Titre : définition de titre


Titre : définition du Wiktionnaire

Nom commun

titre \titʁ\ masculin

  1. Élément qui est mis en valeur par rapport au contenu qui le suit et qui le résume parfois.
    • Les journaux et les magazines qui alimentaient les cerveaux américains (…) devinrent instantanément un feu d’artifice où les illustrations et les titres de colonnes s’enlevaient comme des fusées et éclataient comme des bombes. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 212 de l’éd. de 1921)
    • Des escouades de camelots ont parcouru les boulevards en hurlant le titre d'une nouvelle feuille : « Demandez Le Glaive ! » — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 207)
    • Le Point est même en mesure d'en donner le titre (…) : Ma vérité. Pour quelqu'un qui, comme l'autre jour à la télévision, n’arrête pas de raconter des craques, c'est un beau titre, je trouve. — (Alain Rémond, Le livre, lui, ne ment pas, dans Marianne (magazine), n° 772 du 4 février 2012, p.98)
    • « Kevin contre la GroKo », cela pourrait être le titre d'une épopée enfantine et chevaleresque où un jeune héros finit par terrasser le monstre et réveiller la belle princesse endormie. Mais c'est bien autre chose. — (Thomas Schnee, Kevin contre la GroKo, dans Marianne, n° 1092 du 16 au 22 février 2018, page 44)
  2. (Par métonymie) Le contenu lui-même.
    • Le nouveau titre du chanteur à la mode.
    • Tout compte fait, ce titre pèche par sa faible durée de vie malgré des graphismes agréables.
  3. Désignation honorifique d’un nom indiquant un rang ou une dignité.
    • Bonaparte, qui s'y entendait, changeait le titre des gens: il cachait le nom de M. de Talleyrand sous celui de prince de Bénévent; il baronnifiait les marquis et ducalisait les comtes. La recette est assez bonne , et nous la recommandons fortement à qui de droit. — (Les Nouvelles Recrues du Château, dans La Mode : Revue des modes, jeudi 25 décembre 1845, Paris : imprimerie d'Edouard Proux & Cie, page 540)
    • La société enrichie la veille par des spéculations, honnêtes ou non, joignait à ses richesses des titres nobiliaires ; chacun s'improvisait comte, marquis ou baron. — (Général Ambert, Récits militaires : L'Invasion (1870), page 240, Bloud & Barral, 1883)
    • La T∴ Ill∴ S∴ Marguerite Martin le remplace dans ces hautes fonctions, mais le Sup∴ Cons∴, à l’unanimité, décerne au T∴ Ill∴ F∴ Petit le titre de G∴ M∴ d'Honneur ad vitam. — (Ordre maç∴ mixte international "Le Droit humain", Hommage à nos aînés, Comité d'édition de l'ordre, 1954.)
    • Le nom se compose tout d'abord du nom de famille, ensuite du prénom et, enfin, de ce que l'on appelle les accessoires du nom, pseudonyme, surnom et titres nobiliaires. — (Aude Bertrand-Mirkovic, Droit civil : Personnes, Famille, Studyrama, 2004, page 116)
  4. Nom qui indique un grade, une fonction, une charge.
    • Il se donne le titre de docteur.
    • Monsieur le commissaire, dis-je alors (parce qu'il faut toujours donner leurs titres aux personnes), j'ai fait trois voyages en Angleterre [...]. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Angélique, 1854)
  5. Genre civil d’une personne.
    • « Monsieur », « Madame » et anciennement « Mademoiselle » sont des titres de civilité.
  6. (Finance) Composition d'une monnaie dans un métal donné.
  7. Ancien terme de chasse qui exprimait le lieu où les chiens étaient attitrés, mis sur la voie.
  8. (Chimie) Rapport de la quantité du corps dissous à la quantité de la solution, permettant de calculer soit la concentration massique, soit la concentration ionique.
    • Par son faible titre alcoolique, ses principes amers et son acide carbonique, la bière exerce sur l'organisme une action stimulante. — (Boullanger, 1934)
    • L'importance ancienne donnée à la maîtrise de la dureté des eaux et aux différentes épurations chimiques d’adoucissement consécutives a entraîné l'expression de titres particuliers relatifs à la dureté de l'eau et à son alcalinité et qui sont le titre hydrotimétrique (TH) et les titres alcalimétriques (TAC et TA). — (François Berné & Jean Cordonnier, Traitement des eaux, Éditions TECNIP, 1991, page 5)
  9. (Droit) Qualité attachée à la source d'un droit ou un ensemble de droits. Cette source peut se présenter sous la forme d'une disposition légale, ou administrative, ou sous la forme d'une convention ou d'un jugement.
  10. (Par métonymie) Document qui constitue la preuve de son contenu.
  11. Ce qui établit le droit qu’on a de posséder, de demander, de faire quelque chose.
    • À quel titre avez-vous obtenu cet emploi ?
  12. (Finance) Écrit qui consacre traditionnellement le droit des titulaires de valeurs mobilières, qu'il s'agisse de parts, d'actions, de certificats d'investissement, de titres participatifs, ou d'obligations émises par les sociétés (maintenant habituellement dématérialisé et résultant donc seulement de l’inscription dans les comptes).
    • Dans toutes les Bourses de la terre, ce fut une avalanche de titres que les porteurs voulaient vendre ; les banques suspendirent leurs paiements, les affaires furent paralysées et cessèrent ; […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 288 de l’éd. de 1921)
    • Certains même préparent à l'avance les titres d'alimentation que viennent chercher ensuite les hommes du maquis, comme à Vimory, au Charme et à Gy-les-Nonains. — (Anne-Marie Pasquet, Châlette sur Loing: au coeur de l'histoire, Éditions Messidor, 1987, page 222)
  13. (Typographie) Nom donné au point placé sur la lettre i.
  14. (Cartographie) Ensemble des indications portées sur une carte et permettant d’identifier celle-ci, comprenant éventuellement le sujet, le type et la désignation de la coupure[1].
  15. (Cartographie) Dans le cas de cartes marines et de certaines cartes anciennes : ensemble comprenant le titre et des indications diverses[1].
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Titre : définition du Littré (1872-1877)

TITRE (ti-tr' ; au XVIe s. écrit tiltre, mais prononcé titre, PALSGRAVE, p. 23) s. m.
  • 1Inscription en tête d'un livre, indiquant la matière qui y est traitée, et ordinairement le nom de l'auteur qui l'a composé. Nous voulons faire un livre qui aura pour titre : Les peines légères et salutaires de l'amitié, Sévigné, 531. … tous ces vains amas de frivoles sornettes, Montre, Miroir d'amour, Amitiés, Amourettes, Dont le titre souvent est l'unique soutien, Et qui, parlant beaucoup, ne disent jamais rien, Boileau, Épît. IX. Les titres des livres sont comme ceux des hommes aux yeux du philosophe ; il ne juge de rien par les titres, Voltaire, Mél. hist. Ex. test. pol. Alberoni.

