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Jurer

Définitions du mot « jurer »

Trésor de la Langue Française informatisé

JURER, verbe

I. − Emploi trans. [Le suj. désigne une pers.]
A. − Domaine du serment et du juron
1. Vieilli. Qqn jure qqn/qqc. (que).Prendre solennellement quelqu'un (Dieu, un saint) ou quelque chose à témoin (d'une affirmation, d'une promesse). Jurer le ciel, son honneur (que). Je jure Dieu que je vous arracherai la peau avant que nous sortions de cette écurie (Bloy, Femme pauvre,1897, p. 84).L'Italien jurait la Vierge et les saints que c'était le portrait (...) de Cléopâtre (France, Vie littér.,1892, p. 118).Menteur! il m'a juré sa foi, et il y avait des témoins (Aymé, Vogue,1944, p. 69).
Expr. fig., fam. [De nos jours] Jurer ses grands dieux que. Proclamer solennellement que. Sylvain Kohn jura ses grands dieux qu'il n'inviterait plus personne (Rolland, J.-Chr., Foire, 1908, p. 680):
1. ... l'aubergiste de Rouen jurait ses grands dieux que le jeune homme, couché tout de suite après son dîner, était seulement sorti de sa chambre le lendemain, vers sept heures. Zola, Bête hum.,1890, p. 265.
2. Qqn jure qqc. par/sur/devant... qqn/qqc.Prononcer un serment en attestant ou en engageant quelqu'un/quelque chose. Je te le jure par Dieu même, tu as un tendre père en moi! (Restif de La Bret., M. Nicolas,1796, p. 41).Cette inculpation... (...) est vraie. J'en jure par mon cœur et le ciel qui sait si jamais je me suis abaissée jusqu'à feindre (Guilbert de Pixér., Cœlina,1801, I, 17, p. 23).
3. Absolument
a) [Avec un compl. d'obj. second.]
[prép.] Expr. fig.
Jurer par qqn. Invoquer constamment l'autorité de quelqu'un, se réclamer de lui comme d'un modèle par suite d'une admiration aveugle. On ne jure plus que par lui. Ce système [des sensations transformées] a prévalu dans les écoles modernes, où l'on s'est imaginé le comprendre : on y jure par Condillac, comme on juroit jadis par Aristote (Bonald, Législ. primit., t. 1, 1802, p. 64).Léon Daudet ne s'intéresse plus du tout à la littérature. Qu'est-ce que c'est que ça! Il ne jure que par Maurras, ce Talleyrand, et installe son roi sur le trône (Renard, Journal,1908, p. 1209):
2. Christophe fut, quelque temps, une de ses marottes. Mannheim ne jurait que par lui. Il cornait son nom partout. Il rebattait les oreilles des siens avec ses dithyrambes. À l'en croire, Christophe était un génie, un homme extraordinaire... Rolland, J.-Chr., Révolte, 1907, p. 420.
Jurer par qqc. (rare). Ah! certes, il serait encore le même, loyal, solitaire, indépendant, ne jurant par aucun parti, s'engouant peu pour tel ou tel personnage (Sainte-Beuve, Portr. littér., t. 1, 1844-64, p. 235).
Jurer sur la tête de qqn. Prononcer un serment en engageant la vie d'une personne. Sambuc jura toujours sur la tête de son père qu'il avait bien mis les deux bons cailloux aux pattes (Zola, Débâcle,1892, p. 541).
[non prép.] En mauvaise part. Prendre à témoin Dieu, le nom de Dieu, les saints, en blasphémant. Synon. région. sacrer.Grand frère Félix, jurant le nom de Dieu (Renard, Poil Carotte,1894, p. 48).M. de Gerboise était bon gentilhomme (...) jurant Dieu et tous les saints de l'Anjou (...) il m'amusait (...) par la verdeur de ses propos (France, P. Nozière,1899, p. 97).
b) [Sans compl. d'objet second.] Prononcer un serment. Il faut jurer avant de témoigner. Le jongleur s'arrête, puis s'écrie de nouveau : « Peuples, jurez! » Il prononce ainsi la formule du plus terrible des serments (Chateaubr., Natchez,1826, p. 420):
3. Je crois en Dieu! Et, d'une main saisissant la poignée de mon épée, J'étends vers ces campagnes, adossé au soleil, L'autre main dans le geste qui jure! Claudel, Ville,1901, III, p. 486.
B. − Domaine de la promesse solennelle
1. Qqn jure qqc. à qqn, qqn jure que + verbe, qqn jure de + inf.Promettre quelque chose à quelqu'un par un serment plus ou moins solennel. Jurer amitié, amour, fidélité à qqn; jurer attachement à Dieu. Jure moi qu'elle ne te quittera jamais [mon écharpe]; et que jamais surtout elle n'ornera le sein d'une rivale (Guilbert de Pixér., Victor,1798, II, 8, p. 38).Le peuple n'avait demandé que l'égalité des priviléges; il jura le châtiment des meurtriers de ses défenseurs (Constant, Esprit conquête,1813, p. 247).Je te jure que tu ne pleureras plus à cause de moi (Hugo, Lettres fiancée,1821, p. 82):
