Importer : définition de importer


Importer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

IMPORTER1, verbe

I.
A. − [Avec un suj. de 3epers., qui peut être un subst., une complétive, une inf.] Être important, compter.
1. Importer à qqn.Les irrégularités et les invraisemblances de la pièce [Le Cid] importaient peu aux spectateurs (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr.,1828, p. 260).La politique m'importe moins de jour en jour; il y a longtemps que tu me vois marcher du mépris à l'indifférence (Lamart., Corresp.,1833, p. 344).Je suis ainsi fait, que de savoir, m'importe souverainement, m'importe au moins autant, sinon plus que guérir (Du Bos, Journal,1927, p. 160).Vous concluez que le crime n'a pas dû germer là (...). Mais si vous apprenez que la vénérable gouvernante... Oh! l'amant ne m'importe guère, notez bien! D'autant qu'après... (Bernanos, Crime,1935, p. 843) :
1. ... nul critérium de conduite ne s'impose à lui. En sorte que, si ce qu'il fait lui importe peu, agir du moins, et encore agir, est la grande vertu, la source intarissable du sentiment... Blondel, Action,1893, p. 317.
2. Importer à qqc.[Des questions] dont l'analyse importe à l'éclaircissement de quelques parties encore obscures (Renouvier, Essais crit. gén., 3eessai, 1864, p. 7).Ces ébats enfantins n'importaient, en bien ou mal, ni à l'ordre ni à la propriété des citoyens de Claquebue (Aymé, Jument,1933, p. 148) :
2. Sur les cadavres « très illustres » enfouis sous cette pompe, il [Bossuet] jette les paroles pompeuses qui disent leur néant; et cependant il leur refait une vie terrestre toute pleine de mérites et de vertus, car il le faut, car cela convient, car cela importe au bon ordre des choses humaines. Lemaitre, Contemp.,1885, p. 191.
3. Importer pour.C'étaient de bons et tranquilles serviteurs. Cela importe pour ce que je vais dire (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Horla, 1886, p. 1088).
4. Emploi abs. Dans notre vie, continuel passage, l'avenir importe seul. Ce qui est arrivé disparaît, et le présent même nous échappe s'il ne sert de moyen (Senancour, Obermann, t. 2, 1840, p. 236).Le soir, tout est fermé, et le dehors importe peu (Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. 35) :
3. − Ma santé, fit le prêtre amèrement. Ma santé n'importe pas du tout. Ou du moins il sera temps d'y songer plus tard... Ma santé! Bernanos, Crime,1935, p. 784.
B. − [En tournure impers.]
1. Il importe de + inf.Allons, fit-elle, ne cherchez pas, il n'importe pas du tout de savoir qui je suis; les définitions trompent toujours (Bernanos, Joie,1929, p. 669).
2. Il importe que + subj.Il importe que la Convention nationale soit sans cesse sous les yeux du peuple, afin qu'il puisse la lapider si elle oublie ses devoirs (Marat, Pamphlets, Aux amis de la Patrie, 1792, p. 340).Il ne lui importait guère [au peuple] qu'on eût tué trois ou quatre mille de ces Armagnacs qu'il avait eus en si grande haine (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 412).
II. − [Entre dans des loc. à valeur concessive; la loc. exprime le caractère indifférent, inopérant d'un fait par rapport à un autre fait posé comme prééminent]
A. − N'importe
1. N'importe + subst.Exprime la même valeur que quel(le) que soit, quel(le)s que soient, mais au négatif. Mais en parlant de la mort et de la vie, du temps passé, du temps à venir, nous atteignons, nous touchons aux intérêts de tous les êtres intelligens et sensibles, n'importe les lieux et les distances qui les séparent (Staël, Corinne, t. 2, 1807, p. 17).Ce sont mes plaisirs (...). Je veux les chercher où mon penchant les trouve, n'importe l'habit des gens et la dorure des lambris (Toepffer, Nouv. genev.,1839, p. 204) :
