Conscience : définition de conscience


Conscience : définition du Wiktionnaire

Nom commun

conscience \kɔ̃.sjɑ̃s\ féminin

  1. Subjectivité ; sentiment intime de vivre l’expérience vécue, d’être le sujet de nos perceptions, émotions, pensées….
    • Éveillé, l’être humain a conscience de son vécu.
  2. Image de soi-même ; conscience de soi.
  3. (En particulier) État de veille dans lequel l’on perçoit le déroulement de sa vie.
    • Quand j’ai repris conscience, je gisais parmi eux sur la cale, ils m’avaient allongé sur un paquet de voiles mal ferlées. — (Bernard Thomas, La vie engloutie, page 64, Flammarion, 1989)
  4. (Par extension) Éthique, sentiment du bien et du mal.
    • Sapience n’entre point en âme malivole, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme. — (Rabelais, Pantagruel, 1530)
    • De son côté le guide n’était pas plus à l’aise : une mauvaise conscience, a dit un sage, est le plus chagrinant camarade de nuit que l’on puisse avoir ; le Babillard possédait la pire de toutes les mauvaises consciences, aussi n’avait-il nulle envie de dormir. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • Tel qui transgressait la loi du repos dominical versait une somme d’argent pour racheter sa faute et mettait ainsi sa conscience en repos en s’évitant un droit de surestarie : on faisait encore ainsi une bonne affaire. — (Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo : Les Corsaires chez eux, Édouard Champion, 1929, p.48)
    • Une religion qui serait seulement faite de conventions extérieures, d’attitudes et de formes serait sans action sur la conscience et ne changerait rien aux secrets de la vie intime. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Chacun a l’impression qu’il nous manquait deux heures pour être vraiment prêts à la guerre. Mais avec conscience les hommes regagnent le temps perdu. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • La presse indigénophile a joué un rôle déterminant dans la formation de la presse «indigène» et de la conscience politique des intellectuels algériens. — (Zahir Ihaddaden, Histoire de la presse indigène en Algérie: des origines jusqu’en 1930, Entreprise Nationale du Livre, 1983)
    • Le mental, c’est quand ça vous arrange. Et la conscience, c’est ce qu’il faut faire. — (Jean-Marie Bigard Mon psy va mieux, 2008)
  5. (Philosophie) Connaissance que nous avons de notre propre existence et des phénomènes de sensibilité et d’activité qui se succèdent en nous.
    • Ce principe de la philosophie cartésienne, je pense, donc je suis, est ce que les adversaires du cartésianisme ont attaqué avec le plus de persévérance; et cela se conçoit, car ce principe admis, l’autorité de la conscience et de la raison s’ensuit nécessairement. — (Jules Simon, Introduction de: « Œuvres de Descartes », édition Charpentier à Paris, 1845)
  6. (Philosophie) Connaissance que nous avons de nous-mêmes par le sentiment intime.
    • L’esprit rayonnait des yeux et donnait au visage de la beauté. Il avait conscience de sa force fascinatrice, comme il avait conscience de son génie. — (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
  7. Personnalité remarquable par sa droiture, ses idées et sa conduite exemplaire.
    • Cet homme politique est une conscience universelle. - Ce grand écrivain est une conscience du XXe siècle.
  8. (Imprimerie) (Désuet) Travail fait à l’heure pour lequel on s’en rapportait à la conscience de l’ouvrier.
    • Le compositeur particulièrement désigné comme homme de conscience doit être excellent ouvrier, minutieux, et d’une conduite régulière. — (A. Frey, Nouveau manuel complet de Typographie, Manuels-Roret, 1857)
  9. Pièce du vilebrequin servant à appliquer la pression. Cette pièce pouvait faire partie de l’outil (vilebrequin à conscience intégrée) ou être attachée à la ceinture de l’artisan (vilebrequin à conscience ventrale).
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Conscience : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CONSCIENCE. n. f.
Sentiment intime par lequel l'homme se rend témoignage à lui-même de ce qu'il fait de bien et de mal. Conscience délicate. Conscience scrupuleuse. Conscience timorée. Conscience bourrelée. Conscience tranquille. Scrupule de conscience. Le cri, les reproches de la conscience. Le tribunal de la conscience. Descendre dans sa conscience. Faire une chose pour l'acquit de sa conscience. Cela peut se faire en sûreté de conscience, en toute sûreté de conscience. Agir, parler contre sa conscience, selon sa conscience. Capituler, transiger avec sa conscience. Capitulation de conscience. On l'emploie plus spécialement en matière de religion. Examen de conscience. Directeur de conscience. Diriger les consciences. Liberté de conscience, Liberté pour chacun de croire ce qu'il veut et de conformer ses actes à ses croyances. Cas de conscience, Voyez CAS. Par extension, Se faire un cas de conscience d'une chose, Répugner à la faire, par humanité, par loyauté, par délicatesse, etc. Se faire conscience d'une chose, Se faire scrupule d'une chose, parce qu'on croit qu'elle est contre les bonnes mœurs, contre la raison, contre la bienséance. Je me fais conscience de vous importuner si souvent de la même chose. On dit dans le même sens C'est conscience de faire telle chose. C'est conscience de le laisser dans l'erreur où il est. Avoir de la conscience, être homme de conscience, Être attentif à ne rien faire qui puisse blesser la conscience. On dit, dans le sens contraire, Être sans conscience, n'avoir point de conscience. Avoir la conscience large, N'être guère scrupuleux sur ce qui concerne la probité, le devoir. Avoir la conscience nette, N'avoir rien à se reprocher. Je mets cela, je laisse cela sur votre conscience ; Je m'en remets, je m'en rapporte à votre conscience ; Vous aurez cela sur la conscience, Si vous agissez ainsi, vous aurez à vous le reprocher. Il a certaine chose sur la conscience, Il a certaine chose à se reprocher. Fig., Mettre la main sur la conscience, Examiner de bonne foi si l'on a fait tort à quelqu'un, si l'on a commis quelque injustice. On dit de même à une personne qu'on presse d'avouer la vérité, de parler franchement : Dites-moi, la main sur la conscience, ce que vous pensez de cela. Dire tout ce qu'on a sur la conscience, Ne rien cacher de ce qu'on sait, de ce qu'on a sur le cœur. En conscience, en bonne conscience, En vérité, franchement, selon les règles de la conscience. Je vous le dis en conscience. Ce marchand vend en conscience, il ne surfait point. En bonne conscience, pouvez-vous me demander ce prix? Vous êtes obligé en conscience à cela, de faire cela. J'ai fait ce travail en conscience, Je l'ai fait tel qu'il doit être fait. J'y mets de la conscience, Je ne néglige rien pour m'en acquitter dignement. Sur mon honneur et ma conscience, devant Dieu et devant les hommes, la déclaration du jury est : oui, l'accusé, etc. ; non, l'accusé, etc. Formule qui précède la déclaration du chef d'un jury. La conscience publique, Le sentiment qu'un peuple a du bien et du mal. Un acte pareil est une insulte à la conscience publique. La conscience du genre humain, Le sentiment que tous les hommes ont du bien et du mal. Il se dit, en termes de Philosophie, de la Connaissance que nous avons de notre propre existence et des phénomènes de sensibilité et d'activité qui se succèdent en nous. Les faits de conscience. Il se dit aussi de la Connaissance que nous avons de nous-mêmes par le sentiment intime. Les hommes ont la conscience de leur liberté. Avoir la conscience de son talent. En termes d'Imprimerie, il se dit du Travail fait à l'heure pour lequel on s'en rapporte à la conscience de l'ouvrier. Une journée de conscience. Mettre un compositeur en conscience. Ce compositeur travaille à la conscience.

