Connaître : définition de connaître


Connaître : définition du Wiktionnaire

Verbe

connaître \kɔ.nɛtʁ\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison), (orthographe traditionnelle) (pronominal : se connaître)

  1. Faire ou avoir fait l’expérience permettant une représentation mentale de quelque chose ou quelqu’un, avoir l’idée, la notion d’une personne ou d’une chose.
    • Nous sommes si éloignés de connaître tous les agens de la nature, et leurs divers modes d’action ; qu’il ne serait pas philosophique de nier les phénomènes, uniquement parce qu’ils sont inexplicables dans l’état actuel de nos connaissances. — (Pierre-Simon de Laplace, Essai philosophique sur les probabilités, Mme Ve Courcier, Paris, 1814 (2e édition))
    • On entendait incessamment sur le parc de Neuilly grêler les balles à travers les branches avec ce bruit des orages d'été que nous connaissons si bien. — (Louise Michel, La Commune, Paris : P.-V. Stock, 1898, p.219)
    • Durtal le connaissait ce moment délicieux où l’on reprend haleine, encore abasourdi par ce brusque passage d’une bise cinglante à une caresse veloutée d’air. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • En Franche-Comté, les réfugiés trouvèrent une législation à peu près aussi tracassière que celle qu'ils avaient connu en France. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • La ligne de défense que les Allemands avaient construite au sud des villages de Banogne, Recouvrance, Saint-Fergeux était connue sous le nom de Hundingstellung. — (Jean Julien Weber, Sur les pentes du Golgotha: un prêtre dans les tranchées, Nuée bleue, 2001, page 231)
    • Par là vous pouvez connaître combien il est à redouter.
    • Ce chien connaît bien son maître.
    • Ce cheval connaît le chemin.
    • La plupart des animaux connaissent les plantes qui peuvent leur être nuisibles.
  2. (Figuré) (Dans une forme négative) Prendre en considération ; faire acception.
    • La littérature érotique embrasse plus de réalités psychologiques que la morale bourgeoise ne voulait en connaître, et que le puritanisme n'en tolère. — (Denis de Rougemont, Comme toi-même : Essais sur les Mythes de l'Amour, Albin Michel, 1961, p.41)
    • Alliant tradition et modernité, la phytothérapie n'est exclusive d'aucune autre thérapeutique. Elle connaît des précautions d'emploi, des contre-indications, des interactions et, nous l'avons vu, un professionnel de la santé est le mieux placé pour la conseiller à chacun, selon ses besoins. — (Eric Lorrain, La phytothérapie, éd. La Boétie, 2013, §. 97)
    • Il veut que tous soient également soumis à la discipline et il ne connaît à cet égard ni parents ni amis.
    • Quand il s’agit de ses intérêts, il ne connaît personne.
  3. Avoir une grande pratique, un grand usage, des choses qu’on a étudiées et auxquelles on s’entend bien.
    • Il voudrait tout connaître. — Connaître une langue, une science, un art.
    • Il affrontait tous les temps, bravait toutes les mers et prétendait que la mer et lui se connaissaient trop, depuis longtemps, « pour se faire des méchancetés ». — (Octave Mirbeau, Les eaux muettes )
    • Il connaît les mathématiques, le grec, le latin.
    • Connaître à fond une science, une affaire. — Connaître les livres, les pierreries, les tableaux, etc.
    • Je ne parle point de ce que je ne connais pas. — Il connaît les ruses du métier, ce que l’expérience nous apprend à connaître.
    • (Absolument)Le désir de connaître, de s’instruire, de s’éclairer.
  4. (Par analogie) Avoir une bonne pratique d'une personne ou d'un groupe humain.
    • Je connais bien cet homme, et je peux compter sur lui.
    • Je le connais pour ce qu’il est. — Il a trompé bien du monde, on ne le connaissait pas.
    • Cet homme gagne à être connu.— Je le connais incapable de mentir.
    • Je connais votre cœur. — Vous me connaissez mal, si vous m’attribuez de telles intentions.
    • Que vous connaissez peu les hommes ! — C’est un homme qui connaît bien le monde.
  5. Être en capacité d’apprécier, de juger, une ou des personnes.
    • Le siècle qui posséda ce grand homme ne le connut pas.
    • On perdit cet écrivain lorsqu’on commençait enfin à le connaître.
    • C’est un homme connu. — Il est connu par son mérite.
  6. Avoir des liaisons, des relations avec quelqu’un.
    • […] : un jeune homme que je connaissais à Evian s’est tué sous la fenêtre d’une de mes amies qui avait été coquette avec lui. — (Maurice Rostand, La Solitude passionnée, 1925)
    • Connaissez-vous quelqu’un de mes juges ? — Je n’en connais pas un.
    • Il connaît tout le monde. — Je vous le ferai connaître.
    • Je ne connais point cet homme-là, ni ne veux le connaître. — Nous vous connaissons depuis longtemps.
  7. (Littéraire) (Par euphémisme) Avoir des relations sexuelles avec une personne.
    • À son âge, en nos campagnes, quel garçon n'a pas connu la femme. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 33)
