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Parchemin

Définitions du mot « parchemin »

Trésor de la Langue Française informatisé

PARCHEMIN, subst. masc.

A. − Peau d'animal (mouton, chèvre, agneau ou veau généralement), grattée, amincie, rendue imputrescible et doucie à la pierre ponce:
1. Le parchemin qui sert à l'écriture et à l'imprimerie se fait ordinairement avec les peaux de chèvre et de mouton; le plus beau, dit vélin ou P[archemin] vierge, se fait avec les peaux de veaux, d'agneau ou de chevreau; le parchemin plus grossier, pour cribles, tambours, etc. s'apprête avec les peaux plus communes de bouc, de chèvre, d'âne et de loup. Bouillet1859.
Parchemin en cosse. ,,Peau telle qu'elle sort des mains du mégissier`` (Lar. encyclop.).
1. [Destiné à servir de support pour l'écriture, le dessin, la peinture] Feuilles, rouleau de parchemin; livre en parchemin; écrire sur du parchemin. Quelques feuillets de parchemin renfermés dans un étui de fer-blanc (Jouy,Hermite, t.4, 1813, p.48).Nous avons la description de quelques-uns de ses manuscrits: Suétone, Valère-Maxime, d'un Ovide sur parchemin, couvert de cuir rouge avec fermoir de vermeil et clef (Huysmans,Là-bas, t.1, 1891, p.76):
2. Il est à peu près certain que l'on pouvait se procurer, dans les échoppes de la rue de la parcheminerie, soit du parchemin neuf, soit, pour moins cher, du parchemin d'occasion, que les marchands devaient racheter par grandes quantités au parlement, à la chambre des comptes, à la chancellerie, etc. L'Hist. et ses méth.,1961, p.1102-1103.
Parchemin gratté. Synon. de palimpseste.
Parchemin vierge. Parchemin très doux fait de la peau très fine des animaux mort-nés. Synon. vélin (supra ex. 1).
Colle de parchemin (menuis.). ,,Colle de peau formée par action de l'eau chaude sur les déchets de parchemin`` (L'Hist. et ses méth., 1961, p.1102-1103).
2. [Destiné à d'autres usages (peaux de tambour, reliures; actuellement, articles de voyage, p.ex.)] Un in-octavo couvert de parchemin, fermé de clous d'argent (Toepffer,Nouv. genev.,1839, p.144).Assurez-vous de l'existence du Perceforest, −édition du seizième siècle, reliure en parchemin (Nerval,Filles feu, Angélique, 1854, p.564).Lampes-appliques et abat-jour en parchemin (Fargue,Piéton Paris,1939, p.51):
3. Ceux-là [les invincibles tortionnaires du vieux temps] vous enfermaient la jambe dans un bas de parchemin mouillé qui se rétractait devant le feu et vous broyait doucement les chairs... Huysmans,Là-bas, t.2, 1891, p.150.
Papier(-)parchemin ou parchemin végétal. Papier non collé traité rapidement par de l'acide sulfurique dilué, transformé superficiellement en hydrocellulose et ayant ainsi acquis une grande solidité, employé pour des diplômes, comme succédané du cuir, pour la conservation des matières alimentaires (d'apr. Duval 1959). Synon. papier sulfurisé*, papier parcheminé*.
Parchemin vitré. ,,Parchemin fait de peaux d'âne, de chèvre, de veau, étendu au soleil après le pelanage, pour que les peaux se vitrifient`` (Duval 1959).
3. P. anal.
a) De/en parchemin.Sec, pâle ou jaunâtre comme le parchemin. Peau, visage de parchemin. C'était d'abord un vieil abbé vénérable et vénéré dans la province et au delà, avec une perruque fauve, une longue et grave figure de parchemin (Lamart.,Nouv. Confid.,1851, p.82).Ce vieillard en parchemin (Ponchon,Muse cabaret,1920, p.304).
b) MÉD. Bruit de parchemin. ,,Bruit comparable à celui que font deux morceaux de parchemin frottés l'un contre l'autre et que l'on entend parfois dans certaines maladies du coeur (péricardite sèche)`` (Garnier-Del. 1972).
c) Enveloppe extérieure de certaines graines (haricots, lentilles, pois, café, p.ex.); membranes végétales qui se trouvent dans plusieurs parties de plantes. La pellicule qui tapisse la cosse des pois verts se nomme le parchemin, et l'espèce dont on peut manger la gousse avec la graine se nomme pois sans parchemin (Brard1838);(ds Lar. agric. 1981).
d) HIST. DE L'ÉBÉN. Parchemin replié. Décor en usage au xves., sculpté, surtout dans les panneaux, et qui imite un parchemin qui serait en partie replié (d'apr. Fonv. 1974). Synon. serviette repliée:
4. Le parchemin replié peut représenter une pliure simple de l'étoffe ou du cuir mais, là aussi, la complication intervient et le parchemin est représenté plié de bien des manières. Viaux,Meuble Fr.,1962, p.38.
