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Superbe

Définitions de « superbe »

Trésor de la Langue Française informatisé

SUPERBE1, adj.

A. −
1. [En parlant d'une pers., parfois d'un groupe de pers. et, p. méton., de certains attributs de la pers.]
a) Vieilli ou littér. Qui manifeste de l'orgueil, qui est plein de superbe (v. superbe2B). Synon. altier, arrogant, fier, hautain, orgueilleux.Monarque, vainqueur superbe; superbe nation. Je raille avec volupté le moi superbe qui regimbe vainement contre l'aiguillon du sarcasme intérieur (M. de Guérin, Journal, 1834, p. 207).Ces conceptions étendues qui rendent l'homme si superbe et si avide d'empire, d'espérances et de durée (Senancour, Obermann, t. 2, 1840, p. 19).
Superbe + n. propre.Le superbe Achille. Le superbe Clemenceau montre son impuissance avec beaucoup de morgue (Bloy, Journal, 1906, p. 329).
b) [P. méton.] Qui marque l'orgueil, qui témoigne de l'orgueil, de l'arrogance. Synon. arrogant, fier, dédaigneux.Air, esprit, langage, regard, ton superbe. Mon cher, répondit Chérubin avec un calme superbe, les femmes pardonnent toujours l'audace. Baccarat est folle de moi (Ponson du Terr., Rocambole, t. 3, 1859, p. 232).Hommes qui montraient un si superbe dédain de la légalité dans l'affaire Dreyfus (Clemenceau, Iniquité, 1899, p. 270).
ANAT., vx. Muscle superbe. ,,Muscle droit supérieur ou releveur de l'œil, qui entre en action lorsque cet organe exprime l'orgueil`` (Littré).
c) Empl. subst. Personne arrogante. Quand je vis Sophie pleurer son amie et dédaigner mes consolations, je ne fis pas la superbe (Sand, Hist. vie, t. 3, 1855, p. 156).
Au plur. [Dans un cont. relig.] Synon. les grands, les orgueilleux; anton. les humbles, les petits.Abaisser, humilier les superbes. [Le Sauveur] n'a point été annoncé aux grands et aux superbes, mais les anges l'ont révélé aux petits et aux simples (Chateaubr., Essai Révol., t. 2, 1797, p. 300):
... la parole se fait petite avec les petits. Mais lorsque les Grands, − les Superbes − croient malin de se la répéter comme un simple conte de Ma Mère l'Oie, en ne retenant que les détails attendrissants, poétiques, ça me fait peur... Bernanos, Journal curé camp., 1936, p. 1073.
2. P. anal., littér., poét. Qui a l'apparence de l'orgueil, qui évoque l'orgueil.
a) [En parlant d'un animal] Dont l'allure, la force ont une orgueilleuse majesté. Synon. fier.Superbe coursier. Ainsi l'aigle superbe au séjour du tonnerre S'élance; et, soutenant son vol audacieux, Semble dire aux mortels: Je suis né sur la terre, Mais je vis dans les cieux (Lamart., Médit., 1820, p. 147).Qu'il faut rompre ses fers, vaincre, et que le lion Superbe, pour crinière a la rébellion (Hugo, Légende, t. 2, 1859, p. 701).V. lion I D 1 b ex. de Hugo.
b) [En parlant d'éléments de la nature] Qui domine par sa hauteur, son aspect. Monts superbes, dressez vos pics inaccessibles Sur le cirque brumeux où plongent vos flancs verts (Dierx, Lèvres closes, 1867, p. 165).
B. −
1. [En parlant d'une pers., des attributs de la pers., d'un animal]
a) Qui est d'une beauté éclatante faite de grandeur, de vigueur et de santé, d'une très belle apparence. Synon. magnifique.Animal, enfant, race superbe; superbe étalon. Des femmes superbes, dans toute la fleur de la plus vigoureuse jeunesse (Stendhal, Chartreuse, 1839, p. 158).Étant allé me promener dans le jardin zoologique, j'ai vu là des bêtes superbes, d'admirables tigres surtout (Tharaud, Paris-Saïgon, 1932, p. 147).
