Allier : définition de allier


Allier : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ALLIER, verbe trans.

I.− Emploi trans. Réunir comme par un lien.
A.− Unir (des personnes, des collectivités ...) par engagement mutuel.
1. Vx. Unir des personnes, des familles par les liens du mariage. Allier deux personnes, une personne à une autre, une personne à une famille. Allier une maison, une famille à une autre (Ac. 1835-1932) :
1. Depuis que l'hyménée allia vos grands noms... G. Legouvé, La Mort de Henri IV,1806, III, 5 p. 389.
2. ... presque tout ce qu'il y avait de mariable dans la société s'adressait à ce prêtre n'affichant point de couleur politique, répandu dans tous les mondes et merveilleusement placé pour rapprocher des noms ou croiser des familles, associer des convenances ou équilibrer des positions, unir de l'argent à de l'argent, ou allier un vieux titre à une fortune neuve. E. et J. de Goncourt, Renée Mauperin,1864, p. 72.
2. Rare. Unir des partis, des personnes ... par un accord, des états par un traité ...; p. ext. unir des causes. C'est l'intérêt de leurs États qui allie ces deux Princes (Ac. 1798). Allier la France et l'Angleterre, allier la bourgeoisie et la noblesse (Lar. 19e). L'intérêt a allié ces deux peuples (Ac. t. 1 1932). Allier à/et/avec :
3. Il continua donc, avec Waldhaus, à soutenir Christophe contre les autres. Comme il ne manquait pas de sens pratique, malgré tous ses efforts pour se donner l'illusion du contraire, il eut très justement l'idée qu'il serait avantageux à son ami d'allier sa cause avec celle du parti musical le plus avancé du pays. R. Rolland, Jean-Christophe,La Révolte, 1907, p. 443.
B.− Combiner (des éléments dissemblables, voire opposés, qui ne sont pas unis naturellement).
1. Vx. Allier des métaux. Les combiner, les mélanger par fusion, par pression ..., procéder à leur alliage. Allier l'or avec l'argent (Ac. 1798-1932).
Rem. Attesté ds les dict. gén. des xixeet xxes.
P. ext. Allier des vins :
4. Quand on allie les vins du Midi de la France avec ceux du Centre, on obtient une liqueur que les départements du Nord préfèrent. Lar. 19e,1866.
Rem. Également attesté ds Besch. 1845 (allier des liquides) et Lar. encyclop.
2. Allier qqc. à/avec qqc.Allier deux choses :
5. ... M. d'Urtubie, vieillard respectable, l'avait parfaitement jugé; il ne cessa de lui être favorable et de lui faciliter tous les moyens d'allier les biens du service avec les agréments de la société. E.-D. de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 1, 1823, p. 85.
6. Il était à cheval, et dans ce cavalier qui alliait la forte animalité boer à l'élégance d'un adolescent anglais, elle reconnut une si fière assurance qu'elle prévit l'inévitable dénouement de ce conflit familial. J. et J. Tharaud, Dingley, l'illustre écrivain,1906, p. 62.
7. En faisant passer dans son Jean-Christophe cet amas informe d'idées empruntées à tous les penseurs de l'Europe, à Nietzsche, à Tolstoï, à Gœthe, en prenant ses épisodes dans la vie des hommes illustres de toutes les nations, en souhaitant d'allier l'idéalisme germanique au rationalisme latin, M. Romain Rolland a voulu que son œuvre fût vraiment « européenne » ... H. Massis, Jugements,t. 2, 1924, p. 151.
8. Le sens commun ne sait comment allier l'inexorable, et le libre. P. Ricœur, Philosophie de la volonté,1949, p. 335.
Rem. Le suj. peut être de l'inanimé (supra ex. 8, infra ex. 9).
a) Harmoniser, marier, assortir :
9. Le costume oriental allie bien sa noblesse à la noblesse de ces ruines, et les chameaux semblent en accroître les dimensions, lorsque couchés entre de grands fragmens de maçonnerie, ces énormes animaux ne laissent voir que leurs têtes fauves et leurs dos bossus. F.-R. de Chateaubriand, Génie du Christianisme,t. 2, 1803, p. 158.
Allier des couleurs :
10. Les ornements des prêtres − qui alliaient ces grenats et ces carmins qui sont le triomphe de l'Ingres de la Chapelle Sixtine − donnaient à la cérémonie un éclat alternativement sourd et vif, je ne sais quelle robustesse tout ensemble séculaire et noblement distante. Ch. Du Bos, Journal,juin 1927, p. 287.
− Dans le domaine culin. :
11. Il connaissait à fond l'art d'allier la purée de pommes à la côte de mouton. Lar. 19e,1866.
b) Rapprocher, associer :
12. Quand Derville leur demanda si c'était bien là que demeurait M. Chabert, aucun ne répondit, et tous trois le regardèrent avec une stupidité spirituelle, s'il est permis d'allier ces deux mots. H. de Balzac, Le Colonel Chabert,1832, p. 67.
