La langue française

Ligne

Sommaire

  • Définitions du mot ligne
  • Étymologie de « ligne »
  • Phonétique de « ligne »
  • Citations contenant le mot « ligne »
  • Images d'illustration du mot « ligne »
  • Traductions du mot « ligne »
  • Synonymes de « ligne »
  • Antonymes de « ligne »

Définitions du mot ligne

Trésor de la Langue Française informatisé

LIGNE, subst. fém.

I. − Vieux
A. − ,,Rime`` (Ac. compl. 1842). User de ligne féminine (Ac. compl. 1842).
B. − ,,Ancienne mesure de longueur, douzième partie du pouce`` (Ac. compl. 1842). Ne pas perdre une ligne de sa taille. Ce personnage (...) occupait alors cinq pieds six pouces sur trente-six lignes de large dans un lit (Balzac, Employés,1837, p. 80).
II. − Moderne
A. − [L'accent est mis sur le sens étymol. du mot]
1. Fil tendu entre deux points. Ligne de refend; planter des arbres à la ligne. [Le] cordeau de charpentier [est une] ligne en coton de 1 mm, 5 de diamètre (Croneau, Constr. nav. guerre, t. 1, 1892, p. 32).
Spécialement
ÉLECTR. Système de fils ou de câbles servant à transmettre l'énergie électrique. Ligne électrique, pilote; ligne de distribution, de transmission. Il exige [le plan d'électrification] : 115.000 km de lignes à haute tension, 120.000 km de lignes à basse tension (L'Humanité,19 janv. 1952, p. 2, col. 6).C'est le vecteur densité de courant, ou vecteur courant, qui définit les lignes de courant électrique, et dont le nodule est la charge qui traverse l'unité de surface pendant l'unité de temps (Frühling, Cours d'électr., t. 1, 1966, p. 153).
TÉLÉGR., TÉLÉPH. Circuit de communication. Couper, donner, passer la ligne; personne sur la ligne; ligne directe, libre, occupée, privée; ligne en dérangement; friture sur la ligne. Lorsqu'on enfonce une fiche dans le jack de transformation (...) on voit que cette fiche est reliée aux deux bornes du transformateur dont les deux autres bornes sont reliées à la ligne interurbaine (A. Leclerc, Télégr. et téléph.,1924, p. 226):
1. Une réforme qu'il convient de mentionner à raison des résultats heureux qui la suivirent, fut la fusion de la direction générale des postes et de la direction générale des lignes télégraphiques en une seule administration. Proposée une première fois dès 1828 au temps du télégraphe aérien par le baron de Villeneuve, elle ne fut réalisée que tardivement par les décrets des 22 décembre 1877, 28 janvier et 27 février 1878. Pradelle, Serv. P.T.T. Fr.,1903, p. 91.
Expr. Être en ligne (avec qqn). Dans la salle presque vide ne restaient que les standardistes et les correspondants « en ligne » (Malraux, Espoir,1937, p. 754).
INFORMAT. (En) ligne. ,,Qualifie un type de fonctionnement d'un ensemble terminal dans lequel le transfert des données passe par une ligne de transmission`` (Informat. 1972).
2. Fil tendu du fait d'un poids en suspension.
Spécialement
MAR. Petit cordage à trois torons qui est destiné à divers usages. Ligne d'amarrage; ligne à plomb. Les [appareils de sondage] (...) indiquent la profondeur de l'eau par la quantité de ligne filée; et souvent ils sont organisés de façon à donner en même temps la nature du fond (Ledieu, Cadiat, Nouv. matér. nav.,1899, p. 236):
2. On jette à la mer le bateau de loch qui, par sa disposition, reste stationnaire dans une eau tranquille, puis, afin d'éviter l'influence du sillage, on laisse écouler d'abord une certaine longueur de la ligne. Cette longueur de ligne doit être égale à une ou deux fois la longueur du navire suivant la vitesse de marche. Bourde, Trav. publ.,1929, p. 194.
Ligne de sonde. ,,Cordeau de 100 à 120 brasses et à l'extrémité duquel on attache une masse de plomb pour mesurer la profondeur de l'eau`` (Ac. 1798). Enfin on prétend qu'en 1888, le patron d'un smack [= bateau de pêche] de Grimsby serait grimpé au sommet et aurait pris la hauteur totale du rocher [Rockall] avec une ligne de sonde (Charcot, Mer Groënland,1929, p. 82).
PÊCHE. Fil muni à son extrémité d'un hameçon garni d'un appât en vue d'attraper du poisson. Casser, démêler, jeter, monter, retirer sa ligne; pêcher à la ligne; ligne au vif; donner de la ligne à un poisson. Ils lancent des lignes de plus de cent mètres, alourdies par un plomb, et, quand ils ramènent un petit poisson de rien, ils sont tout pâles (Renard, Journal,1900, p. 606).Dieu n'a pas prévu le bonheur pour ses créatures : il n'a prévu que des compensations, la pêche à la ligne, l'amour et le gâtisme (Giraudoux, Intermezzo,1933, I, 6, p. 66).
En partic. Ligne dormante. Ligne qui est dans l'eau sans qu'on la tienne. Dans la plupart des anses de l'île Bruny, la pêche à la seine nous a toujours été avantageuse; nous avons également employé la ligne dormante garnie de cinquante ou cent hameçons, sur les fonds sablonneux, et la ligne volante, sur les fonds de roche ou en pleine eau (Freycinet, Voy. terres austr.,1815, p. 42).Ligne flottante. Ligne dont l'extrémité est attachée à un corps flottant. Il est permis à tout individu de pêcher à la ligne flottante, tenue à la main, dans les fleuves et canaux désignés dans les deux premiers paragraphes de l'article 1erde la présente loi (Code pêche fluv.,1875, p. 6).Ligne de fond. Ligne reposant au fond de l'eau. Nom d'une pipe − pipe en bois − bois de Campêche − pêche à la ligne − ligne de fond − fond de culotte (Formule enfantine).
P. méton. La canne à pêche tout entière. Dans un après-midi de la fin d'avril, (...) vent modéré de plein ouest, début du flot, mer s'apprêtant à une bonne houle, il fut debout sur la plate-forme de ce phare, une ligne à la main (Queffélec, Un Scrupule de gardien de phare ds La Croix, 8-9 nov. 1981, p. 18, col. 2).
P. métaph. Pêcheur astucieux, Vidame avait accroché un beau rôle au bout de sa ligne, il avait pendu à l'hameçon le doux spectre d'Olivia (Duhamel, Suzanne,1941, p. 295).
Pop. Pêcher à la ligne d'argent. ,,Acheter du poisson après une pêche infructueuse`` (Rigaud, Dict. jargon paris., 1878, p. 202).
B. − [L'accent est mis sur la représentation du sens premier] Tracé continu, allongé, réel ou imaginaire. Tirer, tracer des lignes.
1. [Ce tracé est seulement une longueur] Les eaux, au lieu d'être figurées par des lignes droites (Urbino), sont représentées en lignes sinueuses (Lyon), semblables à celles qu'on emploiera ensuite à Nevers (G. Fontane, Céram. fr.,1965, p. 33).
Spécialement
CHIROM. Ensemble des traits sillonnant la paume de la main. Ligne de cœur, de Mars, de Vénus, de vie; lire dans les lignes de la main. Tiens, petite mère, vois toi-même cette ligne dans sa menotte, comme elle monte droit sans un pli qui la traverse : vie heureuse, vie tranquille; de l'argent, pas de soucis, pas de gloire (Mérimée, Débuts aventur.,1853, p. 299).
GÉOM. MATH. Trait ou ensemble de traits constituant une figure. Ligne convergente, directrice, divergente, générative, oblique, parallèle, perpendiculaire, trigonométrique; ligne de niveau; intersection de deux lignes. La ligne droite est la plus courte, mais la ligne courbe est la plus sûre (Dumas père, Intrigue et amour,1847, IV, tabl. 7, 5, p. 276).Ne dirait-on pas que la ligne courbe et la spirale font [dans un thyrse] leur cour à la ligne droite et dansent autour, dans une muette adoration? (Baudel., Poèmes prose,1867, p. 163):
3. La géométrie élémentaire le prouve à l'évidence; on la voit partir du triangle pour conquérir le polygone, partir du carré pour mesurer le parallélogramme, de la droite ou de la ligne brisée pour évaluer la longueur de la circonférence. Gds cour. pensée math.,1948, p. 373.
MAN. ,,Espace droit ou circulaire que parcourt le cheval`` (Ac. 1835). La ligne de volte, ligne du carré (Ac. 1835).
MÉTOPOSCOPIE ,,Rides du front par lesquelles on prétend juger de la bonne et de la mauvaise fortune des hommes`` (Ac. compl. 1842). Les innombrables rides de son visage et de son front empêchaient le jeu de la physionomie dont les contours seulement parlaient. Ces lignes dures, arrêtées, paraissaient exprimer la menace (Balzac, Tén. affaire,1841, p. 49).
MUS. Traits horizontaux sur lesquels s'inscrivent les notes. Ligne de portée. (Dict. xixeet xxes.).
PHYS. Ligne de champ*, de poussée*.
Ligne de force. ,,Ligne telle qu'en chacun de ses points la tangente soit confondue avec la direction de la force``. (Lar. encyclop.). La forme des structures, que Nervi a donnée à ses arcs-boutants s'explique, en dernière analyse, par les triples rapports entre charge et lignes de force relevant de la statique et l'exécution de la construction (Siegel, Formes structurales archit. mod.,1965, p. 157).Au fig. (le plus souvent). Ligne force. Idée maîtresse. (Dict. xixeet xxes.). Outre ces procédés et ces « tics », il faut discerner les lignes de force de l'œuvre (Samuel, Art. mus. contemp.,1962, p. 209).
2. [Ce tracé est une délimitation] Ligne de faille, de partage des eaux, des abscisses :
4. ... les décolletés des robes, plus généreux que ceux des costumes de bains, découvrent de curieuses lignes-frontières entre les régions abondonnées tout le jour à la brutalité solaire et celles qui lui sont interdites... Larbaud, Jaune,1927, p. 49.
Ligne de démarcation. À l'est, la ligne de démarcation qui circonscrit l'agglomération européenne a un caractère historique autant au moins que géographique (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum.,1921, p. 73).
Vx. Ligne de marcation [démarcation]. ,,Ligne tracée sur la mappemonde par Alexandre VI, qui, de son autorité pontificale, donnait aux Espagnols les terres qu'ils découvriraient à l'ouest de cette ligne, et aux Portugais celles qu'ils découvriraient à l'est`` (Ac. 1835).
HIST. (Seconde Guerre mondiale). Séparation entre la zone libre et la zone occupée. Franchir la ligne. V. démarcation ex. de Montherlant.
Ligne de crête. La route (...) pénétrait dans le bois durant deux ou trois hectomètres, ayant à sa droite une croupe très arrondie, semée de rochers et de petits arbres, qui s'élevaient d'un mouvement assez ample vers la ligne de crête (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 78).
Spécialement
ANAT. Ligne blanche. ,,Bandelette tendineuse qui s'étend de l'appendice xyphoïde à la symphyse pubienne, entre les muscles grands droits de l'abdomen`` (Lar. méd. t. 2, 1972). La ligne blanche est le raphé [entrecroisement de fibres] tendineux longitudinal médian résultant de la fusion des tendons des muscles abdominaux (G. Gérard, Anat. hum.,1912, p. 502).
GÉOGRAPHIE
Ligne équinoxiale ou ligne. Cercle de la sphère également distant des deux pôles (cf. équinoxial B 1). Synon. équateur, ligne équatoriale (v. équatorial I A 1).Couper, franchir, passer la ligne équinoxiale; baptême de la ligne (v. baptême B 1b).
Ligne méridienne. ,,Ligne droite, tirée du Nord au Sud dans le plan du méridien`` (Ac. 1835).
GÉOL. Ligne de fissure. Toutes ces lignes droites dérivent des lignes de fissures ou autres accidents géologiques (Élie de Beaumont, Stratigraphie,1869, p. 517).
JEUX. ,,Se dit aux échecs des 4 bandes composées de 28 cases, formant la bordure de l'échiquier`` (Ac. Compl. 1842).
MAR. Ligne de flottaison. V. flottaison B.Le grand mât anglais s'élève à deux cents dix-sept pieds au-dessus de la ligne de flottaison (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 447).
PONTS ET CH. Ligne blanche. Ligne séparant la route en deux. Franchir la ligne blanche. Ligne continue, discontinue (d'apr. Code de la route, Paris, éd. « La Route Robert », 1977, p. 76).
SPORTS. Ligne tracée au départ et à l'arrivée d'une épreuve, ou marquant les limites du terrain. Ligne d'arrivée, d'envoi; franchir la ligne; juge de ligne. Les lignes tracées aux extrémités et sur les côtés du court seront dénommées lignes de fond et lignes de côté (Fédération fr. de Lawn-Tennis,1936).L'expérience prouve, en effet, que les 13,72 m à franchir entre la ligne de départ et le premier obstacle peuvent être facilement couverts, même par des athlètes de taille moyenne, en huit appuis de course (Jeux et sports,1967, p. 1240):
5. Lorsque le ballon, après avoir été touché par un joueur de l'équipe attaquante, aura entièrement dépassé la ligne de but, il sera placé en un point proche de l'endroit où il a franchi la ligne et sera relancé du pied directement dans le jeu au-delà de la surface de réparation. J. Mercier, Football,1966, p. 29.
Ligne de touche. Limites latérales du champ de jeu en football et en rubgy (d'apr. Pt Rob.).
Région. (Belgique). ,,Raie de cheveux`` (Baet. 1971).
P. anal. Ligne de l'horizon. Une de ces pentes sans arbres, sans autre beauté que sa douce verdure, ses troupeaux, échelonnés paisiblement jusqu'à la ligne de l'horizon, me donnaient je ne sais quel rêve du paradis (Michelet, Journal,1834, p. 131).
La ligne bleue des Vosges. [P. allus. au testament de J. Ferry : je désire reposer (...) en face de cette ligne bleue des Vosges d'où monte jusqu'à mon cœur fidèle la plainte des vaincus] .
Au fig. Et comment distinguerez-vous ce qui appartient aux lettres de ce qui appartient aux sciences? Où sera la ligne de démarcation? (Chateaubr., Lib. Presse,1822-28, p 318).Quelle erreur de croire qu'une société où l'homme de lettres occupe ou croit occuper la première place, peut tenir droite sa ligne de flottaison! (Renan, Feuilles dét.,1892, p. 230):
6. Il décida qu'il irait d'abord voir Massart, il ne pouvait plus guère parler qu'au commissaire; il se voyait debout pour ce seul jour encore sur une étrange ligne de faîte, une crête de partage des eaux d'où il dominait son avenir et sa vie... Nizan, Conspir.,1938, p. 209.
3. [Ce tracé est un contour] Ces trois éléments demandent nécessairement un contour un peu indécis, des lignes légères et flottantes, et l'audace de la touche (Baudel., Salon,1846, p. 120).
Spécialement
BEAUX-ARTS. Effet général produit par la combinaison harmonieuse des différentes parties d'une composition. Beauté, pureté des lignes. La noblesse des lignes architecturales s'offre aux héritiers de la grande tradition italienne (P. Lavedan, Urban.,1926, p. 221):
7. Mais, bien plus, comme la ligne fait plus pour le mouvement que le modelé des muscles, le dessin exprime mieux la forme par une ligne nue que par une vaine recherche des détails; la ligne court et se referme, marquant assez par ses inflexions les traits secondaires qui la rompraient. Bref, il n'est point de beau dessin sans la ligne continue; aussi les retouches n'y sont jamais par petits traits, mais plutôt par ligne reprenant la ligne, et continue elle aussi. Tous ceux qui ont tenté de dessiner d'après les maîtres ont remarqué la puissance de ces lignes presque superposées, tantôt réunies, tantôt séparées, toujours distinctes. De telles lignes ne sont point dans la nature. Alain, Beaux-arts,1920, pp. 282-283.
Rem. Ligne signifie parfois l'ensemble des lignes. Degas, par la beauté de la ligne et des harmonies, a ce privilège d'ajouter immanquablement quelque chose de rare (...) à des sujets, qui, interprétés par tout autre, encouraient le reproche de « bassesse » (Mauclair, Maîtres impressionn., 1923, p. 98).
Ligne de foulée. ,,Ligne suivie sur les marches d'un escalier par les pieds d'une personne qui monte librement un escalier. On dit aussi ligne d'emmarchement`` (Adeline, Lex. termes art, 1884, p. 44).
MODE. Façon dont est coupé un vêtement, dont sont coupés les cheveux. Ligne d'une robe, d'un costume; la nouvelle ligne est sortie. Un frac impeccable y trônait [dans une vitrine], royal, chevauchant le dossier d'une chaise, avec ses revers de soie, son gilet nid d'abeilles en pointe, son pantalon d'une ligne sûre (Arnoux, Paris,1939, p. 52).
MORPHOL. Ensemble des traits du visage ou silhouette générale. Plénitude des lignes; ligne des épaules, des hanches. Je ne peux plus vivre sans vous voir (...) il faut que je vous voie (...) que je contemple la ligne de votre corps (Maupass., Bel-Ami,1885, p. 271):
8. Le dernier obstacle enlevé, la jeune femme se dessina dans la chaste nudité de ses belles formes, gardant, malgré tant de siècles écoulés, toute la rondeur de ses contours, toute la grâce souple de ses lignes pures. Sa pose, peu fréquente chez les momies, était celle de la Vénus de Médicis... Gautier, Rom. momie,1858, p. 186.
Expr. Avoir de la ligne. Avoir de l'allure. − Il est joli votre cheval!... − Joli, non (...) mais il a de la ligne (...) c'est un pur sang qui manquait de train (Gyp., Pas jalouse,1893, p. 154).
Absol., toujours au sing. Sveltesse. Avoir, garder la ligne. Je te ferai une grillade. Tu fais toujours attention à ta ligne? (Queneau, Pierrot,1942, p. 92):
9. ... les plus raffinées [des femmes blanches] s'attifent déjà comme les sauvages, nu, plumes, fourrures (...) maigreur masculine sous prétexte de défendre « la ligne » (...) polyandrie agressive, cocktails, tabac, dancing, ces folles de minuit revendiquant le droit de « vivre leur vie », comme si la nature les avaient faites unes et indépendantes! Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 190.
Au fig. Points essentiels d'un livre, d'un document, d'un rapport, d'un système. Dans les grandes lignes :
10. Parmi les entreprises qui jouent un rôle important dans la diffusion de la presse, on peut citer les messageries Hachette, maison qui met à la disposition des éditeurs une organisation particulièrement complète et dont les lignes principales peuvent donner une idée des divers systèmes d'expédition et de diffusion. Civilis. écr.,1939, p. 42-1.
C. − [L'accent est mis sur l'utilisation éventuelle] Tracé exécuté d'une façon continue et dans une direction déterminée. Aller en droite ligne. Tous ces débris arrivaient en droite ligne de Charenton (Janin, Âne mort,1829, p. 23).
Spécialement
COMMUNICATIONS. Système de rails, de voies aériennes ou maritimes, destinés au transport des voyageurs et des marchandises. Darras est pilote de ligne, répondit Scali, retroussant son nez de l'index (Malraux, Espoir,1937, p. 478).Une seule ligne de chemin de fer normale existait encore : celle qui venait de Sainte-Menehould (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 30):
11. La nécessité de transporter des masses énormes de marchandises en un seul voyage a conduit les armateurs à concevoir des unités spécialisées et adaptées à un seul genre de trafic, tout au moins sur les lignes régulières. Les tankers ne sont pas les seules formes de spécialisation. Ce sont eux, néanmoins, qui ont créé le type des navires modernes dont la silhouette diffère profondément de celle des navires du début du siècle. Perpillou, Industr. constr. nav.,1967, p. 7.
SYNT. Ligne d'autobus, d'aviation, de banlieue, de métro, de navigation, de tramway, de trolley; ligne à voie unique; ligne Paris-New-York; ligne secondaire, transatlantique; grandes lignes; navire de ligne; faire la ligne; un habitué de la ligne; mettre une ligne en service.
SYLVIC. ,,Voie tracée dans une forêt et dite autrefois laie`` (Littré).