Superbe de + subst.Femme superbe de corps. La ménagère, superbe d'yeux et de seins, m'offre le café (Renard, Journal, 1896, p. 374).
Superbe dans ou en + subst. (désignant un vêtement).Soldat superbe dans son uniforme. Sylvestre (...) superbe en matelot, avec son allure roulante et sa haute taille (Loti, Pêch. Isl., 1886, p. 105).Sa femme, toute prête, haute et superbe dans une robe de satin rouge (Proust, Guermantes 1, 1920, p. 583).
[P. méton.] Bras, front, regard, santé, sourire, taille superbe; dents, mains, yeux superbes. Vos jambes sont superbes... il faut pouvoir les montrer (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 236).Elle débarqua, suivie de « l'amie » qui portait les poupons dans les bras. Sylvaine avait une mine superbe.J'ai repris très vite, dit-elle (Druon, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 161).
b) Qui fait grande impression, qui est digne d'admiration. Synon. magnifique, remarquable.Superbe artiste. Florine a été superbe, elle rendrait des points au prince de Talleyrand (Balzac, Illus. perdues, 1839, p. 378).Gobineau est un écrivain de marque, un conteur superbe, un esprit curieux (Marin, Ét. ethn., 1954, p. 33).
Superbe de + subst. (désignant une qualité, parfois un défaut, un sentiment).Superbe de colère, de jalousie. Cette fille superbe de courage, oui, vraiment magnifique dans son ardeur à surmonter sa propre destinée, admirait cet adolescent théâtral [Saint-Just] (Barrès, Cahiers, t. 13, 1921, p. 160).
[P. méton.] Air, attitude, intelligence, mépris, raison, sang-froid superbe. Voulez-vous de l'argent? Elle eut un geste superbe de refus. Non, merci. Si vous étiez mon amant, je ne dis pas (Zola, M. Férat, 1868, p. 214).Un orgueil superbe, une hauteur démesurée que trahissait par instants l'audace de ses yeux, ne lui empêchaient point, quand il le fallait, l'assiduité, le ton bas et humble et la flatterie (Bourges, Crépusc. dieux, 1884, p. 73).
Par antithèse. Elle essaya d'abord de le distraire par une ardente gaieté, par les douceurs d'une intimité pressante, par l'humilité superbe d'une maîtresse qui s'offre (A. France, Lys rouge, 1894, p. 259).
c) Iron., fam. Vous êtes superbe, vous!... parce que ça ne vous chante plus [les femmes] ... vous voulez en décourager les autres (Gyp, Le 13e, 1894, p. 132).
2. [En parlant d'un inanimé]
a) D'une très grande beauté ou magnificence. Synon. grandiose, imposant, majestueux, somptueux.Architecture, palais, ville superbe; superbe festin. En huit ou dix jours, cette immense et superbe cité fut réduite en cendres, à l'exception du palais Kremlin (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 1083).Les gens montaient sur la colline, en septembre, pour les fêtes de la Nativité de la Vierge, et la superbe procession déployait son cortège (Barrès, Colline insp., 1913, p. 96).
Superbe en + subst.On traversa un plain-pied de chambres silencieuses, magnifiquement éclairées, superbes en marbres, en plafonds, en peintures, en glaces et en dorures (Bourges, Crépusc. dieux, 1884, p. 12).