4. Vous me jurez que, si je vous embrasse, vous me ficherez la paix... la bonne : Je le jure... croix de bois, croix de fer, si je mens j'vais en enfer!... Guitry, Veilleur,1911, II, p. 11.
Emploi pronom. [Avec compl. d'obj.]
réciproque. Se jurer un amour éternel. Liés l'un à l'autre par la reconnoissance et les bienfaits, ils furent amis et se jurèrent foi et fraternité d'armes, jusqu'à leur dernier soupir (Cottin, Mathilde, t. 1, 1805, p. 86).Les jeunes gens serroient la main d'Outougamiz, et se juroient les uns aux autres une amitié pareille dans l'adversité (Chateaubr., Natchez,1826, p. 317).
réfl. Se promettre à soi-même quelque chose, prendre la résolution de. Chaque fois, quand il arrive à son poste après des kilomètres de route (...), le poilu se jure bien que, la prochaine fois, il se débarrassera d'un tas de choses et se délivrera un peu les épaules du joug du sac (Barbusse, Feu,1916, p. 197):
5. Il est sublime de voir l'homme né libre, chercher en vain son bonheur dans sa volonté, puis fatigué de ne rien trouver ici-bas qui soit digne de lui, se jurer d'aimer à jamais l'Être Suprême... Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 390.
Jurer de faire qqc.S'engager, promettre par serment. Les passions sont les mêmes par-tout, la nature semble prendre plaisir à les faire jouer; et cette femme irritée jura de se venger (Baudry des Loz., Voy. Louisiane,1802, p. 45).
2. Qqn jure qqc. à qqn, qqn jure que + verbe, qqn jure de + inf.Affirmer solennellement, avec insistance quelque chose. Synon. assurer, déclarer, prétendre, soutenir.Je n'oserais jurer que. Sans mes affaires, je vous jure que je ne penserais guère à Paris, et Rome serait encore pour moi la première ville du monde (Courier, Lettres Fr. et Ital.,1808, p. 773).MmeFrédéric, qui (...) se plaisait aux idées de désastre, jurait en phrases brèves, que la journée était perdue (Zola, Bonh. dames,1883, p. 475).Apprenant l'étoile polaire, il jurait de la reconnaître à son visage, il n'aurait qu'à la maintenir un peu à gauche (Saint-Exup., Courr. Sud,1928, p. 72).
Expr. pop. et fam. Je te/vous jure. [Souvent pour prendre à témoin l'interlocuteur d'une chose invraisemblable ou insupportable] On ne rira pas de tout ceci, je te jure (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 533).Ah, je vous jure, j'ai bien des fois pensé à déserter! (Martin du G., Confid. afr.,1931, p. 1123):
6. Le sac est terrible, je te jure. Pendant deux mois après ma libération, j'ai gardé douloureux deux points aux épaules, la marque des courroies. Rivière, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1907, p. 291.
3. Ne jurer de rien.Ne rien affirmer au sujet de quelque chose. Il ne faut jurer de rien (proverbe). Le Demi Aile : Est-ce que tu t'en souviendras? Peyrony : Je ne jure de rien (Montherl., Olymp.,1924, p. 303).
4. Au cond. Croire, penser en s'appuyant sur des apparences trompeuses. Mais voyez donc la soie de cette rotonde! reprit-elle, on jurerait de la toile d'araignée (Zola, Bonh. dames,1883, p. 578).On jurerait du lapin sauté (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Lapin, 1887, p. 246):
7. La vaste cour que nous traversons est si bien garnie de toutes parts de plantes grasses, d'herbes et de feuillages, (...) qu'on jurerait qu'un printemps éternel a élu domicile dans cette enceinte... G. Leroux, Parfum,1908, p. 38.
5. P. ext. Décider avec solennité ou avec force d'une chose. Jurer la perte, la ruine de qqn. Si la cour a juré ma mort, oui, je la préfère à l'horreur de me flétrir par la chute de mes fidèles défenseurs (Lemercier, Pinto,1800, I, 12, p. 40).Vous trahissez, Laboque (...) vous qui aviez juré la mort du bandit, quitte à y laisser vous-même la peau! Et voilà que vous vous mettriez contre nous, que vous achèveriez le désastre! (Zola, Travail, t. 2, 1901, p. 63).