P. ext. Tracé idéal délimité par l'imagination. L'angle droit n'existe pas dans la nature. Le seul angle à peu près droit s'obtient en prolongeant par une ligne imaginaire le nez grec jusqu'au sol grec (Giraudoux, Intermezzo,1933, I, 6, p. 61).
ANAT. Ligne médiane. ,,Ligne intermédiaire que l'on suppose partager verticalement le corps en 2 parties égales et symétriques`` (Littré).
ARTILLERIE et TIR
Ligne de mire. Ligne droite imaginaire, déterminée avec précision par l'œil du tireur. La longueur du canon ne doit pas dépasser quinze centimètres, la longueur de la ligne de mire vingt-deux centimètres, la détente doit pouvoir supporter une pression de 1,360 kg (3 livres anglaises) (Jeux et sports,1967, p. 1460).
Ligne de tir. Droite passant par l'axe de la bouche à feu prolongée à l'infini :
12. Si la partie à battre est broussailleuse (et probablement, par suite, riche en gibier), ou si la fusillade est particulièrement nourrie sur la ligne de tir, la marche devra être lente, interrompue par des arrêts. Vidron, Chasse,1945, p. 35.
Ligne de visée. Direction dans laquelle on dirige une arme, un instrument d'optique. [Pour les tirs de réglage des torpilles,] La ligne de visée doit être perpendiculaire [aux] (...) deux radeaux et passer par leur milieu (Ledieu, Cadiat, Nouv. matér. nav.,1890, p. 727).
BEAUX-ARTS. Ligne de terre. ,,Intersection du plan du tableau avec le plan géométral`` (Littré).
CYCL. Être bien en ligne. Avoir une position telle qu'on suive une trajectoire idéale. La fin de course de Vigneron, bien en ligne, lucide, négociant admirablement des virages pourtant très serrés, devait lui valoir de prendre la deuxième place des coureurs français (L'Est Républicain,2 juin 1981).
ESCR. Droite ,,qui est directement opposée à l'adversaire et dans laquelle doivent être les épaules, le bras droit et l'épée`` (Ac. 1835). Être en ligne; ligne basse, haute; ligne dehors, dedans. Je ressemblais à un tireur qui essaie son fleuret contre un adversaire de jeu inconnu, et qui rencontre devant ses feintes les plus serrées un fer tenu d'une main qui n'attaque pas, remue à peine, et cependant garde toujours la ligne (Bourget, Profils perdus,1884, p. 289).
MATH. Ligne de foi. ,,Droite tracée sur l'alidade d'un cercle ou de tout autre instrument gradué et servant à indiquer la direction du centre de l'instrument à l'objet visé`` (Ac. 1878). On dispose le compas à bord de telle manière que la ligne de foi soit sur l'avant de la cuvette (A.-B. Duval, Hébrard, Nav. aér.,1928, p. 27).
OPT. Ligne visuelle. ,,Celle qui part de l'œil de l'observateur et aboutit à l'objet qu'il considère`` (Littré).
Au fig. Manière d'envisager les choses et de mener une action suivant un certain point de vue. S'écarter d'une ligne; détourner, dévier de la ligne; être dans une ligne droite; poursuivre, suivre une ligne; ligne du devoir, du parti; ligne politique, révolutionnaire. Il y a des moments où notre destinée, soit qu'elle cède à la société, soit qu'elle obéisse à la nature, soit qu'elle commence à nous faire ce que nous devons demeurer, se détourne soudain de sa ligne première, telle qu'un fleuve qui change son cours par une subite inflexion (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 471).Mais c'est le concile œcuménique de Trente (1545) qui va fixer la ligne de conduite en rappelant les constitutions antérieures (Encyclop. éduc.,1960, p. 14):
13. Qu'on n'aille pas imaginer que la préoccupation qui me dirige soit d'ordre esthétique. Elle ne relève que de la ligne. Qu'est-ce-que la ligne? C'est la vie. Une ligne doit vivre sur chaque point de son parcours de telle sorte que la présence de l'artiste s'impose davantage que celle du modèle (...). Par ligne j'entends la permanence de la personnalité. Cocteau, Diff. d'être,1947, p. 212.
D. − [L'accent est mis sur la notion d'alignement]
1. Série de personnes alignées les unes à côté des autres ou les unes derrière les autres dans l'espace ou le temps. Être, se mettre en ligne. Il tourna la tête vers l'ennemi. C'étaient des lignes fort étendues d'hommes rouges (Stendhal, Chartreuse,1839, p. 43).
Spécialement
CYCL. Les courses en ligne sont celles où tous les coureurs partent ensemble, sur un pied d'égalité parfait et sans qu'aucun reçoive un avantage quelconque de temps ou de distance (Baudry de Saunier, Cycl.,1892, p. 404).
DR. Ligne de douanes. ,,Suite de bureaux de douane placés le long d'une frontière, d'une côte`` (DG). Depuis 1871, notre département, par sa configuration extraordinaire, forme une ligne de douanes fort étendue, le long de la Belgique, du Luxembourg et de l'Alsace-Lorraine (Guyot, Agric. Lorr.,1789-1889, p. 43).
TECHN. MILIT. [En parlant de la disposition de l'armée pour le campement, la marche ou l'ordre de bataille] Ligne de bataille. Dispositif formé d'hommes ou d'unités, placés les uns à côté des autres. Enfin, à la suite de mon entrevue de l'après-midi du 29 avec le maréchal French, je ne conservais plus d'espoir de maintenir nos alliés sur la ligne de bataille prévue (Joffre, Mém., t. 1, 1931, p. 346).
Troupe de ligne. ,,Troupe destinée à combattre en ligne`` (Ac. 1878). Combattre en ligne; infanterie, régiment de ligne. Bataillons, escadrons et troupes de ligne déployèrent leurs tentes sur la lisière des forêts (Erckm.-Chatr.., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 60).
Rem. 1. On dit aussi ligne ,,le corps composant l'infanterie de ligne`` (Ac. 1935). Couper, ouvrir, rompre la ligne; marcher, monter en ligne; se porter, se ranger sur la ligne; en bataille sur deux lignes; ligne des alliés, des ennemis. Le moindre soldat comprenait qu'on aurait de la peine à se mettre en ligne (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 171). Le trou qui existait devant lui dans la ligne ennemie et qui avait permis à des éléments de notre cavalerie de pousser jusqu'à Sissonne, se ferma (Joffre, Mém., t. 1, 1931, p. 424). 2. S'emploie surtout au plur. pour désigner le front. Les lignes adverses; franchir les lignes. D'ailleurs, si j'avais pu encore conserver à ce sujet quelques illusions, le maréchal French se chargea lui-même de les détruire, en me faisant savoir au début de l'après-midi du 30 que l'armée anglaise n'était pas en état de prendre place en première ligne avant dix jours (Joffre., Mém., t. 1, 1931, p. 346).
Ligne échiquier. ,,Disposition qui présente alternativement un espace occupé par un corps de troupe et un espace vide`` (Ac. Compl. 1842).
Ligne pleine. ,,Ligne garnie de soldats sans interruption``
Au fig. Aucune femme n'ose se refuser sans motif à l'amour (...) aussi madame de Langeais s'entoura-t-elle bientôt d'une seconde ligne de fortifications (Balzac, Langeais,1834, p. 266).Il était simple ouvrier chez Richard-Lenoir, il y a vingt ans. Il a quatre millions aujourd'hui (...). C'est un homme de la première ligne (Stendhal, Nouv. inéd.,1842, p. 56).
Expr. En première ligne. Au premier plan. Plusieurs portraits, encore aujourd'hui, sont en première ligne (je veux dire qu'ils n'ont pas été surpassés dans leur genre). C'est la vérité d'Holbein, avec moins de laideur (Stendhal, Hist. peint. Ital., t. 2, 1817, p. 40).Hors ligne. Hors pair. Toutes étaient convaincues que Monsieur avait de grandes occupations, de grandes relations, que c'était un homme complètement hors ligne (Flaub., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 259).Sur la même ligne. Sur la même longueur d'onde (fam.), sur le même plan. Quant à l'apostasie de Napoléon en Égypte (...). Ce prétendu crime n'a guère fait effet qu'en Angleterre. Les autres peuples ont vu qu'il fallait le mettre sur la même ligne que le mahométisme du major Hornemann (Stendhal, Napoléon, t. 1, 1842, p. 46).Venir en tête de ligne. La guerre et son financement viennent en tête de ligne (L'Hist. et ses méth.,1961, p. 349).Sur toute la ligne. Complètement. Cécile : Vous avez perdu? Arthur : Non.. J'ai gagné sur toute la ligne (Augier, MeGuérin,1865, p. 329 ds Rey-Chantr., Expr. 1979).
P. méton. Suite des descendants d'une race, d'une famille; degré de parenté. Synon. lignée.Ligne ascendante, collatérale, descendante, droite. Ta filiation en ligne directe est établie par les généalogistes depuis l'an 63 de l'ère chrétienne (Proust, Guermantes 2,1921, p. 427):
14. En outre, tandis qu'aujourd'hui l'article 915 du Code civil permet au citoyen qui n'a pas de descendants de disposer de la moitié de son bien s'il laisse un ou plusieurs ascendants dans chacune des lignes paternelle et maternelle, et des trois quarts s'il ne laisse d'ascendants que dans une ligne... Jaurès, Ét. soc.,1901, p. 208.
2. Série de choses alignées les unes à côté des autres ou les unes en dessous des autres. Ligne de coupe. Il était six heures du soir à peu près, peut-être dix et demie. La malle-poste filait entre la double ligne de chalets avec une verve renouvelée (Gobineau, Pléiades,1874, p. 1).
3. ,,Ensemble de choses variées qui peuvent êtres considérées comme arrangées dans une série ou une suite`` (Rey-Gagnon Anglic. 1980). Synon. gamme de (produits).
Ligne pointillée. Or, puisque le mouvement est rectiligne, c'est que les deux forces agissantes AD et AF sont égales et directement opposées, de sorte que les isobares ont la direction figurée par les lignes pointillées, parallèle à la vitesse (Maurain, Météor.,1950, p. 69).
Spécialement
a) TECHN. MILIT.
Ligne de défense. ,,Ligne que l'on conçoit tirée depuis l'angle de défense jusqu'à la pointe du bastion suivant le cours que doit faire une balle d'un mousquet tirée du flanc ou de l'orillon du bastion jusqu'à l'extrémité de la face pour défendre le fossé`` (Ac. 1798). Macdonald avait quitté Troyes et abandonné le bassin de l'Yonne pour établir sa ligne de défense de Nogent à Montereau, avec trente mille hommes (Vigny, Serv. et grand. milit.,1835, p. 196).
Ligne d'opération. ,,Ligne qu'une armée ou plusieurs corps destinés à la même opération doivent suivre constamment, et de laquelle ils doivent, par leurs manœuvres, chercher à se rapprocher sans cesse, quand ils ont été forcés de s'en éloigner`` (Ac. 1878).
En partic. Fortification. Ligne de fortification. ,,Suite d'ouvrages de fortification, permanents ou passagers, destinés à couvrir une armée ou un corps d'armée dans son camp, à empêcher les approches d'une place`` (Ac. 1878). Première ligne de fortifications; à Besançon la seconde, à Dôle la troisième (Michelet, Journal,1830, p. 76).
Ligne Maginot. Fortifications sur la frontière nord-est de la France. Boîte soldats de plomb, la ligne Maginot forteresse souterraine (Catal. jouets (Bon Marché), 1936).
b) MAR. Bâtiment, vaisseau de ligne. Vaisseau de guerre ayant au moins 150 pièces de canon et pouvant être en ligne. D'énormes vaisseaux de ligne, des vétérans à la retraite, dressent les trois étages de leurs ponts superposés (Bourget, Ét. angl.,1888, p. 24).
c) INFORMAT. ,,Impression horizontale d'une information par une imprimante, une machine à écrire ou un télétype`` (Bureau 1972).
d) COMPTABILITÉ
Entrer en ligne de compte. Inscrire, être inscrit en comptabilité. Au fig. Avoir de l'importance. Les bagatelles n'entrent pas en ligne de compte (Amiel, Journal,1866, p. 244).
Mettre, prendre en ligne de compte. ,,Comprendre dans un compte`` (Ac. 1835).
e) ARTS GRAPH. Suite de caractères manuscrits ou typographiques disposés sur une ligne horizontale. Aller, revenir à la ligne; à chaque ligne; écrire hors ligne.
15. Nous sommes très heureux de vendre à la Librairie Nouvelle notre roman de Sœur Philomène quatre sous l'exemplaire, − ce qu'on paye partout la ligne de copie. Mais nous sommes consolés de ce triste succès, − après lequel, encore il nous a fallu courir. Goncourt, Journal,1861, p. 901.
En partic.
Ligne boiteuse. ,,La ligne dite boiteuse ou creuse est celle constituée par un ou plusieurs mots seulement et terminée par des cadrats`` (É. Leclerc, Nouv. manuel typogr., 1932, p. 203).
Ligne de coupure. ,,La ligne de coupure, partagée en deux par le pointillé du perforage, − qui permet le détachement instantané, − se compose en lettres de fantaisie spéciales`` (É. Leclerc, Nouv. manuel typogr., 1932, p. 358)).
Ligne de pied. ,,C'est un lingot de douze ou une réglette de bois de même épaisseur qui renforce la page et en assure la quadrature pendant la ligature et le serrage de la forme`` (É. Leclerc, Nouv. manuel typogr., 1932, p. 214).
Arg. typogr. Ligne à voleur. ,,Ligne composée d'un mot ou même d'une simple syllabe qu'il eût été facile de faire entrer dans la ligne précédente en resserrant les espaces`` (France 1907).
Vx. Donnerde la ligne à qqn. ,,Se dit en parlant de l'usage de n'écrire que le mot Monsieur ou Madame sur la première ligne d'une lettre en s'adressant à un supérieur`` (Littré).
P. méton. Ensemble de mots constituant une ligne. Auteur de ces lignes; traduire ligne à ligne. J'écris ces lignes dans ma chambre, une sale petite chambre, sous les combles, ouverte à tous les vents (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p. 36).Lorsque j'essayais de me mettre dans la tête les cinquante lignes de la leçon, je me suis avoué tout de suite que je n'en saurais pas une (Gyp, Souv. pte fille,1928, p. 127).
Fam. Brève missive. Enfin, aujourd'hui, sans un mot, sans une ligne de Sarah Bernhardt (Goncourt, Journal,1894, p. 523).
PÉDAG. Punition consistant à recopier un texte donné sur un certain nombre de lignes. J'entre en quatrième. Professeur Turfin (...). Je ne suis plus qu'une bête à pensums! Des lignes, des lignes! − des arrêts et des retenues, du cachot! (Vallès, J. Vingtras, Enf., 1879, p. 165).
En partic. Tirer à la ligne. Allonger un article payé à la ligne. Pierre, en effet, dans sa dissertation à côté du maréchal et du général avait introduit Marcel Cochin sous les traits du vieil Horace, sans autre nécessité apparente que celle de tirer à la ligne (Aymé, Uranus,1948, p. 22).Lire entre les lignes. Apercevoir un sens caché dans le texte. Il faut d'ailleurs reconnaître que cette subtilité des hommes politiques (...) n'est que la perversion d'une certaine finesse d'interprétation souvent désignée par la locution « lire entre les lignes » (Proust, Guermantes 2,1921, p. 474).V. aussi lire1I B 3.
Au fig. Ligne mélodique*.
f) TÉLÉV. Suite des éléments de l'image (points) qui s'étendent le long d'une dimension de l'image enregistrée (d'apr. P. Hémardinquer, Enregistrement et reproduction des images vidéo, Paris, 1975). L'Allemagne veut avoir la première place en télévision, les essais officiels actuels se portent sur des images à 180 lignes (Vocab. radioph.,[1933-52]).La définition est dite basse ou haute, suivant que le nombre de lignes de l'image est peu élevée (...) ou élevée (P. Hémardinquer, Enregistrement et reproduction des images vidéo, Paris,1975, p. 235).
Prononc. et Orth. : [liɳ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 lign masc. « suite des membres d'une famille » (Roland, éd. J. Bédier, 2379); 2. a) ca 1140 « cordeau » (Pèlerinage Charlemagne, 297 ds T.-L.); b) 1181-90 « ficelle avec un hameçon au bout pour pêcher » (Chr. de Troyes, Perceval, éd. A. Hilka, 3008); c) 1800 ligne télégraphique (Le Citoyen français, no324, 13 vendémiaire an IX, p. 1a); 3. a) 1165-70 « trait séparant deux éléments contigus » (Chr. de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 5279); b) 3equart du xiiies. [date du ms.] « trait de plume ou de pinceau fort délié » (Comput, ms. B.N. fr. 2021 (anc. 7929) ds Littré); c) 1555 « sillons de la peau » (Ronsard, Hymnes ds Oeuvres, éd. P. Laumonier, t. 8, p. 159, 212); d) 1685 ligne de foi (Fur.); e) 1825 « contour, forme (en parlant du corps humain) » (Brillat-Sav., Physiol. goût, p. 239); 1872 avoir de la ligne « avoir un profil pur, des formes harmonieuses » (Larch.); f) 1831 fig. les grandes lignes (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist., t. 1, p. 5); 4. a) mil. du xiiies. « suite de mots disposés horizontalement dans une page écrite ou imprimée » (Gaut. de Metz, Image du monde ds Gdf. Compl.) b) 1570 mettre en ligne de compte « comprendre dans un compte; faire mention d'une chose, en tirer avantage » (Montaigne, Lettres ds Essais, éd. Didot, t. 4, p. 318); 1611 ligne de compte « forme règlementaire de présenter les résultats des comptes de gestion » (Cotgr.); 5. a) 1285 « direction continue dans un sens déterminé » (doc. ds Gdf. Compl.); b) ca 1375 garder justice a la ligne « exactement » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, 193, 57); 1392 garder a la ligne la loy de Dieu « suivre fidèlement » (E. Deschamps, Oeuvres, éd. De Queux De Saint-Hilaire, t. 1, p. 221, 14); c) 1538 se détourner de la droite ligne (Est., s.v. régio); av. 1704 ligne « direction, sens dans lequel on agit » (Bossuet, Panég. St Thomas, 2 ds Littré); d) 1685 opt. ligne visuelle (Fur.); e) 1685 escr. (ibid.); f) 1839 « trajet emprunté par un service régulier de transport » (Balzac, Corresp., p. 238); 6. a) ca 1200 trestout a lingne « l'un après l'autre, dans l'ordre prévu (Auberee, éd. G. Ebeling, 5); b) 1640 « suite d'ouvrages de fortification » (Oudin, Recherches ital. et françoises, s.v. linee di communicatione); c) 1662 « suite d'escadrons placés sur la même ligne et faisant face du même côté » (La Rochefoucauld, Œuvres, éd. D.L. Gilbert et J. Gourdault, t. 2, p. 125); d) 1740-55 « rang assigné à quelqu'un selon sa valeur » (St-Simon, Mémoires, éd. A. De Boislisle, t. 14, p. 96) 7. 1289 « 12epartie d'un pouce » (doc. ds Gdf. Compl.). Du lat. linea « fil de lin, cordon, ficelle, alignement, trait de plume, trait du visage » et à basse époque « ligne de parenté » (FEW t. 5, pp. 350-351). Fréq. abs. littér. : 12 141. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 13 345, b) 17 687; xxes. : a) 16 701, b) 20 727. Bbg. Archit. 1972, p. 37 (s.v. ligne-de-Foulée). - Arveiller (R.). R. Ling. rom. 1976, t. 40, p. 232 (s.v. ligne d'attaque). - Becker (K.) Sportanglizismen im modernen Französisch. Meisenheim, 1970, p. 299, 307, 326, 331. - Dub. Pol. 1962, p. 335. - Gall. 1955, p. 120, 154, 184, 456. - Gohin 1903, p. 351. − Humbley t. 2 1974, pp. 577-578. - Matoré (G.). Le Vocab. contemp. et l'espace. R. Sc. hum. 1960, no97, pp. 105-124. - Plate (R.). Französische Wortkunde... München, 1955, p. 28. - Quem. DDL t. 6 (s.v. ligne d'attaque), 9 (s.v. ligne d'arrivée), 10 (s.v. ligne primitive), 11 (s.v. ligne de modération), 16, 17, 18 (s.v. ligne d'attaque). - Rabotin (M.). Le Vocab. pol. et socio-ethnique à Montréal de 1829 à 1842. Bruxelles, 1975, p. 75, 77. - Ritter (E.). Les Quatre dict. fr. B. l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, passim. - Schmidt (H.). Fr. vivant. Rech. lexicol. Praxis. 1968, t. 15, p. 410. - Wexler 1955, p. 42 (s.v. ligne de fer), 59, 82 (s.v. ligne de rencontre).