    Fig. Toute secte, comme on sait, est un titre d'erreur ; il n'y a point de secte de géomètres, d'algébristes, d'arithméticiens, parce que toutes les propositions de géométrie, d'algèbre, d'arithmétique sont vraies, Voltaire, Dict. phil. Tolérance, 2.

    Il se dit également des inscriptions placées au commencement des divisions d'un livre.

    Terme d'imprimerie. Faux titre, premier titre abrégé, imprimé sur le feuillet qui précède celui où est le titre entier de l'ouvrage.

    Titre courant, titre qui est écrit au haut des pages, pour indiquer le sujet d'un livre et quelquefois des chapitres.

    Titre-planche, nom qu'on donne au titre d'un livre, lorsqu'il est gravé en taille-douce ou lithographié, avec des ornements historiés et relatifs au sujet de l'ouvrage.

  • 2Nom de certaines subdivisions usitées dans les codes des lois, dans les ouvrages de jurisprudence. Le titre des Successions, dans le Code civil. Un long titre. Un titre difficile. Nous avons dans les Décrétales le titre fameux De frigidis et maleficiatis qui est fort curieux, Voltaire, Dict. phil. Impuissance.

    Par extension. Traiter comme Senaut toutes les passions, Et, les distribuant par classes et par titres, Dogmatiser en vers et rimer par chapitres, Boileau, Sat. VIII.

  • 3Marque que l'ouvrier met au chef de chaque pièce de sa fabrique
  • 4Nom exprimant une qualité honorable, une dignité. Il a le titre de duc, de marquis. Cette terre portait le titre de comté. Du nom de dictateur, du nom de général, Qu'importe, si des deux le pouvoir est égal ? Les titres différents ne font rien à la chose, Corneille, Sertor. III, 2. Reine, puisque ce titre a pour vous tant de charmes, Corneille, Nicom. III, 1. Je trouve que toute imposture est indigne d'un honnête homme, et qu'il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître, à se parer aux yeux du monde d'un titre dérobé, à se vouloir donner pour ce qu'on n'est pas, Molière, Bourg. gent. III, 12. Celui [le nom] d'Estrées est comblé de tous les titres qui peuvent entrer dans une maison, Sévigné, 3 avr. 1681. Charlemagne se fit couronner roi d'Italie, et prit le titre de roi des Français et des Lombards, Bossuet, Hist. I, 11. Sans s'en laisser éblouir [de la dignité de chancelier], le modeste ministre disait seulement que le roi, pour couronner plutôt la longueur que l'utilité de ses services, voulait donner un titre à son tombeau et un ornement à sa famille, Bossuet, le Tellier. Ses rois [de la Grèce], à vous ouïr, m'ont paré d'un vain titre, Racine, Iphig. IV, 6. Il ne reste au sénat qu'à juger sous quel titre De Rome et des humains je dois être l'arbitre, Voltaire, M. de César, I, 3. Être Bonaparte et se faire sire ! Il aspire à descendre : mais non, il croit monter en s'égalant aux rois ; il aime mieux un titre qu'un nom, Courier, Lettre de.... mai 1804.

    Fig. Je suis homme et soldat ; ce sont là tous mes titres, Ducis, Othello, I, 7. Exempte d'un culte hypocrite, La raison ne connaît de rangs Que ceux que donne le mérite Et de titres que les talents, Gresset, Épît. Égal.

  • 5Il se dit de certaines qualifications données par honneur. Le titre de Sire, de Majesté se donne aux rois ; celui de Sainteté se donne aux papes. Le titre d'Altesse. On donne aux cardinaux le titre de Votre Éminence.

    Il se dit aussi de certaines églises de Rome et des environs dont les cardinaux prennent le nom. Cardinal du titre de Sainte-Sabine. Cardinal du titre de Saint-Pierre-aux-Liens.

  • 6Il se dit, en général, de qualifications bonnes ou mauvaises, par comparaison aux titres de dignité. Le titre de bienfaiteur. Et, si je n'en obtiens la grâce tout entière, Malgré le nom de père et le titre de fils, Je deviens le plus grand de tous ses ennemis, Corneille, Héracl. I, 4. Quelques titres honteux que partout on lui donne, Son misérable honneur ne voit pour lui personne, Molière, Mis. I, 1. Notre malheureuse reine, donnons-lui hautement ce titre, dont elle a fait un sujet d'actions de grâces, Bossuet, Reine d'Anglet.
  • 7Propriété, exercice de certaines charges, de certaines professions. Il eut cette charge en titre, après l'avoir exercée longtemps par commission. Sa commission fut érigée en titre d'office.

    Fig. et familièrement. C'est un fripon en titre d'office, c'est un grand fripon (phrase vieillie).

    Professeur en titre, par opposition à professeur suppléant.

    Commis en titre, se dit par opposition à surnuméraire.

    Fig. En titre, se dit d'une position qu'on occupe comme par un titre. Je fus aussitôt reconnu dans la société pour l'amant en titre, c'est-à-dire pour le maître de la maison, Duclos, Œuv. t. VIII, p. 168. Ou, sans honte, on voyait une maîtresse en titre Des intérêts des rois devenir seule arbitre, Al. Duval, Man. des grand. III, 8.

