Dormir : définition de dormir


Dormir : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

DORMIR, verbe.

I.− Cour., emploi intrans.
A.− [Le suj. désigne une pers. ou un animal, ou p. méton. un lieu qui rassemble plusieurs pers.]
1. Être dans l'état de sommeil. Les faisans dormaient sur les branches (Genevoix, Raboliot,1925, p. 176).Dix heures et demie du soir. L'école dormait (Malègue, Augustin,t. 1, 1933, p. 331):
1. Il dort, mon Bénoni! Viens le voir, il repose; Marche bien doucement, car le bruit l'indispose. Viens le voir au salon d'où chacun s'est banni; Parlons bas, parlons bas, s'il allait nous entendre, S'éveiller pour souffrir, son sommeil est si tendre! Il dort, mon Bénoni! Borel, Rhapsodies,1831, p. 25.
2. Un homme avait lutté toute la nuit pour trouver le sommeil. Il allait s'endormir. Il entendait que son ennemi entrait chez lui au moment même où ses yeux se fermaient. Il ne cherchait pas à ouvrir les yeux. Il avait tellement besoin de dormir. Il s'endormait. Son ennemi le tuait. Cet homme s'en moquait. Il s'était endormi au moins avant de mourir. Jouhandeau, M. Godeau,1926, p. 116.
Dormir + compl. d'obj. interne.Dormir d'un profond sommeil. Dormir d'un bon somme, de bon somme (Ac. 1798-1932) Elle [une fillette] dormait de ce sommeil d'absolue confiance propre à son âge (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 187).Il dormait d'un épais sommeil ivre (Gide, Immor.,1902, p. 442).
Dormir + compl. circ. dir. de temps.Dormir une demi-heure, une heure. Elles dormirent la grasse matinée (Balzac, Goriot,1835, p. 213).Comme j'aurais voulu dormir mes douze heures (Erckm.-Chatr., Conscrit1813, 1864, p. 67).
Rare, emploi subst. masc. de l'inf. prés. (au sing. seulement). Disposition à dormir, fait de dormir. Synon. sommeil.Le dormir paisible dans les herbes épaisses (France, Puits ste Claire,1895, p. 29).Essayez d'ajourner le dormir ou le manger, ils vous assiègeront (Alain, Propos,1931, p. 986).
Proverbes. Qui dort dîne. ,,Le sommeil tient lieu de nourriture`` (Ac. 1835-1932). Le bien, la fortune lui vient en dormant. ,,En parlant d'une personne qui devient riche sans rien faire`` (Ac. 1798-1932). Il ne faut pas (r)éveiller le chat qui dort. Voir chat.
Locutions
a) [Désignant un sommeil profond ou paisible] Dormir comme un loir, comme une marmotte, comme un sabot, comme une souche; dormir à poings fermés, d'un sommeil de plomb; dormir comme un bienheureux, du sommeil du juste. Dormir profondément. Dormir (tout) debout; (au fig.) un conte, une histoire, etc. à dormir debout. Cf. debout.Au fig. dormir sur les/ses deux oreilles. N'être nullement inquiété. Je veillerai à votre sécurité, dormez sur les deux oreilles (Ac.1835-1932).
b) [Désignant un sommeil léger] Souvent en emploi fig. Ne dormir que d'un œil, que d'une oreille; dormir les yeux ouverts, en gendarme. Dormir à demi, tout en restant aux aguets. Être sur le qui-vive. Il n'en dort pas. Il est préoccupé ou inquiété par quelque chose qui le tient en éveil.
c) [Désignant une attitude du corps pendant le sommeil] Dormir en chien (de fusil). Dormir recroquevillé sur soi-même. V. chien ex. 10.
d) Arg. Se faire dormir. Dormir. Envoyer dormir. Assommer (Carabelli, [Lang. pop.]).
SYNT. Dormir dans son berceau, dans/entre les bras de qqn, côte à côte, dans une chambre, sur un divan, dans un fauteuil, sur l'herbe, dans un lit, sur le sein de qqn, au soleil, sous la tente; j'ai bien, mal, peu, trop dormi; je n'ai pas dormi de la nuit; dormir jusqu'à midi, en paix; dormir et rêver, et se réveiller; dormir seul, tranquille, paisiblement, profondément; se coucher et, manger et, reposer et, veiller et dormir. Aller, avoir l'air de, avoir besoin de, avoir envie de, empêcher de, essayer de, pouvoir, faire semblant de, feindre de, rentrer, tâcher de dormir; l'enfant, tout (le monde), le village, la ville dort.
2. P. anal.
a) Demeurer immobile comme une personne livrée au sommeil. La cétoine qui dort dans le cœur de la rose (Apoll., Alcools,1913, p. 42).
b) P. euphém. Reposer dans la mort. Dormir au cimetière. Le patriarche [Jacob] porté après sa mort à la cave de Membré pour y dormir avec ses pères (Chateaubr., Martyrs,t. 1, 1810, p. 175).Le vieux capétien qui dort sous les dalles du chœur (Vidal de La Bl., Tabl. géogr. Fr.,1908, p. 161).
3. P. ext. Dormir avec qqn. Avoir des relations sexuelles avec lui. Synon. fam. coucher avec.Devine qui dîne et dort avec moi ce soir? La petite Mars (Sagan, Bonjour tristesse,1954, p. 152).
4. Au fig., péj. Demeurer inactif, inconscient, rêveur ou irrésolu, au lieu d'agir. Dormir sur son travail. Il lui arrive souvent [au Français] de créer et de dormir sur son œuvre (Valéry, Regards sur monde act.,1931, p. 134):