B. − P. méton. (de A 1 supra). Texte (généralement manuscrit), conservé sur parchemin ou, p.ext., sur papier; documents d'archives. Consulter de vieux parchemins. Un parchemin, qu'il a fait copier, portant qu'en l'an 1460, le pape Paul donna à sa famille le droit de ne pas payer les taxes religieuses (Vigny,Journal poète,1830, p.909).Parchemins hiéroglyphiques (Hugo,N.-D. Paris,1832, p.306).Cependant un parchemin, provenant sans doute d'Égypte, découvert à la fin du siècle dernier, actuellement à Berlin, nous montre de façon irréfutable que le poète a humanisé la reine (Montherl.,Pasiphaé, av.-pr., 1938, p.105).
Vx. Titre de noblesse dont un parchemin établit l'authenticité. Il ne suffit pas d'avoir son talent en manuscrits, et sa noblesse en parchemins (Joubert,Pensées, t.1, 1824, p.194).Chartriers, rendez-moi l'honneur: Je suis bâtard d'un grand seigneur. De votre savoir qui prospère J'attends parchemins et blason (Béranger,Chans., t.2, 1829, p.195).Prenez ce brevet que nous accorde Sa Majesté l'Empereur, transmettez-le à vos enfans, cela vaut mieux que ces parchemins poudreux dont s'honoraient vos orgueilleux ci-devant (Boucher1835).
Fam. Diplôme universitaire. Synon. peau* d'âne. (Dict.xxes.).
Pop. Allonger le parchemin. ,,Multiplier les écritures sans nécessité, faire des frais de chicane inutiles`` (Hautel t.2 1808).
Prononc. et Orth.: [paʀ ʃ əmε ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. Ca 1050 parcamin «peau de mouton, d'agneau, de chèvre, séchée à l'air et non tannée, de manière à recevoir une écriture manuscrite ou imprimée, à servir à la reliure» (Alexis, éd. Chr. Storey, 281); 1611 parchemin vierge (Cotgr.); 1855 pathol. bruit de parchemin (Littré-Robin); 2. 1205-50 «texte écrit ou non sur parchemin» il est escrit en parchemin (Renart, éd. M. Roques, 14844); 3. 1577 «titre de noblesse dont l'authenticité était établie par des parchemins» (Belleau, La Reconn., II, 4 ds Gdf. Compl.); d'où 1768 fam. «diplôme universitaire» (Linguet, Hist. Jésuites, p.226: on a enfin la satisfaction de tirer son dernier parchemin et de se voir docteur «in utroque»); surtout au plur. 1896 (Estaunié, Empreinte, p.124); 4. 1770 «enveloppe extérieure des haricots, pois, lentilles, grains de café, etc.» (Raynal, Hist. phil., XI, 29 ds Littré); 5. 1833 «peau sèche, dure et jaunâtre» un visage de parchemin (Balzac, Méd. camp., p.10) [1720 son visage qui n'était qu'un vieux parchemin (Hamilton, Quatre Facardins, p.44; 1779 une peau de parchemin (Mirabeau, Lettres, p.275)]. D'un type lat. *pergamīnus [s.-ent. papyrus?] masc. correspondant au b. lat. pĕrgamēna fém. «parchemin», du gr. π ε ρ γ α μ η ν η[s.-ent. δ ι φ θ ε ́ ρ α] «[peau apprêtée] à Pergame», la préparation du parchemin ayant été inventée à Pergame, en Asie Mineure; le b. lat. pĕrgamēna survit dans l'ital. pergamena, alors qu'en rom. tous les représentants reposent sur *pergamenus (cf. a. prov. pergamen), qui pénètre dans la plus grande partie de la Romania avec le suff. -īnu (déjà en b. lat. pergamina «parchemin»; cette forme en -i- peut s'expliquer − étant donnée l'entrée tardive du mot en lat. −par le passage en gr. de η à ι), d'où l'esp. pergamino, cat. pergamí (v. FEW t.8, p.240b); dans le nord de la France, *pergamīnus a subi l'infl. phonét. de parthica (pellis) «(peau) du pays des Parthes», fém. de l'adj. Parthicus «des Parthes», du gr. π α ρ θ ι κ ο ́ ς «id.», dér. de π α ́ ρ θ ο ς «Parthe», nom d'un peuple d'Asie; parthica est devenu parche, parge «basane» en a. fr. et dans les dial. (FEW t.7, p.674a). Fréq. abs. littér.: 305. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 533, b) 444; xxes.: a) 572, b) 259.
DÉR.
Parchemineux, -euse, adj.[Corresp. à supra A 3 a] Qui a la nature ou l'apparence du parchemin. Vous y reconnaîtriez l'ami qui vous parle présentement, avec ses longues jambes de pendu, avec son même visage parchemineux et tranchant, mais rajeuni de dix années (Milosz,Amour. initiation,1910, p.226). [paʀ ʃ əminø], fém. [-ø:z]. 1reattest. 1858 (G. Sand, L'Homme de Neige, Rev. des Deux-Mondes, 1erjuin, p.482 ds Littré Suppl.); de parchemin, suff. -eux*.
BBG. Flety (J.). La Reliure main. Banque Mots. 1979, no17, pp.95-96. _Quem. DDL t.20.