  • 8Il se dit de certaines professions qui ne peuvent être exercées qu'en vertu d'un brevet, d'un diplôme, etc. Il attend son titre. Il a le titre de notaire, mais il n'exerce pas encore. Il n'a pas encore reçu son titre de médecin, d'avocat.

    Titre nu, charge, par exemple, de commissaire-priseur, achetée sans clientèle qui y soit jointe.

  • 9En droit, la cause qui rend une possession légalement efficace. Il n'y a point de servitude sans titre. Qui, les places d'autrui par armes usurpant, Le titre disputaient au premier occupant, Régnier, Sat. X. Tout le titre par lequel vous possédez votre bien n'est pas un titre de nature, mais d'un établissement humain, Pascal, Disc. cond. des grands, I. Toutes les occupations des hommes sont à avoir du bien ; et ils ne sauraient avoir de titre pour montrer qu'ils le possèdent par justice ; car ils n'ont que la fantaisie des hommes ; ni force pour le posséder sûrement, Pascal, ib. III, 12. En fait de meubles, possession vaut titre, Code civ. art. 2279.

    On acquiert à titre universel, par succession ; à titre particulier, quand l'acquisition, par exemple un achat, porte sur un objet particulier.

    On acquiert à titre entre-vifs par donation entre-vifs ; à titre à cause de mort, par testament ; le premier est irrévocable, le second révocable.

    On acquiert à titre lucratif, quand l'acquéreur ne fournit pas d'équivalent, comme dans la donation, le legs, la succession ; à titre onéreux, quand l'acquéreur fournit un équivalent, comme dans la vente.

  • 10Titre de rente, reconnaissance d'une rente annuelle que l'État paye au porteur du titre. Les titres de rente sont nominatifs ou au porteur, suivant qu'ils portent ou ne portent pas le nom du propriétaire.
  • 11Acte écrit, pièce authentique qui établit un droit, une qualité. Il a reçu le titre de baron signé du roi. Les titres et papiers. Les titres de noblesse. Ce titre a été tiré des archives de telle abbaye. Titre de propriété. Il a produit des titres authentiques, des titres faux C'est un héritier qui trouve les titres de sa maison ; dira-t-il peut-être qu'ils sont faux, et négligera-t-il de les examiner ? Pascal, Notes écrites pour la préf. génér. édit. FAUGÈRE. La noblesse n'existe pas sans titre, et les simples gentilshommes d'autrefois, ceux qui font partie de ce que nos chartes ont appelé l'ancienne noblesse, ont le droit de prendre celui d'écuyer, Biston, De la fausse noblesse, p. 7. Colbert l'employa [Mabillon] à rechercher les anciens titres, Voltaire, Louis XIV, Écrivains, Mabillon. Le monde et les courtisans ne croient pas aisément aux vieux titres qu'on ne retrouve que lorsqu'on fait fortune, Genlis, Veillées du château t. I, p. 457, dans POUGENS.

    Fig. Apprenez qu'un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature ; que la vertu est le premier titre de noblesse, Molière, Festin, IV, 6. Il [Montesquieu] présente à la nature humaine ses titres, qu'elle a perdus dans la plus grande partie de la terre ; il combat la superstition, il inspire la morale, Voltaire, Pol. et lég. Idées républ. 51.

    Titre nouvel, titre par lequel un nouveau possesseur, un héritier s'engage à payer la rente ou la redevance servie par l'ancien. Passer titre nouvel.

    Titre nouvel se dit aussi du nouvel engagement que l'on est en droit d'exiger du débiteur originaire, lorsque le temps de la prescription approche.

    En ces emplois, on ne dit pas nouveau.

    Titre se dit au sens de document. Il faut peser l'autorité de cette multitude de différents titres [documents géographiques], Fontenelle, De Lisle.

  • 12 Au plur. Il se disait des provisions d'un office ou d'un bénéfice, et se joignait quelquefois au mot capacités. Il a produit ses titres et capacités.

    Titre clérical, contrat par lequel on assignait une recette annuelle, ordinairement de cinquante écus, pour la subsistance de celui qui voulait embrasser l'état ecclésiastique ; il ne pouvait être saisi, ni aliéné.

  • 13Droit sur lequel on s'appuie pour demander, pour faire, etc. À quel titre faites-vous cette réclamation ? De son sort qui t'a rendu l'arbitre ? Pourquoi l'assassiner ? qu'a-t-il fait ? à quel titre ? Racine, Andr. v, 3.

    Fig. Faux titre, mensonge, fausseté. L'honneur qui sous faux titre habite avecque nous, Régnier, Sat. VI. Quoique je ne fisse pas profession de mépriser la gloire en cynique, je faisais néanmoins fort peu d'état de celle que je n'espérais point pouvoir acquérir qu'à faux titres, Descartes, Méth. I, 13. Oh ! cœur rempli de feinte, Tu masques tes désirs d'un faux titre de crainte ; Un sceptre est l'objet seul qui fait ton nouveau choix, Corneille, Méd. III, 3. Et l'orgueil, d'un faux titre appuyant sa faiblesse, Maîtrisa les humains sous le nom de noblesse, Boileau, Sat. v.

    À bon titre, à juste titre, avec fondement, avec droit et raison. Oui, l'honneur que reçoit la vôtre [famille] par ce choix, En pouvait à bon titre immortaliser trois, Corneille, Hor. II, 1. Je pourrais vous citer cent autres traits… qui lui ont acquis à bon titre la réputation d'être un homme d'esprit, Scarron, Rom. com. I, 13.

    En un autre sens, à bon titre, foncièrement, avec un caractère réel. Comme vous agissez en monarque prudent, Elle agit de sa part en cœur indépendant, En amante à bon titre, en princesse avisée, Corneille, Œd. I, 4.

    À tant de titres, pour tant de justes motifs. S'il osait profaner ce qu'il doit honorer à tant de titres, Rousseau, Hél. VI, 6.

    À titre de, loc. préposit. En qualité de, sous prétexte de. Il possède à titre d'héritier. Il s'est introduit dans cette maison à titre de parent. Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux, Corneille, Poly. IV, 2. Prétendez-vous longtemps me cacher l'empereur ? Ne le verrai-je plus qu'à titre d'importune ? Racine, Brit. I, 2.

