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Saint, sainte

Définitions du mot « saint, sainte »

Trésor de la Langue Française informatisé

SAINT, SAINTE, adj. et subst.

I. − Adjectif
A. −
1. [En parlant d'un être spirituel ou d'un être vivant]
a) [En parlant de Dieu] Qui est, par essence, la perfection et la pureté absolue. La Sainte-Trinité; le Saint-Esprit; l'Esprit* Saint. C'est dans l'extension sans borne de notre être immortel, que se trouve le signe parlant du Dieu saint et sacré, et du Dieu bienfaisant à qui sont dus tous nos hommages (Saint-Martin,Homme désir, 1790, p. 22).
b) [En parlant d'une créature hum.] Qui a été reconnu saint par l'Église catholique (infra II A). L'évangile selon saint Jean, les saints apôtres, les saints confesseurs, les saints martyrs, les saintes vierges. Saint Paul rappelle souvent ses indignités. Saint Pierre pleure toute sa vie; mais on ne dit rien de son grand malheur. Tous les évangélistes le racontent: puis nul n'en reparle (Dupanloup,Journal, 1851-76, p. 131).Comme ministre chargé de prononcer sur un cas de revision, c'est saint Louis sous son chêne, avec Cujas et Bartole pour assesseurs (Clemenceau,Vers réparation, 1899, p. 98).V. canoniser ex. 1, commémoration ex. 1, docteur ex. 1 et 2, évangile ex. 7.
La sainte Famille*. Les saintes Femmes. V. femme I C a.Les saints Innocents. V. innocent.
Expr. et loc. Coiffer* sainte Catherine. Déshabiller* saint Pierre pour habiller saint Paul. C'est saint Roch et son chien. V. chien1.
2. [Ds des expr. figées]
a) La Saint-X. La fête de saint ou sainte X. Tu te rappelles l'antique usage de la Saint-Jean; toutes les femmes avaient une couronne de feuilles sur la tête, et leurs tabliers étaient remplis de feuilles odorantes (Krüdener,Valérie, 1803, p. 58).V. fête ex. 9.Le massacre de la Saint-Barthélemy. Le 24 août 1572. La Saint-Charlemagne (en l'honneur de Charlemagne, fondateur des écoles, le 28 janvier). Feu, herbe de la Saint-Jean. Été de la Saint-Martin. La Saint-Nicolas. Fête à l'occasion de laquelle, le 6 décembre, on offre des cadeaux aux enfants, dans le Nord et l'Est de la France (et aussi en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas). Pour leur fête et pour la Saint-Nicolas, ils trouvaient sur leur table une bouteille de vieux vin, des lainages, un compliment naïvement tourné par les bonnes sœurs, avec de grandes recommandations de n'en rien dire à personne (Ambrière,Gdes vac., 1946, p. 188).La Saint-Sylvestre. Le 31 décembre. Expr. Du 1erjanvier à la Saint-Sylvestre. Toute l'année. La Saint-Valentin. Le 14 février, fête des amoureux.
[Parmi de nombreux proverbes] Quand il pleut à la Saint-Médard [le 8 juin], il pleut quarante jours plus tard. À la Sainte-Luce [13 décembre], les jours croissent du saut d'une puce. (Dict. xixeet xxes.).
P. ell. Chômer* un saint.
P. plaisant., fam. À la saint-glinglin*. La sainte-paye, la sainte-touche. Le jour de la paye. Gervaise, depuis l'embauchage d'Étampes, n'avait pas revu la couleur de sa monnaie. Les jours de sainte-touche, elle ne lui regardait plus les mains, quand il rentrait (Zola,Assommoir, 1877, p. 684).
Vieilli. Célébrer, fêter saint lundi*.
b) [En parlant d'un lieu, d'un monument placé sous la protection d'un saint] Sainte-Sophie d'Istambul; la cathédrale Saint-Paul de Londres; l'île Sainte-Hélène; le mont Saint-Michel; le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Cette construction (...) fut sans doute inventée pour doter le quartier Saint-Denis d'une sorte de Palais-Royal (Balzac,C. Birotteau, 1837, p. 112).Il allait dans le monde, il était reçu dans les meilleures maisons du faubourg Saint-Honoré (Ponson du Terr.,Rocambole, t. 3, 1859, p. 462).
c) [Dans diverses lexies] Cavalerie* de Saint-Georges. Coquille* Saint-Jacques. Croix* de Saint-André. Danse* de Saint Guy. Feu Saint-Elme. V. feu1I A 2 a.Herbe* de saint Benoît, de sainte Barbe, de saint Jacques. Mal (de) + n. de saint (v. mal3). Ordre* de Saint-Michel. Prison* de Saint-Crépin.
3. Qui témoigne d'une haute élévation spirituelle en vivant selon les lois de la morale et de la religion. Saint prêtre. Je vis venir à moi l'abbé L*** qui (...) marchait avec la mâle allégresse d'une âme pure. C'était en effet un saint homme (A. France,Vie littér., 1890, p. 126).Madame de Sarpierre était une honnête Limousine, une sainte femme. Comme toutes les saintes femmes, elle a épousé l'homme qu'elle n'aimait pas, elle a vécu dans l'endroit qui lui déplaisait (Chardonne,Dest. sent., II, 1934, p. 239).
B. − [En parlant d'une chose]
1. Qui a un caractère sacré, qui est éminemment vénérable.
a) [En parlant de ce qui a un rapport direct avec Dieu] La sainte garde, la sainte volonté de Dieu. Sous la terre que vous leur aviez donnée pour héritage, on leur a creusé un vaste sépulcre (...) et on en a scellé la pierre d'un sceau sur lequel on a, par moquerie, gravé votre saint nom. Et ainsi Seigneur, ils sont là gisants (Lamennais,Paroles croyant, 1834, p. 183):
1. Je ne dormirai que très tard. C'est que je me souviens de la mort de grand'mère. Ce désastre avait très vite été consommé. Est-ce que Dieu, qui se trompa si lourdement ce jour-là, aurait l'intention de réparer son erreur? Que sa sainte volonté soit faite! Ah! oui, cela m'arrangerait bien que sa volonté soit faite. H. Bazin,Vipère, 1948, p. 85.
b) [En parlant de ce qui fait partie de la religion, de la liturgie] Les saints mystères; le saint sacrifice de la messe; le saint chrême; la sainte hostie; la sainte table; les saintes reliques; la sainte Église; l'Écriture sainte; image sainte. Le monastère se montre à découvert, une humble croix de bois en désigne l'entrée, et de loin on entend le son de la cloche se mêler aux saints cantiques (Cottin,Mathilde, t. 2, 1805, p. 243).Thomas, imperturbable, disait sa messe. Aux moments voulus la sonnette retentissait. La sonnette, la mélopée des oraisons latines, le bruit des livres saints dont le prêtre tourne les pages, n'autorisaient pas le moindre doute: l'île assistait à la messe! (Queffélec,Recteur, 1944, p. 192).V. église ex. 6.
Le saint-sacrement*.
LITURG. ANC. Sainte ampoule*.
Guerre* sainte. Histoire* sainte.
c) [En parlant d'une période de temps] Le saint carême. On nomme concerts spirituels ceux qui sont donnés pendant les jours saints (P. Lalo,Mus., 1899, p. 399).
Année* sainte, semaine* sainte. Jeudi*, vendredi*, samedi* saint. La sainte quarantaine*.
Expr. fam. Toute la sainte journée. Pendant toute la journée, sans discontinuer. Il pleut à verse toute cette sainte journée de premier de l'an (Laforgue,Moral. légend., 1887, p. 261).Il dormit toute la sainte journée, et ne se réveilla que parce qu'on frappait à la porte (Triolet,Prem. accroc, 1945, p. 244).
d) [En parlant d'un lieu]
Saint lieu, lieu saint. V. lieu1I B 1 b.
La cité* sainte, la ville* sainte. La terre* sainte. Les lieux saints. V. lieu1II A 1 c.
Le saint-sépulcre. V. sépulcre.
e) [Dans un titre ou en parlant d'une institution] Saint-Père*. Saint-Office*. Saint-Siège*.
f) HIST. [Dans des dénom. de communautés qui reconnaissent en leur chef une autorité émanant de Dieu]
Le Saint-Empire (romain). ,,Empire d'Occident rétabli par Charlemagne puis (...) Empire germanique`` (Ac. 1935). Le Saint-Empire romain germanique. Prince du Saint-Empire (Ac. 1935).Notre société admet les deux nuances d'opinion, qui reposent également sur le grand principe de l'unité germanique: la sainte fédération ou le saint empire. C'est une querelle à vider plus tard entre vainqueurs (Nerval,L. Burckart, 1839, p. 224).
La Sainte Ligue*.
2. Qui revêt un caractère de haute exigence morale et religieuse. Jusqu'aux XIIèmeet XIIIèmesiècles, l'architecture, science réputée sainte et sacrée, n'était pratiquée que par des religieux (Lenoir,Archit. monast., 1852, pp. 34-35):
2. Si son fils avait voulu faire l'École des Chartes ou Polytechnique, elle aurait certes, Esther Barbentane, éprouvé un grand saisissement de se l'entendre ainsi signifier par cet enfant, après tant d'années à rêver pour lui une vie sainte, une vie expiatrice de celle du docteur. Aragon,Beaux quart., 1936, p. 240.
Sainte colère. Colère inspirée par des sentiments éminemment moraux (p. réf. à celle de Jésus chassant les marchands du Temple). Il se reprocha aussitôt sa sainte colère. Il était bien résolu à ne pas se laisser entraîner dans une discussion religieuse (Martin du G.,Thib., Mort père, 1929, p. 1384).
3. Qui inspire ou doit inspirer une pieuse vénération. Synon. sacré, vénérable.Un saint devoir; la sainte justice. Depuis quand, dit Simon Giguet, de bons citoyens comme ceux d'Arcis voudraient-ils faire métier et marchandise de la sainte mission du député? (Balzac,Député d'Arcis, 1847, p. 309).La miséricorde humaine n'est que trop souvent un déguisement du mépris; mais notre mépris pardonnant de la partie raisonnante de l'être est une source de charité sainte et véritable (Milosz,Amour. init., 1910, p. 215).
4. Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre, littér. Chez saint François de Sales, il y a plus que le juste, il y a plus que l'utile, il y a plus que l'humain, il y a le saint (Sainte-Beuve,Caus. lundi, t. 7, 1853, p. 281).
II. − Substantif
A. −
1. Personne qui, selon la religion catholique jouit après sa mort du bonheur céleste. La Toussaint est la fête de tous les saints:
3. Tout bas, je répétai les litanies des saints que l'évêque et l'archidiacre récitaient à voix haute. Je croyais voir les grands saints, dont les noms frappaient mes oreilles, entourés de la foule plus glorieuse peut-être, en tout cas plus nombreuse infiniment, des saints qui n'ont pas laissé de nom sur la terre. Billy,Introïbo, 1939, p. 135.
2. En partic. Personne qui, en raison de la perfection évangélique de sa vie, est reconnue, après sa mort, par l'Église catholique, digne d'un culte public et universel. Les saints du paradis; canonisation d'un saint; récit de la vie d'un saint; saint protecteur; châsse, ossements, reliques d'un saint. Le ciel, qui s'ouvre et laisse voir dans ses splendeurs la trinité divine, les anges et les saints (Ozanam,Philos. Dante, 1838, p. 6).Le bon roi fonda (...) une abbaye qui ne porta le nom d'aucun saint du calendrier, mais fut appelé l'Abbaye de Thélème parce que chacun y faisait sa volonté (A. France,Rabelais, 1909, p. 69).
