Colonie : définition de colonie


Colonie : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

COLONIE, subst. fém.

A.− Groupement de personnes, et le plus souvent p. méton., lieu où les personnes sont établies.
1. Groupe d'émigrants qui ont quitté leurs pays pour cultiver, peupler, exploiter une terre étrangère. Les colonies [grecques] multipliées viennent peupler et exploiter les côtes (Taine, Philos. de l'art,t. 2, 1865, p. 168):
1. Supposons qu'une colonie de vingt ou trente familles s'établisse dans un canton sauvage, couvert de broussailles et de bois, et dont, par convention, les indigènes consentent à se retirer. Proudhon, Qu'est-ce que la propriété?1840, p. 213.
2. ... ils [Jeanne et son mari] traversèrent Cargèse, le village grec fondé là jadis par une colonie de fugitifs chassés de leur patrie. Maupassant, Une Vie,1883, p. 76.
P. ext. Population qui se développe à l'endroit où se sont fixés les premiers colons.
P. méton. Territoire étranger placé sous la dépendance politique d'une métropole qui a assumé la tâche de le mettre en valeur et d'en civiliser les habitants. Colonies d'exploitation, de plantation, de peuplement, de commerce (Cap. 1936). Les colonies sont faites pour être perdues. Elles naissent avec la croix de mort au front (Montherlant, Le Maître de Santiago,1947, p. 613):
3. ... les Britanniques se tiennent prêts à exploiter militairement eux-mêmes la réussite des Américains vers Casablanca en pénétrant dans nos colonies de l'Afrique occidentale. De Gaulle, Mémoires de guerre,1956, p. 360.
2. Ensemble des personnes de même nationalité ou venant d'une même province établies dans une ville ou une région d'un pays étranger ou dans une autre ville ou région de leur propre pays. La colonie française de Londres; la colonie auvergnate de Paris. Nous avons à présent, à Paris, une colonie russe, une colonie espagnole, une colonie levantine (L. Halévy, L'Abbé Constantin,1882, p. 96):
4. C'est au, contraire, un très grand succès, et toute la colonie française s'écrase littéralement dans la salle de Old Compton Street. Verlaine, Correspondance,t. 1, 1872, p. 74.
P. ext. Réunion de personnes que rassemblent des affinités ou des situations communes. (Quasi-) synon. communauté*.Il [l'édifice] s'émiette incessamment, et des colonies de maçons installées à ses pieds, réparent continuellement sa ruine continuelle (Taine, Philos. de l'art,t. 1, 1865, p. 84):
5. Il y avait là [à notre hôtel] toute une colonie d'étudiants, horde venue du midi de la Gascogne, braves garçons un peu glorieux, suffisants et réjouis... A. Daudet, Trente ans de Paris,1888, p. 9.
6. ... on ne s'ennuyait pas aux Genêts. Ces demoiselles avec leurs familles (...) y composaient une colonie très brillante et très vivante... O. Feuillet, Honneur d'artiste,1890, p. 30.
3. ÉDUCATION
a) Colonie de vacances. Groupement, et p. méton., séjour collectif d'enfants en plein-air pendant la période des vacances scolaires :
7. La colonie de vacances permet à l'enfant d'acquérir une meilleure santé en facilitant son changement d'air, de régime, d'ambiance. Pages documentaires,1955, no1, p. 57.
b) Colonie sanitaire. Colonie de vacances réservée aux enfants déficients :
8. La colonie sanitaire reçoit des enfants dont l'état sanitaire est insuffisant, qui ne pourraient bénéficier suffisamment d'un séjour en colonie de vacances ordinaire. Pages documentaires,1953, no1, p. 70.