3. J'ai l'impression pénible que l'Amérique dort, qu'elle ne sait pas encore qu'elle est en guerre. Quel douloureux réveil y aura-t-il un jour... Green, Journal,1942, p. 207.
4. Observez vos voisins, si, par chance, il survient un décès dans l'immeuble. Ils dormaient dans leur petite vie et voilà, par exemple, que le concierge meurt. Aussitôt, ils s'éveillent, frétillent, s'informent, s'apitoient. Un mort sous presse, et le spectacle commence enfin. Camus, La Chute,1956, p. 1490.
B.− Au fig. [Le suj. désigne un inanimé]
1. [Le suj. désigne un inanimé concr.]
a) Être plongé dans le silence et l'immobilité, au moment où les hommes sont dans le sommeil. Le coucou chante au bois qui dort. L'aurore est rouge encore (Toulet, Contrerimes,1920, p. 22).Dans l'obscurité chaude, le jardin dormait, sans un bruissement (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 189).La terre couleur de moissons dormait du sommeil de l'après-midi (Malraux, Espoir,1937, p. 515).
b) Demeurer ou sembler immobile. Le vent tombe, le navire dort comme sur un lac (Lamart., Voy. Orient,t. 2, 1835, p. 322).Fam. Cette toupie, ce sabot dort. ,,Se dit d'une toupie, d'un sabot qui tourne si vite que le mouvement en est imperceptible`` (Ac. 1798-1932).
[Le suj. désigne une eau, un fleuve, etc.] Stagner. Anton. couler, courir.Un canal profond dont les eaux vertes dorment (Gautier, Albertus,1833, p. 123).
P. métaph. Eau qui dort. Personne dont les apparences calmes ne reflètent pas la vraie nature. La supérieure disait à ma grand'mère que j'étais une « eau qui dort » (Sand, Hist. vie,t. 3, 1855, p. 114).Proverbe. Il n'y a pas pire eau que l'eau qui dort. Il faut se méfier d'une personne aux apparences sournoises et taciturnes.
P. ext. [Le suj. désigne une odeur, une couleur, etc.] Une énorme odeur de taureau (...) dormait au ras de la pâture (Giono, Chant monde,1934, p. 272).Dans les longs couloirs (...) dormait une lumière froide (Giono, Bonh. fou,1957, p. 29).
BOT. [Le suj. désigne un végétal]
Être en état de dormance. La végétation dort en hiver (Quillet1965).
Fermer ses feuilles ou ses pétales pendant la nuit. La belle-de-jour dort la nuit (Lar. Lang. fr.).
Rem. Ces emplois sont attestés ds la plupart des dict. gén. du xixeet xxes. sauf Ac.
c) Reposer dans un oubli ou une indifférence qui se prolongent. Dormir dans des dossiers. Dans un carton, dorment là le testament de Louis XVI et la dernière lettre de Marie-Antoinette (Goncourt, Journal,1858, p. 553).Vieilles photos qui dormaient dans son portefeuille (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 330):
5. Le portrait de Jacques dormait au fond de l'hôtel de la rue de Boulogne, où elle l'avait enfermé avec tous les pénibles souvenirs des années mortes. Zola, Madeleine Férat,1868, p. 95.
d) Demeurer inactif, être sans utilisation pour le moment. Près du rouet qui dort (Hugo, Contempl.,t. 2, 1856, p. 14).Les voiliers fuselés dorment (...), attendant les prochaines régates (Morand, New-York,1930, p. 241).Les machines à écrire dormaient sous les housses (Saint-Exup., Vol nuit,1931, p. 101).
Laisser dormir. Passer sous silence pour l'instant, ne pas donner suite. Laisser dormir une affaire. Synon. pop. mettre en veilleuse, sous le coude.Le laisser dormir [un ouvrage] deux mois et le revoir ensuite (Stendhal, Corresp.,t. 2, 1800-42, p. 17).
En partic. [Le suj. désigne un capital] Être improductif. Le billet de 500 francs qui dort entre mes mains (Hugo, Corresp.,1823, p. 368).Laisser dormir des capitaux.
2. [Le suj. désigne un inanimé abstr. : attitude, sentiment]
a) Être enfoui dans la conscience. Que la lumière nouvelle éveille de mon cœur les forces cachées qui y dorment (Michelet, Journal,1849, p. 10).Je pense aux âmes affligées Où dorment d'anciennes amours (Sully Prudh., Solitudes,1869, p. 10).La puissance cosmique qui dormait dans l'individu (Bloch, Dest. du S.,1931, p. 260):
6. Mais je commencerais par le portrait de l'homme, si j'avais l'intention de faire le portrait du créateur. Cet élément incorruptible est au fond de chacun de nous. Mais presque aucun de nous n'est capable de l'y trouver. Il dort sous trop d'alluvions millénaires, la religion, les lois, l'éducation surtout qui s'acharne à l'ensevelir... Faure, L'Esprit des formes,1927, p. 126.
b) Connaître le repos, l'oubli :
7. Dors, ma sagesse, dors. Forme-toi cette absence; Retourne dans le germe et la sombre innocence Abandonne-toi vive aux serpents, aux trésors... Dors toujours! descends, dors toujours! descends, Dors, dors! Valéry, La Jeune Parque,1917, p. 109.
II.− Emploi trans. [le compl. est un obj. interne]
A.− [L'obj. interne désigne le sommeil ou le temps du sommeil] Être dans l'état de sommeil. Dormir un bon somme (Ac.1798-1932).René s'étendit sur la couche du chasseur, et dormit son premier sommeil chez les Natchez (Chateaubr., Natchez,1826, p. 118):
