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Société

Variantes Singulier Pluriel
Féminin société sociétés

Définitions de « société »

Trésor de la Langue Française informatisé

SOCIÉTÉ, subst. fém.

I.
A. − État de vie collective; mode d'existence caractérisé par la vie en groupe; milieu dans lequel se développent la culture et la civilisation. Individu et société; nature et société; l'homme en société; vivre en société; concept, conception de la société.
[P. oppos. à individu] Si chacun de nous vivait d'une vie purement individuelle, s'il n'y avait ni société ni langage, notre conscience saisirait-elle sous cette forme indistincte la série des états internes? (Bergson,Essai donn. imm., 1889, p. 110).C. H. Cooley − le seul sociologue américain qui ait conçu la réalité sociale comme un tout et qui ait insisté sur l'impossibilité d'opposer l'individu et la société comme les termes d'une alternative (Traité sociol., 1967, p. 16).
[P. oppos. à nature] Jamais l'homme n'est en face des conditions de sa propre activité. La société fait écran entre la nature et l'homme. Être en face de la nature et non des hommes, c'est la seule discipline. Dépendre d'une volonté étrangère, c'est être esclave (S. Weil,Pesanteur, 1943, p. 156):
1. .... [Rousseau et Montesquieu] admirent comme base de la science de la société, ou du moins établirent dès l'entrée la bonté native de l'homme, et un prétendu état humain de pure nature antérieur à la société, et meilleur que la société. « L'homme est né bon, dit J.-J. Rousseau, et la société le déprave... Tout ce qui n'est pas dans la nature a des inconvéniens, et la société civile plus que tout le reste ». Bonald,Législ. primit., t. 1, 1802, p. 90.
B. −
1. Vieilli. Ensemble de relations éphémères ou durables, de rapports organisés ou fortuits que les êtres humains entretiennent entre eux. Ils partirent. Cette séparation me brisa le cœur. Ma société intime, presque réduite à ma famille, se trouvoit diminuée de ceux qui en faisoient le charme le plus précieux (Fiévée,Dot Suzette, 1798, p. 33).Ces hommes (...) n'ayant point une soirée à donner à l'amitié et à la société! Ouvriers solitaires et renfoncés, vivant loin de la vie, avec une pensée et une œuvre! (Goncourt,Journal, 1860, p. 711).
2. P. méton.
a) Compagnie, présence habituelle de quelqu'un. Synon. fréquentation.Société agréable, aimable; recherche de la société des femmes. Toute la maison a été dîner hier chez monsieur de Warberg, et comme la société de sa femme m'ennuie, j'ai pris le prétexte de ma santé pour rester chez moi (Sénac de Meilhan,Émigré, 1797, p. 1666).Mon ami Shaw (...) dit que désirer la société permanente d'une jolie femme, jusqu'à la fin de ses jours, c'est comme si, sous prétexte que l'on aime le bon vin, on voulait toujours avoir la bouche pleine (Maurois,Sil. Bramble, 1918, p. 132).
b) En société (avec). En compagnie (de). Je suis toujours languissant et faible, peu expansif, et taciturne en société (Maine de Biran,Journal, 1816, p. 224).L'homme isolé, peut souvent plus qu'en société avec mille autres (Rolland,Beethoven, t. 1, 1937, p. 74).
P. anal. [À propos de plantes] Originaire d'Amérique du Nord (...), le sapin géant y vit en société avec (...) le thuya et diverses autres espèces (Cochet,Bois, 1963, p. 43).
c) Vieilli. Ensemble, réunion de personnes. Oh! la banban [Gervaise qui boite]! Et ce mot: la Banban, courut dans la société (Zola,Assommoir, 1877, p. 442).Après le dîner, il faut que je parte (...). Je quitte la société et je redescends du côté du faubourg Saint-Honoré (Vallès,J. Vingtras, Enf., 1879, p. 321).
Jeu de société. Jeu (p. oppos. aux jeux et sports de plein air) qui réunit plusieurs personnes. Une dévote qui ne pouvait à seize ans souffrir qu'on l'embrassât dans des jeux de société (Senancour,Obermann, t. 2, 1840, p. 28).À la danse je préférais les petits jeux de société et les charades qui étaient en grande faveur chez mon parrain (France,Vie fleur, 1922, p. 505).
d) En partic. Groupe de personnes entretenant des relations mondaines, qui se réunissent pour se distraire, pour le plaisir de la conversation. Société brillante, mondaine, parisienne. On y jouissait d'une société fort agréable en hommes et en belles dames (Vigny,Serv. et grand. milit., 1835, p. 96).La princesse savait le regret qu'avait Mmede Cambremer d'être restée à la porte de la haute société aristocratique, où personne ne la recevait (Proust,Fugit., 1922, p. 665).
Talent de société. Talent propre à distraire dans une réunion de salon. Il m'eût peut-être fait du tort: ses talents de société éclipsaient les miens; il devenait le héros de la fête (Reybaud,J. Paturot, 1842, p. 332).Surtout avec moi, qui n'ai rien que mon génie, et qui suis (...) absolument dépourvu de brillant, et sans conversation, et sans talent de société, et presque sans intelligence après tout! (Larbaud,F. Marquez, 1911, p. 157).
Vers de société. Vers faciles propres à distraire dans une réunion de salon (d'apr. Littré).
La société. L'ensemble des personnes qui ont une vie sociale ou mondaine. On ne peut vivre dans la société après l'âge des passions. Elle n'est tolérable que dans l'époque où l'on se sert, de son estomac pour s'amuser, et de sa personne pour tuer le temps (Chamfort,Max. et pens., 1794, p. 36).La (bonne) société. Synon. le monde, le gratin (fam.), la haute (fam.).Proust prit son essor dans la société lors de l'affaire Dreyfus, chez Geneviève Halévy (Blanche,Modèles, 1928, p. 103).
La haute, la meilleure société. L'ensemble des personnes les plus connues pour leur naissance, leur fortune, leur culture, leur influence, leur pouvoir, etc. Synon. le grand* monde.Les trois quarts de ses personnages [de M. Ohnet] appartiennent à la meilleure société, sont ducs, marquis ou comtes: dans chacun de ses romans vous trouverez la description consciencieuse d'un vieux château de famille (Lemaitre,Contemp., 1885, p. 351).Elle était retournée à Paris et y avait institué un ouvroir, tâche qui l'avait mise en rapport avec la haute société parisienne (Billy,Introïbo, 1939, p. 28).
La bonne société. L'ensemble des personnes importantes, dont les idées, les manières sont conformes aux valeurs en vigueur. Il faut bien que tu lui montres que nous connaissons de la bonne société, quelque chose d'élevé (Janin,Âne mort, 1829, p. 142).Un inspecteur général me protégeait, la bonne société d'Aurillac voulait bien me recevoir, ma jeune femme me portait l'affection la plus tendre (Sartre,Mots, 1964, p. 153).
II.
A. − Communauté organisée d'individus conçue comme une réalité distincte de l'ensemble des individus qui la composent. Société idéale, future. C'est dans la société enfantine que les histoires de fées et de lutins, après avoir émerveillé les grandes personnes, trouvent leur suprême auditoire (Dévigne,Légend. de Fr., 1942, p. 13):
2. Non, dit-on, la société n'existait pas; les hommes étaient agglomérés, mais point associés: la constitution arbitraire de la propriété et de l'état, ainsi que le dogmatisme intolérant de la religion, le prouvent. Rhétorique pure: la société existe du jour où les individus, communiquant par le travail et la parole, ont consenti des obligations réciproques et donné naissance à des lois et à des coutumes. Sans doute la société se perfectionne à mesure des progrès de la science et de l'économie... Proudhon,Syst. contrad. écon., t. 1, 1846, p. 372.
