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Démission

Sommaire

  • Définitions du mot démission
  • Étymologie de « démission »
  • Phonétique de « démission »
  • Évolution historique de l’usage du mot « démission »
  • Citations contenant le mot « démission »
  • Images d'illustration du mot « démission »
  • Traductions du mot « démission »
  • Synonymes de « démission »
  • Antonymes de « démission »

Définitions du mot démission

Trésor de la Langue Française informatisé

DÉMISSION, subst. fém.

A.− Domaine officiel
1. [Souvent avec un compl. prép. de marquant la fonction qu'on quitte]
a) Action, fait pour une personne ou une collectivité de renoncer, généralement de plein gré, à une fonction, à une charge, à une dignité. Démission collective; accepter une démission; offrir sa démission. On lui a demandé sa démission (Ac.1798-1878).J'ignorais la démission du cabinet allemand (Martin du G., Thib.,Épil., 1940, p. 997).
Donner à qqn sa démission de qqc. (activité, place, association), en qualité de (titulaire d'une fonction, etc.).Donner sa démission de membre de... Donner sa démission (d'un emploi) en faveur de quelqu'un (Ac.1835-1932).Toudouze (...) nous annonce qu'il va donner sa démission du comité des Gens de Lettres (Goncourt, Journal,1894, p. 668).
Démission d'office (p. euphém.). Démission masquant une révocation, imposée à un agent du service public (cf. Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 270).
P. anal., iron. J'ai donné ma démission de pique-assiette (Balzac, Cous. Pons,1847, p. 69).
b) P. méton. Acte écrit dans lequel on notifie sa volonté de se démettre. Envoyer, remettre sa démission. Julien regardait en silence l'abbé qui relisait la démission (Stendhal, Rouge et Noir,1830, p. 204).
2. Vx et rare. [Avec un compl. prép. de ou un adj. marquant un avantage matériel] Action de renoncer à un avantage attaché à la fonction qu'on abandonne. Les démissions financières de Chateaubriand (Chateaubr., Mém.,t. 3, 1848, p. 747).
Spéc., DR. Démission de biens. Acte par lequel une personne renonçait de son vivant à tous ses biens en faveur de ses héritiers présomptifs, tout en conservant le droit de révoquer cette démission. Synon. rare de partage d'ascendants, avec dessaisissement irrévocable.Il les renvoya en dissertant sur la loi : la démission de biens était immorale (Zola, Terre,1887, p. 333).
B.− P. anal.
1. Action, fait de renoncer à quelque chose, en particulier à certaines valeurs auxquelles on est ou devrait être attaché. J'y finirai mes jours en paix, donnant (...) démission de mes espérances, de mes ambitions et de tout (Balzac, Lettres Étr.,t. 1, 1850, p. 484).
2. Spécialement
a) Péj. Attitude personnelle ou collective de fuite devant la tâche à accomplir; attitude de soumission passive. Pour l'homme, vivre c'est désirer. J'ai donné Ma démission, moi, le jour où je suis né (Hugo, Théâtre en lib.,Mangeront-ils? 1885, I, 4, p. 146).Démission lucide et désabusée du style (Thibaudet, Réflex. crit.,1936, p. 70).
P. ext. Sacrifice (par faiblesse) d'une valeur :
1. ... à tout le moins n'eût-il jamais voulu [Pascal] d'une « acceptation » qui nous « dispense de chercher notre voie » et qui implique une démission préalable de la raison. Massis, Jugements,1923, p. 234.
b) Non péj., rare. Renoncement par humilité religieuse :
2. ... que vos pénitences et que vos contritions même les plus amères Soient des pénitences de détente, Malheureux enfants, et des contritions de rémission Et de remise en mes mains et de démission [dit Dieu] Péguy, Le Mystère des Saints Innocents,1912, p. 39.
Prononc. et Orth. : [demisjɔ ̃]. Ds Ac. dep. 1694. Les transcr. du xixes. permettent de saisir un aspect de la genèse d'une écriture phonét. dans le passage de c à s dans la transcr. du [s] final du rad. (à partir de Nod. 1844), innovation possible, tout en conservant au s intervocalique sa valeur orth., grâce à l'indication, gén. au xixes., de la syllabation. 1reutilisation d'un s redéfini chez Fél. 1851, qui n'a plus l'indication de la syllabation. Étymol. et Hist. 1. 1338 « renonciation » (A.N.M.M. 1094, pièce 9 ds Gdf. Compl.); 2. 1618-20 « déchéance, abdication (d'une personne) » (Aubigné, Hist., II, 195 ds Gdf. Compl.). 2 empr. morphol. au lat. class. demissio (de demittere) « abaissement, affaissement »; 1 le sens de renonciation d'apr. (se) démettre (dis-mittere). Fréq. abs. littér. : 698. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 265, b) 928; xxes. : a) 1 031, b) 770. Bbg. Wehrlin (É.). Le Nouv. lang. de l'Église. Vie Lang. 1972, p. 222.