13. ... les déclarant dieux, la renommée allie Leurs noms dans les sonnets qui viennent d'Italie. V. Hugo, La Légende des siècles,t. 1, 1859, p. 335.
II.− Emploi pronom.
A.− [Le suj. désigne des pers., des partis, des États] S'unir par engagement mutuel. S'allier à/avec/par
1. Vieilli. S'unir à une personne, à une famille par les liens du mariage. S'allier (par mariage) à une famille :
14. « ... il renie les Grandet de Saumur, et prétend s'allier à quelque famille ducale par la grâce de Napoléon ». H. de Balzac, Eugénie Grandet,1834, p. 23.
15. ... Bonaparte a obtenu la seule chose qui lui manquait : comme Philippe-Auguste s'alliant à Isabelle de Hainaut, il confond la dernière race avec la race des grands rois... F.-R. de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 2, 1848, p. 407.
2. S'unir par un traité, une convention d'intérêt commun :
16. L'Europe était essentiellement divisée en ligue catholique et ligue protestante. Après le traité de Westphalie, cette distinction disparaît : les états s'allient ou se divisent par de tout autres considérations que les croyances religieuses. F. Guizot, Hist. générale de la civilisation en Europe, leçon 12, 1828, p. 7.
17. Nous sommes des hommes de gauche; le mouvement gaulliste est soutenue par le grand capitalisme et il n'est pas question de nous allier à lui. S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 383.
B.− [Le suj. désigne des éléments dissemblables, voire opposés] Se combiner :
1. [En parlant de métaux] :
18. Le bismuth s'allie très-facilement aux autres métaux (...); c'est lui qui communique aux alliages fusibles leur principale propriété. Ch.-A. Wurtz, Dict. de chimie pure et appliquée,t. 1, 1869, p. 606.
2. S'associer :
19. Les rêves de Platon, qui tendaient éminemment à l'enthousiasme, s'alliaient mieux avec un fanatisme ignorant et sombre : aussi les premiers Nazaréens se hâtèrent-ils de fondre leurs croyances avec le platonisme, qu'ils trouvaient établi presque par-tout. P. Cabanis, Rapports du physique et du moral de l'homme,t. 1, 1808, p. 28.
20. Je la revois, maigre, ses cheveux d'un blond jaune tombant en mèches sur le front : renversée dans un fauteuil, son moignon emmaillotté sur un tabouret, elle tournait vers moi un visage où le vice s'alliait à je ne sais quel souvenir de pureté enfantine. Daniel-Rops, Mort, où est ta victoire?1934, p. 267.
3. S'assortir, s'harmoniser :
21. Les admirables constructions de Wolsey ont été religieusement respectées. Leurs gracieuses fenêtres, où le gothique s'allie à la renaissance, laissent voir les plus beaux gazons et des arbres de quatre siècles. J. Michelet, Journal,1834, p. 753.
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [alje], (j', je m') [ali]. La prononc. mod. avec 2 syllabes est signalée dès Land. 1834 et Besch. 1845 : ɑ-lié. Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787, Gattel 1841, Nod. 1844 et Littré transcrivent le mot en 3 syllabes : a-li-é (cf. Littré). Enq. : /ali/. Conjug. parler. 2. Homon. et homogr. : allier subst. (terme de chasse). 3. Forme graph. − Prés. : nous allions, vous alliez; imp. : nous alliions, vous alliiez; prés. du subj. : que nous alliions, que vous alliiez.
Étymol. ET HIST. − 1. Ca 1100 s'alier « se joindre » (Rol., 1641 ds Gdf. Compl. : Sun dragun portet a cui sa gent s'alient); 2. sens techn. a) 1170-1200 « fondre, mélanger [des métaux] » (Roman d'Alexandre, 452, 2 éd. Michelant ds T.-L. : Trente hanas de safre de tel tempre aliiés, Ja por cëir a tiere uns n'en sera brisiés); b) 1359 monnaie « id. » (Compt. mun. de Tours, p. 177, Delaville ds Gdf. : Pour la quarte partie de IIc L. 1. de cuivre, mises et emploiees pour aloier le billon ouvré en la dicte monnoie). Sens 1 empr. au lat. alligare au propre « attacher » d'où « unir » (Cicéron, Planc., 81 ds TLL s.v., 1685, 2 : non modo beneficio, sed etiam benevolentiae significatione adligari hominem).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 414. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 941, b) 372; xxes. : a) 438, b) 493.
BBG. − Bailly (R.) 1969 [1946]. − Bar 1960. − Bél. 1957. − Bénac 1956. − Blanche 1857. − Boiss.8. − Bouillet 1859. − Bruant 1901. − Caput 1969. − Daire 1759. − Dup. 1961. − Duval 1959. − Fromh.-King 1968. − Kold. 1902 (s.v. alliance). Laf. 1878. − Lav. Diffic. 1846. − Lavedan 1964. − Prév. 1755. − Spr. 1967. − St-Edme t. 1 1824. − Thomas 1956.

