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Cavalier

Sommaire

  • Définitions du mot cavalier
  • Étymologie de « cavalier »
  • Phonétique de « cavalier »
  • Évolution historique de l’usage du mot « cavalier »
  • Citations contenant le mot « cavalier »
  • Images d'illustration du mot « cavalier »
  • Traductions du mot « cavalier »
  • Synonymes de « cavalier »
  • Antonymes de « cavalier »

Définitions du mot cavalier

Trésor de la Langue Française informatisé

CAVALIER1, IÈRE, subst.

I.−
A.− Personne qui monte un cheval.
1. Personne à cheval ou sachant monter à cheval. Le cheval désarçonne son cavalier; être bon, hardi cavalier. Seul, (...), un lourd irlandais gris que son cavalier ressanglait, demeurait en arrière (Pesquidoux, Chez nous,1921, p. 99).Elle [Soledad] ne devait pas être très forte. Peut-être même n'était-elle pas une très bonne cavalière (Montherlant, Les Bestiaires,1926, p. 483).
Rem. Désignant une femme qui monte à cheval, le fém. de cavalier est plus souvent amazone que cavalière mais on garde aussi la forme masc. ,,cette femme est un excellent cavalier`` (Colin 1971).
Loc. adv. vieillie. En cavalier. En costume de cavalier. Il a fallu attendre la fin du XIXesiècle pour les [jeunes filles] voir ferrailler, monter à cheval en cavalier (Jeux et sp.,1968, p. 1293).Il faut, ma chère enfant, vous mettre en cavalier. Nous allons dans un lieu sauvage où, sur mon âme, L'on est fort exposée en costume de femme (Banville, Odes funambulesques,1859, p. 78).
2. [En réf. avec une image de cavalier]
P. symb. [En réf. aux quatre cavaliers de l'Apocalypse chap. VI, symbolisant les fléaux qui s'abattent sur la terre] :
1. Régner orgueilleusement sur son esprit conquis. Se croire souverain de son destin. Et soudain rencontrer, au détour du chemin, les cavaliers de l'Apocalypse, le Deuil, la Passion, la Honte, l'avant-garde du Maître. R. Rolland, Jean-Christophe,La Nouvelle journée, 1912, p. 1586.
JEUX. Pièce du jeu d'échecs représentant un cavalier sous la forme symbolique d'une tête de cheval. Il faut que le roi se déplace quand le cavalier lui donne échec (Ac.1835-1932).
PAPET. Papier de format 46 X 62 cm et représentant à l'origine, un cavalier en filigrane. La dernière édition des œuvres de Canalis, publiée sur cavalier vélin... est en cinq volumes (Balzac, Modeste Mignon,1844, p. 55).
B.− TECHN. MILIT.
1. [P. oppos. aux autres armes] Vx. Soldat servant dans la cavalerie. Armée, charge, détachement, escadron de cavaliers :
2. Dans l'armée, le dragon s'estime supérieur au cavalier du train et le tringlot, parce qu'il monte à cheval, se juge fort au-dessus du fantassin. Huysmans, L'Oblat,t. 1, 1903, p. 215.
Spéc. Cavalier de la maréchaussée. Homme de la police montée. Le cavalier de la maréchaussée n'est pas seulement le principal défenseur de l'ordre, c'est l'ordre lui-même (Tocqueville, L'Ancien Régime et la Révolution,1856, p. 142).
HIST. Surnom des royalistes anglais sous Charles Ier. Anton. têtes rondes.Quel est l'espoir où tu te fondes? De voir aux cavaliers s'unir les têtes-rondes! (Hugo, Préface de Cromwell,1827, p. 54).
2. [P. oppos. aux gradés] Usuel. Militaire sans grade servant dans la cavalerie. Tous les officiers, sous-officiers, brigadiers et cavaliers (Péguy, L'Argent,1913, p. 1232).
C.− Spéc., p. anal. [P. réf. à la position élevée du cavalier sur son cheval]
1. DOCUMENTOL. Index de signalisation utilisé pour le classement et le tri de fiches ou de dossiers. Classeurs pleins de fiches chevauchées par des cavaliers multicolores (Maurois, Journal,États-Unis, 1946, p. 263).
2. FORTIF. Amas de terre que faisaient élever les ingénieurs militaires pour y dresser des batteries de canons afin de mieux dominer l'ennemi. Un cavalier destiné aux canons; forts à cavaliers. Ils [les cosaques] remuaient la terre sans relâche et élevaient des cavaliers qui dominaient les ouvrages des assiégés (Mérimée, Les Cosaques d'autrefois,1865, p. 123).
P. ext., TRAV. PUBL. Amas de terre élevé au bord d'une route, voie ferrée, etc.
3. PHYS. Fil de platine d'un centigramme que l'on place sur le fléau d'une balance de précision afin d'obtenir des résultats précis (cf. Catal. d'instruments de lab. (Prolabo), 1932, p. 197).