Wiktionnaire

Nom commun

démission \de.mi.sjɔ̃\ féminin singulier

  1. (Travail) Acte par lequel on se démet d’une dignité, d’un emploi, etc.
    • Démission volontaire.
    • Démission forcée.
    • On n’a pas voulu recevoir, accepter sa démission.
    • Demander à quelqu’un, exiger de quelqu’un sa démission.
    • Il a été le premier à offrir sa démission.
    • Donner sa démission d’un emploi en faveur de quelqu’un.
  2. Manquement durable à sa mission, à son devoir.
    • On ne dira jamais assez l'importance de l'éducation qui aujourd'hui, avec la démission de l’État, se fait beaucoup, malheureusement, sur des réseaux Internet vulgaires et dangereux. — (Kader Attia, Interview par Yasmine Youssi, Télérama n°3393, janvier 2015)
    • La démission des parents.
  3. (Figuré) Renoncement ; reniement.
    • Qu'a-t-il été faire, un soir, […], en ce bouge à marins ? […] Quelle démission de sa fierté a pu le conduire en cette rue infâme, le jeter dans un lit mercenaire ? La fille avachie, hâtive, soucieuse d'autre clients. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DÉMISSION. n. f.
Acte par lequel on se démet d'une dignité, d'un emploi, etc. Démission volontaire. Démission forcée. On n'a pas voulu recevoir, accepter sa démission. Demander à quelqu'un, exiger de quelqu'un sa démission. Il a été le premier à offrir sa démission. Donner sa démission d'un emploi en faveur de quelqu'un. En termes de Jurisprudence, Démission de biens, Abandon général qu'une personne faisait de ses biens à ses héritiers présomptifs, moyennant certaines charges et conditions.

Littré (1872-1877)

DÉMISSION (dé-mi-sion ; en poésie, de quatre syllabes) s. f.
  • 1Acte par lequel on renonce à une dignité, à un emploi. La démission des ministres a été acceptée. Ils n'ont point donné leur démission, Sévigné, 394. Après sa démission du protectorat, Richard Cromwell voyagea en France, Voltaire, Louis XIV, 6.

    Il se dit aussi quelquefois de l'acte par lequel on ôte à quelqu'un un emploi. Les intérêts de M. de Pomponne ne sont pas encore réglés ; il a sa démission et n'a point encore d'argent, Sévigné, 396.

  • 2Ancien terme de jurisprudence. Démission de biens, abandon général qu'une personne faisait de ses biens à ses héritiers présomptifs, moyennant certaines charges et conditions.

    Terme féodal. Démission de foi, aliénation que faisait un vassal d'une partie de fief sans rétention de foi, en sorte que cette partie était, par le nouveau possesseur, tenue en plein fief.

HISTORIQUE

XVIe s. Autant de discorde à l'eslection, que de convenance à la desmission, Montaigne, IV, 83. Se jouer de son fief [le démembrer] sans demission de foi [sans perdre son droit de seigneur], Loysel, 641. Declarant par mots exprés qu'il y a entreregne, afin que nul d'entre vous ne puisse pretendre cause d'ignorance de cette desmission [déchéance], D'Aubigné, Hist. II, 195. Depuis qu'il est parvenu au supresme grade d'honneur de la chrestienté, par la demission que luy a faicte de la couronne imperiale l'empereur Charles V son frere, Carloix, VIII, 26.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

DÉMISSION. Ajoutez :
3Abnégation. Ne vous jugez point, mais laissez vous juger avec une entière démission d'esprit par celui que vous avez choisi pour vous conduire, Fénelon, Lett. spirit. 86. C'est un latinisme.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

DÉMISSION, s. f. (Jurisprud.) en général est un acte par lequel on quitte quelque chose. Il y a démission d’un bénéfice, démission de biens, d’une charge ou office, démission de foi, démission de possession. (A)

Démission d’un bénéfice, qu’on appelle aussi résignation, est l’acte par lequel un ecclésiastique renonce à un bénéfice dont il étoit pourvû.