4. Être attendu, quel bonheur! Être attendant n'est pas le moindre. Me voilà entre les deux jusqu'à mardi. Adieu; un beau jour, un beau soir, n'importe l'heure, ce sera une des belles de ma vie. E. de Guérin, Lettres,1838, p. 233.
2. Emploi abs. N'importe, il n'importe
N'importe. Rencontre voluptueuse d'une dame endormie et allongée sur un banc : robe rose, chapeau et voile vert pendus aux arbres. Forte personne, peu distinguée. N'importe : c'était une femme et l'effet, sous ces arbres, était charmant (Michelet, Journal,1857, p. 338).[Les ennemis] reviendront; n'importe! nous avons le temps de respirer et de nous préparer à les recevoir (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 272) :
5. − (...) Il est possible que vous redoutiez un peu de coucher seule la nuit, dans une maison vide, madame? N'importe! Pour l'instant, nous vous demandons de vouloir bien nous accompagner jusqu'à la chambre occupée par M. le Curé de Mégère la nuit... la nuit du crime. Bernanos, Crime,1935, p. 819.
Il n'importe. Le trombone ayant insinué que la partie à jouer paraissait difficile, − « Il n'importe », dit le professeur en les tranquillisant d'un sourire (Villiers de L'I.-A., Contes cruels,1883, p. 182).Tous [sont] inspirés par le souci, non de tels ou tels intérêts individuels, mais de l'intérêt corporatif, bien ou mal compris, il n'importe (Durkheim, Division trav.,1893, p. xv).
B. − Peu importe
1. Peu importe (à qqn) + subst.Savez-vous ce qui m'effraie pour l'avenir prochain de la France? C'est la réaction qui va se faire. Peu importe le nom dont elle se couvrira, elle sera anti-libérale (Flaub., Corresp.,1871, p. 246).Peu leur importent les sarcasmes et les rires, ils y sont habitués, mais ils ont maintenant l'assurance de parler pour tous (Éluard, Donner,1939, p. 87).
2. Peu importe (à qqn) de, que. Peu importe à présent d'habiter chez les autres, peu importe le chaud, le froid, la fatigue ou la mort : j'ai le cœur en paix (R. Bazin, Blé,1907, p. 386).[Le créateur] les rejette alors [les méthodes des prédécesseurs] sans hésiter et s'efforce d'en trouver de nouvelles, destinées à son propre usage. Peu lui importe qu'elles déconcertent ou irritent d'abord les lecteurs (Sarraute, Ère soupçon,1956, p. 141).
3. Emploi abs. Peu importe :
6. Il est assis, en bras de chemise, devant son piano; il a un goût de fumée dans la bouche et, vaguement, un fantôme d'air dans la tête « Some of these days » (...). La main moite saisit un crayon sur le piano (...). Ça s'est passé comme ça. Comme ça ou autrement, mais peu importe. C'est comme ça qu'elle est née [la chanson]. Sartre, Nausée,1938, p. 220.
C. − Qu'importe
1. Qu'importe (à qqn) + subst.Que t'importe [homme de la nature] nos arts, notre luxe, nos villes? As-tu besoin de spectacle : tu te rends au temple de la nature, à la religieuse forêt (Chateaubr., Essai Révol., t. 2, 1797, p. 413).Eh! bien, pour un homme comme vous, M. Leuwen est un moyen. Qu'importe son mérite! (Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 337).Plus de contrainte, ma Marguerite, nous nous aimons! Que nous importe le reste? (Dumas fils, Dame Cam.,1848, p. 188).
2. Qu'importe (à qqn) de + inf. :
7. Qu'importe d'économiser? Qu'importe de repriser le linge, d'entretenir les objets du ménage, puisqu'on ne pourra plus « rassortir » [réassortir]... J.-R. Bloch, Dest. du S.,1931, p. 142.
3. Qu'importe + complétive ou interr.Que m'importait, en effet, que les femmes fussent soumises, si d'autre part je ne savais comment aborder leur maître et seigneur? (Toepffer, Nouv. genev.,1839, p. 228).Ah! Vieille idole de l'amour, qu'importe comment l'on t'adore! Dans les déréglements du corps, c'est toujours notre âme qui agit (Bourges, Crépusc. dieux,1884, p. 249).
