Réserver : définition de réserver


Réserver : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

RÉSERVER, verbe trans.

A. − Qqn réserve qqc. (à qqn), qqn se réserve qqc.
1. DR. Qqn (se) réserve un droit. Mettre de côté dans un contrat une clause à faire valoir ultérieurement. La remise ou décharge conventionnelle au profit de l'un des codébiteurs solidaires, libère tous les autres, à moins que le créancier n'ait expressément réservé ses droits contre ces derniers (Code civil, 1804, art. 1285, p. 231).Part. passé en empl. adj. Tous droits réservés. Toute prétention réservée. Tous dépens réservés (Ac. 1835-1935). Biens réservés. Partie d'une succession qui revient de droit aux héritiers légitimes. (Dict. xixeet xxes.).
Empl. pronom. réfl. indir. S'attribuer à l'avance quelque chose par une clause; mettre de côté pour soi un droit. La France n'a pas respecté le droit qu'elle s'était réservé par ce traité! (Dumas père, Fille du régent, 1846, III, 4, p. 215).Je me réserve le droit de traduction. Si on voulait me l'acheter également, le prix total serait 300 000 francs (Hugo,Corresp., 1861, p. 359).Qqn se réserve (le droit) de + inf.Conserver le droit de. L'administrateur (...) se réserve le droit de dissoudre la Commission (Barrès,Cahiers, t. 12, 1919, p. 140).
2. P. ext. Destiner quelque chose à l'usage exclusif ou particulier de quelqu'un.
a) Réserver (qqc.) à qqn.Réserver à l'aristocratie, à la famille, aux dames, aux étrangers, aux officiels; réserver un banc, une place, une salle à; réserver un accueil cordial, chaleureux, froid à qqn. Le président, qui était son ami, lui réservait certaines besognes aisées et brillantes, pour le mettre en vue (Zola,Pot-Bouille, 1882, p. 94).[Des chefs social-démocrates] tourneraient aussitôt contre leur gouvernement la violence des attaques qu'ils avaient jusqu'alors réservées au gouvernement de Vienne (Martin du G.,Thib., Été 14, 1936, p. 440).
Loc. Réserver pour qqn. Réservez vos foudroyants anathèmes pour ces hommes vils, monsieur, et tous les gens de cœur applaudiront aux coups de fouet de votre Némésis vengeresse (Balzac,Corresp., 1831, p. 519).
b) Au passif
Qqc. est réservé à qqn.D'un côté étaient les fauteuils réservés aux dames, derrière le trône du roi et de la reine; de l'autre étaient les chaises destinées au sexe laid (About,Roi mont., 1857, p. 288).Ce restaurant qui doit s'ouvrir en octobre sera réservé aux étudiants et à quelques personnes du dehors. La formule en est toute nouvelle. On se sert soi-même (Green,Moïra, 1950, p. 70).
Part. passé en empl. adj. Place réservée aux invalides, aux mutilés, aux vieillards; domaine réservé (à). C'était une vaste demeure avec l'aile réservée aux femmes et le jardin secret où chantait le jet d'eau (Saint-Exup.,Citad., 1944, p. 518).DR. CANON. Cas réservés. Péchés qui, en raison de leur gravité, ne peuvent être absous que par le pape ou un évêque. Le Grand-Pénitencier va dans une des basiliques de Rome, pour y entendre la confession des cas réservés (Stendhal,Rome, Naples et Flor., t. 2, 1817, pp. 372-373).
Chasse, pêche réservée. Chasse, pêche dont la pratique sur un domaine est soumise à autorisation. Partout, partout, des poteaux avec l'inscription: « Chasse réservée » (Renard,Journal, 1895, p. 298).
Quartier réservé. Quartier où sont situées les maisons de prostitution dans certaines villes. Car ne crois pas, quand tu te saisis de la bien-aimée au soir des noces qu'il soit [l'amour] d'abord pour toi simple conquête d'un corps, duquel tu eusses pu hériter dans le quartier réservé de la ville où sont des filles semblables d'apparence (Saint-Exup.,Citad., 1944, p. 745).
