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Renoncement

Sommaire

  • Définitions du mot renoncement
  • Étymologie de « renoncement »
  • Phonétique de « renoncement »
  • Citations contenant le mot « renoncement »
  • Images d'illustration du mot « renoncement »
  • Traductions du mot « renoncement »
  • Synonymes de « renoncement »
  • Antonymes de « renoncement »

Définitions du mot renoncement

Trésor de la Langue Française informatisé

RENONCEMENT, subst. masc.

A. − Fait de renoncer à quelque chose. Synon. abandon, désistement, renonciation.
1. Vieilli. Fait d'accepter que quelque chose ne se fasse pas, d'abandonner un projet. Moi, je meurs ici et vous demande pour seule grâce de vous expliquer et de ne pas joindre, à tout ce que le renoncement à votre voyage en Suisse a de déchirant pour moi, le cruel persiflage de ces prétextes qui prolongent mon séjour à Coppet où je ne veux pas rester (Staël, Lettres L. de Narbonne, 1793, p. 160).
2. Fait de cesser de revendiquer un droit, un avantage, de ne plus défendre ce à quoi l'on tient, de cesser volontairement de poursuivre un effort:
1. Ce renoncement [de l'indépendance privée] était nécessaire: car, pour faire jouir un peuple de la plus grande étendue de droits politiques, c'est-à-dire pour que chaque citoyen ait sa part de la souveraineté, il faut des institutions qui maintiennent l'égalité, qui empêchent l'accroissement des fortunes, proscrivent les distinctions, s'opposent à l'influence des richesses, des talents, des vertus mêmes. Constant, Esprit conquête, 1813, p. 205.
Absol. La condamnation de Vichy dans la personne de ses dirigeants désolidarisait la France d'une politique qui avait été celle du renoncement national (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 251).
3. Fait de sacrifier ce à quoi l'on tient. L'abstention n'est pas tant du renoncement que de la mollesse. Le plus vrai renoncement, c'est le renoncement à ses aises, à ses habitudes, à ses défauts. Il n'y a de méritoire que le sacrifice. À quoi tiens-tu le plus? À ton indépendance des hommes, garantie par ta sécurité matérielle (Amiel, Journal, 1866, p. 526).
− Domaine mor. et relig.Renoncement aux biens de ce monde, au monde. Depuis que j'existe, je rêve les grandeurs du renoncement aux faux biens de ce monde et la conquête des biens immatériels (Sand, Lélia, 1839, p. 379).
Absol. Cette constatation apaisante apportait avec elle ce sentiment délicieux de vigueur renouvelée et d'optimisme qu'amènent d'ordinaire les liquidations et les renoncements (Sarraute, Ère soupçon, 1956, p. 12).
B. − Absol. Attitude vertueuse qui pousse à sacrifier les satisfactions personnelles en vue d'une plus grande perfection morale. Synon. dépouillement, détachement sacrifice.Vivre dans le renoncement. Mais dès les premiers temps du Brahmanisme il se persuada qu'on arrivait à la délivrance par le renoncement (Bergson, Deux sources, 1932, p. 237).V. abnégation ex. 7:
2. ... alors, il se suscitait le rêve de la vie monacale, la souveraine beauté du cloître; il s'imaginait l'allégresse du renoncement, la paix des folles oraisons, l'ivresse intérieure de l'esprit, la joie de n'être plus chez soi dans son propre corps! Huysmans, En route, t. 1, 1895, p. 241.
Prononc. et Orth.: [ʀ ənɔ ̃smɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1180-1200 « annonce, nouvelle » (Athis et Prophilias, éd. A. Hilka, 10018); 2. 1267 « acte par lequel on renonce à un droit » (Cart. de Nesles, ms. Chantilly, 1295, f o33 r ods Gdf.); 3. fin xiiies. « action de renoncer aux choses du monde » (Evaste et Blaquerne, éd. A. Llinarès, 338, p. 297); 1541 renoncement de nous-mesme (Calvin, Institution chrétienne, éd. J.-D. Benoit, livre III, chap. 7, § 4, p. 168). Dér. de renoncer*; suff. -ment1*. Fréq. abs. littér.: 630. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 174, b) 508; xxes.: a) 1 024, b) 1 642. Bbg. Quem. DDL t. 29.