8. Il songeait aux cinq années d'amour qu'il avait passées dans la possession de Madeleine, aux nuits tièdes qu'il avait dormies sur sa poitrine blanche... Zola, Madeleine Férat,1868, p. 161.
B.− Au fig. et p. métaph. [L'obj. interne désigne une entité comparable au sommeil]
1. [Le suj. désigne une pers.; l'obj. désigne une réalité temporelle] En dormant mon passé que ne l'ai-je perdu (Aragon, Rom. inach.,1956, p. 235).Il m'a semblé n'avoir jamais fait jusqu'alors que dormir ma vie (Aymé, Mouche,1957, p. 168).
2. [Le suj. désigne un inanimé] Les étangs chauds et roses dormant leur paresse enflammée (Montherl., Célibataires,1934, p. 905).
Rem. On rencontre ds la docum. dormi, ie en emploi adj. La fatigue d'une nuit mal dormie (Gautier, Fracasse, 1863, p. 37). Le réveil amer Du sommeil dormi parmi la chevelure (Régnier, Poèmes anc., 1890, p. 243).
Rem. gén. 1. On rencontre ds la docum. plusieurs verbes intrans. synon. rares et fam., dér. de dormir. Dormir à demi, somnoler, s'assoupir. a) Dormailler. Clercs [d'avoué] qui dormaillaient sur des copies (Gyp, Souv. pte fille, 1928, p. 47). Attesté par Guérin 1892, DG, Lar. 20eet Quillet 1965. b) Dormasser. Réveillé en moi une sorte de bête douloureuse qui dormassait et qu'il aurait fallu laisser dormir (Montherl., Lépreuses, 1939, p. 1524). On rencontre aussi le part. prés. dormassant en emploi adj. Maussade et dormassante (Arnoux, Roy. ombres, 1954, p. 122). Attesté par Guérin 1892, Lar. 20e-Lar. Lang. fr. et Quillet 1965. c) Dormichonner. Journée passée à (...) dormichonner dans mon lit (Goncourt, Journal, 1890, p. 1167). Attesté ds Guérin 1892. On rencontre aussi α) Le part. prés. dormichonnant en emploi adj. Sous les couvertures, moitié dormichonnant, moitié éveillé (Id., ibid., 1883, p. 279). Cf. Rheims 1969. β) Le dér. dormichonnement, subst. masc. Sommeil artificiel. On cherche à endormir dans un dormichonnement le cruel présent (Id., ibid., 1869, p. 531). Cf. Rheims 1969. d) Dormitailler. Bientôt il [Grégoire] dormitaillera (...) réveillé de loin en loin (...) et replongé bientôt dans une invincible hébétude (Arnoux, Solde, 1958, p. 27). Absent des dict. gén. du xixeet du xxes. 2. On rencontre également ds la docum. plusieurs subst. rares dér. de dormir. a) Dormette, subst. fém. Petit somme, sieste. Une p'tite dormette, après dîner (Gyp, Mar. civil, 1892, p. 179). Absent des dict. gén. du xixeet du xxes. b) Dormille, subst. fém. α) Loche de rivière. Attesté ds Ac. compl. 1842, Littré, Guérin 1892, Lar. 19e-Lar. encyclop. et Quillet 1965. β) Région. (Centre). Petit somme, sieste. Un petit bout de dormille sur le midi (Sand, Péché de M. Antoine, 1847, p. 54). c) Dormitation, subst. fém. Sommeil (cf. Bloy, Désesp., 1886, p. 64). Attesté ds Guérin 1892 qui le signale comme anc. d) Dormitoire, subst. masc. Chambre à coucher. Il ne faisait qu'un saut du dormitoire à la salle à manger (Nodier, Fée Miettes, 1831, p. 124). Sans entrer dans votre dormitoire, si vous roupillez (La Varende, Roi d'Écosse, 1941, p. 107). Attesté ds Guérin 1892 (arch.), Lar. 19e-20e(fam.) et Quillet 1965 (très rare). e) Dormoir, subst. masc., vx et rare. Lieu ombragé et pourvu d'eau où les bestiaux peuvent se reposer. Vaches au dormoir (Nouveau, Valentines, 1886, p. 230). Attesté par la plupart des dict. gén. du xixeet du xxes. sauf Ac.
Prononc. et Orth. : [dɔ ʀmi:ʀ], (je) dors [dɔ:ʀ]. Homon. dorer (certaines formes de part et d'autre). Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 « reposer dans le sommeil » or se dorment li Franc (Roland, éd. J. Bédier, 2521); 2. 1409 fig. « rester inactif » (Bouciquaut, II, ch. 22 ds Littré); 3. 1559 les bois dorment sans bruit (P. de Ronsard, Second livre des Meslanges, éd. P. Laumonier, X, 63, 210). Du verbe lat. class. dormire « dormir ». Fréq. abs. littér. Dormir : 11 566. Dormi : 1 119. Fréq. rel. littér. Dormir : xixes. : a) 11 566, b) 20 052; xxes. : a) 20 334, b) 16 345. Dormi : xixes. : a) 1 181, b) 1 960; xxes. : a) 1 781, b) 1 629. Bbg. Darm. 1877, p. 55. − Gottsch. Redens. 1930, passim. − Au Jardin des loc. fr. Vie Lang. 1959, p. 392. −Jud. (J.). Les Noms des poissons du lac Léman. B. du gloss. des patois de la Suisse Romande. 1912, t. 11, p. 16 (s.v. dormille).La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 298, 299. − Långfors (A.). Notes lexicogr. Neuphilol. Mitt. 1940, t. 41, pp. 101-104. − Lefèvre (J.). Loc. fr. et gastr. Vie Lang. 1972, p. 581. − Mihailescurechia (V.), Urechia (A.). Phénomènes inconnus de la lang. Orbis. 1971, t. 20, p. 11, 13, 15. −Pamart (P.). Écriture artiste et créations verbales. Vie Lang. 1970, p. 308 (s.v. dormichonnant).Quem. 2es. t. 4 1972 t. 10 1976. − Tournemille (J.). Au Jardin des loc. fr. Vie Lang. 1965, pp. 83-86.

