Convoi : définition de convoi


Convoi : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

CONVOI, subst. masc.

I.− Domaine profaneSuite organisée de véhicules, de navires, transportant des marchandises, des vivres, du matériel, des personnes, etc., vers un même lieu, sous la garde d'une escorte. Un convoi de poudre, conduit par des soldats du train, gagnait la route de Francfort (Erckm.-Chatr., Conscrit 1813,1864, p. 77).La radio allemande prétend avoir coulé le dernier convoi de pétroliers des alliés (Gide, Journal,1943, p. 173).
SYNT. a) Tête, queue d'un convoi; chef, escorte du convoi. b) Convoi long, lourd; convoi civil, militaire; convoi automobile; convoi marchand (bateaux). c) Le convoi se met en marche, s'ébranle; former, escorter, protéger un convoi; attaquer, intercepter un convoi; se déplacer, naviguer en convoi. d) Convoi + compl. α) [Le compl. indique le moyen de transport] Convoi de camions, de navires, de pétroliers; convoi d'ânes, de chameaux. β) [Le compl. indique ce qui est transporté] Convoi de vivres, de munitions; convoi de blessés, de prisonniers, de troupes.
1. En partic. Suite de véhicules, d'animaux, de personnes qui suivent la même route. Nous retrouvons enfin nos braves boys et le premier convoi des porteurs (Gide, Voy. Congo,1927, p. 741):
1. Vers onze heures, un long convoi de navires, traînés par un remorqueur, gros comme une mouche, et qui râlait de peine en vomissant une fumée épaisse, défila devant ma grille. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, Le Horla, 1886, p. 1097.
2. ... dans les grandes artères qui menaient aux portes de la ville, des convois suivaient la chaussée : chariots réquisitionnés, files de chevaux tenus à la bride, autos conduites par des soldats, régiments silencieux qui se déplaçaient vers des destinations secrètes. R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 624.
En convoi. « Ils se déplacent en convois, à présent. » C'était le dixième qu'il rencontrait depuis le matin. Daniel compta neuf personnes (Sartre, Mort ds l'âme,1949, p. 80).
Spéc. Convoi (de chemin de fer). Suite de voitures, de wagons tirés par la même locomotive. Convoi de voyageurs; convoi de marchandises. Le convoi jaillit avec un épouvantable fracas de ferrailles secouées, de chaudières hurlantes, de pistons en branle (Huysmans, Sœurs Vatard,1879, p. 121):
3. Il demanda si le chemin de fer partait encore pour Paris; on lui répondit qu'il n'avait plus que dix minutes à attendre pour le dernier convoi. Champfleury, Les Aventures de MlleMariette,1853, p. 213.
2. P. méton., spéc. Convoi (de l'armée).
a) Escorte qui protège un convoi (cf. convoiement b, dér. sous convoyer).
b) Ensemble de vivres, munitions, matériel transporté vers le lieu où se trouve l'armée ou accompagnant une armée en campagne. Don Pèdre, qui n'ignorait pas la détresse des assiégés, se bornait à fermer le passage à tous les convois (Mérimée, Don Pèdre 1er,1848, p. 380).
4. Cette affreuse retraite, à travers un pays désolé et sans route, entraîna la perte de toute l'artillerie et des convois de l'armée qui arriva exténuée, mourant de faim, décimée par le typhus, à Saint-Jean-de-Medua... Joffre, Mémoires,t. 2, 1931, p. 137.
II.− Domaine relig. ou similaire.Transport d'un défunt, à l'église et au cimetière, accompagné de ses parents et amis; ensemble du cortège (comprenant le corbillard et les personnes qui suivent en voiture ou à pied). Convoi funèbre, funéraire; lugubre convoi; accompagner, suivre le convoi. Vous êtes prié d'assister au convoi, service et enterrement de Madame de Farkley, qui aura lieu lundi matin (Soulié, Mém. diable,t. 2, 1837, p. 357).Le convoi fut mené par toute une famille en larmes (Balzac, Cous. Bette,1847, p. 417).Le convoi se mit en marche dans le même ordre, et s'achemina vers le cimetière de Montmartre (Jouy, Hermite,t. 2, 1812, p. 168).
En partic. Ensemble des personnes qui suivent le cercueil. Un cercueil blanc, porté par quatre hommes, et suivi d'un convoi peu nombreux (Borel, Champavert,1833, p. 158).
P. méton. Ce qu'il est nécessaire ou d'usage d'employer pour ce transport (corbillard tentures, cierges, voitures, etc.). Convoi de 1re, 2e, 3eclasse. Lucien dit à Bérénice d'aller commander aux pompes funèbres un convoi qui ne coûtât pas plus de deux cents francs (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 534).Elle eut le convoi des pauvres, et son corps fut mis dans la fosse commune (A. France, Génie latin,1909, p. 284).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃vwa]. Land. 1834 transcrit encore kon-voê. Cf. aboyer. Ds Ac. depuis 1694. Étymol. et Hist. 1165-70 conveiz « escorte d'un grand personnage » (Benoit, Roman de Troie, 13423 ds T.-L.); 1538 « escorte accompagnant le corps d'un défunt au cimetière » (Est.); 1549 le convoy des espousailles (ibid.); 1616 « escorte accompagnant un convoi militaire » (D'Aubigné, Hist., I, 352 ds Littré); d'où 1680 « ensemble de voitures militaires faisant route sous la protection d'une escorte » (Rich.). Déverbal de convoyer*. Fréq. abs. littér. : 874. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 121, b) 1 595; xxes. : a) 1 222, b) 1 169. Bbg. La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 403.