4. TECHNOL. Clou recourbé en forme d'U. Attesté ds Nouv. Lar. ill.-Lar. encyclop., Rob.
II.− Personne qui accomplit un service d'accompagnement.
A.− Au masc.
1. Homme aux manières galantes en particulier envers les dames. Cf. chevalier, gentilhomme :
3. Quelquefois, un homme moins connu, mais élégant et recherché, un de ceux qu'on appelle, suivant les époques, vrai gentleman, ou parfait cavalier, ou dandy, ou autrement, s'assit à son tour devant le gâteau symbolique. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, Le Gâteau, 1882, p. 776.
Cavalier servant. Homme s'attachant au service d'une dame. Synon. plus usuel chevalier servant :
4. La répétition finie, Nachette reconduisit Marthe chez elle. Depuis qu'elle avait quitté son mari, Nachette était devenu son cavalier servant. Il l'accompagnait au dehors, il était sa compagnie au logis. E. et J. de Goncourt, Charles Demailly,1860, p. 346.
2. Titre employé par politesse en s'adressant à des personnes d'un certain rang :
5. don fernand, à Don Rodrigue. − Seigneur cavalier, je vous remercie. don rodrigue. − Je suis heureux d'avoir pu sauver Monsieur Saint Jacques. Claudel, Le Soulier de satin,1929, 10, p. 979.
B.− Usuel. Homme ou femme qui, dans une cérémonie ou réunion mondaine ou amicale, accompagne une personne de sexe opposé pour former un couple, pour danser. J'ai un beau cavalier; ma cavalière est charmante. L'instant était délicat : il [Justin] devait choisir une cavalière pour ouvrir le bal, grave question de préséances (Arland, L'Ordre,1929, p. 465).J'avais pour cavalier un joli garçon de dix-neuf ans (S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée,1958, p. 89).
Spéc. Cavalier seul. Figure du quadrille où le cavalier dansait seul. Exécuter, faire un cavalier seul :
6. ... dans les quadrilles, quand il faisait le cavalier seul, il osait des entrechats et des ronds de jambe comme les danseurs de la ville, avec tant de légèreté, qu'on était conquis au premier abord. Moselly, Terres lorraines,1907, p. 84.
Au fig. Personne qui agit de manière indépendante. Faire cavalier seul :
7. On avait voulu lui offrir, à la Ligue des Droits de l'Homme, une éclatante présidence. Il avait toujours refusé. « Non, non, disait-il, je suis individualiste et, par nature, solitaire. C'est comme cavalier seul que je peux rendre service. Qu'on me laisse les mains libres et je remplirai mon devoir. » Duhamel, Chronique des Pasquier,Cécile parmi nous, 1938, p. 84.
8. Étanchéité de l'animal humain. Nous aussi, nous gravitons les uns autour des autres, sans nous rencontrer, sans nous fondre. Chacun faisant cavalier seul. Chacun dans sa solitude hermétique, chacun dans son sac de peau. R. Martin du Gard, Les Thibault,Épilogue, 1940, p. 969.
Prononc. et Orth. : [kavalje], fém. [-jε:ʀ]. Littré : ,,L'r ne se lie jamais, au pluriel l's se lie.`` Ds Ac. 1694-1932; le subst. fém. seulement ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1. a) 1740 « gentilhomme servant à cheval » (Chastellain, Chron., I, 155, Kervyn ds R. Hist. litt. Fr., t. 6, p. 298); b) 1611 « homme monté à cheval » (Cotgr.); c) 1752 jeu d'échecs (Trév. Suppl.); 2. 1546 cavallier « ouvrage de fortification » (Rabelais, Tiers Livre, Prologue, éd. Marty-Laveaux, p. 7); 3. a) av. 1578 « gentilhomme portant les armes » (Montluc, Commentaires, 15 ds Hug.); b) 1611 « galant homme, homme du monde » (Cotgr.); c) 1688 « celui qui accompagne une dame » (La Bruyère, Les Caractères, éd. M.G. Servois, I, 177); qualifié de ,,vieux mot`` par Rousseau ds Nouvelle-Héloïse, éd. D. Mornet, t. 2, p. 123; d) 1690 « celui qui danse avec une dame » (Fur.). Empr. au subst. ital. cavaliere (formes anc. cavalliere, caval(l)iero) attesté ds Batt. aux sens 1 b (xiiies.), 1 a (début xiies.), 2 (av. 1540), 3 a (xiiies.), 3 c (1353) et empr. à l'a. prov. cavalier (xiies.; au sens 1 c 1240 ds Rayn.) v. chevalier. Cavalier a progressivement évincé chevalier dans la plupart de ses emplois, ce dernier mot correspondant alors à d'autres notions, v. G. Gougenheim ds Mél. Hoepffner, pp. 123-125 et Œuvres de P. Corneille, éd. Marty-Laveaux, lexique, s.v. cavalier.