Dormir : définition du Wiktionnaire

Verbe

dormir \dɔʁ.miʁ\ intransitif, parfois transitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. (Intransitif) Se reposer dans un état inconscient, de sommeil.
    • […] tout le monde dort, essaie au moins de dormir […]. — (Guy de Maupassant, Mademoiselle Fifi)
    • Nous dormîmes honteusement jusqu'à huit heures, et je ne sais combien de temps nous aurions prolongé cette grasse matinée, si l’hôtesse n'était venue nous apporter le café, […]. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 94)
    • Elle savait que la belle au Bois dormant reçut le Prince dans son lit, qu’on « leur tira le rideau » et qu’« ils dormirent peu », sans que l’auteur les plaigne. — (Pierre Louÿs; Les aventures du roi Pausole, 1901)
    • Ils devaient être épuisés de fatigue, car ils dormaient profondément, l’un près de l’autre, allongés, les bras collés au corps, comme des cadavres. — (Octave Mirbeau, Le colporteur,)
    • […] je vis toute la famille de mon hôte, une vingtaine de personnes, dont une dizaine d’enfants, qui dormaient, serrés les uns contre les autres, sur des nattes de pandanus. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Et ils continuent de giberner, mais un tel sommeil s’était emparé de moi que je m’en allai dormir dans la grange. — (Władysław Stanisław Reymont, Pèlerinage à Czestochowa, page 21, L’Âge d’Homme, 1984)
  2. (Transitif) Vivre un rêve, une sieste… en état de sommeil.
    • Saül but de l’eau du ruisseau, s’étendit à l’ombre du grenadier et dormit un rêve comme rafraîchi du vol, tout près de sa face, d’oiseaux frais et soyeux. — (Gustave Kahn, Terre d’Israël, 1933)
    • Marie dort une sieste. — (Anne-Marie Brousseau, Emmanuel Nikiema, Phonologie et morphologie du français, 2001)
    • Le vieux Pontife dormait sa sieste après-midi, lorsque le général Cervoni vint lui annoncer qu’il n’était plus souverain temporel. — (François Rohrbacher,Franz Hülskamp,Hermann Rump, Histoire universelle de l’église catholique, 1849)
    • Est-ce que les heures dormies avant minuit sont plus efficaces? — (site fr.answers.yahoo.com)
  3. (Intransitif) (Figuré) Être immobile ou avoir un mouvement imperceptible.
    • Quand tout dort encore, les larges avenues de Carpentras voient affluer des amoncellements d’asperges, de petits pois, de pomme de terre, de cerises et de fraises. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Cette toupie dort, elle tourne si vite que le mouvement en est imperceptible.
  4. (Figuré) Gésir dans la mort.
    • On peut découvrir autour de l'église, à l'ombre de vieux hêtres et de vieux tilleuls, une tombe presque envahie par l'herbe. Quelques-uns des parents de Pasteur dorment sous la pierre où est gravée l'inscription très simple : « Ici reposent à côté les uns des autres... » — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, p.6)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dormir : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DORMIR. (Je dors; nous dormons. Je dormais. Je dormis. Je dormirai. Dors. Que je dorme. Que je dormisse. Dormant. Dormi.) v. intr.
Être dans le sommeil. Dormir d'un profond sommeil. Il ne dort ni jour, ni nuit. Il dort profondément. Avoir envie de dormir. Faire semblant de dormir. Dormir sur un lit, sur un canapé, dans un fauteuil. Dormir d'un bon somme, de bon somme, Dormir d'un sommeil tranquille. On dit aussi, transitivement, Dormir un bon somme. Dormez votre sommeil. Fam., Dormir la grasse matinée, Dormir bien avant dans le jour, se lever fort tard. Par exagération, Dormir debout, tout debout, Éprouver le besoin du sommeil au point de s'assoupir même sans être couché ou assis. Conte à dormir debout. Voyez CONTE. Prov. et fig., Qui dort dîne, Le sommeil tient lieu de nourriture. Fig., Le bien, la fortune lui vient en dormant, se dit en parlant d'une Personne qui devient riche sans rien faire. Éveiller le chat qui dort. Voyez CHAT. Fig. et fam., Cette toupie, ce sabot dort, se dit d'une Toupie, d'un sabot qui tourne si vite que le mouvement en est imperceptible. Pop., Dormir comme un sabot, Dormir profondément et sans aucun mouvement. Fam., Dormir comme une marmotte, Dormir longtemps et profondément. On dit de même Dormir comme un loir. Fig. et fam., Dormir sur les deux oreilles, Être en pleine sécurité. Je veillerai à votre affaire, dormez sur les deux oreilles. Fig. et fam., Ne dormir que d'un œil, Être sur le qui-vive. Ou dit aussi Dormir les yeux ouverts. Fig. et fam., Il n'en dort pas, se dit de Quelqu'un qui est tenu en éveil par une vive espérance ou une crainte incessante. Fig., Laisser dormir ses capitaux, ses fonds, Ne pas les faire valoir. Laisser dormir un ouvrage, Le garder pendant quelque temps, pour en juger mieux quand l'imagination sera refroidie. Laisser dormir une affaire, Ne pas y donner suite, ne pas la réveiller. Il se dit encore figurément des Eaux qui n'ont point de mouvement, ou dont le mouvement est imperceptible. Il fait beau pêcher où l'eau dort. Prov. et fig., Il n'y a pire eau que l'eau qui dort, se dit de Quelqu'un qui cache ses desseins, sa vraie nature.