Société conjugale. Communauté dont l'équilibre repose sur la vie de couple. Faites régresser au delà d'un certain point la division du travail sexuel, et la société conjugale s'évanouit pour ne laisser subsister que des relations sexuelles éminemment éphémères (Durkheim,Divis. trav., 1893, p. 24).Les diverses adaptations sollicitées par la société conjugale et par les nouveaux groupements familiaux achèvent cette mise en place de la personnalité (Mounier,Traité caract., 1946, p. 153).
P. anal. Communauté organisée d'animaux. Deux méthodes mathématique et attrayante qui régissent l'ensemble de l'univers matériel et les sociétés d'animaux industrieux (Fourier,Nouv. monde industr., 1830, p. 73).L'homme d'aujourd'hui, né de l'évolution biologique et prenant sa place, simplement sa place, dans la hiérarchie des sociétés animales après la société simple de certains insectes, de certains oiseaux comme les chauve-souris, les sociétés d'animaux migrateurs comme celle des hirondelles, ou celle des bandes de criquets, enfin les sociétés à travail collectif dont le modèle est fourni par les castors, les termites, les abeilles (Univers écon. et soc., 1960, p. 62-15).
P. métaph. La statue est seule. Même dans une société de statues, chacune est seule; il y a donc du sauvage et du rustique dans la statue (Alain,Beaux-arts, 1920, p. 219).
B. −
1. Communauté d'individus organisée autour d'institutions communes (économiques, politiques, juridiques, etc.) dans le cadre d'un état ou plus généralement dans le cadre d'une civilisation à un moment historique défini. Société actuelle, ancienne, moderne, de classes; crise, problème de société; rôle de la femme dans la société. Les sentiments, la culture, le bonheur; j'ai besoin de penser que dans la société sans classe l'humanité s'accomplira sans rien renier d'elle-même (Beauvoir,Mandarins, 1954, p. 195).
[L'accent est mis sur les instit. pol., jur., etc.] Société démocratique. J'ai vécu (...) [le système politique] qui résultait de la constitution de 1790, le système républicain de 1793, le système de guerre et de conquête sous Buonaparte, et enfin l'établissement d'une nouvelle société basée seulement sur les besoins des hommes (Delécluze,Journal, 1827, p. 413).
[P. oppos. à société politique] Société civile. La société civile n'est évidemment pas née en juin 1988 (...). C'est même une réalité permanente, puisqu'on pourrait la définir comme ce qui, dans la société, n'est pas directement la société politique, c'est-à-dire qu'elle n'exerce pas le pouvoir d'État (La Croix, 19 juill. 1988, p. 9, col. 1).
[L'accent est mis sur l'organ. écon.] Société bourgeoise, capitaliste, industrielle, libérale, paysanne, socialiste. Rome était essentiellement une société agricole et guerrière (Durkheim,Divis. trav., 1902, p. xxii).Keynes est mort et, avec lui, les politiques du « plein emploi ». La question qui se pose maintenant est: la troisième révolution industrielle va-t-elle conduire à la société du chômage ou à la société du temps libre? (Le Nouvel Observateur, 4 déc. 1978, p. 81, col. 2).
Société d'abondance, de consommation*. Société dans laquelle les individus sont incités à satisfaire (au moyen de l'argent) des besoins artificiellement créés, pouvant aller jusqu'au gaspillage. Avec le crépuscule de la société d'abondance c'est la fin de la société permissive qui a fait un si mauvais usage de la liberté (Le Monde, 17 janv. 1974ds Gilb. 1980).V. consommation ex. 7.
Société post-industrielle. V. post- B 1 c.
[L'accent est mis sur un ensemble de valeurs, un mode de vie] Société chrétienne, occidentale, permissive. L'infiltration du christianisme dans les sociétés barbares pose-t-elle un autre problème de contact que l'infiltration de l'Islam dans les sociétés animistes de nos jours? (Philos., Relig., 1957, p. 44-8).Les bandits ordinaires de la « société de violence » dont parle l'avocat général (L'Express, 7 oct. 1978, p. 149, col. 1).
Société de communication. Société dans laquelle les moyens d'information et de communication les plus divers ont une grande importance dans la vie quotidienne. Une expérience en vraie grandeur de ville câblée par fibres optiques permet de préfigurer l'avenir de la société de communication. Grâce à un réseau télévisé bidirectionnel, les habitants ont à leur disposition l'interrogation d'une banque de données, la participation directe aux émissions, les échanges mutuels (L'Express, 28 juill. 1979, p. 56, col. 3).
[L'accent est mis sur une situation historique définie] Société antique, contemporaine, médiévale. Nous avons vu comment le mouvement général de transition, qui s'accomplit au milieu de la société européenne du treizième au quatorzième siècle, devait se faire ressentir dans la marche de l'esprit humain (Ozanam,Philos. Dante, 1838, p. 85).Le système juridique de la société féodale peut d'ailleurs être caractérisé par la prépondérance très accentuée des différents ordres du droit social non étatique sur le droit individuel (Traité sociol., 1968, p. 200).
[L'accent est mis sur le classement ethnol.] Société archaïque, civilisée, matriarcale, patriarcale, primitive. Le problème du primitivisme d'une société est généralement posé par le contraste qu'elle offre avec ses voisins proches ou lointains (Lévi-Strauss,Anthropol. struct., 1958, p. 126):
3. Le monde qui a pratiqué la chasse aux têtes, est aussi celui qui a connu la maison des hommes et qui, d'une façon générale, possède encore cette institution, tant dans les sociétés à descendance utérine que dans les sociétés de type patriarcal. Est-ce à dire que toute société où existe la maison des hommes est ou fut une société de chasseurs de têtes? Cuisinier,Danse sacrée, 1951, p. 75.
2. P. méton. Formes économiques et politiques, conduites sociales, valeurs morales engendrées par une communauté. Ce n'est pas en tant qu'il décrit une société pourrie que Proust fait œuvre révolutionnaire (Mauriac,Journal 2, 1937, p. 153).Dans une société cosmopolite comme fut l'hellénisme et comme l'est notre civilisation, un certain intérêt pour le mythe prend volontiers la forme de la gnose (Philos., Relig., 1957, p. 36-16).
SYNT. Base, classe, constitution, destruction, étude, évolution, fonctionnement, intérêt, liens, lois, maux, progrès, structure, transformation de la société; sciences de l'homme et de la société; histoire, origine, structure des sociétés; en marge de, au nom de la société; utile à la société; réformer la société; être mis au ban de la société.
III.
A. − Association d'individus soumis à un règlement (pouvant être juridique), fondée sur une communauté d'idées, d'intérêt(s) ou de travail. Société d'anthropologie, d'auteurs, de bibliophiles, de bienfaisance, de concerts, d'encouragement à, de gens de lettres, de géographie, de gymnastique, d'histoire, de secours mutuels; société fraternelle, littéraire, philharmonique, populaire; académies et sociétés savantes; faire partie, être membre d'une société. La société encyclopédique: quel était le but de l'institution? De dîner une fois par mois avec des boyards russes et des magnats hongrois (Reybaud,J. Paturot, 1842, p. 272):