  8. Sentir, éprouver, en parlant tant au sens physique qu’au sens moral.
    • C'est ainsi que la quasi-totalité des prix des grands produits industriels connaissent au XIXe siècle un trend orienté à la baisse. — (Jean-Pierre Rioux, La révolution industrielle : 1780-1880, Éditions du Seuil, 1971, p.84)
    • Il faut souligner que, si les aciers inoxydables ont connu l'extraordinaire développement que nous connaissons, cela est dû à la disponibilité à grande échelle des métaux entrant dans leur composition, […]. — (Pierre-Jean Cunat, Aciers inoxydables : Critères de choix et structure, Éditions Techniques de l'Ingénieur, document M 4 540, non daté, § 1.1, page 2)
    • On ne connaît point l’hiver à la Martinique.
    • Vous êtes heureux de n’avoir jamais connu le mal de dents, le mal de tête.
    • Il n’a jamais connu la haine, la jalousie, etc. — Son cœur allait bientôt connaître l’amour.
    • Il ne connaît point la crainte. — J’ai connu l’infortune.
  9. Pratiquer une chose, l’admettre, s’y conformer, s’y soumettre. — Note : Dans ce sens, il se joint ordinairement avec la négation.
    • En Angleterre, on ne connaît point la loi salique.
    • Cet usage n’est point connu dans tel pays.
    • Ce peuple ne connaît point les raffinements du luxe.
    • Il ne connaît point ces vains ménagements.
    • Sa rage ne connut plus de frein.
    • Sa charité ne connaît point de bornes.
    • On dit dans un sens analogue
    • Ce cheval connaît la bride, les éperons, etc.
  10. Supporter, admettre.
    • Ne point connaître de supérieur, de maître.
    • Je ne connais de maître que vous, que lui, etc.
    • Je ne connais ici d’autre maître que moi, etc.
  11. (Intransitif) (Droit) Avoir autorité et compétence pour juger de certaines matières.
    • Ce juge connaît des matières civiles et criminelles.
    • Il en connaît en première instance. — Il en connaît par appel.
    • Il ne peut pas connaître de cela.
    • Elles admettent que les décisions gouvernementales les plus importantes sont prises pour des motifs qu’on ne peut pas leur exposer, en des formes dont elles n’ont pas à connaître. — (Emmanuel Berl, La Politique et les partis, Les Éditions Rieder, 1932, p. 164)
  12. (Pronominal) Prendre une juste idée de soi-même, de ses forces, de sa dignité, etc.
    • L'homme emporté et furieux ne connaît personne, il se connaît à peine lui-même. Il n'est capable de rien entendre; la colère lui fait prononcer une multitude de paroles vagues, dont il perd jusqu'au souvenir; […]. — (« Œuvres oratoires de Jacques-Denis Cochin, curé de Saint-Jacques du Haut-Pas », dans la Collection intégrale et universelle des orateurs chrétiens, publiés par l'Abbé Migne, tome 98 (vol. 31 de la 2e série), Paris, chez J.-P. Migne, 1866, p. 587)
    • « Connais-toi toi-même » est une des plus belles maximes de la philosophie antique.
    • Je me connais, à sa vue il me serait impossible de me contenir.
    • Apprenez à mieux vous connaître.
    • Un homme sage et qui sait se connaître.
    • Il ne se connaît plus.
    • Se connaître à quelque chose, en quelque chose : Savoir en bien juger.
    • Il se connaît en mérite, en poésie.
    • Vous connaissez-vous à cela ?
    • Je m’y connais mieux que vous.
    • Il ne s’y connaît point du tout.
  13. (Pronominal) Être réputé, être perçu d’une façon, en parlant des choses.
  14. (Pronominal) Être visible, apparent.
    • Au matin, le ciel se découvrit, les étoiles se remirent à luire, le grand vent en avait éteint si peu que ça ne se connaissait pas. — (Léonce Bourliaguet, Les aventures du petit rat Justin, Société universitaire d’Éditions et de Librairie, 1935, page 108.)
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Connaître : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CONNAÎTRE. (Je connais ; nous connaissons. Je connaissais. Je connus. Que je connaisse. Que je connusse. Connu.) v. tr.
Avoir l'idée, la notion d'une personne ou d'une chose. Je ne connais cette personne que de nom, de réputation, de vue. Je connais bien un tel. Je le connais parfaitement. Je connais ce pays-là. Le monde connu des Anciens. Je ne connais rien de plus vil qu'une telle conduite. Faire connaître son opinion. Cet enfant ne connaît pas encore ses lettres. Connaître le bien et le mal. Il connaît son faible. Je ne lui connais point de défauts. Il connut alors que le danger devenait pressant. Par là vous pouvez connaître combien il est à redouter. On le dit également des Animaux. Ce chien connaît bien son maître. Ce cheval connaît le chemin. La plupart des animaux connaissent les plantes qui peuvent leur être nuisibles. Fig. et fam., Je ne le connais ni d'Ève, ni d'Adam, se dit en parlant de Quelqu'un que l'on ne connaît pas du tout. Fig., Ne point connaître, ne plus connaître quelqu'un, quelque chose, N'en pas faire acception, ne point le prendre en considération. Il veut que tous soient également soumis à la discipline et il ne connaît à cet égard