Wiktionnaire

Nom commun

parchemin \paʁ.ʃə.mɛ̃\ masculin

  1. Peau de brebis ou de mouton préparée pour l’écriture, la peinture, la reliure, etc.
    • Parchemin vierge, la peau préparée des petits chevreaux ou agneaux mort-nés.
    • Parchemin gratté, palimpseste.
    • Mais l’étranger lui écrivit en réponse, sur un parchemin portant une aune et demie en long et en large, et avec des caractères rouges comme le cinabre. — (E.T.A. Hoffmann, Le Diable à Berlin, 1820, Traduit par Henry Egmont)
    • Alors, la sorcière lui a donné un parchemin dans une calebasse qu’il porte toujours sur lui quand il est en mer ; mais, à sa place, il y a longtemps que j’aurais jeté au feu parchemin et tout ; ou bien je l’aurais donné à un prêtre, car qui traite avec le diable est toujours mauvais marchand. — (Prosper Mérimée, Lettres d’Espagne, 1832, rééd. Éditions Complexe, 1989, page 116)
    • — D'abord, il y a ce Juif qui a perdu des parchemins, mais c'étaient des parchemins magiques, et il y a un enfant de catin, oh pardon, maîtresse Eleanor, quelqu'un qui s'en est servi pour appeler ce démon. — (Jeri Westerson, Les enquêtes de Crispin le chevalier déchu : Le parchemin du démon, traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacques Guiod, Pygmalion, 2013, chap. 12)
    1. (Par extension) Surface blanche pour écrire.
      • Parchemin végétal, papier non collé traité par l’acide sulfurique.
    2. (Figuré) Peau sèche.
      • Un visage de parchemin, un visage couvert d’une peau sèche et jaune.
  2. (Botanique) Lames scléreuses obliques à la face internes des valves des gousses des légumineuses permettant leur déhiscence.
  3. (Par métonymie) Titre de noblesse, diplôme universitaire, etc. → voir peau d’âne.
    • Docteur sans diplôme, bien entendu! L'aventurier aspirait à en avoir un et le tsar demanda, comme une chose toute simple, qu'on délivrât hic et nunc à son favori le parchemin ardemment convoité. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)

Nom commun

parchemin \Prononciation ?\ masculin

  1. Parchemin, document écrit.
    • Qui bien sorent parler latin
      Et bien escrire en parkemin
      — (Floire et Blancheflor, manuscrit 375 français de la BnF, fol. 248r. b. Circa 1150.)
  2. Expédition authentique d’actes judiciaires.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PARCHEMIN. n. m.
Peau de brebis ou de mouton préparée pour l'écriture, la peinture, la reliure, etc. Feuille de parchemin. Contrat sur parchemin. Livre relié en parchemin. Parchemin vierge, La peau préparée des petits chevreaux ou agneaux mort-nés. Par extension, Parchemin végétal, Papier non collé traité par l'acide sulfurique. Par apposition, Papier parchemin. Fig. et pop., Un visage de parchemin, Un visage couvert d'une peau sèche et jaune.

PARCHEMIN se dit encore, figurément et familièrement, surtout au pluriel, des Titres de noblesse, des diplômes universitaires, etc. Il est fier de ses parchemins.

Littré (1872-1877)

PARCHEMIN (par-che-min) s. m.
  • 1Peau de mouton, de brebis ou d'agneau, qui est préparée avec de l'alun pour écrire surtout les pièces qu'on veut conserver longtemps, telles que les titres des maisons et des terres, les brevets, les lettres patentes, etc. Une feuille de parchemin. Pline ajoute qu'Eumène, roi de Pergame, substitua le parchemin au papier par jalousie contre Ptolémée, roi d'Égypte, se piquant de l'emporter par ce moyen sur sa bibliothèque, dont les livres n'étaient que du papier, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 105, dans POUGENS.

    Parchemin vierge, parchemin préparé avec la peau des agneaux morts-nés.

    Fig. et populairement. Un visage de parchemin, un visage dont la peau est jaune et sèche.

    Allonger le parchemin, multiplier les écritures sans nécessité.

    Terme de pathologie. Bruit de parchemin, bruit qui ressemble au frottement de deux morceaux de parchemin l'un contre l'autre, qu'on entend dans certaines maladies du cœur.

    Fig. Je suis un parchemin, mon corps est diaphane, Regnard, Démocrite, I, 4.