b) Qui est d'une grande beauté, qui suscite l'admiration. Synon. magnifique, splendide.Couleur, diamant, étoffe, poupée, vêtement superbe. Ils ont beau l'avoir mal placé, ton tableau est superbe, un fameux morceau de peintre! (Zola, L'Œuvre, 1886, p. 323).Des buissons ardents superbes avec leurs grains vermillon et leurs feuilles sombres (Huysmans, Oblat, t. 1, 1903, p. 109).
Gén. postposé. [En parlant du temps] Qui est beau et agréable. Synon. radieux, splendide.Nuit superbe. La journée était superbe, une chaude et rayonnante journée d'été (Zola, Dr Pascal, 1893, p. 201).
c) [En parlant d'un inanimé abstr.] Qui est excellent, remarquable, présente un grand intérêt. Mariage, occasion, position superbe. C'est une affaire superbe pour moi, un parti fort avantageux; car c'est un bel et bon mariage qu'il m'offre (Leclercq, Prov. dram., Désœuvr., 1835, 2, p. 434).L'Inspecteur: Quel crime? Le Contrôleur: Un crime superbe, Monsieur l'Inspecteur, je dirai même mondain (Giraudoux, Intermezzo, 1933, i, 5, p. 35).
[En parlant des œuvres de l'esprit] Discours, livre, mot, page superbe. Soirée chez Schiller. Lecture de 2 scènes de son Guillaume Tell. Le monologue de Tell est superbe de naturel et de force (Constant, Journaux, 1804, p. 63).Quant à la quatrième partie, c'est vigoureux, superbe, intéressant, émouvant, réussi en un mot (Flaub., Corresp., 1858, p. 292).
C'est superbe! C'est excellent! La princesse (...) vient avec son monde m'embrasser dans le foyer des acteurs, en me disant, un peu grisée par les bravos: « C'est superbe, c'est superbe (...) » (Goncourt, Journal, 1885, p. 430).
Iron. Superbe! Superbe! Voilà qu'on canonise Madeleine (Cocteau, Parents, 1938, iii, 1, p. 271).
Prononc. et Orth.: [sypε ʀb]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. « Fier, orgueilleux » a) ca 1200 adj. en parlant d'une pers. (Elie de St Gilles, 2289 ds T.-L.); 1679 [3eéd. 1684] empl. subst. (I. L. Lemaistre de Sacy, Les douze petits prophètes trad. en fr., Lyon, L. Plaignard, Hab. II, 5, p. 441: le superbe sera trompé); b) 1549 en parlant d'un inanimé [les] superbes langues Greque et Latine (Du Bellay, Deffence, II, 5 ds Hug.); c) 1677 superbes coursiers (Racine, Phèdre, V, 6); 2. a) ca 1200 « qui exprime la fierté » (Destruction de Rome, éd. G. Gröber, 380: chançon de moult grant segnorie, Orgoillous[e] et superbe et de fier[e] aatie); b) ca 1265 « qui témoigne d'un caractère orgueilleux » superbe contenance (Brunet Latin, Trésor, II, 73, 11, éd. Fr. J. Carmody, p. 250); 3. 1559 « (d'un inanimé) qui donne une impression de magnificence, qui en impose par sa majesté » (Amyot, trad. Plutarque, Hommes illustres, Romulus, 25, éd. G. Walter, 1959, t. 1, p. 58: Tarquin [...] eleva les triomphes en cette superbe magnificence); 1588 grande et superbe pompe de l'enterrement (Montaigne, Essais, II, 12, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 529); 4. 1617 « très beau » houpelande superbe (D'Aubigné, Faeneste, I, 3 ds Œuvres, éd. H. Weber, 1969, p. 682); 1775 spéc. en parlant du temps, du ciel nuit superbe (Beaumarchais, Barbier de Séville, IV, 5). Empr. au lat.superbus « orgueilleux, fier, hautain (en parlant des hommes et des choses); magnifique, brillant, imposant, éminent ». Bbg. Duch. Beauté 1960, pp. 131-133.

