Vouer : définition de vouer


Vouer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

VOUER, verbe trans.

A. − RELIG. Vouer qqn/qqc. à (une divinité, Dieu)
1.
a) Vieilli. Promettre, offrir en vertu d'un vœu. Vouer un culte à une déesse, aux muses; vouer un sacrifice, une victime à un dieu; vouer un pèlerinage à Dieu, à un saint. C'étaient [deux jeunes guerriers] les Dioscures, auxquels le dictateur avait voué un temple pendant la mêlée, et qu'on avait vu combattre et décider la victoire (Michelet, Hist. romaine, t. 1, 1831, p. 85).D'autres vierges (...) Aux autels d'Erycine ont voué leurs tuniques (Leconte de Lisle, Poèmes ant., 1852, p. 11).
En partic. Placer sous l'invocation d'une divinité. Synon. dédier.Flots voués à Poséidon. Je pense que les Grecs en vouant à Minerve l'olivier montrèrent qu'ils avaient entrevu chez cet arbre, ce que cet arbre pressentait chez l'hommeun parallèle effort vers la lumière (Gide, Journal, Feuillets, 1925, p. 810).
b) Au fig. Vouer un culte à qqn, à la mémoire de qqn. Dévouer à quelqu'un toute sa personne, le vénérer profondément. Elle était sensible à ce culte que lui vouait cet adolescent plein de grâce (Gide, Faux-monn., 1925, p. 1077).Guillaume de Lorris était le plus dévôt officiant du culte chevaleresque voué à la femme (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 240).
2. Consacrer par un vœu. RELIG. CATH. Consacrer à la Vierge, à un saint pour en obtenir une protection particulière. Vouer un enfant à la Vierge; vouer une église à un saint; autel voué à Marie. D'un commun accord, son père et sa mère l'avaient voué à Dieu, dès avant sa naissance, « pour lui appartenir comme les premiers nés d'Israël » (Bremond, Hist. sent. relig., t. 3, 1921, p. 297).En apprenant que l'abbaye était vouée à saint Jean, l'incendiaire cria: « Quoique l'époque soit passée, nous allons fêter le saint » (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 272).
Vouer un enfant au bleu, au blanc. Habiller un jeune enfant aux couleurs de la Vierge en signe de cette consécration. Juive ayant un enfant: tout le temps de ses couches, promettant de le vouer à la Vierge. Enfant très beau, son seul amour, voué au blanc et au bleu (Goncourt, Journal, 1858, p. 559).
P. anal., au passif. Être toujours vêtu d'habits de la même couleur. Femme vouée au noir. [Le duc de Rohan-Chabot] avait été voué au rouge, ayant porté l'habit de chambellan, l'uniforme de chevau-léger et la robe de cardinal (Chateaubr., Mém., t. 3, 1848, p. 364).Paule descendait l'escalier à petits pas soyeux.Décidément, tu es vouée au violet! dit-il avec un sourire (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 11).Pop. Voué au blanc. V. blanc ex. 33.
Littér. [Dans des formules imprécatoires] Vouer qqn aux puissances infernales. Faire le vœu qu'une personne (ou un groupe de personnes) soit livrée aux puissances infernales. Malheureux! Je te voue aux blêmes Érinnyes, Aux chiennes de ta mère! (Leconte de Lisle, Poèmes trag., 1886, p. 229).