Allier : définition du Wiktionnaire

Verbe

allier \a.lje\ transitif ou pronominal 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’allier)

  1. Unir par une entente, un pacte. Ce verbe est alors généralement pronominal.
    • L’intérêt a allié ces deux peuples.
    • Ces deux républiques s’allièrent ensemble. (Pronominal)
  2. (Figuré) Joindre ensemble des choses différentes, opposées, disparates.
    • Allier la force à la prudence.
    • Allier les plaisirs avec les devoirs.
    • Il sait allier l’esprit du monde avec celui de la religion.
    • Ce poète a l’art d’allier les mots qui semblent le moins faits pour être unis.
    • Ces deux qualités ne s’allient que difficilement. (Pronominal)
    • Ces mots ne s’allient pas l’un avec l’autre, etc. (Pronominal)
    • Si donc les normes du langage ne peuvent ignorer l’expression de l’émotionnel, le style doit alors allier la correction à la force et au caractère de l’expression. — (Ulrich Ricken, Grammaire et philosophie au siècle des lumières, 1978)
  3. (En particulier) Unir par les liens du mariage.
    • Allier une maison, une famille à une autre.
    • Il s’est allié en bon lieu. (Pronominal)
    • Il veut se bien allier.
    • S’allier à une bonne famille, avec une bonne famille. (Pronominal)
    • Ces deux familles se sont alliées. (Pronominal)
  4. (Technologie) Action de combiner les métaux.
    • C'est cette industrie privée qui fondra les métaux , les alliera entre eux , les laminera , les décapera , les découpera, etc. , et la monnaie de Paris viendra seulement leur imprimer le sceau de l’État; c'est cependant de la fonte et de toutes les opérations qui la suivent que dépend l'identité de la monnaie. — (Jean-François Terme, Discours sur les monnaies: prononcé dans la séance de la chambre des députés du 1er juin 1843, p. 15)
    • Ces deux métaux ne s’allient point, ne peuvent s’allier ensemble. (Pronominal)