Conscience : définition du Littré (1872-1877)

CONSCIENCE (kon-si-an-s') s. f.
  • 1Sentiment de soi-même ou mode de la sensibilité générale qui nous permet de juger de notre existence : c'est ce que les métaphysiciens nomment la conscience du moi. Sitôt que nous avons la conscience de nos sensations, Rousseau, Ém. I. C'est alors qu'il prend la conscience de lui-même, Rousseau, ib. 2. La conscience est le sentiment intime, immédiat, constant de l'activité du moi dans chacun des phénomènes de sa vie morale, Dict. des sci. phil. Conscience. On pourrait définir la conscience le sentiment du moi dans tous les phénomènes de la vie morale, ib.

    Double conscience, phénomène qui s'observe chez les somnambules, et qui consiste en ce qu'ils ont deux existences dont chacune ignore l'autre : dans la veille, ils ne se souviennent pas de ce qu'ils ont fait pendant leur sommeil somnambulique, et, pendant le somnambulisme, ils ne se souviennent pas de ce qu'ils ont fait pendant la veille, quoiqu'ils rattachent très bien ensemble tous les actes qui se passent respectivement dans chacun de ces deux états.

  • 2Témoignage ou jugement secret de l'âme, qui donne l'approbation aux actions bonnes et qui fait reproche des mauvaises ; ou, autrement, mode d'émotion de l'ensemble des instincts bienveillants et désintéressés, ensemble qui porte aussi le nom de sens moral. La voix de la conscience. Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence L'état de notre conscience, La Fontaine, Fabl. VII, 1. Il parle contre sa conscience, Fénelon, Tél. III. Paul, patriarche de Constantinople, déclara sur la fin de sa vie qu'il avait combattu les images [qu'il avait été iconoclaste] contre sa conscience, Bossuet, Hist. I, 11. À ce dernier moment la conscience presse, Corneille, Nicom. IV, 2. Elle lui pardonna son crime, le livrant pour tout supplice à sa conscience, Bossuet, Reine d'Anglet. Selon divers besoins il est une science D'étendre les liens de notre conscience, Et de rectifier le mal de l'action Avec la pureté de notre intention, Molière, Tart. IV, 6. M. Bucquet réunissait toutes ces qualités ; il y joignait ce courage qui sait préférer le sentiment de la conscience à l'opinion de ceux même qu'on estime, Condorcet, Bucquet. Aucun des ministres déplacés ne fut exilé ; l'ambitieux est assez puni par la perte de son pouvoir ; l'homme vertueux jouit en paix, dans une retraite libre, de sa renommée et du témoignage de sa conscience, Condorcet, Maurepas. S'il est contraire à la morale d'agir contre sa conscience, il ne l'est pas moins de se faire une conscience d'après des principes faux et arbitraires ; l'obligation de faire sa conscience est antérieure à l'obligation de suivre sa conscience, Mirabeau, Collection, t. V, p. 302. Vous [les quakers] n'avez pas pris Dieu à témoin, mais vous avez attesté votre conscience, et une conscience pure n'est-elle pas aussi un ciel sans nuage ? Mirabeau, ib. t. V, p. 364. Ordonnez, rien ne coûte à son obéissance, Et du soin de vous plaire il fait sa conscience, Chénier M. J. Tibère, I, 4.

    Pénétrer dans la conscience, savoir ce qui est dans le cœur d'autrui. Les juges, qui ne pénètrent pas dans les consciences, ne jugent que par le dehors de l'action, au lieu que nous regardons principalement à l'intention, Pascal, Prov. VII.

    Opprimer les consciences, empêcher par la force et l'intimidation la manifestation des sentiments religieux ou moraux. Les consciences hardies opprimèrent les consciences faibles, et l'époque de ce grand phénomène fut celle d'une grande servitude, Raynal, Hist. phil. IX, 29.