Convoi : définition du Wiktionnaire

Nom commun

convoi \kɔ̃.vwa\ masculin

  1. (Marine) Réunion plus ou moins grande de navires de commerce naviguant sous l’escorte d’un ou de plusieurs vaisseaux armés.
    • S’emparer des convois. - L’escorte qui accompagne un convoi.
  2. (En particulier) Force navale qui escorte.
    • Convoi régimentaire.
  3. (Militaire) Transport de munitions, de vivres, etc.
    • On dit que le convoi destiné au ravitaillement de Fort-National est déjà prêt et que nous tenterons demain la grande opération du débloquement. — (Eugène Beauvois, En colonne dans la Grande Kabylie: Souvenirs de l'insurrection de 1871, avec une relation du siège de Fort-National, Paris : chez Challamel ainé, Dijon : chez Lamarche & Copenhague : chez H. Hagenrup, 1872, p. 294)
    • Tandis que le convoi d'artillerie évitait Malmédy, une pagaille indescriptible régnait dans la ville. — (Charles B. Mac Donald, La bataille d'Ardenne, traduit par Paul Maquet & Josette Maquet-Dubois, Bruxelles, Luc Pire Éditions, p.242)
    • Midi et demi... Le convoi roule, précédé de quelques jeeps... — (Bachaga Boualam, Les Harkis au service de la France, p.58, France-Empire, 1963)
  4. (Par extension) Troupes que l’on transporte d’un point à un autre.
    • Convoi de prisonniers. - Convoi de blessés.
  5. (Chemins de fer) Suite de wagons formant un train.
    • Un convoi de voyageurs, de marchandises.
  6. (Par extension) Train même ou ensemble de personnes qui voyagent dans ce train.
    • La police de Vichy a organisé des convois vers les camps de concentration nazis.
  7. (Vieilli) Cortège lors des obsèques.
    • […], le jeu de cette étrange faculté donnée aux imaginations vives de se faire acteur dans une vie arrangée comme dans un rêve ; de se représenter les choses désirées avec une impression si mordante qu’elle touche à la réalité, […], d’assister à son convoi comme Charles-Quint, de jouer enfin en soi-même la comédie de la vie, et, au besoin celle de la mort. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Les convois funèbres se succédaient, avec leurs escortes de sous-officiers boueux et de rosses efflanquées. — (Paul et Victor Margueritte, Le Désastre, p.451, 86e éd., Plon-Nourrit & Cie)
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Convoi : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CONVOI. n. m.
T. de Marine. Réunion plus ou moins grande de bâtiments de commerce naviguant sous l'escorte d'un ou de plusieurs vaisseaux de l'État. Il se dit aussi de la Force qui escorte. En termes de Guerre, il se dit d'un Transport de munitions, de vivres, etc., S'emparer des convois. L'escorte qui accompagne un convoi. Convoi régimentaire. Convoi administratif. Par extension, il se dit de Telles ou telles troupes que l'on transporte d'un point à un autre. Convoi de prisonniers. Convoi de blessés. Il signifie, en termes de Chemins de fer, Suite de wagons formant un train. Un convoi de voyageurs, de marchandises. Il se dit encore de la Réunion des personnes qui accompagnent un défunt à la sépulture, avec les cérémonies funèbres. Un grand convoi. Un magnifique convoi. Aller au convoi. Assister au convoi. Être du convoi.