Dormir : définition du Littré (1872-1877)

DORMIR (dor-mir), je dors, tu dors, il dort, nous dormons, vous dormez, ils dorment ; je dormais ; je dormis ; je dormirai ; je dormirais ; dors, qu'il dorme, dormons ; que je dorme, que nous dormions ; que je dormisse ; dormant v. n.
  • 1Reposer dans le sommeil. Il dort profondément. Le malade va mieux, il a dormi d'un bon somme. Il dormait quelquefois dans le jour. Pourras-tu dans son lit dormir en assurance ? Corneille, Nicom. V, 1. Trop dormir fait mal à la tête, Et trop dormir c'est vivre en bête, Scarron, Virg. trav. VII. Guillot, le vrai Guillot, étendu sur l'herbette, Dormait alors profondément, La Fontaine, Fabl. III, 3. Cette réflexion embarrassant notre homme, On ne dort pas, dit-il, quand on a tant d'esprit, La Fontaine, ib. IX, 4. T'attendre aux yeux d'autrui, quand tu dors, c'est erreur, La Fontaine, ib. XI, 3. Je ne dormirai point sous de riches lambris ; Mais voit-on que le somme en perde de son prix ? La Fontaine, ib. XI, 4. Ce n'est qu'à prix d'argent qu'on dort en cette ville, Boileau, Sat. VI. C'est là que le prélat, muni d'un déjeuné, Dormait d'un léger somme, attendant le dîné, Boileau, Lutr. I. Mais tout dort et l'armée et les vents et Neptune, Racine, Iphig. I, 1. La vie est un sommeil ; les vieillards… ont eu un songe confus, informe et sans aucune suite ; ils sentent néanmoins, comme ceux qui s'éveillent, qu'ils ont dormi longtemps, La Bruyère, XI. Tout dort, tout est tranquille ; et l'ombre de la nuit…, Voltaire, Zaïre, V, 8. La nuit finissait, il était quatre heures, tout dormait encore dans les bivouacs de Delzons, hors quelques sentinelles, quand tout à coup…, Ségur, Hist. de Napol. IX, 2.

    Dormir à bâtons rompus, être réveillé, se réveiller plusieurs fois sans pouvoir faire un somme continu.

    Dormir comme un loir, dormir beaucoup, profondément, à cause que le loir est un animal hibernant, qui dort plusieurs mois de suite pendant l'hiver. On dit de même, dormir comme une marmotte.

    Dormir comme une souche, être profondément endormi.

    Dormir tout debout, ou, simplement, dormir debout, n'en pouvoir plus de sommeil, être accablé par le sommeil, au point de s'assoupir sans être couché ou assis.

    Conte à dormir debout, propos fabuleux qui ne méritent aucune créance. Voilà ce qui s'appelle des contes à dormir debout, Sévigné, 73. Les contes à dormir debout que l'on vous fait, Sévigné, 256.

    Dormir sur l'une et l'autre oreille, et, plus souvent, sur les deux oreilles, dormir profondément, et, figurément, être plein de sécurité. … Je lui conseille De dormir, s'il se peut, d'un et d'autre côté, La Fontaine, Coupe.

    Dans un sens opposé, ne dormir que d'un œil, être en une vigilance inquiète. Certain jaloux ne dormant que d'un œil, La Fontaine, On ne s'avise....

    Dormir en lièvre, dormir les yeux ouverts, et, figurément, être toujours sur le qui-vive. Cette crainte maudite M'empêche de dormir sinon les yeux ouverts, La Fontaine, Fabl. II, 14.

    Il n'en dort pas, se dit d'un homme qu'une vive espérance, une crainte incessante, une préoccupation assiége constamment.

    Fig. Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre, Corneille, Rodog. III, 4.

  • 2Dormir se dit aussi de ce qu'on a nommé le sommeil des plantes. Le soir, de nos jardins parcourez les carreaux ; Voyez, ainsi que nous, sur leurs tiges baissées S'assoupir de ces fleurs les têtes affaissées, Et, dormant au lieu même où veilleront leurs sœurs, Du nocturne repos savourer les douceurs, Delille, Trois règnes, VI.
  • 3Dans le langage biblique, dormir avec une femme, passer la nuit avec elle. Sa maîtresse [de Joseph] le prit par son manteau, et lui dit encore : Dormez avec moi, Sacy, Bible, Genèse, XXXIX, 12.
  • 4Dormir construit avec des substantifs et ayant en apparence, mais en apparence seulement, le sens actif. Le malade a dormi plusieurs heures de suite.

    Dormir la grasse matinée (c'est-à-dire dormir pendant la grasse matinée), dormir jusqu'à onze heures ou midi. Vous deviez être au lit toute cette journée, Ou tout du moins dormir la grasse matinée, Poisson, le Fol raisonnable, dans LE ROUX, Dict. comique.

    Dormir sa réfection, dormir autant qu'on en a besoin, c'est-à-dire dormir autant que la réfection l'exige. Le sommeil est nécessaire à l'homme ; et lorsqu'on ne dort pas sa réfection il arrive que…, Molière, Princ. d'Él. Prol.

  • 5Dans le style élevé, il se dit du sommeil de la mort. Elle va descendre à ces sombres lieux, à ces demeures souterraines, pour y dormir dans la poussière avec les grands de la terre, avec ces rois et ces princes anéantis…, Bossuet, Duch. d'Ort. Vous serez vous-même réduit en poudre au milieu des incirconcis, et vous dormirez avec ceux qui ont été passés au fil de l'épée, Sacy, Bible, Ézéchiel, XXXII, 28. Ses vices dormiront avec lui dans la poussière du tombeau, Massillon, Car. Impén. …c'est ici que dorment nos aïeux, Ducis, Abuf. II, 7. J'ai suivi mon époux jusqu'aux tombes sacrées Où dorment des Césars les cendres révérées, Chénier M. J. Tibère, III, 1. Les morts dorment en paix dans le sein de la terre ; Ainsi doivent dormir nos sentiments éteints, Musset, Poésies nouv. Nuit d'octobre.
  • 6 Fig. Être en repos, en sécurité. Nous ne connaissons que notre confiance dans le ministre et le malaise que nous éprouvons : nous ne dormons que parce qu'on dort au pied du Vésuve, Mirabeau, Collection, t. III, p. 232.
  • 7 Fig. Ne point agir quand on devrait le faire. Aux menaces du fourbe on doit ne dormir point, Molière, Tart. V, 3. L'habitude de se laisser voler par ses domestiques, jointe à la vigilance du coupable, à qui son maître ne pouvait reprocher d'avoir dormi dans son service, le portèrent à la clémence, Hamilton, Gramm. 11. Tu dors, Brutus, et Rome est dans les fers, Voltaire, M. de Cés. II, 2. Dans tous les lieux, sans cesse, ouvrant l'œil et l'oreille, En paraissant dormir le gouvernement veille, Ducis, Othello, II, 7.