Qqc. est réservé à qqc.Être attribué particulièrement à un usage. Françoise était d'un temps où « dépens » n'était pas réservé au style judiciaire et signifiait seulement dépense (Proust,Guermantes 1, 1920, p. 26).
c) Empl. pronom. réfl. indir. Qqn se réserve qqc.Garder pour soi quelque chose à son usage exclusif ou comme prérogative. La température était délicieuse. L... s'était réservé à l'ombre d'ormes séculaires un lieu de repos où nous nous installâmes en attendant de nous mettre à table (Billy,Introïbo, 1939, p. 8).
Qqn se réserve de/à (vx) + inf.Conserver pour l'avenir la possibilité de (faire quelque chose). Synon. se proposer de.Je me réserve à parler quand j'aurai entendu vos raisons (Ac.1798-1878).Sois tranquille! je suis muet; mais je me réserve de te gronder plus tard (Bayard,Mari camp., 1844, II, 7, p. 473).
B. − Qqn réserve qqc. (à/pour qqn), qqn réserve qqc. (à/pour qqc.)
1. Qqn réserve qqc. (à/pour qqn).Retenir quelque chose à l'avance pour quelqu'un.
a) [Le suj. désigne la pers. qui effectue la réservation] Tenir en réserve; retenir quelque chose pour quelqu'un de telle sorte qu'il puisse en disposer. Labordette descendait d'une calèche où Gaga, Clarisse et Blanche de Sivry lui avaient réservé une place (Zola,Nana, 1880, p. 1379).Élisabeth lui réserva un petit appartement, au-dessus du sien (Cocteau,Enfants, 1929, p. 123).
b) [Le suj. désigne la pers. qui fait faire la réservation] Louer ou faire retenir pour quelqu'un, quelque chose. Réserver une place dans un avion, un train, au restaurant, au théâtre. (Dict. xxes.).
Part. passé en empl. adj. Il y avait (...) les billets de concerts (...) les cartes de toutes couleurs, « estrade, premières, places réservées » (A. Daudet,Nabab, 1877, p. 141).
Loc. Réserver un sort, une surprise à qqn. Lui destiner dans un avenir plus ou moins proche un sort ou une surprise. Il s'en va à Orsenna pour quelques jours. À son retour, je lui réserve une surprise (Gracq,Syrtes, 1951, p. 139).
2. Qqn réserve qqc. (à/pour qqc.)
a) Mettre de côté quelque chose pour plus tard en vue d'une utilisation précise. Réserver de l'argent, ses forces; réserver pour les grandes circonstances, pour les imprévus; réserver un sujet pour. Ma grand'mère Rondeaux, de même, avait réservé pour la fin le meilleur de ce qu'elle avait à dire, les suprêmes instructions et recommandations qu'elle souhaitait faire à ses enfants (Gide,Journal, 1927, p. 854):
Comme le besoin était pressant, je pris l'avis de ma femme, et, de son consentement, je m'empressai d'envoyer à M. de La Rivière une somme de deux cents francs que j'avais disponible et que je réservais pour m'acheter une montre... Hugo,Corresp., 1825, p. 425.
[P. méton.] Si (...) je réservais Mérimée pour plus tard, il faudrait liquider les notes courtes et les flanquer elles aussi de grandes études nouvelles (Du Bos,Journal, 1923, p. 261).
b) [Sans compl. second, mais souvent avec compl. indiquant le motif de la réserve]
Vx. Mettre à part, conserver. (Ds Rob.).
Locutions
Réserver l'avenir. Faire en sorte de garder toute latitude, toutes ses chances dans l'avenir. Ce même désir de trouver un mode nouveau d'expression m'incline à réserver l'avenir pour ce qui touche au cinéma (Mauriac,Journal 3, 1940, p. 258).
Réserver son avis, son jugement, son opinion. S'abstenir de donner son avis. Je vous trouve extrêmement optimiste, Courtel. Pour moi, je réserve mon opinion jusqu'à plus ample informé (Arnoux,Crimes innoc., 1952, p. 274).
