La langue française

Étioler

Sommaire

  • Définitions du mot étioler
  • Étymologie de « étioler »
  • Phonétique de « étioler »
  • Évolution historique de l’usage du mot « étioler »
  • Citations contenant le mot « étioler »
  • Images d'illustration du mot « étioler »
  • Traductions du mot « étioler »
  • Synonymes de « étioler »
  • Antonymes de « étioler »

Définitions du mot étioler

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTIOLER, verbe trans.

A.− HORTIC. [Le compl. d'obj. dir. désigne certains légumes : endive, céleri, etc.] Décolorer, rendre grêle et moins amer par culture à l'abri de l'air, de la lumière. La lumière plus ou moins faible nourrit ou étiole les portions vertes des plantes (Taine, Philos. art,t. 1, 1865, p. 220).
Emploi pronom. passif. Se décolorer, devenir grêle et moins amer en poussant à l'abri de l'air, de la lumière :
... les plantes privées d'air et de lumière, telles que celles qui végètent dans les souterrains, s'étiolent, c'est-à-dire blanchissent. Tels sont les cardons et les chicorées que l'on conserve l'hiver dans des caves, et les laitues romaines, dont l'été on lie les feuilles pour les attendrir. Tous ces végétaux artificiels, privés d'air et des rayons du soleil, ont peu de substance et de vertu. Il en est de même de l'herbe qui croît à l'ombre des arbres; elle y devient longue et molle... Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 144.
P. anal. [Le compl. d'obj. dir. désigne une pers.] Altérer le teint et la santé, faire pâlir et languir par manque d'air pur et de soleil. Une robe de satin noir qui contribuait à la rendre plus pâle, à faire d'elle la Parisienne blême, ardente, étiolée par le manque d'air, l'atmosphère des foules (Proust, Prisonn.,1922, p. 102).
Emploi pronom. passif. S'anémier, se débiliter par manque d'air pur et de soleil. Ce qu'il leur faudrait, c'est le grand air, les jeux au soleil; on s'étiole dans ces pièces trop étroites (...) mes enfants ne sont pas joyeux (Gide, Paludes,1895, p. 101).V. basaner ex. 4.
P. métaph., emploi pronom. passif. [Le suj. désigne une pers. envisagée dans sa vie morale, intellectuelle ou une chose abstr.] Péricliter par manque de contact avec le réel, etc. Combien de jeunes talents confinés dans une mansarde s'étiolent et périssent faute d'un ami (Balzac, Peau chagr.,1831, p. 12).Les principes s'étiolent et pâlissent dans votre cave constitutionnelle (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 799).Des œuvres qui, n'ayant aucune possibilité de s'épanouir à l'air, s'étiolaient, devenaient chimériques, irréelles (Rolland, J.-Chr.,Maison, 1909, p. 996).
B.− P. ext. [Le compl. d'obj. dir. désigne des plantes quelconques] Priver de vitalité en supprimant les conditions favorables à un épanouissement normal (notamment l'humidité, la fertilité du sol). Qu'est-ce qu'un jardin centenaire où pas un marronnier n'a plus de vingt ans, sinon un étouffoir bon, tout juste, à étioler des plantes dépaysées? (Estaunié, Ascension M. Baslèvre,1919, p. 25).
Emploi pronom. passif. Perdre sa vitalité, se faner. Les chênes dont les chétifs s'étiolent au vent de la mer et dont les robustes n'en poussent que mieux (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 286).Ne laissant pas « inutilement » s'étioler, sur les sépultures fraîches, tous ces splendides bouquets (Villiers de l'I.-A., Contes cruels,1883, p. 231).L'aptitude pour ainsi dire à filtrer le suc d'un terroir, à l'assimiler, n'est point égale dans toutes les plantes. Là où celle-ci prospère, celle-là s'étiole (Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 34).
P. anal., emploi pronom. passif. [Le suj. désigne un être vivant] Dépérir. La faune voit s'épanouir le groupe des mammifères. Les marsupiaux, florissants au début du Tertiaire, vont s'étioler pour se cantonner finalement, de nos jours, en Australie (Combaluzier, Introd. géol.,1961, p. 156).