CAVALIER2, IÈRE, adj.

A.− [En rapp. avec la pers. physique du cavalier]
1. Propre au cavalier :
1. ... on lui donnait, parfois, le titre de général au Marquis à cause de son penchant au langage soldatesque et de la maigreur cavalière de ses genoux. A. Arnoux, La Nuit de Saint-Avertin,1942, p. 89.
2. Réservé au cavalier. Allée, rue cavalière :
2. ... Hugo, (...) n'interrompant sa méditation silencieuse qu'au passage de leur voiture devant une propriété à laquelle donnaient accès deux portes, une grande, une petite, pour désigner à Juliette la grande : « porte cavalière, madame » et l'entendre, elle, montrant la petite, répondre : « porte piétonne, monsieur »;... Breton, Nadja,1928, p. 11.
Vx, loc. À la cavalière. À la manière d'un cavalier :
3. Pendant que les hommes imaginaient les coiffures en fer à cheval, en aile de pigeon, à mille boucles, à la cavalière, les femmes renchérissaient sur un ridicule dont elles voulaient se conserver le privilège. Jouy, L'Hermite de la chaussée d'Antin,t. 4, 1813, p. 277.
[P. réf. à la position du cavalier sur son cheval] :
4. Bésuquet était donc devant la pharmacie avec Pascalon, et en face d'eux le Père Bataillet, assis sur sa chaise à la cavalière. A. Daudet, Port-Tarascon,1890, p. 34.
B.− ARCHIT. [En parlant d'une vue] Comme la vue d'un cavalier regardant du haut de son cheval.
Vue à la cavalière (vieilli) :
5. J'ai admiré [au musée d'Avignon] ... une mosaïque qui représente une vue à la cavalière d'une ville ou d'un camp fortifié avec des tours carrées. Stendhal, Mémoires d'un touriste,t. 1, 1838, p. 287.
Perspective cavalière, plan cavalier, vue cavalière. Perspective, plan, vue selon l'angle visuel d'un observateur placé en un point élevé. Le plan cavalier du prieuré de Cantorbéry... fournit des détails utiles (A. Lenoir, Archit. monas ique,t. 1, 1852, p. XVIII):
6. Dans la cohue bourdonnante des consommateurs, Eustache leva la main pour attirer l'attention d'une jeune femme arrêtée au milieu du grand escalier d'où elle avait une vue cavalière du sous-sol du « Rond-Point ». Aymé, Le Bœuf clandestin,1938, p. 65.
P. métaph. :
7. Rentrant cette semaine à Paris après des mois d'absence, j'ai trouvé dans l'antichambre un flot accumulé de journaux. J'ai donc pu prendre une vue cavalière de tout ce qui s'était écrit durant ces dernières semaines. Mauriac, Le Nouveau Bloc-notes,1961, p. 263.
C.− P. méton. et au fig. [En parlant de l'air, des manières d'une pers. p. réf. à l'agilité de la cavalerie légère]
1. Vieilli. Aisé, dégagé, libre. Un air cavalier; avoir des façons, des manières cavalières :
8. Lui-même [Van Dyck] comme on le voit dans son portrait, avait la grâce cavalière, l'air vif et dégagé de l'homme du monde. T. Gautier, Guide de l'amateur au musée du Louvre,1872, p. 159.
2. Péj., vieilli, loc. [En parlant des rapp. hum.] À la cavalière. Avec légèreté et désinvolture :