C. − Qqn réserve qqn à/pour qqc., qqc. réserve qqc. à qqn
1. Qqn réserve qqn à/pour qqc.
a) Destiner quelqu'un à une fonction, un rôle. Réserver qqn à de hautes fonctions, pour une mission.
Empl. passif. J'étais réservé à autre chose (Nodier,Fée Miettes, 1831, p. 85).
b) Avoir quelqu'un à sa disposition pour. Elle voulait avoir, à une heure du matin, une explication avec lui, et elle voulait me réserver pour, après cette explication, une conversation sur des choses que nous avons traitées cent fois (Constant,Journaux, 1804, p. 103).
2. Qqc. réserve qqc. (à qqn).Être destiné à faire survenir. Qui sait ce que réservait l'avenir? (Verne,Île myst., 1874, p. 549).Ce sont les chiens sanitaires. Oh la prochaine guerre nous réserve des surprises! Les chiens qui vont soigner des hommes... Voilà qui est beau, qui mérite d'être médité (Aragon,Beaux quart., 1936, p. 491).
Empl. passif. Je suis réservé à l'isolement et à une vie fragmentée de toutes manières (Barb. d'Aurev.,Mémor. 1, 1837, p. 182).
3. Empl. impers. Il était réservé à qqn/qqc. de + inf.Il appartient à (quelqu'un, quelque chose) de. Il était réservé à notre époque d'acquérir de cette vérité une démonstration aussi merveilleuse qu'inattendue (Lacord.,Conf. N.-D., 1848, p. 148).Il était réservé à un Bonaparte d'aller étouffer une république naissante par une intervention dont la France libre ne se fût jamais rendue coupable (Zola,Fortune Rougon, 1871, p. 89).
D. − Qqn réserve qqc., qqn se réserve. Garder intact.
1. Préserver quelque chose. Réserver son intimité; réserver l'avenir. Tu peux réserver tes ambitions pour ton fils aîné, qui sera trois fois plus riche que tu ne l'es (Balzac,Béatrix, 1839, p. 117).Pas de susceptibilité ni d'ironie, Frie. Réserve-les pour une autre heure (Arnoux,Roi, 1956, p. 66).
2. En partic. Garder intact (son appétit) pour. Mangez de cette hure froide de sanglier, mais réservez votre appétit, on vous a fait un petit chapelet de grives qui sont ici, pourrait-on dire, notre gibier national (Giono,Angelo, 1958, p. 213).
3. Empl. pronom. réfl. dir.
a) S'abstenir de; rester sur la réserve.
Absol. Quoique à l'âge où l'on se livre aisément, Vauvenargues ne disait pas tout sur lui-même; il se réservait (Sainte-Beuve,Caus. lundi, t. 14, 1857, p. 18).Barrès, malgré l'apparence absolument contraire, se livre beaucoup plus que ne faisait Coppée. Celui-ci, comme tout poète, se réservait, donnait beaucoup le change (Jammes,Mém., 1922, p. 219).
b) Conserver des possibilités, des arguments pour les utiliser au moment propice. Je travaille beaucoup, mais je ne prendrai pas votre question cette année. On me dit que la Chambre n'aime pas qu'on parle souvent en commençant; je me réserve pour cinq ou six grandes occasions, auxquelles je suis préparé (Lamart.,Corresp., 1834, p. 13).
4. Au passif, loc. verb., vieilli. Être réservé à + inf. Montrer de la réticence à faire quelque chose; faire preuve de circonspection. On ne saurait être trop réservé à parler de soi, à critiquer les autres (Ac.).
5. ARTS GRAPH., BEAUX-ARTS. Laisser un blanc; épargner le fond d'une peinture ou d'une gravure. Avant lui, le peintre en émail n'avait pas de blanc susceptible de se mêler aux autres couleurs (...) il était donc contraint d'épargner le blanc du fond, de le réserver, comme on dit (Ch. Blanc, Gramm. arts dessin, 1876, p. 589).