Empl. pronom. réfl. Se consacrer par un vœu. Se vouer à Dieu. Il redouta de pécher en son âme, et de se vouer ainsi au diable (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 122).Étant aux fers (...) Perrot Chapon se voua à madame sainte Catherine et s'endormit. Il se réveilla, tout enchaîné encore, dans sa maison (A. France, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. 119).
Fam. Ne (plus) savoir à quel saint se vouer. V. saint II A 3 a.
B. − Au fig.
1. Vouer qqc. à (qqn, qqc.)
a) [L'obj. désigne un sentiment] Engager définitivement ou solennellement. Vouer à qqn son amitié, son attachement profond, son respect; vouer son admiration à l'Antiquité, à un livre. L'amitié que je vous porte, la reconnaissance que je vous ai vouée, ont pu seules m'y décider (Sandeau, Sacs, 1851, p. 21).De neuf à quinze ans, il lui avait voué la première ferveur de sa tendresse, un amour délicat et pieux de gamin tendre (Martin du G., Devenir, 1909, p. 30).
[L'obj. désigne un sentiment nég.] Porter de manière profonde et durable. Vouer une aversion profonde à qqn, une exécration au mensonge. Ce fils aîné voua plus tard une haine mortelle à Valincour, l'ami de son père (Mauriac, Vie Racine, 1928, p. 219).
b) [L'obj. désigne l'activité, les qualités, le temps] Employer durablement, exclusivement pour l'accomplissement de quelque chose. Vouer ses efforts, son existence, ses talents à qqn; vouer son attention à ses enfants. Cette candide enfant (...) à qui j'ai voué ma jeunesse, ma vie, à qui j'ai juré éternelle foi (Borel, Champavert, 1833, p. 179).Un homme qui avait voué sa vie aux recherches scientifiques (Champfl., Bourgeois Molinch., 1855, p. 176).
2. Vouer qqn à qqc. (ou verbe à l'inf.).Engager quelqu'un dans un état, une activité, une situation; désigner pour quelque chose de manière irrévocable. Synon. consacrer.Vouer qqn à une tâche. Le caractère et la tournure de Birotteau semblaient le vouer éternellement au vicariat de la cathédrale (Balzac, Curé Tours, 1832, p. 194).Nos parents, très ingénument patriotes (...) nous vouaient à la fois à reconquérir l'Alsace et la Lorraine on ne sait par quels moyens de persuasion offensive, et à ne pas connaître la guerre (Arnoux, Contacts all., 1950, p. 23).
Empl. pronom. réfl.
Se consacrer à quelqu'un. Vous êtes la dame châtelaine inconnue qu'un pauvre chevalier errant rencontre, par hasard, dans une forêt, et à laquelle il se voue corps et âme (Soulié, Mém. diable, t. 1, 1837, p. 173).Elle s'était vouée à lui. Cette passion était le premier, le seul amour de sa vie (Rolland, J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1491).
S'appliquer à quelque chose de manière assidue et exclusive. Se vouer à l'art, au célibat, à l'étude, à un idéal, au service de qqn, à un travail. Tout particulier qui désirera se vouer aux fonctions d'instituteur primaire devra présenter au recteur de son académie un certificat de bonne conduite des curé et maire de la commune (Hist. instit. et doctr. pédag., 1816, p. 295).
3. Vouer qqn, qqc. à qqc. (ou verbe à l'inf.)
