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Garde

Variantes Singulier Pluriel
Masculin et féminin garde gardes

Définitions de « garde »

Trésor de la Langue Française informatisé

GARDE1, subst. fém.

I. − Action, fait de garder.
A. − Action, fait de surveiller, protéger quelqu'un ou quelque chose.
1. [L'objet de cette action est une pers.] .
a) Action, fait d'entourer de soins attentifs et vigilants. Garde d'un nourrisson, d'un vieillard, d'un malade, frais de garde. Laissant le petit Jacques à la garde de la concierge (Zola, Œuvre,1886, p. 230) :
1. Ou encore, commis à la garde des enfants, où prenait-il [le chien] l'initiative de les écarter de la mare profonde, de leur interdire de toucher à la hache aiguisée, au fusil chargé? Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 170.
DR. CIVIL. Droit de garde ou, usuel, garde des enfants. Attribut de la puissance paternelle selon lequel celui des parents qui en est investi (ou le tuteur) peut et doit veiller sur la personne de l'enfant et diriger son éducation. La garde d'un enfant c'est le droit de le retenir chez soi. Ce droit n'appartient qu'aux parents pendant la durée du mariage (Cassel-Donnart, Les Droits de la mère sur l'enfant, Paris, éd. soc., 1955, p. 33).
Locutions
Être de garde facile, difficile (vx). Être facile, difficile à garder. Si parfaitement honnête femme qu'elle [Cécile] fût, elle avait trop de brillant pour être d'une garde très-facile (Feuillet, Journal femme,1878, p. 237).
À la garde de Dieu, que Dieu nous (vous...) ait en sa sainte garde. « Je prie Dieu, M. Dabbadie, qu'il vous ait en sa sainte garde. » (Baudry des Loz., Voy. Louisiane,1802, p. 115).Et puis... et puis vous irez à la garde de Dieu (Dumas père, Marbrier,1854, I, 8, p. 239).
b) Action, fait de se garder.
[À l'escrime, à la boxe] Manière de tenir son arme, son bras, pour parer les coups de l'adversaire. Gardes de l'épée. Il tenait son chapeau de la main gauche pour parer, son couteau en avant. C'est leur garde andalouse (Mérimée, Carmen,1847, p. 63).Au-dessus de sa garde haute, je voyais son regard clair et sympathique (Morand, Champions du monde,1930, p. 120).La garde anglaise, excellente pour la défense et surtout pour un amateur (...) nous lui préférons la garde américaine (Revue Sports, Boxe, 1936).
Ouvrir, fermer sa garde. Se découvrir, se couvrir :
2. Couverts de sueur sous l'éclairage implacable, les deux boxeurs ouvrent leur garde, tapent en fermant les yeux, poussent des épaules et des genoux, échangent leur sang et reniflent de fureur. Camus, Été,1954, p. 42.
Entrer, être, se mettre, tomber en garde. Se mettre en position de défense, prêt à subir une attaque. Mais le chevalier (...) parut seul. M. de Montragoux, le voyant bondir l'épée au poing, se mit en garde (A. France, Barbe-Bleue,1909, p. 54).
En garde! Ordre par lequel on intime à un adversaire de se mettre en garde Ah! mon gaillard, vous insultez Fontan! (...). En garde! Une, deux, et v'lan dans la poitrine! (Zola, Nana,1880, p. 1199).
Garde à vous! Ordre par lequel un supérieur intime à un soldat de se tenir immobile, les bras le long du corps. Cf. garde-à-vous.
Loc. fig.
Être, se tenir sur ses gardes. Être sur le qui-vive, prêt à la défense. Désormais, l'attention de Julien fut sans cesse sur ses gardes (Stendhal, Rouge et Noir,1830, p. 179).Oscar, tiens-toi sur tes gardes (Balzac, Début vie,1842, p. 465).
Mettre, tenir qqn en garde contre qqn (qqc.). Conseiller à quelqu'un de se montrer circonspect à l'égard de quelqu'un (quelque chose). Me mettant en garde contre mes idées généreuses (Balzac, Gobseck,1830, p. 397).
Se mettre, se tenir en garde contre qqn (qqc.). Être méfiant, se défier de quelqu'un (quelque chose). Je dus me tenir en garde contre ces ruses (Gautier, Fracasse,1863, p. 442).Je dois me mettre en garde contre un danger qui m'a toujours menacé (Du Bos, Journal,1922, p. 69).
Se donner (de) garde de + inf. Se donner de garde que + subj.Vieilli. N'avoir garde que, se garder de. Donne-toi bien de garde de regarder seulement ce livre (J. de Maistre, Corresp.,1808-10, p. 265).
N'avoir garde de + inf.(litt.). Avoir soin d'éviter de. En toute occasion il n'avait garde de contredire sa fille (Mérimée, Colomba,1840, p. 155).L'habitant des villes n'a garde d'approcher de cet homme farouche (MicheletPeuple,1846, p. 62) :
3. Je n'ai garde d'oublier ces noms qu'Anna citait avec vénération et qui s'auréolaient dans mon esprit d'un grand prestige. Gide, Si le grain,1924, p. 366.
Prendre garde Prends garde! [Locution exclamative prononcée en guise d'avertissement, de menace] Prends garde, Nozière, prends garde : la femme est perfide (A. France, Vie fleur,1922, p. 388).
Prendre garde à qqn, à qqc. Être attentif, vigilant à l'égard de quelqu'un ou de quelque chose :
4. Chaque année, le gouvernement devrait faire mettre sur les murs de grandes affiches avec ces mots : « Retour du printemps. Citoyens français, prenez garde à l'amour »; de même qu'on écrit sur la porte des maisons : « Prenez garde à la peinture! » Maupass., Contes et nouv., t. 1, Print,. 1881, p. 386.
Prendre garde de + inf.S'efforcer d'éviter de. Mais il faut prendre garde de s'amuser trop du scandale (Gide, Journal,1893, p. 40).Et surtout prenons garde de nous refroidir (A. France, Bergeret,1901, p. 349).
Prendre garde que + ind.Se rendre bien compte que. On ne prend garde que le doute naît des choses mêmes (Valéry, Variété IV,1938, p. 37).
Prendre garde que... ne + verbe au subj.Tâcher d'éviter que. Mais prenez garde qu'un jour vos idées ne finissent par entraîner votre vie (Montherl., Exil,1929, II, 5, p. 64).
Prendre garde que... ne... pas. Tâcher d'éviter que. Nous devons prendre garde que cet échec ne nous induise pas à douter de l'intention qui animait Épicure (J. Vuillemin, Essai signif. mort,1949, p. 83).
Prendre garde que + ind.(vx). Remarquer, observer que. Prenez garde que les paysans sont volontiers incestueux, ivrognes et parricides (A. France, Orme,1897, p. 140).
2. [L'objet de cette action est une chose]
a) Action d'être dépositaire et d'être garant. Ils étaient chargés de la garde de nos canots (Voy. Pérouse,t. 2, 1797, p. 124).Le maître, en effet, l'a commis à la garde des choses et des lieux (Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 127).
DROIT
Garde (juridique). ,,Obligation faite au propriétaire d'une chose (d'un animal) ou à celui qui s'en sert d'empêcher que cette chose (cet animal) ne cause de dommages à autrui`` (Cap. 1936). Lorsque l'élève passe l'examen pour l'obtention du permis de conduire (...) c'est lui qui a la garde de l'automobile (Cap. 1936).
Garde judiciaire. Conservation et surveillance des objets saisis, séquestrés, mis sous scellés, pour être ensuite représentés à qui de droit (d'apr. Littré). La garde des objets saisis (Réau-Rond. 1951).
FIN. Droit(s) de garde. Redevance exigée pour la garde et la gestion de papiers-valeurs confiés à une banque en dépôt ouvert. Les banques ne prélèvent pas de droit de garde sur les actions des SICAV dont elles assurent la gestion (...). La taxe à la valeur ajoutée s'applique aux droits de garde (J. Ferronnière, Les Opérations de banque, Paris, Dalloz, 1980, p. 794).
b) Action de surveiller un lieu pour en préserver l'accès. Chien* de garde :
5. Un jeune garçon à la figure fraîche et joufflue, à chevelure rousse, et coiffé d'une casquette de loutre, commit la garde de la boutique à une vieille paysanne, espèce de Caliban femelle occupée à nettoyer un poêle dont les merveilles étaient dues au génie de Bernard Palissy... Balzac, Peau chagr.,1831, p. 17.
Faire bonne garde. Être vigilant. Les brigands devaient croire les gens du bourg avertis et faisant bonne garde autour de la maison (Pourrat, Gaspard,1922, p. 41).
c) Être de garde (vx). Pouvoir se conserver. Ces fruits, ces vins sont de garde, de bonne garde, ne sont pas de garde (Ac. 1798-1932). Être de bonne, mauvaise garde.
d) Service de surveillance qui revient périodiquement.
MÉDECINE
Médecin, pharmacien, etc., de garde. Médecin, pharmacien, etc., assurant une permanence aux services des malades pendant la nuit ou pendant les jours fériés. Lucien vola à l'hôpital de N. Il se fit conduire par le portier au chirurgien de garde (Stendhal, L. Leuwen, t. 2, 1836, p. 351).
Salle de garde. Salle où se tiennent les internes de garde dans un hôpital. Nous allons voir l'ancienne salle de garde, décorée par les peintres amis des internes (Goncourt, Journal,1860, p. 858).
ARM. Service de surveillance assuré par un soldat, un groupe de soldats. Quand je n'étais ni de garde aux batteries ni de service à la tente (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 408).Deux hommes avaient été désignés pour la garde des créneaux (Benjamin, Gaspard,1915, p. 139).
Monter, prendre la garde. Être de garde; prendre son tour de garde. Songez qu'aujourd'hui, si les vilains montent la garde à la porte du riche, le riche la monte à la porte du pauvre (Musset dsLe Temps,1831, p. 90).
Descendre la garde. Quitter son poste après son tour de garde. En descendant la garde, je fus dégradé et envoyé pour un mois à la prison (Mérimée, Carmen,1847, p. 37).Au fig., vieilli. Mourir. Ma toute belle, après-demain Gilet sera mis à l'ombre par ce bras, dit le soudard en tendant la main droite, ou le sien m'aura fait descendre la garde (Balzac, Rabouill.,1842, p. 529).Si ma pauvre femme est morte, c'est un grand malheur (...) mais moi je n'ai pas encore descendu la garde et je suis encore aubergiste (Fabre, Rom. peintre,1878, p. 64).
MARINE
Bâtiment de garde. Bâtiment à bord duquel une garde commandée par un officier (de santé) est établie dans le port (d'apr. Bonn.-Paris 1859).
Garde au mouillage. ,,Service de veille confié à un ou à plusieurs hommes, lorsque le navire est au mouillage`` (Gruss 1952).
VÉN. Bête de garde (pour un sanglier). ,,Vieux mâle aux défenses aiguës et tranchantes [à qui] appartient le périlleux honneur de protéger la compagnie contre les ennemis`` (Gridel, Journ., févr. 1910, p. 298 b ds M. Lenoble-Pinson, Le Lang. de la chasse, Bruxelles, 1977, p. 164).
B. − Action, fait de surveiller, de maintenir une personne captive en un lieu :
6. gubetta. − À l'heure qu'il est (...) Notre Saint-Père le pape l'a fait arrêter sur votre plainte, et le tient sous bonne garde dans les chambres basses du Vatican. Hugo, L. Borgia,1833, p. 21.
