La langue française

Huile

Sommaire

  • Définitions du mot huile
  • Étymologie de « huile »
  • Phonétique de « huile »
  • Citations contenant le mot « huile »
  • Traductions du mot « huile »
  • Synonymes de « huile »
  • Antonymes de « huile »

Définitions du mot « huile »

Trésor de la Langue Française informatisé

HUILE, subst. fém.

I. − Substance grasse, onctueuse et inflammable, d'origine végétale, animale ou minérale, généralement liquide au-dessus de 10ocentigrade, se figeant ou se solidifiant à une température inférieure, employée dans différents usages. Brusquement, l'ombre les enveloppa, la lampe venait de s'éteindre, après avoir craché sa dernière goutte d'huile (Zola, Germinal,1885, p. 1572).L'archevêque d'Auch, un MgrEnard, ne veut pas du martyre procuré par l'huile bouillante, les tenailles ou le gril (Bloy, Journal,1906, p. 321) :
1. Je regarde longuement la préparation de l'huile de palme, cette première huile qu'on extrait de la pulpe ligneuse. Une autre huile sera plus tard extraite de l'amande, après écrasement du noyau. Mais d'abord il s'agit de séparer celui-ci de la pulpe qui l'enveloppe. Pour cela l'on fait bouillir la graine, puis on la pile dans un mortier, avec le manche du pilon qui offre si peu de surface que la coque dure fuit de côté tandis que son enveloppe froissée se détache. Elle forme bientôt une étoupe couleur safran qui, pressée entre les doigts, laisse échapper son huile. Gide, Voy. Congo,1927, p. 715.
SYNT. Huiles alimentaires, industrielles, pharmaceutiques; bidon, bouteille, flacon, jarre, litre, tonneau d'huile; burette à huile; consommation, provision d'huile; cuillerée, goutte d'huile; lampe, veilleuse à huile; marchand d'huile; nappe, tache d'huile; huile qui se fige.
A. − [Huiles d'orig. végét. ou animale]
1. Dans le domaine de la cuisine.Huile bouillante, frémissante, fumante, frissonnante; olives, piments confits dans l'huile; faire revenir, frire dans l'huile. On aime en même temps la salade avec beaucoup de vinaigre et avec beaucoup d'huile (Goncourt, Journal,1863, p. 1288).Les servantes arrivaient (...) chargées de poissons farcis, de lièvres cuits dans l'huile (Nizan, Conspir.,1938, p. 119) :
2. ... la marchande de churros m'entretient du temps qu'il fait pendant qu'elle me prépare ses friandises. C'est un cordon de pâte que l'on fait sortir d'un piston de métal et tomber en une longue spirale dans de l'huile bouillante. On attend qu'il se dore, en le remuant avec une tige de bois. Puis on le sort de la friture, on le saupoudre de sucre et on le coupe en bâtonnets qu'on enveloppe dans du papier blanc. T'Serstevens, Itinér. esp.,1933, p. 107.
LÉGISL. ALIM. [La fabrication et la commercialisation des huiles alimentaires font l'objet d'une réglementation] Huile végétale. Huile composée d'un mélange d'huiles végétales alimentaires extraites des oléagineux (d'apr. R.-A. Dehove, La réglementation des produits alim. et autres. Qualité et répression des fraudes, Paris, Commerce édition, 1954).
a) Huile + adj. ou compl. prép. introd. par de, pour ou à indiquant l'usage.Huile alimentaire, comestible; huile de table, huile à frites, à friture, pour friture; huile à frire. Tout était hors de prix. 60 francs pour une bouteille de vin médiocre (...) 80 francs pour un litre d'huile à salade (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 149).
LÉGISL. ALIM. Huile végétale pour friture et assaisonnement. Huile dont le chauffage n'est pas à déconseiller dans certaines conditions (d'apr. R.-A. Dehove, op. cit.).
b) Huile + compl. prép. introd. par de désignant la graine ou le fruit dont l'huile est extraite.Huile d'arachide, de colza, de germe de maïs, de noix, d'œillette (huile blanche) (ds Ac. Gastr. 1962, Lar. mén. 1926, Bouillet 1859), Huile de pépins de raisins, de tournesol. Mancheca, fromage de brebis dur comme le parmesan et mariné dans l'huile d'olive (T'Serstevens, Itinér. esp.,1933, p. 48).Des fricandeaux (...). Je n'aime pas ça. Si encore vous me les faisiez à la grecque, nageant dans l'huile d'olive et la farce pimentée, grains de poivre alternant avec des raisins de Corinthe et des câpres (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 274).
LÉGISL. ALIM. Huile de + nom de graine ou de fruit.Huile, ayant subi une opération de raffinage (cf. infra huile raffinée), extraite uniquement de la graine ou du fruit mentionné dans la dénomination. Huile d'olive.
c) Huile + adj. ou compl. prép. introd. par de indiquant la qualité.Huile douce, claire, fine, légère, parfumée, pure, rance. Maria et les enfants s'étaient assis autour de la table, où fumait la soupe du soir, et que le saladier sentait l'huile fruitée (Bosco, Mas Théot.,1945, p. 308).
LÉGISL. ALIM.
[Dans la législ. gén.] Huile naturelle ou huile vierge (de + nom d'une graine ou d'un fruit). Huile pure, extraite uniquement par des procédés mécaniques de graines ou de fruits (figurant dans la dénomination) en parfait état de conservation et arrivés à maturité (d'apr. R.-A. Dehove, op. cit.). Huile raffinée. Huile pure ou mélange d'huiles ayant subi des traitements chimiques (d'apr. Lar. encyclop.).
[Dans la législ. des huiles d'olive] Huile d'olive vierge. Huile extraite de l'olive par pression, centrifugation, clarifiée par décantation, centrifugation ou filtration (d'apr. Clém. Alim. 1978). Huile d'olive vierge extra. Huile d'olive vierge fine; huile d'olive raffinée, huile pure d'olive raffinée ou huile d'olive pure raffinée. Huile obtenue par le raffinage d'huiles d'olive vierges (d'apr. R.-A. Dehove, op. cit.).
d) Loc. À l'huile. Fait, préparé ou assaisonné avec de l'huile; conservé dans l'huile.
[En parlant de la cuisson] Friture à l'huile; cuire, faire revenir, rissoler, frire à l'huile. Les deux femmes étaient servies par une voisine criarde et ridée qui venait faire le ménage et leur préparait une lourde cuisine à l'huile (Druon, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 140).
[En parlant d'un mets] Anchois, harengs, thon à l'huile; pommes à l'huile; salade à l'huile et au vinaigre. Cette famille nourrie de haricots et de sardines à l'huile (Mauriac, Nœud vip.,1932, p. 57) :
3. ... s'accoudant sur la nappe de toute la longueur de son bras, il s'écriait qu'on ne pouvait plus dîner à Paris! Enfin, ne sachant qu'imaginer pour sa bouche, Regimbart se commanda des haricots à l'huile, « tout bonnement », lesquels, bien qu'à moitié réussis, l'apaisèrent un peu. Flaub., Éduc. sent., t. 1, 1869, p. 86.
2. Dans le domaine de la peinture
a) Loc. À l'huile. Préparé avec de l'huile, à base d'huile de lin ou d'œillette. Enduit à l'huile. Enduit constitué par un mélange de céruse et d'huile de lin (Rob.). Vernis à l'huile. Vernis constitué par un mélange de résine et d'huile de lin. Tous [les violons de J. Stainer] ont un vernis à l'huile dont la couleur est rouge-jaune (Maigne, Maugin, Nouv. manuel luthier,1929, p. 31).
Peinture à l'huile, couleur à l'huile ou p. ell. huile. Mélange d'huile (généralement de lin ou d'œillette) et de produits colorants. Une toile préparée pour la peinture à l'huile (Stendhal, Brulard, t. 2, 1836, p. 369).Toutes ces figures étaient recouvertes d'une épaisse couche de peinture à l'huile (Lamart., Nouv. Conf.,1851, p. 27) :
4. ... vous verrez les couleurs et les formes (...) se transformer en vue de la composition proprement dite, subir une (...) métamorphose en accord avec le parti-pris de l'artiste : clair-obscur ou prisme, intimité ou décoration et, enfin, se décanter selon les exigences du procédé choisi : peinture à l'huile ou gouache ou aquarelle ou pastel. Car la matière que manie l'artisan a encore plus d'influence sur le choix des éléments plastiques que sa vision synthétique ou analytique, documentaire ou métaphorique, ou que le sentiment plus ou moins poétique qu'il a de la nature, ou que les influences qu'il puise dans les musées... Lhote, Peint. d'abord,1942, p. 15.
P. méton. Tableau peint à l'huile. Trois examens : un premier où le candidat ferait la distinction d'une peinture à l'huile avec une aquarelle; un second, d'une eau-forte avec une lithographie; un troisième, d'un Rubens avec un Raphaël (Goncourt, Journal,1887, p. 732).Le cintre de cette baie était remplie par une peinture à l'huile représentant « le Sicilien ou l'amour peintre », d'après une composition de Boucher (A. France, Dieux ont soif,1912, p. 27).Au centre du panneau, attirant le regard comme une présence, était accroché un portrait de Jacques, grandeur nature : une peinture à l'huile, de facture moderne (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 834).[Huile avec une valeur générique] Jongkind, dont l'huile ne vaut pas les aquarelles (Toulet, Notes art,1920, p. 97).
Étude, paysage, portrait (exécuté) à l'huile. Sa pauvre miniature à l'huile de la princesse n'a guère plus de valeur qu'une gravure en couleur d'alors : la Dugazon d'après Isabey (Goncourt, Journal,1867, p. 385).Elle rapportait de tout, des toiles à l'huile, des améthystes, des buissons de candélabres (Céline, Mort à crédit,1936, p. 60).
b) Huile siccative. Huile ayant la propriété de former une pellicule solide en séchant lorsqu'elle est étalée en couche mince. On pourrait substituer aux mastics de céruse des mastics d'huile siccative au blanc de zinc (Macaigne, Précis hyg.,1911, p. 315).L'huile de lin est siccative, c'est-à-dire qu'elle sèche (et fait sécher le pigment avec lequel elle est incorporée) en formant une sorte de résine par oxydation à l'air (Bég.Estampe1977).
3. Dans le domaine de la pharmacie, de la parfumerie ou de la cosmétologie.
a) Huile (végétale ou animale) utilisée à des fins thérapeutiques, ou comme base de cosmétique. Huile de baleine, de vison. Le docteur, laissant la blessure en observation, se contentait donc de la panser avec de la charpie imbibée d'huile d'olive et d'acide phénique (Zola, Débâcle,1892, p. 490).
Huile de + nom de graine, de fruit ou de plante dont l'huile est extraite.On donnera par cuillerée soit le loock blanc, soit une potion composée d'huile d'amandes douces et de sirop de guimauve (Geoffroy, Méd. prat.,1800, p. 152).Elle connaissait toutes les tisanes... tous les mélanges... les infusions... et puis une huile de réséda pour se masser la jambe le soir (Céline, Mort à crédit,1936, p. 567) :
5. Un coup de chaleur sur une purge, et voilà l'huile qui revient sur le cœur, ou encore qui se mélange au sang. On en avait déjà bien vu autant. L'homme à la mère Dominé n'était pas parti autrement; un 14 juillet, qu'il avait voulu évacuer à toute force, ses trois cuillerées d'huile de ricin lui avaient tourné toute la journée sur l'estomac, et le soir, il était dans les sueurs, bien parti pour mourir sur la minuit comme c'était arrivé. Aymé, Jument,1933, p. 176.
SYNT. Huile d'abrasin (de bois de Chine, de tung), de bouleau, de cade, de chaulmoogra, de chènevis, de cocotier (de coprah, de noix de coco), de curcas (de grand pignon d'Inde, de médicinier), de fenouil bâtard, de lin, de sésame.
Huile de foie de morue. En 1827, Bretonneau préconisait déjà l'administration d'huile de foie de poisson dans le traitement du rachitisme (Bariéty, Coury, Hist. méd.,1963, p. 687).
b) Huile médicinale. Médicament obtenu en dissolvant diverses substances médicamenteuses dans une huile (huile d'olive, d'amandes douces, d'arachide ou d'œillette) (d'apr. Méd. Biol. t. 2, 1971).
Huile camphrée. Huile médicinale obtenue en dissolvant, à froid, 100 grammes de camphre naturel ou synthétique dans 900 grammes d'huile d'olive ou d'arachide (d'apr. Méd. Biol. t. 2, 1971). Elle parla d'une voix faible et coupée, mais distincte, peut-être à cause de la caféine et de l'huile camphrée qui la soutenaient (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 357).Il faut (...) soutenir le cœur et l'aider (...) par des injections intramusculaires d'huile camphrée renouvelées trois et quatre fois par jour (Garcin, Guide vétér.,1944, p. 187).
Huile iodée ou huile d'œillette iodée. Huile médicinale composée d'un mélange d'huile d'œillette et d'acide iodhydrique. Le titre de gloire essentiel de Sicard (...) est d'avoir avec l'huile iodée (...) introduit dans (...) l'espace sous-arachnoïdien (...) un produit opaque permettant l'exploration radiologique de ces cavités (Ce que la Fr. a apporté à la méd.,1946, p. 266).
Huile de jusquiame composée. Huile médicinale obtenue en additionnant à de l'huile d'œillette un alcoolat de feuilles de jusquiame, de belladone, de morelle, de pavot, de stramoine et diverses essences végétales (lavande, menthe, romarin et thym) (d'apr. Méd. Biol. t. 2, 1971).
c) Huile essentielle ou huile volatile. Liquide, odorant et volatil, extrait par distillation de certaines plantes aromatiques ou d'agrumes. Synon. essence.Huile essentielle de citron, de lavande, de violette. Huile de fleurs d'orangers (néroli). Huile essentielle obtenue en distillant avec de l'eau les fleurs de l'oranger (Kapeler, Caventou, Manuel pharm. et drog., t. 2, 1821, p. 507).L'huile volatile de camomille est d'un bleu de ciel foncé; elle est un peu épaisse; elle a absolument l'odeur et la saveur des fleurs de camomille (Kapeler, Caventou, Manuel pharm. et drog., t. 2, 1821p. 140).
P. métaph. Le poème en prose représentait, pour Des Esseintes, le suc concret, l'osmazone de la littérature, l'huile essentielle de l'art (Huysmans, À rebours,1884, p. 265).
4. Dans le domaine de la liturgie.Huile sainte, huile consacrée, ou p. ell. huile. Huile d'onction utilisée, notamment dans les religions juives et chrétiennes, dans diverses cérémonies et pour certains rites, en particulier pour l'administration de plusieurs sacrements. Le divin vieillard trempe un peu de coton dans une huile consacrée; il en frotte les tempes d'Atala (Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 256).Venez verser l'huile sainte qui enlève toutes les souillures de la vie (Sand, Lélia,1833, p. 306).L'oncle Blaise se reposera dans la belle tombe de sa concession à perpétuité, dûment confessé, administré, oint d'huile et enfin mort (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 50).
En partic., LITURG. ROMAINE. Les Saintes huiles. Huiles consacrées par l'évêque servant pour les onctions saintes, chacune étant réservée à un sacrement : le (Saint) Chrême dont sont oints les nouveaux chrétiens à leur baptême, l'huile des catéchumènes pour les onctions pré-baptismales, l'huile des infirmes pour le sacrement des malades. Le prêtre oignit des huiles saintes les pieds, les mains et le front de la mourante, récita une courte prière (Dumas fils, Dame Cam.,1848, p. 294).Je m'étais agenouillé à ses pieds. Avec l'huile des catéchumènes, il [l'évêque] me fit une large onction en forme de croix dans l'intérieur des deux mains, puis étendit l'huile sur chaque paume (Billy, Introïbo,1939, p. 149) :
6. Monseigneur s'était recueilli, les regards de nouveau sur Angélique, s'assurant que le petit souffle n'avait pas cessé (...). Son pouce ne trembla pas, lorsqu'il le trempa doucement dans les saintes huiles et qu'il commença les onctions sur les cinq parties du corps où résident les sens, les cinq fenêtres par lesquelles le mal entre dans l'âme. D'abord, sur les yeux, sur les paupières fermées, la droite, la gauche; et le pouce, légèrement, traçait le signe de la croix. Zola, Rêve,1888, p. 190.
Rem. Dans la tradition chrét. et juive, l'huile est signe de bénédiction, symbole d'élément vital, symbole de joie. Qu'elle se fasse entendre [la parole du Seigneur], et la lumière va nous remplir et nous embraser. L'huile de joie va couler dans le cœur de l'homme (Saint-Martin, Homme désir, 1790, p. 73). Ton nom est une huile répandue dit le cantique. (...). Cette huile qui ruisselle sur la tête d'Aaron, cette huile de joie qui pénètre jusqu'à nos os (ps. CVIII, 18) (Claudel, Poète regarde Croix, 1938, p. 264).
5. TECHNOLOGIE
a) MAR. Filer de l'huile, filage de l'huile. Cf. filer I B 1 b.
b) PEAUSS., loc. En huile. Cuir, peau, peausserie en huile. ,,Auquel, à laquelle on a fait absorber, au cours des opérations de corroyage, une quantité importante de corps gras, généralement en vue d'imperméabilisation, et qui est fini sur fleur ou sur chair`` (Rama 1973).