Trésor de la Langue Française informatisé

RENONCEMENT, subst. masc.

A. − Fait de renoncer à quelque chose. Synon. abandon, désistement, renonciation.
1. Vieilli. Fait d'accepter que quelque chose ne se fasse pas, d'abandonner un projet. Moi, je meurs ici et vous demande pour seule grâce de vous expliquer et de ne pas joindre, à tout ce que le renoncement à votre voyage en Suisse a de déchirant pour moi, le cruel persiflage de ces prétextes qui prolongent mon séjour à Coppet où je ne veux pas rester (Staël, Lettres L. de Narbonne, 1793, p. 160).
2. Fait de cesser de revendiquer un droit, un avantage, de ne plus défendre ce à quoi l'on tient, de cesser volontairement de poursuivre un effort:
1. Ce renoncement [de l'indépendance privée] était nécessaire: car, pour faire jouir un peuple de la plus grande étendue de droits politiques, c'est-à-dire pour que chaque citoyen ait sa part de la souveraineté, il faut des institutions qui maintiennent l'égalité, qui empêchent l'accroissement des fortunes, proscrivent les distinctions, s'opposent à l'influence des richesses, des talents, des vertus mêmes. Constant, Esprit conquête, 1813, p. 205.
Absol. La condamnation de Vichy dans la personne de ses dirigeants désolidarisait la France d'une politique qui avait été celle du renoncement national (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 251).
3. Fait de sacrifier ce à quoi l'on tient. L'abstention n'est pas tant du renoncement que de la mollesse. Le plus vrai renoncement, c'est le renoncement à ses aises, à ses habitudes, à ses défauts. Il n'y a de méritoire que le sacrifice. À quoi tiens-tu le plus? À ton indépendance des hommes, garantie par ta sécurité matérielle (Amiel, Journal, 1866, p. 526).
− Domaine mor. et relig.Renoncement aux biens de ce monde, au monde. Depuis que j'existe, je rêve les grandeurs du renoncement aux faux biens de ce monde et la conquête des biens immatériels (Sand, Lélia, 1839, p. 379).
Absol. Cette constatation apaisante apportait avec elle ce sentiment délicieux de vigueur renouvelée et d'optimisme qu'amènent d'ordinaire les liquidations et les renoncements (Sarraute, Ère soupçon, 1956, p. 12).
B. − Absol. Attitude vertueuse qui pousse à sacrifier les satisfactions personnelles en vue d'une plus grande perfection morale. Synon. dépouillement, détachement sacrifice.Vivre dans le renoncement. Mais dès les premiers temps du Brahmanisme il se persuada qu'on arrivait à la délivrance par le renoncement (Bergson, Deux sources, 1932, p. 237).V. abnégation ex. 7:
2. ... alors, il se suscitait le rêve de la vie monacale, la souveraine beauté du cloître; il s'imaginait l'allégresse du renoncement, la paix des folles oraisons, l'ivresse intérieure de l'esprit, la joie de n'être plus chez soi dans son propre corps! Huysmans, En route, t. 1, 1895, p. 241.
Prononc. et Orth.: [ʀ ənɔ ̃smɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1180-1200 « annonce, nouvelle » (Athis et Prophilias, éd. A. Hilka, 10018); 2. 1267 « acte par lequel on renonce à un droit » (Cart. de Nesles, ms. Chantilly, 1295, f o33 r ods Gdf.); 3. fin xiiies. « action de renoncer aux choses du monde » (Evaste et Blaquerne, éd. A. Llinarès, 338, p. 297); 1541 renoncement de nous-mesme (Calvin, Institution chrétienne, éd. J.-D. Benoit, livre III, chap. 7, § 4, p. 168). Dér. de renoncer*; suff. -ment1*. Fréq. abs. littér.: 630. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 174, b) 508; xxes.: a) 1 024, b) 1 642. Bbg. Quem. DDL t. 29.