a) Amener à un état, une situation; destiner à quelque chose de manière impérative, inexorablement. Cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie (Ponge, Parti pris, 1942, p. 15).Traitement indéfiniment prolongé, qui vouait les malades à des soins constants (Ce que la Fr. a apporté à la méd., 1946 [1943], p. 135).
b) Destiner, déterminer à un état négatif ou mauvais de manière inéluctable. Vouer à l'abandon, au mépris, à la médiocrité, à la perte, à la ruine, à la mort; espèce vouée à la disparition; maison vouée à la démolition. Un caporal de sapeurs (...) fait sauter le pont, vouant ainsi à la perdition tout ce qui demeurait encore au-delà: toute notre arrière-garde (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 29).Neuf heures et demie de travail pour dix heures de présence, ce qui suffisait à les vouer au rhumatisme articulaire (Hamp, Champagne, 1909, p. 152).
Prononc. et Orth.: [vwe], (il) voue [vu]. Ac. 1694, 1718: voüer, -é (tréma: prononc. en deux syll. [vue]. V. ds Fér. 1768, Fér. Crit. t. 3 1788 et encore ds Littré: vou-é); dep. 1740: vouer, -é. Étymol. et Hist. 1. 1remoit. xiies. trans. vuer vut a « faire vœu, promettre par vœu [à Dieu] » (Psautier de Cambridge, éd. Fr. Michel, CXXXI, 2); 1130-40 (Wace, Ste Marguerite, éd. E. A. Francis, 118: casteé que t'ai voée); id. voer a Deu que + prop. (Id., Conception N.-D., éd. W. R. Ashford, 149); fin xves. vouer de + inf. (Philippe de Commynes, Mém., VII, 14, éd. J. Calmette, t. 3, p. 85); 2. 1130-40 réfl. « consacrer par vœu quelqu'un à Dieu » (Wace, Conception N.-D., 685); ca 1165 part. passé adj. none vouee (Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 1136); 3. a) α) 1176-81 « se destiner à, s'engager vers » (Chrétien de Troyes, Chevalier de la charrette, éd. M. Roques, 696: Je ne sai preu le quel [passage] je praigne [...] Au Pont desoz Eve me veu); 1269-78 trans. indir. (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 5750: Autre amor naturel i a Que Nature es bestes cria Par quoi de leur feons chevissent [...] Nature les i fet voer, Force leur fet); β) 1580 hommes vouez à leur devotion [des tyrans] (Montaigne, Essais, II, 12, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 461); 1680 réfl. se voüer au service de quelcun (Rich.); b) 1579 trans. « consacrer, employer » vouer un chapitre à telle question (Paré, Œuvres, VIII, 11, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 29a); 4. av. 1610 [impr. 1615] « promettre de manière irrévocable » (Malherbe, Poésies, LI, 21 ds Œuvres, éd. L. Lalanne, t. 1, p. 175: Quand je lui vouai mon service, Faillis-je en mon élection?); 1664 vouer une amitié à qqn (Racine, Thébaïde, II, 1); 5. 1671 « employer une chose avec un zèle soutenu » voüer sa vie pour son pays (Pomey); 1872 « id. » vouer sa plume à la défense de la religion (Littré). Dér. de vœu*; dés. -er. Cf. le b. lat. votare « promettre » (xies. ds Blaise Latin. Med. Aev.; v. aussi FEW t. 14, p. 637b, note 5). Fréq. abs. littér.: 458. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 696, b) 483; xxes.: a) 515, b) 782.