SUPERBE2, subst. fém. sing.

A. − Vieilli, RELIG. Orgueil, manifestation d'orgueil, de vaine gloire. Synon. orgueil; anton. humilité.Esprit de superbe. La superbe est le premier des sept péchés capitaux (Ac. 1798-1878).Le trône diabolique de la superbe humaine (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 2, 1842, p. 113).La peur affolée de tomber dans le péché de superbe le conduisait à se donner les apparences de la superbe; plus il se sentait déprimé et défaillant, plus il devait obéir au besoin de s'affirmer, de s'imposer coûte que coûte (Bremond, Hist. sent. relig., t. 3, 1921, p. 448).
B. − Littér. Orgueil mêlé de dédain exprimant un sentiment de supériorité. Synon. arrogance, outrecuidance, suffisance, vanité; anton. humilité.Une superbe méprisante; être plein de superbe; étaler sa superbe; abattre la superbe de qqn. Les auteurs répliquaient avec superbe qu'ils avaient raison, puisque le public était content (Rolland, J.-Chr., Foire, 1908, p. 722).Adrienne, depuis deux ans, avait bien perdu de sa superbe. Elle n'était plus la Junon au buste ample (...), accueillant d'un paisible regard la tendresse de son mari. Orgueil, fierté de sa caste, de sa richesse, de sa beauté, de sa culture, tout cela avait disparu (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 143).
Prononc. et Orth. V. superbe1. Étymol. et Hist. 1121-34 « orgueil » (Philippe de Thaon, Bestiaire, 815 ds T.-L.); 1remoit. xiies. (Psautier d'Oxford, LXXIII, 4, ibid.), condamné par Vaugelas, Remarques, Paris, Vve Camusat et P. Le Petit, p. 31: ,,ce mot est tousjours adjectif, et jamais substantif, quoy qu'une infinité de gens, et particulierement les Prédicateurs disent la superbe pour l'orgueil``; repris au xixes. au sens de « assurance orgueilleuse » (en parlant de l'attitude, du maintien) 1847 (Michelet, Hist. de France. Révolution, III, 4, Lausanne, éd. Cl. Mettra, t. 1, 1966, p. 349). Empr. au lat.superbia « orgueil, fierté, insolence »; cf. la forme superbie (1remoit. xiies., Psautier d'Oxford, XXX, 30 ds T.-L.).
STAT. Superbe1 et 2. Fréq. abs. littér.: 3 279. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 5 546, b) 8 470; xxes.: a) 5 117, b) 1 595.

Wiktionnaire

Nom commun - français

superbe \sy.pɛʁb\ féminin

  1. Orgueil ; arrogance.
    • Je n’ai pas en effet, se disait-il, un orgueil naïf, extravasé, une élation, une superbe, s’affichant inconsciente, débordant devant tous ; […]. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • La superbe est le premier des sept péchés capitaux — (« superbe », dans Dictionnaire de l’Académie française, cinquième édition, 1798 → consulter cet ouvrage-Dictionnaire de l’Académie française, septième édition, 1878)
    • Ce désolant personnage, dont les velléités d’intelligence, s’il en eut jamais, furent rapidement étouffées par la ville-lumière, promène par monts et par vaux une superbe agressive et une incompréhension sans fissures. — (Samivel, L’amateur d’abîmes, 1940, réédition Le Livre de Poche, page 173)
    • De Terre et de Ciel encore naquirent d'autres enfants, trois êtres immenses et très forts, qu'il est dangereux de nommer, Kottos, Briaréôs et Gygès, tous trois pleins de superbe. — (Hésiode, Théogonie, traduction de Jean-Louis Backès, Gallimard, 2001)
    • La superbe affichée par le premier ministre a toutefois perdu de son lustre dans le dernier mois avec un nationalisme qui pâlit. — (Le Journal de Montréal, 4 octobre 2020)
  2. Grandeur.
    • Un siècle plus tard, Vierzon a perdu de sa superbe. La manufacture des Larchevêque a disparu, la ville industrielle en déclin est frappée par un taux de chômage de 12,8 % et compte deux fois plus d’allocataires du RSA que dans l’ensemble du département du Cher. — (Véronique Chocron, Vierzon place tous ses espoirs dans le bitcoin, Le Monde. Mis en ligne le 23 avril 2019)
    • Son propre chemin de croix a été douloureux jusqu’à maintenant. On ne perd pas cent livres et on ne plonge pas dans l’introspection sans perdre de sa superbe, de son ego et de son arrogance. — (Denise Bombardier, La résurrection de Coderre, Le Journal de Québec, 29 mars 2021)