Prononc. et Orth.: [ʀezε ʀve], (il) réserve [-zε ʀv]. Ac. 1694-1740: reserver; dep. 1762: ré-. Étymol. et Hist. 1. a) Fin xiies. « destiner, attribuer à quelqu'un » (Sermons St Bernard, éd. W. Foerster, p. 120, l. 14); 1533 [date éd. Tesoro] spéc. réserver à soi (Brunet Latin, Trésor, éd. P. Chabaille, p. 72, additif selon divers mss et éd. 1533); 1553 se réserver « garder pour soi » (Bible Gérard, Rom XIa4 [et non 2a4 d'apr. FEW t. 10, p. 295a]); b) 1651 part. passé adj. réservé (Corneille, Nicomède, I, 2); c) 1738 être réservé (à qqn) « être le lot, le sort, le destin de, ce que quelqu'un fera » (Rollin, Hist. anc., t. 5, p. 816); d) 1788 réserver (à qqn) « préparer (pour l'avenir de quelqu'un), mettre dans la destinée (de quelqu'un) » (Loaisel de Treogate, Passions, t. 1, p. 198); 2. a) 1337 « soumettre à un régime spécial ou à une restriction, restreindre (p. ex. un droit ou un pouvoir) en attribuant spécialement à quelqu'un ou à soi-même » (Doc. ds Livre Roisin, éd. Brun Lavainne, p. 352); b) 1349 réservé que « excepté que » (ibid., p. 167); c) fin xives. réservé se hauteur et sen honneur « sa grandeur et son honneur étant saufs » (Froissart, Chron., éd. S. Luce et G. Raynaud, t. 9, p. 223); 1409 réservé « à l'exception de » (Trésor des Chartes de Rethel, II, 621, 30 ds Runk., p. 158); d) fin xives. reserver l'iretage (Froissart, op. cit., t. 10, p. 173); ca 1485 biens [...] réservez « biens dont un testataire ne pourrait disposer à sa guise » (Mistère Viel Testament, 1855, éd. J. de Rothschild, t. 3, p. 45); e) 1612 cas réservés « péchés dont l'absolution ne peut être donnée que par certaines autorités ecclésiastiques ou un prêtre ayant reçu un pouvoir spécial » (Regnier, Satyre XIII, 25, Œuvres compl., éd. G. Raibaud, p. 172); 1718 id. « chose dont on fait mystère » (Leroux, p. 451); f) 1833 « retenir à l'avance, faire que quelqu'un ou soi-même disposera de, faire garder, faire attribuer » (Balzac, Corresp., p. 359); 1839 places réservées (Sand, Lélia, p. 448); 3. fin xives. « garder à part, ne pas laisser voir ou connaître » (Froissart, op. cit., t. 6, p. 83); 4. ca 1485 « mettre à part pour préserver, sauver » (Mistère Viel Testament, 46824 et 46834, éd. J. de Rothschild, t. 6, p. 113); 5. a) 1558 se réserver à « se garder pour plus tard la possibilité de, attendre pour (faire quelque chose) » (Bonaventure des Périers, Nouvelles récréations et joyeux devis, éd. Krystyna Kasprzyk, p. 17); b) av. 1660 se réserver de « id. » (Patru, 3ePlaidoyer, p. 32); 6. 1559 se réserver à « se garder, se préserver en vue de » (Amyot, Hommes illustres, Fabius Maximus, éd. L. Clément, p. 92); 1671 (Pomey: Je me suis réservé pour d'autres temps); 7. a) 1559 réservé « qui se contient, discret » (Id., ibid., Péricles, p. 13); b) 1665 empl. subst. faire le réservé (La Fontaine, Contes, I, II, 96, Œuvres, Gds écrivains de la France, t. 4, p. 71); 8. 1579 « garder (quelqu'un ou quelque chose) en vue d'un état, d'une fonction ou d'un usage déterminé » (Garnier, La Troade, 2657, Tragédies, éd. W. Foerster, t. 2, p. 168 ds IGLF). Empr. au lat.reservare « mettre de côté, garder en vue de quelque chose, conserver, sauver ». Fréq. abs. littér.: 1 758. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2 236, b) 1 944; xxes.: a) 2 416, b) 3 067.
DÉR.
Réservement, subst. masc.,hapax. On ne nourrissait pas les sources et les grâces comme un réservement pour les sept vaches maigres (Péguy,Ève, 1913, p. 772). [ʀezε ʀvəmɑ ̃]. 1resattest. ca 1155 (Wace, St Nicolas, éd. E. Ronsjö, p. 116), attest. isolée, 1913 (Péguy, loc. cit.); de réserver, suff. -(e)ment2*.