4. Telles sont aussi les sociétés zoologiques, créées au cours du siècle en France, Angleterre (1826) et ailleurs et qui demeurent très vivantes, ou d'autres encore, plus spécialisées, comme les sociétés entomologiques. Ces diverses sociétés ont assuré la publication et la diffusion de nombreux travaux d'ordre systématique. Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 403.
Société de courses. Société pour l'amélioration de la race chevaline, qui organise les paris sur les hippodromes. Il a été dit que les sociétés de courses étaient placées sous la tutelle de l'État. Comment cette tutelle s'exerce-t-elle? (P. Arnoult,Les Courses de chevaux, 1967, p. 63).
Société léonine. V. léonin1.Société protectrice* des animaux.
Société secrète. Association clandestine composée d'un nombre limité de personnes qui poursuivent des menées subversives à caractère politique, social ou religieux. J'ai connu jadis un vieux sénateur de la République qui, dans sa jeunesse, avait conspiré avec toutes les sociétés secrètes contre Charles X (France,Jard. Épicure, 1895, p. 73).Ce qu'il est intéressant de noter, ce sont les contacts d'Agrippa (...) avec des sociétés secrètes (Caron, Hutin,Alchimistes, 1959, p. 39).
En partic. Association religieuse, ordre religieux. Il en est de même des églises; le gouvernement respectant tous les cultes, les protège également, et encourage les sociétés religieuses qui en construisent de nouvelles (Crèvecœur,Voyage, t. 2, 1801, p. 36).Société de Jésus (vx). Compagnie des Jésuites. Sûr de son affaire, il s'écrit: La société sera satisfaite! (C'est la société de Jésus) (Courier,Pamphlets pol., Procès, 1821, p. 103).
B. −
1. DR. Contrat entre deux ou plusieurs personnes qui conviennent de mettre quelque chose en commun dans un but lucratif en vue du partage des bénéfices résultants; p. méton., personne morale issue de ce contrat. Grande, grosse, importante société; société coopérative; type de société; siège de la société; constitution, liquidation d'une société. Je vous ai dit sans doute que mon ami Pagnerre était un des actionnaires de la nouvelle société qui possède les théâtres du boulevard (Flaub.,Corresp., 1863, p. 121).Les dix-huit compagnies du Nord et du Pas-de-Calais entrent en liquidation, comme toutes les autres sociétés minières, dont le patrimoine est transmis, dans toute la France, à des établissements publics nationaux (Chenot,Entr. national., 1956, p. 39).
Société d'acquêts. Contrat qui, dans le régime de la séparation de biens, stipule que l'ensemble des économies et des biens acquis par les époux sera divisé entre eux à la dissolution du mariage. En se soumettant au régime dotal, les époux peuvent néanmoins stipuler une société d'acquêts, et les effets de cette société sont réglés comme il est dit aux articles 1498 et 1499 (Code civil, 1804, art. 1580, p. 292).
Société de fait. Association de deux ou plusieurs personnes qui mettent leurs biens en commun avec partage des bénéfices et des pertes, sans contrat écrit ni statut. (Dict. xxes.).
Société civile. ,,Société dont l'objet constitue une activité non commerciale et qui n'a pas adopté la forme anonyme, à responsabilité limitée, en nom collectif ou en commandite`` (Jur. 1985). Nous ne pouvons en ce moment entrer plus à fond dans la critique des sociétés civiles et de commerce (Proudhon,Syst. contrad. écon., t. 1, 1846, p. 250).À 72 ans, Henri Jannès (...) lance une nouvelle croisade: contre les sociétés civiles immobilières qu'il accuse de pratiquer des frais de gestion exorbitants aux dépens de leurs 100 000 souscripteurs (Le Point, 5 janv. 1976, p. 64, col. 1).
[P. oppos. à société civile]
Société commerciale et, p. ell., société. Société qui a pour objet l'accomplissement d'opérations commerciales, à but essentiellement lucratif, régie par les règles du droit civil et le code du commerce. Les ventes de la société commerciale à l'étranger sont ainsi passées de 397 000 tonnes (...) en 1952 à 550 000 tonnes en 1953 (Industr. fr. engrais chim., 1956, p. 18).Société de capitaux. Société commerciale dans laquelle chaque associé n'est tenu responsable des dettes qu'à la proportion de son apport. La difficulté de l'articulation entre la société papetière et la société forestière, celle-ci société de personnes devant être, en fait sinon en droit, une simple filiale de celle-là, société de capitaux (Industr. fr. bois, 1955, p. 25).Société de personnes, en nom collectif (p. oppos. à société de capitaux). Société commerciale dans laquelle les associés sont responsables sur tous leurs biens de l'ensemble des engagements de la société. La Société constituée sous forme de nom collectif... est transformée, à partir de ce jour, en Société à responsabilité limitée (Contrat de société, 1928ds Doc. hist. contemp., p. 161).Société mère. Importante société de capitaux qui détient plus de la moitié du capital d'une autre appelée filiale. Les participations. Outre celle de Goodrich il faut citer celle de l'US Rubber au capital d'Englebert par l'intermédiaire de la société mère belge (Industr. fr. caoutch., 1965, p. 43).Société par actions. Société de capitaux dans laquelle la participation de chacun des associés est matérialisée par des actions transmissibles. Aujourd'hui, nous avons progressé. On ne vole plus, on fait des coups de bourse et on monte des sociétés par actions (Farrère,Homme qui assass., 1907, p. 42).Société en commandite* et, p. ell., commandite. Société filiale et, p. ell., filiale*.
Société anonyme (S.A.). Société de capitaux d'au moins sept personnes, dont les actions sont transmissibles et où la personnalité de chaque associé disparaît derrière la personnalité morale de la société. Avec les sociétés anonymes par actions tout lien personnel entre le propriétaire et l'objet de sa propriété disparaît (Jaurès,Ét. soc., 1901, p. 257).Société à responsabilité limitée (S.A.R.L.). Société de capitaux dont les parts sociales ne sont transmissibles qu'à un autre associé (pour toute cession à un tiers, l'agrément des autres associés est requis). Il existe une forme de société, intermédiaire entre les sociétés de personnes et celles de capitaux: la loi française de 1925 a précisé le fonctionnement des « sociétés à responsabilité limitée » (SARL) qui groupent plusieurs associés, propriétaires de « parts sociales » du capital (Lesourd, Gérard,Hist. écon., 1968, p. 22).Société (de) portefeuille. Société de capitaux qui possède de nombreuses actions dans des sociétés, les contrôle et les dirige financièrement, sans s'occuper de l'exploitation. Synon. holding.Cette société n'est plus qu'une société de portefeuille depuis qu'elle a constitué en 1951, une filiale (Industr. fr. caoutch., 1965, p. 37).