Les saints de glace. Les saints Mamert, Pancrace et Servais fêtés les 11, 12 et 13 mai, et, p. méton., ces jours pendant lesquels on observe parfois un refroidissement de la température. V. hiver ex. 4.
3. Loc. et proverbes
a) Loc. verb. fam.
Prêcher* pour son saint. Se recommander à tous les saints du paradis*.
Ne plus savoir à quel saint se vouer. Ne plus savoir comment se tirer d'affaire. Dans un de ces moments où, selon l'expression populaire, on ne sait plus à quel saint se vouer, comme ma grand'mère toussait et éternuait beaucoup, on suivit le conseil d'un parent qui affirmait qu'avec le spécialiste X... on était hors d'affaire en trois jours (Proust,Guermantes 2, 1921, p. 324).
b) Proverbes
Comme on connaît ses saints, on les honore. On agit avec chacun selon le caractère et les mérites qu'il a. (Dict. xixeet xxes.).
La fête passée, adieu le saint. ,,On oublie facilement ce qui nous a procuré quelque plaisir, quelque avantage`` (Ac. 1935).
Il vaut mieux s'adresser/avoir affaire à Dieu qu'à ses saints. Il vaut mieux s'adresser au maître plutôt qu'aux subalternes. (Dict. xixeet xxes.).
Un saint triste* est un triste saint.
4. THÉOL. La communion* des saints.
B. −
1. P. anal. [Dans d'autres religions ou sectes] Les saints de l'Islam. La large diffusion de grands poèmes persans a magnifiquement stylisé la physionomie de saint (...) de celui qu'ils appellent « Mansûr Hallâj » (L. Massignon,La Passion de (...) Hallâj, Paris, Gallimard, t. 1, 1975 [1914], p. 19).
2. Au plur.
a) HIST. RELIG. [N. de puritains anglais très intransigeants du xviies.] (Dict. xixes.).
b) Les saints du dernier jour. ,,Nom que les Mormons se donnent`` (Dupré 1972).
C. − P. méton. Représentation (image, statue) d'un saint. Les saints avaient été tirés de leurs niches et remplacés par les bustes de Brutus, de Jean-Jacques et de Le Peltier (A. France,Dieux ont soif, 1912, p. 4).
D. − Personne dont la vertu, la bonté, la patience forcent l'admiration. Voilà à quel degré d'inhumanité le zèle (...) de la science a poussé cet homme simple (...) qui, par la pureté de sa vie, mériterait d'être appelé (...) un saint laïque (A. France,Vie littér., 1891, p. 60).Schumann, Beethoven, ce sont des saints et des martyrs, qui n'ont pas trouvé leur Dieu (Mauriac,Écrits intimes, Journal homme trente ans, 1948, p. 127).
P. antiphr., fam., péj. Un petit saint. Personne qui affecte hypocritement l'innocence. Synon. fam. enfant de chœur*, sainte(-)nitouche*.Faire le petit saint. Pendant le jour, ces jeunes singes étaient de petits saints, ils affectaient tous d'être extrêmement tranquilles (Balzac,Rabouill., 1842, p. 366).
III. − Subst. masc., ARCHÉOL. BIBLIQUE. Le Saint des saints. Partie la plus sacrée du Temple de Jérusalem renfermant avant l'exil l'arche d'alliance. La cella (hékal) [du temple de Salomon] (...) était coupée par un écran, qui laissait au fond un petit sanctuaire, le debir, appelé plus tard Saint des saints (Renan,Hist. peuple Isr., t. 2, 1889, pp. 144-145).
P. métaph. ou p. anal. Endroit le plus retiré d'un édifice; service le plus secret ou le plus important d'une organisation, d'une entreprise. Ce demi-sourire qui se mêle à toute œuvre champenoise se retrouverait au besoin jusque dans le plus splendide et le plus sérieux des monuments de la province, jusque dans son saint des saints; je parle de l'église du sacre, de la cathédrale de Reims (Michelet,Journal, 1833, p. 111).L'orateur a successivement profané toutes les arches saintes (magistrature, administration, armée) et il a fini par toucher au saint des saints, au clergé! (Hugo,Nap. le Pt, 1852, p. 204).
Prononc. et Orth.: [sε ̃], fém. [sε ̃:t]. Homon. sain, sein, seing et formes de ceindre. Att. ds Ac. dep. 1694. Avec une minuscule et sans trait d'union devant le nom du personnage qu'il qualifie: saint Paul, saint Jacques; seule exception: saint Louis ou Saint Louis (v. Lar. Lang. fr.: ,,On écrit cependant Saint Louis avec une majuscule pour désigner Louis IX`` et J.-Y. Dournon, Dict. d'orth. et des difficultés du fr., Paris, Hachette, 1974: ,,On écrit parfois Saint Louis``). Avec une majuscule et le trait d'union pour nommer la fête mise sous l'invocation du saint, une ville, une rue, une église, un ordre consacrés au saint: l'église Saint-Pierre, l'ordre de Saint-Louis, boulevard Saint-Germain. Mots constr. avec saint: a) Domaine relig. La forme varie selon les mots et les dict., v. saint-esprit, saint-office, saint-père, saint-sacrement, saint-siège. b) Domaine profane. Minuscule et trait d'union: saint-bernard, saint-cyrien... À part saint-cyrien, saint-simonien (plur. des saint-cyriens, des saint-simoniens), le plur. est gén. inv. Seul Rob. 1985 régularise le plur., v. saint-michel, saint-nectaire, saint-paulin, ou propose les 2 graph., v. saint-bernard, saint-germain, saint-honoré, saint-marcellin, saint-paulin, saint-pierre. Dans les mots masc. seul varie le 2eélém., mais dans les mots fém. les 2 termes varient: sainte-barbe, Lar. Lang. fr. et Rob. 1985: plur. des saintes-barbes. Prop. Catach-Golf. Orth. Lexicogr. Mots comp. 1981, pp. 314-315: soudure ou tolérance pour le trait d'union dans tous les cas, avec plur. aux 2 termes; ex.: un saint-bernard ou saintbernard, plur. des saints-bernards ou saintbernards. Étymol. et Hist. I. Adj. A. 1. 2emoit. xes. « qui est admis parmi les bienheureux, qui est canonisé par l'Église » sanct Lethgier (St Léger, éd. J. Linskill, 140); ca 1050 saint Alexis (St Alexis, éd. Chr. Storey, 507); 2. fin xes. « souverainement pur (en parlant de Dieu ou de ce qui est en étroit rapport avec lui) » sanz spiritum (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 515); ca 1050 la sainte trinitet (Alexis, éd. cit., 549); 3. ca 1050 « se dit d'une personne qui mène une vie exemplaire sur le plan moral et religieux » saint home (ibid., 197); 4. a) ca 1100 « sacré, ici en parlant du Paradis » seint pareis (Roland, éd. J. Bédier, 1522); b) ca 1100 « consacré, dédié à un saint » seint Michel del Péril (ibid., 1428); 5. ca 1100 sert à désigner, associé d'un nom de saint, un jour fixé par l'Église pour honorer ce saint (la feste seint Michel, A saint Michel (ibid., 37 et 53); en partic. sert à désigner certains jours remarquables pour les festivités qui s'y déroulent ou marqués par une tradition populaire, ainsi: 1822 la saint Charlemagne (Michelet, Mémor., p. 210); 1833 à la Saint Sylvestre (Balzac, Méd. camp., p. 11); 1854 la saint Nicolas (About, Grèce, p. 454: ... les bonbons ne parviennent pas jusqu'aux villages. Saint Nicolas n'apporte rien, qu'un de ces jours de relâche... ; p. 455: ... c'était la Saint Nicolas). B. 1. Ca 1050 « se dit de ce qui a un rapport direct avec Dieu, et qui, à ce titre est vénérable » sainte escriture (St Alexis, éd. cit., 258); 2. ca 1050 « qui a un caractère sacré » sain[t] batesma (ibid., 29); en partic. ca 1175 « ce qui, chez les catholiques, touche au mystère de l'eucharistie » saint sacrament (Benoît de Ste-Maure, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 3757); 3. ca 1050 « qui revêt un caractère vénérable » le saint Cors (St Alexis, éd. cit., 498); 4. ca 1050 « qualifie toute communauté, toute assemblée qui a la foi en Dieu » sainte eglise (ibid., 256); 5. 1remoit. xiies. « se dit des lieux qui, pour des raisons religieuses, font l'objet d'une vénération particulière » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, XXIII, 3); en partic. ca 1208 la Terre sainte d'outremer (Villehardouin, Conquête Constantinople, éd. E. Faral, § 27); 6. xiiies. [ms.] « qui est motivé par des considérations religieuses » (Ambroise, L'Estoire de la guerre sainte [titre]); 1585 une saincte cholere (N. Du Fail, Les Contes et discours d'Eutrapel, éd. J. Assézat ds Œuvres facétieuses, t. I, p. 227); 7. 1680 « se dit des jours de la semaine qui précèdent Pâques » semaine Sainte (Rich., s.v. semaine); 8. 1821 « qui a un caractère exceptionnel, inexplicable » une espèce de rage sainte qui n'a pas de nom (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t. 1, p. 276). II. Subst. 1. a) 2emoit. xes. « personne qui, selon la religion catholique, jouit après sa mort du bonheur céleste » (St Léger, éd. cit., 2); b) 1690 vie des Saints « ouvrage destiné à édifier les fidèles par les récits de leur vie » (Fur.); c) 1718 fam. fêter le saint du jour (Ac.); d) 1866 les saints de glace (Amiel, Journal, p. 288); 2. a) ca 1280 « statue d'un saint, souvent considérée comme protectrice » (Guillaume de Saint-Pathus, Mir. Saint-Louis, éd. P. B. Fay, XXIIII, 58, p. 80); b) ca 1500 ne sçavoir plus ... à quel sainct se vouer (Commynes, Mém., éd. J. Calmette, t. II, p. 73); 1690 il vaut mieux parler à Dieu qu'à ses saints (Fur.); 3. a) 1456 « personne à la conduite exemplaire » (Arch. Nord B 19470, fol. 125: a cause duquel fief j'ay justice et seigneurie fonsiere ... la congnoissance du saint et du larron); b) 1678 « se dit d'une personne qui adopte le comportement d'un saint » (La Fontaine, Le diable en enfer, 74 ds Œuvres, éd. H. Régnier, t. V, p. 470); d'où 1678-79 être un petit saint (Id., Fables, VII, I, 48, ibid., t. II, p. 98); 4. dernier tiers du xiiies. [ms.] le saint des saints (B.N. 899, f o166 ds Trenel 1904, p. 331); 1845 fig. « l'endroit le plus relevé d'une maison » (Besch.); cf. 1853 (Goncourt, Journal, p. 85: la pièce mortuaire (...) était le saint des saints du journal); 5. 1827 subst. plur. « nom donné à certains puritains anglais très intransigeants au xviies. » (Hugo, Cromwell, p. 70). Du lat. class. sanctus « sacré, inviolable, consacré » qui a pris en lat. chrét. la valeur partic. dont le sens fr. est issu. Fréq. abs. littér.: 28 121. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 46 145, b) 42 161; xxes.: a) 44 182, b) 31 052. Bbg. Quem. DDL t. 9, 19, 32.