6. CHIM. ORGANIQUE. Huiles grasses, ou p. ell. huiles. Corps gras (d'origine animale ou végétale) formés d'esters de la glycérine, à base d'oléine et saponifiable. L'indice de saponification est le nombre de milligrammes de KOH absorbés par la saponification de 1 g d'huile grasse (Chartrou, Pétroles natur. et artif.,1931, p. 141).
Rem. Les huiles grasses sont artificiellement divisées en huiles comestibles et en huiles industrielles, elles-mêmes subdivisées en huiles siccatives, semi-siccatives et non-siccatives (d'apr. Grand. 1962).
INDUSTR. CHIM.
Huile de froissage. ,,Huile obtenue par compression d'une graine ou d'un fruit oléagineux`` (Duval 1959).
Huile de créosote, huile de goudron de pin (Delorme 1962). Huiles provenant de la distillation de goudrons obtenus par la distillation de bois, ou directement de la distillation de bois. Les huiles de pins proviennent de la distillation des cônes et des aiguilles de diverses variétés de pins (Coffignier, Vernis,1921, p. 333).
B. − [Huiles d'orig. minérale]
1. Dans le domaine de la mécanique, des moteurs, de l'automobile.Huile de vidange; faire le plein d'huile, la vidange d'huile; vérifier le niveau d'huile, la pression d'huile; pompe à huile; réservoir d'huile; indice de viscosité d'une huile. Les boîtes à huile sont les organes dans lesquels tournent les essieux et qui leur transmettent la charge qu'eux-mêmes reçoivent des ressorts de suspension (Herdner, Constr. et conduite locomot.,1887, p. 273).Il me semblait que mon moteur baissait de régime, qu'il chauffait, que la pression d'huile tombait (Saint-Exup., Vol nuit,1931, p. 110).Ils [les pétroliers] fabriqueraient pour lui une huile non pas vraiment spéciale, mais d'une viscosité un peu autre que celle de l'huile courante (Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. 167).
PÉTROCHIM. Huile de graissage (ou huile lubrifiante). Huile minérale, généralement raffinée, extraite du pétrole brut et utilisée pour la lubrification. L'huile de vaseline ou huile blanche, est une huile de graissage légère (huile à broche) surraffinée par traitement à l'oleum et complètement décolorée par adsorption (Chartrou, Pétroles natur. et artif.,1931, p. 146).
Huile + nom apposé indiquant l'usage de l'huile.Huile anti-corrosion, huile aviation, huile (pour) cylindre, huile machine, huile marine, huile mouvement (Pétrol. 1964).
En partic. Huile auto. Huile de graissage utilisée pour lubrifier les moteurs et les organes de transmission des véhicules automobiles. Huiles (à, pour) moteur, huile utilisée pour lubrifier les moteurs de véhicules automobiles (Pétrol. 1964).
Rem. Les qualités requises pour leur usage (résistance, fluidité, viscosité, etc.) sont données par des additifs chimiques aux huiles lubrifiantes qui sont commercialisées sous des noms divers : huile détergente, huile multigrade, etc. (infra 4 b).
2. Dans le domaine de la pharmacie, de la parfumerie ou de la cosmétologie.Huile de paraffine, huile de vaseline. Huile extraite des hydrocarbures de la série des paraffines utilisée comme excipient ou comme laxatif mécanique. L'huile de vaseline est utilisée comme excipient, mais doit être exclue de la préparation des injections hypodermiques. Elle sert également comme laxatif (Chartrou, Pétroles natur. et artif.,1931, p. 146).La constipation sera combattue par l'usage régulier des mucilages et de l'huile de paraffine (Quillet Méd.1965, p. 172).
3. Dans le domaine technologie ou industrie
Huile de + subst. indiquant l'usage de l'huile.Huile de (à) broches, huile de (dé)coffrage, huile de coupe, huile d'ensimage, huile de flottation, huile de moulage, huile de trempe (Pétrol. 1964).
Huile + adj. indiquant l'usage de l'huile et/ou ses propriétés.Huile absorbante, huile neutre, huile pénétrante (Pétrol. 1964).
En partic. Huile isolante (huile de transformateur ou huile transfo). Huile à grand pouvoir isolant utilisée dans les transformateurs, disjoncteurs et condensateurs, ainsi que pour imprégner les câbles électriques (d'apr. Pétrol. 1964).
CHIM. ORGANIQUE
a) CARBOCHIM. Huiles de goudron de houille. Huiles obtenues par la distillation des goudrons de houille, distinguées, selon le degré de la fraction obtenue au cours de la distillation, en : huiles légères, huiles phénoliques, huiles naphtaléniques, huiles lourdes et huiles anthracéniques. L'huile lourde provient de la distillation de la houille (Bourde, Trav. publ.,1929, p. 93) :
7. Quand le brai est évacué, on recharge aussitôt la chaudière en goudron, de façon à répéter les opérations toutes les vingt-quatre heures. De la chaudière on retire : (...) eau; (...) huile légère; (...) huile lourde; (...) huile d'anthracène; le reste en brai, chaque espèce d'huile est alors traitée séparément pour en retirer les produits qu'elle contient; c'est ainsi qu'on recueille le benzol, la benzine, le phénol, la naphtaline, l'anthracène, etc. Quéret, Industr. gaz,1923, p. 258.
b) PÉTROCHIM. Huiles minérales. Hydrocarbures soit à l'état naturel, soit provenant de la distillation des pétroles bruts. Les Antilles produisent des quantités intéressantes d'huiles minérales. Les Barbades et Trinidad renferment de puissants gisements d'asphalte (Chartrou, Pétroles natur. et artif.,1931, p. 158).Le pouvoir calorifique d'une huile minérale dépend de sa composition, ainsi que de sa place dans l'échelle de fractionnement (Chartrou, Pétroles natur. et artif.,1931p. 31).
Huile brute. Pétrole brut contenant au moins 65 % d'hydrocarbures. L'huile brute recueillie, de densité comprise (...) est fractionnée par distillation (Chartrou, Pétroles natur. et artif.,1931p. 180).
Huile de schiste. Huile minérale obtenue par distillation de schistes bitumineux. À Autun, les schistes primaires, renfermant des substances bitumineuses, donnent, par la distillation, l'huile de schiste, analogue au pétrole (Boule, Conf. géol.,1907, p. 99).
Huile de base. Huile non finie, obtenue par raffinage, fournissant un produit spécifique après raffinage et mélange avec d'autres huiles de base (d'apr. Pétrol. 1964).
α) Huile de + subst. indiquant un mode de fabrication.Huile d'égouttage, huile de fluxage (Duval 1959).
β) Huile + adj. indiquant la qualité de l'huile.Huile clarifiée, huile légère, huile noire (Pétrol. 1964).
Huile blanche. Huile hautement raffinée, pratiquement incolore (Pétrol. 1964).
Huile compound (ou compoundée). Huile de pétrole lubrifiante mélangée à une certaine proportion d'huile organique d'origine animale ou végétale. V. compoundé ex.
Huile détergente. Huile lubrifiante possédant, grâce à des additifs appropriés, la propriété de dispenser ou de maintenir en suspension les produits d'altération qui se forment au cours du fonctionnement d'un moteur à combustion interne. V. détergent ex.
Huile lourde, synon. gas-oil. Hydrocarbure provenant de la distillation du pétrole, utilisé comme carburant pour certains moteurs à combustion interne et comme combustible. Pour la mise en mouvement des gros engins (les 10 tonnes sont maintenant d'usage courant) le moteur diesel à huile lourde, à quatre ou six cylindres, est de plus en plus apprécié (Tinard, Automob.,1951, p. 336).N'importe quel dérivé du pétrole, gas-oil ou huile lourde à bon marché (P. Rousseau, Hist. transp.,1961, p. 501).
Huile multigrade*.
4. Région. (Canada). Synon. mazout.Chauffage à l'huile, chauffage au mazout (Bél. 1957).
II. − Au fig. ou p. métaph. C'était Limousin qui servait d'huile et de tampon entre Henriette et lui (Maupass., Contes et nouv., t. 2, M. Parent, 1886, p. 588).Une dépression exquise accable Antoine et glisse dans tous les membres l'huile bienfaisante de la lâcheté (Colette, Ingénue libert.,1909, p. 69).La richesse est une huile qui adoucit les machines de la vie (Valéry, Tel quel I,1941, p. 102).
P. compar. Doux comme de l'huile. Il a des mains solides; la force coule comme de l'huile jusqu'au bout de ses doigts (Giono, Regain,1930, p. 50) :
8. Ce n'était pas d'ailleurs seulement dans les joues ou mieux les bajoues de ce visage fardé, dans la poitrine tétonnière, la croupe rebondie de ce corps livré au laisser aller et envahi par l'embonpoint, que surnageait maintenant, étalé comme de l'huile, le vice jadis si intimement renfoncé par M. de Charlus au plus secret de lui-même. Il débordait maintenant dans ses propos. Proust, Prisonn.,1922, p. 207.
A. − Loc. et expr.
Faire tache d'huile. Se répandre de manière lente, insensible et continue. Cette douleur me fait oublier mon malaise, qui fait pourtant tache d'huile (Amiel, Journal,1866, p. 104).Gide, qui a bloqué toute la véhémence de sa protestation sur le seul thème pédérastique, s'est tu sur tout le reste parce que l'idée fixe a fait tache d'huile et lui a masqué tout ce reste (Du Bos, Journal,1928, p. 197).Des pauvres devenus puissants. Cette puissance nouvelle fait tache d'huile. Des pauvres, ici et là ont vu d'autres pauvres devenir puissants par des moyens tout différents de ceux de l'enrichissement classique (Perroux, Écon. xxes., 1964, p. 586).
C'est une tache d'huile. ,,Flétrissure (...) atteinte à la réputation qui ne peut s'effacer, se réparer (...); chose qu'on regarde comme un mal qui va toujours en augmentant`` (Ac.).
Huile de bras (v. ce mot I B 2 a), huile de coude (v. ce mot I B b 5), huile de poignet*. Énergie, force, vigueur déployée dans l'accomplissement d'une tâche.
Rem. Queneau a forgé sur ce modèle huile de rotule : Ce genre de sport ne demandait ni génie ni originalité, n'exigeait qu'un peu d'huile de rotule, rien de quoi se vanter (Loin Rueil, 1944, p. 64).
Vieilli. Il n'y a plus d'huile dans la lampe. [En parlant d'une pers.] S'éteindre doucement, mourir de vieillesse, d'épuisement. Mmede Beaumont m'écrit du Mont-d'Or des lettres qui me font trembler : elle dit qu'elle sent qu'elle s'éteint, qu'il n'y a plus d'huile dans la lampe (Chateaubr., Corresp., t. 1, 1803, p. 125).Je ne pouvais plus vivre, et pour me servir d'une vieille comparaison très juste, je vous dirai : il n'y avait plus d'huile dans la lampe, elle s'éteint et nul ne peut la rallumer (Du Camp, Mém. suic.,1853, p. 306).
Tant qu'il y a de l'huile dans la lampe. Tant qu'on vit. Amis, mangeons et buvons joyeusement tant qu'il y a de l'huile dans la lampe : qui sait si dans l'autre monde nous nous reverrons? Qui sait si dans l'autre monde il y a une taverne? (A. France, Bonnard,1881, p. 303).
La dernière goutte d'huile. Le dernier souffle de vie (Dict. xxes.).
Jeter, mettre, verser de l'huile sur le feu. Attiser (un désir), pousser à (la dispute), envenimer (quelque chose). C'était toi, l'autre jour, qui jetais de l'huile sur le feu : tu étais déchaînée! (Mauriac, Mal Aimés,1945, p. 223).Les avocats qui fomentent les procès et jettent de l'huile sur le feu de peur que les plaideurs ne se réconcilient (Jankél., Je-ne-sais-quoi,1957, p. 184).
La goutte d'huile sur le feu. Chaque courrier vide me laisse accablée pendant une heure, influe sur toute ma journée. Un mot de vous, au contraire, c'est la goutte d'huile sur le feu, cela anime en moi une ferveur passionnée (Montherl., J. filles,1936, p. 997).
Mer d'huile, p. anal. lac d'huile. Sans vagues, très calme. Une mer d'huile, que ne ridait aucun souffle (Lamart., Graziella,1849, p. 158).La nuit est belle. La mer plate comme un lac d'huile (Flaub., Corresp.,1858, p. 256).La nuit descend sur la baie, sous cette couverture de lourds nuages, sur cette mer d'huile (Gracq, Beau tén.,1945, p. 156).
Mettre, verser de l'huile sur, dans les plaies (de qqn). Consoler, apaiser les souffrances (de quelqu'un). La France a besoin de repos : il faut verser de l'huile dans nos plaies, et non les ranimer et les élargir (Chateaubr., Mél. pol.,1816-24, p. 123).Emportez aussi les évangiles, fit l'abbé (...) ce seront les célestes ampoules où vous puiserez l'huile nécessaire pour panser vos plaies (Huysmans, En route, t. 1, 1895, p. 273).
Mettre de l'huile dans les rouages, aux rouages; (mettre) une goutte d'huile dans les, aux rouages. Réduire les antagonismes, les difficultés, se montrer conciliant. Il me parut bon de mettre de l'huile aux rouages des relations franco-américaines à l'instant où les Anglais faisaient savoir officiellement qu'ils étaient prêts à attaquer les troupes françaises en Syrie (De Gaulle, Mém. guerre,1959, p. 182) :
9. Leuwen vola chez Mgrl'évêque; il fut reçu avec une hauteur, un dédain, une insolence même qui l'amusèrent. Il se disait en riant à soi-même, et parodiant la phrase favorite du saint prélat : « Je mettrai ceci au pied de la croix. » Il ne traita nullement d'affaires avec Mgrl'évêque. « Ceci est une goutte d'huile dans les rouages, rien de plus. » Stendhal, L. Leuwen, t. 3, 1835, p. 163.
(Ouvrage qui) sent l'huile (littér. et vieilli). [P. réf. au travail nocturne à la lumière de la lampe à huile] Produit avec effort, où les traces du travail sont visibles. La correspondance avec Chateaubriand [de Béranger] était déjà en partie connue : elle est apprêtée, travaillée, et sent l'huile (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 1, 1863-1869, p. 200).
Tirer de l'huile d'un caillou, d'un mur (vieilli). Tirer un gain (de quelque chose ou de quelqu'un) là où cela semble impossible. Tout le monde, excepté les ministres de l'état et les fonctionnaires du gouvernement, savait qu'il était plus facile de tirer de l'huile d'un caillou qu'un centime de Maubec (A. France, Île ping.,1908, p. 265).
Rem. Lar. Lang. fr. mentionne jeter de l'huile : être vêtu avec recherche.
Loc. adv. Dans l'huile. Avec facilité, aisance, sans problème. Évidemment, tout roulait dans l'huile, mais cependant... (Arnoux, Solde,1958, p. 180).La première (représentation d'un spectacle de ballets) se déroula « dans l'huile » et sans la moindre anicroche (Le Monde,21 mars 1954ds Gilb. 1971).Ça baigne dans l'huile.
B. − Pop. et fam. Personnage important, haut placé, influent. Le père est un grand manitou dans les chemins de fer, qu'on m'a raconté... c'est une huile (Céline, Voyage,1932, p. 135).Zézette regarda Brunet hardiment (...). Elle n'avait pas peur des hommes, celle-là, même que ce soit des bourgeois ou des huiles du Parti (Sartre, Sursis,1945, p. 17) :
10. ... ils entendirent des bruits de roues : c'était une berline qui arrivait au pas; quatre lanciers l'escortaient (...). Le cocher conduisait comme s'il était en train de porter le Saint-Sacrement. − On doit trimbaler un bonnet fameusement gros. Les lanciers cependant n'avaient pas l'air d'être « en service d'huiles ». L'un d'eux fumait même la pipe. Giono, Bonh. fou,1957, p. 373.
Être, nager dans, parmi les huiles. Fréquenter des gens importants, être un personnage haut placé. J'aurais pu en rester là et, comme d'autres, nager parmi les huiles et les honneurs (Cendrars, Main coupée,1946, p. 103).
En partic., arg. milit. Officier supérieur. On voyait les galonnés (...) Judex (...) disait dans son jargon! − Vise! les « huiles » qui « font vinaigre »! (Vialar, Morts viv.,1947, p. 98).
Rem. On relève ds Michel 1856, Larch. 1880, France 1907, un emploi arg. vx au sens de « argent ».
Prononc. et Orth. : [ɥil]. Att. ds Ac. dep. 1694. Le h initial n'était pas dans le lat., mais il fut introduit pour distinguer entre les sons [y] et [v] à l'époque où les lettres u et v pouvaient, chacune, avoir ces deux sons. Ex. user ou vser; uenir ou venir. En conséquence uile pouvaient être notre huile ou l'adj. vile. Avec h, la confusion n'est plus possible. Étymol. et Hist. 1. 1remoitié xiies. oile (Psautier Cambridge, éd. F. Michel, XXII, 5 : tu encressas en oile mun chief [impinguasti in oleo]); 1260 (E. Boileau, Métiers, éd. G.B. Depping, p. 159 : huile de olives, amandes, de nois, de cheneviz et de pavoz); 1752 peindre à l'huile (Trév.); 1768 peinture à huile (Encyclop.) 2. 1887 arg. des soldats « personnage important » (Esn.). Du lat. oleum « huile d'olive, huile (en gén.) », de olea « olivier; olive » (gr. ε ̓ λ α ι ́ α « olive », ε ́ λ α ι ο ν « olivier »). H- graph. a été utilisé pour indiquer la valeur vocalique de u-. Fréq. abs. littér. : 1 808. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 511, b) 3 167; xxes. : a) 2 388, b) 2 412. Bbg. Quem. DDL t. 5, 8, 15, 16.