Vouer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

VOUER, verbe trans.

A. − RELIG. Vouer qqn/qqc. à (une divinité, Dieu)
1.
a) Vieilli. Promettre, offrir en vertu d'un vœu. Vouer un culte à une déesse, aux muses; vouer un sacrifice, une victime à un dieu; vouer un pèlerinage à Dieu, à un saint. C'étaient [deux jeunes guerriers] les Dioscures, auxquels le dictateur avait voué un temple pendant la mêlée, et qu'on avait vu combattre et décider la victoire (Michelet, Hist. romaine, t. 1, 1831, p. 85).D'autres vierges (...) Aux autels d'Erycine ont voué leurs tuniques (Leconte de Lisle, Poèmes ant., 1852, p. 11).
En partic. Placer sous l'invocation d'une divinité. Synon. dédier.Flots voués à Poséidon. Je pense que les Grecs en vouant à Minerve l'olivier montrèrent qu'ils avaient entrevu chez cet arbre, ce que cet arbre pressentait chez l'hommeun parallèle effort vers la lumière (Gide, Journal, Feuillets, 1925, p. 810).
b) Au fig. Vouer un culte à qqn, à la mémoire de qqn. Dévouer à quelqu'un toute sa personne, le vénérer profondément. Elle était sensible à ce culte que lui vouait cet adolescent plein de grâce (Gide, Faux-monn., 1925, p. 1077).Guillaume de Lorris était le plus dévôt officiant du culte chevaleresque voué à la femme (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 240).
2. Consacrer par un vœu. RELIG. CATH. Consacrer à la Vierge, à un saint pour en obtenir une protection particulière. Vouer un enfant à la Vierge; vouer une église à un saint; autel voué à Marie. D'un commun accord, son père et sa mère l'avaient voué à Dieu, dès avant sa naissance, « pour lui appartenir comme les premiers nés d'Israël » (Bremond, Hist. sent. relig., t. 3, 1921, p. 297).En apprenant que l'abbaye était vouée à saint Jean, l'incendiaire cria: « Quoique l'époque soit passée, nous allons fêter le saint » (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 272).
Vouer un enfant au bleu, au blanc. Habiller un jeune enfant aux couleurs de la Vierge en signe de cette consécration. Juive ayant un enfant: tout le temps de ses couches, promettant de le vouer à la Vierge. Enfant très beau, son seul amour, voué au blanc et au bleu (Goncourt, Journal, 1858, p. 559).
P. anal., au passif. Être toujours vêtu d'habits de la même couleur. Femme vouée au noir. [Le duc de Rohan-Chabot] avait été voué au rouge, ayant porté l'habit de chambellan, l'uniforme de chevau-léger et la robe de cardinal (Chateaubr., Mém., t. 3, 1848, p. 364).Paule descendait l'escalier à petits pas soyeux.Décidément, tu es vouée au violet! dit-il avec un sourire (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 11).Pop. Voué au blanc. V. blanc ex. 33.
Littér. [Dans des formules imprécatoires] Vouer qqn aux puissances infernales. Faire le vœu qu'une personne (ou un groupe de personnes) soit livrée aux puissances infernales. Malheureux! Je te voue aux blêmes Érinnyes, Aux chiennes de ta mère! (Leconte de Lisle, Poèmes trag., 1886, p. 229).
Empl. pronom. réfl. Se consacrer par un vœu. Se vouer à Dieu. Il redouta de pécher en son âme, et de se vouer ainsi au diable (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 122).Étant aux fers (...) Perrot Chapon se voua à madame sainte Catherine et s'endormit. Il se réveilla, tout enchaîné encore, dans sa maison (A. France, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. 119).
Fam. Ne (plus) savoir à quel saint se vouer. V. saint II A 3 a.
B. − Au fig.
1. Vouer qqc. à (qqn, qqc.)
a) [L'obj. désigne un sentiment] Engager définitivement ou solennellement. Vouer à qqn son amitié, son attachement profond, son respect; vouer son admiration à l'Antiquité, à un livre. L'amitié que je vous porte, la reconnaissance que je vous ai vouée, ont pu seules m'y décider (Sandeau, Sacs, 1851, p. 21).De neuf à quinze ans, il lui avait voué la première ferveur de sa tendresse, un amour délicat et pieux de gamin tendre (Martin du G., Devenir, 1909, p. 30).
[L'obj. désigne un sentiment nég.] Porter de manière profonde et durable. Vouer une aversion profonde à qqn, une exécration au mensonge. Ce fils aîné voua plus tard une haine mortelle à Valincour, l'ami de son père (Mauriac, Vie Racine, 1928, p. 219).
b) [L'obj. désigne l'activité, les qualités, le temps] Employer durablement, exclusivement pour l'accomplissement de quelque chose. Vouer ses efforts, son existence, ses talents à qqn; vouer son attention à ses enfants. Cette candide enfant (...) à qui j'ai voué ma jeunesse, ma vie, à qui j'ai juré éternelle foi (Borel, Champavert, 1833, p. 179).Un homme qui avait voué sa vie aux recherches scientifiques (Champfl., Bourgeois Molinch., 1855, p. 176).