Wiktionnaire

Adjectif

saint

  1. Pur, souverainement parfait et bienheureux.
    • La sainte Trinité.
    • La sainte Vierge.
    • La sainte famille.
  2. Inspiré par l’amour de Dieu, par la piété.
    • C’est une montagne très vénérée […]. Elle est habitée, paraît-il, par de saints anachorètes, qui y vivent dans des cavernes, à peine vêtus, priant, se mortifiant et laissant aux pieux pèlerins le soin de pourvoir à leurs besoins matériels. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 155)
  3. Appartenant à la religion, se rapportant à Dieu, dédié, consacré à Dieu, ou servant à quelque usage sacré.
    • Ai-je cru vraiment, à cette époque ? Il me semble que j’ai marché dans la chose de la sainte religion, comme dans les images d’Épinal, ou dans mes bouquins de contes de fées à tranches dorées. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 247)
  4. (Par extension) Digne d’un grand respect, d’une vénération particulière.
    • La Convention , au milieu de sa lutte terrible contre le monde, contre la France qu’elle sauvait malgré elle, parmi les dangers personnels qu’elle courait, assassinée en détail, décimée et mutilée, elle ne lâcha pas prise, elle poursuivit obstinément ce sujet saint et sacré de l’éducation populaire; […]. — (Jules Michelet, Le Peuple)
    • Et cependant, ô sainte République,
      Quoique aujourd’hui de ton pain noir nourri,
      Chacun de nous pour ta gloire eût péri
      Et mourrait encor sans réplique.
      — (Pierre Dupont, Le Chant des transportés, 1848)
    • La bouche grasse, les pommettes rouges, les yeux injectés de bourgogne, Guillaume-Adolphe Porcellet célébra la grève, la sainte grève !... Avec une rare éloquence, il parla des exploiteurs de peuples, des affameurs de pauvres. — (Octave Mirbeau, Le gamin qui cueillait les ceps, dans La vache tachetée, 1918)
  5. Qui est inspiré par de hauts sentiments moraux.
    • Qu’avez-vous donc ? demanda Coconnas à La Mole, qui, arrêté à la vue du vieux château, regardait avec un saint respect ces ponts-levis, ces fenêtres étroites et ces clochetons aigus qui se présentaient tout à coup à ses yeux. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre V)
  6. (Bible) Qualificatif divin.
    • Dans la Bible, Dieu est le Saint par excellence, c'est pourquoi il est dit trois fois saint. — (cf. Is 6 - source à préciser)

Nom commun

sainte \sɛ̃t\ féminin

  1. Femme ayant vécu une vie pure, souverainement parfaite et bienheureuse, et généralement reconnue comme telle par une religion.
    • — ceux-là le croiront qui estiment que Berthe, femme de Girard de Roussillon, a pu entrer dans la légende sans le concours des moines de Pothières, lesquels vénéraient Berthe comme leur sainte. — (Joseph Bédier, La légende de Raoul de Cambrai, 1926, dans Revue historique, volume 97, Librairie G. Baillière, 1965, page 10)
    • De là, il se rendit au tombeau de la petite fille du Prophète et colla son visage aux croissants dorés de la grille. Il supplia la sainte d’intercéder pour lui auprès d’Allah. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • S’il y eut des saintes et des martyres, en revanche point de papesses ou seulement de clergeonnes. La messe est purement virile. — (Roger Judrin, Goûts et couleurs: portrait abécédaire, Plon, 1966, page 108)
  2. Image ou représentation d’une sainte.
    • Ces saints et ces saintes ont tous une auréole en disque, à leur nom, qui s'accorde avec les médailles décoratives (hagiographiques et non antiquisantes) placées sur les montants du premier étage. — (André Chastel, Histoire du retable italien des origines à 1500, Liana Levi, 2012)
    • Sous les pieds partaient des amorces
      On promenait un saint doré
      Ce qui tournait au tour de force
      Dans les ombres démesurées.
      — (Louis Aragon; Après l’amour dans Le roman inachevé)
  3. (Par extension) Femme d’une haute valeur morale, vivant de manière exemplaire et reconnue comme telle par la société.

Forme d’adjectif

sainte \sɛ̃t\

  1. Féminin singulier de saint.
    • L’idée d’une Ecriture sainte de la nouvelle alliance a été tout à fait étrangère au premier siècle chrétien qui n’a pas connu d’autre recueil canonique que l’Ancien Testament. — (Jean-Marc Charensol, La naissance du Nouveau Testament, 1972)
    • On peut l’affirmer en toute confiance : Le Dieu-homme est la toute-vertu. C’est pourquoi la sainte mission assignée à la vie de tout chrétien est de se porter acquéreur de toute vertu, de se christifier, de se divino-humaniser, de se trinitariser — Oui, de se trinitariser, car là où est le Fils, là est aussi le Père, et là aussi est l’Esprit saint, la Trinité tri-hypostatique et indivisible tout entière. — (Justin Popovitch, Philosophie orthodoxe de la vérité, 1997)

Nom commun

sainte \sɛ̃t\ féminin

  1. Femme ayant vécu une vie pure, souverainement parfaite et bienheureuse, et généralement reconnue comme telle par une religion.
    • — ceux-là le croiront qui estiment que Berthe, femme de Girard de Roussillon, a pu entrer dans la légende sans le concours des moines de Pothières, lesquels vénéraient Berthe comme leur sainte. — (Joseph Bédier, La légende de Raoul de Cambrai, 1926, dans Revue historique, volume 97, Librairie G. Baillière, 1965, page 10)
    • De là, il se rendit au tombeau de la petite fille du Prophète et colla son visage aux croissants dorés de la grille. Il supplia la sainte d’intercéder pour lui auprès d’Allah. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • S’il y eut des saintes et des martyres, en revanche point de papesses ou seulement de clergeonnes. La messe est purement virile. — (Roger Judrin, Goûts et couleurs: portrait abécédaire, Plon, 1966, page 108)
  2. Image ou représentation d’une sainte.
    • Ces saints et ces saintes ont tous une auréole en disque, à leur nom, qui s'accorde avec les médailles décoratives (hagiographiques et non antiquisantes) placées sur les montants du premier étage. — (André Chastel, Histoire du retable italien des origines à 1500, Liana Levi, 2012)
    • Sous les pieds partaient des amorces
      On promenait un saint doré
      Ce qui tournait au tour de force
      Dans les ombres démesurées.
      — (Louis Aragon; Après l’amour dans Le roman inachevé)
  3. (Par extension) Femme d’une haute valeur morale, vivant de manière exemplaire et reconnue comme telle par la société.