P. métaph., emploi pronom. passif. [Le suj. désigne une pers. envisagée dans sa vie morale, intellectuelle ou une chose abstr.] Perdre de sa vigueur, s'affaiblir par manque d'éléments stimulants, vivifiants. Les illusions qui ont pu les séduire, tombent peu à peu d'elles-mêmes, imperceptible semence d'amour-propre qui s'étiole faute d'aliment (Bremond, Hist. sent. relig.,t. 3, 1921, p. 620).Accueille (...) l'inondation, de la sève humaine. Reçois-la, cette sève, − car, sans son baptême, tu t'étioleras sans désir, comme une fleur sans eau (Teilhard de Ch., Milieu divin,1955, p. 202).Les mauvais désirs et les mauvaises pensées, quand il y en a, viennent du dehors; à peine en moi, elles languissent et s'étiolent : je suis un mauvais terrain pour le mal (Sartre, Mots,1964, p. 19).
C.− Au fig.
1. [Le compl. d'obj. dir. désigne une pers. envisagée dans sa vie morale, intellectuelle] Atténuer la personnalité, le caractère, les ressources morales ou intellectuelles. Il m'a tout l'air de ces gens qui s'attachent aux privilégiés avec l'office de penser pour eux (...). Ce fut jadis le rôle de Cicéron auprès des patriciens de Rome, étiolés et amoindris par un siècle d'aristocratie heureuse (Stendhal, L. Leuwen,t. 1, 1836, p. 184).Le poëte las que la vie étiole (Mallarmé, Poésies,1898, p. 34).
Emploi pronom. passif. Perdre sa personnalité, son caractère, ses ressources morales, intellectuelles. Un jésuite qui, rencontrant une âme douée de quelque vitalité, la laisserait s'étioler ou s'annihiler dans une quiétude stérile, aurait manqué à son devoir (Sand, Hist. vie,t. 3, 1855, p. 301).Celui qui a simplifié et appauvri sa propre vie se ferme à toute compréhension véritable (...), il y a une étroite interdépendance entre toutes les couches de l'être : quiconque laisse s'étioler l'une ou l'autre est malade dans sa personne entière (Béguin, Âme romant.,1939, p. 83).J'en avais assez d'être un pur esprit (...) je devinais que la violence de la chair, sa crudité, m'auraient sauvée de cette fadeur éthérée où je m'étiolais (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 308).
2. [Le compl. d'obj. dir. désigne une chose abstr.] Diminuer la force, l'intensité de. Trop d'aristocratie énerve l'art, étiole le génie (Barb. d'Aurev., 3eMemor.,1856, p. 54).En apprenant les sciences trop vite, on fatigue donc des facultés de l'esprit qui ne sont point encore développées; si on veut exercer ces facultés par un exercice trop précoce, on les fatigue et on les étiole (C. Bernard, Princ. méd. exp.,1878, p. 217).
Emploi pronom. passif. Perdre sa force, son intensité. Le bel art du Chant s'étiole et tend à disparaître (Saint-Saëns, Portr. et souv.,1909, p. 328).C'est l'ardeur des convictions qu'il [l'homme qui veut répandre sa foi] suscite qui vient réconforter la sienne. Elle s'étiolerait vite si elle restait seule (Durkheim, Formes élem., vie relig.,1912, p. 609).Les théories toutes pures s'alanguissent et s'étiolent (Valéry, Tel quel I,1941, p. 96).
Rem. La docum. atteste a) Étiolant, ante en emploi adj. Qui étiole; en partic. qui fait perdre la vitalité. Si les influences étiolantes et modératrices venaient à cesser, la prolifération des infusoires atteignant son maximum (Proust, Temps retr., 1922, p. 772). b) Étioline, subst. fém. Pigment jaunâtre des plantes étiolées qui croissent à l'abri de l'air et de la lumière. La « xanthophylle » ou étioline est un composé voisin du carotène (...), jaune, conférant leur couleur blanc jaunâtre aux feuilles étiolées, développées à l'obscurité (Camefort, Gama, Sc. nat., 1960, p. 332). Attesté aussi ds Guérin 1892, Nouv. Lar. ill.-Lar. 20es.v. étiolement et Baillon t. 2 1886, Gatin 1924.
Prononc. et Orth. : [etjɔle], (il s')étiole [etjɔl]. Enq. : /etjol/ (il s')étiole. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1. 1690 pronom., hortic. (J. de La Quintinie, Instruction pour les jardins fruitiers et potagers ds Trév. 1704); 2. 1805 trans. « rendre (quelqu'un) chétif, pâle » (Cuvier, Anat. comp., t. 5, p. 549). Prob. dér. d'une var. dial. de éteule* (bourg. étieuble, champ. équiole, FEW t. 12, p. 271b); dés. -er. Fréq. abs. littér. : 79.