Wiktionnaire

Nom commun

huile (h muet)\ɥil\ féminin

  1. (Mécanique, Peinture) (Cuisine) Corps gras et visqueux, d’origine végétale ou animale utilisé dans plusieurs domaines de l’alimentation, des arts, de l’industrie, de la médecine, etc.
    • Un des devants de mon pourpoint est couvert d’une grande tache de l’huile de la lampe. — (Molière, L’Avare, Acte III, scène 1)
    • Quelquefois on remplace le sulfate de cuivre par la créosote, huile très-caustique que l’on obtient par la distillation du goudron de houille. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 170)
    • […] cette neige avait pour effet immédiat de calmer la houle, ainsi que fait l’huile que les marins « filent » pour apaiser momentanément les agitations de la mer. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
    • En général, les huiles et les graisses sont plus légères que l’eau. — (Barreswil et A. Girard, Dictionnaire de chimie industrielle, 1862)
    • Peut-être aurait-il le temps de barricader le magasin avec des meubles ; même il inventait d’autres défenses héroïques, de l’huile bouillante, du pétrole enflammé, versé d’en haut. — (Émile Zola, Germinal)
    • La principale industrie de la capitale du nord est la fabrication de l’huile de foie de requin. Les ateliers sont situés à une certaine distance de la ville, afin qu'elle soit à l'abri de l’infection qui s'en dégage. La fabrique d’huile de baleine que je visitai naguère à Vadsö n’exhalait pas une odeur aussi nauséabonde. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 75)
    • Mme Chappaz jeta dans la poêle pleine d’huile bouillante les pommes de terre coupées en tranches minces, […]. — (Charles Ferdinand Ramuz, Adam et Ève, page 9, L’Âge d’Homme, 1978)
    • Les huiles saintes, consacrées le jeudi saint, se mélangent à l’eau au terme du rituel de la bénédiction des eaux lustrales et des fonts baptismaux. — (Patricia Hidiroglou, L’Eau divine et sa symbolique, Éditions Albin Michel, 1994, p. 124)
  2. (Peinture) (Par métonymie) Peinture fabriqué avec un liant à base d’huile.
    • Je préfère l’acrylique à l’huile.
  3. (Peinture) Œuvre d’art réalisée à l’aide d’une peinture à l’huile.
    • Nous bavardons autour d’un thé dans la salle à manger lorsqu’il remarque un tableau accroché au mur, une huile sur verre année 1950, genre Survage, que j’ai depuis peu. — (Jules Petroz, Un Manet si bien caché : Histoire d’une découverte, Éditions Le Manuscrit, 209, page 13)
    • C’est en 1890 que Dellepiane réalise une vaste toile […]. Cette huile, témoignage d’une époque, mêle deux genres distincts : la scène de genre et le portrait de groupe. — (David Dellepiane: peintre, affichiste, illustrateur, sous la direction de Françoise-Albane Beudon, Éditions Parenthèses, 1999, page 42)
  4. Témoin de manque d’huile. (4)
    (Automobile, Industrie) Lubrifiant.
    • Ce projet a conduit à la purification d’huiles solubles (…) dans un bain KOH - NaOH dans un pilote de 10 litres/h. […]. Ces travaux ont permis de régénérer des huiles de coupe polluées par de l’eau et des métaux. — (Véronique Ghetta & ‎Jacques Fouletier , Sels fondus à haute température, Pierre Taxil éditeur scientifique, PPUR Presses polytechniques romandes, 2009, page 297)
    • Le carter s’était encore rompu sous les assauts de chocs impitoyables, et l’huile pissait de plus belle, marquant le sable de pustules noirâtres. — (Virgile Charlot, Tropique du Bayanda : Une épopée africaine, éd. Arthaud, 2012)
  5. Personnalité importante, influente. — Note d’usage : Ce mot féminin n'a pas de masculin correspondant, et, dans ce sens, il peut désigner des hommes.
    • Tu m’arraches mon fusil, tu me parles de grosses huiles que je ne connais pas, et en particulier d’un Tougoul - Tougoul ! — (Driss Chraïbi, La Civilisation, ma Mère !…, « Avoir », Chapitre 2, Folio, 1972)

Forme de verbe

huile (h muet)\ɥil\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de huiler.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de huiler.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de huiler.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de huiler.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de huiler.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

HUILE. n. f.
Nom donné à des substances liquides, d'origine animale, végétale ou minérale, qui servent soit à l'alimentation et à la pharmacie, soit à l'éclairage. Les huiles grasses, douces ou fixes. Les huiles volatiles ou essentielles, ou Essences. Les huiles grasses s'extraient par compression de la matière qui les contient, préalablement concassée, compression exercée tantôt à froid, tantôt à chaud. Huile végétale. Huile animale. Huile d'olive. Huile de faine. Huile de noix. Huile d'amandes douces. Huile de chènevis. Huile de navette. Huile de colza. Huile d'arachide. Huile de ricin. Huile de croton. Huile de lin. Huile de bambou. Huile d'œillette. Huile extraite du pavot noir. Huile de poisson. Huile de baleine, de phoque. Huile de foie de morue. Huile de pieds de bœuf ou de pieds de mouton. Huile de camomille, de fleurs d'oranger. Huiles minérales, Huiles qui proviennent des schistes bitumineux et des sources naturelles de pétrole. Huile de schiste. Huile de naphte. Huile de pétrole. Peindre à l'huile, Peindre avec des couleurs broyées à l'huile. On dit dans le même sens : Peinture à l'huile. Tableau à l'huile. Dans le langage ordinaire, il se dit particulièrement des Huiles grasses. Faire le commerce des huiles. Frotter d'huile. Tache d'huile. Huile épurée. Éclairage à l'huile. Huile de lampe. Huile à brûler. Mettre de l'huile dans une lampe. Huile lourde, Goudron. Il s'emploie plus particulièrement pour désigner les Huiles comestibles, telles que l'huile d'olives, l'huile d'œillette, l'huile de noix, etc. De bonne huile. D'excellente huile. L'huile d'Aix. Huile fine. Huile douce. Huile amère. Huile fritée, Huile à goût de fruit. De l'huile qui graisse. Huile rance. Huile figée. Huile bouillante. Il y a trop d'huile dans cette salade. Assaisonner avec de l'huile et du vinaigre. Des rôties à l'huile. Un potage à l'huile. Friture à l'huile. Morue à l'huile. Cuisine à l'huile. Huile vierge, La première huile qui sort du pressoir avant qu'on ait jeté l'eau bouillante sur les olives. Fig., Jeter de l'huile sur le feu, Exciter une passion déjà très vive, très violente; aigrir des esprits qui ne sont déjà que trop aigris. Fig., Les écrits de cet auteur sentent l'huile, Ils paraissent lui avoir coûté beaucoup de peine, beaucoup de veilles. Fig., C'est une tache d'huile, se dit en parlant de Certaines choses qu'on regarde comme un mal qui va toujours en augmentant. Faire tache d'huile ou Faire la tache d'huile se dit, figurément, pour exprimer la Propagation, la diffusion insensible des sentiments, des dispositions d'esprit dans un milieu social, dans un groupe humain. Fig. et fam., Il n'y a plus d'huile dans la lampe, se dit en parlant d'une Personne qui se meurt d'épuisement, dont les forces naturelles s'éteignent. Fig. et pop., De l'huile de cotret. Voyez COTRET. Les saintes huiles, Les huiles dont on se sert pour le chrême et pour l'extrême-onction. Il est bien malade, il a reçu les saintes huiles, c'est-à-dire l'Extrême-onction.