4. JUST. Colonie pénitentiaire
a) Groupement de condamnés aux peines dites coloniales réunis dans une possession française d'outre-mer.
b) Groupement de jeunes délinquants réunis dans un établissement spécial, à caractère le plus souvent agricole.
B.− P. anal. Groupement d'êtres vivants.
1. BACTÉRIOL. ,,Population autonome d'une espèce de microorganismes, entretenue en laboratoire pendant plus d'une génération`` (Méd. Biol. t. 1 1970). Certaines levures donnent des colonies géantes en cercle à contour net (E. Boullanger, Malterie, brasserie,1934, p. 375).
2. BOT. Rassemblement sur un même territoire de plantes, d'arbres, etc., d'une même espèce.
3. ZOOL. Réunion d'animaux vivants en communauté :
9. Les Bryozoaires sont des animaux très petits, mais qui vivent en colonies et peuvent ainsi former des masses parfois très grosses. H. Coupin, Animaux de nos pays,1909, p. 455.
En partic. Groupement formé par des oiseaux nichant tout près les uns des autres et appartenant tous à une même espèce. Une colonie de sternes (Cuisin 1969). Des colonies d'oiseaux nichés très haut dans les creux de la roche (Gracq, Le Rivage des Syrtes,1951, p. 158).
Rem. On rencontre ds la docum. plusieurs emplois du mot coloniste. a) Subst. Habitant d'une colonie américaine (empr. à l'angl. colonist). Turgot était opposé à cette politique [soutenir les colonies américaines] (...) Il fut d'avis que, sans décourager les Colonistes, on temporisât indéfiniment (Maurois, Mes songes que voici, 1933, p. 119). b) Subst. et adj. Partisan de l'établissement de colonies. Le parti coloniste (Thiers ds Lar. 19e).
Prononc. et Orth. : [kɔlɔni]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. a) 1308 « territoire administré par un gouvernement ou un prince d'un pays étranger » (Ystoire de li Normant, trad. de Aimé de Mont Cassin, éd. V. de Bartholomoeis, Livre II, XIX, p. 78, 14 : Et en ceste Regne se clame terre de demainne, et se [a] autre seignorie, se clame colonie, comme sont en cest Regne la terre qui a autre seignorie); b) 1635 (Monet, Abr. du parallèle des lang. fr. et lat., Genève, éd. Ouvion : Colonie, peuplade des personnes allans habiter, et peupler nouveau païs [...] le lieu où habite la nouvelle peuplade); 2. a) 1579 « population s'établissant dans un pays conquis » (Fauchet, Antiquitez, I, 14 ds Hug.); b) 1767 « groupe, population d'animaux » (Buffon, Histoire naturelle, éd. Lanessan, Quadrupèdes, t. 2, p. 194 ds IGLF); c) 1792 « groupe de personnes ayant certaines affinités, intérêts ou usages communs (d'abord des émigrés d'un même pays vivant dans la même ville) » (Mmede Staël, Lettres inédites à L. de Narbonne, p. 56); d) 1859 colonie pénitentiaire (Du Camp, En Hollande, p. 191); e) 1907 colonie de vacances (Lar. pour tous). Empr. au lat. class. colonia désignant d'abord une propriété rurale, puis un établissement de Romains dans une région étrangère et déjà employé, à partir de l'idée de « groupe de population », pour désigner un groupe d'animaux (en parlant de l'essaimage des abeilles); cf. aussi les formes adaptées d'apr. l'accentuation lat., m. fr. coulongne (Bersuire, Trad. Tite-Live, B.N. 20312 ter, fo10 vods Gdf. Compl.) et coloine (1527 ds Hug.). Fréq. abs. littér. : 1 628. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 036, b) 1 794; xxes. : a) 1 342, b) 1 710.