    À titre de grâce, à titre de dette, comme une grâce, comme une dette.

    On dit de même : à titre de don, à titre de prêt.

    À titre d'office, en vertu de sa qualité, de sa charge. Présider à titre d'office.

  • 14 Par extension, qualités, capacités, services, travaux qui donnent droit à quelque chose. De tous les candidats, c'est vous qui avez le plus de titres. Je n'ai point vu Mme de Longueville, on ne la voit point ; elle est malade : il y a eu des personnes distinguées ; mais je n'en ai pas été, et n'ai point de titres pour cela, Sévigné, 149. Il [un miroir] est à vous par bien des titres, Sévigné, à Mme de Grignan, 13 juin 1685. Ce sera, dans nos jours, s'être fait un nom parmi les hommes et s'être acquis un mérite dans les troupes, d'avoir servi sous le prince le Condé, et comme un titre pour commander, de l'avoir vu faire, Bossuet, Louis de Bourbon. D'autre part un galant… Condamne la science, et, blâmant tout écrit, Croit qu'en lui l'ignorance est un titre d'esprit, Boileau, Sat. IV. Qui peut prétendre aujourd'hui au salut par un titre d'innocence ? Massillon, Carême, Élus. Vous faites donc de votre faiblesse le titre de votre sécurité, Massillon, Carême, Tiéd. 2. Voltaire est bien ingrat d'avoir calomnié un culte qui lui a fourni ses plus beaux titres à l'immortalité, Chateaubriand, Génie, II, II, 7.
  • 15 Terme de monnaie. Degré de fin de l'or et de l'argent monnayés. Les monnaies françaises sont au titre de neuf dixièmes de fin, et d'un dixième d'alliage (ce qui se dit aussi titre droit). Le prince établit le poids et le titre de chaque pièce de monnaie, Montesquieu, Esp. XXII, 10. Un métal est très propre à être une mesure commune, parce qu'on peut aisément le réduire au même titre, Montesquieu, ib. Chaque État y met son empreinte [sur la monnaie], afin que la forme réponde du titre et du poids, et que l'on connaisse l'un et l'autre par la seule inspection, Montesquieu, ib. Nous ne pouvons employer l'or qu'à dix-huit karats sur cette frontière, attendu que la ville de Genève n'en a jamais employé d'autre, et que l'or de l'Allemagne et de tout le Nord est encore à un plus bas titre, Voltaire, Pol. et lég. au roi en son conseil. On dit de ces alliages qu'ils sont à un titre d'autant plus élevé qu'ils contiennent plus d'argent ; ainsi un lingot qui, sur 1000 parties, contient 950 d'argent, est au titre de 950, Thenard, Traité de chimie, t. I, p. 480, dans POUGENS.

    Titre se dit aussi de la vaisselle et des matières d'or et d'argent non fabriquées. Pour ouvrages d'or et d'argent, la loi du 19 brumaire an VI (9 nov. 1797), encore en vigueur, reconnaît trois titres pour l'or : 920, 840 et 750 millièmes de fin ; et deux titres pour l'argent, savoir : 950 et 800 millièmes de fin.

  • 16 Terme de chimie. Poids fixe d'un réactif qui contient une liqueur titrée.(voy. TITRÉ). Titre alcoolique. Titre saccharimétrique.
  • 17 Terme de chasse. Lieu, relais où l'on poste les chiens, pour courir la bête à propos, quand elle passe.

    Mettre les chiens à bon titre, les bien poster pour courre.

HISTORIQUE

XIIIe s. Ce ne pot estre que Jehans tiengne un ceval par title d'acat et par title d'emprunt, Beaumanoir, VI, 26.

XVe s. Et vouloient… que on envoyast suffisans hommes devers le roi de France, à savoir si il avoit accordé ni consenti à ardoir en Hainaut… ni à quels titres cils [les soudoyers] l'avoient fait, pourtant qu'on n'avoit point defié le comte ni le pays, Froissart, I, I, 101. Roi, tu sais comment ton frere, sans nul titre de raison, a mort mon fils et mon heritier, Froissart, II, II, 235. Usurperent ou eurent à bon tiltre, je ne sçai lequel, Commines, I, 3.

XVIe s. Lorsqu'il eut ordonné ses gens d'armes de cheval et mise son artillerye en tiltre [qu'il l'eût braquée], Jean D'Auton, ms. f° 74, dans LACURNE. Cettuy-ci, soubs titre de la science, se donna loi de choisir aultrement, Montaigne, I, 60. Je l'appelle [mon valet] un badin, un veau, je n'entreprends pas de luy coudre à jamais ces tiltres, Montaigne, I, 270. L'achat donne tiltre au diamant, et la difficulté à la vertu, Montaigne, I, 312. Nos qualitez n'ont tiltre qu'en la comparaison, Montaigne, IV, 134. Rome, confederée de si longtemps et par tant de tiltres à notre couronne, Montaigne, IV, 140. Les uns entendoient à tendre toilles, autres à mettre gros levriers à tiltre, et la plus part à buissonner et à regarder s'ils verroient point des premiers quelque beste au repos, D. Flores de Grece, f° VII, dans LACURNE. Le titre ne fait pas le maistre, Loysel, Instit. n° 775.

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Titre : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TITRE, s. m. (Hist. mod.) inscription qui se met au-dessus de quelque chose pour la faire connoître. Voyez Inscription.

Ce mot se dit plus particulierement de l’inscription que l’on met à la premiere page d’un livre, qui en exprime le sujet, le nom de l’auteur, &c. Voyez Livre.

Ce qui embarrasse un grand nombre d’auteurs, c’est de trouver des titres spécieux pour mettre à la tête de leurs livres. Il faut que le titre soit simple & clair : ce sont là les deux caracteres véritables de cette sorte de composition. Les titres fastueux & affectés forment des préjugés contre les auteurs. Les François donnent plus que les autres nations dans la fanfaronnade des titres ; témoin celui de M. le Pays : Amitiés, Amours, Amourettes, à l’imitation duquel on a fait cet autre, Fleurs, Fleurons, Fleurettes, &c.