Forme d’adjectif

sainte \sɛ̃t\

  1. Féminin singulier de saint.
    • L’idée d’une Ecriture sainte de la nouvelle alliance a été tout à fait étrangère au premier siècle chrétien qui n’a pas connu d’autre recueil canonique que l’Ancien Testament. — (Jean-Marc Charensol, La naissance du Nouveau Testament, 1972)
    • On peut l’affirmer en toute confiance : Le Dieu-homme est la toute-vertu. C’est pourquoi la sainte mission assignée à la vie de tout chrétien est de se porter acquéreur de toute vertu, de se christifier, de se divino-humaniser, de se trinitariser — Oui, de se trinitariser, car là où est le Fils, là est aussi le Père, et là aussi est l’Esprit saint, la Trinité tri-hypostatique et indivisible tout entière. — (Justin Popovitch, Philosophie orthodoxe de la vérité, 1997)

Nom commun

sainte \sɛ̃t\ féminin

  1. Femme ayant vécu une vie pure, souverainement parfaite et bienheureuse, et généralement reconnue comme telle par une religion.
    • — ceux-là le croiront qui estiment que Berthe, femme de Girard de Roussillon, a pu entrer dans la légende sans le concours des moines de Pothières, lesquels vénéraient Berthe comme leur sainte. — (Joseph Bédier, La légende de Raoul de Cambrai, 1926, dans Revue historique, volume 97, Librairie G. Baillière, 1965, page 10)
    • De là, il se rendit au tombeau de la petite fille du Prophète et colla son visage aux croissants dorés de la grille. Il supplia la sainte d’intercéder pour lui auprès d’Allah. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • S’il y eut des saintes et des martyres, en revanche point de papesses ou seulement de clergeonnes. La messe est purement virile. — (Roger Judrin, Goûts et couleurs: portrait abécédaire, Plon, 1966, page 108)
  2. Image ou représentation d’une sainte.
    • Ces saints et ces saintes ont tous une auréole en disque, à leur nom, qui s'accorde avec les médailles décoratives (hagiographiques et non antiquisantes) placées sur les montants du premier étage. — (André Chastel, Histoire du retable italien des origines à 1500, Liana Levi, 2012)
    • Sous les pieds partaient des amorces
      On promenait un saint doré
      Ce qui tournait au tour de force
      Dans les ombres démesurées.
      — (Louis Aragon; Après l’amour dans Le roman inachevé)
  3. (Par extension) Femme d’une haute valeur morale, vivant de manière exemplaire et reconnue comme telle par la société.

Forme d’adjectif

sainte \sɛ̃t\

  1. Féminin singulier de saint.
    • L’idée d’une Ecriture sainte de la nouvelle alliance a été tout à fait étrangère au premier siècle chrétien qui n’a pas connu d’autre recueil canonique que l’Ancien Testament. — (Jean-Marc Charensol, La naissance du Nouveau Testament, 1972)
    • On peut l’affirmer en toute confiance : Le Dieu-homme est la toute-vertu. C’est pourquoi la sainte mission assignée à la vie de tout chrétien est de se porter acquéreur de toute vertu, de se christifier, de se divino-humaniser, de se trinitariser — Oui, de se trinitariser, car là où est le Fils, là est aussi le Père, et là aussi est l’Esprit saint, la Trinité tri-hypostatique et indivisible tout entière. — (Justin Popovitch, Philosophie orthodoxe de la vérité, 1997)

Nom commun

sainte \sɛ̃t\ féminin

  1. Femme ayant vécu une vie pure, souverainement parfaite et bienheureuse, et généralement reconnue comme telle par une religion.
    • — ceux-là le croiront qui estiment que Berthe, femme de Girard de Roussillon, a pu entrer dans la légende sans le concours des moines de Pothières, lesquels vénéraient Berthe comme leur sainte. — (Joseph Bédier, La légende de Raoul de Cambrai, 1926, dans Revue historique, volume 97, Librairie G. Baillière, 1965, page 10)
    • De là, il se rendit au tombeau de la petite fille du Prophète et colla son visage aux croissants dorés de la grille. Il supplia la sainte d’intercéder pour lui auprès d’Allah. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • S’il y eut des saintes et des martyres, en revanche point de papesses ou seulement de clergeonnes. La messe est purement virile. — (Roger Judrin, Goûts et couleurs: portrait abécédaire, Plon, 1966, page 108)
  2. Image ou représentation d’une sainte.
    • Ces saints et ces saintes ont tous une auréole en disque, à leur nom, qui s'accorde avec les médailles décoratives (hagiographiques et non antiquisantes) placées sur les montants du premier étage. — (André Chastel, Histoire du retable italien des origines à 1500, Liana Levi, 2012)
    • Sous les pieds partaient des amorces
      On promenait un saint doré
      Ce qui tournait au tour de force
      Dans les ombres démesurées.
      — (Louis Aragon; Après l’amour dans Le roman inachevé)
  3. (Par extension) Femme d’une haute valeur morale, vivant de manière exemplaire et reconnue comme telle par la société.

Forme d’adjectif

sainte \sɛ̃t\

  1. Féminin singulier de saint.
    • L’idée d’une Ecriture sainte de la nouvelle alliance a été tout à fait étrangère au premier siècle chrétien qui n’a pas connu d’autre recueil canonique que l’Ancien Testament. — (Jean-Marc Charensol, La naissance du Nouveau Testament, 1972)
    • On peut l’affirmer en toute confiance : Le Dieu-homme est la toute-vertu. C’est pourquoi la sainte mission assignée à la vie de tout chrétien est de se porter acquéreur de toute vertu, de se christifier, de se divino-humaniser, de se trinitariser — Oui, de se trinitariser, car là où est le Fils, là est aussi le Père, et là aussi est l’Esprit saint, la Trinité tri-hypostatique et indivisible tout entière. — (Justin Popovitch, Philosophie orthodoxe de la vérité, 1997)

Nom commun

sainte \sɛ̃t\ féminin

  1. Femme ayant vécu une vie pure, souverainement parfaite et bienheureuse, et généralement reconnue comme telle par une religion.
    • — ceux-là le croiront qui estiment que Berthe, femme de Girard de Roussillon, a pu entrer dans la légende sans le concours des moines de Pothières, lesquels vénéraient Berthe comme leur sainte. — (Joseph Bédier, La légende de Raoul de Cambrai, 1926, dans Revue historique, volume 97, Librairie G. Baillière, 1965, page 10)
    • De là, il se rendit au tombeau de la petite fille du Prophète et colla son visage aux croissants dorés de la grille. Il supplia la sainte d’intercéder pour lui auprès d’Allah. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • S’il y eut des saintes et des martyres, en revanche point de papesses ou seulement de clergeonnes. La messe est purement virile. — (Roger Judrin, Goûts et couleurs: portrait abécédaire, Plon, 1966, page 108)
  2. Image ou représentation d’une sainte.
    • Ces saints et ces saintes ont tous une auréole en disque, à leur nom, qui s'accorde avec les médailles décoratives (hagiographiques et non antiquisantes) placées sur les montants du premier étage. — (André Chastel, Histoire du retable italien des origines à 1500, Liana Levi, 2012)
    • Sous les pieds partaient des amorces
      On promenait un saint doré
      Ce qui tournait au tour de force
      Dans les ombres démesurées.
      — (Louis Aragon; Après l’amour dans Le roman inachevé)
  3. (Par extension) Femme d’une haute valeur morale, vivant de manière exemplaire et reconnue comme telle par la société.

Forme d’adjectif

sainte \sɛ̃t\

  1. Féminin singulier de saint.
    • L’idée d’une Ecriture sainte de la nouvelle alliance a été tout à fait étrangère au premier siècle chrétien qui n’a pas connu d’autre recueil canonique que l’Ancien Testament. — (Jean-Marc Charensol, La naissance du Nouveau Testament, 1972)
    • On peut l’affirmer en toute confiance : Le Dieu-homme est la toute-vertu. C’est pourquoi la sainte mission assignée à la vie de tout chrétien est de se porter acquéreur de toute vertu, de se christifier, de se divino-humaniser, de se trinitariser — Oui, de se trinitariser, car là où est le Fils, là est aussi le Père, et là aussi est l’Esprit saint, la Trinité tri-hypostatique et indivisible tout entière. — (Justin Popovitch, Philosophie orthodoxe de la vérité, 1997)

Nom commun

sainte \sɛ̃t\ féminin

  1. Femme ayant vécu une vie pure, souverainement parfaite et bienheureuse, et généralement reconnue comme telle par une religion.
    • — ceux-là le croiront qui estiment que Berthe, femme de Girard de Roussillon, a pu entrer dans la légende sans le concours des moines de Pothières, lesquels vénéraient Berthe comme leur sainte. — (Joseph Bédier, La légende de Raoul de Cambrai, 1926, dans Revue historique, volume 97, Librairie G. Baillière, 1965, page 10)
    • De là, il se rendit au tombeau de la petite fille du Prophète et colla son visage aux croissants dorés de la grille. Il supplia la sainte d’intercéder pour lui auprès d’Allah. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • S’il y eut des saintes et des martyres, en revanche point de papesses ou seulement de clergeonnes. La messe est purement virile. — (Roger Judrin, Goûts et couleurs: portrait abécédaire, Plon, 1966, page 108)
  2. Image ou représentation d’une sainte.
    • Ces saints et ces saintes ont tous une auréole en disque, à leur nom, qui s'accorde avec les médailles décoratives (hagiographiques et non antiquisantes) placées sur les montants du premier étage. — (André Chastel, Histoire du retable italien des origines à 1500, Liana Levi, 2012)
    • Sous les pieds partaient des amorces
      On promenait un saint doré
      Ce qui tournait au tour de force
      Dans les ombres démesurées.
      — (Louis Aragon; Après l’amour dans Le roman inachevé)
  3. (Par extension) Femme d’une haute valeur morale, vivant de manière exemplaire et reconnue comme telle par la société.