Société d'économie mixte. Société anonyme dans laquelle l'État ou une collectivité locale sont associés à des capitaux privés. Apporter des garanties d'emprunt, des dons en terrains, des participations financières aux offices d'HLM (...) et parfois à des sociétés d'économie mixte (Belorgey,Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 266).Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (S.A.F.E.R.). Société d'économie mixte qui a pour objectif l'amélioration de la structure des exploitations familiales. Éviter à la fois l'éclatement des exploitations et la concentration des propriétés. Ceci s'exprime notamment dans l'action des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) et dans celle du crédit agricole (Belorgey,Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 370).Société d'investissement. Société anonyme qui gère un portefeuille de valeurs mobilières en répartissant les risques. Le principal mérite des sociétés d'investissement et des fonds communs de placement réside dans leurs possibilités d'attirer l'épargne vers des emplois intéressant immédiatement les activités économiques du pays (Univers écon. et soc., 1960, p. 30-16).Société d'investissement à capital variable (S.I.C.A.V.). Société d'investissement qui peut accueillir à tout moment un nouvel actionnaire et laisse libre tout actionnaire de quitter la société; p. méton., action appartenant à cette société. La reprise amorcée au lendemain des élections vire à l'euphorie avec les mesures de René Monory en faveur de l'épargne investie en actions françaises (...). Le Crédit lyonnais a recueilli en deux jours, pour sa « SICAV 5 000 », 50 millions de Francs (L'Express, 7 oct. 1978, p. 117, col. 1).
Société par intérêts. ,,Société à laquelle chaque associé est réputé n'avoir donné son consentement qu'en considération de ses coassociés et qui exige leur collaboration personnelle à la poursuite du but social, d'où il résulte que la part sociale de chacun d'eux, appelée intérêt, n'est transmissible qu'en vertu d'une clause expresse et avec le consentement des coassociés`` (Cap. 1936).
Règle de société. Règle de partage des bénéfices entre chaque associé. (Ds DG, Rob., Lar. Lang. fr.).
P. méton.
Entreprise gérée par une société. Société immobilière, industrielle ; véhicule, voiture de société. La société aura extrait 10 000 tonnes métriques de charbon, dont le quart a été dirigé sur Paris (E. Schneider,Charbon, 1945, p. 145).Vous possédez une première expérience marketing ou commerciale acquise dans une société agro-alimentaire auprès d'une clientèle industrielle (L'Express, 18 avr. 1981, p. 157, col. 1).
Société de service et de conseil en informatique (S.S.C.I.). Société commerciale qui offre l'assistance d'un personnel spécialisé pour la mise au point ou l'exploitation de systèmes informatiques, bureautiques, télématiques (d'apr. Bureautique 1982).
2. DR. INTERNAT. Société des Nations (S.D.N.). Organisation internationale d'états qui visait à maintenir la paix, instituée par le traité de Versailles en 1919 et dissoute en 1947 au profit de l'Organisation des Nations Unies. Cette situation ne pourrait, en effet, être modifiée qu'avec l'assentiment du Conseil de la Société des Nations, avec le consentement du Gouvernement des États-Unis (De Gaulle,Mém. guerre, 1954, p. 573).
Prononc. et Orth.: [sɔsjete]. Ac. 1694, 1718: societé; dep. 1740: société. Étymol. et Hist. 1. a) 1176-84 « compagnie, relations entre des êtres humains » (Gautier d'Arras, Eracle, éd. G. Raynaud de Lage, 4242); 1355 « union, alliance » (Bersuire, Tite-Live, B.N. 20312ter, f o16 ds Gdf. Compl.); 1580 la société de qqn « sa compagnie » (Montaigne, Essais, I, 28, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 193); 1649 « commerce ordinaire que l'on a avec quelqu'un » (La Rochefoucauld, Apologie de M. Le Prince de Marcillac ds Œuvres, éd. D.-L. Gilbert et J. Gourdault, t. 2, p. 449); b) 1560 « sentiment d'alliance et d'amitié qu'on éprouve pour quelqu'un, et le lien qui en résulte » (La Bible, impr. A. Rebul, Machabees, I, 8, 17); 2. a) 1467 « groupement professionnel » (doc. ds Bartzsch, p. 43); b) 1656 La Société « la congrégation des Jésuites » (Pascal, Onzième lettre ... écrite aux révérends pères jésuites, Les Provinciales, Œuvres compl., éd. L. Lafuma, p. 420); 1690 « compagnie de gens qui s'assemblent pour vivre selon les règles d'un institut religieux » (Fur.); c) 1668 « union de plusieurs personnes qui sont jointes pour quelque affaire, pour quelque intérêt » (La Fontaine, Fables, I, VI, 3); d) 1740 « association de savants » (Ac.); e) ca 1770 Société patriotique (A. Cochin, Les Sociétés de pensée et la révolution en Bretagne, I, 25 ds Quem. DDL t. 11), 1790 Société Fraternelle des Patriotes des deux sexes amis de la constitution (Brunot t. 9, p. 812); 1842 société secrète (Mozin-Biber); 3. a) 1615 compagnie et société « association de personnes finançant ou gérant en commun une entreprise » (Décl. juill. ds Kuhn, p. 162); 1636 société (Monet); b) 1656 acte de société (Lettre patente, mars ds Kuhn, p. 162); 1872 règle de société « règle qui donne les moyens de partager une somme avec plusieurs associés d'après la quotité de leurs mises » (Littré); c) 1673 société anonyme (Savary); 1857 société en nom collectif (J. Vallès, L'Argent, p. 165); 4. a) 1650 « coterie » (Menage, Origines, p. 233: « Coteries est un vieux mot François qui signifie compagnie et societez de villageois, unis pour tenir d'un Seigneur quelque heritage, dont vient le mot de certaines coustumes de tenir en coterie, c'est à dire société »); 1690 « toute compagnie de personnes qui s'assemblent habituellement pour le jeu, la conversation, etc. » (Fur.); b) 1756 la société « les gens qui ont des salons, y reçoivent pour la conversation, pour le jeu, et ceux qui les fréquentent » (Voltaire, Mœurs, 134 ds Littré); 1832 la haute société (Raymond); 5. a) 1670 « communauté des êtres humains, unis par leur nature et par les lois de la vie collective » (Bossuet, Duchesse d'Orléans ds Littré); b) 1753 « groupe social (d'animaux) » (Buffon, Hist. nat., t. 4, p. 95). Empr. au lat.societas « association, réunion, communauté, compagnie, union politique, alliance, association commerciale ou industrielle », dér. de socius « compagnon, associé, allié », d'où aussi en a. fr. la forme pop. soisté « compagnie » (fin xiies. ds T.-L.), usitée surtout au sens de « métayage (terme de coutume) » (xiiies. ds Gdf. et T.-L.) et qui survit dans les parlers de l'Ouest et de l'Yonne dans le dér. souater « se prêter réciproquement ses chevaux pour les travaux agricoles », « travailler en commun », etc. (v. FEW t. 12, p. 19b). Fréq. abs. littér.: 16 161. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 37 235, b) 18 711; xxes.: a) 20 702, b) 14 477. Bbg. Arveiller (R.). R. Ling. rom. 1981, t. 45, p. 249. − Blochw.-Runk. 1971, p. 316 (s.v. société d'abondance). − Dub. Pol. 1962, pp. 423-424. − Hotier Cirque 1973 [1972], p. 77. − Jouvenel (B. de). « Société »... R. internat. Philos. 1961, t. 55, pp. 42-60. − Provost (G.). Approche du discours politique... Langages. Paris, 1969, n o13, pp. 67-68. − Quem. DDL t. 11 (s.v. société d'agriculture; fraternelle; patriotique), 16, 22, 24 (s.v. société câblée). − Tournier (M.). Un Vocab. ouvrier en 1848... Thèse, St Cloud, 1975, pp. 104-105. − Vardar Soc. pol. 1973 [1970], p. 309.

