Presse : définition de presse


Presse : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PRESSE, subst. fém.

A. − [Corresp. à presser A]
1. Vx. Action de presser, de comprimer; résultat de cette action. Lorsque vous serez assuré de la parfaite cuisson des pieds, égouttez-les; enlevez-en tous les os et mettez-les en presse (Gdes heures cuis. fr.,Carême, 1833, p.135).
Vin de presse. ,,Vins rouges obtenus par pressurage, par opposition aux vins dits de goutte`` (Nouv. Lar. ill.; dict. xixeet xxes.).
Arg. ,,Brimade qui consistait à acculer un conscrit dans un coin de cour ou d'escalier et à le presser à plusieurs avec force`` (Esn. 1966). [Sous Louis-Philippe] et si [les nouveaux] (...) tentaient de résister, on les acculait dans un coin et on leur donnait une presse (Titeux,St-Cyr, 1898, p.329).
Mettre en presse (pop.). Mettre en gage. En 1808, on disait mettre en presse [que donne D'Hautel] (Larch.1862, p.262).
2.
a) Machine composée de deux parties se rapprochant sous l'effet d'une force mécanique, hydraulique ou électrique pour exercer une pression sur ce qui est placé entre elles afin d'en extraire un liquide, d'en diminuer le volume, d'en assurer le poli ou le maintien ou d'y laisser une empreinte quelconque. Presse à air, à bras, à coins, à cylindre, à disques, à levier, à moteur, à percussion, à vis; presse à fromage, à viande; plateau, rouleau de presse; presse mécanique; presse d'établi; presse à coller, à comprimer, à découper, à écraser, à emboutir, à fouler, à perforer, à tréfiler. [Le contre-maître] installa sa recrue près de la presse à eau et lui dit en goguenardant: −Allez-y, Auguste, et pompez ferme! (Huysmans,Soeurs Vatard, 1879, p.66).[Les déchets] peuvent subir un pressage préliminaire (prépressage) ayant pour but de réduire leur volume avant d'être chargés dans une presse chauffante à étages multiples (Industr. fr. bois, 1955, p.29).
INDUSTR. ALIM. Presse continue. Presse travaillant en continu et permettant une expression plus grande de l'huile (et qui remplace l'ancienne presse hydraulique travaillant en discontinu):
1. Les méthodes de travail ont elles-mêmes évolué. On a d'abord utilisé la presse continue en première pression (huile vierge de première pression) complétée et terminée par une pression à la presse hydraulique (huile de deuxième pression). Puis on a supprimé la presse hydraulique en réalisant la pression unique à la presse continue. Enfin −et c'est ce qui se fait actuellement −on combine l'emploi de la presse continue avec l'extraction par solvants... Brunerie,Industr. alim., 1949, p.46.
Rem. Selon Bouillet 1859, ,,la presse à levier [est] la plus simple de toutes et celle dans laquelle la résistance se trouve placée entre le point d'appui et celui d'application de la puissance (...) c'est aussi à ce genre qu'appartient la presse à bras employée dans la plupart des imprimeries``.
Mettre sous presse. Les feuillets ou placages sont simplement «encollés», soit au pinceau, soit au pistolet, soit à l'encolleuse, puis sont mis sous presse (Campredon,Bois, 1948, p.101).
b) Spécialement
SPORTS. Dispositif permettant le maintien en forme des articles de sports (raquettes, skis...). Presse, forme trapèze pour raquettes (Catal. Tunmer, 1936).Skis frêne, (...) bâtons, disques, dragonne et jeu de presses (Catal. jouets(B.H.V.), 1936).
IMPR. Machine destinée à l'impression typographique et au tirage des imprimés. Presse lithographique, rotative, typographique; marbre de la presse. Les industries s'équipèrent de machines-outils, le matériel textile se diversifia, et de même les rotatives et presses à imprimer: autant de débouchés pour l'acier (Lesourd, Gérard,Hist. écon., 1966, p.337):
2. Ce livre (...) est le premier où l'on ait pu réunir le luxe et la perfection qui distinguent les livres tirés à la presse à bras, tout en l'en [sic] exécutant le tirage à la presse mécanique. Cette espèce de triomphe qui consiste à faire tomber juste les lignes les unes sur les autres dans la retiration, c'est-à-dire en tirant le second côté de la feuille au revers du côté déjà noirci, s'est constamment bien accompli. Balzac,Corresp., 1842, p.482.
Presse en taille-douce. ,,Cette presse sert tout spécialement pour tirer les épreuves sur les planches gravées en creux`` (Maire, Manuel biblioth., 1896, p.335).
Expressions
Vx. Faire gémir la presse. Imprimer sans arrêt:
3. Faire gémir la presse = vieille expression du temps où dans les ateliers on se servait de machines en bois. Presses à bras dont le seul modèle actuel est la Stoonhope (inv. 1810) qui sert encore à faire quelques épreuves soignées et en province pour le tirage réduit d'affiches. Carabelli, [Lang. typogr.], s.d.
Mettre sous la presse (vx), mettre sous presse. Commencer le tirage. La nouvelle n'a malheureusement pas été reçue par nous, à l'heure où nous mettons sous presse, que leurs excellences aient pu se mettre d'accord sur une formule pouvant servir de base à un instrument diplomatique (Proust,Fugit., 1922, p.638).
(Être) sous presse. (Être) en cours d'impression. Ils [L'Écho de la Jeune France] ont eu l'impertinence d'imprimer ses notes, sans attendre les travaux auxquels je me livre toujours sous presse (Balzac,Lettres Étr., 1833, p.32).Évidemment ces messieurs ont quelques volumes sous presse (A. France,Vie littér., 1888, p.227).Arg. Se dit d'une prostituée occupée avec un client. Chez Julia, à Anvers, sur le port (...) où il n'y avait qu'une seule femme sous presse (...) vindicative, et intéressée qui expédiait ça en vitesse car, étant seule, elle n'avait pas de temps à perdre (Cendrars,Bourlinguer, 1948, p.65).
P. méton. Ce que la presse typographique imprime afin de diffuser des idées. Lois sur la presse:
4. Il est dommage que les délits de presse ne soient plus guère réprimés, sans quoi nous assisterions bientôt à un procès de ce genre; l'accusé a publié un livre qui attente à la morale publique; sur la plainte de quelques-uns de ses concitoyens «les plus honorables», il est également inculpé de diffamation... Breton,Manif. Surréal., 1erManif., 1924, p.71.
Service de presse. Mention imprimée sur les exemplaires d'un ouvrage destinés aux critiques; chacun de ces volumes (abrév. S.P.). Je reprends contact avec Plon cet après-midi même pour le service de presse du nouveau Tchekhov (Du Bos,Journal, 1924, p.162).
DR. Liberté de la presse. Garanties de droit permettant la publication, sans aucune restriction ni contrôle préalable des livres et écrits périodiques:
5. Ainsi que nous nous y étions engagés, nous avons restauré dans la nation l'exercice de toutes les libertés dont elle fut si longtemps privée. La liberté individuelle, la liberté d'opinion, la liberté de la presse, la liberté syndicale, la liberté de réunion et d'association, sont de nouveau pratiquées, sans autres limitations que celles qu'impose l'état de guerre. De Gaulle,Mém. guerre, 1959, p.452.
P. ext.
Presse périodique ou, p.ell., presse. Ensemble des publications périodiques, principalement des journaux quotidiens. Presse catholique, clandestine, enfantine, hebdomadaire, libérale, locale, médicale, officielle, parisienne, pornographique, quotidienne, régionale; presse de droite, de gauche, d'opposition, d'opinion; presse du coeur; presse à scandale; agence, attaché, campagne, carte, coupure, revue, voie de presse; presse pour la jeunesse. J'ai décroché la revue de la presse dans un hebdomadaire (Martin du G.,Thib., Sorell., 1928, p.1225).J'ai aussi une idée d'hebdomadaire qui serait une révolution dans la presse périodique (Druon,Gdes fam., t.2, 1948, p.24):
6. En ce qui concerne le premier domaine, l'information du gouvernement se fait d'abord par sa participation même à la vie publique, qu'il s'agisse de ses relations avec les milieux socio-professionnels ou avec le Parlement, ensuite tout normalement par les agences et les articles de presse, enfin plus spécialement en ce qui concerne la situation extérieure, par les télégrammes des ambassades et, en ce qui concerne la situation interne, par les rapports des préfets (...) et les études des services spécialisés. Belorgey,Gouvern. et admin. Fr., 1967, p.148.