    En matière féodale, quand le vassal dort, le seigneur veille, ou quand le seigneur dort, le vassal veille, c'est-à-dire quand l'un des deux néglige d'user de ses droits, l'autre en profite.

    Familièrement. Cet homme ne dort pas, se dit d'un homme à l'affût de toutes les circonstances qui lui sont favorables.

    Dormir sur une affaire, la conduire lentement, doucement.

    Laisser dormir un ouvrage d'esprit, attendre pour en mieux juger que l'imagination soit refroidie. Oui je dormais sur un petit volume Qui me vaudra d'être encore étrillé, Béranger, Gohier.

    Laisser dormir une affaire, attendre pour y donner suite.

    Laisser dormir les lois, en suspendre momentanément l'exécution. Sparte elle-même a laissé dormir ses lois, Rousseau, Contr. IV, 6.

    Laisser dormir ses fonds, ses capitaux, ne pas les faire valoir.

    Laisser dormir noblesse, se disait autrefois lorsqu'un gentilhomme, qui voulait faire le commerce, déclarait qu'il n'entendait être commerçant que pendant un certain temps.

  • 8Rester immobile, être sans mouvement, en parlant des choses. Il fait beau pêcher où l'eau dort.

    On dit qu'un sabot, qu'une toupie dorment, quand le mouvement qui les anime est si rapide qu'ils semblent immobiles.

    Fig. Dormir comme un sabot, dormir profondément.

    Terme de marine. On dit que le sablier dort, quand on a oublié de le retourner ; qu'une rose des vents dort, quand elle ne tourne pas, le bâtiment changeant de route. Laisser dormir l'horloge, oublier de la remonter.

  • 9 V. a. Dans le langage élevé et dans cette seule locution, dormir son sommeil. Dormez votre sommeil, riches de la terre, et demeurez dans votre poussière, Bossuet, le Tellier. Tous les riches ont dormi leur sommeil, et, lorsqu'ils se sont éveillés, ils n'ont rien trouvé dans leurs mains, Sacy, Bible, Psaumes, LXXI, 6.

    Par une même figure grammaticale, mais dans le langage familier, dormir un bon somme, avoir un bon sommeil pendant un long espace de temps.

    C'est par analogie de cet emploi que A. de Musset a hasardé dormi au passif : Suis-je pas belle encor ? pour trois nuits mal dormies Ma joue est-elle creuse et mes lèvres blêmies ? dans le Dict. de POITEVIN.

    On trouvera à l'historique : dormir une éternelle nuit. Cela pourrait aussi très bien se dire.

  • 10 S. m. Le long dormir est exclu de ce lieu, La Fontaine, Papef. Que les soins de la Providence N'eussent pas au marché fait vendre le dormir Comme le manger et le boire, La Fontaine, Fabl. VIII, 2.

PROVERBES

Il n'y a pas de pire eau que celle qui dort, c'est-à-dire il faut se défier des gens qui ne manifestent rien de ce qu'ils ressentent. Mais il n'est, comme on dit, pire eau que l'eau qui dort, Molière, Tart. I, 1.

Qui dort dîne, c'est-à-dire en dormant on s'engraisse aussi bien qu'en mangeant. Ce proverbe se prend aussi dans un sens moqueur, pour reprocher l'indolence à un paresseux, et lui faire entendre que, s'il ne travaille pas, il ne dînera qu'en songe.

Le bien, la fortune lui vient en dormant, c'est-à-dire il devient riche sans rien faire. Les biens nous viennent en dormant, je vous assure, Regnard, Retour impr. sc. 1.

Jeunesse qui veille et vieillesse qui dort, c'est signe de mort.

Il ne faut pas réveiller le chat qui dort, il ne faut pas renouveler une méchante affaire qui est assoupie. À l'historique, on trouve : réveiller le chien qui dort, ce qui est mieux.

REMARQUE

Les douze heures que j'ai dormi et non dormies. L'apparence de verbe actif disparaît quand on restitue l'ellipse : Les douze heures pendant lesquelles j'ai dormi.

HISTORIQUE

XIe s. Charles se dort, li empereres riches, Ch. de Rol. LV. Par touz les prez or se dorment li Franc, ib. CLXXX.

XIIe s. Que il m'avint anuit [cette nuit] en mon dormant, Ronc. p. 163. Ne fausse amors ne veut que s'entremete De moi laisser dormir ne reposer, Couci. Il dormirent lur somne, Liber psalm. p. 101. Li dormirs est partiz de mes eauz [yeux], Machabées, I, 6.

XIIIe s. Là dormirent la nuit, H. de Valenciennes, II. Anuit avecques moi [je] ferai Bertain dormir, Berte, XII. De peine et de travail [elle] dort si ferm et si dur, ib. XLI. Nus selier ne autres ne doit sele tainte garnie livrer, devant que ele est esté vernicie, se ce n'est sele dormant, Liv. des mét. 213. Trop de ledes choses aviennent à ceux qui tex [tels] dormirs maintiennent, la Rose, 13664. L'en [on] se dort le soir [dans une navigation] là où en [on] ne scet se l'en se trouvera ou fons de la mer, Joinville, 210.