Littré (1872-1877)

HUILE (ui-l') s. f.
  • 1Liqueur grasse tirée de l'olive. Je ne saurais vous plaindre de n'avoir point de beurre en Provence, puisque vous avez de l'huile admirable et d'excellent poisson, Sévigné, Lett. du 16 mars 1672. Deux salades… Dont l'huile de fort loin saisissait l'odorat, Et nageait dans des flots de vinaigre rosat, Boileau, Sat. III. Sur les trépieds ardents l'huile à grands flots ruisselle, Delavigne, Paria, III, 6. La charité qui ne met que de l'huile sur la plaie invétérée, Massillon, J. Bapt. N'est-ce pas lui qui a versé de l'huile sur vos plaies ? Massillon, Carême, Respect hum.

    Huile vierge, huile d'olive de première expression à la température ordinaire.

    Huile de froissage, huile obtenue par un premier pressurage.

    Huile grenue, huile figée en petits grains.

    Huile omphacine, huile amère tirée des olives encore vertes.

    Huile sautée, espèce de ragoût provençal fait avec de l'huile très chaude.

    Huile d'onction, huile sainte, huile dont les Juifs se servaient pour consacrer. Il prit aussi l'huile d'onction, dont il mit sur le tabernacle et sur toutes les choses qui servaient à son usage, Sacy, Bible, Lévit. VI, 10. Le grand prêtre a sur lui répandu l'huile sainte, Racine, Athal. v, 1. Venez, de l'huile sainte il faut vous consacrer, Racine, ib. IV, 3. Samuel avait versé de l'huile sur la tête de Saül, Voltaire, Mœurs, 13.

    Les saintes huiles, celles dont on se sert pour le chrême et l'extrême-onction. Venez, prêtres du Seigneur, venez soutenir mon infirmité de votre huile adoucissante, purifiante et confortative, Bossuet, Prépar. à la mort, 7. Le cardinal de Rohan envoya chercher les saintes huiles [pour le roi], Saint-Simon, 405, 42.

  • 2 Par extension, nom donné à tous les corps gras (y compris, bien entendu, l'huile d'olive) qui conservent l'état liquide à partir de la température de 15° à 20° centigrades ; ils portent également les noms d'huiles grasses, d'huiles fixes. Huile de sésame. Huile d'arachide. Les huiles ne gèlent pas parfaitement, et, au lieu d'augmenter de volume à la gelée, comme l'eau, elles en diminuent lorsqu'elles se figent, Buffon, Exp. sur les végét. 4e mém.

    Huiles douces, huiles fixes alimentaires ou médicinales non purgatives.

    Huile d'amandes douces, huile préparée par la compression des amandes douces entre deux plaques chauffées à l'eau bouillante ; et aussi par la compression des amandes amères et des noyaux des rosacées.

    Huile de cade, substance oléagineuse préparée en brûlant le cade dans un fourneau sans courant d'air.

    Huile de chènevis, huile extraite des semences du chanvre cultivé, après une légère torréfaction.

    Huile de colza et de navette, huile produite par les graines écrasées, chauffées et comprimées du brassica campestris et du brassica napus.

    Huile de faîne, huile tirée de la faîne et qui peut remplacer au besoin l'huile d'olive pour l'usage alimentaire et médical.

    Huile de noix, huile préparée avec l'amande du fruit du juglans regia, à froid ou à chaud, elle est d'un jaune verdâtre, d'une odeur et d'une saveur spéciales, peu prononcées lorsqu'elle a été préparée à froid. L'huile exprimée de nos noix encore fraîches avait une saveur, une odeur que nous préférions au goût et au parfum de celle de l'olive, Marmontel, Mém. I, p. 12.

    Huile d'œillette ou de pavot, dite aussi huile blanche, huile alimentaire obtenue en broyant et en soumettant à la presse les graines contenues dans les capsules du pavot indigène.

    Huile de poix, produit surnageant le goudron après sa fabrication, et qui ressemble à l'huile de cade véritable, d'où il a été appelé abusivement huile de cade.

    Huile de rebat, nom donné à l'huile que fournit une graine oléagineuse mise une deuxième fois sous le pilon et battue de nouveau.

    Huile du Sénégal, synonyme d'huile de palme.

    Huile de palma-christi, huile de castor, l'huile de ricin.

    Huile de jaunes d'œufs, huile qu'on retire des jaunes d'œufs en les mettant en presse entre deux plaques de fer préalablement chauffées dans l'eau bouillante.

    Huile de baleine ou de cétacés, dite à tort huile de poisson, graisse liquide naturellement, employée dans les arts, et qui provient du lard de plusieurs cétacés, et, dit-on, de certains poissons.

    Huile de foie de morue, huile retirée du foie de certains poissons, entre autres des morues, et employée en médecine.

    Fig. Jeter de l'huile dans le feu ou sur le feu, exciter une passion déjà très violente.

    C'est une tache d'huile, elle ne s'en va jamais, se dit d'une mauvaise action qui demeure indélébile, d'un affront qui ne s'efface pas.

    C'est une tache d'huile qui s'étend toujours, se dit de certaines choses mauvaises qui vont toujours en s'aggravant.

  • 3Huile à brûler, huile provenant, soit de matières minérales, soit de matières végétales, soit de matières animales, et qu'on brûle pour l'éclairage. Les cinq qui étaient folles, ayant pris leurs lampes, ne prirent point d'huile avec elles, Sacy, Bible, Év. St Matthieu XXV, 3.

    On a dit longtemps huile à quinquet pour huile à brûler.

    Cet ouvrage sent l'huile, on a brûlé beaucoup d'huile dans la lampe pour le faire, c'est-à-dire il est très travaillé, et, quelquefois, trop travaillé. À la lueur d'une petite lampe, il [Démosthène] composa ces harangues admirables, dont ses envieux disaient qu'elles sentaient l'huile, pour marquer qu'elles étaient travaillées avec trop de soin, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 536, dans POUGENS.

    Il n'y a plus d'huile dans la lampe, se dit d'un homme qui s'éteint de vieillesse. Mon père était mort qu'à peine s'écriait-on qu'il se trouvait mal ; il n'y avait plus d'huile à la lampe, Saint-Simon, 6, 77.

    Remettre de l'huile dans la lampe, ranimer une vie qui s'éteint.

  • 4Huiles siccatives, huiles fixes qui, au lieu de rancir à l'air en absorbant une petite quantité d'oxygène, se combinent avec une grande quantité de ce gaz en prenant une apparence résineuse pour finir par se solidifier tout à fait

    Huiles cuites, huiles siccatives bouillies sur sept ou huit fois leur poids de litharge.

  • 5Couleurs à l'huile, couleurs broyées à l'huile pour les peintres.

    Peindre à l'huile, peindre avec des couleurs broyées à l'huile. Tableau, peinture à l'huile. L'invention de peindre à l'huile est du quinzième siècle, et vient de Jean de Bruges, peintre flamand. L'huile grasse forme sur ces couleurs un éclat choquant qui anéantit les clairs et rehausse les ombres, Diderot, Peinture en cire, Œuv. t. XV, p. 389.

    Peinture à l'huile, la matière colorante broyée à l'huile qu'on emploie pour la peinture en bâtiment.

  • 6Huiles pyrogénées ou empyreumatiques, produits liquides noirs et infectants qui résultent de la distillation, à feu nu, des substances organiques.
  • 7Huiles minérales, huiles provenant des schistes bitumineux et des sources naturelles de pétrole.

    Huile de pétrole, ou, simplement, pétrole, ou huile de terre, huile de pierre, huile minérale, sorte de bitume moins liquide que le naphte. Dans la Thébaïde, du côté de l'est, on trouve une montagne appelée Gebel el Moel ou montagne de l'huile, à cause qu'elle fournit beaucoup d'huile de pétrole, Buffon, Min. t. III, p. 30.

  • 8Dans le langage très populaire et figuré, de l'huile signifie de l'argent. Il faudra que votre bourse fasse les frais de votre curiosité ; il faut de la pécune, il faut de l'huile, la Fausse coquette, II, 7, dans le Théâtre italien de Gherardi, t. V, p. 442. …Le Fanal des peuples… étant parvenu à tirer un peu d'huile des coffres du roi, Tourtoirac en attrapa quelques gouttes, Louis Veuillot, Les libres penseurs, 1850, in-18, liv. II, n° XVI, p. 118.
  • 9 Populairement. De l'huile de cotret, des coups de bâton. On l'a frotté d'huile de cotret.

    De l'huile de coude, le frottage. Ces meubles, madame, ne veulent pas devenir brillants. - C'est que, ma mie, tu y as sans doute économisé l'huile de coude, Humbert, Gloss. génev.

  • 10Huiles médicinales, combinaisons d'une huile fixe avec une huile volatile, ou dissolutions de diverses substances médicamenteuses dans l'huile fixe. Huile d'absinthe. Huile de fleur d'orange.

    Huile de scorpion, huile d'olive dans laquelle on a fait mourir des scorpions.

    Huile antique, espèce de cosmétique.

  • 11Huiles volatiles, huiles essentielles, nom donné autrefois à des substances qui n'ont rien d'oléagineux, qui ne sont pas des huiles, et qu'on nomme aujourd'hui essences. Ils mêleront à leur huile essentielle de térébenthine quelques gouttes d'une essence aromatique, Diderot, Peinture en cire, t. XV, p. 352, dans POUGENS.

    Huile douce du vin ou huile de vin, substance pesante d'apparence oléagineuse, qui se produit dans l'éthérification.

    Huile de camphre, produit d'apparence huileuse, qu'on obtient en traitant le camphre par l'acide azotique.

    Huile du Brésil, baume de copahu.

  • 12Nom de plusieurs liqueurs de dessert, ainsi dites, parce qu'étant fort sucrées, elles n'ont pas, quand on les verse, la liquidité de l'eau, de l'eau-de-vie, du rhum. Huile d'anis. Huile de vanille.
  • 13Huile de charbon de terre ou de houille, liquide de consistance huileuse qui se produit dans la fabrication du gaz d'éclairage par la distillation de la houille.

    Huile-gaz, huile lourde extraite du goudron de houille ; on la brûle dans une lampe au moyen d'un courant d'air entretenu par un ventilateur ou un gazomètre.

  • 14Dans l'ancienne chimie, nom donné à des substances qui n'ont rien de commun avec les huiles, sinon l'apparence physique, parce qu'elles filent quand on les verse.

    huile d'arsenic, chlorure d'arsenic.

    Huile de chaux, ancien nom du chlorure de calcium tombé en déliquescence.

    Huile de mercure, solution alcoolique de sublimé corrosif, et aussi un sulfate de mercure, devenu liquide par le contact de l'air.

    Huile de saturne, solution à chaud d'acétate de plomb dans l'essence de térébenthine.

    Huile de soufre, l'acide sulfureux.

    Huile de tartre par défaillance, sous-carbonate de potasse liquéfié par l'humidité de l'air.

    Huile de Vénus, nitrate de cuivre en deliquium.

    Huile de vitriol, acide sulfurique très concentré.

  • 15 Terme d'alchimie. L'huile de mars, la pierre philosophale.

PROVERBES

Il tirerait de l'huile d'un mur, il tirerait de l'huile des pierres, se dit d'un homme hardi et entreprenant à qui tout semble réussir, qui sait tirer profit de tout.

On tirerait plutôt de l'huile d'un mur que de l'argent de cet homme-là, se dit d'un homme avare et tenace, ou d'un homme qui ne peut payer, et aussi, en général, d'une chose impossible.

HISTORIQUE

XII s. Il fait les fons aprester au mostier, Et oile et cresme, por l'enfant presaigner, Raoul de C. 7.

XIIIe s. …Et a une tourniele biele et grant, où il art nuit et jour une lampe plaine d'oile d'olive, Chr. de Rains, p. 113. Les liqueurs, si comme vins, oele et miel, Beaumanoir, XXVI, 16. Li leus [le lieu] de l'uille soit contre midi et soit bien garniz por le froit, Latini, Trésor, p. 177.

XVe s. Le chastel doit estre garni de quantité d'oyle, de pois et de soufre, pour ardoir les engins de leurs adversaires, Christine de Pisan, Hist. de Ch. V, II, 36. Disoit le dit demandeur qu'il ha esté fort malheureux en amours, par ce qu'il ha eu affaire aux femmes qui tirent huille de la noix, à quoy ne pouvoient contenter les dons. Aresta amorum, p. 166, dans LACURNE.

XVIe s. On tireroit plustost de l'huile d'une pierre que de nous une seule bonne œuvre, Calvin, Instit. 606. Huile de fourment, de soulphre, Paré, V, 21. Huile de vitriol, Paré, ib. L'huile [le jaune] d'œufs, Paré, ib. 29. Huile laurin, de lis, de vers, de sauge, etc. Paré, VIII, 40. Quand on veut faire huiles chaudes, comme huile des philosophes, ou benedicta, il faut prendre de l'huile douce et bien meure, ou vieille, Paré, XXV, 24. C'est vouloir extraire de l'huile d'un mur, Paré, XXVI, 4. Toute ceste huile qu'on jeta sur ce feu le ranima si fort que Pierre fit pendre ce chevalier, Mém. s. du Guesclin. 15. Huile de septembre [vin], Oudin, Dict. Qui mesure l'huile, il s'en oingt les mains, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

HUILE. Ajoutez :
16Huiles lourdes, dites aussi huiles minérales, le naphte et le pétrole. Le meilleur coaltar, à ce point de vue, sera celui qui renferme le plus d'hydrocarbures compris entre les huiles dites très lourdes et les principes trop volatils… jusqu'ici on s'est assez peu servi des huiles lourdes de houille…, De Parville, Journ. offic. 29 oct. 1874, p. 7263, 3e col.
17 Huile des mines, huile de Nobel, nom de la nitroglycérine (Nobel est un ingénieur suédois qui a trouvé moyen de la faire détoner), Journ. offic. 19 oct. 1873, p. 6446, 1re col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

HUILE, s. f. (Chimie, Pharmacie, Mat. medic. Diete.) Le système des connoissances chimiques bien résumé, porte à croire qu’il existe une huile générale universelle, un principe huileux primitif, très-analogue au soufre commun, du même ordre de composition que ce corps, formé même très-probablement des mêmes principes de l’acide vitrioliques & du phlogistique.