DR. Garde à vue. Mesure par laquelle un officier de police judiciaire retient dans les locaux de la police pendant vingt-quatre heures ou quarante-huit heures une personne qui, pour les nécessités d'une enquête, doit rester à la disposition des services de police. La garde à vue ne peut se prolonger que pendant vingt-quatre heures; au bout de ce laps de temps, l'intéressé doit être présenté au Procureur de la République qui peut accorder l'autorisation écrite de prolonger la garde à vue pendant un nouveau délai de vingt-quatre heures (Jur.1971).
II. − Groupe de personnes qui gardent.
A. − HIST. Corps de troupe chargé d'assurer la protection d'un souverain, d'une personne officielle ou, s'il est important, investi d'une véritable mission militaire. La garde du palais crie : Vive le Roi! (Scribe, Bertrand,1833, V, 7, p. 225).Balkis reconnut le brave Abner qui venait à la tête de sa garde délivrer sa reine (A. France, Balth.,1889, p. 17).
SYNT. Garde civique, consulaire, nationale, pontificale, prétorienne, suisse.
Garde constitutionnelle. Garde donnée à Louis XVI par l'assemblée législative en 1791. Les régiments avaient été éloignés, la garde constitutionnelle licenciée (Bainville, Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 67).
Garde d'honneur. Garde qui accompagne une personnalité dans ses déplacements; spéc., corps de cavalerie formé, par Napoléon en 1813, des jeunes gens qui s'étaient rachetés de la conscription. Il ne voulut d'autre garde que la garde d'honneur de la ville, et ce trait de confiance lui ramena aussitôt tous les sentiments hollandais (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 36).
Garde impériale, cour. la garde.
Corps d'armée créé par Napoléon en 1804 :
7. ... Nicolas tomba pour ne plus se relever, plus heureux que Cambronne qui n'avait que dit la chose et que la garde qui ne se rendit pas mais qui ne mourut pas davantage. Verlaine, Œuvres compl., t. 4, Mém. veuf, 1886, p. 225.
Jeune garde. Régiment d'élite de la garde impériale. La jeune et la vieille garde arrivèrent (Chateaubr., Mém., t. 2, 1848, p. 454).
Vieille garde. Régiment de la garde impériale qui forme la réserve. De petits enfants travestis en vétérans de la Vieille Garde (Goncourt, Journal,1895, p. 793).Au fig.
α) Les amis fidèles, les tenants d'une École remise en cause par des novateurs. Il y avait naturellement des jeunes − artistes, étudiants et fanas − qui n'étaient que trop prêts à se lancer avec le chevalier Diaghilev à l'assaut de la vieille garde (Diapason,oct. 1980, no254, p. 36).
β) Fam. Vieille femme galante. Sous la figure d'une vieille garde qui vous ôte une chemise et vous refroidit quand vous avez besoin d'une chaleur céleste (Balzac, Œuvres div., t. 2, 1830, p. 10).
Corps d'armée lié à un empereur :
8. Une nuit de juin 1916, à l'aube, très tôt, la garde impériale envahit l'Épeule, éveilla tout le monde, et s'empara des jeunes gens. Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 224.
Loc. fig. et iron. [P. allus. au vers célèbre de Hugo, Châtim., 1853] Faire donner la garde. Jeter tous ses atouts, se donner à fond. La tragédienne eut beau faire donner la garde, appeler au secours de son art en déroute les grandes héroïnes du répertoire, Phèdre et ses fureurs, Monimos et sa grâce touchante, Hermione, les Américains restaient froids (A. Daudet, Crit. dram.,1897, p. 138).
Garde républicaine (de Paris); anc., garde municipale. Corps de gendarmerie chargé de la garde de l'Élysée et assurant les services d'ordre et d'honneur de la capitale. Musiques de l'armée et civiles, musique de la Garde républicaine (Rougnon1935, p. 248).
Garde républicaine mobile. Corps de gendarmerie mobile créé en 1925 et dissout en 1955.
Garde royale. Garde créée en France par Louis XVIII en 1815. Le jeune homme (...) fut rappelé dans la garde royale (Balzac, Ferragus,1833, p. 22).
Garde française. Régiment créé par Charles IX en 1563 et chargé jusqu'en 1789 de la garde des palais royaux. Un sergent des gardes françaises (Nerval, Fayolle,1855, p. 119).
P. méton., subst. masc. Soldat de ce régiment. Les boutons des uniformes des gardes-françaises (Montherl., Célibataires,1934, p. 741).
Garde rouge. Armée, groupe de révolutionnaires communistes en URSS ou en Chine. La garde rouge, répondait Kyo, les milices ouvrières, allaient être créées à Shanghaï (Malraux, Cond. hum.,1933, p. 270).
B. − Détachement de soldats assurant la garde d'un poste. Appeler, renforcer, relever la garde. Piquet de prison, relève de garde, tout marche imperturbablement (Alain, Propos,1923, p. 478).
À la garde! [Pour demander le secours de la garde] Et la sentinelle qui ne crie pas à la garde (Mérimée, Théâtre C. Gazul,1825, p. 71).
Garde montante, descendante. Garde qui prend, quitte son service. La garde montante et les gamins qui défilent en chantant (Mauriac, Journal 2,1937, p. 126).
Grand' garde. Corps de troupe en défense aux avant-postes. Ils arrivèrent, sans pouvoir y échapper, à une grand'garde de francs-tireurs (A. DaudetContes lundi,1873, p. 28).Cf. grand-garde.
Garde avancée, folle. Corps de troupe, armée que l'on met devant la grand-garde pour plus de sûreté. P. métaph. Il [M. Ehrmann] est une garde avancée, on disait autrefois une garde folle, de la latinité, un défenseur de nos bastions de l'Est (Barrès, Serv. All.,1905, p. 229).
Corps* de garde.
III. − Chose qui sert à garder.
A. − Partie d'une arme blanche, en forme de coquille ou/et de branche perpendiculaire à l'axe de l'arme, destinée à protéger la main tenant l'arme :
9. Voyant leur maître blessé qui s'adossait au mur et s'appuyait sur la garde de son épée, (...) ces misérables canailles, lâches d'âme et de courage, abandonnèrent la partie. Gautier, Fracasse,1863, p. 420.
Locutions
Jusqu'à la garde. À fond, jusqu'au bout. Quand il eut enfoncé l'arme jusqu'à la garde, de bas en haut (A. Daudet, Tartarin Alpes,1885, p. 154).
S'enfoncer, s'enferrer jusqu'à la garde (au fig.). Se tromper complètement. Pour s'enfoncer les uns les autres à qui mieux mieux dans la gorge de grandes fautes de français jusqu'à la garde (Hugo, Cl. Gueux,1834, p. 183; cf. Bruant 1901, p. 262).
S'en donner jusqu'aux gardes (vx). ,,Boire et manger tout son soûl et, en général, prendre d'un plaisir sans réserve et sans modération`` (Ac. 1798-1932).
B. − RELIURE. Feuille, page de garde et absol. garde. Feuillet blanc ou de couleur placé au début et à la fin d'un livre pour protéger sa première et sa dernière page. Aussi est-ce en cette bibliothèque qu'est la fleur de mes livres (...) un exemplaire [des contes de La Fontaine] au texte réglé, aux toutes premières épreuves, aux gardes doublées de tabis, aux plats de la reliure chargés d'une riche dentelle (E. de Goncourt, Mais. artiste, t. 1, 1881, p. 344) :
10. ... ayant ouvert l'édition originale des Chants du crépuscule et rencontrant sur la page de garde la dédicace à Z., il eut, devant le livre dédicacé, le recul légitime du pourvoyeur de bibliophiles... Du Bos, Journal,1927, p. 191.
C. − JEUX. ,,Une ou plusieurs basses cartes de la même couleur que la carte principale qu'on veut garder`` (Ac. 1835-1932). ,,Un bon joueur porte toujours des gardes. J'ai écarté la double garde`` (Ac. 1835-1932).
Au fig. Avoir une garde à carreau*.
D. − TECHNOLOGIE
1. Espace libre qui évite un contact entre deux éléments.
En partic.
a) Garde-au-sol. Espace qui sépare le châssis d'une voiture jusqu'au sol. Les normes d'homologation des véhicules fixent, dans presque tous les pays, une garde-au-sol minimale dans les conditions de charge maximale prévues par le constructeur afin d'écarter tout risque de choc (Alpha Auto, Grande encyclopédie de l'automobile, Paris, Grange Batelière, t. 6, 1976, p. 1773).
b) Garde de la pédale d'embrayage. Partie de la course d'une pédale qui est sans effet sur l'embrayage. Laisser une garde suffisante à la pédale d'embrayage (Lexis1975).
2. Pièce, dispositif qui évite ou limite le contact entre deux éléments. Le rebattage [des faux] à la main s'opère au moyen de petites enclumes portatives que l'on enfonce dans le sol et que des « gardes » empêchent d'entrer trop profondément (Ballu, Mach. agric.,1933, p. 239).
MAR. Palan de garde, garde. Palan qui maintient la corne d'artimon dans une position fixe. [Les tangons] portent à chaque extrémité des armatures semblables aux ferrures des bouts de vergue. L'une de ces armatures est terminée par un anneau, dans lequel passe la garde (Ledieu, Cadiat, Nouv. matér. nav.,1899, p. 31).
Au plur.
SERR. Pièce placée à l'intérieur d'une serrure, qui s'oppose au mouvement de toute clef étrangère. Changer les gardes [d'une serrure] est une façon qui consiste à [en] modifier l'entrée (...) pour la défendre contre les clefs étrangères (Robinot, Vérif., métré et prat. trav. bât., t. 3, 1928, p. 112).
VÉN. Ergots de sanglier (cf. Duchartre 1973).
Prononc. et Orth. : [gaʀd]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1050 « action de garder avec attention en surveillant ou en protégeant » (Alexis, éd. Chr. Storey, 393); 2. ca 1100 « surveillance, attention » (Roland, éd. J. Bédier, 192); 3. 1671 escr. « position de défense en vue d'éviter un coup » (Molière, Bourgeois gentilhomme, II, 2). B. « Objet qui protège » 1. mil. du xiiies. [ms.] serr. (Chastoiement d'un père, éd. Hilka et Söderhjelm, III, p. 160b); 2. mil. xves. gardes [d'une épée] (G. Chastellain, Chronique, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 3, p. 453); 3. 1743 reliure (Trév.). C. 1. 1384 « ensemble de soldats en armes qui occupent un poste, exercent une surveillance » (Doc. ap. P. Thomas, Textes hist. sur Lille et le nord de la France avant 1789, t. 2, p. 250); 2. 1539 « groupe de personnes qui gardent (un souverain) » (Est.). Prob. de l'a. b. frq. *warda, plutôt que déverbal de garder*, cf. l'a. h. all. warta « action d'observer, de guetter, d'épier; lieu d'où l'on épie », m. h. all. warte « id. », cf. DEAF s.v. garde, col. 151-152. En b. lat., warda est attesté dès le viies. (« service de guet, garde, garnison » ds Nierm.). Bbg. Bräumer (W.). La Loc. n'avoir garde : son orig. et son hist. B. jeunes Rom. 1965, no11/12, pp. 21-29. - Foulet (L.). N'avoir garde. Romania. 1943, t. 67, pp. 331-359.