Nom commun

allier \a.lje\ masculin

  1. (Chasse) Filet servant à capturer les oiseaux.
    • Nous avons pris quelques perdrix avec des alliers.
    • Quel Français de 1932 emploie les mots allier (filet à prendre des perdrix), alude, alumelle, auner, aveindre, avenage, avuer, balandras (espèce de manteau d’autrefois), bretailler (tirer l’épée à la moindre bagatelle) et bien d’autres. — (Revue de philologie française et de littérature, volumes 43 à 46, 1931)
  2. (Botanique) Synonyme de alisier blanc.
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Allier : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ALLIER. v. tr.
Unir par une entente, un pacte. L'intérêt a allié ces deux peuples. En termes de Politique, ce verbe est surtout pronominal. Ces deux républiques s'allièrent ensemble. Il signifie figurément Joindre ensemble des choses différentes, opposées, disparates. Allier la force à la prudence. Allier les plaisirs avec les devoirs. Il sait allier l'esprit du monde avec celui de la religion. Ce poète a l'art d'allier les mots qui semblent le moins faits pour être unis. Ces deux qualités ne peuvent s'allier, ne s'allient que difficilement. Ces mots ne s'allient pas l'un avec l'autre, etc.

ALLIER signifie particulièrement Unir par les liens du mariage. Allier une maison, une famille à une autre. Il s'est allié en bon lieu. Il veut se bien allier. S'allier à une bonne famille, avec une bonne famille. Ces deux familles se sont alliées. Il se dit spécialement, en termes d'Arts, de l'Action de combiner les métaux. Allier l'or avec l'argent. Ces deux métaux ne s'allient point, ne peuvent s'allier ensemble. Le participe passé

ALLIÉ, ÉE, s'emploie aussi adjectivement avec le sens de Qui est uni par une entente, un pacte politique ou par des liens résultant du mariage. Peuples alliés. Nations alliées. Ils étaient alliés entre eux par suite d'un second mariage. Il s'emploie aussi comme nom. Intervention des alliés. L'armée des alliés. Les parents et alliés.

Allier : définition du Littré (1872-1877)

ALLIER (a-li-é) v. a.
  • 1Combiner. Allier l'or avec l'argent.
  • 2Réunir dans un intérêt commun, dans une action commune, en parlant des États, des peuples. C'est l'intérêt du commerce qui allie ces deux États.
  • 3 Fig. Réunir, joindre ensemble. Allier la vérité au mensonge. Ils tâchent d'allier le respect qu'ils doivent à la vérité avec la complaisance qu'ils conservent pour Hérode, Massillon, Avent, Épiph. Les raffinements ne sont nécessaires que pour se le dissimuler [le devoir] à soi-même et pour allier les passions avec les règles saintes, Massillon, Carême, Salut. Alliez, si vous le pouvez, cette situation avec des passions dissipées et mondaines, Massillon, Confér. Fuite du monde. Les âmes qui allient les devoirs extérieurs de la piété avec les plaisirs, Massillon, Culte. Ce n'est pas d'aujourd'hui que tu sais allier La vertu, les forfaits, l'amant, le meurtrier, Voltaire, Catil. II, 2.
  • 4Joindre par mariage. Ils témoignèrent l'empressement qu'ils avaient d'allier leur maison à celle du duc.

    Par analogie. Dis-lui que je lui donne Celui que la naissance allie à sa couronne, Voltaire, Zaïre, III, 1.

