Sourd : définition de sourd, sourde


Sourd, sourde : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

SOURD, SOURDE, adj.

A. − [En parlant de qqn, d'un être animé]
1.
a) Qui est privé du sens de l'ouïe ou qui est atteint d'une baisse (unilatérale ou bilatérale) de l'audition qui empêche d'entendre certains sons. Synon. mal-entendant, dur d'oreille*, sourdingue (pop.).Être sourd de naissance; être complètement, légèrement, à moitié, un peu, au trois quarts sourd; enfant, femme, homme sourd(e); animal, chien, chat sourd. Il est très vieux. Devenu sourd à demi et aveugle, boiteux, édenté, perclus presque, il se traîne au coin du feu les jours froids, au soleil par les beaux jours (Pesquidoux,Chez nous, 1923, p. 159).Chez le sujet qui entend, l'absence de sons ne rompt pas la communication avec le monde sonore, de même chez un sujet sourd et aveugle de naissance, l'absence du monde visuel et du monde auditif ne rompt pas la communication avec le monde en général (Merleau-Ponty,Phénoménol. perception, 1945, p. 379).
Être sourd comme un pot, comme une pioche... (fam.). Être complètement sourd, ne rien entendre. Thérèse est sourde comme un sac de charbon et lente comme la justice. Les ans en sont la cause. Le pis est qu'elle croit avoir ouïe fine et bon pied (France,Bonnard, 1881, p. 378):
1. Rien n'est douloureux comme le penchement de la jeune femme de Loti, cherchant à entendre ce que dit Daudet. Car elle est sourde comme un pot, la jeune femme, et s'efforce à percevoir ce qui se dit avec le soulèvement de ses paupières, la tension de son petit nez, le happement de sa lèvre supérieure... Goncourt,Journal, 1892, p. 223.
Il vaut mieux entendre ça/cela que d'être sourd. [Pour marquer sa réprobation à, son désaccord avec des propos jugés déraisonnables, ineptes ou choquants] Le gaullisme peut être un régime anticapitaliste si des hommes de gauche en prennent les commandes. − Il vaut mieux entendre ça que d'être sourd, dit Henri; mais c'est tout juste! (Beauvoir,Mandarins, 1954, p. 459).
Je ne suis pas sourd/sourde. [Adressé à qqn qui parle trop fort, ou qui se répète] Votre mère vous appelle, lui dit Wallner. Après un instant: − Encore!... L'entendez-vous? − Mais oui, je ne suis pas sourde! (Reider,MlleVallantin, 1862, p. 102).
Êtes-vous sourd/sourde; tu es sourd/sourde. [Pour attirer l'attention de qqn qui feint de ne pas entendre, de ne pas comprendre ce qui vient d'être dit; adressé à qqn qui réagit lentement à des propos, à un ordre, à l'appel, etc.] Eh bien, mon ami, tu es donc sourd? Depuis une heure, je fais le signal convenu, et tu ne réponds pas (Dumas père, Demois. St-Cyr, 1843, iv, 16, p. 193).Vous n'entendez donc pas?... Êtes-vous sourde?... Voilà trois heures que je sonne (Mirbeau,Journal femme ch., 1900, p. 75).
Empl. subst. Un môme parlait à un sourd; après avoir essayé de se faire entendre en lui criant alternativement à chacune de ses oreilles, il s'est mis à la fin, et de désespoir, à lui hurler dans le derrière (Flaub.,Corresp., 1849, p. 122).Pour ce sourd total, comme la perte d'un sens ajoute autant de beauté au monde que ne fait son acquisition, c'est avec délices qu'il se promène maintenant sur une terre presque édénique où le son n'a pas encore été créé (Proust,Guermantes 2, 1921, p. 77).
Crier, taper, frapper, verbe d'action + comme un sourd. Très fort, avec une extrême violence. On vivait dans une vraie tornade. Dès que ça mugissait en tempête, ils gueulaient les mômes comme des sourds, ils s'entendaient plus (Céline,Mort à crédit, 1936, p. 267).On ne savait plus où l'on était. Le lieutenant fonçait comme un sourd dans la nuit noire, appuyant toujours à droite (Cendrars,Main coupée, 1946, p. 58).
[À propos d'une pers. avec qui il est impossible de discuter, qui ne tient aucun compte de ce qui est dit] Autant parler à un sourd, c'est comme si on parlait à un sourd. Parler pour les sourds. Parler sans être écouté, en pure perte. C'est bon, je vous dis, ça suffit. (...) Je vous répète (...) que je n'ai pas l'habitude de parler pour les sourds (Courteline,Conv. Alceste, Mentons bleus, 1906, p. 184).
Ne pas tomber dans l'oreille d'un sourd. [En parlant d'un conseil, d'un avertissement, d'un propos quelconque] Être pris en considération par quelqu'un qui est décidé à en faire son profit, à en tirer parti. Le diable m'emporte: c'est trop beau! (...) On ne peut plus avoir qu'un désir, après: mourir. Ces paroles ne tombaient point dans l'oreille d'un sourd. Au lieu d'en sourire (...) il se hâtait, après l'avoir quitté, de les colporter partout (Rolland,J.-Chr., Révolte, 1907, p. 402).
Faire le sourd. Synon. faire la sourde oreille (infra c).
Dialogue* de sourds.
Proverbe. Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il est impossible de faire entendre raison à celui qui refuse de comprendre les arguments exposés. Nos Cicérons, avec toute leur éloquence, n'ont guère persuadé que ceux qui, avant de les entendre, étaient de leur avis. Je sais la raison qu'on en donne: ventre n'a point d'oreilles, et il n'est pire sourd... (Courier,Pamphlets pol., Au réd. « Censeur », 1820, p. 40).La princesse de Taormina, sourde jusque-là, car il n'est pires sourdes que celles qui ont des oreilles pour ne pas entendre, la princesse de Taormina, devant l'évidence (...) a compris que c'était de la musique et qu'on ne jouait pas au poker (Proust,Prisonn., 1922, p. 287).
b) MÉD. Qui est atteint de surdité. Un individu est considéré comme sourd lorsque son acuité auditive est inférieure à 70 décibels (Méd. Biol.t. 31972).Avant l'âge de cinq ans, l'enfant très sourd, au-delà de 50 db, ne parlant pas ou parlant peu devra être pris en charge par un organisme compétent où une éducation de la parole sera entreprise (Lar. Méd.t. 31972, p. 318).
Empl. subst. Sourd léger, total; demi-sourd grave, léger. Le sourd congénital n'acquiert pas le langage des autres hommes, c'est-à-dire qu'il n'acquiert pas la capacité d'utiliser les signes de la langue (H. Hecaen, R. Angevergues,Pathol. du lang., 1965, p. 17).
c) [P. méton.] Oreille(s) sourde(s). Oreille(s) qui ne permet(tent) plus une audition normale.
Faire la sourde oreille; faire sourde oreille (vx). Faire semblant de ne pas entendre ce qui est dit, d'ignorer des propos; refuser d'accéder à une demande. Synon. faire le sourd.Il crut à plusieurs reprises qu'on prononçait son nom. Peut-être même l'appelait-on. Il aimait mieux, en tout cas, faire la sourde oreille (Green,Moïra, 1950, p. 198).