Convoi : définition du Littré (1872-1877)

CONVOI (kon-voi) s. m.
  • 1 Terme de guerre. Un certain nombre de chariots qui portent des vivres, des munitions, sous la protection d'une escorte. On a fait entrer un convoi dans la place. Sur cette route [de Moscou] deux convois considérables venaient de tomber au pouvoir de l'ennemi : l'un, par la négligence de son chef, qui se tua de désespoir ; l'autre, par la lâcheté d'un officier qu'on allait punir quand la retraite commença, Ségur, Hist. de Napol. VIII, 10.

    L'escorte du convoi. Le convoi a été battu.

  • 2Le corbillard, les voitures, et les personnes qui accompagnent un défunt au cimetière. Aller, assister au convoi d'un ami. Le convoi du pauvre. Sous Ptolémée Lagus, le bœuf Apis étant mort de vieillesse, la dépense de son convoi, outre les frais ordinaires, monta à plus de cinquante mille écus, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 74, dans POUGENS. Une place au sépulcre est un don que l'on brigue ; Les morts vont au tombeau par immenses convois, Lamartine, Joc. IX, 336.

    Fig. Bossuet vient lui-même à la suite du convoi de tant de générations, marchant appuyé sur Isaïe et sur Jérémie, Chateaubriand, Génie, III, III, 8.

  • 3Dans les chemins de fer, suite de voitures attachées les unes aux autres, qui accomplissent un voyage. Il prit le premier convoi.
  • 4 Terme de marine. Nombre de bâtiments de commerce qui naviguent sous la protection de vaisseaux de guerre. Nous avions trois frégates pour escorter notre convoi. Les flottes d'Auguste eurent pour objet principal la sûreté des convois et la communication des diverses parties de l'empire, Montesquieu, Rom. 13. Le peuple de Sinope, affligé de la famine, consentit de céder le dieu [une statue du dieu] à Ptolémée pour un convoi de blé qu'il leur envoya, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. VII, p. 299, dans POUGENS.

    L'escorte même. Le convoi repoussa l'attaque des corsaires.

    Ordre de convoi, ordre de file dans lequel les vaisseaux gouvernent largue ou vent arrière.

  • 5Autrefois, convoi de Bordeaux, nom d'un bureau du roi, établi à Bordeaux pour la perception des droits qui se levaient, par mer seulement, sur six ou sept sortes de marchandises, telles que les vins, les eaux-de-vie, les prunes, etc.

HISTORIQUE

XVe s. Messire Thomas fit lier messire Hue sur un cheval et le faisoit ainsi mener par derision après la route et le convoi de la roine, Froissart, I, I, 23. Beau sire, dit le chevalier, voulez nul convoy [escorte] ? nenny, dit Lancelot. Allez donques à la garde du createur, en quelque lieu que vous soyez, Lancelot du Lac, t. II, f° 35.