  • 5S'allier, v. réfl. Ces deux métaux ne peuvent s'allier. Ces deux familles se sont alliées. Il demanda qu'on révoquât la loi des douze tables, qui défendait aux patriciens de s'allier dans des familles plébéiennes, Vertot, Révol. rom. VI, p. 99. Le sang de César ne se doit allier Qu'à ceux à qui César le veut bien confier, Racine, Brit. I, 2. Le déshonneur d'un nom à qui le mien s'allie, Racine, Iphig. III, 3. Que l'orient contre elle à l'occident s'allie, Corneille, Hor. IV, 5. La dévotion chez elles [les femmes] s'allie avec l'amour, avec la politique, avec la cruauté même, Voltaire, Louis XIV, 4.

REMARQUE

Des grammairiens ont dit : Allier avec suppose que les choses que l'on allie sont de nature différente, et qu'elles n'ont en elles-mêmes aucun rapport qui les dispose à être alliées. On dira, par exemple, il est difficile d'allier le fer avec l'or. Allier à suppose que les choses que l'on allie ont un rapport qui les dispose à être alliées : allier l'or à l'argent ; allier les maximes des stoïciens à l'Évangile. Cette distinction subtile n'a aucun fondement dans l'usage ; ce qui le prouve, c'est qu'avec alliance, qui ne comporte pas la préposition à, on se sert, dans tous les cas, de la préposition avec, sans que le sens en souffre : l'alliance de la douceur avec le courage.

HISTORIQUE

XIe s. Le dragon [il] porte à qui la gent s'alie [se rallie], Ch. de Rol. CXII.

XIIe s. Alium nous par serement Nos aveir et nous desfendum, Et tuit ensemle nous tenum, Wace, Rou, 5975, 6074. Li reis Salomun fud afermez en sun regne ; si se aliad par amur et par priveted à Pharaün le rei de Egypte, Rois, p. 233. Car il cremi forment que li fiers reis Henris Ne desist qu'il se fust e aliez e mis Tut pur le guerreier od le rei Loewis, Th. le Mart. 97. E les leis que vus dites, à quei li reis s'alie, Ne sunt de leauté, ainz sunt de felunie Contre Deu e raisun, pur destruire clergie, ib. 40. Car se nul plait valsist [il voulût] vers les clers comencier, Les evesques verreit tuz ensemble aliez, N'ensi ne purreit pas l'arcevesque plaissier, ib. 39.

XIIIe s. Et li dona Alexis sa fille, et s'alierent ensemble en tel maniere, Villehardouin, CXV. Car si tost cum li portier sorent Que si grant ost encontre eux orent, Ensemble tretuit trois s'alient Et s'entre jurent et affient, Qu'à lor pooir s'entr'aideront, la Rose, 15317. Li Turc en Antioche sunt dolent del destrier ; Isnelement sonerent un grant cor montanier, à la porte de fer font lor gent aloier [assembler], Ch. d'Ant. IV, 260. Sarrasin et Paien s'alerent allier, Bien furent trente mil à l'estour comencier, ib. VI, 899. Puisque ele est aliie par mariage, ele n'a nule poesté de soi, de ses convenances acomplir, Beaumanoir, XXXIV, 50. Quant le soudanc de Damas sot que nous estions aliez à ceulz d'Egypte, Joinville, 268.

XVe s. Et si bien le servirent [leur roi] et si avant se bouterent sur les Anglois, que tous y demeurerent, ni onques nul ne s'en partit ; et furent trouvés lendemain sur la place autour de leur seigneur et leurs chevaux tous alloiés ensemble, Froissart, I, I, 288. [Urbain] sentoit le royaume d'Espaigne contraire à ses opinions et aloyé à Clement avecques le roi de France, Froissart, II, II, 207. Les ditz alliez, comme me fut dit par ceulx qui y estoient, pouvoient bien estre trente mil hommes de pied…, Commines, V, 3.