2. Vouer qqn à qqc. (ou verbe à l'inf.).Engager quelqu'un dans un état, une activité, une situation; désigner pour quelque chose de manière irrévocable. Synon. consacrer.Vouer qqn à une tâche. Le caractère et la tournure de Birotteau semblaient le vouer éternellement au vicariat de la cathédrale (Balzac, Curé Tours, 1832, p. 194).Nos parents, très ingénument patriotes (...) nous vouaient à la fois à reconquérir l'Alsace et la Lorraine on ne sait par quels moyens de persuasion offensive, et à ne pas connaître la guerre (Arnoux, Contacts all., 1950, p. 23).
Empl. pronom. réfl.
Se consacrer à quelqu'un. Vous êtes la dame châtelaine inconnue qu'un pauvre chevalier errant rencontre, par hasard, dans une forêt, et à laquelle il se voue corps et âme (Soulié, Mém. diable, t. 1, 1837, p. 173).Elle s'était vouée à lui. Cette passion était le premier, le seul amour de sa vie (Rolland, J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1491).
S'appliquer à quelque chose de manière assidue et exclusive. Se vouer à l'art, au célibat, à l'étude, à un idéal, au service de qqn, à un travail. Tout particulier qui désirera se vouer aux fonctions d'instituteur primaire devra présenter au recteur de son académie un certificat de bonne conduite des curé et maire de la commune (Hist. instit. et doctr. pédag., 1816, p. 295).
3. Vouer qqn, qqc. à qqc. (ou verbe à l'inf.)
a) Amener à un état, une situation; destiner à quelque chose de manière impérative, inexorablement. Cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie (Ponge, Parti pris, 1942, p. 15).Traitement indéfiniment prolongé, qui vouait les malades à des soins constants (Ce que la Fr. a apporté à la méd., 1946 [1943], p. 135).
b) Destiner, déterminer à un état négatif ou mauvais de manière inéluctable. Vouer à l'abandon, au mépris, à la médiocrité, à la perte, à la ruine, à la mort; espèce vouée à la disparition; maison vouée à la démolition. Un caporal de sapeurs (...) fait sauter le pont, vouant ainsi à la perdition tout ce qui demeurait encore au-delà: toute notre arrière-garde (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 29).Neuf heures et demie de travail pour dix heures de présence, ce qui suffisait à les vouer au rhumatisme articulaire (Hamp, Champagne, 1909, p. 152).
Prononc. et Orth.: [vwe], (il) voue [vu]. Ac. 1694, 1718: voüer, -é (tréma: prononc. en deux syll. [vue]. V. ds Fér. 1768, Fér. Crit. t. 3 1788 et encore ds Littré: vou-é); dep. 1740: vouer, -é. Étymol. et Hist. 1. 1remoit. xiies. trans. vuer vut a « faire vœu, promettre par vœu [à Dieu] » (Psautier de Cambridge, éd. Fr. Michel, CXXXI, 2); 1130-40 (Wace, Ste Marguerite, éd. E. A. Francis, 118: casteé que t'ai voée); id. voer a Deu que + prop. (Id., Conception N.-D., éd. W. R. Ashford, 149); fin xves. vouer de + inf. (Philippe de Commynes, Mém., VII, 14, éd. J. Calmette, t. 3, p. 85); 2. 1130-40 réfl. « consacrer par vœu quelqu'un à Dieu » (Wace, Conception N.-D., 685); ca 1165 part. passé adj. none vouee (Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 1136); 3. a) α) 1176-81 « se destiner à, s'engager vers » (Chrétien de Troyes, Chevalier de la charrette, éd. M. Roques, 696: Je ne sai preu le quel [passage] je praigne [...] Au Pont desoz Eve me veu); 1269-78 trans. indir. (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 5750: Autre amor naturel i a Que Nature es bestes cria Par quoi de leur feons chevissent [...] Nature les i fet voer, Force leur fet); β) 1580 hommes vouez à leur devotion [des tyrans] (Montaigne, Essais, II, 12, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 461); 1680 réfl. se voüer au service de quelcun (Rich.); b) 1579 trans. « consacrer, employer » vouer un chapitre à telle question (Paré, Œuvres, VIII, 11, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 29a); 4. av. 1610 [impr. 1615] « promettre de manière irrévocable » (Malherbe, Poésies, LI, 21 ds Œuvres, éd. L. Lalanne, t. 1, p. 175: Quand je lui vouai mon service, Faillis-je en mon élection?); 1664 vouer une amitié à qqn (Racine, Thébaïde, II, 1); 5. 1671 « employer une chose avec un zèle soutenu » voüer sa vie pour son pays (Pomey); 1872 « id. » vouer sa plume à la défense de la religion (Littré). Dér. de vœu*; dés. -er. Cf. le b. lat. votare « promettre » (xies. ds Blaise Latin. Med. Aev.; v. aussi FEW t. 14, p. 637b, note 5). Fréq. abs. littér.: 458. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 696, b) 483; xxes.: a) 515, b) 782.