4. Emploi abs. Qu'importe (à qqn). Vous demandez s'il [le pouvoir exécutif] veut la guerre, quand il fera la guerre; que lui importe? que vous importe à vous-même? Il jouit déjà des avantages de la guerre; et il est vrai de dire, en ce sens, que la guerre est déjà commencée pour vous (Robesp., Discours, Guerre, t. 8, 1792, p. 100) :
8. Il [le vrai rongeur, le ver] vit de vie, il ne me quitte pas Amour, peut-être, ou de moi-même haine? Sa dent secrète est de moi si prochaine Que tous les noms lui peuvent convenir! Qu'importe! Il voit, il veut, il songe, il touche! Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche, À ce vivant je vis d'appartenir Valéry, Charmes,1922, p. 151.
Rem. Dans les tours : n'importe, peu importe, qu'importe + subst., il y a flottement pour l'accord en nombre lorsque le subst. est au plur.; cf. supra : qu'importe les lieux (Staël), peu importent les sarcasmes (Flaub.), qu'importe nos arts (Chateaubr.); cf. aussi Grev. 1980, § 2015.
III. − [Entre dans la formation de loc. exprimant l'indéfinition]
A. − N'importe quel(le) (adj. indéf.).[Nous] aurions mis en pièces M. de Crébillon fils, ou La Harpe, ou Lafosse, ou n'importe quel autre partisan des unités (Reybaud, J. Paturot,1842, p. 3).Tâchez avant tout, et par n'importe quels moyens, que Rachel prenne le rôle (Flaub., Corresp.,1847, p. 77).C'est une négresse d'une trentaine d'années − c'est-à-dire qu'elle peut avoir n'importe quel âge entre vingt et quarante ans (Camus, Requiem,1956, 1repart., 1ertabl., p. 824) :
9. Quelque part, je ne sais pas où, − d'une manière ou d'une autre, je ne savais pas comment, par n'importe quels êtres, je ne les connais pas, − une bataille, une lutte était livrée, − une agonie était subie, − qui se développait comme un grand drame ou un morceau de musique... Baudel., Paradis artif.,1860, p. 434.
Rem. L'adj. indéf. n'importe quel reste extrêmement rare jusqu'à la 2emoitié du xixes. Cela explique que la constr. n'importe + prép. + quel(le) + subst. soit encore très répandue dans la 1remoitié du xixes., alors qu'ensuite elle sort peu à peu de l'usage au bénéfice de la séquence prép. + n'importe quel + subst. N'importe de quel côté vient le vent, il est nécessaire d'en avoir pour contenir les voiles (Crèvecœur, Voyage, t. 2, 1801, p. 317). Des figures tracées, n'importe sur quelle matière ni par quels moyens (Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p. 277). Il faut avancer, n'importe vers quel abîme (Quinet, All. et Ital., 1836, p. 67). S'il y a des primeurs, tu les achèteras, n'importe à quel prix (Erckm.-Chatr., Ami Fritz, 1864, p. 15).
B. − N'importe + pron. rel. interr.
[Est en appos. à un groupe nom. dont le pron. est le représentant] Faisons notre cour à une autre femme, n'importe qui, MmeFlot s'il le faut (Constant, Journaux,1814, p. 419).J'exige qu'il y ait du tabac, n'importe lequel, et des pipes, blanches ou culottées, je m'en fous pas mal (Flaub., Corresp.,1842, p. 102).
[Est un constituant obligatoire de la phrase] Et Stephen répondit n'importe quoi, et Hélène fut persuadée et convaincue (Karr, Sous tilleuls,1832, p. 228).Il fait semblant de s'occuper à n'importe quoi, dans ses plates-bandes (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p. 82) :
10. Il était trop beau, il n'aimait pas, il se laissait aimer. N'importe qui te l'aurait pris. Mauriac, Nœud vip.,1932, p. 69.
Ce n'est pas n'importe qui. Ce n'est pas quelqu'un d'insignifiant, de peu important.
C. − N'importe + adv. interr.(loc. à valeur adv.)