Forme d’adjectif

sainte \sɛ̃t\

  1. Féminin singulier de saint.
    • L’idée d’une Ecriture sainte de la nouvelle alliance a été tout à fait étrangère au premier siècle chrétien qui n’a pas connu d’autre recueil canonique que l’Ancien Testament. — (Jean-Marc Charensol, La naissance du Nouveau Testament, 1972)
    • On peut l’affirmer en toute confiance : Le Dieu-homme est la toute-vertu. C’est pourquoi la sainte mission assignée à la vie de tout chrétien est de se porter acquéreur de toute vertu, de se christifier, de se divino-humaniser, de se trinitariser — Oui, de se trinitariser, car là où est le Fils, là est aussi le Père, et là aussi est l’Esprit saint, la Trinité tri-hypostatique et indivisible tout entière. — (Justin Popovitch, Philosophie orthodoxe de la vérité, 1997)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SAINT, AINTE. adj.
Qui est essentiellement pur, souverainement parfait. Il ne se dit en ce sens que de Dieu. La Sainte-Trinité. Le Saint-Esprit. L'Esprit-Saint. Il se dit, par extension, des Créatures les plus parfaites et des esprits bienheureux. La Sainte Vierge. Les saints anges. La sainte Famille. Les saints patriarches. Les saints apôtres. Les saints Pères. Les apôtres saint Pierre et saint Paul. Saint Jean Baptiste. Sainte Madeleine. Sainte Geneviève. Par abréviation, on écrit : S. Jean ou St Jean, Ste Geneviève, les SS. Pères. Sainte Famille se dit aussi des Tableaux qui représentent la Sainte Vierge, saint Joseph et l'enfant Jésus. La sainte Famille de Raphaël. Ce curé vient d'acheter une sainte Famille pour son église. La Saint-Jean, la Saint-Martin, etc., Le jour où l'on célèbre la fête de saint Jean, de saint Martin, etc. L'église Saint-Germain, l'église Saint-Gervais, etc., et, absolument, Saint-Germain, Saint-Gervais, etc., L'église consacrée à Dieu sous le vocable de saint Germain, de saint Gervais, etc. Fig. et fam., Employer toutes les herbes de la Saint-Jean, Employer, pour réussir en quelque affaire, tous les moyens dont on peut s'aviser. En règle générale, le mot Saint placé devant un nom propre s'écrit avec une s minuscule quand il s'agit d'une personne mise au rang des bienheureux. Le roi saint Louis. Au contraire, il prend une majuscule et se joint par un trait d'union au nom qu'il modifie, dans tous les autres cas, où il forme avec ce dernier un nom nouveau qui ne se rapporte plus que d'une manière indirecte à un saint personnage. La ville de Saint-Germain-en-Laye ou absolument Saint-Germain-en-Laye. La rue Saint-Honoré. La porte Saint-Antoine. L'hôpital Saint-Louis. L'ordre de Saint-Lazare. Une croix de Saint-André. C'est aujourd'hui la Saint-Louis.

SAINT se dit également des Hommes qui vivent selon la loi de Dieu. Un saint homme. Un saint personnage. Une âme sainte. Le plus grand pécheur peut devenir saint. Il se dit de même des Actions, des sentiments inspirés par l'amour de Dieu, par la piété. Une action sainte. Une pensée sainte. Une sainte inspiration. Une sainte ferveur. Mener une vie très sainte. Être animé d'une sainte indignation. Un saint respect. Il se dit aussi de Ce qui appartient à la religion, de ce qui se rapporte à Dieu, de ce qui est dédié, consacré à Dieu, ou qui sert à quelque usage sacré. Toutes les églises sont des lieux saints. Les saints mystères. Le saint sacrifice de la messe. La sainte messe. Les saintes espèces. La sainte table. Le saint ciboire. Les saintes huiles. Le saint chrême. La sainte ampoule. Les saintes reliques. La sainte Bible. L'Écriture sainte. Les livres saints. La sainte Église. Le Saint-Père, titre que l'on donne au pape. On dit aussi : Notre Saint-Père le Pape; et en lui parlant ou en lui écrivant : Très Saint-Père. Le Saint-Siège, Le siège du chef de la religion catholique. Pendant la vacance du Saint-Siège. On le dit aussi de la Cour de Rome, du pape même. Il fut ordonné par le Saint-Siège. Les décisions du Saint-Siège. Le Saint-Office, La congrégation de l'inquisition établie à Rome; le tribunal de l'inquisition. Il fut jugé par le Saint-Office. Le Saint-Empire romain ou absolument Le Saint-Empire s'est dit de l'Empire d'Occident rétabli par Charlemagne, puis de l'Empire germanique. Le Saint-Empire romain germanique. Prince du Saint-Empire. Les lieux saints, les saints lieux, Les lieux où se sont opérés les principaux mystères de notre rédemption. La Terre Sainte, La Palestine. Visiter les saints lieux, la Terre Sainte. Terre sainte, Terre qui a été bénite pour inhumer les fidèles. Il n'a pas été enterré en terre sainte. Le Saint Sépulcre, Le sépulcre où Notre-Seigneur fut déposé après sa mort. Gardien du Saint Sépulcre. La Semaine sainte. On nomme ainsi la Semaine qui précède le jour de Pâques; et tous les jours de cette semaine s'appellent saints. L'office du Jeudi saint. Le Vendredi saint. L'année sainte, L'année pour laquelle le Pape promulgue un jubilé.

SAINT se dit, par extension, d'une Chose qui est digne d'un grand respect, d'une vénération particulière. La sainte union conjugale. Le saint ministère de la justice. Les devoirs saints et sacrés de la piété filiale. Fam., Toute la sainte journée, La journée tout entière.

SAINT s'emploie aussi comme nom en parlant des Personnes. C'est un saint, une sainte. C'est un grand saint. Le saint du jour. Le saint dont on célèbre la fête. Les litanies des saints. La communion des saints, La société des fidèles, ou vivant encore sur la terre, ou jouissant déjà de la béatitude, ou l'attendant dans le purgatoire. Fig. et fam., Il ne sait à quel saint se vouer, il n'a plus de ressource, il ne sait plus à qui avoir recours. Fig. et fam., Découvrir saint Pierre pour couvrir saint Paul, Remédier à un inconvénient, à un mal par un autre. Fig. et fam., Prêcher pour son saint, Louer, vanter une personne, une chose dans des vues d'intérêt personnel. Fig. et fam., C'est saint Roch et son chien se dit de Deux personnes qu'on voit toujours ensemble. Ce sont de petits saints se dit ironiquement et familièrement de Personnes qui veulent se faire passer pour innocentes, droites, pures. Prov. et fig., Comme on connaît les saints on les honore, On traite les gens suivant ce qu'on sait d'eux. On dit aussi : Comme on connaît son saint on l'honore. Prov. et fig., Il vaut mieux s'adresser à Dieu qu'à ses saints, Il vaut mieux s'adresser à un homme puissant qu'à ses subalternes. Prov. et fig., La fête passée, adieu le saint, On oublie facilement ce qui vous a procuré quelque plaisir, quelque avantage.

SAINT se dit encore de l'Image, de la représentation d'un saint. Un saint de pierre. Le saint des saints, La partie la plus intérieure et la plus sacrée du tabernacle, et ensuite du temple de Salomon, celle où l'arche était renfermée. Le grand prêtre seul pouvait entrer dans le saint des saints.

SAINT se dit, par extension, d'un Homme d'une haute valeur morale. C'est un véritable saint laïque.

Littré (1872-1877)

SAINT (sin, sin-t') adj.
  • 1Qui appartient à la religion, qui est dédié à des usages sacrés (sens le plus voisin du sens étymologique, le mot étant le participe de sancire, consacrer). La sainte messe. Les églises sont des lieux saints. La sainte hostie. La sainte Bible. L'Écriture sainte. L'extrême-onction, annoncée à ce philosophe chrétien, excite autant sa piété qu'avait fait le saint viatique ; les saintes prières des agonisants réveillent sa foi, Bossuet, le Tellier. Les pratiques extérieures de la piété dans les saintes observances de l'Église, et la fréquentation des saints sacrements, Bossuet, Mar.-Thér. Tout ce que la religion a de plus saint a été en proie [lors de l'hérésie et de la révolution d'Angleterre], Bossuet, Reine d'Anglet. Venez, de l'huile sainte il faut vous consacrer, Racine, Ath. IV, 3. Je l'observais hier [Athalie], et je voyais ses yeux Lancer sur le lieu saint des regards furieux, Racine, ib. I, 1. Entrez, généreux chefs des familles sacrées, Du ministère saint tour à tour honorées, Racine, ib. IV, 2. Ne pouvant la sauver, seigneur, j'allais moi-même Répandre sur son front l'eau sainte du baptême, Voltaire, Zaïre, II, 3.

    Le peuple saint, le peuple juif. Du temple, orné partout de festons magnifiques, Le peuple saint en foule inondait les portiques, Racine, Ath. I, 1.

    La tribu sainte, la tribu de Lévi. Et Dieu n'est plus servi que dans la tribu sainte, Racine, Ath. III, 7.

    La cité sainte, Jérusalem. Tous chantent de David le fils ressuscité ; Baal est en horreur dans la sainte cité, Racine, Ath. V, 6.

    Fig. La cité sainte, la Jérusalem céleste, le paradis. Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte, Ces malheureux qui de ta cité sainte Ne verront point l'éternelle splendeur, Racine, Athal. II, 9. Loin d'ici, monuments de la terre, vous n'approchez point de ces monuments de la cité sainte ! Chateaubriand, Mart. III.

    Le saint-père, voy. PÈRE, n° 13.