9. Il [Eric Vidame] entrait dans toutes les loges sans frapper, à la cavalière. C'était son privilège, sa manière à lui de réclamer ses droits féodaux. G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Suzanne et les jeunes hommes, 1941, p. 29.
P. ext., usuel. D'une liberté insolente, exagérée, et presque inconvenante. Ton, genre, procédé cavalier :
10. Les façons cavalières, les propos gaillards, les déclarations faites d'une main audacieuse dont il [Crusco] usait avec les filles du quartier n'auraient su convenir à une demoiselle de manières réservées. Aymé, La Rue sans nom,1930, p. 129.
Prononc. et Orth. : [kavalje], fém. [-jε:ʀ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1617 « noble, galant » ([D'Aubigné], Aventures du baron de Fœneste, IV, chap. VI ds Lex. de la lang. de Corneille, éd. Marty-Laveaux, t. 1, p. 156); d'où 1659 [vers] à la cavalière « méchants vers faits sans règle, par pure galanterie » (Molière, Préc. rid., sc. 9, éd. R. Bray, t. 1, p. 273); 1664 stile cavalier (Loret, La Muze hist., ds Livet, Molière, t. 1, p. 346); d'où av. 1704 à la cavalière « cavalièrement » (Bossuet, Silence, 2 ds Huguet, Petit glossaire des class. fr. du XVIIes.); 2. 1923 « (d'une allée, voie, piste) réservé aux cavaliers » (Pesquidoux, Chez nous, p. 57). Emploi adj. de cavalier1* étymol. 3.
STAT. − Cavalier1 et 2. Fréq. abs. littér. : 1 897. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 920, b) 4 239; xxes. : a) 2 219. b) 1 969.
DÉR.
Cavalièrement, adv.,vx. D'une manière aisée, dégagée. Ah! c'est vous, monsieur Froment, dit-elle [Valentine], très aimable, en s'avancant vers Mathieu, pour lui serrer cavalièrement la main (Zola, Fécondité,1899, p. 56).P. ext., cour. D'une manière brusque, inconvenante. Agir, parler cavalièrement. Les trois femmes mariées ressentaient une grande humiliation d'être ainsi rencontrées par ce soldat, dans la compagnie de cette fille qu'il avait si cavalièrement traitée (Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, Boule de suif, 1880, p. 141). [kavaljε ʀmɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. 1reattest. 1614 en bonne part « généreusement » (C. Nostredame, Hist. de Provence, 927 ds Quem.); 1642 en mauvaise part « de façon impertinente » (Oudin d'apr. DG); de cavalier2, suff. -ment2*. Fréq. abs. littér. : 60.
BBG. − Duch. 1967, § 12.2. − Gougenheim (G.). De Chevalier à cavalier. In : [Mél. Hœpffner (E.)]. Paris, 1949, pp. 117-126. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 167. − Hope 1971, p. 179. − Rog. 1965, p. 96. − Rueg (G.). Lang. de l'automob., lang. noble. Vie Lang. 1966, pp. 336-337. − Schutz (A.H.). Joglars, borges, cavaliers ds les bbg. prov. In : [Mél. Franck (I.)]. Sarrebrücken, 1957, pp. 672-677. − Wind 1928, p. 126.

Wiktionnaire

Nom commun 1

cavalier \ka.va.lje\ masculin (pour une femme on dit : cavalière)

