Bleu : définition de bleu


Bleu : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

BLEU, BLEUE, adj. et subst. masc.

I.− Emploi adj. Qui, parmi les sept couleurs fondamentales du spectre, se situe entre le vert et l'indigo, et rappelle notamment la couleur diurne du ciel sans nuage, celle de l'eau profonde et claire, etc. :
1. A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes : ... O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, Silences traversés des Mondes et des Anges; − O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux! Rimbaud, Poésies,Voyelles, 1871, p. 110.
2. Celle-là avait des yeux bleus, de ces yeux bleus qui semblent contenir toute la poésie, tout le rêve, toute l'espérance, tout le bonheur du monde! Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, Découverte, 1884, p. 958.
3. Il [le jardin] va s'effiler fibre à fibre, Il ne restera que du bleu, Air bleu, eau bleue, azur qui vibre, De tout ce jardin fabuleux... A. de Noailles, Les Éblouissements,1907, p. 257.
4. Il fait bleu il fait bon Il fait aujourd'hui Il fait bon il fait bleu Et je suis née juste aujourd'hui Si vous voulez savoir mon nom Mon nom est iris bleu! Claudel, Poésies diverses,Dodoitzu, mon petit nom, 1952, p. 743.
A.− [En parlant d'éléments de la nature] Air, ciel, lac bleu, mer bleue.
SYNT. Les montagnes des Vosges toutes bleues (Erckmann-Chatrian, Histoire d'un paysan, t. 2, 1870, p. 136); une ombre bleue et fraîche (T. Gautier, Le Roman de la momie, 1858, p. 195); les étoiles bleues et jeunes (Hist. gén. des sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 539). Fig. Les forces de la houille bleue. La force des marées (cf. Giraudoux, Bella, 1926, p. 132 et V. Romanovsky, La Mer source d'én., 1950, p. 7). Synon. houille verte (Pt Rob.). Le fleuve bleu. Le Yang Tsé-Kiang. La grande bleue. La Méditerranée. Le pays bleu. Le midi et au fig. pays imaginaire et merveilleux.
Emplois spéc.
BOT. Une anémone bleue, le chardon bleu.
GÉOL. Pierres bleues. ,,Nom donné (...) dans les départements du Nord (...) à des calcaires compacts d'un gris bleuâtre ou violacé, qui appartiennent au terrain carbonifère et fournissent d'excellents matériaux de construction`` (Lar. 19e, Lar. 20e). Le calcaire bleu du lias inférieur (Ch. Durand, Les Gdes industr. minérales en Lorraine,1893, p. 18).
ZOOL. [Qualifiant des espèces] La baleine bleue, une grosse mouche bleue, l'oiseau bleu (conte de Maeterlinck), une perruche bleue, un persan bleu (variété de chats persans), le renard bleu, le requin bleu. La race bleue du Maine. ,,Race de moutons de plein air exploitée sur les herbages des départements de la Mayenne, de la Sarthe et du Maine-et-Loire`` (Lar. encyclop.). Race bleue du Nord. ,,Race bovine provenant du croisement entre animaux hollandais et durham`` (Lar. encyclop.). Les chiens bleus de Gascogne (Pesquidoux, Le Livre de raison,1925, p. III).
Au fig. [P. réf. à la couleur du ciel évoquant le rêve, l'idéal] Les sentiments bleus (Mallarmé, Poésies, Marchande d'herbes aromatiques,1898, p. 63);le songe bleu d'un paradis (P. Bourget, Essais de psychol. contemp.,1883, p. 55);sourire à ses rêves bleus (R. Martin du Gard, Devenir,1909, p. 170).Vx. Faire des coups bleus. Faire des efforts inutiles, des tentatives qui ne réussissent pas (cf. Besch. 1845, Lar. 19e) :
5. ... et la musique des orgues lui barbotait dans le ventre, et la bonne odeur de l'encens l'obligeait à renifler, comme si on lui avait poussé un bouquet dans la figure. Enfin, il voyait bleu, il était pincé au cœur. Zola, L'Assommoir,1877, p. 680.
La petite fleur bleue. La sentimentalité. Un mélange de cynisme et de « petite fleur bleue » (E. et J. de Goncourt, Journal,1867, p. 323);employé (...) sentimental, épris de petite fleur bleue (Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 394).
B.− [En parlant de divers aspects de la pers.]
1. [De l'aspect physique] Les yeux bleu-foncé (Mérimée, Colomba,1840, p. 33);son œil bleu-de-lotus (Barbey d'Aurevilly, 2ememorandum,1839, p. 284) :
6. ... un gars d'Alsace, blond, poupard : des yeux bleu faïence, des yeux de « bonne nature ». R. Martin du Gard, Jean Barois,1913, p. 323.
[En parlant des cheveux et de la barbe] D'un noir bleuté. Les cheveux d'un noir bleu (Jouve, Paulina 1880,1925, p. 19);la Barbe-bleue (conte de Perrault). Spéc. Un menton bleu. Un menton rasé laissant deviner une barbe très noire (cf. T'Serstevens, L'Itinéraire espagnol, 1933, p. 79).
Au fig. Le sang bleu. Le sang noble. Les princesses de sang bleu (Samain, Le Chariot d'or,Les Roses dans la coupe, 1900, p. 9):
7. Ainsi lui Jacques l'Aumône se trouvait être de sang non seulement bleu mais royal. À sa majorité, il hérite du château d'Amboise et ne tarde pas à se marier avec la fille du roi d'Italie. Queneau, Loin de Rueil,1944, p. 35.
2. [En parlant de la couleur de la peau saisie par le froid, meurtrie par une contusion ou certains épanchements de sang, congestionnée par un sentiment vif de colère ou de peur] D'un ton livide tirant sur le bleu. Avoir le visage tout bleu de rage et de colère (Balzac, Annette et le criminel,1824, p. 205);les cernes bleus des yeux (Daniel-Rops, Mort, où est ta victoire?1934, p. 527):
8. ... tu sais, Poisson, elle est velue partout comme un ours, et elle a les cuisses bleues. − Comment bleues? − Oui, bleues, comme quand il gèle et qu'on a la peau bleue de froid. Colette, Claudine à l'école,1900, p. 141.
Fam. Être bleu de froid, de colère, d'émotion. En rester bleu, en être tout bleu. Être figé d'étonnement.
P. méton., fam. [S'appliquant aux émotions elles-mêmes] Faire une peur bleue à qqn (Zola, La Bête humaine, 1890, p. 14). Une colère bleue abs. en voir de bleues. Passer par de vives émotions.
MÉD. Œdème bleu (vx). ,,Tuméfaction bleue ou violacée qui se produit spontanément chez certains hystériques`` (Lar. 19e, Lar. 20e, Rob.). Maladie bleue. ,,Caractérisée par une cyanose (coloration bleue de la peau), en rapport avec le passage du sang veineux « bleu » (sang à réoxygéner) dans le sang artériel « rouge » (sang réoxygéné) et un rétrécissement sur la circulation du sang veineux`` (Méd. 1966). (Attesté déjà dans Besch. 1845).Nom sc. tétralogie de Fallot.P. ext. Enfant bleu. Enfant qui est atteint de la maladie bleue.
3. [En parlant de ses vêtements] La blouse bleu-noir des fermiers (Malègue, Augustin,t. 1,1933, p. 203);cachemires (...) bleus et bleu de ciel (Mallarmé, La Dernière mode,1874, p. 781);une robe bleue; un paletot et un pantalon de drap bleu (Zola, La Conquête de Plassans,1874, p. 940);soie bleu-marine (Mallarmé, La Dernière mode,1874, p. 715).Le tablier bleu. Celui des servantes :
9. ... on sent combien un tablier bleu différencie une femme d'une autre; on apprécie que le rang est le rang, dans le monde. Frapié, La Maternelle,1904, p. 44.
Spéc. La dentelle bleue, ou subst. bleue. ,,Dentelle fabriquée à Coventry. (Elle se portait beaucoup en Angleterre)`` (Lar. 20e, Rob.). Le Cordon bleu. Ruban de tabis bleu, que portent les chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit. Porter le cordon bleu; le Roi a envoyé le cordon bleu à un tel Prince; être décoré du cordon bleu et de sa plaque (Delécluze, Journal,1828, p. 245).P. méton. ,,Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit`` (Ac. 1798, attesté en 1932 sous cordon) et ,,haut dignitaire`` (Lar. 19e). Cordon bleu (fam.). ,,Se dit figurément et par plaisanterie d'une cuisinière très-habile`` (Ac. 1835-1932); ,,plaisanterie qui porte sur l'éminence du grade de cordon bleu et sur l'ancien tablier bleu des servantes`` (Littré) :
10. Mon grand-oncle avait pour cuisinière un cordon bleu qui, n'ayant jamais affaire qu'à des palais d'une expérience et d'un discernement consommés, mettait un amour-propre immense à les contenter. G. Sand, Histoire de ma vie,t. 2, 1855, p. 310.
4. P. méton. [En parlant de pers. habillées de bleu, en tout ou en partie]
Bas-bleu. Femme qui a des prétentions littéraires (cf. bas-bleu).
Parti bleu (vx). ,,Un parti de gens armés, soldats ou autres, qui sans aveux, font des courses pour piller amis ou ennemis. On pend les partis bleus quand on les attrape`` (Ac. 1798-1932).