Loc. Avoir/être l'objet d'une bonne, mauvaise presse. Voir s'exprimer une bonne ou une mauvaise opinion dans les journaux et, p.ext., dans l'opinion en général. Le dernier numéro a une bonne presse, dit Nadine. On dit beaucoup de bien de ta nouvelle (Beauvoir,Mandarins, 1954, p.571).P. ell. Critique. Cette supériorité de caractère s'accompagnait, chez Casal, d'une acuité d'intelligence dont il donnait une preuve, à cette minute même où ses camarades de cercle le croyaient occupé à soigner sa presse comme un auteur qui lance un volume (Bourget,Némésis, 1918, p.9).Faire la presse. Influencer la critique. Elle provoquait l'enthousiasme et faisait la presse en poussant à tous moments des exclamations ravies (Proust,Temps retr., 1922, p.1000).
P. anal. Presse parlée, presse audio-visuelle. Autres moyens de diffusion des nouvelles. V. journal* parlé.Presse parlée se dit des journaux radiophoniques et télévisés par opposition à presse écrite (Dupré1972).
Le monde du journalisme. Bureau de presse. Avant de quitter Washington, je fais une conférence de presse et cause avec le plus grand nombre possible des journalistes qui sont venus m'écouter et m'interroger (De Gaulle,Mém. guerre, 1956, p.237).Des informations étrangères publiées par les 105 journaux américains étudiés provenaient d'agences de presse (Agences presse, 1962, p.3):
7. Un spectacle bien canaillement parisien que celui-ci. Dans la salle à manger de MmeAdam, encore pleine du fumet du grand dîner donné dernièrement par la maîtresse de maison à la presse de toutes les couleurs, affalés dans leurs sièges et repus et suants... Goncourt,Journal, 1884, p.327.
Rem. Le mot presse peut figurer seul sur un brassard, un badge ou un macaron pour signifier l'appartenance à la profession de journaliste.
3. Au fig.
a) Action de pousser quelqu'un à faire quelque chose en exerçant sur lui une pression:
8. Hier, malgré ce branle-bas [de sa souffrance], j'ai écrit des poèmes (...), je n'en ressentais aucune invite. Et l'on sait (...) que je me garde bien de forcer le sort. J'eus donc, hier, la surprise d'en avoir la presse, de ne pouvoir m'y soustraire. Le mécanisme jouait facilement, et le plus difficile, car il s'agençait (...) en fausses rimes internes, allant parfois de la fin d'un mot au commencement d'un autre... Cocteau,Diff. d'être, 1947, p.116.
HIST. Enrôlement forcé de marins et de soldats pour le service du roi. Comme chez nos voisins, lorsqu'on veut se procurer des matelots, on fait la presse dans les tavernes et les lieux suspects (Chateaubr.,Polém., 1818-27, pp.356-357):
9. ... trente faux-saulniers (...) se trouvaient (...) dans la prison de Sens, ainsi que certains particuliers arrêtés pour divers motifs assez légers, et que l'on voulait forcer à s'engager dans le régiment du comte de Tonnerre. C'était alors une sorte de presse qui s'exerçait sur les grands chemins pour fournir des soldats aux guerres de Louis XIV. Nerval,Illuminés, 1852, p.40.
b) Vieilli. Angoisse, inquiétude, tourment provoqués par cette pression. Et, s'il t'arrive quoi que ce soit, viens trouver ce monsieur-là (...). Il saura bien me trouver, et je te tirerai de presse; car, vois-tu, je suis (...) l'un des premiers avocats de Paris, et l'ami des pauvres (Balzac,Pts bourg., 1850, p.176).
B. − [Corresp. à presser B]
1. Multitude de personnes qui se pressent les unes les autres dans un espace plus ou moins limité. Synon. foule.Il fallut le conquérir [le pain] (...) dans la presse et l'écrasement des foules, faire queue dès trois heures du matin (Goncourt,G. Lacerteux, 1864, p.11).Tous ces gens, serrés les uns contre les autres (...), se bousculaient (...). Si la presse devenait plus étouffante, des cris s'élevaient: «Ne poussez pas!» (A. France,Dieux ont soif, 1912, p.70):
10. Cette feinte querelle avait pour but de produire un rassemblement pour que, parmi la foule, les coupe-bourses et les tire-laine pussent faire leurs coups tout à l'aise. En effet, plus d'un curieux qui était entré dans le groupe un beau manteau doublé de panne sur l'épaule, et la pochette bien garnie, sortit de la presse en simple pourpoint, et ayant dépensé son argent sans le savoir. Gautier,Fracasse, 1863, p.298.
Loc. Fendre la presse. Fendre la foule, se frayer un passage dans la foule. Elle trouva un courage surnaturel pour fendre la presse, et pour rejoindre sa cousine encore occupée à percer la masse du monde qui l'empêchait d'arriver jusqu'au tableau (Balzac,Mais. chat, 1830, p.24).
Proverbe. À la presse vont les fous. ,,On court follement où l'on voit courir les autres`` (Nouv. Lar. ill.; dict. xixeet xxes.).
COMM. Synon. de coup de feu*.Elle (...) s'habille dare-dare, pour arriver soi-disant aux Galeries Lafayette avant l'heure de la presse! (Colette,Music-hall, 1913, p.241).
2. Action de se hâter, le fait d'être pressé, impatient. Je ne suis pas plus avancé pour de Maistre: pas un document de ceux que j'attendais ne m'est venu (...). Un beau jour, de guerre lasse, je décrocherai; mais il n'y a pas de presse (Sainte-Beuve,Corresp., t.4, 1841, p.105).Quatre fois par jour, les détenues de la salle ébranlant de leurs sabots les escaliers, apparaissaient (...), leur figures hagardes, la presse de leurs besoins physiques (E. de Goncourt,Élisa, 1877, p.257).Je n'ai rien perdu, à mon âge, de ma fièvre, de ma presse, de ma hâte en toutes choses (Léautaud,Journal littér., 3, 1921, p.375).
REM.
Press-book, subst. masc.Album des articles de presse consacrés à un auteur, à un artiste, à un ouvrage ou à un spectacle, généralement réunis par un attaché de presse ou un journaliste. Le très connu «Restaurant du marché», dont le press-book à l'usage des nouveaux venus consacre et la perfection et la destination spécifique: promouvoir la terre humiliée à la supériorité gourmande (Le Nouvel Observateur, 16 juill. 1973, p.40 ds Rey-Gagnon Anglic. 1980).Le synon. usuel est dossier de presse et parfois la forme francisée livre de presse. On relève exceptionnellement la forme book-press: On n'en finira pas aisément avec Hallier: peu d'écrivains ont été aussi loués et décriés −parfois par les mêmes. Lisez son «book-press», il est impressionnant (Elle, 8 août 1983, p.21, col. 2).
Prononc. et Orth.: [pʀ εs]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1050 «foule où l'on se presse» (Alexis, éd. Chr. Storey, 517: Granz est la presse, nus n'i poduns passer); 2. a) ca 1220 «hâte, précipitation» (Gautier de Coinci, Mir., éd. V. F. Koenig, II Mir 15, 35: A mout grant haste, a mout grant presse); b) ca 1230 faire presse à qqn «contraindre quelqu'un à quelque chose» (Li chevaliers as deus espees, éd. W. Foerster, 12298); c) mil. xves. tenir en presse «maintenir en état de gêne, d'inquiétude, de tourment» (Jean Régnier, Fortunez et adversitez, éd. E. Droz, p.152); 3. a) fin xies. «mécanisme employé pour exercer une pression» (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t.1, p.118); b) fin xven partic. «machine au moyen de laquelle on imprime un texte, des gravures» (H. Monceaux, Les le Rouges de Chablis, 2, 76 cité ds Wolf Buchdruck, p.150); d'où 1550 mettre sus la presse (J. Peletier, Dialogue, 46 cité ibid., p.210); 1567 mettre sous la presse (J. Grevin, C. Plantin, Dialogues, 58, ibid.); 4. a) 1690 «nombre de feuilles que les imprimeurs peuvent tirer en un jour» (Fur.) −1771 (Trév.); b) 1738 «ensemble des journaux» (J. B. Argens, Lettres juives, t.5, p.433: opprimer la liberté de la presse); c) 1883 avoir une belle presse «être complimenté par tous les journaux» (Fustier, Suppl. dict. Delvau, p.495); 1884 avoir une bonne presse (Texte ds Larch. Suppl. 1889, p.195); 1889 avoir une mauvaise presse (Larch. Suppl.). Déverbal de presser*. Fréq. abs. littér.: 2344. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3951, b) 3485; xxes.: a) 3194, b) 2803. Bbg. Barb. Infl. 1923, p.5. _ Dossiers de mots. Néol. Marche. 1976, no2, pp.131-133. _ Flety (J.). La Reliure main. Banque Mots. 1979, no17, p.97. _ Quem. DDL t.15, 22, 25. _ Vardar Soc. pol. 1973 [1970], p.292.