Adjectif - français

superbe \sy.pɛʁb\ masculin et féminin identiques

  1. Qui est très beau ou très bien fait, qu'on peut admirer.
    • Avec ça, je m'exhibe dans les boîtes de nuit et les grands restaurants la plus superbe poule qui se puisse rêver, ma dactylo, Suzanne, une enfant de dix-huit ans, fraîche, brune, émoustillante en diable, avec des yeux spirituels, dans une frimousse d'ingénue. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 180)
    • La célébration du mouloud, de la nativité du Prophète, à laquelle je viens d’assister, fut un beau spectacle surtout en raison du temps superbe dont il a été favorisé. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 234)
  2. Qui est imposant, qui a belle apparence, qui présente de la grandeur, de la magnificence, de la somptuosité.
    • À ce moment, il aperçut un ours superbe, un grizzly à fourrure noire, de haute taille, qui marchait sur ses pieds de derrière en longeant la voie, troublé sans doute par cette lutte des éléments qui impressionne si vivement les animaux. — (Jules Verne, Le Testament d’un excentrique, 1899, livre 2, chapitre 12)
  3. Qui est orgueilleux, arrogant.
    • Dieu se plaît à abaisser les esprits superbes. — Il affecte des airs superbes.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SUPERBE. n. f.
Orgueil, arrogance. L'esprit de superbe. La superbe précipita le démon dans les enfers. Il n'est guère usité qu'en termes de Dévotion, et il a vieilli dans l'usage ordinaire.

Littré (1872-1877)

SUPERBE (su-pèr-b') adj.
  • 1Qui est orgueilleux, d'un orgueil qui apparaît dans l'air et l'extérieur. En accordant à un homme qu'il est savant, on ne laissera pas de le convaincre qu'il a tort d'être superbe, Pascal, Pens. XXV, 181, éd. HAVET. Le plus parfait de tous [les anges déchus] qui avait été aussi le plus superbe, se trouva le plus malfaisant, comme le plus malheureux, Bossuet, Hist. II, 1. Les esprits superbes qui veulent se faire un nom, qui adorent les inventions de leur esprit, Bossuet, 2e instr. past. 131. Sapor, qui savait être humble et superbe selon les temps, s'arrêta dès qu'il eut appris que l'armée de l'empire approchait, Fléchier, Hist. de Théod. II, 65. Dans un des parvis aux hommes réservé Cette femme superbe entre le front levé, Racine, Ath. II, 2. Je vois Iphigénie entre les bras d'un père ; Elle fait tout l'orgueil d'une superbe mère, Racine, Iphig. II, 1. Les hommes qui sont superbes les uns aux autres, se résistent aussi sans cesse, Fénelon, t. XVII, p. 379. J'étais superbe de mon amour même, et le tien me faisait respecter ici, Montesquieu, Lett. pers. 157. Ne sais-tu pas encore, homme faible et superbe, Que l'insecte insensible enseveli sous l'herbe Et l'aigle impérieux qui plane au haut du ciel Rentrent dans le néant aux yeux de l'Éternel ? Voltaire, Fanat. I, 4. Et que dirait le grand roi, le roi des honnêtes gens, Louis le superbe… ? Courier, Simple disc.

    Substantivement. Le superbe sera trompé, et il ne demeurera point dans son éclat, parce que ses désirs sont vastes comme l'enfer, Sacy, Bible, Habacuc, II, 5. Elle [la religion chrétienne] élève le peuple à l'intérieur, et abaisse les superbes à l'extérieur, et n'est pas parfaite sans les deux, Pascal, Pens. XI, 3, éd. HAVET. Le superbe est un homme riche et puissant, qui a un grand équipage, qui mesure sa grandeur par celle de son train, et sa force par celle des chevaux qui tirent son carrosse, Malebranche, Rech. vér. v, 7. Athalie : Que vous dit cette loi ? - Joas : Que Dieu veut être aimé… Qu'il résiste au superbe et punit l'homicide, Racine, Athal. II, 7.