II. − Emploi intrans. [Le suj. désigne une pers., un animal ou une chose]
A. − [Le suj. désigne une pers.] Proférer des jurons. Synon. sacrer (fam.).Jurer comme un charretier, comme un païen. Nom de dieu de nom de Dieu! jura sourdement Jacques (Zola, Bête hum.,1890, p. 133).Il jouait aux cartes avec sa fille et jurait quand il perdait (Renard, Journal,1898, p. 483).
B. − P. anal.
1. [Le suj. désigne un instrument de mus.] Produire un son discordant. Violon qui jure sous l'archet (Rob.; dict. xixeet xxes.).
2. Vx ou région. [Le suj. désigne un chat] Manifester son irritation par un grognement. Le chat échaudé jure, saute sur la table, casse les tasses, brise une bouteille (Kock, Zizine,1836, p. 113).Il ouvrit toute grande la fenêtre de la salle à manger, et vint prendre le chat par la peau du cou (...). Le chat se mit à jurer, à se roidir, en tâchant de se retourner pour mordre la main de Laurent (Zola, Th. Raquin,1867, p. 989).
3. [Le suj. désigne une chose concr.] Jurer (avec).Contraster désagréablement avec, être mal assorti avec. Synon. dissoner, hurler.Les couleurs tendres et pâles, que notre marquis affectionnait, juraient davantage avec l'aspect léonin de sa moustache hérissée et de sa crinière d'enfant (Sand, Beaux MM. Bois-Doré, t. 1, 1857, p. 42).Seuls, le poêle, en faïence blanche, et la table de toilette (...) juraient, au milieu de ces vieilleries vénérables (Zola, Rêve,1888, p. 55).Près de la côte, en bas, le bleu des vagues jurait si fort avec certains toits rouges qu'on était obligé de fermer les yeux (Lacretelle, Hts ponts, t. 4, 1935, p. 21).
Au fig. Un ton héroïque qui jurait avec son nom de Colette et son petit nez (A. Daudet, Rois en exil,1879, p. 16).Je crois que ces deux mots [« morale nouvelle »] jurent d'être accouplés (Barrès, Cahiers, t. 7, 1909, p. 221).
Prononc. et Orth. : [ʒyʀe], (il) jure [ʒy:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Trans. 1. a) 842 « assurer, promettre formellement » (un serment) sagrament que son fradre Karlo iurat (Serments de Strasbourg ds Henry Chrestomathie); b) ca 1100 « assurer, promettre en prêtant serment » (Roland, éd. J. Bédier, 605); 2. a) ca 1100 « prendre à témoin, prendre pour gage du sérieux d'un serment » (ibid., 3232) cf. en fr. mod. il a juré son grand dieu (Fur. 1690) et jurer ses grands dieux (1713, Hamilton, Mém. du Comte de Grammont, éd. 1731, 10 ds Littré); b) 1306 prendre à témoin (un être sacré) pour faire un serment, cet acte étant considéré comme sacrilège (Joinville, St Louis, éd. N.-L. Corbett, § 686); 3. ca 1100 « promettre, vouloir fermement » (Roland, éd. J. Bédier, 1457 : guenes li fels ad nostre mort juree); 4. ca 1100 « promettre en mariage, fiancer » (ibid., 3710); 5. a) 1461-69 « affirmer avec force, promettre (sans faire de serment) » (Pathelin, éd. R. T. Holbrook, 246); b) 1759 on jurerait « on pourrait vraiment croire » (Caraccioli, Le Livre à la Mode, nouv. éd., 1759, p. 51 d'apr. B. Henschel ds Fr. mod. t. 37, p. 119). B. Intrans. 1. a) ca 1150 « id. » avec un compl. prép. indiquant l'être pris à témoin ou la chose engageant le serment jurer sur (Wace, St Nicolas, éd. E. Ronsjö, 749); b) ca 1225 « avec un compl. prép. indiquant l'objet, le propos du serment » jurer de qqc. ici en jurer (Florence de Rome, 4979 ds T.-L.); 2. 1160-74 « invoquer de manière sacrilège le nom d'êtres ou de choses sacrées » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, II, 1724); 3. 1665 mus. « faire entendre un son désagréable » (Boileau, Satires, éd. A. Cahen, III, 148); 1688 plus gén. « être discordant » (La Bruyère, Caractères, Œuvres, éd. G. Servois, t. 2, p. 179); 4. 1585 « faire des affirmations ou des protestations sur le ton de serments » (N. du Fail, Contes d'Eutrapel, éd. J. Assézat, t. 2, p. 275). Du lat. jurare « jurer, prêter serment, prendre à témoin, engager par son serment ». Fréq. abs. littér. : 4 468. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 6 367, b) 6 937; xxes. : a) 8 007, b) 5 031.