  1. (Équitation) Celui, celle qui monte à cheval.
    • Un instant le cheval et le cavalier s’enfoncèrent dans un ravin, puis bientôt reparurent de l’autre côté, suivant à travers la plaine un chemin qu’ils semblaient bien connaître tous deux. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • Pendant que le nouveau venu se débitait à lui-même ce monologue, un autre cavalier, entré par l’autre bout de la rue, […], s’arrêtait et demeurait aussi en extase devant l’enseigne de la Belle-Étoile. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IV)
    • Accompagné de trois cavaliers, il approchait de Troyes : avec sa monture, il y avait donc quatre chevaux. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Nous admirions des choses nouvelles, […]. Des cavaliers à burnous flottant galopaient sur des chevaux merveilleux. — (Alain, Souvenirs de guerre, page 112, Hartmann, 1937)
  2. Celui, celle qui sert dans la cavalerie militaire.
    • Après Alexandre, on chargea la cavalerie d’armes défensives; on donna aux cavaliers de lourdes cuirasses en écailles, puis des cuissarts et des gantelets, et aux chevaux des frontaux et des garde-flancs. — (Encyclopédie des gens du monde:..., Volume 5, 1835)
    • L’escorte placée sous mes ordres n’était que de vingt-huit fantassins de la Légion et trente-sept cavaliers, chasseurs d’Afrique et spahis. — (Pierre-Napoléon Bonaparte, Un mois en Afrique, 1850)
    • Notre arsenal se compose du Winchester et du sabre d’ordonnance de notre cavalier d’escorte, d’un fusil de chasse à deux coups, un « idéal » de la manufacture de St-Etienne, […] et d’un bon revolver tirant des balles cal. 450 que je porte à la ceinture. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 45)
    • En 1223, première alerte. Du Caucase dévale une nuée de cavaliers. Ce n’est plus une horde : c’est une armée structurée, disciplinée d’un immense empire […]. — (René Cagnat & Michel Jan, Le milieu des empires, Robert Laffont, 1981, page 115)
  3. Partisan de Charles I d’Angleterre pendant la guerre civile anglaise de 1642.
    • C’est le début de la guerre civile entre les Cavaliers (royalistes aux cheveux longs et bouclés) et les Têtes rondes (puritains au crâne rasé).
  4. (Danse) Homme qui accompagne une femme ou qui danse avec elle.
    • Donner la main à son cavalier.
    • Servir de cavalier à une dame, être son cavalier, lui donner le bras dans une réunion, la faire danser dans un bal.
  5. Jeu de cour d’école, dans lequel certains enfants jouent le rôle de « cavaliers », les autres de « chevaux ».
    • Nous jouions à la balle aux chasseurs, aux cavaliers et comme dit Alain-Fournier dans le Grand Meaulnes, « les chevaux étaient les grands chargés des plus jeunes sur les épaules » ou sur le dos. — (Édouard Bled, « Mes écoles », Robert Laffont, 1977, page 24.)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CAVALIER, IÈRE. n.
Celui, celle qui est à cheval. Il trouva des cavaliers sur le chemin. Il y avait trois ou quatre cavaliers autour de la voiture. Être bon cavalier, Être bien à cheval, savoir bien conduire un cheval; et, dans le sens contraire, Être mauvais cavalier. Elle est bonne cavalière, elle est mauvaise cavalière. C'est un beau cavalier, se dit d'un Homme qui a bonne grâce à cheval. Il signifie aussi Soldat qui fait partie d'une formation de cavalerie. Il y a eu dans le combat tant de cavaliers tués, démontés. Ce peloton est de cinquante cavaliers. Il signifie quelquefois simplement, dans le langage familier, Homme, par opposition à Dame ou Demoiselle. Nous étions cinq femmes et nous n'avions pas avec nous un seul cavalier. C'est un joli, un beau, un aimable cavalier. Donner la main à son cavalier. Servir de cavalier à une dame, Être son cavalier, Lui donner le bras dans une réunion, la faire danser dans un bal. On dit d'un Homme du monde, qui, par galanterie, s'astreint aux volontés d'une dame et lui rend des soins empressés, qu'il est son Cavalier servant. Le cavalier seul se dit, en termes de Danse, d'une Figure du quadrille où l'homme danse seul, et aussi du Pas qu'il exécute ainsi. Faire un cavalier seul. En termes du jeu d'Échecs, il se dit de Pièces dont la marche est d'aller du blanc au noir, et du noir au blanc, en sautant d'abord en avant, puis de côté et en laissant une case entre deux. Les cavaliers blancs. Les cavaliers noirs. Le cavalier du roi. Le cavalier de la dame. Il faut que le roi se déplace quand le cavalier lui donne échec. On ne couvre point l'échec du cavalier. En termes de Ponts et chaussées, il se dit d'un Amas de terre le long d'une route, d'un canal, etc. En termes d'Imprimerie, il se dit du Papier d'impression dont le format est intermédiaire entre le carré et le raisin. Il s'emploie aussi comme adjectif et signifie Qui est libre, aisé, dégagé. Il ne se dit que de l'Air, des manières, et se prend rarement en bonne part. Avoir l'air cavalier, la mine cavalière. Prendre des airs cavaliers. Il signifie, par extension, Qui est brusque et hautain, ou Qui est inconvenant, trop leste. Faire une réponse cavalière. Traiter quelqu'un d'une façon cavalière. Ce procédé me paraît un peu cavalier. Il prit avec elle un ton fort cavalier. Il lui tint des propos assez cavaliers. Il se dit encore en parlant d'Endroits spécialement affectés au passage des gens à cheval. Rue cavalière. Route cavalière. En termes de Dessin, Perspective cavalière. Voyez PERSPECTIVE.