Wiktionnaire

Nom commun

ligne \liɲ\ féminin

  1. Trait simple, considéré comme n’ayant ni largeur ni profondeur. — Note d’usage : Il s’emploie surtout dans les sciences mathématiques.
    • Le département des Ardennes n'est pas un département vinicole ; il se trouve en grande partie au delà de la ligne idéale qui marque la limite de la culture de la vigne en France et qui va de Nantes à Mézières. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 132)
    • Ligne droite. — Ligne courbe. — Ligne brisée.
    • Mener, tirer une ligne parallèle à une autre.
    • Ligne perpendiculaire, verticale, horizontale, oblique, circulaire, elliptique.
  2. (Géométrie) (Désuet) Longueur sans largeur, dans les Éléments d'Euclide (définition 2, livre I).
  3. (Métrologie) (Désuet) Ancienne unité de mesure de longueur (symbole l), la douzième partie d’un pouce.
    • Il y avait douze lignes dans un pouce.
    • Souvent, l’entreprise manque, faute de quelques lignes d’allégement, et la quille engagée ne quitte pas son lit de sable. — (Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, 1846)
    • L’homme se plaça devant une enclume et y donna un coup si bien appliqué, que la lame y entra d’une demi-ligne. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
    • Vous souvenez-vous de l’époque où vous mesuriez les feuilles naissantes et me disiez de combien de lignes elles avaient grandi sous l’action d’une nuit de rosée ou d’une journée de fort soleil ? — (Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 95)
  4. (Par ellipse) Ligne équinoxiale ; équateur.
    • Les peuples qui sont sous la ligne. — Les latitudes commencent à se compter de la ligne.
  5. (Figuré) Ensemble de règles de conduite, plus ou moins consenties.
    • Il n'empêche, la situation est limpide, je suis en mauvaise posture pour une bonne cause. C'est une mauvaise posture franchement honorable pour un chef de mission diplomatique, puisque je suis critiqué pour avoir expliqué la ligne de mon institution sur le dossier des droits de l'homme. — (Marc Pierini, Télégrammes diplomatiques: Voyage au cœur de la politique extérieure de l'Europe, Éditions Actes Sud, 2010)
    • Je prends mes ordres et je protège les intérêts d’un unique Etat, la Fédération de Russie. C’est ma ligne. — (Claire Gatinois, MH17 : l’enquête met en évidence l’implication de la Russie dans le commandement des séparatistes, Le Monde. Mis en ligne le 14 novembre 2019)
    • C’est un homme qui a toujours marché sur la même ligne, qui s’est tracé une ligne dont il ne s’est jamais écarté.
  6. (Figuré) Rang.
    • Être, marcher sur la même ligne. — Être en première ligne, mettre en première ligne,
  7. (En particulier) Rang en mérite ou en réputation.
    • Ces deux écrivains, ces deux artistes sont sur la même ligne.
  8. (En particulier) Traits ou sillons du dedans de la main.
    • Le chiromancien observe les lignes de la main.
  9. (Équitation) Espace droit ou circulaire que parcourt le cheval, soit au cercle, soit au pilier, soit sur le carré du manège.
    • Ligne de la volte. — Lignes du carré.
  10. (Escrime) Alignement du corps qui est directement opposée à l’adversaire, et dans laquelle doivent être les épaules, le bras droit et l’épée.
  11. (Peinture) (Sculpture) (Architecture) Effet général produit par la réunion et la combinaison des diverses parties d’une composition.
    • Ce groupe, ce monument, ce paysage offre de belles lignes, des lignes simples, grandes, etc.
  12. (Imprimerie) (Calligraphie) Rangée de caractères dans une page.
    • Armé d'un coupe-papier, tu sabres la liasse sous blister, survoles fébrilement l'introduction où Jean-Paul expose les mérites comparés des bétons […], et à la vingt-deuxième ligne c'est la victoire, il manque un s à « spectres granulométrique ». — (Julia Deck, Viviane Élisabeth Fauville, Éditions de Minuit, 2012, chapitre 11)
  13. (Par extension) Ce qui est écrit dans chacune de ces rangées.
    • À chaque ligne de ce devoir on trouve un terme impropre.
  14. (Par extension) (Au pluriel) Texte que l'on lit ou que l'on écrit.
    • J'écris ces lignes dans la cabine du Firecrest. Le teck et le bois d'érable brillent. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
  15. Cordeau, ficelle, dont les maçons, les charpentiers, les jardiniers, et autres, se servent pour dresser leurs ouvrages.
    • Tirer un mur à la ligne, — Tracer un mur en ligne droite.
    • Marquer le bois à la ligne. — Planter des arbres à la ligne.
  16. (Pêche) Fil de crin, de soie, de chanvre, de lin, de nylon, etc., au bout duquel est attaché un hameçon, et dont les pêcheurs se servent pour prendre du poisson.
    • Pêcher à la ligne. — Amorcer, fêter, retirer sa ligne.
  17. (Eaux et forêts) Laie, route étroite tracée dans une forêt,
  18. (Corderie) (Vieilli) Petit cordage à trois torons, qui servait à un grand nombre d’usages dans la marine.
    • Ligne goudronnée. — Ligne d’amarrage. — Ligne de sonde. — Ligne de loch.
  19. (Militaire) Direction générale de la position des troupes pour combattre, dans la guerre à terre.
    • La ligne de défense que les Allemands avaient construite au sud des villages de Banogne, Recouvrance, Saint-Fergeux était connue sous le nom de Hundingstellung. — (Jean Julien Weber, Sur les pentes du Golgotha : un prêtre dans les tranchées, Nuée bleue, 2001, page 231)
    • Toujours positionnés sur leur ligne, les héros ne reculent jamais devant l'ennemi. Entre le 23 et le 25 mai 1940, le 6e RSA perd 99 spahis à Sy, parmi lesquels figurent des tués tels que Saïd Ben Dechina, Mohamed Djoudi, les admirables Hamadi et Lambarek... — (Rachid Bouamara, Le silence tiraillé: À ces guerriers bannis de l’Histoire..., Publishroom, 2017)
  20. (Militaire) Rang d’une armée en ordre de bataille, de revue ou de campement, suite de bataillons ou d’escadrons placés les uns près des autres sur la même ligne et faisant face du même côté.
    • Le 8 février, il combat contre un triplace, armé de trois mitrailleuses, et l'oblige à descendre dans nos lignes. — (Un héros de la France : Guynemer, Paris : éd. Jean Cussac, anonyme, s.d (1918), non paginé)
    • L’armée était rangée sur trois lignes, était campée sur trois lignes. — L’armée marchait sur deux lignes.
    • À l’instant où von Greim transmet l’ordre de Hitler d'ouvrir une brèche dans les lignes russes avec l’aviation, le pavillon rouge des Soviets flotte sur les trois-quarts de Berlin. — (Georges Blond, L’Agonie de l’Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, page 326)
  21. (Absolument) (Militaire) Corps composant l’infanterie de ligne.
    • Du côté de Chauvac, où vous allez, c’est farci de dragons et même de la ligne parce que c’est la grand-route, et il y a du pékin en quantité. On les passe au crible. — (Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 328)
  22. (Marine) Réunion de bâtiments de guerre qui gouvernent à distance égale, parallèlement ou l’un derrière l’autre.
    • Ligne de combat, de marche, de file, de convoi.
    • Former, serrer, ouvrir, couper, doubler, rompre, enfoncer la ligne.
  23. (Architecture) Retranchement. — Note d’usage : Dans ce sens, on l’emploie d’ordinaire au pluriel.
    • Travailler aux lignes. — Attaquer, forcer, combler des lignes.
  24. (En particulier) Suite d’ouvrages de fortification, ou permanents ou passagers, destinés à couvrir une armée ou un corps d’armée ou à empêcher les approches d’une place.
    • Lignes d’approche, de contre- approches, de circonvallation, de contrevallation, de communication, parallèles.
  25. (Par extension) Ensemble de postes établis le long d’une frontière pour empêcher la contrebande.
    • Ligne de douane.
  26. (Spécialement) Système de rails destinés au transport des voyageurs, des marchandises.
    • À cette époque, les railways russes étaient reliés à la ligne géorgienne de Poti-Tiflis-Bakou. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. I, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
    • À proximité des marais de Gorges était prévu le cisaillement en saut-de-mouton de la ligne à voie unique Carentan/Carteret exploitée sur tout son parcours depuis l'été 1894 par la Compagnie de l'Ouest. — (Michel Harouy, Un petit train de la Manche : Granville, Coutances, Lessay, Sainte-Mère-Eglise, Montebourg , 1907-1932, Éditions Cheminements, 2006, note page 65)
  27. (Par extension) Desserte commerciale régulière d'un moyen de transport.
    • Ligne de navigation aérienne. — Ligne d’autobus.
  28. Transport à distance d’un flux électrique ou électromagnétique par fils.
    • Ligne électrique. - Ligne téléphonique. — Ligne télégraphique.
  29. (Par extension) Communication téléphonique.
    • J'ai perdu la ligne, je le rappelle.
  30. (Généalogie) (Droit) Lignée ; race.
    • En ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les ascendans et descendans légitimes ou naturels dans la même ligne. En ligne, le mariage est prohibé entre le frère et la sœur légitimes ou naturels, et les alliés au même degré. — (Code civil des Français, Livre Premier - Des Personnes, Titre V - Du mariage)
    • Nul homme n'a possédé plus de baraka que le prophète Mahomet. Sa baraka fut transmise aux chérifs et aux chérifas, c'est-à-dire aux descendants en ligne directe, masculins et féminins, de sa fille Fatimah. — (Edward Westermarck, Survivances païennes dans la Civilisation mahométane, traduit de l’anglais par Robert Godet, Payot, 1935, page 112)
  31. (Commerce) Collection de produits proposés par une marque.
    • Pour lancer sa ligne de prêt-à-porter, la meneuse de Bptich Control invite ses confrères derrière les platines. — (journal 20 minutes édition Paris, n° 919 du 3 mars 2006)
  32. Trait de cocaïne qui se sniffe.
    • J’en suis à quatre grammes de cocaïne par jour. Je commence au réveil, la première ligne précède mon café matinal. — (Frédéric Beigbeder, 99 francs, Gallimard, 2000, collection Folio, page 53.)
    • Quand il m’a vue, il a eu une drôle d’expression. La tête de quelqu’un qui vient de sniffer et s’aperçoit que sa ligne, c’était du bicarbonate. — (Anne Duguël (Gudule), Le Club des petites filles mortes, Bragelonne, 2008, page 405)
  33. (Cartographie) (Mathématiques) Figure engendrée par le déplacement continu d'un point[1].
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LIGNE. n. f.
Trait simple, considéré comme n'ayant ni largeur ni profondeur. Il s'emploie surtout dans les Sciences mathématiques. Ligne droite. Ligne courbe. Ligne brisée. Mener, tirer une ligne parallèle à une autre. Ligne perpendiculaire, verticale, horizontale, oblique, circulaire, elliptique. Deux lignes qui se coupent. Tirer une ligne d'un point à un autre. Tracer des lignes. Ligne équinoxiale, ou simplement Ligne, Le cercle de la sphère qui est également distant des deux pôles du monde, et qu'on appelle autrement l'Équateur. Les peuples qui sont sous la ligne. Les latitudes commencent à se compter de la ligne. Passer, couper la ligne, Traverser l'équateur et passer d'un hémisphère à l'autre, d'une latitude nord à une latitude sud, et réciproquement. Baptême de la ligne, Cérémonie plaisante que font les marins à bord d'un bateau qui passe l'équateur et où se trouve quelque marin ou quelque passager qui fait ce passage pour la première fois. Ligne méridienne, Ligne droite tirée du nord au sud dans le plan du méridien. Voyez MÉRIDIEN. En termes de Mathématiques, Ligne de foi, Droite tracée sur l'alidade d'un cercle, ou de tout autre instrument gradué, et servant à indiquer la direction du centre de l'instrument à l'objet visé. La ligne de foi se prolonge sur le limbe et marque le degré où finit l'arc cherché. En termes d'Artillerie, Ligne de tir, Direction indéfiniment prolongée de l'axe d'un canon ou d'un fusil au moment de la mise de feu. Ligne de mire, Ligne qui unit l'œil du tireur ou du pointeur au but visé. En termes de Marine, Lignes d'eau, Coupes horizontales de la partie submergée de la carène du vaisseau, parallèlement à la flottaison, qui est elle-même la plus haute des lignes d'eau sur le plan de ce vaisseau. Ligne de démarcation, Ligne tracée sur un terrain ou sur une carte pour marquer la division de deux territoires, de deux propriétés. Il se dit aussi figurément. Tracer une ligne de démarcation entré les pouvoirs, entre les attributions des magistrats. Il n'est pas toujours facile de tracer une ligne de démarcation entre l'erreur et la vérité. Aller quelque part en droite ligne, Y aller sans faire de détours. Fig., C'est un homme qui a toujours marché sur la même ligne, qui s'est tracé une ligne dont il ne s'est jamais écarté, Il s'est fait des règles de conduite qu'il a constamment suivies. Fig., Être, marcher sur la même ligne, Avoir le même rang. Ces deux écrivains, ces deux artistes sont sur la même ligne, Ils sont égaux en mérite, en réputation. Fig., Suivre la ligne droite, la ligne du devoir, de l'honneur, Tenir une conduite conforme au devoir, à l'honneur. Fig., Être en première ligne, mettre en première ligne, Être au premier rang, placer au premier rang. Fig., Être hors ligne, Être d'un ordre supérieur, d'un ordre à part. C'est un homme hors ligne. Cet ouvrage est hors ligne. Il se dit particulièrement des Traits ou sillons du dedans de la main, dont le principal s'appelle La ligne de vie. Le chiromancien observe les lignes de la main. En termes de Manège, il désigne l'Espace droit ou circulaire que parcourt le cheval, soit au cercle, soit au pilier, soit sur le carré du manège. Ligne de la volte. Lignes du carré. En termes d'Escrime, il se dit de la Ligne qui est directement opposée à l'adversaire, et dans laquelle doivent être les épaules, le bras droit et l'épée. En termes de Peinture, de Sculpture et d'Architecture, il se dit de l'Effet général produit par la réunion et la combinaison des diverses parties d'une composition. Ce groupe, ce monument, ce paysage offre de belles lignes, des lignes simples, grandes, etc. En termes d'Écriture et d'Imprimerie, il désigne les Caractères rangés sur une ligne droite dans une page. Il y a cinquante lettres à chaque ligne, à la ligne et trente lignes à chaque page. Il faut que le compositeur redresse cette ligne. Il se dit aussi de Ce qui est écrit dans une ligne. À chaque ligne de ce devoir on trouve un terme impropre. Fig. et fam., Lire entre les lignes, Apercevoir dans un écrit le sens caché qui peut y être. Fam., Deux lignes, Une courte missive. Je vous écrirai deux lignes pour vous prévenir de mon arrivée. Mettre un mot, un passage à la ligne, Commencer, par ce mot, par ce passage, un nouvel alinéa. Mettre en ligne de compte, Employer, comprendre dans un compte; et, figurément, Faire mention d'une chose, la rappeler, en tirer avantage. Je ne mets pas en ligne de compte ce que j'ai fait pour vous. Il se dit aussi du Cordeau, de la ficelle, dont les maçons, les charpentiers, les jardiniers, et autres, se servent pour dresser leurs ouvrages. Tirer un mur à la ligne, Tracer un mur en ligne droite. Marquer le bois à la ligne. Planter des arbres à la ligne. Il se dit encore des Fils de crin, de soie, de chanvre, de lin au bout desquels est attaché un hameçon, et dont les pêcheurs se servent pour prendre du poisson. Pêcher à la ligne. Amorcer, fêter, retirer sa ligne. Ligne dormante, Ligne qui demeure fixée dans l'eau sans qu'on la tienne. Ligne flottante, Ligne comportant un flotteur et qu'on laisse aller dans le sens du courant. Ligne de fond, Ligne sans flotteur qui repose au fond de l'eau et qui est garnie de distance en distance de fils courts portant des hameçons. Ligne volante, Ligne à main légère, sans flotteur, ni plomb. Ligne, terme d'Eaux et Forêts. Voyez LAIE. En termes de Corderie, il se dit d'un Petit cordage à trois torons, qui sert à un grand nombre d'usages dans la marine. Ligne goudronnée. Ligne d'amarrage. Ligne de sonde. Ligne de loch. En termes de Guerre sur terre, il désigne la Direction générale de la position des troupes pour combattre. La ligne appuyait sa droite au village, et sa gauche au pied de la montagne. Première ligne. Seconde ligne. Entrer, rentrer en ligne, se mettre en ligne, être en ligne, Se placer, se replacer, ou être placé dans la direction générale de la ligne. Monter en ligne signifie Être en marche vers la première ligne. Rompre la ligne, Se porter trop en avant, ou rester trop en arrière de la direction générale de la ligne. Ligne de direction, Ligne qu'un corps militaire en campagne doit suivre pour se porter, de sa position actuelle, à celle qu'on veut lui faire occuper. Ligne d'opération, Ligne qu'une armée ou plusieurs corps destinés à la même opération doivent suivre constamment, et dont ils doivent, par leurs manœuvres, chercher à se rapprocher sans cesse, quand ils ont été forcés de s'en éloigner. Ligne de communication, Chemin par lequel une armée communique avec ses dépôts, ses magasins, ses réserves. Il signifie aussi Rang d'une armée en ordre de bataille, de revue ou de campement, suite de de bataillons ou d'escadrons placés les uns près des autres sur la même ligne et faisant face du même côté. L'armée était rangée sur trois lignes, était campée sur trois lignes. L'armée marchait sur deux lignes. Ligne pleine, Celle où la droite d'un corps s'appuie à la gauche du corps qui est à sa droite; par opposition à Ligne à intervalles, Celle dans laquelle on laisse vide un espace assez étendu entre la gauche d'un corps et la droite d'un autre. Marcher en ligne, par opposition à Marcher en échelons, se dit d'une Armée qui, en marchant, conserve l'alignement général et partiel. Troupe de ligne, Troupe destinée à combattre en ligne, par opposition à Troupe légère, ou irrégulière. On a dit de même Infanterie de ligne. Régiment de ligne. Absolument, La ligne désignait les Corps composant l'infanterie de ligne. En termes de Guerre navale, il se dit de Toute réunion de bâtiments de guerre qui gouvernent à distance égale, parallèlement ou l'un derrière l'autre. Ligne de combat. Ligne de marche. Ligne de file. Ligne de convoi. Former, serrer, ouvrir, couper, doubler, rompre, enfoncer la ligne. Vaisseau de ligne, Grand vaisseau de guerre muni d'artillerie puissante. En termes de Fortification, il signifie Retranchement. Dans ce sens, on l'emploie d'ordinaire au pluriel. Travailler aux lignes. Attaquer, forcer, combler des lignes. Il se dit plus particulièrement d'une Suite d'ouvrages de fortification, ou permanents ou passagers, destinés à couvrir une armée ou un corps d'armée ou à empêcher les approches d'une place. Lignes d'approche, de contre-approches, de circonvallation, de contrevallation, de communication, parallèles. Voyez ces mots. Il se dit aussi d'une Ligne de postes établis le long d'une frontière pour empêcher la contrebande. Ligne de douane.