Titre, en Droit civil & canon, signifie un chapitre ou une division d’un livre. Voyez Chapitre & Titre.

Un titre est subdivisé en paragraphes, &c. Voyez Paragraphe.

Chacun des cinquante livres du Digeste consiste dans un certain nombre de titres qui est plus grand dans les uns que dans les autres. Voyez Digeste.

Titre est aussi un nom de dignité, de distinction ou de prééminence, qui se donne à ceux qui en sont décorés. Voyez Noblesse.

Loyseau observe que les titres de rang ou de dignité doivent toujours venir immédiatement après le nom de famille, & avant le titre de la charge. Voyez Nom.

Le roi d’Espagne emplit une page entiere de titres pour faire l’énumération de plusieurs royaumes & seigneuries dont il est souverain. Le roi d’Angleterre prend le titre de roi de la Grande-Bretagne, de France & d’Irlande : le roi de France, celui de roi de France & de Navarre : le roi de Suede s’intitule, roi de Suede & des Goths : celui de Danemarck, roi de Danemarck & de Norwege : celui de Sardaigne, entr’autres titres, prend celui de roi de Chypre & de Jérusalem : le duc de Lorraine porte le titre de roi de Jérusalem, de Sicile, &c. Voyez Roi, &c. Les cardinaux prennent pour leurs titres les noms de quelques églises de Rome, comme de Sainte-Cécile, de Sainte-Sabine, &c. On les appelle cardinaux, du titre de Ste. Cécile, &c. Voyez Cardinal.

L’empereur peut conférer le titre de prince ou de comte de l’empire ; mais le droit de suffrage dans les assemblées de l’Empire dépend du consentement des états. Voyez Électeur & Empire.

Les Romains donnerent aux Scipions les titres d’Africain, d’Asiatique, &c. à d’autres, ceux de Macédoniens, Numidiens, Crétiens, Parthiens, Daciens, &c. pour faire conserver le souvenir des victoires remportées sur ces peuples. Le roi d’Espagne imite cet exemple, en donnant des titres honorables aux villes de son royaume, en récompense de leurs services & de leur fidélité.

Titre, est aussi une certaine qualité que l’on donne à certains princes, par forme de respect, &c. Voyez Qualité.

Le pape porte le titre de sainteté : un cardinal prince du sang, celui d’altesse royale, ou d’altesse sérénissime, suivant qu’ils sont plus ou moins éloignés du trône : les autres cardinaux princes, celui d’altesse éminentissime : les simples cardinaux, celui d’éminence : un archevêque, celui de grandeur. [En Angleterre, celui de grace : & de très-révérend : les évêques, celui de fort révérend : les abbés, prêtres, religieux, &c. celui de révérend.] Voyez Sainteté, Éminence, Grace, Révérend, Pape, Cardinal, &c.

Pour ce qui est des puissances séculieres, on donne à l’empereur, le titre de majesté impériale : aux rois, celui de majesté : au roi de France, celui de majesté très-chrétienne : au roi d’Espagne, celui de majesté catholique : au roi d’Angleterre, celui de défenseur de la foi : au turc, celui de grand-seigneur & de hautesse : au prince de Galles, celui d’altesse royale : aux princes du sang de France, celui d’altesse sérénissime : aux électeurs, celui d’altesse électorale : au grand-duc, celui d’altesse sérénissime : aux autres princes d’Italie & d’Allemagne, celui d’altesse : au doge de Venise, celui de sérénissime prince : à la république & au sénat de Venise, celui de seigneurie : au grand-maître de malte, celui d’éminence : aux nonces & aux ambassadeurs des têtes couronnées, celui d’excellence, voyez Empereur, Roi, Prince, Duc, Altesse, Sérénité, Éminence, Excellence, &c.

L’empereur de la Chine, parmi ses titres, prend celui de tien-su, c’est-à dire, fils du ciel. On observe que les Orientaux aiment les titres à l’excès. Un simple gouverneur de Schiras, par exemple, après une pompeuse énumération de qualités, seigneuries, &c. ajoute les titres de fleur de politesse, muscade de consolation & de délices, &c.

Le grand-seigneur, dans ses patentes & dans les les lettres qu’il envoie, soit aux princes étrangers, soit à ses bachas & autres officiers, prend les titres pompeux d’agent & d’image de Dieu. Tantôt il s’appelle tuteur du monde, gardien de l’univers, empereur des empereurs, distributeur des couronnes ; réfuge & asyle des rois, princes, républiques & seigneuries affligées ; libérateur de ceux qui gémissent sous l’oppression des Infideles ; unique favori du ciel, chéri & redouté par-tout. Tantôt il se qualifie, propriétaire des célestes cités de la Méque & de Médine, gardien perpétuel de la sainte Jérusalem. Souvent aussi il se dit, possesseur des empires de Grece & de Trébizonde, de soixante-dix royaumes, d’un nombre infini de peuples, terres & pays conquis en Europe, en Asie & en Afrique par l’epée exterminante des Musulmans ; & maitre absolu de plusieurs millions de guerriers victorieux des plus grands fleuves du monde, des mers Blanche, Noire & Rouge, des palusméotides, &c. Ils en donnent aussi de singuliers aux princes chrétiens ; tels sont ceux qui étoient à la lettre, que Soliman aga présenta à Louis XIV. en 1669 de la part de Mahomet IV : Gloire des princes majestueux de la croyance de Jesus-Christ, choisi entre les grands lumineux dans la religion chrétienne, arbitre & pacificateur des affaires qui naissent dans la communauté des Nazaréens, dépositaire de la gravité, de l’éminence & de la douceur ; possesseur de la voie qui conduit à l’honneur & à la gloire ; l’empereur de France, notre ami, Louis, que la fin de ses desseins soit couronnée de bonheur & de prospérité.

Parmi les Européens, les Espagnols sur-tout, affectent d’étaler aussi des titres longs & fastueux. On sait que Charles-Quint ayant ainsi rempli de tous ses titres la premiere page d’une lettre qu’il adressoit à François premier, ce prince ne crut pouvoir mieux en faire sentir le ridicule, qu’en se qualifiant : François, par la grace de Dieu, bourgeois de Paris, seigneur de Vanvres & de Gentilly, qui sont deux petits villages au voisinage de Paris.