Colonie : définition du Wiktionnaire

Nom commun

colonie \kɔ.lɔ.ni\ féminin

  1. Population installée loin de son lieu d’origine pour y prospérer, et qui maintient des liens privilégiés avec la métropole.
    • En cas de succès, j’aurais eu l’honneur d’imposer des noms français à des régions inconnues, de doter mon pays d’une colonie sur l’océan Pacifique, d’enlever le riche commerce des pelleteries à une puissance rivale, d’empêcher cette rivale de s’ouvrir un plus court chemin aux Indes, en mettant la France elle−même en possession de ce chemin. — (Chateaubriand, Mémoires d’Outre-tombe, 1, 7, 1, 1848)
    • Les rois norvégiens cessèrent de s’intéresser à la lointaine colonie ; la discorde survint ; des luttes naquirent, soit intestines, soit entre colons et esquimaux. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Le traité avait pour objectif de délimiter « les régions sous-marines » du golfe de Paria qui sépare Trinité-et-Tobago, alors colonie britannique, du Venezuela. L'accord fixait ainsi trois segments depuis les bouches du Dragon jusqu'aux bouches du Serpent. Les surfaces délimitées respectaient vaguement ce qu'aurait pu donner une ligne d’équidistance. — (Atlas géopolitique des espaces maritimes : frontières, énergie, transports, piraterie, pêche et environnement, coordonné par Didier Ortolland, 2010, page 108)
  2. Établissement fondé dans une contrée éloignée de la métropole et restant sous sa dépendance.
    • En 1814, les îles Féroë passèrent au Danemark. Cette colonie n'a d'importance que comme station de pèche. L'agriculture y est d'un maigre profit : […]. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 36)
    • Mon père mit pied à terre et se trouva au mémorable combat que quinze cents Français, commandés par le brave Breton, de Bréhan comte de Plélo, livrèrent le 29 mai 1734, à quarante mille Moscovites, commandés par Munich. […] Son courage et son esprit d’ordre l’avaient fait connaître. Il passa aux Iles ; il s’enrichit dans la colonie et jeta les fondements de la nouvelle fortune de sa famille.— (Chateaubriand, Mémoires d’Outre-tombe, 1, 1, 1, 1848)
    • Vers l’an 636 de Rome, le Sénat, sur l’avis de Lucius Crassus, ayant décidé qu’une colonie romaine serait établie à Narbonne, la lisière des Pyrénées fut bientôt munie de postes importants afin de conserver les passages en Espagne et de défendre le cours des rivières. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • L’Angleterre est une ancienne colonie normande qui a mal tourné. — (Alphonse Allais, Pensées (Les). Recueillies par Robert Chouard, 1987)
    • Faites une France très forte, et nul n’osera jamais convoiter ses colonies. Laissez la France se débiliter davantage, et son empire colonial, d’une manière ou d’une autre, s’écroulera. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Après la guerre, le traité de Versailles avait alors contraint l’Allemagne à céder ses colonies aux nations vainqueurs. — (Chronique du XXème siècle, Éditions Chronique, 2013, p.1894)
  3. (Par extension) (Nom collectif) Groupement nombreux de gens d'un même pays plus ou moins lointain, installés durablement et restant entre eux dans le pays d’accueil.
    • Casablanca toute entière tenait alors dans l’enceinte de ses murailles. Elle comptait environ 25.000 indigènes dont un cinquième d’israélites et une colonie européenne, femmes et enfants compris, d’approximativement 500 têtes, […]. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 15)
    • Une colonie de Bretons, d’Auvergnats, d’Indiens, de Pakistanais.
    • Une colonie de Polonais exploite presque seule cette mine.
    • En ce temps-là, une colonie d’artistes hantait Montparnasse.
  4. Établissement pénitentiaire qui a pour but de rééduquer les détenus en les occupant à des travaux agricoles.
    • Il existe d'ailleurs à Port-Arthur une petite colonie pénitentiaire qu'il est fort intéressant d'étudier : on y envoie les condamnés indisciplinés. Là, ils travaillent aux mines de houille, et ils sont assujettis à une vie d'ordre et de morale. On tâche de leur faire oublier leurs habitudes dévergondées. — (Jules-Sébastien-César Dumont d'Urville, Voyage au Pôle Sud et dans l'Océanie, sur les corvettes "l’Astrolabe" et "la Zélée", tome 9, Paris : chez Gide & Cie, 1846, notes p. 258)
  5. (Par analogie) (Nom collectif) Groupe d’animaux ou de végétaux de même espèce vivant ensemble.
    • La culture du bouillon est ensemencée sur un tube de gélose; vingt-quatre heures après, on voit des traînées de coli, semées de colonies rondes de staphylocoques. — (Comptes rendus des séances de la Société de biologie de Paris, volume 51, page 572, Masson, 1899)
    • Le long des rivières, des colonies ont pourtant pu descendre des montagnes et, quand le sol est humide, des holarctiques peuvent braver la faible pluviosité du climat méditerranéen. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 84)
    • À la phase optimale du développement, ces mamelons sont recouverts par les colonies de Drosera rotundifolia entre lesquelles l’Oxycoccos étale le fin réseau de ses tiges grêles, […] — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises : les associations végétales de la vallée de la Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, p. 123)
    • On trouve en Bretagne des anatifes cramponnés en colonies serrées au bas des à-pics rocheux sans cesse battus par les vagues. — (Georges Fleury, La pêche à pied, 1997)
    • Nous avons trouvé dessous une petite colonie de scorpions encore flasques et pâles, qui se sont laissés prendre et exécuter sans faire de difficultés. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 110)
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Colonie : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COLONIE. n. f.
Réunion d'hommes sortis d'un pays pour aller en habiter un autre : et, par extension, Population qui s'est formée et qui se perpétue dans le lieu de leur établissement. Envoyer une colonie. Établir, fonder une colonie. Les Romains envoyaient des colonies de vétérans dans les villes qu'ils avaient conquises. Les colonies se détachèrent de leur métropole. Il se dit aussi d'un Lieu, d'un Établissement fondé dans un pays plus ou moins éloigné de la métropole et placé sous sa dépendance. Marseille était une colonie des Phocéens. Les colonies espagnoles. La Martinique est une colonie française. Le gouverneur d'une colonie. Colonie de peuplement. Colonie d'exploitation. Colonie agricole, Établissement fondé à l'effet de défricher des terrains incultes et de donner du travail aux indigents valides. Il se dit aussi d'Établissements agricoles qui ont pour but de moraliser les jeunes détenus en les occupant aux travaux de la terre. La colonie de Mettray. Colonie pénitentiaire, Lieu où sont transférés les condamnés aux travaux forcés. Il se dit, par extension, de l'Ensemble des étrangers d'un même pays qui séjournent à demeure dans une région, dans une ville. Ce quartier de Paris renferme une colonie d'Américains. Une colonie de Polonais exploite presque seule cette mine. Il se dit même de Nationaux venus s'installer en groupe de telle ou telle région. Une colonie de Bretons, d'Auvergnats. Colonies scolaires et de vacances, Sortes de groupements d'enfants des villes auxquels on procure une cure d'air à la montagne ou à la mer. Il se dit, par analogie, d'une Réunion d'animaux vivant en commun. Colonie de castors.