ARM. Les diables bleus. Régiment de chasseurs (cf. Bordeaux, Les Derniers jours du fort de Vaux, 1916, p. 93).
HIST. RELIG. Filles bleues. ,,Nom que l'on donnait aux filles de l'Annonciade`` (Ac. Compl. 1842); attesté dans l'ensemble des dict.
INSTIT. INTERNAT. Casque bleu. Soldat de l'O.N.U.
MAR. Officier bleu (vx). ,,Celui qu'un capitaine de vaisseau créait sur son bord [faute d'officier majeur]`` (Ac. Compl. 1842); attesté dans l'ensemble des dict.; expr. péj. d'apr. Le Clère 1960.,,Officier de commerce appelé pendant la guerre sur les bâtiments de l'État`` (Will. 1831). Officiers auxiliaires dits bleus (J. De La Varende, Jean Bart pour de vrai,1957, p. 133).Fam. Col bleu. Marin français (cf. Aragon, Les Beaux quartiers, 1936, p. 394).
C.− [En parlant d'inanimés concr.] Un diamant bleu, la faïence bleue, l'encre et le papier bleus.
Les billets bleus. Billets de banque.
La bibliothèque bleue. Ensemble de petits livres à couverture bleue renfermant des romans de chevalerie ou des contes de fées. (Attesté dep. Littré).Les chefs-d'œuvre de la bibliothèque bleue (Nodier, Trésor des fèves et Fleur des pois,1833, p. 54);montrer (...) un fond de stérilité, d'insipidité et de tendresse de la bibliothèque bleue (Stendhal, De l'Amour,1832, p. 149).
Au fig. [P. réf. à cette expr.] Contes bleus. ,,Récit fabuleux, conte de fées, ou discours en l'air, mensonge`` (Ac. 1835). C'est un des contes bleus de vos salons (Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 2, 1823, p. 191):
11. Mais ce n'est rien qu'un rêve, médiocre en lui-même et, par ses conséquences, fou. Personne n'a le droit d'exposer la patrie pour un conte bleu. Maurras, Kiel et Tanger,1914, p. CXVI.
Spécialement
FIN. Carte bleue. Carte accréditive et de paiement.
GASTR. Bifteck bleu. Servi saignant et peu grillé. Vin bleu. Vin de médiocre qualité. Un gros vin bleu pour charretier (Romains, Les Hommes de bonne volonté, Verdun, 1938, p. 246).
MAR. Le ruban bleu. Symbole du record de vitesse transatlantique obtenu par un paquebot (cf. Rousseau, Hist. des techniques et des inventions, 1967, p. 249).
PEINT. La période bleue ou l'époque bleue d'un peintre. Celle où la dominante de ses toiles est la couleur bleue. La période bleue de Picasso.
URBAN. Zone bleue. Rues d'une ville où le stationnement des véhicules est limité par un panneau primitivement bleu, d'une manière plus stricte en durée.
Rem. On relève une forme région. bleuse, adj. fém. Corruption de bleu, au fig., signifiant optimiste. Les bleuses-vues de vos adeptes (Adam, L'Enfant d'Austerlitz, 1902, p. 70). Attestée dans Esn. 1966.
II.− Emploi subst.
A.− La couleur bleue. Le bleu du ciel, étoffe d'un beau bleu, aimer beaucoup le bleu :
12. Comme tous les Pasquier, j'ai donc les yeux bleu-véronique. Ce bleu, qui, chez mon père, était, même dans le sourire, incompréhensiblement froid, est chez moi... mettons « sensible, avec une nuance de naïveté ». G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Le Notaire du Havre, 1933, p. 10.
13. ... toute surface biseautée, prismatique, nous fournit un spectre composé d'une multitude de nuances en dégradé dont on retient sept couleurs principales, par longueur d'onde croissante : violet, indigo, bleu, vert, orange, jaune et rouge. A. et N. Metta, Les Pierres précieuses,1960, p. 30.
SYNT. Les nuances du bleu sont précisées par un autre adj., un compl. a) Bleu + adj. Bleu ardent, céleste, clair, doux, dur, électrique, foncé, froid, intense, laiteux, limpide, marin, pâle, profond, sombre, tendre, vif; gros bleu (plus chargé de couleur), petit bleu. Bleu + adj. de couleur (avec trait d'union). Bleu-gris, bleu-indigo, bleu-noir, bleu-vert, bleu-violet. b) Bleu + nom en appos. Bleu horizon (couleur des uniformes des poilus en 1914-18), nuit, marine (couleur de l'uniforme des marins), roi; bleu barbeau, dahlia, lavande, lin, myosotis, pervenche, véronique; bleu canard (à reflets verts), éléphant (à reflets gris), paon; bleu Nattier (du nom du peintre), pastel; bleu acier, ardoise, faïence, pétrole, porcelaine. c) Bleu + de + compl. Bleu d'azur, de roi, de France, de lavande, d'ardoise, etc.
1. P. méton.
a) Vêtements de couleur bleue. Être habillé de bleu, vêtu de bleu, des jeunes filles en bleu.
Spéc. [En parlant d'un enfant] Être voué au bleu. Être habillé de bleu en vertu d'un vœu à la Vierge Marie.
b) Marque bleutée laissée sur la peau par un coup, un traumatisme. Se faire un bleu :
14. ... il pensait à sa mère, morte aussi, et qui lui avait tant distribué de marrons qu'il en sentait encore les bleus, croyait-il. Queneau, Pierrot mon ami,1942, p. 15.
2. Au fig.
a) [P. réf. à la couleur du ciel sans nuages] Il y a un peu de bleu dans l'horizon financier de ma vie (Flaubert, Correspondance,1880, p. 252).Voir tout en bleu. Être optimiste.
b) Péj., fam. N'y voir que du bleu. Ne pas se rendre compte de quelque chose, ne pas comprendre (comme quelqu'un qui ne voit pas les nuages dans le ciel).
Être dans le bleu. Être dans le vague, ne pas avoir encore d'existence :
15. ... j'aurais presque envie de me recoucher et en tout cas de ne rien faire. Mais le moyen, quand j'ai une leçon dans un moment et que cette leçon est encore dans le bleu. (...) il faut absolument que ma leçon soit prête la veille, pour être convenable, ... Amiel, Journal intime,1866, p. 271.
3. P. euphém., vieilli [Dans les jurons où bleu remplace Dieu] Tonnerre de bleu (Courteline, La Conversion d'Alceste,La Vache, 1892, p. 204).
Rem. Même phénomène en compos. : corbleu*, palsambleu*, sacrebleu*, etc.
B.− Matière colorante bleue :
16. Le bleu minéral ou bleu d'Anvers, est un mélange à proportions variables de bleu de Prusse, d'alumine, de carbonate de magnésie et de sulfate de zinc. Nouv. manuel complet du fabricant de couleurs,t. 1, 1884, p. 308 (encyclop. Roret).
17. Ce religieux pratiquait l'art de fabriquer du bleu d'outremer en broyant des pierres de lapis-lazuli calcinées. L'outre-mer valait alors son poids d'or; ... A. France, Le Lys rouge,1894, p. 139.
SYNT. (variétés de bleu). Bleu anglais, d'aniline ou de rosaniline (Méd. Biol. t. 1 1970), azoïque, d'azuline, de cobalt (Ch. Coffignier, Couleurs et peint., 1924, p. 378; J. Ovio, La Vision des couleurs, 1932, p. 140); bleu de composition ou bleu en liqueur (,,dissolution d'indigo dans l'acide sulfurique fumant, employée en teinture`` [Privat-Foc. 1870]); bleu de crésyl (R. Husson, F. Graf, Manuel de biol. gén., 1965, p. 58), de cuve, d'émail, de houille, d'indigo, bleu de méthylène (,,matière colorante soluble dans l'eau, d'un bleu intense (...). Employé en teinture, sur coton mordancé au tanin, en pharmacie, et comme colorant en biologie`` [Uv.-Chapman 1956]), de nerprun, de prusse (Y. Quéret, Manuel de l'industr. du gaz, 1923, p. 158), de tournesol, de toluïdine (M. Privat de Garilhe, Les Acides nucléiques, 1963, p. 52), de quinoléïne (Littré, Rob.); bleu de Paris, de France, de Berlin, minéral (Ch.-E. Guignet, Les Couleurs, 1889, p. 177); bleu de montagne, de Péligot (Id., Ibid., p. 179).
BLANCHISSAGE Bleu de lessive ou absol. bleu. Utilisé dans le blanchissage du linge (cf. ex. 21). Blanchisseuse [qui] mettait trop de bleu (Zola, L'Assommoir,1877, p. 538).
Passer au bleu. Dans le blanchissage, tremper le linge blanc lavé et rincé dans une eau contenant une substance bleue (par exemple bleu en liqueur) pour lui donner une teinte bleutée en effaçant les traces jaunâtres.
Au fig. Passer au bleu qqc. L'effacer, l'escamoter, la faire disparaître. Passer au bleu des pièces de dix francs (Zola, L'Assommoir,1877, p. 684);passer l'histoire au bleu (L. Daudet, Le Cœur brûlé,1929, p. 167):
18. Dois-je vous parler de la mort des hortensias, (...) transplantés dans le meilleur massif, pourtant composé d'excellent terreau et d'ardoise pilée, qui fait virer leur teinte au bleu? ... Au bleu, oui, qu'ils furent passés, je vous le garantis! Grâce à la solution d'eau de javel dont Frédie les arrosa consciencieusement. H. Bazin, Vipère au poing,1948, p. 183.