Wiktionnaire

Nom commun

renoncement \ʁə.nɔ̃s.mɑ̃\ masculin

  1. Action de renoncer. — Note : Se dit surtout dans les sujets de morale et particulièrement de morale religieuse.
    • « Tout homme porte en lui un ou plusieurs morts », m’avait dit sentencieusement le docteur, qui soupçonnait aussi des renoncements dans la vie du campagnard des Trembles. — (Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 36)
    • La tristesse indéfinissable, douce comme le renoncement définitif, des soirs d'or et de carmin, préparant au mystère menaçant des nuits obscures et pleines d'inconnu, … — (Isabelle Eberhardt, Le Major, 1903)
    • Le renoncement à soi-même n'est pas la destruction de soi-même mais le renoncement à garder la vie pour soi. — (Michel Quoist, Construire l'homme, Éditions de l'atelier, Paris, 1997, page 117)
    • Bouddha a encouragé de nombreuses vertus positives comme la bonté, le don, le détachement, le renoncement, l'équanimité, la patience, le pardon, la chasteté, etc. — (Quentin Ludwig, Le grand livre du bouddhisme, Éditions Eyrolles, 2012)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RENONCEMENT. n. m.
Action de renoncer. Il ne se dit que dans les sujets de morale et particulièrement de morale chrétienne. Le renoncement aux honneurs, aux plaisirs, à la vanité. Le renoncement à soi-même. Vivre dans le renoncement. Il vit dans un entier renoncement des choses de ce monde.

Littré (1872-1877)

RENONCEMENT (re-non-se-man) s. m.
  • 1Action de renoncer à quelque chose. Je fais la révérence à la simple et modeste sépulture de Mme de Guise, dont le renoncement à celle des rois ses aïeux mérite une couronne éternelle, Sévigné, 29 mars 1696.
  • 2Particulièrement, renoncement de soi-même, à soi-même, acte de l'âme qui se désintéresse de ses propres intérêts. Il n'est point d'exemple d'une volonté plus soumise et d'un plus parfait renoncement de soi-même, Guez de Balzac, 7e disc. sur la cour. La vertu politique est un renoncement à soi-même, qui est toujours une chose très pénible, Montesquieu, Esp. IV, 5.

    Dans l'histoire d'Angleterre, ordonnance ou acte de renoncement à soi-même, bill par lequel la chambre des communes arrêta que tout membre du parlement serait exclu des fonctions civiles et militaires (1644).

  • 3Dans la morale chrétienne, action de renoncer aux choses du monde. Le renoncement à l'amour des créatures étant un des engagements de notre baptême, Nicole, Essais, t. V, p. 216, dans POUGENS. Donnant de grands exemples de modestie, de prudence, de piété, et d'un parfait renoncement à tous les soins et à tous les plaisirs du siècle, Fléchier, Hist. de Théodose, III, 88. L'abbé de Rancé, qui dès lors méditait cet entier renoncement au monde, dont il donna depuis un si terrible exemple, D'Alembert, Éloges, Testu. C'était une musique toute religieuse qui conseillait le renoncement à la terre, Staël, Corinne, X, 4.

    Absolument. Je ferai de grandes austérités, des renoncements difficiles, des changements étonnants dans ma conduite, Fénelon, t. XVIII, p. 118. Une vie de renoncement et de sacrifice, Massillon, Myst. Purific. 2.

HISTORIQUE

XVIe s. Si nostre sanctification consiste au renoncement de nostre propre volonté…, Calvin, Inst. 295.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

RENONCEMENT, s. f. (Gramm.) action de renoncer. Voyez l’article suivant.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « renoncement »

Renoncer ; provenç. renunciamen ; espagn. renunciamento ; ital. rinunziamento.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

 Dérivé de renoncer avec le suffixe -ment.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « renoncement »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
renoncement rœnɔ̃smɑ̃

Citations contenant le mot « renoncement »