  • 2Se prend souvent pour contrats et titres. Parchemins inventés pour faire souvenir ou pour convaincre les hommes de leur parole, honte de l'humanité, La Bruyère, XI. Il y a des âmes sales… éprises du gain et de l'intérêt… enfoncées et comme abîmées dans les contrats, les titres et les parchemins, La Bruyère, VI. Les papes donnaient des royaumes avec des parchemins, Voltaire, Mœurs, 50.
  • 3 Au plur. Fig. Parchemins, titres de noblesse. Il ne peut rien offrir aux yeux de l'univers Que de vieux parchemins qu'ont épargnés les vers, Boileau, Sat. V. Et j'ai dans mon pupitre Des billets au porteur dont je fais plus de cas Que de vieux parchemins, nourriture des rats, Destouches, Glor. V, 5.
  • 4Se dit quelquefois de la pellicule qui revêt les graines du café, ou les fruits des légumineuses. [Le café] débarrassé de son parchemin, on le tire de ce moulin pour être vanné dans un autre, Raynal, Hist. phil. XI, 29.
  • 5Parchemin d'Orléans, variété de pêcher.

HISTORIQUE

XIe s. Quer moi [cherche-moi], bel frere, e enque e parcamin, Et une penne, ço pri tue mercit, St Alexis, LVII.

XIIIe s. Mès, tant [ils] aiment lor parchemin [leur peau], Lor puanz peaux e lor charogne, Outre ce que ne lor besoigne, Que chescun qui peut en retient [de l'argent], Plus que son vivre ne convient, l'Image du monde, ms. de St-Brieuc, f° 40. Soixante mille sont bien en parchemin [sur le rôle], Agolant, v. 25. Nus ne nule dudit mestier ne puet faire chapiaus ne ataches ne treçons sus parchemin ne sus toile, Liv. des mét. 193. Seignor, ce dient li devin, Il est escrit en parchemin, Que cil a sovent mau matin Qui près de lui a mau voisin, Ren. 7384. Que bien sorent parler latin, Et bien escrire en parkemin, Fl. et Bl. 269. La droite voie, le droit chemin, Aussi plain [uni] com un parchemin, Rutebeuf, II, 42.

XIVe s. Cinq botes de parchemin, au pris chacunes botes de trois frans, pour continuer à emploiier es livres commenciés pour monseigneur, Hist. litt. de la Fr. t. XXIV, p. 280.

XVIe s. Il a eu sur le parchemin de nature [il a été battu], Oudin, Curios. franç.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PARCHEMIN, s. m. (Botan.) il faut concevoir le parchemin ou le liber comme composé de plusieurs surfaces ou couches cylindriques & concentriques, dont le tissu est réticulaire, & dans quelques arbres réellement extensible en tous sens, parce que les fibres qui le forment sont molles & souples. Tant qu’elles sont en cet état, ou elles sont creuses, & sont des vrais canaux, ou si elles sont solides, leurs interstices sont des canaux. Le suc nourricier qu’elles reçoivent incessamment, & qui s’y arrête en partie, les fait croître en longueur & en grosseur, les affermit, & les rapproche les unes des autres. On peut supposer que les fibres longitudinales sont celles qui croissent le plus. Ainsi le tissu qui étoit réticulaire n’est plus qu’un composé de fibres droites posées verticalement & parallelement les unes auprès des autres, & en un mot, c’est une substance ligneuse. Ce changement est plus grand dans les couches du parchemin les plus proches du dernier aubier, & par conséquent c’est la couche la plus intérieure qui est la premiere à s’y coller, & à devenir un aubier nouveau. (D. J.)

Parchemin, en Commerce, &c. c’est une peau de mouton ou de chevre préparée d’une maniere particuliere qui la rend propre à plusieurs usages, surtout à écrire & à relier les livres. Voyez Ecriture & Reliure.

Ce mot vient du latin pergamena, ancien nom de cette manufacture, qu’on dit lui être venu de la ville de Pergame, & dont l’invention est attribuée à Eumenès qui en étoit roi ; quoiqu’à dire vrai, ce prince semble plûtôt avoir perfectionné qu’inventé le parchemin ; car les anciens Perses, suivant Diodore, écrivoient toutes leurs histoires sur des peaux, & les anciens Ioniens, au rapport d’Hérodote, se servoient de peaux de moutons & de chevres pour écrire, même plusieurs siecles avant le tems d’Eumenès : nous ne devons pas douter que ces peaux ne fussent préparées pour l’usage auquel on les destinoit, de la même maniere que notre parchemin, quoique probablement avec moins d’art. Voyez Diodore de Sicile, liv. II. pag. 84. Hérod. liv. V. Prid. Connect. part. I. liv. VII. pag. 708.

Le parchemin est ébauché par le tanneur, & fini par le parcheminier ; cela forme un article très-considérable du commerce de la France ; il se fabrique dans la plûpart de ses villes, & indépendamment de la consommation qu’elle en fait au-dedans, elle en envoie une grande quantité au-dehors, sur-tout en Angleterre, en Flandre, en Hollande, en Espagne, & en Portugal.

Celui qu’on appelle parchemin vierge, & que le peuple supersticieux croit être fait de la coëffe dans laquelle sont enveloppés les enfans dans le sein de leur mere, n’est rien autre chose qu’un parchemin plus fin & plus mince que le reste, & qui est propre pour de certains usages, comme pour les éventails, &c. il est fait de peau d’agneau ou de chevreau avortés. Voyez l’article Vierge.