XVIe s. Enai : Ne faisons point le convoi de Limoges ? - Foeneste : Coment ? - Enai : Quelques Limousins passerent une nuict à se convoier, D'Aubigné, Faen. II, 19. Le duc, pressé de famine, envoia le marquis de Favarre pour servir de convoi aux vivres qu'il envoioit chercher vers Grenade, D'Aubigné, Hist. I, 352. Il signala son retour aux chrestiens, en chargeant Capigi et un chaoux qui conduisoit l'argent, et tua le convoi, D'Aubigné, Hist. II, 389. Et voyant le bateau qui s'enfuyoit de moy, Parlant à Marion, je chantay ce convoy, Ronsard, 162. L'heure du convoy de l'enterrement, Amyot, Solon, 41.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CONVOI. Ajoutez :
6Convoi de prisonniers, de condamnés, nombre de prisonniers, de condamnés qu'on mène ensemble.
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Convoi : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* CONVOI, s. m. (Hist. anc. & mod.) c’est le transport du corps, de la maison au lieu de sa sépulture. Après que le corps avoit été gardé le tems convenable, qui étoit communément de sept jours, un hérault annonçoit le convoi à peu-près en ces termes : « Ceux qui voudront assister aux obseques de Lucius Titius, fils de Lucius, sont avertis qu’il est tems d’y aller ; on emporte le corps hors de la maison ». Les parens & les amis s’assembloient ; ils étoient quelquefois accompagnés du peuple, lorsque le mort avoit bien mérité de la patrie. On portoit les gens de qualité sur de petits lits appellés lectiques, ou hexaphores, ou octaphores, selon le nombre de ceux qui servoient au transport. Les gens du commun étoient placés sur des sandapiles ou brancards à quatre porteurs. Le feretrum paroît être le genre, & le lectique & la sandapile les especes. Les porteurs s’appelloient vespillones. Le mort avoit le visage découvert ; on le lui peignoit quelquefois : s’il étoit trop difforme, on le couvroit. Dans les anciens tems le convoi se faisoit de nuit. Cette coûtume ne dura pas toûjours chez les Romains, & ne fut pas générale chez les anciens. A Sparte quand les rois mouroient, des gens à cheval annonçoient partout cet événement ; les femmes s’écheveloient, & frappoient nuit & jour des chauderons, dont elles accompagnoient le bruit de leurs lamentations. Chaque maison étoit obligée de mettre un homme & une femme en deuil. Au lieu de bierre les Spartiates se servoient d’un bouclier. Les Athéniens célebroient les funérailles avant le lever du soleil. Les joueurs de flûte précedoient le convoi en joüant l’ialemos, ou le chant lugubre que les Latins appelloient nænia. Comme on avoit multiplié à l’excès le nombre de ces joueurs de flûte, il fut restreint à dix ; ils étoient entremêlés de saltinbanques qui gesticuloient & dansoient d’une maniere comique ; mais cela n’avoit lieu qu’aux convois de gens aisés, & dont la vie avoit été heureuse. Cette marche étoit éclairée de flambeaux & de cierges ; les pauvres allumoient seulement des chandelles. On faisoit accompagner le mort des marques de ses dignités & de ses exploits ; il y étoit lui-même représenté en cire au milieu de ses ayeux, dont on portoit les images en buste sur de longues piques : ces images étoient tirées de la salle d’entrée, & on les y replaçoit. Si le mort avoit commandé les armées, les légions étoient du convoi, elles y tenoient leurs armes renversées ; les licteurs y tenoient aussi les faisceaux renversés : les affranchis y avoient la tête couverte d’un voile de laine blanc : les fils étoient à la tête, le visage voilé : les filles y assistoient les piés nuds & les cheveux épars. Chez les Grecs les hommes & les femmes de la cérémonie se couronnoient. Mais il paroît que l’ajustement des funérailles a varié ; on s’y habilla de noir, on s’y habilla aussi de blanc. Quelquefois on se déchiroit. On loüoit des pleureuses qui fondoient en larmes en chantant les loüanges du mort ; elles se tiroient aussi les cheveux, ou elles se les coupoient, & les mettoient sur la poitrine du mort. Si le mort étoit sur un char, il y eut un tems où l’on coupoit la criniere aux chevaux. Quand la douleur étoit violente, on insultoit les dieux, on lançoit des pierres contre les temples, on renversoit les autels, on jettoit les dieux Lares dans la rue. A Rome, si le défunt étoit un homme important, le convoi se rendoit d’abord aux rostres ; on l’exposoit à la vûe du peuple : son fils, s’il en avoit un qui fût en âge, haranguoit ; il étoit entouré des images de ses ayeux, à qui on rendoit des honneurs très-capables d’exciter la jeunesse à en mériter de pareils : de-là on alloit au lieu de la sépulture. Voyez Sépulture, Enterrement, Mort, Bucher, &c.