    Le saint-siége, voy. SIÉGE.

    Le saint-office, voy. OFFICE 1, n° 9.

    Le saint-empire romain, ou, absolument, le saint-empire, l'empire d'Allemagne autrefois.

    Saint sépulcre, voy. SÉPULCRE.

    Les lieux saints, les saints lieux, voy. LIEU 1, n° 3.

    Terre sainte, voy. TERRE.

    Villes saintes, voy. VILLE.

    Semaine sainte, voy. SEMAINE.

    L'année sainte, l'année du grand jubilé qui est la dernière année de chaque siècle ; et aussi l'année de chaque jubilé, qui arrive de vingt-cinq ans en vingt-cinq ans.

  • 2Qui vit selon la loi de Dieu, qui observe ses commandements. Une âme sainte. Louis XI y est enterré [à Cléry] ; on le voit à genoux sur son tombeau… le bon apôtre de roi fait là le saint homme, et est bien mieux pris que quand le Bourguignon le mena à Liége, La Fontaine, Lett. VII. Le lendemain [de l'exécution de la Brinvilliers] on cherchait ses os, parce que le peuple disait qu'elle était sainte, Sévigné, 297. Nous avons les mêmes amis, nous pensons les mêmes choses : c'est un saint ; mais je ne suis pas sainte, voilà le malheur, Sévigné, 7 mars 1685. Comme, dans la gloire éternelle, les fautes des saints pénitents, couvertes de ce qu'ils ont fait pour les réparer, et de l'éclat infini de la divine miséricorde, ne paraissent plus, Bossuet, Louis de Bourbon. Le saint moine Augustin, son disciple [du pape saint Grégoire] et le premier apôtre de la nation anglaise, Bossuet, Reine d'Anglet. Dieu, qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Église… s'est servi autrefois des chastes attraits de deux saintes héroïnes [Judith et Esther] pour délivrer ses fidèles des mains de leurs ennemis, Bossuet, ib. On n'est saint qu'à proportion qu'on est humble, Fléchier, Panég. St Fr. de Paule. Pensez-vous être saint et juste impunément ? Racine, Ath. I, 1. Ils [les grands] ne seront grands… qu'autant qu'ils seront saints, Massillon, Petit carême, Grand. de J. C.

    Saint à Dieu, saint à l'égard de Dieu. Il [Jésus-Christ] a été humble, patient, saint à Dieu, terrible aux démons, sans aucun péché, Pascal, Pens. XVII, 1, édit. HAVET.

    Il se dit des choses en un sens analogue. Mener une vie fort sainte. Par la sainte horreur que vous fait l'infamie, Par ce Dieu que j'ignore, et pour qui vous vivez, Corneille, Théod. III, 3. Et comme tous mes feux n'avaient rien que de saint, L'honneur les alluma, le devoir les éteint, Corneille, Héracl. III, 1. Là [chez les oratoriens] une sainte liberté fait un saint engagement ; on obéit sans dépendre, on gouverne sans commander, Bossuet, Bourgoing. Si quelque chose les empêche de régner sur nous, ces saintes et salutaires vérités, c'est que le monde nous occupe, c'est que les sens nous enchantent, Bossuet, Duch. d'Orl.

  • 3Il se dit des esprits bienheureux et des créatures les plus parfaites. La sainte Vierge. Les saints martyrs. Les saints patriarches. Les apôtres saint Pierre et saint Paul. Les saints Pères. Ange saint, qui présidiez à l'oraison de cette sainte princesse, Bossuet, Mar.-Thér. Il fut enterré à Milan ; on grava sur son tombeau : Ci-gît Bernard de sainte mémoire ; il semble que le nom de saint en ce temps-là ne fut qu'un titre honorifique, Voltaire, Mœurs, 23.

    Par abréviation on écrit : S. Jean ou St Jean, Ste Geneviève, les SS. Pères, etc.

    La sainte Famille, voy. FAMILLE, n° 4.

    Fig. Découvrir saint Pierre pour couvrir saint Paul, remédier à un inconvénient par un autre.

    Fig. La prison de saint Crépin, voy. CRÉPIN.

    Saint Roch, voy. ROCH.

    Fig. et par plaisanterie. Sainte liberté, l'absence de toute contrainte, de toute gêne. Ma belle-fille vous fait ses compliments ; elle a bien du soin de moi, sans contrainte, et toujours sainte liberté, Sévigné, 26 juin 1689.

    Par imitation, saint s'est dit de personnages soit païens, soit autres, dont on voulait relever le haut caractère. Je trouve qu'on a eu raison de reprendre Érasme d'avoir osé écrire dans un de ses dialogues, qu'autant de fois qu'il lisait la belle fin de Socrate, il avait bien de la peine à s'empêcher de dire : ô saint Socrate, priez Dieu pour nous, La Mothe le Vayer, Vertu des païens, II, Socrate. Adressons nos communes prières à saint Zénon, saint Épicure, saint Marc-Antonin, saint Épictète, saint Bayle et tous les saints de notre paradis, Voltaire, Lett. Marmontel, 21 mai 1764. J'aime fort sainte Geneviève ; mais je voudrais qu'on bâtit une belle salle pour saint Racine, saint Corneille et saint Molière, Voltaire, Lett. de la Lande, 19 déc. 1774.

  • 4Souverainement pur ; il ne se dit en ce sens que de Dieu. La sainte Trinité. L'Esprit-Saint. Le Saint-Esprit. Avec le saint nom de Dieu et avec le nom de la cité sainte, la nouvelle Jérusalem, Bossuet, Mar.-Thér.

    L'ordre du Saint-Esprit, voy. ESPRIT, n° 4.

    Un Saint-Esprit, l'insigne de cet ordre. Il veut vous envoyer votre cordon bleu avec deux Saint-Esprit, Sévigné, 491. La reine ne put résoudre M. de Metz à porter un Saint-Esprit sur sa soutanelle comme les autres, Saint-Simon, 46, 27.

  • 5Digne d'un grand respect, qui ne peut être violé sans une sorte d'impiété. L'auguste et saint ministère de la justice, Bossuet, le Tellier. D'ailleurs vous le savez, en bannissant ses rois, Rome à ce nom, si noble et si saint autrefois, Attacha pour jamais une haine puissante, Racine, Bérén. II, 2. Et ne connais-tu pas l'implacable Agrippine ? Mon amour inquiet déjà se l'imagine Qui m'amène Octavie, et d'un œil enflammé Atteste les saints droits d'un nœud qu'elle a formé, Racine, Brit. II, 2. La plus sainte des lois, ah ! c'est de vous sauver, Racine, Bajaz. II, 3. Ma fille… ce nom seul, dont les droits sont si saints, Racine, Iphig. I, 1.
  • 6 S. m. et f. Un saint, une sainte, personne qui vit ou qui est morte en état de sainteté. Ces faux saints ne servent pas Jésus-Christ, mais ils se servent de lui ; ils sollicitent leurs affaires en son nom, et recommandent sa cause bien que ce soit leur procès, Guez de Balzac, Lett. II, liv. VI. …On nous ruine en fêtes ; L'une fait tort à l'autre, et monsieur le curé De quelque nouveau saint charge toujours son prône, La Fontaine, Fabl. VIII, 2. Les saints ont leur empire, leur éclat, leur victoire, leur lustre, et n'ont nul besoin des grandeurs charnelles ou spirituelles, Pascal, Pens. XVII, 1, éd. HAVET. La vie ordinaire des hommes est semblable à celle des saints : ils recherchent tous leur satisfaction, et ne diffèrent qu'en l'objet où ils la placent, Pascal, ib. XV, 2. Pour faire d'un homme un saint, il faut bien que ce soit la grâce ; et qui en doute ne sait ce que c'est que saint et qu'homme, Pascal, ib. XXIV, 74. Au lieu qu'en parlant des choses humaines on dit qu'il faut les connaître avant que de les aimer, les saints, au contraire, disent en parlant des choses divines, qu'il faut les aimer pour les connaître, Pascal, Géomét. II. Est-il possible que vous [protestants] croyiez que nous invoquions les saints comme Dieu, et n'avons-nous pas dit assez haut et assez clair que nous ne les appelions à notre secours que comme nos conserviteurs ? Bossuet, Proj. de réun. des protest. Lett. IX. L'Église aura toujours des saints, et la charité n'y mourra jamais, Bossuet, 1re instr. past. 7. Il y a cette différence à remarquer entre le ciel et la terre : la terre fait les saints, mais elle ne fait pas les bienheureux, et, au contraire, le ciel fait les bienheureux, mais il ne fait pas les saints, Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 102. Suivant la remarque de saint Augustin, un saint n'est saint que pour lui-même, Bourdaloue, ib. t. II, p. 476. Je le vois bien, tu vas épouser une sainte, Boileau, Sat. X. …Dieu ne vous a pas choisie Pour être un vain spectacle aux peuples de l'Asie, Ni pour charmer les yeux des profanes humains ; Pour un plus noble usage il réserve ses saints, Racine, Esth. I, 3. Souvenez-vous que les saints ont été dans tous les siècles des hommes singuliers, Massillon, Carême, Pet. nombre des élus.

    La communion des saints, la communication mutuelle de biens spirituels entre tous les membres de l'Église, sur la terre, au purgatoire, au ciel.

    Par extension. Un des saints du paganisme, Rousseau J.-B. Odes, II, 2.

    Dans un sens analogue. Sénèque était le saint de Diderot.

    Les saints de glace, saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, dont les fêtes tombent au 11, 12 et 13 mai, jours auxquels, dans le centre de la France et de l'Allemagne, il se fait souvent sentir des froids insolites.

    C'est un pauvre saint, c'est un saint qui ne guérit de rien, se dit d'un homme qui a peu de crédit.

    C'est un petit saint de bois, se dit d'un hypocrite.