  • Trop savamment utilisé, trop intelligemment cultivé, le réflexe de la peur engendre des réactions d'indifférence, de renoncement, de pessimisme et... de nihilisme ! De Roger Molinier / L'écologie à la croisée des chemins
  • La création est de la part de Dieu un acte non pas d'expansion de soi, mais de retrait, de renoncement. Dieu et toutes les créatures, cela est moins que Dieu seul. De Simone Weil / Attente de Dieu
  • La haine n'est pas l'envers de l'amour, elle en est le renoncement. Ne plus pouvoir aimer, glisser lentement vers l'indifférence... Seule, la volonté de puissance peut combler ce vide. De Charlotte Savary / Le député
  • Quitte tout et tu retrouveras tout ; renonce à tes désirs et tu trouveras le repos. Geert Groote dit Gérard le Grand, Imitation de Jésus-Christ, III, 32, 4Imitation de Jésus-Christ
  • Tout près du renoncement est la béatitude. De Shrî Aurobindo / Bhagavad Gîtâ
  • Le renoncement : héroïsme de la médiocrité. De Natalie Clifford Barney / Pensées d'une Amazone
  • Le renoncement à soi conduit au mépris. De Susanna Tamaro / Va où ton coeur te porte
  • La conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions. De Sigmund Freud / Malaise dans la civilisation
  • Le renoncement est le fruit de tout apprentissage. De Christian Bobin / Lettres d'or
  • Le renoncement est admirable, encore faut-il connaître ce à quoi on renonce. De Michèle Mailhot / Le portique
  • Au renoncement des droits, il n'est point donné de recours. De Proverbe latin
  • Le renoncement est la seule variété d’action qui ne soit pas avilissante. De Emil Michel Cioran
  • L'oeuvre d'art naît du renoncement de l'intelligence à raisonner le concret. De Albert Camus / Le mythe de Sisyphe
  • L'amour d'un père pour son enfant est voué dés le départ au renoncement, aux déceptions, cela veut dire que les parents doivent grandir avec leurs enfants, en même temps qu'eux. De Geneviève Bersihand / Les Filles et leur pères
  • Le courage existe seulement où il y a du bon sens et non l'emportement irraisonné d'un moment. Dans un coup de tête, on ne peut accomplir une action d'éclat, mais le vrai courage exige de la patience et du renoncement. De René Ouvrard / Débâcle sur la Romaine
  • Pour rappel, la période d’inscription pour la coupe d’Europe sera close demain, et l’ensemble des participants à la ligue européenne sera annoncée le 21 du même mois. D’autres renoncements ne sont pas à exclure d’ici là. Pour l’instant, aucun club français n’est concerné. HandNews, EHL | De nouveaux renoncements | HandNews
  • D. L. , A. M. , E. B. : Pour y parvenir nous envisageons plusieurs cas de figure. Le premier concerne le renoncement volontaire des organisations et des collectivités à la tête desquelles on trouve ce que l’on appelle des « patrons effondrés » ou des « managers publics effondrés ». Ce sont des personnes qui ont déjà énormément évolué et qui sont prêtes à passer à un autre niveau que celui des incitations, de la compensation, du développement durable ou de la RSE. Elles considèrent déjà que ce sont des paradigmes caducs. L’étape suivante est donc celle du renoncement, et nous accompagnons ces organisations publiques, ces métropoles ou ces entreprises dans la mise en œuvre de protocoles adéquats. On travaille par exemple sur le renoncement aux véhicules ou ou aux piscines individuelles dans les villes polluantes ; le renoncement au glyphosate à grande échelle dans le cas de grandes entreprises ou de coopératives agricoles ; ou encore le renoncement aux technologies qui ne sont pas encore arrivées, comme la 5G ou la robotisation dans les entreprises. Il est arrivé qu’un patron d’usine nous explique que sa hiérarchie souhaitait mettre en place un programme de robotisation, alors que lui pensait que c’était une bêtise d’un point de vue écologique et social. Nous l’avons aidé à designer des « coalitions » et à former un argumentaire pour se confronter aux décisions de son directoire. L'ADN, Redirection écologique et business models de l'Anthropocène
  • La ministre de l’Autonomie a très peu apprécié le renoncement de son suppléant. Elle estime que le maire d’Ardres ne respecte pas ses engagements vis-à-vis des électeurs. La Voix du Nord, Brigitte Bourguignon : «Ludovic Loquet ne respecte pas son engagement»

Images d'illustration du mot « renoncement »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « renoncement »

Langue Traduction
Anglais renunciation
Espagnol renuncia
Italien rinuncia
Allemand verzicht
Chinois 放弃
Arabe التخلي
Portugais renúncia
Russe отречение
Japonais 放棄
Basque uko egitea
Corse rinunzia
Source : Google Translate API

Synonymes de « renoncement »

Source : synonymes de renoncement sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « renoncement »

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