Vouer : définition du Wiktionnaire

Verbe

vouer \vwe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Promettre par vœu.
    • Vouer un temple à Dieu.
    • Vouer une lampe à la Vierge.
  2. (Figuré) Promettre d’une manière particulière.
    • Vouer obéissance au pape.
    • Vouer ses services à un prince.
    • Vouer à quelqu’un le plus fidèle attachement.
    • L’amitié que je lui ai vouée.
  3. (Par extension) Consacrer à Dieu.
    • Vouer un enfant à Dieu.
    • Ses parents l’avaient voué à Dieu dès l’instant de sa naissance.
    • Une fille qui a voué sa virginité à Dieu.
    • Se vouer, se consacrer à Dieu, au service de Dieu.
  4. (Par analogie) Mettre sous la protection spéciale d’un saint.
    • Vouer sa fille à la Vierge.
    • Vouer un enfant à saint François.
    • Vouer un enfant au blanc et au bleu, s’engager à ne lui faire porter, jusqu’à un âge déterminé, que du blanc et du bleu, couleurs de la Vierge.
  5. Dévouer, employer avec zèle, avec suite à un objet particulier.
    • Il a voué sa plume à la vérité, à la défense de la religion.

Verbe

vouer \Prononciation ?\

  1. Voir.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Vouer : définition du Littré (1872-1877)

VOUER (vou-é), je vouais, nous vouions, vous vouiez ; que je voue, que nous vouions, que vous vouiez v. a.
  • 1Promettre par vœu. Vouer un tableau à la Vierge. Fais donc, et je te voue un temple magnifique Comme au restaurateur des affaires d'Afrique, Mairet, Sophon. III, 3. La Parque à filets d'or n'ourdira pas ma vie, Je ne dormirai point sous de riches lambris ; Mais voit-on que le somme en perde de son prix ?… Je lui voue au désert de nouveaux sacrifices, La Fontaine, Fabl. XI, 4. Le religieux, fidèle observateur de la pauvreté qu'il a vouée, s'en tient au pur nécessaire, Bourdaloue, Pensées, Sur l'état relig. t. II, p. 495.

    Absolument. C'est selon cette loi [du vœu] qu'il est dit que Jephté égorgea sa propre fille, et il lui fit comme il avait voué, Voltaire, Philos. déf. mil. Bolingbr. 21.

  • 2Particulièrement, consacrer à Dieu. Ses parents l'ont voué à Dieu. Ce parricide [Jephté] qui ordonnait que tout ce qui serait voué serait massacré sans rémission, Voltaire, Mél. hist. Un chrétien contre six juifs, 28.

    On dit par extension, mais toujours par rapport à Dieu : Vouer sa fille à la Vierge. Vouer un enfant à saint François. On l'assujettissait à tous les régimes [une malade], on la vouait à tous les saints, on la menait à tous les pèlerinages, Riccoboni, Œuv. t. v, p. 187, dans POUGENS.

    Vouer un enfant au blanc, le vouer à être toujours vêtu de blanc jusqu'à tel âge.