Rem. Au Canada passer qqn au bleu signifie « le réprimander, le semoncer énergiquement » (cf. Canada 1930).
C.− P. méton. Personnes (généralement) habillées de bleu.
1. HIST. [P. oppos. aux Chouans, aux Vendéens] Soldat de la République :
19. Dans ces temps de discordes, les habitants de l'Ouest avaient appelé tous les soldats de la République, des Bleus. Ce surnom était dû à ces premiers uniformes bleus et rouges dont le souvenir est encore assez frais pour rendre leurs description superflue. Balzac, Les Chouans,1829, p. 7.
Vx. À Constantinople et à Rome, une des factions du Cirque.
Les bleus et les rouges. Différents corps de la maison du roi. (Attesté dans l'ensemble des dict. gén.).
2. MILIT. Jeune recrue, par allusion à la blouse bleue des recrues venant de la campagne (cf. Larch. 1880), ou des premiers uniformes de l'infanterie sous la République (cf. Larch. Suppl. 1880). « Bleus » (...) fraîchement débarqués du patelin natal (Courteline, Le Train de 8 h 47,1888, 1repart., 2, p. 21;cf. bleuet2ex. 2).
P. ext., xxes. Novice. Être encore un bleu dans le métier de bistrot (Dabit, L'Hôtel du Nord,1929, p. 59)
Rem. On relève dans la docum. le subst. masc. bleu-bit(t)e. Soldat de deuxième classe, nouvelle recrue. Attesté dans Rob. Suppl. 1970.
D.− Sens spéc.
1. GASTRONOMIE
a) Vin rouge de qualité médiocre. Le petit bleu, le gros bleu; les libations du petit bleu (Murger, Scènes de la vie de bohème,1851, p. 33);les émanations du gros bleu (Barbusse, Le Feu,1916, p. 153).
Rem. La bleue, subst. fém., pop. L'absinthe (cf. Benjamin, Gaspard, 1915, p. 124). Subst. masc. Tabac. Fumer du bleu (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 43).
b) Au bleu. Façon de cuire certains poissons au court-bouillon vinaigré bouillant, leur peau noire prenant ainsi une teinte bleutée. Truite au bleu :
20. le chevalier. − (...). Je n'aime la truite qu'au bleu. (...). Voyons! C'est bien au bleu qu'on les jette vivantes dans le court-bouillon? auguste. − Justement, seigneur. le chevalier. − Et qu'elles gardent leur saveur, leur chair, parce que l'eau bouillante les a surprises? Giraudoux, Ondine,1939, I, 2, p. 19.
c) Fromage fermenté à moisissures bleues préparé à partir du lait de vache (par opposition au Roquefort). Bleu d'Auvergne, bleu de Bresse (Mont.1967).
2. HABILL. Combinaison de travail. Déchargeurs en bleus de travail (Malraux, La Condition humaine,1933, p. 292);un bleu d'ouvrier, un bleu de mécanicien. Être en bleu. Anton. être en col blanc(cf. Gilb. 1970 s.v. col bleu).
MAR. Un bleu de chauffe (Le Clère 1960).
3. JEUX. Craie qu'utilisent les joueurs de billard pour frotter le procédé de la queue :
21. [Au lavoir]. Il [Olivier] était fasciné par les savons glissants, les linges empilés, le « bleu » du rinçage qui coulait comme un morceau de ciel d'été hors de son paquet de toile, l'apparentant à cet autre « bleu » dont les joueurs de billard enduisent le bout des queues en bois de frêne. R. Sabatier, Les Allumettes suédoises,Paris, Albin Michel, 1969, p. 142.
4. MICROBIOL. Maladie du lait due à un microbe; maladie des vins.
5. PHOTO. ,,On donne dans l'industrie le nom de bleus aux épreuves photographiques de plans, de documents, de dessins, obtenues sur papier au ferro-prussiate par simple insolation suivie d'un lavage à l'eau. Le papier au ferro-prussiate donne des dessins en traits blancs sur fond bleu`` (Lar. comm. 1930).
6. TÉLÉCOMM. Bleu, petit-bleu ou petit bleu (vieilli). Télégramme. Un « bleu » (Proust, Du côté de chez Swann,1913, p. 78):
22. ... ses regards tombèrent sur un petit-bleu qui traînait à ses pieds. Il venait de recevoir lui-même un télégramme de ce modèle, il crut l'avoir laissé glisser de son portefeuille; ... De Vogüé, Les Morts qui parlent,1899, p. 388.
7. ZOOLOGIE
a) Bleu de Gascogne (Burn. 1970). Race de chiens. Bleu d'Auvergne. Race de chien braque d'Auvergne.
b) Requin (cf. bleuet1).
8. Arg., subst. fém. [Au poker] Carte rare, qui doit compléter une main. File-moi la bleue (J. Galtier-Boissière, P. Devaux, Dict. hist., étymol. et anecdotique d'arg.,1939, p. 32 dans Esn. 1966).
Prononc. ET ORTH. : [blø]. Fér. 1768 signale : ,,Le masc. est monosyllabe``; il transcrit le fém. en 2 syll. : bleû-e (cf. aussi Fér. Crit. t. 1 1787, Gattel 1841 et Littré). Les Fér. ainsi que Gattel 1841 notent [ø:] long pour le fém. bleue. Au masc. les dict. notent cette syll. brève sauf Land. 1834 qui la transcrit longue. Pour Fér. Crit. t. 1 1787 elle est douteuse. Enq. : /blø/. Fér. 1768 signale que le plur. est ,,bleus et non pas bleux, bleues et non pas bleuses``; (cf. aussi Fér. Crit. t. 1 1787, Land. 1834 et Gattel 1841). À rapprocher de Littré qui signale en wallon les formes bleûf, bleus, au fém. bleuse, bleusse. Pour le fém. la forme bleuve en bourg., la forme bleusse en pic. Au sujet du plur., cf. encore Clédat 1930, p. 48 et Grev. 1964, § 357. Grev. 1964, § 381 note : ,,si pour désigner la couleur, on emploie un adjectif qualifié par un autre adjectif ou complété par un nom, l'ensemble reste invariable, parce que le premier adjectif est pris substantivement, et suppose l'ellipse de « d'un » : Des yeux bleu clair (= d'un bleu clair). Des gants jaune paille. Des robes bleu de ciel. Des tissus vert pomme. Des tenues bleu horizon. On a coupé ses cheveux châtain clair``; (à ce sujet, cf. aussi Lar. 19e). ,,Les composés de bleu (ou d'une autre couleur) et d'un nom de chose s'écrivent sans trait d'union... Ils en prennent un si le composé est formé de deux noms de couleur : un beau bleu-vert. (On écrit au pluriel : des bleus d'azur, des bleus ciel, des bleus Nattier, etc. et invariable : des bleu-vert)`` (Thomas 1956).
Étymol. ET HIST. − A.− Adj. 1. a) ca 1121 « de couleur pâle, blanchâtre, livide » rocheit blef « liais » (S. Brandan, éd. E. G. R. Waters, 264); 1226 face bleve (G. Le Clerc, Trois Mots, 196 dans T.-L.); b) 1718 (Ac. : Bleu. En parlant De certains espanchements de sang qui surviennent à la peau, se prend quelquefois pour livide, plombé), d'où subst. infra; 2. ca 1150 blef « qui est de la couleur du ciel quand il est pur » (Thèbes, 4061 dans Gdf. Compl. : Li paisson qui tienent le tref Sont de color vermeil et blef); 1164 blöe (Chr. de Troyes, Erec et Enide, éd. W. Foerster, 1601 dans T.-L.); xiie-xiiies. bleu (Lapidaire de Modène, éd. P. Pannier, Paris, 1889, vers 106). B.− Subst. 1. 1180-1200 « couleur bleue » (Mort Aym. de Narb., 174 dans Gdf. Compl. : Tote la char li revertist en blef); 1577 « matière colorante » (Privil. des .XXXII. bons mét. de Liège, II, 321, 35, ibid. : Bois de Provence, qu'on dist bois de bleu); d'où a) 1718 art culin. au bleu (Ac.); b) 1851 « vin rouge de mauvaise qualité », supra; c) 1928 « sorte de fromage » (Lar. 20e); 2. 1254 « tissu bleu » dans FEW t. 151, s.v. *blāo; d'où 1791 « conscrit » (d'apr. Brunot t. 9, p. 994); 3. 1863 « marque livide sur la peau, consécutive à un coup » (Littré : Il lui fit des bleus en le pinçant fortement). De l'a.b.frq. *blāo « id. » (Brüch, pp. 32-33; Walt., p. 80; REW3, no1153; Bl.-W.5; Dauzat 1968; FEW t. 15, 1, pp. 146-150; EWFS2), à rapprocher de l'a.h.all. blāo, blāwēr, a. sax. blāo, a. nord. blār (Kluge20, s.v. blau) cité au vies. sous la forme du b. lat. blavus par Isidore, Orig., 19, 28, 8 dans TLL s.v., 2052, 36. Les formes a. fr. blo(e), blou s'expliquent à partir de la forme primitive blāo, la forme bleu provient du type *bláwu par l'intermédiaire de *blę̄wu. Blef est une forme masc. refaite sur le fém. a.fr. blève (de *blę̄wa).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 10 915. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 8 865, b) 22 291; xxes. : a) 19 910, b) 14 936.
BBG. − Brüch 1913, p. 33. − Dauzat Ling. fr. 1946, p. 45. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 28, 279. − Montguyon (J.). Rhétorique de la mode Vie Lang. 1971, p. 431. − Rigaud (A.). Poisses d'avril. Déf. Lang. fr. 1971, no57, p. 19. − Rommel (A.). Die Entstehung des klassischen französischen Gartens im Spiegel der Sprache. Berlin, 1954, p. 76. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 70, 243.