Colonie : définition du Littré (1872-1877)

COLONIE (ko-lo-nie) s. f.
  • 1Établissement fondé par une nation dans un pays étranger. Envoyer une colonie. Leurs terres où ils fondent une colonie, Bossuet, Hist. I, 8. Les Grecs qui font sur cette côte des colonies, Fénelon, Tél. X.
  • 2Possession d'une nation européenne dans une autre partie du monde.

    Absolument, les colonies, se dit pour les Antilles françaises. Il est mort aux colonies.

  • 3Réunion d'individus qui ont quitté un pays pour en peupler un autre.

    Le lieu où ils se sont transportés.

    Les gens d'un même pays habitant une localité étrangère.

    Absolument, la colonie. On désigne ainsi dans certaines localités les résidents qui ne sont pas originaires de cette localité.

  • 4Colonies agricoles, établissements agricoles institués à l'effet d'offrir du travail aux indigents et aux jeunes détenus, et d'augmenter les produits du sol en l'améliorant.

    Colonie militaire, territoire dont les cultivateurs sont des soldats comme en Croatie, ou que des soldats habitent comme en Russie.

HISTORIQUE

XIVe s. Colonie ou coulongne est appelée quant aucune ville est gaigniée et aquise, et l'en [on] trametoit nouvel pueple pour habiter, Bercheure, f° 10, verso. Colonie romaine estoit aucune ville qui ou commencement avoit esté fondée et peuplée de Romains, Bercheure, f° 2.

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Colonie : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

COLONIE, s. f. (Hist. anc. mod. & Commer.) on entend par ce mot le transport d’un peuple, ou d’une partie d’un peuple, d’un pays à un autre.

Ces migrations ont été fréquentes sur la terre, mais elles ont eu souvent des causes & des effets différens : c’est pour les distinguer que nous les rangerons dans six classes que nous allons caractériser.

I. Environ 350 ans après le déluge, le genre humain ne formoit encore qu’une seule famille : à la mort de Noé, ses descendans, déjà trop multipliés pour habiter ensemble, se séparerent. La postérité de chacun des fils de ce patriarche, Japhet, Sem, & Cham, partagée en différentes tribus, partit des plaines de Sennaar pour chercher de nouvelles habitations, & chaque tribu devint une nation particuliere : ainsi se peuplerent de proche en proche les diverses contrées de la terre, à mesure que l’une ne pouvoit plus nourrir ses habitans.

Telle est la premiere espece de colonies : le besoin l’occasionna ; son effet particulier sut la subdivision des tribus ou des nations.

II. Lors même que les hommes furent répandus sur toute la surface de la terre, chaque contrée n’étoit point assez occupée pour que de nouveaux habitans ne pussent la partager avec les anciens.

A mesure que les terres s’éloignoient du centre commun d’où toutes les nations étoient parties, chaque famille séparée erroit au gré de son caprice, sans avoir d’habitation fixe : mais dans les pays où il étoit resté un plus grand nombre d’hommes, le sentiment naturel qui les porte à s’unir, & la connoissance de leurs besoins réciproques, y avoient formé des sociétés. L’ambition, la violence, la guerre, & même la multiplicité, obligerent dans la suite des membres de ces sociétés de chercher de nouvelles demeures.

C’est ainsi qu’Inachus, Phénicien d’origine, vint fonder en Grece le royaume d’Argos, dont sa postérité sut depuis dépouillée par Danaüs, autre avanturier sorti de l’Egypte. Cadmus n’osant reparoître devant Agenor son pere roi de Tyr, aborda sur les confins de la Phocide, & y jetta les fondemens de la ville de Thebes. Cécrops à la tête d’une colonie Egyptienne bâtit cette ville, qui depuis sous le nom d’Athenes devint le temple des Arts & des Sciences. L’Afrique vit sans inquiétude s’élever les murs de Carthage, qui la rendit bientôt tributaire. L’Italie reçut les Troyens échappés à la ruine de leur patrie. Ces nouveaux habitans apporterent leurs lois & la connoissance de leurs arts dans les régions où le hasard les conduisit ; mais ils ne formerent que de petites sociétés, qui presque toutes s’érigerent en républiques.

La multiplicité des citoyens dans un territoire borné ou peu fertile, allarmoit la liberté : la politique y remédia par l’établissement des colonies. La perte même de la liberté, les révolutions, les factions, engageoient quelquefois une partie du peuple à quitter sa patrie pour former une nouvelle société plus conforme à son génie.

Telle est entre autres l’origine de la plûpart des colonies des Grecs en Asie, en Sicile, en Italie, dans les Gaules. Les vûes de conquête & d’aggrandissement n’entrerent point dans leur plan : quoiqu’assez ordinairement chaque colonie conservât les lois, la religion, & le langage de la métropole, elle étoit libre, & ne dépendoit de ses fondateurs que par les liens de la reconnoissance, ou par le besoin d’une défense commune : on les a même vûes dans quelques occasions, assez rares il est vrai, armées l’une contre l’autre.