On distingue deux sortes de démissions, savoir la démission pure & simple, & celle qui se fait en faveur d’un autre.

La démission pure & simple, qui est la seule proprement dite, est celle par laquelle le pourvû renonce purement & simplement à son bénéfice, sans le transmettre à un autre ; au lieu que la démission en faveur, qu’on appelle plus ordinairement résignation en faveur, est un acte par lequel le pourvû ne quitte son bénéfice, que sous la condition, & non autrement, qu’il passera à son résignataire.

La voie la plus canonique pour quitter un bénéfice, est la démission pure & simple ; aussi n’en connoissoit-on point d’autre dans la pureté de la discipline ecclésiastique. C’est de cette espece de démission qu’il est parlé aux decrétales, tit. de renuntiat. les résignations en faveur ne se sont introduites que dans le tems du schisme, qui étoit favorable au relâchement.

La démission pure & simple se fait communément entre les mains de l’ordinaire, lequel au moyen de cette démission peut disposer du bénéfice au profit de qui bon lui semble.

Il arrive néanmoins quelquefois que la démission pure & simple se fait entre les mains du pape ; mais ces sortes de démissions sont extraordinaires, étant inutile de recourir à l’autorité du pape pour une simple abdication d’un bénéfice, laquelle se fait par une voie bien plus courte entre les mains de l’ordinaire. On ne pratique guere ces démissions pures & simples entre les mains du pape, que quand le résignant se défie de la légitimité de sa possession, & qu’il craint que sa résignation ne fût inutile au résignataire ; en ce cas on s’adresse au pape, qui après avoir admis la démission pure & simple, accorde ordinairement le bénéfice à celui pour qui on le demande. On fait aussi de ces démissions quand on veut faire continuer la collation d’un bénéfice en commende : il y a presque toûjours de la confidence de la part de ceux qui poursuivent l’admission de ces sortes de démissions pures & simples en cour de Rome.

Quoi qu’il en soit, lorsque le pape confere sur une telle démission, les provisions qu’il donne en ce cas ne sont pas datées du jour de l’arrivée du courier comme les autres qu’il donne pour la France ; elles ne sont datées que du jour qu’elles sont expédiées.

Lorsque la démission pure & simple se fait entre les mains de l’ordinaire, il ne donne point d’autre acte sur la démission que les provisions mêmes, en ces termes : donnons & conférons ledit bénéfice vacant par la démission pure & simple faite en nos mains. Au lieu que quand la démission se fait entre les mains du pape, il y a en ce cas deux signatures ; une pour l’admission de la démission, & qui déclare que le bénéfice est vacant par cette démission ; l’autre est la signature de provision sur la démission. Voyez la pratique de cour de Rome de Castel, tome II. p. 28. & suiv.

Pour ce qui est de la démission en faveur, qu’on appelle plûtôt résignation en faveur, voyez Resignation. (A)

Démission de biens, est un acte & une disposition par lesquels quelqu’un fait de son vivant un abandonnement général de ses biens à ses héritiers présomptifs.

Ces sortes d’abandonnemens se font ordinairement en vûe de la mort & par un motif d’affection du démettant pour ses héritiers. Quelquefois aussi le démettant, âgé & infirme, a pour objet de se débarrasser de l’exploitation de ses biens, à laquelle il ne peur plus vaquer, & de se procurer une vie plus douce & plus tranquille, au moyen des conditions qu’il ajoûte à sa démission, comme de le nourrir, loger & entretenir sa vie durant, ou de lui payer une pension viagere.

La démission de biens doit imiter l’ordre naturel des successions, car c’est une espece de succession anticipée ; c’est pourquoi elle est sujette aux mêmes regles que les successions : par exemple, un des démissionnaires ne peut être avantagé plus que les autres, à l’exception du droit d’aînesse ; le rapport a lieu dans les démissions en directe comme dans les successions ; la démission fait des propres, & produit les mêmes droits seigneuriaux qu’auroit pû produire la succession.

La plus grande différence qu’il y ait entre une succession & une démission, c’est qu’aux successions c’est le mort qui saisit le vif, au lieu qu’aux démissions c’est une personne vivante qui saisit elle-même ses héritiers présomptifs, du moins, quant à la propriété ; elle leur transmet aussi quelquefois la possession actuelle.

Ces sortes d’actes peuvent se faire dans toutes sortes de pays ; mais ils sont plus fréquens qu’ailleurs dans les provinces de Bourgogne, Bourbonnois, Nivernois, Normandie, & sur-tout en Bretagne.