    Il se prend quelquefois en bonne part. Pourriez-vous n'être plus ce superbe Hippolyte, Implacable ennemi des amoureuses lois ? Racine, Phèdre, I, 1.

  • 2Qui a le caractère de la superbe, de l'orgueil. Alexandre reçut des lettres de Darius conçues en termes si superbes qu'il s'en offensa, Vaugelas, Q. C. IV, 1. Modeste en ma couleur, modeste en mon séjour, Franche d'ambition, je me cache sous l'herbe ; Mais, si sur votre front je puis me voir un jour, La plus humble des fleurs sera la plus superbe, Desmarets, Guirlande de Julie, la Violette. Des esprits ardents… qui mêlant à la religion un chagrin superbe, une hardiesse indomptée et leur propre esprit, poussent tout à l'extrémité, Bossuet, Var. v, 1. Ils vont tous ensemble se confondre dans un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes, ni rois, ni toutes ces autres qualités superbes qui distinguent les hommes, Bossuet, Duch. d'Orl. De quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même origine, et cette origine est petite, Bossuet, ib. Le prince part à ce premier mouvement ; déjà l'armée hollandaise, avec ses superbes étendards, ne lui échappera pas, Bossuet, Louis de Bourbon. J'entrevois vos mépris, et juge à vos discours Combien j'achèterais vos superbes secours, Racine, Iphig. IV, 6. Autant que de Joad l'inflexible rudesse De leur superbe oreille [des rois] offensait la mollesse, Autant je les charmais par ma dextérité, Racine, Athal. III, 3. Mes moindres actions, toujours superbes, étaient pour Marius de funestes présages, Montesquieu, Sylla et Eucrate. Il en avait marqué un superbe dépit, Marmontel, Mém. VII. Loin du superbe ennui que l'éclat environne, Chénier, Élég I, 4.
  • 3Il se dit des animaux qui semblent orgueilleux de leur force. Cependant un sanglier, monstre énorme et superbe, Tente encor notre archer…, La Fontaine, Fabl. VIII, 27. Ses superbes coursiers, qu'on voyait autrefois, Pleins d'une ardeur si noble, obéir à sa voix, Racine, Phèdre, v, 6.
  • 4 Terme d'anatomie. Le muscle superbe, le muscle droit supérieur, ou releveur de l'œil, qui entre en action lorsque cet organe exprime l'orgueil.
  • 5Il se dit des grands monuments dont la hauteur semble être un orgueil. L'arche qui fit tomber tant de superbes tours, Racine, Athal. v, 1.
  • 6Beau, grand, magnifique, riche, somptueux. Une forêt superbe. Encore que la vanité tâche, en quelque sorte, d'en couvrir la honte [de la mort] par les honneurs de la sépulture, il se voit peu d'hommes assez insensés pour se consoler de leur mort par l'espérance d'un superbe tombeau, Bossuet, Gornay. Tous mes sots, à l'instant changeant de contenance, Ont loué du festin la superbe ordonnance, Boileau, Sat. III. Je songe quelle était autrefois cette ville Si superbe en remparts, en héros si fertile, Racine, Andr. I, 2. Souvent ce cabinet superbe et solitaire Des secrets de Titus est le dépositaire, Racine, Bérén. I, 1. C'est donc ici d'Esther le superbe jardin, Racine, Esth. III, 1. Meudon, extrêmement superbe par les millions que M. de Louvois y avait enfouis, Saint-Simon, 28, 73.

    Il se dit aussi des hommes en ce sens. C'est un homme superbe en habits, en bâtiments, en équipages.