Wiktionnaire

Verbe

jurer \ʒy.ʁe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Affirmer par serment, en prenant un dieu, ou quelqu’un, ou quelque chose à témoin.
    • Il jure son Dieu, sa foi, que…
    • Il se trouvera une douzaine de femmes dévotes et bonnes royalistes qui jureront par le nom de leur saint et en baisant leur pouce qu’elles ont vu le susdit chacune dans son village, exactement à l’heure et à la minute où le crime a été commis. — (Prosper Mérimée, Lettres d’Espagne, 1832, rééd. Éditions Complexe, 1989, pages 61-62)
    • (Absolument) Jurer en levant la main.
    • Jurer sur son honneur.
  2. (Souvent) Confirmer, ratifier une chose par serment ; s’engager par serment à quelque chose.
    • Jurer fidélité.
    • Jurer obéissance.
    • Vous jurez de dire la vérité.
  3. (Simplement) Assurer ou certifier une chose.
    • […] la mère Paul était rouée et profitait des pièces qu’on lui remettait de temps en temps pour jurer qu’on avait dû se tromper en la gratifiant d’un jeton de bar. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • […], et lorsque, par moments, près du clocher de Sainte-Gudule, les croassements des corneilles s'élevaient, vous eussiez juré que c'était juste au dessus de votre tête. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 97)
  4. (Religion) Blasphémer.
    • Il ne fait que jurer le nom de Dieu.
    • Jurer Dieu.
  5. (Par extension) Proférer des grossièretés.
    • J’ai horreur de l’entendre jurer.
    • Il vint à moi en jurant.
    • Il jure comme un charretier.
  6. Promettre fortement, quand même ce serait sans serment.
    • Ils se sont juré une amitié éternelle.
    • Il lui avait juré le secret.
    • Jurer fidélité à son ami.
  7. Résoudre fermement une chose.
    • Jurer la mort de quelqu’un, sa ruine.
    • Ils ont juré de le perdre.
    • Jurer une haine mortelle à quelqu’un.
    • J’ai juré qu’on ne m’y reprendrait plus.
  8. (Intransitif) Être choquant, en parlant de l’union ou du rapprochement de deux choses.
    • Le vert jure avec le bleu.
    • Des airs évaporés jurent avec des cheveux gris.
  9. (Par extension) Rendre un son discordant.
    • Un violon qui jure sous l’archet.

jurer de

  1. Croire sur des apparences
    • Elle ne parle pas ce langage, bien sûr ! Oserait-elle troquer le doux roucoulement méridional contre cette brocaille sèche, ce brocard de pierrailles qu’on jurerait de l’allemand ? Ah ! pécheresse ! — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

JURER. v. tr.
Affirmer par serment, en prenant Dieu, ou quelqu'un, ou quelque chose à témoin. Dieu en vain tu ne jureras. Il jure son Dieu, sa foi, que... Absolument, Jurer sur les Saints Évangiles, sur l'Évangile. Jurer en levant la main. Jurer sur son honneur. Prov., Il ne faut jurer de rien, Il ne faut jamais répondre de ce qu'on fera, ni de ce qui peut arriver.

JURER signifie souvent Confirmer, ratifier une chose par serment ou S'engager par serment à quelque chose. Jurer fidélité. Jurer obéissance. Vous jurez de dire la vérité. Il signifie quelquefois simplement Assurer, certifier une chose. Je vous jure qu'il n'en est rien. Il signifie aussi Blasphémer. Il ne fait que jurer le nom de Dieu. Jurer Dieu. Dans ce sens il s'emploie souvent absolument. J'ai horreur de l'entendre jurer. Il vint à moi en jurant. Jurer comme un païen. Il jure comme un charretier. Il signifie aussi Promettre fortement, quand même ce serait sans serment. Ils se sont juré une amitié éternelle. Il lui avait juré le secret. Jurer fidélité à son ami. Il signifie également Résoudre fermement une chose. Jurer la mort de quelqu'un, sa ruine. Ils ont juré de le perdre. Jurer une haine mortelle à quelqu'un. J'ai juré qu'on ne m'y reprendrait plus. Il s'emploie aussi intransitivement et se dit de Deux choses dont l'union est choquante. Le vert jure avec le bleu. Des airs évaporés jurent avec des cheveux gris. Par extension, Un violon qui jure sous l'archet, Qui rend un son aigre.