GARDE2, subst. masc.

[Gén. déterminé par un adj. ou un compl. déterminatif] Personne qui garde quelqu'un ou quelque chose.
A. − Personne qui est chargée de la surveillance d'un lieu, d'une chose. Garde de nuit. J'allai trouver le garde de la porte des bains (Genlis, Chev. Cygne, t. 3, 1795, p. 53).Monsignor Maio est (...) le plus désobligeant bibliothécaire de l'Europe, et refuse, à la bibliothèque du Vatican, dont il est garde, la communication des manuscrits les plus innocents, par exemple un Virgile (Stendhal, Rome, Naples et Flor., t. 1, 1817, p. 279).
Spécialement
Garde d'artillerie. Sous-officier chargé de la conservation du matériel d'artillerie. Pour le coup, le Père Bataillet bondit, et d'une voix furibonde appela le sacristain Galoffre, son garde d'artillerie (A. Daudet, Port-Tarascon,1890, p. 214).
Garde champêtre*.
Garde du commerce (vx). Officier subalterne chargé d'exécuter les contraintes par corps. Les gardes du commerce, c'est à dire, les gens qui arrêtent les débiteurs arrivèrent avant elle (Malot, Sans fam.,1878, p. 392).
Garde forestier. Agent forestier chargé de surveiller les forêts domaniales ou privées. On se rappelle le garde forestier dont parle Kipling, seul dans sa maisonnette au milieu d'une forêt de l'Inde (Bergson, Deux sources,1932, p. 9).
Garde particulier. ,,Commis agréé par le sous-préfet, nommé par un propriétaire pour surveiller ses domaines`` (Cap. 1936).
Garde maritime. ,,Agent (...) chargé d'assumer l'application des règlements relatifs à la police de la navigation maritime`` (Cap. 1936).
Garde des Sceaux [Sous l'ancien régime] Ministre à qui étaient confiés les sceaux de l'État; auj., ministre de la Justice :
Peut-être par un mot du Garde des Sceaux, une enquête officieuse, pourrait-on savoir où est la jeune fille (...). Mais comment décider le ministre à une démarche aussi délicate? A. Daudet, Évangéliste,1883, p. 221.
Rem. Le subst. garde est fréquemment une ell. de garde-chasse. Vous ne pouvez protéger à la fois le garde et le braconnier (Gide, Immor., 1902, p. 452).
B. − Personne qui en garde une autre.
1. Gardien chargé de surveiller un prisonnier. Ce prisonnier a trompé la surveillance de ses gardes, il s'est évadé (Ac.1798-1932).
2. Soldat chargé de veiller à la sécurité d'un souverain, d'une personnalité. Je le ferai entrer dans mes gardes (Dumas père, Tour de Nesle,1832, IV, 1, p. 67).
Garde du corps*.
3. HIST. Hommes en armes, soldat faisant partie d'une garde. Garde communal, mobile, national, noble, pontifical, républicain. Le cheval d'un garde municipal avait inopinément disparu dans le gouffre (Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. 30).
Garde rouge
[En URSS] Ouvrier bolchévique armé lors des journées d'octobre 1917. Le Christ à la tête des gardes rouges (Arts et litt.,1936, p. 5406).
[En Chine] Jeune Chinois ayant pris part en 1966 à la révolution culturelle sous l'impulsion de Mao Tsé-toung. Enfin une troisième arme est constituée par les Gardes rouges; avec le soutien de Mao, ils ont allumé et propagé les flammes de la Révolution culturelle (Encyclop. univ.1970).
4. Au fém. Abrév. de garde-malade(s)* ou de garde d'enfants. En voici trop, ma garde me gronde de t'avoir écrit (Balzac, Mém. jeunes mar.,1842, p. 321).
Prononc. et Orth. : [gaʀd]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Fin du xes. « celui qui garde (un lieu) et surveille qqc. » (Passion, éd. D'A. S. Avalle, 360, ici au plur.); 2. ca 1165 fém. « celle qui garde (un malade, un enfant) » ([Chrétien de Troyes] Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 303); 3. ca 1170 guarde « celui qui veille sur la personne d'un souverain, d'un prince, d'un chef d'armée » (Rois, éd. E. R. Curtius, p. 55). Issu de garde1*. En a. fr., le mot est le plus souvent employé au plur., ce qui rend difficile la détermination de son genre. Le fém. est attesté dès le xiies. dans quelques textes, v. DEAF, s.v. garde, col. 154-155, le masc. à la fin du xiiies. (ibid., col. 156).
STAT. Garde1 et 2. Fréq. abs. littér. : 9 030. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 13 200; b) 14 852; xxes. : a) 13 118, b) 11 290.