ni parents ni amis. Quand il s'agit de ses intérêts, il ne connaît personne. Ne plus connaître quelqu'un signifie aussi Le traiter comme un inconnu, l'oublier, le mépriser. Depuis qu'il est en place, il ne connaît plus ses amis, il ne connaît plus personne. J'estime qu'il s'est déshonoré : je ne le connais plus. Se faire connaître, Dire son nom, sa qualité aux gens dont on n'est pas connu. Comme on lui refusait l'entrée, il se fit connaître. L'auteur de ce livre ne veut pas se faire connaître, Ne veut pas se nommer. On dit en des sens analogues Faire connaître qui on est. Ne vouloir pas être connu. Il signifie aussi Faire ou Dire quelque chose qui décèle les dispositions, les qualités bonnes ou mauvaises que l'on a. Caton se fit connaître de bonne heure par son amour pour la liberté. Il s'est fait connaître avantageusement. Il signifie encore Acquérir une notoriété, une réputation. Il s'est fait connaître par ses écrits. Fam., Je ne connais que cela, se dit en parlant d'une Chose qui ne peut être éludée, ou qu'on ne doit pas balancer à faire. Il faut que vous obéissiez, je ne connais que cela. Il résiste, châtiez-le, je ne connais que cela. On dit à peu près de même Je ne connais qu'une chose, c'est d'agir franchement, c'est d'être sévère, etc. Ne connaître que son devoir, que la règle, que la loi, etc., Ne point s'écarter de son devoir, de la loi, de la règle, etc., quelles que soient les circonstances où l'on se trouve et les personnes avec lesquelles on a affaire. Il se dit aussi en parlant des Choses qu'on a étudiées, dont on a une grande pratique, un grand usage, auxquelles on s'entend bien. Il voudrait tout connaître. Connaître une langue, une science, un art. Il connaît les mathématiques, le grec, le latin. Connaître à fond une science, une affaire. Connaître les livres, les pierreries, les tableaux, etc. Je ne parle point de ce que je ne connais pas. Il connaît les ruses du métier, Ce que l'expérience nous apprend à connaître. Connaître ses intérêts. Il n'y a rien de si connu. Absolument, Le désir de connaître, Le désir de s'instruire, de s'éclairer. Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Personnes. Je connais bien cet homme, et je peux compter sur lui. Je le connais pour ce qu'il est. Il a trompé bien du monde, on ne le connaissait pas. Cet homme gagne à être connu. Je le connais incapable de mentir. Je connais votre cœur. Vous me connaissez mal, si vous m'attribuez de telles intentions. Que vous connaissez peu les hommes! C'est un homme qui connaît bien le monde. Dans le même sens, mais avec une légère nuance, il se dit pour Apprécier, juger. Le siècle qui posséda ce grand homme ne le connut pas. On perdit cet écrivain lorsqu'on commençait enfin à le connaître. C'est un homme connu. Il est connu par son mérite. Ce nom m'est connu. Fig. et prov., À l'œuvre on connaît l'artisan. Il signifie en outre Avoir des liaisons, des relations avec quelqu'un. Connaissez-vous quelqu'un de mes juges? Je n'en connais pas un. Il connaît tout le monde. Je vous le ferai connaître. Je ne connais point cet homme-là, ni ne veux le connaître. Nous vous connaissons depuis longtemps. En termes d'Écriture sainte, Connaître une femme, la connaître charnellement, Avoir avec elle un commerce charnel. Fig. et fam., Il ne connaît pas sa main droite de sa main gauche, Il est incapable d'aucun discernement. Il signifie encore Sentir, éprouver ; et il se dit tant au sens physique qu'au sens moral. On ne connaît point l'hiver à la Martinique. Vous êtes heureux de n'avoir jamais connu le mal de dents, le mal de tête. Il ne connaissait plus le sommeil. Connaître le plaisir. Il n'a jamais connu la haine, la jalousie, etc. Son cœur allait bientôt connaître l'amour. Il ne connaît point la crainte. J'ai connu l'infortune. Il signifie aussi Pratiquer une chose, l'admettre, s'y conformer, s'y soumettre ; et, dans ce sens, il se joint ordinairement avec la négation. En Angleterre, on ne connaît point la loi salique. Cet usage n'est point connu dans tel pays. Ce peuple ne connaît point les raffinements du luxe. Il ne connaît point ces vains ménagements. Sa rage ne connut plus de frein. Sa charité ne connaît point de bornes. On dit dans un sens analogue Ce cheval connaît la bride, les éperons, etc. Ne point connaître de supérieur, de maître, N'avoir point de supérieur, de maître, ou Prétendre n'en point avoir, et ne pas vouloir obéir. On dit de même Je ne connais de maître que vous, que lui, etc. Je ne connais ici d'autre maître que moi, etc. Il ne connaît plus rien, Sa passion le domine tellement qu'aucune considération n'est capable de l'arrêter. Sa fureur ne connaît plus rien. Il signifie aussi Avoir autorité et compétence pour juger de certaines matières. En ce sens, il se construit toujours avec de ou un équivalent. Ce juge connaît des matières civiles et criminelles. Il en connaît en première instance. Il en connaît par appel. Il ne peut pas connaître de cela.