LIGNE se dit spécialement des Systèmes de rails ou de fils électriques destinés au transport des voyageurs, des marchandises, à la transmission des lettres et des dépêches. Ligne de chemin de fer. Ligne de métropolitain. Ligne de tramway. Ligne télégraphique. On dit aussi par analogie Ligne téléphonique. Ligne de navigation, Ligne de navigation aérienne. Par extension, Ligne d'autobus. Ligne électrique se dit particulièrement du Transport à distance d'une énergie électrique. Dans l'ancien système métrique, il signifiait La douzième partie d'un pouce. En termes de Généalogie, il désigne la suite des membres d'une race, d'une famille. Ligne ascendante, Ligne des ascendants. Ligne descendante, Ligne des descendants. Ligne directe, droite, collatérale, masculine, féminine. Les héritiers en ligne collatérale. Il descend en droite ligne d'un tel.

Littré (1872-1877)

LIGNE (li-gn') s. f.

Résumé

  • 1° Cordeau, ficelle.
  • 2° Ligne à plomb ; ligne allongée.
  • 3° Ficelle avec un hameçon pour pêcher.
  • 4° Nom donné dans la marine à une corde petite, mais forte.
  • 5° En géométrie, étendue en longueur, considérée sans largeur ni épaisseur.
  • 6° La douzième partie d'un pouce.
  • 7° La 144e partie d'un pouce d'eau.
  • 8° Ligne de terre, en perspective.
  • 9° En musique, les traits horizontaux sur lesquels on écrit les notes.
  • 10° Ligne, au jeu d'échecs et de dames.
  • 11° En termes d'anatomie, ligne blanche, ligne âpre, ligne médiane.
  • 12° Ligne visuelle.
  • 13° Ligne de mire.
  • 14° Ligne équinoxiale.
  • 15° Ligne de foi.
  • 16° Ligne d'eau ou de flottaison.
  • 17° Ligne de marcation, de démarcation.
  • 18° Direction.
  • 19° Rang.
  • 20° Série de membres d'une famille.
  • 21° Ligne de vie.
  • 22° L'espace droit ou circulaire que parcourt le cheval dans le manége.
  • 23° Le mot ligne dans l'escrime.
  • 24° Dans les beaux-arts, effet général produit par la réunion et la combinaison des diverses parties soit d'un objet naturel soit d'une composition.
  • 25° Suite de mots écrits ou imprimés en ligne droite.
  • 26° Ce qui est écrit dans une ligne.
  • 27° Direction générale de la position des troupes soit pour le combat, soit pour les grandes manœuvres.
  • 28° Suite de bataillons ou d'escadrons placés sur une même ligne et faisant face du même côté.
  • 29° Toute réunion de bâtiments de guerre rangés ou gouvernant sur un même rumb de vent.
  • 30° Retranchement.
  • 31° Ligne de douanes.
  • 32° Ligne télégraphique.
  • 33° Ligne d'un chemin de fer.
  • 34° Voie étroite tracée dans une forêt.
  • 35° Double ligne, sorte de poisson
  • 1Au sens propre, donné par l'étymologie, cordeau, ficelle dont divers ouvriers se servent pour tracer leurs ouvrages. Tirer une muraille à la ligne, en ligne droite. De longues allées d'arbres, plantées à la ligne, Vaugelas, Q. C. 393.

    Fig. Et ces froids ornements à la ligne plantés, Boileau, Sat. IV.

  • 2 Terme de construction. Ligne à plomb, direction que prend une corde à l'extrémité de laquelle pend un poids.

    Ligne allongée, celle qui, dans la coupe des pierres, est tirée à côté d'une autre, et en partant d'un même centre que celle-ci.

  • 3Ficelle avec un hameçon au bout pour pêcher. Pêcher à la ligne.

    Ligne dormante, ligne qui demeure fixée dans l'eau, sans qu'on la tienne.

    Ligne flottante, ligne dont l'extrémité est attachée à un corps flottant, et telle que l'hameçon puisse être déplacé par le courant de l'eau.

    Ligne de fond, ligne dont l'hameçon avec l'appât repose sur le fond de l'eau.

    Ligne se dit aussi de l'instrument tout entier, bâton et ficelle, qui sert à pêcher.

  • 4 Terme de marine. Nom donné à une corde petite, mais forte relativement à sa grosseur, que l'on emploie à des usages différents. Ligne goudronnée. Ligne d'amarrages. Ligne de sonde.

    Ligne de loch, petite corde attachée au loch, par le moyen de laquelle on estime le chemin d'un vaisseau.

  • 5 Terme de géométrie. Étendue en longueur, considérée sans largeur ni épaisseur. Ligne droite. Ligne courbe. Ligne brisée. Mener, tirer une ligne parallèle à une autre. J'assurerai aussi peu qu'une ligne droite, tombant sur une autre ligne droite, fait deux angles droits ou égaux à deux droits, de peur que, les hommes venant à y découvrir quelque chose de plus ou de moins, je ne sois raillé de ma proposition, La Bruyère, XII. Nous considérons, il est vrai, la divisibilité à l'infini en géométrie ; mais cette science n'a d'objet que nos idées, et, en supposant des lignes sans largeur et des points sans étendue, nous supposons aussi une infinité de cercles passant entre une tangente et un cercle donné, Voltaire, Dict. phil. Locke. Enfin, dans l'idée de surface, je fais encore abstraction d'une des deux dimensions qui la composent, et il me reste l'idée de ligne, D'Alembert, Mélanges de littér. d'hist. et de philos. t. V, § II. La ligne perpendiculaire, image de la stabilité, mesure de la profondeur, frappe plus que la ligne oblique, Diderot, Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 263, dans POUGENS.

    Lignes trigonométriques, les sinus, cosinus, tangentes, etc.

  • 6Dans l'ancien système des poids et mesures, la douzième partie d'un pouce. Cette règle a deux pieds six pouces quatre lignes de long. La ligne vaut deux millimètres deux mille cinq cent cinquante-huit dix-millièmes (2mm, 2558).

    Fig. Pour moi, je ne puis comprendre ce plaisir, et que vous soyez aise de rêver et d'attacher vos yeux sur cette horreur qui vous met à une ligne de la mort, Sévigné, 462.

  • 7 Terme de fontainier. Ligne d'eau, la 144e partie d'un pouce d'eau.
  • 8 Terme de perspective. Ligne de terre, intersection du plan du tableau avec le plan géométral (ou de terre).

    Ligne verticale, celle par laquelle le plan vertical coupe le tableau.

    Ligne horizontale, voy. HORIZONTAL.

  • 9 Terme de musique. Se dit des traits horizontaux et parallèles qui composent la portée. La musique s'écrit sur cinq lignes. La clef de sol se place sur la seconde ligne, la clef d'ut sur les quatre premières lignes.
  • 10Lignes extrêmes, se dit, aux échecs, des quatre bandes composées de vingt-huit cases, formant la bordure de l'échiquier.

    Lignes de hauteur, bandes qui vont d'un joueur à l'autre.

    Lignes horizontales, bandes qui vont de la droite à la gauche des joueurs.

    Ligne du milieu ou grande ligne, désigne, au jeu de dames, la ligne qui traverse diagonalement, et qui est de la couleur sur laquelle on joue.

  • 11 Terme d'anatomie. Ligne blanche, espèce de bande aponévrotique, étendue depuis l'appendice xiphoïde du sternum jusqu'à la symphyse des pubis, subjacente à la peau et appliquée sur le péritoine.

    Ligne âpre du fémur, saillie rugueuse que forme le bord postérieur de cet os, et qui se bifurque à chaque extrémité.

    Ligne médiane, ligne imaginaire que l'on suppose partager verticalement le corps en deux parties égales et symétriques.

  • 12Ligne visuelle, celle qui part de l'œil de l'observateur et aboutit à l'objet qu'il considère.
  • 13 Terme d'artillerie. Ligne de mire, celle qui détermine la position de la pièce, relativement au point que l'on veut atteindre.

    Ligne de tir, axe d'un canon qu'on suppose prolongé indéfiniment ; c'est une ligne droite.

  • 14Ligne équinoxiale, ou, simplement, ligne, l'équateur ; nom qui vient de ce que la circonférence du cercle de l'équateur, qui est la ligne, est supposée tracée sur la terre. Les latitudes commencent à se compter de la ligne. Ne voyons-nous pas sous la ligne, où les quatre saisons n'en font qu'une, la terre toujours fleurie, les arbres continuellement verts, et la nature toujours au printemps ? Buffon, Quadrup. t. IV, p. 28.

    Passer, couper la ligne, traverser l'équateur et passer d'un hémisphère à l'autre. Prendre des anciens et faire son profit de ce qu'ils ont écrit, c'est comme pirater au delà de la ligne, La Mothe le Vayer, Lett. citée par Bayle, art. Éphore. M. Halley avait passé quatre fois la ligne pendant le cours de ce voyage, c'est-à-dire en moins de deux ans, Mairan, Éloge de Halley.

    Ligne méridienne, la circonférence du méridien supposée tracée sur la terre.

    Terme d'astronomie. Ligne des nœuds, celle suivant laquelle le plan de l'orbite d'une planète coupe celui de l'écliptique.

  • 15Ligne de foi, droite tracée sur l'alidade d'un cercle ou de tout autre instrument gradué, et servant à indiquer la direction du centre de l'instrument à l'objet visé. La ligne de foi se prolonge sur le limbe et marque le degré où finit l'arc cherché.

    Ligne de foi se dit aussi d'un petit fil de métal appliqué sur le verre d'une lunette, pour rendre les observations plus justes.

    Terme de marine. Ligne de foi, ligne noire tracée dans la boîte d'un compas de route, et qui indique la direction ou le cap du navire.

  • 16 Terme de marine. Ligne d'eau ou ligne de flottaison, ligne qu'atteint un vaisseau quand il est pourvu de tout ce qui lui est nécessaire pour le voyage, et qu'il n'a pas encore reçu les marchandises ou autre charge.

    Lignes d'eau, les différentes coupes horizontales de la partie submergée de la carène d'un vaisseau, parallèlement à la ligne de flottaison.

    Ligne du fort, dans un vaisseau, l'endroit où il est le plus gros.

    Ligne du pont, ligne qui suit la forme du pont.

  • 17Ligne de marcation, ligne tracée par Alexandre VI sur la mappemonde, pour séparer les possessions des Espagnols de celles des Portugais, attribuant aux Espagnols les terres qu'ils découvriraient à l'ouest, et aux Portugais celles qu'ils découvriraient à l'est, puis rectifiée de concert et alors nommée ligne de démarcation par les Portugais et les Espagnols. Pendant que les Espagnols découvraient et conquéraient du côté de l'Occident, les Portugais poussaient leurs conquêtes et leurs découvertes du côté de l'Orient ; ces deux nations se rencontrèrent, elles eurent recours au pape Alexandre VI, qui fit la célèbre ligne de démarcation et jugea un grand procès, Montesquieu, Espr. XXI, 21.

    Par extension de ce sens historique. Ligne de démarcation, ligne tracée sur un terrain ou sur une carte pour marquer la division de deux territoires, de deux propriétés.

    Fig. Il n'est pas toujours facile de tracer une ligne de démarcation entre l'erreur et la vérité.

    Ligne de respect, ligne fictive imaginée sur mer à une distance convenable des côtes et qui est considérée comme la frontière maritime d'un pays.

  • 18Direction. Il y a toujours une ligne de tout état à Dieu ; et, sitôt que l'on commence à marcher sur cette ligne, on est dans son ordre, Nicole, Ess. mor. 2e traité, ch. 9.

    Aller quelque part en droite ligne, y aller sans faire de détours.

    Fig. C'est un homme qui a toujours marché sur la même ligne, qui s'est tracé une ligne dont il ne s'est jamais écarté, il s'est fait des règles de conduite qu'il a constamment suivies. Fig. Suivre la ligne du devoir, de l'honneur, tenir une conduite conforme au devoir, a l'honneur. Mot [prosilire] qui voulait dire qu'on s'égarait hors des bornes, qu'on s'échappait, qu'on sortait des lignes, Bossuet, Panég. St Thomas, 2.

    Ligne de conduite, la règle qu'on prend pour diriger sa vie.

  • 19Rang. Être, marcher sur la même ligne. La Feuillade dit qu'après avoir commandé les armées, il ne pouvait plus servir en ligne de lieutenant général, Saint-Simon, 164, 176.

    Être en première ligne, mettre en première ligne, être au premier rang, placer au premier rang. Ce candidat a été présenté en première ligne, en seconde ligne par l'Institut pour telle chaire.

    Hors ligne, se dit de ce qui n'est pas dans le rang, de ce qui mérite une place exceptionnelle en vertu de quelque excellence. Voilà un tableau hors ligne.

  • 20Série des membres d'une famille. Ils veulent qu'on les croie en droite ligne issus Des sept sages de Grèce, Régnier, Sat. VI. Mais fussiez-vous issu d'Hercule en droite ligne, Si vous ne faites voir qu'une bassesse insigne, Ce long amas d'aïeux que vous diffamez tous, Sont autant de témoins qui parlent contre vous, Boileau, Sat. V. Mon père me faisait descendre de Minos en droite ligne, Voltaire, Scarmentado. La ligne masculine s'éteignait dans cette maison [de Charles le Téméraire], Raynal, Hist. phil. II, 1.

    Ligne directe, celle qui va de père en fils, c'est l'ordre des ascendants et des descendants.

    Ligne collatérale, l'ordre de ceux qui tirent leur naissance de la même souche, mais non les uns des autres ; c'est celle où sont placés les oncles, tantes, cousins, neveux.

    Ligne ascendante, la série des aïeux d'une personne. Ligne descendante, la série des descendants.

  • 21 Terme de chiromancie. Se dit des traits marqués dans la main et par lesquels on prétend découvrir le caractère ou le destin des gens. La ligne de vie est celle qui est au-dessous du pouce. La ligne de Vénus prend depuis l'index jusqu'à l'autre bout de la main. C'est la ligne de Mercure qui marque les bonnes ou mauvaises nouvelles, Dancourt, Sec. chap. du Diable boit. II, 3. Il y avait une certaine ligne qui le disait et ne mentait jamais, une vie longue et heureuse, comme l'indiquait une autre ligne aussi véridique que la première, Diderot, Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 359, dans POUGENS.

    Il se dit aussi des rides du front par lesquelles on prétend juger de la bonne et mauvaise fortune des hommes.