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTIOLER, verbe trans.

A.− HORTIC. [Le compl. d'obj. dir. désigne certains légumes : endive, céleri, etc.] Décolorer, rendre grêle et moins amer par culture à l'abri de l'air, de la lumière. La lumière plus ou moins faible nourrit ou étiole les portions vertes des plantes (Taine, Philos. art,t. 1, 1865, p. 220).
Emploi pronom. passif. Se décolorer, devenir grêle et moins amer en poussant à l'abri de l'air, de la lumière :
... les plantes privées d'air et de lumière, telles que celles qui végètent dans les souterrains, s'étiolent, c'est-à-dire blanchissent. Tels sont les cardons et les chicorées que l'on conserve l'hiver dans des caves, et les laitues romaines, dont l'été on lie les feuilles pour les attendrir. Tous ces végétaux artificiels, privés d'air et des rayons du soleil, ont peu de substance et de vertu. Il en est de même de l'herbe qui croît à l'ombre des arbres; elle y devient longue et molle... Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 144.
P. anal. [Le compl. d'obj. dir. désigne une pers.] Altérer le teint et la santé, faire pâlir et languir par manque d'air pur et de soleil. Une robe de satin noir qui contribuait à la rendre plus pâle, à faire d'elle la Parisienne blême, ardente, étiolée par le manque d'air, l'atmosphère des foules (Proust, Prisonn.,1922, p. 102).
Emploi pronom. passif. S'anémier, se débiliter par manque d'air pur et de soleil. Ce qu'il leur faudrait, c'est le grand air, les jeux au soleil; on s'étiole dans ces pièces trop étroites (...) mes enfants ne sont pas joyeux (Gide, Paludes,1895, p. 101).V. basaner ex. 4.
P. métaph., emploi pronom. passif. [Le suj. désigne une pers. envisagée dans sa vie morale, intellectuelle ou une chose abstr.] Péricliter par manque de contact avec le réel, etc. Combien de jeunes talents confinés dans une mansarde s'étiolent et périssent faute d'un ami (Balzac, Peau chagr.,1831, p. 12).Les principes s'étiolent et pâlissent dans votre cave constitutionnelle (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 799).Des œuvres qui, n'ayant aucune possibilité de s'épanouir à l'air, s'étiolaient, devenaient chimériques, irréelles (Rolland, J.-Chr.,Maison, 1909, p. 996).
B.− P. ext. [Le compl. d'obj. dir. désigne des plantes quelconques] Priver de vitalité en supprimant les conditions favorables à un épanouissement normal (notamment l'humidité, la fertilité du sol). Qu'est-ce qu'un jardin centenaire où pas un marronnier n'a plus de vingt ans, sinon un étouffoir bon, tout juste, à étioler des plantes dépaysées? (Estaunié, Ascension M. Baslèvre,1919, p. 25).
Emploi pronom. passif. Perdre sa vitalité, se faner. Les chênes dont les chétifs s'étiolent au vent de la mer et dont les robustes n'en poussent que mieux (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 286).Ne laissant pas « inutilement » s'étioler, sur les sépultures fraîches, tous ces splendides bouquets (Villiers de l'I.-A., Contes cruels,1883, p. 231).L'aptitude pour ainsi dire à filtrer le suc d'un terroir, à l'assimiler, n'est point égale dans toutes les plantes. Là où celle-ci prospère, celle-là s'étiole (Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 34).
P. anal., emploi pronom. passif. [Le suj. désigne un être vivant] Dépérir. La faune voit s'épanouir le groupe des mammifères. Les marsupiaux, florissants au début du Tertiaire, vont s'étioler pour se cantonner finalement, de nos jours, en Australie (Combaluzier, Introd. géol.,1961, p. 156).