Titre, (Jurisp.) signifie quelquefois qualité, comme quand on dit titre d’honneur.

Titre est aussi quelquefois opposé à commende, comme quand on dit qu’un bénéfice est conféré en titre. On entend aussi par titre de bénéfice, quelque fonction qui a le caractere de bénéfice.

Titre se prend encore pour la cause en vertu de laquelle on possede, ou on réclame une chose.

Titre signifie aussi tout acte qui établit quelque droit ; les titres pris en ce sens se subdivisent en plusieurs especes.

Titre apparent est celui qui paroît valable quoiqu’il ne le soit pas.

Titre authentique est celui qui est émané d’un officier public, & qui fait une foi pleine & entiere.

Titre de bénéfice, voyez ce qui en est dit ci-dessus, & les mots Bénéfice & Commende.

Titre clérical ou sacerdotal, est le fonds qui doit être assuré pour la subsistance d’un ecclésiastique, avant qu’il soit promu aux ordres sacrés.

Anciennement l’on n’ordonnoit aucun clerc sans lui donner un titre, c’est-à-dire sans l’attacher au service de quelque église, dont il recevoit de quoi subsister honnêtement.

Mais la dévotion & la nécessité ayant contraint de faire plus de prêtres qu’il n’y avoit de bénéfices & de titres, il a fallu y apporter un remede, qui est de faire un titre feint au défaut de bénéfice, en assurant un revenu temporel pour la subsistance de l’ecclésiastique.

Les conciles de Nicée & de Calcédoine, celui de Latran en 1179, le concile de Trente, ceux de Sens en 1528, de Narbonne en 1551, de Reims & de Bordeaux en 1591, d’Aix en 1585, de Narbonne en 1609, de Bordeaux en 1624, & les quatre & cinquieme conciles de Milan, en ont fait un réglement précis.

L’ordonnance d’Orléans prescrit la même chose.

Un bénéfice peut servir de titre clérical, pourvû qu’il soit de revenu suffisant.

La quotité du titre clérical a varié selon les tems & les lieux. L’ordonnance d’Orléans n’exigeoit que 50 liv. de rente ; mais les dépenses ayant augmenté, il a fallu aussi augmenter à proportion le titre clérical. A Paris & dans plusieurs autres diocèses, il doit présentement être au moins de 150 liv. de revenu.

La constitution de ce titre ne peut être alterée par aucune convention secrete.

On ordonne pourtant sous le titre de religion, les religieux des monasteres fondés, & les religieux mendians, sous le titre de pauvreté. Quelquefois aussi les évêques ordonnent sous ce même titre, des clercs séculiers ; mais il faut en ce cas, qu’ils leur conferent au plutôt un bénéfice suffisant pour leur subsistance ; & si c’est un évêque étranger qui ordonne l’ecclésiastique, en vertu d’un démissoire, c’est à l’évêque qui a donné le démissoire, à donner le bénéfice. Voyez les mémoires du clergé, d’Héricourt, & les mots Clerc, Ecclésiastique, Ordres sacrés, Prêtrise.

Titre coloré est celui qui paroît légitime, & qui a l’apparence de la bonne foi, quoiqu’il ne soit pas valable, ni suffisant pour transferer seul la propriété, si ce n’est avec le secours de la prescription. Voyez Possession, Prescription.

Titre constitutif est le premier titre qui établit un droit, ou une chose. Voyez ci-après Titre déclaratif & Titre énonciatif.

Titres de la couronne, ce sont les chartres & autres pieces qui concernent nos rois, les droits de leur couronne, & les affaires de l’état. Voyez Chartres du roi & Trésor des chartres.

Titre déclaratif est celui qui ne constitue pas un droit, mais qui le suppose existant, & qui le rappelle.

Titre énonciatif est celui qui ne fait qu’énoncer & rappeller un autre titre, & qui n’est pas le titre même sur lequel on se fonde

Titre exécutoire est celui qui emporte l’exécution parée contre l’obligé, comme une obligation ou un jugement expédiés en forme exécutoire. Voyez Obligation, Jugement exécutoire, Exécution parée, Forme exécutoire.

Titres de famille, ce sont les extraits de baptêmes, mariages & sépultures, les généalogies, les contrats de mariages quittancés de dot & de douaire ; les donations, testamens, partages & autres actes semblables, qui ont rapport à ce qui s’est passé dans une famille.

Titre gratuit est celui par lequel on acquiert une chose sans qu’il en coûte rien. L’ordonnance des donations porte qu’à l’avenir il n’y aura que deux formes de disposer de ses biens à titre gratuit ; savoir, les donations entre vifs, & les testamens ou codicilles.

Titre lucratif est celui en vertu duquel on gagne quelque chose, comme une donation ou un legs. Par le terme de titre lucratif, on entend souvent la cause lucrative, comme le legs, plutôt que le titre ou acte qui est le testament ou codicille contenant le legs.

C’est une maxime, en fait de titres ou de causes lucratives, que deux titres de cette espece ne peuvent pas concourir en faveur d’une même personne ; ce n’est pas que l’on ne puisse faire valoir les deux titres, en corroborant l’un par l’autre, cela veut dire seulement que l’on ne peut pas exiger deux fois la même chose en vertu de deux titres différens.

Titre nouvel, c’est proprement renovatio tituli ; c’est la reconnoissance que l’on fait passer à celui qui doit quelque somme ou quelque rente, soit pour empêcher la prescription, soit pour donner l’exécution parée contre l’héritier de l’obligé. Le titre nouvel tient lieu du titre primitif, & y est toujours présumé conforme, à moins qu’il n’y ait preuve du contraire. Voyez Titre primitif.

Titre onéreux est celui par lequel on acquiert une chose, non pas gratuitement, mais à prix d’argent, ou moyennant d’autres charges & conditions, comme un contrat de vente ou d’échange, un bail à rente. Voyez Titre gratuit, Achat, Vente, Echange, &c.

Titre présumé est celui que l’on suppose exister en faveur de quelqu’un, & que cependant on reconnoît ensuite qu’il n’a pas.