Réserver : définition du Wiktionnaire

Verbe

réserver \ʁe.zɛʁ.ve\ transitif ou pronominal 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se réserver)

  1. Garder, retenir quelque chose d’un tout, une chose entre plusieurs autres.
    • Une bécasse, c'est chère de prince; et c'était pour se la réserver que les chasseurs avaient obtenu l'arrêté de prohibition! — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Il a vendu la propriété de ce domaine, mais il s’en est réservé l’usufruit, la jouissance.
    • L’évêque se réserve le pouvoir d’absoudre certains cas.
    • Le ministre s’est réservé la connaissance de cette affaire.
  2. Garder une chose pour un autre temps, pour un autre usage, la ménager pour une autre occasion.
    • Avant d'exploiter une coupe, on a dû marquer les arbres que l'on veut réserver, tant dans le taillis que dans la futaie ; cette marque se fait ordinairement au pied de l'arbre à l'aide d'un marteau. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 161)
    • Il réserve le reste de l’explication pour une autre conférence.
    • L’avocat a prié les juges de lui réserver la réplique, il leur a demandé la permission, le droit de répliquer quand il sera temps.
    1. (Pronominal) Se proposer de faire une chose, remettre à la faire quand on le trouvera à propos, en temps et lieu.
      Se réserver de faire quelque chose.
      Je me réserve de lui en dire mon avis en temps et lieu.
      Je me réserve pour une autre occasion.
      Il se réserve pour de plus grandes choses.
      Un tel n’a pas parlé aujourd’hui dans la discussion de cette loi, il se réserve pour demain.
      Se réserver pour le rôti, pour l’entremets.
    2. Se dit aussi en parlant des personnes.
      Le général réserva ses meilleures troupes pour une dernière attaque.
      Un homme discret réserve ses amis pour les occasions essentielles.
  3. (Figuré) Destiner.
    • Nous réservâmes aux nouveaux venus un accueil qui fut cordial et empressé, mais le temps n'était pas aux effusions et d'un commun avis, il fallait agir vite. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Une place d’honneur m’avait été réservée et une charmante Mangarevienne m'avait couronné de fleurs. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • L’enclôture aurait été réservée alors aux pièces essentielles, dont elle devenait la défense et la parure. L'ère des grands défrichements médiévaux aurait achevé de déblayer certaines régions. — (Gaston Roupnel, Histoire de la campagne Française, 8e partie, chap. 3, Éditions Bernard Grasset, 1932, Librairie Pion, 1974 & 1981, 1984, p. 315)
    • Les événements lui réservaient une fin glorieuse.
    • Il a enfin reçu la punition que la justice divine lui réservait.
    • Il était réservé à de grands dangers.
    • (Impersonnel) C’est à lui qu’il était réservé de terminer cette grande œuvre.
  4. (Cuisine) Mettre de côté.
    • Monter les blancs en neige et les incorporer délicatement à la spatule au mélange précédent. Réserver. — (site www.marmiton.org)
  5. S’engager à l’avance à utiliser une ressource.
    • J’ai réservé une table de douze personnes pour manger.
  6. (Foresterie) Conservé sur pied.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Réserver : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RÉSERVER. v. tr.
Garder, retenir quelque chose d'un tout, une chose entre plusieurs autres. Il a vendu la propriété de ce domaine, mais il s'en est réservé l'usufruit, la jouissance. Il a fait donation de ses biens à ses enfants, mais il s'est réservé une pension. L'évêque se réserve le pouvoir d'absoudre certains cas. Le ministre s'est réservé la connaissance de cette affaire. Il signifie aussi Garder une chose pour un autre temps, pour un autre usage, la ménager pour une autre occasion. Il est bon de réserver quelque argent pour les besoins imprévus. Réserver ses forces. Réserver vos conseils pour un moment plus favorable. Réservez-moi vos bontés pour une autre occasion. Je réserve mon opinion. La Cour a jugé le principal et a réservé à faire droit sur les intérêts. Il réserve le reste de l'explication pour une autre conférence. En termes de Procédure, Tous droits réservés. Toute prétention réservée. Tous dépens réservés. En termes de Palais, Se réserver la réplique, Déclarer qu'on veut répliquer. On dit de même : L'avocat a prié les Juges de lui réserver la réplique, Il leur a demandé la permission, le droit de répliquer quand il sera temps. Se réserver de faire quelque chose, Se proposer de faire une chose, remettre à la faire quand on le trouvera à propos, en temps et lieu. Je me réserve de lui en dire mon avis en temps et lieu. On dit, dans un sens analogue : Je me réserve pour une autre occasion. Il se réserve pour de plus grandes choses. Un tel n'a pas parlé aujourd'hui dans la discussion de cette loi, il se réserve pour demain. Se réserver pour le rôti, pour l'entremets.