Le principe huileux, considéré sous ce point de vûe, ne différera du soufre commun que comme la plûpart des substances végétales & animales different des substances analogues que renferme le regne minéral, le vinaigre radical de l’acide du vitriol, par exemple, c’est-à-dire, par une plus grande atténuation, un degré supérieur de subtilité, une mixtion plus délicate dûe aux élaborations propres à l’œconomie végétale ou animale, & peut-être à la surabondance du principe aqueux qui est particulier à ces deux regnes. L’huile peut être conçûe aussi comme étant au soufre ce qu’une huile rectifiée est à la même huile brute. Ce rapport seroit démontré sans doute, si on réussissoit à porter, par des rectifications, le soufre commun à l’état de ténuité spécifique de l’huile, à décomposer l’huile, & à démontrer ses principes aussi clairement qu’on a démontré ceux du soufre, & enfin à composer de l’huile artificielle, comme on sait produire du soufre par art, & à la former des mêmes principes. Or je crois bien que ces trois problèmes pratiques doivent se ranger parmi les recherches chimiques les plus sublimes, mais non pas parmi les tentatives téméraires, les efforts supérieurs à l’art. Je crois même pouvoir me promettre de fournir cette démonstration complette, si je retrouve le loisir nécessaire pour continuer, sur l’analyse végétale, les travaux que j’avois commencés dans le laboratoire de feu M. le Duc d’Orléans.

Ce qui augmente la difficulté de l’entreprise, c’est que la nature ne présente point de cette huile pure primitive, & que l’art n’est pas parvenu jusqu’à présent à dépouiller les moins composées de tout principe hétérogene, de tout alliage. Celle de toutes les huiles connues qui approche le plus de la simplicité absolue, c’est l’éther des chimistes modernes, ou l’huile retirée de l’esprit-de-vin par l’intermede des acides minéraux. Voyez Ether.

Les diverses huiles que nous connoissons, sont composées de l’huile primitive, & d’un autre principe ou de plusieurs autres principes. Ce sont ces divers principes & leurs différentes proportions qui en constituent les genres & les especes. Cette idée de la composition & des différences essentielles qui distinguent les huiles entre elles, est, ce me semble, plus exacte & plus lumineuse que celle qu’on s’en feroit communément, en considérant chaque espece d’huile comme un composé ou un mixte essentiellement différent, ou n’ayant tout au plus de commun avec les autres especes que la phlogistique ; car il n’est pas égal de dire qu’une telle huile est formée par l’union d’un principe huileux universel, & de plus ou moins d’acide ; ou que cette huile admet plus ou moins d’acide dans sa mixtion ou dans sa composition primordiale. D’après la derniere théorie, que je crois une erreur, on pourra déduire que l’acide est un des principes constitutifs de l’huile, de ce que « si on triture long-tems certaines huiles avec un sel alkali, & qu’on dissolve ensuite cet alkali dans l’eau, il donne des crystaux d’un véritable sel neutre » ; au lieu que d’après la premiere maniere d’envisager notre objet, cette apparition d’un sel neutre n’annoncera qu’un acide étranger à huile, combiné au principe huileux dans celle qui présente ce phénomene, de même qu’une substance comme gommeuse est combinée au principe huileux dans les huiles par expression, ou l’alkali fixe à une huile quelconque dans le savon. Et certes, les compositions aussi intimes que celles d’un corps très-simple, tel qu’est l’huile, ne se détruisent pas par des moyens aussi vulgaires que la trituration avec un sel alkali ; c’est bien une opération d’un autre ordre que de démontrer la composition primitive de l’huile.

On range les diverses huiles sous le petit nombre des classes générales suivantes : on a les huiles essentielles, les huiles grasses, & les huiles empyreumatiques. La seule qualité vraiment générale ou essentielle qui convient à toute huile sans exception, c’est l’inflammabilité & la miscibilité à une autre huile quelconque.

Huiles essentielles. Toutes les parties des végétaux qui sont aromatiques ou odorantes, du moins le plus grand nombre, contiennent une huile subtile, légere, volatile, renfermée dans de petites loges ou vésicules, sensibles même aux yeux nuds dans quelques sujets, comme dans les fleurs d’orange, l’écorce d’orange, de citron, les feuilles de millepertuis, &c. Cette huile est libre, exemte de toute union chimique dans ces petits réservoirs ; il ne faut opérer aucune divulsion chimique pour l’en retirer ; les opérations par lesquelles on l’obtient, sont tout aussi méchaniques, ou, si l’on veut, tout aussi physiques que l’action de vuider une bouteille ; elles ne font point partie de l’analyse végétale. Voyez Distillation & Végétale analyse. Les baumes liquides fournissent aussi une pareille huile : quelques insectes, comme la fourmi, en contiennent aussi.

Cette huile est appellée encore éthérée & aromatique. Le principe odorant dont elle est pénétrée, paroît étrange à sa composition : on peut retirer ce principe des végétaux chargés d’huile essentielle, pur, seul, au moins étendu seulement dans le principe aqueux, libre, volatil, de ces végétaux, & sans qu’un atome d’huile soit entrainé avec lui, en un mot, sous la forme d’eau essentielle, voyez l’art. Eaux distillées. Il paroît aussi que c’est à ce principe que les huiles essentielles doivent leur volatilité ; car dès qu’elles en ont été dépouillées, dès qu’un végétal a donné son eau essentielle, l’huile restée dans ses réservoirs a perdu sa volatilité, un végétal épuisé de sa partie aromatique par une opération qui n’a pas entraîné en même tems son huile essentielle, ne donne plus cette huile par la même opération qui l’enleve toute entiere, lorsqu’elle est chargée du principe aromatique.

La méthode la plus usitée & la plus générale, qu’on emploie pour obtenir les huiles essentielles, est précisément celle qui est décrite à l’art. Eaux distillées, sous le nom de second appareil ou second procédé ; savoir, la distillation de ces matieres avec addition d’eau commune, ou mieux encore d’eau distillée de la même plante, toutes les fois qu’on en a ; & au moins n’en manque-t-on point pour les opérations qui suivent la premiere, quand on fait plusieurs distillations de suite. Cette opération exécutée sur les plantes aromatiques, donne constamment ces deux produits, l’eau distillée, & l’huile essentielle. La seule manœuvre particuliere qu’elle exige donc, relativement à ce dernier produit, c’est celle par laquelle on la sépare de l’eau : la voici. Si on reçoit l’eau mêlée de gouttes d’huile dans les matras ordinaires, on laisse rassembler ces gouttes par le repos, ce qui se fait en fort peu de tems. Si l’huile est plus légere que l’eau, on remplit le matras au point qu’elle s’éleve jusqu’au plus haut de son cou ; alors on verse prestement toute l’huile, & une bonne partie de l’eau contenue sous elle, dans un entonnoir de verre à queue fort étroite, & dont on bouche la petite ouverture inférieure avec le doigt ; on attend que l’huile se soit ramassée au-dessus de l’eau, alors on débouche une partie de l’ouverture inférieure, en retirant tout doucement le doigt, & on laisse échapper l’eau, par un petit filet, jusqu’à la derniere goutte ; on referme l’ouverture dès que l’huile est parvenue sur le doigt, & on la laisse tomber ensuite dans le vaisseau où on veut la serrer. Si l’huile est plus pesante que l’eau, on sépare par inclination la plus grande partie de l’eau, & on verse l’huile, avec ce qui reste d’eau, dans l’entonnoir, &c. Il y a un récipient particulier, destiné à faciliter la séparation des huiles essentielles plus légeres que l’eau : c’est un matras, qui porte en-dehors une espece de chantepleure, ou de tuyau recourbé, qui part du fond du vaisseau, & dont la courbure s’éleve jusqu’à un pouce près de l’embouchure ou goulot du matras. Voyez les Planches de Chimie. Il est clair que lorsque la liqueur reçue dans un pareil vaisseau, s’est élevée dans le cou jusqu’au-dessus du niveau de la courbure du tuyau, la liqueur contenue dans ce vaisseau doit se répandre par le tuyau, & que c’est la couche inférieure de cette liqueur qui doit se vuider la premiere ; ainsi, la liqueur provenue de la distillation, tendant continuellement à élever la liqueur du matras au-dessus de ce niveau, la partie aqueuse de cette liqueur, qui est la dominante, & qui gagne le fond du vaisseau, est vuidée à mesure que le produit de la distillation y est reçu ; & l’huile, qui surnage, se ramasse dans la partie supérieure du vaisseau, en gagne peu-à-peu la partie moyenne, & peut parvenir enfin à le remplir presque tout entier. Quand l’opération, ou le nombre d’opérations qu’on se proposoit d’exécuter de suite est fini, on vuide par le même tuyau l’eau qui peut être restée dans le fond du matras, en l’inclinant doucement. Il est évident qu’un pareil instrument ne peut être employé à la séparation des huiles plus pesantes que l’eau, mais qu’on peut, pour la séparation de celles-là, en composer un sur le même principe, en renversant la disposition du tuyau, la faisant partir du haut du matras, & portant le bec de l’alembic, ou du serpentin, jusqu’au milieu du matras.

L’eau employée dans la distillation des huiles essentielles, ne paroît servir qu’à ramollir les parois des vésicules qui la contiennent, à les disposer ainsi à être facilement rompues par l’huile rarefiée, tendant à l’état d’expansion vaporeuse ou de volatilité, & à borner, à déterminer, d’une maniere invariable, le degré de feu propre à les élever aussi inaltérées qu’il est possible ; peut-être aussi que la vapeur de l’eau qui les accompagne favorise leur volatilité, soit en soutenant leur expansion, leur état de vapeur, par sa chaleur, soit en les entraînant dans son propre tourbillon. Il seroit démontré que l’eau ne concourt point à la distillation des huiles essentielles à ce dernier titre, si une huile essentielle, déja délivrée de ses petites prisons, s’élevoit presqu’entierement dans un appareil où elle seroit renfermée seule dans la cucurbite, & où on lui appliqueroit le même degré de chaleur qu’elle éprouve étant répandue dans de l’eau bouillante. Ce dégré est supérieur à la chaleur du bain-marie. Voyez l’article Feu.)

Les huiles essentielles de citron, de cédra, & de tous les fruits de cette classe, qu’on nous apporte de Toscane & de la côte de Gènes, sous le nom d’essences, sont retirées sans le secours du feu. Les écorces de ces fruits contiennent beaucoup d’huile, & elle est ramassée, en masses assez considérables, dans des vessies très-minces, pour qu’elle en découle abondamment, en perçant ou rompant ces vessies. Il n’est personne qui n’ait pressé entre ses doigts un zeste d’orange ou de citron ; la liqueur qu’on en exprime est de l’huile essentielle. Les Toscans & les Génois expriment ces écorces contre des plateaux de verre, appliqués sur de la glace, ou bien roulent ces fruits sur l’embouchure hérissée de pointes d’un entonnoir, placé sur un vaisseau, où toutes les gouttes sorties des petites blessures infiniment multipliées, vont se ramasser. On retire encore des huiles essentielles de quelques substances aromatiques, des cloux de girofle, par exemple, en les distillant per descensum ; mais cette méthode est imparfaite. Voyez Girofle & Descensum.

Propriétés chimiques des huiles essentielles. Elles sont solubles par l’esprit-de-vin, & d’autant plus qu’elles sont plus dures. Elles s’épaississent en vieillissant, & prennent la consistence de baume, & même de résine. Voyez Baume & Résine. On les préserve, autant qu’il est possible, de cet accident, en les gardant dans des vaisseaux exactement fermés, & mieux encore sous l’eau, & dans des lieux frais. Elles peuvent être ressuscitées, du moins en partie, c’est-à-dire rétablies en état d’huile fluide, par la distillation avec l’eau ; elles ont perdu cependant, en s’épaississant, une partie de leur odeur, qui ne se rappelle point par la distillation, ou à la place de laquelle il ne s’en développe point de nouvelle qui la répare. Les huiles essentielles, retirées des divers végétaux, varient considérablement entr’elles, soit par la consistance, soit par la disposition plus ou moins grande à s’épaissir, soit par la gravité spécifique, soit par la couleur, &c. Une différence très-générale, est celle qui distingue les huiles qui sont naturellement concretes, comme le camphre, ou celles qui le deviennent, qui se gèlent à un très léger degré de froid, comme celle d’anis, &c. de celles qui sont très-fluides, & constamment fluides, comme celle de térébenthine, de citron, &c. ces caracteres particuliers, quand ils sont remarquables, sont exposés aux articles particuliers. Une distinction générale, assez singuliere encore, c’est celle qui divise les huiles essentielles en plus légeres que l’eau, & en plus pesantes que ce liquide. Celles qui sont fournies par les plantes de notre pays, de ces climats tempérés, sont toutes, sans exception, plus légeres que l’eau ; & celles qui sont fournies par les végétaux des pays chauds, par tous les bois, écorces, fruits, racines exotiques, par les épiceries, les aromates des Indes, soit occidentales, soit orientales : en un mot, de tous les climats très-chauds, sont plus pesantes que l’eau, à l’exception du camphre. Il y a sur ce point quelques autres variétés, peut-être accidentelles, qui ne sont pas encore bien déterminées.

Toute l’huile qu’on retire des baumes, des résines & des bitumes, par la violence du feu, est très analogue aux huiles essentielles. Voyez Résine & Térébenthine.

Les parties aromatiques des plantes que nous avons exceptées plus haut, de l’observation générale qui attribue de l’huile essentielle à toutes ces substances, sont les fleurs de jasmin, de tubéreuse, de muguet, de jacinthe, de narcisse, & de lys, qui ont toutes entr’elles une analogie sensible. L’essence de jasmin, qu’on trouve communément chez les Parfumeurs, est une huile par expression, de l’excellente huile de ben, imprégnée du parfum du jasmin, par une manœuvre fort simple. Voyez Jasmin.