Presse : définition du Wiktionnaire

Nom commun

presse \pʁɛs\ féminin

  1. Action de presser.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  2. Mécanisme qui, à l’aide d’un effort minime, permet d’exercer une pression considérable.
    • Presse à vis.
    • Presse à copier.
    • Les relieurs se servent de plusieurs sortes de presses.
    • Mettre du linge, des étoffes à la presse.
    1. (En particulier) (Agriculture) Machine destinée à presser et mettre en balles ou ballots le foin, la paille.
      • Le ramasseur fonctionne à la manière d’un râteau rotatif qui soulève le fourrage ou la paille en andain sur le sol et l’élève vers les organes internes de la presse. — (Fiches sécurité machines agricoles et forestières: fonctions, conception, utilisation, Cemagref Éditions, nov. 2002, p. 99)
    2. (Imprimerie) Machine au moyen de laquelle on imprime soit les feuilles d’un livre, soit des gravures, etc.
      • Je converse avec Homère et Cicéron, les Homères et Cicérons des siècles à naitre converseront avec nous, en sorte qu’on peut hésiter à prononcer si une presse n’est pas autant un véritable sens intellectuel, révélé à l’homme par Gutenberg, qu’une machine matérielle. — (Lamartine, Gutenberg)
      • Dans la nuit du 9 au 10, les sectionnaires et les fédérés, dont le principal centre d’impulsion semble avoir été le club électoral siégeant à l’Évêché, brisent les presses des imprimeries girondines — (Jean Poperen, Introduction du tome II des textes choisis de Robespierre, Éditions sociales, 1957)
  3. (Figuré) (Collectif) (Journalisme) Ensemble des journaux.
    • La presse aussi ne laissait pas échapper une occasion de les dépopulariser. Des articles de journaux, conçus dans les termes les plus virulens, des pamphlets satiriques, et enfin tout ce que peut inventer l’esprit de parti fut mis en œuvre pour attirer la vengeance sur les nouveaux parias politiques. — (Anonyme, Mexique.- Situation des partis, Revue des Deux Mondes, 1829, tome 1)
    • Une presse complaisante jusqu’à la servilité répandait dans le public, depuis les salons jusqu’aux mansardes, les idées les plus fausses et les plus dangereuses. — (Général Ambert, Récits militaires : L’invasion (1870), p. 240, Bloud & Barral, 1883)
    • La presse se réjouit ouvertement de ces manifestations et félicite le peuple du fait que les juifs « ne peuvent plus maintenant comploter contre l’État sous couvert de services religieux ». — (Livre blanc anglais no 2 - « Documents concernant les traitements infligés en Allemagne aux nationaux allemands » ; présenté au Parlement par le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, traduction officielle, 1939)
    • Tous les gouvernements le tolèrent parce qu’ils y trouvent leur compte - et certains le favorisent parce que, grâce à des presses salariées et à des majorités vénales, ils sont pratiquement asservis aux Rois de la Haute Banque et de la Grande Métallurgie. — (Victor Margueritte, Debout les vivants !, 1932)
    • Oui, mon petit… la presse indépendante… la presse d’idées… À peu près morte… dès sa naissance… C’est ce salaud de Girardin qui l’a zigouillée le jour où il a tué Armand Carrel… — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930)
    • N’est-il pas invraisemblable que le prince de Bismarck, qui manœuvrait sa presse comme un régiment, ait été étranger à cette campagne ? — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
    • Une immense joie s’empare de toute l’Italie, alimentée par les reportages dithyrambiques des journalistes embeded, comme on dirait aujourd’hui. La presse chante la victoire de la civilisation européenne sur l’obscurantisme des musulmans […]. — (Tewfik Farès, 1911 : la Libye en guerre, déjà, dans Libération (journal) du 18 mars 2011, page S12)
  4. Foule, multitude de personnes qui se pressent les unes les autres dans un espace plus ou moins limité.
    • Le roi a passé tous les jours gras à la Muette, et, le jeudi gras, il est venu au bal de l'Opéra. Il y avait tant de monde qu'il a été expressément (note: C'est-à-dire positivement, en termes exprès) pressé, sans pouvoir aller, ni venir. Toute sa compagnie était en bergers et bergères, et lui en chauve-souris. Cette presse l'a un peu dégoûté de ce bal. — (Edmond Jean François Barbier, Avocat au Parlement de Paris, Journal anecdotique du règne de Louis XV, édition de 1847, note de l'édition de 1849, p. 5 février 1739)
    • Tous ces gens, serrés les uns contre les autres […], se bousculaient […]. Si la presse devenait plus étouffante, des cris s’élevaient : « Ne poussez pas ! » — (Anatole France, Les Dieux ont soif, 1912, page 70)
    • L’aubergiste avait dressé ses tables dans la grange ; à l’entrée, il y avait presse. — (Ernest Pérochon, Nêne, 1920)
  5. Hâte, action de se hâter, fait d’être pressé, impatience.
    • Je ne suis pas plus avancé pour de Maistre : pas un document de ceux que j’attendais ne m’est venu […] Un beau jour, de guerre lasse, je décrocherai ; mais il n’y a pas de presse. — (Charles-Augustin Sainte-Beuve, Correspondance, t. 4, 1841, page 105)
    • Aux moments de presse, les patrons de bar savent ce que leur coûte le vol au rendez-moi, car s’ils refusent de s’exécuter, l’agent qu’on appelle donne forcement raison au voleur. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Elle admettait au temps de grande presse une femme de journée pour les lessives, plus abondantes à cette époque de l’année. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 22)
  6. Méthode d’enrôlement forcé dans les forces armées.
    • Le résident supérieur du Tonkin organisa la presse, c’est-à-dire l’enrôlement forcé, à la fin de janvier 1916, quand on exigea de lui un contingent dans les trois jours ; la collaboration totale des hauts mandarins lui facilita grandement la tâche. — (Mireille Le Van Ho, Des Vietnamiens dans la Grande Guerre : 50 000 recrues dans les usines françaises, 2014, pages 57–58)

Forme de verbe

presse \pʁɛs\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de presser.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de presser.
    • Mais les policiers, sache-le, ont tendance à présupposer que celui qui presse sur la détente est fatalement le meurtrier. — (Amanda Cross, L’affaire James Joyce, traduction de R.M. Vassallo-Villaneau, 1992, chapitre dix)
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de presser.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de presser.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de presser.
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Presse : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PRESSE. n. f.
Action de presser. Il désigne particulièrement un Mécanisme qui, à l'aide d'un effort minime, permet exercer une pression considérable. Presse à vis. Presse à copier. Les relieurs se servent de plusieurs sortes de presses. Mettre du linge, des étoffes à la presse. Presse hydraulique, Machine qui, au moyen d'une petite quantité d'eau refoulée par une pompe, sert à opérer des pressions considérables.