d) Régional
α) Subst. masc. Salamandre terrestre. Nous savons par Victor Hugo raconté, chap. VII, qu'il cherchait des sourds dans le jardin des Feuillantines (Esn.1907).
β) Adj. et subst. fém. (Bécassine) sourde. Petite bécasse qui hiverne en France. Et le petit, ramassant une bécassine, disait (...) − C'est une sourde. On appelle ainsi les petites qui ne crient pas en s'envolant (Vialar,Homme de chasse, 1961, p. 278).
2. Qui dans certaines conditions ne peut entendre, qui est privé momentanément du sens de l'ouïe. [Pauline] ne s'apercevait pas de sa présence. Aucune parole ne touchait cet être sourd, aveuglé, inabordable, tout frémissant dans une tourmente solitaire (Chardonne,Dest. sent., II, 1934, p. 220).On m'a dit beaucoup de choses que je n'ai pas pu entendre, mais dès que j'entre dans un salon, il me semble que je deviens sourd et que ma vue se brouille (Green,Journal, 1946, p. 16).
3. Au fig. Qui reste insensible à certaines réalités, qui refuse de reconnaître des faits. On ne raisonne pas (...) les passions. Les gens passionnés sont sourds comme ils sont aveugles (Balzac,Cous. Bette, 1846, p. 359).Il est impossible à une victime des camps de concentration d'expliquer à ceux qui l'avilissent qu'ils ne doivent pas le faire. C'est que ces derniers ne représentent plus des hommes, mais une idée, portée à la température de la plus inflexible des volontés. Celui qui veut dominer est sourd (Camus,Actuelles I, 1948, p. 259).
Empl. subst. [Baudelaire] y est demeuré [dans le monde réel] jusqu'à la fin, alors qu'après lui Rimbaud n'y persévéra pas au-delà de sa dix-neuvième année, et puis il rallia le troupeau des aveugles et des sourds (Mauriac,Mém. intér., 1959, p. 48).
Sourd à qqc., à qqn (rare).Qui est insensible à, qui refuse de comprendre, de tenir compte de quelque chose, de quelqu'un. Ma main dans ta crinière lourde Sèmera le rubis, la perle et le saphir, Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde! (Baudel.,Fl. du Mal, 1859, p. 42).Voilà donc cette jeunesse [étudiante] sourde, aveugle à ce qui se faisait, à ce qui se fait, à ce qui va se faire. Que lui reste-t-il? Un désordre. Un hiatus qu'elle bouche en organisant des monômes, en promenant des pancartes (Cocteau,Diff. d'être, 1947, p. 192).
SYNT. Sourd à la vérité; sourd au destin; sourd aux avertissements, aux conseils, aux excuses, aux exhortations, aux injures, aux menaces, aux moqueries, aux prières, aux promesses, aux rumeurs.
B. − [Avant ou après le subst.]
1.
a) [En parlant d'un son, d'un phénomène sonore] Qui n'est pas entendu distinctement, dont la résonance est atténuée, étouffée; peu sonore. Synon. amorti, assourdi, étouffé, mat, voilé (part. passé de voiler1).Par la fenêtre ouverte où grimpaient, en guise de jalousies, des capucines et des volubilis, on entendait le bourdonnement sourd des mouches à miel dans les banquettes de balsamines (Theuriet,Mais. deux barbeaux, 1879, p. 110).[L'idée] empruntait, pour le frapper au vif de sa détresse, le plus furtif craquement derrière lui ou le plus sourd écho, dans le mur de la rue, de talons arpentant les trottoirs (Carco,Homme traqué, 1922, p. 26).De la rue du château, le sous-préfet entendit un bruit sourd fait de mille bruits, pareil à celui qui se lève dans les bois avant l'orage (Pourrat,Gaspard, 1930, p. 82).
[P. méton.] Qui émet un son assourdi, n'ayant que peu de résonance. Il explore d'un seul coup d'archet les plus secrètes profondeurs de ces boîtes harmonieuses: le premier violon est sourd, le deuxième aigre (France,Servien, 1882, p. 141).
Lime* sourde.
Pédale sourde (d'un piano). Synon. de sourdine A 1.
PHONÉT. Consonne sourde ou, absol., sourde, subst. fém. Consonne dont l'articulation ne comporte pas de vibrations glottales. Synon. (consonne) non voisée, continue, occlusive, vibrante sourde.Cependant la sourde n'est pas impossible; elle existe même en français, où un L suivant une sourde sera prononcé sans le son laryngé (par exemple dans pluie, par opposition à bleu) (Sauss.1916, p. 74).La comparaison du p de pou et du b de bout par exemple laisse supposer que la distinction du caractère « sourd » et du caractère « sonore » (...) permet d'opposer entre eux deux phonèmes (Langage, 1968, p. 197).
SYNT. Battement, bruissement, chant, choc, coup, cri, gémissement, grognement, murmure, râle, son sourd; détonation, exclamation, explosion, plainte, paroles, rumeurs, sonorité sourde(s).
b) [En parlant d'un lieu, d'un milieu (aérien, liquide, etc.)] Qui atténue la résonance des sons; qui étouffe, atténue les sons, les bruits. Une oraison funèbre prononcée d'une voix frêle dans un local complétement sourd ne fut pas entendue de vingt personnes (Sand,Hist. vie, t. 3, 1855, p. 445).Au bout de l'allée s'ouvraient les champs. Mais ils étaient noirs, muets. J'avoue que j'éprouvai, moi aussi, un léger malaise. Pas une étoile. Un ciel sourd, fermé. Aucun frémissement d'insecte (Bosco,Mas Théot., 1945, p. 63).
2. P. anal. [En parlant d'une sensation visuelle ou olfactive] Qui n'est pas vif, qui manque de force, qui n'est pas appuyé. Coloration, couleur, lueur, reflet, tonalité sourd(e). Des bouffées de vent chaud leur soufflaient au visage l'haleine des jardins qu'ils longeaient, un fumet de terreau mouillé, une odeur sourde de fleurs au soleil, d'œillets d'Inde, d'héliotropes (Martin du G.,Thib., Belle sais., 1923, p. 926).Parmi les maîtres d'autrefois, Daumier s'apparente surtout par son modelé vigoureux, par sa prédilection pour les tons chauds et sourds à Rembrandt et à Goya (Réau,Art romant., 1930, p. 101).
[En parlant d'une couleur] Qui est peu éclatante, mate. Sur le cou blanc, la morsure paraissait d'un brun sourd et puissant (Zola,Th. Raquin, 1867, p. 81).La chambre de MmePauque (...) tendue d'un gris sourd qui tournait au mauve, avec des rideaux de velours violet (Green,Malfaiteur, 1955, p. 224).
[P. méton.] Un riche paysage, étouffé et sourd, avec des tons de velours fauve, sert de fond à cette voluptueuse scène mythologique (Gautier,Guide Louvre, 1872, p. 38).
Lanterne* sourde.
JOAILL. Pierre sourde. Pierre précieuse qui manque d'éclat et de brillant. (Dict. xixeet xxes.).
C. − Au fig. [Avant ou après le subst.]