Bleu : définition du Wiktionnaire

Adjectif

bleu \blø\

  1. De la couleur du ciel en plein jour quand il est dégagé. #0000FF
    • […] sur toute l’Ardenne, le temps s’était levé. Le ciel était bleu éblouissant, la neige étincelait au soleil. — (Georges Blond, L’Agonie de l’Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, page 155)
  2. (Par extension) D’une couleur appartenant au champ chromatique du bleu, c’est-à-dire légèrement différente de la couleur originelle mais liée à celle-ci. #DFF2FF #77B5FE #2BFAFA #3A8EBA #0000FF #17657D #686F8C
    • On ne pouvait voir de fille plus fraîche, plus riante ; elle était blonde, avec de beaux yeux bleus, des joues roses et des dents blanches comme du lait […] — (Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
    • Vers l’est, l’océan nuageux s’étendait bleu sombre à perte de vue, et Bert crut qu’il contemplait l’hémisphère entier du monde. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 95 de l’éd. de 1921)
    • Le surlendemain […] dans la soirée, la couleur bleue de l’eau, indice des grands fonds, m’apprenait ma sortie du golfe de Panama. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Au-delà des bois qui cernaient la ville, on apercevait une longue rangée de collines d’un bleu de fumée. — (Julien Green, « Moïra », 1950, réédition Le Livre de Poche, page 43)
    • À mesure que les châteaux de nuages s’éloignaient l’un de l’autre découvrant de plus en plus du ciel, l’azur vira au bleu de gentiane [...]. — (Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 274)
    • Gordon portait une veste marron à chevrons, une chemise bleu Oxford et une cravate en tissu de la même couleur que la veste, tachetée de motifs de forme ovale striés de bleu ciel. — (Philippe Labro, L’étudiant étranger, Gallimard, 1986, page 44)
  3. De la couleur que certains épanchements de sang ou certaines contusions font prendre à la peau.
    • Quand le sang lui porte à la tête, il devient tout bleu.
    • L’endroit de la contusion est encore bleu.
  4. (Zoologie) D’une couleur de robe de chien gris clair évoquant le bleu.
    • Le berger de Brie peut avoir une robe bleue.
  5. (Cuisine) Très peu cuit, en parlant d’une viande grillée.
    • On m’a servi un bifteck bleu.
  6. Vivement surpris de quelque chose.
    • J’en étais complètement bleue.
  7. (Argot) (Populaire) Complètement ivre.
    • Tu aurais vu le Maurice, avec les canons qu’il s’est mis, il était bleu, il divaguait complètement !
      Note : Dans les cas extrêmes, on dit aussi bleu nuit.
  8. (Belgique) Passionnément amoureux de quelqu’un.
    • Je suis bleu de Stéph.

Nom commun

bleu \blø\ masculin

  1. La couleur bleue.
    • Le bleu qui domine dans le tableau est donc construit régulièrement, en échelons, espacé en vis-à-vis, presque de la même manière, de chaque côté du trône. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • De nombreux arcs-en-ciel apparaissent, mais le ciel entre les nuages est d’un bleu trop pâle et je sais que ce n’est pas encore la fin du mauvais temps. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Des feux tantôt roses, tantôt d’un bleu acide qui tournait au vert pomme, scintillaient à l’extérieur des Folies. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Au printemps les sous-bois se tapissent des fleurs de Caltha palustris, Ranunculus Ficaria, Prímula elatíor dont la jaune monotonie s’égaie du bleu des Glechoma hederacea et Viola silvestris. — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises, les associations végétales de la vallée de La Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, p. 149)
    • Mais dans le même temps qu'elle admirait les robes, Francie éprouvait un étrange malaise. Ses yeux voyaient bien les couleurs, le cerise, l'orange, le bleu vif, le rouge et le jaune, mais elle avait l’impression qu'une chose sournoise se cachait derrière les costumes : […]. — (Betty Smith, Le lys de Brooklyn, traduit par Maurice Beerblock, 1947, Éditions Belfond, 2014, chap. 4)
  2. (Par métonymie) Famille de fromages dont la pâte contient des champignons formant des veines de couleur bleue.
    Une part de bleu d’Auvergne. (2)
    • La barbaque est accompagnée de légumes ou de pâtes, c’est comme on veut. Pour le frometon, à pile ou face, on se prend camembert ou bleu. — (Petit Futé Niort 2007, p. 36)
  3. Personne vêtue d’un uniforme bleu, vêtue de bleu.
  4. (Spécialement) (Histoire) Nom que les chouans donnaient, pendant la guerre de Vendée, aux soldats des armées de la République.
  5. (Par extension) (France) Républicain.
    • Charette, qui, depuis la prise de Noirmoutiers par les républicains, ne disposait plus que de faibles bandes, sévit de nouveau à la tête d’une armée; et, le 26 nivôse (15 janvier), il fut en mesure de battre les bleus à Chancé et à Légé […] — (Amédée Gabourd, Histoire de la révolution et de l’empire : Convention nationale, tome 2, vol. 4, Jacques Lecoffre, Paris, 1847, page 100)
    • Dans une Vendée religieusement fidèle à ses martyrs, dans son village même, Clémenceau, le « bleu », était moins qu’un autre prophète. — (Michel Droit, De Lattre, maréchal de France, Pierre Horay, éditions de Flore, 1952, p. 21)
  6. (Spécialement) (Histoire) Nom donné, pendant la guerre de Sécession, aux soldats nordistes (par opposition aux gris, les sudistes).
    Les bleus face aux gris à la bataille de Williamsburg. (6)
  7. (Spécialement) (Québec) (Politique) (Vieilli) Partisan du Parti conservateur du Canada. Note : S'oppose à rouge, partisan du Parti libéral du Canada.
    • Proche du Parti conservateur, Alphone Desjardins y a beaucoup d'amis; [...]. Les « bleus » étant au pouvoir à Ottawa – sir John Thompson est alors premier ministre –, il faut jouer ses relations afin d'y obtenir un emploi. — (Alain Otis et Jean Delisle, Les douaniers des langues — Grandeur et misère de la traduction à Ottawa, 1867-1967, Presses de l'Université Laval, 2016, page 103)
  8. (Spécialement) (Québec) (Histoire) Partisan de l'Union nationale, parti politique provincial québécois ayant connu son apogée entre 1936 et 1959 et disparu en 1989. Note : S'oppose à rouge, partisan du Parti libéral du Québec.
  9. (Spécialement) (XXIe siècle) Policier ; gendarme.
  10. (Familier) Personne sans expérience ; novice.
    • Les anciens aiment taquiner les bleus.
    1. (Militaire) (Familier) Jeune soldat sans expérience.
      • Ce soldat était un vrai bleu.
    2. (Belgique) (Familier) Personne nouvellement arrivée en première année d’étude supérieure (baccalauréat ou candidature), qui garde ce titre jusqu’à la fin de son baptême.
      • Le cercle de la faculté d’économie a baptisé beaucoup de bleus cette année.
  11. (Militaire) Par convention, toute force armée amicale ou alliée.
    • Le fratricide survient lorsque les bleus s’entretuent.
  12. (Par métonymie) Ecchymose, résultat d’un choc sur une région du corps humain, conduisant à l’apparition d’une couleur bleutée.
    Un bleu de neuf jours (12)
    • Il est tombé, et maintenant il a un bleu.
  13. (En particulier) (Figuré) Blessure, empreinte, marque infligé à la psyché, aux sentiments ou à la pensée.
    • À cette heure c’était sûrement Julien qui avait des bleus à l’âme, des envies de la revoir. — (Frédérique Deghelt, La Grand-mère de Jade, Folio, page 9)
  14. Plan, schéma ou croquis reproduit sur papier au ferro-prussiate (bleu de Prusse).
    Un bleu (14)
  15. (France) (Administration) Document relié en bleu représentant le budget proposé par le gouvernement, par opposition au vert, le budget voté par le Parlement.
    • Le bleu du budget.
  16. (France) (Administration) Document de travail interministériel relatif à un projet de loi.
    • Le bleu, établi après cette réunion, fait apparaître quelles étaient les questions à trancher à l’issue des travaux menés devant le Conseil d’État et puis rend compte de la manière la plus précise des décisions prises au nom du Premier ministre. — (Secrétariat général du gouvernement et Conseil d’État, Guide de légistique, 3e version, La Documentation française, 2017, ISBN 978-2-11-145578-8 → lire en ligne)
  17. (Suisse) (Familier) Permis de conduire.
    • Il s’est fait retirer son bleu.
  18. (Biologie) Maladie du lait et du vin blanc, causée par des bactéries.
  19. (Par métonymie) (Habillement) Bleu de travail.
    Trois hommes en bleu (19)
    • Ceci est un bleu de mécanicien ; ceux-là des bleus de chauffe.
    • Cinquante balais, c'est pas vieux : qu'est-ce qu'il va faire de son bleu, de sa gamelle, de sa gapette ? C'est toute sa vie qu'était dans sa musette… — (Renaud Séchan, Son bleu, À la belle de mai, 1994)
  20. (Par métonymie) (Billard) Sorte de craie de couleur bleue dont on frotte le procédé de la queue pour qu’il adhère mieux à la bille.
    Bleu de billard. (20)
  21. (Télécommunications) (France) (Vieilli) Télégramme.
    • J’ai cherché à vous joindre au téléphone… Mais impossible d’obtenir la communication. Voilà pourquoi je vous envoie ce bleu. J’espère qu’il vous parviendra à temps. — (Arthur Bernède, Belphégor, 1927)
    • Est-ce qu’il ne pourrait pas venir une fois prendre a cup of tea, comme disent nos voisins les Anglais ; il n’aurait qu’à m’envoyer un bleu le matin. — (Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, 1913, Éditions Gallimard, Folio n°1924, 1987, page 77)
  22. (Cuisine) Mode de cuisson des poissons dans un court-bouillon au vin rouge, qui leur donne une couleur bleuâtre.
    • Mettre une carpe, un brochet au bleu.
  23. (Physique) Un des trois charges de couleur du quark, les deux autres étant le rouge et le vert.
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Bleu : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BLEU, UE. adj.
Qui est de la couleur du ciel quand il est pur. Satin bleu. Robe bleue. Avoir les yeux bleus. Il se dit quelquefois de la Couleur que certains épanchements de sang ou certaines contusions font prendre à la peau. Quand le sang lui porte à la tête, il devient tout bleu. L'endroit de la contusion est encore bleu. En termes de Chimie, Cendres bleues, Carbonate de cuivre artificiel. Cordon bleu. Voyez CORDON. Fig. et fam., Conte bleu, Récit fabuleux, conte de fées ou Discours en l'air, mensonge. Ce sont là des contes bleus. Il se dit comme nom masculin de la Couleur bleue. Bleu céleste. Bleu de ciel. Bleu pâle. Bleu foncé. Bleu clair. Bleu de roi. Bleu mourant. Bleu turquin. Bleu barbeau. Une étoffe d'un beau bleu. Teindre en bleu. Le bleu du ciel. Fig., Être dans le bleu, Nager dans le bleu, se dit de Quelqu'un qui vit dans le rêve, dans l'irréel. Il se dit familièrement de l'Empreinte laissée sur la peau par une contusion. Avoir des bleus sur le corps. Faire un bleu à quelqu'un, se faire un bleu. En termes de Cuisine, Mettre une carpe, un brochet au bleu, Faire cuire ces poissons à un court-bouillon au vin rouge, qui leur donne une couleur bleuâtre. En termes de Blanchisserie, Passer du linge au bleu, Tremper du linge, après l'avoir blanchi, dans une eau imprégnée d'une couleur bleue. Fig. et fam., N'y voir que du bleu, Se laisser tromper par les artifices de quelqu'un. Elle lui conte des histoires invraisemblables, il n'y voit que du bleu. Passer au bleu une chose, Faire exprès de ne plus s'occuper d'une chose. Bleu d'azur, Verre coloré en bleu par l'oxyde de cobalt et réduit en poudre. Bleu de cobalt, Résultat de la calcination d'un mélange de phosphate de cobalt et d'alumine. Bleu de montagne, Carbonate de cuivre naturel. Bleu d'outremer, Poudre bleue qu'on retire de la pierre appelée Lapis lazuli. Il y a du bleu d'outremer artificiel aussi beau que celui du lapis. Bleu de Prusse, Matière d'un bleu foncé qu'on vend ordinairement sous la forme de petites masses faciles à pulvériser. Le bleu de Prusse est un sel formé d'acide prussique et de peroxyde de fer. Boire du petit bleu, Boire un vin rouge de qualité très médiocre. Envoyer, recevoir un petit bleu, Envoyer, recevoir une dépêche pneumatique dont la couleur est bleue. Vouer au bleu, Faire vœu que, pendant quelques années, un enfant sera habillé de bleu, en l'honneur de la Sainte Vierge, dont cette couleur est le symbole.