    La conscience publique, l'ensemble des opinions morales d'une société, d'un peuple, d'une époque, qui font approuver ou blâmer. Quelles que soient ces lois, il faut toujours les suivre et les regarder comme la conscience publique, à laquelle celle des particuliers doit se conformer toujours, Montesquieu, Lett. pers. 129.

    Sur mon honneur et sur ma conscience, serment que prononce le chef du jury avant de lire le verdict.

    Sur ma conscience, en ma conscience, en conscience, sorte de serment familier.

    Avoir une chose sur la conscience, se la reprocher. Vous ne pouviez les porter longtemps sur la conscience, Massillon, Avent, Délai de la conv.

    Familièrement. Avoir sur la conscience, répondre de. M. de la Garde aura sur la conscience tous ces mariages, Sévigné, 314. Vous voulez donc que je mette sur ma conscience le paquet de cette femme ? Sévigné, 62. Je mets sur votre conscience tout le bien que vous dites de moi, Sévigné, 233.

    J'en ai la conscience nette, je n'ai point cela à me reprocher.

    Avoir les mains pures et la conscience nette, être irréprochable.

    Dire tout ce qu'on a sur la conscience, donner un libre cours à des plaintes qu'on croit fondées et qu'on retenait.

    Décharger sa conscience, soulager sa conscience, dire une pensée intime que l'on croit devoir dire.

    Avoir de la conscience, être homme de conscience, être incapable de forfaire à l'honneur, à la probité. Je serais assez lâche pour vous déshonorer ? Non, non, j'ai trop de conscience pour cela, Molière, Fest. de P. II, 3. Quand ils sont gens de conscience, Pascal, Prov. 6. Nous avons considéré, à l'égard des valets, la peine qu'ils ont, quand ils sont gens de conscience, à servir des maîtres débauchés, Pascal, ib.

    N'avoir point de conscience, être sans conscience, ne se faire scrupule de rien.

    Avoir la conscience large, avoir peu de scrupules. L'un et l'autre avaient la conscience assez large, Scarron, Rom. com. ch. 13.

    Mariage de conscience, mariage que l'on fait pour satisfaire à sa conscience, pour régulariser une union irrégulière. Oh ! puisque c'est un mariage de conscience, je n'ai plus rien à vous dire, Dancourt, Chevalier à la mode, I, 3.

    Faire conscience de, avoir conscience de, avoir scrupule de, ne pas vouloir. Et de m'ôter mon bien que l'on ait conscience, Régnier, Sat. III. Je fais conscience de la regretter, Voiture, Lett. 71. Qui n'a pas honte de manquer de parole aux hommes, ne fait pas conscience de tromper les dieux, Vaugelas, Q. C. 424. Alix fit conscience De n'avoir pas mieux gagné son argent, La Fontaine, Quipr.

    On a dit aussi, avec la négation, ne pas faire de conscience. N'en faites point de conscience, La Fontaine, Cord.

    Dans le même sens, se faire une conscience. Vous vous feriez une conscience de faire payer ce que vous ne pouvez leur apprendre [à vos disciples], Fénelon, Socrate.

    Se faire une affaire de conscience, regarder comme un devoir. Ils se font une affaire de conscience de souffrir toutes sortes de religions, Montesquieu, Esp. XXV, 15.

    C'est conscience de, il y a conscience à faire telle chose, c'est-à-dire on la ferait si la conscience ne s'y opposait, on serait coupable de la faire. Ton cœur… tiendrait ses lâchetés à quelque conscience, Régnier, Épît. III. Mais au moins, monsieur, ne m'allez pas tromper ; il y aurait de la conscience à vous, et vous voyez que j'y vais de bonne foi, Molière, Fest. de P. II, 2. C'est une conscience Que de vous laisser faire une telle alliance, Molière, Tart. II, 2. C'est conscience à ceux [de tromper ceux] qui s'assurent en nous, Mais c'est pain bénit, certe, à des gens comme vous, Molière, Éc. des mar. I, 4. Il y avait de la conscience à laisser tromper le pauvre Savoyard, Hamilton, Gramm. 3. Il fait trop cher mourir, ce serait conscience ; Jamais de mon vivant je n'aimai la dépense, Regnard, Légat. IV, 5.

    En sûreté de conscience, à l'abri des reproches que peut faire la conscience. Les services qu'ils peuvent rendre en sûreté de conscience, Pascal, Prov. 6.

    En conscience, selon les lois de la probité, les règles de la conscience. Dites-moi en votre conscience, Régnier, Sat. VIII. Relever ses cheveux, dire : en ma conscience, Régnier, ib. En conscience, quels desseins peut avoir un homme entre le sentiment du mal et l'appréhension de la mort ? Guez de Balzac, liv. II, lett. 3. Agissez en conscience dans le rapport que vous faites, Bossuet, Lett. abb. 87. On ne peut pas se déclarer en conscience, Bossuet, ib. 31. On ne peut pas en bonne conscience enseigner diversement, Bossuet, Var. IV. Il dit que le pauvre peut voler le riche en conscience, Pascal, Prov. 12. Vous êtes obligés, en conscience, de dire…, Pascal, Prov. 2. Je ne crois pas que je doive croire en conscience ce que vous m'en dites, Sévigné, 512.

    En bonne conscience signifie aussi avec franchise.

    Par acquit de conscience, proprement pour le seul effet d'acquitter la conscience, et, par suite, négligemment, sans intérêt. Il a fait cela par acquit de conscience.