  • 3 Fig. Promettre d'une manière particulière et avec une sorte de solennité. Quand je lui vouai mon service, Faillis-je en mon élection ? Malherbe, v, 23. Je lui vouai dès lors une amitié sincère, Racine, Théb. II, 1. Je t'ai voué mes jours, ils te sont consacrés, Voltaire, Oreste, III, 8. Ennemi déclaré de toutes les erreurs qui avilissent et dévorent l'espèce humaine, il [l'abbé de Saint-Pierre] avait voué à la religion musulmane une aversion particulière, D'Alembert, Élog. l'ab. de St-P.
  • 4Employer avec zèle, avec suite. Il a voué sa plume à la défense de la religion.
  • 5Se vouer, v. réfl. Se consacrer. Se vouer au service de Dieu.

    Absolument. Stérilité régnait en mariage… Encor bien que léans On se vouât pour obtenir enfants, La Fontaine, Féronde.

    Fig. Ne savoir à quel saint se vouer, ne savoir à qui recourir, quel moyen employer. Lélie : Las ! si de ton secours ta colère me prive, à quel saint me vouerai-je ? - Mascarille : Au grand diable d'enfer, Molière, l'Et. III, 12. M. de Luxembourg a été deux jours sans manger ; il avait demandé plusieurs pères jésuites, on les lui a refusés ; il a demandé la Vie des saints, on la lui a donnée : il ne sait, comme vous voyez, à quel saint se vouer, Sévigné, 31 janv. 1680.

    On dit à peu près dans le même sens : se vouer à tous les saints.

SYNONYME

VOUER, CONSACRER. Pour vouer on emploie un vœu ; pour consacrer, des cérémonies.

HISTORIQUE

XIIe s. Si cume il jurad al Segnor, vot voad al Deu de Jacob, Liber psalm. p. 207. Par Mahomet, cui j'ai mon chief [ma tête] voé, Bat. d'Aleschans, v. 5310. [Amour] Me fait chanter de la plus debonaire Qu'on puist au mont [monde] ne voer [désirer] ne trover, Couci, II.

XIIIe s. Je veus… ici… vouer Un vœu que je tenrai…, Berte, XLIII. Cil Melions un [vœu] en voa, Que à grant mal li atorna, Lai de Melion. Ceste amor, combien que profite, N'a los, ne blasme, ne merite ; Ne font à blasmer, n'à loer ; Nature les i fait voer, la Rose, 5802. Je voil amer, comment qu'il aille, La rose où je me sui voés, ib. 7251. Si comme quant il ont volenté d'entrer en religion ou de vouer casteé [chasteté], Beaumanoir, XVIII, 21. Sitost comme il devinrent prophès en l'Eglise, et il se furent voué au service Nostre Seigneur, il renoncerent de fet à toutes les cozes temporex dehors lor eglises, Beaumanoir, LVI, 1. Toutes ordres sont bonnes, bien gart chascuns la soue ; Chascuns fait grant proesce, s'il fait bien ce qu'il voue, J. de Meung, Test. 1058.

XVe s. Thoison d'or, herault de l'ordre du duc, portant un faisant rosti moult noblement paré, le presenta au duc pour entremet, disant à tel present appartenoit de vouer. Le duc lui repondit que voirement c'estoit bien raison, et en presence de tous voua et promit à Dieu le pere, à Dieu le fils, et à Dieu le benoist Saint-Esprit, un seul en trois personnes, que… il iroit à toute sa puissance où le grand Turc seroit, et le combattroit de son corps contre le sien, Monstrelet, t. III, p. 56, dans LACURNE. Je voue à Dieu ; ils n'y demeureront pas, Hist. d'Artus III, connest. de France, p. 787, dans LACURNE. Monseigneur du Bouschage et moy le vouasmes [Louis XI malade] à monseigneur sainct Claude… incontinent la parolle lui revint, Commines, VI, 7.