N'importe où. [La méditation] me vient par intervalles, à son heure, malgré moi, et n'importe où (Musset, Confess. enf. s.,1836, p. 117).On ne sait plus comment on vit; tout le temps dehors, trottant n'importe où, portant ou rapportant des roses (Colette, Cl. école,1900, p. 271).
N'importe quand. Nous nous mîmes à marcher, décidés à aller n'importe où, pourvu que ce fût loin, et à rentrer n'importe quand, pourvu que ce fût tard (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 249).Même le patron peut n'importe quand lui donner un ordre (Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. 79).
N'importe comment. [L'auberge] y est fort bonne, quoiqu'elle soit unique et qu'elle puisse par conséquent loger les passants n'importe comment, et leur faire manger n'importe quoi (Hugo, Rhin,1842, p. 48).Elle se fardait, un peu n'importe comment (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 32).
De toute façon. Si nous n'avons pas la guerre du fait de la France, le pays sera sauvé inévitablement et immanquablement, n'importe comment (Lamart., Corresp.,1831, p. 116) :
11. jessica : Nous ne pouvons rien vous offrir à boire. slick : N'importe comment nous ne buvons pas dans le service. Sartre, Mains sales,1948, 3etabl., 2, p. 81.
Rem. gén. 1. Nature de la relation sémantique entre le sujet et le verbe : Importer exclut un agent humain; certes un sujet désignant une personne est possible (supra I A 1, ex. de Bernanos), mais la personne « subit » l'action, « n'agit pas volontairement ». Pour cette opposition qui concerne aussi des sujets « non humains » Gross 1975, pp. 30-33, propose l'opposition sujet « actif », sujet « non actif ». 2. La comparaison des fréquences de importer (1 + 2), importance et important dans les corpus littéraires et techniques montre que importer appartient au vocabulaire littéraire : Fonds littér. Fonds techn. importance 5 400 4 500 important 6 100 7 800 importer 10 000 1 800 Importer ne figure ni à la nomenclature des mots fréq. du Vocab. gén. d'orientation sc., Paris, Didier, 1971, ni à celle du D.C.F.G. 1976.
Prononc. et Orth. : [ε ̃pɔ ʀte], (il) importe [ε ̃pɔ ʀt]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1536 « exiger, nécessiter, comporter » (Rabelais, Lettres [III, 353] ds Hug.). B. 1543 trans. « concerner, être de conséquence pour (qqn, qqc.) » (Amadis, IV, 21, ibid.); 1552 importer a (Corresp. de Cath. de Médicis, I, 552ds Barb., Misc., VIII, no18); 1587 empl. abs. (Lanoue, 434 ds Littré); 1595 empl. impers. qu'importe que + ind. (Montaigne, Essais, II, XXXVII, éd. A. Thibaudet, p. 738); 1611 il importe de « il y va de » (Larivey, Le Fidelle, II, 13 ds Hug.); 1636 il importe que (Monet); 1782 (J.-J. Rousseau, Rêveries d'un promeneur solitaire, 3epromenade, éd. B. Gagnebin et M. Raymond, Œuvres, t. 1, p. 1013 : un livre, n'importait quel). A réfection probable d'apr. l'ital. importare (« comporter, avoir pour conséquence, impliquer, entraîner » fin xiiie-début xives., Dante; « nécessiter, réclamer » 1remoitié xives. ds Batt.; du lat. importare « être à la source de, causer, entraîner » proprement « porter dans », v. importer2) de l'a. fr. emporter « comporter; entraîner, avoir pour conséquence » (1283 Beaumanoir, Beauvaisis, éd. A. Salmon, § 257; cf. 1355, 14 nov. Trésor des chartes de Rethel, éd. G. Saige et H. Lacaille, t. 2, p. 149; encore au xvies. ds Hug.; cf. aussi le m. fr. emporter au sens de « importer » xvies. ibid.) lui même issu du lat. B empr. à l'ital. importare « concerner, être inhérent à, regarder étroitement » et « être d'intérêt, importer » (les 2 sens au xves. ds Batt.) cf. le dér. en -able*, de sens actif, importable « qui a de l'importance » (dès 1509 Négoc. Fr.-Autriche, I, 259 ds Barb. Misc., X, no95 : [d'un point stratégique] lieu bien importable).