SE CONNAÎTRE signifie Prendre une juste idée de soi-même, de ses forces, de sa dignité, etc. " Connais-toi toi-même " est une des plus belles maximes de la philosophie antique. Je me connais, à sa vue il me serait impossible de me contenir. Apprenez à mieux vous connaître. Ne point se connaître, ne plus se connaître, se dit d'une Personne que la passion met hors d'elle-même. Un homme sage et qui sait se connaître. Il ne se connaît plus. Se connaître à quelque chose, en quelque chose, Savoir en bien juger. Il se connaît en mérite, en poésie. Vous connaissez-vous à cela? Je m'y connais mieux que vous. Il ne s'y connaît point du tout.

SE CONNAÎTRE se dit aussi des Choses et signifie Être connu, être perçu d'une façon nette. Prov. et fig., L'arbre se connaît à ses fruits, Une doctrine se juge par ses conséquences. Le participe passé

CONNU, UE, se dit comme nom des Choses que l'on connaît par opposition à celles qu'on ignore. Pour procéder méthodiquement, il faut aller du connu à l'inconnu.

Connaître : définition du Littré (1872-1877)

CONNAÎTRE (ko-nê-tr'), je connais, tu connais, il connaît, nous connaissons ; je connaissais ; je connus, nous connûmes ; je connaîtrai ; connais, connaissons ; que je connaisse, que nous connaissions ; que je connusse, que nous connussions ; connaissant ; connu v. a.
  • 1Savoir ce qu'est une personne ou une chose. Le loup qui la connaît, malin et défiant, Régnier, Sat. III. Si vous m'aviez connu, vous l'auriez su prévoir, Corneille, Sertor. V, 6. Après qu'on eut bien contesté, Répliqué, crié, tempêté, Le juge, instruit de leur malice, Leur dit : Je vous connais de longtemps, mes amis, La Fontaine, Fab. II, 3. Elle confesse humblement que, de ce jour seulement, elle commence à connaître Dieu, n'appelant pas le connaître que de regarder encore tant soit peu le monde, Bossuet, Duch. d'Orl. Heureuse de connaître et d'aimer celui qui se connaît et s'aime éternellement [Dieu], l'âme a voulu, comme lui, faire elle-même sa félicité, Bossuet, la Vallière. … Pour un enfant qu'ils ne connaissent pas, Racine, Athal. III, 3. Nourri dans le sérail, j'en connais les détours, Racine, Baj. IV, 7. Ne connaissez-vous pas la voix de votre époux ? Racine, Esth. II, 7. Si, dès mes premiers ans, heurtant tous les mortels, L'encre a toujours pour moi coulé sur tes autels [de la chicane], Daigne encor me connaître en ma saison dernière, Boileau, Lutr. V. Je lui dirais bientôt : je connais tous vos pères, Je sais qu'ils ont brillé dans ce fameux combat Où sous l'un des Valois Enghien sauva l'État, Boileau, Sat. X. Je ne le connais plus que pour votre assassin, Racine, Iph. III, 6. Il devait me connaître, Il devait respecter un cœur tel que le mien, Voltaire, Tancr. IV, 5. Un vieux conteur de voyage, Qui vous dit d'un air ingénu Ce qu'on n'a ni vu ni connu, Voltaire, Goût.

    Se faire connaître, dire son nom, dire qui on est. Si le mari ne s'était fait connaître, Elle en allait enfiler encor plus, La Fontaine, Mari confess. La première fois que je vis M. Rebours, je me fis connaître à lui… je lui demandai permission de le revoir de temps en temps, Pascal, Lettre à sa sœur, 26 janv. 1648.

    Se faire connaître, appeler sur soi l'attention, montrer de quoi l'on est capable. Mes pareils à deux fois ne se font point connaître Et pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître, Corneille, Cid, II, 2.

    Se faire connaître, venir à la connaissance, en parlant des choses. Mais si la vérité par toi se fait connaître, Voltaire, Zaïre, V, 10.

    Ne vouloir pas être connu, garder l'incognito.

    Familièrement. Ne connaître ni Dieu, ni diable, n'avoir point de religion.

    Absolument. Ô âme, vous connaissez et vous aimez, c'est là ce que vous avez de plus essentiel, et c'est par là que vous ressemblez à votre auteur, qui n'est que connaissance et qu'amour, Bossuet, la Vallière.

  • 2Avoir des relations d'affaires ou de société avec quelqu'un. Connaissez-vous beaucoup de monde en cette ville ?

    Familièrement. Je ne le connais ni d'Ève ni d'Adam, je ne le connais aucunement.

    Je ne connais autre, c'est l'homme que je connais le plus.

    Ne plus connaître quelqu'un, ne plus vouloir l'aborder ou en être abordé. Il ne me connaît plus depuis que je suis dans l'adversité. Albe vous a nommé, je ne vous connais plus. - Je vous connais encore, et c'est ce qui me tue, Corneille, Hor. II, 3.

  • 3 Terme de l'Écriture. Connaître une femme, avoir avec elle un commerce charnel. Joseph n'avait point connu Marie quand elle enfanta son fils premier-né, Nouveau Test. St Matthieu, ch. I. Nicoclès faisait gloire de n'avoir jamais connu d'autre femme que la sienne pendant tout le temps de son règne, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. V, p. 456, dans POUGENS. Adam connut sa femme ève, qui conçut et enfanta Caïn, Voltaire, Phil. IV, 21.

    On dit aussi connaître charnellement.