Wiktionnaire

Nom commun - français

société \sɔ.sje.te\ féminin

  1. (Nom collectif) (Droit) Assemblage d’hommes qui sont unis par la nature ou par des lois ; commerce que les hommes réunis ont naturellement les uns avec les autres.
    • Lorsqu’ils entreront en société et qu’ils feront entr’eux des conventions pour leur avantage réciproque, ils augmenteront beaucoup la jouissance de leur droit naturel. — (François Quesnay, Observations sur le Droit naturel des hommes réunis en société, 1765)
    • L’avenir est à ceux qui savent le prédire. Se réformer, c’est se conformer à l’évolution irrésistible et lente des sociétés en marche vers le but inconnu. — (Pierre Louÿs, Liberté pour l’amour et pour le mariage, 1900, dans Archipel, 1932)
    • L’individualisme libertaire, l’insoumission aux nécessités fondamentales d’une société la dissolvent. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Cette transformation générale de la société ne se fera pas par la prise du pouvoir d’État par une majorité de gauche ; elle suppose une myriade de luttes locales et globales. — (Jean-Paul Russier, Plutôt Proudhon que Marx, 2005)
  2. (Nom collectif) (Par extension) Classe dirigeante de cet assemblage.
    • La société enrichie la veille par des spéculations, honnêtes ou non, joignait à ses richesses des titres nobiliaires ; chacun s’improvisait comte, marquis ou baron. — (Général Ambert, Récits militaires : L’Invasion (1870), Bloud & Barral, 1883, p. 240)
    • Je suis entré ce soir au café « Sturm ». Les Berlinois de la Société ne fréquentent jamais ce dancing vulgaire où la jeunesse brune et les « sous-offs » de la garnison fraternisent. — (Xavier de Hauteclocque, La Tragédie brune, Nouvelle Revue Critique, 1934, page 77)
  3. (Nom collectif) (Par analogie) Assemblage naturel de certains animaux qui vivent réunis.
    • Les abeilles, les fourmis vivent en société.
    • Les sociétés animales.
  4. (Nom collectif) Réunion de plusieurs personnes associées pour quelque intérêt, pour quelque affaire et sous certaines conditions.
    • Alexandre de Gavinard, le grand financier […] rédigeait […] le septième rapport qu’il devait présenter, le jour même, à la septième société de crédit dont il était l’inévitable président. Il s’agissait, comme bien vous pensez, de mettre dedans une quantité, incalculable d’actionnaires, et Alexandre de Gavinard —Gavinard, comme on l’appelait— se trouvait très en verve. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Gavinard)
    • Les géants de l’acier ont détrôné les rois du pétrole en 2004 […] Les dix hommes d’affaires qui se sont le plus enrichis l’an dernier détiennent tous des parts dans les sociétés métallurgiques. — (Pascal Airault, Russie : les magnats de l’acier roulent sur l’or, Jeuneafrique.com, 14 février 2005)
    • […], néanmoins l'émergence des premières sociétés à caractère compagnonnique se situe bien dans ce champ de l'histoire où le triptyque corporations-cathédrales-croisades contribue fondamentalement à forger la première identité compagnonnale. — (François Icher, Les compagnons ou l'amour de la belle ouvrage, 1995, Découvertes Gallimard n° 255, 2005, page 29)
  5. (Christianisme) Compagnie de gens qui s’assemblent pour vivre selon les règles d’un institut religieux.
    • Rien n’irrite davantage les gens raisonnables, que des hommes qui ont renoncé au monde, et qui cherchent à le gouverner. Tel était, aux yeux des sages, le crime de la Société le moins pardonnable […] — (Jean le Rond d’Alembert, La Suppression des jésuites (éd. populaire abrégée), Édouard Cornély, 1888)
    • […] au temps de la République cléricale, la Société de Saint-Vincent-de-Paul était une belle officine de surveillance sur les fonctionnaires de tout ordre et de tout grade […] — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chap. VI, La Moralité de la violence, 1908, page 277)
  6. (Sciences) Groupement de spécialistes ou d’amateurs éclairés, pour conférer ensemble sur certaines sciences.
    • […]; et le 27 novembre suivant il fut élu président aux termes des statuts qui venaient d'être votés. Ce mandat, renouvelé le 6 août 1866, fut rempli jusqu'au 2 août 1869, jour où la Société accorda à l'unanimité le titre de président d'honneur ad vitam à M. Th. Harou. — (Nécrologie , dans les Documents & rapports de la Société paléontologique et archéologique de l'arrondissement judiciaire de Charleroi, Mons : chez Hector Manceaux, 1872, vol. 5, page 293)
    • Dans nos Sociétés médicales, il y a des chefs d'emploi, des docteurs idémistes et des muets. La séance est intéressante si les muets sont intéressés. — (Lyon médical: organe officiel de la Société médicale des hôpitaux de Lyon et de la Société médico-chirurgicale des hôpitaux de Saint-Étienne, 1893, page 309)
  7. Réunions qui ont un objet politique.
    • Sociétés populaires.
    • Sociétés secrètes.
  8. Petit groupe de personnes entretenant des liens plus ou moins étroits.
    • La lettre de cette sensible et vertueuse demoiselle fit verser des larmes à toute la famille. Sa mère lui répondit, au nom de la société, de rester ou de revenir, à son gré, [...]. — (Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie, 1788)
    • […] nous remontons au sommet du Hohneck par un sentier à nombreux zigzags, et bientôt toute la société réunie s’entasse pour déjeuner dans le restaurant en planches établi près de la table d’orientation du Club alpin. — (Bulletin de la Société d’histoire naturelle des Ardennes, 1907 (vol. 14-18), page 56)
  9. (En général) Compagnie que forment entre eux les habitants les plus distingués d’une ville.
    • …il était admis, sans la moindre contestation, dans les sociétés de la haute ville, espèce de monde supérieur vers lequel un riche bourgeois de Genève aspirait toujours, mais où il n’y avait place que pour un petit nombre d’élus. — (Julie de Quérangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, t. 2, 4, 1833)
    • …moi, ça me lève le cœur, des fois, cette ivrognerie de personnes de la société, vicieuses et sans aucune tenue. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
  10. Commerce ordinaire, habituel que l’on a avec certaines personnes.
    • Si nous apprenions que cet homme […] a rapproché de lui une fille juive ; qu’il a erré dans cette société lubrique, et parcouru dans cette compagnie impure des lieux solitaires […] que pourrions-nous dire, si ce n’est que le noble chevalier était possédé par quelque démon malin ou influencé par quelque sortilège sinistre ? — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
  11. Petit groupe de personnes réuni autour de quelqu’un.
    • — Tout de même, continua Léonard en riant, il y en a une de vous autres, les jolies filles, qui ne veut plus aller aux champs avec vous, parce qu’elle dit que vous attirez trop la société. C’est peut-être qu’elle voudrait garder la société pour elle seule. — (George Sand, Jeanne, 1844)
    • — Voici le premier sujet de ma troupe, dit Vitalis, c’est M. Joli-Cœur. Joli-Cœur, mon ami, saluez la société.
      Joli-Cœur porta sa main fermée à ses lèvres et nous envoya à tous un baiser.
      — (Hector Malot, Sans famille, 1878)
  12. (Sports hippiques) Lot, ensemble des chevaux concurrents d'une course hippique.
    • Il revoit ses ambitions à la baisse et aura son mot à dire en pareille société. — (Fiche d'Eclat du Buisson, geny.com)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SOCIÉTÉ. n. f.
Assemblage d'hommes qui sont unis par la nature ou par des lois; commerce que les hommes réunis ont naturellement les uns avec les autres. L'homme est né pour la société. Vivre en société. La société naturelle. La société civile. Troubler la société, l'ordre de la société. Travailler pour le bonheur de la société. Être le fléau de la société. L'origine des sociétés. Les sociétés modernes. Chaque famille forme une société naturelle dont le père est le chef. Il se dit, par analogie, de l'Assemblage naturel de certains animaux qui vivent réunis. Les abeilles, les fourmis vivent en société. Les sociétés animales. Il se dit aussi de la Réunion de plusieurs personnes associées pour quelque intérêt, pour quelque affaire et sous certaines conditions. Une société commerciale, industrielle, financière. Société anonyme. Société en nom collectif, en commandite, en participation, à responsabilité limitée. Constituer une société. Contrat de société. L'acte de société. Dissolution, liquidation d'une société de commerce. La Société des Gens de lettres. La Société des Auteurs et Compositeurs de musique. Société des Nations, Association d'États qui a pour but de garantir la paix et la sécurité, et de développer la coopération entre les nations.