Maniere de fabriquer le parchemin. Le parchemin est une peau de bélier, mouton, ou brebis, ou quelquefois même de chevre, apprêtée de façon qu’on peut l’employer à différens usages, mais principalement à écrire & à couvrir des livres, registres, &c. L’usage du parchemin est beaucoup plus ancien que celui du papier, & avant l’invention de l’Imprimerie tous les livres s’écrivoient à la main ou sur du parchemin, ou sur du vélin. Le vélin est une espece de parchemin qu’on nomme ainsi, parce qu’il est fabriqué de la peau d’un veau mort-né, ou de celle d’un veau de lait ; mais il est beaucoup plus fin, plus blanc, & plus uni que le parchemin fait avec la peau de mouton ou celle d’une chevre. Les peaux destinées à fabriquer le vélin reçoivent les mêmes façons que le parchemin, à l’exception cependant qu’elles ne passent point par la chaux. On se sert du vélin pour écrire des livres d’église, pour dessiner des généalogies & des plans ; on peint aussi dessus en mignature, on y imprime des images ; enfin on l’emploie encore quelquefois à couvrir de petits livres rares & qu’on estime. Le vélin se fabrique dans les mêmes endroits que le parchemin, c’est-à-dire qu’il est du ressort du parcheminier à qui celui-ci donne la derniere main comme au parchemin ; mais comme l’une & l’autre de ces peaux passent avant par les mains du mégissier qui les dispose & qui leur donne en quelque sorte les façons principales, nous allons en donner un précis, renvoyant pour plus grand éclaircissement à l’article de la Mégisserie.

Aussi-tôt que les peaux ont été levées de dessus les béliers, moutons ou brebis, on les met tremper dans la riviere pendant un jour ou environ, puis on les lave bien afin d’en faire sortir le sang caillé & de nettoyer la laine, après quoi on les laisse égoutter. Lorsqu’elles sont bien égouttés on les étend les unes sur les autres, observant que la laine soit dessous, de sorte que le côté de la chair se trouve toujours dessus. Après avoir ainsi arrangé les peaux, on prend un fourgon qui est une espece de bâton, long d’environ trois piés, au bout duquel sont attachés plusieurs petits morceaux de peau en forme de vadrouille que l’on trempe dans de la chaux vive détrempée dans l’eau, & avec quoi on enduit les peaux les unes après les autres, faisant passer le fourgon sur toutes leurs parties, mais seulement du côté de la chair, & à mesure qu’elles sont ainsi barbouillées de chaux, on les plie en deux sur leur longueur la laine en-dehors, & on les empile ainsi pliées les unes sur les autres ; cette façon s’appelle mettre en chaux. Lorsque les peaux n’ont point séché en laine depuis qu’elles ont été levées de dessus les moutons, il suffit de les laisser huit à dix jours en chaux ; mais il faut qu’elles y restent au moins quinze dans les cas où elles auroient séché en laine, vû que la chaux qu’on ne met que pour disposer la laine à quitter plus facilement la peau, agiroit alors beaucoup plus lentement. Les peaux ainsi empilées & enduites de chaux ayant passé le tems que nous venons d’indiquer, on les jette dans l’eau courante, & on les lave jusqu’à ce que la chaux en soit totalement séparée, & que la laine soit bien nette ; on les met ensuite égoutter en les étendant sur une espece de treteau, & lorsqu’elles sont à demi-seches, on les pose sur le chevalet, afin de les dépouiller de leur laine, ce qui se fait en passant sur toutes leurs parties ou bâton rond destiné à cet usage, & qu’on appelle peloire. Avant que de peler ainsi les peaux, on coupe quelquefois la pointe de la laine avec de grands ciseaux, & on la sépare en différens monceaux suivant sa différente qualité. Aussi-tôt que les peaux ont été pelées, on les lave à la riviere afin de les nettoyer, on les laisse ensuite égoutter quelque tems ; après quoi on les met dans un mort-plein, c’est-à-dire dans un plein qui a servi & dont la chaux a presque perdu toute sa force ; on les laisse dans ce mort-plein environ vingt-quatre heures, d’où on les retire ensuite pour les mettre égoutter sur le plein, & c’est ce qu’on appelle laisser les peaux en retraite. Deux jours après que les peaux sont sorties du mort-plein, on les plonge dans un autre plein dont la chaux est moins usée, on les y laisse environ deux ou trois jours, après lesquels on les retire pour les mettre en retraite égoutter comme auparavant, & c’est pendant ce tems qu’on pense le plein, c’est-à-dire qu’on le remue afin que la chaux se délaye bien, & qu’elle ne s’amasse point au fond, on en ajoûte même alors de nouvelle, s’il en est besoin, on les replonge ensuite dans le plein, on réitere cette opération pendant six semaines ou deux mois seulement, pendant les chaleurs de l’été ; mais en hiver il faut les faire passer successivement de plein en plein au-moins pendant trois mois.