Littré (1872-1877)

JURER (ju-ré) v. a.
  • 1Prendre, par serment, Dieu, ou quelqu'un, ou quelque chose à témoin. Jurant même la mer et ses vagues profondes, Régnier, Élég. V. Je jure les rayons du jour qui nous éclaire Que tu ne mourras point que de la main d'un père, Corneille, le Ment. V, 3. Moi, je jure des dieux la puissance suprême, Et, pour dire encor plus, je jure par vous-même, Corneille, Pomp. v, 1. Le Dieu que j'ai juré connaît tout, entend tout, Corneille, Théod. II, 4. Et l'assembleur de nuages Jura le Styx, et promit De former d'autres orages, La Fontaine, Fabl. VIII, 20. Je jure les puissances De l'Olympe et du Styx, il en sera parlé, La Fontaine, Fabl. XI, 3. …je vous jure ma foi qu'invoquer saints…, La Fontaine, Orais. Je jure le ciel que je le défendrai ici contre qui que ce soit… et, pour adresser vos coups, il faudra que vous me perciez, Molière, Festin, III, 5.

    Jurer ses grands dieux, affirmer de la façon la plus formelle. Temple assura qu'elle ne regardait plus Rochester que comme un monstre de perfidie, et jura ses grands dieux qu'elle ne l'écouterait de sa vie, Hamilton, Gramm. 10.

  • 2Assurer, promettre quelque chose par serment. Jurer fidélité au souverain. Il a juré de dire la vérité. Ils [les Vaudois] défendaient de jurer pour rendre témoignage à la vérité devant le magistrat ; et en même temps ils juraient tout ce qu'on voulait pour tenir leur secte et leur croyance cachées, Bossuet, Var. XI, § 48. Avec nous tu juras une sainte alliance, Racine, Esth. I, 4. Va lui jurer la foi que tu m'avais jurée, Racine, Andr. IV, 5. Idoménée et les autres rois jurent la paix, Fénelon, Tél. X. Viens au pied de l'autel Me jurer à genoux un hommage éternel, Voltaire, Mérope, vV 2. Correa terminait une guerre vive avec le roi de Pégu, et les deux partis devaient jurer l'observation du traité sur les livres de leurs religions ; Correa jura sur un recueil de chansons, et crut éluder un engagement par ce vil stratagème, Raynal, Hist. phil. I, 24.
  • 3Promettre fortement et comme par une espèce de serment. Et jure à tous les deux des respects immortels, Corneille, Pomp. V, 6. Ma bouche mille fois lui jura le contraire, Racine, Brit. II, 3. Hé quoi ! vous me jurez une éternelle ardeur, Et vous me la jurez avec cette froideur ? Racine, Bérén. II, 4. Un reste de honte de violer nos promesses, un moment après que nous venions de les jurer aux pieds des autels, nous a soutenus les premiers jours, Massillon, Carême, Pâques.

    Se jurer, jurer l'un à l'autre. Conforme à cette amitié que vous vous êtes jurée, Sévigné, 37.

  • 4Résoudre fermement une chose, et comme si on en avait fait le serment. Votre perte est jurée, Corneille, Héracl. III, 1. Je sais bien qu'Amurat a juré ma ruine, Racine, Bajaz. I, 1. S'il est vrai qu'en ces lieux ma honte soit jurée, Crébillon, Électre, I, 6.
  • 5Blasphémer. Il ne fait que jurer le nom de Dieu. Jurer Dieu.
  • 6 V. n. Faire serment. Il a juré faux. Quiconque jure par le temple et par celui qui y habite, Sacy, Bible, Év. St Math. XXIII, 21. Ils craignaient Dieu, juraient en son nom, Bossuet, Hist. II, 3. On jure par plus grand que soi, c'est-à-dire on jure par son souverain, par son juge… on jure par quelque chose d'immuable, Bossuet, Polit. VII, V, 17. Ainsi que par César, on jure par sa mère, Racine, Brit. I, 2. Pour moi, qui le premier secondai vos desseins, Qui fis même jurer l'armée entre ses mains, Racine, ib. III, 3. J'en jure par les ondes du Styx, Fénelon, Tél. VII. Il [Amilcar] me fit jurer [à moi Annibal] sur les autels, à l'âge de neuf ans, que je serais jusqu'à la mort ennemi des Romains, Fénelon, Dial. des morts anc. 37. Jurez donc avec moi, jurez sur cette épée, Par le sang de Caton, par celui de Pompée, Voltaire, Mort de Cés. II, 4.

    Il ne parierait pas, mais il en jurerait, locution qu'on attribue à ceux qui tiennent plus à l'argent qu'à un serment. Je ne le parierais pas, mais j'en jurerais, Voltaire, Écoss. II, 3.

    Sans complément. Le président [du bureau d'élection] nous donna des billets… mais il fallait jurer d'abord ; nous jurâmes tous, nous levâmes la main de la meilleure grâce du monde et en gens exercés, Courier, Lett. partic. II.

    Par extension. Un honnête homme qui dit oui ou non mérite d'être cru ; son caractère jure pour lui, donne créance à ses paroles, et lui attire toute sorte de confiance, La Bruyère, V.

