessif convienne aux hommes qui sont mortels, La Bruyère, XI. Je doute que ce fût toi qui serais en reste, Rousseau, Hél. VI, 5.

    Douter si. Je doute si je serai en mesure d'accomplir ma promesse. Dorante : Et quel est ce portrait ? - Lise : Le faut-il demander, Et doutez-vous si c'est ma maîtresse elle-même ? Corneille, Suite du Ment. II, 6. Ingrat, je doute encor si je ne t'aime point, Racine, Andr. IV, 5. Livrer Psyché aux désirs d'un monstre ? y avait-il de la justice à cela ? aussi les parents de la belle doutèrent longtemps s'ils obéiraient, La Fontaine, Psyché, I, p. 30.

    Douter qui, quels, ne pas savoir qui… quels… Ce sage inébranlable [Caton], avant que de Pompée Il eût vu la vaillance injustement trompée, Doutant à qui l'État devait être soumis, Dans l'un et l'autre chef voyait ses ennemis, Brébeuf, Phars. IX. Ainsi, de tous côtés lorsque souffle l'orage, La mer doute à quels vents doit obéir sa rage, Delille, Trois règnes, V.

    Douter où, ne pas savoir en quel lieu. Que les Romains, pressés de l'un à l'autre bout, Doutent où vous serez et vous trouvent partout, Racine, Mithr. III, 1.

  • 2Douter de quelqu'un, n'avoir pas confiance en lui. Cet homme est suspect ; on doute de lui dans son parti. On doutait de sa probité. Et l'on doute d'un cœur qui n'a point combattu, Corneille, Poly. I, 3. Je me fais de sa peine une image charmante, Et je l'ai vu douter du cœur de son amante, Racine, Brit. II, 8. Il doute de sa fille et de ses sentiments, Voltaire, Zaïre, II, 4. Par la fortune Athènes détrônée Maudit Philippe et douta de ses dieux, Béranger, Waterl.
  • 3Être dans le scepticisme soit à l'égard des dogmes de la révélation, soit à l'égard des propositions de la philosophie. Il n'a jamais douté des mystères de la religion.

    Absolument. C'est avoir beaucoup avancé que d'avoir seulement appris à douter. Non que j'imitasse pour cela les sceptiques, qui ne doutent que pour douter, et affectent d'être toujours irrésolus, Descartes, Méth. III, 6. C'est une partie de bien juger que de douter quand il faut, Bossuet, Connaiss. I, 16. Et qu'aux derniers moments les beaux esprits qui doutent Ne sont pas assurés que les dieux les écoutent, Boursault, Ésope à la cour, III, 3. Leibnitz ne savait pas douter assez, Bonnet, Œuvres mêlées, t. XVIII, p. 93, note 7, dans POUGENS.

  • 4Hésiter. Il ne douta pas un seul instant. Il doutait de recevoir un tel présent. Que ferez-vous ? - J'en doute, Corneille, Suréna, II, 1. Pourriez-vous un moment douter de l'accepter ? Racine, Athal. III, 4. Et vous doutez encor d'asservir ses fureurs, Voltaire, Orphel. V, 1.

    Ne douter de rien, trancher les questions qu'on ne connaît pas bien, se jeter sans réflexion dans des entreprises hasardeuses. Les grands, une fois corrompus, ne doutent de rien, Diderot, Règne de Claude et Néron, I, § 29.

    Ne douter de rien signifie aussi se faire illusion, voir tout du beau côté.

    Il ne doute jamais, il ne suspend jamais son jugement, sa décision.

  • 5N'être pas sûr de conserver. Elle s'était trouvée malade jusqu'à faire douter de sa vie, Scarron, Rom. com. ch. XII.
  • 6Se douter, v. réfl. Conjecturer, soupçonner. Je ne me doutais pas qu'il vînt. Pouvais-je me douter qu'il dût venir si tôt ? Je me doutais qu'il viendrait. Elle s'est doutée de ce qui se faisait. Je me doute qu'il viendra me voir. Je me doute à peu près quel est le gouverneur, Tristan, Panthée, I, 4. …Je m'en doutais, seigneur, que ma couronne Vous charmait bien du moins autant que ma personne, Corneille, Nicom. I, 2. Je me doutais bien aussi que les prophéties auraient été entièrement fausses à l'égard de Vardes, Sévigné, Lett. 27 mars 1671.

    Ne pas se douter, ignorer, ne pas soupçonner. Moi qui… Pour mourir, d'aucun mal ne me fusse douté, Régnier, Sat. XII. Il y voit des choses qui lui sont nouvelles dont il ne se doutait pas, La Bruyère, XI.