Wiktionnaire

Nom commun 3 - français

garde \ɡaʁd\ féminin

  1. Action ou charge de protéger, de conserver, de défendre, de soigner, de surveiller quelqu’un ou quelque chose.
    • Le curé de Melotte paissait depuis trente longues années le petit troupeau que le Seigneur, […], avait commis à sa garde. — (Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Il m’a confié la garde de sa maison.
    • Il confia ses enfants à la garde d’un vieux serviteur.
    • Avoir la garde d’une bibliothèque, d’un magasin.
    • Avoir la garde d’un poste.
    • Ce corps de troupes est chargé de la garde des frontières.
    • Avoir, prendre, recevoir des bijoux, des valeurs en garde.
    • Avoir, prendre quelqu’un sous sa garde.
    • En allumant la lampe je trouvai sur la table un billet signé du nom de Paul. Je le lus, le laissai retomber aussitôt. Il contenait ces mots : « Il viendra quelqu’un de fort qui te prendra sous sa garde et te conduira dans tous les chemins de la vie, si tu ne lui résistes pas. » — (Julien Green, Le voyageur sur la terre, 1927, Le Livre de Poche, page 75)
    • Donner des fourrures en garde.
    • Mettre quelqu’un sous bonne garde : Le remettre à des gens qui se chargent de le garder, qui en répondent.
    • Être de bonne garde, ou simplement être de garde : Se dit du vin, des fruits, etc., qui se conservent longtemps sans se gâter.
    • Ces fruits, ces vins sont de garde, de bonne garde, ne sont pas de garde.
    • On dit, dans le sens contraire,
    • Ces fruits, ces vins sont de mauvaise garde, de difficile garde.
  2. (Par extension) Bataillon chargé de garder, de défendre un souverain, un prince, plus généralement, d’un corps d’élite.
    • Ce prince était entouré de sa garde.
    • Garde royale, impériale.
    • Vieille garde.
    • Jeune garde, nouvelle garde.
    • Un officier, un soldat de la garde royale.
    • Les régiments de la garde.
    • Il est entré dans la garde.
    • Le général fit donner la garde.
    • Garde d’honneur : Troupe affectée à un personnage éminent, auquel on rend les honneurs militaires pendant son séjour dans une ville, dans un pays.
    • On donna au prince, à la princesse une garde d’honneur.
    • Garde nationale : S’est dit d’une troupe non soldée, composée le plus souvent d’éléments civils, ayant pour devoir de maintenir l’ordre et de contribuer à la défense intérieure du pays.
    • La garde nationale de Paris, de Rouen.
    • Officier de la garde nationale.
    • Garde nationale mobile, ou par ellipse garde mobile :
    • Garde municipale : Troupe sédentaire et soldée, chargée d’assurer l’ordre dans certaines villes.
    • Garde municipale à pied, à cheval.
    • Garde républicaine : Corps de troupes d’élite, d’infanterie et de cavalerie, chargé d’assurer l’ordre et aussi de figurer dans certaines cérémonies d’apparat.
  3. Surveillance, guet, observation de ce qui se passe, afin de n’être point surpris, de prévenir quelque danger, etc.
    • Ce chien est de bonne garde : Il garde bien, il avertit bien.
    • Ces filles sont de garde difficile : Elles ont besoin d’une grande surveillance.
    • Monter la garde.
    • Faire bonne garde, mauvaise garde.
  4. (Militaire) Service d’observateur et de sentinelle accompli par des soldats.
    • Être de garde.
    • Officier de garde.
    • La garde des portes.
  5. Soldats qui montent la garde.
    • Relever la garde.
    • Renforcer la garde.
    • Doubler la garde.
    • La garde montante.
    • La garde descendante.
    • Appeler la garde.
  6. (Par extension) Toute personne qui accomplit, par roulement, un service régulier.
    • Ce page était de garde.
    • L’interne de garde.
    • L’infirmière de garde.
  7. (Escrime) Manière de tenir le corps et l’épée ou le fleuret, telle que l’on soit à couvert de son adversaire, et que l’on puisse aisément le frapper ou lui porter une botte.
    • Si tu as toujours ta garde en huit, celle que j’appelais la calebasse, tu risques tout au plus, et encore en donnant toutes les chances à Giuseppe, de te faire trouer l’épaule droite. — (Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 258)
    • La garde haute.
    • La garde basse.
    • La garde sur le pied gauche.
    • Se mettre en garde.
    • Se tenir en garde.
    • Être en garde.
    • Être hors de garde.
    • En garde ! (Par ellipse) Mettez-vous en garde.
    • Se mettre en garde, se tenir en garde, être en garde : (Figuré) Se défier ; faire attention à ne pas être surpris.
    • Être en garde, se mettre en garde contre la séduction.
  8. (Sports de combat) Situation de défense au sol où on saisit les deux jambes de son adversaire avec les siennes.

Nom commun 2 - français

garde \ɡaʁd\ féminin

  1. Partie d’une épée, d’un sabre ou d’un poignard, et qui sert à couvrir la main.
    • Une garde d’épée.
    • La garde d’un sabre, d’un poignard.
    • Garde à coquille.
    • Fausser la garde.
    • Enfoncer l’épée jusqu’à la garde.
    • (Figuré) S’en donner jusqu’à la garde : Prendre de quelque chose avec excès.
  2. (Cartes à jouer) Une ou plusieurs basses cartes de la même couleur que la carte principale qu’on veut garder.
    • Un bon joueur conserve toujours des gardes.
    • (Figuré) Avoir garde à carreau : Être prêt à répondre à toute objection, à parer à tout événement.
  3. (Au pluriel) (Serrurerie) Garniture qui se met dans une serrure, pour empêcher que toutes sortes de clefs ne l’ouvrent.
    • Il faut changer les gardes de la serrure, on a perdu la clef.
    • On entendit une serrure intérieure grincer sous l’effort d’une clef, et deux verrous glisser dans leurs gardes. — (Jules Verne, Les Cinq Cents Millions de la Bégum, Hetzel, 1879, chapitre XVI)
    • C’est ici, sur ce palier même, que l’homme [...] s’arrêta pour ouvrir la porte de la mansarde sur le devant, dans laquelle il pénétra [...], mais non sans s’être donné auparavant bien du mal pour faire tourner sa clef rebelle dans les gardes rouillées de sa serrure. — (Charles Dickens, Vie et aventures de Nicolas Nickleby, 1885)
  4. (Reliure) Feuillets blancs ou de couleur que l’on met au commencement et à la fin d’un livre, généralement de papier et plus rarement en soie ou peau.
    • Feuille de garde.
    • Il composa sur ce sujet une élégie que j’ai retrouvée par le plus grand des hasards dans la bibliothèque publique de Tarascon, sur la garde d’une bible du XIe siècle, cotée : fonds Michel Chasles, F n, 7439, 179 bis. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, pages 68-69)

Nom commun 1 - français

garde \ɡaʁd\ masculin et féminin identiques

  1. Soldat effectuant une garde, chargé de la protection d’une personne, de la surveillance d’un lieu.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  2. Soldat faisant partie d’un corps de garde.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  3. (Par extension) Se dit de toute personne chargée de garder quelqu’un ou quelque chose.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GARDE. n. f.
Action ou charge de protéger, de conserver, de défendre, de soigner, de surveiller quelqu'un ou quelque chose. Il m'a confié la garde de sa maison. Il confia ses enfants à la garde d'un vieux serviteur. À la garde de Dieu! Dieu vous ait en sa garde, en sa sainte garde. Avoir la garde d'une bibliothèque, d'un magasin. Avoir la garde d'un poste. Ce corps de troupes est chargé de la garde des frontières. Avoir, prendre, recevoir des bijoux, des valeurs en garde. Avoir, prendre quelqu'un sous sa garde. Donner des fourrures en garde. Mettre quelqu'un sous bonne garde, Le remettre à des gens qui se chargent de le garder, qui en répondent. Être de bonne garde, ou simplement Être de garde, se dit du Vin, des fruits, etc., qui se conservent longtemps sans se gâter. Ces fruits, ces vins sont de garde, de bonne garde, ne sont pas de garde. On dit, dans le sens contraire, Ces fruits, ces vins sont de mauvaise garde, de difficile garde. Il se dit, par extension, d'un Corps de troupes spécialement chargé de garder, de défendre un souverain, un prince, plus généralement, d'un Corps d'élite. Ce prince était entouré de sa garde. Garde royale. Garde impériale. Vieille garde. Jeune garde. Un officier, un soldat de la garde royale. Absolument, Les régiments de la garde. Il est entré dans la garde. Le général fit donner la garde. Garde d'honneur, Troupe affectée à un personnage éminent, auquel on rend les honneurs militaires pendant son séjour dans une ville, dans un pays. On donna au prince, à la princesse une garde d'honneur. Garde nationale s'est dit d'une Troupe non soldée, composée le plus souvent d'éléments civils, ayant pour devoir de maintenir l'ordre et de contribuer à la défense intérieure du pays. La garde nationale de Paris, de Rouen. Officier de la garde nationale. Garde nationale mobile, ou par ellipse Garde mobile, s'est dit, sous le régime de la loi militaire de 1868, d'Une partie de la classe laissée dans ses foyers à l'époque du recrutement, mais soumise au service militaire en temps de guerre. Garde municipale, Troupe sédentaire et soldée, chargée d'assurer l'ordre dans certaines villes. Garde municipale à pied, à cheval. Garde municipale ou Garde républicaine, Corps de troupes d'élite, d'infanterie et de cavalerie, chargé d'assurer l'ordre et aussi de figurer dans certaines cérémonies d'apparat.