    Un homme superbe, un très bel homme.

    Ironiquement et familièrement. Vous êtes superbe, vous avez des idées singulières, bizarres.

  • 7En parlant des ouvrages d'esprit, très beau. Un superbe discours. Un ouvrage superbe.
  • 8Il se dit de la magnificence du temps, du ciel. Il fait un temps superbe. Figaro : Comment trouvez-vous cette nuit ? - Le comte : Superbe pour un amant, Beaumarchais, Barb. de Sév. IV, 5. Oh oui ! la terre est belle et le ciel est superbe, Hugo, Crépusc. 28.
  • 9 S. f. La superbe, espèce de liliacée, lilium superbum, L.

HISTORIQUE

XIIIe s. Cil qui se vante et monstre d'avoir touz biens et deprise les autres, est apelez superbes et orguilleus, Latini, Trésor, p. 302.

XVIe s. Avec de si grands et superbes ennemis que sont les Turcs, Lanoue, 421. Il nous fit faire à Poictiers à chacun une houpelande fort superbe, D'Aubigné, Faen. I, 3. Tarquinius, le premier, eleva les triumphes en ceste superbe magnificence, Amyot, Rom. 25. Se devoyant es façons de faire de monarchie superbe et odieuse à chascun, Amyot, ib. 41. Es-tu point superbe ? es-tu point iraconde ? [c'est un curé pédant qui parle], Despériers, Contes, XLII. Voyez un peu ce bastelage des deifications anciennes : aprez la grande et superbe pompe de l'enterrement…, Montaigne, II, 269.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SUPERBE, adj. (Gram.) s’il se dit d’un homme, il est synonyme à vain, fier, orgueilleux ; un vainqueur superbe : d’une chose, il en marque l’éclat, la grandeur, la magnificence ; un ornement superbe, un superbe édifice, une entrée superbe, un vêtement superbe.

Superbe, s. f. (Hist. nat. Bot.) methonica, genre de plante dont la fleur est en lis, composée de six feuilles rangées autour du même centre. Le pistil devient un fruit ovale, divisé dans sa longueur en trois loges qui renferment des semences assez rondes. Il faut ajouter aux caracteres de ce genre, la racine charnue taillée en éguiere, & les feuilles terminées par une main. Tournefort, mém. de l’acad. roy. des Sci. an. 1706. Voyez Plante.

Superbe, en Anatomie, nom de l’un des quatre muscles droits de l’œil, appellé aussi le releveur. Voyez Œil & Droit.

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Étymologie de « superbe »

Ital. superbo ; du lat superbus, de super, sur, et le suffixe bus (comparez acer-bus, mor-bus, etc.), qui répond au radical sanscrit bhû, être, lat. fui, grec, φύω, qui est au-dessus.

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Du latin superbus.
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Phonétique du mot « superbe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
superbe sypɛrb

Citations contenant le mot « superbe »