  • 22 Terme de manége. Ligne, l'espace droit ou circulaire que parcourt le cheval, soit au cercle, soit au pilier, soit sur le carré du manége.
  • 23 Terme d'escrime. Ligne, celle qui est directement opposée à l'adversaire, et dans laquelle doivent être les épaules, le bras droit et l'épée.

    Être en ligne, se dit d'un tireur dont le pied droit est placé vis-à-vis la cheville du pied gauche.

    Se dit aussi de deux tireurs qui sont en face l'un de l'autre.

  • 24 Terme de beaux-arts. Ligne, ou lignes, l'effet général produit par la réunion et la combinaison des diverses parties, soit d'un objet naturel, soit d'une composition. Les lignes du visage. Ce groupe, ce paysage présente de belles lignes, des lignes simples, grandes. La ligne de composition d'un tableau. Votre ligne n'eût pas été la véritable ligne, la ligne de beauté, la ligne idéale, mais une ligne quelconque altérée, Diderot, Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, dans POUGENS.

    On dit des figures d'un tableau que les lignes en sont flexibles, pour exprimer qu'elles procèdent par courbes et par méplats doux et gracieux.

    Les lignes de l'architecture sont les divers plans horizontaux formés par les soubassements, par les membres et les moulures de l'entablement, par les acrotères, les combles, etc.

  • 25Suite de mots écrits ou imprimés en ligne droite. Portez-lui donc ma lettre, où sont en peu de lignes Dépeints tous mes travaux et mes malheurs insignes, Mairet, Soliman, I, 5. Je voudrais que chacune de vos lignes vous fût payée comme aux Robertson, Voltaire, Lett. Laharpe, 26 janvier 1770. Je remercie Votre Majesté impériale de tout ce qu'elle daigne m'apprendre sur la Sibérie méridionale, elle m'en dit plus en dix lignes que l'abbé Chappe dans un in-folio, Voltaire, Lett. Imp. Russ. 18 nov. 1771. Ô lignes que sa main, que son cœur a tracées ! ô nom baisé cent fois ! craintes bientôt chassées ! Chénier, Élég. III.

    Tirer à la ligne, écrire des phrases inutiles, pour le seul effet d'allonger un article payé à tant la ligne.

    Mettre un mot, un passage à la ligne, commencer par ce mot, par ce passage un nouvel alinéa.

    À la ligne, phrase par laquelle on avertit celui à qui on dicte quelque chose, de mettre un mot, un passage à la ligne.

    Donner de la ligne à quelqu'un, se dit en parlant de l'usage de n'écrire que le mot Monsieur ou Madame sur la première ligne d'une lettre en s'adressant à un supérieur.

    Fig. Lire entre les lignes, voir dans un écrit un sens caché qui y est sans paraître. Je voudrais avoir la réponse que je fis à cette lettre ; elle ne disait pas plus ; mais il me semble qu'elle contenait davantage, et qu'il y avait, comme entre les lignes, ce qui n'était exprimé par aucun mot, Staal, Mém. t. I, p. 90. Les amis de Galiani et l'abbé lui-même avaient coutume de dire de son livre sur les blés : C'est moins un livre sur le commerce des blés qu'un ouvrage sur la science du gouvernement ; il faut savoir y lire le blanc et l'entre-deux des lignes, Sainte-Beuve, Art. sur Galiani.

    Terme d'imprimerie. Ligne de tête, la première de la page. Ligne de pied, ligne composée de cadrats au bas de la page, dans laquelle se place la signature.

    Écrire hors ligne, mettre hors ligne, tirer une somme hors ligne, l'écrire à la marge.

    Ligne de compte, la somme qu'on tire à la marge blanche laissée à côté d'un compte à droite.

    Mettre en ligne de compte, tirer en ligne de compte, employer, comprendre dans un compte ; et fig. faire mention d'une chose.

  • 26Ce qui est écrit dans une ligne. Ces lignes diffamatoires sont d'autant plus punissables, qu'elles outragent personnellement Mlle Corneille et surtout Mme Denis, ma nièce, qui l'élève comme sa fille, Voltaire, Lett. Thiriot, 31 janv. 1761. Il suffisait d'une ligne dans Tacite ou dans Suétone, et même dans les auteurs des légendes, pour rendre un prince odieux au monde et pour perpétuer son opprobre de siècle en siècle, Voltaire, Russie, II, 10. Quelle comparaison d'une belle ligne, quand je saurais l'écrire, à une belle action ? Diderot, Claude et Nér. II, 79. Pendant que je vous fais ces lignes très sensées, voici une drôle d'aventure, Courier, Lett. I, 168.

    Familièrement. Deux lignes, une courte missive. Je vous écrirai deux lignes pour vous prévenir de mon arrivée.

    Deux lignes signifie aussi une brève mention. Si elle [Mme de Maintenon] fût morte avant le roi, c'eût été un événement dans l'Europe ; et deux lignes dans la gazette apprirent sa mort à ceux qui ignoraient si elle vivait encore, Duclos, Mém. rég. Œuv. t. V, p. 402.

  • 27 Terme de guerre. Direction générale de la position des troupes, soit pour le combat, soit pour les grandes manœuvres. La ligne appuyait sa gauche au village, et sa droite à un bois.

    Se porter sur la ligne, se diriger vers la position qu'on doit occuper dans la ligne.

    Entrer, rentrer en ligne, se mettre en ligne, être en ligne, se placer, se replacer, ou être placé dans la direction générale de la ligne. En même temps, l'empereur désignait à chaque corps sa place ; le reste de l'armée entrait en ligne, et une fusillade générale, entrecoupée de quelques coups de canon, s'était établie, Ségur, Hist. de Nap. VII, 5.

    Rompre la ligne, ou forcer la ligne, se porter trop en avant. Rompre la ligne ou refuser la ligne, rester trop en arrière.

    Ligne de direction, ligne que doit suivre un corps militaire en campagne, ou dans les grandes manœuvres.

    Ligne d'opération, ligne qu'une armée, ou plusieurs corps destinés à la même opération, doivent suivre constamment. Comme les Russes se montrent par masses redoublées à leur centre et à leur droite, menaçant la route de Moscou, sur la ligne d'opération de la grande armée, Ségur, Hist. de Nap. VII, 5.

    Ligne de communication, chemin par lequel une armée communique avec ses dépôts, ses magasins, ses réserves. Au milieu d'elle [la grande armée], son chef, sombre et silencieux, paraissait mesurer avec anxiété sa ligne de communication avec les places de la Vistule, Ségur, Hist. de Nap. IX, 5.

    Ligne de convoi, l'espace qui reste libre entre une armée et sa base d'opération.

  • 28Ligne se dit aussi, en termes militaires, d'une suite de bataillons ou d'escadrons placés sur la même ligne et faisant face du même côté. Une armée se divise ordinairement en trois lignes, dont la première forme l'avant-garde, la seconde le corps de bataille, la troisième l'arrière-garde ou la réserve. [À Pultava] les Suédois consternés s'ébranlent, et, le canon ennemi continuant à les écraser, la première ligne se replia sur la seconde et la seconde s'enfuit ; ce ne fut en cette dernière action qu'une ligne de dix mille hommes de l'infanterie russe qui mit en déroute l'armée suédoise ; tant les choses étaient changées ! Voltaire, Charles XII, 4. Un régiment de Davoust cherchait à prendre son rang dans la première ligne, Ségur, Hist. de Nap. VII, 5.

    Ligne pleine, celle où la droite d'un corps s'appuie à la gauche du corps qui est à sa droite, par opposition à ligne à intervalles, ou ligne dans laquelle il reste des vides entre la gauche d'un corps et la droite du corps voisin.

    Ligne à échiquier, disposition qui présente alternativement un espace occupé par un corps de troupes et un espace vide.

    Marcher en ligne, par opposition à marcher en échelons, se dit d'une armée qui, en marchant, conserve l'alignement général et partiel.

    Par peloton ou par section en ligne, commandement par lequel on ordonne à une troupe qui est en marche par le flanc, de se partager et de se former en pelotons ou en sections.

    Troupe de ligne, troupe destinée à combattre en ligne, par opposition à troupe légère ou irrégulière.

    On dit de même infanterie de ligne, régiment de ligne.

    Absolument et collectivement. La ligne, les corps composant la troupe de ligne.

    La ligne se dit aussi par opposition à la garde. Quitter la ligne pour entrer dans la garde.

  • 29 Terme de marine. Toute réunion de bâtiments de guerre rangés ou gouvernant sur un même rumb de vent. Former, serrer, ouvrir la ligne. À Trafalgar, Nelson coupa la ligne française. Ligne de combat. Ligne de marche.

    Ligne du plus près, ligne de bâtiments de guerre qui fait un angle de 67 degrés 30 minutes avec le lit du vent. On la nomme ligne du plus près tribord et ligne du plus près bâbord, selon que les bâtiments reçoivent le vent par la droite ou par la gauche.

    Vaisseau de ligne, nom qu'on donnait aux grands vaisseaux de guerre ayant au moins cinquante canons et pouvant se placer en ligne avec les autres. Les Hollandais mirent en mer cent vaisseaux de ligne, Voltaire, Louis XIV, 6.

  • 30 Terme de fortification. Retranchement ; en ce sens il se dit surtout au pluriel. Travailler aux lignes. Combler les lignes.

    Particulièrement. Ensemble de retranchements, permanents ou passagers, destinés à couvrir une armée, à fermer un débouché, etc. Ici il sortait de ses lignes pour combattre, Fléchier, Tur. Une faute que fit le prince Eugène [à Denain] délivra le roi et la France de tant d'inquiétudes ; on prétend que ses lignes étaient trop étendues…, Voltaire, Louis XIV, 23. Comme il [Charles le Téméraire, à la bataille de Nancy] voulut garder ses lignes avec le peu de monde qu'il avait, le corps qu'il opposa au duc René n'était guère que de deux mille hommes, Duclos, Hist. Louis XI, Œuv. t. III, p. 126, dans POUGENS.

    Lignes continues, par opposition à lignes à intervalles, celles qui se suivent sans interruption.

    Il y a différentes sortes de lignes, suivant le dessein de l'attaque ou de la défense. Lignes d'approche, lignes qui se font dans les siéges, pour s'approcher à couvert du corps de la place. Lignes de circonvallation, lignes qui se font autour d'un camp pour en assurer les quartiers. Ligne de contrevallation, lignes qui se font pour se couvrir du côté d'une place qu'on assiége.

    Lignes de contre-approche, tranchées que les assiégés ouvrent pour enfiler les travaux des assiégeants.

    Lignes parallèles, ou, simplement, parallèles, lignes que font les assiégeants pour lier leurs tranchées, les protéger et garder leurs batteries. Ils firent [les Turcs] dans ce siége, pour la première fois, des lignes parallèles dans les tranchées, Voltaire, Louis XIV, 10.

    Lignes de communication, tranchées qu'on ouvre d'une parallèle à l'autre, pour faciliter les communications.

    Ligne de défense, ou ligne de frontière, ligne que, dans le système défensif d'un État, occupent ou doivent occuper les places fortes, les camps retranchés et les lignes.

  • 31Ligne de douane, bureaux de douane placés le long d'une frontière, d'une limite. Il y a plusieurs lignes de douane sur une même frontière.

    On dit de même à l'armée : ligne de postes, lignes de sentinelles avancées.

  • 32Autrefois, ligne télégraphique, suite de télégraphes aériens qui correspondaient entre eux.

    Aujourd'hui, fil de fer qui transmet, à l'aide de l'électricité, les dépêches d'un point à un autre.

  • 33Ligne d'un chemin de fer, l'axe des ouvrages dont il se compose.

    Par extension, on substitue souvent le mot de ligne à celui de chemin de fer. La ligne de Paris à Orléans. Mettre une ligne en exploitation. Cette ligne n'est pas bonne, elle ne couvre pas ses frais.

    Il se dit aussi du parcours des omnibus. Une ligne d'omnibus. La ligne des boulevards.

    Ligne d'opération, celle que l'on jalonne dans les tracés et qui sert de base aux nivellements et levés de plans.

  • 34 Terme de forestier. Voie étroite tracée dans une forêt, et dite autrefois laie.
  • 35Double ligne, poisson de la Chine.

HISTORIQUE

XIIIe s. Se tu vels trover la mesure d'une ligne droite…, Comput, f° 16. Qui près de moi se vorroit [voudrait] traire, Un beau conte m'orroit retraire, Dont je me sui molt entremis, Et je si l'ai en rime mis, Come il avint, trestot à ligne, Fabliaux mss. p. 300, dans LACURNE.

XVe s. Le vigneron fut atrapé, Quant il fut trouvé en la vigne, Trop mieulx que poisson à la ligne, Orléans, Rond. 73. Or cest bon roy, gardant à la ligne la loy de Dieu… oncques ne voult… consentir telles batailles, Christine de Pisan, Charles V, I, 23. Ains en tous ses faits, plus tire… sur misericorde que sur rigueur, en gardant la ligne et la balance de droict, Bouciq. IV, 8. Je suis d'aussi bon lieu comme demoiselle ou bourgeoise qui y fut ; je m'en rapporte à ceux qui savent les lignes [généalogies], Les quinze joies du mariage, p. 18, dans LACURNE.

XVIe s. La ligne blanche n'est autre chose que la termination des muscles susdits, située au milieu du ventre, Paré, I, 12. Cette coupeure de la ligne vitale de vostre main gauche, Montaigne, II, 212. Quant aux qualités fortuites, ce n'est pas de mon goust de les mettre en ligne de compte, Montaigne, IV, 318. Theseus de par son pere estoit descendu en droicte ligne du grand Erechtheus, Amyot, Thésée, 11. Pescher à la ligne. Jeter sa ligne. Retirer sa ligne avec prise, Amyot, Anton. 36. Il doit user à son chant royal de ligne [rime] feminine et puis masculine, ou de masculine et puis feminine, Fabri, Art de rhétor. II, f° 50, dans LACURNE. Biens meubles ne tiennent costé ne ligne, à sçavoir ne suivent estoc, costé ny ligne, Cotgrave Cela qui a longueur sans largeur, se nomme ligne, Forcadel, Éléments d'Euclide, p. 1.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

LIGNE.
18Ajoutez : Chacun le regarde [un ministre] comme un médiateur par qui se distribuent les bienfaits et les récompenses ; chacun court à lui comme au centre où aboutissent toutes les lignes de la fortune, Fléchier, Aiguillon.

Garder la ligne, rester dans une juste mesure. C'est [le rôle de Phèdre] un rôle de passion forcenée, mais de cette belle passion antique qui garde toujours la ligne dans ses plus violents transports, Daudet, Journ. offic. 28 déc. 1874, p. 8626, 2e col.

36Ligne géodésique, la plus courte des lignes qu'on puisse mener d'un point à un autre sur une surface donnée.
37En topographie, ligne de faîte, ligne de partage des eaux.

REMARQUE

On définira avec plus de détail et plus exactement la ligne de mire et la ligne de tir ainsi qu'il suit : Ligne de mire, ligne droite déterminée par deux points fixes, le cran de hausse et le guidon, placés sur le canon, et qui, dirigée sur l'objet à battre, permet de donner à la pièce l'inclinaison voulue pour l'atteindre. Ligne de tir, l'axe du canon indéfiniment prolongé, cette ligne se confond d'abord avec la trajectoire, puis s'en écarte de plus en plus à mesure que le projectile s'éloigne de la bouche du canon.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

LIGNE, s. f. (Géométrie.) quantité qui n’est étendue qu’en longueur, sans largeur ni profondeur.

Dans la nature, il n’y a point réellement de ligne sans largeur ni même sans profondeur ; mais c’est par abstraction qu’on considere en Géométrie les lignes comme n’ayant qu’une seule dimension, c’est-à-dire la longueur : sur quoi voyez l’article Géométrie.

On regarde une ligne comme formée par l’écoulement ou le mouvement d’un point. Voyez Point.

Il y a deux especes de lignes, les droites & les courbes. Voyez Droite & Courbe.

Si le point A se meut vers B (Pl. géom. fig. 1), il décrit par ce mouvement une ligne, & s’il va vers B par le plus court chemin, cette ligne sera une droite. On doit donc définir la ligne droite, la plus courte distance entre deux points. Si le point qui décrit la ligne, s’écarte de côté ou d’autre, & qu’il décrive par exemple, une des lignes ACB, AcB, il décrira ou une ligne courbe, comme AcB, ou bien deux ou plusieurs droites, comme ACB.

Les lignes droites sont toutes de même espece ; mais il y a des lignes courbes d’un nombre infini d’especes. Nous en pouvons concevoir autant qu’il y a de différens mouvemens composés, ou autant qu’on peut imaginer de différentes lois de rapports entre les ordonnés & les abscisses. Voyez Courbe.

Les lignes courbes se divisent ordinairement en géométriques & méchaniques.

Les lignes géométriques sont celles dont tous les points peuvent se trouver exactement & sûrement. Voyez Géométrique & Courbe.

Les lignes méchaniques sont celles dont quelques points, ou tous les points se trouvent par tatonnement, & d’une maniere approchée, mais non pas précisément. Voyez Méchanique & Courbe.

C’est pourquoi Descartes & ceux qui suivent sa doctrine, définissent les lignes géométriques, celles qui peuvent être exprimées par une équation algébrique d’un degré déterminé : on donne aussi le nom de lieu à cette espece de lignes. Voyez Lieu.

Et ils définissent les lignes méchaniques, celles qui ne peuvent être exprimées par une équation finie, algébrique, & d’un degré déterminé.

D’autres pensent que les lignes que Descartes appelle méchaniques, bien qu’elles ne soient pas désignées par une équation finie, n’en sont cependant pas moins déterminées par leur équation différentielle, & qu’ainsi elles ne sont pas moins géométriques que les autres. Ils ont donc préféré d’appeller celles qui peuvent se réduire à une équation algébrique finie, & d’un degré déterminé, lignes algébriques, & celles qui ne le peuvent, lignes transcendantes. Voyez Algébriques & Transcendantes. Au fond toutes ces dénominations sont indifférentes, pourvu qu’on s’explique & qu’on s’entende ; car il faut éviter ce qui seroit une pure question de nom.

Les lignes géométriques ou algébriques, se divisent en lignes du premier ordre, du second ordre, du troisieme ordre. Voyez Courbe.

Les lignes droites considérées par rapport à leurs positions respectives, sont paralleles, perpendiculaires ou obliques les unes aux autres. Voyez les articles Paralleles, Perpendiculaire, &c.

Le second livre d’Euclide traite principalement des lignes, de leur division ou multiplication.

Ligne circulaire, Voyez les articles Circulaire.
Lignes convergentes, Convergentes.
Ligne génératrice, Generatrice.
Ligne hyperbolique, Hyperbolique.
Ligne logistique, Logistique.
Ligne normale, Normale.
Lignes robervalliennes, Robervalliennes.
Lignes proportionnelles, Proportionnelles.
Ligne verticale, Verticale.
Mesure d’une ligne, Mesure.