XVIe s. Il ne devoit pas s'allier [par mariage] de celuy, non duquel l'alliance luy estoit plus honorable, mais plus aisée et plus facile à avoir, Amyot, Arist. et Cat. comp. 12. Et si luy arriva encore de renfort le secours de alliez Lucaniens et Samnites, Amyot, Pyrrh. 37.

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Allier : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

ALLIER, v. a. (Chimie.) c’est mêler différens métaux en les faisant fondre ensemble, comme lorsqu’on fond ensemble du cuivre, de l’étain, & quelquefois de l’argent, pour faire des cloches, des statues, &c. V. Métal ou Airain de Corinthe, Alliage.

En alliant l’or & l’argent ensemble, il faut beaucoup d’or pour jaunir l’argent, & il faut peu d’argent pour blanchir l’or.

Les Indiens allient l’or avec l’émeri d’Espagne pour en augmenter la quantité, comme les Européens allient le cuivre avec la pierre calaminaire.

Pour déterminer le degré de l’alliage ou de la pureté de l’argent, on le suppose divisé en douze deniers ; & lorsqu’il est allié avec un douzieme de cuivre, c’est un argent à onze deniers ; lorsqu’il contient un sixieme d’alliage ou deux douziemes, l’argent est à dix deniers.

Il y a environ deux gros de cuivre pour l’alliage sur chaque marc d’argent. L’argent de monnoie est allié avec une plus grande quantité de cuivre, que ne l’est l’argent de vaisselle ; au lieu que l’or de monnoie a moins d’alliage que l’or de vaisselle.

On se sert du terme d’amalgamer lorsqu’on allie le mercure avec les métaux. Le mercure amollit les autres métaux lorsqu’on les mêle ensemble sans les faire fondre, & qu’on y met une grande quantité de mercure, & ce mêlange retient toûjours le nom d’amalgame : mais lorsqu’on employe une moindre quantité de mercure, & qu’on le fond avec les métaux, on se sert du terme d’alliage.

J’ai cherché (Hist. de l’Ac. Royale des Sc. 1740.) à perfectionner l’étain en le rendant plus blanc, plus dur, plus sonore, & en lui faisant perdre le cri qu’il a ordinairement lorsqu’on le fait plier.

J’ai allié le mercure avec l’étain fondu, ce qui se fait fort aisément, pourvû qu’on ait l’attention de ne laisser l’étain au feu que le tems qu’il faut pour le mettre dans une fonte parfaite. Si on l’y laissoit plus long-tems, ou qu’on donnât un feu trop fort, l’étain se calcineroit, & étant trop chaud, il rejailliroit de la matiere en pétillant lorsqu’on y verseroit le mercure.

J’ai essayé différentes proportions du mercure & de l’étain : j’ai trouvé que celle qui convient le mieux est de mettre une partie de mercure sur huit parties d’étain ; suivant cette proportion, l’étain devient plus blanc & plus dur.

Lorsque j’ai mis moins de mercure, il ne perfectionnoit pas assez l’étain ; lorsque j’en ai mis plus, il le rendoit trop cassant ; & même lorsque j’en ai mis beaucoup, il l’a rendu friable.

Le mercure a aussi la propriété de faire perdre par l’alliage le cri de l’étain, & je crois que ce cri n’est pas essentiel à l’étain.

Cet alliage résiste au feu auquel résiste l’étain ordinaire : j’ai chauffé l’étain allié avec du mercure, suivant la proportion que j’ai indiquée : je l’ai fondu & refondu, mais j’ai trouvé que cela ne lui faisoit point perdre de son poids, & qu’il en devenoit plus beau ; ce qui vient de ce que tant qu’on n’employe qu’un feu suffisant pour faire fondre l’étain, ce feu n’est pas assez fort pour vaincre l’adhérence qui est entre les globules de mercure & les parties de l’étain : au contraire il mêle plus également & plus intimement le mercure avec l’étain.