PRESSE se dit spécialement de la Machine au moyen de laquelle on imprime soit les feuilles d'un livre, soit des gravures, etc. Presse d'imprimerie. Presse à bras. Presse mécanique. Presse d'imprimerie en taille-douce. Presse lithographique. L'ouvrage est sous presse, Il s'imprime actuellement. Mettre un ouvrage sous presse, se dit de l'Imprimeur qui procède au tirage. Fig., Faire gémir la presse, Faire imprimer un ouvrage. Il s'emploie ironiquement à propos d'un Auteur qui publie trop.

PRESSE se dit figurément de l'Ensemble des journaux. Toute la presse a donné cette nouvelle. Liberté de la presse, Liberté de produire, dans les écrits, livres, brochures, journaux, ses idées, ses opinions sur toute matière, sans subir aucune censure préalable. Réclamer la liberté de la presse. Restreindre la liberté de la presse. On dit de même : La presse est libre dans ce pays. Les délits de presse. La législation de la presse. Avoir une bonne, une mauvaise presse, se dit de Quelqu'un sur qui les journaux s'expriment favorablement, défavorablement. Il se dit aussi, figurément et familièrement, de Quelqu'un à qui l'opinion est favorable, défavorable. Son désintéressement lui vaut une bonne presse. Cet avocat a une mauvaise presse parmi ses confrères.

Presse : définition du Littré (1872-1877)

PRESSE (prê-s') s. f.
  • 1Machine qui sert à serrer, à presser, à tenir extrêmement serré. Presse à coins. Mettre des étoffes en presse.

    Presse hydraulique, machine due à Pascal, et qui, au moyen d'une petite quantité d'eau refoulée par une pompe, sert à opérer des pressions considérables, proportionnées à la surface pressante.

    Par analogie, mettre en presse, comprimer fortement. On se hâte de les déformer [les enfants nouveau-nés] en les mettant en presse, Rousseau, Ém. I. Ces ligatures qui tiennent nos membres en presse, Rousseau, ib. v.

    Fig. Mettre en presse, mettre à la presse, mettre en gage. Ah ! ma pauvre maîtresse, Faut-il vous voir ainsi durement mise en presse [il s'agit d'un portrait mis en gage] ? Regnard, Joueur, v, 6. Si je suis contraint de mettre quelque chose à la presse, ces honnêtes gens-ci ont la charité de ne prendre que douze sous par écu de six francs, tous les mois, Rousseau, Lett. à Mme de Warens, 23 oct. 1737.

  • 2Dans les machines à faire les tissus de tricot, barre horizontale à bascule, manœuvrée par une pédale et servant à fermer temporairement les crochets, pour faire passer le rang postérieur des plis de suspension du tricot par-dessus leurs branches supérieures, recouvrant la nouvelle rangée des boucles ou des plis.
  • 3Machine au moyen de laquelle on imprime, soit les feuilles d'un livre, soit les estampes. Presse de bois, de fonte. Presse mécanique. Presse d'imprimerie en taille-douce. Presse lithographique. Faire rouler la presse. Ce qui nous intéresse dans cette longue enquête [au sujet de l'invention de l'imprimerie], c'est qu'il y est question d'un art secret dont Gutenberg avait promis de donner connaissance à ses associés, d'une presse à deux vis, qu'il ordonna surtout de tenir cachée, Daunou, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. IV, p. 471.

    L'ouvrage est sous presse, il s'imprime actuellement.

    On dit de même : mettre un ouvrage sous presse, le livrer à l'impression, le faire imprimer.

    Autrefois on disait : sous la presse. Cet autre met ses ouvrages sous la presse, Molière, Préc. 10.

    Fig. Faire gémir la presse, se dit, presque toujours avec un sens défavorable, d'un auteur qui fait imprimer un ouvrage, ou qui fait beaucoup imprimer (métaphore provenant du bruit de l'ancienne presse à bras, quand on tirait le barreau).

  • 4Il se dit aussi des ouvriers qui font mouvoir la presse. Embaucher une presse.
  • 5L'imprimerie en général, ses produits. Les délits de presse. La presse est libre en ce pays. Ce fut ce libelle qui rendit les dernières années de J. B. Rousseau bien malheureuses ; la presse, il le faut avouer, est devenue un des fléaux de la société et un brigandage intolérable, Voltaire, Mél. litt. Fragm. d'une lettre. L'État ayant plus d'un membre Que la presse eût fait trembler, Béranger, Censure.

    Presse périodique, les journaux.

    Liberté de la presse, le droit qu'on a de publier sa pensée par l'imprimerie, sans être soumis à une censure préalable. Y a-t-il rien de plus tyrannique que d'ôter la liberté de la presse ? et comment un peuple peut-il se dire libre, quand il ne lui est pas permis de penser par écrit ? Voltaire, Lett. Damilaville, 16 oct. 1765. La liberté de la presse produit sans doute des inconvénients ; mais ils sont si frivoles, si passagers, en comparaison des avantages, que je ne daignerai pas m'y arrêter, Raynal, Hist. phil. x, 13. Des discussions publiques, des élections libres, des ministres responsables, la liberté de la presse, je veux tout cela… la liberté de la presse surtout ; l'étouffer est absurde (Paroles de Napoléon en 1815), Constant, Lettres sur les Cent-Jours, II, 2.

  • 6Multitude de personnes qui se pressent. On n'a rien qu'à me suivre au milieu de la presse, Tristan, Panthée, IV, 2. Ils se cachent dans la presse et appellent le nombre à leur secours, Pascal, Pens. Jésuites, 70, édit. FAUGÉRE. J'avais grande envie de me jeter dans le Bourdaloue [aller à ses sermons] ; mais… la presse était à mourir, Sévigné, 24 mars 1671. Partout où passe cette illustre bière [de Turenne], ce sont des pleurs et des cris, des presses, des processions…, Sévigné, 19 août 1675. La presse est dans les églises durant cette sainte quarantaine, Bossuet, Sermons, Prédication, 3. C'était se voir étrangement réduite pour une princesse [la duchesse du Maine] toujours environnée de monde, et qui se croit seule quand elle n'est pas dans la presse, Staal, Mém. t. II, p. 80. Le peuple… se précipitant en foule aux bureaux de la banque [lors de la débâcle de Law], il y eut trois hommes étouffés dans la presse ; le peuple porta leurs corps morts dans la cour du Palais-Royal, Voltaire, Hist. parl. LXI. Avez-vous vu Paris ? - Oui, j'ai vu Paris… c'est un chaos, c'est une presse dans laquelle tout le monde cherche le plaisir et où presque personne ne le trouve, Voltaire, Cand. 21. N'avons-nous pas vu Mérope fendre la presse de nos jeunes seigneurs pour percer le cœur de son fils [les jeunes seigneurs encombraient le théâtre] ? Marmontel, Œuv. t. VIII, p. 148.