Ligne, en Géographie & Navigation ; lorsque l’on se sert de ce terme, sans aucune autre addition, il signifie l’équateur ou la ligne équinoxiale. Voyez Equateur & Equinoxial.

Cette ligne rapportée au ciel, est un cercle que le soleil décrit à peu près le 21 Mars & le 21 Septembre ; & sur la terre c’est un cercle fictif qui répond au cercle céleste, dont nous venons de parler, il divise la terre du nord au sud en deux parties égales, & il est également éloigné des deux poles, de façon que ceux qui vivent sous la ligne ont toûjours les deux poles dans leur horison. Voyez Pole.

Les latitudes commencent à se compter de la ligne. Voyez Latitude.

Les marins sont dans l’usage de baptiser les nouveaux matelots, & les passagers, la premiere fois qu’ils passent la ligne. Voyez Baptême de la ligne.

La ligne des absides, en Astronomie, est la ligne qui joint les absides ou le grand axe de l’orbite d’une planete. Voyez Abside.

La ligne de foi est une ligne ou regle qui passe au milieu d’un astrolable d’un demi-cercle d’arpenteur, ou d’un instrument semblable, & sur laquelle sont placées les pinules ; on l’appelle autrement alidade. Voyez Alidade, &c.

Une ligne horisontale est une ligne parallele à l’horison. Voyez Horison.

Ligne isochrone. Voyez les articles Isochrone.
Ligne méridienne. Meridienne

La ligne des nœuds, en Astronomie, est la ligne qui joint les deux nœuds d’une planete, ou la commune section du plan de son orbite, avec le plan de l’écliptique.

Ligne géométrale, en Perspective, c’est une ligne droite tirée d’une maniere quelconque sur le plan géométral.

Ligne de terre ou fondamentale, en Perspective, c’est une ligne droite dans laquelle le plan géométral & celui du tableau se rencontrent ; telle est la ligne NI (Pl. Persp. fig. 12.) formée par l’interjection du plan géométral LM, & du plan perspectif HL.

Ligne de front, en Perspective, c’est une ligne droite parallele à la ligne de terre.

Ligne verticale, en Perspective, c’est la commune section du plan vertical & de celui du tableau.

Ligne visuelle, en Perspective, c’est la ligne ou le rayon qu’on imagine passer par l’objet & aboutir à l’œil.

Ligne de station, en Perspective, selon quelques auteurs, c’est la commune section du plan vertical & du plan géométral ; d’autres entendent par ce terme la hauteur perpendiculaire de l’œil au-dessus du plan géométral ; d’autres une ligne tirée sur ce plan, & perpendiculaire à la ligne qui marque la hauteur de l’œil.

Ligne objective, en Perspective, c’est une ligne tirée sur le plan géométral, & dont on cherche la représentation sur le tableau.

Ligne horisontale, en Gnomonique, est la commune section de l’horison & du plan du cadran. Voyez Horisontal & Cadran.

Lignes horaires, ou lignes des heures, ce sont les intersections des cercles horaires de la sphere, avec le plan du cadran. V. Horaire, Heure & Cadran.

Ligne soustilaire, c’est la ligne sur laquelle le stile ou l’éguille d’un cadran est élevée, & c’est la representation d’un cercle horaire perpendiculaire au plan du cadran, ou la commune section du cercle avec le cadran. Voyez Soustilaire.

Ligne équinoxiale, en Gnomonique, c’est l’intersection du cercle équinoxial & du plan du cadran.

Ligne de direction, en Méchanique, c’est celle dans laquelle un corps se meut actuellement, ou se mouvroit s’il n’en étoit empêché. Voy. Direction.

Ce terme s’emploie aussi pour marquer la ligne qui va du centre de gravité d’un corps pesant au centre de la terre, laquelle doit de plus passer par le point d’appui ou par le support du corps pesant, sans quoi ce corps tomberoit nécessairement.

Ligne de gravitation d’un corps pesant, c’est une ligne tirée de son centre de gravité au centre d’un autre vers lequel il pese ou gravite ; ou bien, c’est une ligne selon laquelle il tend en en bas. Voyez Gravitation.

Les lignes du compas de proportion, sont les lignes des parties égales, la ligne des cordes, la ligne des sinus, la ligne des tangentes, la ligne des secantes, la ligne des polygones, la ligne des nombres, la ligne des heures, la ligne des latitudes, la ligne des méridiens, la ligne des métaux, la ligne des solides, la ligne des plans. Voyez-en la construction & l’usage au mot.

Il faut pourtant observer que l’on ne trouve pas absolument toutes ces lignes sur le compas de proportion, qui est une des pieces de ce qu’on appelle en France étui de mathématiques ; mais elles sont toutes tracées sur l’instrument que les Anglois appellent secteur, & qui revient à notre compas de proportion. Chambers. (E)

Ligne ou Échelle de Gunter, autrement appellée ligne des nombres, (Arith.) est une ligne ou regle divisée en plusieurs parties, & sur laquelle sont marqués certains chiffres, au moyen desquels on peut faire méchaniquement différentes opérations arithmétiques, &c.

Cette ligne ainsi nommée de Gunter son inventeur, n’est autre chose, selon Chambers, que les logarithmes transportés des tables sur une regle, pour produire à peu près, par le moyen d’un compas qu’on applique à la regle, les mêmes opérations que produisent les logarithmes eux-mêmes, par le moyen de l’arithmétique additive ou soustractive.

Chambers s’étend beaucoup sur les usages de cette ligne. Mais comme ces usages sont peu commodes & assez fautifs dans la pratique, nous n’en dirons rien de plus ici, & nous nous contenterons de renvoyer au mot Compas de proportion, où l’on trouvera des méthodes pour faire d’une maniere simple & abrégée, à peu près les mêmes opérations qui se pratiquent par le moyen de la ligne de Gunter. Voyez aussi Logarithme. Cette ligne, ou échelle de Gunter, appellée ainsi par Chambers, est vraissemblablement la même qu’on appelle autrement échelle angloise, ou échelle des logarithmes ; on en peut voir la description & les usages dans le Traité de navigation de M. Bouguer, p. 410-419. (O)

Ligne de la plus vîte descente. Voyez Brachystochrone & Cycloïde.

Ligne de la section, dans la Perspective, est la ligne d’intersection du plan à projetter avec le plan du tableau.

Ligne de la plus grande ou de la plus petite longitude d’une planete, dans l’ancienne Astronomie, est cette portion de la ligne des absides, qui s’étend depuis le centre du monde jusqu’à l’apogée ou périgée de la planete.

Ligne de la moyenne longitude, est celle qui traverse le centre du monde, faisant des angles droits avec la ligne des absides, & qui y forme un nouveau diametre de l’excentrique ou déférent. Ses points extrèmes sont appellés longitude moyenne.

Ligne de l’anomalie d’une planete, (Astrom.) dans le système de Ptolémée, est une ligne droite tirée du centre de l’excentrique au centre de la planete. Cette dénomination n’a plus lieu, ainsi que les deux précédentes, dans la nouvelle Astronomie.

Ligne du vrai lieu ou du lieu apparent d’une planete, (Astron.) est une ligne droite tirée du centre de la terre ou de l’œil de l’observateur par la planete, & continuée jusqu’aux étoiles fixes. En effet, la ligne du vrai lieu & la ligne du lieu apparent sont différentes, & elles forment entr’elles un angle qu’on appelle parallaxe. Voyez Lieu & Parallaxe. La lune est de toutes les planetes celle dont la ligne du vrai lieu differe le plus de la ligne de son lieu apparent. La ligne du vrai lieu des étoiles fixes est sensiblement la même que celle de leur lieu apparent, & les lignes du vrai lieu & du lieu apparent d’une planete sont d’autant plus proches de se confondre que la planete est plus éloignée de la terre. Voyez Parallaxe.

Ligne de l’apogée d’une planete, dans l’ancienne Astronomie, est une ligne droite tirée du centre du monde par le point de l’apogée jusqu’au zodiaque du premier mobile. Dans la nouvelle Astronomie il n’y a proprement de ligne d’apogée que pour la lune qui tourne autour de la terre, & cette ligne est celle qui passe par le point de l’apogée de la lune & par le centre de la terre.

Ligne du mouvement moyen du soleil, (dans l’ancienne Astronomie) est une ligne droite tirée du centre du monde jusqu’au zodiaque du premier mobile, & parallele à une ligne droite tirée du centre de l’excentrique au centre du soleil. Cette derniere ligne s’appelle aussi

Ligne du mouvement moyen du soleil dans l’excentrique, pour la distinguer de la ligne de son mouvement moyen dans le zodiaque du premier mobile. Ces dénominations ne sont plus en usage dans l’Astronomie moderne.

Ligne du mouvement vrai du soleil, dans l’ancienne Astronomie, est une ligne tirée du centre du soleil par le centre du monde ou de la terre, & continuée jusqu’au zodiaque du premier mobile.

Dans la nouvelle Astronomie, c’est une ligne tirée par les centres de la terre & du soleil, le soleil étant regardé comme le centre du monde.

Ligne synodique, (Astronomie.) dans certaines théories de la lune, est le nom qu’on donne à une ligne droite qu’on suppose tirée par les centres de la terre & du soleil. On a apparemment appellé ainsi cette ligne, parce que le mois synodique lunaire commence ou est à son milieu, lorsque la lune se trouve dans cette ligne, prolongée ou non ; voyez Mois synodique. Cette ligne étant continuée au-travers des orbites, est appellée ligne des vraies syzygies. Mais la ligne droite qu’on imagine passer par le centre de la terre & le lieu moyen du soleil aux syzygies, est appellée ligne des moyennes syzygies. Voyez Syzygies.

Ligne hélisphérique, en termes de Marine, signifie la ligne du rhumb de vent. Voyez Rhumb.

On l’appelle ainsi, parce qu’elle tourne autour du pole en forme d’hélice ou de spirale, & qu’elle s’en approche de plus en plus sans jamais y arriver. On l’appelle aussi plus ordinairement loxodromie. Voyez Loxodromie.

Ligne d’eau, (Hydraul.) c’est la cent quarante-quatrieme partie d’un pouce circulaire, parce qu’il ne s’agit pas dans la mesure des eaux de pouce quarré, elle se fait au pouce circulaire qui a plus de relation avec les tuyaux circulaires par où passent les eaux des fontaines.

Pour savoir ce que fournit une ligne d’eau en un certain tems. Voyez Ecoulement. (K)

Ligne, (Hydraul.) la ligne courante est ordinairement divisée en 12 points, quoique quelques-uns ne la divisent qu’en 10 points ou parties.

On distingue la ligne en ligne droite, en circulaire, en curviligne ou courbe.

La droite est la plus courte de toutes ; la circulaire est celle qui borde un bassin ou toute figure ronde.

La courbe est une portion de cercle.

On dit une ligne quarrée, une ligne cube, en énonçant la valeur du pouce quarré qui contient 144 lignes quarrées, & du pouce cube qui contient 728 lignes cubes.

On dit encore, en parlant de nivellement, une ligne de niveau, de pente, de mire.

Une ligne véritablement de niveau, parcourant le globe de la terre, est réputée courbe, à cause que tous les points de son étendue sont également éloignés du centre de la terre.

Une ligne de pente suit le penchant naturel du terrein.

Une ligne de mire est celle qui dirige le rayon visuel pour faire poser des jalons à la hauteur requise de la liqueur colorée des fioles de l’instrument. (K)

Lignes paralleles, ou Places d’armes, (Art milit.) sont dans la guerre des sieges, des parties de tranchées qui entourent tout le front de l’attaque, & qui servent à contenir des soldats, pour soutenir & protéger l’avancement des approches.

La premiere fois que ces sortes de lignes ou places d’armes ont été pratiquées, fut au siege de Mastrick, fait en 1673, par le roi en personne. Elles sont de l’invention du maréchal de Vauban, qui s’en servit dans ce siege avec tant d’avantage, que cette importante place fut prise en treize jours de tranchée ouverte.

Depuis ce tems, elles ont toujours été employées dans les différens sieges que les François ont faits, mais avec plus ou moins d’exactitude. Le siege d’Ath fait en 1697, est celui où elles ont été exécutées avec le plus de précision ; & le peu de tems & de monde que ce siege coûta, en a démontré la bonté.

On construit ordinairement trois lignes paralleles ou places d’armes dans les sieges.

La figure de la premiere doit être circulaire, un peu aplatie sur le milieu : elle doit aussi embrasser toutes les attaques, par son étendue qui sera fort grande, & déborder la seconde ligne de 25 à 30 toises de chaque bout. Quant à ses autres mesures, on peut lui donner depuis 12 jusqu’à 15 piés de large, sur 3 de profondeur ; remarquant que dans les endroits où l’on ne pourroit pas creuser 3 piés, à cause du roc ou du marais qui se peuvent rencontrer dans le terrein qu’elle doit occuper, il faudra l’élargir davantage, afin d’avoir les terres nécessaires à son parapet. Jusqu’à ce qu’elle soit achevée on n’y doit pas faire entrer les bataillons, mais seulement des détachemens, à mesure qu’elle se perfectionnera.

Les usages de cette ligne ou place d’armes, sont,

1°. De protéger les tranchées qui se poussent en avant jusqu’à la deuxieme.

2°. De flanquer & de dégager la tranchée.

3°. De garder les premieres batteries.

4°. De contenir tous les bataillons de la garde, sans en embarrasser la tranchée.

5°. De leur faire toujours front à la place, sur deux ou trois rangs de hauteur.

6°. De communiquer les attaques de l’un à l’autre, jusqu’à ce que la seconde ligne soit établie.

7°. Elle fait encore l’effet d’une excellente contrevallation contre la place, de qui elle resserre & contient la garnison.

La seconde ligne doit être parallele à la premiere, & figurée de même, mais avoir moins d’étendue de 25 à 30 toises de chaque bout, & plus avancée vers la place, de 120, 140 ou 145 toises. Ses largeur & profondeur doivent être égales à celles de la premiere ligne. Il faut faire des banquettes à l’une & à l’autre, & border leur sommet de rouleaux de fascines piquetées pour leur tenir lieu de sacs à terre, ou de paniers, jusqu’à ce qu’elle soit achevée ; on n’y fait entrer que des détachemens : pendant qu’on y travaille, la tranchée continue toujours son chemin, jusqu’à ce qu’elle soit parvenue à la distance marquée pour la troisieme ligne ; de sorte que la seconde n’est pas plutôt achevée, qu’on commence la troisieme, & avant même qu’elle le soit totalement ; pour lors on y fait entrer les bataillons de la premiere ligne, & on ne laisse dans celle-ci que la réserve qui est environ le tiers de la garde ; pendant tout cela le travail de la tranchée fait son chemin de l’une à l’autre, jusqu’à la troisieme.

Les propriétés de la seconde ligne sont les mêmes que celles de la premiere ; il n’y a point d’autre différence, si ce n’est qu’elle approche plus près de la place à 120, 140, ou 145 toises, un peu plus ou un peu moins, au-delà de la seconde ligne ; on établit la troisieme, plus courte & moins circulaire que les deux premieres, ce que l’on fait pour approcher du chemin couvert, autant que l’on peut, & éviter les enfilades qui sont là fort dangereuses.

De sorte que si la premiere ligne est à 300 toises des angles les plus près du chemin couvert, la seconde n’en est plus qu’à 160, & la troisieme à 15 ou 20 toises seulement ; ce qui qui suffit à l’aide des demi-places d’armes, pour soutenir toutes les tranchées que l’on pousse en avant, quand les batteries ont tellement pris l’ascendant sur les ouvrages de la place, que le feu est éteint ou si fort affoibli, qu’on peut impunément le mépriser.

Mais si la garnison est forte & entreprenante, & que les batteries à ricochets ne puissent être employées, il faut s’approcher jusqu’à la portée de la grenade, c’est-à-dire à 13 ou 14 toises près des angles saillans : comme les sorties sont bien plus dangereuses de près que de loin, il faut aussi plus perfectionner cette ligne que les deux autres, lui donner plus de largeur, & la mettre en état de faire un grand feu, & qu’on puisse passer par-dessus en poussant les sacs à terre, ou les rouleaux de fascines devant soi ; ce qui se fait en lui donnant un grand talud intérieur avec plusieurs banquettes depuis le pié jusqu’au haut du talud.

C’est sur le revers de cette derniere ligne, qu’il faut faire amas d’outils, de sacs à terre, picquets, gabions & fascines, fort abondamment, pour fournir au logement du chemin couvert, & les ranger en tas séparés, près des débouchemens, avant que de rien entreprendre sur le chemin couvert ; sur quoi il y a une chose bien sérieuse à remarquer, c’est que comme les places de guerre sont presque toutes irrégulieres, & différemment situées, il s’en trouve sur les hauteurs où le ricochet ayant peu de prise, ne pourroit pas dominer avec assez d’avantage, soit parce que les angles des chemins couverts en sont trop élevés, & qu’on ne trouve pas de situation propre à placer ces batteries : telle est par exemple la tête de terra nova au château de Namur ; telle étoit celle du fort Saint-Pierre à Fribourg en Briscau : tel est encore le fort de Saint-André de Salins, la citadelle de Perpignan, celle de Bayonne, celle de Montmidi, quelques têtes de Philisbourg, & plusieurs autres de pareille nature.

Il y a encore celles où les situations qui pourroient convenir aux ricochets, sont ou des marais, ou des lieux coupés de rivieres qui empêchent l’emplacement des batteries, & celles enfin où les glacis élevés par leur situation, sont si roides qu’on ne peut plonger le chemin couvert, par les logemens élevés en cavaliers, qu’on peut faire vers le milieu du glacis. Lorsque cela se rencontrera, on pourra être obligé d’attaquer le chemin couvert de vive force ; en ce cas il faudra approcher la troisieme ligne à la portée de la grenade, comme il a été dit, ou bien en faire une quatrieme, afin de n’avoir pas une longue marche à faire pour joindre l’ennemi, & toujours la faire large & spatieuse, afin qu’on y puisse manœuvrer aisément, & qu’elle puisse contenir beaucoup de monde, & une grande quantité de matériaux sur ses revers.

Cette ligne achevée, on y fera entrer le gros de la garde, ou les gens commandés, & l’on placera la réserve dans la deuxieme ligne. La premiere ligne demeurera vuide, & ne servira plus que de couvert au petit parc, à l’hôpital de la tranchée, qu’on fait avancer jusqu’aux fascines de provision que la cavalerie décharge dans les commencemens le long de ses bords ; & quand il s’agit de troupes extraordinaires, de la garde ou des travailleurs, ce qui n’arrive que quand on veut attaquer le chemin couvert, ou que quelques autres pieces considérables des dehors, on les y peut mettre en attendant qu’on les emploie.