  • 4Savoir, avoir appris, s'apercevoir. Je n'ai pas connu cet accident. Vous connaissez mon malheur, mes peines. Surpris de cette réponse, je connus bien que…, Pascal, Prov. 1. J'ai connu que notre nature…, Pascal, dans COUSIN. Ils connaissent que la gloire ne peut s'accorder qu'avec le mérite, Bossuet, Hist. Préf. Les pilotes connaissaient que l'île était inaccessible, Fénelon, Tél. VII. Je connais que ces mages sont très utiles, Voltaire, Babouc.
  • 5Être devenu habile en. Il connaît les mathématiques, le grec, le latin. Il connaît toutes les ruses du métier. C'est un homme qui connaît bien la guerre. Je ne parle point de ce que je ne connais pas. Racine, c'est-à-dire l'homme qui après Virgile, a le mieux connu l'art des vers, Voltaire, Mariamne, préface.

    Familièrement. C'est un homme qui ne connaît rien, c'est un ignorant, il est étranger à tout.

    Absolument. S'instruire, s'éclairer. Le désir de connaître.

    Terme de manége. Connaître les éperons, les jambes, la bride, etc. se dit d'un cheval qui comprend les divers mouvements de son cavalier.

  • 6Discerner. Connaître le bien et le mal. Il ne connaît pas sa main droite de sa main gauche. À connaître un pourpoint d'avec un haut-de-chausse, Molière, Femmes sav. II, 7.

    Fig. Le fer ne connaîtra ni le sexe ni l'âge, Racine, Esth. I, 3.

  • 7Distinguer, reconnaître. Il me connut à la voix. Je ne l'ai vu qu'une fois, mais je le connaîtrais entre mille. Le chien connaît bien son maître. Si c'était lui-même, il pourrait me connaître, Corneille, le Menteur, III, 3.

    Absolument. Votre enfant embellit ; elle rit, elle connaît, Sévigné, 21.

    Fig. Je ne le connais plus, ce n'est plus le même homme. Vous avez fait d'Idoménée le plus sage des rois, je ne le connais plus ni lui ni son peuple, Fénelon, Tél. XXII. Ami, depuis deux jours je ne la connais plus, Racine, Athal. III, 3.

  • 8Apprécier, juger. Je vous connaissais mal, Corneille, Rodog. II, 2. J'ai mal connu César…, Corneille, Pomp. IV, 1. Mon bras… Ingrat, va me punir de t'avoir mal connu, Voltaire, Brutus, IV, 3. J'ai mal connu les dieux ; j'ai mal connu les hommes, J'en attendais justice, ils la refusent tous, Voltaire, Mérope, II, 3.

    Connaître son monde, bien juger les gens à qui l'on a affaire.

  • 9Admettre. Ils ne connaissent de bonheur que dans la vertu. Mais ici mon pouvoir ne connaît pas le sien, Racine, Mithr. I, 1.
  • 10Ressentir, être sujet à. On ne connaît point l'hiver à la Martinique. Au sortir du berceau, j'ai connu les revers, Voltaire, Tancr. I, 4. Antoine, tu le sais, ne connaît point l'envie, Voltaire, Mort de Cés. I, 1. Les dieux qui vengent le parjure, Sont témoins si ma bouche a connu l'imposture, Voltaire, Mérope, III, 4.
  • 11Se soumettre. L'Angleterre ne connaît point la loi salique. Une armée romaine ne connaissait que la discipline. Il connaîtra des supérieurs. Je ne connais de maître que vous. Une liberté qui ne connaît aucune règle, Bossuet, Pensées, 33.

    Il ne connaît plus rien, sa passion l'emporte. Quand il s'agit de ses intérêts, il ne connaît ni parents ni amis, il n'a pas plus de considération pour eux que s'ils lui étaient étrangers.

  • 12Ne connaître que, ne considérer que, tenir exclusivement à. Ne connaître que son devoir, que la règle. Ne connaître que ses intérêts. Je ne connais qu'une chose, c'est d'agir franchement.

    Familièrement. Je ne connais que cela, c'est la seule chose à faire. Il faut que vous obéissiez, je ne connais que cela.

  • 13 V. n. Terme de procédure. Connaître de, avoir caractère pour juger ou faire des actes d'instruction en certaines causes. Ce tribunal, ce juge connaît des matières civiles, criminelles. Le roi voulut connaître de l'affaire, Vaugelas, Q. C. liv. X, dans RICHELET. Quelque bruit que fît le nonce d'abord, de ce qu'on ne prenait pas des ecclésiastiques pour connaître d'une matière ecclésiastique, Pascal, Prov. XIX, Lettre d'un avocat à un de ses amis. Ils obtinrent un arrêt du conseil, qui défendit au parlement de connaître de cette affaire, Pascal, ib. Le préteur qui connaissait des crimes dont on l'accusait [Pison], Perrot D'Ablancourt, Tac. 123.

    Par extension. S'il s'agit enfin d'un point de fait, nous en croirons les sens, auxquels il appartient naturellement d'en connaître, Pascal, Prov. 18. L'autorité y est inutile ; la raison seule a lieu d'en connaître, Pascal, Vide.

  • 14Se connaître, v. réfl. Savoir qui on est. De tous trois ce désordre en un jour me fait naître Pour me faire mourir enfin sans me connaître, Corneille, Héracl. V, 6. De grâce, dites-moi, vous connaissez-vous bien ? Corneille, D. Sanche, IV, 3. Vos destins sont comblés, vous allez vous connaître, Voltaire, Œdipe, III, 4.