P. métaph., emploi pronom. passif. [Le suj. désigne une pers. envisagée dans sa vie morale, intellectuelle ou une chose abstr.] Perdre de sa vigueur, s'affaiblir par manque d'éléments stimulants, vivifiants. Les illusions qui ont pu les séduire, tombent peu à peu d'elles-mêmes, imperceptible semence d'amour-propre qui s'étiole faute d'aliment (Bremond, Hist. sent. relig.,t. 3, 1921, p. 620).Accueille (...) l'inondation, de la sève humaine. Reçois-la, cette sève, − car, sans son baptême, tu t'étioleras sans désir, comme une fleur sans eau (Teilhard de Ch., Milieu divin,1955, p. 202).Les mauvais désirs et les mauvaises pensées, quand il y en a, viennent du dehors; à peine en moi, elles languissent et s'étiolent : je suis un mauvais terrain pour le mal (Sartre, Mots,1964, p. 19).
C.− Au fig.
1. [Le compl. d'obj. dir. désigne une pers. envisagée dans sa vie morale, intellectuelle] Atténuer la personnalité, le caractère, les ressources morales ou intellectuelles. Il m'a tout l'air de ces gens qui s'attachent aux privilégiés avec l'office de penser pour eux (...). Ce fut jadis le rôle de Cicéron auprès des patriciens de Rome, étiolés et amoindris par un siècle d'aristocratie heureuse (Stendhal, L. Leuwen,t. 1, 1836, p. 184).Le poëte las que la vie étiole (Mallarmé, Poésies,1898, p. 34).
Emploi pronom. passif. Perdre sa personnalité, son caractère, ses ressources morales, intellectuelles. Un jésuite qui, rencontrant une âme douée de quelque vitalité, la laisserait s'étioler ou s'annihiler dans une quiétude stérile, aurait manqué à son devoir (Sand, Hist. vie,t. 3, 1855, p. 301).Celui qui a simplifié et appauvri sa propre vie se ferme à toute compréhension véritable (...), il y a une étroite interdépendance entre toutes les couches de l'être : quiconque laisse s'étioler l'une ou l'autre est malade dans sa personne entière (Béguin, Âme romant.,1939, p. 83).J'en avais assez d'être un pur esprit (...) je devinais que la violence de la chair, sa crudité, m'auraient sauvée de cette fadeur éthérée où je m'étiolais (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 308).
2. [Le compl. d'obj. dir. désigne une chose abstr.] Diminuer la force, l'intensité de. Trop d'aristocratie énerve l'art, étiole le génie (Barb. d'Aurev., 3eMemor.,1856, p. 54).En apprenant les sciences trop vite, on fatigue donc des facultés de l'esprit qui ne sont point encore développées; si on veut exercer ces facultés par un exercice trop précoce, on les fatigue et on les étiole (C. Bernard, Princ. méd. exp.,1878, p. 217).
Emploi pronom. passif. Perdre sa force, son intensité. Le bel art du Chant s'étiole et tend à disparaître (Saint-Saëns, Portr. et souv.,1909, p. 328).C'est l'ardeur des convictions qu'il [l'homme qui veut répandre sa foi] suscite qui vient réconforter la sienne. Elle s'étiolerait vite si elle restait seule (Durkheim, Formes élem., vie relig.,1912, p. 609).Les théories toutes pures s'alanguissent et s'étiolent (Valéry, Tel quel I,1941, p. 96).
Rem. La docum. atteste a) Étiolant, ante en emploi adj. Qui étiole; en partic. qui fait perdre la vitalité. Si les influences étiolantes et modératrices venaient à cesser, la prolifération des infusoires atteignant son maximum (Proust, Temps retr., 1922, p. 772). b) Étioline, subst. fém. Pigment jaunâtre des plantes étiolées qui croissent à l'abri de l'air et de la lumière. La « xanthophylle » ou étioline est un composé voisin du carotène (...), jaune, conférant leur couleur blanc jaunâtre aux feuilles étiolées, développées à l'obscurité (Camefort, Gama, Sc. nat., 1960, p. 332). Attesté aussi ds Guérin 1892, Nouv. Lar. ill.-Lar. 20es.v. étiolement et Baillon t. 2 1886, Gatin 1924.
Prononc. et Orth. : [etjɔle], (il s')étiole [etjɔl]. Enq. : /etjol/ (il s')étiole. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1. 1690 pronom., hortic. (J. de La Quintinie, Instruction pour les jardins fruitiers et potagers ds Trév. 1704); 2. 1805 trans. « rendre (quelqu'un) chétif, pâle » (Cuvier, Anat. comp., t. 5, p. 549). Prob. dér. d'une var. dial. de éteule* (bourg. étieuble, champ. équiole, FEW t. 12, p. 271b); dés. -er. Fréq. abs. littér. : 79.