Au surplus, si le travail de la premiere & seconde nuit de tranchée peut se poser à découvert, celui des deux premieres places d’armes pourra se poser de même, parce qu’on est assez loin de la place, pour que le feu n’en soit pas encore fort dangereux ; & ce n’est guere que depuis la deuxieme ligne qu’on commence à marcher à la sape ; mais pour ne point perdre de tems, & pouvoir avancer de jour & de nuit, on peut employer la sape à l’exécution de la deuxieme.

Outre les propriétés que la troisieme ligne a communes avec les deux premieres, elle a encore celle de contenir les soldats commandés qui doivent attaquer, & tous les matériaux nécessaires sur ces revers.

C’est enfin là où on délibere & résoud l’attaque du chemin couvert, où l’on fait les dispositions, où l’on regle les troupes qui doivent attaquer, & d’où l’on part pour l’insulte du chemin couvert.

Il faut observer que c’est de la seconde ligne qu’on doit ouvrir une tranchée contre la demi-lune C, Pl. XV de Fortification, fig. 2, qui se conduit comme les autres, c’est-à-dire à la sappe & le long de sa capitale prolongée ; & quand les trois têtes de tranchées seront parvenues à la distance demandée pour l’établissement de la troisieme ligne, on y pourra employer six sappes en même tems, savoir deux à chacune, qui prenant les unes à la droite & les autres à la gauche, se seront bientôt jointes ; & comme les parties plus voisines de la tranchée se perfectionnent les premieres, on y pourra faire entrer le détachement à mesure qu’elles s’avançent, & on les fortifiera plus ou moins, selon que les sorties seront plus ou moins à appréhender.

Les propriétés des trois lignes paralleles sont,

1°. De lier & de communiquer les attaques les unes aux autres, par tous les endroits où il est besoin.

2°. C’est sur leurs revers que se font tous les amas de matériaux.

3°. Elles dégagent les tranchées & les débarrassent des troupes, laissant le chemin libre aux allans & venans.

4°. C’est dans ces lignes que se rangent les détachemens commandés pour les attaques, & que se reglent toutes les dispositions quand on veut entreprendre quelque chose de considérable, soit de vive force ou autrement.

5°. Elles ont enfin pour propriété singuliere & très-estimable d’empêcher les sorties, ou du-moins de les rendre inutiles, & de mettre en état de ne point manquer le chemin couvert. Attaque des places par M. le maréchal de Vauban. Voyez ces différentes lignes, Pl. XV. de Fortification, fig. 2.

Ligne magistrale, (Art milit.) c’est, dans la fortification, la principale ligne du plan : c’est elle qui se trace d’abord, & de laquelle on compte la largeur du parapet, du terre-plain, du rempart, du talud, &c.

Lignes de communication, (Art milit.) en terme de guerre, ou simplement Lignes, sont des fossés de six ou sept piés de profondeur, & de douze de largeur, qu’on fait d’un ouvrage ou d’un fort à un autre, afin de pouvoir aller de l’un à l’autre sûrement, particulierement dans un siége. Voyez Communication.

Les Lignes de communication sont encore les parties de l’enceinte d’une place de guerre qui a une citadelle, qui joignent la ville à la citadelle. Voyez Citadelle.

Ligne de troupe, c’est une suite de bataillons & d’escadrons placés à côté les uns des autres sur la même ligne droite, & faisant face du même côté. Voyez Ordre de bataille & Armée.

Parmi les lignes de troupes il y en a de pleines, & d’autres qui sont tant pleines que vuides. Les premieres sont celles qui n’ont point d’intervalle entre les bataillons & les escadrons, & les autres sont celles qui en ont. Voyez Armée.

Lorsque les troupes sont en ligne, on dit qu’elles sont en ordre de bataille ou simplement en bataille. Ainsi mettre des troupes en ligne, c’est les mettre en bataille.

Ligne de moindre résistance, (Art milit.) c’est dans l’artillerie celle qui, partant du centre du fourneau ou de la chambre de la mine, va rencontrer perpendiculairement la superficie extérieure la plus prochaine. On l’appelle ligne de moindre résistance, parce que comme elle exprime la plus courte distance du fourneau à la partie extérieure des terres dans lesquelles il est placé, elle offre la moindre opposition à l’effort de la poudre, ce qui la détermine à agir selon cette ligne. Voyez Mine.

Ligne de défense, en terme de fortification, c’est une ligne que l’on imagine tirée de l’angle du flanc à l’angle flanqué du bastion opposé.

Il y a deux sortes de lignes de défense, savoir la razante & la fichante.

La ligne de défense est razante lorsqu’elle suit le prolongement de la face du bastion, comme la ligne CF, Planche premiere de fortification, fig. premiere ; elle est fichante lorsque ce même prolongement donne sur la courtine : alors la partie de la courtine comprise entre cette ligne & l’angle du flanc, se nomme second flanc. Voyez Feu de courtine.

Le nom de ligne de défense razante lui vient de ce que le soldat placé à l’angle du flanc, peut razer, avec la balle de son fusil, toute la longueur de la face du bastion opposé ; & le nom de fichante, de ce que la face du bastion donnant sur la courtine, le soldat de l’angle du flanc alignant son fusil sur la face du bastion opposé, sa balle entre dans le bastion, se trouvant ainsi tirée dans une direction qui concourt avec cette face.

La ligne de défense exprime la distance qu’il doit y avoir entre le flanc & la partie la plus éloignée du bastion qu’il doit défendre. C’est pourquoi il s’agit de déterminer, 1°. quelle est cette partie ; 2°. avec quelles armes on doit la défendre ; & 3°. quelle est la portée de ces armes, & par conséquent la longueur de la ligne de défense.

On regle la longueur de la ligne de défense par la distance du flanc aux parties du bastion opposé qui en sont les plus éloignées, & qui ne peuvent pas être défendues par ce bastion : ces parties sont de deux sortes ;

1°. Celles qui sont absolument les plus éloignées, comme la contrescarpe vis-à-vis la pointe du bastion : cette partie étant vûe de deux flancs, & vis-à-vis de de l’angle flanqué où le passage du fossé ne se fait point pour l’ordinaire, il en résulte qu’elle n’est pas celle qui a le plus besoin de défense.

2°. Celles qui sont les plus nécessaires à défendre sont, par exemple, la moitié ou les deux tiers de la face du bastion, parce que c’est-là que l’ennemi attache le mineur & qu’il cherche à faire breche. Ainsi en prenant pour la longueur de la ligne de défense la distance de l’angle du flanc à la moitié ou aux deux tiers de la face du bastion opposé, & réglant cette distance sur la moyenne portée des armes avec lesquelles on veut défendre ou flanquer toutes les parties de l’enceinte de la place, il s’ensuit que le flanc défendra la partie la plus essentielle, c’est-à-dire l’endroit de la face du bastion où l’ennemi doit s’attacher pour faire breche, & qu’il défendra aussi la contrescarpe vis-à-vis l’angle flanqué, parce que la grande portée des armes en usage pourra parvenir jusqu’à cette contrescarpe, qui n’est pas fort éloignée de l’angle flanqué.

Pour la défense de toutes les parties de la fortification, on se sert du fusil & du canon. Ainsi la ligne de défense doit être de la longueur de la moyenne portée de celle de ces deux armes qu’on juge la plus avantageuse.

Il y a eu autrefois une grande diversité de sentiment à ce sujet entres les Ingénieurs ; les uns vouloient que la ligne de défense fût réglée sur la portée du canon, parce que par-là on éloignoit davantage les bastions les uns des autres, ce qui diminuoit la dépense de la fortification ; les autres prétendoient que cette ligne fût déterminée par la portée du mousquet (qui est à-peu-près la même que celle du fusil dont on se sert genéralement aujourd’hui à la place de mousquet). Ils alléguoient pour cela que les coups du canon sont fort incertains ; que lorsqu’il vient à être démonté, on ne peut le rétablir sans perdre bien du tems, ce qui rend le flanc inutile pendant cet intervalle. Cette question a été décidée en faveur de ces derniers, avec d’autant plus de raison, que la défense du fusil n’exclud point celle du canon, ce qui n’est point réciproque à l’égard du canon. D’ailleurs, comme le dit le chevalier de Ville, il faut, lorsque l’on fortifie une place, fermer les yeux & ouvrir la bourse. La ligne de défense étant ainsi fixée à la portée du fusil, il a fallu apprendre de l’expérience quelle est cette portée : on l’a trouvée de 120, 140, & même de 150 toises pour les fusils en usage dans les places. Il s’ensuit donc que sa longueur est déterminée depuis 120 jusqu’à 150 toises, mais non au-delà.

Il se trouve cependant quelques fronts de places où la ligne de défense est plus longue, mais ces fronts ne sont pas alors fort exposés ; ils se trouvent le long des rivieres ou vis-à-vis des endroits dont l’accès n’est pas facile. Dans ce cas la ligne de défense peut excéder sa longueur ordinaire sans inconvénient. D’ailleurs cette longueur se trouve encore raccourcie ou diminuée par la tenaille qui est vis-à-vis la courtine, & qui corrige une partie de ce qu’elle peut avoir de défectueux : je dis une partie, parce que la défense de la tenaille étant fort oblique, n’équivaut jamais à celle du flanc, qui est bien plus direct. Voyez Défense.

Lorsqu’il se trouve des fronts de places où la ligne de défense excede la portée du fusil, on doit corriger cet inconvénient en construisant des flancs bas en espece de fausse braie vis-à-vis les flancs. (Q)

Lignes, (Art milit.) c’est ainsi qu’on appelle, dans la fortification passagere & dans la guerre des siéges, des retranchemens fort étendus, dont l’objet est de fermer l’entrée d’un pays à l’ennemi, & de couvrir les troupes qui font un siége contre les attaques extérieures, & contre les entreprises des assiégés. Ces dernieres lignes sont appellées lignes de circonvallation & de contrevallation. Voyez Circonvallation & Contrevallation.

Toutes les lignes sont formées d’un fossé & d’un parapet avec sa banquette : elles sont flanquées par des redans ou par des bastions ; elles ont aussi quelquefois des dehors & un avant-fossé : ces dehors sont ordinairement des demi-lunes & des redoutes.

Ces lignes de circonvallation & de contrevallation sont de la plus haute antiquité ; il n’en est pas de même de celles qui ont pour objet de couvrir un pays ou une province pour empêcher l’ennemi d’y pénétrer : l’usage, selon M. de Feuquiere, ne s’en est introduit que sous le regne de Louis XIV. Ceux qui l’ont proposé ont cru pouvoir garantir par-là un pays des contributions, donner la facilité aux partis de faire des courses chez l’ennemi, & assurer la communication d’une place à une autre, sans qu’il soit besoin d’y employer des escortes. Le célebre auteur que nous venons de citer, trouve avec raison qu’il n’est point aisé de faire des lignes qui remplissent ces trois objets. « L’expérience, dit-il, ne nous a que trop convaincus que les lignes n’empêcheront point le pays de contribuer, puisqu’il ne faut, pour établir la contribution, qu’avoir trouvé une seule fois l’occasion de forcer cette ligne pendant le cours d’une guerre, pour que la contribution soit établie ; après quoi, quand même les troupes qui ont forcé les lignes auroient été obligées de se retirer promptement, la contribution se trouve avoir été demandée ; & dans un traité de paix, pour peu que le traité se fasse avec égalité, il faut tenir compte des sommes imposées, quoique non levées : en sorte qu’elles entrent en compensation avec celles qui au tems du traité se trouvent dûes par le pays ennemi. Ainsi les lignes ne sont d’aucune utilité pour garantir de la contribution.

La seconde raison, qui est celle d’établir des contributions dans le pays ennemi, n’est pas bonne, parce que ce ne sont pas les partis qui sortent des lignes qui l’établissent, mais ceux qui sortent des places ».

A l’égard des communications, si l’on considere ce que coûte la construction, l’entretien des lignes & la quantité de troupes qu’il faut pour les garder, on trouvera qu’il y a plus d’avantage à faire escorter les convois & à employer les troupes à la garde des places.

Les lignes faites pour la défense d’une longue étendue de pays, ont aussi beaucoup d’inconvéniens : il faut une grande quantité de troupes pour les garder ; & comme l’ennemi peut les attaquer par telle partie qu’il juge à propos, il est difficile de réunir assez de force dans le même lieu pour lui resister. Si l’on se trouve d’ailleurs en état de sortir sur l’ennemi, on ne peut le faire qu’en défilant & avec une grande perte de tems.

Le seul cas où les lignes peuvent être d’une bonne défense, c’est lorsqu’elles ont peu d’étendue, & qu’elles ferment néanmoins l’entrée d’un grand pays à l’ennemi, qu’elles sont soutenues par des places ou par des especes de camps retranchés de distance en distance, de maniere qu’ils peuvent se secourir les uns & les autres, & qu’on puisse réunir ensemble assez de troupes pour battre l’ennemi qui auroit percé dans quelqu’étendue de la ligne. Ce n’est que par des postes particuliers fortifiés dans l’intérieur de la ligne, que l’on peut parvenir à la soutenir contre les attaques de l’ennemi : c’est aussi ce que l’on doit faire dans les lignes de circonvallation, si l’on veut se mettre en état d’en chasser l’ennemi lorsqu’il a pu y pénétrer. Les princes d’Orange ne manquoient pas, à l’imitation des anciens, de suivre cette méthode ; non-seulement leurs lignes étoient exactement fortifiées, mais les différens quartiers des troupes dans les lignes l’étoient également. Il en étoit alors à-peu-près de l’ennemi qui avoit pénétré dans la ligne, comme il en seroit d’un assiégeant qui, ayant forcé les troupes qui défendent la breche d’un ouvrage, y trouveroit des retranchemens qui contiendroient de nouvelles troupes contre lesquelles il faudroit soutenir une nouvelle attaque, & qui pourroient, en tombant vigoureusement sur lui, profiter du désordre des siennes pour les chasser entierement de l’ouvrage.

Si des lignes sont fort étendues, ce que l’on peut faire de mieux lorsque l’ennemi vient pour les attaquer, c’est de réunir les troupes ensemble, de leur faire occuper un poste avantageux vers le centre, où l’on puisse combattre avec quelque espérance de succès. Si l’on se trouve trop foible pour oser risquer le combat, l’on doit abandonner les lignes & se retirer en arriere dans les lieux les plus favorables à la défense d’un petit nombre contre un grand.

M. de Feuquiere, après avoir exposé le peu d’avantage qu’on avoit tiré des lignes construites de son tems, conclud de-là « que ces lignes ne peuvent trouver de considération que dans l’esprit d’un général borné qui ne sait pas se tenir près de son ennemi en sûreté par la situation & la bonté d’un poste qu’il se sera choisi pour contenir son ennemi sans être forcé de combattre malgré lui, & qui se croit toujours commis dès qu’il ne voit point de terre remuée entre son ennemi & lui ». Cet illustre auteur observe que M. le Prince & M. de Turenne n’ont jamais eu besoin de lignes pour se soutenir pendant des campagnes entieres à portée des armées ennemies, quelque supériorité que ces armées eussent sur les leurs ; qu’ils les ont empêché de pénétrer dans le pays, en se présentant toujours de près à leur ennemi, & cela par le choix seul des postes qu’ils ont su prendre. M. le maréchal de Créquy en a usé de même dans des campagnes difficiles contre M. le duc de Lorraine. M. le maréchal de Luxembourg, contre le sentiment duquel l’usage des lignes s’est établi en France, a toujours été persuadé que cet usage étoit pernicieux à un général qui sait la guerre ; & il n’a jamais voulu, quelque commodité qui pût en résulter, que son armée campât dans le dedans des lignes. (Q)

Ligne blanche, linea alba, (Anatomie.) est une espece de bande qui est formée du concours des tendons des muscles obliques & du transverse, & qui partage l’abdomen en deux par le milieu. Voyez Abdomen.

Elle est appellée ligne, parce qu’elle est droite, & blanche, à cause de sa couleur.

La ligne blanche reçoit un rameau de nerf de l’intercostal dans chacune de ses digitations ou dentelures, qui sont visibles à l’œil, sur-tout dans les personnes maigres.

On donne aussi ce nom à une espece de ligne qui se remarque le long de la partie moyenne & postérieure du pharinx. Voyez Pharinx.

Ligne de Marcation, (Hist. mod.) ou ligne de division, de partition, établie par les papes pour le partage des Indes entre les Portugais & les Espagnols ; l’invention de cette ligne fictice est trop plaisante pour ne la pas transcrire ici d’après l’auteur de l’Essai sur l’hist. générale.

Les Portugais dans le xv. siecle demanderent aux papes la possession de tout ce qu’ils découvriroient dans leurs navigations ; la coutume subsistoit de demander des royaumes au saint siege, depuis que Grégoire VII. s’étoit mis en possession de les donner. On croyoit par-là s’assurer contre une usurpation étrangere, & intéresser la religion à ces nouveaux établissemens. Plusieurs pontifes confirmerent donc au Portugal les droits qu’il avoit acquis, & qu’un pontife ne pouvoit lui ôter.

Lorsque les Espagnols commencerent à s’établir dans l’Amérique, le pape Alexandre VI, en 1493, divisa les deux nouveaux mondes, l’américain & l’asiatique, en deux parties. Tout ce qui étoit à l’orient des îles Açores, devoit appartenir au Portugal ; tout ce qui étoit à l’occident, fut donné par le saint siege à l’Espagne. On traça une ligne sur le globe qui marqua les limites de ces droits réciproques, & qu’on appella la ligne de marcation, ou la ligne alexandrine ; mais le voyage de Magellan dérangea cette ligne. Les îles Marianes, les Philippines, les Molucques, se trouvoient à l’orient des découvertes portugaises. Il falut donc tracer une autre ligne, qu’on nomme la ligne de démarcation ; il n’en coûtoit rien à la cour de Rome de marquer & de démarquer.

Toutes ces lignes furent encore dérangées, lorsque les Portugais aborderent au Brésil. Elles ne furent pas plus respectées par les Hollandois qui débarquerent aux Indes orientales, par les François & par les Anglois qui s’établirent ensuite dans l’Amérique septentrionale. Il est vrai qu’ils n’ont fait que glaner après les riches moissons des Espagnols ; mais enfin ils y ont eu des établissemens considérables, & ils en ont encore aujourd’hui.