Cette seconde espece de colonies eut divers motifs ; mais l’effet qui la caractérise, ce fut de multiplier les sociétés indépendantes parmi les nations, d’augmenter la communication entre elles, & de les polir.

III. Dès que la terre eut assez d’habitans pour qu’il leur devînt nécessaire d’avoir des propriétés distinctes, cette propriété occasionna des différends entre eux. Ces différends jugés par les lois entre les membres d’une société, ne pouvoient l’être de même entre les sociétés indépendantes ; la force en décida : la foiblesse du vaincu fut le titre d’une seconde usurpation, & le gage du succès ; l’esprit de conquête s’empara des hommes.

Le vainqueur, pour assûrer ses frontieres, dispersoit les vaincus dans les terres de son obéissance, & distribuoit les leurs à ses propres sujets ; ou bien il se contentoit d’y bâtir & d’y fortifier des villes nouvelles, qu’il peuploit de ses soldats & des citoyens de son état.

Telle est la troisieme espece de colonies, dont presque toutes les histoires anciennes nous fournissent des exemples, sur-tout celles des grands états. C’est par ces colonies qu’Alexandre contint une multitude de peuples vaincus si rapidement. Les Romains, dès l’enfance de leur république, s’en servirent pour l’accroître ; & dans le tems de leur vaste domination, ce furent les barrieres qui la défendirent longtems contre les Parthes & les peuples du Nord. Cette espece de colonie étoit une suite de la conquête, & elle en fit la sûreté.

IV. Les excursions des Gaulois en Italie, des Goths & des Vandales dans toute l’Europe & en Afrique, des Tartares dans la Chine, forment une quatrieme espece de colonies. Ces peuples chassés de leur pays par d’autres peuples plus puissans, ou par la misere, ou attirés par la connoissance d’un climat plus doux & d’une campagne plus fertile, conquirent pour partager les terres avec les vaincus, & n’y faire qu’une nation avec eux : bien différens en cela des autres conquérans qui sembloient ne chercher que d’autres ennemis, comme les Scythes en Asie ; ou à étendre leurs frontieres, comme les fondateurs des quatre grands empires.

L’effet de ces colonies de barbares fut d’effaroucher les Arts, & de répandre l’ignorance dans les contrées où elles s’établirent : en même tems elles y augmenterent la population, & fonderent de puissantes monarchies.

V. La cinquieme espece de colonies est de celles qu’a fondées l’esprit de commerce, & qui enrichissent la métropole.

Tyr, Carthage, & Marseille, les seules villes de l’antiquité qui ayent fondé leur puissance sur le commerce, sont aussi les seules qui ayent suivi ce plan dans quelques-unes de leurs colonies. Utique bâtie par les Tyriens près de 200 ans avant la fuite d’Elissa, plus connue sous le nom de Didon, ne prétendit jamais à aucun empire sur les terres de l’Afrique : elle servoit de retraite aux vaisseaux des Tyriens, ainsi que les colonies établies à Malthe & le long des côtes fréquentées par les Phéniciens, Cadix, l’une de leurs plus anciennes & de leurs plus fameuses colonies, ne prétendit jamais qu’au commerce de l’Espagne, sans entreprendre de lui donner des lois. La fondation de Lilybée en Sicile ne donna aux Tyriens aucune idée de conquête sur cette île.

Le commerce ne fut point l’objet de l’établissement de Carthage, mais elle chercha à s’aggrandir par le commerce. C’est pour l’étendre ou le conserver exclusivement, qu’elle fut guerriere, & qu’on la vit disputer à Rome la Sicile, la Sardaigne, l’Espagne, l’Italie, & même ses remparts. Ses colonies le long des côtes de l’Afrique, sur l’une & l’autre mer jusqu’à Cerné, augmentoient plus ses richesses que la force de son empire.

Marseille, colonie des Phocéens chassés de leur pays & ensuite de l’île de Corse par les Tyriens, ne s’occupa dans un territoire stérile que de sa pêche, de son commerce, & de son indépendance. Ses colonies en Espagne & sur les côtes méridionales des Gaules, n’avoient point d’autres motifs.

Ces sortes d’établissemens étoient doublement nécessaires aux peuples qui s’adonnoient au commerce. Leur navigation dépourvûe du secours de la boussole, étoit timide ; ils n’osoient se hasarder trop loin des côtes, & la longueur nécessaire des voyages exigeoit des retraites sûres & abondantes pour les navigateurs. La plûpart des peuples avec lesquels ils trafiquoient, ou ne se rassembloient point dans des villes, ou uniquement occupés de leurs besoins, ne mettoient aucune valeur au superflu. Il étoit indispensable d’établir des entrepôts qui fissent le commerce intérieur, & où les vaisseaux pussent en arrivant faire leurs échanges.