REMARQUE

1. Douter suivi de que veut toujours le subjonctif : Je doute que cela soit vrai.

2. Lorsque la phrase est négative, le verbe au subjonctif prend ne. Oui, je ne doute point que l'hymen ne vous plaise, Molière, Éc. des F. II, 6. Je ne crois pas qu'on puisse douter que Ninus ne se soit attaché à l'Orient, Bossuet, Hist. III, 4. Tous eurent le courage de lui être fidèles ; et lui, de ne pas douter qu'ils ne le fussent, D'Alembert, Éloges, milord Maréchal. Cependant on peut supprimer le ne : Je ne doute pas que cela soit vrai.

3. Si la phrase est interrogative, on met ordinairement ne : Doutez-vous que cela ne soit vrai ? cependant ne peut être supprimé : Doutez-vous que cela soit vrai ?

4. En cet emploi, douter peut se tourner par révoquer en doute ; et alors on peut, s'il s'agit d'une action qui n'est pas encore faite, mettre le futur de l'indicatif : Je ne doute pas qu'il fera tout ce qu'il pourra.

5. Corneille a dit : Outre que le succès est encore à douter, Héracl. III, 1. Là-dessus Voltaire remarque : « Le succès est à douter est un solécisme. On ne doute pas une chose, elle n'est pas doutée. Le verbe douter exige toujours la préposition de. » Cela est incontestable dans l'usage actuel. Mais dans l'usage ancien il en était autrement ; et Corneille a seulement usé d'un archaïsme : douter, dans l'ancien français, est actif et signifie craindre, tenir pour suspect. Cet archaïsme se trouve aussi dans Molière : Sous couleur de changer de l'or que l'on doutait, l'Étour. II, 7.

6. Douter dans l'ancienne langue signifiait redouter ; se douter signifia d'abord avoir peur, puis, par une extension facile, imaginer, soupçonner. Se douter rentre donc dans la catégorie des verbes se connaître, s'apercevoir, s'entendre, voy. S'APERCEVOIR, Remarque 2.

HISTORIQUE

XIe s. Et Sarazin nes [ne les] ont mie dutez [craints], Ch. de Rol. X. Et l'amiralz ne le craint ne nel dute, ib. CCLXI.

XIIe s. De ce ne vous dotez [n'en doutez pas], ib. p. 31. S'en serez plus doté [ainsi vous en serez plus redouté], ib. p. 35. Que m'amor ne soit doubtée [mise en doute], Couci, I. De vous prier [je] me dout et fais hardi [je crains et ose], ib. VII. Ainçois me doute [je crains] qu'en trestout mon aage [je] Ne puisse assez li [elle] et s'amor servir, ib. XI. Ah ! gentis rois, quand Dieux vous fist croiser, Toute Egypte doutoit vostre renom, Quesnes, Romancero, p. 100. Seignor, par tel maniere, jà nuls n'en soit dotans, Fu meüe la guerre entre Saisnes et Francs, Sax. V.

XIIIe s. Et ne fu mie merveille se il s'en doubta [en eut peur], Villehardouin, CLXII. Bien ferai la besoigne, de ce n'estuet [il ne faut] douter, Berte, XVII. Car mout [elle] doutoit la bise, qui ert [était] tranchans et fiere, ib. X. Tant doute [elle craint] à couroucer Dieu et sainte Marie, ib. CXIX. Et s'ele l'a [ce vœu] voué, jà mar en douterez, [elle] Ne le briseroit mie pour l'or de dix citez, ib. CXXI. Il ne doutent pluie ne vent Ne nule autre chose grevant, la Rose, 2743. Lor demandes doivent estre mises en escrit ; et celes dont li executeur se doutent qu'eles ne sont pas vraies, il les convient prouver as demandeurs, Beaumanoir, XII, 31.

XIVe s. S'il n'i avoit que moi avec ma bonne gent, Si ne doubté-je mie qu'assez prochainement De Henri et des siens n'ayez le vengement, Guesclin. 15974. Le suppliant doubtant rigueur de justice, Du Cange, absentandus.

XVe s. Je feray volontiers et de bon cœur ce que vous me commandez, à mon loyal pouvoir, jamais n'en doutez, Froissart, I, I, 47. Or vous dis que le sire de Beaujeu, qui estoit dedans, capitaine de Mortaigne et moult sage guerroyeur, s'estoit bien douté de ces assauts, Froissart, I, I, 135. Le clerc se douta du chevalier, car il estoit crueux, Froissart, III, 22. Les bourgeois de la ville, qui douterent le leur à perdre, leurs femmes et leurs enfants, regarderent que, au long aller, ils ne se pourroient tenir, Froissart, I, I, 224. Très noble et douté seigneur monseigneur Jean de Hainaut, Froissart, Prol. Pour povoir parler au roy en bonne seureté [le connestable], car il doubtoit de sa personne comme celluy qui sçavoit toute la conclusion qui avoit esté prinse [contrelui] à Bouvines, Commines, III, 11. Doubtant qu'ils ne feissent ouverture à luy et à son frere, Commines, I, 2. Il ne fault doubter que nul jour sans perte et gaigne ne se passa tant d'ung coté que d'autre, mais de choses grosses il n'y avoit riens, Commines, I, 9. Je ne sçay s'ils disoient ainsi à part ; je me doubte que non, Commines, II, 9. Et ne fault point doubter à ce que ceulx qui estoient avec le roy n'eussent…, Commines, III, 3.