Titre primitif ou primordial, est le premier titre qui établit un droit ou quelque autre chose, à la différence des titres seulement déclaratifs ou énonciatifs, qui ne font que supposer le droit où en est encore le titre, & du titre nouvel qui est fait pour proroger l’effet du titre primitif.

Titre sacerdotal est la même chose que titre clérical. Voyez ci-devant Titre clérical.

Titre translatif de propriété, est celui qui a l’effet de faire passer la propriété de quelque chose, d’une personne à une autre, comme un contrat de vente, une donation, &c. à la différence du bail à loyer, du déport, & autres actes semblables qui ne transferent qu’une jouissance précaire.

Titre vicieux est celui qui est défectueux en la forme, comme un acte non signé ; ou au fond, comme une donation non acceptée par le donataire. C’est une maxime qu’il vaut mieux n’avoir pas de titre, que d’en avoir un vicieux. Il ne s’ensuit pourtant pas de-là que l’on ne puisse pas s’aider pour la prescription, d’un titre coloré qui seroit seul insuffisant pour transmettre la propriété, comme quand on a acquis d’un autre que le véritable propriétaire ; on entend en cette occasion par titre vicieux, celui dont le défaut est tel que la personne même qui s’en sert n’a pu l’ignorer, & qu’elle n’a pu prescrire de bonne foi en vertu d’un tel titre ; comme quand le titre de la jouissance est un bail à loyer, ou un séquestre, c’est le cas de dire qu’il vaudroit mieux n’avoir pas de titre, que d’en avoir un vicieux, parce que l’on peut prescrire par une longue possession sans titre ; au lieu que l’on ne peut prescrire en vertu d’un titre infecté d’un vice tel que celui que l’on vient d’expliquer, par quelque tems que l’on ait possédé. (A)

Titre, (Hist. ecclés.) titulus ; c’est un des anciens noms donnés aux églises ou temples des premiers chrétiens. On sait qu’on les appelloit ainsi, parce que quand une maison étoit confisquée au domaine de l’empereur, la formalité que les officiers de justice observoient, étoit d’attacher au-devant de cette maison une toile où étoit le portrait de l’empereur, ou son nom écrit en gros caracteres, & cette toile s’appelloit titre, titulus : la formalité s’appelloit l’imposition du titre, tituli impositio. Or, comme cela marquoit que cette maison n’étoit plus à ses premiers maîtres, mais appartenoit à l’empereur, les Chrétiens imiterent cette maniere de faire passer une maison, du domaine d’un particulier, au service public de Dieu. Lorsque quelque fidele lui consacroit la sienne, il y mettoit pour marque une toile, où aulieu de l’image ou nom de l’empereur, on voyoit l’image de la croix ; & cette toile s’appelloit titre, comme celle dont elle étoit une imitation. De-là les maisons mêmes où étoient attachées les croix, furent appellées titres.

Il y a quelques auteurs qui aiment mieux faire venir le nom de titre, de ce que chaque prêtre prenoit son nom & titre de l’église dont il étoit chargé pour la desservir ; mais la premiere origine est plus vraissemblable, car on lit que le pape Evariste partagea les titres de Rome à autant de prêtres, l’an 112 de J. C. ce qui semble indiquer que les églises s’appelloient titres avant qu’elles fussent partagées aux prêtres. Il faut seulement remarquer que dans la suite, toutes les églises ne furent plus appellées titres ; & que ce nom fut seulement réservé aux plus considérables de Rome. (D. J.)

Titre, (Poésie dramatiq.) ce que les Latins nomment titre, titulus, les Grecs l’appellent διδασκαλία, enseignement, instruction. C’étoit autrefois la coutume de mettre des titres ou instructions à la tête des pieces de théatre ; & cet usage apprenoit aux lecteurs dans quel tems, dans quelle occasion, & sous quels magistrats ces pieces avoient été jouées. Cependant on ne mettoit de titres qu’aux pieces qui avoient été jouées pour célébrer quelque grande fête, comme la fête de Cérès, celle de Cybèle, ou celle de Bacchus, &c. La raison de cela, est qu’il n’y avoit que ces pieces qui fussent jouées par l’ordre des magistrats. Mais il ne nous reste point de titre entier d’aucune piece greque ou latine, non pas même de celles de Térence ; car on n’y trouve point le prix, c’est-à-dire l’argent que les édiles avoient payé à Térence pour chacune de ces pieces : & c’est ce qu’on avoit grand soin d’y mettre.

On poussoit même, dans la Grece, cette exactitude si loin, qu’on y marquoit les honneurs qu’on avoit faits au poëte, les bandelettes dont on l’avoit décoré, & les fleurs qu’on avoit semées sur ses pas. Mais cela ne se pratiquoit qu’en Grece, où la comédie étoit un art honnête & sort considéré ; au lieu qu’à Rome ce n’étoit pas tout-à-fait la même chose.

Il ne nous reste plus qu’à donner un exemple d’un des titres latins, mais tronqué ; c’est celui de l’Andrienne, la premiere comédie de Térence.

Titulus, seu didascalia.

Acta ludis Megalensibus, C. M. Fulvio & M. Glabrione ædilibus curulibus ; egerunt L. Ambivius Turpio. L. Attilius Prænestinus. Modos fecit Flaccus Claudii, tibiis paribus dextris & sinistris, & est tota græca. Edita M. Marcello. C. Sulpicio Coss.

« Titre, ou la didascalie ».

« Cette piece fut jouée pendant la fête de Cybèle, sous les édiles curules Marcus Fulvius & Marcus Glabrio, par la troupe de Lucius Ambivius Turpio & de Lucius Attilius de Preneste. Flaccus affranchi de Claudius fit la musique, où il employa les flûtes égales, droites & gauches. Elle est toute greque. Elle fut représentée sous le consulat de M. Marcellus & de C. Sulpicius ». (D. J.)

Titre, terme d’Imprimeur ; c’est un petit trait qu’on met sur une lettre pour marquer quelque abreviation. (D. J.)

Titre, terme de manufacture ; c’est la même que la marque que tout ouvrier est tenu de mettre au chef de chaque piece de sa fabrique. (D. J.)