GARDE signifie aussi Guet, action par laquelle on observe ce qui se passe, afin de n'être point surpris, de prévenir quelque danger, etc. Faire la garde. Faire bonne garde, mauvaise garde. Il se dit surtout, en termes militaires, du Service d'observateur et de sentinelle accompli par des soldats. Être de garde. Monter la garde. Officier de garde. Il se disait de Certains services de présence auprès du souverain. Ce page était de garde. Par extension, il se dit aujourd'hui de Toutes les personnes qui accomplissent, par roulement, un service régulier. L'interne de garde. L'infirmière de garde. Ce chien est de bonne garde, Il garde bien, il avertit bien. Ces filles sont de garde difficile, Elles ont besoin d'une grande surveillance. Prendre garde, Faire attention à quelqu'un, à quelque chose. Je n'aurais pas pris garde à lui, s'il ne m'eût adressé la parole. On m'annonça hier cette nouvelle, mais je n'y pris pas garde. Il signifie aussi Avoir l'attention éveillée sur quelque danger, se précautionner contre lui, en garantir quelqu'un qui y est exposé. Prenez garde qu'on ne vous trompe, qu'on ne vous surprenne. Prenez garde que personne ne vous voie. Prenez garde à cette clause de votre contrat. Prenez garde de tomber. Prenez garde à ne pas trop vous engager. Prenez garde à vous. Prenez garde à cet enfant. Prenez garde, vous allez tout renverser. Elliptiquement, Garde à vous se dit, en termes militaires, pour Prenez garde à vous, faites attention. Se donner de garde, ou plus souvent Se donner garde de, signifie Se défier, se précautionner, éviter. Donnez-vous garde qu'on ne vous attaque. Donnez-vous garde de cet homme. Donnez-vous garde de toucher à cela. N'avoir garde de faire une chose, N'avoir pas la volonté ou le pouvoir de la faire, en être bien éloigné. Il n'a garde de tromper, il est trop honnête homme. N'avoir garde de, dans le sens de Ne pouvoir pas, se dit quelquefois des Choses. Cette pièce, coup d'essai d'un poète ignorant, n'avait garde d'être dans les règles. Cette permission n'avait garde de lui être refusée. Il se dit également des Soldats qui montent la garde. La garde des portes. Relever la garde. Renforcer la garde. Doubler la garde. Changer la garde. La garde montante. La garde descendante. On alla chercher la garde. Appeler la garde. Corps de garde. Voyez CORPS. Grand-garde, Corps de troupes placé en avant d'une formation plus importante, pour empêcher que celle-ci ne soit surprise. Avant-garde. Arrière-garde. Voyez ces mots à leur ordre alphabétique. Flanc-garde, Corps de troupes placé sur le flanc d'effectifs plus importants, pour les protéger. En termes d'Escrime, il se dit d'une Manière de tenir le corps et l'épée ou le fleuret, telle que l'on soit à couvert de l'épée ou du fleuret de son adversaire, et que l'on puisse aisément le frapper ou lui porter une botte. La garde haute. La garde basse. La garde sur le pied gauche. Se mettre en garde. Se tenir en garde. Être en garde. Être hors de garde. Elliptiquement, En garde! Mettez-vous en garde. Se mettre en garde, se tenir en garde, être en garde signifie aussi, figurément, Se défier; faire attention à ne pas être surpris. Être en garde, se mettre en garde contre la séduction. Être sur ses gardes, se mettre, se tenir sur ses gardes, se dit de Celui qui fait attention à ne pas se laisser surprendre, qui se tient prêt à empêcher qu'on ne prenne sur lui quelque avantage, qu'on ne lui fasse quelque tort.

GARDE désigne encore la Partie d'une épée, d'un sabre ou d'un poignard, et qui sert à couvrir la main. Une garde d'épée. La garde d'un sabre, d'un poignard. Garde à coquille. Fausser la garde. Enfoncer l'épée jusqu'à la garde. Fig. et fam., S'en donner jusqu'à la garde, Prendre de quelque chose avec excès. En termes de jeux de Cartes, il désigne Une ou plusieurs basses cartes de la même couleur que la garde principale qu'on veut garder. Un bon joueur conserve toujours des gardes. Fig. et fam., Avoir garde à carreau, Être prêt à répondre à toute objection, à parer à tout événement. Au pluriel, il se dit, en termes de Serrurerie, de la Garniture qui se met dans une serrure, pour empêcher que toutes sortes de clefs ne l'ouvrent. Il faut changer les gardes de la serrure, on a perdu la clef. Il se dit, en termes de Librairie, d'un Feuillet blanc que l'on met au commencement et à la fin d'un livre. Feuille de garde.

Littré (1872-1877)

GARDE (gar-d') s. f.
  • 1Action de garder, de conserver, de défendre quelqu'un ou quelque chose, de surveiller quelqu'un ou quelque chose. Avoir la garde d'une bibliothèque, d'un magasin. Il faut une garnison de trois mille hommes pour la garde de cette ville. La garde du défilé des Thermopyles confiée à Léonidas. Dieu, qui de ceux qu'il aime est la garde éternelle, Malherbe, I, 2. Vous ne me direz plus qu'on vous l'a mise en garde, Corneille, Théodore, IV, 4. Laissez-la moi, seigneur, quelques moments en garde, Corneille, Héracl. IV, 5. Et je viens vous chercher pour vous prendre en ma garde, Corneille, Nicom. v, 7. Je te le donne en garde, Corneille, Perthar. III, 5. L'amour de ses sujets est une sûre garde, Rotrou, Antig. II, 4. Appliquez-vous avec tout le soin possible à la garde de votre cœur, parce qu'il est la source de la vie, Sacy, Bible, Prov. de Salomon, IV, 23. La garde de deux filles est un peu trop pesante pour un homme de mon âge, Molière, Préc. 5. S'il y eut jamais une conjoncture où il fallut montrer de la prévoyance et un courage intrépide, ce fut lorsqu'il s'agit d'assurer la garde des trois illustres captifs, Bossuet, le Tellier. Jacob ne pouvait pas les [ses brebis] donner en garde à un autre, Fléchier, Serm. II, 295. Le vigilant Girot… C'est d'un maître si saint le plus digne officier ; La porte dans le chœur à sa garde est commise, Boileau, Lutr. IV. Amis, partageons-nous : qu'Ismaël en sa garde Prenne tout le côté que l'Orient regarde, Racine, Athal. v, 5. La garde en fut commise à ma fidélité, Racine, ib. v, 2. Mais siérait-il, Abner, à des cœurs généreux De livrer au supplice un enfant malheureux, Un enfant que Dieu même à ma garde confie ? Racine, ib. v, 2. Louis XIV, élevé dans l'adversité, allait avec sa mère, son frère et le cardinal Mazarin de province en province, n'ayant pas autant de troupes autour de sa personne, à beaucoup près, qu'il en eut depuis en temps de paix pour sa seule garde, Voltaire, S. Louis XIV, 5. Allez, et que du trône où le ciel vous appelle L'inflexible équité soit la garde éternelle, Voltaire, Brutus, III, 6.

    On le mit à la garde, ou, mieux, sous la garde d'un huissier, c'est-à-dire on commit un huissier pour veiller à ce qu'il ne s'échappât.

    à. la garde, sous la garde de Dieu, sous la protection de Dieu. Elle me laissa partir sous la garde du Seigneur, Hamilton, Gramm. 3.

    Familièrement. À la garde de Dieu, c'est-à-dire il en arrivera ce qu'il pourra.

    Que Dieu vous ait en sa sainte et digne garde, ou, simplement, en sa sainte garde ! formule par laquelle les souverains terminent les lettres qu'ils écrivent.

    Terme d'expéditions et de roulage. Remis à la garde d'un tel, voiturier.

    Par extension. C'est une parole digne de Caïn que de dire : ce n'est pas à moi à garder mon frère ; croyons au contraire que nos amis sont à notre garde, Bossuet, Sermons, Char. frat. 2. Les citoyens étaient à la garde les uns des autres, Bossuet, Hist. III, 3.

    Mettre quelqu'un sous bonne garde, le donner à garder à qui peut en répondre. Après avoir mis ce petit roi sous bonne garde, il s'alla loger sur l'Hydaspe, Vaugelas, Q. C. VIII, 3, dans RICHELET.

    En parlant des personnes et au sens actif, être de bonne garde, garder avec soin ce qu'on possède. Il y a dix ans que j'ai cette montre ; je suis de bonne garde.

    En parlant de certaines choses, des fruits, etc. et au sens passif, être de bonne garde, ou être de garde, se conserver longtemps sans se gâter.

    Dans le sens contraire. Ces fruits, ces vins sont de mauvaise garde, de difficile garde.

    Les filles sont de difficile garde, on a une grande surveillance à exercer pour les garantir de la séduction.

  • 2 Terme d'eaux et forêts. Étendue de la juridiction d'un officier préposé à la conservation des bois.
  • 3 Terme de jurisprudence. Garde judiciaire, se dit de la conservation et de la surveillance des objets saisis, séquestrés, mis sous les scellés, pour être ensuite représentés à qui de droit.

    Terme de coutumes. Garde noble, voy. GARDE-NOBLE.

    Garde royale, droit qui appartenait au roi en certains lieux, de jouir des revenus des mineurs qu'il avait en sa garde.

    Garde seigneuriale, droit en vertu duquel le seigneur féodal jouissait des revenus des fiefs tenus immédiatement de lui, pendant que ses vassaux étaient en bas âge, à charge d'entretenir les héritages et de payer les redevances annuelles (Normandie).

  • 4Guet, surveillance. Puisqu'on fait bonne garde aux murs et sur le port, Corneille, Cid, II, 7. Est-ce pour moi, seigneur, qu'on fait garde à vos portes ? Corneille, Suréna, IV, 3. Tant les chiens faisaient bonne garde, La Fontaine, Fabl. I, 5. Anges du Seigneur, faites la garde autour du berceau d'une princesse si grande et si délaissée, Bossuet, Duch. d'Orl. Il fut ordonné que, pour toutes les places qui n'étaient pas frontières, ceux qui étaient sujets au guet et à la garde en seraient affranchis en payant cinq sous chaque année, Duclos, Hist. Louis XI, Œuv. t. III, p. 233, dans POUGENS.

    Ce chien est de bonne garde, il garde, il avertit bien.

    Fig. Posez sur mes lèvres cette garde de circonspection, Fléchier, Aiguillon. Elle mit une garde de prudence sur ses lèvres, Fléchier, Dauphine. La vigilance continuelle, la garde des sens, Massillon, Carême, Élus.