À LA CAVALIÈRE, loc. adv. En cavalier. Être vêtu à la cavalière. Agir à la cavalière. Il a vieilli.

Littré (1872-1877)

CAVALIER (ka-va-lié-, liê-r' ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel l's se lie : les ca-va-lié-z et les dames) s. m.
  • 1Homme, femme à cheval. Être bon, être mauvais cavalier, se tenir bien, se tenir mal à cheval. C'est un beau cavalier, il a bonne grâce à cheval. Borée et le soleil virent un voyageur… Eh bien ! gageons nous deux, Dit Phébus, sans tant de paroles, à qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier que nous voyons, La Fontaine, Fabl. VI, 3.

    On dit de même, elle est bonne, elle est mauvaise cavalière. Les dames cavalières s'offensèrent, les autres prirent parti pour elles, Saint-Simon, 278, 9.

  • 2Soldat qui sert à cheval. Il était escorté par un piquet de cavaliers.
  • 3Homme d'épée. Me trouves-tu bien fait en cavalier ? Corneille, le Ment. I, 1. Choisir pour votre amant un simple cavalier, Corneille, Cid, I, 2. Je vous laisse la gloire d'avoir paru à cheval avec des armes et un habit de cavalier au Pas-de-Suse, Fénelon, XIX, 421.
  • 4Homme, par opposition à dame ou demoiselle. Il n'y avait pas assez de cavaliers à ce bal. Chaque cavalier conduisait une dame. Cette dame n'a pas de cavalier, offrez-lui le bras. C'est un aimable cavalier.
  • 5Titre d'honneur donné par politesse à des passants, à des inconnus et même par ironie à des gens dont on a à se plaindre. Que cherchez-vous, cavalier, dans cette maison ? Molière, Le Sicilien, sc. 11. J'entre ici librement : mais entre cavaliers telle liberté est permise, Molière, ib. sc. 13. Mon cavalier, répondrez-vous à mes questions ? Beaumarchais, Le Mar. de Figaro, V, 12.
  • 6Cavalier servant, homme qui s'astreint à faire en tout les volontés d'une dame dont il se fait ainsi l'esclave par amour ou par reconnaissance. Il est fort naturel que tu me cèdes, à moi, ton oncle, tes fonctions de cavalier servant, lorsque je les réclame, Ch. de Bernard, La femme de quarante ans, § 2.
  • 7Aux échecs, pièce qui marche obliquement du blanc au noir, et du noir au blanc, en sautant une case. Le vrai mot serait chevalier, mais aujourd'hui on dit bien plus souvent cavalier. On ne couvre point l'échec du cavalier, c'est-à-dire que, quand le cavalier met le roi ou la dame en échec, on ne peut pas interposer une autre pièce ; il faut absolument ou retirer la pièce mise en échec ou prendre le cavalier.
  • 8 Terme de fortification. Amas de terre, dont le sommet compose une plate-forme, sur laquelle on dresse des batteries de canon pour nettoyer la campagne ou pour détruire quelque ouvrage de l'ennemi.
  • 9 Terme d'imprimerie. Papier d'un format entre le carré et le grand raisin. Tirer, imprimer sur cavalier.

    Adj. Papier cavalier.

  • 10 Terme de ponts et chaussées. Dépôt de terre formé aux abords d'une route, d'un canal ou d'un ouvrage quelconque.
  • 11Dans l'histoire d'Angleterre, au XVIIe siècle, partisan des Stuarts.