Lorsque les peaux ont été suffisamment plamées & qu’elles ont été bien lavées, le mégissier les étend les unes après les autres sur la herse afin de les faire passer par le travail à mouiller ; on appelle herse une espece de grand cadre composé de quatre pieces de bois, savoir deux montans & deux traverses : les deux montans ont environ cinq piés de longueur, trois pouces d’épaisseur, & quatre de largeur ; les deux traverses portent trois piés à trois piés & demi de long, sont de même largeur que les montans, mais elles n’ont tout-au-plus que 2 pouces d’épaisseur ; ces pieces de bois sont emmortoisées l’une dans l’autre par les angles, & sont percées dans leur longueur de trous dans lesquels on passe des chevilles de bois qu’on tourne pour serrer & desserrer selon le besoin, à peu près comme aux instrumens à corde ; ces trous sont à environ quatre pouces de distance les uns des autres.

Pour étendre les peaux sur la herse il faut y faire de petits trous tout-au-tour, puis passer une petite broche de bois dans deux de ces trous, & continuer ainsi dans toute la circonférence de la peau, observant de faire passer toujours la même broche dans deux trous afin que la peau ne fasse aucun pli, & s’étende plus également ; c’est à ces petites broches qu’on attache une ficelle que l’on noue ensuite aux chevilles de la herse, de sorte que lorsqu’on tourne ces chevilles, les ficelles se roidissent, & la peau s’étend de tous les côtés. La peau étant ainsi comme encadrée & tendue sur la herse comme la peau d’un tambour, l’ouvrier l’écharne avec un instrument d’acier très-tranchant qu’il fait passer sur toutes ses parties, du côté où étoit la chair, afin d’enlever celle qui se trouve toujours attachée à la peau lorsqu’on en dépouille l’animal, après quoi il la frotte avec un torchon mouillé, jusqu’à ce qu’elle soit imbibée d’eau, puis il seme dessus du groizon, qui est une espece de pierre blanchâtre réduite en poudre, & avec un bloc de pierre ponce plat par-dessus, il acheve d’enlever le reste de la chair, en faisant passer cette pierre sur toutes les parties de la peau, comme s’il vouloit broyer le groizon qu’il a semé dessus ; lorsque toute la chair est exactement enlevée de dessus la peau, l’ouvrier passe de nouveau le fer par-dessus, puis il la mouille une seconde fois avec le torchon, mais sans la saupoudrer de groizon, & la frotte ensuite avec le bloc de pierre-ponce afin d’adoucir la peau de ce côté & de la rendre égale dans toute son étendue, après quoi il en fait sortir l’eau en passant le fer dessus, & l’appuyant fortement sans cependant en rien enlever, & c’est ce qu’on appelle égoutter la peau ; comme il est très-essentiel qu’elle soit bien égouttée, vû que c’est cette opération qui la rend plus blanche, l’ouvrier passe alors le fer par-dessous, c’est-à-dire du côté où étoit la laine, & par le moyen des chevilles de la herse qu’il tourne, il bande la peau plus fort qu’elle n’étoit & passe encore le fer du côté de la chair afin de l’égoutter entierement ; lorsque le fer, quelque fort qu’on le passe sur la peau, ne fait plus sortir d’eau, & que par conséquent elle est bien égouttée, on y seme une seconde fois du groizon, & avec une peau d’agneau garnie de sa laine, on la frotte en conduisant le groizon & le faisant passer sur toutes les parties de la peau ; c’est cette opération qui acheve d’ôter à la peau toutes les petites inégalités que le fer avoit pu laisser, & qui lui donne cette fleur blanche qu’on apperçoit sur toute sa superficie.

Lorsque la peau a reçu toutes les façons qu’on vient de détailler & qu’on appelle, comme nous avons dit ci-dessus, le travail à mouiller, on la laisse secher étendue sur la herse, & quand elle est suffisamment seche, on la coupe tout-au-tour avec un couteau, le plus près qu’il étoit possible des trous où étoient passées les petites broches, afin qu’il n’y ait point de perte, c’est en cet état qu’on l’appelle du parchemin en cosse ou en croute ; les Mégissiers le livrent ainsi préparé aux Parcheminiers, & leur envoyent en paquets de trente-six peaux chacun qu’on nomme des bottes de parchemin.

Le parchemin ayant été commencé par le mégissier de la façon que nous venons de détailler, le parcheminier l’acheve de la maniere qui suit. Il attache sur une herse semblable à celle dont se servent les Mégissiers, une peau de veau de la même façon que ceux-ci attachent leurs peaux de moutons ; cette peau s’appelle le sommier, & est fortement tendue par le moyen des chevilles placées autour de la herse, de distance en distance, comme nous l’avons expliqué ci-dessus ; cette peau de veau se couvre ensuite d’une peau de parchemin en croute bien unie, attachée tout-au-tour & fortement tendue comme la premiere, cette seconde peau s’appelle le contre-sommier ; l’une & l’autre servent de soutien à la peau que le parcheminier se dispose d’apprêter. La herse étant ainsi préparée, l’ouvrier étend dessus une peau qu’il attache par le haut avec un morceau de bois plat par un bout & arrondi par l’autre, & assez semblable pour la grosseur & pour la forme à la molette dont on se sert pour broyer les couleurs ; une rainure profonde de trois pouces & large d’un doigt, pratiquée dans le milieu, du côté qui est applati, & qui le traverse dans toute sa longueur, sert à retenir la peau qui se trouve saisie dans cette rainure avec le sommier & le contre-sommier ; le dedans de cette rainure ou mortaise est garni & comme rembouré d’un morceau de parchemin, afin que cet instrument contienne la peau davantage, & que le fer qu’on passe dessus à force de bras, ne la puisse faire glisser ; on nomme cet instrument un clan ou un gland, nom qu’on lui a peut-être donné de sa forme qui approche effectivement assez de celle d’un gland.