    Je n'y ferai pas grande presse, je n'y ferai pas la presse, je ne suis pas disposé à y aller. Je n'ai pas quitté cette pauvre amie [Mme de Lafayette] tous ces jours-ci ; elle n'allait pas faire la presse parmi cette famille [à la mort de M. de la Rochefoucauld], en sorte qu'elle avait besoin qu'on eût pitié d'elle, Sévigné, 413.

    Il n'y aura pas grande presse ou grand'presse à faire telle chose, se dit d'une chose qu'on ne veut pas faire et dont on pense que peu de personnes voudront se charger. Je disais hier de Penautier [compromis dans l'affaire des poisons] ce que vous en dites, sur le peu de presse que je prévois qu'il y aura à sa table, Sévigné, 22 juill. 1676. Voilà donc ce qui s'appelle la vertu et la reconnaissance : je ne m'étonne pas si l'on trouve si peu de presse dans l'exercice de ces belles vertus, Sévigné, 8 juin 1676. Il [Ch. de Sévigné] gardera sa charge [de guidon] paisiblement ; la presse n'est pas grande à soupirer pour elle, quoiqu'elle soit si propre à faire soupirer, Sévigné, 12 avr. 1680.

    Il n'y a pas de presse, il n'y a pas de quoi s'empresser.

    En un sens contraire, il y a presse, on s'empresse à. Le bruit de ses beautés, sa sagesse, son bien, Mais le bien plus que tout y fit mettre la presse, La Fontaine, Coupe. Il [Ville brune] est fort estimé dans notre Bretagne ; il y a presse à qui l'aura, Sévigné, 1er juill. 1676. Je ferai vos compliments à Mme de Villars ; il y a presse à être nommé dans mes lettres, Sévigné, 27 fév. 1671. Jamais les thermomètres ne se sont trouvés à telle fête : il y a presse dans la rivière ; Mme de Coulanges dit qu'on ne s'y baigne plus que par billets, Sévigné, 1er juill. 1676. Grande presse à l'épouser ; on me la demande tous les jours, Maintenon, Lett. à M. de Villette, 23 mai 1683.

    La presse y est, se dit de tout ce qui est à la mode, et goûté, recherché du public. Pour l'aimable comtesse Meurt tous les jours Quelque amant qu'elle laisse Sans nul secours ; Et cependant la presse Y est toujours, Segrais, Chansons, VII.

    Fig. Tirer de la presse, tirer de la foule, du commun. Le maréchal de Bellefonds m'a fait promettre de le tirer de la presse [de le nommer particulièrement dans une lettre], Sévigné, 1er avr. 1671.

  • 7Presse, jeu d'écoliers qui, pendant l'hiver, se serrent les uns contre les autres dans un angle d'un bâtiment, si bien que les plus rapprochés du mur sont obligés de monter par-dessus leurs camarades pour s'échapper.
  • 8En Angleterre, enrôlement forcé des matelots. La plus grande différence que j'observais entre la presse et les classes [établies pour les matelots en France], c'est que l'une est une servitude passagère, et que l'esclavage des autres n'a point de terme, Raynal, Hist. phil. XIX, 5.
  • 9 Fig. Douleur, inquiétude, embarras. Si vous voulez faire plaisir à cet évêque, perdez bien de l'argent ; mettez, mettez-vous dans une grande presse : c'est là qu'il vous attend, Sévigné, 9 mars 1672. Mon cœur est soulagé d'une presse et d'un saisissement qui en vérité ne me donnait aucun repos, Sévigné, 21 juin 1671. J'entre avec une certaine horreur dans ce vaste désert du monde… mon âme à la presse cherche à s'y répandre, et se trouve partout resserrée, Rousseau, Hél. II, 14.

    Familièrement. Il est en presse, il est dans un état fâcheux, dans l'inquiétude, dans le chagrin. Je suis naturelle, et, quand mon cœur est en presse, je ne puis m'empêcher de me plaindre à ceux que j'aime bien, Sévigné, 24 juin 1671.

    Il s'est tiré de la presse, de presse, il s'est retiré prudemment de quelque mauvaise société, de quelque parti dangereux où il était engagé.

  • 10Sollicitations vives, insistance. Sentence sur sentence, ajournement sur ajournement, pour vous appeler devant Dieu et devant sa chambre de justice ; écoutez avec quelle presse il vous parle par son prophète…, Bossuet, Serm. Pénit. 2. M. de Luxembourg alla, à maintes reprises, à M. le prince de Conti, pour le savoir [ce qui avait causé le duel de Rantzau et du comte d'Albret] avec des presses et des instances à le mettre au désespoir, Saint-Simon, 78, 16.
  • 11Impatience. Et vous voilà, tant vous avez de presse, Découragé sans attendre un moment, La Fontaine, Mandr.

    Hâte. Je suis aise de l'établissement de cette pauvre et bonne enfant qui avait goût et presse du sacrement, Mirabeau, Lett. orig. t. II, p. 273.

    Il se dit de travaux qu'il faut faire promptement et sans relâche. Nous avons eu une grande presse.

    PROVERBE

    À la presse vont les fous, c'est-à-dire la foule attire les sots curieux.
    Il y avait tant de peuple qu'il y a eu plusieurs hommes tués et blessés : à la presse vont les fous, Patin, Lett. t. III, p. 155, dans POUGENS.

HISTORIQUE

XIe s. Devant Marsile [il] s'escria en la presse, Ch. de Rol. LXXIII.

XIIe s. Li cuens [le comte] Rolant est en la presse entrez, Ronc. p. 79.

XIIIe s. Quant il vint à l'entrée de la porte, il y ot si grant priesse… , H. de Valenciennes, XX. Sus ce que les diz frepiers fesoient chauces de velles robes, et les mestoient en presse, Liv. des mét. 412. À poi que li cuers ne li faut ; Moult l'avoit mis en male presse Renart, qui jà n'en ait confesse, Ren. 10313. S'il ne vuet, jà ne s'en confesse, Ge ne li en ferai jà presse, la Rose, 7062.

XIVe s. Les autres [tenailles] oevrent [ouvrent] et cloent [ferment] o [avec] presses et o vis, H. de Mondeville, f° 36.

XVe s. Rompre la presse, Froissart, I, I, 285. Et se vouloient bouter hors de presse [tirer leur épingle du jeu], Froissart, II, II, 60. Les parens et amis sont mors, L'un par glaive, l'autre en vieillesce ; L'un par malage [maladie], l'autre en presse [bataille], L'un en bois et l'autre en riviere, Deschamps, Poésies mss. f° 525. Pommes, poires, nefles, noisettes, Frommaige de presse et de Brie, ib. f° 493. Quant on les eut servis de trois pieces de chairs gentils, on les servit après de chervots de I esse, c'est un manger le plus noble de ce temps ; et parce que ne savez quel viande c'estoit, je le vous dirai : on prenoit en ce temps jeunes chervots [chevreuils], et les departoit on par quartiers, et puis les metoit on en presse si très fort que tout le sang et les humeurs en yssoient ; lors demeuroient les chairs plus blanches que chapons, et puis on les confisoit en espices les meilleures et les plus delicieuses que on puist avoir ; et de ces chervots de presse estoit la compaignie servie, Perceforest, t. I, f° 125. Je couchai en une vigne bien en presse sus la terre, sans autre avantage et sans manteau ; car le roy avoit emprunté le mien le matin, Commines, VIII, 6. Voilà le curé qui confesse : Regardez, il n'y a pas presse ; Nous sommes entrés bien à point, Rec. de farces, p. 151.