SOCIÉTÉ se dit aussi d'une Compagnie de gens qui s'assemblent pour vivre selon les règles d'un institut religieux, ou pour conférer ensemble sur certaines sciences. La Société de Marie. La Société royale de Londres. La Société de l'Histoire de France. Société littéraire, Association d'un certain nombre de personnes qui se réunissent pour cultiver les lettres. Société savante, Association dont le but est de cultiver les sciences.

SOCIÉTÉ se dit encore des Réunions qui ont un objet politique. Sociétés populaires. Sociétés secrètes. Il se dit aussi d'une Compagnie de personnes qui s'assemblent ordinairement pour la conversation, pour le jeu, pour le sport. Société agréable, choisie. C'est un homme de bonne compagnie, il faut l'admettre dans notre société. Il se dit, en général, de la Compagnie que forment entre eux les habitants les plus distingués d'une ville. Il n'y a pas de société dans cette ville. On trouve dans cette petite ville une excellente société. Le ton de la société. Les agréments de la société. Talents de société, Talents qui apportent de l'agrément dans les réunions mondaines. Vers de société, Vers qui sont faits pour le plaisir d'une réunion particulière et qui ne sont pas destinés au public.

SOCIÉTÉ se dit aussi du Commerce ordinaire, habituel que l'on a avec certaines personnes. Je trouve beaucoup de douceur, d'agrément dans sa société. Je ne voudrais pas faire ma société de cette personne. Rechercher la société de ses semblables. Fuir la société des hommes.

Littré (1872-1877)

SOCIÉTÉ (so-si-é-té) s. f.
  • 1Réunion d'hommes ayant même origine, mêmes usages, mêmes lois. Les hommes ne vivraient pas longtemps en société, s'ils n'étaient les dupes les uns des autres, La Rochefoucauld, Max. 87. Cette grande société que l'Écriture appelle le monde a son esprit qui lui est propre ; et c'est ce que l'apôtre saint Paul appelle l'esprit du monde, Bossuet, Panég. de saint Sulpice, Préambule. Loin de la société des hommes ces âmes sans force aussi bien que sans foi, qui ne savent pas retenir leur langue indiscrète ! Bossuet, Duch. d'Orl. Selon l'Écriture, il n'y a que deux genres d'hommes, dont les uns composent le monde et les autres la société des enfants de Dieu, Bossuet, Panég. de saint Sulpice, 1. Dépouillons-nous ici d'une vaine fierté, Nous naissons, nous vivons pour la société, Boileau, Sat. X. Le désir de vivre en société est une quatrième loi naturelle, Montesquieu, Esp. I, 2. Sitôt que les hommes sont en société, ils perdent le sentiment de leur faiblesse, Montesquieu, ib. I, 3. Une société ne saurait subsister sans un gouvernement, Montesquieu, ib. I, 3. Il y a dans la nature, telle qu'elle nous est parvenue, trois espèces de sociétés qu'on doit considérer avant de les comparer : la société libre de l'homme, de laquelle, après Dieu, il tient toute sa puissance ; la société gênée des animaux, toujours fugitive devant celle de l'homme ; et enfin la société forcée de quelques petites bêtes, qui, naissant toutes en même temps dans le même lieu, sont contraintes d'y demeurer ensemble, Buffon, Quadrup. t. III, p. 41. Quoi qu'en pensent les ambitieux, les sociétés ne peuvent s'étendre au delà de certaines bornes sans s'affaiblir, Condillac, Étud. hist. III, 3. Des sociétés de vingt à trente millions d'hommes ; des cités de quatre à cinq cent mille âmes ; ce sont des monstres dans la nature, Raynal, Hist. phil. IX, 5. La société a, quoi qu'on fasse, beaucoup d'empire sur le bonheur ; et ce qu'elle n'approuve pas, il ne faut jamais le faire, Staël, Corinne, IX, 1. … J'entrevis que la connaissance textuelle des tarifs et des règlements et la manœuvre des chiffres ne constituaient pas seules le savoir en finance ; que l'étude de cette science ne pouvait se compléter que par celle de la société même, dont elle devait toujours avoir en regard les mouvements progressifs, conséquemment tous les intérêts nouveaux, dans l'application de chacun de ses actes, Mollien, Mém. d'un ministre du trésor public, I, 16. Sans doute M. de Calonne était fort inférieur à M. Turgot dans ce qu'on appellera un jour la science des sociétés humaines, ID. ib. I, 9. Société, vieil et sombre édifice, Ta chute, hélas ! menace nos abris, Tu vas crouler…, Béranger, les Quatre âges. Nous sommes en possession de deux éléments primitifs et fondamentaux de la civilisation française ; nous avons étudié d'une part la société romaine, de l'autre la société germaine, chacune en soi et avant leur rapprochement, Guizot, Hist. de la civil. en France, 8e leçon.
  • 2Réunion d'animaux qui concourent à un même but, qui ont un intérêt commun. Les fourmis vivent en société.
  • 3Communication, rapports, relations. C'est ici qu'il faut vous apprendre, par la sainte société que nous avons avec les saints anges, que notre origine est céleste, Bossuet, Sermons, Anges gardiens, Préambule. L'Église, en nous enseignant qu'il est utile de prier les saints, nous enseigne à les prier dans ce même esprit de charité et selon cet ordre de société fraternelle qui nous porte à demander le secours de nos frères vivants sur la terre, Bossuet, Expos. doctr. cath. 4. [Dieu] défendit à leur postérité [des Juifs] Avec tout autre dieu toute société, Racine, Athal. II, 4. Les dieux inférieurs, pour parler comme les païens, ou plutôt les hommes divins, peuvent avoir de la société avec les hommes mortels, en leur donnant des secours invisibles, Fénelon, t. XXII, p. 237. L'agriculture et l'industrie sont deux sœurs qui, par leur société entre elles, ont enfanté la société générale, Cambacérès, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. III, p. 5.
  • 4Association, participation. Il a connu parfaitement les biens qu'il [l'esprit de Dieu] vous donne : un trésor qui ne se perd pas, une vie qui ne finit pas, l'héritage de Jésus-Christ, la communication de sa gloire, la société de son trône, Bossuet, Panég. de saint Sulpice, Préambule. Combien d'âmes touchées de Dieu ne résistent à sa grâce et à son esprit, que de peur de perdre auprès de vous ce degré de confiance qu'une longue société de plaisir leur a donné ! Massillon, Pet. carême, Vices et vert. des gr. Une société de guerre avec les Romains, Montesquieu, Rom. 1.