  • 3 Terme de religion. Le sentiment des fautes commises. Faire son examen de conscience. Directeur de conscience. On ne les envoie à la mort qu'après leur avoir donné le moyen de pourvoir à leur conscience, Pascal, Prov. 14. On se fait aisément de fausses consciences ; on étouffe tous les remords du péché, Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 16. Ils [les jésuites] ont assez bonne opinion d'eux-mêmes pour croire qu'il est utile et comme nécessaire au bien de la religion, que leur crédit s'étende partout et qu'ils gouvernent toutes les consciences, Pascal, Prov. 5. On est obligé de reprocher à ces peuples d'avoir été trop soumis, puisqu'ils ont mis sous le joug leur foi même et leur conscience, Bossuet, Reine d'Anglet. Retirée à la campagne, séquestrée du monde, elle s'occupa trois ans entiers à régler sa conscience et ses affaires, Bossuet, Anne de Gonz.

    Cas de conscience, difficulté sur ce que la religion permet ou défend en certaines circonstances. Vous avez très bien résolu le cas de conscience, Bossuet, Lett. abb. 22. Quand vous avez entrepris de décider les cas de conscience d'une manière favorable et accommodante, Pascal, Prov. 13.

    Se faire un cas de conscience de quelque chose, s'en faire scrupule.

    Liberté de conscience, liberté de ne pas professer la religion dominante dans un pays et de suivre en secret celle à laquelle on appartient ; elle diffère de la liberté des cultes qui permet d'exercer le culte auquel on est attaché.

    Conseil de conscience, conseil qui était autrefois établi pour régler les affaires ecclésiastiques.

  • 4La région du cœur considéré comme le siége de la conscience ; ne s'emploie, en ce sens, que dans les locutions suivantes : Mettre la main sur la conscience, s'examiner de bonne foi. Mais, monsieur, mettez la main à la conscience, est-ce que vous êtes malade ? Molière, Mal. im. I, 5. Que chacun mette la main à la conscience, Bossuet, Préf. rel. Mets la main sur ta conscience, Bossuet, Nécess. 1. Mettons la main sur nos consciences, Bossuet, Soumiss. 2. Mettez la main à la conscience, n'ai-je pas plus de droits que lui [le duc de Chevreuse] ? Saint-Simon, 299, 119.

    Elliptiquement. La main sur la conscience, en toute sincérité. Dites-nous, la main sur la conscience, si vous avez quelque chose à vous reprocher.

    Familièrement. Se mettre quelque chose sur la conscience, mettre quelque chose dans son estomac, l'avaler. Mettez ce verre de vin sur votre conscience.

    Partie ronde que le serrurier applique contre sa poitrine, quand il fait tourner un outil muni d'une mèche.

  • 5En un sens restreint, soin minutieux. J'ai fait ce travail en conscience. J'y mets de la conscience.
  • 6 Terme d'imprimerie. Travail à la journée, sans autre mesure que la conscience de l'ouvrier. Mettre un compositeur en conscience.

    Les compositeurs qui travaillent en conscience. C'est ordinairement la conscience qui corrige les tierces.

    Le lieu où ils travaillent.

HISTORIQUE

XIIe s. Sa cunscience le remorst, Rois, 216.

XIIIe s. Tu as feite moult bele fin, se ta concience est tex come la semblance, Merlin, f° 70. La coscience le roi de France fut apaisie, Chron. de Rains, p. 234. Cui conscience ne reprent, ib. p. 235. Et dit au conte [l'évêque] : ne troublez pas vostre conscience quant le patriarche ne vous absout, Joinville, 271.

XIVe s. Que dieux lui doint voloir, conscience et advis De moi ce pardonner qu'envers lui ai mespris, Guesclin. 797. Car telle conscience avoit ou [au] chevalier, Jà n'essauchast le tort, ains le volt abaissier, Baud. de Seb. VIII, 162. Et que tu t'armes volentiers ; Car c'est tes souverains mestiers ; N'autre honneur, n'autre science Qu'armes, dames et conscience, Machaut, p. 117. Que tout cil qui ne puent [peuvent] estre en religion corporelment soient en religion spirituelment ; hé biaus sire Dieu ! où sera ceste religion fondée, ceste abeie plantée ? Je di qu'ele sera fondée et plantée en une place qu'on appelle conscience, Li enseignemens de l'ame, dans Hist. litt. de la Fr. t. XXIV, p. 375.

XVe s. Sire, vous ne pouvez, à conscience, bonnement faire ce voyage, si l'Eglise n'est à un, Froissart, III, IV, 17. Il ne peut estre que en un tel ost que le roi d'Angleterre menoit, qu'il n'y ait des vilains garçons et des malfaiteurs assez et gens de petite conscience, Froissart, I, I, 272. Il [l'archevêque de Cantorbie] le [Jean Balle] faisoit grand conscience de le faire mourir, Froissart, II, II, 106. À leur despartement ils trouverent quatre nefs anglesches chargées de pourveances et de chevaux, qui s'estoient tenues au dessus de la bataille : si eurent bien conscience, quel temps ni quel tempeste qu'il fist, de prendre ces quatre vaisseaux et de les attacher aux leurs et emmener après eux, Froissart, I, I, 196. …Fouls est et fole Qui conchie [salit] sa conscience ; Tien toudis vraie ta parole, Deschamps, Il faut toujours tenir. Doulce amye, plaise vous de entendre à moy ; dire vous veulx ma conscience [vous dire ce que je pense], Perceforest, t. V, f° 54. Il luy suffist qu'elle ait Dieu, conscience et verité pour soy, et qu'elle prouffite au bien commun, Gerson, Harangue au roi Charles VI, p. 19. Il mourut assez soudainement [Mahomet II] ; touteffois il fist testament, lequel j'ay veu, et fist conscience d'ung impost que nouvellement il avoit mis sur ses subjectz, Commines, VI, 13. Il faut de ce bon vin laver sa conscience, Basselin, LII.