1. Qui ne se manifeste pas nettement, qui n'apparaît pas clairement à la conscience. Synon. indistinct, insaisissable, latent, secret1, vague1.Ambition, colère, haine, jalousie, peur, rage, tristesse sourde. Il y a en elle une telle fatuité exaspérée, comme une suprême fureur de plaire, de conquérir, d'être aimée, fouettée par un sourd désespoir de vieillir (Goncourt,Journal, 1862, p. 1159).Il entretient en filigrane de l'assurance consciente une angoisse sourde, qui se traduit par des peurs irraisonnées et localisées au hasard, par des superstitions (Mounier,Traité caract., 1946, p. 280).
2.
a) Qui ne se manifeste pas nettement par des actes, qui s'effectue de manière insidieuse. Synon. caché, secret1.Son cœur [d'Henriette] restait meurtri; et, s'il y entrait un soulagement, une tendresse nouvelle, ce ne pouvait être qu'à son insu: tout un de ces sourds cheminements de la graine qui germe, sans que rien, au regard, révèle le travail caché (Zola,Débâcle, 1892, p. 511):
2. À quoi tient chez moi cette résignation, je ne nie pas qu'elle puisse être en partie alimentée par l'élément même de tragique qui sourdement y circule: je crois que j'ai besoin du tragique sourd dans la mesure même où je n'aime pas spontanément le tragique extériorisé: ceci assez proche de ma volonté (...) de réprimer les gestes, de réduire le geste à l'extrême minimum... Du Bos,Journal, 1924, p. 31.
MAR. Lame sourde. Lame qui apparaît soudainement sans qu'on ait pu la prévoir, sans qu'on ait senti le vent se lever. De petites embarcations peuvent y naviguer [dans la baie], mais il faut que ce soit avec prudence, car la houle y est souvent très forte, et les lames sourdes fort dangereuses (Freycinet,Voy. terres austr., 1815, p. 189).
b) Qui est volontairement caché. Guerre, lutte, machination sourde. Il n'y a pas d'énigme chez moi, madame. Ma conduite est sans arrière-pensée (...) ma vie est transparente, sans menées sourdes; je ne cherche à humilier, ni à calomnier personne (Balzac,Éc. mén., 1839, i, 6, p. 372).C'était une mère affectueuse et douce, toujours en révolte sourde contre la sévérité du père à l'égard de ses enfants (Aymé,Jument, 1933, p. 37).
REM.
Sourdaud, -aude, subst. et adj.,vx, région. (Personne) qui entend mal. Avec son regard austère, sa surdité affligeante et son air bonhomme, Chaudrut n'était ni plus ni moins qu'une sacrée canaille! (...) ce sourdaud, terreur des mastroquets qui s'écroulent sous le crédit, papillonnait (...) roucoulait, se pavanait (Huysmans,Sœurs Vatard, 1879, p. 58).Il ne s'effarouchait même pas des effarouchées, telle cette dame Garneau à qui il parlait toujours fort. « Que voulez-vous, disait-il, je suis sourdaud » (J. Ferron,Le Saint-Elias, 1972, p. 174 ds Richesses Québec 1982).
Prononc. et Orth.: [su:ʀ], fém. [suʀd]. Homon., formes de sourdre. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. En parlant d'êtres animés 1. ca 1050 surz « qui n'entend pas, par défaut de l'ouïe » (Alexis, éd. Chr. Storey, 551); ca 1140 les surz (Geffrei Gaimar, Histoire des Anglais, éd. A. Bell, 1320); 1579 es-tu sourde? (Larivey, Esprit, IV, 6 ds IGLF); 1680, 29 mars frapper comme un sourd (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 2, p. 887); 1690 crier comme un sourd (Fur.); 1763, 21 févr. sourd comme un pot (Voltaire, Lett. d'Argental ds Littré); 2. a) 1204 « qui, bien qu'entendant correctement se comporte comme une personne qui a perdu l'ouïe » (Renclus de Moliens, Carité, éd. A.-G. Van Hamel, LX, 5: Ki les orras se tu ies sours?); b) loc. ca 1175 faire la sorde oreille (Benoît, Chronique des Ducs de Normandie, 23784 ds T.-L.); fin xiiie-déb. xives. faire le sourt (Des Braies au Cordelier, 127, éd. Barbazan et Méon, t. 3, p. 173); 1549 faire le sourd a aucun (Est.); 1556 (Ronsard, Nouv. Continuation des Amours, éd. P. Laumonier, VII, 60: tu es sourde à mes cris). B. En parlant de choses 1. 1314 se dit d'outils qui ne font pas de bruit quand on s'en sert tenailles sourdes (Henri de Mondeville, Chirurgie, éd. Ch. Bos, 607-608); mil. xves. lyme sourde, ici fig. « femme hypocrite, à l'image de certaines limes qui ne font pas de bruit » (Ch. D'Orléans, Rondeaux, 146, 1, éd. P. Champion, p. 374); 2. a) ca 1520 « qui est peu prononcé, qui ne se manifeste pas nettement » emorroïdes sourdes (J. Falcon, Le Guidon en françois, f o244 ds Sigurs, p. 450); b) 1601 se dit de sentiments dépourvus d'acuité » sourde rage (Montchrestien, Aman, p. 247 ds IGLF); 3. 1558 « peu sonore; dont le son est étouffé » (Est. Médicis, Chron., I, 478 ds Gdf. Compl.); d'où α) 1768 mus. syllabes sourdes (Rousseau t. I, p. 328; t. II, p. 47); β) 1842 ling. consonnes sourdes (Ac. Compl.); 4. 1559 « qui s'accomplit dans l'ombre sans qu'on en ait clairement conscience » (Amyot, P. Aem., 28 ds Littré: Et courut incontinent un bruit sourd parmy le peuple, que ce signe celeste signifioit l'eclipse du roy); 5. 1602 « qui s'effectue d'une manière insidieuse » pratiques sourdes (Pasquier, Les Recherches de la France, 392 ds IGLF); 6. 1611 math. nombre sourd (Cotgr.); 7. a) 1622 « terne, sans éclat » esmeraude sourde (E. Binet, Merv. de Nat., p. 187 ds Gdf. Compl.); b) 1678 « qui n'est pas vif » (en parlant d'une couleur) (Bosse, Manière de graver, 75 ds IGLF: cette façon de graver produit aussi des tons gris et sourds). Du lat. surdus « qui n'entend pas »; « qui ne veut pas entendre; insensible ». Fréq. abs. littér.: 4 476. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 4 460, b) 8 327; xxes.: a) 8 142, b) 5 870.
DÉR. 1.
Sourdière, subst. fém.Volet en bois matelassé placé à l'intérieur d'une baie. (Dict. xixeet xxes.). Synon. sourdine.[suʀdjε:ʀ]. 1reattest. 1872 (Littré); de sourd, suff. -ière*.
2.
Sourdité, subst. fém.,ling., phonét. Caractère d'un phonème sourd. En appos. Chaque trait est partagé par plusieurs phonèmes: p partage avec b le trait bilabial, s'oppose à lui par le trait sourdité (Langage, 1968, p. 199). [suʀdite]. 1resattest. a) 1478 surdite (N. Panis, Trad. de la chirurgie de Gui de Chauliac, f o198 ds Sigurs, p. 419), 1520 sourdite (N. Falcon, Le Guidon en françois, 285d, ibid.), b) 1924 ling. (Lang. Monde, p. XI); dér. sav. de sourd, suff. -ité* (cf. le lat. surditas).
BBG. − Archit. 1972, p. 229 (s.v. sourdière). − Calbris (G.). « Sourd » est sonore; « sonore » est sourd. Ét. Ling. appl. 1974, n o14, pp. 87-95. − Dauzat Ling. fr. 1946, p. 28. − Lewicka (H.). Dat. de mots. Kwart. neofilol. 1954, t. 1, p. 78. - Sain. Arg. 1972 [1907] p. 20, 209.