Nos convois tenant beaucoup du caractere de notre religion, n’ont point cet air d’ostentation des convois du paganisme. Cette triste cérémonie se fait diversement dans les différentes sectes du Christianisme. Parmi les catholiques, des prêtres précédés de la croix viennent prendre le corps qui est suivi des parens, amis & connoissances, & le portent au lieu de sa sépulture. Voyez Enterrement.

Convoi, dans l’Art milit. se dit des provisions d’armes, de munitions, &c. escortées par un corps de troupes, allant au camp ou dans une place forte, &c.

Les armées ne pouvant subsister long-tems par elles-mêmes, & devant être continuellement pourvûes de ce qui se consomme journellement, il est de la prudence du général de faire assembler les convois dans la place la plus voisine de l’armée, afin de pouvoir aisément les rendre fréquens.

Il doit ordonner au gouverneur de veiller continuellement à tenir les chemins sûrs contre les petits partis ennemis, qui, à la faveur des bois, se peuvent tenir cachés, & enlever en détail les marchands qui viennent à l’armée. Ces sortes de petits partis doivent plûtôt être regardés comme des voleurs qui se rassemblent, que comme des partis de guerre ; aussi doivent-ils être traités avec toute sorte de rigueur lorsqu’on les charge, & avant qu’ils ayent pû faire voir qu’ils sont munis de passeports.

Lorsque le convoi est prêt, il est du soin du général de le faire arriver dans son camp avec sûreté. La situation du pays, ou son éloignement de la ville d’où part le convoi, & même la portée de l’armée ennemie, font les différences de la qualité & de la force des escortes, qui peuvent être en certain cas assez considérables pour mériter d’être commandées par un officier général, comme sont ceux d’argent.

Des autres convois, il y en a de plusieurs especes. Ceux des vivres sont presque continuels pour l’allée & le retour, parce que le pain se fournit aux troupes tous les quatre jours ; & à ceux-ci se joint tout ce qui vient à l’armée pour son besoin particulier.

Les autres sont des convois de munitions de guerre pour les besoins journaliers de l’armée, & ceux qui se font pour conduire devant une place assiégée la grosse artillerie.

En général, de quelqu’espece que soit un convoi, il faut toûjours pourvoir à ce qu’il arrive sûrement à l’armée, afin de ne point rebuter les gens que le gain attire à la suite de l’armée, & qu’elle ne manque jamais de rien. Mém. de Feuquiere. (Q)

Convoi, (Marine.) C’est un vaisseau de guerre qui conduit des vaisseaux marchands, & les escorte pour les défendre contre les corsaires, ou contre les ennemis en tems de guerre. Le convoi est composé de plusieurs vaisseaux, lorsqu’on craint la rencontre d’une escadre ennemie.