BLEUS, Nom que les Chouans donnaient, pendant la guerre de Vendée, aux soldats des armées de la République.

BLEUS désigne aujourd'hui les Soldats nouvellement incorporés avec leur classe.

Bleu : définition du Littré (1872-1877)

BLEU (bleu, bleue) adj.
  • 1Qui est de la couleur du ciel sans nuage. Des rubans bleus. Une robe bleue. Des yeux bleus. Une personne à la mode ressemble à une fleur bleue [bluet], La Bruyère, 13. Trois fioles d'eau bleue, autrement d'eau seconde, Régnier, Sat. X. De quel éclat brillaient dans la bataille Ces habits bleus par la victoire usés ! Béranger, Le vieux sergent. La nature, la mer, le ciel bleu, les étoiles, Tous ces vents pour qui l'âme a toujours quelques voiles…, Hugo, Crépuscule, 13.

    Cordon bleu, large ruban que portaient les chevaliers du St-Esprit, ordre fondé par Henri III. Un cordon bleu, un chevalier de l'ordre du Saint-Esprit.

    Familièrement, et par une plaisanterie qui porte sur l'éminence du grade de cordon bleu et sur l'ancien tablier bleu des servantes, une très bonne cuisinière. Nous avons pris un cordon bleu.

    Bas bleu, femme de lettres, avec une nuance de ridicule (voy. BAS).

    Bibliothèque bleue, ensemble de petits livres, qui ont une couverture bleue et qui contiennent des romans de chevalerie, par exemple les Quatre Fils Aymon, avec une version ancienne et naïve, et aussi des contes de fées, comme le Petit Poucet, Cendrillon.

    Conte bleu, récit fabuleux, incroyable, discours en l'air. De vers, de contes bleus, de frivoles sornettes, Boileau, Sat. XI. Voilà les contes bleus qu'il vous faut pour vous plaire, Molière, Tart. I, 1.

    Parti bleu, parti de gens de guerre, sans commission et sans aveu, qui font des courses pour piller amis et ennemis. Locution vieillie.

    Filles bleues, filles de l'Annonciade.

    Terme d'ancienne marine. Officier bleu, celui qu'un capitaine de vaisseau créait sur son bord.

    Terme de médecine. Maladie bleue (voy. CYANOSE).

  • 2Livide, en parlant de la teinte que prend la peau à la suite d'une forte contusion. Il a l'œil tout bleu.
  • 3Bleu, s. m. La couleur bleue. Bleu de roi. Bleu turquin. Bleu de Prusse. Elle a les yeux d'un beau bleu. La pluie a versé ses ondées ; Le ciel reprend son bleu changeant, Hugo, Odes, V, 24.

    Bleu clair, bleu foncé, locution invariable. Une robe bleu clair. Des draps bleu foncé.

    Un bleu, une marque livide à la peau, suite de contusion. Il lui fit des bleus en le pinçant fortement.

    Terme de blanchisseur. Passer du linge au bleu, tremper du linge blanchi dans une eau imprégnée de bleu.

    Terme de cuisine. Mettre une carpe, un brochet au bleu, les faire cuire au court-bouillon, où il entre du vin, ce qui leur donne une couleur bleuâtre.

  • 4Un bleu, les bleus, nom donné, dans les guerres de la Vendée, aux soldats républicains à cause de leur uniforme bleu ; et, par extension, partisan de la Révolution. Messire Jean Chouart n'a pas peur, tout prêt à faire feu sur les bleus, au premier signe de son évêque, Courier, I, 192.

    Dans l'histoire ancienne, faction des bleus ou des Vénètes, l'une des principales factions du cirque à Rome ou à Constantinople.

    Les bleus et les rouges, nom qu'on donnait aux différents corps de la maison du roi.

  • 5Différentes sortes de substances qui donnent une coloration bleue. Bleu anglais, nom donné à la matière obtenue en précipitant par la potasse, l'indigo du bleu en liqueur.

    Bleu d'azur, verre coloré en bleu par l'oxyde de cobalt ; réduit en poudre très fine, il s'emploie, dans les manufactures de porcelaine ou de faïence, sous les noms d'azur d'émail ou bleu d'émail.

    Bleu d'azur, un des noms sous lesquels on désigne l'outre-mer (lapis lazuli ou lazulite) en poudre fine.

    Bleu de cobalt, résultat de la calcination d'un mélange de phosphate de cobalt et d'alumine, dit aussi bleu de Thénard.

    Bleu en liqueur, solution d'une partie d'indigo dans huit parties d'acide sulfurique ; les repasseuses s'en servaient pour passer le linge au bleu.

    Bleu de nerprun, matière colorante d'un bleu violet qui se trouve dans les baies du nerprun.

    Bleu de Prusse ou de Berlin, nom donné au cyanure de fer avant qu'on en connût la composition, tant à cause de sa couleur que parce qu'il fut découvert à Berlin.

    Bleu de montagne, carbonate de cuivre naturel.

  • 6Nom d'un poisson du genre des chiens de mer.

HISTORIQUE

XIe s. Sur un perron de marbre bloi se couche, Ch. de Rol. II. Et Gonfanons blancs et blois et vermeilz, ib. LXXVII. Au cors [il] lui met toute l'enseigne bloie, ib. CXXI.

XIIe s. D'or et d'azur, d'inde et de blef I out mainte bele ovre painte, Benoit de Sainte-Maure, Chron. de Norm. 26077.

XIIIe s. Si angoisseusement que la char en fut bloe, Berte, XXXIII. Li trés [la tente] au duc estoit d'un paile grant et haus ; Là ot maint paveillons inde, vermeil et blaus, Ch. d'Ant. IV, 90.

XVe s. Le temps n'estoit mie nueux ; De bleu estoient vestuz les cieux, Et le beau soleil cler luisoit, Chartier, Le livre des quatre dames. Pour la suspecion qu'il avoit de la deloyauté d'elle, il craignoit très fort estre du rang des bleus-vestus qu'on appelle communement noz amis [maris trompés], Louis XI, Nouv. LXXIII.

XVIe s. Et lui devint la couleur bleme, et les levres bleues, et les extremités froides, Marguerite de Navarre, Nouv. LXX. Un bleu turquoise, bleud mourant, bleud de la febve, D'Aubigné, Faen. I, 2.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

BLEU.
7Colère bleue, violente colère, colère où le visage devient bleu.
9Locution populaire. Il m'en a fait voir de bleues, il m'a causé de grandes peines, de grandes contrariétés.
10 Populairement. Du vin bleu, du petit bleu, du vin de cabaret.
11Bleu éléphant, sorte de bleu. Les prix probables [des soies de Chine], pour le bleu éléphant, Journ. offic. 31 mai 1875, p. 3869, 3e col.
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Bleu : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

BLEU, adj. Un corps paroît bleu, parce que ses parties ont une situation & une contexture qui les rend propres à réfléchir les rayons bleus en plus grande quantité que les autres. Voyez Couleur.