Sourd, sourde : définition du Wiktionnaire

Adjectif

sourd \suʁ\

  1. Dont l’acuité auditive est diminuée de façon importante ou totale, en parlant d'une personne ou d'un animal.
    • Devenue totalement sourde, cette cagole de Catherine ne leur prêtait nulle attention. Un mince sourire flottait sur son visage et elle lisait. — (Maurice Lemoine, Les cités interdites, Éditions de l'Encre, 1987, p. 129)
  2. (Figuré) Qui ne tient pas compte de ce qu'on lui dit, qui refuse de comprendre.
    • […] il y a le nageur intrépide qui, sourd aux appels du maître baigneur, dépasse les limites du bain surveillé, gagne la pleine mer et est emporté par une lame de fond. — (Franc-Nohain [Maurice Étienne Legrand], Guide du bon sens, Éditions des Portiques, 1932)
  3. Qui est peu sonore, qui rend un son étouffé.
    • La pénombre le dissimulait, la rumeur sourde des vaches qui ruminaient dominait le bruit de sa respiration précipitée […] — (Louis Pergaud, « La Vengeance du père Jourgeot », dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • […] et, à cet instant précis, le halètement sourd d’une locomotive et son cri rauque montant dans un jet de vapeur, m’emplirent d’un tel tumulte de sensations heurtées qu’eussé-je vu l’océan surgir et balayer de contraste le hideux mur de l’hôpital Lariboisière, ma stupéfaction n’aurait pas été plus profonde. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Pendant que les lames attaquaient mon vaillant navire et que leurs coups sourds faisaient résonner la coque qui vibrait et se plaignait sous les chocs, je restai allongé sur ma couchette […] — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Bientôt tes appels ne seront plus que rauquements de plus en plus sourds, beuglements de désespoir si fatigués qu’ils ne dépasseront plus ta gorge, étranglée de terreur […] — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  4. (Linguistique) Se dit d’un son du langage qui ne fait pas vibrer les cordes vocales.
    • En français oral, les consonnes sourdes sont \p\, \t\, \k\, \f\ \s\ \ʃ\. Les autres sont dites sonores.
  5. (Figuré) Qui est peu sensible, qui se perçoit peu.
    • Et, peu à peu, de la douceur primordiale, un peu timide et avide de tendresse de son caractère, montaient une sourde irritation, une rancœur et une révolte. — (Isabelle Eberhardt, Le Major, 1903)
    • Une colère sourde et terrible, qu’il tentait vainement de refréner, l’envahit et le domina. — (Louis Pergaud, « La Vengeance du père Jourgeot », dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Lorsqu’au bout de quelques semaines Elhamy la remercia, avec une cordialité souriante, du bien qu’elle avait fait à son fils, une émotion sourde étreignit sa gorge. — (Out-el-Kouloub, « Zaheira », dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
  6. (Arts) Qualifie les tons qui manquent d’éclat.
  7. (Figuré) (Péjoratif) Se dit de certaines choses qui se font secrètement, sans bruit, sans éclat.
    • Or, cette année-là, comme les élections étaient fixées au 1er mai, il y eut dès le 1er avril, une propagande active et des menées sourdes de part et d’autre pour conquérir les douteux. — (Louis Pergaud, « Deux Électeurs sérieux », dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Victime de l’hostilité d'Arago en France et de Humboldt en Allemagne, Paravey a la mentalité d'un persécuté. Il se plaint dès 1835 « de sourdes et odieuses manœuvres qui tendent sans cesse à se renouveler.» — (Jean-Claude Drouin, Un esprit original du XIXe siècle : le chevalier de Paravey (1787-1871), dans la Revue d'histoire de Bordeaux et du département de la Gironde, 1970, p. 67)

Nom commun

sourd \suʁ\ masculin (pour une femme on dit : sourde)

  1. Personne sourde.
    • Autrefois on venait en pèlerinage chercher certaine huile bénite qu’on y distribuait et qui avait, disait-on, le privilège de rendre l’ouïe aux sourds. — (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1895, éd. 1923)
    • Aux temps anciens, les Sourds et les Muets ne pouvaient tester. Ulpien proclame l'incapacité du muet, du sourd, du furieux, du prodigue interdit. Le muet ne pourra pas tester, puisqu'il ne parle pas, et le sourd sera dans la même impossibilité, puisqu'il ne peut parvenir à entendre le langage de ses parents. — (Edmond Falgairolle, La Condition sociale et juridique des Sourds-muets, Nancy, 1901, p. 34)
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Sourd, sourde : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SOURD, OURDE. adj.
Qui est privé du sens de l'ouïe ou qui entend très difficilement. Il est devenu sourd. Cette maladie l'a rendu sourd d'une oreille. Sourd de naissance. Il est complètement sourd. Fam., Sourd comme un pot, Extrêmement sourd. Sourd-muet. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

SOURD signifie, au figuré, Qui refuse d'entendre. Il fut sourd à toutes mes propositions. Faire la sourde oreille, Faire semblant de ne pas entendre ce qu'on dit et n'y avoir point d'égard. Quand on lui parle raison, il fait la sourde oreille. On dit aussi substantivement : Faire le sourd. Fig., Être sourd aux prières, aux cris, aux raisons, aux remontrances, Être insensible aux prières, aux cris, etc.

SOURD se dit aussi de Certaines choses et signifie qui est peu sonore, qui rend un son étouffé. Cette salle est sourde. Un piano sourd. Une voix sourde. Un bruit sourd. De sourdes rumeurs. De sourds gémissements. Lime sourde, Lime qui ne fait pas de bruit quand on l'emploie.

SOURD se dit, en termes de Phonétique, d'un Son du langage qui ne fait pas vibrer les cordes vocales. T, P, K sont des consonnes sourdes. Substantivement, Ce sont des sourdes.

SOURD signifie figurément Qui est peu sensible, qui se perçoit peu. Une inquiétude sourde. Un sourd travail de l'organisme, de la pensée. Douleur sourde, Douleur interne qui n'est pas aiguë. Lanterne sourde, Lanterne faite de telle façon que celui qui la porte voit sans être vu et qu'il en cache entièrement la lumière quand il veut. En termes de Peinture, Tons sourds, Tons qui manquent d'éclat.

SOURD se dit, au figuré, de Certaines choses qui se font secrètement, sans bruit, sans éclat, et, dans ce sens, il se prend toujours en mauvaise part. De sourdes pratiques. De sourdes menées. Une guerre sourde.

SOURD s'emploie aussi substantivement. Un sourd, une sourde. Fam., Crier, frapper comme un sourd, Crier, frapper très fort. Autant vaudrait parler à un sourd, C'est peine perdue de chercher à lui faire entendre raison. Prov., Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre se dit en parlant de Quelqu'un qui fait semblant de ne pas entendre une proposition, une question qu'il entend fort bien, mais à laquelle il ne veut pas répondre.