La forme de ces colonies répondoit assez à celles des nations commerçantes de l’Europe en Afrique & dans l’Inde : elles y ont des comptoirs & des forteresses, pour la commodité & la sûreté de leur commerce. Ces colonies dérogeroient à leur institution, si elles devenoient conquérantes, à moins que l’état ne se chargeât de leur dépense ; il faut qu’elles soient sous la dépendance d’une compagnie riche & exclusive, en état de former & de suivre des projets politiques. Dans l’Inde on ne regarde comme marchands que les Anglois, parmi les grandes nations de l’Europe qui y commercent ; sans doute, parce qu’ils y sont les moins puissans en possessions.

VI. La découverte de l’Amérique vers la fin du quinzieme siecle, a multiplié les colonies Européennes, & nous en présente une sixieme espece.

Toutes celles de ce continent ont eu le commerce & la culture tout-à-la-fois pour objet de leur établissement, ou s’y sont tournées : dès-lors il étoit nécessaire de conquérir les terres, & d’en chasser les anciens habitans, pour y en transporter de nouveaux.

Ces colonies n’étant établies que pour l’utilité de la métropole, il s’ensuit :

1°. Qu’elles doivent être sous sa dépendance immédiate, & par conséquent sous sa protection.

2°. Que le commerce doit en être exclusif aux fondateurs.

Une pareille colonie remplit mieux son objet, à mesure qu’elle augmente le produit des terres de la métropole, qu’elle fait subsister un plus grand nombre de ses hommes, & qu’elle contribue au gain de son commerce avec les autres nations. Ces trois avantages peuvent ne pas se rencontrer ensemble dans des circonstances particulieres ; mais l’un des trois au moins doit compenser les autres dans un certain degré. Si la compensation n’est pas entiere, ou si la colonie ne procure aucun des trois avantages, on peut décider qu’elle est ruineuse pour le pays de la domination, & qu’elle l’énerve.

Ainsi le profit du commerce & de la culture de nos colonies est précisément, 1° le plus grand produit que leur consommation occasionne au propriétaire de nos terres, les frais de culture déduits ; 2° ce que reçoivent nos artistes & nos matelots qui travaillent pour elles, & à leur occasion ; 3° tout ce qu’elles suppléent de nos besoins ; 4° tout le superflu qu’elles nous donnent à exporter.

De ce calcul, on peut tirer plusieurs conséquences :

La premiere est que les colonies ne seroient plus utiles, si elles pouvoient se passer de la métropole : ainsi c’est une loi prise dans la nature de la chose, que l’on doit restraindre les arts & la culture dans une colonie, à tels & tels objets, suivant les convenances du pays de la domination.

La seconde conséquence est que si la colonie entretient un commerce avec les étrangers, ou que si l’on y consomme les marchandises étrangeres, le montant de ce commerce & de ces marchandises est un vol fait à la métropole ; vol trop commun, mais punissable par les lois, & par lequel la force réelle & relative d’un état est diminuée de tout ce que gagnent les étrangers.

Ce n’est donc point attenter à la liberté de ce commerce, que de le restraindre dans ce cas : toute police qui le tolere par son indifférence, ou qui laisse à certains ports la facilité de contrevenir au premier principe de l’institution des colonies, est une police destructive du commerce, ou de la richesse d’une nation.

La troisieme conséquence est qu’une colonie sera d’autant plus utile, qu’elle sera plus peuplée, & que ses terres seront plus cultivées.

Pour y parvenir sûrement, il faut que le premier établissement se fasse aux dépens de l’état qui la fonde ; que le partage des successions y soit égal entre les enfans, afin d’y fixer un plus grand nombre d’habitans par la subdivision des fortunes ; que la concurrence du commerce y soit parfaitement établie, parce que l’ambition des négocians fournira aux habitans plus d’avances pour leurs cultures, que ne le feroient des compagnies exclusives, & dès-lors maîtresses tant du prix des marchandises, que du terme des payments. Il faut encore que le sort des habitans soit très-doux, en compensation de leurs travaux & de leur fidélité : c’est pourquoi les nations habiles ne retirent tout au plus de leurs colonies, que la dépense des forteresses & des garnisons ; quelquefois même elles se contentent du bénéfice général du commerce.

Les dépenses d’un état avec ses colonies, ne se bornent pas aux premiers frais de leur établissement. Ces sortes d’entreprises exigent de la constance, de l’opiniâtreté même, à moins que l’ambition de la nation n’y supplée par des efforts extraordinaires ; mais la constance a des effets plus sûrs & des principes plus solides : ainsi jusqu’à ce que la force du commerce ait donné aux colonies une espece de consistance, elles ont besoin d’encouragement continuel, suivant la nature de leur position & de leur terrein ; si on les néglige, outre la perte des premieres avances & du tems, on les expose à devenir la proie des peuples plus ambitieux ou plus actifs.