Les démissions ne se pratiquent guere que de la part des pere, mere, & autres ascendans en faveur de leurs enfans & petits-enfans, & sur-tout entre les gens de la campagne & autres d’un état très-médiocre.

On ne peut pas regarder la démission comme une véritable donation entre-vifs, attendu qu’elle est révocable jusqu’à la mort, du moins dans la plûpart des parlemens où elle est usitée.

Elle peut bien être regardée, par rapport au démettant, comme une disposition de derniere volonté faite intuitu mortis, & semblable à cette espece de donation à cause de mort, dont il est parlé dans la loi seconde, au digeste de mortis causâ donat. cependant la démission n’est pas une véritable donation à cause de mort ; car, outre qu’elle n’est point sujette aux formalités des testamens, quoiqu’elle soit révocable, elle a un effet présent, sinon pour la possession, au moins pour la propriété.

On doit donc plûtôt la mettre dans la classe des contrats innommés do ut des, puisque le démettant met toûjours quelques conditions à l’abandonnement général qu’il fait de ses biens, attendu qu’il faut bien qu’il se réserve sa subsistance de façon ou d’autre, soit par une réserve d’usufruit, ou d’une pension viagere, ou en stipulant que ses enfans seront tenus de le loger, nourrir & entretenir sa vie durant.

Les conditions nécessaires pour la validité d’une démission, sont :

1°. Le consentement de toutes les parties, & l’acceptation expresse des démissionnaires ; car on n’est point forcé d’accepter une démission, non plus qu’une succession.

2°. Il faut qu’elle soit en faveur des héritiers présomptifs, sans en excepter aucun de ceux qui sont en degré de succéder, soit de leur chef, ou par représentation.

3°. Si la démission contient un partage, il faut qu’il soit entierement conforme à la loi.

4°. Que la démission soit universelle comme le droit d’hérédité : le démettant peut néanmoins se réserver quelques meubles pour son usage, même la faculté de disposer de quelques effets, pourvû que ce qui est réservé soit fixe & certain.

5°. Que la démission soit faite à titre universel, & non à titre singulier ; c’est-à-dire, que si l’ascendant donnoit seulement tels & tels biens nommément, sans donner tous ses biens en général, ce ne seroit pas une démission.

6°. La démission doit avoir un effet présent, soit pour la propriété ou pour la possession, tant que la démission n’est point révoquée.

Quand le démettant est taillable, & veut se faire décharger de la taille qu’il payoit pour raison des biens dont il s’est démis, il faut que la démission soit passée devant notaires, qu’elle soit publiée à la porte de l’église paroissiale un jour de dimanche ou fête, les paroissiens sortant en grand nombre ; que l’acte de démission soit ensuite homologué en l’élection dont le lieu du domicile dépend ; que cet acte & la sentence d’homologation soient signifiés à l’issue de la messe de paroisse, un jour de dimanche ou fête, en parlant à cinq ou six habitans, & au syndic ou marguillier de la paroisse à qui la copie doit en être laissée ; enfin, que le démettant réitere cette signification avant la confection du rôle.

Au moyen de ces formalités, le démettant ne doit plus être imposé à la taille que dans la classe des invalides & gens sans bien ; & ce qu’il payoit de plus auparavant, doit être rejetté sur les démissionnaires s’ils sont demeurans dans la paroisse, sinon les habitans peuvent demander une diminution.

La démission proprement dite, est de sa nature toûjours révocable jusqu’à la mort, quelque espace de tems qui se soit écoulé depuis la démission, & quand même les biens auroient déja fait souche entre les mains des démissionnaires & de leurs représentans ; ce qui a été ainsi établi, afin que ceux qui se seroient dépouillés trop légerement de la totalité de leurs biens pussent y rentrer, supposé qu’ils eussent lieu de se repentir de leur disposition, comme il arrive souvent, & c’est sans doute pourquoi l’Ecriture semble ne pas approuver que les pere & mere se dépouillent ainsi totalement de leurs biens de leur vivant : melius est ut quam te rogont, quam te recipere in manus siliorum tuorum. Eccles. cap. xxiij. v° 22. In tempore exitus tui distribue hæreditatem tuam. Ibidem, v°. 24.

On excepte néanmoins les démissions faites par contrat de mariage, qui sont irrévocables, comme les donations entre-vifs.

La démission faite à un collatéral est révoquée de plein droit par la survenance d’un enfant légitime du démettant, suivant la loi 8. au code de rev. donat.