Sourd, sourde : définition du Littré (1872-1877)

SOURD (sour, sour-d' ; le d ne se lie pas : sour et muet ; au XVIe siècle, Palsgrave, p. 14, dit qu'on prononce sour) adj.
  • 1Qui ne peut entendre par suite de quelque vice ou obstruction de l'organe de l'ouïe. Mes enfants, approchez, Approchez ; je suis sourd, les ans en sont la cause, La Fontaine, Fabl. VII, 16. C'était une clameur à rendre les gens sourds, La Fontaine, ib. VIII, 12. Un trop grand bruit fatigue l'oreille, et va quelquefois jusqu'à rendre sourdes pour un temps, ou même pour toujours, les personnes qui y ont été exposées, Brisson, Traité de phys. t. II, p. 177. La Condamine est aujourd'hui Reçu dans la troupe immortelle [l'Académie française] ; Il est bien sourd, tant mieux pour lui, Mais non muet, tant pis pour elle, Piron, Épigr. M. Le Sage était devenu si sourd dans sa vieillesse, qu'il fallait, pour s'en faire entendre, mettre la bouche sur son cornet, et crier de toute sa force, Diderot, Lett. sur les sourds et muets.

    Fig. Vous savez que le siècle où l'on vit est sourd, que la voix du compatriote est faible, Buffon, Rép. à la Condamine.

    Familièrement. Sourd comme un pot, très sourd. Dites donc comment vont vos yeux ; je perds les miens, et je deviens sourd comme un pot, Voltaire, Lett, d'Argental, 21 fév. 1763.

    On dit dans le même sens : Sourd à n'entendre pas Dieu tonner.

  • 2Qui, sans être sourd, n'entend pas pour une raison quelconque. De ces dieux qui sont sourds bien qu'ayant des oreilles, La Fontaine, Fabl. IV, 8. La frayeur les emporte [les chevaux], et, sourds à cette fois, Ils ne connaissent plus ni le frein ni la voix, Racine, Phèdre, v, 6.

    Êtes-vous sourd ? se dit à une personne qui, sans être sourde, n'entend pas ou n'écoute pas. êtes-vous sourd, monsieur Blaise ? elle vous dit que non, Marivaux, l'Épreuve, sc. 18.

    Faire la sourde oreille, faire le sourd, ne pas vouloir entendre à quelque proposition, écouter une prière, une remontrance. Le roussin d'Arcadie Craignit qu'en perdant un moment Il ne perdît un coup de dent ; Il fit longtemps la sourde oreille ; Enfin il répondit, La Fontaine, Fabl. VIII, 14. Il [Napoléon en 1815] temporisait, ménageait même les traîtres, détournait volontairement la vue, faisait sourde oreille et attendait le canon, Villemain, Souv. contemp. Les Cent-Jours, x.

  • 3 Fig. Inexorable, inflexible, insensible. Ô colère, ô pitié, sourdes à mes désirs ! Corneille, Hor. IV, 7. Il [le ciel] devrait être sourd aux aveugles souhaits, La Fontaine, Fabl. VII, 17. Nous sommes sourds à tous les sages avertissements, aveugles aux voies du salut qui nous sont montrées…, Bossuet, Hist. II, 8. Pour lui [un mauvais poëte] Phébus est sourd et Pégase est rétif, Boileau, Art p. I. Je fus sourde à la brigue et crus la renommée, Racine, Brit. IV, 2. Les dieux depuis longtemps me sont cruels et sourds, Racine, Iphig. II, 2. Rebelle à tous nos soins, sourde à tous mes discours, Voulez-vous, sans pitié, laisser finir vos jours ? Racine, Phèdre, I, 3. Les rochers de Thrace et de Thessalie ne sont pas plus sourds ni plus insensibles aux plaintes des amants désespérés que Télémaque ne l'était à ces offres, Fénelon, Tél. XX. La beauté bien souvent, Attentive à l'hommage, est sourde au sentiment, Dorat, Feinte par amour, I, 6.
  • 4Qui est peu sonore, peu retentissant. Ce violon est sourd. Une voix sourde. Mais sans examiner si, vers les antres sourds, L'ours a peur du passant ou le passant de l'ours, Boileau, Sat. VIII. Si la pierre [meulière] est sonore, elle est bonne, et fait espérer de grandes meules ; si elle est sourde, c'est signe qu'elle se divisera dans l'extraction, Cuvier Et Brongniart, Instit. Mém. scienc. 1810, 1er sem. p. 211.

    Un appartement sourd, appartement où la voix, la musique, etc. manquent de sonorité, et aussi appartement d'où le bruit intérieur ne s'entend pas au dehors. Cette petite chambre est sourde, Sévigné, 26 ayr. 1680.

    Consonnes sourdes, consonnes telles qu'on les fait entendre en parlant bas et avec la glotte ouverte ; ce sont k, l, p, t, f, s.

  • 5Qui se fait peu entendre. De sourdes rumeurs. Un bruit sourd. Nous écoutâmes, le maréchal [de Bellefonds] et moi, cette tragédie [Esther], avec une attention qui fut remarquée, et certaines louanges sourdes et bien placées qui n'étaient peut-être pas sous les fontanges de toutes les dames, Sévigné, 21 févr. 1689. Je n'entendrai plus le bruit sourd des vagues de cette mer, Fénelon, Tél. X. Il y a des gens qui ne savent être émus que par des cris et des pleurs ; les longs et sourds gémissements d'un cœur serré de détresse ne leur ont jamais arraché des soupirs, Rousseau, Ém. IV.

    Fig. Bruit sourd, nouvelle qui n'est ni publique, ni certaine. Cependant un bruit sourd veut que le roi respire, Racine, Phèdre, II, 6. Songez-y ; vos refus pourraient me confirmer Un bruit sourd que déjà l'on commence à semer, Racine, Athal. III, 4.

    Lime sourde, voy. LIME 1, au propre et au fig.

    Fig. La politique est une lime sourde qui use et qui parvient lentement à sa fin, Montesquieu, Esp. XIV, 13.

  • 6 Fig. Qui jette peu d'éclat.

    Terme de peinture. Teintes sourdes ou tons sourds, couleurs mates, vagues et sans éclat. Ce tableau est sombre, il est terne, il est sourd, Diderot, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 167, dans POUGENS.

    Terme de joaillier. Pierre sourde, pierre qui a quelque chose d'obscur, de brouillé.

    Lanterne sourde, voy. LANTERNE.

  • 7 Fig. Vague, mal caractérisé. Je ne savais pas même lui cacher ce pressentiment sourd qui m'inquiétait et ne me rendait que plus maussade, Rousseau, Conf. x.

    Au physique. Douleur sourde, douleur qui ne se fait pas sentir d'une manière aiguë.