  • Épargner ceux qui se soumettent, et dompter les superbes. Virgile en latin Publius Vergilius Maro, L'Énéide, VI, 853
  • Reposez-vous. Une terre bien reposée donne une superbe récolte. De Ovide
  • Elle avait un nez superbe, qu'elle tenait de son père, chirurgien esthétique. De Groucho Marx
  • Une sentence de mort est une chose superbe à lire à haute voix. De Alfred de Musset / Les Caprices de Marianne
  • Une jolie femme sotte bien habillée, c’est une belle bouteille vide parée d’une superbe étiquette. De Alphonse Allais / Le Chat noir - 11 Janvier 1890
  • Une affaire superbe : achetez toutes les consciences au prix qu'elles valent et revendez-les pour ce qu'elles s'estiment. De Aurélien Scholl
  • Ce qui chez les humbles s'appelle rage, chez les seigneurs s'appelle superbe ; et ce qui chez les petits est châtiment, chez les grands s'appelle vengeance. De Antonio de Guevara / Epîtres Familières
  • La course du guépard est superbe ; c'est un spectacle inoubliable mais fort rare car, généralement, on court devant. De Jean L'Anselme
  • De quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même origine, et cette origine est petite. De Jacques-Bénigne Bossuet / Oraison funèbre de la duchesse d'Orléans
  • La mer est là, magnifique, imposante et superbe, avec ses bruits obstinés. Rumeur impérieuse et terrible, elle tient des propos étranges. Les voix d’un infini sont devant vous. Rien de la vie humaine. De Eugène Delacroix
  • Le théâtre, c'est la superbe exaltation de la vie, la concentration des émotions, la possibilité de crier devant un public les secrets les plus intimes du coeur humain. De Jean-François Somain / La Vraie Couleur du caméléon
  • Le chocolat en tête à tête c'est somptueux, à la fin d'un dîner c'est superbe, c'est le bonheur, un rite, une cérémonie. De Sonia Rykiel
  • Je trouve que la plus stupide, la plus connasse des bonnes femmes n'est pas aussi con qu'un homme. La connerie, la vraie connerie, la connerie rutilante, la connerie superbe, c'est l'homme. De Frédéric Dard / Je le jure
  • Insolence: arrogante, superbe, courageuse, accrestée [qui lève la crête, comme le coq], fière… Impudence: effrontée, audacieuse, fière, arrogante, mensongère, téméraire, maligne, esvolée [impudente], rogue, perverse, hardie, bordelière [propre aux maisons de prostitution]… De Maurice de la Porte / Les Epithètes
  • Epargner ceux qui se soumettent et dompter les superbes. De Virgile / L'éneide
  • Pour moi, les femmes sont comme les éléphants : des êtres superbes mais je n'en voudrais pas chez moi. De W.C. Fields
  • D’abord, Gabrielle, c’est le nom d’une des vingt fontaines de ce village. Les chemins qu’il faut emprunter sont introuvables, rien ne révèle les passages possibles… Mais avec la pièce indispensable, le topoguide du circuit, on s’y retrouve. Le matin, au départ de la boucle, le soleil prend déjà de la vigueur sur le pont qui enjambe la Courbière avec son chant fluide et rafraîchissant. Vite, on quitte le macadam et ce premier petit chemin creux offre son ombre persillée de taches de soleil. La progression est facile et agréable. Un peu plus loin, l’eau ruisselle sur le côté du chemin, traverse parfois ; normal pour avoir un cadre aussi verdoyant en plein été il faut bien des réserves d’eau dans le sol. Çà et là d’énormes arbres ont été déracinés lors de la tempête de décembre 2019. Après une belle montée, on arrive sur une plateforme juste devant les vestiges d’un bâtiment industriel. Le topoguide précise qu’il s’agissait du point de départ du minerai de fer dans des wagonnets suspendus par câbles. Les mines sont toutes proches, les entrées sont fermées pour des raisons de sécurité. En poursuivant, un deuxième site industriel apparaît avec plusieurs pièces métalliques de l’époque. Il faut maintenant se lancer vers le point culminant de ce circuit. Au panorama de la crête de Vente Farine, superbe vue sur le massif des Trois Seigneurs, Rabat, Surba, Tarascon, Mercus. La descente est également bien à l’ombre, mais la perte d’altitude fait monter la température. Merci au topoguide que l’on peut se procurer qu’à la mairie de Rabat. ladepeche.fr, "Des chemins introuvables sans topoguide et une superbe vue sur le massif des 3-Seigneurs" - ladepeche.fr

Images d'illustration du mot « superbe »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « superbe »

Langue Traduction
Anglais superb
Espagnol magnífico
Italien superbo
Allemand hervorragend
Chinois 高超
Arabe رائع
Portugais soberbo
Russe превосходный
Japonais 見事
Basque bikaina
Corse superbu
Source : Google Translate API

Synonymes de « superbe »

Source : synonymes de superbe sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « superbe »

Superbe

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