  • 5Prendre garde, faire attention. Laissez la mine à part, prenez garde à la somme, Régnier, Sat. XII. J'en sus hier la nouvelle et je n'y pris pas garde, Corneille, Hor. I, 3. Je prends peu garde au bien, Corneille, Ment. II, 5. Ne voilà pas de mes mouchards qui prennent garde à ce qu'on fait ? Molière, l'Avare, I, 3. Un enfant n'y prenait pas garde de si près, Bossuet, Var. 7. L'aise, la joie, l'affluence remplissent l'âme… et mettent à sec, si l'on n'y prend garde, la source de la compassion, Bossuet, Sermons, Exhort. aux nouv. cathol. 2. Prenez garde, seigneur, vos invincibles mains Ont de monstres sans nombre affranchi les humains ; Mais tout n'est pas détruit, et vous en laissez vivre Un…, Racine, Phèdre, v, 3. Je n'aurais pas pris garde à elle, si elle n'avait pas pris garde à moi, Marivaux, Pays. parv. 3e part.

    Prendre garde à un sou, à un denier, faire attention aux plus petits articles dans un compte de dépense, et aussi, être très parcimonieux.

    Prendre garde à, veiller prendre ses précautions. César, prends garde à toi, Corneille, Pomp. IV, 4. Défions-nous du sort et prenons garde à nous Après le gain d'une bataille, La Fontaine, Fabl. VII, 12.

    Elliptiquement. Garde à toi ! c'est-à-dire prends garde à toi ! Sentinelle, garde à toi ! Delavigne, Charles VI, v, 1.

    Garde à toi ! terme dont le valet de limier se sert pour parler à son chien quand il veut se rabattre.

    Garde à vous ! commandement militaire signifiant à une troupe de se tenir prête à exécuter le commandement qui va suivre.

    Prendre garde, avec que et le subjonctif, sans négation, avoir soin que telle chose soit. Prenez garde, mon fils, que vous entendiez tout ce que vous faites, et de quel côté vous vous tournerez, Bossuet, Sermons, Charité fratern. Autre conclusion.

    Prendre garde avec que et le subjonctif, et ne, avoir soin que la chose ne soit pas. On m'a enchargé de prendre garde que personne ne me vît, Molière, G. Dand. I, 2. Prends garde que jamais l'astre qui nous éclaire Ne te voie en ces lieux mettre un pied téméraire, Racine, Phèdre, IV, 2.

    Prendre garde que, avec l'indicatif, remarquer. Prenez garde que l'auteur ne dit pas ce que vous pensez. Les valets peuvent faire en conscience de certains messages fâcheux, n'avez-vous pas pris garde que c'était seulement en détournant leur intention du mal… ? Pascal, Prov. 7. Prenez garde que, quand saint Augustin a parlé du moindre degré d'être et de perfection, il ne l'a point considéré en tant que joint aux autres degrés supérieurs, Fénelon, t. III, p. 20.

    Prendre garde à, et un infinitif construit sans négation, avoir soin de. Prenez bien garde, vous, à vous déhancher comme il faut et à faire bien des façons, Molière, Imprompt. 3. Prenez garde à sanctifier l'extérieur par l'intérieur, Bossuet, Lett. Corn. 431.

    Prendre garde à, et un infinitif construit avec une négation, avoir soin de ne pas… Prenez bien garde au moins à ne lui point parler du diamant que vous lui avez donné, Molière, Bourg. gent. III, 19. Il faut prendre garde à ne pas se tromper, Pascal, Pens. part. II, art. 6. Qui prennent soigneusement garde à n'offenser personne et du reste ne pensent aux injures qu'on leur fait que pour les pardonner, Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 197. Prenez garde à ne pas confondre les choses, Bourdaloue, Carême, III, Amour de Dieu, 70. Je crois même que vous devez prendre garde à ne jamais laisser le vin devenir trop commun dans votre royaume, Fénelon, Tél. XI.

    Prendre garde de, et un infinitif construit avec une négation, avoir soin de ne pas… Prends garde de ne t'enfler pas, Bossuet, Hist. II, 7. Si vous vous laissez gagner aux soupçons, si vous prenez facilement des ombrages et des défiances, prenez garde pour le moins de ne les porter pas aux oreilles importantes, Bossuet, Sermons, Charité fratern. Autre conclusion.

    Prendre garde de, et un infinitif construit sans négation, s'efforcer d'éviter. Prenez garde de tomber sur la montée, Baron, Coq. et fausse prude, v, 6.

    En cet emploi, prendre garde signifie éviter de, craindre de. On peut voir dans l'historique des exemples où garde a ce sens de crainte.

  • 6Se donner de garde, se donner garde, se défier, prendre ses précautions. À l'égard de se donner de garde ou de se donner garde, je crois qu'ils sont également usités ; je préférerais néanmoins le premier avec M. de Vaugelas, Vaugelas, Nouv. Rem. Observ. de M***, p. 281. Je venais l'avertir de se donner de garde, Molière, l'Ét. IV, 1. Donnez-vous de garde des faux christs et des faux prophètes, Bossuet, Hist. II, 9. Suétone, dans la vie de Néron, dit que l'oracle de Delphes l'avertit qu'il se donnât de garde des soixante-treize ans, Fontenelle, Oracles, II, 3. Avoir soin de ne pas faire, éviter de. Aussi nous donnerons-nous bien de garde de vous suivre en cela, Pascal, Lett. de Nicole au P. Annat. L'aventure du miroir et de la dame enflée dont vous vous êtes bien donné de garde de me parler, Visé, Devineresse, III, 3. On sait qu'il [Virgile] ordonna, par son testament, que l'on brûlât son Enéide, dont il n'était point satisfait ; mais on se donna bien de garde d'obéir à sa dernière volonté, Voltaire, Ess. poés. ép. 3.

    Se donner de garde d'une chose, l'éviter, la fuir. Donnez-vous de garde de toute avarice, Bossuet, Sermons, Exhort. aux nouv. cathol. 2.

  • 7N'avoir garde de, n'avoir pas la volonté, le pouvoir, être bien éloigné de. Ils n'avaient garde de loger dans le même palais, Corneille, Ex. de Pomp. Je n'ai garde à son rang de faire un tel outrage, Corneille, Nicom. II, 2. Il n'a garde d'aller avouer cela, ce serait faire tort…, Molière, Scapin, I, 6. Ils n'avaient garde de le reconnaître au milieu des flots, Fénelon, Tél. VIII. L'on n'avait garde de changer la récompense éternelle en cette gloire frivole, Massillon, Carême, Aum.

    Fig. N'avoir garde de, en parlant des choses, ne pouvoir pas. Cette pièce fut mon coup d'essai, et elle n'a garde d'être dans les règles, puisque je ne savais pas alors qu'il y en eût, Corneille, Mél. Examen. Cette permission n'avait garde d'être refusée, Hamilton, Gramm. 9.

    Je n'ai garde de commettre cette faute, façon de parler bourgeoise, dit CAILLIÈRES, 1690. On ne voit pas ce qui, même de son temps, a pu décider Caillières à prononcer cet arrêt ; car la locution est employée par les meilleurs écrivains du XVIIe siècle.

  • 8Service de surveillance rempli par une personne ou un corps de personnes. Quatre dames qui sont de garde tour à tour, Sévigné, 181.

    Garde, se dit aussi du service des pages, des gentilshommes, des valets de pied, etc. qui sont tour à tour de service auprès des rois et des princes.

    Service alternatif de vingt-quatre heures que font les élèves en médecine, en pharmacie, attachés à un hôpital, pour donner les secours urgents. L'interne de garde.

  • 9Service de vingt-quatre heures que fait un petit corps de troupe pour garder ou surveiller. Monter la garde, faire ce service ; descendre la garde, retourner à sa caserne ou chez soi quand il est fini. Officier de garde. Si mon compère Pierre est de garde aujourd'hui, Régnier, Sat. X.

    Fig. et familièrement. Descendre la garde, mourir. Faire descendre la garde, tuer. Il a fait descendre la garde à plusieurs ennemis.

    Collectivement. Les soldats qui montent la garde. Relever, doubler, changer la garde. La garde montante. La garde descendante. Maître absolu de tout, il change ici la garde, Corneille, Sertor. v, 5.

    Corps de garde, certain nombre de soldats placés de garde en un lieu. Corps de garde avancé. Poser, établir un corps de garde. En ce sens, le langage militaire dit aujourd'hui plutôt poste.

    Corps de garde, lieu où se tiennent les soldats qui montent la garde. Plaisanteries de corps de garde, voy. CORPS n° 16.

    Absolument. La garde, les soldats ou les officiers de police qui sont postés en un lieu déterminé pour veiller à la sûreté publique. Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N'en défend pas nos rois [de la mort], Malherbe, VI, 18. Point n'est besoin de la garde Qu'appelle en vain le portier, Béranger, Bon ménage. La garde et les amours Se chamaillaient toujours, Béranger, Mad. Grég.

    À la garde ! locution elliptique dont on se sert pour appeler la garde dans un moment de danger.