IMPORTER2, verbe trans.

A. − Acheter et faire pénétrer sur le territoire national des matières premières, des biens de consommation, d'autres pays. Importer des matières premières. Tout le monde est intéressé à exporter des marchandises, et à importer de l'argent (Say, Écon. pol.,1832, p. 178).
Vieilli. Transporter dans un pays des marchandises qui viennent d'un autre pays :
1. Quand je [Napoléon Bonaparte] pris le gouvernement, les Américains venaient chez nous à l'aide de leur neutralité, nous apportaient les matières brutes, et avaient l'impertinence de repartir à vide pour aller se remplir à Londres des manufactures anglaises (...). J'exigeai qu'aucun Américain ne pût importer aucune valeur, sans exporter aussitôt son exact équivalent. Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 832.
B. −
1. Introduire (dans un pays, un continent) une plante, un produit, d'un autre pays, d'un autre continent. Synon. acclimater, transplanter.Des comestibles nouveaux ont été trouvés, les anciens ont été améliorés, les uns et les autres ont été combinés de mille manières. Les inventions étrangères ont été importées; l'univers entier a été mis à contribution et il est tel de nos repas où l'on pourrait faire un cours complet de géographie alimentaire (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 287).
2. Introduire (dans une civilisation, un domaine d'activité intellectuel) des idées, des mœurs d'autres civilisations, d'autres sphères d'activité. Ainsi va la France dans son ardent prosélytisme, dans son instinct sympathique de fécondation intellectuelle. La France importe, exporte avec ardeur de nouvelles idées, et fond en elle les unes et les autres avec une merveilleuse puissance (Michelet, Introd. Hist. univ.,1831, p. 451).Cette douce obscurité que le romantisme importa d'Allemagne (Mussetds Le Temps,1831, p. 25) :
2. [Les Anglaises] qui croient que l'amour suffit à l'amour, et qui importent le spleen dans les jouissances en ne les variant pas, dont l'âme n'a qu'une note, dont la voix n'a qu'une syllabe... Balzac, Lys,1836, p. 228.
Rem. Rare, avec un compl. d'attribution. Pour l'honneur des dames françaises, nous supposerons qu'en temps de paix les autres pays nous importent une certaine quantité de leurs femmes honnêtes, principalement l'Angleterre, l'Écosse, l'Italie (Id., Physiol. mar., 1826, p. 80).
REM.
Importable, adj.Qui peut être importé. Des modifications qu'apportent au « mécanisme des relations extérieures » les investissements directs quand ils sont importables (Perroux, Écon. xxes., 1964, p. 540).
Prononc. et Orth. : [ε ̃pɔ ʀte], (il) importe [ε ̃pɔ ʀt]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1382, 14 avr. « apporter (une certaine somme) dans une entreprise commerciale commune » (Arch. départ. Côte-d'Or, B 11306, fol. 79 vo, éd. L. Gauthier, Lombards ds deux Bourgognes, 1908, p. 267); 1396 « transporter dans un pays des marchandises provenant d'un autre pays » (Coutumes de Dieppe in Fréville, Mém. sur le comm. mar. de Rouen, II 226 ds Barb. Misc., X, no12 : marchans estranges... et ceulx de Dieppe important par mer hors de la ville); 1669 (Colbert, Lettres VII, 230 ds Kuhn, p. 33 : nos toiles qui sont importées dans les Indes); 1755 (Ess. mod. sur l'état du comm. d'Anglet., I, 16 ds Bonn. : les bêtes-à-cornes qui peuvent être importées de l'île de Man); 1801 (S. Mercier, Néol. : Ecrivains, ne craignez pas d'importer dans notre langue des loc. neuves et vigoureuses). Empr. au lat.importare proprement « porter dans », terme de comm. « importer », le terme fr. ayant eu au xviies. une vitalité nouv. sous l'infl. de l'angl. to import, terme de comm. « introduire dans un pays une marchandise étrangère » (1548; dès 1508 « introduire quelque part une chose venue de l'extérieur » terme gén. ds NED), lui-même empr. au m.fr. terme de comm. supra et antérieurement ca 1200 soi emporter « s'introduire » (Job, 353, 3 ds T.-L.; v. FEW t. 9, p. 222a, note 6), 1345 soi importer a « se reporter à » (Arch. JJ 77, fol. 8 rods Gdf.).
STAT. − Importer1 et 2. Fréq. abs. littér. : 10 193. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 10 175, b) 12 820; xxes. : a) 14 496, b) 19 079.
BBG.Barb. Infl. 1923, p. 5. - Bonn. 1920, p. 76.