    C'est un saint qu'on ne chôme plus, se dit en parlant d'une personne qui n'a plus d'influence, de crédit. L'honneur est un vieux saint que l'on ne chôme plus, Régnier, XIII.

    Familièrement. De petits saints, des personnes qui affectent l'apparence de sainteté. Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins, Au dire de chacun étaient de petits saints, La Fontaine, Fabl. VII, 1. Le chat et le renard, comme beaux petits saints, S'en allaient en pèlerinage, La Fontaine, ib. IX, 14.

    Le saint du jour, se dit d'un homme qui est à la mode ou en crédit depuis peu.

    Il ne sait à quel saint se vouer, voy. VOUER.

    Prêcher pour son saint, louer, vanter une chose, une personne en vue de son intérêt personnel.

    Mal de saint, l'épilepsie ; on dit aussi mal Saint-Jean. Si c'était mal de saint ou de fièvre quartaine, Régnier, Sat. X.

    Feu Saint-Antoine, voy. feu 1, n° 37.

    Ile des saints, l'Irlande.

    Les saints, noms que se donnaient les puritains durant la révolution d'Angleterre et sous Cromwell.

    Saints du dernier jour, titre que se donnent les mormons, sectaires américains.

  • 7Chez les Juifs, le saint, l'espace qui était avant le saint des saints. Le voile séparera le saint d'avec le saint des saints, Sacy, Bible, Exode, XXVI, 33.

    Le saint des saints, la partie la plus profonde et la plus sacrée du tabernacle, et ensuite du temple de Salomon, celle où l'arche était renfermée.

    Fig. L'homme n'habite que dans les parois les plus extérieures de ce temple où il adore le grand être ; il ne lui est point permis de pénétrer dans le sanctuaire, bien moins encore dans le saint des saints, Bonnet, Paling. XII, 8.

  • 8Le Saint des saints, Dieu. Avoir une dévotion pure et solide pour celle qui a été la mère du Saint des saints, Bourdaloue, Instr. Octave de l'Assompt. Exhort. t. II, p. 304. Dieu, qui est le Saint des saints, n'est avec les pécheurs et les impies que par la nécessité de son être, Bourdaloue, 5e dim. après l'Épiphan. Dominic. t. I, p. 223. Jésus-Christ sera grand, parce qu'il sera le Saint et le fils de Dieu, Massillon, Pet. carême, Grand. de J. C.
  • 9Saint se joint par un trait d'union avec les noms de saint, et signifie le jour où l'on célèbre la fête du saint ; il est féminin. La Saint-Jean, la Saint-Pierre, etc.

    Les herbes de la Saint-Jean, voy. HERBE, n° 1.

    L'église Saint-Germain, l'église Saint-Gervais, et, absolument, au masculin, Saint-Germain, Saint-Gervais, l'église qui est sous l'invocation de saint Germain, de saint Gervais. Aller entendre la messe à Saint-Gervais.

    On remarquera qu'alors on écrit Saint avec une majuscule, la Saint-Jean, tandis que, quand on nomme le saint, on ne met ni majuscule ni trait d'union, saint Jean.

    Quand ces noms deviennent noms de localité ou autres, on les écrit comme pour la fête, c'est-à-dire avec un trait d'union et une majuscule à Saint. La ville de Saint-Germain. La prison de Sainte-Pélagie. La croix de Saint-André. L'ordre de Saint-Lazare. La rue Saint-Honoré. Le faubourg Saint-Jacques. La porte Saint-Antoine.

  • 10Un saint Augustin, un saint Jérôme, etc. les œuvres de saint Augustin, de saint Jérôme, etc.

PROVERBES

À chaque saint sa chandelle, pour s'assurer du succès d'une affaire, il faut se rendre favorable chacun de ceux de qui elle dépend.

Comme on connaît les saints on les honore, on traite un homme suivant son mérite, son crédit.

Selon le saint l'encens, il faut proportionner l'hommage au mérite, à la dignité.

Il vaut mieux s'adresser à Dieu qu'à ses saints, il vaut mieux s'adresser au maître qu'à ses subalternes quand on veut obtenir quelque grâce. Sire, il y a dans tous les pays chrétiens un vieux proverbe qui dit : Il vaut mieux avoir affaire à Dieu qu'à ses saints ; et je le crois plus vrai en Espagne que partout ailleurs, Delavigne, D. Juan, V, 2.

HISTORIQUE

XIe s. Vus le suirez à feste Saint Michel, Ch. de Rol. III. Plus valt [vaut] Mahum que seint Pere de Rume, ib. LXXII. Ne croit en Deu le fil sancte Marie, ib. CXII. Quant Carles oit [ouït] la sainte voiz del angle, ib. CCLXIV. Ne place Deu ne ses seinz ne ses angles, ib. CCLXX.

XIIIe s. Et que pourront dire li ennemi Là où li saint trembleront de doutance Devant celui qui onques ne menti ? Quesnes, Romancero, p. 96. Je sui cil qui trop se plaint ; El mont [monde] n'a si caitif [chétif] saint, Fors moi, qui se [sa] feste n'ait, Anc. poés. Vatic. n° 1490, f° 172, dans LACURNE. Moult erent [ils étaient] bone gent et de très sainte vie, Berte, LX. Par trestoz les sainz que l'en prie, Vos ressemblez le chien qui crie Ainz que la pierre soit cheüe, Ren. 1431. Li lieu saint, si sont cil qui sont dedié et establi por fere le service nostre Seigneur, Beaumanoir, XI, 14. Les voisines de la mere dudit enfant [malade] li distrent : nos avons bons sains en nostre eglise de Saint Denis ; portez vostre enfant au tombel du benoiet saint Loys, Miracles St Loys, p. 149. Que il deust porter Mabilete [une enfant malade] au tombel du benoiet saint Loys… que les sainz vouloient bien que l'en feist aucune chose pour eus…, ib. p. 166.

XVe s. Tendre vous fault la main aux sains ; Tendez. - Voulentiers, beau compains. - Or jurez le saint sacrement, Vostre foy, vo baptisement, Tous les sains et toutes les saintes, Sans penser à paroles faintes, Deschamps, Poésies mss. f°. 374. Et par sa trez-saintime grace, Li plaise envoier sanz espace, En present, sanz aucun demour De ses sains ciex la digne flour, la Nativité de N. S. J. C. Mystère. Et ne sçavoit plus le connestable à quel sainct se vouer, Commines, IV, 11. Le corps de Jehan Galeas, un grand et mauvais tyran, est aux Chartreux… et un natif de Bourges le m'appela sainct ; et je luy demanday en l'oreille pourquoy il l'appeloit sainct, et qu'il pouvoit voir peintes à l'entour de luy les armes de plusieurs citez qu'il avoit usurpées, où il n'avoit nul droit ; il me respondit tout bas : nous appelons, dit-il, en ce pays icy saincts tous ceulx qui nous font du bien, Commines, VII, 9.

XVIe s. Mal saint Main [psora], Paré, Introd. VI. Mal saint Vitus [chorée], Paré, Introd. VII. Fil saint Fiacre [sarcome], Paré, V, 21. [La gangrene qui va jusqu'aux os] est appelée des Grecs sphacelos ou necrosis, des Latins syderation, et esthiomenos selon les modernes, et des vulgaires le feu Saint Anthoine ou Saint Marcel, Paré, X, 11. Le saint de la ville n'est point oré [prié], H. Estienne, Précell. p. 185. À petit sainct petite offrande, H. Estienne, ib. p. 198. Saint ne peut mentir, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 42. Quand Dieu ne veut, le saint ne peut, Leroux de Lincy, ib. p. 43. Oublier Dieu parmi tous les saints, Cotgrave Il n'est miracle que de vieux saincts, Cotgrave Le fleuve passé, le sainct oublié, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SAINT.

PROVERBES

Ajoutez :

La fête passée, adieu le saint.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SAINT, adj. (Gramm. & Théolog.) ce nom qui signifie pur, innocent, parfait, convient particulierement à Dieu qui est saint par essence.

Il a été communiqué aux hommes célebres par leur vertu & leur piété : les premiers fideles l’ont donné généralement à tous les chrétiens qui vivoient conformément aux lois de Jesus-Christ. Dans la suite le nom de saint & de très-saint, a été donné & se donne encore aux patriarches, aux évêques, aux prêtres, aux abbés, & autres personnes d’une éminente piété. Mais on a particulierement affecté le nom de saint, à ceux qui sont morts & que l’on croit jouir de la gloire éternelle. Les Grecs l’ont donné aux martyrs, à leurs patriarches, à leurs évêques morts dans la communion de l’Eglise catholique, & aux personnes qui avoient vécu & qui étoient mortes saintement. Dans l’église latine ce nom a été donné autrefois aux martyrs, & à tous ceux dont la sainteté étoit notoire. Depuis le xii. siecle on l’a réservé à ceux qui ont été canonisés par les papes après les informations & cérémonies accoutumées. Voyez Canonisation.

Un des points qui divisent les Protestans d’avec les Catholiques, c’est que ceux-ci adressent aux saints des vœux & des prieres pour obtenir leur intercession auprès de Dieu ; ce que les Protestans condamnent comme une idolâtrie, prétendant que c’est assez honorer les saints, que de proposer leurs exemples à imiter. Voyez Culte & Invocation.