Pour expliquer la couleur bleue du firmament, Newton remarque que toutes les vapeurs, quand elles commencent à se condenser & à s’assembler, deviennent d’abord capables de réfléchir des rayons bleus avant qu’elles puissent former des nuages d’aucune autre couleur. Le bleu est donc la premiere couleur que commence à réflechir l’air le plus net & le plus transparent lorsque les vapeurs ne sont pas parvenues à la grosseur suffisante pour réflechir d’autres couleurs.

M. de la Hire remarque, après Léonard de Vinci, qu’un corps noir quelconque vû à travers un autre corps blanc & transparent, paroît de couleur bleue ; & c’est par-là qu’il explique la couleur azurée du firmament, dont l’immense étendue étant entierement dépourvûe de lumiere, est apperçûe à travers l’air qui est éclairé & comme blanchi par la lumiere du soleil. Il ajoûte que par la même raison la suie mêlée avec du blanc forme du bleu. Il explique par le même principe la couleur bleue des veines sur la surface de la peau, quoique le sang dont elles sont remplies soit d’un rouge foncé : car, dit-il, à moins que la couleur rouge ne soit vûe au grand jour, elle paroît un rouge obscur & qui approche du noir ; & comme elle se trouve dans une sorte d’obscurité dans les veines, elle peut avoir l’effet de la couleur noire, qui considérée à travers la membrane de la veine & la blancheur de la peau, produit la sensation du bleu. Voyez Noirceur. (O)

Bleu d’azur, (Chimie.) On peut tirer cette couleur de l’argent : mais le savant Boyle & Henckel prétendent avec raison que cela n’arrive qu’en raison du cuivre qui se trouve ordinairement mêlé à ce métal. Voici la façon la plus courte de le faire : faites fondre dans de fort vinaigre distillé, du sel gemme, du sel alkali, & de l’alun de roche ; suspendez au-dessus de ce vinaigre des lames d’argent fort minces, enterrez le vase où vous aurez fait fondre ces matieres dans du marc de raisin ; vous pourrez tous les trois jours ôter de dessus les lames d’argent la couleur bleue qui s’y sera formée.

Autre maniere. Mettez dans une livre de fort vinaigre des lames d’argent aussi minces que du papier ; joignez-y deux onces de sel ammoniac bien pulvérisé ; mettez le tout dans un pot de terre vernissé, que vous boucherez avec soin ; enterrez ce pot dans du fumier de cheval pendant 15 ou 20 jours, vous trouverez au bout de ce tems les lames d’argent chargées d’un très-beau bleu d’azur.

Autre maniere. Prenez une once d’argent dissous dans l’esprit de nitre, 2 scrupules de sel ammoniac, autant de vinaigre qu’il en faut pour précipiter l’argent, décantez le vinaigre, mettez la matiere précipitée dans un matras bien bouché ; laissez reposer le tout pendant un mois, vous aurez un beau bleu d’azur.

On tire aussi le bleu d’azur du cuivre, du mercure & du plomb : pour le tirer du cuivre, on prend de verd de gris & de sel ammoniac de chacun 3 onces ; on mêle ces deux matieres avec de l’eau où l’on a fait fondre du tartre ; on en fait une pâte molle ; on met le tout dans un vase bien bouché qu’on laisse en repos pendant quelques jours, & l’opération est faite.

Autre. Æs ustum & lie de vin, de chacun 2 onces, de soufre une once ; réduisez en poudre l’æs ustum & le soufre ; versez par-dessus du vinaigre ou de l’urine ; mettez le mêlange dans un pot vernissé, & laissez-le bien bouché pendant 15 jours.

On peut tirer le bleu d’azur du vif-argent & du plomb de la maniere suivante : c’est Agricola qui la donne telle qu’il suit. On prend 3 parties de vif-argent, 2 parties de soufre, & une partie de sel ammoniac : on met au fond d’un plat de la litharge, & l’on fait fondre par-dessus le soufre pulvérisé ; on y jette ensuite le sel ammoniac en poudre & le vif-argent ; on remue toutes ces matieres avec un petit bâton, afin qu’elles se mêlent exactement : on laisse refroidir le mêlange qu’on réduit en poudre ; on met cette poudre dans un matras bien luté qu’on laissera un peu ouvert ; lorsque le lut sera seché, on mettra le matras sur un trépié & sur un feu moderé, & on couvrira l’ouverture d’une lame de fer, & on en regardera de tems en tems le dessous pour voir s’il ne s’y forme plus d’humidité. Il faut alors boucher l’ouverture avec du lut ; on pousse le feu pendant une heure ; on l’augmente encore jusqu’à ce qu’il s’éleve une fumée bleue ; cela fait, on trouvera un beau bleu au fond du matras. (—)

Bleu d’émail, (Chimie.) appellé quelquefois smalte bleue, est une couleur d’un grand usage pour les Emailleurs : voici la façon de la préparer suivant Neri, dans son Art de la Verrerie. On prend quatre livres de la fritte ou matiere dont on fait l’émail. V. l’article Email, 4 onces de saffre réduit en poudre, qui n’est autre chose qu’une préparation du cobalt, voyez l’article Cobalt, & 48 grains d’æs ustum, ou de cuivre calciné par trois fois : on mêle exactement ces trois matieres ; on les met au fourneau de verrerie, d ans un pot vernissé en blanc ; lorsque le mêlange est bien entré en fonte, il faut le verser dans del’eau claire pour le bien purifier ; on le remet ensuite fondre de nouveau ; on réitere l’extinction dans l’eau, & la fonte deux ou trois fois ; l’on obtient de cette façon un très-beau bleu d’émail.

Kunckel, dans ses remarques sur Neri, observe qu’il n’est guere possible de prescrire exactement la dose de saffre qu’on doit employer pour faire le bleu d’émail ; il est bon de commencer par en faire des épreuves en petit, suivant les différentes nuances qu’on cherche : si on trouve le bleu trop clair, il faut augmenter petit à petit la dose du saffre ; si au contraire elle est trop foncée, il faut remettre plus de la fritte de l’émail. C’est en suivant ainsi certaines proportions, qu’on peut produire dans l’émail les différentes nuances du bleu. Si, par exemple, on vouloit un bleu d’émail céladon ou de couleur d’aigue-marine, il faudroit renverser les doses données ci-dessus, & l’on prendroit alors 4 livres de la fritte d’émail, 2 onces d’æs ustum, & seulement 48 grains de saffre ; on mêleroit bien ces trois matieres : du reste on suivroit exactement la methode précedente, pour leur fonte & leur purification. Il faut bien observer que toutes ces opérations sont fort délicates, & demandent une attention toute particuliere ; car pour peu qu’on ne fasse point d’attention aux circonstances, il se produit des effets tous différens de ceux qu’on veut chercher ; c’est ce que Kunckel avoue lui être arrivé dans l’opération du bleu d’émail céladon que nous venons de donner. Il avoit éprouvé cette méthode qui est de Neri : mais comme elle ne put pas d’abord lui réussir, il crut que cet auteur s’étoit trompé : ayant ensuite réitéré l’opération, & regardé la chose de plus près, il découvrit qu’elle n’avoit manqué la premiere fois, que parce qu’il n’avoit pas bien pris son tems pour retirer la matiere du fourneau, qu’il l’avoit laissée trop long-tems au feu. (—)

* Plus le grain d’émail est gros, & plus le bleu est vif, & tire un peu sur le violet comme l’azur : mais l’émail est d’un plus beau bleu céleste. Le grain d’azur à poudrer est si gros, qu’on ne peut l’employer que très-difficilement, & seulement en détrempe ou à fresque, ou pour mettre dans l’empois ou amydon, avec lequel il se lie fort bien. On l’appelle azur à poudrer, parce que pour faire un beau fond d’un bleu turquin, on le poudre sur un blanc à l’huile couché médiocrement épais & le plus gras qu’on peut. On l’y étend aussi-tôt avec une plume : mais il faut l’avoir bien fait sécher auparavant sur un papier au-dessus du feu. On y en met assez épais ; & on l’y laisse jusqu’à ce que le fond soit bien sec, & ainsi le blanc en prend autant qu’il peut. Ensuite on le secoue, & on en ôte tout ce qui ne tient pas au blanc, en le frottant légerement avec une plume ou une brosse douce. C’est une couleur très-vive & qui dure long-tems, quoiqu’exposée à l’air & à la pluie.

L’émail qui est d’autant plus pâle qu’il est plus fin, sert dans la détrempe & à fresque : mais on ne s’en sert guere à l’huile, parce qu’il noircit, à moins qu’il ne soit mêlé avec beaucoup de blanc.

* Bleu d’Inde & Indigo : l’inde est plus claire & plus vive que l’indigo, ce qui vient seulement du choix de la matiere dont on les fait ; car au fond c’est la même : c’est la feuille de l’anil, voyez Anil. On en fait tremper les feuilles dans l’eau pendant deux jours ou environ ; ensuite on sépare l’eau qui a une légere teinture de bleu verdâtre : on bat cette eau avec des palettes de bois durant deux heures, & l’on cesse de battre quand elle mousse. On y jette alors un peu d’huile d’olive, en aspergeant. On voit aussi-tôt la matiere de l’inde qui se sépare de l’eau par petits grumeaux, comme quand le lait se tourne ; & l’eau étant bien reposée, elle devient claire, & l’eau se trouve au fond comme de la lie, qu’on ramasse après avoir ôté l’eau, & qu’on fait sécher au soleil. L’inde se fait avec les jeunes feuilles & les plus belles, & l’indigo avec le reste de la plante. Cette plante croît dans les Indes orientales & occidentales. L’inde est ordinairement par petites tablettes de deux à trois lignes d’épaisseur & d’un bleu assez beau : mais l’indigo est par morceaux irréguliers d’un bleu brun, tirant sur le violet. Cette couleur est excellente pour la peinture à détrempe, tant pour le brun des bleux, que des verds, en y mêlant pour le verd, de la teinture de graine d’Avignon, ou du verd de vessie. On pourroit se servir de l’inde à l’huile, & elle a beaucoup de corps avec le blanc : mais elle se décharge en séchant, & perd la plus grande partie de sa force ; c’est pourquoi on n’en use pas, à moins que ce ne soit en draperie, qu’on glace d’outre-mer par-dessus. Voyez Glacer.