  • 10Corps de troupes affecté au service près du souverain. Garde royale, impériale. L'artillerie de la garde. La cavalerie de la garde. Les grenadiers de la garde. Seule contre un tyran, en le faisant périr Par les mains de sa garde il me fallait mourir, Corneille, Cinna, III, 4. Déjà sa garde accourt avec des cris de rage, Voltaire, Mérope, v, 6. Il [Louis XI] fit, cette année, quelques nouveaux arrangements dans sa maison ; il augmenta sa garde de cent archers, sous le commandement de Jean Blosset ; c'est le premier établissement des compagnies françaises des gardes du corps, Duclos, Hist. de Louis XI, Œuvres, t. III, p. 28. Il dicta le bulletin de cette journée [bataille de la Moskowa] ; il se plut à apprendre à l'Europe que ni lui ni sa garde n'avaient été exposés, Ségur, Hist. de Nap. VII, 12. Encore n'était-ce que de sa garde, qu'il s'occupait ainsi ; dans l'armée, les soldats se plaignaient de son absence ; ils ne le voyaient plus qu'aux jours des combats, quand il fallait mourir, jamais pour les faire vivre, Ségur, ib. I, 2. Leurs généraux les repoussaient inutilement ; ils se laissaient frapper sans se plaindre, sans se révolter, mais sans s'arrêter, même ceux des gardes royale et impériale ; car, dans toute l'armée, c'était, chaque nuit, des scènes pareilles, Ségur, ib. IX, 13.

    Vieille garde, moyenne garde, jeune garde, différents corps qui faisaient partie de la garde de Napoléon 1er. En cheminant ainsi, il appela Mortier et lui ordonna de faire enfin avancer la jeune garde, mais surtout de ne point dépasser le nouveau ravin qui séparait de l'ennemi, Ségur, Hist. de Nap. VII, 11. Il a fallu qu'ils [les soldats revenant de Moscou] attendissent [devant Smolensk] l'arrivée de la première troupe encore commandée et en ordre, c'était la vieille et la jeune garde ; les hommes débandés n'entrèrent qu'à la suite, Ségur, ib. IX, 14.

    Garde constitutionnelle, garde qui fut accordée à Louis XVI par l'assemblée législative, et qui devait être de 1800 hommes.

  • 11Grand'garde, corps de cavalerie placé à la tête d'un camp pour empêcher que l'armée ne soit surprise.

    Il se dit aussi du corps de garde principal d'une place forte ou d'un camp.

    Garde avancée (dite aussi autrefois garde folle), corps que l'on met au delà de la grand'garde pour plus de sûreté. La garde avancée n'était qu'à la portée du canon de celle des ennemis, Hamilton, Gramm. 5.

  • 12Garde nationale, citoyens armés pour le maintien de l'ordre, et ne recevant point de solde.

    Garde bourgeoise, garde urbaine, garde civique, se dit quelquefois pour garde nationale.

    Garde municipale, troupe sédentaire chargée d'un service de police ; on l'appelle municipale, parce qu'elle est à la solde et aux ordres d'une ville.

    Garde départementale, corps d'infanterie établi, durant le premier empire, dans chaque département.

  • 13Garde d'honneur, troupe choisie pour escorter des personnages auxquels on rend des honneurs militaires.

    Il se dit aussi d'une réunion de citoyens qui, volontairement, servent de gardes à un souverain, à un prince, etc. pendant son séjour dans la ville ou le pays.

    Garde d'honneur, s'est dit d'une levée qui se fit en 1813 et 1814 de jeunes gens de bonne famille qui s'étaient rachetés une ou plusieurs fois de la conscription et qui furent formés en corps de cavalerie.

  • 14La partie d'une épée, d'un sabre ou d'un poignard qui sert à couvrir la main. Son épée dont la garde était d'or, Fénelon, Tél. XVI. Les gardes d'épées et sabres seront marquées et contre-marquées aux branches et plaques, Règlement orfév. 30 déc. 1679. À ces mots, il tourna la pointe de son épée contre son estomac, la plongea jusqu'à la garde, et tomba sur le corps de don Juan, Lesage, Diabl. boît. 15.

    Monter une garde, établir la garde d'une épée telle qu'elle doit être ; fig. et familièrement, monter une garde à quelqu'un, le réprimander vivement. Telle est du moins l'explication que l'Académie donne de cette locution singulière.

    On a dit au pluriel les gardes d'une épée ; de là la locution familière et figurée : s'en donner jusqu'aux gardes, boire et manger tout son soûl, et, en général, prendre d'un plaisir sans réserve ni modération. Je boirai, je pétunerai [je prendrai du tabac], Jusqu'aux gardes m'en donnerai, Scarron, Virg. V. La Rappinière but tant qu'il s'enivra, et la Rancune s'en donna aussi jusqu'aux gardes, Scarron, Rom. com. I, 4.

  • 15 Terme d'escrime. La garde, l'attitude du bras quand on tient l'épée pour le combat.

    La garde haute, basse, tenir le poignet haut, bas.

    Se mettre, se tenir en garde, se mettre, se tenir en état de défense l'épée à la main.

    Elliptiquement. En garde ! Mettez-vous en garde. Une, deux ! un saut en arrière ! en garde, monsieur, en garde ! Molière, B. gent. II, 3.

    Fig. Se tenir, être en garde, se défier, veiller à n'être point surpris. Moins en garde contre elle que contre Rochester, Hamilton, Gramm. 9. Je redeviens homme, et homme en garde contre les plaisirs, Fénelon, Dial. des morts anc. dial. 6. Soyez en garde contre votre humeur, Fénelon, Tél. XXIV. Une persécution contre laquelle on n'est point en garde, Massillon, Avent, Épiph. Nous devons être en garde contre notre cœur, Massillon, Panég. Mart. On est en garde, on doute enfin si l'on rira, Gresset, Méchant, IV, 7.

    Fig. Être hors de garde, être déconcerté dans ses mesures. Tu vas sortir de garde et perdre tes mesures ; Explique, si tu peux, encor ses impostures, Corneille, Ment. III, 3. Léandre pour nous nuire est hors de garde enfin, Molière, l'Ét. III, 5. Vous le pourrez longtemps mettre encor hors de garde, Th. Corneille, Feint astrol. II, 5.

    Il y a quatre gardes générales de l'épée : la prime ou première garde ; la seconde garde, improprement appelée tierce par quelques-uns ; la tierce ou la troisième garde ; et la quarte ou la quatrième garde ; de là la locution figurée : être, se mettre, se tenir sur ses gardes, c'est-à-dire faire attention à ne pas se laisser surprendre. Nous avons besoin de nous tenir sur nos gardes, Sévigné, 501. Il se tiendra sur ses gardes assurément, Molière, Fourb. de Scap. II, 9. La vedette se mit sur ses gardes, Hamilton, Gramm. 5. Il faut en ce pays être un peu sur ses gardes, Regnard, Ménechmes, II, 2.

    L'Académie a placé cette locution sous la rubrique de surveillance, dans l'article. Mais les gardes de l'escrime montrent ce qu'est véritablement cette locution. Pourtant il faut remarquer qu'elle est déjà dans Froissart ; et sans doute dès lors l'escrime avait ses gardes.

  • 16 Terme de jeu de cartes. Petite carte de même couleur qu'un roi ou une carte principale, et qui protège ce roi, cette carte principale.

    Fig. et familièrement. Avoir toujours garde à carreau, être toujours prêt à se défendre, à riposter.

  • 17S. f. pl. Terme de serrurier. Petites pointes de fer qui entrent dans les fentes du panneton d'une clef, et qui empêchent la clef de tourner, lorsqu'on y fait le moindre changement. J'aurais peut-être le temps de changer ce qu'il a imité ; je ferais comme les gens qu'on a volés, qui changent les gardes de la serrure, Voltaire, Lett. Thiriot, 25 déc. 1735.

    Gardes d'une clef, les entailles du panneton dans lesquelles passent les garnitures de la serrure.

  • 18 Terme de librairie. Feuillet que l'on met au commencement et à la fin d'un livre. Il est tout à fait désagréable de voir près d'un titre roux une garde extrêmement blanche ; il est essentiel que la teinte des gardes s'accorde avec le papier du livre, Lesné, la Reliure, p. 146.
  • 19 Terme de reliure. Bande de parchemin entaillée elle-même par petites bandes qui doivent être collées dans les entre-nerfs. Pour les livres un peu soignés on met de chaque côté de la battée une garde ou chemise, Manuel du relieur, p. 55.

    Fausse garde, synonyme d'onglet.

  • 20Garde, se dit des anneaux qui soutiennent un peson, une romaine.

    Garde faible, celle qui est la plus éloignée du centre de la balance ; garde forte, celle qui en est la plus proche.

  • 21 Terme de rubanier. Bande de papier qui tient le peigne fixé dans le battant.
  • 22 Terme de marine. Planche clouée sur deux pièces de bois pour les relier momentanément.

    Espèce de jumelle que l'on applique sur une pièce qui a éclaté, afin de la consolider.

    Gardes ou palans de garde, les deux palans qui servent à maintenir la corne d'artimon.

    Garde montante, nom donné par les pilotes de la Seine à l'aussière de terre qui soutient le bâtiment contre la marée.

  • 23 Au pluriel. Morceaux de bois placés aux deux bouts des peignes du tisserand pour en assujettir les broches.

    Terme de verrier. Morceaux de verre que l'on place dans le poêle pour faire connaître le moment de la calcination.

    Terme de vénerie. Gardes, les os de derrière ou ergots des jambes d'une bête fauve, cerf, sanglier, etc. près des pieds.

REMARQUE

Entre les locutions se donner garde et se donner de garde, la première est la plus ancienne, et se trouve dès le XIIe siècle ; elle est claire et s'entend de soi : se donner garde, c'est donner à soi garde, attention, surveillance pour quelque chose. La seconde, plus récente, se trouve dans Froissart, et ne s'explique pas facilement. On peut croire pourtant qu'elle est née d'un changement de l'idée sur se donner : se donner garde, c'est donner à soi garde ; se donner de garde, c'est donner soi avec garde ; de garde doit signifier avec garde, comme du front signifie avec le front dans donner du front contre quelque chose. On écrira sans difficulté : ils, elles se sont donné garde. Mais comment écrira-t-on avec de garde ? Les grammairiens ne disent rien là-dessus. Si l'explication que nous venons de proposer est juste, il faut écrire : ils se sont donnés, elles se sont données de garde. En tout cas, l'orthographe : ils se sont donné de garde, se résout en : ils ont donné à soi de garde ; ce qui ne signifie rien. Voyez aussi à FRONT n° 1 : se donner du front contre quelque chose, qui soulève la même question.