Usages médicinaux, thérapeutiques & diététiques des huiles essentielles. Les huiles essentielles, récentes, subtiles, très-aromatiques, ont un goût amer, acre, vif, brûlant, qui annonce les vertus suivantes, qu’elles possedent en effet : elles sont, dans l’usage intérieur, cordiales, toniques, échauffantes, diurétiques, sudorifiques, stomachiques, aphrodisiaques ; utiles pour corriger la mauvaise odeur de la bouche, gravem spiritum. On doit les donner toujours sous la forme d’eleosaccharum (Voyez Eleosaccharum), soit pour les rendre miscibles aux humeurs digestives aqueuses, soit pour châtrer leur trop grande activité, par laquelle elles pourroient irriter & même enflammer l’estomac & les intestins. Malgré ce correctif, on ne doit les donner encore qu’aux sujets d’une constitution lâche, peu mobile, peu inflammable. Leur usage externe est plus général ; ces huiles, sur-tout celle qu’on retire de la térébenthine, sous le nom d’esprit, sont éminemment résolutives, antiseptiques, brûlantes, cathæretica ; ces vertus les rendent très-efficaces, pour résoudre les tumeurs molles, indolentes, lymphatiques, & pour dissiper les douleurs des membres. La dissolution de ces huiles dans l’esprit de vin, le baume spiritueux de Fioravanti, par exemple, qui n’est autre chose qu’une pareille dissolution, remplit les mêmes vûes d’une maniere encore plus assurée. Les huiles essentielles, vives, sont employées, presque à titre de spécifique, dans les plaies des membranes, des nerfs, des tendons ; c’est sur-tout dans ces cas qu’on emploie communément l’huile très-subtile, ou esprit de térébenthine. On emploie encore cette huile dans le traitement de la carie ; un brin de coton, imbibé de quelques gouttes d’une huile essentielle très-aromatique, de celle de girofle, par exemple, & introduit dans le creux d’une dent cariée, suspend puissamment la douleur qui accompagne quelquefois la carie des dents.

Une huile essentielle, unie chimiquement au soufre, forme avec lui un composé, connu sous le nom de baume de soufre. Ce composé est un remede, qui doit principalement ses qualités médicamenteuses au soufre. Voyez Soufre.

Une huile essentielle, combinée avec l’alkali fixe ordinaire, forme une espece de savon, appellé par les gens de l’art savon de Starkey. Voyez Savon.

Les esprits volatils, aromatiques, huileux, de Sylvius, doivent leur qualité d’huileux & d’aromatique à des huiles essentielles. Voyez Esprit volatil, Aromatique, Huileux.

Les huiles essentielles fournissent aux Apoticaires une des matieres avec lesquelles ils aromatisent plusieurs préparations pharmaceutiques, comme potions, syrops, gelées, juleps, emplâtres même. Il faut toûjours les employer, sous la forme d’éleosaccharum, dans les liqueurs aqueuses destinées à l’usage intérieur.

C’est encore à des huiles essentielles que plusieurs liqueurs spiritueuses, destinées à l’usage de nos tables, doivent leur parfum. Celles qui joignent à la saveur connue de l’esprit de vin, un goût vif, brûlant, passager, momentané, telles que la bonne eau de cannelle, & l’anis rouge de Bologne, doivent ce piquant à un peu d’huile essentielle : la même saveur est dûe à la même cause dans les diabolini d’Italie.

On parfume la limonade avec l’huile essentielle de l’écorce des citrons même qu’on emploie, dont on forme sur-le-champ un éleosaccharum. Voyez Eleosaccharum.

Huiles grasses. Celles-ci sont encore libres, nues, isolées, ramassées à part dans des petits réservoirs, & elles appartiennent proprement au regne végétal. Les graisses animales ont à la vérité la plus grande analogie avec ces substances, mais elles ne sont pas, dans le langage de l’art, comprises sous la même dénomination. Les huiles grasses sont répandues dans toute la substance des sujets qui les contiennent, au lieu que les cellules des huiles essentielles ne sont placées qu’à la surface, dans l’enveloppe ou membrane extérieure des végétaux pourvus de cette substance.

Les semences appellées émulsives (Voyez Semences émulsives), c’est-à-dire celles qui étant pilées avec de l’eau donnent une liqueur laiteuse, ou une émulsion (Voyez Emulsion), contiennent de l’huile grasse. La semence, proprement dite, de tous les fruits à noyau, ou à coque, de notre pays, tels que celle de noix, d’amande, de pignon, de noisette, de pêche, d’olive, &c. celle de tous les fruits à pepin, c’est-à-dire tous les pepins ; les semences appellées froides, les semences de lin, de toutes les especes de chou, de rave, de navet, de pavot, &c. contiennent une pareille huile. La chair ou pulpe qui recouvre le noyau de l’olive, en contient beaucoup aussi ; c’est une substance jusqu’à présent unique à cet égard. Le jaune d’œuf fournit aussi une huile très-analogue à celles-ci.

On retire l’huile grasse de tous ces sujets en les écrasant, les pilant, les réduisant en pâte, & en exprimant cette pâte, par le moyen d’une presse, ou d’un fort pressoir, pour l’opération en grand. Cette manœuvre est variée, sur les divers sujets, par quelques circonstances de manuel. Voyez les articles particuliers Lin, Navette, Olive. Ce moyen de retirer les huiles grasses, a fait donner à l’espece, dont nous avons seulement parlé jusqu’à présent, le nom d’huiles par expression, en latin olea pressa ou expressa, & c’est-là leur dénomination spécifique & la plus ordinaire.

Il y a une autre espece d’huile grasse, caractérisée par la circonstance de se séparer des corps qui la renferment, par le moyen de l’eau bouillante, ou de la décoction de ces corps. Le cacao, le macis, la muscade, les baies de laurier, contiennent une pareille huile. Voyez ces articles particuliers. Le beurre de cacao est la plus connue de ces huiles, parce qu’elle est la plus employée en Medecine. Les huiles par expression n’abandonnent pas leurs loges, par l’action de l’eau bouillante ; on n’en retire point des semences émulsives par la décoction.

Propriétés chimiques des huiles grasses. Elles sont insolubles par l’esprit-de-vin ; elles contractent une espece d’union, quoique fort imparfaite, avec le vinaigre, & même avec l’eau (ce qui fait soupçonner que l’acide du vinaigre n’entre pour rien dans cette union), si on les bat long-tems ensemble. Elles rancissent facilement, si on les expose à un air chaud, & même quelques-unes, comme celle d’amandes douces, quelque précaution qu’on prenne. Voyez Rancir. Elles sont toutes plus légeres que l’eau ; elles sont fixes, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent être élevées par le feu, sans être considérablement altérées, sans passer à l’état d’huile empyreumatique. Il y a apparence que le caractere spécifique de ces huiles dépend d’une matiere de nature gommeuse ou mucilagineuse, avec laquelle est combiné le principe huileux.

Vertus médicinales, & usages diététiques des huiles grasses. Ce n’est presque que l’huile d’amandes douces qu’on emploie en Medecine pour l’usage intérieur. La bonne huile d’olives vaudroit bien pour le moins autant, & elle a, au-dessus de l’huile d’amandes douces, la faculté d’être peu sujette à rancir. Le beurre de cacao n’est pas employé pour des qualités assez génériques, pour devoir être rangé avec ces huiles par expression ; & d’ailleurs, ce remede est plus magnifique qu’utile, du moins que nécessaire.

Les huiles par expression, représentées dans l’usage ordinaire par l’huile d’amandes douces, sont le souverain adoucissant, relâchant, lubréfiant, émollient, béchique, sédatif, le plus benin des purgatifs, en un mot, la suprême ressource, le grand cheval de bataille, comme on s’exprime vulgairement, de cette pratique de Medecine, appellée dans l’art, & par les gens du monde, anodine, tempérante, calmante, qui voit partout des spasmes, des éréthysmes, des incendies, &c. Cette drogue remplit quelquefois très-utilement, il est vrai, les indications d’adoucir, de relâcher, d’appaiser les douleurs des entrailles, de lâcher très-doucement le ventre ; mais plus souvent encore, c’est un remede inutile, infidele, & même pernicieux.

Les huiles par expression, prises à très-haute dose sans mesure, fournissent une des ressources les plus assurées pour défendre l’estomac & les intestins contre l’action des poisons corrosifs.

L’huile d’olive est la seule huile par expression, que nous mêlons à nos alimens à titre d’assaisonnement. Voyez Olive.

L’usage extérieur des huiles grasses pures est fort rare. On emploie communément à leur place des huiles composées, dont nous parlerons à la fin de cet article. Ces huiles entrent dans la composition de plusieurs onguens, linimens, &c.

Les huiles par expression, unies à l’un & l’autre alkali fixe, forment des savons employés en Medecine & dans divers arts. Voyez Savon.

Huiles empyreumatiques. Le principe huileux est un des matériaux universels de la composition de tout végétal ou animal, de tout corps organisé, du tissu des Sthaliens. L’huile est aussi un des principes généraux de l’ancienne analyse, de celle qui s’exécute par la violence du feu sur tous ces corps ; un des principes de Paracelse, ou plûtôt de Basile Valentin, ou d’Isaac le Hollandois, (Voyez dans l’historique du mot Chimie, les morceaux qui regardent ces auteurs) ; le soufre de ces Chimistes, de Willis, de Boyle, & de ceux de leurs sectateurs qui n’ont pas désigné par ce mot le phlogistique pur.

Toute huile qui ayant été réellement combinée dans un corps quelconque, en est extraite, dégagée par la violence du feu, est une huile empyreumatique. Nous avons excepté d’avance les huiles retirées par ce moyen des baumes, des résines & des bitumes. On l’appelle aussi fœtide, parce que le corps à la décomposition duquel elle est dûe, a fourni en même-tems un principe salin, le plus souvent alkali volatil, d’une odeur forte & desagréable, dont cette huile est empreinte, & auquel elle doit vraisemblablement sa mauvaise odeur. Les huiles empyreumatiques sont communément aussi noires & épaisses : elles doivent ces deux qualités, sur-tout la premiere, à une quantité considérable de matiere charbonneuse qu’elles ont entraînée avec elles. Voyez Végétale analyse & Substances animales.

Non seulement les tissus, c’est-à-dire les végétaux & les animaux entiers, ou leurs parties entieres, mais encore les huiles grasses, les graisses, tous les sucs animaux, & toutes les substances végétales solubles par l’eau, excepté les sels purs, telles que la matiere extractive, le corps muqueux, le tartre, &c. tous ces sujets, dis-je, donnent dans la distillation analytique de l’huile empyreumatique, & une huile empyreumatique chargée d’alkali-volatil, excepté celle qui provient de la distillation du lait & du corps muqueux. Voyez Lait & Muqueux.

La théorie du dégagement de l’huile empyreumatique, celle de sa composition chimique, & celle des produits & des phénomenes de son analyse, appartiennent au traité général de l’analyse des corps, dont elle est un principe si essentiel. Voyez Substances animales & Végétale Analyse, surtout ce dernier article.

Les huiles empyreumatiques sont considérablement atténuées, deviennent limpides, volatiles, perdent en très-grande partie, & même absolument leur odeur étrangere & desagréable, par des rectifications répetées, qu’on exécute communément à feu nud & sans intermede : les premieres distillations demandent en effet un degré de feu assez fort, mais les huilles empyreumatiques parviennent enfin par ces opérations répetées, à un état de volatilité qui les rend capables de s’élever, du moins en grande partie, avec l’eau bouillante, & même par la chaleur du bain-marie. Dans cet état, elles ont toutes les propriétés chimiques des huiles essentielles. La rectification des huilles empyreumatiques est considérablement hâtée par l’addition de la chaux-vive ou de l’alkali-fixe ; mais ces intermedes, sur-tout le premier, en détruisent une partie très-considérable. Voyez Chaux (Chymie.)

Usages médicinaux des huiles empyreumatiques ; huiles animale de Dippelius, huile de cade ; huile de tartre ; huile des philosophes ; huile de papier. Ce sont à peu près toutes les huiles empyreumatiques employées, ou du moins le plus employées en Medecine ; la premiere, destinée à l’usage intérieur, est une huile empyreumatique animale, communément celle de corne de cerf, rectifiée par quarante ou cinquante distillations successives, & vantée comme un spécifique éprouvé contre l’épilepsie. Si cette vertu est confirmée par des observations décisives, ces observations ne sont pas encore publiques. Les quatre autres s’emploient extérieurement, quoiqu’assez rarement, à titre de très-puissant résolutif. L’huile de cade est retirée de l’oxycedre, ou grand genevrier. Voyez Genevrier, (Chimie & Mat. méd.) L’huile des philosophes, ou de briques, de l’huile d’olive. Voyez Olive.

Rapport (habitus) des huiles en général avec quelques autres substances.

L’huile est immiscible à l’eau, aux sels neutres & aux acides végétaux & animaux vulgaires, tels que le tartre, le vinaigre & l’esprit de fourmi ; aux sucs aqueux végétaux, à la gomme, au mucilage, au corps doux (excepté qu’il ne soit dans un état éminemment concret, comme le sucre), à la lymphe & à la gelée animale.

L’huile est miscible au soufre, aux baumes, aux résines, aux graisses, aux bitumes, au phosphore de Kunckel ; elle s’unit au sucre & au jaune d’œuf, & devient miscible aux liqueurs aqueuses par l’intermede de ces substances ; elle dissout le cuivre & le plomb, principalement les chaux de ces métaux, & sur-tout celles de plomb ; elle se combine avec les sels alkalis sous la forme de savon. Voyez Savon. Les acides minéraux agissent puissamment sur elle, principalement le vitriolique & le nitreux ; car l’acide du sel marin les attaque à peine, du moins dans les mélanges ordinaires. L’acide vitriolique, médiocrement concentré & aidé d’une foible chaleur, se combine avec l’huile la plus pure, c’est-à-dire l’huile essentielle, ou l’huile empyreumatique rectifiée. Ce mélange produit un corps concret de nature résineuse, & d’un rouge brun plus ou moins foncé. L’acide vitriolique concentré éprouve même à froid avec la même huile une violente effervescence, accompagnée d’épaisses fumées & de chaleur considérable, & se combine avec en un corps noirâtre, résineux, cassant. L’effervescence est plus prompte & plus violente, si on a exposé le mélange à l’action du feu. Voyez Résine artificielle à l’article Résine. L’acide nitreux produit avec l’huile dans les mêmes circonstances des effets semblables. Le phénomene le plus remarquable de l’action mutuelle des acides vitrioliques ou nitreux, & des huiles, c’est l’inflammation spontanée, ou excitée sans le concours d’aucune chaleur étrangere. Ce phénomene singulier mérite d’être considéré avec quelque détail.