RÉSERVER se dit aussi en parlant des Personnes. Le général réserva ses meilleures troupes pour une dernière attaque. Un homme discret réserve ses amis pour les occasions essentielles.

RÉSERVER signifie encore, figurément, Destiner. Les événements lui réservaient une fin glorieuse. Il a enfin reçu la punition que la justice divine lui réservait. Il était réservé à de grands dangers. Il s'emploie aussi impersonnellement. c'est à lui qu'il était réservé de terminer cette grande œuvre. Le participe passé

RÉSERVÉ s'emploie adjectivement. Places réservées. Un wagon réservé. Chasse réservée, Terrain où le droit de chasse n'appartient qu'au propriétaire et aux personnes dûment autorisées par le propriétaire. Biens réservés, Ceux dont un testateur ne peut frustrer ses héritiers légitimes. Cas réservés, Péché dont on ne peut être absous que par le pape ou l'évêque, ou par les prêtres qui ont reçu d'eux un pouvoir spécial.

Réserver : définition du Littré (1872-1877)

RÉSERVER (ré-zèr-vé) v. a.
  • 1Retenir quelque chose d'un tout, ou un objet entre plusieurs. Réserver une part du butin. Quand vous fîtes périr Maurice et sa famille, Il vous en plut, seigneur, réserver une fille, Corneille, Héracl. I, 1.
  • 2Garder pour un autre temps, pour un autre usage, pour une autre occasion, pour un autre traitement. Vous pouviez réserver cet avis à un autre temps, sans interrompre ce que j'ai à vous dire des maximes…, Pascal, Prov. VI. Et ma jeunesse même écarte loin de moi Tous ceux qui dans le cœur me réservent leur foi, Racine, Brit. I, 4. À quels mortels regrets ma vie est réservée ! Racine, Phèd. V, 6. Lui [Épernon] qui empêcha que l'on ne tuât Ravaillac à l'instant qu'on le reconnut tenant son couteau sanglant, et qui voulait qu'on le réservât à la question et au supplice, Voltaire, Henriade, Sur la mort de Henri IV. À qui réserve-t-on ces apprêts meurtriers ? Delavigne, Messénienn. V.

    Il se construit avec à et un infinitif. Ayant vu notre contenance déterminée, ils [les voleurs] s'arrêtèrent et réservèrent à prendre mieux leur avantage, Regnard, Voyage de Pologne. Les princesses lui apprirent en peu de paroles la violence qu'on leur avait faite, réservant à dire le reste avec un plus grand loisir, Mlle de la Force, Reine de Nav. 1re part. p. 69.

    Au passif et impersonnellement. Socrate vit et déplora les malheurs de sa patrie ; c'est à Thrasybule qu'il était réservé de les finir, Rousseau, Disc. vertu des héros.

    Au barreau, l'avocat a prié les juges de lui réserver la réplique, il leur a demandé le droit de répliquer quand il en sera temps.

    Se réserver la réplique, déclarer qu'on veut répliquer.