XVe s. Autres on voit de ceux ci separez, Auxquels douleur fait tousjours dure presse, Marot, I, 297. Qui eust jamais pensé qu'un duc de Bretaigne deust estre estouffé de la presse [foule] ? Montaigne, I, 73. Le voyant transi, et en silence de la presse de sa conscience, Montaigne, I, 129. La contagion est très dangereuse en la presse, Montaigne, I, 273. Il est interdit ausdits supplians d'avoir aucuns pressoirs ny presses en leurs maisons, pour presser les lies provenans de leurs dits vins, pour en faire vinaigres, Ordonn. déc. 1585. Comme il fut joignant le chevalier du dragon, il s'arresta et luy demanda quelle presse le contraignoit de marcher si viste, D. Flores de Grèce, f° CLIV, dans LACURNE. Vin de grain est plus doux que n'est pas vin de presse, Cotgrave Maintenant il n'y a plus presse ; ils n'y voyent rien à gagner, D'Aubigné, Faen. I, 1.

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Presse : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PRESSE, s. f. (Méchanique.) machine de fer, de bois, ou de quelqu’autre matiere, qui sert à serrer étroitement quelque chose.

Les presses ordinaires sont composées de six pieces ; savoir de deux ais ou planches plates & unies, entre lesquelles on met les choses qu’on veut presser ; de deux vis qui sont attachées à la planche de dessous, & passent par deux trous dont la planche de dessus est percée, & de deux écrous taillés en forme d’S qui servent à presser la planche de dessus qui est mobile, contre celle de dessous, qui est stable & sans mouvement. (D. J.)

Presse pour les liqueurs, (Outil de divers artisans.) Les presses pour exprimer les liqueurs sont de plusieurs sortes : les unes ont presque les mêmes parties des presses communes, à la réserve que la planche de dessous est percée de quantité de trous, pour faciliter l’écoulement des sucs qu’on exprime, & qu’il y a au-dessous une espece de cuvette pour les recevoir ; d’autres n’ont qu’une vis ou arbre au lieu auquel est attachée la planche mobile, qui descend dans une espece de boîte ou vaisseau de bois quarré percé de tous côtés, par où s’écoulent les sucs & les liqueurs à mesure qu’on tourne l’arbre par le moyen d’un petit levier ou de fer ou de bois, suivant la matiere de la presse. (D. J.)

Presse, en terme de Batteur d’or, c’est un instrument de fer ayant pour base une plaque immobile au-dessus de laquelle en est une autre qui coule le long de deux branches arrêtées l’une à l’autre par une traverse au milieu de laquelle passe une vis perpendiculaire à la plaque mouvante. Cette vis est couronnée par deux especes de bras de croix qui servent de poignées à l’ouvrier. Cette presse sert à sécher les chaudrais, les cochers & les moules, ce qui se fait à chaque fois qu’on se sert de ces outils. Voyez ces mots à leur article.

La plaque supérieure est bordée d’une bande de fer pour retenir les charbons ; l’autre s’appuie sur une sorte de trépié au-dessus d’une poële pleine de feu. Il est important de ne point mettre trop de feu, on perdroit par-là des outils qui sont chers.

Presse, (Cartier.) est une machine dans laquelle on pose des paquets de cartes en sortant de la main des colleurs, & après lès avoir fait sécher, & dans cet état on les presse en faisant descendre la vis de la presse sur la planche qui est posée sur ces cartes. Voyez Presse ordinaire.

Presse, (Cartonnier.) Les Cartonniers se servent d’une presse assez semblable à celle dont on fait usage dans les papeteries. Elle est composée de deux jumelles ou montans, d’un écrou qui sert de traverse en-haut pour assujettir les deux jumelles ; d’une vis terminée par une lanterne ; d’une piece de bois qui glisse entre les jumelles, & qu’on appelle le sommier pendant ; & d’un entablement ou traverse d’en bas. Quand on veut presser le carton, on pose sur l’entablement un tiroir sur lequel on pose les feuilles de carton les unes sur les autres en piles : on met par-dessus des ais & des billots, après quoi on fait descendre la vis par le moyen d’un levier que l’on pousse à bras, ou par le moyen d’un cable avec un moulinet garni d’un arbre tournant & de deux leviers. Voyez nos Pl. du Cartonnier.

Presse, en terme de Cirier, c’est une machine dont on peut voir le méchanisme ailleurs. Nous n’en parlerons ici que par rapport à l’usage que les Ciriers en font. Ils l’emploient particulierement pour exprimer la cire des meches des vieux cierges & des flambeaux recouverts. Elle est garnie d’un seau à claire voie, à travers lequel la cire passe & tombe dans un récipient placé au-dessous.

Presse d’Ebéniste, outil de menuisier en marqueterie. La presse des Ebénistes ou ouvriers en marqueterie, est presque semblable à celle des Menuisiers, à la réserve que les bois en sont plus épais, & qu’il n’y en a qu’un de mobile ; l’autre est fait en forme de chevalet, étant soutenu par deux jambes ou piliers emboîtés à tenons dans chacune de ses extrémités, qui sont fortement scellées dans le plancher. Cette presse sert à refendre & scier de bout les bois propres à ces sortes d’ouvrages ; quand les pieces sont trop longues, on leur donne de l’échapée dans un trou qui est fait au-dessous dans la terre, ou dans le plancher. (D. J.)

Presse, outils dont les facteurs d’instrumens de musique se servent pour tenir appliquées les unes contre les autres les pieces qu’ils sont obligés de coller. Ces presses, dont ils ont de différentes grandeurs pour servir au besoin, sont composées de deux pieces de bois ADBE, assemblées dans des traverses DE, de, ensorte que cette machine a la figure d’un U. L’extrémité de l’une des branches est taraudée pour recevoir la vis de bois Cm, entre l’extrémité m de laquelle & l’autre branche A on met les pieces que l’on veut serrer, que l’on comprime autant que l’on veut par le moyen de la vis C m. Voyez la fig. 11. Pl. XVII. de Lutherie.

Presse de Fondeurs, outil de Fondeurs ; cette presse, autrement dite presse à coins, est composée de forts chassis de quatre pieces de bois quarrées, bien emboitées les unes dans les autres par des tenons & des chevilles ; elles sont en diverses largeurs, suivant l’épaisseur des chassis à moule, qu’on y doit mettre. Il en faut deux pour chaque moule, aux deux bouts desquels on les place ; ensorte qu’en chassant avec des maillets des coins de bois entre le moule & les côtés de la presse, on puisse fortement unir les deux chassis, dans lesquels on doit couler le métal : quand les chassis des moules sont peu épais, on se sert de la presse commune. (D. J.)

Presse a river, outil d’Horlogerie, voyez nos Pl. de l’Horlogerie, est un instrument sur lequel on rive certaines roues, dont les pignons devant passer par les trous d’un banc à river, avant que les assiettes puissent porter dessus, les empêcheroient absolument de pouvoir y être rivées. Pour se servir de cet instrument, on met les parties AA dans l’étau ; on place la tige de la roue dans une des coches CC de la presse ; on serre l’étau de façon que cette tige se trouve prise entre les coches comme dans un trou, & que l’assiette porte sur les parties CC ; on ride ensuite la roue comme on l’a vu, art. Banc a river.

Presse des estampes, outil des Imprimeurs en taille-douce ; cette machine avec laquelle les Imprimeurs en taille-douce impriment ou tirent leurs estampes & images, elle est moins composée que celle des Imprimeurs de livres. Voyez Imprimerie en taille-douce. (D. J.)

Presse d’imprimerie, qui sert à imprimer les caracteres : c’est une machine très composée ; ses pieces principales de menuiserie sont, les deux jumelles, les deux sommiers, la tablette, le berceau, les petites poutres ou bandes, le rouleau, le coffre, la table, le chevalet, les patins, le train de derriere & les étançons : les principales pieces de serrurerie sont la vis, l’arbre de la vis, le pivot, la platine, la grenouille, le barreau, les cantonnieres ou cornieres, les pattes ou crampons, la broche du rouleau, la clé de la vis, les clavettes & les pitons. Pour connoître chaque piece dont est construite une presse, & l’usage & les proportions de chaque piece, voyez chaque article à l’ordre alphabétique, ainsi que toutes les autres pieces qui ont rapport à la presse.

