Courber : définition de courber


Courber : définition du Wiktionnaire

Verbe

courber \kuʁ.be\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se courber)

  1. Rendre courbe.
    • D’une grosseur appétissante, fermes et opaques, long-pendues en trochets bien fournis, elles courbaient les longues branches. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 10)
    • Une charge trop forte a courbé cette pièce de bois, cette poutre.
    • La vieillesse l’a tout courbé.
    • Se courber pour ramasser quelque chose.
    • Courber un arc pour le bander.
    • Courber une règle.
    • (Poétique) Les ans ont courbé sa tête, son front.
  2. (Suisse romande) Sécher les cours.
    • J'ai courbé la philo.
  3. (Intransitif) Devenir courbe.
    • Il courbait sous le faix.
    • Le roseau courbe sous le vent.
  4. (Pronominal) Devenir courbe.
    • Cette poutre, cette branche se courbe.
    • Il devient vieux, il commence à se courber.
  5. (Pronominal) (Figuré) Plier sous la volonté d’un autre, donner à quelqu’un des marques de soumission, de respect.
    • Tout se courbe, tout est courbé devant cet homme.
    • Se courber devant l’idole.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Courber : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COURBER. v. tr.
Rendre courbe une chose qui était droite. Une charge trop forte a courbé cette pièce de bois, cette poutre. La vieillesse l'a courbé, l'a tout courbé. Il se tient tout courbe. Se courber pour ramasser quelque chose. Courber un arc pour le bander. Courber une règle. Poétiq., L'âge a courbé sa tête, son front.

SE COURBER et

COURBER, intransitif, signifient Devenir courbe. Cette poutre, cette branche se courbe. Il devient vieux, il commence à se courber. Il courbait sous le faix.

SE COURBER signifie figurément Plier sous la volonté d'un autre, donner à quelqu'un des marques de soumission, de respect. Tout se courbe, tout est courbé devant cet homme. Se courber devant l'idole.

Courber : définition du Littré (1872-1877)

COURBER (kour-bé) v. a.
  • 1Rendre courbe. Courber un bâton. La vieillesse viendra courber ton corps, Fénelon, Tél. XIX. Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse, La Fontaine, Fabl. VII, 18. Puis l'infirme vieillesse, arrivant tristement, Presse d'un malheureux la tête chancelante, Courbe sur un bâton sa démarche tremblante…, Chénier, Élég. 33.
  • 2Fléchir, baisser. Peut-être Assuérus, frémissant de courroux, Si nous ne courbons les genoux Devant une muette idole, Commandera qu'on nous immole, Racine, Esth. II, 9. Vous avez jusqu'ici… Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin, La Fontaine, Fabl. I, 22. On courbe l'homme, et il reste plié ; il prend cette attitude pour celle que lui donne la nature, il s'endort dans sa misère, Saint-Lambert, Saisons, IV, note 4. On courbait la tête sous les bénédictions des évêques, Chateaubriand, Génie, IV, III, 2.

    Fig. Ce Dieu, tyran cruel, monarque imaginaire, Sous le sceptre odieux du pouvoir arbitraire, Devait courber nos fronts…, Delille, Parad. perdu, VI. Las de courber mon front sous un injuste empire, Delavigne, Vêp. sicil. I, 2.

  • 3 V. n. Courber sous le faix, plier, fléchir. Quatre monstres marins courbent sous ce fardeau, Corneille, Toison d'or, II, 3. L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il sût faire ; Il courbait sous les fruits, La Fontaine, Fabl. X, 2. Ils [des arbres] courbent sous le poids des offrandes sans nombre, La Fontaine, Phil. et Bauc.
  • 4Se courber, v. réfl. Devenir courbe. La poutre se courbant sous le poids qu'elle supportait. Ce trône était ombragé de lilas qui se courbaient en voûte, Marmontel, Contes mor. Mari sylphe. Jusqu'aux fonds azurés où la voûte des airs S'unit, en se courbant, au vaste sein des mers, Saint-Lambert, Saisons, II.

    Avec suppression du pronom réfléchi. On fit courber par force des arbres l'un vers l'autre, et l'on attacha à chacun de ces arbres un des membres du corps de ce parricide, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. VI, p. 450, dans POUGENS.

  • 5Plier le corps. Se courber pour ramasser quelque chose. Mais du haut de la porte enfin nous l'avons vue, Un poignard à la main sur Pyrrhus se courber, Lever les yeux au ciel, se frapper et tomber, Racine, Andr. V, 5. Lui-même, se courbant, s'apprête à le rouler [le lutrin], Boileau, Lutrin, III.
  • 6S'incliner. L'insolent devant moi ne se courba jamais, Racine, Esth. II, 1. Cette tête élevée vers les cieux n'est pas faite à l'image du Créateur pour se courber devant un homme, Raynal, Hist. phil. XIX, 10. Séraphins, prophètes, archanges, Courbez-vous, c'est un roi ; chantez, c'est un martyr ! Hugo, Odes, I, 5.