    On dit quelquefois dans un sens analogue : la société conjugale.

    Ouvrage fait en société, fait en société avec quelqu'un, ouvrage fait en commun par deux ou plusieurs personnes.

  • 5 Terme de commerce et de jurisprudence. Union de plusieurs personnes qui sont jointes pour quelque affaire, pour quelque intérêt ; contrat d'association formé entre plusieurs personnes. Former, rompre une société. Dissolution, liquidation d'une société de commerce. La génisse, la chèvre et leur sœur la brebis Avec un fier lion, seigneur du voisinage, Firent société, dit-on, au temps jadis, Et mirent en commun le gain et le dommage, La Fontaine, Fabl. I, 6. Ils [les marchands] faisaient en société les entreprises qu'ils ne pouvaient faire seuls ; et la police de ces sociétés était inviolable, Fénelon, Tél. XI. Toutes sociétés doivent être rédigées par écrit, lorsque leur objet est d'une valeur de plus de cent cinquante francs, Code civil, art. 1834. On distingue deux sortes de sociétés universelles, la société de tous biens présents, et la société universelle de gains, ib. art. 1836. La société universelle de gains renferme tout ce que les parties acquerront par leur industrie, à quelque titre que ce soit, pendant le cours de la société, ib. art. 1838. La société particulière est celle qui ne s'applique qu'à certaines choses déterminées, ou à leur usage, ou aux fruits à percevoir, ib. art. 1841.

    La société en nom collectif, celle que contractent deux ou plusieurs personnes pour faire le commerce sous une raison sociale.

    Société en commandite, celle qui a lieu entre plusieurs personnes qui fournissent leur apport en argent, et un ou plusieurs gérants administrant l'affaire sous leur responsabilité.

    Société anonyme, celle qui a des actionnaires, et est administrée par des mandataires révocables, sans nom social.

    La société en participation, celle qui a lieu entre commerçants pour des opérations temporaires et déterminées.

    Terme d'arithmétique. Règle de société ou de compagnie, voy. COMPAGNIE, n° 4.

    Société léonine, société où tous les profits sont pour l'un, et toutes les charges pour l'autre.

  • 6Réunion de personnes qui s'assemblent pour vivre selon les règles d'un institut religieux, ou pour conférer sur certaines sciences. Société de la morale chrétienne On aura peut-être de la peine à comprendre comment une société aussi sainte dans son institution, et aussi pleine de gens de piété que l'est celle des jésuites, a pu avancer et soutenir de si étranges calomnies, Racine, Hist. Port-Royal. La Société royale de Londres, déjà formée, mais qui ne s'établit par des lettres patentes qu'en 1660, commença à adoucir les mœurs en éclairant les esprits, Voltaire, Mœurs, 182. Despréaux n'était guère moins dévoué aux écrivains de l'illustre société de Port-Royal, dont les ouvrages ont tant contribué à rétablir parmi nous l'étude et le goût de la saine antiquité, D'Alembert, Él. Despr. Ajoutons, car il faut être juste, qu'aucune société religieuse, sans exception, ne peut se glorifier d'un aussi grand nombre d'hommes célèbres dans les sciences et dans les lettres [que celle des jésuites], D'Alembert, Œuvr. t. V, p. 28. La Société royale de médecine établie à Paris, et composée de ce qu'il y a dans la Faculté de meilleur et de plus instruit, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 22 sept. 1777. L'astronomie n'est pas moins redevable à la Société royale de Londres, dont l'origine est, de quelques années, antérieure à celle de l'Académie des sciences, Laplace, Exp. V, 4.

    La société de Jésus, l'ordre des jésuites. Ils sont à présent aux prises avec les gens du parlement, qui trouvent que la société de Jésus est contraire à la société humaine, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 9 juil. 1761.

    Absolument, la Société, l'ordre des jésuites [avec une S majuscule]. L'inquisition et la Société, les deux fléaux de la vérité, Pascal, Pens. XXIV, 66, éd. HAVET. L'évêque de Meaux, malgré les coups que la Société lui portait sourdement, était lié, au moins d'estime, avec quelques jésuites, D'Alembert, Él. Boss. note 14.

    On met une S majuscule aux associations pour lesquelles le mot société, joint à une qualification, fait une sorte de nom propre.

    Société littéraire, association de gens qui se réunissent pour cultiver les lettres. Le plus grand service que les sociétés littéraires pourraient rendre aujourd'hui aux lettres, aux sciences et aux arts, serait de faire des méthodes et de tracer des routes qui épargneraient du travail, des erreurs, et conduiraient à la vérité par les voies les plus courtes et les plus sûres, Duclos, Consid. mœurs, 12.

    Société du Temple, Société des Tournelles, s'est dit de deux réunions littéraires et bachiques.

    Société savante, association de gens qui se réunissent pour cultiver les sciences. M. de Haller savait que, si c'est le génie seul qui fait dans les sciences les grandes découvertes, ce sont les sociétés savantes, les établissements d'instruction publique qui éclaircissent les découvertes, qui les répandent et les perfectionnent, Condorcet, Haller.

    Société d'Arcueil, société scientifique qui s'occupait de physique et de chimie, et qui était composée de Laplace, Berthollet, Biot, Gay-Lussac, Humboldt, Thenard, de Candolle, Collet, Descotils et A. Berthollet ; ainsi dite parce qu'elle se réunissait au château d'Arcueil, près Paris, chez Laplace.

    Quelquefois, dans un sens plus étendu, sociétés savantes, au pluriel, comprend les sociétés littéraires.

  • 7Il se dit aussi d'associations pour exécuter de la musique. Sociétés chantantes. La Société de l'Orphéon.
  • 8Société secrète, association de conspirateurs. Les sociétés secrètes travaillaient activement, mais en vain, après la restauration, à renverser les Bourbons.
  • 9Rapports qu'ont entre eux les habitants d'un pays, d'une ville. Mon dessein n'est pas de parler de l'amitié en parlant de la société ; bien qu'elles aient quelque rapport, elles sont néanmoins très différentes : la première a plus d'élévation et d'humilité, et le plus grand mérite de l'autre est de lui ressembler, La Rochefoucauld, Réfl. div. p. 123. Il a tellement les petites vertus qui font l'agrément de la société que, quand je ne le regretterais que comme mon voisin, j'en serais fâchée, Sévigné, 266. L'esprit d'union, de déférence et de société, caractère si essentiel à la république littéraire, Gresset, Disc. à l'Acad. Dans les lettres de Sévigné, l'on voit distinctement ce que l'esprit de société avait acquis de politesse, d'élégance, de mobilité, de souplesse, d'agrément dans sa négligence, de finesse dans sa malice, de noblesse dans sa gaieté, de grâce et de décence dans son abandon même et dans toute sa liberté, Marmontel, Œuv. t. IV, p. 413. Il y a très peu de société en Angleterre, parce qu'il faut être invité pour aller dîner et souper chez ses amis les plus intimes, Genlis, Mères riv. t. II, p. 315, dans POUGENS.
  • 10Compagnie de personnes qui s'assemblent ordinairement les unes chez les autres. La bonne société. La mauvaise société. Les mauvaises sociétés l'ont perdu. Je voudrais qu'on choisît tellement les sociétés d'un jeune homme, qu'il pensât bien de ceux qui vivent avec lui, Rousseau, Ém. IV. La promenade même m'est presque entièrement interdite, quoiqu'elle soit ma seule ressource, mes sociétés d'hiver étant toutes dispersées, D'Alembert, Lett. au roi de Prusse, 28 juill. 1777. Fontenelle avait consenti sans peine à conserver cette réputation d'insensibilité ; il avait souffert les plaisanteries de ses sociétés sur sa froideur, sans chercher à les détromper, Condorcet, Malouin. On peut prévoir assez sûrement ce qu'un jeune homme doit être un jour, en le jugeant d'après ses sociétés, Condorcet, Duhamel.