    Ne jurer que par quelqu'un, le croire en tout. Vous étiez la coqueluche ou l'entêtement de certaines femmes qui ne juraient que par vous et sur votre parole, La Bruyère, V. Dès ce moment on ne jura plus dans l'hôtel de Son Excellence que par le seigneur Guzman, Lesage, Guzman d'Alfar. III, 9.

    Jurer sur la parole du maître, accepter aveuglément tout ce que le maître dit.

    On a dit en un sens analogue : jurer pour. Il n'y a que la populace réfugiée et les ministres du tiers état, dont le nombre est vingt fois plus grand que celui des bonnes têtes et des savants, qui jurent pour lui [Jurieu], Bayle, Lett. à Minutoli, 27 août 1691.

  • 7Promettre fortement comme par une espèce de serment. Mon Dieu ! ne jurez point, de peur d'être parjure, Molière, Éc. des f. IV, 8. Comme s'il eût juré de me poursuivre partout, Hamilton, Gramm. 8. Les janissaires jurèrent sur leur barbe qu'ils n'attaqueraient point le roi, et qu'ils donneraient les trois jours qu'il demandait, Voltaire, Charles XII, 6.
  • 8Affirmer comme par une espèce de serment. Souvenez-vous… Que c'est être à demi ce que l'on vient de dire, Que de vouloir jurer qu'on ne le sera pas, Molière, Éc. des f. IV, 8. Quittez cette ingrate princesse Dont la haine a juré de nous troubler sans cesse, Racine, Alex. IV, 4. Il s'éleva un grand murmure ; Cicéron s'arrêta un moment ; et, renforçant sa voix noble et sonore, il dit pour toute harangue : je jure que j'ai sauvé la patrie ; l'assemblée enchantée s'écria : nous jurons qu'il a dit la vérité, Voltaire, Dict. phil. Cicéron. De fort savants esprits jurent sur leur salut Que vous êtes sur terre un fils de Belzébut, Voltaire, Loi nat. 3e part.

    Je vous jure, c'est-à-dire je vous affirme, je vous proteste. Ce moi, plus tôt que moi, s'est au logis trouvé, Et j'étais venu, je vous jure, Avant que je fusse arrivé, Molière, Amph. II, 1. Ah ! vous m'avez fait, je vous jure, Et trop de grâce et trop d'honneur, Quand vous dites…, Voltaire, Lett. roi de Prusse, 29 août 1742.

    Je ne jurerais pas, je ne voudrais pas jurer, c'est-à-dire je n'affirmerais pas. Nous allons demain à Rennes ; on fait de si grands préparatifs pour nous recevoir, que je ne voudrais pas jurer que nous ne fussions nommées dans le Mercure galant, Sévigné, 446. Malgré tout cela, je ne voudrais pas jurer que ma discrète mère n'eût point un troisième galant de race roturière, Lesage, Guzm. d'Alfar. I, 4.

    On jurerait, c'est-à-dire on affirmerait, on se persuaderait. On aurait juré que c'était une terre véritable, Bernardin de Saint-Pierre, Harm.

    Jurer de, assurer, affirmer fortement. Vous avez beau faire la garde, j'en ai juré, elle sera à nous, Molière, Sicil. 9. Et l'on ne doit jamais jurer, sur de tels cas, De ce qu'on pourra faire ou bien ne faire pas, Molière, Éc. des f. I, 1.

    Il ne faut jurer de rien, il ne faut jamais répondre de ce qu'on fera, ni de ce qui peut arriver. Laisse faire le temps et ne jure de rien, Th. Corneille, l'Amour à la mode, I, 5.

  • 9Jurer, faire des serments sans nécessité, par emportement, par mauvaise habitude. On ne croit pas ceux qui jurent tant.
  • 10Faire des jurements, blasphémer. Jurer comme un païen, comme un charretier. Le voilà qui déteste et jure de son mieux, La Fontaine, Fabl. VI, 18. Morbleu ! - vous jurez, monsieur, vous jurez, vous me faites trembler, Dancourt, Bourg. à la mode, IV, 5. Je jure très joliment, et personne ne prononce mieux que moi un ventrebleu, un diable m'emporte, un la peste m'étouffe, Boissy, Franç. à Londres, sc. 15. Monsieur jure après nous ; Mais à tout qu'il se fasse ; Du livre des époux Il n'est qu'à la préface, Béranger, Soir des noces.

    Il est quelquefois actif en ce sens. Il jura un gros mot.