    Fig. … Si jeune encor se connaît-il lui-même ? D'un regard enchanteur connaît-il le poison ? Racine, Brit. II, 2.

  • 15Se connaître, avoir la connaissance de ce qu'on est, de ses penchants, de ses forces. Connais-toi toi-même. Sous lui [Louis XIV] la France apprit à se connaître ; elle se trouve des forces que les siècles précédents ne savaient pas, Bossuet, Marie-Thér. Je crains de me connaître en l'état où je suis ; De tout ce que tu vois, tâche de ne rien croire ; Crois que je n'aime plus ; vante-moi ma victoire, Racine, Andr. II, 1. Je ne me suis connu qu'au bout de ma carrière, Voltaire, Alz. V, 7.

    Ce malade ne se connaît plus, il n'a plus sa connaissance.

    Ne plus se connaître, être hors de soi, s'abandonner sans frein à son emportement. Guide-moi, Dieu puissant, je ne me connais pas, Voltaire, Zaïre, V, 10. Alors cette femme ne se connaît plus ; elle se répand en invectives, en menaces, Diderot, Ess. s. Claude.

    Ne pas se connaître, méconnaître sa condition, élever trop haut ses visées. Martian se connaîtrait si peu Que d'oser…, Corneille, Othon, IV, 1.

  • 16Se connaître, être de connaissance, être lié. Ils se connaissent l'un l'autre depuis longtemps.

    Fig. Adieu, monde fuyant, nature, humanité, Vaine forme de l'être, ombre d'un météore, Nous nous connaissons trop pour nous tromper encore, Lamartine, Harm. IV, 11.

  • 17Se connaître à ou en, pouvoir bien juger d'une matière. Il se connaît en livres, en tableaux. Je vois bien que je ne me connais guère en péché, Pascal, Prov. 9. Je ne me connais pas trop mal en amitié, Sévigné, 3. … Je suis quelque peu du métier, à me devoir connaître en un pareil gibier, Molière, l'Étour. III, 2. Jupiter qui sans doute en plaisirs se connaît, Molière, Prol. Amph. Ceux qui se connaissent en hommes, Fénelon, Tél. XXII. Les femmes se connaissent plus finement à bien faire les choses, parce que l'avantage de plaire leur est naturel, Le Chevalier de Méré, dans RICHELET. La suite des paroles de M. Jurieu fera bien voir qu'il ne se connaît pas mieux en morale qu'en christianisme, Bossuet, Variations, X. Le héros [de la satire de Boileau sur la noblesse] était bien choisi et par sa naissance et par sa réputation de se connaître en vers, et par son inclination à favoriser le mérite, Fontenelle, Dangeau. Moi, j'en crois ceux qui s'y connaissent, Les anciens préjugés renaissent, Béranger, Vieux habits.
  • 18En parlant des choses, être jugé, apprécié. L'arbre se connaît à ses fruits.

    Impersonnellement, il se connaît, on connaît, on voit. Que sa façon est brave et sa mine assurée ! Qu'elle a fait richement son armure étoffer ! Et qu'il se connaît bien, à la voir si parée, Que tu vas triompher ! Malherbe, II, 12.

REMARQUE

Se connaître à, pour dire être habile dans, ne peut s'expliquer par connaître soi-même. C'est une locution qui a une autre explication ; connaître est ici verbe neutre, signifiant être habile, entendu, et le pronom réfléchi y est joint comme dans plusieurs verbes neutres. Voy. au mot APERCEVOIR, Remarque 1, où cela est expliqué. On trouve des exemples de se connaître à dès le XIIIe siècle.

HISTORIQUE

XIe s. Si home occit altre et il seit conusaunt…, Lois de Guill. 8. N'est hom qui l'veit et conuistre le sait, Qui ce ne die, Ch. de Rol. XXXIX. Au fier visage [il] le connut veirement, ib. CXXIII. [Je] bien le conuis, gueredon [je] vous en dei, ib. CCXLVIII. L'un conuist l'autre as hautes voiz et claires, ib. CCLX. De vasselage te conoissent ti pair, ib. CCLXXXVI.

XIIe s. Bien conoisez quels est ses fier talens, Ronc. p. 35. Bien le conuit Rolant li niés [neveu] Charlon As garniments qu'il ot et au dragon, ib. p. 47. En tant estor as esté coneüz, ib. p. 75. De pitié plore li vassaus coneüz [renommé], ib. p. 81. Et dit au roi : cist cors [ce cor] est conoissanz [se fait connaître], ib. p. 84. Ne coneit il negun home charnel, ib. p. 91. S'il ce conoit [avoue] que ci [je] vous oi [ouïs] conter, ib. p. 180. Connissiez [connaissez] donc la folie, Couci, III. Ele voit bien et conoist et entent Qu'il n'en est plus qui si aimt [aime] leaument, ib. V. Et bien [je] connoiz que [je] n'i puis avenir [arriver], ib. VIII. Dont li torz est conneüs et prouvés, ib. XI. Tel blasme amors qui en toute sa vie Leal amor ne bonne ne connut, Quesnes, Romancero, p. 86. Du servir est drois ; Maintenir le devons ; ce [je] tesmoign et connois, Sax. XVIII. … Habraam à qui Deus comanda Que de sa terre eissist ; e li bers s'en ala, Guerpi ses conissanz, sa feme od sei mena, Th. le mart. 65.