Les presses ne sont pas également construites dans toutes les imprimeries, ou de France, ou des pays étrangers ; mais les parties, quoique de configuration un peu différente, ont toutes le même objet & le même effet. Voyez nos Pl. d’Imprimerie, & l’article Imprimerie.

Presse, (Droit polit.) on demande si la liberté de la presse est avantageuse ou préjudiciable à un état. La réponse n’est pas difficile. Il est de la plus grande importance de conserver cet usage dans tous les états fondés sur la liberté : je dis plus ; les inconvéniens de cette liberté sont si peu considérables vis-à-vis de ses avantages, que ce devroit être le droit commun de l’univers, & qu’il est à-propos de l’autoriser dans tous les gouvernemens.

Nous ne devons point appréhender de la liberté de la presse, les facheuses conséquences qui suivoient les discours des harangues d’Athènes & des tribuns de Rome. Un homme dans son cabinet lit un livre ou une satyre tout seul & très-froidement. Il n’est pas à craindre qu’il contracte les passions & l’enthousiasme d’autrui, ni qu’il soit entraîné hors de lui par la véhémence d’une déclamation. Quand même il y prendroit une disposition à la révolte, il n’a jamais sous la main d’occasions de faire éclater ses sentimens La liberté de la presse ne peut donc, quelque abus qu’on en fasse, exciter des tumultes populaires. Quant aux murmures, & aux secrets mécontentemens qu’elle peut faire naître, n’est-il pas avantageux que, n’éclatant qu’en paroles, elle avertisse à tems les magistrats d’y remédier ? Il faut convenir que partout le public a une très-grande disposition à croire ce qui lui est rapporté au désavantage de ceux qui le gouvernent ; mais cette disposition est la même dans les pays de liberté & dans ceux de servitude. Un avis à l’oreille peut courir aussi vîte, & produire d’aussi grands effets qu’une brochure. Cet avis même peut être également pernicieux dans les pays où les gens ne sont pas accoutumés à penser tout haut, & à discerner le vrai du faux, & cependant on ne doit pas s’embarrasser de pareils discours.

Enfin, rien ne peut tant multiplier les séditions & les libelles dans un pays où le gouvernement subsiste dans un état d’indépendance, que de défendre cette impression non autorisée, ou de donner à quelqu’un des pouvoirs illimités de punir tout ce qui lui déplaît ; de telles concessions de pouvoirs dans un pays libre, deviendroient un attentat contre la liberté, de sorte qu’on peut assurer que cette liberté seroit perdue dans la Grande-Bretagne, par exemple, au moment que les tentatives de la gêne de la presse réussiroient ; aussi n’a-t-on garde d’établir cette espece d’inquisition. (D. J.)

Presse, (Manufact. de lainage.) dans les manufactures de lainage, c’est une grande machine de bois qui sert à presser les draps, les ratines, les serges, &c. pour les rendre plus unies, & leur donner le cati, qui est cet œil luisant que l’on remarque à la plûpart des étoffes de laine.

Cette machine est composée de plusieurs pieces, dont les principales sont les jumelles, l’écrou & la vis, accompagnée de sa barre, qui sert à la faire tourner, & descendre perpendiculairement à force de bras sur le milieu d’un épais plateau ou planche de bois quarré, sous laquelle on place les pieces d’étoffes que l’on veut presser ou catir.

Il y a une autre sorte de presse plus petite que la précédente, à laquelle l’on donne le nom de guindo, dont on se sert aussi à presser les étoffes de laine. La calandre est encore une espece de presse, qui sert à presser ou calandrer certaines étoffes & toiles.

Il y a quantité de marchands qui ont chez eux de petites presses portatives qui leur servent à presser les étoffes qui ont pris de faux plis, ou qui se sont frippées, en les dépliant pour les faire voir ; cette derniere espece de presse est la presse ordinaire dont on a donné la description au commencement de l’article. (D. J.)

Presse des Menuisiers, (Outil de Menuiserie.) la presse des Menuisiers, qui leur sert à serrer les bois qu’ils ont collés, & sur-tout les panneaux de lambris, est très-simple ; elle n’a que quatre pieces, deux vis, & deux morceaux de bois de 4 ou 5 pouces en quarré, & de deux ou trois piés de longueur, dont les trous qui sont aux deux bouts servent d’écrous aux vis.

Presse, à la monnoie ; instrument dont on se servoit dans la marque des monnoies, auquel on a substitué le balancier ; cependant il y a des hôtels de monnoie où le graveur s’en sert pour l’impression de quarrés ou matrices.

Voici la construction d’une presse. Consultez la figure. L’arbre de fer soutient pour recevoir son mouvement un demi-fleau, au bout duquel est un anneau pour recevoir des cordages ; l’arbre ensuite est séparé par des platines, au-dessus de la premiere étoit le jacquemart, ensuite la vis à retenir les quarrés, le ressort à détacher les especes, le tout appuyé sur un fort billot avec l’escale & la fosse. Voyez Jacquemart, Escale, Fosse

Presse a moule, à la monnoie ; est un quadre de bois entre lequel on met les deux moitiés du moule, que l’on serre ensuite avec des coins pour empêcher qu’elles ne se désunissent.

Presse a sardines, terme de Pêche ; machine qui consiste en un long levier, avec lequel on comprime les sardines dans les barils. Voyez Sardine. On donne aussi ce nom à l’attelier dans lequel on fait cette opération.

Presse, (Relieure.) les Relieurs usent de quatre presses ; savoir, la grande presse, la presse à endosser, la presse à rogner, la presse à tranchefiler : outre ces quatre presses, les doreurs ont encore la presse à dorer sur tranche, & celle à tirer les armes.

La grande presse sert à mettre les livres en presse, soit lorsqu’ils sont en train d’être reliés, soit lorsqu’ils sont reliés. Elle est composée de deux jumelles de 6 piés de haut sur 6 pouces & demi d’épaisseur ; d’un sommier de 14 pouces en quarré, attaché aux trois quarts de la hauteur aux deux jumelles avec deux boulons de fer, qui passent au-travers du bout du sommier & de la jumelle. Le sommier est percé dans le milieu d’un trou vissé où passe une vis renversée, de trois piés & demi de hauteur compris la tête ; la tête de la vis est percée de part en part de deux trous quarrés, où l’on passe un barreau de fer pour serrer ou desserrer la presse. La tête de la vis entre dans un plateau d’un pié en quarré, sur deux pouces & demi d’épaisseur. Ce plateau tient à une piece de bois, qu’on appelle un mouton, qui a 26 pouces de long sur 14 de large : à ce mouton il y a de chaque côté un tenon qui entre dans les rainures des jumelles. Le dessous de la presse est une plate-forme de 34 pouces de long sur 16 pouces de largeur, pour porter ce que l’on veut mettre dans la presse, & soutenir l’effort de la vis qui fait descendre le mouton dessus. Cette plate-forme est fermement attachée à chaque jumelle avec deux boulons de fer, comme le sommier. Les jumelles sont tenues sur le plancher par deux patins où elles s’emboîtent. Le tout est fortement arrêté contre un mur. Voyez les Pl. de la Relieure.

La presse à endosser est composée de deux pieces, l’une de devant, & l’autre de derriere ; l’une & l’autre de 3 piés & demi de long, 7 pouces de large, sur 5 pouces d’épaisseur ; de deux vis de 3 piés de long qui les traversent par les deux extrémités. Chacune des vis a une tête de 6 pouces, percée de deux trous de part-en-part, de deux grosses clés de 2 piés & demi de long, sur un pouce en quarré. Ces clés sont attachées à la piece de devant solidement, & traversent entierement celle de derriere, de deux petites clés de l’épaisseur de la piece de devant, qui entrent dans la rainure du collet de la vis. En tournant les deux vis, on fait rapprocher & serrer très-fortement les pieces de devant & celle de derriere l’une contre l’autre. Voyez les Pl. Voyez Endosser.