  • 11Produire une discordance comparée à un jurement, en parlant de choses dont l'union est choquante. Le vert jure avec le bleu. Comme des couleurs mal assorties, comme des paroles qui jurent et qui offensent l'oreille, La Bruyère, VI. Un mari qu'on aime ! cela jure dans le grand monde ; on ne sait ce que c'est, Dallainval, Éc. des bourg. I, 12.
  • 12Faire entendre un son aigre, désagréable, en parlant d'instruments de musique. …Son aigre fausset Semble un violon faux qui jure sous l'archet, Boileau, Sat. III. La qualité d'avoir appris de son père à faire jurer une discordante guitare, Montesquieu, Lett. pers. 78. Hindfort, et vous Ginkel, vous dont le nom barbare Fait jurer de mes vers la cadence bizarre, Voltaire, Lett. roi de Pr. 29 juin 1741.
  • 13Il se dit d'un grondement sourd que fait entendre le chat lorsqu'il est irrité.
  • 14Se jurer, v. réfl. Être assuré par serment. La paix se jura entre les deux adversaires.

PROVERBES

S'il ne tient qu'à jurer, la vache est à nous, se dit d'un homme sans foi à qui un faux serment ne coûte rien.

On vous croit sans jurer, se dit à celui qui affirme une chose connue.

HISTORIQUE

IXe s. Si Lodhwigs sagrament quae son fradre jurat, conservat [garde le serment qu'il jure à son frère]…, Serment.

XIe s. S'il nel pot truver, si jurrad que…, Lois de Guill. 4. Guenes li fels a nostre mort jurée, Ch. de Rol. CXI. [Olivier] Qui me jura come sa pair [femme] à prendre, ib. CCLXX.

XIIe s. Il vous estuet [vous faut] trestouz sur sainz jurer, Ronc. p. 157. Il jure Deu, qui tout a à garder, ib. 185. Et d'ambes parz [des deux côtés] très bien jurer et fiancier Que ne feront jamais guerre recommencier, Sax. IV. En cel contemple ad fait li reis Henris jurer Henri son fil à rei, e sil fist coruner, Th. le mart. 68. E cil li jurerent que il ne savoient où Judas estoit, Machab. II, 14.

XIIIe s. Bien en poés estre asseür ; La rien que plus aim [je] vous en jur [j'en jure par celle que j'aime le plus], Fl. et Bl. 2445. Et tant nous retrait li livres, que il ne furent, par devers la partie as François, que douze qui le serement jurassent, ne plus n'en porent avoir de [que] ces douze, Villehardouin, LIII. Et li Grieu [Grecs] li jurerent la feauté qui mauvaisement fu tenue, Villehardouin, CLI. Je vous pri sur la foy que vous m'avez jurée, Berte, XVI. Tant i ot de croisiés, Bien près de deux cent mil, qui tout jurent lor chiés [par leurs têtes], Que, se Jhesus lor laisse outre la mer nagier, Chascuns se penera de Mahon laidengier [mettre à mal], Ch. d'Ant. I, 884. Qui lors veïst le lion braire, Par mautalent ses crins detraire, Et jurer la vie et la mort…, Ren. 10439. Et puis li rei se lieve et jure au patriarche un tel seirement…, Ass. de Jérus. I, 29. Une chose soit ton affermer et ton jurer, Latini, Trésor, p. 405. Je fus bien XXII ans en sa compaignie [de Louis IX], que onques Dieu ne li oy jurer ne sa mere, ne ses sains, Joinville, 293. Nous voulons et establissons que touz nos prevos et nos baillifs se tiegnent de jurer parole qui tiengne au despit de Dieu, Joinville, 295.

XIVe s. J'ay par mon ire esmeu plusieurs à jurer moult vilainement et de moult vilains sermens, Ménagier, I, 3.

XVe s. Et les jurerent [les trêves] le roi d'Angleterre et le duc de Normandie à tenir, Froissart, I, I, 211. Gautier de Passac avoit juré l'ame de son pere que nuls n'en seroient pris à merci ne à rançon, Froissart, II, III, 23.

XVIe s. Il jura de s'en venger, Montaigne, I, 22. Ennemy juré de…, Montaigne, I, 103. Le secret que j'ay juré ne deceler à nul autre, Montaigne, I, 217. Une assemblée notable seroit requise pour mieux deliberer de toutes choses, et jurer ce qui auroit esté arresté, Lanoue, 400. Qui jure trop, il se damne, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 394. Hé cors Dieu !… - Comment, dist Ponocrates, vous jurez, frere Jan ? - Ce n'est, dist le moyne, que pour orner mon languaige ; ce sont couleurs de rhetorique ciceroniane, Rabelais, II, 39.

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Étymologie de « jurer »

Du latin jurare.
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Provenç. et espagn. jurar ; ital. giurare ; du lat. jurare, de jus, juris, le droit. Jus tient au radical yu, lier (voy. JOINDRE, JOUG) ; jurare, pour jusare, en est le dénominatif ; l'ū dans jūs et jūrare est pour le primitif jous, qui représente le gouna de l'u de yu ; comparez dŭcem, dūcere.