Ce seroit cependant aller contre l’objet même des colonies, que de les établir en dépeuplant le pays de la domination. Les nations intelligentes n’y envoyent que peu-à-peu le superflu de leurs hommes, ou ceux qui y sont à charge à la société : ainsi le point d’une premiere population est la quantité d’habitans nécessaires pour défendre le canton établi contre les ennemis qui pourroient l’attaquer ; les peuplades suivantes servent à l’aggrandissement du commerce ; l’excès de la population seroit la quantité d’hommes inutiles qui s’y trouveroient, ou la quantité qui manqueroit au pays de la domination. Il peut donc arriver des circonstances où il seroit utile d’empêcher les citoyens de la métropole de sortir à leur gré, pour habiter les colonies en général, ou telle colonie en particulier.

Les colonies de l’Amérique ayant établi une nouvelle forme de dépendance & de commerce, il a été nécessaire d’y faire des lois nouvelles. Les législateurs habiles ont eu pour objet principal de favoriser l’établissement & la culture : mais lorsque l’un & l’autre sont parvenus à une certaine perfection, il peut arriver que ces lois deviennent contraires à l’objet de l’institution, qui est le commerce ; dans ce cas elles sont même injustes, puisque c’est le commerce qui par son activité en a donné à toutes les colonies un peu florissantes. Il paroîtroit donc convenable de les changer ou de les modifier, à mesure qu’elles s’éloignent de leur esprit. Si la culture a été favorisée plus que le commerce, ç’a été en faveur même du commerce ; dès que les raisons de préférence cessent, l’équilibre doit être rétabli.

Lorsqu’un état a plusieurs colonies qui peuvent communiquer entr’elles, le véritable secret d’augmenter les forces & les richesses de chacune, c’est d’établir entr’elles une correspondance & une navigation suivie. Ce commerce particulier a la force & les avantages du commerce intérieur d’un état, pourvû que les denrées des colonies ne soient jamais de nature à entrer en concurrence avec celles de la métropole. Il en accroît réellement la richesse, puisque l’aisance des colonies lui revient toûjours en bénéfice, par les consommations qu’elle occasionne : par cette même raison, le commerce actif qu’elles font avec les colonies étrangeres, des denrées pour leur propre consommation, est avantageux, s’il est contenu dans ses bornes légitimes.

Le commerce dans les colonies & avec elles, est assujetti aux maximes générales, qui par-tout le rendent florissant : cependant des circonstances particulieres peuvent exiger que l’on y déroge dans l’administration : tout doit changer avec les tems ; & c’est dans le parti que l’on tire de ces changemens forcés, que consiste la suprème habileté.

Nous avons vû qu’en général la liberté doit être restrainte en faveur de la métropole. Un autre principe toûjours constant, c’est que tout exclusif, tout ce qui prive le négociant & l’habitant du bénéfice, de la concurrence, les péages, les servitudes, ont des effets plus pernicieux dans une colonie, qu’en aucun autre endroit : le commerce y est si resserré, que l’impression y en est plus fréquente ; le découragement y est suivi d’un abandon total : quand même ces effets ne seroient pas instantanés, il est certain que le mal n’en seroit que plus dangereux.

Ce qui contribue à diminuer la quantité de la denrée ou à la renchérir, diminue nécessairement le bénéfice de la métropole, & fournit aux autres peuples une occasion favorable de gagner la supériorité, ou d’entrer en concurrence.

Nous n’entrerons point ici dans le détail des diverses colonies européennes à l’Amérique, en Afrique, & dans les Indes orientales, afin de ne pas rendre cet article trop long : d’ailleurs la place naturelle de ces matieres est au commerce de chaque état. Voy. les mots France, Londres, Hollande, Espagne, Portugal, Danemarck.

On peut consulter sur les colonies anciennes la Genese, chap. x. Hérodote, Thucydide, Diodore de Sicile, Strabon, Justin, la géographie sacrée de Sam. Bochart, l’histoire du commerce & de la navigation des anciens, la dissertation de M. de Bougainville sur les devoirs réciproques des métropoles & des colonies Greques : à l’égard des nouvelles colonies, M. Melon dans son essai politique sur le commerce, & l’esprit des lois, ont fort bien traité la partie politique : sur le détail, on peut consulter les voyages du P. Labat, celui de don Antonio de Ulloa, de M. Fraizier, & le livre intitulé commerce de la Hollande. Cet article est de M. V. D. F.

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Étymologie de « colonie »

Étymologie de colonie - Littré

Le latin colonia, de colonus (voy. COLON 1). On remarquera, dans Bercheure, l'hésitation entre colonie et colongne ; colonie est la forme moderne, calquée sur la lettre latine ; colongne, cologne est la forme antique calquée sur l'accentuation latine, colónia.