XVIe s. Aucuns en mangent avec ceste conscience [croyance, scrupule] comme si elles estoient dediées aux idoles, et leur conscience infirme est violée, Calvin, Instit. 962. Puis quand il eut prins sur sa conscience Broc de vin blanc, du meilleur qu'on eslise, Marot, III, 64. Mais dictesmoy en conscience, N'apprend-on sagesse ou science Qu'en livres françois seulement ? Marot, IV, 155. D'un default naturel on en faict un default de conscience, Montaigne, I, 34. Ma conscience ne falsifie pas un iota, Montaigne, I, 103. Plutarque faisoit conscience de vendre un bœuf qui l'avoit longtemps servy, Montaigne, II, 135. Il me confessera, s'il parle en conscience, que…, Montaigne, II, 227. Veu le grand nombre de personnes qui ont eu la conscience plus large que la manche d'un cordelier, Lanoue, 97. En telle guerre on n'auroit la conscience agitée d'aucun remord, Lanoue, 455. On void quelques huguenots qui font conscience de rire, Lanoue, 497. La vraye vertu se contente à par soy de la conscience d'avoir bien fait, Amyot, Préf. VI, 31. Par maniere de descharge et acquit de conscience, Amyot, Numa, 18. Tout estoit plein de ceux qui de peur faisoient conscience, D'Aubigné, Hist. I, 143. Je n'avois pas bien dormy la nuit, et sans mentir j'eusse voulu ma conscience couchée à part, D'Aubigné, Conf. II, 9. Sachans qu'ilz ne pourroyent innover les choses sans l'œuvre des grands, ils les voulurent gaigner, leur proposant liberté de conscience [de faire ce qu'ils voudraient], Condé, Mémoires, p. 641. Conserver les pauvres fideles de ce royaume en la liberté de conscience qu'il a pleu au roi leur permettre par ses edits, Condé, ib. p. 646. Et ayant trempé une rostie dedans [un breuvage], la mangea et jetta sur sa conscience tout ce qui estoit au verre, Straparole, 6e nuit, Fab. I. Quand la bourse s'estrecist, la conscience s'eslargist, Contes d'Eutrapel, p. 442, dans LACURNE. On peut user une fois l'an de sa conscience, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 363. Qui n'a conscience n'a honte ne science, Leroux de Lincy, ib. p. 397.

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Conscience : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

CONSCIENCE, subst. f. (Phil. Log. Métaph.) L’opinion ou le sentiment intérieur que nous avons nous-mêmes de ce que nous faisons ; c’est ce que les Anglois expriment par le mot de consciousness, qu’on ne peut rendre en François qu’en le périphrasant.

Puisque, de l’aveu de tout le monde, il y a dans l’ame des perceptions qui n’y sont pas à son insçu ; ce sentiment qui lui en donne la connoissance, & qui l’avertit du moins d’une partie de ce qui se passe en elle, M. l’abbé de Condillac l’appelle avec raison conscience. Si, comme le veut Locke, l’ame n’a point de perceptions, dont elle ne prenne connoissance, ensorte qu’il y ait contradiction qu’une perception ne lui soit pas connue, la perception & la conscience doivent être prises pour une seule & même opération. Si au contraire il y a dans l’ame des perceptions dont elle ne prend jamais connoissance, ainsi que les Cartésiens, les Mallebranchistes & les Leibnitiens le prétendent, la conscience & la perception sont deux opérations très-distinctes. Le sentiment de Locke semble le mieux fondé ; car il ne paroît pas qu’il y ait des perceptions dont l’ame ne prenne quelque connoissance plus ou moins forte, d’où il resulte que la perception & la conscience ne sont réellement qu’une même opération sous deux noms. Entant qu’on ne considere cette opération que comme une impression dans l’ame, on peut lui conserver le nom de perception, & entant qu’elle avertit l’ame de sa présence, on peut lui donner celui de conscience. Article de M. le Chevalier de Jaucourt

Conscience, (Cas de) Voyez Cas de conscience & Casuiste.

Conscience, (Droit. nat. Mor.) acte de l’entendement, qui indique ce qui est bon ou mauvais dans les actions morales, & qui prononce sur les choses qu’on a faites ou omises, d’où il naît en nous-mêmes une douce tranquillité ou une inquiétude importune, la joie & la serenité, ou ces remords cruels si bien figurés par le vautour de la fable, qui déchiroit sans cesse le cœur de Promethée.

Ainsi la conscience, cette regle immédiate de nos actions, ce for-intérieur qui nous juge, a ses diverses modifications suivant les divers états de l’ame. Elle peut être décisive, douteuse, droite, mauvaise, probable, erronnée, irrésolue, scrupuleuse, &c. Définissons exactement tous ces mots d’après M. Barbeyrac. Ce sera remplir les vûes auxquelles cet ouvrage est principalement destiné, je veux dire, de fixer les principes les plus importans sur chaque matiere. Par rapport aux détails des diverses questions qui sont agitées sur ce sujet, le lecteur pourra consulter, s’il le juge à-propos, les écrits de Cumberland, de Pufendorf, de Titius, de Buddæus, & de Thomasius.

La conscience (pour la définir avec exactitude), est le jugement que chacun porte de ses propres actions, comparées avec les idées qu’il a d’une certaine regle nommée loi ; ensorte qu’il conclud en lui-même que les premieres sont ou ne sont pas conformes aux dernieres.