Importer : définition du Wiktionnaire

Verbe 1

importer \ɛ̃.pɔʁ.te\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Commerce) Apporter, introduire dans un pays des productions étrangères.
    • C'est eux également qui importèrent le poivre, condiment devenu si rare, qu'on l'utilisa comme monnaie. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Les pays en développement n'en produisant guère, en tous cas pas en suffisance, les produits pharmaceutiques doivent le plus souvent être importés. — (Pascale Brudon, Médicaments pour tous en l'an 2000?: les multinationales pharmaceutiques face au tiers monde : l'exemple du Mexique, Lausanne : Éditions d'En bas, 1983, p.VIII)
    • La société Funboard importe des planches à roulettes de Corée et de Taïwan selon les modèles. La dernière commande concerne l’importation de 8 000 planches à roulettes au prix unitaire de 100 USD CIF Le Havre. — (Ghislaine Legrand & ‎Hubert Martini, Gestion des opérations import-export (cours/applications), Dunod, 2008, page 371)
    • (Figuré) Importer une industrie, importer un mode de fabrication.
    • (Figuré) Importer des mots étrangers, des usages étrangers.

Verbe 2

importer intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Être d’importance, de conséquence en parlant des choses.
    • Il importe donc fort peu de savoir ce que les mythes renferment de détails desti­nés à apparaître réellement sur le plan de l'histoire future; ce ne sont pas des almanachs astrologiques; il peut même arriver que rien de ce qu'ils renferment ne se produise, […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.IV, La grève prolétarienne, 1908, p.166)
    • Qu’importait, au fond, qu’après sa mort son bien allât à elle plutôt qu’à des petits-cousins dont il se fichait comme de sa première culotte ! — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • La mort fauche. Elle fauche à tort et à travers. Peu lui importe. Ceux qu'elle a visés, elle va les chercher là où ils semblent le plus en sécurité. — (Jacques Mortane, La guerre des airs : Traqués par l'ennemi, p.69, Baudinière, 1929)
    • Il faudrait que cela lui importât.
    • (Impersonnel)Or, il importe que l'éclosion coïncide avec la poussée des premières feuilles du mûrier. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie: Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
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Importer : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

IMPORTER. v. tr.
T. de Commerce. Apporter, introduire dans un pays des productions étrangères. Importer des marchandises dans un pays. Par analogie, Importer une industrie, importer un mode de fabrication. Fig., Importer des mots étrangers, des usages étrangers.