  • 8 Fig. Qui ne se manifeste pas, qui est sans bruit, qui ne fait pas d'éclat. Il est des moyens sourds pour lever un obstacle, Corneille, Perthar. III, 3. Nous découvrîmes quelque temps après un obstacle plus sourd, mais aussi plus dangereux, Retz, Mém. t. I, liv. I, p. 79, dans POUGENS. Il est certain que M. de Turenne est mal avec M. de Louvois ; mais cela n'éclate point ; et, tant qu'il sera bien avec M. Colbert, ce sera une affaire sourde, Sévigné, 29 déc. 1673. Il avait agi d'une manière sourde et insensible, Montesquieu, Esp. VI, 13. Il y eut toujours une guerre sourde entre l'empire et le sacerdoce, Voltaire, Mœurs, 126. Si tout ce que l'auteur a écrit eût été entassé comme pêle-mêle, qu'il n'y eût eu que dans l'esprit de l'auteur un ordre sourd, son livre eût été… plus agréable…, Diderot, Réfl. sur l'Esp. La sagacité des hommes a donné au temps une voix qui les avertit de sa fuite sourde et légère ; mais à quoi bon l'heure sonne-t-elle ? Diderot, Lett. à Mlle Voland, 18 oct. 1760. Le brigandage des gouverneurs, qui commandaient dans les provinces, n'avait ni le fracas, ni la rapidité de ces dévastations ; il était sourd et lent, mais il était continu, Condillac, Hist. anc. Lois, ch. 8. De ses sourdes douleurs j'ai vu la violence, Ducis, Abufar, IV, 1.

    En mauvaise part. Il y eut dans la maison de sourdes pratiques, Patru, Plaidoyers, 15. On veut que vos amis, par de sourdes intrigues, Se soient mêlés pour vous de cabales, de ligues, Th. Corneille, Essex, I, 1. Quelque sourdes que fussent ces menées, Darius en fut averti, Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. VI, p. 388, dans POUGENS. Leur sourde ambition n'ignore point les brigues, Voltaire, Henr. v.

  • 9Ancien terme de mathématiques. Nombres sourds, nombres irrationnels. Racines sourdes, racines carrées ou cubiques des nombres qui ne sont ni des carrés ni des cubes. Quand nous n'avons pas pour une quantité une expression exacte, nous la nommons sourde, parce qu'alors elle échappe comme un bruit sourd qu'on distingue mal, Condillac, Lang. calc. II, 13.
  • 10 Terme de marine. Lame sourde, lame qui se porte sur un point où l'on ne ressent pas le vent qui l'a soulevée.
  • 11 Terme de corroyeur. Couteau sourd, sorte de plane peu tranchante, qui sert à préparer les cuirs.
  • 12 Substantivement. Un sourd, une sourde. Je sais que je parle à des sourds : Mais ma raison est envolée, Scarron, Virg. IV. Un sourd de naissance est nécessairement muet, Buffon, Hist. nat. hom. Œuvr. t. IV, p. 488.

    Fig. Ces sourds spirituels à qui Jésus-Christ n'a pas encore ouvert l'oreille, Bossuet, 2e avert. 13.

    Frapper comme un sourd, faire beaucoup de bruit en frappant, parce qu'un sourd ne se rend pas compte du bruit qu'il fait ? Que diable ! à si bonne heure Vous frappez comme un sourd, Régnier, Sat. X.

    Frapper comme un sourd, signifie aussi frapper quelqu'un sans ménagement ni pitié, parce qu'un sourd, n'entendant pas les cris de sa victime, ne se rend pas compte du mal qu'il fait. Ses gens frappent comme des sourds, Scarron, Virg. trav. IV.

    Fig. Nous entendîmes, après dîner, le sermon du P. Bourdaloue, qui frappe toujours comme un sourd, disant des vérités à bride abattue, parlant contre l'adultère à tort et à travers [en présence des adultères du roi Louis XIV], Sévigné, 29 mars 1680.

    Crier comme un sourd, crier très haut (à cause que les sourds, qui ne s'entendent pas eux-mêmes, élèvent d'ordinaire beaucoup la voix).

  • 13Sourd-muet, sourde-muette, celui, celle qui est privée de la faculté d'expression orale par la surdité de naissance due à un vice du développement de l'oreille interne. M. Rodrigue Pereire, Portugais, ayant cherché les moyens les plus faciles pour faire parler les sourds et muets de naissance, s'est exercé assez longtemps dans cet art singulier pour le porter à un grand point de perfection, Buffon, Hist. nat. hom. Œuvr. t. IV, p. 491. Quand on n'a pas vécu avec les sourds-muets, il est trop difficile de se faire une juste idée de leur triste existence, Sicard, Instit. Mém. litt. et beaux - arts, t. I, p. 40. Le sourd-muet qui saura écrire, pourra accepter lui-même ou par un fondé de pouvoir ; s'il ne sait pas écrire, l'acceptation doit être faite par un curateur nommé à cet effet, Code civ. art. 936.

    L'institution des Sourds-muets (avec une S majuscule).

    Il est aussi adjectif. Il est sourd-muet.

PROVERBES

Il n'est pire sourd, il n'est point de pire sourd que celui qui ne veut point entendre, se dit d'un homme qui entend très bien ce qu'on lui dit, mais qui, ne voulant pas répondre, fait semblant de ne pas entendre. On dit bien vrai, qu'il n'y a pas de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre, Molière, Am. méd. I, 4.

Autant vaudrait parler à un sourd, se dit de celui qui ne veut rien faire de ce qu'on lui propose.

SYNONYME

SOURD ET MUET, SOURD-MUET. La première expression désigne un individu muet en même temps qu'il est sourd, mais chez lequel le mutisme est indépendant de la surdité ; la seconde indique qu'il est muet parce qu'il est sourd de naissance. Voilà pourquoi on doit dire : l'Institution des Sourds-muets, et non l'Institution des sourds et muets. Du temps de Buffon, on ne faisait pas cette distinction.

HISTORIQUE

XIIe s. Il parla hautement que l'oï li plus sours, Sax. XXVII.

XIIIe s. Or n'aiés mie oreilles sordes, Et ge vous pruef [prouve] que ce sunt bordes, la Rose, 12483. Cil qui est si sours qu'il n'ot goute, Beaumanoir, XV, 32. Savez que fet li damoisiaus ; En terre rouge se toueille, Le mort fet et la sourde oreille, Rutebeuf, 188.

XIVe s. Les tenailles sourdes sont celles qui n'ont pas concavité, H. de Mondeville, f° 36. Il n'est si mavais sours que chuis ch'oïr ne voeilt, Beaud. de Seb. x, 364.

XVe s. Elle [Jeanne d'Arc] est venue à Baudricourt, Capitaine de Vaucouleur, Et plusieurs fois lui fist le sourt, Cuidant lui oster son erreur, Mistere d'Orleans, p. 384. Es grans cours fault souvent faire le sourt, Qu'om ne voitrien et qu'om ne scet parler, Deschamps, De la maniere d'estre à la cour. Et jà, comme j'ay dit, là estoient sours ennemys de tous costez, Commines, v, 6. Il failloit avoir des lymes sourdes pour lymer cinq ou six barreaulx du treilliz de fer, Bibl. des chartes, 4e série, t. I, p. 267. Toutes fois à cause de cette jouste la feste en fut plus sourde, et y eut depuis peu de prouesses monstrées, Perceforest, t. III, f° 158. Il fault que tu faces en plusieurs choses la sourde oreille, Intern. consol. II, 44.