Le commandant de l’escorte donne à chaque capitaine ou maître de vaisseau marchand, un billet, par lequel on lui permet de se mettre sous la protection du convoi : c’est ce qu’on appelle lettre de convoi. Voyez Conserve. (Z)

Convoi est aussi un terme qui en Hollande a plusieurs significations. On y appelle convoi, les chambres ou bureaux des colléges de l’amirauté où se distribuent les passe-ports. On y nomme aussi en général convoi-gelt, les droits d’entrée & de sortie que ces colléges font recevoir par leurs commis.

Convoi-loopers. On nomme ainsi à Amsterdam des especes de facteurs publics qui ont soin de retirer du convoi, ou, comme on dit en France, de la doüane, toutes les expéditions, acquits & passeports dont les marchands ont besoin pour l’entrée ou la sortie de leurs marchandises. Chaque marchand a son convoi-looper, qui porte au convoi ses avis ou déclarations, & en rapporte les acquits ou passe-ports, moyennant un certain droit assez modique que lui donne le marchand ; car il ne monte pas à trois florins pour tout passe-port d’entrée de 200 florins, ni à six florins pour tout passe-port de 600 florins, de sortie. Voyez Chamb. & Savary. (G)

Convoi de Bordeaux, (Jurispr. Hist. & Fin.) est un droit qui se perçoit au profit du Roi dans la généralité de Bordeaux, sur certaines marchandises. Il fut établi lors de la réduction de la Guienne à l’obéissance de Charles VII. sur les marchandises qui devant être transportées par mer aux lieux de leur destination, avoient besoin d’escorte & de convoi pour les assûrer contre les entreprises des Anglois nouvellement chassés de Bordeaux, qui faisoient les derniers efforts pour en anéantir le commerce. Les Bordelois, pour mettre leurs marchandises en sûreté, s’assujettirent volontairement à payer un droit de reconnoissance à deux ou trois petites barques, dont le principal emploi étoit de conduire les vaisseaux marchands au-delà de la tour de Cordoüan & de la branche de la Gironde ; mais dans la suite nos Rois ayant jugé qu’il ne convenoit pas à de simples particuliers de donner le secours de conduite & de convoi, ils s’en sont attribué le droit, & ont défendu à aucun particulier d’y prétendre. Il a été fait différens tarifs pour la perception de ce droit sur chaque sorte de marchandise. Ce droit est présentement compris nommément dans le bail des fermes générales. Voyez ce qui est dit au mot Comptablie. (A)

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Étymologie de « convoi »

Étymologie de convoi - Littré

Voy. CONVOYER.

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Étymologie de convoi - Wiktionnaire

Déverbal sans suffixe de convoyer, issu du bas-latin conviare (« faire route avec quelqu'un ») composé de con- et via (« voie »).
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Phonétique du mot « convoi »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
convoi kɔ̃vwa play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « convoi »

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Citations contenant le mot « convoi »