XIVe s. Quant l'en dort, il ne appert pas ne n'est manifeste qui est bon ou qui est malvois, Oresme, Eth. 30. Celui qui dort ne vit pas, fors de tele vie comme vit une plante, Oresme, ib. 311. Mais Jehan tint leurs parolles Droictement comme frivolles, Et leur disoit : Vous faictes tort ; Vous esveillez le chien qui dort, Liv. du bon Jehan, 1033.

XVe s. Le deable, qui oncques ne dort, resveilla ceux de Bruges, Froissart, II, II, 52. Nos gens ne dormirent mie, ains saillirent contre eux par grande hardiesse à qui mieulx mieulx, Bouciq. II, ch. 22. Il fit faire sa sepulture pour dormir ses jours, Hist. de Louis III, duc de Bourbon, p. 371, dans LACURNE. Et tant fit qu'il se trouva en la chambre où la levriere se dormoit, Louis XI, Nouv. XXVIII.

XVIe s. L'esprit troublé de mon cher pere Anchise En mon dormant haste mon entreprise, Du Bellay, J. IV, 16, recto. Filz de deesse, en quelle seureté Es-tu icy au dormir arresté Si longuement ? Du Bellay, J. IV, 22, verso. Mais quand l'homme a perdu ceste douce lumiere, La mort luy fait dormir une eternelle nuict, Du Bellay, J. VI, 17, recto. Nos voisins ne dorment pas, et n'ont que trop de connoissance de nos desordres, Lanoue, 223. Agesilaus dit que pour ce jour là il falloit laisser dormir les loix, Amyot, Agésil. 49. Les vents sont assoupis, les bois dorment sans bruit, Ronsard, 744. Qui dort grasse matinée, trotte toute la journée, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 389. Trop dormir cause mal vestir, Leroux de Lincy, ib. p. 429. L'autre sauvage qui avoit cependant dormy [perdu connaissance] du coup que le chevalier du dragon lui avoit donné, Don Flores de Grece, f° CXX, dans LACURNE. Neantmoins en y avoit-il bien de telx qui eussent eu grand mestier [besoin] de dormir le vin qu'ilz avoient beu à oultrage, Menard, Hist. de du Guesclin. p. 528, dans LACURNE. Essuyez de tristes yeux Le long gemir ; Et me donnez pour le mieux Un doux dormir, la Marguerite des marguerites, cité dans Revue de l'Instr. publique, 19 juin 1862, p. 186.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

DORMIR. Ajoutez :
11Il se dit d'un végétal pendant le temps où la séve n'a pas de mouvement. Je conseille aussi l'échaudage, pratiqué lorsque la vigne dort, comme complément de l'épontage, Pellet, dans Travaux de la Comm. départem. contre le phylloxéra, Perpignan, 1874, p. 91.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Dormir : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* DORMIR, v. n. état de l’homme, qui partage toute sa vie avec l’état du sommeil, comme le jour & la nuit partagent toute la durée. Voy. Sommeil.

Dormir, (Jurispr.) ce terme est usité en cette matiere en plusieurs sens différens.

C’est une maxime en fait de mouvance féodale, que tant que le vassal dort le seigneur veille, & que tant que le seigneur dort le vassal veille ; c’est à-dire, comme l’explique l’art. 62 de la coûtume de Paris, que le seigneur ne fait point les fruits siens avant qu’il ait saisi, & qu’après la saisie il gagne les fruits jusqu’à ce que le vassal ait fait son devoir, en renouvellant toutefois par le seigneur la saisie de trois ans en trois ans.

On dit aussi en style de palais, que quand la cour se leve le matin, elle dort l’après-dînée, pour dire que quand elle a été obligée de lever l’audience du matin plûtôt qu’à l’ordinaire, pour quelque cérémonie ou affaire publique, il n’est pas d’usage qu’elle entre de relevée.

On dit aussi en parlant d’un usage pratiqué dans certaines provinces, comme en Bretagne, laisser dormir sa noblesse ; c’est-à-dire que sans y déroger pour toûjours, elle demeure en suspens, avec intention de la reprendre au bout d’un certain tems ; ce qui arrive lorsqu’un gentilhomme qui veut faire commerce, déclare, pour ne pas perdre sa noblesse, qu’il n’entend faire le commerce que pendant un certain tems. Voyez Dérogeance, Gentilhomme, Noble, Noblesse. (A)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « dormir »

Étymologie de dormir - Littré

Bourguig. dremi ; Berry, dourmir ; provenç. dormir, durmir ; espagn. dormir ; ital. dormire ; du latin dormire. Dans l'ancienne langue, dormir prend la forme réfléchie, comme d'autres verbes neutres la prenaient et la prennent encore. La conjugaison je dors, tu dors, il dort, etc. n'est point, dans la vérité, une irrégularité ; ces formes suivent la conjugaison latine : dórmio, dórmis, dórmit, etc. où l'accent est sur dor.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de dormir - Wiktionnaire

Du latin dormīre.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « dormir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
dormir dɔrmir play_arrow

Conjugaison du verbe « dormir »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe dormir

Évolution historique de l’usage du mot « dormir »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « dormir »