Importer : définition du Littré (1872-1877)

IMPORTER (in-por-té) v. a.
  • 1 Terme de commerce. Introduire dans un pays des productions étrangères, une industrie créée à l'étranger, etc. Cette industrie fut importée en France par un tel. Si on vendait le feu et l'eau, il devrait être permis de les importer et de les exporter d'un bout de la France à l'autre, Voltaire, Polit. et législation, Diatribe à l'auteur des Éphém. Les Hambourgeois et même les Hollandais avaient contracté l'habitude de fréter les vaisseaux de ces étrangers, pour importer chez eux les productions des plus riches climats de l'Europe, Raynal, Hist. phil. XVIII, 29.

    Absolument. Ne valait-il pas mieux importer en franchise et obtenir à bon compte par la voie libre ce qui nous coûte si cher par la voie de la douane ? Blanqui, dans le Dict. de BESCHERELLE.

  • 2 Fig. Introduire dans une langue un mot étranger. Le commerce et l'industrie importent journellement des expressions étrangères ; c'est ainsi que la navigation à la vapeur a importé le verbe stopper, arrêter la machine d'un navire.

    Il se dit aussi d'une maladie introduite. Les vaisseaux importèrent la peste en cette ville.

  • 3S'importer, v. réfl. Être importé. Ces marchandises ne s'importent guère en France.
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Étymologie de « importer »

Étymologie de importer - Wiktionnaire

Pour le premier sens, du verbe : du latin importare (« importer », « introduire », « apporter », « causer », « susciter », « attirer »). Le verbe latin est construit avec le préfixe in- (« dans ») et le radical portus (« port »).
Pour le second sens, du verbe italien importare (« être important »).
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Étymologie de importer - Littré

Lat. importare, de in, dans, et portare, porter.

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Phonétique du mot « importer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
importer ɛ̃pɔrte play_arrow

Conjugaison du verbe « importer »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe importer

Citations contenant le mot « importer »

  • Décidément , c’est le pourquoi du comment de qui veut importer des véhicules neufs en Algérie. On parle d’un cahier des châtiés rédigé et édifié dans les bureaux du ministère , sans l’association des concernés, c’est un échec prévisionnel qui nous mènera vers leur deuxième trimestre 2021 afin d’avoir ces véhicules neufs en Algérie. Quant à la règle 51/49 ,objet d’application scellée et non négociable sur les secteurs stratégiques, elle ne cesse d’être triture « elastiquement  » selon les besoins. Dzair Daily, Importation de voitures en Algérie : Le ministre parle de la date du retour
  • Une victoire pour les antinucléaires, mais un crève-cœur par les salariés et les habitants, pour qui s'ouvre une période d'incertitude économique. Quand au maire du village de Fessenheim, il a déploré mardi 30 juin un "coup dur", et assure qu'il faudra importer de l'électricité d'Allemagne pour faire face au vide laissé par la plus vieille centrale française. Orange Actualités, Fermeture de Fessenheim : le maire assure qu'il faudra importer de l'électricité d'Allemagne
  • La Tunisie doit désormais importer du phosphate ! Inimaginable ! Le ministre d’État auprès du chef du gouvernement en charge de la Fonction publique, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, Mohamed Abbou l’a révélé, ce vendredi 10 juillet 2020. Webdo, La Tunisie, désormais acculée à importer du phosphate !
  • PARIS (Reuters) - L'Union européenne devrait cesser d'importer des produits agricoles cultivés avec des pesticides dont l'usage est interdit au sein du bloc, a déclaré jeudi à Paris le commissaire européen à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski. Challenges, L'UE devrait cesser d'importer des produits cultivés avec des pesticides prohibés, dit un commissaire - Challenges

Traductions du mot « importer »

Langue Traduction
Corse impurtà
Basque inportazio
Japonais インポート
Russe импортировать
Portugais importar
Arabe استيراد
Chinois 进口
Allemand importieren
Italien importare
Espagnol importar
Anglais import
Source : Google Translate API

Synonymes de « importer »

Source : synonymes de importer sur lebonsynonyme.fr

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