  • 3Destiner à. Pour mériter les biens qui vous sont réservés, Corneille, Nicom. I, 2. Quelle sera donc enfin la punition que je lui réserve ? Sacy, Bible, Jérémie, V, 31. Prince, l'heure fatale est enfin arrivée, Qu'à votre liberté le ciel a réservée, Racine, Baj. II, 1. Les dieux, qui se jouent des desseins des hommes, nous réservaient à d'autres dangers, Fénelon, Tél. I.
  • 4Se réserver, réserver pour soi, garder pour soi. Il ne se peut pas dire qu'ils [les égoïstes] aient de mauvais desseins contre l'État, et qu'ils en désirent la ruine ; ils se réservent seulement leurs premières et leurs plus tendres affections, Guez de Balzac, De la cour, 4e disc. C'est par son désintéressement que M. de Lamoignon se réserva cette liberté d'esprit si nécessaire dans la place qu'il occupait, Fléchier, Lamoignon. Dans leurs prospérités [de ses amis], il estima leur modération, et se réserva le droit de les avertir de leur orgueil, Fléchier, Duc de Mont. [à Rome] les rois se réservèrent le jugement des affaires criminelles, et les consuls leur succédèrent en cela, Montesquieu, Esp. XI, 18.

    Se réserver à faire quelque chose, ou de faire quelque chose, attendre, remettre à faire cette chose pour un temps, une occasion, un lieu qu'on jugera favorable. Je me réserve à vous dire le reste quand vous serez de retour d'Italie, Guez de Balzac, liv. I, lett. 8. Il se réserve de payer plus ou moins, Patru, Plaidoyer III, dans RICHELET. Je me réserve à vous faire un second discours où j'aurai une raison nécessaire de vous parler de la France et de ce grand conquérant [Louis XIV] qui…, Bossuet, Hist. III, 7. Dieu, qui l'accorde [la paix] quand il lui plaît et comme il lui plaît, se réservait à la donner par l'entremise de notre princesse, Fléchier, Mar.-Thér.

  • 5Se réserver, v. réfl. Faire la réserve de soi-même. Quoi ! c'est donc pour mon fils que vous vous réservez ! Lamotte, Inez, III, 3.
  • 6Se ménager pour un autre temps, pour une autre occasion. Il se réserve pour de plus grandes choses. Je ne danserai point de contredanse, je me réserve pour la valse. Je me réserve pour le rôti, pour le dessert.

    Absolument. Se réserver, se tenir à l'écart, afin de reparaître à son avantage. Cachez-leur [aux Romains] pour un temps vos noms et votre vie ; Allez, réservez-vous…, Racine, Mithr. V, 5.

HISTORIQUE

XVe s. [Le comte de Foix] emprit la charge de ce gouvernement, et jura à tenir et à garder le pays en son droit contre tout nomme… mais il reserva tant seulement la majesté royale du roi de France, Froissart, II, III, 12.

XVIe s. Il estoit fort retenu et reservé en son parler, Amyot, Péric. 15. Il se jetta incontinent à pied, et lui amena [au consul blessé] son cheval, le priant de vouloir monter dessus, pour essayer de se reserver à la necessité de son païs, Amyot, Fab. 33. En ma nourriture [éducation] il [mon père] reserva plusieurs façons particulieres contre l'usage des colleges, Montaigne, I, 196. Pourquoi me reservéje à languir davantage ? Desportes, les Am. d'Hipp. LX.

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Étymologie de « réserver »

Étymologie de réserver - Littré

Provenç. et espagn. reservar ; ital. riservare ; du lat. reservare, de re, et servare, garder.

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Étymologie de réserver - Wiktionnaire

Du latin reservare, composé de re-, et servare (« garder, conserver »).
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Phonétique du mot « réserver »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
réserver resɛrve play_arrow

Conjugaison du verbe « réserver »

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Citations contenant le mot « réserver »

  • Il faut impérativement réserver ! , Encadré | Il faut impérativement réserver !
  • Pourquoi toujours attendre une occasion meilleure et se réserver ? Le meilleur est toujours présent, on se gaspille à force de se réserver. De Jacqueline Dupuy / Dure et ma joie

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Traductions du mot « réserver »

Langue Traduction
Corse riserva
Basque erreserba
Japonais 予約する
Russe резерв
Portugais reserva
Arabe الاحتياطي
Chinois 保留
Allemand reservieren
Italien prenotare
Espagnol reservar
Anglais reserve
Source : Google Translate API

Synonymes de « réserver »

Source : synonymes de réserver sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « réserver »


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