La peau étant ainsi bien contenue & appuyée sur le sommier & le contre-sommier, l’ouvrier la rature à sec avec un fer semblable à celui dont se servent les Mégissiers, à l’exception cependant qu’il est plus fin & plus tranchant ; ce fer porte environ 10 pouces de longueur sur 7 de largeur, & ressemble assez à une beche qui n’auroit point de manche & dont les côtés seroient tant-soit-peu arrondis ; le fil de son tranchant est un peu recourbé afin qu’il morde davantage ; pour se servir de ce fer on l’enchâsse par le dos dans une hoche pratiquée dans un morceau de bois long de douze à quinze pouces, tourné en forme de bobine, un peu plus enflé vers son milieu qui est l’endroit où se trouve la hoche qui enferre l’outil ; cette hoche ou rainure est garnie en-dedans d’un petit morceau de parchemin simple ou double, afin que l’outil soit mieux assujetti & qu’il ne vacille point ; les deux bouts de ce morceau de bois servent de poignée, celui d’en-haut que l’ouvrier tient de la main gauche est un peu plus court que l’autre, de sorte que cette main dont l’action est de pousser le fer de haut en bas, est d’autant plus sure de son coup qu’elle est plus proche de l’outil ; on fait passer ce fer à force de bras depuis le haut de la peau jusqu’en bas, & on en enleve à plusieurs reprises environ la moitié de son épaisseur, tant du côté de la fleur que du côté du dos ; la peau ayant été ainsi raturée à sec sur toute sa superficie, & le plus également qu’il a été possible, on la leve de dessus la herse, & on l’étend sur une espece de banc long de trois piés, large de quinze à dix-huit pouces, couvert dans le milieu d’une peau de parchemin rembourée, & que l’on nomme selle à poncer, parce que c’est effectivement sur ce banc qu’on fait passer la pierre-ponce sur les deux côtés de la peau, afin d’en faire disparoître toutes les petites inégalités que le fer auroit pu laisser, & de l’adoucir : la façon de raturer les peaux à sec sur le sommier est la plus difficile de toutes celles que l’on donne au parchemin, & il est même surprenant comment le parcheminier peut, sans couper la peau, faire couler dessus du haut en bas, en appuyant de toutes ses forces un fer qui coupe comme un rasoir, & dont le tranchant recourbé devroit faire une incision à la peau aussi-tôt qu’on le pose dessus, ce qui arrive cependant très-rarement.

Aussi-tôt que le parchemin est poncé, l’ouvrier lui met sa marque particuliere, & alors il est en état d’être vendu. On le livre ou à la botte contenant trente-six peaux, ou au cent en compte ; on se sert de parchemin dans toutes les expéditions de justice, mais pour-lors il faut qu’il soit équarrié, c’est-à-dire coupé sous la regle de différentes grandeurs, suivant les différens usages auxquels il est destiné.

Pour les quittances de ville il doit porter six pouces huit lignes de longueur sur quatre pouces & neuf lignes de largeur.

Pour les quittances de tontine, il doit avoir huit pouces de long sur six de large.

Pour brevets d’apprentissage dix pouces & demi de longueur sur sept de largeur.

Les feuilles du parlement pour procédures portent neuf pouces & demi de longueur & sept & demi de largeur.

Les feuilles du conseil ont dix pouces & demi de long sur huit de large.

Les feuilles de finance qui servent aux contrats, soit de mariage, soit de rente, doivent porter douze pouces & demi de long & neuf & demi de large.

Pour la grande chancellerie on se sert de demi-peaux longues de dix-huit pouces & larges de dix.

Enfin pour les lettres de grace on emploie des peaux entieres & équarriées, longues de deux piés deux pouces environ, & larges d’un pié huit pouces. Voyez dans nos Planches de Parcheminier, les figures des outils mentionnés dans cet article, & la représentation des principales manœuvres.