  • Selon le physiothérapeute Vinh Pham, fondateur de Myodetox et responsable du rétablissement chez ASYSTEM, la meilleure position pour dormir peut varier d’une personne à l’autre mais trouver la bonne peut changer votre vie, surtout lorsque vous êtes un athlète ou que vous aimez faire du sport et que les douleurs au cou et au dos vous empêchent souvent de le pratiquer correctement. GQ France, Dans quelle position dormir pour ne pas avoir mal partout ? | GQ France
  • Plus facile à dire qu'à faire. D'après l'institut national du sommeil, un quart des Français souffriraient de troubles du sommeil, notamment d'insomnies et de réveils nocturnes. Pour les éviter, le docteur Jimmy Mohamed partage quelques conseils au micro d'Europe 1. Pratiquer une activité physique durant la journée améliore la qualité du sommeil. Et s'adonner le soir à un exercice d'intensité modérée, peu de temps avant le coucher, n'affecte pas le sommeil. Petite astuce : prendre un bain 90 minutes avant le coucher permet de s’endormir plus rapidement.  Europe 1, Troubles du sommeil : quelques conseils pour dormir mieux et plus
  • Petits, nous réclamions une histoire avant de dormir. Lire, se laisser traverser par les mots, puis s’endormir et rêver de temps en temps est une séquence que plus âgés nous avons, pour certains, conservée. Le Temps, Draps de lit, pages d'un livre, de quoi dormir, lire et peut-être rêver  - Le Temps
  • Charmant village des Pyrénées, Saint-Bertrand-de-Comminges est situé en Haute-Garonne. Classé parmi les « Plus Beaux Villages de France », il est haut lieu de pèlerinage sur le chemin vers Compostelle. Cette ancienne cité romaine abrite ainsi de nombreux monuments et sites historiques classés. Certains, comme sa Cathédrale, le sont même au Patrimoine mondial de l’Unesco. Vous souhaitez visiter ce village au patrimoine unique ? Pour vous aider, nous avons listé dans cet article les 8 meilleurs endroits où dormir à Saint-Bertrand-de-Comminges. GenerationVoyage, Où dormir à Saint-Bertrand-de-Comminges ?
  • Plusieurs "univers" ont donc été intégrés aux espaces de vie des animaux et le parc propose par exemple de "dormir avec les loups", en vivant dans un hébergement en bois d'une centaine de mètres carré, duquel on peut observer la meute, y compris pendant la nuit. Les visiteurs peuvent également se rendre dans "la grande plaine des cerfs", ou encore choisir les lodges "de la rivière des ours". "Ce sont des maisons à pilotis dont les pieds sont dans la rivière où se baignent les ours, qui cohabitent avec des coyotes, des bisons, etc", explique encore Laurent Singer.  Europe 1, Dormir au dessus du vide ou au milieu des animaux : comment voyager différemment cet été
  • L’importance du sommeil dans la vie de l’Homme n’est plus à prouver, mais quelle posture adopter pour mieux dormir et faire le plein d’énergie? Des médecins donnent leurs recommandations. , Les postures les plus dangereuses pour dormir, selon des médecins chinois - Sputnik France
  • Il ronfle. Elle bouge tout le temps. Le sommeil à deux peut vite se transformer en cauchemar, et nombreux sont celles et ceux qui préféreraient de loin dormir seuls - d’ailleurs, un grand nombre de personnes franchissent le pas en faisant lit à part. Le couple et le sommeil ne feraient pas bon ménage ? Une idée reçue, si l’on en croit une étude germano-danoise qui vient de paraître dans la revue « Frontiers in Psychiatry ». L'Obs, Dormir à deux est bon pour la qualité du sommeil
  • Nous devons dormir pour donner assez de place au rêve. De Erik Orsenna / Les Chevaliers du subjonctif
  • L'amour est une histoire à dormir couché. De Paul Morand / Journal intime
  • L’Histoire n’est qu’une histoire à dormir debout. De Jules Renard
  • Bien nourrir fait dormir, Et bien vivre bien mourir. De Proverbe français
  • On ne dort pas pour dormir, mais pour agir. De Georg Christoph Lichtenberg / Aphorismes
  • Personne ne sort de son lit pour dormir par terre. De Proverbe indien
  • Boire du café empêche de dormir. Par contre, dormir empêche de boire du café. De Philippe Geluck / L'excellent du chat
  • Ronfler, c'est dormir tout haut. De Jules Renard / Journal
  • Mieux vaut dormir debout que courir couché. De Ruppert Barnes
  • Mourir ; dormir ; dormir, rêver peut-être. C'est là l'obstacle. William Shakespeare, Hamlet, III, 1, Hamlet
  • Les hommes qui sont malheureux, comme ceux qui dorment mal, sont toujours fiers de ce fait. Bertrand, 3e comte Russell, La Conquête du bonheur, I The Conquest of Happiness, I
  • Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête Toute sonore encor de vos derniers baisers ; Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête, Et que je dorme un peu puisque vous reposez. Paul Verlaine, Romances sans paroles, Green , Messein
  • Mais tout dort, et l'armée, et les vents, et Neptune. Jean Racine, Iphigénie, I, 1, Arcas
  • Un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l'ordre des années et des mondes. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, À l'ombre des jeunes filles en fleurs , Gallimard
  • Pauvre être. Je n'aime pas, dit Dieu, l'homme qui ne dort pas. Charles Péguy, Le Mystère des saints Innocents, Gallimard
  • Nous l'avons, en dormant, Madame, échappé belle. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Les Femmes savantes, IV, 3, Trissotin
  • On meurt d'avoir dormi longtemps Avec les fleurs, avec les femmes. Charles Cros, Le Coffret de santal, Lendemain
  • Je veux dormir ! dormir plutôt que vivre ! Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, le Léthé
  • En dormant à moitié, il avait beaucoup retenu. Alphonse Allais, Ne nous frappons pas, Revue Blanche

Images d'illustration du mot « dormir »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « dormir »

Langue Traduction
Corse dormi
Basque lo egin
Japonais 寝るため
Russe спать
Portugais dormir
Arabe للنوم
Chinois 睡觉
Allemand schlafen
Italien dormire
Espagnol dormir
Anglais to sleep
Source : Google Translate API

Synonymes de « dormir »

Source : synonymes de dormir sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « dormir »



mots du mois

Mots similaires