HISTORIQUE

XVIe s. Ils erigeoyent cavaliers, ressapoyent contrescarpes, enduisoyent courtines, Rabelais, Pant. III, Prol. Dressans cavalliers pour y accommoder grand' quantité d'artillerie, Lanoue, 444. Il y a trois sortes de gloire, la divine, celle du cavallier, et celle du barbier, D'Aubigné, Faen. IV, 4. Ils l'avoient laissé aller sur foi de cavalier, D'Aubigné, Hist. III, 395. Vous mesme estes trop cavallier pour estre bigot jusques là, D'Aubigné, Fœn. IV, 15. Nostre cavalliere, se voiant l'entrée de sa maison impossible, s'en court à Turenne, D'Aubigné, Hist. II, 168. C'estoit afin d'eslever une grande tour pour commander en cavalier à la bresche, D'Aubigné, ib. I, 35. De chevalerie nous avons faict cavallerie, de chevalier cavalier, Pasquier, Recherches, liv. VIII, p. 661, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. CAVALIER.
8Ajoutez :

Cavalier de tranchée, sorte de terrasse élevée en avant de la troisième parallèle, pour plonger dans les places d'armes et en chasser les défenseurs.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

CAVALIER, s. m. (dans l’Art. milit.) est un soldat qui combat à cheval ; on l’appelle aussi maître : on dit indifféremment une telle compagnie étoit de quarante cavaliers ou de quarante maîtres.

Ce mot vient du Latin caballus : on trouve caballarius & cavallarius dans la basse Latinité.

Un bon cavalier est celui qui a bien soin de son cheval & de son équipage ; qui se tient propre & qui observe exactement les ordres qu’on lui prescrit. Il doit avoir toûjours dans ses besaces du crin pour rembourer sa selle, qu’il doit visiter toutes les fois qu’il descend de cheval, & voir si rien n’y manque.

Quand il est commandé, il ne doit jamais quitter sa troupe sans la permission de son officier ; il doit aussi toûjours avoir de quoi tirer, & ses armes en bon état.

Quand il est dans un poste, & qu’on lui a consigné un ordre, il ne doit point faire difficulté de tirer sur ceux qui y contreviennent, même sur un général, tout comme sur un autre ; & il doit avertir les officiers de ce qui se passe aux environs de son poste.

Un cavalier qui va au fourrage ne doit jamais outrer son cheval à force de courir : il doit s’en tenir à celui qu’il peut prendre le plus aisément, & ne pas s’imaginer que le fourrage le plus éloigné soit le meilleur.

Cavalier, en terme de Fortification, est une élévation de terre qu’on pratique sur le terre-plein du rempart pour y placer des batteries qui découvrent au loin dans la campagne, & qui incommodent l’ennemi dans ses approches.

Ils se construisent le plus ordinairement dans le milieu des bastions pleins. En ce cas ils ont la même figure que le bastion. On observe que le côté extérieur de leur rempart soit éloigné de trois ou quatre toises du côté intérieur du parapet ou faces du bastion, & de quatre ou cinq toises de celui de ses flancs. On place aussi des cavaliers sur les courtines : mais alors ils sont ronds ou quarrés. Il y a plusieurs villes comme Landau & Luxembourg où l’on en trouve en-dedans la place dans le voisinage du rempart ; mais ces sortes de cavaliers ne peuvent être d’usage que dans les premiers jours de siéges.

Lorsqu’une place se trouve commandée, on y éleve aussi quelquefois des cavaliers, comme M. de Vauban l’a fait à Maubeuge, pour séparer des commandemens. Les cavaliers tiennent lieu dans ce cas de traverses. Voyez Traverse.

Les avantages qu’on tire des cavaliers peuvent se réduire à quatre principaux.

1°. A garantir, comme on vient de le dire, de l’enfilade.

2°. A obliger l’assiégeant d’ouvrir la tranchée à une plus grande distance de la place, pour ne pas se trouver sous le feu du cavalier.

3° A découvrir le dedans ou l’intérieur des tranchées, & à les enfiler par des coups plongés.

4°. A doubler le feu des bastions sur lesquels les cavaliers sont construits.

Cavalier de tranchée, est dans l’attaque des places une élévation de gabions, de fascines, & de terre, que l’assiégeant pratique à la moitié ou aux deux tiers du glacis, vers ses angles saillans, pour découvrir & enfiler le chemin couvert.