XVIe s. Celui qui voue ce qui n'est point en sa puissance, ou qui repugne à sa vocation, est temeraire, Calvin, Instit. 1009. C'est icy un livre de bonne foy, lecteur… je l'ay voué [destiné] à la commodité particuliere de mes parents et amis, Montaigne, Au lect. Vouant et promettant, si ceste esmeute et ce trouble se pouvoit doulcement appaiser, de faire edifier un temple de concorde, Amyot, Cam. 72. Il choisit entre tous los anciens senateurs romains Q. Fabius Maximus, auquel il se voua et dedia du tout, Amyot, Caton, 7. Il a donné le gouvernement d'Irlande à un autre parent, qui luy est du tout voué [dévoué], Carloix, II, 3.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « vouer »

Étymologie de vouer - Littré

Provenç. vodar ; espagn. et portug. votar ; ital. votare ; du lat. votare (QUICHERAT, Addenda), dérivé de votum, vœu.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de vouer - Wiktionnaire

Du latin voveo (« vouer », « promettre », « faire un vœu », « demander par des vœux », « souhaiter », « demander »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « vouer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
vouer vwe play_arrow

Conjugaison du verbe « vouer »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe vouer

Citations contenant le mot « vouer »

  • Concernant l'amour, dans une autre vie, il est fort probable que vous ayez été une girouette. Il en résulte que votre humeur sera fort changeante. Votre entourage ne saura plus à quel saint se vouer. Lâchez du lest. Côté humeur, vous vous posez trop de question ! Côté argent et travail, vous aurez à faire un effort de créativité et d'adaptation, mais vous aurez peur de ne pas avoir les ressources nécessaires pour y faire face. Armez-vous de courage, qui ne tente rien n'a rien. Niveau santé, un peu trop d'anxiété. , Horoscope chinois du Lundi 3 août 2020
  • Laissée pour compte et ne sachant plus à quel saint se vouer, la jeune femme, mal en point et sans ressources financières, a appelé sa mère à l’enterrer. « Je ne suis pas loin de la mort, mais sachez une chose, j’aime ma maman malgré son comportement. Elle reste ma mère. Oui je reconnais que je n’ai pas grandi comme mes autres amis, mais pas grave, je ne peux pas tout dire ici », a écrit la soeur de DJ arafat. Pour elle, son père et sa mère l’ont rejeté parce qu’elle est  malade. « Je reconnais que je ne suis pas bonne comme enfants, mais que Dieu accepte mon âme comme « mon petit grand frère » je sais que c’est là-bas qu’est ma place, auprès de lui », dit-elle. Et de demander: « Maman Tina, je m’adresse à toi. Tu veux m’enterrer là tu seras à l’aise ? ». Bénin Web TV, DJ Arafat: malade et abandonnée par Tina Glamour, sa soeur Carla au bord du suicide - Célébrité - Bénin Web TV
  • Faut-il désespérer du « remède » au coronavirus  promu par Andry Rajoelina? Avec la hausse des cas, les Malgaches ne savent plus à quel artemisia se vouerJeuneAfrique.com, [Chronique]  Covid-Organics : l’optimisme tradipraticien face à la flambée malgache – Jeune Afrique
  • A quel dragon se vouer ? Office de Tourisme de Rouen, le dimanche 2 août à 15:00 Unidivers, A quel dragon se vouer ? Office de Tourisme de Rouen Rouen dimanche 2 août 2020
  • Les censures faiblissent, les interdits craquent. On ne sait plus à quelle répression se vouer pour être heureux. De Tony Duvert / Le Bon Sexe illustré
  • Ne sachant à quel sein me vouer, j'ai choisi le plus confortable, le gauche de Marilyn Monroe. De Boris Vian / Jazz Hot
  • Un homme volage est celui qui ne sait à quels seins se vouer. De Claude Robert

Images d'illustration du mot « vouer »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « vouer »

Langue Traduction
Corse votu
Basque botoa
Japonais 誓い
Russe клятва
Portugais juramento
Arabe نذر
Chinois 发誓
Allemand gelübde
Italien voto
Espagnol voto
Anglais vow
Source : Google Translate API

Synonymes de « vouer »

Source : synonymes de vouer sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « vouer »


Mots similaires