Quand la démission est faite en directe, la survenance d’enfant n’a d’autre effet, sinon que l’enfant qui est survenu est admis à partage avec les autres enfans démissionnaires.

La révocation de la démission a un effet rétroactif, & fait que la démission est regardée comme non-avenue, tellement que toutes les dispositions, aliénations & hypotheques que les démissionnaires auroient pû faire, sont annullées.

Lorsqu’un des démissionnaires vient à décéder du vivant du démettant, la démission devient caduque à son égard, à moins qu’il n’ait des enfans ou petits-enfans habiles à le représenter ; s’il n’en a point, sa part accroît aux autres démissionnaires.

Il est libre aux démissionnaires de renoncer à la succession du démettant, & par ce moyen ils ne sont point tenus des dettes créées depuis la démission ; ils peuvent aussi accepter la succession par bénéfice d’inventaire, pour n’être tenus de ces dettes que jusqu’à concurrence de ce qu’ils amendent de la succession.

En Bretagne on suit des principes particuliers pour les démissions de biens ; elles n’y sont permises qu’en faveur de l’héritier principal & noble, & non entre roturiers. On y peut faire une démission d’une partie de ses biens seulement. Les démissions doivent être bannies & publiées en la maniere prescrite par l’art. 537. ce qui n’est nécessaire néanmoins que par rapport aux créanciers. Les démissions y sont tellement irrévocables, que si le démettant se marie, les biens dont il s’est démis ne sont pas sujets au doüaire. Enfin les droits seigneuriaux ne sont acquis au seigneur qu’au tems de la mort du démettant.

Voyez les questions sur les démissions de biens par M. Boulenois. Dargentré, sur la coût. de Bretagne, art. 537. 560. & 577. Perchambaut, sur le tit. xxiij. §. 9. Frain, plaid. 87. Devolant, acte de notoriété de 1695. Durail, liv. III. ch. xl. Ricard, des donations, n. 994. & 1150. Dupineau, liv. VI. de ses arrêts, ch. xviij. Le Brun, des successions, liv. I. ch. j. sect. 5. & liv. II. ch. iij. sect. I. n. 7. Auzanet & Ferrieres sur les art. 274. & 277. de la coûtume de Paris. Bardet, tome II. liv. VIII. ch. xxiij. Journ. des aud. t. I. liv. IV. ch. xxij. & liv. V. chap. v. & xvj. Journ. du palais, arrêt du 17. Mars 1671. La coûtume du Nivernois, tit. des success. art. 17. celle du Bourbonnois, art. 216. celle de Bourgogne, tit. des successions, art. 8. Basnage sur les articles 252, 434. & 448. de la coût. de Normandie. (A)

Démission d’une Charge. Voyez ci-après Demission d’un Office.

Démission de Foi est lorsque le vassal, en démembrant son fief, ne retient point la foi & hommage de la portion qu’il aliene, c’est-à-dire, qu’il ne se charge point de porter la foi au seigneur dominant pour cette portion, mais en forme un fief séparé & indépendant du surplus, de maniere que l’acquéreur de cette portion doit porter directement la foi & hommage au seigneur dominant de la totalité du fief, & non au vassal qui a fait le démembrement ; la plûpart des coûtumes permettent au vassal de se jouer de son fief, mais jusqu’à démission de foi. Voyez Démembrement & Foi et hommage. (A)

Démission d’un Office, Charge ou Commission, est lorsque celui qui est pourvû d’un office ou autre place, déclare purement & simplement qu’il s’en démet, c’est-à-dire qu’il y renonce, & n’entend plus l’exercer ni en faire aucunes fonctions.

Un officier royal qui donne sa démission entre les mains de M. le Chancelier, ne peut pas quitter ses fonctions que sa démission ne soit acceptée ; ce qui est conforme à ce qui se pratiquoit chez les Romains pour les magistratures ; en effet, on voit que Dion se plaint que Cesar avoit violé les lois du pays, en se démettant du consulat de sa propre autorité.

Depuis que la plûpart des offices sont devenus parmi nous vénaux & héréditaires, on n’en fait point de démission pure & simple ; mais celui qui veut se démettre, fait une résignation en faveur de celui auquel il veut transmettre son office, de sorte qu’il n’y a plus que les charges & commissions non vénales dont on fasse quelquefois une démission pure & simple.