    Fig. [La véritable grandeur] se courbe par bonté vers ses inférieurs et revient sans effort dans son naturel, La Bruyère, II.

  • 7S'humilier sous la volonté d'un supérieur. Tout se courbe devant cet homme.

    Se dit aussi, dans le langage élevé, des objets inanimés. Ô voyage bien différent de celui qu'elle avait fait sur la même mer, lorsque, venant prendre possession du sceptre de la Grande-Bretagne, elle voyait, pour ainsi dire, les ondes se courber sous elle et soumettre toutes leurs vagues à la dominatrice des mers ! Bossuet, Reine d'Anglet. Et la mer se courbant sous vos flottes puissantes, Delille, Énéide, IV.

HISTORIQUE

XIIe s. Jo guarderai à mun oes [service] set milie humes ki encore unches ne curberent le genuil devant Baal, Rois, 322.

XIIIe s. Corbés sui por le fes de mes pechiez qui trop est griés [lourd], Psautier, f° 47.

XVIe s. Il n'en ont veu aulcun esdenté ou courbé de vieillesse, Montaigne, I, 236. La figure [de ma bibliothèque] en est ronde ; elle vient m'offrant, en se courbant, d'une veue touts mes livres, Montaigne, III, 289. En un endroit où la rive se courboit en forme de croissant, Amyot, Publ. 35. Leurs espées estoient forgées de fer fort mol, de sorte qu'elles se courboient et plioient incontinent, Amyot, Cam. 70. On ne voyoit autre chose que gens courbez vers la terre qui fouilloient des pierres, Amyot, Anton. 58.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Courber : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « courber » les plus populaires.

✍️

Étymologie de « courber »

Étymologie de courber - Littré

Berry, corber, corbir ; provenç. corbar, curvar ; anc. espagn. corvar ; ital. curvare ; du latin curvare (voy. COURBE).

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de courber - Wiktionnaire

Du latin curvare devenu *curbare en latin populaire.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « courber »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
courber kurbe play_arrow

Conjugaison du verbe « courber »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe courber

Évolution historique de l’usage du mot « courber »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « courber »

  • Non, justement. C’est là que c’est malin. Il s’agit d’une petite plaque en métal souple dans laquelle on a découpé un motif qui ressemble à des écailles de serpent. Quand le pied est à plat, la semelle n’a aucune aspérité. Mais dès qu’on commence à lever le talon pour marcher, la plaque va se courber. Ce qui va fait ressortir les pointes, comme sur une râpe à fromage. C’est le même principe qu’utilisent les serpents pour se déplacer. Ils prennent appui sur leurs écailles pour accrocher le sol. Donc c’est encore un bel exemple de ce qu’on appelle le biomimétisme : quand la technologie s’inspire de la nature. Europe 1, Une semelle antidérapante d'un nouveau genre
  • « Serge a connu la métallurgie, le monde agricole, puis plus tard, la rue… Le poids d’une vie qui lui fait courber l’échine mais qui jamais ne l’a pas mis à terre. Ainsi continue-t-il à tracer son sillon, avec courage. Il participe notamment à la végétalisation d’une friche à l’abandon, vaille que vaille. La Voix du Nord, Photos : La vie, vaille que vaille - La Voix du Nord
  • Tout ceux qui refusent de se plier ou de courber l’échine devant eux, ils les détruisent systématiquement dans les médias internationaux à travers des cercles de lobbying,Ils ont en horreur les nationalistes. Politico.cd, RDC: Le Mouvement citoyen DGAOD dit « non au néocolonialisme derrière les ONG internationales ! » | Politico.cd
  • L'homme de bien est droit et juste, mais non raide et inflexible ; il sait se plier mais pas se courber. De Confucius
  • On connaît, dans les grandes cours, un autre moyen de se grandir : c’est de se courber. De Talleyrand / Mémoires
  • La religion est le seul pouvoir devant lequel on peut se courber sans s'avilir. De François René de Chateaubriand
  • Il est impossible de se tenir debout en ce monde sans jamais se courber. De Proverbe japonais
  • Il faut courber le rameau quand il est jeune. De Proverbe anglais
  • Si la branche vieillit, tu ne pourras plus la courber. De Proverbe oubykh
  • Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. saint Remi,

Images d'illustration du mot « courber »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « courber »

Langue Traduction
Corse curva
Basque bihurgune
Japonais 曲がる
Russe изгиб
Portugais dobrar
Arabe ينحني
Chinois 弯曲
Allemand biege
Italien piegare
Espagnol curva
Anglais bend
Source : Google Translate API

Synonymes de « courber »

Source : synonymes de courber sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « courber »


Mots similaires