HISTORIQUE

XIe s. Dient Franceis : il nous i convient garde, Ch. de Rol. XII.

XIIe s. Quant moins se donent garde cil qui sont au crenel, Sax. IX. Prist guarde à Habraam, à qui Deus comanda Que de sa terre eissit, e li bers s'en ala, Guerpi ses conissanz…, Th. le mart. 65. E mist ses guardes en Damasches, si qu'il de Syrie rechut [reçut] servise e treud [tribut], Rois, p. 147.

XIIIe s. Cele porte, où li Grieu issoient plus sovent, ot [eut] Pieres de Braiecuel en garde, Villehardouin, LXXVI. Li pelerin ne vous assaudront mie ; ne d'eus n'avez vous garde, se vous volez deffendre des Veniciens, Villehardouin, XLVII. Or soit Dix et li siens Garde des deus loiaus amans, Bl. et Jeh. 3366. Nus serreuriers ne puet vendre à Paris serreure neuve, se ele n'est garnie de toutes gardes, quar ele est fause, Liv. des mét. 51. Ains t'aura mes peres en garde, Et norrira nous deux ensemble, la Rose, 5850. Bestes qui sont prises à garde fete, en damaces, si comme en taillis ou en vignes, el tans qu'eles sont deffendues…, Beaumanoir, XXX, 57. Toutes les foiz que la royne s'escrioit, il disoit : dame, n'aiés garde [crainte], car je suis ci, Joinville, 252. Et sachiez que, se il se feussent pris garde de nous, il nous eussent tous mors [tués], Joinville, 227. Mauvaise convoitise li feroit faire la garde dou loup [trahir ses devoirs de tuteur], Ass. de Jérusal. p. 123, dans LACURNE.

XIVe s. Sur vos gardes soiez et main [matin] et anuitier, Guesclin. 21958. La dame de Lalande comme garde [tutrice] de ses enfans, Du Cange, warda.

XVe s. Et fit reparer la ville et la forteresse tellement qu'elle n'avoit garde d'assaut que on y fit, sur un mois ou deux, Froissart, I, I, 222. Le sire de Montmorency qui bien se donna de garde de ce tour…, Froissart, I, I, 140. [Le roi d'Angleterre, qui vouloit d'abord faire mourir messire Hervey, lui accorde la liberté à rançon] le chevalier en eut grand joie quand il entendit qu'il n'auroit garde de mourir, Froissart, I, I, 214. Aussi la guete du chastel ouït la frainte et l'aperçut de sa garde : si fut tout esbahi, et commença à sonner et à corner de sa bucine, Froissart, I, I, 79. Aimery, viens avant, tu sais que je t'ai donné en garde la chose du monde que plus aime après ma femme et mes enfans…, Froissart, I, I, 326. Dites à vos gens qu'ils soient tousjours nuit et jour pourvus et sur leurs gardes, Froissart, II, II, 53. Pour avoir fait ou [au] guischet de la porte une clef, abillé les gardes…, Bibl. des chartes, 3e série, t. IV, p. 389. Il y crut competemment de blez qui furent bons et de garde, J. de Troyes, Chron. 1460. Le suppliant se transporta en une garde ou mestoierie [métairie], Du Cange, garda. Je n'avois garde de rien conclure, car on ne me disoit rien, Commines, VIII, 7. La gente demoiselle se donnoit garde [regardait] souvent se son ami viendroit point, Louis XI, Nouv. LXI.

XVIe s. La resolution du conseil feut que, en tout evenement, ilz se tiendroient sur leurs gardes, Rabelais, Pant. IV, 37. Il la cherissoit plus que de coutume et prenoit plus près garde sur elle, Marguerite de Navarre, Nouv. X. Quand je me prends garde de prez aux plus glorieux exploits de la guerre, Montaigne, I, 132. L'aultre desdaigne d'en haster son pas et se mettre sur sa garde, Montaigne, II, 105. On me feit monter sur un cheval qui n'avoit garde de leur eschapper, Montaigne, IV, 229. L'histoire est la plus seure garde que les hommes puissent laisser de leurs faicts en ce monde, Amyot, Préf. 27. Il se jetta hors de son camp sans avoir autour de sa personne une seule garde ny un seul escuyer, Amyot, Lucull. 31. Laissant Sornatius avec six mille combatans, à la garde du royaume de Pont, Amyot, ib. 43. Les chefs et soldats de ses gardes, au lieu de gardes estoient geoliers, D'Aubigné, Hist. Préf. 7. S'estant avancé à cafourchons sur les gardes du pont, D'Aubigné, ib. I, 336. L'autre mit l'espée jusques aux gardes dans le ventre de son prisonnier, D'Aubigné, ib. 169. Les gardes se posoient par tout tambour battant, D'Aubigné, ib. II, 234. Il trouva le corps de garde esmeu pource que…, D'Aubigné, ib. II, 440. Les autres, fermans le corps de garde, s'y deffendoient, D'Aubigné, ib. III, 317. La chose precieuse est de mauvaise garde [difficile à garder], Ronsard, 249. Pere et mere, ayol et ayolle ont garde des enfans soubz aage, Grand coust. de France, liv. II, p. 345, dans LACURNE. Les vassaux qui doivent gardes de leurs corps les doivent faire quand elles leur sont commandées, Coust. génér. t. II, p. 546. Les plus ciairs voyans qui cognoissoient le naturel de la royne se doutoient bien de quelque garde de dedans [rancune], Brantôme, Dames illustres, p. 252, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. GARDE.
15Ajoutez :

Garde meurtrière, voy. MEURTRIER.

24 Terme juridique. Garde à vue de bétail, action de celui qui fait paître, en les gardant, ses propres bestiaux dans le champ d'autrui. Le garçon boucher a déjà été condamné autrefois pour garde à vue de bestiaux, Gaz. des Trib. 11 juin 1874, p. 557, 1re col.

REMARQUE

Ajoutez :

2. Au n° 5, deux emplois de prendre garde de et un infinitif sont inscrits : prendre garde de ne pas…, avoir soin de ne pas ; et prendre garde de, sans négation à l'infinitif suivant, s'efforcer d'éviter. Il y a lieu d'ajouter un troisième emploi : Il faut prendre garde d'éviter l'équivoque, Bossuet, Projet. Ici, prendre garde signifie veiller à. En présence de ces variétés d'emplois, quand on se servira de prendre garde de, il faudra bien vérifier si le contexte détermine exactement le sens.

3. On trouve avoir garde de, dans le sens de n'avoir garde de (voy. GARDE, n° 7). Quand nous le rencontrions ainsi absorbé [Gérard de Nerval], nous avions garde de l'aborder brusquement, de peur de le faire tomber du haut de son rêve comme un somnambule qu'on réveillerait en sursaut,…, Th. Gautier, le Bien public, 21 avril 1872. Cette locution, peu usitée, n'est pas incorrecte ; car garde y a le sens qu'il a dans certains emplois de prendre garde.

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Étymologie de « garde »

Voy. GARDER ; bourguign. gade ; picard. warde ; wallon, wâd ; provenc. garda, guarda ; espagn. et portug. guarda ; ital. guardia.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(Date à préciser) Du germanique warda (« surveillance »), de l’indo-européen wer- (même sens) [1].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « garde »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
garde gard

Fréquence d'apparition du mot « garde » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « garde »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « garde »

  • Le serpent change de peau, mais garde sa nature.
    Proverbe français
  • Qui garde sa bouche garde son âme.
    La Bible — Le Livre des proverbes
  • Que les consuls prennent garde !
    Anonyme
  • L’être ou le néant, voilà le problème. Monter, descendre, aller, venir, tant fait l’homme qu’à la fin il disparaît. Un taxi l’emmène, un métro l’emporte, la tour n’y prend garde, ni le Panthéon. Paris n’est qu’un songe, Gabriel n’est qu’un rêve (charmant), Zazie le songe d’un rêve (ou d’un cauchemar) et toute cette histoire le songe d’un songe, le rêve d’un rêve, à peine plus qu’un délire tapé à la machine par un romancier idiot (oh ! pardon)...
    Raymond Queneau — Zazie dans le métro
  • Un naufragé garde l’horreur des flots, même tranquilles.
    Ovide — Les pontiques
  • La médiocrité est un garde-fou.
    Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu — Mes pensées
  • Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre Est sujet à ses lois* Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N'en défend point nos rois.
    François de Malherbe — Stances
  • Une haie de séparation garde verte l’amitié.
    Proverbe allemand
  • Prends garde, Chicago ! Nous voici !…
    Hergé — Milou dans Tintin en Amérique
  • Prends garde au lendemain du succès !
    Titu Maiorescu
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Traductions du mot « garde »

Langue Traduction
Anglais keep
Espagnol mantener
Italien mantenere
Allemand behalten
Chinois 保持
Arabe احتفظ
Portugais guarda
Russe держать
Japonais 保つ
Basque gorde
Corse guardà
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Synonymes de « garde »

Source : synonymes de garde sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « garde »

Combien de points fait le mot garde au Scrabble ?

Nombre de points du mot garde au scrabble : 7 points

Garde

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