Inflammation des huiles. Les expériences successives de Glauber, de Beccher, de Borrichius, de Boyle, de Tournefort, de Homberg, de Rouviere, de François Hoffman, de Geoffroy le cadet, & enfin de M. Rouelle, nous ont appris que toutes les huiles sans exception, aussi bien que les baumes liquides, étoient inflammables lorsqu’on les mêloit à froid au double de leur poids d’un acide, composé de parties égales d’esprit de nitre bien concentré, & d’huile de vitriol.

Ces proportions varient dans les expériences de ces auteurs. Ils augmentent la dose de l’acide composé, & la proportion de l’acide nitreux dans l’acide composé à mesure que l’huile, mise en expérience, est plus difficile à enflammer. La proportion que nous venons d’assigner est pourtant assez géneralement efficace ; car les huiles d’une médiocre inflammabilité prennent feu mêlées à partie égale d’acide nitreux, & à une demi-partie d’acide vitriolique.

Cet acide composé est l’instrument général de l’inflammation de toutes les huiles, & des substances éminemment huileuses, telles que les baumes liquides ; mais il n’est nécessaire que pour produire ce phénomene dans les plus rebelles de ces substances. Beccher a dit (Physica subterranea, sect. V, cap. iij, n°. 106.) que l’huile de vitriol & l’esprit de vin, l’un & l’autre très-rectifiés, prenoient feu dès l’instant qu’ils étoient mêlés ; & même que si on éteignoit ce feu en bouchant le vaisseau qui contenoit le mélange, il se rallumoit dès qu’on le débouchoit. Homberg assure avoir enflammé par l’huile de vitriol déphlegmée autant qu’il est possible, l’huile de térébenthine, épaisse comme du syrop, & de couleur rousse, qui passe la derniere dans la distillation. Mém. de l’Acad. royale des Scien. 1701. Borrichius rapporte, Acta medica & philosophica Hafnienasium ann. 1761. que l’esprit de nitre récent enflamme l’huile de térébenthine nouvellement tirée.

L’inflammation de l’esprit-de-vin par l’huile de vitriol est aujourd’hui généralement contestée ; & beaucoup de chimistes doutent de celle de l’huile épaisse de térébenthine par l’acide du vitriol seul.

Tous les chimistes qui avoient répété le procédé de Borrichius, l’avoient fait sans succès, lorsqu’enfin M. Rouelle publia en 1747, dans les Mémoires de l’académie des Sciences, des expériences, par lesquelles non-seulement il prouve la réalité du phénomene annoncé par Borrichius, mais même fixe le succès de cette expérience par un manuel fondé sur des observations très-ingénieuses, & sur la meilleure théorie chimique. Ce manuel consiste à appliquer à un charbon rare, spongieux, sec, embrasé, qui s’éleve au sein du mélange pendant la plus vive effervescence, quelques gouttes d’acide nitreux. Cette application se fait quelquefois par hasard, & presque toûjours dans les huiles les plus propres à s’enflammer ; & alors l’inflammation se fait d’elle-même : c’est pour cela que les arbitres, qui n’avoient découvert ni cette cause ni le moyen de l’appliquer a volonté, ont réussi assez constamment sur les huiles de cette derniere classe.

Nous avons déja parlé plusieurs fois d’une différence observée entre les différentes huiles, relativement à des degrés d’inflammabilité. Les éminemment inflammables sont les huiles essentielles pesantes, denses, des substances végétales aromatiques des Indes ; certaines huiles empyreumatiques, & les baumes liquides viennent ensuite ; les huiles essentielles très-subtiles, telles que l’huile de térébenthine, de cédra, de lavande, sont plus difficiles à s’enflammer que toutes les précédentes ; enfin, les plus difficiles absolument, les plus difficiles de toutes les huiles, sont les huiles par expression ; & les éminemment difficiles dans cette classe, sont les plus douces ou les plus mucilagineuses, telles que celles d’amandes douces, d’olive, de fêne & de navette.

Ce sont ces dernieres huiles seulement que M. Rouelle n’a pu enflammer par l’acide nitreux seul, lors même qu’il l’a porté jusqu’à un degré de concentration auquel il est vraisemblable qu’on ne l’avoit pas porté avant lui. Il a été obligé de concentrer encore davantage l’acide nitreux qu’il a employé, en le mêlant, à parties égales de bon acide vitriolique ; car il est connu en Chimie que l’acide vitriolique a plus de rapport avec l’eau que l’acide nitreux : le premier doit donc l’enlever au dernier, lorsqu’on les applique intimement l’un à l’autre en les mêlant. Voilà du moins la théorie qu’adopte M. Rouelle. Il prétend que l’acide vitriolique ne contribue d’ailleurs en rien à la production de la flamme ; d’où il est aisé de conclure qu’il regarde comme impossible l’inflammation des huiles par l’acide vitriolique seul. Pour moi je doute peu de la vérité du phénomene rapporté par Homberg, & je n’apperçois dans la bonne théorie, dans l’ensemble des faits chimiques fondamentaux, rien qui puisse justifier le doute qu’on pourroit concevoir sur le fait, & encore moins qui puisse porter à le regarder comme impossible.

Pour donner une idée complette de toute la manœuvre nécessaire dans l’exécution du procédé de l’inflammation des huiles en général, voici celui de M. Rouelle sur la plus difficile de toutes les huiles, sur l’huile d’olive. « Je prends de l’huile d’olive, de l’acide nitreux le plus concentré, nouvellement fait, & de l’acide vitriolique concentré, de chacun une demi-once. Je mêle d’abord ensemble l’acide nitreux & l’acide vitriolique, & je les verse sur l’huile, qui est contenue dans une capsule ou segment de balon : ces matieres sont un instant sans agir ; mais le mouvement s’excite bientôt, & elles entrent dans une violente effervescence ; alors ayant à la main une fiole, où il y a une demi-once du même acide nitreux concentré, j’en verse environ un tiers sur les matieres : ce nouvel acide accélere considérablement l’effervescence : les vapeurs qui s’élevent sont beaucoup plus considérables & plus blanches. Un instant après je verse dessus l’autre tiers de l’acide nitreux ; pour lors le mouvement s’accélere, & l’effervescence acquiert une rapidité étonnante ; les vapeurs redoublent & sont très-blanches ; & je verse le reste de l’acide nitreux sur le charbon embrasé : il paroît tout-d’un-coup scintillant, & l’huile s’enflamme. Les espaces de tems pour verser ainsi les portions d’acide nitreux, doivent être momentanés, cependant sans précipitation ».

Les doses absolues employées dans cette expérience sont suffisantes ; mais en général, l’inflammation réussit d’autant mieux, qu’en emploie des quantités absolues plus considérables ; mais sur les huiles très-inflammables, l’expérience réussit à deux gros, & même à un de chaque matiere.

Huiles pharmaceutiques, ou par infusion & décoction. On fait infuser ou bouillir dans l’huile d’olive un grand nombre de substances végétales & quelques substances animales, comme les petits chiens, les lésards, les crapaux, les vers de terre, le castor, &c. On passe ensuite ces huiles, ou même on les garde sur le marc. Ces compositions sont destinées à l’usage extérieur, & elles sont, pour la plûpart, des préparations monstrueuses, parce que l’huile n’a aucune action sur la plus grande partie des matieres végétales qu’on y fait entrer ; & la décoction altere inutilement la nature de l’huile. Les vertus vraies ou prétendues de ces diverses huiles sont rapportées aux articles particuliers. Voyez, par exemple Chien, Lézard, Iris, Rose, Camomille, Mélilot, Mucilage, &c. (b)

Huile d’antimoine, d’arsenic, de Jupiter, de Mars, de Mercure, de Saturne, de Vénus. Ce sont des noms qu’on a donnés à des liqueurs épaisses, denses, approchant, quoique d’une maniere fort éloignée, de la consistence de l’huile commune, & qui sont des dissolutions des substances métalliques, dont chacune porte le nom dans divers acides. Voyez les articles particuliers des ces substances métalliques.

Huile de chaux. C’est le nom ordinaire du sel neutre, formé par l’union de l’acide marin & de la chaux, lorsqu’il est sous la forme d’une liqueur concentrée. Voyez Chaux (Chimie.)

Huile de tartre, huile de tartre par défaillance. On appelle communément ainsi le sel de tartre ou alkali-fixe ordinaire en état de défaillance ou deliquium. Voyez Tartre.

Huile de vitriol. C’est le nom vulgaire de l’acide vitriolique concentré. Voyez Vitriol. (b)

Falsification des huiles essentielles. Les huiles essentielles peuvent être falsifiées par le mélange d’une huile par expression, par celui d’un esprit de vin, ou par celui d’autres huiles essentielles.

Les huiles essentielles des aromates des Indes, que les Hollandois nous vendent très-cher, sortent rarement de leurs boutiques sans quelque falsification. L’huile de cannelle, celle de girofle, de macis & de muscade, sont ordinairement mêlées d’huile d’amandes ou d’huile de ben. Cette fraude se découvre aisément : on n’a qu’à tenter de dissoudre dans l’esprit-de-vin une huile ainsi falsifiée ; car, comme l’esprit-de-vin est le menstrue des huiles essentielles, & qu’il ne touche point aux huiles par expression, il enlevera toute l’huile essentielle, & laissera au fond du vaisseau dans lequel on fera l’expérience, l’huile par expression très-pure, très-reconnoissable, & souvent en une quantité très-considérable.

Des fripons plus adroits mêlent l’huile de cannelle ou de girofle avec une quantité très-considérable d’esprit-de-vin : ce mélange peut être porté jusqu’à parties égales de chaque liqueur ; & il retient encore, à cette proportion, la couleur & l’odeur qui sont propres à ces huiles essentielles. Il n’est pas plus difficile de reconnoître cette fraude que la précédente. Si on noye d’une grande quantité d’eau une huile essentielle fourrée d’esprit-de-vin, on produit une liqueur laiteuse ; au lieu que ces mêmes huiles nagent sur l’eau, & s’en séparent sans la blanchir lorsqu’elles ne renferment point d’esprit-de-vin.

La troisieme espece de falsification, qui consiste à mêler une huile essentielle de vil prix à une autre huile essentielle plus chere, ne peut avoir lieu que pour les huiles qui ont une odeur forte, & capable de couvrir celle de l’huile qu’on y mêle, qui est toûjours celle de térébenthine. Les huiles des plantes à fleurs labiées de notre pays, telles que le thim, la menthe, l’origan, la sauge, le romarin, la lavande, &c. sont très-propres à être ainsi falsifiées. Mais cette fraude se découvre bientôt, & par l’action seule du tems ; car l’odeur spécifique & agréable des huiles de ces plantes se dissipe lorsqu’on les a gardées un certain tems, & l’odeur forte de l’huile de térébenthine perce & se fait reconnoître aux moins expérimentés. Mais il y a un moyen plus prompt & plus abregé pour produire dans ces huiles mélangées l’altération qui développe & fait dominer l’odeur de l’huile de térébenthine. On n’a qu’à imbiber de ces huiles des morceaux de linge ou de papier, & les approcher d’un corps chaud, des parois d’un fourneau, par exemple ; alors l’odeur plus subtile & plus douce de l’huile de lavande, de thym, &c. se dissipe la premiere, & il ne reste bientôt plus que l’odeur forte de l’huile de térébenthine. On peut ajoûter à cette épreuve deux signes assez démonstratifs de cette derniere falsification : le premier se déduit de ce que les huiles falsifiées par l’huile de térébentine sont plus limpides & plus fluides que ces huiles pures ; & le second, de ce que les étiquettes appliquées assez ordinairement sur le bouchon des fioles qui contiennent ces huiles, sont effacées en tout ou en partie par les exhalaisons de l’huile de thérébentine ; propriété qui est particuliere à cette derniere huile, & que n’ont pas au moins les huiles des plantes dont nous parlons.

On prétend encore que certains Artistes distillent les plantes qui ne donnent qu’une très-petite quantité d’huile essentielle, avec des substances très chargées d’huile par expression, la rue, par exemple, avec les semences de pavot ; & que dans cette opération, une assez bonne quantité d’huile par expression, qui est naturellement fixe, est enlevée dans la distillation par le secours de l’huile essentielle. Mais cette prétention a besoin d’être confirmée par des expériences ; & si elle se trouve fondée, il restera à savoir encore si l’huile par expression enlevée dans cette distillation, a changé de nature, & quel est son nouvel état. Voyez Frid. Hoffmann, Observat. physico-chimic. Lib. I, obs. ij.

Huile des Métaux, (Chimie) c’est ainsi que quelques chimistes ont appellé le phlogistique, ou la partie inflammable qui entre dans la combinaison des métaux. Voyez l’article Phlogistique.

Huile d’Onction, (Hist. sacr.) c’est celle que Moyse avoit composée pour l’onction & la consécration du roi, du souverain sacrificateur, & de tous les vaisseaux sacrés, dont on se servoit dans la premiere maison de Dieu.

Nous apprenons dans l’exode, chap. 30, que cette huile étoit faite de myrrhe, de cinnamome, de calamus aromaticus & d’huile d’olive, le tout confi par artifice de parfumeur.

Moyse ordonna aux israëlites de garder précieusement cette huile de génération en génération ; voilà pourquoi elle étoit déposée dans le lieu très saint.