Il y a un bleu de tournesol qui peut être d’usage dans la peinture à détrempe & dans l’enluminure. Le tournesol est une pâte qu’on forme ordinairement en pains quarrés avec le fruit de la plante appellée heliotropium tricoccon. Cette plante croît en France ; on met tremper cette pâte dans l’eau ; & il vient une assez belle teinture bleue. Il arrive aussi qu’elle est rouge, ce qui est occasionné par le mêlange d’acide : mais on lui rend sa couleur bleue, en y mêlant de l’eau de chaux.

Bleu d’outre-mer, (Chimie.) la base de cette couleur est le lapis lazuli ; c’est aussi ce qui la rend fort chere, indépendamment des opérations qu’il faut pour en tirer le bleu, qui ne laissent pas d’être longues & pénibles : on en jugera par ce qui suit.

Pour connoître si le lapis lazuli dont on veut tirer la couleur, est d’une bonne qualité, & propre à donner un beau bleu, il faut en mettre des morceaux sur des charbons ardens, & les y faire rougir : s’ils ne se cassent point par la calcination, & si après les avoir laissé refroidir, ils ne perdent rien de l’éclat de leur couleur, c’est une preuve de leur bonté. On peut encore les éprouver d’une autre façon : c’est en faisant rougir des morceaux de lapis sur une plaque de fer, & les jettant ensuite tout rouges dans du vinaigre blanc très-fort ; si la pierre est d’une bonne espece, cette opération ne lui fera rien perdre de sa couleur. Après s’être assûré de la bonté du lapis, voici comme il faut le préparer pour en tirer le bleu d’outre-mer. On le fait rougir plusieurs fois, & on l’éteint chaque fois dans de l’eau, ou dans de fort vinaigre, ce qui vaut encore mieux ; plus on réitere cette opération, plus il est facile de le réduire en poudre : cela fait, on commence par piler les morceaux de lapis ; on les broye sur un porphyre, en les humectant avec de l’eau, du vinaigre, ou de l’esprit-de-vin ; on continue à broyer jusqu’à ce que tout soit réduit en une poudre impalpable ; car cela est très-essentiel : on fait sécher ensuite cette poudre après l’avoir lavée dans l’eau, & on la met à l’abri de la poussiere pour en faire l’usage qu’on va dire.

On fait une pâte avec une livre d’huile de lin bien pure ; de cire jaune, de colophone, & de poix résine, de chacune une livre ; de mastic blanc, deux onces. On fait chauffer doucement l’huile de lin ; on y mêle les autres matieres, en remuant le mêlange qu’on fait bouillir pendant une demi-heure, après quoi on passe ce mêlange à travers d’un linge, & on le laisse refroidir. Sur 8 onces de cette pâte, on mettra 4 onces de la poudre de lapis indiquée ci-dessus ; on pêtrira long-tems & avec soin cette masse ; quand la poudre y sera bien incorporée, on versera de l’eau chaude par-dessus, & on la pêtrira de nouveau dans cette eau, qui se chargera d’une couleur bleue ; on la laissera reposer quelques jours, jusqu’à ce que la couleur soit tombée au fond du vase ; ensuite de quoi on decantera l’eau, & en laissant sécher la poudre, on aura du bleu d’outre-mer.

Il y a bien des manieres de faire la pâte dont nous venons de parler : mais nous nous contenterons d’indiquer encore celle-ci. C’est avec de la poix-résine, térebenthine, cire vierge, & mastic, de chacun six onces ; d’encens & d’huile de lin, deux onces, qu’on fera fondre dans un plat vernissé, le reste comme dans l’opération précédente. Voici la méthode que Kunckel nous dit avoir suivie avec succès pour faire le bleu d’outre-mer.

Après avoir cassé le lapis lazuli en petits morceaux de la grosseur d’un pois, on le fait calciner, & on l’éteint dans du vinaigre distillé à plusieurs reprises ; ensuite on le réduit en une poudre extrèmement déliée : on prend de cire vierge & de colophone de chacune moitié du lapis réduit en poudre ; on les fait fondre dans une poelle, ou plat de terre vernissé : on y jette petit à petit la poudre, en remuant & mêlant avec soin les matieres ; l’on verse le mêlange ainsi fondu dans de l’eau claire, & on l’y laisse pendant huit jours ; au bout de ce tems, on remplit de grands vases de verre, d’eau aussi chaude que la main peut la souffrir : on prend un linge bien propre, on pêtrit la masse, & lorsque cette premiere eau sera bien colorée, on retirera la masse pour la mettre dans de nouvelle eau chaude : on procedera de la même façon jusqu’à ce que toute la couleur soit exprimée ; c’est cependant la couleur qui s’est déchargée dans la premiere eau, qui est la plus prétieuse : on laisse ensuite reposer l’eau colorée pendant trois ou quatre jours, au bout desquels on voit que la couleur s’est précipitée au fond du vase. Une même masse fournit trois ou quatre sortes de bleu d’outre-mer : mais on n’en retire que fort peu de la plus belle.

Il y a encore bien des manieres de tirer du bleu d’outre-mer : mais comme leur différence ne consiste que dans la pâte à laquelle on mêle le lapis pulvérisé, on a cru inutile d’en dire davantage. On reconnoît si le bleu d’outremer a été falsifié, non-seulement au poids, qui est moindre que celui du véritable, mais encore parce qu’il perd sa couleur au feu. (—)

Bleu de montagne, (Hist. nat. & Mineralogie.) lapis armenus ou cæruleum montanum, en Allemand, berg-blau. C’est un minéral ou pierre fossile bleue, tirant un peu sur le verd d’eau. Elle ressemble assez au lapis lazuli, mais avec cette différence qu’elle est plus tendre, plus légere & plus cassante que lui, & que sa couleur ne résiste point au feu comme la sienne. Lorsqu’on fait usage du bleu de montagne dans la peinture, il est à craindre que par la suite la couleur n’en devienne verdâtre. Cette pierre se trouve en France, en Italie, en Allemagne, & surtout dans le Tirol. On dit que celle qui vient de l’Orient ne perd point sa couleur dans le feu. Le bleu de montagne contient beaucoup de cuivre ; celui qui est léger en fournit moins que celui qui est pesant ; le premier contient un peu de fer, suivant M. Cramer. On dit qu’on contrefait le bleu de montagne en Hollande, en faisant fondre du souffre, & en y mêlant du verd de gris pulvérisé. Pour employer le bleu de montagne dans la peinture, il faut le broyer, le laver ensuite, & en séparer les petites pierres qui y sont quelquefois mêlées.

Dans la Medecine on s’en est servi quelquefois, il a une vertu purgative & émétique ; il paroît cependant qu’il est à propos de s’en défier, attendu le cuivre qui en est la base. (—)

Bleu de Prusse, est une matiere utile pour la peinture. On l’appelle bleu de Prusse, par ce que c’est en Prusse que sa préparation a été trouvée. Voyez le premier volume des Miscellanea Berolinensia, 1710 ; & les Transactions philosophiques en ont publié la composition, dans les mois de Janvier & Février 1724. Depuis, M. Geoffroy, de la faculté de Medecine & de l’académie des Sciences de Paris, en a donné la préparation dans les Mémoires de l’Académie de 1725. La préparation du bleu de Prusse est une suite de plusieurs procédés difficiles. On a plusieurs raisons pour croire que ce bleu vient du fer. On sait que les dissolutions de fer prennent dans l’eau une couleur bleue par la noix de galle. L’acier bien poli & échauffé à un feu moderé, prend une couleur bleue ; & il paroît par cette expérience que cette couleur bleue vient d’une substance grasse, que le feu éleve à la surface du fer. On sait qu’il y a dans le fer une matiere bitumineuse, qui n’est pas parfaitement unie avec les autres principes, ou qui y est en trop grande quantité.

C’est ce bitume qui doit être la base du bleu qu’on veut faire : mais certainement il est trop compact ; Il faut le subtiliser : or les alkalis sont les dissolvans naturels des bitumes.

Il y a apparence qu’on a essayé, pour faire le bleu de Prusse, plusieurs huiles végétales, & que ç’a été sans succès : on a aussi éprouvé les huiles animales ; & le sang de bœuf calciné & réduit en poudre a rempli l’attente ; & pour l’alkali, on y a employé le plus puissant, qui est celui de tartre.

Le bitume du fer est attaché à une terre métallique jaune ; cette terre altéroit la couleur bleue du bitume, quelque raréfié qu’il fût : on le transporte de dessus la terre jaune sur une terre blanche, qui est celle de l’alun ; & alors la couleur bleue non-seulement n’est plus altérée par le fonds qui la soûtient, mais de sombre & trop foncée qu’elle étoit, elle devient plus claire & plus vive.

Il faut observer que ce bitume qu’on veut avoir, on ne le cherche pas dans du fer en substance ; mais dans du vitriol où le fer est déja très-divisé.

Il y a donc trois liqueurs nécessaires pour faire le bleu de Prusse : une lessive de sang de bœuf calciné avec le sel alkali ; une dissolution de vitriol, & une dissolution d’alun.