Le funeste effet de toutes ces découvertes & de ces transplantations, a été que nos nations commerçantes se sont fait la guerre en Amérique & en Asie, toutes les fois qu’elles se la sont faites en Europe ; & elles ont réciproquement détruit leurs colonies naissantes. Les premiers voyages ont eu pour objet d’unir toutes les nations. Les derniers ont été entrepris pour nous détruire au bout du monde ; & si l’esprit qui regne dans les conseils des puissances maritimes continue, il n’est pas douteux qu’on doit parvenir au succès de ce projet, dont les peuples de l’Europe payeront la triste dépense. (D. J.)

Ligne, (Jurisprud.) se prend pour un certain ordre, dans lequel des personnes se trouvent disposées de suite, relativement à la parenté ou affinité qui est entre elles. On distingue plusieurs sortes de lignes.

Ligne ascendante, est celle qui comprend les ascendans, soit en directe, comme le fils, le pere, l’ayeul, bisayeul, & toujours en remontant ; ou en collatérale, comme le neveu, l’oncle le grand-oncle, &c.

Ligne collaterale, est celle qui comprend les parens, lesquels ne descendent pas les uns des autres, mais qui sont joints à latere, comme les freres & sœurs, les cousins & cousines, les oncles, neveux & nieces ; & la ligne collatérale est ascendante ou descendante. Voyez Ligne ascendante, & Ligne descendante.

Ligne defaillante ou eteinte, est lorsqu’il ne se trouve plus de parens de la ligne dont procede un héritage.

Dans ce cas les coutumes de Bourbonnois, Anjou, Maine & Normandie, font succéder le seigneur à l’exclusion des parens d’une autre ligne. Mais la coutume de Paris, art. 30, & la plûpart des autres coutumes font succéder une ligne au défaut de l’autre par préférence au seigneur.

Ligne descendante, est celle où l’on considere les parens en descendant, comme en directe le pere, le fils, le petit-fils, &c. & en collatérale, l’oncle, le neveu, le petit-neveu, &c.

Ligne directe, est celle qui comprend les parens ou alliés qui sont joints ensemble en droite ligne, & qui descendent les uns des autres, comme le trisayeul, le bisayeul, l’ayeul, le pere, le fils, le petit-fils, &c.

La ligne directe, est ascendante ou descendante ; c’est-à-dire, qu’on considere la ligne directe en remontant ou descendant ; en remontant, c’est le fils, le pere, l’ayeul ; en descendant, c’est tout le contraire, l’ayoul, le pere, le fils, &c.

Ligne égale, c’est lorsque deux parens collatéraux sont éloignés chacun d’un même nombre de degrés de la souche commune. Voyez Ligne inégale.

Ligne éteinte, Voyez Ligne défaillante.

Ligne franche, dans la coutume de Sens, art. 30, s’entend de la ligne de celui des conjoints qui étoit légitime.

Ligne inégale, c’est lorsque des deux parens collatéraux l’un est plus éloigné que l’autre de la souche commune, comme l’oncle & le neveu, le cousin-germain & le cousin issu de germain.

Ligne maternelle, est le côté des parens maternels.

Ligne paternelle, est le côté de parens paternels.

Ligne transversale, est la même chose que ligne collatérale.

Ligne, (Marine), mettre en ligne. C’est la disposition d’une armée navale sur la même ligne le jour du combat. L’avant-garde, le corps de bataille & l’arriere-garde se mettent sur une seule ligne pour faire face à l’ennemi, & ne point s’embarrasser les uns des autres pour envoyer leurs bordées.

Lorsqu’il s’agit d’évolutions navales, on dit garder sa ligne, venir à sa ligne, marcher en ligne, &c.

Ligne, (Marine), vaisseau de ligne, se dit d’un vaisseau de guerre, assez fort pour se mettre en ligne un jour de combat.

Ligne du fort, (Mar.) en parlant d’un vaisseau, se dit de l’endroit où il est le plus gros.

Ligne de l’eau, (Mar.) ; c’est l’endroit du bordage jusqu’où l’eau monte, quand le bâtiment a sa charge & qu’il flote.

Ligne, (Mar.) ; c’est un petit cordage. Les lignes, soit pour sonder ou pour plusieurs autres usages, sont ordinairement de trois cordons, & trois à quatre fils à chaque cordon.

Lignes d’amarrage, (Mar.), ce sont les cordes qui servent à lier & attacher le cable dans l’arganeau, & qui renforcent & assurent les hausieres & les manœuvres.

Lignes ou équillettes, (Mar.) ; elles servent à lasser les bonnettes aux grandes voiles.

Lignes de sonde, (Mar.) Voyez Sonde.

Ligne de compte, terme de commerce & de teneur de livres : il signifie quelquefois chaque article qui compose un registre ou un compte. On dit en ce sens, j’ai mis cette somme en ligne de compte, pour dire, j’en ai chargé mon registre, mon compte. Quelquefois on ne l’entend que de la derniere ligne de chaque article ; dans ce sens on dit tirer en ligne des sommes, c’est-à-dire, les mettre vis-à-vis de la derniere ligne de chaque article, dans les différens espaces marqués pour les livres, sols & deniers.

Tirer hors de ligne ou hors ligne : c’est mettre les sommes en marge des articles, devant & proche la derniere ligne. Voyez Livres & Registres. Dict. de commerce.

Lignes, (Musique), sont ces traits horisontaux & paralleles qui composent la portée, & sur lesquels, ou dans les espaces qui les séparent, on place les différentes notes selon leurs degrés. La portée du plein-chant n’est composée que de quatre lignes ; mais en musique, elle en a cinq stables & continuelles, outre les lignes accidentelles qu’on ajoute de tems-en-tems, au-dessus ou au-dessous de la portée, pour les notes qui passent son étendue. Voyez Portée. (S)

Ligne à plomb, (Architect.) se dit en terme d’ouvrier, d’une ligne perpendiculaire, il l’appelle ainsi, parce qu’il la trace ordinairement par le moyen d’un plomb. Voyez Plomb.

Les mâçons & limosins appellent lignes, une petite cordelette ou ficelle, dont ils se servent pour élever les murs droits, à plomb, & de même épaisseur dans leur longueur.

Ligne, (être en), en fait d’escrime ; on est en ligne, lorsqu’on est diamétralement opposé à l’ennemi, & lorsque la pointe de votre épée est vis-à-vis son estomac.

Ainsi l’on dit vous êtes hors la ligne, votre épée est hors la ligne, pour faire sentir qu’on est déplacé.

Ligne, en terme d’Imprimerie, est une rangée ou suite de caracteres, renfermée dans l’étendue que donne la justification prise avec le composteur : la page d’impression est composée d’un nombre de lignes qui doivent être bien justifiées, & les mots espacés également.

Ligne de la done, en terme de Manege, est la ligne circulaire ou ovale que le cheval suit en travaillant autour d’un pilier ou d’un centre imaginaire.

Ligne du banquet, (Maréch.) c’est celle que les éperonniers s’imaginent en forgeant un mors, pour déterminer la force ou la foiblesse qu’ils veulent donner à la branche, pour la rendre hardie ou flasque.

Ligne, (Pêche), instrument de pêche, composé d’une forte baguette, d’un cordon & d’un hameçon qu’on amorce, pour prendre du poisson médiocre : cet hameçon est attaché au cordon, qui pend au bout de la baguette ; mais la matiere du cordon, son tissu & sa couleur, ne sont pas indifférentes.

Les cordons de fil valent moins que ceux de soie, & ceux-ci moins que ceux de crin de cheval ; les uns & les autres veulent être d’une seule matiere, c’est-à-dire, qu’il ne faut point mêler ensemble le fil & la soie, ou la soie & le crin.

Les crins de cheval doivent être ronds & tortillés, de même grosseur & grandeur, autant qu’il est possible ; on les trempe une heure dans l’eau après les avoir cordonnés, pour les empêcher de se froncer ; ensuite on les retord également, ce qui les renforce beaucoup, pourvû qu’on ne les serre point en les tordant.

Les meilleures couleurs dont on puisse teindre les cordons d’une ligne, sont le blanc ou le gris, pour pêcher dans les eaux claires, & le verd-d’oseille, pour pêcher dans les eaux bourbeuses ; mais le verd d’eau pâle seroit encore préférable.

Pour avoir cette derniere couleur, on fera bouillir dans une pinte d’eau d’alun, une poignée de fleurs de souci, dont on ôtera l’écume qui s’éleve dessus dans le bouillonnement ; ensuite on mettra dans la liqueur écumée, demi-livre de verd de gris en poudre, qu’on fera bouillir quelque tems. Enfin, on jettera un ou plusieurs cordons de ligne dans cette liqueur, & on les y laissera tremper dix ou douze heures, ils prendront un verd d’eau bleuâtre qui ne se déteindra point. (D. J.)

Ligne, (Pêche de mer.) ce sont des cordes, à l’extrémité desquelles sont ajustés des ains ou hameçons garnis d’appât qui attirent le poisson. Voyez Hameçon.

Les lignes consistent en une corde menue & forte, sur laquelle de distance en distance sont frappés des piles ou ficelles de huit piés de long qui portent l’ain à leur extrémité ; à un pié de distance de l’ain est fixé un petit morceau de liege, que le pêcheur nomme corsiron ou cochon. C’est le corsiron qui fait flotter l’ain. Toutes les cordes, tant grosses que petites, sont aussi garnies de liege, soit qu’il faille pêcher à la côte ou à la mer. Voyez Libourne.

De la pêche à la ligne à pié sur les roches. Ceux qui font cette pêche, prennent une perche légere de dix à douze piés de long, au bout de laquelle est frappée une ligne un peu forte, longue d’environ une brasse & demie. A deux piés environ de l’ain est frappé un plomb, pour faire caler bas l’hameçon garni d’appâts différens, selon les saisons. Le pêcheur se plante debout sur la pointe de la roche. Il y place sa perche, de maniere que cette pointe fasse fonction de point d’appui, & sa perche levier, & qu’il puisse la lever promptement, lorsqu’il arrive que le poisson mord à l’appât. Il ne faut pas que le vent pousse trop à la cale. Le tems favorable ce sont les mois d’Octobre & de Novembre. On prend ainsi des congres, des merlus, des colins & des urats ou carpes de mer, tous poissons de roche.

Des lignes au doigt, ou qu’on tient à la main, pour mieux sentir que le poisson a pris l’appât : elles ne different des autres qu’en ce qu’elles n’ont que deux ains ; & elles ont, comme le libourne, un plomb qui les fait caler.

Les pêcheurs & riverains de Plough ou Molin, dans le ressort de l’amirauté de Vannes, se servent de lignes différemment montées, & ont leur manœuvre. Ils sont deux à trois hommes au plus d’équipage dans leurs petits bateaux, qu’ils nomment fortans. Chaque pêcheur a une ligne de dix à douze brasses de long au plus. Le bout qui joint la pile ou l’avancart, est garni de plommées à environ deux brasses de long, pour faire jouer la ligne sur le fond avec plus de facilité. L’hameçon est garni de chair de poisson, ou d’un morceau de leur peau, pris sur le dos, & coupé en long en forme de sardine. Le pêcheur qui est debout dans le fortan, traîne & agite continuellement sa ligne qu’il tient à la main. Le bateau est à la voile. L’appât est entraîné avec rapidité ; & le poisson qui le suit, le gobe d’autant plus avidement.

Plus il fait de vent, plus les pêcheurs chargent le bas de leur ligne de plommée, afin que la traîne en soit moins précipitée. On ne pêche de cette maniere que les poissons blancs, comme bart, loubines, mulets, rougets, morues, maquereaux, &c.

De la pêche du maquereau à la ligne, à la perche, à la mer & au large des côtes. Il y a à saint Jacut onze petits bateaux pêcheurs du port au plus de cinq ou six tonneaux, montés ordinairement de huit, neuf, à dix hommes d’équipage, qui font en mer la pêche avec les folles, les demi-folles, ou roussetieres, les cordes grosses & moyennes, & la pêche de la ligne au doigt pour le maquereau, & de la ligne à la perche. Leurs bateaux ont deux mâts ; chaque mât une voile. Ils s’éloignent quelquefois en mer de dix, douze à quinze lieues. Quand ils sont au lieu de la pêche, chacun prend sa ligne qui a sept à huit piés de long, & pêche les uns à bas bord, les autres à stribord. Le bateau a amené ses deux voiles, & dérive à la marée.

Cette pêche du maquereau dure environ cinq à six semaines. Elle commence à la saint Jean, & finit au commencement d’Août. Chaque équipage prend par jour favorable jusqu’à cinq à six mille maquereaux. Les uns se servent de la perche, d’autres de la ligne au doigt ; mais le plomb de celle-ci n’est environ que d’une demi-once.

Comme la manœuvre de cette seconde maniere est moins embarrassante que celle à la perche, les pêcheurs quittent de jour en jour leur perche pour se servir de la ligne au doigt.

Ces pêcheurs affarent ou bortent le maquereau avec des sauterelles ou puces de mer, que leurs femmes, filles, veuves & enfans pêchent de marée à autre, pour en fournir les équipages des bateaux. Ils substituent à cet appât de petits morceaux de maquereaux qu’ils levent vers la queue.

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Étymologie de « ligne »

Picard, line ; Berry, légne, ligne à pêcher ; provenç. linha, ligna ; esp. et ital. linea ; du lat. linea, de linum, lin : proprement un fil de lin (Varron, De re rustica, I, 23, 6, donne à linea le sens de fil, ficelle).

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Du latin linea.
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Phonétique du mot « ligne »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ligne liɲ

Citations contenant le mot « ligne »

  • La vérité est une ligne tracée entre les erreurs. De Franz Anton Mesmer
  • Le plus court chemin est la ligne droite. De Proverbe français
  • La courbe ne peut inclure la ligne droite. De Koan zen
  • Poème : texte où chaque ligne commence par une majuscule. De Jean-Charles / La foire aux cancres
  • Avec l’avion, nous avons appris la ligne droite. De Antoine de Saint-Exupéry / Terre des hommes
  • Devient gaga, celui qui trace sa trajectoire en ligne droite. De Clément Pansaers / Ca ira - Mars 1921
  • La ligne droite c'est le bras détendu pour frapper. La ligne courbe, c'est le bras replié pour aimer. De Germaine Beaumont / Si je devais...
  • Chaque ligne d'écriture est un fil tendu entre la vie et la mort. De Jean-Marie Laclavetine / Première Ligne
  • La prose doit être un vers qui ne va pas à la ligne. De Jules Renard
  • Dieu pêche les âmes à la ligne, Satan les pêche au filet. De Alexandre Dumas
  • La courbe est la ligne géométrique de la beauté et du bonheur. De Joséphin Péladan
  • L’art, c’est comme la moralité, ça consiste à tracer une ligne quelque part. De Gilbert Keith Chesterton
  • Je chemine toujours le long d'une ligne droite ; naturellement, quelquefois je change de ligne droite. Armand Salacrou, Histoire de rire, Gallimard
  • Le dégoût sans borne de la couleur pour la ligne droite est un mystère. Isaac Félix, dit André Suarès, Le Voyage du condottiere, Émile-Paul
  • Pas un jour sans une ligne. Pline, l'Ancien, en latin Caius Plinius Secundus, Histoire naturelle, 35-36
  • Il n'est pas vrai que la ligne droite soit toujours le plus court chemin. Gotthold Ephraim Lessing, Éducation du genre humain Erziehung des Menschengeschlechts
  • Je suis toujours la ligne droite, mais je change parfois de ligne droite. De Armand Salacrou / Histoire de rire
  • La ligne courbe est la ligne la plus jolie d’un point à un autre. De Mae West
  • Les pilotes de ligne déposent un préavis de travail. De Les Nuls
  • "Les Français doivent comprendre que rien n'est gagné", poursuit-il. "La France peut rester sur cette ligne de crête, certes avec difficultés, en utilisant beaucoup de tests, en maîtrisant les clusters. Au contraire, on peut basculer dans un scénario espagnol avec des reconfinements". BFMTV, "On est sur une ligne de crête": le président du conseil scientifique alerte sur des "chiffres inquiétants"
  • Le spécialiste norvégien des annonces en ligne Adevinta, maison mère de Le Bon Coin, a annoncé mardi le rachat des actifs du géant américain eBay dans ce domaine pour près de 9,2 milliards de dollars (8,0 milliards d'euros) en numéraire et en actions. Selon les termes de l'accord pour prendre le contrôle d'eBay Classified Groups, qui inclut notamment les sites Gumtree et Kijiji, Adevinta va verser à eBay 2,5 milliards de dollars en numéraire et 540 millions d'actions correspondant à 44 % du capital, indique l'entreprise norvégienne, contrôlée par le groupe Schibsted, dans un communiqué. En revanche, les droits de vote d'eBay seront plafonnés à 33,3 %, via certaines actions sans droit de vote, précise Adevinta. La transaction doit être bouclée d'ici au premier trimestre 2021. Le Point, Annonces en ligne : la maison mère de Le Bon Coin rachète les actifs d'eBay - Le Point
  • Jusqu'au mardi 11 août, le site de Boulanger affiche des remises très intéressantes sur toutes les familles de produits proposées au sein de son catalogue. La raison : les soldes d'été! Cette période est propice aux bonnes affaires, et Boulanger ne laisse rien au hasard pour attirer un maximum de clients sur sa plateforme de ventes en ligne. Bien évidemment, Boulanger dispose également de magasins physiques et si vous ne désirez pas vous y rendre pour faire vos achats, vous pouvez tout de même aller y chercher vos commandes passées en ligne pour en disposer rapidement. Boulanger affiche des dizaines de milliers de produits sur sa plateforme de e-commerce, et plusieurs centaines sont actuellement en promotion. Les soldes Boulanger permettent notamment de faire de belles affaires du côté de l'électroménager, de l'informatique, des smartphones et des objets connectés, sans oublier les jeux vidéo et appareils liés à la beauté et au bien-être. Ne manquez pas notre sélection des meilleures offres du moment, à saisir avant l'arrivée des ruptures de stock. leparisien.fr, Boulanger : 5 offres exceptionnelles en ligne pour les soldes usqu’à ce soir - Le Parisien
  • Début juillet, la plate-forme de vidéos Youtube avait également supprimé les chaînes de l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, quelques semaines après celle de l’ex-humoriste Dieudonné. Une action qui fait suite à des mobilisations croissantes contre la haine en ligne, notamment la campagne « Stop hate for profit », qui ciblait les grandes marques pour leur demander de retirer leurs annonces des réseaux sociaux. Le Monde.fr, Chassée de Twitter, l’extrême droite en ligne migre vers des réseaux sociaux alternatifs
  • https://www.capital.fr/entreprises-marches/alibaba-le-geant-du-paiement-en-ligne-ant-alipay-va-entrer-en-bourse-1375806 Capital.fr, Alibaba : le géant du paiement en ligne Ant (Alipay) va entrer en Bourse - Capital.fr

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Traductions du mot « ligne »

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Basque line
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Synonymes de « ligne »

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