XVIe s. Il n'y a rocher si sauvage, Bois si dur, ne si sourd rivage, Qui n'ait pitié de ma langueur, Desportes, Amours d'Hippolyte, XLIX, chanson. Et courut incontinent un bruit sourd parmy le peuple, que ce signe celeste signifioit l'eclipse du roy, Amyot, P. Aem. 28. Les hemorrhoïdes sont ou sourdes non fluantes, ou ouvertes et coulantes, De Serres, 829. En aoust les gelines sont sourdes [cela signifie que la ménagère appelle en vain ses poules quand elles trouvent à manger partout, et fig. que les gens sont sourds aux conseils jusqu'à ce qu'ils soient sans ressources], Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 91.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. SOURD. Ajoutez : - REM. On a dit que la locution sourd comme un pot pouvait s'expliquer ainsi : sourd comme un pot qui a des oreilles et n'entend pas ; on disait les oreilles d'une écuelle, d'un pot. Mais voy. au Supplément au mot POT une meilleure explication.

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Sourd, sourde : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

SOURD, adj. celui qui ne jouit pas de la faculté d’entendre les bruits, les sons. Voyez l’article Surdité.

Sourd, (Critique sacrée.) celui qui est privé de l’ouïe ; l’Evangile rapporte les guérisons miraculeuses que J. C. opéra sur des sourds, Marc vij. 37. mais sourd est aussi pris dans l’Ecriture métaphoriquement pour un sourd spirituel, Isaïe, xxix. 18. & pour celui qui n’est pas présent. Non maledices surdo. Levit. xix. 14. Vous ne calomnierez point celui qui est absent. (D. J.)

Sourd, adj. en terme d’Arithmétique, signifie un nombre qui ne peut être exprimé, ou bien un nombre qui n’a point de mesure commune avec l’unité. Voyez Nombre.

C’est ce qu’on appelle autrement nombre irrationel ou incommensurable. Voyez Irrationnel & Incommensurable.

Quand il s’agit d’extraire la racine proposée d’un nombre ou d’une quantité quelconque, si cette quantité n’est pas une puissance parfaite de la racine que l’on demande, c’est-à-dire, si l’on demande une racine quarrée, & que la quantité proposée ne soit pas un vrai quarré ; si c’est une racine cube, & que la quantité ne soit pas un vrai cube, &c. alors il est impossible d’assigner en nombres entiers ou en fractions, la racine exacte de ce nombre proposé. Voyez Racine, Quarré, &c.

Quand cela arrive, les mathématiciens ont coutume de marquer la racine demandée de ces nombres ou quantités, en les faisant précéder du signe radical  : ainsi signifie la racine quarrée de 2 : & ou signifie la racine cubique de 16. Ces racines sont appellées proprement des racines sourdes, à cause qu’il est impossible de les exprimer en nombres exactement, car l’on ne sauroit assigner de nombre entier ou fractionnaire, lequel multiplié par lui-même produise 2 ; ou bien un nombre, lequel multiplié cubiquement puisse jamais produire 16.

Il y a aussi un autre moyen fort en usage aujourd’hui d’exprimer les racines, sans se servir des signes radicaux : on a recours aux exposans. Ainsi, comme , &c. signifient le quarré, le cube, & la cinquieme puissance de x ; de même aussi signifient la racine quarrée, cube, &c. de x.

La raison en est assez évidente ; car puisque est un moyen proportionel géométrique entre 1 & x, pareillement est un moyen proportionel arithmétique entre 0 & 1 ; c’est pourquoi, comme 2 est l’exposant du quarré de x, sera l’exposant de sa racine quarrée, &c. Voyez Exposant.

Observez aussi que pour la commodité & pour abréger, on donne souvent aux nombres rationels la forme des membres sourds. Ainsi, , &c. signifient , &c.

Mais quoique ces racines sourdes, quand elles le sont véritablement, soient inexprimables en nombres, elles sont néanmoins susceptibles des opérations arithmétiques, telles que l’addition, la soustraction, la multiplication, &c. Un algébriste ne doit pas ignorer avec quelle facilité on peut les soumettre à ces opérations.

Les quantités sourdes sont simples ou composées.

Les simples sont exprimées par un seul terme, comme .

Les composées sont formées par l’addition ou la soustraction des simples irrationels : comme , ou  ; cette derniere signifie la racine cubique de ce nombre, qui est le résultat de l’addition de 7 à la racine quarrée de 2.

Reduire les quantités rationelles à la forme de racines sourdes quelconques proposées. Elevez la quantité rationelle au degré marqué par l’exposant de la puissance de l’irrationelle ou sourde, & ensuite mettez au-devant le signe radical de la quantité sourde proposée. Ainsi, pour reduire à la forme de , quarrez  ; & le faisant précéder du signe radical, ou aura de cette maniere , qui est la forme de la quantité sourde demandée.

De même s’il falloit donner à 3 la forme de  ; il faudroit élever 3 à sa quatrieme puissance, & mettant au-devant le signe radical, on auroit ou , qui a la même forme que .

Et par ce moyen, une simple fraction sourde, dont le signe radical n’affecte que l’un de ses termes, peut être changée en un autre, dont le numérateur & le dénominateur soient affectés du signe radical. Ainsi, se reduit à & revient à , où le signe radical affecte le numérateur & le dénominateur.

Reduire les irrationels simples, qui ont des signes radicaux différens, & que l’on appelle irrationels hétérogenes, à d’autres qui peuvent avoir un signe radical commun, ou qui sont homogenes. Multipliez les exposans l’un par l’autre, & élevez mutuellement la puissance de l’un au degré de l’exposant de l’autre : ainsi pour reduire & à un signe radical commun ; multipliez l’exposant 2 du radical par l’exposant 4 du radical , & élevez en même tems la puissance aa du radical au quatrieme degré, & vous aurez  : pareillement multipliant l’exposant 4 du radical par l’exposant 2 du radical , vous éleverez la puissance bb du radical au second degré, ce qui donnera  ; ainsi & se trouvent transformés en & qui ont un signe radical commun.

Pour reduire les irrationels aux plus petits termes possibles, divisez la quantité sourde par quelqu’une des puissances des nombres naturels 1, 2, 3, 4, &c. de même degré que l’exposant du radical, pourvu que cela puisse se faire sans aucun reste, en employant toujours la plus haute puissance possible : mettez ensuite la racine de cette puissance au-devant du quotient ou de l’irrationel ainsi divisé, vous aurez une nouvelle quantité sourde, de même valeur que la premiere ; mais en termes plus simples. Ainsi , en divisant par , & faisant précéder la racine , sera reduite à celle-ci  ; & s’abaissera à . de même s’abaisse à .

Cette réduction est d’un grand usage partout où l’on peut la faire : mais si on ne peut pas trouver, pour un diviseur, des quarrés, des cubes, des quarrés quarrés, cherchez tous les diviseurs de la puissance de l’irrationelle proposée, & voyez ensuite si quelqu’un d’eux est un quarré, un cube, &c. ou une puissance telle que le signe radical l’indique : si l’on en peut trouver quelqu’un, que l’on s’en serve de la même maniere que ci-dessus, pour dégager en partie du signe radical la quantité irrationelle : si l’on propose, par exemple, la quantité  ; parmi ses diviseurs on trouvera 4, 9, 16, 36 & 144 ; par lesquels divisant 288, on a les quotiens 72, 32, 18, 8, & 2 ; c’est pourquoi au lieu de , on peut mettre , ou , ou , ou , ou enfin  ; & l’on peut faire la même chose en algebre ; mais pour connoître le calcul entier des irrationels, voyez l’algebre de Kersey & un grand nombre d’autres ouvrages sur le même sujet. Chambers. (E)

Sourd, on donne ce nom dans différentes provinces de France à la salamandre terrestre. Voyez Salamandre.