Pour perfectionner le plomb en le rendant plus propre aux ouvrages pour lesquels il seroit utile qu’il fût plus dur, je l’ai allié avec du mercure, & j’ai trouvé que le mercure ôte au plomb sa couleur livide, qu’il le rend plus blanc & plus dur, & que dans cet état il ressemble à de l’étain ordinaire.

J’ai trouvé que la proportion du plomb & du mercure, qui réussit le mieux pour cela, est celle d’une partie de mercure sur quatre parties de plomb.

J’ai refondu le plomb que j’avois ainsi allié avec du mercure ; je l’ai pesé après l’avoir laissé refroidir, & j’ai trouvé qu’il n’avoit rien perdu du mercure que j’y avois mêlé.

Pour allier le mercure au plomb, il faut faire chauffer le mercure dans une cuillere de fer pendant que le plomb est au feu à fondre.

On verse le mercure dans le plomb dès qu’il est fondu, & on retire aussitôt le tout du feu.

Lorsque l’alliage est refroidi, on le remet au feu pour le fondre de nouveau, & on le retire du feu dès qu’il est fondu.

C’est ce tems de la seconde fusion qu’il faut prendre pour verser dans des moules, le plomb ainsi allié, si on veut lui donner une forme particuliere. (M)

Allier, s. m. arbre forestier qui se rapporte au genre de l’alisier. Voyez Alisier. (I)

Allier, (Chasse.) est un engin ou filet fait à mailles claires de fil verd ou blanc, qui sert à prendre les cailles, les faisans, les perdrix, les rales, &c. L’allier pour les uns ne differe du même instrument pour les autres que par la hauteur ou la longueur. Ce filet est traversé de piquets qu’on fiche en terre. Ces piquets tiennent l’allier tendu, & servent à le diriger comme on veut, droit ou en zig-zag. On le conduit ordinairement en zig-zag, parce qu’il est plus captieux, quoiqu’il occupe alors moins d’espace. L’allier est proprement à trois feuilles : la premiere est un filet de mailles fort larges, qui permettent une entrée facile à l’oiseau ; la seconde est à mailles plus étroites, afin que l’oiseau étant entré dans l’allier & trouvant de la résistance de la part de la seconde feuille, fasse effort & s’embarrasse dans les mailles ; la troisieme feuille est à mailles larges comme la premiere, parce que l’oiseau pouvant se présenter à l’allier ou de l’un ou de l’autre côté, il faut qu’il trouve de l’un & de l’autre côté le même piége.

* Allier, riviere de France, qui a sa source dans le Gevaudan, passe entre le Bourbonnois & le Nivernois, & se jette dans la Loire à une lieue ou environ au-dessus de Nevers.

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Étymologie de « allier »

Étymologie de allier - Littré

Provenç. aliar, alhiar ; espagn. aliar et alear, dans le sens d'allier des métaux ; ital. allegare ; du latin alligare, de al pour ad, à, et de ligare, lier (voy. LIER).

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Étymologie de allier - Wiktionnaire

(Date à préciser) Du latin alligare (« attacher »).
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Phonétique du mot « allier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
allier alje play_arrow

Conjugaison du verbe « allier »

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Évolution historique de l’usage du mot « allier »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « allier »

  • Il n’y a pas de raison qu’un parti socialiste ne puisse pas, dans une démocratie, s’allier avec un morceau du centre. De Michel Winock / Le Nouvel Observateur 26 février 2015
  • La meilleure philosophie, relativement au monde, est d'allier, à son égard, le sarcasme de la gaieté avec l'indulgence du mépris. De Chamfort / Maximes et pensées, caractères et anecdotes

Images d'illustration du mot « allier »

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Traductions du mot « allier »

Langue Traduction
Portugais aliar
Allemand verbünden
Italien unire
Espagnol aliarse
Anglais combine
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Synonymes de « allier »

Source : synonymes de allier sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « allier »



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