Wiktionnaire

Verbe

étioler \e.tjɔ.le\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’étioler)

  1. Rendre une plante grêle et décolorée en la faisant pousser dans un endroit obscur et en la privant de soleil.
    • L’obscurité étiole les plantes.
  2. Faire blanchir à l’abri de l’air et du soleil pour rendre moins amer, en parlant de certains légumes.
    • Étioler des laitues, des chicorées.
  3. (Pronominal) En parlant d'une plante, perdre sa vigueur et sa couleur par manque de lumière et d'air.
    • Les plantes qui croissent dans une cave s’étiolent.
  4. (Pronominal) (Médecine) Devenir chétif et pâle parce qu'on vit dans un endroit où la lumière et l’air sont insuffisants.
    • Les médecins avaient condamné la marquise à rester couchée sur un divan, où elle s'étiolait au milieu des fleurs qui l'entouraient, en se fanant comme elle. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Il paraît que je m’étiolais...
      Vous vous étioliez ?
      — Oui... Le plein air m’était utile.
      — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 286.)
    • En sus de ces escapades champêtres de plus en plus fréquentes, pour éviter qu'il s’étiolât, qu'il (« on ne sait jamais ») se tuberculosât dans l'air champignonneux du cagibi, on envoyait J, fort aise, se rechlorophyller pour des périodes longues à la campagne. — (Patrick Froissart, La Mise à nu : Fantaisies en sol mineur, Mon Petit Éditeur, page 43)
  5. (Pronominal) Perdre ses couleurs et sa vigueur.
    • Son teint s’étiole, contracte des teintes ou verdâtres ou terreuses, suivant le tempérament de l’individu. — (Honoré de Balzac, L’Interdiction, 1839)
  6. (Pronominal) (Figuré) Perdre de la vigueur, diminuer en volume.
    • Une intelligence qui s’étiole.
    • Un talent qui s’étiole.
    • Les mauvais désirs et les mauvaises pensées, quand il y en a, viennent du dehors; à peine en moi, elles languissent et s'étiolent: je suis un mauvais terrain pour le mal. — (Sartre, Les Mots, 1964, I)
    • La conversation s'étiolait. — (Jean-Paul Jody, La route de Gakona, Le Seuil, 2009, p. 161)
    • Avec les services publics qui s'étiolent, les citoyens dépensent davantage pour les services de garde, les médicaments ou encore l'électricité. — (« Le remboursement de la dette publique au Québec doit-il être une priorité? » in Argument, vol. xx, n° 1, automne-hiver 2017-2018, p. 72)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉTIOLER. v. tr.
Rendre une plante grêle et décolorée en la faisant pousser dans un endroit obscur et en la privant d'air. L'obscurité étiole les plantes. Les plantes qui croissent dans une cave s'étiolent. Il signifie aussi Faire blanchir à l'abri de l'air et du soleil pour rendre moins amer, en parlant de Certains légumes. Étioler des laitues, des chicorées. En termes de Médecine, il signifie Rendre une personne chétive et pâle en la faisant vivre dans un endroit où la lumière et l'air lui arrivent d'une manière insuffisante. Un enfant s'étiole dans une chambre obscure et malsaine. Fig., Une intelligence qui s'étiole. Un talent qui s'étiole.

Littré (1872-1877)

ÉTIOLER (é-ti-o-lé) v. a.
  • 1 Terme de botanique. Causer l'étiolement. L'obscurité étiole les plantes.
  • 2 Terme de médecine. Produire l'étiolement sur une personne.
  • 3S'étioler, v. réfl. Devenir étiolé. On dit, en termes de jardinage, qu'une plante s'étiole, quand elle pousse des tiges longues, effilées, d'un blanc éclatant, terminées par de très petites feuilles, assez mal façonnées, d'un vert pâle, Bonnet, Usage des feuilles, 4e mémoire.

    Par extension. Un enfant languit sans air comme la plante qui en est privée ; il pâlit et s'étiole comme elle dans une chambre fermée, Bernardin de Saint-Pierre, Harm. liv. II.