Sourd, couteau, terme de Corroyeur ; un couteau sourd, est une espece de plane qui n’est pas extrémement tranchant, qui leur sert à préparer leurs cuirs. (D. J.)

Sourd, (Joaillerie.) les Joailliers disent qu’une pierre est sourde, qu’elle a quelque chose de sourd, quand elle n’a pas tout le brillant & tout l’éclat que les pierres d’une semblable espece doivent avoir pour qu’elles soient parfaites. Les pailles & les glaces, qui sont de grands défauts dans les pierres précieuses, & un certain œil sombre, obscur & brouillé que d’autres ont quelquefois, sont proprement le sourd de la joaillerie. (D. J.)

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Étymologie de « sourd »

Étymologie de sourd - Littré

Berry, sord, sorde ; prov. sord, sort ; esp. et ital. sordo ; portug. surdo ; du lat. surdus.

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Étymologie de sourd - Wiktionnaire

De l’ancien français surt, issu du latin surdus (sens identique).
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Phonétique du mot « sourd »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
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Citations contenant le mot « sourd »

  • L’interdiction des pesticides fait sentir ses premiers effets catastrophiques sur la betterave à sucre mais le ministre reste sourd aux appels répétés. Contrepoints, Betterave à sucre : la (non) réponse du gouvernement aux agriculteurs | Contrepoints
  • C’est là que vit l’Abbé Fouré, un curé trop sourd pour faire la messe, alors cet autodidacte s’improvise sculpteur de falaise. "Nous arrivons à la pointe du Christ, c’est là où l’Abbé Fouré a démarré son œuvre, et nous sommes fin 1894", raconte Joëlle Jouneau, de l’association "Les amis de l’œuvre de l’Abbé Fouré". Depuis quelques années, cette association se mobilise pour faire connaître l’œuvre du prêtre qui voulait immortaliser la Bretagne dans la pierre. Franceinfo, #DécouverteWE : les rochers sculptés de Rothnéneuf
  • Sauf que l'eau n'est visiblement pas si profonde que cela. En effet, un bruit sourd à l'atterrissage du plongeur laisse deviner que des rochers se cachent sous la surface. L'intervention conjointe des forces de police et des pompiers est nécessaire pour le ramener sur la terre ferme. Avant de le transporter d'urgence à l'hôpital Can Misses où plusieurs fractures lui sont diagnostiquées. Miraculeusement en vie, le touriste est sorti des soins intensifs 48 heures après son admission.  lindependant.fr, Espagne - Ibiza : un touriste plonge d'une hauteur de 70 mètres et atterrit sur les rochers, la vidéo insensée - lindependant.fr
  • Plus tard, lorsqu'elle part aider d'autres personnes sourdes, elle se fabrique son propre masque transparent. « Ça les a fait rire, mais ils m'ont demandé où est-ce qu'ils pouvaient en acheter, raconte la présidente de Signes et paroles. J'ai donc commencé à me pencher sur le sujet. » leparisien.fr, Meaux s’équipe de masques transparents pour permettre aux sourds de lire sur les lèvres - Le Parisien
  • Sensibilisé à la culture sourde et à l'accessibilité, Sean entend aller plus loin encore. Il poursuit une formation universitaire pour devenir interprète et en faire son « premier métier », avec l'objectif « d'intervenir dans les écoles ». Mais il compte aussi mener des actions pour favoriser l'accès à l'emploi de ses « amis sourds ». En février 2020, il confiait au Parisien vouloir ouvrir « une petite société comme Chefclub (ndlr : start-up française qui publie quotidiennement des recettes sur les réseaux sociaux) uniquement avec des personnes sourdes ». Handicap.fr, Sur sa chaîne, Sean partage ses recettes en LSF
  • * Les noms et prénoms du témoin ont été changés à sa demande, par peur des représailles d'une « communauté sourde qui peut parfois être très virulente à l'égard des personnes oralistes ».Et si parler avec des entendants pouvait nuire à la santé ? Né sourd profond, j'ai également grandi dans une famille sourde. Mais cela ne m'empêche pas de communiquer, bien au contraire. Pour ce faire, j'utilise la langue des signes française (LSF) et la langue orale qui me permettent d'interagir, tant bien que mal, avec le monde extérieur. J'ai ainsi pu effectuer mes études supérieures et obtenir mon bac+5 en milieu ordinaire, au prix d'efforts laborieux pour apprendre à communiquer, notamment avec les enseignants, et de séances hebdomadaires chez l'orthophoniste, au détriment de mes loisirs et de mon épanouissement personnel... Je porte également un appareil auditif (gauche) ainsi qu'un implant cochléaire (droit). La technologie, c'est bien beau mais ça ne fait pas tout... La surcharge mentale de communication, vous connaissez ? C'est mon quotidien depuis 30 ans, comme celui de nombreuses personnes concernées par une déficience auditive. Ses conséquences ? Grande frustration et fatigue extrême. Handicap.fr, Pierre, 30 ans, sourd : communiquer, c'est effort et stress!
  • Depuis que le masque s’impose dans les lieux publics, le quotidien d’Anthony Losfeld, sourd, est compliqué puisqu’il n’a aucun moyen de lire sur les lèvres des commerçants et a du mal à se faire comprendre. La Voix du Nord, Métropole lilloise: sourd, Anthony Losfeld se sent mis de côté à cause du masque
  • Si le sourd n’a pas entendu le tonnerre, il verra bien la pluie. De Proverbe malinké
  • Quand on aime on a tort, on est stupide, on est sourd. De Jean-Jacques Goldman / Les Murailles
  • Mon coeur est lourd... mon corps est sourd mes doigts sont gourds... De Anonyme / Paroles de détenus
  • Celui qui cherche la paix doit être sourd, aveugle et muet. De Proverbe turc
  • Un bon chef de famille, c'est celui qui se montre un peu sourd. De Proverbe chinois
  • La musique d'aujourd'hui adoucit les moeurs et rend sourd. De Frédéric Dard
  • Porter secours c'est défendu. Le monde autour est sourd, bien entendu. De Francis Cabrel / "Le monde est sourd"
  • Porter secours c’est défendu. Le monde autour est sourd, bien entendu.
  • Un sourd-muet qui a le Parkinson, les autres sourds-muets pensent qu’il bégaye. De Pierre Legaré / Mots de tête
  • Le fanatique est un orateur, sourd comme un pot. De Khalil Gibran / Le sable et l'écume
  • Si la fortune est aveugle, le riche est sourd. De Eugène Beaumont / Penséier
  • Le silence était si absolu que je me croyais sourd. De Jules Renard / Journal
  • Il n'est pire sourd que ventre affamé. De Boris Vian
  • Au sourd, l’oeil sert d’oreille. De Proverbe italien
  • L’oeil du sourd est normal. De Pierre Desproges

Images d'illustration du mot « sourd »

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Traductions du mot « sourd »

Langue Traduction
Corse sorda
Basque gor
Japonais 聴覚障害者
Russe глухой
Portugais surdo
Arabe اطرش
Chinois
Allemand taub
Italien sordo
Espagnol sordo
Anglais deaf
Source : Google Translate API

Synonymes de « sourd »

Source : synonymes de sourd sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « sourd »



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