Nous disons comparées avec les idées qu’il a de la loi, & non pas avec la loi même, parce que la loi ne sauroit être la regle de nos actions qu’autant qu’on la connoît. Il ne resulte pourtant pas de-là, que chacun puisse se déterminer à faire une chose, du moment qu’il s’imagine qu’elle est permise ou prescrite par la loi, de quelque maniere qu’il se le soit mis dans l’esprit. Mais voici deux regles très-faciles, & que les plus simples peuvent & doivent suivre dans chaque occasion particuliere.

I. Avant que de se déterminer à suivre les mouvemens de la conscience, il faut bien examiner si l’on a les lumieres & les secours nécessaires pour juger de la chose dont il s’agit ; car si l’on manque de ces lumieres & de ces secours (& en ce cas-là il ne faut que la bonne foi & le sens commun pour s’en convaincre), on ne sauroit rien décider, moins encore rien entreprendre, sans une témerité inexcusable & très-dangereuse. On peut appliquer cette regle à tant de gens qui prennent parti sur des disputes de la Religion, ou sur des questions difficiles de Morale, de Politique, sur des matieres de Droit, des procès delicats, des traitemens de maladies compliquées, &c.

II. Supposé qu’en général on ait les lumieres & les secours nécessaires pour juger de la chose dont il s’agit, il faut voir si l’on en a fait usage actuellement, ensorte qu’on puisse se porter sans autre examen à ce que la conscience suggere. Dans le Négoce, par exemple, & dans les autres affaires de la vie civile, on se laisse aller tranquillement à des obliquités & des injustices, dont on verroit aisément la turpitude si l’on faisoit attention à des principes très-clairs, dont on ne peut s’écarter, & que l’on reconnoît d’ailleurs en général.

Comme il est nécessaire de distinguer entre le jugement que l’ame porte avant l’action, & celui qu’elle porte après l’action, on a nommé ces deux choses en termes scholastiques assez commodes, conscience antécedente & conscience subséquente. Il n’y a quelquefois dans les actions que le dernier de ces jugemens, lorsque, par exemple (ce qui est assez ordinaire), on se détermine à agir sans examiner ni penser seulement si l’on fera bien ou mal.

Quand les deux jugemens ont été produits par rapport à une seule & même action, ils sont quelquefois conformes, ce qui arrive lorsque l’on a agi contre ses lumieres ; car alors on se condamne encore plus fortement après l’action : il y a peu de gens qui, ou acquierent en si peu de tems des lumieres capables de leur persuader que ce qu’ils croyent mauvais est légitime, ou révoquent si-tôt leur propre sentence en matiere d’une chose effectivement contraire à la loi. Quelquefois aussi il y a de la diversité dans ces jugemens, ce qui a lieu, ou lorsque l’on s’est déterminé à quelque chose sans une pleine & entiere délibération, soit par passion ou par précipitation, de maniere qu’on n’a pas eu la liberté d’envisager suffisamment la nature & les suites de l’action ; ou lorsque, quoiqu’on ait agi avec une pleine délibération, on s’est déterminé sur un examen très léger ; car l’idée de la chose faite frappe plus vivement que l’idée de la chose à faire, & les réflexions viennent commencer ou achever après coup l’examen.

Voici les divers actes du jugement anticipé, selon les différens états où l’ame se trouve alors.

La conscience est ou décisive ou douteuse, selon le degré de persuasion dans lequel on est, au sujet de la qualité de l’action à faire. Quand on prononce décisivement que telle ou telle chose est conforme ou contraire à la loi, c’est une conscience décisive qui doit être divisée en démonstrative & probable.

La conscience démonstrative est celle qui est fondée sur des raisons démonstratives, autant que le permet la nature des choses morales ; & par conséquent elle est toûjours droite ou conforme à la loi. La conscience probable est celle qui n’est fondée que sur des raisons vraissemblables, & qui par conséquent est ou droite ou erronée, selon qu’il se trouve que l’opinion en elle-même est ou n’est pas conforme à la loi.

Lorsque l’on agit contre les mouvemens d’une conscience décisive, ou l’on se détermine sans aucune répugnance, & alors c’est une conscience mauvaise qui marque un grand fonds de méchanceté, ou bien on succombe à la violence de quelque passion qui flatte agréablement, ou à la crainte d’un grand mal, & alors c’est un péché de foiblesse, d’infirmité. Que si l’on suit les mouvemens d’une conscience décisive, ou l’on se détermine sans hésiter & avec plaisir, & alors c’est une bonne conscience, quand même on se tromperoit, comme il paroît par l’exemple de S. Paul, Act. xxiij. 1. ou bien on agit avec quelque répugnance, & alors, quoique l’action en elle-même soit bonne, elle n’est point réputée telle à cause de la disposition peu convenable qui l’accompagne.

Les fondemens de la conscience probable véritablement telle, sont l’autorité & l’exemple soutenus par un certain sentiment confus de la convenance naturelle qu’il y a dans les choses qui font la matiere de nos devoirs, & quelquefois aussi par des raisons populaires qui semblent tirées de la nature des choses. Comme tous ces fondemens ne sont pas si solides, qu’on ait lieu de s’y reposer absolument, il ne faut s’en contenter que quand on ne peut faire mieux ; & ceux qui se conduisent par une telle conscience, doivent employer tous leurs efforts pour augmenter le degré de vraissemblance de leurs opinions, & pour approcher autant qu’il est possible de la conscience démonstrative.

La conscience douteuse, que nous avons opposée à la décisive, est ou irrésolue ou scrupuleuse. La conscience irrésolue, c’est lorsqu’on ne sait quel parti prendre à cause des raisons qui se présentent de part & d’autre. sinon parfaitement égales, du moins telles qu’il n’y a rien d’un côté ni d’autre qui paroisse assez fort pour que l’on fonde là-dessus un jugement sûr. Dans un tel cas quelle conduite faut-il tenir ? La voici : Il faut s’empêcher d’agir tant que l’on ne sait pas si l’on fera bien ou mal. En effet, lorsque l’on se détermine à agir avant que les doutes qu’on avoit soient entierement dissipés, cela emporte ou un dessein formel de pécher, ou du moins un mépris indiscret de la loi, à laquelle il peut arriver que l’action se trouve effectivement contraire.