Presse à rogner. Elle est toute semblable à celle à endosser, excepté que sur la piece de derriere il y a une tringle à queue d’aronde, où entre la rainure de la piece de derriere du fust, voyez Fust ; & à la piece de devant une autre tringle en-dedans plus épaisse en-haut qu’en-bas, afin que les livres qu’on met dans la presse soient plus serrés & mieux en état d’être bien rognés. Voyez les Pl. voyez aussi l’article Rogner.

La presse à tranchefiler sert à tenir les livres qu’on tranchefile par un bout, pour que l’ouvriere qui travaille soit plus assurée. Elle est composée des mêmes pieces que celle à dorer, mais plus petite, n’ayant que 18 pouces de long. Voyez les Pl. & l’article Tranchefiler.

La presse à dorer sur tranche doit avoir deux pieces l’une de devant, l’autre de derriere, ayant l’une & l’autre trois piés de long, sur quatre pouces en quarré ; ces pieces sont percées comme celles de la presse à endosser, & l’usage en est tout semblable. Voyez les Pl. & l’article Dorer.

La presse à tirer les armes ; elle est assez ordinairement grande & assez semblable à la grande presse, mais moins haute & moins forte. Il y a cela de différence, que la vis doit être à trois rangs, & qu’à la moitié des jumelles il y a un billot, tenu par deux boulons de fer. Voyez les Pl. & l’article Armes. Au-dessous du billot on place ordinairement une petite armoire pour y serrer les armes qu’on y met en dépot.

Presse a coins, en terme de Cornetier, se dit d’une presse dans laquelle on applatit les galins par le moyen de deux coins qu’on place à chaque bout entre deux plaques de fer, & qu’on enfonce entr’elles à grands coups de maillet. Cette presse passe pour la meilleure, parce qu’on y comprime les galins plus exactement, & que les coins occupent presque toute l’étendue de la plaque, ce qui l’empêche de céder en aucune maniere à la force de la pression. Voyez les Pl.

Presse a vis des Cornetiers, est une espece d’auge placée à rez-de-chaussée, à une des extrémités de laquelle est une vis à clé qui s’engraine dans un écrou qui traverse cette extrémité de la presse. Cette vis atteint les plaques entre lesquelles sont les galins, & les resserrent les unes près des autres, à proportion qu’on la tourne plus ou moins. Voyez les Pl.

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Étymologie de « presse »

Étymologie de presse - Littré

Presser ; prov. pressa, preissa ; espagn. priesa ; ital. pressa.

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Étymologie de presse - Wiktionnaire

(XIe siècle) Déverbal sans suffixe de presser ; il a successivement le sens de « foule où l’on se presse », puis « hâte, impatience » et prend le sens moderne de « machine pour imprimer » avec l’invention de l’imprimerie à la fin du XVe siècle.
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Phonétique du mot « presse »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
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Citations contenant le mot « presse »

  • Alors que La Poste a fermé ses portes en octobre dernier, Amel et Kévin Achouri ont décidé de mettre à disposition, au sein de leur tabac-presse, ses activités principales. , Villard-Bonnot. Après la fermeture du bureau, le tabac-presse du Bourg reprend les services de La Poste
  • Jean Castex prévoit une nouvelle conférence de presse jeudi 14 janvier, avec de nouvelles mesures à la clé. Le Phare Dunkerquois, Couvre-feu, restrictions… Encore une conférence de presse de Jean Castex ce jeudi 14 janvier
  • Ce mardi, le Paris Saint-Germain continuait sa préparation à 24h00 de la réception de l’Olympique de Marseille, pour le Trophée des Champions 2020. Nouveauté du moment, comme lors de la veille du précédent match, très peu d’images ont été mise en ligne par les joueurs. Alors hasard du calendrier, ou nouvelles directives ? Difficile de savoir à ce stade, mais cela crée de la frustration, à quelques heures du Classique. Paris lui, a mis en ligne des extraits et les conférences de presse au complet, ainsi qu’une compilation vidéo des victoires en TdC .Pochettino enfin, qui s’est exprimé longuement avec la conf de Navas, a souligné l’importance de ces classicos. De quoi motiver ses trouves pour mercredi ? ParisFans, Les images du PSG ce mardi: Conférence de presse et importance des Classiques PSG/OM
  • La Maison de la presse de Vire Normandie fermera ses portes de façon définitive en avril 2021. Ses propriétaires partent à la retraite. Aucun repreneur n'est prévu. , La seule 'Maison de la presse' de Vire Normandie baissera définitivement son rideau début avril 2021 | La Voix le Bocage
  • (New York) La ville de New York pourrait arriver au bout de ses stocks de vaccins contre le coronavirus d’ici la fin de la semaine prochaine, a indiqué mardi le maire Bill de Blasio lors d’un point de presse. La Presse, Les hauts gradés du Pentagone condamnent l’assaut du Capitole | La Presse
  • Il faut que la presse paraisse, surtout pas qu'elle paresse ! De Claude Frisoni
  • On ne gagne jamais contre une presse déchaînée et mal intentionnée. De Jean-Marc Morandini
  • L’avenir à chaque instant presse le présent d’être un souvenir. De Louis Aragon / Hourra l’Oural
  • La liberté de la presse présente des inconvénients. Mais moins que l'absence de liberté. De François Mitterrand
  • La presse est une école d'abrutissement parce qu'elle dispense de penser. De Gustave Flaubert / Correspondance
  • La critique a toujours eu mauvaise presse ; le critique, bonne conscience. De Pierre Descaves / Le Théâtre
  • Un attentat contre la presse est un attentat contre la République. De Jean-Paul Huchon / communiqué de presse, 7 janvier 2015
  • Si la presse n'existait pas, il faudrait ne pas l'inventer. De Honoré de Balzac / Monographie de la presse parisienne
  • Si vous souriez à la presse, la presse vous sourit, et quand elle est de votre côté, le monde vous appartient. De Daphné du Maurier / La poupée
  • Le temps nous presse sans trêve vers le trou final. De Pierre Desproges / Vivons heureux en attendant la mort
  • La presse est le quatrième Etat du royaume. De Thomas Carlyle / Des Héros
  • La raison est vaine là où la nécessité presse. De François de Bois-Robert
  • Dans la presse, seules les publicités disent la vérité. De Thomas Jefferson
  • Il faut faire vite ce qui ne presse pas pour pouvoir faire lentement ce qui presse. De Proverbe chinois
  • Ne te presse pas : cela oppresse. De Claude Roy / Les Rencontres des jours
  • La dixième Muse, qui maintenant gouverne la presse. Anthony Trollope, The Warden, 14
  • La presse a succédé au catéchisme dans le gouvernement du monde. Après le Pape, le papier. Victor Hugo, Tas de pierres, Éditions Milieu du monde
  • L'unique garantie des citoyens contre l'arbitraire, c'est la publicité. Benjamin Constant de Rebecque, Observations sur le Discours prononcé par S. E. le ministre de l'Intérieur
  • Plus vous prétendez comprimer [la presse], plus l'explosion sera violente. Il faut donc vous résoudre à vivre avec elle. François René, vicomte de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe
  • La presse étant un sacerdoce, il faut bien pourvoir aux frais du culte. Émile Augier, Les Effrontés, III, 3, le marquis , Michel Lévy

Traductions du mot « presse »

Langue Traduction
Corse prestu
Basque presaka
Japonais 急いで
Russe торопиться
Portugais pressa
Arabe عجل
Chinois 匆忙
Allemand eile
Italien fretta
Espagnol prisa
Anglais hurry
Source : Google Translate API

Synonymes de « presse »

Source : synonymes de presse sur lebonsynonyme.fr

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