XVIe s. Quand nous voyons des volleurs, qui ont commis quelque meurtre ou larrecin, nous ne doutons point de leur imputer la faute et de les condamner, Calvin, Instit. 224. Je me doubte que ne croyez asseurement ceste estrange nativeté, Rabelais, Garg. I, 6. Aultre chose ne me ameine, sinon le desir de sçavoir ce dont j'ay doubté toute ma vie, Rabelais, ib. II, 18. Adoncques le roy argenté change de place, doubtant la furye de la royne aurée, Rabelais, ib. II, 25. Je me doubte que, en Portugal, y ayt quelque sedition, Rabelais, Épil. 9. Pour quoy je me doubte que il y a de la fourbe en son cas, Rabelais, ib. 10. Haulsent l'espaule à mode de Lombars, Doubtans [ne croyant pas] qu'on eust dessus Genes victoire, Marot, J. V, 26. Nos Allemans quelque petit doubterent, Voyans ce roch quasi inaccessible, Marot, J. V, 27. Je croy que vous ne doubtés pas que mille occasions ne nous oustent de ce monde, suivant la voulenté de celuy qui nous y mit, Marguerite de Navarre, Lett. 55. Je me doubte d'estre au septiesme mois [de ma grossesse], qui y est, après l'huitiesme, le plus dangereux, Marguerite de Navarre, ib. 77. Je pensoys aller digner à Amiens, mais me doubtant que j'y trouverois une poure maison bien desolée, je digneray icy, Marguerite de Navarre, ib. 133. Vous advertir non seulement de ce que je say, mais de ce que je doubte, pour nous en conduire par vostre advis, Marguerite de Navarre, ib. 121. La maladie du cardinal d'Armaignac est une fievre tierce, mais tant aigue, que ceux qui ne le congnoissent doubtent sa vie, Marguerite de Navarre, ib. 140. C'est une science de laquelle ils doubtent que l'homme soit capable, Montaigne, II, 230. La profession des pyrrhoniens est de doubter et enquerir, Montaigne, II, 230. Nous doubtons sur Ulpian, et redoubtons encore sur Bartolus, Montaigne, IV, 235. Il commencea à se doubter de la verité, Amyot, Rom. 8. Je ne m'en fierois pas à ma propre mere, doubtant que par mesgarde elle ne meist la febve noire en cuidant mettre la blanche, Amyot, Alc. 40. Il cria à haulte voix à ses gens de pied qu'ilz le suyvissent hardiment, et qu'ilz ne doubtassent de rien, Amyot, Timol. 37. Il n'y en avoit pas un seul de qui il se doubtast, ne de qui il se deffiast tout comme il faisoit de Metellus, Amyot, Marius, 49. Et si doubtoit aussi d'un autre costé de prendre son chemin par la montagne, pour autant qu'il estoit long, Amyot, Lucull. 28.

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Douter : définitions subjectives sur Dicopedia

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Étymologie de « douter »

Étymologie de douter - Littré

Bourguig. dôttai ; provenç. duptar, doptar ; catal. dubtar ; espagn. dudar ; portug. duvidar ; ital. dottare ; du latin dubitare, d'un radical dub, qui se trouve dans dubius et qui signifie double ; grec, δοιάζειν, de δοιὸς, double.

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Étymologie de douter - Wiktionnaire

Du latin dubitare (« hésiter, douter »). (Vers 980) dobten (« doutent »).
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Phonétique du mot « douter »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
douter dute play_arrow

Conjugaison du verbe « douter »

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Évolution historique de l’usage du mot « douter »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « douter »