La conscience scrupuleuse est produite par des difficultés très-legeres ou frivoles, qui s’élevent dans l’esprit, pendant qu’on ne voit de l’autre côté aucune bonne raison de douter. Comme le scrupule ne vient d’ordinaire que d’une fausse délicatesse de conscience, ou d’une grossiere superstition, on en sera bientôt délivré, si l’on veut examiner la chose sérieusement & dans toutes ses faces.

Liberté de conscience. Entre plusieurs questions que l’on fait au sujet de la conscience errante, il y en a quatre de grande importance sur lesquelles on ne sauroit se refuser de dire un mot : les autres pourront se décider d’après les mêmes principes.

I. On demande, si celui qui se trompe est obligé de suivre les mouvemens de sa conscience. On répond que oüi, soit que l’erreur soit invincible ou vincible : car dès-là qu’on est fermement persuadé, comme nous le supposons, qu’une chose est prescrite ou défendue par la loi, on viole directement le respect dû au législateur, si l’on agit contre cette persuasion, quoique mal fondée.

II. Mais s’ensuit-il de-là que l’on soit toûjours excusable, en suivant les mouvemens d’une conscience erronée ? Nullement : cela n’a lieu que quand l’erreur est invincible.

III. Un homme peut-il juger du principe des erreurs d’un autre homme en matiere de conscience ? C’est la troisieme question, sur laquelle on répondra d’abord, qu’il n’est pas toûjours absolument impossible aux hommes de savoir si quelqu’un est dans l’erreur de mauvaise foi, ou s’il se fait illusion à lui-même : mais pour porter un tel jugement, il ne faut pas moins que des preuves de la derniere évidence ; & il arrive rarement que l’on ait de si fortes preuves. Je ne sai si on pourroit rapporter à ceci l’erreur autrefois si commune chez les Grecs & les Romains, de ceux qui croyoient qu’il étoit permis à un pere ou une mere d’exposer leurs enfans. Mais il semble du moins qu’on y peut rapporter une autre erreur presque aussi grossiere des Juifs du tems de Jesus-Christ, qui la leur reproche fortement. Marth. xv. 4-5. Car on a de la peine à concevoir que des gens qui avoient la loi de Moyse si claire & si expresse sur la nécessité d’honorer & d’assister un pere ou une mere, pussent de bonne foi être persuadés qu’on étoit dispensé de ce devoir par un vœu téméraire, ou plûtôt impie.

Pour ce qui est de savoir si l’erreur d’un homme qui se trompe de bonne foi est vincible ou invincible, il faut convenir que, mettant à part les principes les plus généraux du droit naturel, & les vérités dont les Chrétiens, quoique divisé, en différentes sectes, sont convenus de tout tems, tout le reste est de nature, qu’un homme ne peut sans témérité juger en aucune maniere du principe de l’ignorance, & des erreurs d’autrui : ou s’il peut dire en général qu’il y a des circonstances qui rendent vincibles telles ou telles erreurs, il lui est extrèmement difficile de rien determiner là-dessus par rapport à quelqu’un en particulier, & il n’est jamais nécessaire qu’il le fasse.

IV. La derniere question est si en conséquence du jugement que l’on fait de l’ignorance ou des erreurs d’autrui en matiere de conscience, on peut se porter à quelque action contre ceux que l’on croit être dans cette ignorance ou dans ces erreurs ? Ici nous répondons que lorsque l’erreur ne va point à faire ou à enseigner des choses manifestement contraires aux lois de la société humaine en général, & à celles de la société civile en particulier, l’action la plus convenable par rapport aux errans, est le soin charitable de les ramener à la vérité par des instructions paisibles & solides.

Persécuter quelqu’un par un motif de conscience, deviendroit une espece de contradiction ; ce seroit renfermer dans l’étendue d’un droit une chose qui par elle-même détruit le fondement de ce droit. En effet, dans cette supposition on seroit autorisé à forcer les consciences, en vertu du droit qu’on a d’agir selon sa conscience. Et il n’importe que ce ne soit pas la même personne dont la conscience force, & est forcée : car outre que chacun auroit à son tour autant de raison d’user d’une pareille violence, ce qui mettroit tout le genre humain en combustion, le droit d’agir selon les mouvemens de la conscience, est fondé sur la nature même de l’homme, qui étant commune à tous les hommes, ne sauroit rien autoriser qui accorde à aucun d’eux en particulier la moindre chose qui tende à la diminution de ce droit commun. Ainsi le droit de suivre sa conscience emporte par lui-même cette exception, hors les cas où il s’agiroit de faire violence à la conscience d’autrui.

Si l’on punit ceux qui font ou qui enseignent des choses nuisibles à la société, ce n’est pas à cause qu’ils sont dans l’erreur, quand même ils y seroient de mauvaise foi ; mais parce qu’on a droit pour le bien public de réprimer de tels gens, par quelques principes qu’ils agissent.

Nous laissons à part toutes ces autres questions sur la conscience qui ont été tant agitées dans le siecle passé, & qui n’auroient pas dû paroître dans des tems d’une morale éclairée. Quand la boussole donna la connoissance du monde, on abandonna les côtes d’Afrique ; les lumieres de la navigation changerent la face du commerce, il ne fut plus entre les mains de l’Italie ; toute l’Europe se servit de l’aiguille aimantée comme d’un guide sûr pour traverser les mers sans périls & sans allarmes. Voyez Tolérance. Article de M. le Chevalier de Jaucourt

Conscience, conseil de conscience, (Jurisprud.) Voyez ci-après au mot Conseil.