XIIIe s. Mais, espoir [sans doute], ce m'a grevé Qu'on ne connoit boin servise Tant qu'on ait autre esprouvé, Aub. de Sezanne, Romancero, p. 127. N'est nus [nul] qui la connoisse, qui forment ne la prise, Berte, VI. Et peut on clairement connoistre leur afaire, ib. LXIX. [Je] bien sai que par mes piés conneües [nous] serons, ib. LXXVII. À ce qu'il a oy (oy avec un y bref), [il] connoist la tricherie, ib. X. La traïson [elle] connoist [avoue], tout ainsi faitement Comme elle l'arréa, ib. XCV. Ele m'a conneü [avoué] qu'ele est Berte apelée, ib. CXV. Vous ne me cognoissiez ? je sui le roi Pepin, ib. CXX. Tantost [elle] connut [reconnut] sa mere, as piés lui est alée, ib. CXXVI. Li rois regarde et vit Blondiel et pensa coment il se feroit à lui conoistre, Chr. de Rains, p. 55. Ceus qui connoissent [avouent] aussi bien come ceus qui nient, Liv. des mét. p. 13. L'en ne doit pas metre fil ne coton avecques soie, pour ce que c'est decevance à ceus qui ne s'i connoissent, ib. 193. À ce sunt cil bien cognoissant Qui vont les dames traïssant, la Rose, 2563. Et se tu es bien congnoissans, Et vois que Diex est tous poissans, ib. 6331. Je me fais apeler oiseuse, Dist-ele, à tous mes congnoissans ; Si sui riche fame et poissans, ib. 583. Acoustumance est trop poissans ; Et se bien la sui congnoissans, Mainte chose desplet novele Qui par acoustumance est bele, ib. 7178. Je vos connois bien [je reconnais] qu'il a cinq ans que je voz convenenchai à asseïr dix livrées de terre sor mon heritage, Beaumanoir, IX, 7. L'uitisme vertu [du bailli] si est que il soit très bien connissans, Beaumanoir, IX, 23. Vous gardez que vous ne faites ne ne dites rien à vostre escient nulle riens, que se tout le monde le savoit, que vous ne peussiez congnoistre, Joinville, 194. Il [Dieu] conoist miauz [mieux] les gens que il ne se connoissent, Merlin, f° 71, recto. Maistres, qu'est che chi qui me lieve ? Vous connissiez vous en cest mal ? Théâtre français, p. 62. Sires, fait ele, or m'esbahis De ce qu'ainçois ne vos connui, Je vos en ai fait grant ennui ; Je me tieng ore molt por fole ; Or vous connois à la parole, Fabliaux mss. p. 365, dans LACURNE.

XIVe s. Et pour ce quierent ilz et desirent ilz estre honerez des saiges et entre ceulx de qui il sont congneuz et en bien et en vertu, Oresme, Eth. V, 9. Et vous devez faire semblant devant vos gens que vous y congnoissiez et que vous l'avez à cuer, Ménagier, II, 3.

XVe s. Et ne trouvoit on medecin qui se connust en sa maladie, Froissart, III, IV, 82. Lesquels ils ne vouloient mie connoistre [faire connaître] à ceux qui leur en demandoient, Froissart, I, I, 63. Je ne me connois mais à l'estat de France, Froissart, II, II, 229. Le roi d'Angleterre, qui ouït et entendit messire Godefroy parler, connut assez qu'il disoit verité, Froissart, I, I, 272. Et s'ils [les princes] le [un sage homme] connoissent, si ne leur en chaut-il, et departent leur auctorité à ceulx qui plus leur sont agreables, Commines, I, 12. Un legat du pape envoyé pour pacifier et pour congnoistre du different de l'evesque et du peuple, Commines, II, 10. … Et print suspection, le regarda au visage et le congneut [reconnut], Commines, IV, 1. Comment le roy estoit allé en Bourbonnoys, congnoissant que tous les seigneurs du royaulme se declairoient contre luy…, Commines, I, 2. Il faut que ayez homme qui se congnoisse bien en chevaulx, Jehan de Saintré, ch. 15.

XVIe s. Compte de tes cognoissants [connaissances] combien il en est mort, Montaigne, I, 73. Il avoit cogneu longtemps un marchand à Toulouse, Montaigne, I, 100. Je me cognois assez aux ouvrages d'aultruy, Montaigne, III, 34. Ceste prophetie luy defendoit de toucher et cognoistre femme, qu'il ne fust de retour à Athenes, Amyot, Thés. 4. Il les mesla parmy les autres filles, sans que personne y cogneust rien, Amyot, ib. 27. Il donna aux nobles la charge de cognoistre des choses appartenantes au faict de la religion, Amyot, ib. 29. Ilz l'avoient envoyé querir pour cognoistre, composer et pacifier leurs differents, Amyot, Pélop. 48.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CONNAÎTRE. - REM. Ajoutez :

2. Au XVIe s. cognoistre se prononçait conoistre, le g ne se faisant pas sentir (voy. LIVET, la Gramm. franç. p. 168).

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Connaître : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « connaître » les plus populaires.