  • Alors que sont annoncés les premiers plans sociaux et autres licenciements, certains donnent une espérance de vie limitée au "monde d’après" forcément plus juste, plus vert et plus intègre. En effet, face à la multiplication des faillites et à l’explosion des déficits, il est permis de douter que l’éthique demeure inscrite au cœur de la "raison d’être" des entreprises. http://www.magazine-decideurs.com, L’éthique en entreprise à l’épreuve de la crise - Magazine Decideurs
  • "Il faut structurer les soins de ville, donner un coup d'accélérateur à la mise en place des CPTS (Communautés Professionnelles Territoriales de Santé)!", proclame-t-il à l'adresse des autorités de santé. Sans se faire trop d'illusions sur la portée de ce message dans le cadre d'un "Ségur" de la santé qui serait, selon lui, "surtout un Ségur de l'hôpital qui n'accorde pas un intérêt réel aux médecins libéraux". Et d'ajouter, ironique, que "l'on peut douter que l'hôpital soit le bon organisateur de la médecine de ville !". www.pourquoidocteur.fr, Jacques Battistoni : "On peut douter que l'hôpital soit le bon organisateur de la médecine de ville !"
  • Ce sont à n’en pas douter des travaux qui ne vont pas passer inaperçus. En effet, la réfection de la chaussée sur le CD4 à Saint-Maurice-l’Exil débutera ce lundi 6 juillet et devrait durer plusieurs jours, sans doute jusqu’au 10 juillet. , Environnement | Ce qu’il faut retenir de l’actualité de ce lundi 6 juillet à la mi-journée
  • Des saints ont aussi connu une terrible nuit spirituelle. Ils avaient alors l’impression que Dieu les abandonnait – pire, qu’ils n’étaient plus capables d’aimer Dieu et qu’ils étaient damnés. Ils étaient obligés de supplier le Seigneur de ne pas les laisser désespérer. Ce qui les consolait, c’est qu’ils étaient sûrs qu’en acceptant de participer ainsi à l’agonie du Christ, ils sauvaient le monde avec Lui et obtenaient pour des âmes qui se ferment encore à la lumière la grâce de croire. Lorsque la sainte Thérèse de Lisieux était terriblement tentée dans les derniers mois de sa vie de douter de l’existence du Ciel, elle a continué à y croire fermement en prenant appui sur la parole du Christ : « Je vais vous préparer une place » (Jn 14, 2). Comme disait le cardinal John Henry Newman, « dix mille difficultés ne font pas un seul doute ». Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, Les grands saints aussi ont connu des moments de doute
  • Chercher à connaître N'est souvent qu'apprendre à douter. De Madame Deshoulières
  • A la guerre, c’est celui qui doute qui est perdu : on ne doit jamais douter. De Ferdinand Foch
  • Rien ne vaut l'expérimentation quand on se met à douter du réel ce qui revient, assez paradoxalement, au même qu'à douter de la fiction. De Yolande Villemaire / La vie en prose
  • Pour croire avec certitude, il faut commencer par douter. De Proverbe polonais
  • Le beaucoup savoir apporte l'occasion de plus douter. De Michel de Montaigne / Essais
  • Il faut douter de tout même de ses soupçons. De Christine de Suède
  • La volonté de ne point douter empêche le doute. De François Hertel / Six femmes, un homme
  • A force de croire, on oublie de douter. De Patrick Vandermaesen
  • Douter, c'est tout perdre. Il ne faut pas douter. De Claire de Lamirande / La Rose des temps
  • Douter de tout, c'est aussi douter du doute. Voilà ce qui guette les incrédules. De Jean Cocteau
  • Espérer, c'est surtout douter. De Charles Soucy / A travers la mer
  • Autant que savoir, douter me plaît. De Dante
  • Philosopher, c'est douter. De Michel de Montaigne
  • Il faut douter du doute. De Anatole France
  • Plus on sait, plus on doute. Pie II (Enea Silvio Piccolomini),
  • Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir. Henri Poincaré, La Science et l'hypothèse, Flammarion
  • Il y a deux espèces de sots : ceux qui ne doutent de rien et ceux qui doutent de tout. Charles Joseph, prince de Ligne, Mes écarts
  • L'appétit de savoir naît du doute. Cesse de croire et instruis-toi. André Gide, Les Nouvelles Nourritures, Gallimard
  • Je puis douter de la réalité de tout, mais pas de la réalité de mon doute. André Gide, Les Faux-Monnayeurs, Gallimard
  • Tout le monde ne sait pas douter : on a besoin de lumière pour y parvenir, et de force pour s'en tenir là. Bernard Le Bovier de Fontenelle, Réflexions sur la poétique
  • Penser c'est dire non. Émile Chartier, dit Alain, Propos sur la religion, P.U.F.
  • Ce qui est aisé à croire ne vaut pas la peine de croire. Émile Chartier, dit Alain, Minerve ou De la sagesse, Gallimard
  • Une idée que j'ai, il faut que je la nie : c'est ma manière de l'essayer. Émile Chartier, dit Alain, Histoire de mes pensées, Gallimard

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Traductions du mot « douter »

Langue Traduction
Corse dubbiu
Basque zalantzarik
Japonais 疑問に思う
Russe сомнение
Portugais dúvida
Arabe شك
Chinois 怀疑
Allemand zweifel
Italien dubitare
Espagnol duda
Anglais doubt
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Synonymes de « douter »

Source : synonymes de douter sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « douter »


Mots similaires