Chaque roi n’étoit pas oint, mais seulement le premier de la famille, tant pour lui-même, que pour tous les successeurs de sa race ; il ne falloit pas d’autre onction, à moins qu’il ne s’élevât quelque difficulté touchant la succession, auquel cas celui qui l’avoit obtenue, quoiqu’il fût de la même famille, recevoit l’huile d’onction pour mettre fin à toute dispute, personne n’étant en droit, après cette cérémonie, de lui contester son titre : ce fut le cas de Salomon, de Joas & de Jéhoahaz ; mais chaque souverain sacrificateur étoit oint à sa consécration, ou lorsqu’il entroit en charge, & il en étoit de même du prêtre qui alloit à la guerre en sa place.

Les vaisseaux & les ustensiles qu’on oignoit avec l’huile d’onction, étoient l’arche de l’alliance, l’autel des parfums, la table des pains de proposition, le chandelier d’or, l’autel des holocaustes, le lavoir & les vases qui en dépendoient.

Comme Moyse consacra toutes ces choses par l’huile d’onction à l’érection du tabernacle, aussi lorsque quelqu’une venoit à être détruite, à s’user, ou à se perdre, elle pouvoit, tant que cette huile subsista, être rétablie & réparée, en faisant & consacrant d’autres ustensiles à la place, qui acquéroient la même sainteté que les premiers, au moyen de l’existence de l’huile d’onction ; mais malheureusement cette huile ayant péri avec le premier temple, & manquant dans le second temple, ce triste accident causa un défaut de sainteté dans toutes les autres choses qui y appartenoient. En vain, les Juifs, à leur retour de Babylone, & après le rétablissement de leur temple, eurent un arche, un autel des parfums, une table des pains de proposition, un chandelier d’or, un autel des holocaustes, un lavoir avec les vases qui y appartenoient, & le tout plus beau que dans le premier temple, cela ne servit de rien ; en vain, ils mirent toutes ces choses dans leur premiere place, & les appliquerent aux mêmes usages ; le manque d’huile d’onction rendit le tout défectueux.

Ajoutons aussi, qu’outre ce défaut d’huile, le second temple fut encore privé de cinq choses qui constituoient la gloire principale du premier ; savoir, 1°. de l’arche de l’alliance, qui étoit un petit coffret de bois de cédre, de trois piés neuf pouces de long, sur deux piés trois pouces de large, & deux piés trois pouces de haut. Il renfermoit la cruche où étoit la manne, & la verge d’Aaron qui avoit fleuri ; le propitiatoire faisoit le couvercle de ce coffre. 2°. Il manquoit au second temple le Schekinna, c’est-à-dire, la présence divine se manifestant dans une nuée qui reposoit sur le propitiatoire. 3°. Il manquoit l’urim & le thummin, qui étoit quelque chose que nous ignorons, & que Moyse mit dans le pectoral du souverain sacrificateur. Exode 28, 30, Lévitiq. 8, 8. On sait que le pectoral étoit une piece d’étoffe en double de la grandeur de quelques pouces en quarré, dans laquelle piece d’étoffe étoient enchassées douze pierres précieuses gravées des noms des douze tribus. 4°. Il manquoit au second temple le feu sacré qui fut éteint lors de la destruction du premier temple ; ensorte qu’on ne vit plus que du feu commun dans le second temple. 5°. L’esprit de prophétie y manquoit, ce qui pourtant ne doit pas être entendu à la rigueur ; car Aggée, Zacharie & Malachie prophétiserent encore.

Il ne faut donc pas être surpris que toutes ces choses, outre l’huile d’onction, manquant dans le second temple, les vieillards, lorsqu’on en posoit les fondemens, versassent des larmes au souvenir du premier ; mais tout cela fut abondamment réparé, lorsque, pour me servir des termes des prophetes, le desir des nations, le seigneur qu’elles cherchoient entra dans son temple ; lors, dis-je, que J. C. le véritable Schékinna, honora le dernier temple de sa présence ; & à cet égard, la gloire de la seconde maison l’a emporté de beaucoup sur celle de la premiere. (D. J.)

Huile de Cade, (Hist. des Drog.) huile fétide, rousse ou noire, empyreumatique, qui se tire du tronc & des rameaux de l’oxycédre & du genevrier en arbre que l’on brûle dans quelques fours destinés à cet usage. Cette huile appliquée en liniment à l’extérieur, est puissamment résolutive ; on s’en sert dans les provinces, pour les ulceres qui viennent aux brebis & aux moutons, après qu’on les a tondus. Les maréchaux s’en servent aussi pour la gale & les ulceres des chevaux. En Languedoc, on fait beaucoup d’huile de cade, semblable à celle du genevrier à baies rougeâtres ; on en tire de l’huile, en distillant son bois par la cornue. (D. J.)

Huile de Médie, (Pharmac. anc.) autrement dite huile des Medes, ou huile de Médée, en latin oleum medicum, nom que les anciens ont donné à une huile célebre qui avoit la propriété de brûler dans l’eau, malgré tout ce qu’on pouvoit faire pour l’éteindre. On l’appella huile de Médie, parce qu’on la recevoit de ce pays-là ; d’autres la nommerent huile de Médée, parce qu’ils imaginerent que c’étoit avec cette huile que la fille d’Hécate avoit brûlé la couronne de sa rivale.

Ammien Marcellin raconte que, si l’on trempe une fleche dans cette huile, & qu’on la tire avec un arc contre quelque corps imflammable, le tout prend feu immédiatement sans possibilité de l’éteindre avec de l’eau.

Le poison de Pharos, venenum pharicum de Nicandre, passoit pour être la même chose que l’huile de Médie ; & tout ce qu’il en dit convient parfaitement au récit que font d’autres auteurs, des propriétés de l’huile de Médée, de sorte qu’on ne peut douter que ces, deux liqueurs ne soient la même chose.

Quelques uns prétendent qu’on tiroit cette huile d’une plante ; mais Pline assure positivement que c’étoit un minéral bitumineux, liquide, de la nature du naphte, ce qui est très-apparent, parce que les huiles minérales sont les substances les plus inflammables que nous connoissions. Babylone est fameuse chez plusieurs auteurs, pour fournir cette liqueur ; il est certain que le naphthe s’y trouve abondamment. Strabon dit qu’elle en produit deux especes, l’une blanche, & l’autre noire. La blanche étoit vraisemblablement ce qu’on nommoit l’huile de Médie, ou de Médée ; mais on ne doit pas douter que les anciens n’ayent extrêmement exagéré les effets, les propriétés & les vertus qu’ils lui ont attribuées ; l’hyperbole leur est familiere dans tous les récits qu’ils nous ont fait des choses étrangeres à leurs pays, en quoi nous les avons assez bien imités. (D. J.)

Huile grasse, (Peinture.) est celle que les Peintres mêlent dans leurs couleurs pour les faire sécher. Cette liqueur est composée d’huile de noix ou de lin, & de litarge qu’on fait bouillir ; puis on laisse reposer la litarge au fond du vase, & ce qui surnage est l’huile grasse. Voyez Litarge.

L’huile est aussi employée dans les différens ouvrages d’Horlogerie, pour donner plus de mobilité aux pieces & en retarder l’usure ; car ses particules étant autant de petits rouleaux, elles diminuent considérablement le frottement, en remplissant les intervalles qui se trouvent toujours entre les parties des corps, quelque polis qu’ils soient ; & elles empêchent ces parties d’engrener aussi avant les unes dans les autres. Il est d’une grande conséquence, dans les montres surtout, que l’huile que l’on emploie soit bien pure & bien fluide. Voyez l’article Tigeron, où l’on explique la maniere dont les horlogers s’y prennent pour conserver l’huile aux parties d’une montre ou pendule, &c. où elle est nécessaire. (T)

Huile, (Relieure.) les Relieurs-doreurs se servent d’huile pour mettre sur le dos des livres qui sont prêts à dorer ; ils ont une éponge très-fine attachée à une petite palette de bois, avec laquelle ils prennent l’huile & en frottent légérement tous les endroits à dorer.

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Étymologie de « huile »

Du moyen français huyle, de l’ancien français oile, du latin ŏlĕum (« huile d’olive »), de olea (« olive »). Le ‹ h › initial, non étymologique, a été ajouté en moyen français par les clercs du Moyen Âge pour éviter la lecture vile (« ville »), ‹ u › et ‹ v › s’écrivant de la même façon dans la typographique de l’époque → voir huis, huit et huître.
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Wallon, ôle ; Hainaut, ole : picard, eule ; provenç. ol ; espagn. olio ; portug. oleo ; ital. olio ; du lat. oleum.

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Phonétique du mot « huile »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
huile µil

Citations contenant le mot « huile »

  • Le mensonge, comme l’huile, flotte à la surface de la vérité. De Henryk Sienkiewicz / Quo vadis
  • L'eau et l'huile, la femme et le secret sont, par nature, incompatibles.
  • Quand on naît salade, l'huile et le vinaigre vous tombent du ciel. De Elena Poniatowska / Vie de Jésus
  • N’appelle pas tout le village pour faire tourner ton moulin à huile. De Proverbe indien
  • L'huile du fouet est le meilleur remède contre les crampes de la paresse. De Proverbe anglais
  • Afin qu'une lampe continue de brûler, il faut y ajouter de l'huile. De Mère Teresa
  • La meilleure huile est au sommet, le meilleur vin au milieu et le meilleur miel est au fond. De Macrobe / Saturnales
  • Lorsque l'huile s'épuise, la lampe s'éteint, mais la flamme s'affaiblit graduellement. De Zhang Xianliang / Mimosa
  • Dans les auberges espagnoles c'est la même huile qui sert pour la lampe, le potage et la salade. De Algernon Charles Swinburne
  • […] Éternellement la science des maîtres passera dans le cœur des disciples, dans un grand silence attentif, comme cette huile rousse de mes collines qui coule du pressoir dans la jarre par un long fil d'or immobile, sans faire de bulles, sans faire de bruit. Marcel Pagnol, Cinématurgie de Paris, Pastorelly
  • L'odeur du vin, ô combien plus est friant, riant, priant, plus céleste et délicieux que d'huile ! François Rabelais, Gargantua, Prologue
  • Bonne renommée vaut mieux que l’huile précieuse. De La Bible
  • Un bon nom vaut mieux qu'une huile précieuse. De La Bible / L’Ecclésiaste
  • Il ne faut pas jeter de l’huile sur le feu. De Proverbe français
  • L’homme sans patience, c’est comme une lampe sans huile. De Alfred de Musset
  • La vérité est comme l’huile : elle monte toujours à la surface. De Proverbe français
  • Sardine : petit poisson sans tête qui vit dans l'huile. De Léo Campion
  • Inhalation contre le rhume : 4 recettes à base d'huiles essentielles Santé Magazine, Huile essentielle d'Origan compact (origanum compactum) - ses bienfaits | Santé Magazine
  • Des habitants de la résidence de la Citadelle, rue de la Paix-de-Nimègue, ont été intoxiqués au monoxyde de carbone, ce dimanche. Une quadragénaire l’a été plus sérieusement. Elle avait oublié un plat contenant de l’huile sur le feu. La Voix du Nord, Cambrai: Intoxiquée après avoir oublié de l’huile sur le feu
  • L’ail doit être réduit en purée. Rajoutez petit à petit l’huile d’argan gourmande. Rajoutez le sel et le poivre du moulin. Vous pouvez agrémenter cette aïoli végétale d’herbes fraiches : persil, ciboulette, cerfeuil … France Inter, Aïoli végétale à l’huile d’argan
  • Elle est surnommée l’or vert dans les pays méditerranéens. Consommée depuis l’Antiquité, l’huile d’olive n’est pas qu’un produit apprécié en cuisine qui vient parfumer nos plats. Elle possède également de nombreuses vertus pour rester en bonne santé. CNEWS, Les 6 bienfaits étonnants de l'huile d'olive | CNEWS
  • Après avoir reçu une AOC, appellation d'origine contrôlée, en 2018, l'huile de noix du Périgord poursuit sa quête de l'excellence avec une AOP, appellation d'origine protégée européenne. Alain Pouquet, président du syndicat de défense de la noix du Périgord invité de la Nouvelle Eco ce vendredi France Bleu, La Nouvelle Eco : Une certification européenne pour l'huile de noix du périgord
  • La Tunisie est le troisième producteur mondial d'huile d'olive, après l'Espagne et l'Italie. Et aujourd’hui, près de 10% des projets oléicoles bio en Tunisie sont portés par des femmes. Franceinfo, En Tunisie, la production d'huile d'olive biologique permet aux femmes de s'émanciper
  • La marque suisse rejoint la longue liste des concurrents de Nutella qui tablent sur une non-utilisation de l’huile de palme pour se démarquer. SudOuest.fr, Nestlé annonce une pâte à tartiner sans huile de palme pour concurrencer le Nutella
  • Si votre peau gerce ou qu’elle est très irritée à cause de la sécheresse qu’elle connait, n’hésitez pas à vous tourner vers des huiles végétales indiquées pour les peaux délicates. Marie Claire, Les meilleures huiles végétales pour peaux sèches - Marie Claire
  • Une marque d'huile d'olive du groupe tunisien CHO vient d'être primée « produit de l'année 2021 » en France. La Tribune, Agro-industrie: une huile d’olive tunisienne élue « produit de l’année » en France
  • L'agence américaine des douanes et de la protection des frontières (CBP) a affirmé avoir la preuve que les employés de Sime Darby subissent de graves abus. L'huile de palme et les produits à base de cet oléagineux de ce fournisseur de géants de l'alimentaire n'ont pas le droit d'entrer aux Etats-Unis. Les Echos, Le deuxième producteur malaisien d'huile de palme interdit aux Etats-Unis | Les Echos
  • Pour faire pousser ses cils ou ses cheveux, on recommande souvent l'huile de ricin. Mais où peut-on la dégoter pour être sûr de sa qualité ? Grazia.fr, Huile de ricin : où acheter ce produit miracle qui fait pousser les cils et les cheveux ? - Grazia

Traductions du mot « huile »

Langue Traduction
Anglais oil
Espagnol petróleo
Italien olio
Allemand öl
Chinois
Arabe نفط
Portugais óleo
Russe масло
Japonais
Basque olioa
Corse oliu
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Synonymes de « huile »

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Antonymes de « huile »

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