Un officier de seigneur donne sa démission au seigneur duquel il tenoit son pouvoir. Voyez Office & Résignation d’Office. (A)

Démission de possession & de propriété dans les coûtumes de vêt & dévêt, est une formalité nécessaire pour mettre en possession le nouveau propriétaire : celui qui lui transmet la propriété, déclare dans le procès-verbal de prise de possession que fait le nouveau propriétaire, qu’il s’est démis & dévêtu en faveur de ce nouveau propriétaire de l’héritage dont il s’agit. Voyez Vêt & Devêt. (A)

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Étymologie de « démission »

Emprunté du latin dimissio (« congé, licenciement »), pour servir de nom abstrait à « démettre ».
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Lat. dimissio, renvoi ; de dimissun supin de dimittere (voy. DÉMETTRE).

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Phonétique du mot « démission »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
démission demisjɔ̃

Évolution historique de l’usage du mot « démission »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « démission »

  • C'est toujours sur une démission collective que les tyrans fondent leur puissance. De Maurice Druon / Le Pouvoir
  • Les empires ne périssent pas sous les coups de leurs ennemis mais par leur propre épuisement et par la démission des forces qui les soutiennent. Il en va de même de nos amours et de notre vie. De Alexis Curvers / Tempo di Roma
  • Le ministre de la guerre a donné sa démission. La guerre est supprimée. De Jules Renard
  • La soumission obtuse n'est pas vertu mais démission. De René Carbonneau / Le destin de frère Thomas
  • La communication d'émission est une démission de la communication. De Gilbert Rapaille / Journal de la communication
  • Snober ou moquer un média aussi puissant que la télévision, aussi présent et aussi répandu relève d'un caprice de l'esprit ou de sa démission. De Bernard Pivot / Le Métier de lire
  • Les parents d'aujourd'hui ne se situent plus comme jadis, selon leur tempérament, entre la méfiance et la confiance ; ils se situent entre la confiance et la démission. De Hervé Bazin / Ce que je crois
  • La fin d’un gouvernement est provoquée par sa démission présentée par le Premier ministre. Elle peut intervenir dans plusieurs circonstances. , Démission du gouvernement d'Édouard Philippe | Vie publique.fr
  • Le président du directoire de Commerzbank, Martin Zielke, et le président du conseil de surveillance, Stefan Schmittmann, ont présenté par surprise leur démission en pleine discussion sur une nouvelle restructuration. Les Echos, Le patron de Commerzbank présente sa démission | Les Echos
  • Marie Jean Cléon a décidé de démissionner de son mandat de conseillère municipale à Dijon. Et ce, le jour même de l’installation de l’assemblée en salle de Flore. Marie Jean Cléon, 55 ans, faisait partie de la liste « Agir pour Dijon », conduite par Emmanuel Bichot (LR). Elle était positionnée en sixième place. L’ancienne élue sera remplacée par la personne suivante sur la liste, à savoir Henri-Bénigne de Vrégille. , Politique | Conseil municipal : déjà une démission dans le camp d’Emmanuel Bichot
  • En raison de la démission du gouvernement, la séance à l'@AssembleeNat est interrompue. Cedric O était au banc sur le #PLFR3, sur lequel il reste 976 amendements.#DirectAN #remaniement #gouvernement pic.twitter.com/iyrnsEStUk Franceinfo, VIDEO. Remaniement : le moment où la démission du gouvernement a interrompu les débats à l'Assemblée
  • Niel Golightly, premier vice-président communication de Boeing a été poussé à la démission suite à des révélations portant sur des écrit datant de… 33 ans. Aerobuzz, Démission du porte-parole de Boeing - Aerobuzz
  • Le responsable de la communication du géant de l'aéronautique Boeing, Niel Golightly, a démissionné jeudi 2 juin de ses fonctions pour un texte sur la place des femmes dans l'armée qu'il avait rédigé il y a plus de trente ans. Cette décision fait suite à la plainte d'un employé "portant à l'attention du groupe un article sur l'opportunité de laisser ou non les femmes servir au combat qu'il avait écrit en 1987 alors qu'il était dans l'Armée", explique l'entreprise dans un communiqué. Capital.fr, Un cadre de Boeing contraint à la démission pour un article écrit en 1987 - Capital.fr

Images d'illustration du mot « démission »

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Traductions du mot « démission »

Langue Traduction
Anglais resignation
Espagnol resignación
Italien dimissioni
Allemand rücktritt
Chinois 辞职
Arabe استقالة
Portugais renúncia
Russe отставка
Japonais 辞任
Basque dimisioa
Corse dimissioni
Source : Google Translate API

Synonymes de « démission »

Source : synonymes de démission sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « démission »

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