Le parapet des cavaliers de tranchée est de 8 ou 9 piés plus élevé que le glacis. On y pratique trois banquettes : le soldat placé sur la supérieure, se trouve suffisamment élevé pour plonger dans le chemin couvert. Lorsque cet ouvrage a toute sa perfection, il est bien difficile que l’ennemi puisse se montrer dans le chemin couvert ; il s’y trouve trop exposé au feu des cavaliers ; mais ils ne peuvent se construire qu’autant qu’ils sont protégés de batteries à ricochet qui enfilent exactement le chemin couvert. Le Blond, Attaque des places. Voyez le plan & le profil d’un Cavalier de tranchée, Pl. XVI. de l’Art milit. fig. 3. (Q)

Cavalier, s. m. en terme de manege, signifie un homme qui est bien à cheval, qui le manie bien, qui entend les chevaux. On dit aussi un bel homme de cheval.

Cavalier, s. m. (Commerce.) monnoie d’argent qui se fabriquoit autrefois en Flandre dans la forme des bajoirs, (voyez Bajoir) du titre de neuf deniers onze grains ; le cavalier vaut argent de France, une livre sept sous deux deniers.

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Étymologie de « cavalier »

Emprunté à l’italien cavaliere (même sens), dérivé du bas latin caballarius (« écuyer ») (terme qui a donné en français chevalier), issu de caballus (« cheval »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Le même que chevalier (voy. ce mot) ; ital. cavaliere.

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Phonétique du mot « cavalier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
cavalier kavalje

Évolution historique de l’usage du mot « cavalier »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « cavalier »

  • Il n’y a pas de secret aussi intimes que ceux d’un cavalier et de son cheval. De Robert S. Surtees
  • L'étalon est l'image de l'ami moqueur : il hennit sous tout cavalier. De La Bible / L'ecclésiastique
  • En littérature, les anciens cavaliers sont les meilleurs ethnologues du regret. De Jérôme Garcin / Les livres ont un visage
  • Le cheval court, le cavalier se vante. De Proverbe kurde
  • Je suis à cheval sur les principes, mais très mauvais cavalier. De Grégoire Lacroix / Les Euphorismes de Grégoire - 2
  • Le cheval porte son cavalier avec vigueur et rapidité. Mais c'est le cavalier qui conduit le cheval. Le talent conduit l'artiste à de hauts sommets avec vigueur et rapidité. Mais c'est l'artiste qui maîtrise son talent. De Vassily Kandinsky
  • On a vu des chevaux et des cavaliers parfaitement d'accord : c'étaient assez souvent des chevaux de bois. De Robert Dieudonné
  • Tous ces prétendus hommes politiques sont les pions, les cavaliers, les tours ou les fous d'une partie d'échecs qui se jouera tant qu'un hasard ne renversera pas le damier. De Honoré de Balzac / Monographie de la presse parisienne
  • Le cavalier des Emirats Arabes Unis Sheikh Abdul Aziz bin Faisal al Qasimi a été suspendu 20 ans par la Fédération internationale d'équitation, pour avoir maltraité son cheval et l'avoir dopé pour une course d'endurance. Orange Sports, Equitation : Un cavalier suspendu 20 ans pour maltraitance et dopage
  • 1995. CSIO de La Baule, LE rendez-vous du saut d'obstacles en France. "Quand tu es cavalier français, c'est le Grand Prix que tu rêves de remporter" insiste Thierry Pomel. Le couple Pomel-Thor des Chaînes inscrira son nom au palmarès cinq ans plus tard en mai 2000, quelques mois avant les Jeux olympiques de Sydney. "Ce jour-là, ça a été une impression énorme, j'en ai encore des frissons même encore aujourd'hui" nous racontait Thierry Pomel il y a quelques semaines. , Sport | Thierry Pomel, un homme nommé cheval, sa carrière de cavalier [long format]
  • La passion du cheval mène à tout. Y compris quand un chauffagiste devient cavalier voltigeur au Puy du Fou. C'est l'histoire de Guillaume Moulin, un Châtelleraudais de 33 ans qui, deux mois dans l'été, s'en va guerroyer chez les Chouans. Centre Presse, Centre Presse : Il est cavalier voltigeur chaque été au parc du Puy du Fou

Images d'illustration du mot « cavalier »

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Traductions du mot « cavalier »

Langue Traduction
Anglais rider
Espagnol jinete
Italien cavaliere
Allemand reiter
Portugais cavaleiro
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Synonymes de « cavalier »

Source : synonymes de cavalier sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « cavalier »

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