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Phonétique du mot « jurer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
jurer ʒyre

Citations contenant le mot « jurer »

  • On voit bien que l'optimisme veut un serment. Quelque étrange que cela paraisse d'abord, il faut jurer d'être heureux. De Alain
  • A force de jurer, on engendre quelque doute à la vérité. De Marguerite de Navarre / L'Heptaméron
  • Femme qui déshonore son mari fait jurer à son galant de lui être fidèle. De Proverbe chinois
  • Une chose que l'on ne connaît que par les journaux et les livres, on peut jurer qu'on ne la connaît pas. De Paul Valéry / Mélange
  • J'aime mieux entendre mon chien aboyer contre une corneille qu'un homme jurer qu'il m'aime. De William Shakespeare / Beaucoup de bruit pour rien, 1600
  • On a beau se jurer qu'on n'agira jamais comme sa mère, un jour ou l'autre, l'inexorable mimétisme se met en marche. De Christiane Rancé / On ne fait que passer
  • Mais je peux vous jurer sur tout ce qui m'est le plus cher que jamais je ne vais accepter qu'on lui fasse du mal. , Présidentielle 2020/ Probable candidature d’Alassane Ouattara : Mamadou Traoré (pro-Soro) : « Je souhaite qu'il ne s'engage pas dans une voie qui risque de l'humilier. » - Linfodrome
  • Mais il faut reconnaître que l’excrémentiel est tout de même un bien chouette recours lorsqu’il s’agit d’agonir son prochain: ainsi, les moines sont des «machemerdes» parce qu’ils «mangent la merde du monde», c’est-à-dire les péchés; si les Pygmées (ceux qu’on trouve par exemple chez Homère) sont si colériques, dit Pantagruel, c’est parce «qu’ilz ont le cueur pres de la merde». Et puis écoutez Gargantua, encore enfant, jurer «par la mer Dé» devant son père, Grandgousier: la mer Dé, c’est la mère de Dieu, bien sûr, mais c’est aussi… oui, vous avez deviné: ce que le jeune géant a inventé là, c’est la théologie de l’étron. Le Temps, Le «mâche-merde» de Rabelais - Le Temps
  • CE N’EST PAS la première fois que le président de la République s’expose à la violence, verbale pour le moment. Les dialogues qu’il ouvre avec les gilets jaunes ont plusieurs fois démontré qu’ils ne rehaussent guère le débat politique. Il est permis de penser que, jusqu’à preuve du contraire, il devrait éviter ce genre de confrontation car il n’existe pas d’argument logique qui puisse persuader ses adversaires : il pourrait tout aussi bien négliger des discussions qui n’apportent rien à l’action politique et réduisent la conversation à la voix la plus nombreuse et la plus tonitruante. Sa volonté d’aller prêcher auprès de cette partie de la population qui lui est la plus hostile témoigne néanmoins de son courage physique, qu’il partage avec Brigitte Macron. Certes, comme l’opposition le fait remarquer dans des déclarations sardoniques, le chef de l’État est protégé par des policiers et ne court pas un grand risque. Mais, au point où nos sommes parvenus de clivage de notre société, personne ne peut jurer de rien, et surtout pas que les « débats » dans la rue ne risquent pas de dégénérer. , La promenade du président | Le blog de Richard Liscia
  • Un flou administratif qui perdure déjà alors que les défis du nouveau gouvernement son nombreux et que les promus ne sont toujours pas officiellement ministre sans cette cérémonie d’intronisation au cours de laquelle, la nouvelle équipe remaniée doit jurer fidélité et loyauté à Ali Bongo. A charge donc à Ali Bongo « bien aux manettes du pays », de trouver du temps dans son agenda si chargé pour faire prêter serment à ses ministres. Info241.com, Nouveau gouvernement : la cérémonie de prestation de serment dans l’expectative ? - Info241.com
  • Le prochain c'est City me fait pas jurer la vie de ma mère ⚒ pic.twitter.com/VqtYbjJw94 Mouv, Benzema offre le titre au Real et devient un candidat sérieux au Ballon d'Or
  • Dans les cours d'assises, les jurés doivent ainsi jurer que "l'accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter." Ainsi, il est illégal de discriminer quelqu'un au prétexte qu'il est suspecté d'un méfait : il n'est pas coupable tant que la justice ne s'est pas prononcée définitivement sur sa culpabilité.  RTL.fr, Darmanin "a le droit à la présomption d'innocence" : ce que ça veut dire

Images d'illustration du mot « jurer »

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Traductions du mot « jurer »

Langue Traduction
Anglais swear
Espagnol jurar
Italien giurare
Allemand schwören
Chinois 发誓
Arabe أقسم
Portugais xingar
Russe клясться
Japonais 誓う
Basque zin
Corse giura
Source : Google Translate API

Synonymes de « jurer »

Source : synonymes de jurer sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « jurer »

Jurer

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