La regle dont l’ouvrier se sert porte trois piés & demi de longueur, trois pouces de largeur, & trois lignes d’épaisseur ; elle est bordée des deux côtés d’une petite bande de fer qui y est attachée avec de petites pointes à tête perdue, afin que la direction du couteau n’en soit point arrêtée ; il pose un genou sur un bout de la regle qu’il contient par l’autre bout avec sa main, & avec un couteau dont la lame a cinq pouces de longueur & un & demi de largeur, il coupe le parchemin de telle grandeur qu’il est à propos, selon les différentes expéditions auxquelles il le destine ; le tranchant de ce couteau est droit depuis la sortie de son manche jusqu’au bout, comme aux couteaux ordinaires, mais le dos de la lame est arrondi par le bout & finit en pointe d’arc, son manche est environ long de quatre pouces ; les Parcheminiers le nomment couteau à rogner. Le parchemin dont on se sert dans les expéditions de justice & dont nous avons designé les différentes grandeurs, est timbré & marqué d’une marque particuliere à chaque fermier de chaque généralité du royaume, portant outre cela les armes du roi, le nom de la généralité & le prix qu’il doit être vendu, selon qu’il est plus ou moins grand. On fait aussi du parchemin avec la peau d’un agneau mort-né, mais il est extrèmement mince & ne sert qu’aux ouvrages délicats, comme à faire des éventails ; on le nomme parchemin vierge ; quelques-uns croyent que cette espece de parchemin est fait de la coëffe que quelques enfans apportent en naissant ; mais c’est une erreur que la superstition a enfantée.

Parchemin, Ratissure de (Parcheminier.) c’est la raclure du parchemin, ou plutôt cette superficie que les Parcheminiers enlevent de dessus les peaux de parchemin, en cosse ou en croute, lorsqu’ils les raclent à sec avec le fer sur le sommier, pour en diminuer l’épaisseur, afin de le mettre en état de recevoir l’écriture. Les Parcheminiers lui donnent aussi le nom de colle de parchemin, parce qu’elle sert à plusieurs ouvriers, pour faire une sorte de colle très-claire qu’ils emploient dans leurs ouvrages. Ceux qui s’en servent le plus, sont les Manufacturiers d’étoffes de laine, pour empeser les chaînes de leurs étoffes ; les Papetiers, pour coller leur papier ; & les Peintres en détrempe ou peintres à la grosse brosse, pour faire tenir le blanc, l’ocre & les autres couleurs, dont ils impriment ou barbouillent les murailles & planchers. La colle de ratures qui se fait pour empeser dans les manufactures les chaines de serges, doit bouillir pendant environ deux heures, & ensuite se passer dans un tamis ; pour une chaîne de dix à douze livres, il faut environ un seau d’eau, & une livre de rature.

Pour faire la colle de parchemin, il faut faire bouillir la rature dans de l’eau claire, plus ou moins de tems, suivant que l’on veut qu’elle soit plus ou moins forte par rapport à l’usage qu’on en veut faire, & ensuite la passer ou couler à-travers une chausse, drapeau ou tamis. Dictionn. du Comm.

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Étymologie de « parchemin »

Du latin Pergamena (« peau de Pergame, parchemin »), la ville de Pergame était productrice de ce matériau dans l’Antiquité. À l’exception de l’italien pergamena, le mot est masculin dans les langues romanes : espagnol pergamino, catalan pergamí, portugais pergaminho qui suppose un bas latin *pergamīnus et de l’évolution phonétique du /ɛ/ en \i\ qui se retrouve dans le grec moderne περγαμηνή, pergamini.
Dans le nord de la France, *pergamīnus a subi l'influence phonétique et sémantique de parge, perge (« basane ») issu de parthica (pellis) « (peau) du pays des Parthes ».
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Du latin (voir ci-dessus pour des explications détaillées).
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Wallon, pâgmain ; provenç. pergamen, pergame, pergami ; catal. pergami ; espag. pergamino ; portug. pergaminho ; du lat. pergamena, dans Isidore pergamina, de Pergame, ville d'Asie, où on fabriqua ce produit, le papyrus y étant devenu rare à la suite d'une guerre entre l'Égypte et le royaume de Pergame.

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Phonétique du mot « parchemin »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
parchemin parʃœmɛ̃

Citations contenant le mot « parchemin »

  • Tout passe, hormis ce que les hommes ont sauvé de l'oubli par le marbre ou par le parchemin ! De Alain Grandbois / Les Voyages de Marco Polo
  • Observons un grec ancien : il est enveloppé dans un drap, il tient un parchemin et il apporte au monde la civilisation. De Pierre Desproges / Fonds de tiroir
  • Comme les devins, les femmes ont tendance à mettre de la pensée partout, à lire l'univers des objets et des choses comme un parchemin. Elles ne regardent pas, elles déchiffrent. Tout à toujours un sens. De Eric-Emmanuel Schmitt / L'Evangile selon Pilate

Images d'illustration du mot « parchemin »

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Traductions du mot « parchemin »

Langue Traduction
Anglais parchment
Espagnol pergamino
Italien pergamena
Allemand pergament
Chinois 羊皮纸
Arabe المخطوطات
Portugais pergaminho
Russe пергамент
Japonais 羊皮紙
Basque pergamino
Corse pergamena
Source : Google Translate API

Synonymes de « parchemin »

Source : synonymes de parchemin sur lebonsynonyme.fr

Parchemin

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