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Conscience : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « conscience » les plus populaires.

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Étymologie de « conscience »

Étymologie de conscience - Littré

Provenç. conciencia, cossiencia ; espagn. conciencia ; ital. coscienza ; du latin conscientia, de cum, et scientia, science.

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Étymologie de conscience - Wiktionnaire

Du latin conscientia, lui-même composé du préfixe con- (« avec ») et de scientia (« connaissance »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « conscience »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
conscience kɔ̃sjɑ̃s play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « conscience »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « conscience »

  • Présents dans le paysage politique fagnérot depuis 1989, Alain Biaux, ancien maire de la commune, et Denis Fénat, ont bâti la conscience écologiste de leurs administrés. Un travail qui a porté ses fruits, puisque leur liste a été réélue avec 53,3% des voix ce dimanche 28 juin. France 3 Grand Est, Fagnières, seule commune écolo de Champagne-Ardenne, où la conscience environnementale ne s'est pas faite en un jour
  • Selon Anne Cordier, ces challenges TikTok sont représentatifs d’une génération «qui témoigne par l’image et la posture corporelle: pour témoigner de son indignation, contre un féminicide ou la mort de George Floyd, par exemple, la communauté va mettre en place toutes sortes de gestes permettant de lui donner une visibilité et circuler massivement. Ils vont aussi créer des mini-débats autour des vidéos ou échanger sur la véracité des images, afin de savoir si la source est bonne, car ils sont sensibles à tout ce qui est faux. Ce n’est pas du tout une génération passive devant les écrans, mais vraiment la génération de Greta Thunberg, avec une conscience politique collective qui peut démarrer dès 12-13 ans.» Le Temps, Entre liberté et conscience politique, la nouvelle appli d’affirmation de soi des ados - Le Temps
  • L’équipe de recherche PICNIC Lab dirigée par le Pr. Lionel Naccache à l’Institut du Cerveau (Sorbonne Université / Inserm / CNRS / AP-HP) publie deux études importantes concernant les malades souffrant d’un trouble durable de la conscience comme les patients en « état végétatif » ou en « état de conscience minimale ». Ces deux études originales, correspondant à une partie des travaux de la thèse du Dr. Bertrand Hermann  et réalisés sous la direction de Lionel Naccache, ont respectivement fait l’objet d’une publication dans les revues Brain et Scientific Reports. CNRS, Troubles de la conscience : deux nouvelles découvertes fondamentales pour le diagnostic et le traitement des patients | CNRS
  • L'inhibition du “réflexe de sursaut” nécessite d'activer des zones corticales impliquées dans la conscience. Sciences et Avenir, État végétatif : un nouveau test de conscience - Sciences et Avenir
  • En France, entre 1500 et 3000 personnes présentent des troubles chroniques de la conscience. Difficile d’avoir un nombre plus précis, en l’absence de registre. Victimes d’un traumatisme crânien, d’une anoxie cérébrale après un arrêt cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral, elles sont dans un état qualifié de «végétatif», c’est-à-dire éveillées mais inconscientes, ou dans un état dit de «conscience minimale». On sait aujourd’hui que les chances de récupération sont plus élevées dans ce dernier cas. C’est pourquoi les recherches se multiplient pour trouver les outils fiables qui permettraient de détecter des signes de conscience, fussent-ils très limités. Le Figaro.fr, Détecter un état de conscience minimal grâce au son
  • La crispation de la conscience économique contemporaine est structurelle. Elle est le résultat d’un aveuglement de la rationalité moderne, mais aussi de la conscience post-moderne, à l’égard de leurs propres fondations. The Conversation, De la nécessaire évolution de la conscience pour faire face à la crise mondiale
  • La conscience des mots amène à la conscience de soi : à se connaître, à se reconnaître. De Octavio Paz / A Propos de Lopez Velarde
  • La conscience est la mère du vice. De Georges Braque / Le jour et la nuit
  • L’émotion indisciplinée enrichit la conscience. De Clément Pansaers / Ca ira - Mars 1921
  • La conscience naît parfois de ses remords. De Stanislaw Jerzy Lec / Nouvelles pensées échevelées
  • Le bonheur, fruit de la conscience épanouie. De Roger Fournier / Les sirènes du Saint-Laurent
  • L’homme est emprisonné par sa conscience. De Ralph Waldo Emerson / Self-Reliance
  • La conscience règne et ne gouverne pas. De Paul Valéry / Mauvaises pensées et autres
  • Conscience collective : somme des inconsciences individuelles. De Georges Elgozy
  • Beaucoup confondent ‘mémoire courte’ avec ‘bonne conscience’. De Doug Larson
  • La conscience ne peut avoir tort. De Alfred de Vigny / Chatterton
  • Une bonne conscience est une fête continuelle. De Proverbe anglais
  • Une bonne conscience est un doux oreiller. De Proverbe français
  • La conscience vaut mille témoignages. De Proverbe latin
  • Une conscience sans scandale est une conscience aliénée. De Georges Bataille / La littérature et le mal
  • On a conscience avant, on prend conscience après. De Oscar Wilde

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Traductions du mot « conscience »

Langue Traduction
Corse a cuscenza
Basque kontzientzia
Japonais 意識
Russe сознание
Portugais consciência
Arabe وعي - إدراك
Chinois 意识
Allemand bewusstsein
Italien coscienza
Espagnol conciencia
Anglais consciousness
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Synonymes de « conscience »

Source : synonymes de conscience sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « conscience »


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