Le nombre des saints reconnus pour tel est presque infini ; le pere Papebrok en compte dix-sept ou dix-huit cens pour le premier jour de Juin seulement ; ce ne sont pas seulement les Protestans qui ont trouvé étrange cette multitude prodigieuse de saints. Le savant pere Mabillon écrivain très-catholique, dans sa dissertation sur le culte des saints inconnus, observe qu’on rend des honneurs à des saints prétendus, qui peut-être n’étoient pas chrétiens, dont on ne sait pas même les noms, ou auxquels on adresse des prieres sans savoir par aucun jugement de l’Eglise, s’ils sont dans le ciel. Mais l’Eglise, loin d’autoriser les superstitions à cet égard, les condamne & veut qu’on ne reconnoisse pour saints, que ceux dont on a des actes authentiques. Bollandus, Rosweid, le pere Papebrock & autres jésuites, se sont attachés avec un zele infatigable à ce travail, & ont publié vingt-quatre volumes in-folio pour les six premiers mois de l’année, & depuis la mort du pere Papebrock, ses continuateurs en ont encore donné plusieurs. Voyez Actes & Bollandistes.

Saint le, (Hist. jud.) dans l’Ecriture, marque en particulier la partie du temple qui étoit entre le vestibule & le sanctuaire, & dans laquelle on voyoit le chandelier d’or, l’autel des parfums, & la table des pains de proposition.

Le saint ou les saints, sancta, se prend pour tout le temple, ou même pour le ciel : le Seigneur a regardé du haut de son saint, psal. c. j. ℣. 20. Louez le Seigneur dans son saint, ps. cl. ℣. 1.

Le saint des saints, ou le sanctuaire, marque la partie la plus intérieure & la plus sacrée du temple, où étoit l’arche d’alliance, & où personne n’entroit jamais, sinon le grand-prêtre, une fois l’année au jour de l’expiation solemnelle. Voyez Expiation & Sanctuaire.

Saint, Sainteté, (Critique sacrée.) ἅγιος, ὅσιος, ἀγιότης, ὁσιότης ; sainteté signifie la pureté d’ame, Thess. iij. 13. la piété envers Dieu, Luc, j. 75. La sainteté, dit Platon, est cette partie de la justice qui consiste dans le service des dieux ; & celle qui consiste dans les devoirs des hommes envers les hommes, est la seconde partie de la justice. Mais la sainteté du temple dans l’Exode, c’est le temple de Jérusalem consacré au culte de Dieu seul. Les choses saintes sont les mysteres de la Religion, Matt. vij. 6. La qualification de saints, se donne dans le vieux Testament aux anges, aux prophetes, aux patriarches, aux sacrificateurs, au peuple juif ; dans le nouveau-Testament les apôtres honorent de ce titre les fideles & les chrétiens, parce qu’ils doivent mener une vie pure & religieuse. (D. J.)

Saint, (Géog. mod.) les mots saint & sainte, ont été imposés en Géographie à plusieurs lieux où l’on a bâti des églises & des monasteres, auxquels on a donné le nom des saints dont on y révéroit la mémoire.

Ces églises & ces monasteres ont été avec le tems accompagnés de quelques maisons, & ont vu se former à l’ombre de leurs clochers, des villages, des bourgs, ou des villes, qui ont ensuite pris le nom du saint.

Des navigateurs ont trouvé des îles, des rivieres, des ports, dont ils ignoroient la dénomination, & ils leur ont donné celui du saint ou de la sainte, dont ils portoient eux-mêmes le nom, ou du saint dont l’église célébroit la mémoire le jour de la découverte.

Il est arrivé de cette maniere, que les noms de saint & de saint, sont devenus assez ridiculement des noms géographiques ; de plus, ces noms géographiques en se multipliant prodigieusement, ont jetté une grande confusion dans cette science ; mais il n’y a point de moyen d’y remédier.

Les Italiens disent santo, pour saint ; seulement au lieu de santo ; ils disent sant devant les mots qui commencent par une voyelle, & san devant ceux qui commencent par une consonne, sant’Ambrosio, sant’Agostino, san Paolo. Cette regle est la même dans les noms de lieux imposés par les Espagnols.

On ne trouvera guere dans ce Dictionnaire (& seulement sous leurs noms propres) que les endroits un peu considérables, nommés par les François saint, par les Italiens & les Espagnols santo, sant’ ou san ; car les détails minutieux ne conviennent point à cet ouvrage. (D. J.)

Saints culte des, (Hist. ecclés.) ce n’est pas mon dessein de faire méthodiquement l’histoire de l’invocation & du culte des saints ; mais le lecteur sera peut-être bien-aise de trouver ici le morceau de M. Newton sur cette matiere, & qui n’a point encore été traduit en françois.

Trois choses, selon lui, donnerent occasion à ce culte ; 1°. les fêtes célébrées en mémoire des martyrs ; 2°. la coutume de prier auprès de leurs sépulchres ; 3°. les prétendus miracles opérés par leurs reliques.

Grégoire de Nysse rapporte que Grégoire évêque de Néocésarée & de Pont, s’étant apperçu que les jeux & les fêtes payennes retenoient le commun peuple dans l’idolâtrie, permit qu’on célébrât des fêtes en mémoire des martyrs, & que le peuple s’y divertît. On substitua bien-tôt après la fête de Noël aux bacchanales ; celle du premier Mai aux jeux de Flora ; celles de la sainte Vierge, de saint Jean-Baptiste, & des apôtres, aux fêtes marquées dans le vieux calendrier romain, les jours de l’entrée du soleil dans quelque signe du zodiaque. Cyprien ordonna de tenir un registre exact des actes des martyrs, afin d’en célébrer la mémoire ; & Felix évêque de Rome, jaloux de la gloire des martyrs, commanda d’offrir annuellement des sacrifices en leur nom.

La coutume de s’assembler dans les cimetieres où étoient les sépulchres des martyrs, laquelle commença à être en vogue du tems de la persécution de Dioclétien, contribua encore à l’établissement du culte des saints. Le concile d’Eliberi ou d’Elvire en Espagne, tenu en 305, défendit d’allumer pendant le jour des cierges dans les cimetieres des martyrs, de peur de troubler leur repos. Celui de Laodicée, tenu l’an 314, condamna ceux qui abandonnant les cimetieres des vrais martyrs, alloient faire leurs prieres auprès des sépulchres des martyrs hérétiques ; & l’an 324. un autre concile dénonça anathème à ceux qui par arrogance abandonneroient les congrégations des martyrs, les liturgies qu’on y lisoit, & la commémoration qu’on faisoit de ces athletes du Seigneur.

Avant qu’on eût la liberté de bâtir des églises pour y célébrer le service divin, on s’assembloit dans les cimetieres des martyrs ; on y faisoit tous les ans une commémoration de leur martyre ; on allumoit des flambeaux en leur honneur, & on jettoit de l’eau bénite sur ceux qui y venoient pour leurs dévotions. Lorsqu’ensuite la paix fut donnée à l’Eglise, & qu’on bâtit des temples magnifiques pour s’y assembler, on transporta les corps des saints & des martyrs dans ces temples. L’empereur Julien reprocha aux chrétiens cette coutume.

Dans la suite, on attribua aux os des martyrs la vertu de faire taire les oracles, de chasser les démons, de guérir les malades, d’opérer toutes sortes de miracles ; c’est ce qu’on prouve par des témoignages de divers peres. On garda religieusement leurs reliques ; on s’imagina que les saints après leur mort, devenoient les protecteurs & comme les dieux tutélaires des lieux où étoient leurs os.

Enfin, on commença à leur rendre un culte religieux & à les invoquer, premierement en Egypte & en Syrie, ensuite à Constantinople, & dans les églises d’occident. Grégoire de Naziance adresse des prieres à Athanase & à Basile ; & il rapporte que Justine fut protégée miraculeusement, parce qu’elle invoquoit la sainte Vierge. Gregoire de Nysse implora le secours d’Ephrem & du martyr Théodore. A Constantinople, l’invocation des saints fut inconnue jusqu’à l’année 379, que Grégoire de Naziance la leur enseigna : saint Chrysostome l’appuya fortement ; mais l’empereur Théodose défendit quelque tems après, de déterrer les os des saints & des martyrs, ou de les transporter d’un lieu à un autre.

Sans adopter toutes les idées de M. Newton, on ne peut disconvenir qu’il n’y ait dans ce petit morceau des vûes très-justes sur l’origine du culte des saints ; & d’ailleurs il faut observer que ce beau génie n’avoit fait que jetter ces remarques sur le papier, sans y mettre la derniere main. (D. J.)

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Étymologie de « saint »

(Date à préciser) Du latin sanctus, participe passé de sancire (« vouer aux dieux, consacrer »), étymologiquement lié à sacer (« sacré »). Référence nécessaire
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. sanct, sant, san ; espagn. san, santo ; portug. santo, sao ; ital. santo ; du lat. sanctus, qui est le participe passif de sancire, prescrire par loi, par précepte. Sancire est le dénominatif de sacer, sancus (semo sancus), dont l'étymologie est le radical sanscrit sac, suivre, et quelquefois, dans le Rigvéda, adorer.

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Phonétique du mot « saint »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
saint seint

Citations contenant le mot « saint »

  • Dans une petite église, un petit saint est grand. De Proverbe slovène
  • Le péril une fois passé, le saint est bientôt négligé. De Proverbe italien
  • Le saint dostoïevskien, c'est Robin Cook. De François Guérif / Du polar
  • Pensez-vous être saint et juste impunément ? Jean Racine, Athalie, I, 1, Abner
  • Un saint triste est un triste saint. De Saint François de Sales
  • A petit saint, petite offrande. De Proverbe français
  • A chaque saint sa chandelle. De Proverbe français
  • Le saint de la maison ne fait de miracles. De Proverbe brésilien
  • Chaque saint a un passé et chaque pécheur un avenir. De Oscar Wilde
  • Pensez-vous être saint et juste impunément ? Jean Racine, Athalie, I, 1, Abner

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Traductions du mot « saint »

Langue Traduction
Anglais holy
Espagnol santo
Italien santo
Allemand heilig
Chinois
Arabe قديس
Portugais piedosos
Russe святой
Japonais 聖なる
Basque holy
Corse santu
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Synonymes de « saint »

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Antonymes de « saint »

Saint

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