  • Le 35ème convoi ITER transitera sur l’itinéraire ITER durant quatre nuits du 22 au 26 juin 2020. Ce convoi de près de 400 tonnes permettra d’acheminer une nouvelle bobine poloïdale qui arrive de Chine www.maritima.info, Berre-l'Etang - Info route - Départ d'un convoi ITER ce soir à Berre l'Etang - Maritima.Info
  • Un convoi assez spectaculaire est passé vers 13h par Martigues. Une barge transportait une bobine (toroïdale n° 13 en provenance du Japon) de 450 tonnes pour 19 mètres de long et 10 mètres de large. Le convoi transite de Fos-sur-mer vers Berre par le canal de Caronte. Il rejoindra ensuite Iter par la route. Comme d'habitude, le passage du convoi est accompagné de la présence des forces de l'ordre www.maritima.info, Martigues - Economie - Martigues : le convoi Iter et sa bobine de 450 tonnes ne passent pas inaperçus - Maritima.Info
  • Mercredi 10 juin, deux convois exceptionnels ont traversé Nantua, non sans mal... L'Essor Savoyard, Nantua : deux convois exceptionnels traversent la ville ... non sans mal ! - L'Essor Savoyard
  • "Déjà, en début d’année, le convoi avec la dernière paire d’ailes et les tronçons de l’avant-dernier A380 s’était fait sous les applaudissements de plusieurs centaines de visiteurs. Certains avaient même affrété des bus pour la circonstance, des anciens qui avaient travaillé pendant des années sur ce superbe avion. Et là, à minuit, il y avait encore 100 à 200 personnes pour le saluer une dernière fois, assister à la sortie de scène des convois", témoigne José, fidèle depuis des années et faisant partie des rares à avoir vu l’inavouable, "le convoi bloqué par la neige, le 14 février 2012". Vitesse réduite des poids lourds, rigueur du cortège chaque fois renouvelée avec toujours autant d’admiration dans les yeux de ceux regardant la montagne en déplacement. Une allure au pas qui n’aura pourtant fait oublier à personne la rapidité de construction de cette véritable cathédrale industrielle du premier très gros-porteur civil de l’histoire, ni la vitesse à laquelle se fit l’aménagement des 225 kilomètres de voie terrestre qui symbolisaient – avec l’avènement de l’an 2000 et de cet A3XX – non seulement une nouvelle dimension d’avion de ligne mais, au-delà, de l’industrie aéronautique européenne et de sa capitale toulousaine. ladepeche.fr, Dernier convoi de l'A380 : une page d’histoire se tourne - ladepeche.fr
  • En raison des travaux de réfection de la RD 940, entrepris depuis ce début de semaine entre le rond-point des Anciens-Combattants, à l’entrée ouest de Blériot, et la rue Carnot, un convoi exceptionnel particulièrement imposant a dû patienter ce mardi avant de traverser la commune. La Voix du Nord, À Blériot-Plage, un convoi exceptionnel qui ne passe pas inaperçu
  • Alors qu'il y a une dizaine de jours l'ancien Premier ministre Saad Hariri rentrait à Beyrouth après une tournée dans la Békaa, une explosion d'origine inconnue a eu lieu à proximité de son convoi, a rapporté la chaîne arabe al-Hadath. Les services de sécurité ont ouvert une enquête L'Orient-Le Jour, Explosion d'origine inconnue près du convoi de Hariri, il y a une dizaine de jours - L'Orient-Le Jour
  • Derniers préparatifs d'un convoi exceptionnel en partance des chantiers Delavergne à Avrillé. Le convoi devrait arriver en fin de journée à La Cabaude, aux Sables pic.twitter.com/TRQUFJahnH , Un convoi exceptionnel circule sur les routes de Vendée ce mercredi 1 er juillet | Le Journal des Sables
  • L’histoire n’a pas la forme d’un convoi dont les wagons en mouvement éloigneraient toujours davantage la gare, mais celle d’un conte de bonne femme où l’on pourrait, sans avoir même à traverser des forêts épaisses, retrouver endormi l’homme aimé. De Camille Laurens / Dans ces bras-là
  • Tous vont au convoi du mort et chacun pleure son deuil. De Proverbe français
  • Ô convoi solennel des soleils magnifiques, Nouez et dénouez vos vastes masses d'or, Doucement, tristement, sur de graves musiques, Menez le deuil très lent de votre sœur qui dort. Jules Laforgue, Poèmes posthumes, Marche funèbre pour la mort de la Terre

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Traductions du mot « convoi »

Langue Traduction
Corse convoy
Basque konboia
Japonais コンボイ
Russe конвой
Portugais comboio
Arabe قافلة
Chinois 护航
Allemand konvoi
Italien convoglio
Espagnol convoy
Anglais convoy
Source : Google Translate API

Synonymes de « convoi »

Source : synonymes de convoi sur lebonsynonyme.fr


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