Titre, à la Monnoie ; on appelle ainsi en fait d’or & d’argent le degré de finesse & de bonté de ces métaux. Ce titre varie selon les degrés de la pureté du métal, il appartient aux souverains de fixer les especes d’or & d’argent.

Les souverains ordonnent sagement aux orfevres & aux autres ouvriers tant en or qu’en argent, de ne donner que de l’or à 24 carats, & de l’argent du titre de 12 deniers : le but de cette précaution est d’empêcher les ouvriers d’employer les monnoies courantes à la fabrique des ouvrages de leurs professions ; la perte qu’ils souffriroient en convertissant des matieres de moindres titres en des ouvrages de pur or, ou d’argent fin, a paru le plus sûr moyen pour leur éviter une tentation qui auroit été capable de ruiner le commerce par la rareté des especes : mais en prescrivant des lois séveres aux orfévres pour les obliger à donner du fin, & aux monnoyeurs, pour les engager après l’affinage, & la fabrique d’une quantité de matieres, de rendre tant d’especes de tel poids & de tel titre ; on a remarqué qu’il étoit presque impossible aux ouvriers d’atteindre, sans perte de leur part, au point prescrit par les lois. Il y a toujours quelques déchets dans les opérations, quelque perte de fin parmi l’alliage ou les scories qui demeurent ; on a cru qu’il étoit juste d’avoir quelque indulgence à cet égard, & de regarder le titre & le poids comme suffisamment fourni, lorsqu’ils en approchent de fort près ; & afin qu’on sût à quoi s’en tenir, les lois ont réglé jusqu’où cette tolérance seroit portée.

Par exemple, un batteur d’or qui fournit de l’argent au titre de 11 deniers 18 grains, est censé avoir fourni du fin, de l’argent d’aloi, quoiqu’il s’en faille 6 grains qu’il ne soit au titre de 12 deniers ; & qu’ainsi cet argent contienne 6 grains d’alliage : cette indulgence est ce qu’on appelle remede, c’est-à-dire moyen, pour ne point faire supporter à l’ouvrier des déchets inévitables.

Il y a deux sortes de remedes, celui qu’on accorde sur le titre, & celui qu’on accorde sur le poids. Le premier se nomme remede d’aloi ; l’autre remede de poids. Il y a pareillement foiblage d’aloi & foiblage de poids. C’est une diminution du titre ou du poids au-dessous du remede, ou de l’indulgence accordée par les lois ; c’est une contravention punissable. Quand l’or & l’argent sont considérablement au-dessous du titre prescrit par les lois, c’est de l’or bas & de bas argent ; quand l’or est au-dessous de dix-sept carats, on le nomme encore tenant or, s’il tire sur le rouge, & argent tenant or, s’il tire sur le blanc ; quand l’or est au-dessous de douze carrats, & l’argent au-dessous de six deniers, c’est-à-dire, que l’or contient douze parties d’alliage avec douze de sa matiere, & que l’argent contient six parties ou plus de matieres étrangeres avec six d’argent véritable, ces métaux s’appellent billon, nom qu’on donne aussi à la monnoie de cuivre mêlée d’un peu d’argent, & à toutes les monnoies, même de bon titre & de bon alloi, mais dont le cours est défendu pour leur substituer une nouvelle fonte.

Titre, terme de Chasse ; c’est un lieu ou un relais, où l’on pose les chiens, afin que quand la bête passera, ils la courent à-propos ; ainsi mettre les chiens en bon titre, c’est les bien poster. (D. J.)

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Étymologie de « titre »

Étymologie de titre - Littré

Prov. tiltre, titol ; esp. titulo ; ital. titulo ; du lat. titulus, titre ; altéré en ticlus par le peuple (Appendix Probi, dans KEIL, V, 162) ; ticlus aurait dû donner teil ; mais, l'Église ayant conservé titulus, d'où title, le peuple en fit titre, BRACHET.

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Étymologie de titre - Wiktionnaire

Du latin titulus. (c. 1170) title, titre est attesté depuis ca. 1225[1].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « titre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
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Citations contenant le mot « titre »

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  • Nous autres, poètes, quand nous avons de la peine, au lieu de la chasser, nous lui cherchons un titre. De Frédéric Dard / San-antoniaiseries
  • Le titre est le point de vue où l'on met le public pour juger l'oeuvre. De Emile Fabre
  • Malades, la plupart des gens le sont. Mais seuls les psychanalystes y voient un titre de gloire. De Karl Kraus
  • Un croyant qui a perdu la foi, la grâce, pourrait à juste titre accuser Dieu de trahison. De Emil Michel Cioran / Cahier 1957-1972
  • Un vrai martyr, c'est quelqu'un à qui on refuse aussi ce titre. De Stanislaw Jerzy Lec / Nouvelles pensées échevelées
  • La plupart des pardons peuvent être acceptés à titre de haines rentrées. De Comte de Belvèze / Pensées, maximes, réflexions
  • Un curé n’a besoin d’autre titre que de son clocher pour demander ses dîmes. De Proverbe français
  • Une préface ne doit être qu'un titre plus long. De Jean-Paul Richter / Le Jubilé
  • Etudiant, voilà bien un titre qu’on ne dépose qu’au tombeau. De Jean Guitton / Art de penser
  • La Justice est accessible à tous, au même titre que le Ritz. De Anonyme
  • Les titres ne sont que des surnoms et tout surnom est un titre. De Thomas Paine / The rights of man
  • Ce n'est pas le titre qui honore l'homme, mais l'homme qui honore le titre. De Nicolas Machiavel / Discours sur la première décade de Tite Live
  • Les honneurs déshonorent ; Le titre dégrade ; La fonction abrutit. De Gustave Flaubert / Guy de Maupassant - 15 Janvier 1879
  • Un bon titre n’a jamais sauvé une mauvaise pièce. De Tristan Bernard / Auteurs, acteurs, spectateurs
  • Le talent est un titre de responsabilité. De Charles de Gaulle

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Traductions du mot « titre »

Langue Traduction
Corse titulu
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Italien titolo
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Synonymes de « titre »

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