    Absolument, la société, les gens qui ont des salons et ceux qui les fréquentent, pour la conversation, pour la causerie, le jeu. Voir la société. Calvin eut par trahison les feuilles d'un ouvrage que Servet faisait imprimer secrètement ; il les envoya à Lyon, avec les lettres qu'il avait reçues de lui : action qui suffirait pour le déshonorer dans la société ; car ce qu'on appelle l'esprit de la société est plus honnête et plus sévère que tous les synodes, Voltaire, Mœurs, 134. J'aimerais la société comme un autre, si je n'étais sûr de m'y montrer non-seulement à mon désavantage, mais tout autre que je ne suis, Rousseau, Conf. III. On vivrait donc toujours pour ce que la société dira de nous, reprit Oswald ; et ce qu'on pense et ce qu'on sent ne servirait jamais de rien, Staël, Corinne, IX, 1. Des femmes de la société, de graves philosophes avaient leurs chaires d'incrédulité, Chateaubriand, Génie, I, I, 1. La société était si brillante dans le dix-huitième siècle, elle était si spirituelle, qu'elle était à elle-même son unique point de vue, Villemain, Littér. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon.

    Talents de société, petits talents qui jettent de l'agrément dans les réunions. Les talents de société ne sont presque plus comptés pour rien, Mme de Puisieux, Ridic. à la mode, p. 214, dans POUGENS.

    Vers de société, vers faciles et sans prétention qui se font pour l'amusement de certaines sociétés. Une morale voluptueuse, des lettres écrites à des gens de cour, dans un temps où ce mot de cour était prononcé avec emphase par tout le monde, des vers médiocres qu'on appelle vers de société, faits dans des sociétés illustres, tout cela, avec beaucoup d'esprit, contribua à la réputation de ses ouvrages, Voltaire, Louis XIV, écrivains, St-Evremond.

  • 11Commerce habituel que l'on a avec certaines personnes. Cette personne est de notre société. Pour rendre la société commode, il faut que chacun conserve sa liberté ; il ne faut point se voir, ou se voir sans sujétion, et pour se divertir ensemble ; il faut pouvoir se séparer, sans que cette séparation apporte du changement, La Rochefoucauld, Réfl. div. p. 124. Elle est d'une bonne société, et nous sommes fort loin de nous ennuyer, Sévigné, 310. Elle ne serait nullement incommode, et l'on n'aurait de société avec elle qu'autant que l'on voudrait, Sévigné, 232. Je vous remercie, ma fille, de me mettre si joliment de votre société en me disant ce qui s'y passe, Sévigné, 2 oct. 1689. Ah ! mon enfant, qu'il est aisé de vivre avec moi ! qu'un peu de douceur, d'espèce de société, de confiance même superficielle, que tout cela me mène loin ! Sévigné, 6 nov. 1680. Ma société est composée de cinq ou six personnes qui me laissent une liberté entière, et avec qui j'en use de même ; la société sans la liberté est un supplice, Voltaire, Lett. au roi de Pr. 5 janv. 1767. Un souverain spirituel et qui veut plaire a, dans la société intime, un avantage que nul autre ne peut avoir, Genlis, Mme de Maintenon, t. I, p. 56, dans POUGENS.

HISTORIQUE

XIVe s. Souz umbre de la societé et aliance qu'il avoient aus Romains, Bercheure, f° 16. Nous n'avons aveuc les Faliques nulle société qui ait esté conjointe par commune aliance, Bercheure, f° 107.

XVIe s. La societé et amitié s'en augmente, Montaigne, I, 199. La doulce compagnie et societé de ce personnage, Montaigne, I, 219. Il y a une pareille societé entre le roytelet et le crocodile, Montaigne, II, 195. Le seigneur du bestail qui l'aura baillé à societé, Nouv. coust. gén. t. IV, p. 907.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SOCIÉTÉ. - HIST. XIVe s. Ajoutez : Pour che que lesdites terres ne soient plus en soihestés, ai consenti, de ma bonne volonté, à partir desdites terres… (1317), Du Cange, soistura.

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Étymologie de « société »

Du latin societas (« union, association »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. societat ; espagn. sociedad ; du lat. societatem, de socius (voy. SOCIAL).

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Phonétique du mot « société »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
société sɔsiete

Fréquence d'apparition du mot « société » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « société »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « société »

  • Une société de liberté est une société où vous êtes libre d'être impopulaire sans pour autant que votre vie soit en danger.
    Adlaï Stevenson
  • Les sociétés qui s'affolent deviennent des sociétés chirurgicales, y compris dans la volonté de retour à la guillotine.
    Philippe Boucher — Le ghetto judiciaire
  • Fondez une Société des honnêtes gens, tous les voleurs en seront.
    Émile Chartier, dit Alain — Propos d'un Normand, tome III , Gallimard
  • Je sens tout ce que demande l'intérêt de la société ; mais il serait sans doute à souhaiter qu'il n'y eût pour juges que d'excellents médecins.
    Julien Offray de La Mettrie — L'Homme machine
  • Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole.
    Napoléon Bonaparte — Allocution aux curés de Milan
  • Les sociétés à castes et à classes rigides faisaient un gaspillage impardonnables de talents... Mais il faut reconnaître que de telles sociétés réduisaient les aspects nocifs de la compétition.
    Theodosius Dobzhansky — Le Droit à l'intelligence
  • Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis, toutes choses que nous aurions refusé de cautionner, si nous avions été les véritables héritiers du Conseil National de la Résistance.
    Stéphane Hessel — Indignez-vous !
  • Le pouvoir d'oublier, très fort chez les individus, l'est encore plus dans les sociétés humaines.
    Jacques Bainville — Lectures, Fayard
  • Nulle société ne peut exister sans morale. Il n'y a pas de bonne morale sans religion. Il n'y a donc que la religion qui donne à l'État un appui ferme et durable.
    Napoléon Ier — Allocution aux curés de Milan, 5 juin 1800
  • Une société écologique, c'est une société qui trouve le point d'équilibre entre la société matérialiste absolue dans laquelle nous sommes et une société qui voudrait tomber dans une spiritualité béate qui ne serait pas plus intéressante.
    Nicolas Hulot — Nouvel Observateur - Mars 2004
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Traductions du mot « société »

Langue Traduction
Anglais society
Espagnol sociedad
Italien società
Allemand gesellschaft
Chinois 社会
Arabe جمعية
Portugais sociedade
Russe общество
Japonais 社会
Basque gizartea
Corse sucietà
Source : Google Translate API

Antonymes de « société »

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Nombre de points du mot société au scrabble : 7 points

Société

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