De toutes ces opérations, il résulte une espece de fécule d’une couleur de verd de montagne, & qui par l’esprit de sel devient dans l’instant d’une belle couleur bleue foncée ; & c’est-là le bleu de Prusse. Cet article est de M. Formey, secrétaire perpétuel de l’académie royale de Prusse.

M. Maloüin, dans un mémoire qu’il a donné à l’academie en 1745, dit, qu’il a tiré un bleu de Prusse du mêlange de la creme de chaux, & du sel alkali du tartre ; que ce bleu étoit semblable à celui qui lui a donné l’eau-mere du sel de Seignette par l’esprit de vitriol.

Il faut remarquer que M. Maloüin avoit trouvé aussi du fer dans la chaux ; & il dit que la noix de galle épineuse peut tirer de l’eau de chaux une teinture bleue.

Le même auteur rapporte aussi dans ce mémoire, qu’ayant fait mettre dans un creuset entre les charbons ardens, de la chaux vive & du sel marin mêlés ensemble, il sortit de la matiere contenue dans le creuset, une flamme bleue qui répandit une odeur aromatique. Il apperçut cette flamme lorsqu’il découvrit le creuset ; & il y avoit un quart d’heure que le creuset étoit rouge lorsqu’il le découvrit. (M)

Le bleu entre dans presque toutes les parties fuyantes d’un tableau ; l’on s’en sert aussi dans les ciels, la mer, &c.

On distingue différentes nuances de bleu ; le bleu blanc, bleu mourant, bleu céleste, bleu turquin foncé, bleu de Perse entre le verd & le bleu, bleu d’enfer ou noirâtre, bleu de forge, bleu artificiel. Il n’y a guere que les Teinturiers qui différencient ainsi leurs bleus ; les Peintres ne les distinguent que par ces expressions : ce bleu est plus tendre que celui-ci ; ces bleus sont de différent ton, ne sont pas du même ton.

Bleu tenant lieu d’outremer dans le lavis. Pour suppléer à l’outremer qui est d’un trop grand prix, & qui a trop de corps pour être employé en lavis, on recueille en été une grande quantité de fleurs de bluets qui viennent dans les blés ; on en épluche bien les feuilles en ôtant ce qui n’est point bleu : puis on met dans de l’eau tiede de la poudre d’alun bien subtile. On verse de cette eau imprégnée d’alun dans un mortier de marbre, on y jette les fleurs ; & avec un pilon de marbre ou de bois, on pile jusqu’à ce que le tout soit réduit de maniere qu’on puisse aisément en exprimer tout le suc, que l’on passe à travers une toile neuve, faisant couler la liqueur dans un vase de verre, où on a mis auparavant de l’eau gommée, faite avec de la gomme arabique bien blanche. Remarquez qu’il ne faut guere mettre d’alun pour conserver l’éclat, parce qu’en en mettant trop on obscurcit le coloris. On peut de même faire des couleurs de toutes les fleurs qui ont un grand éclat, observant de les piler avec de l’eau d’alun, qui empêche que la couleur ne change ; pour rendre ces couleurs portatives, on les fait sécher à l’ombre, dans des vaisseaux de verre ou de fayence bien couverts. (R)

Bleu, officier bleu (Marine) lieutenant ou enseigne bleu ; c’est un officier que le capitaine d’un vaisseau crée dans son bord pour y servir, faute d’officier major. (Z)

Bleu, mettre au Bleu (en terme de Cuisine) c’est une façon d’accommoder le poisson en le faisant cuire avec ses écailles dans du vin blanc, avec de l’oignon, des feuilles de laurier, du clou de girofle, sel & poivre, & autres épices : on le sert ainsi préparé, avec de l’huile & du vinaigre dans un vase à part.

* Bleues, (Cendres) sont d’un très-grand usage dans la peinture à détrempe ; il y en a qui sont très-vives en couleur : mais à l’huile elles noircissent & deviennent verdâtres ; car elles tiennent de la nature du verd de gris ; & de plus quand on les met à l’huile, elles ne paroissent pas plus brunes ou foncées en couleur. On les trouve en pierre tendre dans les lieux où il y a des mines de cuivre ou de rosette, & l’on ne fait que les broyer à l’eau pour les réduire en poudre fine. Cette espece de bleu doit être employé sur-tout dans la peinture en détrempe, qu’on ne voit qu’aux lumieres, comme les décorations de théatre ; car quoiqu’on y mêle beaucoup de blanc, il ne laisse pas de paroître fort beau. Il tire pourtant un peu sur le verd, tout au contraire de l’émail qui est fort vif au jour, & qui paroît gris aux lumieres.

On trouve quelquefois des cendres bleues, qui paroissent aussi belles que l’outremer : mais on connoît bien-tôt que ce ne sont que des cendres, si on les mêle avec un peu d’huile ; car elles ne deviennent guere plus brunes qu’auparavant, au contraire de l outremer qui devient fort brun. Au feu elles deviennent noires.

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Étymologie de « bleu »

Étymologie de bleu - Wiktionnaire

(Adjectif, Nom) De l’ancien français blou, blo, blau, de l’ancien bas vieux-francique *blāo (cf. néerlandais blauw), apparenté au luxembourgeois blo, à l’allemand blau. Le francique a aussi donné le vieil espagnol blavo, le vieil italien biavo, le romanche blau et l’occitan et le catalan blau (au fém. blava). L’anglais blue a été emprunté à l’anglo-normand.
Note : Dans nombre d’interjections composées de bleu (par ex. corbleu !, nom de Bleu, etc.), le mot se substitue à Dieu pour éviter le blasphème.
Pour le sens « novice » du nom commun, une tradition fait allusion à l’usage consistant à faire boire aux jeunes recrues une solution de bleu de méthylène, qui s’élimine par les urines. (le terme original était bleu-bite). Ces urines bleues auraient fait croire aux petites amies de l’individu que celui-ci était malade, ce qui contrariait fortement ses prouesses amoureuses. Pour les militaires, le mot bleu a pour origine l'uniforme des engagés volontaires de 1793 qui portaient tous des vestes d'uniforme bleues, contrairement aux autres troupes aguerries dont la dominante était encore le blanc.
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Étymologie de bleu - Littré

Wallon, bleûf, bleus ; au féminin, bleuse, bleusse ; bourguig. bleuve, au féminin ; Berry, blu ; picard, bleusse, au féminin ; provenç. blau ; ancien espagn. blavo ; patois ital. biavo ; de l'ancien haut-allem. blâo, blaw ; angl. blue.

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Phonétique du mot « bleu »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
bleu blø play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « bleu »

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Citations contenant le mot « bleu »

  • Dans l'océan des instruments à caractère sportif, les modèles à vocation aquatique surfent sur la mode des montres bleues. En haut de la vague, ces trois références possèdent en plus un fond transparent pour révéler les rouages de leur mouvement de belle facture. Les Echos, Montres : trois nuances de bleu | Les Echos
  • Un camaïeu de verts apparaît aux yeux des touristes en Sologne bourbonnaise. Sauf, à Vaumas, sur la grande route entre Dompierre et Jaligny, où des bottes de foin enrubannées de film coloré, rose, jaune et bleu, tranchent dans le paysage. www.lamontagne.fr, Des bottes de foin roses, bleues et jaunes, dans les prés de l'Allier pour lutter contre le cancer - Moulins (03000)
  • En France, un nouveau bleu apparaît à la fin du XVIIIe siècle : le bleu national ! Aujourd'hui toutes les équipes sportives françaises jouent en maillot ou vêtement bleu dans les compétitions internationales ; la France est emblématiquement associée à cette couleur. Comment expliquer l'enracinement du bleu dans l'identité française ? Futura, Histoire : le bleu, couleur préférée des Français ?
  • La Covid-19 plus le changement de gouvernance : pas facile d’établir un programme estival structuré. Celui concocté par l’équipe sortante se veut plus vert que bleu. Le Telegramme, Un été en bleu mais aussi en vert - Saint-Malo - Le Télégramme
  • Le sang bleu se retrouve parfois dans les veines d'un demeuré ou dans la trompe d'un moustique. De Austin O'Malley
  • Dieu a créé la mer et il l'a peinte en bleu pour qu'on soit bien dessus. De Bernard Moitessier / La Longue Route
  • Un matin, l'un de de nous manquant de noir, se servit de bleu : l'impressionnisme était né. De Pierre-Auguste Renoir / Propos rapportés par G. Coquiot
  • Bien que Dieu soit tout-puissant, il n’envoie pas la pluie quand le ciel est bleu. De Proverbe afghan
  • A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes. De Arthur Rimbaud / Voyelles
  • L'amour, c'est comme de la fumée de cigarette : ça entre bleu et ça sort gris. De Léo Bertrand / Alexandre Peuchat
  • Notre corps est éphémère, mais notre esprit ne disparaît ni ne change, comme le ciel bleu derrière les nuages. De Chi Nul
  • Le ciel n'est bleu que par convention, mais rouge en réalité. De Alberto Giacometti
  • C'était un moustique snob. Il ne buvait que du sang bleu. De Jean Cazalet
  • Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge. De Pablo Picasso
  • Le bleu profond des yeux d'une jolie fille est aussi attirant pour vous que le bleu profond de votre carte bancaire pour elle. De Fabien Rohrhust
  • Au-dessus des nuages, le ciel est toujours bleu. De Leslie Walton
  • Le bleu de la mer est sans limite. De Santoka / Zen, saké, haïku
  • Qui sème le casque bleu, récolte la tempête. De Alexandre Vialatte
  • Le bleu est une plongée inconsciente interminable. De Malcolm de Chazal / Sens plastique

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Traductions du mot « bleu »

Langue Traduction
Portugais azul
Allemand blau
Italien blu
Espagnol azul
Anglais blue
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Synonymes de « bleu »

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Antonymes de « bleu »


Mots similaires