    Fig. Il se dit du caractère, de l'intelligence, des grâces, de l'esprit, de la beauté, etc.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « étioler »

Origine longtemps cherchée inutilement, et qui est donnée par le normand s'étieuler, pousser en chaume, qui vient de éteule 1.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

De l’ancien français estuble (« éteule »), issu du latin stupla, issu de stipula (« paille, chaume »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « étioler »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
étioler etjɔle

Évolution historique de l’usage du mot « étioler »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « étioler »

  • Le programme de la journée commémorative a donc été minutieusement préparé. Emmanuel Macron s’est d’abord rendu hier matin au musée de la Libération, aux Invalides, où il s’est entretenu avec Hubert Germain, 99 ans, l’un des quatre derniers Compagnons de la Libération. "Nous nous devons d’être inspirés par cette force d’âme. Même quand l’amour de la patrie semble s’étioler, […] l’exemple du général doit inspirer les jeunes générations. Ne cédez pas au désarroi et au doute. Les braises, on peut les ranimer et qu’elles flambent à nouveau", a dit le chef de l’Etat. petitbleu.fr, Macron célèbre l’esprit de résistance - petitbleu.fr
  • Rafal Trzaskowski est loin d’être un cas unique. De Budapest à São Paulo, en passant par Istanbul, la vitrine d’une métropole permet de faire entendre sa différence quand l’opposition parlementaire peine à contrer des dirigeants autoritaires. Alors qu’une polarisation croissante au plan national empêche de débattre sur la base de faits, le principal atout de Mme ou M. le maire tient à l’aspect très concret de leur mandat. Les déclarations tonitruantes contre tel ou tel groupe ne rencontrent ici qu’un écho limité. A l’échelon local, c’est l’efficacité de la gestion qui prime: pour juger du bilan d’un maire, il suffit de sortir dans la rue. Le contrôle du budget municipal et des projets qu’il finance représente ainsi un levier politique autant qu’économique. En perdant Istanbul, Recep Tayyip Erdogan – ancien maire de la mégapole – a vu s’étioler un réseau qui avait contribué à son ascension. Le Temps, Maires de toutes les batailles - Le Temps
  • Ce sont des pans entiers de notre connaissance du monde contemporain qui vont s’étioler, puis s’évanouir faute de pouvoir se reproduire. Car on ne peut pas faire des enquêtes ou du travail d’archives primaires par visioconférence. Ou, pis, on risque de s’imaginer pouvoir le faire, en devenant captifs de la vision déformée et partiale des sociétés étrangères que nous donneront nos écrans d’ordinateur. Le Monde.fr, « Les sciences sociales sont en danger à l’échelle internationale »
  • La popularité dont il jouit risque de s’étioler lorsqu’un bilan rigoureux de la gestion de la crise sera fait. Ainsi, on comprend mieux sa rapidité à remanier son cabinet pour apaiser les grognes qui surgiront. Cependant, il n’est pas garanti que la manœuvre le mettra à l’abri. Le Journal de Montréal, Communication efficace dans une guerre perdue | JDM
  • L'école de surf de cette Arabe israélienne de 41 ans est une manne bienvenue pour Jisr al-Zarqa, le seul village arabe de la côte israélienne dont les revenus de la pêche ne cessent de s'étioler en raison des restrictions liées à la protection de l'environnement. L'Obs, Du surf pour faire vivre un village de pêcheurs: le pari d'une Arabe israélienne
  • Dans une équipe d’Arsenal à qui décidément pas grand-chose ne réussit et qui voit doucement s’étioler son espoir européen, Mattéo Guendouzi s’est, malheureusement pour lui, surtout distingué par son mauvais geste au coup de sifflet final. Le Telegramme, Football. Quand Guendouzi dérape… - Football - Le Télégramme
  • Sud pour Sud, sans être tout à fait une Arlésienne culinaire, la fleur de courgette ne se livre qu’avec parcimonie. Pour la trouver, mieux vaut se lever au petit matin des marchés, se mettre dans la poche un maraîcher ou la cultiver soi-même tant sa production relève du sensible. Portée par un légume, elle n’en reste pas moins fleur. Une mignonne azuréenne qui, à peine éclose, à peine cueillie, ne se tiendra pas mieux que deux jours avant de s’étioler. Le Figaro.fr, La fleur de courgette du Var par Christophe Bacquié

Images d'illustration du mot « étioler »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « étioler »

Langue Traduction
Anglais wither
Espagnol marchitar
Italien appassire
Allemand verdorren
Chinois 枯萎
Arabe صعق
Portugais murchar
Russe вянут
Japonais 枯れる
Basque wither
Corse wither
Source : Google Translate API

Synonymes de « étioler »

Source : synonymes de étioler sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « étioler »

Partager