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Étymologie de colonie - Wiktionnaire

(1308) Du latin colonia (« colonie » (réunion d'hommes installés dans un autre pays), « colonie » (ville ou pays, habité par les colons), « propriété à la campagne », « terre », « séjour », « résidence », « domicile »).
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Phonétique du mot « colonie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
colonie kɔlɔni play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « colonie »

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Citations contenant le mot « colonie »

  • En 1590, la première colonie anglaise avait disparu sans laisser la moindre trace Daily Geek Show, Des archéologues auraient enfin résolu le mystère de la Colonie perdue de Roanoke
  • Les « colonies apprenantes » concernent les enfants âgés de 3 à 17 ans et sont ouvertes à tous. Cependant, certains publics sont prioritaires. Il s’agit des jeunes : DemarchesAdministratives.fr, Inscrire son enfant dans une « colo apprenante »
  • L’épidémie due au coronavirus a donné un coup d’arrêt aux inscriptions en colonie de vacances à un moment crucial pour le secteur. Mais après deux mois de confinement et l’allégement du protocole sanitaire, beaucoup de parents ont décidé de renvoyer leurs enfants en séjours collectifs. La Croix, Colonies de vacances : les réservations repartent à la hausse
  • C'est bientôt les vacances pour les enfants alors franceinfo junior s'intéresse aux colonies de vacances. Pour répondre aux enfants : Mélissa Péron, président de l'association Wakanga qui gère des séjours pour les enfants. Franceinfo, franceinfo junior. Comment les colonies de vacances vont-elles fonctionner cet été ?
  • Si des colonies de vacances ont été annulées, ce n'est pas le cas à la Fédération des Oeuvres Laïques de la Drôme. La FOL et ses partenaires proposent même un sérieux coup de pouce aux familles. France Bleu, La relance éco : des aides pour faire partir les enfants en colonie cet été
  • Le coronavirus est passé par là… Même allégés, les protocoles sanitaires relatifs aux colonies et autres centres de vacances, annoncés début juin, ont imposé la concertation des conseils d’administration des deux associations castraises Les Bonnes Vacances et le centre aéré des Combettes. À regret, les deux structures dédiées depuis des décennies aux vacances des jeunes générations ont annoncé l’annulation de leurs séjours. ladepeche.fr, Castres. Les petits Castrais privés de colonie et de centre aéré cet été - ladepeche.fr
  • Alon Shvut, dans le cocon de la bourgeoisie des colonies Libération.fr, Alon Shvut, dans le cocon de la bourgeoisie des colonies - Libération
  • Le feu a pris au petit matin ce dimanche 28 juin dans le centre de la colonie de vacances Saint-Louis. Pas de blessés, mais d’importants dégâts. Le Messager, Crest-Voland : incendie ce dimanche dans une colonie de vacances - Le Messager
  • À la sortie de la colonie, un stand de falafels et un petit supermarché attirent le regard. Entre résidents d’Ariel et ouvriers en pause déjeuner, on y parle l’hébreu et l’arabe. Mais les gérants sont palestiniens. Que pensent-ils de l’annexion ? « On ne fait pas de politique ici, que du commerce. » La Croix, Ariel, la « colonie-ville » en pole position pour l’annexion par Israël
  • L'effet ordinaire des colonies est d'affaiblir les pays d'où on les tire, sans peupler ceux où on les envoie. De Montesquieu / Lettres persanes
  • A une certaine époque, la France commença à perdre ses colonies et beaucoup de l’empire qu’elle aurait dû conserver sur elle-même. De Antoine Blondin
  • Les colonies sont faites pour être perdues. De Henry de Montherlant / Le maître de Santiago
  • La terre est une colonie pénitentiaire où nous avons à subir une peine pour des crimes commis dans une existence antérieure. De August Strindberg
  • Le cinéma français, c'est une colonie de fourmis qui filme des fourmis. De Sophie Marceau / Le Journal du Dimanche - 16 Octobre 1995
  • On est né pour emplir les poches des autres. C'est ça, une colonie. De Ulric Maurice / L'anse de la lanterne
  • Qu’est-ce que l’Angleterre ? Une colonie française qui a mal tourné ! De Georges Clemenceau
  • Dans chaque être humain vit une colonie entière. De Pablo Picasso
  • Une colonie est un pays dont les fonctionnaires appartiennent à un autre pays. Exemple : l’Indochine est une colonie française, la France une colonie corse. De Daniel Pennac / La Fée carabine
  • Les colonies ne cessent pas d'être des colonies parce qu'elles sont indépendantes. Benjamin Disraeli comte de Beaconsfield, Speech in House of Commons, 5 février 1863
  • Il vaudrait mieux sacrifier les colonies qu'un principe. Pierre Samuel Dupont, de Nemours, Discours à l'Assemblée constituante, 13 mai 1791 Alphonse de Prât de Lamartine, dans son Histoire des Girondins

Images d'illustration du mot « colonie »

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Traductions du mot « colonie »

Langue Traduction
Corse culunia
Basque kolonia
Japonais コロニー
Russe колония
Portugais colônia
Arabe مستعمرة
Chinois 殖民地
Allemand kolonie
Italien colonia
Espagnol colonia
Anglais colony
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Synonymes de « colonie »

Source : synonymes de colonie sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « colonie »



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