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Étymologie de « connaître »

Étymologie de connaître - Littré

Wallon, kinohe ; namurois, conoche, conèche ; rouchi, conoitre ; Berry, conneûtre, couneûtre ; bourguig. cônay, connaître, queneussu, connu ; provenç. conoscer, conoiscer, conoisser ; catal. conexer ; espagn. conocer ; portug. conhecer ; ital. conoscere ; du latin cognoscere, de cum, et gnoscere, connaître (voy. GNOSE). Le participe coneü dans l'ancien français suppose un suffixe bas-latin ūtus, cogne-utus, italien conosci-uto, attendu que dans coneü (dont connu est une contraction), eü représente deux syllabes. Palsgrave, p. 61, qui écrit je cognois, dit qu'on prononce conoi. L'orthographe de Voltaire appliquée à ce verbe ne permet plus de reconnaître pourquoi il y a un u dans je connus (cognovi), et elle brise les relations avec les mots de même origine : notion, notoire, etc.

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Étymologie de connaître - Wiktionnaire

(1050) Du moyen français connoistre, de l’ancien français conoistre, du latin cognoscĕre (« fréquenter, apprendre à connaître »), infinitif présent actif de cognosco.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « connaître »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
connaître kɔnaitr play_arrow

Conjugaison du verbe « connaître »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe connaître

Évolution historique de l’usage du mot « connaître »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « connaître »

  • Vie étudiante : les infos à connaître sur la région Pays de la Loire , Vie étudiante : les infos à connaître sur la région Bretagne - L'Etudiant
  • Parce que pour bien protéger, il faut connaître et comprendre, tout au long de l’été, le Département et l’Estran-Cité de la mer à Dieppe (Seine-Maritime) mettent en place un programme de visites et de sorties pour découvrir nos plages, le trait de côte, ses petits habitants, ses caractéristiques et son histoire. , Des visites à Dieppe et aux alentours pour mieux connaître le littoral | Les Informations Dieppoises
  • Trois semaines après la présentation du plan gouvernemental de soutien à la filière aéronautique de 15 milliards d'euros, on devrait connaître, cette semaine, les modalités du plan de restructuration qu'Airbus prépare, ainsi que ses conséquences directes et indirectes. France Bleu, Airbus : on devrait connaître les détails du plan cette semaine
  • Celui qui va jusqu'au bout de son coeur connaît sa nature d'homme. Connaître sa nature d'homme c'est alors connaître le ciel. De Mencius
  • Apprends à te connaître : tu t'aimeras moins, et à connaître les autres : tu ne les aimeras plus. De Paul-Jean Toulet / Monsieur du Paur, homme public
  • Mieux connaître Dieu, ce n'est que mieux comprendre combien il nous est impossible de le jamais connaître. Je ne saurais dire lequel des deux est le plus puéril, de le nier ou d'essayer de le définir. De Samuel Butler / Carnets
  • Si vous voulez être connu sans connaître, vivez dans un village ; si vous voulez connaître sans être connu, vivez à la ville. De Charles Caleb Colton
  • Amis ou ennemis, il est toujours bon de bien connaître ceux qu'on aime, et meilleur encore de mieux connaître ceux qu'on aime moins. De Georges Bonneau / Le problème de la poésie japonaise
  • En apprenant à connaître les maux de la nature, on méprise la mort ; en apprenant à connaître ceux de la société, on méprise la vie. De Chamfort
  • Pour aimer les femmes, il ne faudrait pas les connaître, et pour les connaître, il ne faudrait pas les aimer. De Edmond Jaloux
  • Prends pour te connaître Le temps qu’il faudra… Rien qu’à te connaître Tu voyageras De Gilles Vigneault / Je viens d’écrire une lettre
  • La plus grande caractéristique de la civilisation orientale est de connaître le contentement, alors que celle de l'Occident est de ne le pas connaître. De Hu-Shih
  • Il est plus aisé de connaître l'homme en général que de connaître un homme en particulier. De François de La Rochefoucauld
  • Connaître une langue à fond cela signifie connaître à fond le peuple qui la parle. De Georg Christoph Lichtenberg
  • Connaître autrui n'est que science ; se connaître soi-même, c'est intelligence. De Proverbe chinois
  • Connaître les autres, c'est sagesse. Se connaître soi-même, c'est sagesse supérieure. De Lao-Tseu
  • Il faut apprendre pour connaître, connaître pour comprendre, comprendre pour juger. De Narada
  • Tu ne peux jamais connaître quelque chose sans connaître son contraire. De Anonyme
  • Le sage ne s'afflige pas de ce que les hommes ne le connaissent pas ; il s'afflige de ne pas connaître les hommes. Confucius en chinois Kongzi ou Kongfuzi [maître Kong], Entretiens, I, 1 (traduction S. Couvreur)
  • Fiez-vous aux personnes jalouses du soin de vous connaître. Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, La Vie de Marianne
  • Et pour cet art de connaître les hommes […], je vous dirai, mon fils, qu'il se peut apprendre, mais qu'il ne se peut enseigner. Louis XIV, Mémoires
  • Notre crime est d'être homme et de vouloir connaître. Alphonse de Prât de Lamartine, Premières Méditations poétiques, l'Homme

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Traductions du mot « connaître »

Langue Traduction
Corse cunnosce
Basque ezagutzen
Japonais 知っている
Russe знать
Portugais conhecer
Arabe علم
Chinois 知道
Allemand kennt
Italien conoscere
Espagnol saber
Anglais know
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Synonymes de « connaître »

Source : synonymes de connaître sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « connaître »


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